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דְּבָרִים
Dévarim
discours de Moché et premières victoires
- Section hebdomadaire
- 44 sur 54
- Versets
- Dévarim 1,1–3,22
- Parties
- 6
- Temps de lecture
- 1 h 10 min
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Dévarim est la première section hebdomadaire du dernier livre de la Torah, connu comme le Deutéronome. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinés les discours de Moché, les souvenirs de l'errance d'Israël, les premières victoires et l'attitude envers la peur avant le combat. Le texte hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original précise que le texte hébreu est accompagné d'une traduction russe. Cette page étant une traduction française, nous avons écrit simplement « une traduction ». et d'une interprétation religieuse de l'auteur.
Comment tout a commencé
Dévarim 1,1–2,1
Avec l'aide de Dieu, nous commençons, vous et moi, à étudier le dernier, le cinquième livre de la Torah, le livre qui s'appelle Dévarim, ce qui signifie Discours. Le livre a reçu ce nom parce qu'il se compose des discours que Moché adresse au peuple d'Israël, en racontant de nouveau la Torah, en rappelant les événements des quarante ans d'errance dans le désert. Pour la même raison, dans la traduction russe, ce livre a reçu le nom de Deutéronome. Non pas une deuxième loi, à Dieu ne plaise, non pas une sorte de loi alternative, mais la répétition de la loi : Moché raconte de nouveau la Torah au peuple d'Israël.
Lisons à partir du verset 1 du chapitre 1.
אֵלֶּה הַדְּבָרִים אֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה אֶל־כָּל־יִשְׂרָאֵל בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן
בַּמִּדְבָּר בָּעֲרָבָה מוֹל סוּף בֵּין־פָּארָן וּבֵין־תֹּפֶל וְלָבָן וַחֲצֵרֹת וְדִי זָהָב׃
élle haddevarím achér dibbér moché el-kol-yisraél be'éver hayardén bammidbár ba'aravá mol souf ben-parán ouven-tófel velaván va'hatserót vedí zaháv
1 Voici les discours que Moché a tenus à tout Israël sur la rive opposée du Jourdain, dans le désert, dans la steppe, en face de Souf, entre Paran et entre Tofel, et Lavan, et 'Hatserot, et Di-Zahav,
Ici, beaucoup de gens trébuchent et disent : « Si ici il est écrit be'éver hayardén (au-delà du Jourdain, sur la rive opposée du Jourdain), cela veut dire que celui qui a écrit ce livre s'est trahi. Il vivait déjà dans le pays de Canaan, et pour lui Moché était de l'autre côté du Jourdain. Et ainsi nous voyons que le livre Dévarim est une sorte de fabrication tardive. » Mais si nous lisions attentivement les derniers chapitres du livre Bémidbar et suivions les conversations des fils d'Israël entre eux, nous verrions que la rive opposée du Jourdain a reçu son nom avant même de devenir réellement opposée, avant que les Israélites n'entrent dans le pays cananéen. La géographie a déjà basculé, ce nom s'est déjà fixé géographiquement. C'est une nouvelle génération, ces gens se sentent déjà en Canaan, ils vivent Canaan. C'est pourquoi ce qui se passe maintenant se passe sur la rive opposée du Jourdain : tout le peuple d'Israël est assis sur la rive opposée du Jourdain, et la bonne rive, c'est le pays cananéen. Plus loin il est dit – en face de Souf. Et l'on peut comprendre que c'est le rivage de la mer Yam-Souf (la mer des Roseaux, ou la mer Rouge). Malheureusement, nous ne savons pas où se trouvent les lieux qui s'appellent Tofel et Di-Zahav, mais nous pouvons dire qu'ici sont énumérés certains lieux de l'errance du peuple d'Israël. Moché rappelle en quelque sorte au peuple où le peuple est passé, où il a erré pendant tout ce temps.
אַחַד עָשָׂר יוֹם מֵחֹרֵב דֶּרֶךְ הַר־שֵׂעִיר עַד קָדֵשׁ בַּרְנֵעַ׃
a'hád assár yom me'horév dérekh har-se'ír ad kadéch barnéya
2 Onze jours depuis le 'Horev (le mont Sinaï) par le mont Sé'ir jusqu'au lieu qui s'appelle Kadech-Barnéa.
Pourquoi est-il précisé de manière particulière que cette distance représente onze jours de marche ? Autrefois, les gens savaient bien combien de temps prenait n'importe quel trajet, et toutes les distances se mesuraient en jours de marche, c'était plus facile pour calculer. Il y a de bons commentaires de Rabbi Chlomo Yits'haki, qui explique ainsi : « Moché leur dit : “Voyez à quoi (vos péchés) ont mené ! Il n'y a pas de chemin plus court de 'Horev à Kadech-Barnéa que le chemin par le mont Sé'ir, et on le parcourt en onze jours, mais vous, vous l'avez parcouru en trois jours”, – car le vingt iyar ils partirent de 'Horev, comme il est dit : “Et il arriva, la deuxième année, le deuxième mois, le vingtième (jour) du mois…”, et le vingt-neuf sivan ils envoyèrent les explorateurs de Kadech-Barnéa (quarante jours en tout) ; retranche de cela les trente jours qu'ils passèrent à Kivrot-ha-Taava, car ils mangèrent de la viande pendant un mois, et les sept jours qu'ils passèrent à 'Hatserot, où Miryam fut enfermée (frappée de lèpre) ; ainsi (tu trouves) qu'en trois jours ils parcoururent tout ce chemin. – “Voilà comment l'Omniprésent Se donnait de la peine pour vous, afin de hâter votre arrivée sur la terre (de Yisraël), mais parce que vous avez péché, Il vous a fait tourner autour du mont Sé'ir pendant quarante ans” ».
Moché dit : « Vous aviez une telle aide du Très-Haut ! Malgré vos murmures, malgré toutes les difficultés, vous aviez un tel soutien du Très-Haut que le chemin de onze jours, vous l'avez parcouru en trois jours seulement. Mais, puisque vous avez péché comme vous avez péché, vous avez marché quarante ans sur cette même distance. »
וַיְהִי בְּאַרְבָּעִים שָׁנָה בְּעַשְׁתֵּי־עָשָׂר חֹדֶשׁ בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ דִּבֶּר מֹשֶׁה אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּכֹל אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֹתוֹ אֲלֵהֶם׃
vayhí be'arba'ím chaná be'achte-assár 'hódech be'e'hád la'hódech dibbér moché el-bené yisraél kekhól achér tsivvá adonáy otó alehém
3 Et il arriva, la quarantième année du voyage dans le désert, le onzième mois, le premier jour du mois, que Moché parla avec les fils d'Israël, comme le SEIGNEUR lui avait commandé de parler avec eux.
Le onzième mois, c'est le mois de chvat. Le SEIGNEUR ordonna à Moché de raconter de nouveau, de rappeler au peuple d'Israël toute la Torah, toute l'histoire des errances. En outre, nous nous souvenons bien que cette génération qui avait vu les plaies d'Égypte, cette génération qui était sortie d'Égypte, n'est déjà plus en ce monde.
אַחֲרֵי הַכֹּתוֹ אֵת סִיחֹן מֶלֶךְ הָאֱמֹרִי אֲשֶׁר יוֹשֵׁב בְּחֶשְׁבּוֹן וְאֵת עוֹג מֶלֶךְ הַבָּשָׁן אֲשֶׁר־יוֹשֵׁב בְּעַשְׁתָּרֹת בְּאֶדְרֶעִי׃
a'haré hakkotó et si'hón mélekh ha'emorí achér yochév be'hechbón ve'ét og mélekh habbachán acher-yochév be'achtarót be'edré'i
4 Tout cela fut après que Moché eut battu Si'hon, roi amoréen, qui habitait à 'Hechbon, et Og, roi de Bachan, qui habitait à Achtarot et à Édréï.
Sans doute beaucoup de ceux qui suivaient les nouvelles, les événements qui se déroulent en Syrie, ont entendu le nom de la ville de Der'a. C'est précisément là qu'habitait Og, roi de Bachan (og mélekh habbachán). Dans l'ancienne graphie, dans une graphie plus méridionale, ce lieu s'appelle Édréï, et dans la tradition syrienne ce lieu s'appelle Der'a ou Dar'a.

בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן בְּאֶרֶץ מוֹאָב הוֹאִיל מֹשֶׁה בֵּאֵר אֶת־הַתּוֹרָה הַזֹּאת לֵאמֹר׃
be'éver hayardén be'érets mo'áv ho'íl moché be'ér et-hattorá hazzót lemór
5 Sur l'autre rive du Jourdain, dans le pays de Moav, Moché commença à expliquer cette Torah, en disant :
Les cinq premiers versets étaient, à proprement parler, une introduction à tout le livre Dévarim. Tout le livre Dévarim, ce sont les discours, je le répète, que Moché a prononcés sur l'ordre du Très-Haut. C'est le récit de la Torah par Moché pour les fils d'Israël, fait sur l'ordre du Très-Haut. Si l'on accepte la tradition selon laquelle Moché mourut le sept adar, alors du premier jour du onzième mois, chvat, au septième jour du douzième mois, il y aura trente-cinq jours, c'est-à-dire que Moché commença ces discours trente-cinq jours avant sa mort.
יְהוָה אֱלֹהֵינוּ דִּבֶּר אֵלֵינוּ בְּחֹרֵב לֵאמֹר רַב־לָכֶם שֶׁבֶת בָּהָר הַזֶּה׃
adonáy elohénou dibbér elénou be'horév lemór rav-lakhém chévet bahár hazzé
6 « Le SEIGNEUR, notre Dieu, nous a parlé au 'Horev, en disant : “Assez pour vous de rester assis sur cette montagne.
פְּנוּ וּסְעוּ לָכֶם וּבֹאוּ הַר הָאֱמֹרִי וְאֶל־כָּל־שְׁכֵנָיו בָּעֲרָבָה בָהָר וּבַשְּׁפֵלָה וּבַנֶּגֶב וּבְחוֹף הַיָּם אֶרֶץ הַכְּנַעֲנִי וְהַלְּבָנוֹן עַד־הַנָּהָר הַגָּדֹל נְהַר־פְּרָת׃
penoú ous'oú lakhém ouvó'ou har ha'emorí ve'el-kol-chekhenáv ba'aravá vahár ouvachefelá ouvannégev ouv'hóf hayám érets hakkena'aní vehallevanón ad-hannahár haggadól nehar-perát
7 Tournez-vous, et levez le camp, et venez vers la montagne des Amoréens, et vers tous ceux qui habitent là – dans la steppe, sur la montagne, dans la plaine basse, et dans le désert, et dans le Néguev (ou dans le sud), et sur le rivage de la mer, vers la terre de Canaan et vers le Liban – jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate.
La montagne des Amoréens, c'est le début du pays de Canaan. Le Très-Haut appela le peuple d'Israël à lever le camp, à se mettre en marche depuis le mont Sinaï et à partir en direction du pays cananéen, à partir vers la terre promise et vers le Liban, jusqu'au fleuve Euphrate.
רְאֵה נָתַתִּי לִפְנֵיכֶם אֶת־הָאָרֶץ בֹּאוּ וּרְשׁוּ אֶת־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְהוָה לַאֲבֹתֵיכֶם לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב לָתֵת לָהֶם וּלְזַרְעָם אַחֲרֵיהֶם׃
re'é natátti lifnekhém et-ha'árets bó'ou ourchoú et-ha'árets achér nichbá adonáy la'avotekhém le'avrahám leyits'hák oulya'akóv latét lahém oulzar'ám a'harehém
8 Voyez, Je vous ai donné cette terre. Allez et héritez de la terre au sujet de laquelle le SEIGNEUR a juré à vos Pères, à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov, de la leur donner, à eux et à leur semence après eux !”
וָאֹמַר אֲלֵכֶם בָּעֵת הַהִוא לֵאמֹר לֹא־אוּכַל לְבַדִּי שְׂאֵת אֶתְכֶם׃
va'omár alekhém ba'ét hahí lemór lo-oukhál levaddí se'ét etkhém
9 Et en ce temps-là je vous ai dit, en disant : « Je ne peux pas, seul, vous porter.
Dans le livre Chémot, dans la section hebdomadaire Yitro, est racontée l'histoire du beau-père de Moché, Yitro, comment il rendit visite à Moché dans le désert et lui donna un conseil. Un conseil sur la manière d'organiser la justice : « Toi, Moché, seul tu n'y arriveras pas, tu tourmenteras ainsi et le peuple, et toi-même, si tu juges toi-même tout le monde. » Ici, Moché, en se souvenant (ou en faisant souvenir) de ces événements, ne mentionne pas Yitro. Pourquoi ne mentionne-t-il pas Yitro ? Très probablement parce qu'ici il parle de ses sentiments personnels, de ce qu'il éprouvait lui-même à ce moment-là. Apparemment, quand Yitro lui parlait, Moché le sentait aussi lui-même, c'est pourquoi il dit ici : « …je vous ai dit que je ne peux pas, seul, vous porter. »
יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם הִרְבָּה אֶתְכֶם וְהִנְּכֶם הַיּוֹם כְּכוֹכְבֵי הַשָּׁמַיִם לָרֹב׃
adonáy elohekhém hirbá etkhém vehinnekhém hayom kekhokhevé hachamáyim laróv
10 Le SEIGNEUR, votre Dieu, vous a multipliés, et aujourd'hui vous êtes grands, vous êtes si nombreux, comme les étoiles du ciel.
Et quand Moché dit de telles paroles, il ne faut pas penser que, à Dieu ne plaise, il s'en indigne ou qu'il grogne. Il a mentionné le nombre du peuple, il a mentionné par là la bénédiction de Dieu pour le peuple, et il bénit lui-même le peuple en tant que dirigeant.
Une bonne, une juste habitude pour tout dirigeant (et d'ailleurs pour chacun de nous) : en parlant avec quelqu'un et en remarquant la bénédiction que notre interlocuteur a, demander pour lui une bénédiction encore plus grande, même mille fois plus grande. Ayez l'habitude de bénir, c'est formidable.
יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵכֶם יֹסֵף עֲלֵיכֶם כָּכֶם אֶלֶף פְּעָמִים וִיבָרֵךְ אֶתְכֶם כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר לָכֶם׃
adonáy elohé avotekhém yosséf alekhém kakhém élef pe'amím vivarékh etkhém ka'achér dibbér lakhém
11 Que le SEIGNEUR, le Dieu de vos Pères, vous ajoute la même quantité mille fois (qu'Il augmente mille fois le nombre des fils d'Israël) et vous bénisse, comme Il vous l'a dit.
C'était une digression dans laquelle Moché bénit le peuple d'Israël, et ensuite il poursuit son discours, commencé au verset 9.
אֵיכָה אֶשָּׂא לְבַדִּי טָרְחֲכֶם וּמַשַּׂאֲכֶם וְרִיבְכֶם׃
ekhá essá levaddí tor'hakhém oumassa'akhém verivekhém
12 Comment porterai-je, moi seul, vos problèmes, et vos fardeaux, et vos disputes ?
הָבוּ לָכֶם אֲנָשִׁים חֲכָמִים וּנְבֹנִים וִידֻעִים לְשִׁבְטֵיכֶם וַאֲשִׂימֵם בְּרָאשֵׁיכֶם׃
havoú lakhém anachím 'hakhamím ounvoním vidou'ím lechivtekhém va'assimém berachekhém
13 Choisissons des hommes sages et perspicaces, qui sont connus dans vos tribus, et je les placerai à votre tête ».
C'est-à-dire que ce doivent être des gens non seulement 'hakhamím (sages), mais aussi nevoním (perspicaces). Un homme perspicace, c'est un homme qui peut tirer certaines conclusions nouvelles d'une information ancienne, qui peut, après avoir analysé les faits ou l'information disponible, engendrer un certain savoir nouveau, une information nouvelle.
Ainsi, Moché dit : « Je ne serai plus le seul détenteur du pouvoir ». Voyez, très souvent les gens aiment le pouvoir et partagent le pouvoir très à contrecœur. Ce n'est pas ce qui se passe avec Moché. Moché dit : « Je ne peux pas vous porter, je n'y arrive pas, vous êtes trop nombreux ». Ici, il n'y a pas une telle fierté : « Voilà sur quel peuple je règne ! », non. Il dit : « Plaçons des hommes sages et perspicaces, et ils seront vos chefs ».
וַתַּעֲנוּ אֹתִי וַתֹּאמְרוּ טוֹב־הַדָּבָר אֲשֶׁר־דִּבַּרְתָּ לַעֲשׂוֹת׃
vatta'anoú otí vattomeroú tov-haddavár acher-dibbárta la'asót
14 Et vous m'avez répondu, et vous avez dit : « Bonne est la chose que tu as dit de faire ! »
Les commentateurs disent que c'était une réponse trop hâtive. Il s'est trouvé quelqu'un dans la foule, pas tous, mais quelqu'un, qui a pensé : « Oh, enfin ce ne sera pas Moché ! Si l'on nous met au pouvoir notre propre homme, d'entre les gens d'ici, de notre famille, de notre clan, alors avec lui, nous nous arrangerons bien, avec lui ce sera plus facile. Peut-être que, par endroits, il sera soumis à certaines traditions de clan, on pourra le soudoyer, avec lui il sera plus simple de s'arranger ». C'est pourquoi le peuple s'est beaucoup réjoui. Une partie du peuple s'est réjouie parce que ce serait plus facile pour Moché, parce que la justice deviendrait plus accessible, et une partie du peuple s'est réjouie parce qu'elle pensait qu'avec les nouveaux dirigeants il serait plus facile de s'arranger.
וָאֶקַּח אֶת־רָאשֵׁי שִׁבְטֵיכֶם אֲנָשִׁים חֲכָמִים וִידֻעִים וָאֶתֵּן אֹתָם רָאשִׁים עֲלֵיכֶם שָׂרֵי אֲלָפִים וְשָׂרֵי מֵאוֹת וְשָׂרֵי חֲמִשִּׁים וְשָׂרֵי עֲשָׂרֹת וְשֹׁטְרִים לְשִׁבְטֵיכֶם׃
va'ekká'h et-raché chivtekhém anachím 'hakhamím vidou'ím va'ettén otám rachím alekhém saré alafím vesaré me'ót vesaré 'hamichím vesaré assarót vechoterím lechivtekhém
15 Et j'ai pris les chefs de vos tribus, des hommes sages et connus, et je les ai placés comme chefs au-dessus de vous : chefs de milliers, et chefs de centaines, et chefs de cinquantaines, et chefs de dizaines, et surveillants pour vos tribus.
Intéressant, où est donc passé le mot nevoním (perspicaces) ? Les commentateurs disent : « Eh bien, Moché n'a pas trouvé de perspicaces, il ne s'est trouvé que des sages et des connus ». Et que signifie le mot chotér, traduit par surveillant ? En hébreu moderne, chotér signifie policier. Et dans cet hébreu-là, l'hébreu que parle Moché, c'est, pour ainsi dire, le même policier. C'est un homme qui met en application les lois adoptées par les juges : s'il le faut, il saisit les biens, s'il le faut, il emploie une certaine force pour établir la légalité. Bref, un policier antique, c'est-à-dire qu'en même temps que le système judiciaire, Moché a établi aussi la police.
וָאֲצַוֶּה אֶת־שֹׁפְטֵיכֶם בָּעֵת הַהִוא לֵאמֹר שָׁמֹעַ בֵּין־אֲחֵיכֶם וּשְׁפַטְתֶּם צֶדֶק בֵּין־אִישׁ וּבֵין־אָחִיו וּבֵין גֵּרוֹ׃
va'atsavvé et-chofetekhém ba'ét hahí lemór chamó'a ben-a'hekhém ouchfattém tsédek ben-ích ouven-a'hív ouvén geró
16 Et en ce temps-là, j'ai commandé à vos juges, en disant : « Soyez attentifs envers vos frères et jugez d'un jugement juste entre l'homme, et son frère, et son étranger.
C'est-à-dire, ne soumettez pas à la discrimination l'homme du dehors : même l'étranger, un homme qui n'est pas de notre clan, a les mêmes droits en justice.
לֹא־תַכִּירוּ פָנִים בַּמִּשְׁפָּט כַּקָּטֹן כַּגָּדֹל תִּשְׁמָעוּן לֹא תָגוּרוּ מִפְּנֵי־אִישׁ כִּי הַמִּשְׁפָּט לֵאלֹהִים הוּא וְהַדָּבָר אֲשֶׁר יִקְשֶׁה מִכֶּם תַּקְרִבוּן אֵלַי וּשְׁמַעְתִּיו׃
lo-takkírou faním bammichpát kakkatón kaggadól tichma'oún lo tagoúrou mippene-ích ki hammichpát lelohím hou vehaddavár achér yikché mikkém takrivoún eláy ouchma'tív
17 Ne distinguez pas les visages (ne faites pas acception de personnes) en justice : écoutez le petit comme le grand ; ne craignez personne, car le jugement appartient à Dieu. Et ce qui sera difficile pour vous, avec cette affaire venez à moi, et je l'écouterai ».
Il est très important pour un juge de ne craindre personne. Pourquoi un juge peut-il ne craindre personne ? Parce que le jugement appartient à Dieu. Le juge juge, et sa tâche est de rendre une décision qui correspond à la volonté de Dieu. Et quand il accomplit la volonté de Dieu, il se trouve sous la protection de Dieu. Dès qu'il commence à craindre quelqu'un, sa décision ne sera déjà plus la volonté de Dieu, mais la volonté de celui qu'il craint.
Certains commentateurs disent qu'ici Moché a parlé de manière quelque peu audacieuse : « Je pourrai démêler tous vos problèmes, même s'ils sont difficiles pour vous ». Et pour lui montrer que, bien qu'il ait apporté la Torah au peuple d'Israël et que la Torah soit appelée de son nom, il est parfois obligé de s'adresser au Très-Haut pour demander conseil, comme ce fut le cas avec la question des filles de Tsélof'had (ce que nous avons lu au chapitre 27 du livre Bémidbar).
וָאֲצַוֶּה אֶתְכֶם בָּעֵת הַהִוא אֵת כָּל־הַדְּבָרִים אֲשֶׁר תַּעֲשׂוּן׃
va'atsavvé etkhém ba'ét hahí et kol-haddevarím achér ta'asoún
18 Et je vous ai commandé en ce temps-là toutes les prescriptions que vous devez faire.
Selon toute apparence, ces paroles se rapportent aux juges, à la procédure au tribunal. Mais on peut comprendre aussi que Moché dit : « En ce temps-là je vous ai donné tous les commandements, vous les avez reçus ».
וַנִּסַּע מֵחֹרֵב וַנֵּלֶךְ אֵת כָּל־הַמִּדְבָּר הַגָּדוֹל וְהַנּוֹרָא הַהוּא אֲשֶׁר רְאִיתֶם דֶּרֶךְ הַר הָאֱמֹרִי כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֱלֹהֵינוּ אֹתָנוּ וַנָּבֹא עַד קָדֵשׁ בַּרְנֵעַ׃
vannissá me'horév vannélekh et kol-hammidbár haggadól vehannorá hahoú achér re'itém dérekh har ha'emorí ka'achér tsivvá adonáy elohénou otánou vannavó ad kadéch barnéya
19 Et nous sommes partis du 'Horev, et nous avons traversé tout ce grand et terrible désert que vous avez vu, par la montagne des Amoréens, comme nous l'avait commandé le SEIGNEUR, notre Dieu, et nous sommes arrivés jusqu'à Kadech-Barnéa.
וָאֹמַר אֲלֵכֶם בָּאתֶם עַד־הַר הָאֱמֹרִי אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֵינוּ נֹתֵן לָנוּ׃
va'omár alekhém batém ad-hár ha'emorí acher-adonáy elohénou notén lánou
20 Et alors je vous ai dit : « Voici, vous êtes arrivés à la montagne des Amoréens, que le SEIGNEUR nous donne.
Kadech-Barnéa, c'est déjà une partie du pays d'Israël, c'est pourquoi il est dit de ce lieu que le SEIGNEUR le donne au peuple d'Israël. À Kadech-Barnéa, le peuple d'Israël s'est trouvé dix-neuf ans sur les quarante ans de séjour dans le désert, c'est la plus longue halte. Tout de même, Moché a mis le pied dans le pays d'Israël avant l'expiration de l'errance de quarante ans, il a mis le pied à Kadech-Barnéa.
רְאֵה נָתַן יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְפָנֶיךָ אֶת־הָאָרֶץ עֲלֵה רֵשׁ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבֹתֶיךָ לָךְ אַל־תִּירָא וְאַל־תֵּחָת׃
re'é natán adonáy elohékha lefanékha et-ha'árets alé rech ka'achér dibbér adonáy elohe avotékha lakh al-tirá ve'al-te'hát
21 Vois, le SEIGNEUR, ton Dieu, a donné devant toi ce pays. Va (monte) et prends-le en héritage, comme l'a dit le SEIGNEUR, le Dieu de tes Pères. Ne crains pas et ne t'effraie pas, va ! »
À partir du verset 22, Moché commence à raconter de nouveau la triste histoire des explorateurs. Moché n'a pas commencé ses discours par ce récit, il a commencé par le récit sur les juges. Souvent, quand nous commençons par la réprimande, par l'accusation, il est très difficile pour notre interlocuteur de l'entendre. Et pour être entendu, peut-être faut-il commencer par quelque chose d'autre, non par la réprimande, ce qu'a fait Moché.
וַתִּקְרְבוּן אֵלַי כֻּלְּכֶם וַתֹּאמְרוּ נִשְׁלְחָה אֲנָשִׁים לְפָנֵינוּ וְיַחְפְּרוּ־לָנוּ אֶת־הָאָרֶץ וְיָשִׁבוּ אֹתָנוּ דָּבָר אֶת־הַדֶּרֶךְ אֲשֶׁר נַעֲלֶה־בָּהּ וְאֵת הֶעָרִים אֲשֶׁר נָבֹא אֲלֵיהֶן׃
vattikrevoún eláy koullekhém vattomeroú nichle'há anachím lefanénou veya'hperou-lánou et-ha'árets veyachívou otánou davár et-haddérekh achér na'ale-bá ve'ét he'arím achér navó alehén
22 Et vous vous êtes tous approchés de moi, et vous avez dit : « Envoyons donc des hommes devant nous, qu'ils nous explorent cette terre, et qu'ils reviennent vers nous avec un rapport : par quel chemin nous monterons et dans quelles villes nous arriverons ».
Le mot ya'hperoú (du verbe la'hpór) signifie littéralement ils creuseront, ils fouilleront, et au sens figuré – ils exploreront la terre. Ici, Moché dit que l'initiative d'envoyer des explorateurs venait du peuple. Au début du chapitre 13 du livre Bémidbar, nous lisons que c'est le Très-Haut qui dit à Moché : « Envoie-toi des hommes, et qu'ils examinent le pays ». Quand Moché raconte de nouveau cette histoire au peuple, il dit ce qui concerne le peuple. Apparemment, l'initiative d'envoyer des explorateurs venait précisément du peuple, et Moché y réfléchissait, et le Très-Haut lui a dit : « Oui, envoie des explorateurs ».
וַיִּיטַב בְּעֵינַי הַדָּבָר וָאֶקַּח מִכֶּם שְׁנֵים עָשָׂר אֲנָשִׁים אִישׁ אֶחָד לַשָּׁבֶט׃
vayitáv be'enáy haddavár va'ekká'h mikkém cheném assár anachím ich e'hád lachávet
23 Et cette chose m'a plu, et j'ai pris parmi vous douze hommes, un homme de chaque tribu ;
וַיִּפְנוּ וַיַּעֲלוּ הָהָרָה וַיָּבֹאוּ עַד־נַחַל אֶשְׁכֹּל וַיְרַגְּלוּ אֹתָהּ׃
vayifnoú vaya'aloú hahára vayavóou ad-ná'hal echkól vayraggeloú otá
24 Et ils se sont tournés, et ils sont montés sur la montagne, et ils sont arrivés jusqu'au torrent d'Echkol, et ils ont exploré cette terre.
וַיִּקְחוּ בְיָדָם מִפְּרִי הָאָרֶץ וַיּוֹרִדוּ אֵלֵינוּ וַיָּשִׁבוּ אֹתָנוּ דָבָר וַיֹּאמְרוּ טוֹבָה הָאָרֶץ אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֵינוּ נֹתֵן לָנוּ׃
vayik'hoú veyadám mipperí ha'árets vayorídou elénou vayachívou otánou davár vayomeroú tová ha'árets acher-adonáy elohénou notén lánou
25 Et ils ont pris dans leurs mains des fruits de la terre, et ils sont revenus vers nous avec un rapport, et ils ont dit : « Bonne est la terre que le SEIGNEUR nous donne ! »
Si nous nous en souvenons, ils ont pris une grappe de raisin, des figues (fruits du figuier)Le russe nomme ici la figue par deux mots synonymes, le second entre parenthèses. Le français n'ayant qu'un seul mot, la parenthèse est rendue par « fruits du figuier ». et des grenades. Le raisin, les figues et les grenades ne mûrissent pas en même temps au même endroit. Nous avons lu au chapitre 13 du livre Bémidbar que c'était le temps du début de la vendange, les premières grappes de raisin étaient apparues. Cela veut dire, et il est logique de penser ainsi, que quelque part dans les parties centrales du pays ils ont pris les figues et les grenades, et déjà quelque part dans la région de 'Hévron ils ont pris la grappe de raisin. Enfin, on ne va tout de même pas marcher quarante jours en reconnaissance avec une grappe de raisin. Ce serait étrange si, sur la terre cananéenne, douze hommes se déplaçaient sans être remarqués et portaient en même temps avec eux une énorme grappe de raisin.
Outre qu'ils sont venus avec les fruits du pays d'Israël, il est écrit ici qu'ils sont revenus avec un rapport et ont dit : « Bonne est la terre que le SEIGNEUR nous donne ! » De nouveau, aucun de ceux qui furent témoins des événements (à part Kalev, Moché et Yéhochoua ben Noun) n'est présent maintenant ici. Bien sûr, les enfants de la « génération du désert » comprenaient et savaient bien pourquoi ils sont punis, et pourquoi ils errent quarante ans dans le désert, mais ici Moché ne le leur rappelle pas. Ici, Moché ne dit pas que les explorateurs n'ont pas si bien tout raconté, Moché contourne cette question. Il est gênant de rappeler aux gens leurs péchés, ils se souviennent eux-mêmes bien de tout. Moché a mis en avant ce qui a tout de même été dit : « Oui, ce pays est très bon » (bien que, du fait que les explorateurs ont effrayé le peuple, Moché parlera encore).
וְלֹא אֲבִיתֶם לַעֲלֹת וַתַּמְרוּ אֶת־פִּי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃
veló avitém la'alót vattamroú et-pí adonáy elohekhém
26 Mais vous n'avez pas voulu monter et vous vous êtes révoltés contre la bouche du SEIGNEUR, votre Dieu.
וַתֵּרָגְנוּ בְאָהֳלֵיכֶם וַתֹּאמְרוּ בְּשִׂנְאַת יְהוָה אֹתָנוּ הוֹצִיאָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם לָתֵת אֹתָנוּ בְּיַד הָאֱמֹרִי לְהַשְׁמִידֵנוּ׃
vatteragenoú ve'aholekhém vattomeroú besin'át adonáy otánou hotsi'ánou me'érets mitsráyim latét otánou beyád ha'emorí lehachmidénou
27 Et vous avez murmuré dans vos tentes contre Dieu, et vous avez dit : « C'est par haine du SEIGNEUR envers nous qu'Il nous a fait sortir du pays d'Égypte, pour nous livrer aux mains des Amoréens et nous faire périr.
אָנָה אֲנַחְנוּ עֹלִים אַחֵינוּ הֵמַסּוּ אֶת־לְבָבֵנוּ לֵאמֹר עַם גָּדוֹל וָרָם מִמֶּנּוּ עָרִים גְּדֹלֹת וּבְצוּרֹת בַּשָּׁמָיִם וְגַם־בְּנֵי עֲנָקִים רָאִינוּ שָׁם׃
aná aná'hnou olím a'hénou hemássou et-levavénou lemór am gadól varám mimménnou arím gedolót ouvtsourót bachamáyim vegam-bené anakím ra'ínou cham
28 Où donc devons-nous monter maintenant ? Et nos frères ont dissous (fait fondre) notre cœur, en disant : « Là vit un peuple qui est plus grand et plus haut que nous, des villes hautes jusqu'aux cieux, et des fils de géants, nous en avons vu là ».
Par nos frères on entend ceux qui sont revenus avec un rapport et ont fait littéralement fondre le cœur du peuple. Quant aux villes d'une hauteur jusqu'aux cieux – c'est, bien sûr, une hyperbole (une exagération), puisqu'il n'y a pas de villes jusqu'aux cieux en Canaan. Et le fait qu'ils aient vu des fils de géants est, d'ailleurs, une sorte de réponse à la discussion sur la question de savoir s'ils étaient allés jusqu'à 'Hévron. Apparemment, ils y étaient allés, parce que les fils de géants vivaient précisément là.
וָאֹמַר אֲלֵכֶם לֹא־תַעַרְצוּן וְלֹא־תִירְאוּן מֵהֶם׃
va'omár alekhém lo-ta'artsoún velo-tire'oún mehém
29 Je vous ai dit alors : « Ne vous effrayez pas, ne tremblez pas devant eux et n'ayez pas peur d'eux !
יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם הַהֹלֵךְ לִפְנֵיכֶם הוּא יִלָּחֵם לָכֶם כְּכֹל אֲשֶׁר עָשָׂה אִתְּכֶם בְּמִצְרַיִם לְעֵינֵיכֶם׃
adonáy elohekhém haholékh lifnekhém hou yilla'hém lakhém kekhól achér assá ittekhém bemitsráyim le'enekhém
30 Le SEIGNEUR, votre Dieu, Qui marche devant vous, Il combattra pour vous, comme Il a fait avec vous en Égypte devant vos yeux.
וּבַמִּדְבָּר אֲשֶׁר רָאִיתָ אֲשֶׁר נְשָׂאֲךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ כַּאֲשֶׁר יִשָּׂא־אִישׁ אֶת־בְּנוֹ בְּכָל־הַדֶּרֶךְ אֲשֶׁר הֲלַכְתֶּם עַד־בֹּאֲכֶם עַד־הַמָּקוֹם הַזֶּה׃
ouvammidbár achér ra'íta achér nessa'ákha adonáy elohekha ka'achér yissa-ích et-benó bekhol-haddérekh achér halakhtém ad-bo'akhém ad-hammakóm hazzé
31 Et dans le désert, quand tu as vu, quand le SEIGNEUR, ton Dieu, te portait, comme un homme porte son fils, sur tout le chemin que vous avez parcouru jusqu'à ce lieu.
C'était le tout début du chemin, il n'y avait pas encore eu les quarante ans d'errance. C'était la première expérience du séjour avec le SEIGNEUR dans le désert, mais le peuple devait déjà voir que le Très-Haut porte le peuple d'Israël comme un père porte son fils.
וּבַדָּבָר הַזֶּה אֵינְכֶם מַאֲמִינִם בַּיהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃
ouvaddavár hazzé enekhém ma'aminím badonáy elohekhém
32 Se peut-il qu'en cela, maintenant, vous ne croyiez pas au SEIGNEUR, votre Dieu,
הַהֹלֵךְ לִפְנֵיכֶם בַּדֶּרֶךְ לָתוּר לָכֶם מָקוֹם לַחֲנֹתְכֶם בָּאֵשׁ לַיְלָה לַרְאֹתְכֶם בַּדֶּרֶךְ אֲשֶׁר תֵּלְכוּ־בָהּ וּבֶעָנָן יוֹמָם׃
haholékh lifnekhém baddérekh latoúr lakhém makóm la'hanotekhém ba'éch láyla lar'otekhém baddérekh achér telekhou-vá ouve'anán yomám
33 à Celui Qui marche devant vous en chemin, pour vous organiser un lieu et vous trouver des haltes, marche dans la colonne de feu la nuit, pour vous montrer le chemin par lequel vous devez aller, et dans la nuée (qui protège de la chaleur du désert, du soleil brûlant) – le jour ?! »
וַיִּשְׁמַע יְהוָה אֶת־קוֹל דִּבְרֵיכֶם וַיִּקְצֹף וַיִּשָּׁבַע לֵאמֹר׃
vayichmá adonáy et-kól divrekhém vayiktsóf vayichavá lemór
34 Et le SEIGNEUR a entendu la voix de vos paroles, et a été courroucé, et a juré, en disant :
אִם־יִרְאֶה אִישׁ בָּאֲנָשִׁים הָאֵלֶּה הַדּוֹר הָרָע הַזֶּה אֵת הָאָרֶץ הַטּוֹבָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי לָתֵת לַאֲבֹתֵיכֶם׃
im-yir'é ich ba'anachím ha'élle haddór hará hazzé et ha'árets hattová achér nichbá'ti latét la'avotekhém
35 « Si un homme d'entre ces gens, de cette mauvaise (méchante) génération, voit la bonne terre au sujet de laquelle J'ai juré à vos Pères de la donner !
Les mots s'il voit, dans la langue du serment, dans la formule du serment, signifient : « Je jure qu'il ne verra pas », c'est-à-dire que la mauvaise génération ne verra pas la bonne terre.
זוּלָתִי כָּלֵב בֶּן־יְפֻנֶּה הוּא יִרְאֶנָּה וְלוֹ־אֶתֵּן אֶת־הָאָרֶץ אֲשֶׁר דָּרַךְ־בָּהּ וּלְבָנָיו יַעַן אֲשֶׁר מִלֵּא אַחֲרֵי יְהוָה׃
zoulatí kalév ben-yefouné hou yir'énna velo-ettén et-ha'árets achér darakh-bá oulvanáv yá'an achér millé a'haré adonáy
36 Excepté Kalev ben Yéfounné – lui, il la verra, et à lui Je donnerai la terre sur laquelle il a marché, et à ses fils, parce qu'il a obéi au SEIGNEUR ».
Pourquoi n'est-il pas dit tout de suite aussi au sujet de Yéhochoua ? Au sujet de Yéhochoua, il sera encore question plus loin. Moché ajoute et dit :
גַּם־בִּי הִתְאַנַּף יְהוָה בִּגְלַלְכֶם לֵאמֹר גַּם־אַתָּה לֹא־תָבֹא שָׁם׃
gam-bí hit'annáf adonáy biglalkhém lemór gam-attá lo-tavó cham
37 Et contre moi aussi le SEIGNEUR a été courroucé à cause de vous, en disant : « Toi non plus, tu n'entreras pas là-bas !
On peut comprendre (ce sera une compréhension possible) que Moché dit ici : « C'est alors aussi que le SEIGNEUR m'a puni », précisément alors, dans le cas des explorateurs, le SEIGNEUR m'a dit : « Tu n'entreras pas là-bas ». Mais on peut comprendre aussi que Moché ici, en parlant de la punition qu'ont reçue les fils d'Israël, se souvient de sa propre punition, que contre Moché lui-même aussi le SEIGNEUR a été courroucé. Et il dit simplement : « Moi aussi, je suis puni à cause de vous, moi non plus, je n'entrerai pas dans cette terre ».
L'homme parle souvent de manière décousue, à la suite de ses sentiments, il n'y a là rien de honteux. Ici, nous voyons en Moché un homme qui, s'étant souvenu de la manière dont le peuple a été puni, se souvient que sur lui aussi pèse une sentence, que lui non plus n'entrera pas dans la terre.
יְהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן הָעֹמֵד לְפָנֶיךָ הוּא יָבֹא שָׁמָּה אֹתוֹ חַזֵּק כִּי־הוּא יַנְחִלֶנָּה אֶת־יִשְׂרָאֵל׃
yehochoúa bin-noún ha'oméd lefanékha hou yávo chámma otó 'hazzék ki-hou yan'hilénna et-yisraél
38 Yéhochoua ben Noun, qui se tient devant toi, lui, il entrera là-bas. Et affermis-le, car il la donnera en possession à Israël (il établira, il conduira Israël au lieu où il s'installera).
וְטַפְּכֶם אֲשֶׁר אֲמַרְתֶּם לָבַז יִהְיֶה וּבְנֵיכֶם אֲשֶׁר לֹא־יָדְעוּ הַיּוֹם טוֹב וָרָע הֵמָּה יָבֹאוּ שָׁמָּה וְלָהֶם אֶתְּנֶנָּה וְהֵם יִירָשׁוּהָ׃
vetappekhém achér amartém laváz yihyé ouvnekhém achér lo-yade'oú hayom tov vará hémma yavó'ou chámma velahém ettenénna vehém yirachoúha
39 Et vos petits enfants, dont vous avez dit qu'ils seraient livrés au pillage, et vos enfants, qui aujourd'hui ne connaissent pas encore le bien et le mal, eux, ils entreront là-bas, à eux Je la donnerai, et eux, ils en hériteront.
וְאַתֶּם פְּנוּ לָכֶם וּסְעוּ הַמִּדְבָּרָה דֶּרֶךְ יַם־סוּף׃
ve'attém penoú lakhém ous'oú hammidbára dérekh yam-soúf
40 Et vous, retournez-vous et allez dans le désert, par le chemin vers la mer de Souf ».
C'est le même chemin qui menait vers l'Émori, vers le pays d'Israël. Ils marchent par le même chemin, mais la direction est autre, la direction est vers la mer de Souf. Le peuple ne s'est pas résigné, comme nous nous en souvenons, à cette sentence du Très-Haut, ce que Moché raconte plus loin.
וַתַּעֲנוּ וַתֹּאמְרוּ אֵלַי חָטָאנוּ לַיהוָה אֲנַחְנוּ נַעֲלֶה וְנִלְחַמְנוּ כְּכֹל אֲשֶׁר־צִוָּנוּ יְהוָה אֱלֹהֵינוּ וַתַּחְגְּרוּ אִישׁ אֶת־כְּלֵי מִלְחַמְתּוֹ וַתָּהִינוּ לַעֲלֹת הָהָרָה׃
vatta'ánou vattomeroú eláy 'hatánou ladonáy aná'hnou na'alé venil'hámnou kekhól acher-tsivvánou adonáy elohénou vatta'hgeroú ich et-kelé mil'hamtó vattahínou la'alót hahára
41 Mais vous avez répondu et m'avez dit : « Nous avons péché envers le SEIGNEUR ! Nous monterons et nous combattrons, comme nous l'a commandé le SEIGNEUR, notre Dieu ». Et chacun a pris en main ses armes, et vous vous êtes apprêtés à monter sur la montagne.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי אֱמֹר לָהֶם לֹא תַעֲלוּ וְלֹא־תִלָּחֲמוּ כִּי אֵינֶנִּי בְּקִרְבְּכֶם וְלֹא תִּנָּגְפוּ לִפְנֵי אֹיְבֵיכֶם׃
vayomer adonáy eláy emór lahém lo ta'álou veló tilla'hamoú ki enénni bekirbekhém veló tinnagefoú lifné oyevekhém
42 Et le SEIGNEUR m'a dit : « Dis-leur : vous ne monterez pas et vous ne combattrez pas, parce que Je ne suis pas avec vous. Et sinon (si vous n'obéissez pas), vos ennemis vous anéantiront devant Moi ! »
וָאֲדַבֵּר אֲלֵיכֶם וְלֹא שְׁמַעְתֶּם וַתַּמְרוּ אֶת־פִּי יְהוָה וַתָּזִדוּ וַתַּעֲלוּ הָהָרָה׃
va'adabbér alekhém veló chema'tém vattamroú et-pí adonáy vattazídou vatta'aloú hahára
43 Je vous ai parlé, mais vous n'avez pas entendu, et vous vous êtes révoltés contre la bouche du SEIGNEUR, et vous avez mal agi, et vous êtes montés sur la montagne.
וַיֵּצֵא הָאֱמֹרִי הַיֹּשֵׁב בָּהָר הַהוּא לִקְרַאתְכֶם וַיִּרְדְּפוּ אֶתְכֶם כַּאֲשֶׁר תַּעֲשֶׂינָה הַדְּבֹרִים וַיַּכְּתוּ אֶתְכֶם בְּשֵׂעִיר עַד־חָרְמָה׃
vayetsé ha'emorí hayochév bahár hahoú likratkhém vayirdefoú etkhém ka'achér ta'asséna haddevorím vayakketoú etkhém besse'ír ad-'hormá
44 Et l'Amoréen, qui habitait sur cette montagne, est sorti à votre rencontre, et vous a poursuivis, comme le font les abeilles (comme si un essaim d'abeilles vous pourchassait), et ils vous ont battus sur le Sé'ir et jusqu'à 'Horma.
Dans le livre Bémidbar (14,45), nous avons lu que contre le peuple d'Israël se sont levés les Amalécites et les Cananéens. Ici, nous lisons que ce sont les Amoréens. Pourquoi cela ? En effet, sur cette montagne (le Sé'ir), la force prédominante étaient les Amoréens, bien que la montagne elle-même soit le territoire des Amalécites et des Cananéens, d'où cette divergence de lecture.
וַתָּשֻׁבוּ וַתִּבְכּוּ לִפְנֵי יְהוָה וְלֹא־שָׁמַע יְהוָה בְּקֹלְכֶם וְלֹא הֶאֱזִין אֲלֵיכֶם׃
vattachoúvou vattivkoú lifné adonáy velo-chamá adonáy bekolekhém veló he'ezín alekhém
45 Et vous êtes revenus, et vous vous êtes mis à pleurer devant le SEIGNEUR, mais le SEIGNEUR n'a pas prêté attention à votre voix et ne vous a pas écoutés.
וַתֵּשְׁבוּ בְקָדֵשׁ יָמִים רַבִּים כַּיָּמִים אֲשֶׁר יְשַׁבְתֶּם׃
vattechevoú vekadéch yamím rabbím kayamím achér yechavtém
46 Et vous avez vécu à Kadech de nombreux jours, comme les jours que vous aviez vécus (auparavant).
Ici, on peut comprendre que vous avez vécu à Kadech autant que vous avez vécu dans les autres campements. Et de cela on conclut que le peuple a vécu à Kadech dix-neuf ans.
Ici se termine le chapitre 1 du livre Dévarim. Mais, comme cela arrive parfois, la division en chapitres ne correspond pas à la division qui existe dans le texte massorétique. C'est pourquoi nous lirons aussi le verset 1 du chapitre 2.
וַנֵּפֶן וַנִּסַּע הַמִּדְבָּרָה דֶּרֶךְ יַם־סוּף כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֵלָי וַנָּסָב אֶת־הַר־שֵׂעִיר יָמִים רַבִּים׃
vannéfen vannissá hammidbára dérekh yam-soúf ka'achér dibbér adonáy eláy vannássov et-har-se'ír yamím rabbím
1 Et nous nous sommes retournés et nous sommes partis dans le désert, par le chemin vers la mer de Souf, comme le SEIGNEUR me l'avait dit, et pendant de nombreux jours nous avons contourné le mont Sé'ir.
Ainsi donc, dans son premier discours, Moché a parlé de la manière dont les tribunaux ont été établis dans le peuple d'Israël, dont le système judiciaire a été organisé. Et il a rappelé au peuple le péché des explorateurs, la raison pour laquelle le peuple a dû errer quarante ans dans le désert, et la raison pour laquelle le chemin qui menait vers le pays de Canaan a mené le peuple dans la direction opposée.
Premières victoires
Dévarim 2,2–37
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Dévarim, et nous lirons à partir du verset 2 du chapitre 2 du livre.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי לֵאמֹר׃
vayomer adonáy eláy lemór
2 Et le SEIGNEUR m'a dit, en disant :
D'habitude, nous lisions dans la Torah la phrase : « Et le SEIGNEUR dit à Moché, en disant », c'est-à-dire que l'adresse se faisait à la troisième personne (plus de quatre-vingt-dix fois). Mais nous nous souvenons que le livre Dévarim (Paroles) est un livre particulier. C'est un livre où Moché lui-même parle au peuple, nous y entendons la voix de Moché, il parle de lui-même, et c'est pourquoi nous lisons : « Et le SEIGNEUR me dit, en disant ».
רַב־לָכֶם סֹב אֶת־הָהָר הַזֶּה פְּנוּ לָכֶם צָפֹנָה׃
rav-lakhém sov et-hahár hazzé penoú lakhém tsafóna
3 « C'est assez pour vous de tourner autour de cette montagne, tournez vers le nord.
וְאֶת־הָעָם צַו לֵאמֹר אַתֶּם עֹבְרִים בִּגְבוּל אֲחֵיכֶם בְּנֵי־עֵשָׂו הַיֹּשְׁבִים בְּשֵׂעִיר וְיִירְאוּ מִכֶּם וְנִשְׁמַרְתֶּם מְאֹד׃
ve'et-ha'ám tsav lemór attém overím bigvoúl a'hekhém bene-essáv hayochevím besse'ír veyire'oú mikkém venichmartém me'ód
4 Et instruis le peuple, en disant : « Vous passez maintenant le long de la frontière de vos frères, les fils d'Essav, qui habitent sur le Sé'ir, soyez prudents avec eux et gardez-vous bien.
אַל־תִּתְגָּרוּ בָם כִּי לֹא־אֶתֵּן לָכֶם מֵאַרְצָם עַד מִדְרַךְ כַּף־רָגֶל כִּי־יְרֻשָּׁה לְעֵשָׂו נָתַתִּי אֶת־הַר שֵׂעִיר׃
al-titgaroú vam ki lo-ettén lakhém me'artsám ad midrákh kaf-rágel ki-yerouchá le'essáv natátti et-hár se'ír
5 Ne les provoquez pas (n'essayez pas de les entraîner dans une guerre), parce que Je ne vous ai pas donné de leur terre, pas même de la taille d'une plante de pied, car J'ai donné en héritage à Essav le mont Sé'ir.
Le Très-Haut dit ici : « Ne vous engagez même pas, n'essayez pas de conquérir la terre d'Essav. Je lui ai donné cette terre en héritage ». Comme nous l'apprendrons ensuite, cette terre, David la conquerra. Ce n'est pas un héritage éternel, mais ce n'est pas non plus un ordre éternel – c'est un ordre que le Très-Haut donne au peuple d'Israël pour ce moment-là : « Ne commencez pas de guerre avec les fils d'Essav, le peuple d'Essav a cette terre en héritage ».
Pourquoi les fils d'Essav ont-ils cette terre en héritage ? Il y a beaucoup de points de vue différents là-dessus. On peut dire que les fils d'Essav sont, dans une certaine mesure, des héritiers d'Avraham. Ce sont aussi des descendants d'Avraham, et ils parlent la même langue que le peuple d'Israël, comme nous le voyons d'après certains témoignages. C'est pourquoi (pour un temps) les fils d'Essav ont un héritage sur cette montagne. Passez, mais soyez prudents.
אֹכֶל תִּשְׁבְּרוּ מֵאִתָּם בַּכֶּסֶף וַאֲכַלְתֶּם וְגַם־מַיִם תִּכְרוּ מֵאִתָּם בַּכֶּסֶף וּשְׁתִיתֶם׃
ókhel tichberoú me'ittám bakkéssef va'akhaltém vegam-máyim tikhroú me'ittám bakkéssef ouchtitém
6 La nourriture, achetez-la chez eux pour de l'argent (de l'argent métal), et alors mangez, et l'eau, procurez-la chez eux pour de l'argent, et buvez.
C'est-à-dire, ne leur prenez rien. Vous passez à travers leur terre – soyez prudents, conduisez-vous comme un peuple instruit et cultivé.
כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בֵּרַכְךָ בְּכֹל מַעֲשֵׂה יָדֶךָ יָדַע לֶכְתְּךָ אֶת־הַמִּדְבָּר הַגָּדֹל הַזֶּה זֶה אַרְבָּעִים שָׁנָה יְהוָה אֱלֹהֶיךָ עִמָּךְ לֹא חָסַרְתָּ דָּבָר׃
ki adonáy elohékha berakhekhá bekhól ma'assé yadékha yadá lekhtekhá et-hammidbár haggadól hazzé ze arba'ím chaná adonáy elohékha immákh lo 'hassárta davár
7 Car le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a béni dans toutes les œuvres de tes mains, et le SEIGNEUR te connaît, a pris soin de toi pendant tout le temps de ta marche à travers ce grand désert. Voici déjà quarante ans que le SEIGNEUR, ton Dieu, est avec toi, et tu n'as manqué de rien ».
« Car le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a béni dans toutes les œuvres de tes mains » – c'est une phrase très importante. Il est très important de se souvenir que le SEIGNEUR bénit les œuvres des mains. Souvent nous demandons : « SEIGNEUR, que veux-tu que je fasse ? De quoi veux-Tu que je m'occupe ? » Et parfois la réponse est celle-ci : « Toi, fais quelque chose, et le SEIGNEUR bénira les œuvres de tes mains ».
On pourrait penser (et c'est ainsi que pouvaient penser les fils d'Essav, c'est ainsi que peut penser n'importe quel peuple) : « Ces pillards du désert vont faire une razzia sur nous, ils vont tout simplement nous piller ici, parce que – eh bien, qu'est-ce qu'ils ont là-bas, dans le désert ?! » Très souvent, des tribus du désert font des razzias sur certaines villes civilisées et les pillent, c'est un phénomène connu dans l'histoire. Ici, le Très-Haut dit : « Tu es venu du désert, mais tu n'es pas un peuple du désert ». Pendant toutes les quarante années où tu as marché à travers le désert, le SEIGNEUR a pris soin de toi, de sorte que tu n'as manqué de rien. Et tu peux tout à fait t'acheter de la nourriture pour de l'argent, et acheter de l'eau pour de l'argent.
וַנַּעֲבֹר מֵאֵת אַחֵינוּ בְנֵי־עֵשָׂו הַיֹּשְׁבִים בְּשֵׂעִיר מִדֶּרֶךְ הָעֲרָבָה מֵאֵילַת וּמֵעֶצְיֹן גָּבֶר וַנֵּפֶן וַנַּעֲבֹר דֶּרֶךְ מִדְבַּר מוֹאָב׃
vanna'avór me'ét a'hénou vene-essáv hayochevím besse'ír middérekh ha'aravá me'elát oume'ets'yon gáver vannéfen vanna'avór dérekh midbár mo'áv
8 Et nous sommes passés à côté de nos frères, les fils d'Essav, qui demeurent en Sé'ir, par l'Arava (ou par le chemin de la steppe), par Eilat et par Étsyon-Guéver, puis nous nous sommes tournés et sommes allés par le désert de Moav.
Au neuvième verset, nous lisons que le Très-Haut parle de nouveau à Moché.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי אַל־תָּצַר אֶת־מוֹאָב וְאַל־תִּתְגָּר בָּם מִלְחָמָה כִּי לֹא־אֶתֵּן לְךָ מֵאַרְצוֹ יְרֻשָּׁה כִּי לִבְנֵי־לוֹט נָתַתִּי אֶת־עָר יְרֻשָּׁה׃
vayomer adonáy eláy al-tátsar et-mo'áv ve'al-titgár bam mil'hamá ki lo-ettén lekhá me'artsó yerouchá ki livne-lót natátti et-ár yerouchá
9 Et le SEIGNEUR m'a dit : « N'opprime pas Moav et ne les provoque pas à la guerre, car Je ne te donnerai pas d'héritage de leur terre, car ce lieu, Ar, Je l'ai donné en héritage aux fils de Lot.
Lot, bien qu'il ne soit pas zéra (semence) d'Avraham, il est de la famille d'Avraham, il est de sa lignée, et ses descendants s'établissent à côté d'Israël. Là encore, les Moabites comme les Ammonites parlent eux aussi une langue très, très proche de l'hébreu.
Ensuite suit une sorte de digression historique que fait la Torah.
הָאֵמִים לְפָנִים יָשְׁבוּ בָהּ עַם גָּדוֹל וְרַב וָרָם כָּעֲנָקִים׃
ha'emím lefaním yáchevou va am gadól veráv varám ka'anakím
10 Avant cela, sur cette terre habitaient les émim – un peuple grand, et nombreux, et de haute taille, comme les géants.
רְפָאִים יֵחָשְׁבוּ אַף־הֵם כָּעֲנָקִים וְהַמֹּאָבִים יִקְרְאוּ לָהֶם אֵמִים׃
refa'ím ye'hachevoú af-hém ka'anakím vehammo'avím yikre'oú lahém emím
11 Et les réfaïm, que l'on pouvait aussi compter pour des géants, et les Moabites les appelaient émim.
Le mot émim peut être interprété comme ceux qui inspirent la terreur.
וּבְשֵׂעִיר יָשְׁבוּ הַחֹרִים לְפָנִים וּבְנֵי עֵשָׂו יִירָשׁוּם וַיַּשְׁמִידוּם מִפְּנֵיהֶם וַיֵּשְׁבוּ תַּחְתָּם כַּאֲשֶׁר עָשָׂה יִשְׂרָאֵל לְאֶרֶץ יְרֻשָּׁתוֹ אֲשֶׁר־נָתַן יְהוָה לָהֶם׃
ouvse'ír yachevoú ha'horím lefaním ouvné essáv yirachoúm vayachmidoúm mippenehém vayechevoú ta'htám ka'achér assá yisra'él le'érets yeroucható acher-natán adonáy lahém
12 Et en Sé'ir habitaient auparavant les Horites, mais les fils d'Essav ont hérité d'eux, et les ont exterminés de devant leur face, et se sont établis à leur place, comme l'a fait Israël avec ce pays que le Très-Haut leur a donné en héritage.
L'exemple de Gad et de Réouven est sous nos yeux. Pourquoi cette digression historique est-elle nécessaire ? Premièrement, le Très-Haut dit que la conquête des terres, les guerres, c'est un certain cours naturel des événements. Deuxièmement, le Très-Haut dit qu'autrefois vivaient ici certains emím, certains refa'ím, et les Moabites les ont conquis et se sont établis à leur place. Et le fait que les fils d'Essav aient conquis une certaine terre – tout cela, Dieu le leur a donné en héritage : toutes ces guerres, toutes ces conquêtes ne se produisaient pas par hasard. Et si grands et redoutables que paraissaient ces anakím, ces géants, ou ces emím, tous ces gens étonnants de taille énorme, les fils d'Essav les ont conquis, parce que le Très-Haut leur a donné cette terre en héritage.
Au verset 13, il y a un ordre :
עַתָּה קֻמוּ וְעִבְרוּ לָכֶם אֶת־נַחַל זָרֶד וַנַּעֲבֹר אֶת־נַחַל זָרֶד׃
attá koúmou ve'ivroú lakhém et-ná'hal záred vanna'avór et-ná'hal záred
13 Maintenant, levez-vous et traversez le torrent de Zared (c'est la rive nord de la mer Morte) ». Et nous avons traversé le torrent de Zared.
וְהַיָּמִים אֲשֶׁר־הָלַכְנוּ מִקָּדֵשׁ בַּרְנֵעַ עַד אֲשֶׁר־עָבַרְנוּ אֶת־נַחַל זֶרֶד שְׁלֹשִׁים וּשְׁמֹנֶה שָׁנָה עַד־תֹּם כָּל־הַדּוֹר אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה מִקֶּרֶב הַמַּחֲנֶה כַּאֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְהוָה לָהֶם׃
vehayamím acher-halákhnou mikkadéch barnéya ad acher-avárnou et-ná'hal zéred chelochím ouchmoné chaná ad-tóm kol-haddór anché hammil'hamá mikkérev hamma'hané ka'achér nichbá adonáy lahém
14 Et les jours que nous avons marché depuis Kadech-Barnéa jusqu'à ce que nous ayons traversé le torrent de Zared – trente-huit ans, jusqu'à ce qu'ait pris fin toute la génération des hommes de guerre du milieu du camp, comme le SEIGNEUR le leur avait juré.
Kadech-Barnéa, c'est le lieu où se sont produits tous ces événements avec les explorateurs (dont nous avons parlé au chapitre 1). Comment comprendre l'expression la génération des anché hammil'hamá (hommes de guerre) ? On peut le comprendre ainsi : mourront ceux (comme l'avait promis le SEIGNEUR) qui étaient astreints au service militaire à ce moment-là, c'est-à-dire de vingt ans et au-dessus. On peut comprendre anché hammil'hamá aussi comme la génération qui s'était alors levée pour la guerre, qui était allée combattre contre la volonté du Très-Haut – une histoire que Moché a aussi rappelée au peuple dans le premier chapitre. Le plus probable est tout de même la première manière de comprendre : sont morts tous ceux qui avaient de vingt ans et au-dessus, comme le SEIGNEUR l'avait juré.
On considère d'habitude que la punition a duré quarante ans. En réalité, si l'on considère que la punition a commencé à la fin de la première année et qu'au début de la dernière année tous étaient déjà morts, alors, en conséquence, 40 moins 2 – une simple arithmétique nous amène à ceci : les 38 années supplémentaires, en trop, de marche dans le désert, ce sont ces années dont Moché parle comme d'une punition.
וְגַם יַד־יְהוָה הָיְתָה בָּם לְהֻמָּם מִקֶּרֶב הַמַּחֲנֶה עַד תֻּמָּם׃
vegám yad-adonáy háyeta bam lehoummám mikkérev hamma'hané ad toummám
15 Et la main du Très-Haut était sur eux, jusqu'à ce que tous soient morts.
Les gens disparaissaient soudainement, mouraient soudainement. Le mot lehoummám – c'est comme faire disparaître d'un clignement, effacer par un scintillement, comme si voilà, il y avait un homme, il a vacillé comme une lueur – et il n'est plus. Ce n'est pas qu'ils étaient longtemps malades et mouraient : les gens disparaissaient soudainement, mouraient soudainement, jusqu'à ce que tous soient morts. Encore une compréhension : déconnecter l'un après l'autre, éteindre l'un après l'autre, comme si le Très-Haut, d'après une certaine liste invisible, faisait mourir ces gens l'un après l'autre.
וַיְהִי כַאֲשֶׁר־תַּמּוּ כָּל־אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה לָמוּת מִקֶּרֶב הָעָם׃
vayhí kha'acher-támmou kol-anché hammil'hamá lamoút mikkérev ha'ám
16 Et il advint, quand furent morts tous ces hommes (les hommes de guerre), au sujet desquels le Très-Haut avait juré qu'ils n'entreraient pas dans la terre,
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֵלַי לֵאמֹר׃
vaydabbér adonáy eláy lemór
17 Et le SEIGNEUR m'a parlé, en disant :
אַתָּה עֹבֵר הַיּוֹם אֶת־גְּבוּל מוֹאָב אֶת־עָר׃
attá ovér hayom et-gevoúl mo'áv et-ár
18 « Tu passes aujourd'hui à la frontière de Moav, à Ar.
Ar – c'est le nom d'une ville, il vient de la même racine que le mot même ir (ville). Ir – c'est un lieu de veille, une sorte de tour de garde, un lieu d'où l'on observe. Et de même Ar, c'est un « veilloir », un lieu où l'on ne sommeille jamais, un lieu qui se trouve sous une garde constante.
וְקָרַבְתָּ מוּל בְּנֵי עַמּוֹן אַל־תְּצֻרֵם וְאַל־תִּתְגָּר בָּם כִּי לֹא־אֶתֵּן מֵאֶרֶץ בְּנֵי־עַמּוֹן לְךָ יְרֻשָּׁה כִּי לִבְנֵי־לוֹט נְתַתִּיהָ יְרֻשָּׁה׃
vekaravtá moul bené ammón al-tetsourém ve'al-titgár bam ki lo-ettén me'érets bene-ammón lekhá yerouchá ki livne-lót netattíha yerouchá
19 Et tu passeras à côté des fils d'Ammon : ne les opprime pas et ne les provoque pas, car Je ne te donnerai pas d'héritage du pays des fils d'Ammon (du pays des Ammonites), car Je l'ai donné en héritage aux fils de Lot.
Et de nouveau il y a une digression historique.
אֶרֶץ־רְפָאִים תֵּחָשֵׁב אַף־הִוא רְפָאִים יָשְׁבוּ־בָהּ לְפָנִים וְהָעַמֹּנִים יִקְרְאוּ לָהֶם זַמְזֻמִּים׃
erets-refa'ím te'hachév af-hi refa'ím yachevou-vá lefaním veha'ammoním yikre'oú lahém zamzoummím
20 Et elle aussi était considérée comme un pays de réfaïm, et autrefois y habitaient des réfaïm, et les Ammonites les appelaient zamzoumim (de lezamzém – bourdonner, faire du bruit, vrombir).
עַם גָּדוֹל וְרַב וָרָם כָּעֲנָקִים וַיַּשְׁמִידֵם יְהוָה מִפְּנֵיהֶם וַיִּירָשֻׁם וַיֵּשְׁבוּ תַחְתָּם׃
am gadól veráv varám ka'anakím vayachmidém adonáy mippenehém vayirachoúm vayechevoú ta'htám
21 C'était un peuple grand et nombreux, et haut, comme les géants, et le SEIGNEUR les a anéantis devant eux, et le leur a donné en héritage, et ils se sont installés à leur place.
Le SEIGNEUR a participé à la conquête de ce pays par les Ammonites, le SEIGNEUR a mené les guerres des Ammonites, comme nous le lisons ici : « Le SEIGNEUR les a anéantis devant la face des Ammonites ».
כַּאֲשֶׁר עָשָׂה לִבְנֵי עֵשָׂו הַיֹּשְׁבִים בְּשֵׂעִיר אֲשֶׁר הִשְׁמִיד אֶת־הַחֹרִי מִפְּנֵיהֶם וַיִּירָשֻׁם וַיֵּשְׁבוּ תַחְתָּם עַד הַיּוֹם הַזֶּה׃
ka'achér assá livné essáv hayochevím besse'ír achér hichmíd et-ha'horí mippenehém vayirachoúm vayechevoú ta'htám ad
hayom hazzé
22 De même qu'il a fait avec les fils d'Essav, qui vivent sur le Sé'ir, devant lesquels il a anéanti les Horiens, et le leur a donné en héritage, et ils vivent là jusqu'à ce jour.
C'est-à-dire jusqu'à ce jour dont parle Moché. Et puisque nous avons mentionné les réfaïm, il vaut la peine de dire quelques mots sur le mot réfaïm lui-même. Par ce mot est effectivement désigné un peuple ordinaire, peut-être d'une taille un peu plus haute et ayant des coutumes quelque peu sauvages, sauvages aux yeux des gens environnants. Ce peuple fort vivait sur un territoire assez étendu, dans ces régions dont nous parlons maintenant, et même au sud d'Israël. Plus tard, nous trouvons que par le mot réfaïm sont désignés des spectres – des gens morts quelconques ou quelque chose qui reste après les gens morts. Dans les textes ougaritiques, dans les textes anciens d'autres peuples voisins, par le mot réfaïm on désigne, pourrait-on dire, une sorte de diables : des êtres mythiques quelconques, qui vivent dans l'enfer mythique des anciens peuples sémitiques. Il est possible que le peuple réfaïm ait reçu un tel surnom à cause de son caractère sauvage et de sa grande taille. Voilà quel peuple c'était, mais il est possible que la coïncidence soit fortuite. En outre, le mot réfaïm a la même racine, reich-peï-alef, que le mot guérir (léhérafé), être en bonne santé, et le mot médecin (rofé) provient de la même racine. C'est pourquoi le mot réfaïm peut signifier les costauds. Alors, d'un autre côté, cela peut être un euphémisme : c'est-à-dire que, quand on ne veut pas dire les macchabées, on dit les costauds, pour éviter l'emploi d'un mot effrayant. Cela aussi peut être, et il y a beaucoup de versions différentes à ce sujet. Je le répète encore, il peut y avoir simplement une coïncidence dans les noms.
וְהָעַוִּים הַיֹּשְׁבִים בַּחֲצֵרִים עַד־עַזָּה כַּפְתֹּרִים הַיֹּצְאִים מִכַּפְתּוֹר הִשְׁמִידֻם וַיֵּשְׁבוּ תַחְתָּם׃
veha'avvím hayochevím ba'hatserím ad-azzá kaftorím hayotse'ím mikkaftór hichmidoúm vayechevoú ta'htám
23 Et les Avim vivaient dans des villages jusqu'à Aza, et les Kaftorim, un peuple qui est issu de Kaftor, les ont anéantis, et se sont installés à leur place.
Kaftor – ce sont les îles grecques, la Crète et les îles autour d'elle, il existe une telle version.
קוּמוּ סְּעוּ וְעִבְרוּ אֶת־נַחַל אַרְנֹן רְאֵה נָתַתִּי בְיָדְךָ אֶת־סִיחֹן מֶלֶךְ־חֶשְׁבּוֹן הָאֱמֹרִי וְאֶת־אַרְצוֹ הָחֵל רָשׁ וְהִתְגָּר בּוֹ מִלְחָמָה׃
koúmou se'oú ve'ivroú et-ná'hal arnón re'é natátti veyadekhá et-si'hón melekh-'hechbón ha'emorí ve'et-artsó ha'hél rach vehitgár bo mil'hamá
24 Levez-vous, allez et traversez le torrent d'Arnon ! Vois, J'ai donné dans tes mains Si'hon, roi de 'Hechbon, l'Amoréen, et son pays : va, hérites-en, et provoque-le à la guerre.
הַיּוֹם הַזֶּה אָחֵל תֵּת פַּחְדְּךָ וְיִרְאָתְךָ עַל־פְּנֵי הָעַמִּים תַּחַת כָּל־הַשָּׁמָיִם אֲשֶׁר יִשְׁמְעוּן שִׁמְעֲךָ וְרָגְזוּ וְחָלוּ מִפָּנֶיךָ׃
hayom hazzé a'hél tet pa'hdekhá veyir'atekhá al-pené ha'ammím tá'hat kol-hachamáyim achér yichme'oún chim'akhá veragezoú ve'haloú mippanékha
25 En ce jour (à partir d'aujourd'hui) Je commencerai à répandre l'épouvante devant toi et la peur devant toi sur tous les peuples sous tous les cieux, et ceux qui entendront la rumeur à ton sujet s'agiteront et s'affaibliront devant toi ».
Moché reçoit ici l'indication d'aller faire la guerre à Si'hon, roi de 'Hechbon, et le Très-Haut dit : « Je répandrai la peur et l'épouvante sur tous les peuples ». Que fait Moché ?
וָאֶשְׁלַח מַלְאָכִים מִמִּדְבַּר קְדֵמוֹת אֶל־סִיחוֹן מֶלֶךְ חֶשְׁבּוֹן דִּבְרֵי שָׁלוֹם לֵאמֹר׃
va'echlá'h mal'akhím mimmidbár kedemót el-si'hón mélekh 'hechbón divré chalóm lemór
26 J'ai envoyé des messagers du désert de Kdeïmot à Si'hon, roi de 'Hechbon, avec des paroles de paix, en disant :
Pourquoi est-ce que le Très-Haut disait à Moché : « Va et combats, va, Je t'ai donné cette terre, tu conquerras, tu vaincras », alors que Moché envoie des messagers pour des négociations de paix ? Comment cela se concilie-t-il ? Avant tout, on peut dire que Moché apprend du Très-Haut Lui-Même. Quand le Très-Haut envoie Moché vers Pharaon, Il dit aussi : « La victoire sera à toi, Pharaon laissera partir le peuple d'Israël, mais d'abord viens, parle en paix ». Et dans d'autres cas, la Torah commande : si tu vas faire la guerre à une ville, alors parle d'abord avec la ville en paix. Mais lisons quel message Moché envoie par les messagers à Si'hon, roi de 'Hechbon :
אֶעְבְּרָה בְאַרְצֶךָ בַּדֶּרֶךְ בַּדֶּרֶךְ אֵלֵךְ לֹא אָסוּר יָמִין וּשְׂמֹאול׃
e'berá ve'artsékha baddérekh baddérekh elékh lo asoúr yamín ousmól
27 « Je passerai par ton pays, seulement, seulement par la route j'irai, je ne m'écarterai ni à droite ni à gauche.
אֹכֶל בַּכֶּסֶף תַּשְׁבִּרֵנִי וְאָכַלְתִּי וּמַיִם בַּכֶּסֶף תִּתֶּן־לִי וְשָׁתִיתִי רַק אֶעְבְּרָה בְרַגְלָי׃
ókhel bakkéssef tachbiréni ve'akhálti oumáyim bakkéssef titten-lí vechatíti rak e'berá veragláy
28 La nourriture, tu me la vendras pour de l'argent, je la mangerai, et l'eau, tu me la donneras pour de l'argent, je la boirai – je passerai seulement à pied.
כַּאֲשֶׁר עָשׂוּ־לִי בְּנֵי עֵשָׂו הַיֹּשְׁבִים בְּשֵׂעִיר וְהַמּוֹאָבִים הַיֹּשְׁבִים בְּעָר עַד אֲשֶׁר־אֶעֱבֹר אֶת־הַיַּרְדֵּן אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֵינוּ נֹתֵן לָנוּ׃
ka'achér assou-lí bené essáv hayochevím besse'ír vehammo'avím hayochevím be'ár ad acher-e'evór et-hayardén el-ha'árets acher-adonáy elohénou notén lánou
29 Comme ont agi avec moi les fils d'Essav, qui habitent sur le Sé'ir, et comme les Moabites, qui habitent à Ar – jusqu'à ce que je passe et parvienne au Jourdain, au pays que le SEIGNEUR nous donne ! »
D'un côté, Moché dit : « Laisse-moi passer à travers ta terre à des conditions très avantageuses : je n'irai que par la route droite, je ne piétinerai pas tes champs, ni tes plantations forestières, ni tes espaces verts, je ne causerai pas de dommage. Bien plus, deux millions de personnes passeront à travers ta terre, qui achèteront de la nourriture et de l'eau – tout cela est une affaire très avantageuse. Fais de même que les fils d'Essav ont agi avec moi et que les Moabites ont agi avec moi ». Et comment ont agi les fils d'Essav et les Moabites ? Ni l'un ni l'autre ne l'a laissé passer à travers leur terre. Et, bien sûr, en réponse à un tel message de paix, Si'hon, roi de 'Hechbon, est assis et pense : « Bon, ceux-ci n'ont pas laissé passer, et ceux-là n'ont pas laissé passer. Si je le laisse passer, je deviendrai la risée aux yeux de tous les peuples voisins. C'est bien lui-même qui a écrit : comme ceux-ci, et ceux-ci n'ont pas laissé passer – donc moi non plus je ne laisserai pas passer. À plus forte raison je ne laisserai pas passer, pour ne pas avoir l'air vénal, ou faible, ou, de manière générale, pour ne pas avoir l'air, d'une façon ou d'une autre ». À une telle lettre, à un tel message, Si'hon ne pouvait pas réagir autrement, et c'est pourquoi on peut comprendre ainsi que Moché, de cette manière, accomplit l'ordre du Très-Haut, en le provoquant à la guerre. Moché, par une lettre de paix, place une telle bombe provocatrice, et le Très-Haut, bien sûr, l'aide en cela.
וְלֹא אָבָה סִיחֹן מֶלֶךְ חֶשְׁבּוֹן הַעֲבִרֵנוּ בּוֹ כִּי־הִקְשָׁה יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֶת־רוּחוֹ וְאִמֵּץ אֶת־לְבָבוֹ לְמַעַן תִּתּוֹ בְיָדְךָ כַּיּוֹם הַזֶּה׃
veló avá si'hón mélekh 'hechbón ha'avirénou bo ki-hikchá adonáy elohékha et-rou'hó ve'imméts et-levavó lemá'an tittó veyadekhá kayom hazzé
30 Et Si'hon, roi de 'Hechbon, n'a pas voulu que vous passiez par sa terre, parce que le SEIGNEUR, ton Dieu, a appesanti son esprit et a affermi son cœur, afin de le donner dans tes mains aujourd'hui.
Il semblerait que le SEIGNEUR a affermi le cœur du roi (littéralement – a rendu son cœur brave), et c'est bien quand le SEIGNEUR affermit le cœur. Mais le SEIGNEUR a affermi le cœur du roi pour cet acte qui le perdra : Si'hon, roi de 'Hechbon, n'a pas voulu laisser passer le peuple d'Israël. Il aurait pu bien gagner sur le transit du peuple, mais, apparemment, il ne connaissait pas le mot « transit ».
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי רְאֵה הַחִלֹּתִי תֵּת לְפָנֶיךָ אֶת־סִיחֹן וְאֶת־אַרְצוֹ הָחֵל רָשׁ לָרֶשֶׁת אֶת־אַרְצוֹ׃
vayomer adonáy eláy re'é ha'hillóti tet lefanékha et-si'hón ve'et-artsó ha'hél rach laréchet et-artsó
31 Et le SEIGNEUR m'a dit : « Aujourd'hui Je commence à te donner Si'hon et sa terre, commence, entre et hérite de sa terre, prends possession et possède sa terre ! »
וַיֵּצֵא סִיחֹן לִקְרָאתֵנוּ הוּא וְכָל־עַמּוֹ לַמִּלְחָמָה יָהְצָה׃
vayetsé si'hón likraténou hou vekhol-ammó lammil'hamá yáh'tsa
32 Et Si'hon est sorti à notre rencontre, lui et tout son peuple, il est sorti pour la guerre à Yahats,
Yahats – c'est, évidemment, le nom d'une ville frontalière.
וַיִּתְּנֵהוּ יְהוָה אֱלֹהֵינוּ לְפָנֵינוּ וַנַּךְ אֹתוֹ וְאֶת־בְּנוֹ (בָּנָיו) וְאֶת־כָּל־עַמּוֹ׃
vayittenéhou adonáy elohénou lefanénou vannákh otó ve'et-banáv ve'et-kol-ammó
33 Et le SEIGNEUR, notre Dieu, l'a donné devant nous, et nous l'avons frappé (le mot vanakh – nous avons frappé, nous avons rendu brisé) et ses fils, tout son peuple.
וַנִּלְכֹּד אֶת־כָּל־עָרָיו בָּעֵת הַהִוא וַנַּחֲרֵם אֶת־כָּל־עִיר מְתִם וְהַנָּשִׁים וְהַטָּף לֹא הִשְׁאַרְנוּ שָׂרִיד׃
vannilkód et-kol-aráv ba'ét hahí vanna'harém et-kol-ír metím vehannachím vehattáf lo hich'árnou saríd
34 Et nous avons saisi toutes ses villes en ce temps-là, et nous avons exterminé toute la ville, et les femmes, et les enfants, nous n'avons laissé personne survivre.
רַק הַבְּהֵמָה בָּזַזְנוּ לָנוּ וּשְׁלַל הֶעָרִים אֲשֶׁר לָכָדְנוּ׃
rak habbehemá bazáznou lánou ouchlál he'arím achér lakhádnou
35 Seulement le bétail, nous l'avons pillé, et nous avons pris des trophées dans les villes.
מֵעֲרֹעֵר אֲשֶׁר עַל־שְׂפַת־נַחַל אַרְנֹן וְהָעִיר אֲשֶׁר בַּנַּחַל וְעַד־הַגִּלְעָד לֹא הָיְתָה קִרְיָה אֲשֶׁר שָׂגְבָה מִמֶּנּוּ אֶת־הַכֹּל נָתַן יְהוָה אֱלֹהֵינוּ לְפָנֵינוּ׃
me'aro'ér achér al-sefat-ná'hal arnón veha'ír achér banná'hal ve'ad-haggil'ád lo hayetá kir'yá achér sagevá mimménnou et-hakkól natán adonáy elohénou lefanénou
36 Depuis Aroër, qui est au bord du torrent d'Arnon, et la ville qui est sur le torrent, et jusqu'à Guil'ad, il n'y a pas eu une seule ville fortifiée qui ne se soit pas livrée à nous (qui aurait été imprenable pour nous) ; le SEIGNEUR, notre Dieu, a tout donné devant nous.
רַק אֶל־אֶרֶץ בְּנֵי־עַמּוֹן לֹא קָרָבְתָּ כָּל־יַד נַחַל יַבֹּק וְעָרֵי הָהָר וְכֹל אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֱלֹהֵינוּ׃
rak el-érets bene-ammón lo karávta kol-yád ná'hal yabbók ve'aré hahár vekhól acher-tsivvá adonáy elohénou
37 Seulement, tu ne t'es pas approché de la terre des Ammonites : toute la rive du torrent Yabok et les villes de la montagne, et tout ce au sujet de quoi le SEIGNEUR nous avait commandé de ne pas nous en approcher.
C'est l'histoire du début de l'époque des grandes victoires du peuple d'Israël dans la conquête du pays de Canaan, après quarante ans d'errance dans le désert.
L'essentiel, c'est de ne pas avoir peur
Dévarim 3,1–22
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, l'étude de la section hebdomadaire Dévarim, et nous lirons le chapitre 3 à partir du verset 1.
וַנֵּפֶן וַנַּעַל דֶּרֶךְ הַבָּשָׁן וַיֵּצֵא עוֹג מֶלֶךְ־הַבָּשָׁן לִקְרָאתֵנוּ הוּא וְכָל־עַמּוֹ לַמִּלְחָמָה אֶדְרֶעִי׃
vannéfen vanna'ál dérekh habbachán vayetsé og melekh-habbachán likraténou hou vekhol-ammó lammil'hamá edré'i
1 Et nous avons tourné, et nous avons commencé à monter par le chemin du Bachan ; et Og, roi du Bachan, est sorti à notre rencontre, lui et tout son peuple, pour la guerre, depuis Édréï.
Og, comme nous l'apprendrons par la suite, est un homme terrible, le dernier des réfaïm, dont nous avons dit que c'est un peuple de très, très haute taille. Et, naturellement, son aspect fait peur. Mais il est le dernier réfaïm, son peuple, ce ne sont déjà plus des réfaïm.
Nous avons déjà parlé de ce lieu, Édréï, dans le commentaire du verset 4 du chapitre 1 de notre livre. Dans la tradition syrienne, ce lieu s'appelle Der'a, ou Zroa, comme on le dirait en hébreu moderne. Les lettres dalet et zayin sont souvent interchangeables dans les langues sémitiques, c'est pourquoi en hébreu cela sonnerait comme zroa (muscle, force). C'est le nom de la ville où Og, roi du Bachan, est venu avec ses troupes, avec ses gens, à la rencontre du peuple d'Israël.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי אַל־תִּירָא אֹתוֹ כִּי בְיָדְךָ נָתַתִּי אֹתוֹ וְאֶת־כָּל־עַמּוֹ וְאֶת־אַרְצוֹ וְעָשִׂיתָ לּוֹ כַּאֲשֶׁר עָשִׂיתָ לְסִיחֹן מֶלֶךְ הָאֱמֹרִי אֲשֶׁר יוֹשֵׁב בְּחֶשְׁבּוֹן׃
vayomer adonáy eláy al-tirá otó ki veyadekhá natátti otó ve'et-kol-ammó ve'et-artsó ve'assíta lo ka'achér assíta lessi'hón mélekh ha'emorí achér yochév be'hechbón
2 Et le SEIGNEUR m'a dit : « Ne le crains pas, car Je l'ai livré entre tes mains, lui et tout son peuple, et son pays, et tu lui feras comme tu as fait à Si'hon, roi amoréen, qui était à 'Hechbon ».
וַיִּתֵּן יְהוָה אֱלֹהֵינוּ בְּיָדֵנוּ גַּם אֶת־עוֹג מֶלֶךְ־הַבָּשָׁן וְאֶת־כָּל־עַמּוֹ וַנַּכֵּהוּ עַד־בִּלְתִּי הִשְׁאִיר־לוֹ שָׂרִיד׃
vayittén adonáy elohénou beyadénou gam et-óg melekh-habbachán ve'et-kol-ammó vannakkéhou ad-biltí hich'ir-ló saríd
3 Et le SEIGNEUR, notre Dieu, a livré entre nos mains aussi Og, roi du Bachan, et tout son peuple, et nous l'avons battu au point qu'il ne lui est pas resté de survivants.
וַנִּלְכֹּד אֶת־כָּל־עָרָיו בָּעֵת הַהִוא לֹא הָיְתָה קִרְיָה אֲשֶׁר לֹא־לָקַחְנוּ מֵאִתָּם שִׁשִּׁים עִיר כָּל־חֶבֶל אַרְגֹּב מַמְלֶכֶת עוֹג בַּבָּשָׁן׃
vannilkód et-kol-aráv ba'ét hahí lo hayetá kir'yá achér lo-laká'hnou me'ittám chichím ir kol-'hével argóv mamlékhet og babbachán
4 Et nous avons pris toutes ses villes en ce temps-là, et il n'y a pas eu de ville fortifiée que nous ne leur ayons prise : soixante villes, tout le territoire d'Argov, toute la terre (tout le royaume) d'Og dans le Bachan.
Il s'agit ici du territoire qui s'appelle aujourd'hui les hauteurs du Golan, c'est aussi la ceinture d'Argov, c'est aussi la terre du Bachan.
כָּל־אֵלֶּה עָרִים בְּצֻרוֹת חוֹמָה גְבֹהָה דְּלָתַיִם וּבְרִיחַ לְבַד מֵעָרֵי הַפְּרָזִי הַרְבֵּה מְאֹד׃
kol-élle arím betsourót 'homá gevohá delatáyim ouvríya'h levád me'aré happerazí harbé me'ód
5 Toutes ces villes, qui étaient entourées d'une haute muraille, avec de lourdes portes et des verrous, outre les villes ouvertes, en grande multitude.
Ici Moché dit : « Bien qu'un roi du Bachan si puissant et si fort soit sorti avec son peuple pour défendre ses villes, nous avons pris toute sa terre : soixante villes qui étaient fortifiées de hautes murailles et de lourdes portes à verrous, soixante forteresses et une multitude de villes ouvertes ». Apparemment, Og, roi du Bachan, avait une civilisation assez prospère, s'il avait tant de villes peuplées et bien fortifiées. Cela témoigne qu'il avait un royaume riche et qu'Og lui-même inspirait la terreur aux peuples (nous reviendrons encore à ses dimensions). Mais le Très-Haut a dit à Moché : « Ne crains pas, Je suis avec toi. Quand Je combats de ton côté, peu importe quel adversaire tu as, tu n'as besoin de craindre personne. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas toi qui le prendras, mais Moi qui le donne dans ta main ».
Ainsi, Moché raconte au peuple des événements tout récents, comment a été conquis le royaume d'Og, roi du Bachan.
וַנַּחֲרֵם אוֹתָם כַּאֲשֶׁר עָשִׂינוּ לְסִיחֹן מֶלֶךְ חֶשְׁבּוֹן הַחֲרֵם כָּל־עִיר מְתִם הַנָּשִׁים וְהַטָּף׃
vanna'harém otám ka'achér assínou lessi'hón mélekh 'hechbón ha'harém kol-ír metím hannachím vehattáf
6 Et nous les avons voués à l'anathème, de même que nous avions agi avec Si'hon, roi de 'Hechbon ; nous avons voué à l'anathème toutes les villes, nous avons exterminé les femmes et les enfants.
וְכָל־הַבְּהֵמָה וּשְׁלַל הֶעָרִים בַּזּוֹנוּ לָנוּ׃
vekhol-habbehemá ouchlál he'arím bazzónouLa translittération russe commence ce mot par un v ; l'hébreu a ici un b, que nous avons suivi. lánou
7 Mais le bétail et le butin (toute la richesse) qui était dans les villes, nous l'avons pris pour nous.
וַנִּקַּח בָּעֵת הַהִוא אֶת־הָאָרֶץ מִיַּד שְׁנֵי מַלְכֵי הָאֱמֹרִי אֲשֶׁר בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן מִנַּחַל אַרְנֹן עַד־הַר חֶרְמוֹן׃
vannikká'h ba'ét hahí et-ha'árets miyád chené malkhé ha'emorí achér be'éver hayardén minná'hal arnón ad-hár 'hermón
8 Et nous avons pris en ce temps-là le pays des deux rois amoréens qui sont sur la rive du Jourdain opposée à Canaan, depuis le torrent d'Arnon jusqu'au mont 'Hermon.
Ici nous apprenons pour la première fois, pour ainsi dire, la nationalité des Bachanites. Bien qu'Og lui-même soit, par son origine, un réfaïm, les habitants du Bachan étaient eux aussi des Amoréens, c'est-à-dire qu'Og, roi du Bachan, était un roi amoréen.
Le mont 'Hermon (qui est aujourd'hui encore le mont 'Hermon), c'est un immense territoire sur la rive du Jourdain opposée à Canaan, conquis par les Israélites. Et puisqu'on en est venu à parler du 'Hermon, la Torah ajoute :
צִידֹנִים יִקְרְאוּ לְחֶרְמוֹן שִׂרְיֹן וְהָאֱמֹרִי יִקְרְאוּ־לוֹ שְׂנִיר׃
tsidoním yikre'oú le'hermón sir'yon veha'emorí yikre'ou-ló senír
9 Les habitants de Tsidon appellent le mont 'Hermon Sirion, et les Amoréens l'appellent Snir.
Aujourd'hui, Snir – c'est le nom d'un kibboutz au nord d'Israël, non loin du 'Hermon. Mais outre ces trois noms – 'Hermon, Sirion et Snir – il existe encore un nom du mont 'Hermon, qui est employé dans notre livre Dévarim (4,48) : là, il s'appelle Sion (mais il ne faut pas le confondre avec le mont Tsiyon, qui est à Jérusalem) ; ici le nom Sion vient du mot si (record).
Moché, en racontant les conquêtes du peuple d'Israël, dit : voici une montagne pour laquelle il y a différents noms chez différents peuples. Cela signifie que c'est un lieu vers lequel tendent tous les peuples, que chacun des peuples appelle à sa manière, qu'il essaie de s'approprier. Tous veulent posséder le 'Hermon, c'est le lieu le plus élevé de la région.
כֹּל עָרֵי הַמִּישֹׁר וְכָל־הַגִּלְעָד וְכָל־הַבָּשָׁן עַד־סַלְכָה וְאֶדְרֶעִי עָרֵי מַמְלֶכֶת עוֹג בַּבָּשָׁן׃
kol aré hammichór vekhol-haggil'ád vekhol-habbachán ad-salkhá ve'edré'i aré mamlékhet og babbachán
10 (Nous avons pris) toutes les villes de la plaine et toutes les villes de la région de collines en Guil'ad, tout le Bachan jusqu'à Salkha et Édréï (jusqu'à la Syrie centrale), les villes du royaume d'Og dans le Bachan.
Puisqu'on en est venu à parler d'Og, il convient ici de mentionner qui était donc Og, et au verset 11 Moché raconte :
כִּי רַק־עוֹג מֶלֶךְ הַבָּשָׁן נִשְׁאַר מִיֶּתֶר הָרְפָאִים הִנֵּה עַרְשׂוֹ עֶרֶשׂ בַּרְזֶל הֲלֹה הִוא בְּרַבַּת בְּנֵי עַמּוֹן תֵּשַׁע אַמּוֹת אָרְכָּהּ וְאַרְבַּע אַמּוֹת רָחְבָּהּ בְּאַמַּת־אִישׁ׃
ki rak-óg mélekh habbachán nich'ár miyéter harefa'ím hinné arsó éres barzél haló hi berabbát bené ammón técha ammót orká ve'arbá ammót ro'hbá be'ammat-ích
11 Car seul Og, roi du Bachan, était l'unique survivant des réfaïm. Voici son berceau – un berceau de fer, car il est bien maintenant à Rabat-Amon : neuf coudées sa longueur et quatre coudées sa largeur, mesure en coudées d'un homme adulte.
Que raconte ici Moché ? Moché raconte qu'Og est le dernier survivant des réfaïm. Son berceau (un petit berceau d'enfant) se trouve à Rabat-Amon. Rabat-Amon, c'est une ville qui, apparemment, était une sorte de musée. Quand David a pris Rabat-Amon, il y a pris aussi une couronne de dimensions énormes avec une pierre de taille tout aussi énorme. C'est ainsi qu'il est écrit à ce sujet dans le deuxième livre de Chmouël (12,29–30) : « Et David rassembla tout le peuple, et il alla à Rabba (Rabba, c'est ce même Rabat-Amon), et il combattit contre elle, et il la soumit. Et il (David) prit la couronne de Malkam de sa tête – son poids était d'un talent d'or – et une pierre précieuse, et elle fut sur la tête de David ; et il emporta de la ville un très grand butin ».
Malkam, c'est Molekh, le dieu des Ammonites. Naturellement, il était à Rabba et on l'ornait d'une couronne dans laquelle il y avait une pierre précieuse extraordinaire. Il y avait apparemment beaucoup d'objets de musée à Rabat-Amon, c'est pourquoi c'est là qu'était aussi conservé le berceau d'Og, roi du Bachan. Et son berceau faisait neuf coudées (environ quatre mètres et demi) de long et quatre coudées (deux mètres) de large. Si l'on tient compte du fait qu'on fait un berceau ample, on peut dire que le petit Ogounet, roi du Bachan, couché dans le berceau, mesurait au minimum quatre mètres dans sa prime enfance. De son lit, il n'est nullement question, il est dit ici que c'est son berceau qui est exposé comme pièce de musée à Rabat-Amon.
Il y a de très nombreux midrachim, traditions et contes dans lesquels il est question de la force fabuleuse, de la taille fabuleuse et de la puissance du roi du Bachan (par exemple, qu'il voulait lancer un rocher entier et écraser d'un coup tout le peuple d'Israël, mais le Très-Haut l'en a empêché). Et l'on peut prendre cela simplement comme des traditions et des contes. Certains commentent que le roi du Bachan avait ses propres mérites. D'une manière générale, les midrachim racontent des histoires étonnantes sur ce roi, il a une biographie peu commune, mais nous n'allons pas nous enfoncer dans les midrachim et les traditions. Et voilà, c'est un tel roi qu'Israël a pu vaincre.
וְאֶת־הָאָרֶץ הַזֹּאת יָרַשְׁנוּ בָּעֵת הַהִוא מֵעֲרֹעֵר אֲשֶׁר־עַל־נַחַל אַרְנֹן וַחֲצִי הַר־הַגִּלְעָד וְעָרָיו נָתַתִּי לָרֻאוּבֵנִי וְלַגָּדִי׃
ve'et-ha'árets hazzót yaráchnou ba'ét hahí me'aro'ér acher-al-ná'hal arnón va'hatsí har-haggil'ád ve'aráv natátti larouvení velaggadí
12 Et ce pays, nous l'avons conquis en ce temps-là : depuis Aroër, qui est sur le torrent d'Arnon (le torrent d'Arnon se jette dans la mer Morte), et la moitié des montagnes de Guil'ad et leurs villes, je les ai données à Réouven et à Gad.
Ici Moché commence à énumérer les terres (jusqu'au verset 16) qui ont été conquises.
Ainsi, Réouven reçoit la partie la plus au sud des terres conquises, Gad reçoit une partie de Guil'ad, c'est un peu plus au nord du territoire de Réouven.
וְיֶתֶר הַגִּלְעָד וְכָל־הַבָּשָׁן מַמְלֶכֶת עוֹג נָתַתִּי לַחֲצִי שֵׁבֶט הַמְנַשֶּׁה כֹּל חֶבֶל הָאַרְגֹּב לְכָל־הַבָּשָׁן הַהוּא יִקָּרֵא אֶרֶץ רְפָאִים׃
veyéter haggil'ád vekhol-habbachán mamlékhet og natátti la'hatsí chvet hamnaché kol 'hével ha'argóv lekhol-habbachán hahoú yikkaré érets refa'ím
13 Et le reste de Guil'ad et tout le Bachan, le royaume d'Og, je l'ai donné à la moitié de la tribu de Ménaché. Tout le territoire d'Argov, tout le Bachan, qui est appelé pays des réfaïm.
Nous savons que la moitié de la tribu de Ménaché est représentée par Yaïr et Makhir, deux descendants de Ménaché.
יָאִיר בֶּן־מְנַשֶּׁה לָקַח אֶת־כָּל־חֶבֶל אַרְגֹּב עַד־גְּבוּל הַגְּשׁוּרִי וְהַמַּעֲכָתִי וַיִּקְרָא אֹתָם עַל־שְׁמוֹ אֶת־הַבָּשָׁן חַוֹּת יָאִיר עַד הַיּוֹם הַזֶּה׃
ya'ír ben-menaché laká'h et-kol-'hével argóv ad-gevoúl haggechourí vehamma'akhatí vayikrá otám al-chemó et-habbachán 'havvót ya'ír ad hayom hazzé
14 Yaïr, fils de Ménaché, a pris toute la terre d'Argov jusqu'à la frontière de Guéchour et de Maakhti, et l'a renommée de son nom, c'est pourquoi le Bachan s'appelle 'Havot-Yaïr (les établissements de Yaïr) jusqu'à ce jour.
Je rappelle que tout le territoire d'Argov, c'est le Bachan, c'est, à proprement parler, Ramat haGolan, les hauteurs du Golan.
וּלְמָכִיר נָתַתִּי אֶת־הַגִּלְעָד׃
oulmakhír natátti et-haggil'ád
15 Et Makhir a reçu Guil'ad.
וְלָרֻאוּבֵנִי וְלַגָּדִי נָתַתִּי מִן־הַגִּלְעָד וְעַד־נַחַל אַרְנֹן תּוֹךְ הַנַּחַל וּגְבֻל וְעַד יַבֹּק הַנַּחַל גְּבוּל בְּנֵי עַמּוֹן׃
velarouvení velaggadí natátti min-haggil'ád ve'ad-ná'hal arnón tokh hanná'hal ougvoúl ve'ád yabbók hanná'hal gevoúl bené ammón
16 Et aux tribus de Réouven et de Gad, j'ai donné depuis Guil'ad jusqu'au torrent d'Arnon, et le milieu du torrent est la frontière, et jusqu'au torrent de Yabok, qui fait frontière avec les Ammonites.
וְהָעֲרָבָה וְהַיַּרְדֵּן וּגְבֻל מִכִּנֶּרֶת וְעַד יָם הָעֲרָבָה יָם הַמֶּלַח תַּחַת אַשְׁדֹּת הַפִּסְגָּה מִזְרָחָה׃
veha'aravá vehayardén ougvoúl mikkinnéret ve'ád yam ha'aravá yam hamméla'h tá'hat achdót happisgá mizrá'ha
17 Et l'Arava, et le Jourdain, et la frontière – depuis Kinneret jusqu'à la mer de l'Arava, qui s'appelle la mer Salée, ou la mer Morte, sous les pentes du Pisga, vers l'est.
Ici, pour s'y retrouver dans la géographie, on peut appeler à l'aide les traductions anciennes ou targoumim, en particulier ce qu'on appelle le Targoum de Yonatan, qui dit que la ville frontière était la ville située à l'emplacement de l'actuelle Tibériade.
וָאֲצַו אֶתְכֶם בָּעֵת הַהִוא לֵאמֹר יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם נָתַן לָכֶם אֶת־הָאָרֶץ הַזֹּאת לְרִשְׁתָּהּ חֲלוּצִים תַּעַבְרוּ לִפְנֵי אֲחֵיכֶם בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל כָּל־בְּנֵי־חָיִל׃
va'atsáv etkhém ba'ét hahí lemór adonáy elohekhém natán lakhém et-ha'árets hazzót lerichtá 'haloutsím ta'avroú lifné a'hekhém bene-yisraél kol-bene-'háyil
18 Je vous ai commandé en ce temps-là, en disant : « Le SEIGNEUR, votre Dieu, vous donne ce pays, pour en hériter : vous irez aux premiers rangs, devant tous les fils d'Israël, devant toute l'armée.
C'est une adresse, un ordre de Moché à la tribu de Gad, de Réouven et à la moitié de la tribu de Ménaché, qui reçoivent leurs parts d'héritage sur la rive du Jourdain opposée à Canaan. Pour recevoir le droit d'hériter de cette terre au-delà du Jourdain, que Moché a partagée entre eux, les hommes de ces tribus doivent conduire le peuple aux premiers rangs des guerriers, doivent traverser le Jourdain avec le peuple et avancer à travers le pays cananéen aux premiers rangs, conquérir le pays cananéen pour leurs frères des autres tribus. C'est-à-dire non pas simplement combattre, mais avancer précisément aux premiers rangs des guerriers.
רַק נְשֵׁיכֶם וְטַפְּכֶם וּמִקְנֵכֶם יָדַעְתִּי כִּי־מִקְנֶה רַב לָכֶם יֵשְׁבוּ בְּעָרֵיכֶם אֲשֶׁר נָתַתִּי לָכֶם׃
rak nechekhém vetappekhém oumiknekhém yadá'ti ki-mikné rav lakhém yechevoú be'arekhém achér natátti lakhém
19 Seulement vos femmes, et vos enfants, et votre bétail (et je sais que vous avez beaucoup de bétail) resteront habiter dans les villes que je vous ai données.
עַד אֲשֶׁר־יָנִיחַ יְהוָה לַאֲחֵיכֶם כָּכֶם וְיָרְשׁוּ גַם־הֵם אֶת־הָאָרֶץ אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם נֹתֵן לָהֶם בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן וְשַׁבְתֶּם אִישׁ לִירֻשָּׁתוֹ אֲשֶׁר נָתַתִּי לָכֶם׃
ad acher-yaníya'h adonáy la'a'hekhém kakhém veyarechoú gam-hém et-ha'árets achér adonáy elohekhém notén lahém be'éver hayardén vechavtém ich liroucható achér natátti lakhém
20 Jusqu'à ce que le SEIGNEUR leur donne à chacun le repos, comme à vous, et qu'eux aussi héritent du pays que le SEIGNEUR, votre Dieu, leur donne sur la rive cananéenne du Jourdain ; et vous retournerez chacun à sa part d'héritage, que je vous ai donnée ».
Pour que, grâce aux tribus de Gad, de Réouven et à la moitié de la tribu de Ménaché, les frontières d'Israël soient élargies (il y a une promesse concernant les frontières élargies d'Israël, cela est lié à l'influence d'Israël sur les autres peuples), pour que, par elles, la promesse s'accomplisse, ces deux tribus et demie doivent combattre aux premiers rangs des guerriers pour ce qui est promis à tous.
וְאֶת־יְהוֹשׁוּעַ צִוֵּיתִי בָּעֵת הַהִוא לֵאמֹר עֵינֶיךָ הָרֹאֹת אֵת כָּל־אֲשֶׁר עָשָׂה יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם לִשְׁנֵי הַמְּלָכִים הָאֵלֶּה כֵּן־יַעֲשֶׂה יְהוָה לְכָל־הַמַּמְלָכוֹת אֲשֶׁר אַתָּה עֹבֵר שָׁמָּה׃
ve'et-yehochoúa tsivvéti ba'ét hahí lemór enékha haro'ót et kol-achér assá adonáy elohekhém lichné hammelakhím ha'élle ken-ya'assé adonáy lekhol-hammamlakhót achér attá ovér chámma
21 Et j'ai instruit en ce temps-là Yéhochoua, en disant : « Tes yeux voient tout ce que le SEIGNEUR, votre Dieu, a fait à ces deux rois ; ainsi fera le SEIGNEUR à tous les royaumes par lesquels tu passeras (avec lesquels tu feras la guerre).
לֹא תִּירָאוּם כִּי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם הוּא הַנִּלְחָם לָכֶם׃
lo tira'oúm ki adonáy elohekhém hou hannil'hám lakhém
22 Ne les craignez pas, car le SEIGNEUR, votre Dieu, – Il combattra pour vous ».
Moché n'a pas dans son passé quelque académie militaire, il n'instruit pas Yéhochoua pour qu'il adopte son expérience de la guerre, Yéhochoua est lui-même un guerrier expérimenté. Moché dit : « L'essentiel, ce dont vous devez vous souvenir, c'est de ne pas avoir peur, car le SEIGNEUR combattra pour vous ». Voilà le principe fondamental de la conquête du pays. Et le plus terrible qui puisse arriver, c'est que le peuple prenne peur dans cette guerre. Moché rappelle d'abord au peuple, puis à son successeur, le futur dirigeant du peuple : « Regardez comment tout fonctionne. Regardez et souvenez-vous quels rois, quels royaumes, quelles terres nous avons pu vaincre, ce que le SEIGNEUR nous donne entre les mains. Souvenez-vous que c'est précisément le SEIGNEUR qui livre tout entre nos mains, c'est pourquoi il ne faut avoir peur de rien. Et cela, c'est le plus important ».
Qui écouter avant le combat
Notre section hebdomadaire Dévarim (1,46–3,22) commence par ceci : Moché répète brièvement l'histoire juive, en racontant ce qui est arrivé avec les explorateurs, c'est-à-dire, à proprement parler, ce qui est devenu la cause des trente-huit années d'errance dans le désert.
On peut trouver trois différences entre la manière dont Moché le raconte ici et ce qui est écrit dans le livre Bémidbar, au chapitre 13. Là, il est écrit que les éclaireurs ont été envoyés à l'initiative du Très-Haut lui-même, ici – que la proposition venait du peuple. Dans le livre Bémidbar, Moché défend le peuple devant le Très-Haut, dans notre livre Dévarim, Moché accuse le peuple, dit que le coupable, c'est le peuple, qui n'a pas voulu entrer dans le pays cananéen. Dans le livre Bémidbar, nous lisons que ce sont Yéhochoua et Kalev qui persuadaient le peuple, discutaient avec le peuple, dans le livre Dévarim, Moché raconte que c'était lui.
Pour comprendre quel sens il y a dans cette contradiction, pourquoi une telle contradiction apparaît, il faut prêter attention au but qu'a chacun de ces livres. Quand nous lisons le livre Bémidbar, nous voyons une chronique historique. Nous y voyons l'histoire de la raison pour laquelle les Juifs ne sont pas entrés en Terre sainte, c'est, en somme, un livre sur le passé. Mais quand nous lisons le livre Dévarim, nous voyons le testament de Moché, qui est destiné au temps à venir. Tous ces gens qui avaient pleuré quand les explorateurs étaient revenus, et même ces explorateurs eux-mêmes, étaient déjà morts à ce moment-là. C'est pourquoi cela n'avait pas de sens pour Moché de discuter en quoi consistait l'erreur des explorateurs, en quoi consistait l'erreur du peuple. Il lui fallait montrer cette erreur qui peut se répéter aussi dans d'autres générations. C'est-à-dire que son testament est tourné vers l'avenir, il s'adresse à nous, il nous enseigne comment vivre. Or, pour notre vie spirituelle, il n'est pas si intéressant de savoir en quoi précisément se trompaient certaines personnes concrètes qui vivaient il y a mille ans. Ce qui nous intéresse, c'est où nous pouvons voir nos propres erreurs, ces erreurs que nous, nous pouvons répéter. C'est pourquoi Moché parle précisément de ces erreurs qui nous seront propres, à nous aussi.
Il y a dans cette section encore une leçon importante. Aussitôt après qu'a retenti la sentence du Très-Haut, le peuple a dit (Dévarim 1,41) : « Nous avons péché, nous monterons et nous combattrons, comme nous l'a ordonné Dieu le Très-Haut ». Mais que se passe-t-il ensuite ? Le Très-Haut leur dit (1,42) : « Ne montez pas et ne combattez pas, car Je (Dieu) ne suis pas parmi vous ». Le peuple d'Israël n'a pas obéi. Ensuite la Torah dit que chacun a pris son arme, tous ensemble sont partis hardiment... et ont subi une défaite. Au verset 44 nous lisons : « Et l'Amoréen qui habitait sur cette montagne est sorti à votre rencontre, et il vous a poursuivis, comme le font les abeilles ». Il est intéressant que la Torah note que les Juifs montaient sur la montagne, c'est-à-dire qu'ils étaient dans la vallée, et que les ennemis étaient sur la montagne. Une telle position témoigne de l'avantage des ennemis : du point de vue de la stratégie du combat, il est stupide de s'avancer, d'attaquer en montant sur une montagne.
Quelle leçon les Juifs ont-ils tirée de ces combats ? Nous savons que dans le livre Choftim, au chapitre 3, il est écrit que l'armée de Chamgar est sortie combattre avec des instruments agricoles – simplement des pioches, des râteaux, des fourches. Dans ce même livre, il est raconté au sujet d'un autre héros juif – Chimchon, qui combattait avec une mâchoire d'âne. Au sujet des soldats de l'armée du roi Cha'oul, il est dit (1 Chmouël 13,22) qu'ils n'avaient ni épée ni lance. De même, David est sorti contre Goliat sans aucune arme. Et tous ces gens remportaient la victoire.
Naturellement, ils ne se souvenaient pas seulement de cette leçon, que Dieu doit se trouver parmi eux. Ils se souvenaient de ceci : qu'il faut combattre sur les montagnes. C'est ainsi qu'a agi Éhoud, qui fut défenseur du peuple avant Chamgar (c'est encore le chapitre 3 du livre Choftim), c'est ainsi qu'ont agi aussi Débora et Guidon, et cette pratique s'est si bien établie que les peuples du monde se sont mis à considérer le Dieu juif comme un dieu des montagnes. L'opinion s'est formée que, dans la plaine, dans la basse terre, le Très-Haut ne peut pas aider Israël.
Dans le premier livre de Mélakhim, au chapitre 20, nous lisons qu'il y avait un certain roi araméen, Ben-Adad, qui partit en campagne contre Israël et subit une défaite. Et on lui révèle un terrible secret : « Le Dieu d'Israël, c'est le Dieu des montagnes, c'est pourquoi nous combattrons contre eux dans la plaine, et là nous les vaincrons ». Cette fausse croyance a de nouveau conduit à la défaite. Ensuite il est raconté que l'homme de Dieu a dit au roi d'Israël (20,28) : « En punition de ce que les Araméens ont dit que le Très-Haut est le Dieu des montagnes et non le Dieu des vallées, pour cela le peuple araméen (toute leur horde) sera livré dans ta main ». Et il y a un ajout important à la fin du verset : « Afin que vous sachiez que Je suis le SEIGNEUR ».
Et, en regardant en arrière, nous pouvons comprendre pourquoi donc le peuple d'Israël a perdu quand, après les pleurs des explorateurs, il s'est malgré tout mis en route au matin et est monté sur la montagne. Parce que le peuple n'a pas écouté l'avertissement du Très-Haut, prononcé par l'intermédiaire de Moché : « Ne montez pas, car Dieu n'est pas parmi vous ».
La Torah en 5 minutes
Avant son décès, Moché instruit le peuple, répète, raconte de nouveau au peuple sa propre histoire, lui raconte pourquoi tout cela a eu lieu, lui parle de la vocation du peuple. Et, puisque (comme nous l'avons déjà dit) le livre est composé des paroles de Moché, il s'appelle Dévarim (Paroles). Dans la traduction synodale, à la suite de la tradition grecque, ce livre s'appelle Deutéronome, c'est-à-dire reformulation de la Torah. Une reformulation – ce sont bien les mêmes paroles. Moché répète la Torah avec ses propres mots, et la Torah résonne pour la première fois dans une reformulation humaine, dans la reformulation du premier maître de la Torah. Certains y voient le premier midrach sur la Torah.
Nous lisons dans le livre Chémot (4,10), là où est décrite la première rencontre de Moché et du Très-Haut, que Moché dit : « Je suis un homme peu éloquent, je ne suis pas un homme de paroles. Comment irai-je vers le peuple d'Israël ? » Celui qui, lors de la première rencontre avec le Très-Haut, n'était pas un homme de paroles, prononce maintenant un long discours, ample, bien préparé, une instruction bien préparée.
On peut voir tout au long de la Torah que Moché n'est vraiment pas un homme de paroles. Moché répète ce que lui dit le Très-Haut, transmet scrupuleusement les paroles du Très-Haut au peuple d'Israël. Des paroles propres de Moché, il n'y en a presque pas dans la Torah – jusqu'à notre livre Dévarim. Moché est plutôt un homme d'action, il fait beaucoup et parle très peu. Même son péché (comme beaucoup le perçoivent) consistait en ce qu'il n'a pas parlé au rocher, mais a frappé le rocher. De nouveau – il n'a pas parlé, mais a agi. Pas du tout un homme de paroles, contrairement à ce qui est d'usage aujourd'hui parmi les dirigeants, parmi les politiciens, parmi les chefs. C'est précisément l'éloquence qui est considérée comme un art très important : il est important de parler, il n'est même pas important d'agir ensuite. Les discours produisent une impression envoûtante sur les auditeurs, et toute la politique aujourd'hui se fait par des discours.
Il est intéressant que davar signifie non seulement parole, mot, mais aussi objet, acte, action, dessein. Et, comme cela arrive souvent (c'est ce que dit l'un des maîtres hassidiques, Rabbi Tsadok de Lublin) : « Ce en quoi l'homme a le plus de difficulté, ce dont il dit souvent : je ne suis pas un homme de paroles, je ne suis pas un homme de quelque chose d'autre, ce en quoi il glisse et se trompe, c'est précisément cela qui peut être un instrument tout prêt pour la bénédiction ». C'est ainsi que cela s'est passé avec Moché.
L'homme peu éloquent s'est mis à parler quand il fallait agir par la parole, quand le peuple a eu besoin d'une instruction – non pas simplement la transmission des paroles du Très-Haut, mais une instruction divino-humaine, dans laquelle se seraient unis, auraient agi en harmonie et la Torah divine, et le caractère humain. Dans notre cas – le caractère de Moché. Et c'est précisément de la bouche de Moché, d'une bouche humaine, que le peuple devait entendre la Torah, telle qu'elle est comprise par un homme, telle qu'elle est transmise par un homme – par l'homme qui a été le premier à la recevoir, l'homme dont elle porte le nom. Car elle n'est pas nommée Torat Adonaï (Torah du SEIGNEUR), bien qu'elle soit, bien sûr, du SEIGNEUR, mais Torat Moché (Torah de Moché). Moché l'a reformulée – le premier homme qui l'a fait passer à travers lui-même et l'a transmise au peuple, pour qu'on l'entende d'une bouche humaine. Et c'est un acte, et non une parole. C'est pourquoi le nom du livre Dévarim peut aussi se traduire par Actes. Le dernier acte de Moché – enseigner la Torah au peuple d'Israël d'une bouche humaine.
Dévarim : poursuivre l'étude
Lisez aussi le livre de commentaires sur Dévarim, le sténogramme de la section Masseï, l'entretien sur les bénédictions et les malédictions et les sections hebdomadaires de la Torah.