1. Sections hebdomadaires
  2. Bémidbar
  3. Masseï

מַסְעֵי

Masseï

haltes, frontières et héritage

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
43 sur 54
Versets
Bémidbar 33,1–36,13
Parties
6
Temps de lecture
1 h 14 min

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Masseï, ou Mas'eï, — la dernière section hebdomadaire du livre de Bémidbar. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinées les haltes d'Israël sur le chemin depuis l'Égypte, les frontières du pays, les villes des lévites, les villes de refuge et la préservation de l'héritage. Le texte de la Torah en hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original précise que le texte est accompagné d'une traduction en russe ; comme cette page est en français, la phrase parle simplement d'« une traduction ». et du commentaire de l'auteur.

Les étapes du grand chemin

Bémidbar 33,1–56

Nous commençons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Masseï et nous allons lire le chapitre 33 du livre de Bémidbar. Ce chapitre, tout au long de l'histoire de l'étude de la Torah, a déconcerté les commentateurs. Le fait est que la Torah est laconique, il n'y a pas en elle un seul mot superflu, pas une seule lettre superflue, et sur ce fond, bien sûr, il est étonnant que quarante-neuf versets de notre chapitre soient consacrés à la liste des haltes où le peuple d'Israël s'est arrêté sur le chemin de l'Égypte vers Canaan. Beaucoup de ces haltes ont déjà été mentionnées dans la Torah, et la question se pose : pourquoi les citer ici dans une liste à part ? Pourquoi la Torah en parle-t-elle plus que, par exemple, de la création du monde ? Pourquoi la Torah accorde-t-elle tant d'attention à l'énumération de ces haltes – la Torah, qui peut renfermer dans une seule lettre beaucoup de sens ?

Certains commentateurs disent que, puisqu'il est écrit ici que Moché a mis cela par écrit selon la parole du SEIGNEUR (et pourquoi cela est-il précisé spécialement ? Moché n'a-t-il donc pas écrit tout le reste selon la parole du SEIGNEUR ?), cela signifie qu'il n'y a que le SEIGNEUR seul qui sache pourquoi nous avons besoin de l'énumération de ces haltes. D'autres commentateurs disent : « Ici sont énumérées toutes les haltes pour que le lecteur puisse s'armer d'une carte et voir à quel point le séjour d'Israël dans le désert était miraculeux ». Car on pourrait supposer que le peuple d'Israël ne marchait pas au fond du désert, mais sur sa bordure, près des lieux habités : là où l'on peut faire quelque commerce, où l'on pouvait quelque part acheter quelque chose, peut-être même quelque part semer et récolter quelque chose, et que le désert, c'est une appellation générale comme ça, nominale, pour le voyage d'Israël. Mais si l'on regarde la liste de ces haltes, on peut voir que toutes ces haltes se trouvent à l'intérieur du désert, au fond du désert, là où il est difficile de trouver du pain, là où il est difficile de trouver de l'eau. Et c'est pourquoi le séjour du peuple dans le désert était vraiment miraculeux, et c'est pourquoi, comme le disent ces commentateurs, toutes les haltes sont énumérées ici, pour qu'on voie que c'était un miracle constant. Et pour que nous sachions que, même en séjournant dans notre monde (qui peut lui aussi être comparé à un désert par une certaine désorganisation qui lui est propre), on peut voir des miracles dans sa vie.

Il y a des commentateurs qui disent que chacune de ces haltes a son nom, qui symbolise une situation déterminée dans la vie de l'homme (là où ce sera évident, j'indiquerai ce que symbolise telle ou telle halte). Et ces quarante-deux haltes, ce sont quarante-deux situations de vie que chaque homme doit vivre. Le nombre 42 a une signification symbolique déterminée, il y a beaucoup de cas où le nombre 42 est lié à la formation, au renforcement, à la purification. Ce sont 42 mois, trois ans et demi, souvent, pour la purification, on parle de trois ans et demi ; nous savons que d'Avraham à Yéchoua Machia'h il y a eu 42 générations. De même, dans la kabbale (la mystique juive), le nom Mem-Bet (mem correspond au nombre quarante, bet – à deux, c'est-à-dire la valeur numérique 42) est considéré comme l'un des noms du Très-Haut.

Mais tout de même, la question reste ouverte. Un tel nombre de réponses montre qu'il n'y a pas une seule réponse. Il y a des commentateurs qui disent : « Cela concerne aussi notre vie ». Oui, cela concerne aussi notre vie. En chaque lieu où nous pouvons nous retrouver, même s'il nous semble que nous tournons en rond, le Très-Haut nous conduit. Et si nous nous sommes retrouvés quelque part et ne comprenons pas où exactement, alors peut-être que plus tard, après, en regardant en arrière sur notre vie, nous comprendrons pourquoi nous étions là, pourquoi nous avons fait ainsi. Un jour, Steve Jobs racontait qu'il était allé étudier la calligraphie, sans qu'on comprenne du tout pourquoi. Et ensuite, quand il a créé les premières polices de caractères d'ordinateur, cela lui a servi.

Il y a beaucoup d'histoires semblables. Je veux raconter une histoire que j'ai entendue d'un rabbin de Holon, Pin'has Alkhoïs, qui racontait au sujet de sa maman, née Margolin. Elle est née à Bobrouïsk, dans une famille juive hassidique. Bobrouïsk est une petite ville de Biélorussie, et avant la guerre, probablement, toute petite. Et la maman, chaque année, une semaine ou deux avant Pessa'h, envoyait à sa sœur à Léningrad un bocal de graisse d'oie. Elle enveloppait le bocal dans une grande quantité de langes, le mettait dans une caisse et envoyait ce colis à Léningrad. Un jour, en l'an quarante, la maman est venue à la poste avec la fillette (elle avait alors six ou sept ans) et est tombée sur un postier, disons, entre guillemets, « méchant », qui n'a pas voulu envoyer comme ça cette graisse d'oie et a dit : « Mais elle va couler, mais elle va tout salir ici ». Et après de longues supplications, il a accepté d'envoyer le colis si la maman allait à la maison, rapportait encore une caisse et mettait la caisse dans la caisse – bref, il leur a causé pas mal de tracas et de tourments. Et la maman, laissant la fillette à la poste avec cette caisse, est partie à la maison chercher une autre caisse pour le colis. La fillette est restée assise et a pleuré à la poste pendant une heure et demie, deux heures, serrant le colis dans ses bras.

Bientôt la guerre a commencé, les Allemands sont entrés en Biélorussie. Mais peu avant cela, la maman a décidé de fuir avec ses filles, de fuir à Tachkent. Comme on le sait, Tachkent est une ville de pain, mais peu de gens savent qu'à cette époque Tachkent était aussi une ville hassidique. Beaucoup de familles s'y sont enfuies, parce qu'il y a là des hassidim, parce qu'il y avait là une communauté juive, on pouvait s'y établir d'une manière ou d'une autre. On avait faim en route, la maman est morte en route… Et bientôt le petit frère cadet est mort aussi, et la femme dont nous parlons (alors encore une fillette) est restée seule avec sa sœur cadette. On les a retrouvées d'une manière ou d'une autre, on les a placées dans un orphelinat non loin de Tachkent, où elles ont vécu pendant la guerre. Et après la guerre, on a rassemblé les enfants et on leur a demandé : « Qui d'entre vous connaît, se souvient de l'adresse d'au moins quelqu'un de ses proches ? Nous leur écrirons, peut-être que vos proches viendront et vous emmèneront. S'ils ne viennent pas, cela veut dire que vous grandirez ici, à l'orphelinat ». Comment une fillette peut-elle se souvenir d'une adresse ? Bon, il y avait l'adresse à Bobrouïsk, mais on comprend qu'à Bobrouïsk on ne sait pas du tout ce qui est resté de la famille : la maman est morte, le papa est parti au front et n'est pas revenu. À Bobrouïsk, il n'y a personne à chercher. Et la fillette s'est souvenue de la façon dont elle était assise à la poste avec ce colis, on peut dire, maudit, et regardait en pleurant cette adresse de Léningrad. Elle s'est souvenue de l'adresse de sa tante à Léningrad, et on a écrit une lettre à la tante. Là-bas aussi, il s'est produit un miracle à sa manière : la famille passait devant son ancien appartement, les gens ont pensé à entrer : « N'y a-t-il pas de lettres ? », et on leur a remis cette lettre-là. L'oncle est venu, il a emmené la fillette. Plus tard, elle est partie vivre en Israël, à Kfar-'Habad, elle a fondé une famille hassidique, et voilà, son fils, rabbin, a raconté cette histoire. Et on ne sait absolument pas ce qui lui serait arrivé si elle était restée dans l'orphelinat soviétique. Elle serait probablement devenue en grandissant une tout autre personne, elle ne serait pas revenue à la foi de son propre peuple. C'est un des exemples, c'est simplement un si bel exemple. Mais je pense que dans sa vie chacun peut trouver un exemple d'un moment où il ne comprenait pas pourquoi il s'était retrouvé quelque part, et ne l'a compris que longtemps après.

Et les commentateurs disent : « Ces haltes, chacune d'elles, sont prévues pour quelque chose. Toute cette liste est là pour montrer que le Très-Haut nous conduit, nous conduit dans la vie. Et chaque fois, où que nous nous trouvions, c'est nécessaire pour quelque chose, pour quelque chose que, peut-être, nous comprendrons plus tard ».

Ainsi, notre chapitre 33 du livre de Bémidbar commence par la liste des haltes où le peuple d'Israël est passé pendant sa traversée de l'Égypte vers le pays de Canaan.


אֵלֶּה מַסְעֵי בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יָצְאוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לְצִבְאֹתָם בְּיַד־מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן׃

élle mas'é vené-yisraél achér yatseoú meérets mitsráyim letsiv'otám beyad-moché veaharon

1 Voici les pérégrinations des fils d'Israël, qui sortirent du pays d'Égypte selon leurs rassemblements (selon leurs troupes), sous la conduite de Moché et d'Aharon.

Il est intéressant que la Torah parle ici des fils d'Israël comme d'un peuple qui est sorti d'Égypte. On aurait pu dire : « Le peuple qui est parti vers le pays de Canaan ». Quelle différence, d'où il est sorti ? Ce qui importe, c'est bien où il est allé. Et les commentateurs disent : « Le Très-Haut avait un plan, le Très-Haut voulait conduire le peuple au pays de Canaan. Mais pour les Juifs, à ce moment-là, il était plus important de sortir d'Égypte, c'était leur première aspiration ». C'est pourquoi il est question ici de l'état des Juifs, de leur désir de simplement s'enfuir. Il y a un tel état, où il faut avant tout s'enfuir d'ici, et peu importe ce qui sera là-bas. Voilà dans quel état était le peuple d'Israël.


וַיִּכְתֹּב מֹשֶׁה אֶת־מוֹצָאֵיהֶם לְמַסְעֵיהֶם עַל־פִּי יְהוָה וְאֵלֶּה מַסְעֵיהֶם לְמוֹצָאֵיהֶם׃

vayikhtóv moché et-motsaehem lemas'ehémDans la translittération russe, ce mot est écrit avec un g à la place du h ; la translittération française suit ici l'hébreu. al-pí adonáy veélle mas'ehém lemotsaehém

2 Et Moché inscrivit leurs lieux de sortie (les lieux du début de leur voyage) selon la bouche du Très-Haut. Et voici leurs marches selon leurs lieux de sortie :

וַיִּסְעוּ מֵרַעְמְסֵס בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן מִמָּחֳרַת הַפֶּסַח יָצְאוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל בְּיָד רָמָה לְעֵינֵי כָּל־מִצְרָיִם׃

vayis'oú mera'messés ba'hódech harichón ba'hamichá assár yom la'hódech harichón mimma'horát happéssa'h yatseoú vene-yisraél beyád ramá leené kol mitsráyim

3 Et ils se mirent en marche depuis Ramsès au premier mois, le quinzième jour du premier mois ; le lendemain de Pessa'h, les fils d'Israël sortirent d'une main forte sous les yeux de toute l'Égypte.


וּמִצְרַיִם מְקַבְּרִים אֵת אֲשֶׁר הִכָּה יְהוָה בָּהֶם כָּל־בְּכוֹר וּבֵאלֹהֵיהֶם עָשָׂה יְהוָה שְׁפָטִים׃

oumitsráyim mekabberím et achér hikká adonáy bahém kol-bekhór ouvelohehém assá adonáy chefatím

4 Et les Égyptiens sont occupés à enterrer ceux que le SEIGNEUR a frappés parmi eux – tous les premiers-nés, et sur leurs dieux le SEIGNEUR a exercé un jugement.

Apparemment, il est dit que certains débris des idoles ne pouvaient pas être simplement jetés, simplement portés à la décharge, on les enterrait eux aussi, comme on enterrait les premiers-nés. Pourquoi la Torah établit-elle ici cette opposition ? Quelle différence cela fait-il pour nous, de quoi s'occupaient les Égyptiens quand les Juifs sortaient ? Peut-être est-ce une leçon pour nous. Soit tu marches, soit tu avances avec le Très-Haut, soit tu enterres ton premier-né, c'est-à-dire le fruit de ton travail, ton activité, toute ta vie, et tes dieux, sur lesquels le SEIGNEUR a exercé un jugement, tu les enterres aussi. Soit tu te mets en route, soit tu t'occupes de funérailles.

וַיִּסְעוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵרַעְמְסֵס וַיַּחֲנוּ בְּסֻכֹּת׃

vayis'oú vene-yisraél mera'messés vaya'hanoú bessoukkót

5 Et les fils d'Israël sortirent de Ramsès, et s'arrêtèrent à Soukkot.

Le mot soukkót (pluriel du mot soukká – cabane, hutte) signifie lieu de résidence temporaire. Les Israélites sont sortis d'Égypte, et d'abord il y avait le sentiment de ce caractère temporaire du séjour en chemin, il n'y avait aucune permanence. En même temps, ces soukkót, ces cabanes, sont comparées aux nuées de gloire. Dans ce logement temporaire, il fallait sentir sur soi la protection de Dieu. L'homme, étant temporaire dans ce monde, se trouvant dans le désert, devait sentir que Dieu le protège. Voilà, c'est par ce vécu de la protection, c'est par cela que tout devait commencer. C'est pourquoi la première halte, Soukkot, c'est le séjour de l'homme dans un tel état où il n'a peut-être pas tout, où il n'a peut-être qu'une hutte, mais où il ressent la protection du Très-Haut. C'est l'un des états que l'homme vit dans sa vie.


וַיִּסְעוּ מִסֻּכֹּת וַיַּחֲנוּ בְאֵתָם אֲשֶׁר בִּקְצֵה הַמִּדְבָּר׃

vayis'oú missoukkót vaya'hanoú veetám achér biktsé hammidbár

6 Et ils sortirent de Soukkot, et s'arrêtèrent à Étam, qui est au bord du désert.

Étam – un nom égyptien, signifie lieu scellé, forteresse. Outre le fait que l'homme peut être heureux et protégé dans la soukka, dans la cabane, l'homme peut se sentir libre dans une forteresse qui ne le retient pas, ne le gêne pas.

וַיִּסְעוּ מֵאֵתָם וַיָּשָׁב עַל־פִּי הַחִירֹת אֲשֶׁר עַל־פְּנֵי בַּעַל צְפוֹן וַיַּחֲנוּ לִפְנֵי מִגְדֹּל׃

vayis'oú meetám vayáchov al-pí ha'hirót achér al-pené báal tsefón vaya'hanoú lifné migdól

7 Et ils sortirent d'Étam, et ils revinrent (retournèrent) vers Pi-ha'Hirot, qui est devant Ba'al-Tséfon, et s'arrêtèrent devant Migdol.

Pi-ha'Hirot (littéralement bouche de la liberté, brèche de la liberté) – c'est un lieu, une brèche, un passage qui s'ouvre pour l'homme et lui permet de sortir de certaines situations, semblait-il, ensorcelées.


וַיִּסְעוּ מִפְּנֵי הַחִירֹת וַיַּעַבְרוּ בְתוֹךְ־הַיָּם הַמִּדְבָּרָה וַיֵּלְכוּ דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בְּמִדְבַּר אֵתָם וַיַּחֲנוּ בְּמָרָה׃

vayis'oú mippené ha'hirót vayaavroú vetokh-hayám hammidbára vaelekhoú dérekh chelóchet yamím bemidbár etám vaya'hanoú bemará

8 Et ils sortirent de Pi-ha'Hirot, et ils passèrent au milieu de la mer vers le désert, et trois jours ils marchèrent dans le désert d'Étam, et s'arrêtèrent à Mara.

Mara (amertume, fiel) – lieu d'expériences amères, d'événements amers.


וַיִּסְעוּ מִמָּרָה וַיָּבֹאוּ אֵילִמָה וּבְאֵילִם שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה עֵינֹת מַיִם וְשִׁבְעִים תְּמָרִים וַיַּחֲנוּ־שָׁם׃

vayis'oú mimmará vayavóou elíma ouv'elím chetém esré enót máyim vechiv'ím temarím vaya'hanou-chám

9 Et ils se mettront en marche depuis Mara, et ils arrivèrent à Élim, et à Élim – douze sources d'eau et soixante-dix palmiers.

Nous en avons parlé en détail au chapitre 15 du livre de Chémot. Le mot élim a plusieurs sens. Il peut provenir du mot olám (monde), et aussi – du mot heelém (disparition), il peut aussi signifier muet, devenu muet, privé de la possibilité de parler, il peut signifier quelque chose d'imprévu. Il est intéressant qu'ici il soit écrit ils arrivèrent à Élim, comme s'ils n'avaient pas l'intention de s'y arrêter, mais ils y trouvèrent des sources et des palmiers et c'est pourquoi ils s'y arrêtèrent. C'est-à-dire que ce lieu n'est pour ainsi dire pas convenu à l'avance, il n'était pas prévu à l'avance comme halte.

וַיִּסְעוּ מֵאֵילִם וַיַּחֲנוּ עַל־יַם־סוּף׃

vayis'oú meelím vaya'hanoú al-yam-soúf

10 Et ils sortirent d'Élim, et s'arrêtèrent près de la mer Rouge.

וַיִּסְעוּ מִיַּם־סוּף וַיַּחֲנוּ בְּמִדְבַּר־סִין׃

vayis'oú miyam-soúf vaya'hanoú bemidbar-sín

11 Et ils se mirent en marche depuis la mer Rouge, et s'arrêtèrent dans le désert de Sin.

Littéralement, sin signifie poussière, sable. On peut le comprendre symboliquement (et nous comprenons tout ici symboliquement) comme la vie ordinaire, la vie de tous les jours, la routine.


וַיִּסְעוּ מִמִּדְבַּר־סִין וַיַּחֲנוּ בְּדָפְקָה׃

vayis'oú mimmidbar-sín vaya'hanoú bedofká

12 Et ils sortirent du désert de Sin, et s'arrêtèrent à Dofka.

Le mot dofká peut se comprendre à partir du verbe lidpók (frapper, battre, cogner), quand quelque chose cogne ou que l'on cogne quelqu'un.

וַיִּסְעוּ מִדָּפְקָה וַיַּחֲנוּ בְּאָלוּשׁ׃

vayis'oú middofká vaya'hanoú bealoúch

13 Et ils sortirent de Dofka, et s'arrêtèrent à Alouch.

Aloúch – c'est comme une grande ville, une ville où la vie bouillonne, un lieu où il faut être fort, il faut être énergique. Bien sûr, cela se passait dans le désert, il n'y avait pas là de grandes villes, mais ils donnaient de tels noms à leurs haltes et, apparemment, mettaient dans ces noms un sens déterminé.


וַיִּסְעוּ מֵאָלוּשׁ וַיַּחֲנוּ בִּרְפִידִם וְלֹא־הָיָה שָׁם מַיִם לָעָם לִשְׁתּוֹת׃

vayis'oú mealoúch vaya'hanoú birfidím velo-haya cham máyim laám lichtót

14 Et ils sortirent d'Alouch, et s'arrêtèrent à Réfidim, et il n'y avait pas là d'eau pour le peuple, pour boire.

Nous avons déjà dit (au chapitre 17 du livre de Chémot) que l'une des lectures du nom Réfidim peut provenir des mots – rafím (qui faiblit)et yadayim (mains), c'est-à-dire des mains baissées, affaiblies. De même, le nom Réfidim peut se traduire à partir du mot refidá (rembourrage, doublure), le verbe lerapéd signifie étendre, étaler, rembourrer des meubles, rendre les meubles moelleux. Réfidim – c'est ce qui a besoin d'être adouci, là où il faut étendre de la paille, faire un rembourrage, ou bien là où il y a cet adoucissement. Parfois l'homme a besoin de lerapéd atsmó, se rembourrer soi-même, se rendre plus doux, quelque part sous la carapace étendre une telle doublure douce.


וַיִּסְעוּ מֵרְפִידִם וַיַּחֲנוּ בְּמִדְבַּר סִינָי׃

vayis'oú merefidím vaya'hanoú bemidbár sináy

15 Et ils sortirent de Réfidim, et s'arrêtèrent dans le désert de Sinaï.

Bien que ce ne soit peut-être pas très juste du point de vue de la langue, le nom du désert Sinaï est souvent rapproché du mot siná (haine). Et l'on considère qu'à partir du moment où Israël a reçu la Torah, la haine est entrée dans le monde, la haine envers le peuple d'Israël est apparue.

וַיִּסְעוּ מִמִּדְבַּר סִינָי וַיַּחֲנוּ בְּקִבְרֹת הַתַּאֲוָה׃

vayis'oú mimmidbár sináy vaya'hanoú bekivrót hattaavá

16 Et ils sortirent du désert de Sinaï, et s'installèrent à Kivrot-Hataava.

Le nom se traduit par tombes du caprice (de la convoitise). Ce lieu a reçu ce nom à cause de l'histoire des cailles, elle est racontée au chapitre 11 de notre livre.

וַיִּסְעוּ מִקִּבְרֹת הַתַּאֲוָה וַיַּחֲנוּ בַּחֲצֵרֹת׃

vayis'oú mikkivrót hattaavá vaya'hanoú ba'hatserót

17 Et ils sortirent de Kivrot-Hataava, et s'arrêtèrent à 'Hatserot.

Le nom 'Hatserót se traduit littéralement par cours. Il y a des cours hassidiques, il y a des cours royales. Peut-être cela symbolise-t-il la dépendance envers un homme – comme la vie d'un courtisan, quand tu vis et te nourris grâce à ta dépendance envers quelqu'un d'autre.

וַיִּסְעוּ מֵחֲצֵרֹת וַיַּחֲנוּ בְּרִתְמָה׃

vayis'oú me'hatserót vaya'hanoú beritmá

18 Et ils sortirent de 'Hatserot, et s'arrêtèrent à Ritma.

Le nom Ritmá peut être rapproché du verbe lirtóm (atteler), c'est-à-dire être avec quelqu'un dans un attelage commun, sous un même joug.

וַיִּסְעוּ מֵרִתְמָה וַיַּחֲנוּ בְּרִמֹּן פָּרֶץ׃

vayis'oú meritmá vaya'hanoú berimmón párets

19 Et ils sortirent de Ritma, et s'arrêtèrent à Rimon-Pérets.

וַיִּסְעוּ מֵרִמֹּן פָּרֶץ וַיַּחֲנוּ בְּלִבְנָה׃

vayis'oú merimmón párets vaya'hanoú belivná

20 Et ils sortirent de Rimon-Pérets, et s'arrêtèrent à Livna.

Le nom Livná peut signifier pureté, blancheur (du mot laván, blanc) ; cela peut aussi signifier pâleur, faiblesse – cela dépend de la façon dont on regarde la blancheur.

וַיִּסְעוּ מִלִּבְנָה וַיַּחֲנוּ בְּרִסָּה׃

vayis'oú millivná vaya'hanoú berissá

21 Et ils s'avancèrent hors de Livna, et s'arrêtèrent à Rissa.

Le nom Rissá peut être lié au mot rís (cil) ou trís (volet, jalousie) – ce qui couvre un peu les yeux, ce qui demande une protection de la vue ; ou bien quand il faut prêter attention à la vue, ou une certaine correction de la vue.

וַיִּסְעוּ מֵרִסָּה וַיַּחֲנוּ בִּקְהֵלָתָה׃

vayis'oú merissá vaya'hanoú bikheláta

22 Et ils sortirent de Rissa, et s'arrêtèrent à Kéhélata.

Le nom Kehelát peut être rapproché des mots kahál (société, auditoire), kehila (communauté) ; le verbe lehakhil – rassembler, prononcer un sermon ; kohelet – prédicateur dans une assemblée. C'est-à-dire une certaine société qui s'unit autour d'une seule idée, d'un seul sermon, d'un seul but. D'ailleurs, la foule – c'est aussi kahal.


וַיִּסְעוּ מִקְּהֵלָתָה וַיַּחֲנוּ בְּהַר־שָׁפֶר׃

vayis'oú mikkeheláta vaya'hanoú behar-cháfer

23 Et ils sortirent de Kéhélata, et s'arrêtèrent à Har-Chéfer.

Le nom Chéfer peut être lié au verbe lechapér (améliorer, corriger, rendre bon), c'est-à-dire tendre vers l'amélioration de la qualité.


וַיִּסְעוּ מֵהַר־שָׁפֶר וַיַּחֲנוּ בַּחֲרָדָה׃

vayis'oú mehar-chafér vaya'hanoú ba'haradá

24 Et ils sortirent de Har-Chéfer, et s'arrêtèrent à 'Harada.

Le mot 'haradá signifie peur, tremblement, inquiétude, peut-être panique. De nouveau, cela dépend de si c'est dans la sainteté ou non.

וַיִּסְעוּ מֵחֲרָדָה וַיַּחֲנוּ בְּמַקְהֵלֹת׃

vayis'oú me'haradá vaya'hanoú bemakhelót

25 Et ils sortirent de 'Harada, et s'arrêtèrent à Makhélot.

Le nom Makhelót provient de la même racine que le mot kahál (société, auditoire). Mais ce ne sont plus ceux qui écoutent ensemble un sermon, c'est déjà une makhelá (chœur), c'est déjà un chœur de gens qui ne s'intéressent pas simplement à une seule chose, mais parlent aussi de la même manière.


וַיִּסְעוּ מִמַּקְהֵלֹת וַיַּחֲנוּ בְּתָחַת׃

vayis'oú mimmakhelót vaya'hanoú betá'hat

26 Et ils sortirent de Makhélot, et s'arrêtèrent à Ta'hat.

Tá'hat (sous, en bas) – c'est le fond, le plus bas. En hébreu moderne – un terme non grossier pour le bas du dos.


וַיִּסְעוּ מִתָּחַת וַיַּחֲנוּ בְּתָרַח׃

vayis'oú mittá'hat vaya'hanoú betára'h

27 Et ils sortirent de Ta'hat, et s'arrêtèrent à Téra'h.


וַיִּסְעוּ מִתָּרַח וַיַּחֲנוּ בְּמִתְקָה׃

vayis'oú mittára'h vaya'hanoú bemitká

28 Et ils sortirent de Téra'h, et s'arrêtèrent à Mitka.

Le nom Mitká provient de la même racine, mem-tav-kouf, que les mots délice, douceur, affection.


וַיִּסְעוּ מִמִּתְקָה וַיַּחֲנוּ בְּחַשְׁמֹנָה׃

vayis'oú mimmitká vaya'hanoú be'hachmoná

29 Et ils sortirent de Mitka, et s'arrêtèrent à 'Hachmona.

Le mot hachmaná, avec la même racine – c'est un embonpoint excessif, l'obésité, l'abondance.

וַיִּסְעוּ מֵחַשְׁמֹנָה וַיַּחֲנוּ בְּמֹסֵרוֹת׃

vayis'oú me'hachmoná vaya'hanoú bemosserót

30 Et ils sortirent de 'Hachmona, et s'arrêtèrent à Mosserot.

Le mot massór – c'est une scie, cela peut aussi être un rabot, c'est-à-dire ce avec quoi on rabote, on aplanit.

וַיִּסְעוּ מִמֹּסֵרוֹת וַיַּחֲנוּ בִּבְנֵי יַעֲקָן׃

vayis'oú mimmosserót vaya'hanoú bivné yaakán

31 Et ils sortirent de Mosserot, et s'arrêtèrent à Bneï-Yaakan.


וַיִּסְעוּ מִבְּנֵי יַעֲקָן וַיַּחֲנוּ בְּחֹר הַגִּדְגָּד׃

vayis'oú mibbené yaakán vaya'hanoú be'hór haggidgád

32 Et ils sortirent de Bneï-Yaakan, et s'arrêtèrent à 'Hor-Haguidgad.


וַיִּסְעוּ מֵחֹר הַגִּדְגָּד וַיַּחֲנוּ בְּיָטְבָתָה׃

vayis'oú me'hór haggidgád vaya'hanoú beyotváta

33 Et ils sortirent de 'Hor-Haguidgad, et s'arrêtèrent à Yotvata.


וַיִּסְעוּ מִיָּטְבָתָה וַיַּחֲנוּ בְּעַבְרֹנָה׃

vayis'oú miyotváta vaya'hanoú beavroná

34 Et ils sortirent de Yotvata, et s'arrêtèrent à Avrona.

Avroná – lieu de passage à travers un petit obstacle (le verbe laavór – traverser, passer), peut-être lieu d'un petit dépassement de soi,

וַיִּסְעוּ מֵעַבְרֹנָה וַיַּחֲנוּ בְּעֶצְיוֹן גָּבֶר׃

vayis'oú meavroná vaya'hanoú beets'yón gáver

35 Et ils se mirent en marche depuis Avrona, et s'arrêtèrent à Éts'yon-Guéver.


וַיִּסְעוּ מֵעֶצְיוֹן גָּבֶר וַיַּחֲנוּ בְמִדְבַּר־צִן הִוא קָדֵשׁ׃

vayis'oú meets'yón gáver vaya'hanoú vemidbar-tsin hi kadech

36 Et ils sortirent d'Éts'yon-Guéver, et s'arrêtèrent dans le désert de Tsin, qui est aussi Kadech.


וַיִּסְעוּ מִקָּדֵשׁ וַיַּחֲנוּ בְּהֹר הָהָר בִּקְצֵה אֶרֶץ אֱדוֹם׃

vayis'oú mikkadéch vaya'hanoú behór hahár biktsé érets edóm

37 Et ils sortirent de Kadech, et s'arrêtèrent sur le mont Hor, au bord de la terre d'Édom.

Dans le nom du mont Hor (or – lumière) entrent les mêmes lettres de la racine que dans le mot Torah, c'est-à-dire que c'est le mont de l'apprentissage, le mont de l'instruction.


וַיַּעַל אַהֲרֹן הַכֹּהֵן אֶל־הֹר הָהָר עַל־פִּי יְהוָה וַיָּמָת שָׁם בִּשְׁנַת הָאַרְבָּעִים לְצֵאת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם בַּחֹדֶשׁ הַחֲמִישִׁי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ׃

vayáal aharón hakkohén el-hór hahár al-pí adonáy vayámot cham bichnát haarbaím letsét bene-yisraél meérets mitsráyim ba'hódech ha'hamichí bee'hád la'hódech

38 Et Aharon le kohen monta sur le mont Hor, selon la parole du SEIGNEUR, et mourut là en la quarantième année après la sortie des fils d'Israël du pays d'Égypte, au cinquième mois (le mois d'av), le premier jour du mois.

וְאַהֲרֹן בֶּן־שָׁלֹשׁ וְעֶשְׂרִים וּמְאַת שָׁנָה בְּמֹתוֹ בְּהֹר הָהָר׃

veaharón ben-chalóch veesrím oum'át chaná bemotó behór hahár

39 Et Aharon a cent vingt-trois ans, quand il mourut sur le mont Hor.


וַיִּשְׁמַע הַכְּנַעֲנִי מֶלֶךְ עֲרָד וְהוּא־יֹשֵׁב בַּנֶּגֶב בְּאֶרֶץ כְּנָעַן בְּבֹא בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

vayichmá hakkena'aní mélekh arád vehou-yochév bannégev beérets kená'an bevó bené yisraél

40 Et le Cananéen, roi d'Arad, entendit – or il habite au sud (ou dans le désert du Néguev), dans le pays cananéen – que les fils d'Israël viennent (s'approchent) vers la terre de Canaan.


וַיִּסְעוּ מֵהֹר הָהָר וַיַּחֲנוּ בְּצַלְמֹנָה׃

vayis'oú mehór hahar vaya'hanoú betsalmoná

41 Et ils sortirent du mont Hor, et ils s'arrêtèrent à Tsalmona.

וַיִּסְעוּ מִצַּלְמֹנָה וַיַּחֲנוּ בְּפוּנֹן׃

vayis'oú mittsalmoná vaya'hanoú befounón

42 Et ils sortirent de Tsalmona, et s'arrêtèrent à Pounon.

וַיִּסְעוּ מִפּוּנֹן וַיַּחֲנוּ בְּאֹבֹת׃

vayis'oú mippounón vaya'hanoú be'ovót

43 Et ils sortirent de Pounon, et s'arrêtèrent à Ovot.


וַיִּסְעוּ מֵאֹבֹת וַיַּחֲנוּ בְּעִיֵּי הָעֲבָרִים בִּגְבוּל מוֹאָב׃

vayis'oú me'ovót vaya'hanoú be'iyé ha'avarím bigvoúl mo'áv

44 Et ils sortirent d'Ovot, et s'établirent à Iyé-Haavarim, à la frontière de Moav.


וַיִּסְעוּ מֵעִיִּים וַיַּחֲנוּ בְּדִיבֹן גָּד׃

vayis'oú me'iyím vaya'hanoú bedivón gad

45 Et ils sortirent d'Iyim, et ils s'arrêtèrent à Divon-Gad.

C'est ce lieu au sujet duquel nous avons lu au chapitre 32, au verset 34 : la ville de Divon, qui est échue à la tribu de Gad (cette tribu qui a voulu s'établir sans traverser le Jourdain) et qui était énumérée parmi les autres villes. La tribu de Gad a nommé autrement ces villes, et c'est ainsi qu'est apparu Divon-Gad.

וַיִּסְעוּ מִדִּיבֹן גָּד וַיַּחֲנוּ בְּעַלְמֹן דִּבְלָתָיְמָה׃

vayis'oú middivón gad vaya'hanoú be'almón divlatáyma

46 Et ils sortirent de Divon-Gad, et s'arrêtèrent à Almon-Divlataïm.


וַיִּסְעוּ מֵעַלְמֹן דִּבְלָתָיְמָה וַיַּחֲנוּ בְּהָרֵי הָעֲבָרִים לִפְנֵי נְבוֹ׃

vayis'oú me'almón divlatáyma vaya'hanoú beharé ha'avarím lifné nevó

47 Et ils sortirent d'Almon-Divlataïm, et s'arrêtèrent sur les monts Avarim, devant Névo.

Le nom Avarim vient de la même racine, aïn-bet-reich, que le mot ivri (hébreu), du verbe la'avor (passer ou laisser dans le passé).


וַיִּסְעוּ מֵהָרֵי הָעֲבָרִים וַיַּחֲנוּ בְּעַרְבֹת מוֹאָב עַל יַרְדֵּן יְרֵחוֹ׃

vayis'oú meharé ha'avarím vaya'hanoú be'arvót mo'áv al yardén yere'hó

48 Et ils sortirent des monts Avarim, et s'arrêtèrent dans les steppes de Moav, près du Jourdain, en face de Jéricho (sur la rive opposée).

וַיַּחֲנוּ עַל־הַיַּרְדֵּן מִבֵּית הַיְשִׁמֹת עַד אָבֵל הַשִּׁטִּים בְּעַרְבֹת מוֹאָב׃

vaya'hanoú al-hayardén mibbét haychimót ad avél hachittím be'arvót mo'áv

49 Et ils s'établirent près du Jourdain, de Beit-Hayéchimot jusqu'à Avel-Hachitim, dans les steppes moabites.

C'est ici que se termine cette liste-là, la plus longue, l'énumération de toutes les haltes où se sont arrêtés les fils d'Israël sur le chemin de l'Égypte vers Canaan.


וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בְּעַרְבֹת מוֹאָב עַל־יַרְדֵּן יְרֵחוֹ לֵאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché be'arvót mo'áv al-yardén yere'hó lemór

50 Et le SEIGNEUR parla avec Moché dans les steppes moabites, sur la rive opposée à Jéricho, près du Jourdain, en disant :

דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם כִּי אַתֶּם עֹבְרִים אֶת־הַיַּרְדֵּן אֶל־אֶרֶץ כְּנָעַן׃

dabbér el-bené yisraél ve'amartá alehém ki attém overím et-hayardén el-érets kená'an

51 « Parle avec les fils d'Israël et dis-leur : voici, vous allez maintenant traverser le Jourdain vers le pays de Canaan,


וְהוֹרַשְׁתֶּם אֶת־כָּל־יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ מִפְּנֵיכֶם וְאִבַּדְתֶּם אֵת כָּל־מַשְׂכִּיֹּתָם וְאֵת כָּל־צַלְמֵי מַסֵּכֹתָם תְּאַבֵּדוּ וְאֵת כָּל־בָּמֹתָם תַּשְׁמִידוּ׃

vehorachtém et-kol-yochevé ha'árets mippenekhém ve'ibbadtém et kol-maskiyotám ve'ét kol-tsalmé massekhotám te'abbédou ve'ét kol-bamotám tachmídou

52 Et chassez tous les habitants de cette terre-là de devant votre face, et détruisez toutes les images de leurs idoles, et toutes les idoles fondues détruisez-les, et toutes leurs hauteurs détruisez-les.


וְהוֹרַשְׁתֶּם אֶת־הָאָרֶץ וִישַׁבְתֶּם־בָּהּ כִּי לָכֶם נָתַתִּי אֶת־הָאָרֶץ לָרֶשֶׁת אֹתָהּ׃

vehorachtém et-ha'árets vichavtem-bá ki lakhém natátti et-ha'árets laréchet otá

53 Et vous hériterez de cette terre, et vous habiterez en elle, car c'est à vous que J'ai donné cette terre, pour que vous en héritiez.


וְהִתְנַחַלְתֶּם אֶת־הָאָרֶץ בְּגוֹרָל לְמִשְׁפְּחֹתֵיכֶם לָרַב תַּרְבּוּ אֶת־נַחֲלָתוֹ וְלַמְעַט תַּמְעִיט אֶת־נַחֲלָתוֹ אֶל אֲשֶׁר־יֵצֵא לוֹ שָׁמָּה הַגּוֹרָל לוֹ יִהְיֶה לְמַטּוֹת אֲבֹתֵיכֶם תִּתְנֶחָלוּ׃

vehitna'haltém et-ha'árets begorál lemichpe'hotekhém laráv tarboú et-na'halató velam'át tam'ít et-na'halató el acher-yétse lo chámma haggorál lo yihyé lemattót avotekhém titne'hálou

54 Et répartissez l'héritage de la terre par le sort selon vos familles ; à une grande famille donnez un grand héritage, et à une famille plus petite donnez aussi un héritage plus petit, là où le sort sortira pour quelqu'un, c'est là qu'il faut l'établir, selon les tribus paternelles faites le partage.

וְאִם־לֹא תוֹרִישׁוּ אֶת־יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ מִפְּנֵיכֶם וְהָיָה אֲשֶׁר תּוֹתִירוּ מֵהֶם לְשִׂכִּים בְּעֵינֵיכֶם וְלִצְנִינִם בְּצִדֵּיכֶם וְצָרֲרוּ אֶתְכֶם עַל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַתֶּם יֹשְׁבִים בָּהּ׃

ve'im-ló toríchou et-yochevé ha'árets mippenekhém vehayá achér totírou mehém lessikkím be'enekhém velitsniním betsiddekhém vetsareroú etkhém al-ha'árets achér attém yochevím ba

55 Et si vous ne chassez pas les habitants de cette terre-là de devant votre face, alors ceux d'entre eux que vous laisserez seront des ronces dans vos yeux, et ils seront des épines s'enfonçant dans vos flancs, et ils vous causeront des malheurs (vous opprimeront) sur cette terre dans laquelle vous vivez.

וְהָיָה כַּאֲשֶׁר דִּמִּיתִי לַעֲשׂוֹת לָהֶם אֶעֱשֶׂה לָכֶם׃

vehayá ka'achér dimmíti la'asót lahém e'essé lakhém

56 Et il arrivera que, comme Je pensais leur faire, Je vous le ferai ».

En fin de compte, si vous avez pitié, si vous laissez les habitants de cette terre-là, Je ferai avec vous ce que J'avais prévu de faire avec eux, et il peut arriver que vous aussi, vous soyez chassés de cette terre.

Frontières et chefs

Bémidbar 34,1–22

Avec l'aide de Dieu, nous continuons l'étude de la section hebdomadaire Masseï et nous allons lire le chapitre 34 du livre de Bémidbar. On peut dire que c'est un chapitre-carte. Comment décrire en paroles une carte, surtout la carte de ces lieux où tu n'es encore jamais allé ? Lisons un peu.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché, en disant :

צַו אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם כִּי־אַתֶּם בָּאִים אֶל־הָאָרֶץ כְּנָעַן זֹאת הָאָרֶץ אֲשֶׁר תִּפֹּל לָכֶם בְּנַחֲלָה אֶרֶץ כְּנַעַן לִגְבֻלֹתֶיהָ׃

tsav et-bené yisraél ve'amartá alehém ki-attém ba'ím el-ha'árets kená'an zot ha'árets achér tippól lakhém bena'halá érets kená'an ligvoulotéha

2 « Ordonne aux fils d'Israël et dis-leur : quand vous entrerez dans le pays de Canaan, voici le pays qui vous échoit en héritage, le pays de Canaan avec ses frontières.

Il y a les frontières selon la promesse, ce que le Très-Haut a promis à Avraham, à Yits'hak, à Yaakov. Tant que le peuple d'Israël n'est pas encore jugé digne de recevoir en héritage cette terre, pour l'instant le peuple d'Israël reçoit le pays de Canaan comme le tout début de ces lieux où s'établiront les tribus, par où commenceront les étapes du grand chemin. Il est très difficile de dessiner des cartes, encore plus difficile de décrire la carte d'un pays où Moché n'a jamais été, et qui lui-même est né en Égypte. Et maintenant il doit esquisser au peuple les frontières du pays. Beaucoup des noms qui seront mentionnés ici ne nous sont connus qu'approximativement, à peu près. Nous ne savons pas tout en détail, et c'est pourquoi il existe énormément de controverses au sujet des frontières qui sont décrites ici. Il y a aussi ici énormément de localités aux noms semblables, et quand nous lisons, par exemple, le nom Arar, l'un dit que cet Arar se trouve à peu près sur la rive du Kinneret ; un autre dit que non, c'est cet Arar qui est en réalité en Turquie, et quelqu'un croit voir ici et l'Ourartou, et l'Arménie. Chacun interprète les noms géographiques selon l'envol de sa pensée. Cela se rencontre souvent dans l'interprétation des passages du Tanakh qui concernent la description des frontières. Un jour, Yasser Arafat, mal aimé de tous, s'exprimant à l'ONU, a demandé : « Savez-vous pourquoi Israël a sur son drapeau deux bandes bleues ? » Eh bien, nous, nous savons pourquoi : le drapeau rappelle le talit, et le talit a deux bandes bleues, c'est l'usage sur beaucoup de talits. Mais Arafat a donné une autre interprétation : « Les Juifs veulent avoir des possessions impériales d'une mer à l'autre, et c'est cela qui se reflète sur leur drapeau ». Chacun comprend comme il veut et comme il voit. Ainsi, la frontière sud.

וְהָיָה לָכֶם פְּאַת־נֶגֶב מִמִּדְבַּר־צִן עַל־יְדֵי אֱדוֹם וְהָיָה לָכֶם גְּבוּל נֶגֶב מִקְצֵה יָם־הַמֶּלַח קֵדְמָה׃

vehayá lakhém pe'at-négev mimmidbar-tsín al-yedé edóm vehayá lakhém gevoúl négev miktsé yam-hamméla'h kédma

3 Et vous aurez le côté sud depuis le désert de Tsin, qui est près des terres d'Édom, et vous aurez la frontière sud depuis l'extrémité de la mer Morte (Salée) vers l'orient.


וְנָסַב לָכֶם הַגְּבוּל מִנֶּגֶב לְמַעֲלֵה עַקְרַבִּים וְעָבַר צִנָה וְהָיָה (וְהָיוּ) תּוֹצְאֹתָיו מִנֶּגֶב לְקָדֵשׁ בַּרְנֵעַ וְיָצָא חֲצַר־אַדָּר וְעָבַר עַצְמֹנָה׃

venassáv lakhém haggevoúl minnégev lema'alé akrabbím ve'ávar tsína vehayoú totseotáv minnégev lekadéch barnéya veyatsá 'hatsar-addár ve'avár atsmóna

4 Et la frontière tournera pour vous depuis le sud (ou le Néguev) jusqu'à Maalé-Akrabim, et passera vers Tsin, et elle ira au sud de Kadech-Barnéa, et elle sortira vers 'Hatsar-Adar, et passera vers Atsmon.

C'est la frontière sud. Ici nous pouvons voir que presque tous les noms des villes nous sont familiers.

וְנָסַב הַגְּבוּל מֵעַצְמוֹן נַחְלָה מִצְרָיִם וְהָיוּ תוֹצְאֹתָיו הַיָּמָּה׃

venassáv haggevoúl me'atsmón ná'hla mitsráyim vehayoú totseotáv hayámma

5 Et la frontière tournera depuis Atsmon vers le torrent d'Égypte, et sa sortie sera vers la mer.

וּגְבוּל יָם וְהָיָה לָכֶם הַיָּם הַגָּדוֹל וּגְבוּל זֶה־יִהְיֶה לָכֶם גְּבוּל יָם׃

ougvoúl yam vehayá lakhém hayám haggadól ougvoúl ze-yihyé lakhém gevoúl yam

6 Et pour frontière occidentale vous aurez la Grande Mer, comme frontière occidentale vous aurez la Grande Mer.

Il est plus simple, bien sûr, de mesurer la frontière par la mer. La Grande Mer, c'est la mer Méditerranée (hayam hagadol).

וְזֶה־יִהְיֶה לָכֶם גְּבוּל צָפוֹן מִן־הַיָּם הַגָּדֹל תְּתָאוּ לָכֶם הֹר הָהָר׃

veze-yihyé lakhém gevoúl tsafón min-hayám haggadól teta'oú lakhém hor hahár

7 Et voici ce qui sera pour vous la frontière nord : marquez-la depuis la Grande Mer jusqu'au mont Hor (mont de la lumière ou du rayonnement).

C'est-à-dire que nous nous déplaçons simplement depuis le rivage de la mer vers le mont Hor, sur lequel, comme nous le savons, Aharon est mort.

מֵהֹר הָהָר תְּתָאוּ לְבֹא חֲמָת וְהָיוּ תּוֹצְאֹת הַגְּבֻל צְדָדָה׃

mehór hahár teta'oú levó 'hamát vehayoú totseót haggevoúl tsedáda

8 Et depuis le mont Hor marquez-la par la route vers 'Hamat, et la sortie de la frontière sera vers Tsdad.

וְיָצָא הַגְּבֻל זִפְרֹנָה וְהָיוּ תוֹצְאֹתָיו חֲצַר עֵינָן זֶה־יִהְיֶה לָכֶם גְּבוּל צָפוֹן׃

veyatsá haggevoúl zifróna vehayoú totseotáv 'hatsár enán ze-yihyé lakhém gevoúl tsafón

9 Et la frontière ira vers Zifron, et sa sortie sera vers 'Hatsar-Eïnan. Ce sera pour vous la frontière nord.

וְהִתְאַוִּיתֶם לָכֶם לִגְבוּל קֵדְמָה מֵחֲצַר עֵינָן שְׁפָמָה׃

vehit'avvitém lakhém ligvoúl kédma me'hatsár enán chefáma

10 Et marquez-vous la frontière orientale depuis 'Hatsar-Eïnan jusqu'à Chfam.

וְיָרַד הַגְּבֻל מִשְּׁפָם הָרִבְלָה מִקֶּדֶם לָעָיִן וְיָרַד הַגְּבוּל וּמָחָה עַל־כֶּתֶף יָם־כִּנֶּרֶת קֵדְמָה׃

veyarád haggevoúl michefám harivlá mikkédem la'áyin veyarád haggevoúl ouma'há al-kétef yam-kinnéret kédma

11 Et la frontière descendra de Chfam vers Rivla, à l'est d'Aïn, et la frontière descendra et touchera le rivage de la mer de Kinneret par l'orient.

וְיָרַד הַגְּבוּל הַיַּרְדֵּנָה וְהָיוּ תוֹצְאֹתָיו יָם הַמֶּלַח זֹאת תִּהְיֶה לָכֶם הָאָרֶץ לִגְבֻלֹתֶיהָ סָבִיב׃

veyarád haggevoúl hayardéna vehayoú totseotáv yam hamméla'h zot tihyé lakhém ha'árets ligvoulotéha savív

12 Et la frontière descendra vers le Jourdain, et sa sortie sera vers la mer Morte. Ce sera votre terre selon ses frontières de tous côtés ».

Ce sont les frontières que donne Moché. Les frontières ne correspondent pas, en somme, aux promesses, comme je l'ai déjà dit, qui ont été données aux Patriarches. Les frontières sont données pour que le peuple puisse s'installer en ce lieu, il faut bien commencer par quelque chose. Le Très-Haut a déjà expliqué, a parlé du fait que la terre sera donnée progressivement. Si l'on donne au peuple à l'avance une terre trop grande, beaucoup de territoires resteront hors de contrôle, des bêtes sauvages commenceront à y pénétrer. En somme, les frontières sont données à mesure que l'homme met en valeur la terre. Cela, à proprement parler, ne concerne pas seulement les frontières du pays d'Israël, cela concerne en général tout dans notre vie. Certaines promesses, certains dons que nous avons se révèlent progressivement, à une certaine vitesse. À la vitesse à laquelle nous pouvons nous installer au niveau que nous avons atteint.

Je relèverai un détail très important. Ici, le Très-Haut, en décrivant les frontières, emploie les verbes : et elle montera, et elle passera, et elle traversera, et elle reviendra, et elle descendra, et elle touchera, comme si celui qui dessine cette frontière dansait une certaine danse, la frontière se trouve comme en mouvement. Et le peuple d'Israël, en se déplaçant conjointement avec le Créateur, forme ainsi les limites de son pays. De même, chaque homme pris à part doit former ses frontières, qu'il est aussi très important de savoir élargir, garder et ne pas laisser malmener.

וַיְצַו מֹשֶׁה אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר זֹאת הָאָרֶץ אֲשֶׁר תִּתְנַחֲלוּ אֹתָהּ בְּגוֹרָל אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה לָתֵת לְתִשְׁעַת הַמַּטּוֹת וַחֲצִי הַמַּטֶּה׃

vaytsáv moché et-bené yisraél lemór zot ha'árets achér titna'haloú otá begorál achér tsivvá adonáy latét letich'át hammattót va'hatsí hammatté

13 Et Moché ordonna aux fils d'Israël, en disant : « Voici ce pays que vous recevrez en part d'héritage (que vous peuplerez) par le sort, et que le SEIGNEUR a promis de partager pour les neuf tribus et demie.

Il est intéressant de voir comment le Très-Haut parle ici. D'abord Il détermine pratiquement les frontières, et ensuite Il dit que les frontières seront réparties par le sort. C'est-à-dire que cela se fera à deux niveaux : à l'intérieur des frontières générales, les frontières de chaque tribu seront annoncées par le sort, nous en avons parlé en détail au chapitre 26.

כִּי לָקְחוּ מַטֵּה בְנֵי הָראוּבֵנִי לְבֵית אֲבֹתָם וּמַטֵּה בְנֵי־הַגָּדִי לְבֵית אֲבֹתָם וַחֲצִי מַטֵּה מְנַשֶּׁה לָקְחוּ נַחֲלָתָם׃

ki lake'hoú matté vené harouvení levét avotám oumatté vene-haggadí levét avotám va'hatsí matté menaché lake'hoú na'halatám

14 Car les fils de la tribu de Réouven selon la maison de leur père, et les fils de la tribu de Gad selon la maison de leur père, et la moitié de la tribu de Ménaché ont déjà reçu leur héritage.

שְׁנֵי הַמַּטּוֹת וַחֲצִי הַמַּטֶּה לָקְחוּ נַחֲלָתָם מֵעֵבֶר לְיַרְדֵּן יְרֵחוֹ קֵדְמָה מִזְרָחָה׃

chené hammattót va'hatsí hammatté lake'hoú na'halatám me'éver leyardén yere'hó kédma mizrá'ha

15 Deux camps et un demi-camp ont pris leur part d'héritage au-delà du Jourdain, à l'ouest et à l'est de Jéricho ».

Ici se termine le thème des frontières, et ensuite il sera question des chefs du peuple, qui détermineront pour les fils d'Israël les parts d'héritage dans la terre.

 וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

16 Et le SEIGNEUR parla avec Moché, en disant :

אֵלֶּה שְׁמוֹת הָאֲנָשִׁים אֲשֶׁר־יִנְחֲלוּ לָכֶם אֶת־הָאָרֶץ אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וִיהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן׃

élle chemót ha'anachím acher-yin'haloú lakhém et-ha'árets el'azár hakkohén vihochoúa bin-noún

17 « Voici les noms des hommes qui vous conduiront à l'héritage de la terre (qui vous détermineront les parts) : Éliézer le kohen et Yéhochoua ben Noun.

וְנָשִׂיא אֶחָד נָשִׂיא אֶחָד מִמַּטֶּה תִּקְחוּ לִנְחֹל אֶת־הָאָרֶץ׃

venassí e'hád nassí e'hád mimmatté tik'hoú lin'hól et-ha'árets

18 Et prenez un chef par tribu, pour hériter (partager) la terre.

וְאֵלֶּה שְׁמוֹת הָאֲנָשִׁים לְמַטֵּה יְהוּדָה כָּלֵב בֶּן־יְפֻנֶּה׃

ve'élle chemót ha'anachím lematté yehoudá kalév ben-yefounné

19 Voici les noms des hommes : de la tribu de Yéhouda – Kalev ben Yéfounné.

וּלְמַטֵּה בְּנֵי שִׁמְעוֹן שְׁמוּאֵל בֶּן־עַמִּיהוּד׃

oulmatté bené chim'ón chemouél ben-ammihoúd

20 De la tribu de Chimon – Chmouël ben Amihoud.

Si quelqu'un suit les noms, on peut voir que certains noms se répètent et qu'il y a certaines tendances dans les noms. Avec le nom Kalev, c'est clair, Kalev, c'est un nom si inhabituel, qui signifie chien. Chmouël (un nom que nous rencontrerons plus tard chez le fils de 'Hana, chez le prophète) – celui que Dieu a placé, déposé par Dieu. Amihoud – c'est peuple, aimé du Très-Haut.

לְמַטֵּה בִנְיָמִן אֱלִידָד בֶּן־כִּסְלוֹן׃

lematté vinyamín elidád ben-kislón

21 Du camp de Binyamin – Élidad ben Kislon.

Élidad – mon Dieu est tendre, mon Dieu me dorlote. Le nom Kislon signifie homme simple, homme qui vit dans la simplicité.

וּלְמַטֵּה בְנֵי־דָן נָשִׂיא בֻּקִּי בֶּן־יָגְלִי׃

oulmatté vene-dán nassí boukkí ben-yoglí

22 Du camp de Dan – Bouki ben Yogli.

Bouki – je-sais-tout, Yogli – c'est celui qui fait des découvertes, un homme curieux, qui creuse, creuse jusqu'au fond et fait des découvertes.

לִבְנֵי יוֹסֵף לְמַטֵּה בְנֵי־מְנַשֶּׁה נָשִׂיא חַנִּיאֵל בֶּן־אֵפֹד׃

livné yosséf lematté vene-menaché nassí 'haniél ben-efód

23 Du camp de Yossef, du camp de Ménaché – le chef 'Haniël ben Éfod.

'Haniël – aie pitié de moi, SEIGNEUR. Le nom Éfod, c'est, ce qui est intéressant, le pectoral du kohen, c'est-à-dire que le nom désigne quelque chose qui protège l'homme (c'est du même mot qu'on appelle en hébreu moderne le gilet pare-balles).

וּלְמַטֵּה בְנֵי־אֶפְרַיִם נָשִׂיא קְמוּאֵל בֶּן־שִׁפְטָן׃

oulmatté vene-efráyim nassí kemouél ben-chiftán

24 Du camp d'Éfraïm – Kmouël ben Chiftan.

Kmouël, c'est celui que Dieu élève. Le nom de son père, Chiftan – celui qui sait juger avec justice, un homme judicieux, un homme qui sait tirer une conclusion de certains faits, donner une information nouvelle.

וּלְמַטֵּה בְנֵי־זְבוּלֻן נָשִׂיא אֱלִיצָפָן בֶּן־פַּרְנָךְ׃

oulmatté vene-zevouloún nassí elitsafán ben-parnákh

25 Et de la tribu de Zévouloun – Élitsafan ben Parnakh.

Élitsafan – mon Dieu a caché, mon Dieu me cache, ne laisse pas deviner mes desseins ou me dirige. Le nom de son père, Parnakh, désigne celui qui prend soin des enfants, on peut dire un tuteur.

וּלְמַטֵּה בְנֵי־יִשָׂשכָר נָשִׂיא פַּלְטִיאֵל בֶּן־עַזָּן׃

oulmatté vene-yissakhár nassí paltiél ben-azzán

26 Chez les fils de Yissakhar – Paltiël ben Azan.

Paltiël – c'est celui qui trouve refuge en Dieu, un réfugié qui s'enfuit vers Dieu. Le nom Azan, c'est celui qui répond à l'appel, celui qui peut faire preuve d'audace, enfreindre les fondements de la société pour obtenir justice.

וּלְמַטֵּה בְנֵי־אָשֵׁר נָשִׂיא אֲחִיהוּד בֶּן־שְׁלֹמִי׃

oulmatté vene-achér nassí a'hihoud ben-chelomí

27 Et de la tribu d'Acher – A'hihoud ben Chlomi.

A'hihoud – c'est un nom semblable au nom Amihoud, que nous avons mentionné plus haut, il signifie mon frère est le bien-aimé de Dieu, où mon frère – ce peut être n'importe quel Israélite. Chlomi – entier ou celui qui paie pour tout.

 וּלְמַטֵּה בְנֵי־נַפְתָּלִי נָשִׂיא פְּדַהְאֵל בֶּן־עַמִּיהוּד׃

oulmatté vene-naftalí nassí pedah'él ben-ammihoúd

28 Et du camp de Naftali – Pdah'el ben Amihoud ».

Le nom Pdah'el signifie racheté par le SEIGNEUR.

Voilà donc de tels noms, qui reflètent ce que respire, ce dont vit le peuple, ces rêves, ces désirs que le peuple met dans les noms.

אֵלֶּה אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה לְנַחֵל אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל בְּאֶרֶץ כְּנָעַן׃

élle achér tsivvá adonáy lena'hél et-bene-yisraél be'érets kená'an

29 Voilà ceux à qui le SEIGNEUR a ordonné de déterminer les parts d'héritage pour les fils d'Israël dans la terre de Canaan ».

L'ambassade de Dieu

Bémidbar 35,1–34

Avec l'aide de Dieu, nous continuons ensemble l'étude de la section hebdomadaire Masseï et nous allons lire le chapitre 35 du livre de Bémidbar.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בְּעַרְבֹת מוֹאָב עַל־יַרְדֵּן יְרֵחוֹ לֵאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché be'arvót mo'áv al-yardén yere'hó lemór

1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché dans les steppes de Moav, sur la rive du Jourdain, en face de Jéricho, en disant :

צַו אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְנָתְנוּ לַלְוִיִּם מִנַּחֲלַת אֲחֻזָּתָם עָרִים לָשָׁבֶת וּמִגְרָשׁ לֶעָרִים סְבִיבֹתֵיהֶם תִּתְּנוּ לַלְוִיִּם׃

tsav et-bené yisraél venatenoú lalviyím minna'halát a'houzzatám arím lachávet oumigrách le'arím sevivotehém tittenoú lalviyím

2 « Ordonne aux fils d'Israël, et qu'ils donnent aux lévites, de leurs parts d'héritage, des villes pour y vivre, et donnez aussi aux lévites les terrains autour des villes.

Comme nous le savons, la tribu de Lévi n'a pas reçu de part d'héritage en Israël. Le Très-Haut en a parlé au verset 23 du chapitre 18 de notre livre et le répétera aux versets 1–2 du chapitre 18 du livre de Dévarim : « Qu'il n'y ait pas pour les kohanim, les lévites, pour toute la tribu de Lévi, de portion ni de part avec Israël ; des sacrifices consumés par le feu pour le SEIGNEUR et de Sa part ils se nourriront. Mais de part, il n'y en aura pas pour lui parmi ses frères ; le SEIGNEUR est sa part, comme Il le lui a dit ».

Il y a là aussi l'accomplissement de la prophétie de Yaakov pour Lévi (Béréchit 49,7) : « …je les disperserai en Israël ». Les lévites se trouvent dispersés, et chacune des tribus d'Israël reçoit ici l'ordre de réserver quelques villes pour les lévites. Puisque le Très-Haut a dit qu'Il serait leur part d'héritage, nous pouvons voir (et ce n'est pas un simple symbolisme, il y a là un sens profond) que les villes des lévites sont les ambassades du Très-Haut sur la terre. Elles sont d'une certaine manière extraterritoriales, un territoire tout particulier en Érets-Yisraël. Et cela est important pour nous afin de comprendre de quoi parlera notre chapitre par la suite.

וְהָיוּ הֶעָרִים לָהֶם לָשָׁבֶת וּמִגְרְשֵׁיהֶם יִהְיוּ לִבְהֶמְתָּם וְלִרְכֻשָׁם וּלְכֹל חַיָּתָם׃

vehayoú he'arím lahém lachávet oumigrechehem yihyoú livhemtám velirkhouchám oulkhól 'hayatám

3 Et les villes seront à eux pour y vivre, et les terrains (les terres) seront pour leur bétail, et pour leurs biens, et pour tout ce qui est nécessaire à leur vie.

On pourra utiliser les terrains comme n'importe quelles terres agricoles. À cette époque, il était d'usage que la plupart des habitants des villes aient quelques lopins de terre non loin. Dans la meguilat Rout, nous lisons que Bo'az vit en ville, que ses parts d'héritage se trouvent autour de la ville, et que chaque soir il revient de ses terrains à la maison. Exactement le même ordre est donné à l'égard des lévites. Bien que les villes des lévites soient en quelque sorte des ambassades de Dieu, les lévites eux-mêmes, puisqu'ils sont de chair et de sang, vivent une vie de chair et de sang dans ces villes divines.

וּמִגְרְשֵׁי הֶעָרִים אֲשֶׁר תִּתְּנוּ לַלְוִיִּם מִקִּיר הָעִיר וָחוּצָה אֶלֶף אַמָּה סָבִיב׃

oumigreché he'arím achér tittenoú lalviyím mikkír ha'ír va'hoútsa élef ammá savív

4 Et les terres des villes que vous donnerez aux lévites, depuis le mur de la ville vers l'extérieur, – mille coudées tout autour.

Autour de chaque ville, sur le pourtour, il y a un certain terrain, un certain territoire de mille coudées de large.

וּמַדֹּתֶם מִחוּץ לָעִיר אֶת־פְּאַת־קֵדְמָה אַלְפַּיִם בָּאַמָּה וְאֶת־פְּאַת־נֶגֶב אַלְפַּיִם בָּאַמָּה וְאֶת־פְּאַת־יָם אַלְפַּיִם בָּאַמָּה וְאֵת פְּאַת צָפוֹן אַלְפַּיִם בָּאַמָּה וְהָעִיר בַּתָּוֶךְ זֶה יִהְיֶה לָהֶם מִגְרְשֵׁי הֶעָרִים׃

oumaddotém mi'hoúts la'ír et-pe'at-kédma alpáyim ba'ammá vé'et-pe'at-négev alpáyim ba'ammá ve'et-pe'at-yám alpáyim ba'ammá ve'ét pe'át tsafón alpáyim ba'ammá veha'ír battávekh ze yihyé lahém migreché he'arím

5 Et mesurez depuis le bord de la ville : depuis le bord oriental deux mille coudées, depuis le bord sud deux mille coudées, et depuis le bord occidental deux mille coudées, et depuis le bord nord deux mille coudées, et au milieu de cela la ville. Ce seront les terrains des villes.

Comment comprendre tout cela ? Certains commentateurs disent : autour de la ville il y avait, sur mille coudées (cinq cents mètres) de large, une zone verte de parc, on ne pouvait pas y pratiquer l'agriculture, tout cela était purement pour la beauté. Et au-delà de la zone de parc il y avait encore un espace de deux mille coudées (mille mètres) de large sur le pourtour pour les terres agricoles. Il existe aussi une autre compréhension : la ville elle-même avait des dimensions de mille sur mille coudées (cinq cents sur cinq cents mètres), et depuis ses murs vers l'extérieur on mesurait sur le pourtour un terrain de deux mille coudées de large.

וְאֵת הֶעָרִים אֲשֶׁר תִּתְּנוּ לַלְוִיִּם אֵת שֵׁשׁ־עָרֵי הַמִּקְלָט אֲשֶׁר תִּתְּנוּ לָנֻס שָׁמָּה הָרֹצֵחַ וַעֲלֵיהֶם תִּתְּנוּ אַרְבָּעִים וּשְׁתַּיִם עִיר׃

ve'ét he'arím achér tittenoú lalviyím et chech-aré hammiklát achér tittenoú lanoús chámma harotséa'h va'alehém tittenoú arba'ím ouchtáyim ir

6 Et les villes que vous donnerez aux lévites : six villes de refuge, où vous laisserez s'enfuir le meurtrier, et à celles-ci vous ajouterez quarante-deux villes.

כָּל־הֶעָרִים אֲשֶׁר תִּתְּנוּ לַלְוִיִּם אַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה עִיר אֶתְהֶן וְאֶת־מִגְרְשֵׁיהֶן׃

kol-he'arím achér tittenoú lalviyím arba'ím ouchmoné ir ethén ve'et-migrechehén

7 Toutes les villes que vous donnerez aux lévites, – quarante-huit villes, elles et leurs terrains.

וְהֶעָרִים אֲשֶׁר תִּתְּנוּ מֵאֲחֻזַּת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאֵת הָרַב תַּרְבּוּ וּמֵאֵת הַמְעַט תַּמְעִיטוּ אִישׁ כְּפִי נַחֲלָתוֹ אֲשֶׁר יִנְחָלוּ יִתֵּן מֵעָרָיו לַלְוִיִּם׃

vehe'arím achér tittenoú me'a'houzzát bene-yisraél me'ét haráv tarboú oume'ét ham'át tam'ítou ich kefí na'halató achér yin'hálou yittén me'aráv lalviyím

8 Et quand vous donnerez ces villes, des parts d'héritage des fils d'Israël, de la tribu qui a beaucoup de terres, donnez beaucoup de villes, et de la tribu qui a peu de terre, moins de villes : chacun selon la mesure de sa part d'héritage qu'il recevra en héritage, de vos villes séparez des villes pour les lévites ».

Il nous faut comprendre la notion rencontrée pour la première fois, aré hamiklat (villes de refuge). Quelles sont donc ces villes, pourquoi le meurtrier doit-il s'y enfuir et pourquoi ces villes sont-elles sous l'autorité des lévites ?

Dans le livre de Chémot (21,12–13), nous lisons les paroles du Très-Haut : « Celui qui frappera un homme de sorte que celui-ci meure, qu'il soit mis à mort. Et celui qui ne voulait pas tuer, mais Dieu le lui a mis sous la main, Je t'ai prévu un lieu où il peut s'enfuir ». C'est une phrase très étrange, dite par le Très-Haut Lui-même : s'il ne l'a pas prémédité, mais que Dieu le lui a amené sous la main. Mais c'est justement ce que l'homme peut comprendre : Dieu a permis à l'homme de faire cela, ce n'était pas une manifestation de la volonté de Dieu, c'est une permission de Dieu. D'autre part, le Très-Haut dit : « Je désignerai un lieu où il pourra s'enfuir ». Voilà qui est déjà une manifestation directe de Sa volonté, pour que l'homme qui a tué par imprudence ou par quelque hasard ait un lieu de refuge. D'après le chapitre 21 du livre de Chémot, nous pouvons voir que le camp des lévites (et c'est ce que disent les commentateurs), pour qui Dieu Lui-même est la part d'héritage, a toujours été un refuge pour l'homme qui avait commis un meurtre par imprudence. Le meurtrier intentionnel, les lévites ne le protègent pas, cela aussi nous le lisons au chapitre 21 du livre de Chémot, au verset 14 : « Et si quelqu'un, avec une mauvaise intention, fait mourir son prochain par ruse, de Mon autel prends-le pour la mort ». Pourquoi est-ce que le Très-Haut précise qu'on peut prendre de l'autel ? Parce que le lieu de l'autel est lui aussi extraterritorial : c'est le lieu de rencontre du terrestre et du céleste. L'homme qui a commis un meurtre avec une intention mauvaise peut penser qu'on peut s'enfuir vers l'autel, sous la protection de Dieu, sous la protection de la tribu de Lévi. Mais un tel meurtrier, on peut le prendre pour la mort même de l'autel.

Ainsi, les lévites protègent l'homme qui a tué par imprudence, ils lui accordent une ville de refuge lévitique. Les lévites, en tant qu'éducateurs et enseignants dans le peuple d'Israël, doivent rééduquer cet homme, tel est l'avis de certains commentateurs. Mais il s'en faut de beaucoup que l'homme qui a commis un meurtre par imprudence ait toujours réellement besoin d'être rééduqué. Ce peut être un homme tout à fait pieux, juste, qui, par exemple, conduit une voiture, et soudain quelqu'un a surgi sous sa voiture, ou bien il s'est produit quelque autre situation imprévue, dans laquelle aucune injustice ne s'est manifestée, aucun péché n'a été commis.

Pourquoi donc un tel homme doit-il tout de même s'enfuir ? Nous essaierons de le comprendre au fil de la lecture. À partir du verset 9, le Très-Haut commence à expliquer à Moché les lois sur les villes de refuge.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

9 Et Dieu parla, s'adressant à Moché, ainsi :

דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם כִּי אַתֶּם עֹבְרִים אֶת־הַיַּרְדֵּן אַרְצָה כְּנָעַן׃

dabbér el-bené yisraél ve'amartá alehém ki attém overím et-hayardén ártsa kená'an

10 « Parle aux fils d'Israël et dis-leur : quand vous traverserez le Jourdain vers le pays de Canaan,

וְהִקְרִיתֶם לָכֶם עָרִים עָרֵי מִקְלָט תִּהְיֶינָה לָכֶם וְנָס שָׁמָּה רֹצֵחַ מַכֵּה־נֶפֶשׁ בִּשְׁגָגָה׃

vehikritém lakhém arím aré miklát tihyéna lakhém venás chámma rotséa'h makke-néfech bichgagá

11 Désignez-vous des villes, des villes de refuge, qu'elles soient pour vous, et que s'y enfuie le meurtrier qui a commis un meurtre par erreur (par imprudence).

וְהָיוּ לָכֶם הֶעָרִים לְמִקְלָט מִגֹּאֵל וְלֹא יָמוּת הָרֹצֵחַ עַד־עָמְדוֹ לִפְנֵי הָעֵדָה לַמִּשְׁפָּט׃

vehayoú lakhém he'arím lemiklát miggo'él veló yamoút harotséa'h ad-omdó lifné ha'edá lammichpát

12 Et ces villes seront pour vous un refuge contre le vengeur du sang, et que le meurtrier ne soit pas mis à mort tant qu'il ne se sera pas présenté devant la communauté pour le jugement.

Ici, le vengeur du sang, c'est le représentant de la famille de la victime, qui décidera de venger le sang.

וְהֶעָרִים אֲשֶׁר תִּתֵּנוּ שֵׁשׁ־עָרֵי מִקְלָט תִּהְיֶינָה לָכֶם׃

vehe'arím achér titténou chech-aré miklát tihyéna lakhém

13 Et les villes que vous établirez, six villes de refuge, qu'elles soient pour vous.

אֵת שְׁלֹשׁ הֶעָרִים תִּתְּנוּ מֵעֵבֶר לַיַּרְדֵּן וְאֵת שְׁלֹשׁ הֶעָרִים תִּתְּנוּ בְּאֶרֶץ כְּנָעַן עָרֵי מִקְלָט תִּהְיֶינָה׃

et chelóch he'arím tittenoú me'éver layardén ve'ét chelóch he'arím tittenoú be'érets kená'an aré miklát tihyéna

14 Donnez trois villes sur l'autre rive du Jourdain, et faites trois villes dans le pays de Canaan ; et elles seront des villes de refuge.

לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְלַגֵּר וְלַתּוֹשָׁב בְּתוֹכָם תִּהְיֶינָה שֵׁשׁ־הֶעָרִים הָאֵלֶּה לְמִקְלָט לָנוּס שָׁמָּה כָּל־מַכֵּה־נֶפֶשׁ בִּשְׁגָגָה׃

livné yisraél velaggér velattocháv betokhám tihyéna chech-he'arím ha'élle lemiklát lanoús chámma kol-makke-néfech bichgagá

15 Pour les fils d'Israël et pour l'étranger qui vit parmi eux, ces six villes seront pour le refuge, pour que s'y enfuie quiconque a tué par erreur.

Il existe une tradition selon laquelle dans le pays d'Israël il n'y avait pas de panneaux routiers. On ne pouvait trouver aucun panneau : Jérusalem – vingt kilomètres dans cette direction, ou Béer-Chéva – dix kilomètres dans cette direction. Il n'y avait aucun panneau, hormis ceux qui indiquaient le chemin vers les villes de refuge. Il se manifestait un soin particulier envers l'homme qui devait s'y enfuir.

À partir du verset 16, le Très-Haut donne différents exemples de situations liées au meurtre, qui peuvent se produire.

וְאִם־בִּכְלִי בַרְזֶל הִכָּהוּ וַיָּמֹת רֹצֵחַ הוּא מוֹת יוּמַת הָרֹצֵחַ׃

ve'im-bikhlí varzél hikkáhou vayamót rotséa'h hou mot youmát harotséa'h

16 S'il a frappé avec quelque instrument de fer et que l'autre est mort, c'est un meurtrier ; le meurtrier mourra de mort.

וְאִם בְּאֶבֶן יָד אֲשֶׁר־יָמוּת בָּהּ הִכָּהוּ וַיָּמֹת רֹצֵחַ הוּא מוֹת יוּמַת הָרֹצֵחַ׃

ve'ím be'éven yad acher-yamoút ba hikkáhou vayamót rotséa'h hou mot youmát harotséa'h

17 Et si c'est avec une pierre dans la main, avec laquelle on peut tuer (une pierre lourde), qu'il a frappé, et que l'autre est mort (celui qui a été frappé), alors il est meurtrier ; le meurtrier mourra de mort.

אוֹ בִּכְלִי עֵץ־יָד אֲשֶׁר־יָמוּת בּוֹ הִכָּהוּ וַיָּמֹת רֹצֵחַ הוּא מוֹת יוּמַת הָרֹצֵחַ׃

o bikhlí ets-yád acher-yamoút bo hikkáhou vayamót rotséa'h hou mot youmát harotséa'h

18 Ou si c'est avec quelque chose en bois, capable de tuer, qu'il a frappé, et que l'autre est mort, alors il est meurtrier ; le meurtrier mourra de mort.

גֹּאֵל הַדָּם הוּא יָמִית אֶת־הָרֹצֵחַ בְּפִגְעוֹ־בוֹ הוּא יְמִיתֶנּוּ׃

go'él haddám hou yamít et-harotséa'h befig'o-vó hou yemiténnou

19 Et le vengeur du sang peut tuer le meurtrier ; s'il le rencontre, il peut lui-même le tuer.

Aujourd'hui, Dieu merci, il n'y a pas de vengeance du sang obligatoire. Mais telle était la coutume du peuple en ces temps-là : le représentant de la lignée de la victime devait venger son parent, cela était dans beaucoup de cas considéré comme une affaire d'honneur. La Torah dit ici ceci : si un homme a frappé avec quelque chose en fer, alors il voulait sûrement tuer, il est considéré comme meurtrier. Au sujet de la pierre et du bois, il y a une réserve : si cette pierre avait un poids suffisant pour qu'on puisse tuer avec, ou si ce morceau de bois était capable de tuer. C'est-à-dire que l'homme comprenait qu'en frappant avec cela, non seulement il peut tuer, mais il tuera sûrement. Dans ce cas, il est meurtrier.

Mais la Torah ordonne au tribunal de prendre en compte non seulement l'instrument du meurtre, mais aussi les motifs qui ont conduit au meurtre.

וְאִם־בְּשִׂנְאָה יֶהְדָּפֶנּוּ אוֹ־הִשְׁלִיךְ עָלָיו בִּצְדִיָּה וַיָּמֹת׃

ve'im-besin'á yeh'dofénnou o-hichlíkh aláv bitsdiyá vayamót

20 S'il le pousse avec haine, s'il jette sur lui quelque chose intentionnellement et que l'autre meurt,

אוֹ בְאֵיבָה הִכָּהוּ בְיָדוֹ וַיָּמֹת מוֹת־יוּמַת הַמַּכֶּה רֹצֵחַ הוּא גֹּאֵל הַדָּם יָמִית אֶת־הָרֹצֵחַ בְּפִגְעוֹ־בוֹ׃

o ve'evá hikkáhou veyadó vayamót mot-youmát hammakké rotséa'h hou go'él haddám yamít et-harotséa'h befig'o-vó

21 Ou si, par inimitié, il le frappe de la main et que l'autre meurt, celui qui frappe mourra de mort, il est meurtrier ; et le vengeur du sang peut tuer ce meurtrier, s'il le rencontre.

À partir du verset 22 est décrite la situation d'un meurtre non prémédité.

וְאִם־בְּפֶתַע בְּלֹא־אֵיבָה הֲדָפוֹ אוֹ־הִשְׁלִיךְ עָלָיו כָּל־כְּלִי בְּלֹא צְדִיָּה׃

ve'im-beféta belo-evá hadafó o-hichlíkh aláv kol-kelí beló tsediyá

22 Et si soudain, sans aucune raison (sans aucun motif, sans aucune inimitié), il l'a poussé ou a jeté quelque chose sur lui par mégarde, sans aucune intention,

אוֹ בְכָל־אֶבֶן אֲשֶׁר־יָמוּת בָּהּ בְּלֹא רְאוֹת וַיַּפֵּל עָלָיו וַיָּמֹת וְהוּא לֹא־אוֹיֵב לוֹ וְלֹא מְבַקֵּשׁ רָעָתוֹ׃

o vekhol-éven acher-yamoút ba beló reót vayappél aláv vayamót vehoú lo-oyév lo veló mevakkéch ra'ató

23 Ou si, avec quelque pierre avec laquelle on peut tuer, sans le voir, il l'a jetée par mégarde, et qu'elle est tombée (la pierre) sur lui, et que l'autre est mort, alors qu'il n'est pas son ennemi et ne lui voulait aucun mal,

וְשָׁפְטוּ הָעֵדָה בֵּין הַמַּכֶּה וּבֵין גֹּאֵל הַדָּם עַל הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה׃

vechafetoú ha'edá ben hammakké ouvén go'él haddám al hammichpatím ha'élle

24 Alors que la communauté juge entre celui qui a frappé et entre le vengeur du sang selon ces lois.

וְהִצִּילוּ הָעֵדָה אֶת־הָרֹצֵחַ מִיַּד גֹּאֵל הַדָּם וְהֵשִׁיבוּ אֹתוֹ הָעֵדָה אֶל־עִיר מִקְלָטוֹ אֲשֶׁר־נָס שָׁמָּה וְיָשַׁב בָּהּ עַד־מוֹת הַכֹּהֵן הַגָּדֹל אֲשֶׁר־מָשַׁח אֹתוֹ בְּשֶׁמֶן הַקֹּדֶשׁ׃

vehittsílou ha'edá et-harotséa'h miyád go'él haddám vehechívou otó ha'edá el-ír miklató acher-nás chámma veyáchav ba ad-mót hakkohén haggadól acher-machá'h otó bechémen hakkódech

25 Et que la communauté sauve le meurtrier des mains du vengeur du sang, et que la communauté le ramène dans la ville de refuge où il s'est enfui, et il y vivra jusqu'à la mort du hakohen hagadol (grand prêtre), oint d'huile sainte.

C'est-à-dire qu'après le jugement, celui qui a tué sans intention est ramené dans la ville de refuge, et le vengeur du sang n'a pas le droit de le toucher.

Pourquoi l'onction d'huile sainte est-elle spécialement précisée ? D'ordinaire, le nouveau grand prêtre qui prenait la place du précédent n'était pas oint de nouveau, mais recevait l'onction d'Aharon et était considéré comme oint d'huile sainte. Mais il y avait un cas où l'on oignait un prêtre spécialement : ce grand prêtre oint (kohen machoua'h mil'hama) donnait courage au peuple avant la sortie pour la guerre (nous lisons cela au chapitre 20 du livre de Dévarim).

Et ici la Torah élargit la notion de grande prêtrise, en disant que la mort d'un tel grand prêtre, elle aussi, libère l'homme de la nécessité d'être dans la ville de refuge, quand l'homme a commis quelque meurtre absolument sans intention. Et, comme nous l'avons déjà dit, cela peut arriver à un homme qui mène une vie juste, qui ne veut de mal à personne et, à Dieu ne plaise, ne veut tuer personne. Mais cet homme a tout de même commis un meurtre, et cela change sa nature. Et puisqu'il y a une certaine impureté dans cette nature changée, s'ensuivent la punition et l'exil, sa transplantation dans un pays non terrestre. Et il est interdit à cet homme de descendre de cette ville à moitié céleste. En d'autres termes, il est interdit de s'éloigner de l'autel.

וְאִם־יָצֹא יֵצֵא הָרֹצֵחַ אֶת־גְּבוּל עִיר מִקְלָטוֹ אֲשֶׁר יָנוּס שָׁמָּה׃

ve'im-yatsó yetsé harotséa'h et-gevoúl ir miklató achér yanoús chámma

26 Et si le meurtrier sort hors des limites de la ville où il s'est enfui,

וּמָצָא אֹתוֹ גֹּאֵל הַדָּם מִחוּץ לִגְבוּל עִיר מִקְלָטוֹ וְרָצַח גֹּאֵל הַדָּם אֶת־הָרֹצֵחַ אֵין לוֹ דָּם׃

oumatsá otó go'él haddám mi'hoúts ligvoúl ir miklató veratsá'h go'él haddám et-harotséa'h en lo dam

27 Et que le vengeur du sang l'a trouvé hors des limites de sa ville de refuge, et que le vengeur du sang a tué ce meurtrier (s'est vengé) – il n'y a pas de sang sur lui.

כִּי בְעִיר מִקְלָטוֹ יֵשֵׁב עַד־מוֹת הַכֹּהֵן הַגָּדֹל וְאַחֲרֵי מוֹת הַכֹּהֵן הַגָּדֹל יָשׁוּב הָרֹצֵחַ אֶל־אֶרֶץ אֲחֻזָּתוֹ׃

ki ve'ír miklató yechév ad-mót hakkohén haggadól ve'a'haré-mót hakkohén haggadól yachoúv harotséa'h el-érets a'houzzató

28 Car il (le meurtrier) doit rester dans la ville de refuge jusqu'à la mort du grand prêtre, et après la mort du grand prêtre celui qui a tué peut retourner dans sa part d'héritage.

Au sens figuré, il lui faut se tenir à l'autel, c'est-à-dire se trouver dans l'ambassade du Très-Haut sur la terre, sous la protection du Très-Haut et sous la protection des lévites, qui sont dans une certaine mesure les représentants du Très-Haut sur la terre.

Pourquoi une punition si étrange ? Si, de nos jours, un homme commet un vol, la durée de sa peine peut être, disons, de trois à cinq ans. Si un homme commet un meurtre par imprudence, on lui donne, par exemple, de trois à huit ans (ce sont simplement des exemples théoriques). Pourquoi, dans notre cas, la durée de la peine est-elle imprévisible ? Quelqu'un restera enfermé six mois, le grand prêtre mourra, et l'homme sera libre. Quelqu'un restera enfermé, peut-être, quarante, quarante-cinq, cinquante ans, peut-être restera-t-il enfermé toute sa vie, et le grand prêtre ne mourra toujours pas. Et cela se transformera en réclusion à perpétuité.

L'homme attend l'expiation. Nous lisons (Vayikra 16,16) : « Et (le grand prêtre) expiera le Sanctuaire de l'impureté des fils d'Israël et de leurs transgressions dans tous leurs péchés ; la même chose, il doit l'accomplir aussi sur la Tente d'assignation, qui se trouve chez eux au milieu de leur impureté ». Les villes de refuge lévitiques peuvent être comparées à la Tente d'assignation. L'homme se trouve comme dans un sanctuaire, et le grand prêtre, en accomplissant l'expiation générale du peuple, accomplit l'expiation aussi sur les habitants des villes de refuge. Tant que l'homme vit dans la ville de refuge, le grand prêtre qui sert accomplit sur lui l'expiation.

Dans le livre de Dévarim (26,3), nous lisons ce que doit faire l'homme qui apporte les premiers fruits : « Et viens vers le grand prêtre qui sera en ces jours-là ». Phrase étonnante. Car il est clair de toute façon qu'on ne peut pas venir vers le grand prêtre qui sera dans deux siècles, on ne peut pas venir vers le grand prêtre qui est déjà mort. C'est seulement vers le grand prêtre qui est en ces jours-là qu'on peut venir. Mais c'est précisément le grand prêtre qui sera en ces jours-là, c'est précisément lui qui répond de tout ce qui arrive au peuple pendant son service. La mort du grand prêtre, c'est la fin de la vie de l'homme qui est établi pour être expiateur, pour intercéder pour le peuple, qui doit expier le sanctuaire et le peuple de l'impureté. Ce n'est pas une question de durée de la peine – c'est une question de durée du processus de purification, qui s'accomplit tant que vit le grand prêtre. Quand le Très-Haut a permis à cet homme de commettre un meurtre par imprudence, le Très-Haut sait combien d'années vivra le grand prêtre, tout le processus est déjà calculé. L'homme doit se trouver dans cette ville (une ville extraterritoriale, qui est comme au-dessus de la terre), dans cet état, pour que son expiation s'accomplisse jusqu'à ce que meure le grand prêtre. C'est précisément ainsi qu'on peut relier et comprendre pourquoi, premièrement, les villes de refuge sont liées aux lévites et pourquoi, deuxièmement, cela est lié au grand prêtre.

וְהָיוּ אֵלֶּה לָכֶם לְחֻקַּת מִשְׁפָּט לְדֹרֹתֵיכֶם בְּכֹל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם׃

vehayoú élle lakhém le'houkkát michpát ledorotekhém bekhól mochevotekhém

29 Et ces lois seront pour vous une loi de jugement dans vos générations, dans tous vos lieux d'habitation.

כָּל־מַכֵּה־נֶפֶשׁ לְפִי עֵדִים יִרְצַח אֶת־הָרֹצֵחַ וְעֵד אֶחָד לֹא־יַעֲנֶה בְנֶפֶשׁ לָמוּת׃

kol-makke-néfech lefí edím yirtsá'h et-harotséa'h ve'éd e'hád lo-ya'ané venéfech lamoút

30 Quiconque a tué – sur la base des dépositions de témoins le meurtrier sera mis à mort ; et un seul témoin ne suffira pas pour condamner un homme à mort.

וְלֹא־תִקְחוּ כֹפֶר לְנֶפֶשׁ רֹצֵחַ אֲשֶׁר־הוּא רָשָׁע לָמוּת כִּי־מוֹת יוּמָת׃

velo-tik'hoú khófer lenéfech rotséa'h acher-hoú rachá lamoút ki-mót youmát

31 Et ne prenez pas de rançon pour l'âme du meurtrier, qui est un scélérat méritant la peine de mort, et qu'il meure de mort.

C'est-à-dire qu'un homme condamné à mort ne peut pas donner de rançon pour son âme. Dans quels cas pouvait-on prendre une rançon ? Il y a des situations dont parle la Torah (Chémot 21,28–30) : « Si un bœuf encorne un homme ou une femme et qu'ils meurent, alors le bœuf sera lapidé, et l'on ne mangera pas sa viande, et le propriétaire du bœuf n'est pas coupable. Mais si le bœuf était porté à encorner déjà hier et avant-hier, et que son propriétaire avait été averti, mais qu'il ne l'a pas gardé, et qu'il (le bœuf) tue un homme ou une femme, alors le bœuf sera lapidé, et son propriétaire sera mis à mort. Mais si une rançon lui est imposée, qu'il donne une rançon pour son âme, celle qui lui sera imposée ». Il existe une situation où le propriétaire répond du crime de son animal, de son bœuf, et il doit être mis à mort. Mais comme cet homme, le propriétaire, n'a pas tué lui-même, mais que le meurtre a été commis par son bien, c'est-à-dire le bœuf, ici aussi il s'agit d'un meurtre par imprudence. Et dans ce cas, il peut payer une rançon pour lui-même, et alors on ne le tuera pas.

Mais la Torah nous dit que cela ne vaut pas dans le cas dont nous venons de lire au verset 31. Si un homme a commis un meurtre prémédité, il ne peut pas se racheter de la peine de mort. Et cela ne vaut pas non plus dans le cas dont nous lirons plus loin.

וְלֹא־תִקְחוּ כֹפֶר לָנוּס אֶל־עִיר מִקְלָטוֹ לָשׁוּב לָשֶׁבֶת בָּאָרֶץ עַד־מוֹת הַכֹּהֵן׃

velo-tik'hoú khófer lanoús el-ír miklató lachoúv lachévet ba'árets ad-mót hakkohén

32 Et ne prenez pas de rançon de celui qui doit s'enfuir dans la ville de refuge, pour qu'il retourne et vive dans son pays avant que le grand prêtre soit mort.

C'est-à-dire qu'il n'en sera pas ainsi qu'un homme dise : « J'ai tué par imprudence, je ne voulais tuer personne, laissez-moi vous payer, pour que je n'aie pas à m'enfuir dans la ville de refuge ». Non, on ne peut pas dans ce cas prendre une rançon de l'homme. Et pourquoi ? Quelle est la différence ? Quelle est la différence entre la situation de l'homme qui soulevait un tonneau et l'a laissé tomber, tuant quelqu'un qui montait derrière lui par l'escalier, et la situation du propriétaire du bœuf meurtrier ? Bien que l'on ait averti le propriétaire de faire quelque chose avec son bœuf, celui-ci n'a rien fait, et son bœuf a tué un homme. La différence est que, dans notre cas, le meurtrier n'est pas un bœuf, mais l'homme lui-même, c'est à travers lui-même que ce meurtre s'est accompli, et cela change sa nature.

C'est pourquoi on ne peut pas prendre de rançon de l'homme qui a tué par imprudence, pour qu'il puisse, comme il est écrit ici, simplement retourner et vivre dans son pays encore avant la mort du grand prêtre. Peut-être l'homme dira-t-il : « J'ai déjà vécu ici cinq ans, laissez-moi sortir d'ici en libération conditionnelle anticipée, contre de l'argent ». Non, cela non plus, on ne peut pas le faire.

וְלֹא־תַחֲנִיפוּ אֶת־הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַתֶּם בָּהּ כִּי הַדָּם הוּא יַחֲנִיף אֶת־הָאָרֶץ וְלָאָרֶץ לֹא־יְכֻפַּר לַדָּם אֲשֶׁר שֻׁפַּךְ־בָּהּ כִּי־אִם בְּדַם שֹׁפְכוֹ׃

velo-ta'hanífou et-ha'árets achér attém ba ki haddám hou ya'haníf et-ha'árets vela'árets lo-yekhouppár laddám achér chouppakh-bá ki-ím bedám chofekhó

33 Et ne couvrez pas de honte le pays dans lequel vous vivez, car le sang souillera le pays (rendra la terre impure), et il est impossible d'expier le sang versé sur la terre, sinon par le sang de celui qui l'a versé.

Tout meurtre n'est pas lié à une effusion de sang : on peut, bien sûr, tuer un homme de telle sorte que le sang ne soit pas versé. Mais tout meurtre est considéré comme une effusion de sang. Et tout meurtre souille la terre, comme si du sang s'était répandu sur elle. Qui répare la souillure ? Les lévites, les kohanim, les grands prêtres. Ils sont responsables de la réparation, de l'élimination de l'impureté. Mais on ne peut pas racheter l'impureté avec de l'argent. Et la justice dans la société ordonne que le meurtrier soit puni, et s'il est un meurtrier intentionnel, qu'il soit puni par l'effusion de son sang.

Et, en terminant le chapitre, la Torah fait le bilan.

וְלֹא תְטַמֵּא אֶת־הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַתֶּם יֹשְׁבִים בָּהּ אֲשֶׁר אֲנִי שֹׁכֵן בְּתוֹכָהּ כִּי אֲנִי יְהוָה שֹׁכֵן בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

veló tetammé et-ha'árets achér attém yochevím ba achér aní chokhén betokhá ki aní adonáy chokhén betókh bené yisraél

34 Ne souillez pas le pays dans lequel vous vivez, car J'habite en lui, car Moi, le SEIGNEUR, J'habite au milieu des fils d'Israël ».

Relisons un passage du livre de Vayikra (16,16) : « Et (le grand prêtre) expiera le Sanctuaire de l'impureté des fils d'Israël et de leurs transgressions dans tous leurs péchés ; la même chose, il doit l'accomplir aussi sur la Tente d'assignation, qui se trouve chez eux au milieu de leur impureté ». Au milieu de l'impureté, il y a des îlots : la Tente d'assignation et les villes des lévites. Et pour l'expiation, l'homme disparaît comme de la face de la terre et s'installe (jusqu'à la mort du grand prêtre) dans la ville de refuge. Et après la mort du grand prêtre, qui intercède pour Israël, quand un homme est remplacé par un autre, on peut sortir de la ville de refuge en liberté. Il y a beaucoup de midrachim, beaucoup de traditions liées à cela. Par exemple, on raconte que la mère (ou l'épouse) du grand prêtre nourrissait ceux qui vivaient dans les villes de refuge, pour que les gens ne prient pas pour la mort du grand prêtre. L'homme est assis dans la ville et pense : « Tant que celui-là ne meurt pas, je ne sortirai pas en liberté », et il commence, Dieu nous en garde, à prier pour que le grand prêtre meure. Il y avait ainsi un souci que les gens ne prient pas d'une telle prière.

Voilà quelle sollicitude inhabituelle le Très-Haut manifeste envers l'homme qui a tué sans le vouloir. Il le transfère sur Son territoire, le transfère dans les villes lévitiques, chez Lui, à la maison, dans Son ambassade sur la terre, car le Très-Haut est la part d'héritage des lévites. Le Très-Haut prend soin de l'homme qui s'est retrouvé criminel sans faute manifeste, qui a commis un crime grave et qui, peut-être, devra encore longtemps vivre avec cela.

Comment préserver l'héritage

Bémidbar 36,1–13

Avec l'aide de Dieu, nous allons lire le chapitre 36, par lequel se termine tout le livre de Bémidbar.

וַיִּקְרְבוּ רָאשֵׁי הָאָבוֹת לְמִשְׁפַּחַת בְּנֵי־גִלְעָד בֶּן־מָכִיר בֶּן־מְנַשֶּׁה מִמִּשְׁפְּחֹת בְּנֵי יוֹסֵף וַיְדַבְּרוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה וְלִפְנֵי הַנְּשִׂאִים רָאשֵׁי אָבוֹת לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל׃

vayikrevoú raché ha'avót lemichpá'hat bene-gil'ád ben-makhír ben-menaché mimmichpe'hót bené yosséf vaydabberoú lifné moché velifné hannessi'ím raché avót livné yisraél

1 Et s'approchèrent les chefs des tribus (les têtes des clans) selon les familles, des fils de Guil'ad ben Makhir, ben Ménaché, de la famille des fils de Yossef, et ils parlèrent devant Moché et devant les chefs des tribus (les têtes des clans) des fils d'Israël.

Il y a ici un détail intéressant, de tels petits détails se perdent dans la traduction à cause des particularités de la langue. Au début du verset, il est écrit raché haavót (les chefs des clans), et ce ha devant le mot avot – c'est l'article défini, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un certain clan déterminé, qui, selon le dessein de la Torah, se distingue et prend soin de lui-même, ce qui n'est pas mal. Et ils parlent, ils s'entretiennent avec les raché avót, ici il n'y a pas d'article défini, ce sont simplement les pères des clans d'Israël. C'est-à-dire qu'il est question à la fois des besoins d'un clan concret, des tâches d'un clan concret, et des tâches de tout Israël.

וַיֹּאמְרוּ אֶת־אֲדֹנִי צִוָּה יְהוָה לָתֵת אֶת־הָאָרֶץ בְּנַחֲלָה בְּגוֹרָל לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל וַאדֹנִי צֻוָּה בַיהוָה לָתֵת אֶת־נַחֲלַת צְלָפְחָד אָחִינוּ לִבְנֹתָיו׃

vayomeroú et-adoní tsivvá adonáy latét et-ha'árets bena'halá begorál livné yisraél vadoní tsouvvá vadonáy latét et-na'halát tselof'hád a'hínou livnotáv

2 Et ils dirent : « À notre seigneur (c'est-à-dire Moché) le SEIGNEUR a ordonné de donner ce pays en héritage par le sort aux fils d'Israël, et à notre seigneur il a été ordonné par le SEIGNEUR de donner l'héritage de Tsélof'had à ses filles.

Cette histoire, nous l'avons lue au chapitre 27 de notre livre, quand se décidait la question de savoir qui hériterait de la part d'héritage s'il n'y a pas de fils, pas de frères ou de gendres. Alors il fut décidé que, s'il n'y a pas d'héritiers, c'est la fille (ou les filles) qui héritera de la terre du clan. Et voici que maintenant les fils de Guil'ad, descendants de Yossef, sont venus vers Moché avec une question. Que peut-il maintenant arriver, en lien avec cela, de quoi ont-ils peur ?

וְהָיוּ לְאֶחָד מִבְּנֵי שִׁבְטֵי בְנֵי־יִשְׂרָאֵל לְנָשִׁים וְנִגְרְעָה נַחֲלָתָן מִנַּחֲלַת אֲבֹתֵינוּ וְנוֹסַף עַל נַחֲלַת הַמַּטֶּה אֲשֶׁר תִּהְיֶינָה לָהֶם וּמִגֹּרַל נַחֲלָתֵנוּ יִגָּרֵעַ׃

vehayoú le'e'hád mibbené chivté vene-yisraél lenachím venigre'á na'halatán minna'halát avoténou venossáf al na'halát hammatté achér tihyéna lahém oumiggorál na'halaténou yiggaréya

3 Si elles deviennent les femmes de l'un des fils d'Israël d'autres tribus, alors il se trouvera que leur part d'héritage (cette même part d'héritage dont elles ont hérité) sera retirée de notre héritage et s'ajoutera à la part d'héritage de la tribu de leurs maris, et de notre part par le sort elle sera retranchée.

C'est-à-dire qu'il se trouve que si un homme, disons, de la tribu de Dan ou de la tribu de Réouven épouse l'une de ces filles à nous, alors notre terre passera à sa tribu. Il gardera sa part d'héritage, recevra en plus notre part d'héritage, et nous, nous resterons là sans part d'héritage.

וְאִם־יִהְיֶה הַיֹּבֵל לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְנוֹסְפָה נַחֲלָתָן עַל נַחֲלַת הַמַּטֶּה אֲשֶׁר תִּהְיֶינָה לָהֶם וּמִנַּחֲלַת מַטֵּה אֲבֹתֵינוּ יִגָּרַע נַחֲלָתָן׃

ve'im-yihyé hayovél livné yisraél venossefá na'halatán al na'halát hammatté achér tihyéna lahém ouminna'halát matté avoténou yiggará na'halatán

4 Et il arrivera, quand viendra l'année du jubilé, qu'alors, de manière définitive, leur part d'héritage passera à la tribu dans laquelle elles sont passées, et nous perdrons le territoire de nos pères ».

C'est-à-dire : voilà, nous avons cinq filles. Qu'arrivera-t-il si elles se marient toutes avec des garçons d'autres tribus ? Nous perdrons les biens de notre tribu, nos territoires, parce qu'ils passeront à d'autres, vos garçons élargiront ainsi leurs territoires. Et quand vos garçons épouseront des filles d'autres tribus, eux aussi, de la même manière, acquerront, élargiront le territoire. Comment donc allons-nous préserver notre héritage, celui que nous avons reçu ? Comment ne pas perdre la terre du fait que les femmes se marieront et emporteront la part d'héritage avec elles ? La tribu s'appauvrira, car la terre, c'est le bien principal. Prenons soin d'assurer la préservation de l'héritage, d'assurer d'une manière ou d'une autre la sécurité des tribus.

וַיְצַו מֹשֶׁה אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עַל־פִּי יְהוָה לֵאמֹר כֵּן מַטֵּה בְנֵי־יוֹסֵף דֹּבְרִים׃

vaytsáv moché et-bené yisraél al-pí adonáy lemór ken matté vene-yosséf doverím

5 Et Moché ordonna aux fils d'Israël selon la parole du SEIGNEUR (ou en interprétant la parole du SEIGNEUR) : « Les gens de la tribu de Yossef disent juste ».

זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה לִבְנוֹת צְלָפְחָד לֵאמֹר לַטּוֹב בְּעֵינֵיהֶם תִּהְיֶינָה לְנָשִׁים אַךְ לְמִשְׁפַּחַת מַטֵּה אֲבִיהֶם תִּהְיֶינָה לְנָשִׁים׃

ze haddavár acher-tsivvá adonáy livnót tselof'hád lemór lattóv be'enehém tihyéna lenachím akh lemichpá'hat matté avihém tihyéna lenachím

6 Voici la parole que le SEIGNEUR ordonne aux filles de Tsélof'had, en disant : « Qu'elles deviennent les femmes de celui qui est bon à leurs yeux, mais elles ne peuvent choisir que dans la tribu de leurs pères.

C'est-à-dire : choisissez n'importe quel garçon, mais seulement dans votre tribu. Quels sont, en général, les principes du choix d'un fiancé ? Dans le monde matériel, il y a la notion de beauté (choisir quelqu'un de beau), il y a la notion d'argent (choisir quelqu'un de riche), il y a la notion de noblesse de naissance (choisir quelqu'un qui a des relations). C'est-à-dire qu'on peut épouser un beau gosse, on peut épouser un millionnaire, on peut épouser le fils d'un procureur. Ce sont des principes de choix, pour ainsi dire, séculiers, corporels. Dans le monde spirituel, on ne peut choisir que quelqu'un de digne, c'est-à-dire quelqu'un avec qui il sera plus juste pour toi, il sera plus sûr de servir ensemble le Très-Haut, parce que vous ne regarderez pas seulement l'un vers l'autre ; l'un vers l'autre, cela, bien sûr, oui. Mais il faut choisir un homme avec qui il est bon de se tenir par la main et de regarder ensemble vers le Très-Haut. Quels sont ces tov be'enehém (bons à leurs yeux) – chacun le choisit lui-même selon n'importe lequel des critères énumérés, mais seulement dans sa propre tribu, pour que la terre ne s'en aille pas.

וְלֹא־תִסֹּב נַחֲלָה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל מִמַּטֶּה אֶל־מַטֶּה כִּי אִישׁ בְּנַחֲלַת מַטֵּה אֲבֹתָיו יִדְבְּקוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

velo-tissóv na'halá livné yisraél mimmatté el-matté ki ich bena'halát matté avotáv yidbekoú bené yisraél

7 Et alors les terres, l'héritage des fils d'Israël, ne passeront pas de tribu en tribu, car chacun des fils d'Israël sera attaché à la part de la tribu de ses pères.

Et cette règle n'est pas seulement pour les filles de Tsélof'had, mais aussi pour les filles de toutes les tribus d'Israël.

וְכָל־בַּת יֹרֶשֶׁת נַחֲלָה מִמַּטּוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לְאֶחָד מִמִּשְׁפַּחַת מַטֵּה אָבִיהָ תִּהְיֶה לְאִשָּׁה לְמַעַן יִירְשׁוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אִישׁ נַחֲלַת אֲבֹתָיו׃

vekhol-bát yoréchet na'halá mimmattót bené yisraél le'e'hád mimmichpá'hat matté avíha tihyé le'ichá lemá'an yirechoú bené yisraél ich na'halát avotáv

8 Et toute fille qui recevra en héritage une terre de la part des fils d'Israël peut devenir la femme de l'un du clan de son père, afin que les fils d'Israël héritent chacun de la terre de ses pères.

וְלֹא־תִסֹּב נַחֲלָה מִמַּטֶּה לְמַטֶּה אַחֵר כִּי־אִישׁ בְּנַחֲלָתוֹ יִדְבְּקוּ מַטּוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

velo-tissóv na'halá mimmatté lematté a'hér ki-ích bena'halató yidbekoú mattót bené yisraél

9 Et afin que la terre ne passe pas de camp en camp (de tribu en tribu) par l'héritage du mari, car chacun s'attachera à son camp parmi les fils d'Israël ».

C'est-à-dire qu'ici Moché dit la juste décision : il faut garder l'intégrité du territoire de son clan.

כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה כֵּן עָשׂוּ בְּנוֹת צְלָפְחָד׃

ka'achér tsivvá adonáy et-moché ken asoú benót tselof'hád

10 Et comme le SEIGNEUR l'avait ordonné à Moché, ainsi firent les filles de Tsélof'had.

וַתִּהְיֶינָה מַחְלָה תִרְצָה וְחָגְלָה וּמִלְכָּה וְנֹעָה בְּנוֹת צְלָפְחָד לִבְנֵי דֹדֵיהֶן לְנָשִׁים׃

vattihyéna ma'hlá tirtsá ve'hoglá oumilká veno'á benót tselof'hád livné dodehén lenachím

11 Et Ma'hla, Tirtsa, et 'Hogla, et Milka, et Noa, les cinq filles de Tsélof'had, devinrent les femmes des fils de leurs oncles.

מִמִּשְׁפְּחֹת בְּנֵי־מְנַשֶּׁה בֶן־יוֹסֵף הָיוּ לְנָשִׁים וַתְּהִי נַחֲלָתָן עַל־מַטֵּה מִשְׁפַּחַת אֲבִיהֶן׃

mimmichpe'hót bene-menaché ven-yosséf hayoú lenachím vattehí na'halatán al-matté michpá'hat avihén

12 Aux fils de la famille de Ménaché ben Yossef elles devinrent femmes, et leur héritage (leur part d'héritage) resta chez la famille de leur père.

אֵלֶּה הַמִּצְוֹת וְהַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה בְּיַד־מֹשֶׁה אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּעַרְבֹת מוֹאָב עַל יַרְדֵּן יְרֵחוֹ׃

élle hammitsvót vehammichpatím achér tsivvá adonáy beyad-moché el-bené yisraél be'arvót mo'áv al yardén yere'hó

13 Ce sont là les commandements et les lois que le SEIGNEUR a ordonnés par la main de Moché aux fils d'Israël dans les steppes de Moav, près du Jourdain, en face de Jéricho.

C'est le dernier verset du dernier chapitre du livre de Bémidbar. Et il est tout à fait incompréhensible, à première vue, pourquoi la Torah se termine par un tel détail juridique, semble-t-il, eh bien, pas très important, que tranche Moché. Pourquoi tout un livre de Bémidbar, plein de différents événements, aussi bien grandioses que moins grandioses, plein de différentes histoires et lois, se termine-t-il précisément ainsi ?

Tout cela pour nous montrer que la Torah est donnée à l'homme pour qu'il y grandisse et qu'elle répond aux besoins des gens. Une demande surgit, un besoin surgit : une nouvelle génération est venue, ou bien une certaine tribu, ou bien tout le monde, et ils ont exprimé un besoin. Et Moché donne la réponse de la Torah à leur besoin, il ne l'ignore pas, il ne dit pas : « Excusez-moi, je ne peux rien faire pour vous », mais il cherche auprès du Très-Haut la possibilité de répondre à leur demande. Cet épilogue est une injonction adressée à tous les serviteurs, à toutes les personnes auxquelles on s'adresse pour une consultation. Et ce qui est considéré comme la force de la loi, comme la véritable manifestation de la droiture, c'est que le maître cherche une réponse à la demande de l'homme, en essayant (si c'est possible, si c'est légal) de lui permettre ce qu'il demande, de ne pas ignorer son problème, de répondre à sa douleur, à ses tâches quelles qu'elles soient, et ainsi de suite. Et je pense que c'est précisément pour cela que le livre se termine ainsi.

En outre, dans le dernier chapitre du livre de Bémidbar est décrit pour la dernière fois le dialogue de Moché et du Très-Haut. Le livre suivant, le livre de Dévarim (Discours), ne décrira que les discours de Moché. Moché va redire la Torah, répéter la Torah à son peuple, c'est pourquoi l'un des noms du livre de Dévarim en hébreu est Michné Torah (répétition de la Torah), ou le Deutéronome (répétition de la loi) dans la traduction russe. Et nous ne verrons pas dans le livre de Dévarim les mots : « Et le SEIGNEUR parla à Moché », il n'y aura là que les discours de Moché lui-même. Et c'est pourquoi notre livre de Bémidbar se termine par la pensée que la Torah se développe, que la Torah est donnée à l'homme pour qu'il y grandisse et que les maîtres sont établis pour que l'homme puisse grandir avec la Torah.

La Torah en 5 minutes

Rappelons-nous l'histoire des filles de Tsélof'had, que nous avons lue au début du chapitre 27 de notre livre de Bémidbar.

Cinq filles d'un homme nommé Tsélof'had, qui était mort et qui n'avait pas de fils, s'approchèrent de Moché et dirent : « Notre père est mort, il n'a pas de fils, mais nous, en tant que filles, nous voulons tout de même hériter de lui, nous voulons tout de même recevoir une part d'héritage parmi nos frères dans notre tribu, en Terre Sainte ». Moché s'adressa au Très-Haut, et le Très-Haut lui dit ainsi : « Les filles de Tsélof'had disent vrai. En effet, si un homme meurt et qu'il ne lui reste pas de fils, il faut faire preuve d'une sollicitude particulière. Que les filles héritent d'un tel homme ».

Dans notre section hebdomadaire Masseï, nous lisons une suite inattendue de cette histoire, au chapitre 36 : « Et s'approchèrent les chefs des clans selon la famille des fils de Guil'ad, fils de Makhir, fils de Ménaché, des familles des fils de Yossef, et ils parlèrent devant Moché et devant les princes, les chefs des familles des fils d'Israël. Et ils dirent : “À notre Seigneur le SEIGNEUR a ordonné de donner la terre en part d'héritage aux fils d'Israël par le sort, et à notre Seigneur il a été ordonné par le SEIGNEUR de donner la part d'héritage de Tsélof'had, notre frère, à ses filles. Mais si elles deviennent les femmes des fils de quelqu'un des autres tribus des fils d'Israël, alors leur part d'héritage sera retirée de la part d'héritage de nos pères et s'ajoutera à la part d'héritage de la tribu dans laquelle elles seront femmes, et de notre part d'héritage, par le sort, elle sera retirée. Et quand viendra l'année du jubilé, leur part d'héritage se joindra définitivement à la part d'héritage de la tribu dans laquelle elles seront, et de notre tribu leur part d'héritage sera retirée” ».

Le Très-Haut a fait preuve de sollicitude envers les filles qui se sont trouvées dans une situation hors norme, mais surgit encore un autre problème, décrit dans ces versets. Et outre la sollicitude pour le cas particulier, outre l'importance de la sollicitude pour certaines personnes concrètes, la sollicitude pour la société est importante.

La tribu de Ménaché, tous ses clans familiaux représentent eux aussi une valeur. Aujourd'hui, il arrive souvent que la majorité cède à la minorité, renonce à certaines de ses valeurs, renonce à certains de ses principes – l'essentiel est de ne pas offenser, de ne pas causer un quelconque inconfort à la minorité. La Torah nous dit ici ainsi : « Oui, en effet, il est important de prendre soin de certaines personnes concrètes, simples, qui se sont trouvées dans une situation hors norme, mais ce n'est qu'un côté. Il est important que la société soit préservée ». Il est important non seulement que les filles de Tsélof'had reçoivent la terre en part d'héritage, mais que soient préservées aussi les valeurs de la tribu de Ménaché, que sa terre soit préservée.

C'est pourquoi nous lisons au verset 5 du chapitre 36 : « Et Moché ordonna aux fils d'Israël selon la parole du SEIGNEUR, en disant : “Les fils de la tribu de Yossef disent juste” ». De même qu'est juste la sollicitude pour le particulier, de même est juste aussi la sollicitude pour le général. De même qu'est juste la sollicitude pour la minorité, de même est juste aussi la sollicitude pour la majorité.

C'est pourquoi le SEIGNEUR a ordonné ainsi (36,6–7) : « Celui qui est bon à leurs yeux, elles (les filles de Tsélof'had) peuvent l'épouser, mais elles ne doivent être femmes que dans la famille de la tribu de leur père. Afin que la part d'héritage des fils d'Israël ne passe pas de tribu en tribu, car chacun des fils d'Israël doit être attaché à la part d'héritage de la tribu de ses pères ».

Oui, en effet, il était important de prendre soin des filles de Tsélof'had, pour qu'elles reçoivent la terre parmi leurs frères. Mais maintenant, elles aussi doivent prendre soin de leurs frères. Oui, cela limite leur liberté de choix : elles ne peuvent pas se choisir un fiancé de la tribu de Dan, de Gad ou de Réouven, elles ne peuvent choisir un fiancé que dans leur propre tribu. Mais cette limitation de la liberté est importante pour que triomphe une valeur plus grande – l'intégrité du clan, l'intégrité de la tribu, l'intégrité de la part d'héritage échue à la tribu par le sort.

Et le particulier est important, les filles de Tsélof'had disent juste, et le général est important, les fils de Yossef disent juste. Et il ne doit en être qu'ainsi : ces deux parties, ces deux composantes doivent se trouver en harmonie l'une avec l'autre. C'est ce que nous enseigne la Torah.

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Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    Sommaire de cette section

    1. 1Les étapes du grand chemin 33,1–56
    2. 2Frontières et chefs 34,1–22
    3. 3L'ambassade de Dieu 35,1–34
    4. 4Comment préserver l'héritage 36,1–13
    5. 5La Torah en 5 minutes
    6. 6Masseï : poursuivre la lecture

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