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  2. Vayikra
  3. Kédochim

קְדֹשִׁים

Kédochim

sainteté et amour du prochain

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
30 sur 54
Versets
Vayikra 19,1–20,27
Parties
5
Temps de lecture
1 h 39 min

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Kédochim – la section hebdomadaire sur la sainteté dans la vie quotidienne et dans les relations avec le prochain. Dans le sténogramme de l'entretien d'Alex Blend sont examinés les chapitres 19–20 du livre Vayikra : le respect des parents, l'observance du sabbat, l'aide aux pauvres, la justice et le commandement de l'amour du prochain. Le contenu comprend le texte hébreu, la translittération, une traductionL'original parle ici d'une « traduction russe » des versets. Comme cette page est en français, la phrase dit simplement « une traduction ». et l'interprétation religieuse de l'auteur.

Recettes de sainteté

Vayikra 19,1–16

Nous commençons à étudier la section hebdomadaire qui s'appelle Kédochim (Saints). Elle est consacrée à la manière de garder la sainteté, de vivre dans la sainteté. Et nous commencerons à lire à partir du verset 1 du chapitre 19.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché, en disant :

דַּבֵּר אֶל־כָּל־עֲדַת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם קְדֹשִׁים תִּהְיוּ כִּי קָדוֹשׁ אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

dabbér el-kol-adát bene-yisraél ve'amartá alehém kedochím tihyoú ki kadóch aní adonáy elohekhém

2 « Parle avec toute la communauté des fils d'Israël et dis-leur : soyez saints, car Saint suis-Je, le SEIGNEUR, votre Dieu !

Le Très-Haut dit : « Je suis votre SEIGNEUR. Je veux vivre parmi vous. Je veux régner dans ce peuple, et pour que vous puissiez vous attacher à Moi, vous devez aspirer à la sainteté. » Si un homme dans un état d'impureté essaie de s'attacher au Très-Haut, c'est comme s'il Le salissait, Le profanait. Tout le monde sait qu'avant de coller deux surfaces, on les décape. Dans notre cas, il ne faut décaper qu'une seule surface – nous, parce que le SEIGNEUR est de toute façon Saint. Pour qu'Il vive en nous, dans nos cœurs, nous devons aspirer à la sainteté, certaines exigences nous sont imposées. C'est d'elles, à proprement parler, qu'il va être question.

אִישׁ אִמּוֹ וְאָבִיו תִּירָאוּ וְאֶת־שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

ich immó ve'avív tiráou ve'et-chabbetotáy tichmórou aní adonáy elohekhém

3 Que chaque homme craigne, tremble devant sa mère et son père, et observez Mes sabbats : Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.

Dans le Décalogue (les Dix Commandements), nous lisons : « L'homme doit honorer père et mère ». Ici, c'est un peu différent et dans un autre ordre : craindre sa mère et son père. En effet, la partie la plus minutieuse des soins à l'enfant revient à la mère, elle prend soin de l'homme depuis sa plus tendre enfance, c'est pourquoi il est plus facile de témoigner du respect à la mère, et elle inspire moins de crainte. Et le commandement met l'accent là où il nous semble qu'on pourrait passer à côté : la mère, il faut la craindre. Et le père, il faut le respecter, l'honorer, bien qu'il puisse nous sembler que lui, à proprement parler, n'a pas pris directement part à notre éducation.

Dans le Décalogue, nous lisons que le commandement sur l'observance du Chabbat se trouve à côté du commandement d'honorer les parents. Et ici, nous voyons la même chose, nous voyons qu'il y a un lien. Puisque les parents sont notre génération précédente, honorer ses parents, c'est honorer le passé. Quand nous élevons aussi nos enfants dans le respect envers nous, nous construisons la vie de notre peuple dans le temps. Et le Chabbat est très important pour le décompte du temps. Nous vivons d'un Chabbat à l'autre, nous avançons du passé vers l'avenir. Et cette succession d'un Chabbat par un autre ressemble en quelque chose à la succession des générations. En traitant avec respect le cours du temps, nous respectons nos parents et apprenons à nos enfants à nous respecter.

אַל־תִּפְנוּ אֶל־הָאֱלִילִים וֵאלֹהֵי מַסֵּכָה לֹא תַעֲשׂוּ לָכֶם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

al-tifnoú el-ha'elilím velohé massekhá lo ta'assoú lakhém aní adonáy elohekhém

4 Ne vous tournez pas vers les petits dieux et ne vous faites pas de dieux de fonte, Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu !

Le mot élil peut être un diminutif du mot el (dieu), c'est-à-dire petit dieu. Mais il peut aussi venir de la racine 'het-lamed-lamed, qui a le sens de vider, retirer le contenu : par exemple, le mot 'halal signifie une coquille vide, quelque chose de vide à l'intérieur. C'est-à-dire qu'on peut traduire par ne vous tournez pas vers les coquilles vides.

Que signifie et ne faites pas de dieux de fonte, et qui plus est pour vous (vélohé massékha lo ta'assou) ? Nous avons lu ce commandement dans le livre Chémot, au chapitre 34. Là, il se trouve avant le commandement sur les pains azymes : « (17) Ne te fais pas de dieux de fonte. (18) Observe la fête des pains azymes… » Qu'est-ce que ce commandement ? Outre le fait qu'il a un sens simple – on ne doit pas se couler de petits dieux en plomb, en argent, et en quoi que ce soit dont nous voudrions les couler, il a aussi un autre sens, et il y a beaucoup de commentaires à ce sujet.

Le mot massakh signifie aussi en hébreu moderne voile, tenture ou écran. Et les maîtres hassidiques, à commencer par le commentaire sur la Torah Or ha'Haïm (Lumière de la vie), disent que élohé massékha, c'est un rideau (écran), qui nous cache le Très-Haut, qui émousse la perception du divin, qui émousse notre sens de la sainteté ; un rideau que nous avons suspendu entre nous et Dieu. Par exemple, un homme a trouvé un travail, il s'est retrouvé dans un milieu où l'on emploie un langage grossier, tout le monde autour parle ainsi. Au début, cela l'indigne très fortement, mais peu à peu il s'y habitue. Même s'il n'en est pas lui-même contaminé, cette insensibilité pénètre en lui, et l'indignation qui était en lui s'est refermée. Son ouïe, sa sensibilité à la réalité environnante s'émoussent parce qu'il s'est déjà habitué à quelque chose. On peut raconter l'histoire de Rabbi Yossef-Chlomo Kahanman, qui, au début des années 30, est arrivé à Tel-Aviv. Et la première fois qu'il est sorti se promener pendant le Chabbat, il a vu un Juif qui marchait en fumant. Son cœur s'est rempli d'amertume, il a fondu en larmes : « Comment est-il possible qu'un Juif puisse fumer pendant le Chabbat ?! » Quelques mois ont passé, Rabbi Kahanman s'habituait peu à peu à la vie dans le pays d'Israël. Un jour, il est de nouveau sorti se promener pendant le Chabbat et a de nouveau remarqué un homme qui marchait en fumant. De nouveau, il a fondu en larmes et a dit : « Je ne pleure plus parce que cet homme fume. Je pleure parce que je m'y suis habitué, parce que je ne pleure déjà plus de voir un Juif qui viole le Chabbat. C'est devenu habituel pour moi qu'un Juif puisse violer le Chabbat ! » Certaines choses peuvent nous devenir habituelles aussi dans nos propres actes. En nous habituant (« tout le monde fait comme ça », « tout le monde vit comme ça »), nous pouvons nous fabriquer un petit écran qui filtre une certaine énergie divine, qui filtre certains petits rayons du divin, ce qui nous permet de nous résigner, de vivre tranquillement avec cela.

Une autre compréhension de l'expression élohé massékha est donnée par un sage de l'époque des tanaïm (tana veut dire en araméen maître) du nom de Rabbi Yossi. Il comprend le mot massékha comme masque – ne te fais pas de masque de Dieu. L'homme peut parfois se mettre en colère ou s'indigner d'une sorte de juste colère. Non, nous ne nous mettons pas en colère quand quelqu'un nous double dans la file au supermarché. Nous ne nous mettons pas en colère quand quelqu'un fait une queue de poisson à notre voiture. Mais voilà, nous voyons au culte une jeune fille vêtue de manière pas assez modeste, ou nous voyons que quelqu'un chuchote pendant que le maître parle, ou, pire encore, pendant que nous parlons. C'est alors que nous sommes remplis d'une juste colère. Et Rabbi Yossi dit : « À ce moment-là, il est très difficile de corriger l'homme. L'homme en colère gonfle ses narines (la colère dans la Torah est en général liée aux narines), et par ces narines gonflées la sainteté sort de l'homme. Et là où la sainteté est sortie, l'impureté remplit l'homme. Son visage se déforme. Et l'homme lui-même (c'est bien ainsi que nous le disons) change de visage, un masque apparaît sur lui. L'homme a mis sur lui un masque, se déclarant Dieu, prenant la place de Dieu et se mettant en colère là où c'est Dieu qui devrait se mettre en colère, et non lui-même. » Pourquoi la Torah, dans le livre Chémot, relie-t-elle cela aux pains azymes, à la matsa ? Les pains azymes, c'est comme l'absence d'orgueil propre, l'absence d'un quelconque yétser-hara (mauvais penchant) propre. Tu te mets en colère parce que quelqu'un chuchote pendant l'étude ? Tu te mets en colère parce qu'une fillette n'a pas assez couvert ses cheveux de son foulard ? Vérifie si c'est vraiment la colère de Dieu.

Une troisième compréhension est donnée par le maître hassidique Rabbi David Oppenheim, qui vivait au XVIIe siècle, et qui dit : « Il s'agit de ne pas devenir soi-même de fonte, de ne pas devenir soi-même immobile sous l'influence d'une idole. » Cela commence par de simples dépendances, quand nous ne pouvons pas vivre sans quelque chose, nous passer de quelque chose, quand ce quelque chose nous devient plus cher que tout. Et c'est une sorte d'idole. Le café, la cigarette peuvent le devenir – n'importe quoi, en fait. Rav Rosenthal racontait comment sa femme l'a fait arrêter de fumer des cigarettes. En fait, c'était un homme vraiment plongé dans l'étude, et toute la journée, du matin au soir, il la consacrait à l'étude de la Torah, il s'efforçait de ne pas s'arracher à la Torah. Sa femme s'occupait de tout le ménage. Quand il recevait des gens, quand il donnait des cours, sa femme faisait tout ce qui était nécessaire, y compris lui acheter des cigarettes. Un jour, il a tendu la main vers le paquet de cigarettes et ne l'a pas trouvé. Sa femme n'était pas à la maison, et Rav Rosenthal est descendu lui-même à la petite boutique au pied de l'immeuble, il s'est éloigné à peine de l'entrée, il s'est acheté des cigarettes. Sa femme est arrivée et a dit : « Se peut-il que ton envie de fumer soit si forte qu'elle ait vaincu ta passion pour l'étude ? Tu n'auras plus jamais de cigarettes ! » Et lui, comprenant qu'elle avait raison, a arrêté de fumer.

On raconte aussi au sujet de l'empereur Napoléon. On dit que Napoléon aussi aimait fumer. Et un jour, il était couché dans sa tente, dehors il faisait un froid humide et glacial, et il voulait sortir fumer, mais il avait la flemme. Et il a dit : « Eh bien, je suis l'empereur de France, je suis Napoléon, pas n'importe qui, est-ce que je ne trouverai pas la force de sortir fumer dehors ? » Il est sorti de la tente, s'est roulé une cigarette (je ne sais pas comment on le faisait à l'époque) et soudain il a pensé : « Voilà, je suis l'empereur Napoléon, et je suis tellement attaché au tabac que je suis sorti dans ce froid répugnant et abject pour fumer là ?! », il a jeté la cigarette et il est retourné dans la tente. C'est très probablement une fable, mais c'est encore un exemple de la façon dont une dépendance peut nous gouverner, et c'est la même compréhension – ne pas être dépendant de quelque chose.

Cette même compréhension peut s'appliquer aussi à nos opinions, nos vues, nos positions. Parfois nous faisons preuve d'une certaine obstination : comme ça ou rien, ce sera seulement comme ça, ou c'est seulement comme ça que nous voulons faire. Cela devient pour nous une valeur, et même quand on nous dit que nous agissons mal, nous voulons quand même agir à notre façon, en accusant celui qui nous le dit de nous tromper. Aux chapitres 43–44 du livre de Yirméyahou, il y a l'histoire de gens qui sont venus à lui et ont dit : « Nous savons que tu es prophète. Nous ferons comme tu diras ! Devons-nous descendre en Égypte ou ne pas descendre ? » Et quand Yirméyahou leur a dit ce qu'il pense vraiment, ils ont répondu : « Ah-ah-ah, c'est Baroukh ben Nériya qui te pousse ! » En tout cas, ils ont trouvé une échappatoire pour agir à leur façon. Et parfois il est très difficile pour un homme de dire : « Je me suis trompé, je me trompais, ce pour quoi je me battais est faux. » Souvent l'homme continue à se battre pour une idée, fait preuve d'entêtement, d'opiniâtreté, de pugnacité, d'insistance. Et quand l'homme s'obstine trop, il faut vérifier s'il s'obstine pour la gloire de Dieu ou si c'est déjà depuis longtemps son propre « moi » qui dirige tout. C'est la compréhension profonde de la phrase, la compréhension profonde du commandement – ne te fais pas de dieux de fonte.

וְכִי תִזְבְּחוּ זֶבַח שְׁלָמִים לַיהוָה לִרְצֹנְכֶם תִּזְבָּחֻהוּ׃

vekhí tizbe'hoú zéva'h chelamím ladonáy lirtsonekhém tizba'hoúhou

5 Quand vous offrirez un sacrifice de paix au SEIGNEUR, selon votre volonté (conformément à votre volonté) offrez-le.

Il n'est pas nécessaire de faire impression sur qui que ce soit. Les gens aujourd'hui, alors que nous n'avons pas de sacrifices de paix, organisent en grand des mariages, des fêtes, des festins, avec ou sans raison. Ils invitent une foule de gens pour se montrer, pour ne pas perdre la face. Il arrive souvent que je vienne au mariage de quelqu'un, et la personne me dit : « Je me suis tellement endetté à cause de ce mariage, pour que la future belle-mère ne pense pas de mal, pour que personne ne dise de mal. » Le sacrifice de paix, c'est aussi une fête, aussi un festin, une bombance, quand l'homme égorge le sacrifice et invite les autres pour partager avec lui cette joie, pour partager avec lui l'amour pour le Très-Haut. C'est précisément cela qui doit être le but. Il ne faut pas organiser une fête pour flatter son « ego », pour montrer d'une manière ou d'une autre sa dignité, sa richesse. Et le Très-Haut dit : « Il ne Me le faut pas, premièrement. Deuxièmement, si vous M'offrez un sacrifice de paix, offrez-le (si vous voulez qu'il soit agréé) précisément quand vous voulez offrir un sacrifice, quand vous voulez vous unir à Moi, vous joindre à Moi. Il ne faut pas le faire sous la contrainte sociale, quand quelqu'un viendra vers vous et dira : “Vassia, 'Haïm, Kostia, Mordekhaï ! Ça fait longtemps que tu n'as pas offert de sacrifice de paix. Allez, offre, ça fait longtemps qu'on n'a pas fait la fête chez toi !” »

בְּיוֹם זִבְחֲכֶם יֵאָכֵל וּמִמָּחֳרָת וְהַנּוֹתָר עַד־יוֹם הַשְּׁלִישִׁי בָּאֵשׁ יִשָּׂרֵף׃

beyom ziv'hakhém ye'akhél oumimma'horát vehannotár ad-yom hachelichí ba'éch yissaréf

6 Le jour où vous offrirez le sacrifice, vous en mangerez, et le lendemain, et ce qui restera jusqu'au troisième jour sera brûlé au feu.

Nous avons déjà parlé de cette loi du sacrifice de paix (dans les sections hebdomadaires Vayikra et Tsav). Si un homme abat un sacrifice pour partager avec les autres, alors partage avec les autres, n'économise pas, ne coupe pas en petits morceaux, il ne faut pas le mettre au congélateur et le congeler. Réjouis-toi ici et maintenant. Cela, d'ailleurs, se manifeste aussi dans la vie humaine ordinaire. Nous voyons que les gens ont dans leur buffet des services de table qu'ils prévoient d'utiliser un beau jour, un jour merveilleux. Les jeunes filles ont dans leur armoire des robes suspendues qu'elles mettront pour une fête merveilleuse. Et souvent, quand les gens partent dans l'autre monde, après 120 ans, les enfants sortent ces services et lavent les fenêtres de cette maison avec un chiffon, une ancienne robe qu'il fallait mettre un jour de fête. Le Très-Haut dit : « Réjouissez-vous maintenant ! Si vous avez Mon cadeau, un cadeau des hommes, réjouissez-vous maintenant, ne remettez pas vos sacrifices au troisième jour. »

וְאִם הֵאָכֹל יֵאָכֵל בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי פִּגּוּל הוּא לֹא יֵרָצֶה׃

ve'ím he'akhól ye'akhél bayom hachelichí piggoúl hou lo yeratsé

7 Et s'il est mangé le troisième jour, c'est de la viande avariée, et il ne sera pas agréé.

Si c'est ainsi que vous traitez ce sacrifice, cela ne vous sera pas compté comme sacrifice, vous avez simplement mangé un peu de viande gâtée.

וְאֹכְלָיו עֲוֹנוֹ יִשָּׂא כִּי־אֶת־קֹדֶשׁ יְהוָה חִלֵּל וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִוא מֵעַמֶּיהָ׃

ve'okheláv avonó yissá ki-et-kódech adonáy 'hillél venikhretá hannéfech hahí me'amméha

8 Et celui qui en mangera portera son péché, car il a déshonoré la chose sainte du SEIGNEUR (l'a réduite à néant, peut-on dire, a fait preuve de mépris envers la chose sainte de Dieu), et cette âme sera retranchée de son peuple.

וּבְקֻצְרְכֶם אֶת־קְצִיר אַרְצְכֶם לֹא תְכַלֶּה פְּאַת שָׂדְךָ לִקְצֹר וְלֶקֶט קְצִירְךָ לֹא תְלַקֵּט׃

ouvkoutsrekhém et-ketsír artsekhém lo tekhallé pe'át sadekhá liktsór veléket ketsirekhá lo telakkét

9 Et quand vous moissonnerez la moisson dans votre pays, ne moissonne pas le champ jusqu'à son bord même, et les restes de ta moisson, ne les moissonne pas jusqu'au bout.

C'est-à-dire ne repasse pas une seconde fois, ne cherche pas, ne recherche pas les épis non moissonnés, laisse-les. Il est intéressant que, lorsqu'un homme passe le guiyour, et déjà même après le tribunal, quand il s'immerge dans le mikvé, on doit lui enseigner certains commandements. Et parmi d'autres commandements, on lui dit obligatoirement le commandement de péa (le commandement sur le bord du champ), les commandements sur la dîme, les commandements selon lesquels il devient une partie du peuple, qu'il est un homme-peuple qui doit partager avec les pauvres. Cela est mis à part parmi les commandements essentiels, touchant l'essence de l'homme, qui n'est pas seul, par lui-même, si saint, mais fait partie du peuple de Dieu, qui aspire à la sainteté, dans lequel tous sont frères, et l'homme doit partager avec ses frères. Cela est souvent très difficile à accepter.

וְכַרְמְךָ לֹא תְעוֹלֵל וּפֶרֶט כַּרְמְךָ לֹא תְלַקֵּט לֶעָנִי וְלַגֵּר תַּעֲזֹב אֹתָם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

vekharmékha lo te'olél ouféret karmekhá lo telakkét le'aní velaggér ta'azóv otám aní adonáy elohekhém

10 Et ne dépouille pas ta vigne, ne ramasse pas les derniers grains de raisin, laisse-les au pauvre et à l'étranger, Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.

לֹא תִּגְנֹבוּ וְלֹא־תְכַחֲשׁוּ וְלֹא־תְשַׁקְּרוּ אִישׁ בַּעֲמִיתוֹ׃

lo tignóvou velo-tekha'hachoú velo-techakkeroú ich ba'amitó

11 Ne dérobez pas (ne volez pas), ne niez pas (ne reniez pas) et ne trompez pas votre prochain.

Si tu as pris quelque chose en gage ou si tu dois un certain salaire, ne dis pas que tu ne l'as pas pris, lo-tékha'hachou – ne renie pas tes engagements envers l'homme. Et ne dis pas : « Je te l'ai déjà rendu », ou, comme un faux témoin : « Moi, je sais qu'il l'a déjà rendu », c'est-à-dire lo-téchakkérou, ne trompez pas.

וְלֹא־תִשָּׁבְעוּ בִשְׁמִי לַשָּׁקֶר וְחִלַּלְתָּ אֶת־שֵׁם אֱלֹהֶיךָ אֲנִי יְהוָה׃

velo-tichave'oú vichmí lacháker ve'hillaltá et-chém elohékha aní adonáy

12 Et ne jurez pas par Mon Nom pour le mensonge, par là tu déshonores le Nom du SEIGNEUR, Je suis le SEIGNEUR.

L'homme peut non seulement porter un faux témoignage avec serment, mais encore, à Dieu ne plaise, attacher à ce serment le Nom du SEIGNEUR. Dans les deux derniers versets, on peut voir une chaîne d'actes qui se suivent l'un l'autre. D'abord l'homme a volé, a pris quelque chose, ensuite il le nie, il le renie. Et cela en arrive au point qu'il jure faussement par le Nom de Dieu. Et la guerre contre les gens, contre le bien d'autrui se transforme déjà en déshonneur du Nom du Très-Haut. Il y a des règles déterminées dans les relations les uns avec les autres. On pourrait penser : c'est mon champ, pourquoi devrais-je en donner aux pauvres ? Mais il faut non seulement partager son bien : à plus forte raison, on ne doit pas prendre le bien d'autrui, voler, prendre en gage et ainsi de suite.

לֹא־תַעֲשֹׁק אֶת־רֵעֲךָ וְלֹא תִגְזֹל לֹא־תָלִין פְּעֻלַּת שָׂכִיר אִתְּךָ עַד־בֹּקֶר׃

lo-ta'achók et-re'akhá veló tigzól lo-talín pe'oullát sakhír ittekhá ad-bóker

13 Ne lèse pas (n'opprime pas) ton prochain, et ne pille pas, et le salaire du travailleur engagé, ne le garde pas chez toi jusqu'au matin.

Il s'agit de la situation où un homme se retrouve dans une certaine dépendance envers toi. Tu peux lui dire : « Travaille pour moi au prix minimum » ou le contraindre à vendre quelque chose pour trois sous, afin qu'il survive. Ou, au contraire, si quelque chose devient vital pour quelqu'un, l'homme a la tentation de gonfler le prix de cette marchandise. Si quelqu'un a besoin d'un médicament, et qu'il lui est indispensable, on peut en augmenter le prix, et c'est aussi de l'oppression. On peut dire à un homme : « Je me suis mis d'accord avec toi pour 1000 chékels, mais je te donnerai 750, ça te suffira bien ! » Or ici il est dit n'opprime pas ton prochain, il est interdit de faire cela. On pourrait penser qu'il y a une transaction, je veux acheter, il veut vendre. Mais si je comprends qu'il est contraint de vendre, si je comprends qu'il est contraint de se faire embaucher, de signer un quelconque contrat, je n'ai pas le droit de l'opprimer. Il est mon prochain, et je dois prendre soin de lui. Je ne peux pas m'aimer moi-même au point de négliger mon prochain.

Le commandement lo-tigzol (ne pille pas, ne prends pas par la force) concerne aussi le fait qu'on peut prendre à un homme du temps. C'est-à-dire qu'on peut dire à quelqu'un : « Assieds-toi devant mon bureau et attends-moi jusqu'à ce que j'arrive, du matin jusqu'au déjeuner. » C'est un vol de temps, c'est aussi du pillage. On peut prendre à un homme le sommeil : si au milieu de la nuit j'ai eu besoin de quelque chose, et que j'appelle mon employé et exige de lui des rapports quelconques. Ou simplement je me conduis bruyamment et j'empêche mon prochain de dormir, alors c'est aussi du pillage, un vol de sommeil. On peut encore voler à un homme la juste compréhension. Si je lui dis : « Ce médicament aide » ou : « En ce moment, en France, tout le monde se promène comme ça », et ainsi de suite, je vole à l'homme la juste compréhension, je vole à l'homme le daat, sa représentation du monde. Et cela aussi est interdit.

Le commandement sur le salaire du travailleur engagé, c'est aussi un commandement important. Aujourd'hui encore, dans beaucoup de pays, il y a des gens qui vivent de leur gain quotidien. Ces gens ont été confrontés à une situation telle que pendant un mois entier, pour diverses raisons, ils ne sont pas allés au travail, et soit ils finissent leurs réserves (ceux qui ont pu préparer quelques réserves), soit ils demandent de l'aide à leurs prochains. Pour un homme journalier, il est très difficile de s'en sortir si on retarde son salaire, c'est pourquoi le salaire doit être donné avant le matin.

לֹא־תְקַלֵּל חֵרֵשׁ וְלִפְנֵי עִוֵּר לֹא תִתֵּן מִכְשֹׁל וְיָרֵאתָ מֵּאֱלֹהֶיךָ אֲנִי יְהוָה׃

lo-tekallél 'heréch velifné ivvér lo tittén mikhchól veyaréta me'elohékha aní adonáy

14 Ne maudis pas le sourd et ne mets pas d'obstacle devant l'aveugle, crains ton Dieu, Je suis le SEIGNEUR.

Ne profite pas des faiblesses humaines pour te moquer de lui. Si l'homme entend, tu ne lui diras pas ce que tu peux te permettre si l'homme n'entend pas. Cela ne doit pas exister. Le sourd n'entendra pas, l'aveugle ne remarquera pas, mais Dieu voit tout, il faut Le craindre. Ce commandement, ne mets pas d'obstacle devant l'aveugle, il faut le comprendre comme une attitude indulgente envers les faiblesses des autres gens. Si une femme quelconque ou un homme quelconque vient chez vous faire le ménage, ne laissez pas un portefeuille bourré d'argent sous leurs yeux, pour ne pas les tenter : n'induisez pas l'homme en tentation, involontairement ou exprès. Si un homme suit un régime quelconque, essaie de s'abstenir de quelque chose, ne lui achetez pas des produits qui sentent bon et qui vont le tenter. Et à plus forte raison il ne faut pas mélanger en cachette à la nourriture de quelqu'un les produits auxquels il a renoncé. Je connais ce genre de chose : si un homme renonce au porc et ne mange pas quelque chose pour Dieu, il arrive que des frères croyants aient la tentation de lui mélanger d'une manière ou d'une autre ce même porc dans sa nourriture. Le commandement est actuel non seulement à l'égard du faible et non seulement à l'égard de l'aveugle, ce n'est pas seulement de l'aveugle que le SEIGNEUR prend soin.

לֹא־תַעֲשׂוּ עָוֶל בַּמִּשְׁפָּט לֹא־תִשָּׂא פְנֵי־דָל וְלֹא תֶהְדַּר פְּנֵי גָדוֹל בְּצֶדֶק תִּשְׁפֹּט עֲמִיתֶךָ׃

lo-ta'assoú ável bammichpát lo-tissá fene-dál veló tehdár pené gadól betsédek tichpót amitékha

15 Ne commettez pas d'injustice dans le jugement, ne néglige pas le pauvre et ne t'aplatis pas devant le notable, juge ton prochain avec justice.

On peut négliger un pauvre et dire : « Il est pauvre, pourquoi est-ce que je le jugerais correctement ? Pourquoi donc est-ce que je vais m'occuper de son affaire ? » On peut, au contraire, trancher le jugement en faveur du riche, parce qu'il est riche, parce que ce sont de bonnes et utiles relations. Dans beaucoup de pays, aujourd'hui encore, la justice est ainsi. Le Très-Haut dit : « Juge tes prochains avec justice. Quel que soit l'homme, et si noble soit-il, auquel tu essaierais de plaire, quelle que soit la hauteur de sa position dans la société, cela ne vaut pas la peine pour lui de te brouiller avec Moi. Il n'y a personne au-dessus de Moi, et Moi, du haut de Ma position, en tant que votre SEIGNEUR et votre Dieu, Je prends la défense des pauvres. Je suis pour un jugement juste, Je suis la justice suprême, ne vous querellez pas avec Moi. »

לֹא־תֵלֵךְ רָכִיל בְּעַמֶּיךָ לֹא תַעֲמֹד עַל־דַּם רֵעֶךָ אֲנִי יְהוָה׃

lo-telékh rakhíl be'ammékha lo ta'amód al-dám re'ékha aní adonáy

16 Que le colporteur de ragots ne circule pas dans ton peuple, et ne te tiens pas tranquille sur le sang de ton prochain, Je suis le SEIGNEUR.

Le mot rakhíl (colporteur de ragots) est relié aux commerçants maritimes, aux marchands qui, outre les marchandises (ils avaient sans doute des marchandises bonnes et variées), colportaient des rumeurs : « Quoi de neuf ? Vous venez d'Odessa ? Et qu'est-ce qu'on entend là-bas ? Vous venez du pays d'Israël ? Et quoi là-bas, et comment ? » Et, outre les histoires étonnantes de grandes aventures que les marchands, bien sûr, racontaient, ils colportaient des ragots et de la médisance sur différentes personnes. De plus, un homme peut rassembler certaines rumeurs, certaines histoires (« Et vous savez, on démet Mamykine… ») et les proposer comme une marchandise. Il y a une société qui demande : « Des ragots frais, des ragots frais, nous voulons les ragots les plus frais ! » Et les ragots, la médisance, les calomnies deviennent une marchandise, et les gens accourent pour les écouter. Par là, on peut attirer l'attention et tenir le haut du pavé, en répandant la médisance. Le Très-Haut dit : « Cela ne sera pas ! » Je connais une histoire où un homme est venu chez un rabbin et dit : « J'ai très mal à la jambe, ça fait très, très mal, et une sorte de douleur dans les muscles. Aucun médecin ne peut m'aider, chez qui que je sois allé ! » Et le rabbin lui a dit : « Vérifie, peut-être es-tu d'une certaine manière coupable de ragots ? Vérifie-toi, parce qu'il est écrit : le colporteur de ragots ne circulera pas dans ton peuple. » L'homme a réfléchi et a dit : « J'ai ce péché-là. » Je ne peux pas dire qu'il s'est repenti et qu'il a été aussitôt guéri, je ne connais pas la suite de son destin, mais cette partie-là de l'histoire, je l'ai observée.

Que signifie se tenir sur le sang de son prochain ? Ici, on entend ce qui suit : si tu passes à côté d'un homme qui est tombé dans le malheur, qu'on bat, à côté d'une jeune fille qu'on importune, à côté d'un enfant qu'on maltraite, alors interviens pour défendre ton prochain, ne passe pas tranquillement, ne prends pas cela tranquillement, défends ! C'est un commandement très important.

Nous connaissons le commandement du Nouveau Testament sur la non-résistance au mal et nous aimons le répéter, peut-être aimons-nous même l'observer. J'ai déjà raconté plus d'une fois l'histoire que m'ont écrite des frères chrétiens : « Nous sommes partis avec des sœurs dans un camp d'été. Nous avons planté les tentes et à peine étions-nous installés que sont arrivés des voyous du village qui ont commencé à nous importuner, à importuner les sœurs, et ils ont même commencé à les violer, et nous, nous étions debout à côté et nous priions. Ensuite les voyous se sont moqués de nous et ont dit : “Ramenez vos filles encore une fois !” – et ils sont partis. Et les sœurs, après cela, ont trébuché dans la foi. Comment les ramener à la foi ? » Voilà avec quelle question une lettre est arrivée à la rédaction. La Torah dit : « Ne te tiens pas tranquille sur le sang de ton prochain. Si c'est toi qu'on offense, tu peux d'une certaine manière le supporter, tu peux tendre l'autre joue. Si l'on offense ta sœur, si quelqu'un viole, et pas du tout ta sœur, mais une femme qui t'est complètement inconnue, tu es obligé d'intervenir, ne te tiens pas sur le sang de ton prochain. »

Nous disons souvent que la sainteté, c'est la séparation, que le saint, c'est celui qui est séparé. Mais ici, tout au long du chapitre, nous voyons que le saint prend soin de ce monde, prend soin des miséreux, prend soin des faibles, prend soin d'un jugement juste. De quoi est-il séparé ? De son avidité, de ses propres intérêts cupides. Il vit pour la sanctification du Nom du Très-Haut dans ce monde, et c'est pour ce service qu'il est séparé, c'est en cela qu'est sa sainteté.

Patience et tolérance

Vayikra 19,17–37

Nous avançons dans la section hebdomadaire Kédochim et nous lirons à partir du verset 17 du chapitre 19. Nous continuons à lire les lois et les prescriptions que le Très-Haut donne pour préserver notre pureté et notre droiture, notre aspiration à la sainteté.

לֹא־תִשְׂנָא אֶת־אָחִיךָ בִּלְבָבֶךָ הוֹכֵחַ תּוֹכִיחַ אֶת־עֲמִיתֶךָ וְלֹא־תִשָּׂא עָלָיו חֵטְא׃

lo-tisná et-a'híkha bilvavékha hokhéya'h tokhíya'h et-amitékha velo-tissá aláv 'het

17 Ne hais pas ton frère dans ton cœur, par l'admonestation admoneste ton prochain, et tu ne porteras pas de péché à cause de lui.

Le mot sin'á (haine) ne sonne pas en hébreu aussi fort et aussi durement qu'en russe. Par exemple, nous lisons : « Un homme aura deux femmes, l'une, il l'aimera, et l'autre – il la haïra. » Ici, le mot haine n'est pas tout à fait dans le sens habituel pour une oreille russe, ici il signifie aimer moins. Une sorte de léger (ou fort) dédain, mais pas du tout forcément la haine, en tout cas ce mot ne signifie pas toujours précisément la haine. Ainsi, ne hais pas peut être compris comme ne garde pas quelque rancune, quelque dédain.

De plus, en admonestant ton frère, tu peux, premièrement, le détourner du mal, l'aider à s'écarter, à s'éloigner du mal, ne pas être complice de son péché. Deuxièmement, il n'y aura pas sur toi le péché de haine à son égard, c'est aussi important. Et, troisièmement, tu ne souffriras peut-être pas des conséquences de son péché. La Tradition dit : « Oï (malheur) au méchant et oï (malheur) au voisin du méchant ! » Si ton voisin devient un méchant, tu ne t'en porteras pas bien non plus, et toi aussi tu peux tomber dans toute une série de situations désagréables, et le péché ne sera pas loin. C'est pourquoi la meilleure manière, c'est de ne pas garder rancune au prochain, de prendre soin de son redressement : car il comparaît non pas devant toi, mais devant le Très-Haut. Et notre tâche consiste à placer l'homme devant le Très-Haut, à réconcilier l'homme avec le Très-Haut. Les artisans de paix dans l'Évangile de Matthieu, ce sont avant tout ceux qui établissent la paix entre l'homme et Dieu, ce ne sont pas toujours les casques bleus de l'ONU.

לֹא־תִקֹּם וְלֹא־תִטֹּר אֶת־בְּנֵי עַמֶּךָ וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי יְהוָה׃

lo-tikkóm velo-tittór et-bené ammékha ve'ahavtá lere'akhá kamókha aní adonáy

18 Ne te venge pas et ne sois pas rancunier envers ton prochain, et aime ton prochain comme toi-même, Je suis le SEIGNEUR.

Il y a une très bonne explication dans le commentaire le plus classique de Rabbi Chlomo Yits'haki (Rachi). Rachi dit : « Que signifie ne te venge pas ? Si tu es venu chez un homme et que tu lui dis : “Prête-moi une hache !”, et qu'il te répond : “Non ! Je ne te la prêterai pas !” Quelques jours passent, il vient chez toi et dit : “Prête-moi un marteau !”, et tu lui diras : “Tu ne m'as pas prêté la hache, eh bien moi non plus je ne te prêterai pas le marteau !” – c'est la vengeance. Mais si tu lui dis : “Tu ne m'as pas prêté la hache en son temps, mais je ne suis pas comme toi, je te prêterai le marteau. Souviens-toi simplement que c'est toi qui ne m'as pas prêté alors !” – c'est la rancune ».

L'homme peut changer sous l'influence des circonstances. Mais nous nous souvenons souvent d'une certaine image d'un homme, peut-être pas très bonne, bien que l'homme lui-même ait déjà pu changer. Et il se trouve que nous communiquons non pas avec l'homme lui-même, mais avec l'image de lui que nous avons retenue. De même qu'on peut faire un rideau entre nous et Dieu, la même chose peut arriver aussi dans notre relation avec un homme. Nous pouvons dire : « J'ai commis du mal contre lui, il ne me pardonnera jamais ! », ou : « Il ne se corrigera jamais ! », « Il ne fera jamais telle ou telle chose, il est comme ça, et c'est immuable. » Nous gardons pour ainsi dire une bibliothèque des mauvaises actions de cet homme, nous créons un entrepôt de ses mauvaises actions. Cela non plus, il ne faut pas le faire. Nous devons constamment renouveler notre esprit, être constamment certains que cet homme peut changer aussi bien en bien qu'en mal. C'est pourquoi il ne faut pas être rancunier et garder ses mauvaises actions comme une étiquette éternelle à son égard.

Le commandement aime ton prochain comme toi-même est un commandement étonnant. Il est étonnant par sa simplicité et sa clarté. C'est probablement le commandement le plus connu de la Torah, et c'est le plus difficile à accomplir, parce qu'il est très difficile d'aimer le prochain. Si l'on parle de manière abstraite, on peut aimer tout le peuple, toute l'humanité. Le prochain, il est difficile de l'aimer. Yéchoua disait que ce commandement est l'un des deux commandements les plus importants : aime ton Dieu et aime ton prochain. Si tu aimes ton prochain, si tu l'aimes vraiment, tu ne feras rien de ce qui lui causerait du tort. Tu ne le calomnieras pas, tu ne convoiteras pas sa femme, tu ne l'opprimeras pas. Tu lui laisseras le bord de ton champ, s'il est pauvre. Tu l'aideras, s'il est dans le malheur. Absolument tous les commandements entre l'homme et l'homme se ramènent à ceci : ton prochain, tu dois simplement l'aimer. Ce n'est pas toujours possible ou pas toujours simple. Parfois le prochain se présente devant toi sous la forme d'un homme ivre qui sent mauvais, ou sous la forme d'un homme qui crie, qui est en colère contre toi, ou sous la forme d'un chef méchant, ou sous la forme d'une voisine acariâtre, et il est très difficile d'aimer de telles personnes. Tu dois, premièrement, apprendre à voir derrière eux le Très-Haut, Qui te les a envoyés, et deuxièmement, voir en eux des enfants du Très-Haut, que le Très-Haut a conçus, prévus pour le Royaume. On peut essayer de regarder n'importe quel homme ainsi : comment sera-t-il dans le Royaume, tel que le Très-Haut l'a conçu, quels talents Il lui a donnés, comment pourrait-il être s'il était la meilleure variante de lui-même dans ce monde, comme Dieu le voulait ? C'est important aussi pour nous – devenir chaque jour la meilleure variante de nous-mêmes, la meilleure version de nous-mêmes. Je dois chaque jour devenir un meilleur Alex, notre prochain aussi peut devenir meilleur, c'est important : non pas une version de plus d'un meilleur Alex, 'Haïm ou Rabbi Akiva, mais la meilleure version de soi-même. À 'Haïm, personne ne demandera pourquoi il n'a pas été Moché. À 'Haïm, on demandera pourquoi il n'a pas été 'Haïm. Et nous pouvons l'aider à devenir la meilleure version de 'Haïm. Le SEIGNEUR dit : « Aime ton prochain comme toi-même. Je suis le SEIGNEUR, vous êtes tous les deux Ma création. Je suis ton SEIGNEUR, Je suis son SEIGNEUR, vous êtes tous les deux à Moi. Et si tu M'aimes, tu l'aimeras aussi. » Yéchoua donne ce commandement à un niveau plus élevé : « Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés – même plus que soi-même ! » C'est une barre très haute : quand un homme déborde vraiment d'amour pour son prochain, il peut se dissoudre dans cet amour et s'oublier lui-même.

Il y a une histoire sur Rabbi Ména'hem Mendl d'Amichonov, l'un des rebbes hassidiques, qui se trouvait à Varsovie pendant la Première Guerre mondiale. Une femme dont l'enfant avait disparu est venue chez lui chercher de l'aide : pour une raison quelconque, il était tombé de son panier pendant qu'elle courait à travers la ville. Elle était dans un trouble terrible et pleurait ainsi, l'esprit égaré, en s'adressant au rabbi, comme si c'était lui qui lui avait pris son enfant. Et Rabbi Ména'hem s'est rempli d'une telle compassion pour elle qu'il a fait un infarctus. Quand on a appelé un médecin auprès de lui, le médecin lui a dit : « Mais il est bien écrit, rabbi : comme toi-même, pas plus. Vous ne pouvez pas l'aimer plus que vous-même. Vous ne pouvez pas mettre en danger vous-même et votre santé pour cette femme ! » Le rabbi a seulement pu lever les mains, comme pour dire : « Je me rends. Je n'y peux rien ». L'amour saisit, déborde et transgresse les limites. Si nous aimons vraiment, cela peut être aussi plus que soi-même. La Torah dit : « Commence par aimer ton prochain comme toi-même, pour qu'il devienne pour toi aussi important dans ce monde que toi-même ». C'est une tâche très difficile et une barre très haute.

Comme ce n'est pas la première année que je fais des entretiens sur la Torah, ce n'est bien sûr pas la première fois que je dois parler du commandement vé'ahavta léré'akha kamokha (aime ton prochain comme toi-même). Il est toujours très intimidant de parler de ce commandement, parce que tout ce qu'on peut dire sera une banalité ordinaire. Ce commandement n'a pas de théorie, il est exclusivement pratique, et son observance ne peut être montrée que par l'exemple de sa propre vie. Et tous les raisonnements ne sont qu'un chant sur la musique de ce commandement, le reflet de l'accomplissement de ce commandement en nous. Ce qui est étonnant, c'est qu'en chacun de nous il peut se refléter de façon tout à fait différente, parce que Dieu révèle Son amour à chacun différemment.

אֶת־חֻקֹּתַי תִּשְׁמֹרוּ בְּהֶמְתְּךָ לֹא־תַרְבִּיעַ כִּלְאַיִם שָׂדְךָ לֹא־תִזְרַע כִּלְאָיִם וּבֶגֶד כִּלְאַיִם שַׁעַטְנֵז לֹא יַעֲלֶה עָלֶיךָ׃

et-'houkkotáy tichmórou behemtékha lo-tarbíya kil'áyim sadekhá lo-tizrá kil'áyim ouvéged kil'áyim cha'atnéz lo ya'alé alékha

19 Observez Mes lois ; ne mélange pas deux espèces de ton bétail, et n'ensemence pas ton champ de deux céréales, et qu'il n'y ait pas sur toi de vêtement tissé de lin et de laine.

Le mot 'hok (loi, règle) signifie la verticale, le lien entre l'homme et Dieu. Et à l'égard des animaux, et à l'égard du champ, il y a l'ordre de ne pas mélanger deux espèces d'animaux, en leur causant des souffrances et en changeant le cours des choses dans la nature, ou deux espèces de céréales, en les forçant à pousser ensemble, c'est-à-dire de ne pas violenter la nature. Et qu'en est-il du vêtement ? Lors des fouilles dans le désert de Judée, on a trouvé des morceaux de vêtements qui sont justement cha'atnéz (tissés de deux sortes de fils), ici – de laine et de lin. Nous ne savons pas si c'est un vêtement juif ou non. Beaucoup de morceaux de vêtements qui ont été trouvés dans le pays d'Israël, ils sont vraiment cha'atnéz : leur chaîne est en lin, et la trame est en laine. D'un point de vue technique, comme l'expliquent les artisans (je ne suis pas spécialiste, mais c'est ce que disent les spécialistes), de cette manière il est effectivement plus commode de fabriquer des vêtements, mais c'est interdit à tous, sauf aux kohanim, peut-être parce qu'en vertu de son service le kohen réunit en lui la nature difficilement conciliable de la terre et du ciel, il peut avoir un tel vêtement. L'homme simple, qui vit dans le monde simple, réel, n'a pas besoin d'un tel vêtement, c'est pourquoi un tel vêtement lui est interdit.

וְאִישׁ כִּי־יִשְׁכַּב אֶת־אִשָּׁה שִׁכְבַת־זֶרַע וְהִוא שִׁפְחָה נֶחֱרֶפֶת לְאִישׁ וְהָפְדֵּה לֹא נִפְדָּתָה אוֹ חֻפְשָׁה לֹא נִתַּן־לָהּ בִּקֹּרֶת תִּהְיֶה לֹא יוּמְתוּ כִּי־לֹא חֻפָּשָׁה׃

ve'ích ki-yichkáv et-ichá chikhvat-zéra vehí chif'há ne'heréfet le'ích vehofdé lo nifdáta o 'houfchá lo nittan-lá bikkóret tihyé lo youmetoú ki-ló 'houppácha

20 Si un homme couche avec une femme avec épanchement de semence, et qu'elle est une esclave fiancée à un homme, et que la rançon pour elle n'a pas encore été payée, ou que la liberté (l'affranchissement) ne lui a pas été donnée, sera puni (frappé de fouets) celui qui a fait cela ; ils ne seront pas mis à mort, parce qu'elle n'est pas libre.

Il s'agit ici d'une situation juridique très complexe, très peu agréable et peu compréhensible au XXIe siècle. Une femme esclave, non juive, ne s'appartient pas, elle appartient à un autre homme, elle est – un bien. Et comme son bien, ce maître qui est le sien l'a consacrée, l'a fiancée à une tierce personne – peut-être à un esclave juif, ou peut-être à un Juif libre. Au moment où le maître lui donnera l'affranchissement ou quand son mari potentiel paiera la rançon pour elle, elle deviendra juive selon la loi (je n'entrerai pas dans les complexités de cette loi). Dans notre verset, cette femme se trouve dans un certain état intermédiaire : elle est fiancée, mais la rançon pour elle n'a pas été payée, et l'affranchissement ne lui a pas été donné par le maître. Et dans un tel statut, elle n'est protégée par rien, personne n'aurait pu prendre sa défense. Sauf la Torah : la Torah dit que celui qui a fait une telle chose sera frappé du fouet.

Ici est employé un mot difficile à comprendre, bikkorét. Le Talmud interprète ce mot comme un fouet en peau de taureau, avec lequel on frappe. C'est-à-dire que l'homme qui a séduit ou violé une esclave fiancée sera frappé de fouets. Ce n'est pas la peine qu'il encourt pour une femme libre, ce qui peut nous indigner. Mais nous devons nous souvenir que la Torah a été donnée à une société dont les mœurs différaient fortement des nôtres, dans laquelle la femme était pratiquement sans droits, et l'esclave était complètement sans droits. La Torah parle beaucoup de l'esclavage, même de la vente d'enfants en esclavage, et de beaucoup d'autres choses qui nous sont aujourd'hui complètement étrangères (l'exemple des deux épouses, dont il aime l'une et hait l'autre). Mais la Torah est donnée à une société de pécheurs, à une société imparfaite, donnée pour qu'elle y grandisse. C'est justement grâce au don de la Torah que la société a commencé à croître en justice, et c'est pourquoi l'humanité, à une certaine étape, a dépassé l'esclavage.

Ainsi, outre le fait que l'homme sera puni, il doit apporter un sacrifice.

וְהֵבִיא אֶת־אֲשָׁמוֹ לַיהוָה אֶל־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד אֵיל אָשָׁם׃

veheví et-achamó ladonáy el-péta'h óhel mo'éd el achám

21 Il doit apporter un sacrifice de culpabilité au SEIGNEUR à l'entrée de la Tente d'assignation, un agneau de culpabilité.

וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן בְּאֵיל הָאָשָׁם לִפְנֵי יְהוָה עַל־חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא וְנִסְלַח לוֹ מֵחַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא׃

vekhippér aláv hakkohén be'él ha'achám lifné adonáy al-'hattató achér 'hatá venislá'h lo me'hattató achér 'hatá

22 Et le kohen fera l'expiation pour lui avec l'agneau de culpabilité devant le SEIGNEUR pour le péché par lequel il a péché, et le péché par lequel il a péché lui sera pardonné.

וְכִי־תָבֹאוּ אֶל־הָאָרֶץ וּנְטַעְתֶּם כָּל־עֵץ מַאֲכָל וַעֲרַלְתֶּם עָרְלָתוֹ אֶת־פִּרְיוֹ שָׁלֹשׁ שָׁנִים יִהְיֶה לָכֶם עֲרֵלִים לֹא יֵאָכֵל׃

vekhi-tavóou el-ha'árets ounta'tém kol-éts ma'akhál va'aral'tém orlató et-pir'yo chalóch chaním yihyé lakhém arelím lo ye'akhél

23 Quand tu viendras dans le pays et que vous planterez tout arbre portant un fruit comestible, ses fruits seront incirconcis d'incirconcision pendant trois ans ; ils seront pour vous fermés (impurs).

Ici est employé le mot orla (incirconcision, prépuce) : va'araltém orlato, incirconcis d'incirconcision ou pour ainsi dire fermés de fermeture. De même que la chair incirconcise recouvre, exactement de la même manière une certaine incirconcision recouvrira les fruits, et ils seront inaccessibles, interdits, tant que la plante n'aura pas pris sa force. Dans le pays d'Israël, pendant trois ans, on ne pourra pas manger de la plante après qu'elle a été plantée.

וּבַשָּׁנָה הָרְבִיעִת יִהְיֶה כָּל־פִּרְיוֹ קֹדֶשׁ הִלּוּלִים לַיהוָה׃

ouvachaná harevi'ít yihyé kol-pir'yo kódech hilloulím ladonáy

24 Et la quatrième année, tous ses fruits seront consacrés au SEIGNEUR.

Il ne faut pas essayer de manger tout de suite les fruits de ce que tu as planté, sois prêt à attendre trois ans. La quatrième année, il est trop tôt pour se réjouir : consacre toute la récolte au SEIGNEUR, et seulement ensuite cet arbre sera béni chez toi.

וּבַשָּׁנָה הַחֲמִישִׁת תֹּאכְלוּ אֶת־פִּרְיוֹ לְהוֹסִיף לָכֶם תְּבוּאָתוֹ אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

ouvachaná ha'hamichít tokheloú et-pir'yo lehossíf lakhém tevou'ató aní adonáy elohekhém

25 Et la cinquième année, mangez ses fruits, afin que son rendement s'accroisse pour vous, afin que vous receviez la bénédiction, Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.

On voudrait, bien sûr, commencer à gagner de l'argent le plus tôt possible avec le pommier planté, avec le palmier planté, avec l'olivier planté. Le SEIGNEUR dit : « Ne vous pressez pas, ne vous pressez pas ! Et l'oiseau qui déchire une proie encore vivante n'est pas cachère non plus. Il faut savoir attendre, ne vous pressez pas avec les arbres ».

לֹא תֹאכְלוּ עַל־הַדָּם לֹא תְנַחֲשׁוּ וְלֹא תְעוֹנֵנוּ׃

lo tokheloú al-haddám lo tena'hachoú veló te'onénou

26 Ne mangez pas sur le sang, et ne prédisez pas, et ne pratiquez pas la divination.

Trois commandements, et, comme on dit, trouvez l'intrus. Deux commandements ont rapport aux prédictions, mais que vient faire ici le commandement ne pas manger sur le sang ? Il y avait chez les peuples païens une telle tradition : invoquer les démons, les diables et toutes sortes d'esprits impurs sur le sang. C'est une sorte de magie, qui était répandue en Mésopotamie, liée à l'invocation de la force impure, qui participe au repas – pas comme dans le sacrifice chélamim, où le Très-Haut participe au repas. En outre, c'est l'interdiction de manger la viande avant le moment où l'autel a été aspergé. Et alors cela ressemble à ce qui est dit des fruits des arbres. Nous ne mangeons pas les fruits tant que nous ne les avons pas apportés au Temple, et nous ne mangeons pas la viande tant que l'autel n'a pas été aspergé du sang du sacrifice, c'est-à-dire ne mangez pas sans avoir donné le sang, et en même temps ne mangez pas sur le sang, quand la terre n'a pas encore absorbé le sang. C'est précisément cela qui provoque l'indignation du roi Cha'oul (premier livre de Chmouël, 14,31–35), c'est précisément pour cela qu'il construit son premier autel, pour que le peuple ne pèche pas contre le SEIGNEUR.

Quelle est la différence entre les notions pratiquer la divination et prédire ? Le verbe léna'héch (lo téna'hachou, ne prédisez pas) signifie la divination à l'aide de certains éléments et phénomènes supplémentaires, quand un mage ou un sorcier verse de l'huile dans l'eau et regarde comment l'huile se répand, ou bien c'est du plomb, ou bien c'est de la cire, ou bien c'est du marc de café (compléter ce qui manque, rayer ce qui est superflu). Le verbe té'onénou signifie pratiquer la divination d'après la réalité qui existe déjà dans la nature – d'après la main, d'après les étoiles, d'après les reins d'un bélier et ainsi de suite, en un mot, chercher des réponses dans le rein d'un bélier, dans les vols des oiseaux et dans toutes sortes de choses semblables. Tout cela, il est interdit de le faire.

La divination s'est beaucoup développée là où les gens croyaient que chaque homme a un destin prédéterminé pour lui à l'avance ; il est prédéterminé à chaque homme de tomber quelque part concrètement, et il peut, s'il est averti à temps, y étendre de la paille. Or le fondement de notre foi est que c'est le Très-Haut qui décide de nos destins. Il gouverne l'Univers en temps réel, et chez Lui il n'en est pas ainsi qu'Il ait tout prédécidé définitivement, à l'avance, et qu'on ne puisse en aucune façon le changer. Si nous voulons changer notre avenir en mieux, nous nous adressons directement à Celui Qui est le Maître de notre avenir. C'est pourquoi nous ne croyons pas au destin et nous ne croyons pas aux prédictions de l'avenir, nous n'avons pas besoin d'essayer de donner un pot-de-vin ou d'acheter de quelconques agents de quartier et inspecteurs sur place, conventionnels, intermédiaires.

לֹא תַקִּפוּ פְּאַת רֹאשְׁכֶם וְלֹא תַשְׁחִית אֵת פְּאַת זְקָנֶךָ׃

lo takkífou pe'át rochekhém veló tach'hít et pe'át zekanékha

27 N'arrondissez pas les cheveux de votre tête, et n'abîme pas le bord de ta barbe.

Habituellement on comprend cela comme ne coupez pas les cheveux des tempes. Le mot péot, qui est employé ici, – est le pluriel du mot péa (bord), et dans la prononciation ashkénaze ce sera justement péyès, c'est-à-dire ces fameuses papillotes juives, les bords de la tête, qu'il est interdit de couper. Une telle compréhension existe aujourd'hui. Nous ne savons pas exactement de quelle restriction de coiffure la Torah parle ici, mais je répète que dans la compréhension d'aujourd'hui ce sont les péyès.

Le verbe léhach'hit (abîmer) sous-entend couper au couteau ou arracher des morceaux, c'est pourquoi avec l'invention des rasoirs est apparue la possibilité de raser la barbe. Ce n'est pas une échappatoire juridique. Croyez-moi, les gens qui se rasaient la barbe étaient prêts à mourir pour l'observance de la kachrout ou du Chabbat, étaient prêts à mourir pour leur foi, mais comprenaient que certaines choses, on peut tout de même les faire. De nouveau, il faut être prêt à ce qu'il y ait des gens qui sont au-dessus de nous en niveau de sainteté et au-dessus de nous en niveau de compréhension de la langue, mais qui font quelque chose autrement que nous.

וְשֶׂרֶט לָנֶפֶשׁ לֹא תִתְּנוּ בִּבְשַׂרְכֶם וּכְתֹבֶת קַעֲקַע לֹא תִתְּנוּ בָּכֶם אֲנִי יְהוָה׃

vesséret lanéfech lo tittenoú bivsarkhém oukhtóvet ka'aká lo tittenoú bakhém aní adonáy

28 Et ne faites pas de cicatrices sur votre chair, et ne faites pas sur vous d'inscriptions tatouées. Je suis le SEIGNEUR.

Par cicatrices on entend des coupures, des incisions, des brûlures et autres, par tatouage on entend l'injection d'encre sous la peau de façon permanente. Pourquoi faisait-on cela ? Cela pouvait être comme la conclusion d'un pacte avec une certaine entité, avec un certain être, un démon, une idole, un petit dieu ; ou comme la marque de l'esclavage envers un certain maître, la soumission à un certain roi, c'est-à-dire la marque du propriétaire ; ou cela se faisait en signe de mémoire de certains ancêtres, de quelqu'un parmi les défunts, qui, comptait-on, garderait celui qui est appelé de son nom (le tatouage de prison « Je n'oublierai pas ma mère chérie » s'est conservé presque jusqu'à nos temps). Et le fond de l'affaire était que les gens cherchaient garde, protection auprès des ancêtres, auprès des esprits, auprès de n'importe qui, et se piquaient leurs noms ou leurs symboles sur eux-mêmes. Et puisqu'Israël a un Roi et un Maître, Dont le Nom est déjà proclamé sur le peuple, il n'y a aucun besoin ni de cicatrices, ni de tatouages, ni de liens avec les morts, ni de consécration à quelques esprits, ni de quoi que ce soit de semblable.

אַל־תְּחַלֵּל אֶת־בִּתְּךָ לְהַזְנוֹתָהּ וְלֹא־תִזְנֶה הָאָרֶץ וּמָלְאָה הָאָרֶץ זִמָּה׃

al-te'hallél et-bittekhá lehaznotá velo-tizné ha'árets oumale'á ha'árets zimmá

29 Ne déshonore pas ta fille en la rabaissant à la prostitution, et la terre ne se débauchera pas, et elle ne se remplira pas de l'abomination de la débauche.

Le mot zimmá signifie luxure, débauche abjecte. De quoi est-il question ici ? Au sens le plus simple, ce commandement interdit de vendre sa fille comme prostituée, comme courtisane. Pour nous, habitants du XXIe siècle, cela va pour ainsi dire de soi, mais il existe encore des pays, par exemple la Thaïlande, où c'est un phénomène répandu, qu'un père fasse commerce de sa fille.

Ce commandement a aussi d'autres niveaux. Par exemple, les parents disent : « Épouse-le, il est riche, il pourra t'entretenir ! » Et beaucoup de jeunes filles sont élevées dans l'idée qu'il faut trouver un homme qui soit riche, qui l'entretiendra. C'est pour cela qu'elle prépare non seulement elle-même, mais même l'image qu'on se fait d'elle. Si l'on demande à une jeune fille ordinaire : « Qui es-tu ? Parle-moi de toi », soit elle parlera de sa profession : « Je suis designer, je suis spécialiste du marketing, je suis vendeuse, manucure… », soit elle dévoilera certaines de ses qualités intérieures, qui se réalisent dans ce monde. Donc, la protection contre le fait de glisser vers la prostitution, c'est le contenu intérieur. Car la Torah a dit au début du verset al-te'hallél (ne profane pas), nous avons dit au verset 4 du chapitre 19 que la racine de ce mot a le sens de vider, priver de contenu intérieur.

En effet, la femme a un grand don, et ce don, c'est la beauté. Il faut, on peut, c'est merveilleux d'être belle, la femme doit être belle, Dieu Lui-même l'a créée belle. Au sujet de la femme (lors de la création) il est dit que Dieu l'a agencée, c'est la première chose au monde qui ait été justement agencée. La femme est l'œuvre la plus habile du Très-Haut, et c'est pourquoi il est clair que son aspiration à la beauté est inscrite dans sa nature. Mais à travers la beauté, comme à travers un filtre, comme à travers un verre coloré, doit se révéler la lumière intérieure, à travers la beauté extérieure doit transparaître le monde intérieur. Sinon la femme sera vide, et c'est justement le chemin sûr vers là où la Torah interdit d'aller. Que l'intérieur soit aussi beau que l'extérieur, que d'abord l'intérieur soit beau. Alors la fille pourra s'unir à son futur mari avant tout au niveau spirituel, ensuite au niveau de l'âme, et seulement après au niveau corporel. Ils deviendront une seule chair et vivront dans l'amour l'un pour l'autre, en ne satisfaisant pas seulement les besoins corporels, pour qu'il n'y ait pas ce qu'on appelle znoút (prostitution).

Nous entendons souvent : « Il t'offre des cadeaux, des robes, des bijoux, et toi, tu ne l'aimes pas ? Eh bien, qu'est-ce qu'il te faut de plus ? Qu'est-ce que tu voulais ? Pourquoi tu fais des manières ? » C'est ce que disent les amies, c'est ce que disent les connaissances, et il arrive, à Dieu ne plaise, que les parents aussi parlent ainsi. Et finalement la femme est obligée de vivre avec son mari pour un appartement, pour la nourriture, pour une robe. C'est le même znoút, la même débauche. C'est pourquoi, chers parents, chers papas, protégez vos filles et apprenez-leur à aimer leur âme avant d'aimer le corps. Comme disait le Machia'h : « À quoi bon, si tu acquiers le monde entier, mais que tu perds ton âme ? » Apprenez à vos filles que l'âme est l'essentiel, et ensuite seulement le corps. Alors il y a une bonne chance que la jeune fille ne se perde pas, ne se transforme pas simplement en un corps, et que le corps ne se transforme pas en instrument de gain. Et qu'elle soit non seulement riche, mais avant tout heureuse, et encore avant – juste et pure.

J'ai raconté cette histoire bien des fois et je la raconterai encore une fois. Dans ma jeunesse je voulais me marier, et le rabbin m'a demandé : « Quoi, tu cherches la plus belle fille du monde ? » J'ai dit : « Eh bien, pourquoi pas ? » Il m'a répondu : « Tu n'y arriveras pas. La plus belle femme du monde, cela fait plus de vingt ans que je suis marié avec elle ! » Chères jeunes filles ! Votre beauté se révélera aux yeux de votre mari, et pour lui vous serez la plus belle fille du monde, c'est bien pour cela qu'il est votre mari, et vous sa femme. Tout cela, je le dis avec un immense, immense amour et avec chaleur.

אֶת־שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ וּמִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ אֲנִי יְהוָה׃

et-chabbetotáy tichmórou oumikdachí tirá'ou aní adonáy

30 Observez Mes sabbats et craignez Ma Sainteté. Je suis le SEIGNEUR.

C'est intéressant, n'est-ce pas ? C'est intéressant, pourquoi ce verset est-il justement ici ? Les sabbats, ce ne sont pas seulement nos sabbats hebdomadaires, ce sont aussi les sabbats des années, ce sont les septièmes années, les années de chmita, où il est interdit d'ensemencer le champ (nous parlons de l'époque où le peuple sera déjà arrivé dans le pays). De nouveau, de quoi est-il question ? Nous pouvons, bien sûr, tirer de nos biens tout ce qui est possible : « Comment ça, nous ne sèmerons pas la septième année ? Nous allons être en perte, ou quoi ? Comment ça, nous n'ouvrirons pas notre magasin le Chabbat ? Tout le monde fera du commerce, et nous, nous allons nous balancer à la synagogue ? Non, ça ne va pas. Nous ouvrirons le magasin, nous ensemencerons le champ, les fruits, nous les mangerons tout de suite, et la fille, nous la caserons chez quelqu'un de plus riche. » Et le Très-Haut dit : « Craignez Ma Sainteté, Je suis le SEIGNEUR ! Avec toutes vos manœuvres rusées et vos raccourcis – craignez ! Si vous ne croyez pas, s'il n'y a pas de confiance, alors au moins craignez Ma Sainteté. Vous devez vous souvenir que vous arrivez sur la Terre Sainte, qui existe selon des lois particulières, c'est pourquoi craignez Ma Sainteté, observez mes Sabbats, vivez dans Mon temps ! »

אַל־תִּפְנוּ אֶל־הָאֹבֹת וְאֶל־הַיִּדְּעֹנִים אַל־תְּבַקְשׁוּ לְטָמְאָה בָהֶם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

al-tifnoú el-ha'ovót ve'el-hayidde'oním al-tevakchoú letom'á vahém aní adonáy elohekhém

31 N'allez pas vers ceux qui évoquent les morts et vers les médiums, ne les sollicitez pas, pour vous souiller par eux, Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.

La différence entre ovót et yidde'oním, c'est que les ovót évoquent l'esprit du défunt, tandis que les yidde'oním affirment que l'esprit du défunt s'installe en eux, savent l'entendre et parlent au nom du défunt comme des sortes d'oracles. Il y a une controverse sur la question de savoir si c'est réellement l'âme du défunt qui monte ou si c'est un esprit quelconque qui monte. Et cette controverse est sans fin, et nous ne pouvons en aucune façon le vérifier. Beaucoup de jeunes s'y adonnent, malgré l'interdiction. Un homme que je connais disait : « Je veux bien encore croire, peut-être, que ces trois jeunes filles aient réussi d'une manière ou d'une autre à évoquer l'esprit d'Einstein. Mais qu'Einstein parle avec elles pendant trois heures de je ne sais quoi, ça, il m'est déjà très difficile de le croire ! » Et ces longues conversations sur rien avec les âmes des défunts amènent à penser que c'est une farce de quelques petits démons, qui viennent se moquer des gamins qui s'amusent avec la magie. Bien que je dise tout cela avec humour, l'interdiction n'en est pas moins très sérieuse, et l'on peut se retrouver dans des situations très désagréables, on peut s'exposer à un très grand danger, si l'on s'en occupe sans réfléchir.

מִפְּנֵי שֵׂיבָה תָּקוּם וְהָדַרְתָּ פְּנֵי זָקֵן וְיָרֵאתָ מֵּאֱלֹהֶיךָ אֲנִי יְהוָה׃

mippené sevá takoúm vehadartá pené zakén veyaréta me'elohékha aní adonáy

32 Devant les cheveux blancs lève-toi et traite avec respect le visage du vieillard, et crains ton Dieu, Je suis le SEIGNEUR.

Peu importe que les gens aient ce dicton : « Parfois vient simplement la vieillesse, mais la sagesse ne vient pas. » Cela n'a pas d'importance, ce n'est pas ton affaire. Tu dois respecter le vieillard. Cède-lui ta place dans le bus : peut-être n'est-il pas un homme sage, mais simplement une barbe blanche, cède-la quand même, tourne quand même vers lui un visage bienveillant, témoigne-lui du respect, peu importe comment il est. Ici, nous pouvons penser que le vieillard est un pauvre sans défense, et pourquoi devrions-nous lui témoigner un respect particulier ? Mais le SEIGNEUR dit : « Crains Dieu ! Non pas le vieillard – c'est Moi, Dieu, que tu dois craindre, et par crainte de Dieu témoigne-lui du respect ».

וְכִי־יָגוּר אִתְּךָ גֵּר בְּאַרְצְכֶם לֹא תוֹנוּ אֹתוֹ׃

vekhi-yagoúr ittekhá ger be'artsekhém lo tonoú otó

33 Si un étranger vit avec vous dans votre pays, ne l'opprime pas.

כְּאֶזְרָח מִכֶּם יִהְיֶה לָכֶם הַגֵּר הַגָּר אִתְּכֶם וְאָהַבְתָּ לוֹ כָּמוֹךָ כִּי־גֵרִים הֱיִיתֶם בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

ke'ezrá'h mikkém yihyé lakhém haggér haggár ittekhém ve'ahavtá lo kamókha ki-gerím heyitém be'érets mitsráyim aní adonáy elohekhém

34 Comme un citoyen (comme votre égal) sera pour vous l'étranger qui vit avec vous, et aime-le comme toi-même, car vous-mêmes aussi, vous avez été des étrangers dans le pays d'Égypte, Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.

On ne peut pas dire : « Ils ont tous débarqué ici ! Israël n'est pas en caoutchouc, il n'y a pas de place pour tout le monde ! Retourne d'où tu es venu ! » Non, aime-le comme toi-même, et quant au fait qu'Israël n'est pas en caoutchouc, ce n'est pas ton affaire.

Et ce qui vous est arrivé quand vous étiez des étrangers dans la terre d'Égypte peut arriver aussi à d'autres, aux gens les meilleurs, les plus convenables ; souvenez-vous-en et n'opprimez pas l'étranger.

לֹא־תַעֲשׂוּ עָוֶל בַּמִּשְׁפָּט בַּמִּדָּה בַּמִּשְׁקָל וּבַמְּשׂוּרָה׃

lo-ta'assoú ável bammichpát bammiddá bammichkál ouvammesourá

35 Ne commettez pas d'iniquité dans le jugement, avec les mesures, les étalons et les balances.

מֹאזְנֵי צֶדֶק אַבְנֵי־צֶדֶק אֵיפַת צֶדֶק וְהִין צֶדֶק יִהְיֶה לָכֶם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם אֲשֶׁר־הוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃

mózene tsédek avne-tsédek efát tsédek vehín tsédek yihyé lakhém aní adonáy elohekhém acher-hotséti etkhém me'érets mitsráyim

36 Des balances justes, des pierres justes, un éfa exact et un hin exact seront chez toi. Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu, Qui vous a fait sortir du pays d'Égypte.

Encore une injonction. Des pierres justes, ce sont des poids au poids correct ; l'éfa est une mesure de volume pour les matières sèches ; le hin est une mesure de volume pour les liquides. Comme à cette époque il n'existait pas de billets de banque, de monnaie de fer, de monnaie de cuivre ni de cartes de crédit, beaucoup de choses se vendaient ou s'échangeaient contre des mesures. Et les balances, les étalons, les mesures – tout cela avait une importance extrêmement grande. Le Très-Haut dit : « Des étalons honnêtes et justes pour toutes les sortes de marchandises doivent exister chez vous ! » Nous savons par les fouilles sur le mont du Temple qu'on a trouvé de nombreux étalons, de petits poids portant un sceau avec l'autorisation du kohen attestant que c'est un poids valable : il existait une sorte d'inspection qui le vérifiait. Le Très-Haut dit : « Le commerce doit être honnête, les balances – correctement réglées, les mesures – correctement étalonnées, tout doit être honnête ! »

וּשְׁמַרְתֶּם אֶת־כָּל־חֻקֹּתַי וְאֶת־כָּל־מִשְׁפָּטַי וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם אֲנִי יְהוָה׃

ouchmartém et-kol-'houkkotáy ve'et-kol-michpatáy va'assitém otám aní adonáy

37 Et gardez toutes Mes lois ('houkkotáy – lois verticales) et tous Mes jugements (michpatáy – lois horizontales), et accomplissez-les, Je suis le SEIGNEUR ».

Crime et châtiment

Vayikra 20,1–27

Avec l'aide de Dieu, nous terminons, vous et moi, l'étude de la section hebdomadaire Kédochim. Le chapitre que nous allons lire est consacré à la description des péchés et des châtiments pour ceux-ci. La plupart des interdits dont il est question ici ont déjà été mentionnés auparavant comme avertissement, mais dans ce chapitre nous lisons non seulement l'énumération des crimes eux-mêmes, mais aussi les châtiments pour ceux-ci, une sorte de Code pénal.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

1 Et le SEIGNEUR parla à Moché, en disant :

וְאֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל תֹּאמַר אִישׁ אִישׁ מִבְּנֵי יִשְׂרָאֵל וּמִן־הַגֵּר הַגָּר בְּיִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יִתֵּן מִזַּרְעוֹ לַמֹּלֶךְ מוֹת יוּמָת עַם הָאָרֶץ יִרְגְּמֻהוּ בָאָבֶן׃

ve'el-bené yisraél tomár ich ich mibbené yisraél oumin-haggér haggár beyisraél achér yittén mizzar'ó lammólekh mot youmát am ha'árets yirgemoúhou va'áven

2 « Dis aux fils d'Israël : tout homme d'entre les fils d'Israël et d'entre l'étranger qui vit en Israël, qui donnera de sa semence (ses fils ou ses petits-fils) à Molekh, mourra de mort ; le peuple de la terre le lapidera.

Tout le peuple doit connaître la Loi sur les crimes et les châtiments. Dans le cas présent, tout le peuple est averti de la responsabilité qui naît pour un crime concret, et des mesures qu'il faut appliquer envers son entourage, si cet entourage commet un crime : l'homme est responsable de son prochain.

Le mot lirgóm de la racine reych-guímel-mem signifie justement lapidation et ne se rapporte qu'à l'exécution, c'est un verbe aussi particulier qui est employé ici. Le peuple de la terre, justement les voisins, l'entourage, les gens simples peuvent punir l'homme qui apporte des enfants à Molekh. Nous répondons de ce que notre terre ne soit pas profanée par l'impureté. C'est pourquoi, quand quelqu'un y sert d'autres dieux, nous devons prendre des mesures, c'est ce que commande la Torah. Bien entendu, aujourd'hui nous ne pratiquons pas la lapidation, mais un certain travail, nous devons l'accomplir : il faut toujours se souvenir que nous avons une responsabilité pour ce que fait notre voisin.

וַאֲנִי אֶתֵּן אֶת־פָּנַי בָּאִישׁ הַהוּא וְהִכְרַתִּי אֹתוֹ מִקֶּרֶב עַמּוֹ כִּי מִזַּרְעוֹ נָתַן לַמֹּלֶךְ לְמַעַן טַמֵּא אֶת־מִקְדָּשִׁי וּלְחַלֵּל אֶת־שֵׁם קָדְשִׁי׃

va'aní ettén et-panáy ba'ích hahoú vehikhrattí otó mikkérev ammó ki mizzar'ó natán lammólekh lemá'an tammé et-mikdachí oul'hallél et-chém kodchí

3 Et Je tournerai Ma face contre cet homme et Je le retrancherai (le trancherai) de son peuple, parce qu'il a donné de sa semence à Molekh, sachant que par là il profane Mon Sanctuaire et déshonore Mon saint Nom.

 Chacun de nous qui a une relation avec le Très-Haut est appelé du nom du peuple de Dieu, homme de Dieu. Quand nous nous tournons vers d'autres dieux, nous déshonorons par là notre Dieu. Car, en faisant une telle chose, nous témoignons que Son pouvoir, Sa participation à notre vie ne nous suffisent pas. Nous nous détournons de Lui, nous nous tournons vers d'autres dieux, vers d'autres sources. Et, quand l'homme se détourne du Très-Haut, que se passe-t-il ? Le SEIGNEUR dit : « Je tournerai vers lui Ma face – non pas pour donner la paix, comme dans la bénédiction des kohanim (Bémidbar 6,22), Je tournerai la face avec colère. Mon œil s'accrochera à celui qui ne Me regarde pas, qui se tourne vers d'autres dieux. C'est pourquoi prenez des mesures contre lui, comme il est prescrit dans le verset précédent ! »

וְאִם הַעְלֵם יַעְלִימוּ עַם הָאָרֶץ אֶת־עֵינֵיהֶם מִן־הָאִישׁ הַהוּא בְּתִתּוֹ מִזַּרְעוֹ לַמֹּלֶךְ לְבִלְתִּי הָמִית אֹתוֹ׃

ve'ím ha'lém ya'límou am ha'árets et-enehém min-ha'ích hahoú betittó mizzar'ó lammólekh leviltí hamít otó

4 Et si les habitants de cette terre cachent leurs yeux de cet homme, quand il donne de sa semence à Molekh, pour ne pas le mettre à mort,

Eh bien, qui a envie de s'en mêler ? C'est agréable de remettre des décorations aux vétérans, c'est agréable d'offrir des fleurs aux femmes, ce n'est pas agréable de lapider un scélérat. Et puis d'ailleurs nous sommes des gens humains, pacifiques, punir quelqu'un, ça ne nous arrange pas du tout. Et le Très-Haut dit : « Si vous dérobez, si vous cachez vos yeux de lui, si vous faites semblant de n'avoir rien remarqué…

וְשַׂמְתִּי אֲנִי אֶת־פָּנַי בָּאִישׁ הַהוּא וּבְמִשְׁפַּחְתּוֹ וְהִכְרַתִּי אֹתוֹ וְאֵת כָּל־הַזֹּנִים אַחֲרָיו לִזְנוֹת אַחֲרֵי הַמֹּלֶךְ מִקֶּרֶב עַמָּם׃

vesamtí aní et-panáy ba'ích hahoú ouvmichpa'htó vehikhrattí otó ve'ét kol-hazzoním a'haráv liznót a'haré hammólekh mikkérev ammám

5 Je tournerai quand même Ma face contre cet homme, et contre toute sa famille (contre tout son clan), et J'exterminerai lui et tous ceux qui se prostituent à sa suite, qui se prostituent à la suite de Molekh, du nombre de leur peuple.

« …Ce n'est pas seulement lui que J'exterminerai, Je ferai un ratissage général. Si vous ne vous en occupez pas vous-mêmes, Je m'en occuperai personnellement. Mais Je tire groupé, et Je ne ferai plus un nettoyage ponctuel, mais un grand ménage ».

וְהַנֶּפֶשׁ אֲשֶׁר תִּפְנֶה אֶל־הָאֹבֹת וְאֶל־הַיִּדְּעֹנִים לִזְנוֹת אַחֲרֵיהֶם וְנָתַתִּי אֶת־פָּנַי בַּנֶּפֶשׁ הַהִוא וְהִכְרַתִּי אֹתוֹ מִקֶּרֶב עַמּוֹ׃

vehannéfech achér tifné el-ha'ovót ve'el-hayidde'oním liznót a'harehém venatattí et-panáy bannéfech hahí vehikhrattí otó mikkérev ammó

6 Et l'âme qui se tournera vers les devins et les voyants pour se prostituer à leur suite, Je tournerai Ma face vers cette âme, et J'exterminerai celui-ci de son peuple.

De nouveau, quand l'homme, comme il est écrit ici, tifné (se tournera) vers les devins et les diseurs de bonne aventure, c'est-à-dire se détournera du Très-Haut, cessera d'attendre du Très-Haut la grâce et la destinée, et voudra tout prendre de la vie par les voyants et les devins, il verra justement la face du Très-Haut, le Très-Haut tournera la face vers lui. Celui qui se détourne, regarde de tous côtés, essaie de voir d'autres dieux, des raccourcis quelconques, des devins et des voyants, celui-là croisera le regard du Très-Haut et sera exterminé du nombre du peuple. On lui dira de sortir du rang, et dans le rang il ne reviendra jamais.

וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃

vehitkaddichtém vihyitém kedochím ki aní adonáy elohekhém

7 Et sanctifiez-vous, et soyez saints, car Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.

וּשְׁמַרְתֶּם אֶת־חֻקֹּתַי וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם אֲנִי יְהוָה מְקַדִּשְׁכֶם׃

ouchmartém et-'houkkotáy va'assitém otám aní adonáy mekaddichkhém

8 Et observez Mes lois, et accomplissez-les, Je suis le SEIGNEUR qui vous sanctifie.

כִּי־אִישׁ אִישׁ אֲשֶׁר יְקַלֵּל אֶת־אָבִיו וְאֶת־אִמּוֹ מוֹת יוּמָת אָבִיו וְאִמּוֹ קִלֵּל דָּמָיו בּוֹ׃

ki-ích ich achér yekallél et-avív ve'et-immó mot youmát avív ve'immó killél damáv bo

9 Tout homme qui maudira son père et sa mère mourra de mort : il a maudit son père et sa mère, son sang est sur lui.

C'est-à-dire que l'homme sera lui-même coupable de sa mort. Bien que notre chapitre soit ensuite consacré aux relations interdites au sein de la famille, il commence par ceci : il n'y aura pas de famille normale s'il n'y a pas de respect envers les parents. C'est le commencement de tout. Ils nous ont mis au monde avec la participation du Très-Haut, ils ont été des collaborateurs du Très-Haut quand nous avons été conçus et sommes nés. Et celui qui maudit son père et sa mère maudit, dans une certaine mesure, aussi le Très-Haut. Mais, en outre, il se dresse contre l'ordre du monde, contre l'ordre de la famille. S'il n'y a pas de vénération envers les parents, alors cela n'a aucun sens de parler d'autres valeurs familiales quelles qu'elles soient. Par malédiction du père et de la mère, on entend toutes les malédictions, les insultes envers eux, le fait de les présenter sous un mauvais jour et ainsi de suite, peu importe qu'ils soient vivants ou non.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִנְאַף אֶת־אֵשֶׁת אִישׁ אֲשֶׁר יִנְאַף אֶת־אֵשֶׁת רֵעֵהוּ מוֹת־יוּמַת הַנֹּאֵף וְהַנֹּאָפֶת׃

ve'ích achér yin'áf et-échet ich achér yin'áf et-échet re'éhou mot-youmát hanno'éf vehanno'áfet

10 L'homme qui commettra l'adultère avec une femme mariée, qui commettra l'adultère avec la femme de son prochain, mourra de mort, et l'homme adultère, et la femme adultère.

C'est une différence importante entre la loi juive et les lois qui existaient en ce temps-là. La loi juive dote la femme d'une volonté propre. C'est une grande grâce envers la femme, mais en même temps aussi une grande responsabilité. Si, selon les lois de Hammourapi, une femme trompait son mari, celui-ci pouvait dire : « Je lui pardonne, ne l'exécutez pas, s'il vous plaît ! », et elle était pardonnée et relâchée, on n'exécutait que l'homme adultère. Selon la loi juive, la femme répond elle-même entièrement de ses actes. C'est une grâce envers elle, mais dans ce cas cela lui coûte cher. Le mari ne peut pas intercéder pour elle, parce qu'elle, comme tout homme, se tient elle-même devant Dieu et répond de ce qu'elle a fait.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִשְׁכַּב אֶת־אֵשֶׁת אָבִיו עֶרְוַת אָבִיו גִּלָּה מוֹת־יוּמְתוּ שְׁנֵיהֶם דְּמֵיהֶם בָּם׃

ve'ích achér yichkáv et-échetLa translittération de l'original porte ici « échev », une coquille. Le texte hébreu dit « échet » (la femme de), et nous le suivons. avív ervát avív gillá mot-youmetoú chenehém demehém bam

11 L'homme qui couchera avec la femme de son père, il a découvert la nudité de son père : ils mourront de mort tous les deux (lui et la femme, la femme du père), leur sang est sur eux.

Il s'agit ici de la situation où le père a divorcé de sa femme ou bien où elle est devenue veuve. Dans l'un ou l'autre de ces cas, et la femme, et celui qui a couché avec elle sont punis de mort pour adultère. Même si elle est divorcée, et qu'un autre homme pourrait l'épouser selon les lois de la Torah, mais le fils ne peut pas épouser la veuve de son père, la femme divorcée de son père et ainsi de suite. Et le châtiment pour eux, c'est la mort. Cela est lié au respect envers le père : celui qui découvre la nudité de la femme du père découvre la nudité paternelle, et cela ne doit pas être.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִשְׁכַּב אֶת־כַּלָּתוֹ מוֹת יוּמְתוּ שְׁנֵיהֶם תֶּבֶל עָשׂוּ דְּמֵיהֶם בָּם׃

ve'ích achér yichkáv et-kallató mot youmetoú chenehém tével assoú demehém bam

12 Et de même l'homme qui couchera avec sa belle-fille (divorcée de son fils ou avec la veuve du fils, et à plus forte raison avec celle qui est mariée au fils), tous deux mourront de mort, ils ont fait une chose abjecte – leur sang est sur eux.

Le mot tével signifie mélange, entassement pêle-mêle, transformation en bouillie, en chaos.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִשְׁכַּב אֶת־זָכָר מִשְׁכְּבֵי אִשָּׁה תּוֹעֵבָה עָשׂוּ שְׁנֵיהֶם מוֹת יוּמָתוּ דְּמֵיהֶם בָּם׃

ve'ích achér yichkáv et-zakhár michkevé ichá to'evá assoú chenehém mot youmátou demehém bam

13 L'homme qui couchera avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait une abomination tous les deux, ils mourront de mort, et leur sang est sur eux.

Ici, je pense, il n'est pas nécessaire de commenter. Nous avons déjà parlé bien des fois de la relation homosexuelle. Je le répète : c'est un interdit univoque, net, clair, qui ne se réduit pas à certaines positions, à certaines humiliations et ainsi de suite. Toute relation sexuelle entre deux hommes est interdite par la Torah, et le châtiment pour elle, c'est la mort.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִקַּח אֶת־אִשָּׁה וְאֶת־אִמָּהּ זִמָּה הִוא בָּאֵשׁ יִשְׂרְפוּ אֹתוֹ וְאֶתְהֶן וְלֹא־תִהְיֶה זִמָּה בְּתוֹכְכֶם׃

ve'ích achér yikká'h et-ichá ve'et-immá zimmá hi ba'éch yisrefoú otó ve'ethén velo-tihyé zimmá betokhekhém

14 L'homme qui prendra une femme et sa mère – c'est l'abomination de la débauche, on les brûlera au feu, lui et elles, qu'il n'y ait pas parmi vous d'abomination de débauche.

Être brûlé sur le bûcher, c'est le châtiment le plus terrible de tous les châtiments qui sont prévus. En son temps, comme nous l'avons lu dans le livre de Béréchit, Yéhouda a condamné Tamar à être brûlée sur le bûcher. Dans la section hebdomadaire Émor, nous lirons la loi sur la fille du kohen qui s'est prostituée dans la maison de son père et sera brûlée. Et ici aussi un tel châtiment est appliqué. C'est la mesure exceptionnelle de toutes les mesures exceptionnelles, l'exécution la plus terrible qui soit jamais appliquée aux hommes.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִתֵּן שְׁכָבְתּוֹ בִּבְהֵמָה מוֹת יוּמָת וְאֶת־הַבְּהֵמָה תַּהֲרֹגוּ׃

ve'ích achér yittén chekhovtó bivhemá mot youmát ve'et-habbehemá taharogoú

15 Et l'homme qui couchera avec une bête mourra de mort, et la bête, tuez-la.

 Là non plus, sans doute, cela n'a pas de sens de beaucoup expliquer. Malheureusement, ce péché n'a pas encore tout à fait quitté ce monde. Il existe jusqu'à présent des peuples et des communautés où la cohabitation avec les bêtes est largement pratiquée et n'est pas réprouvée par la société, ou bien tous (comme il a été dit au verset 4) cachent leurs yeux devant ce péché.

וְאִשָּׁה אֲשֶׁר תִּקְרַב אֶל־כָּל־בְּהֵמָה לְרִבְעָה אֹתָהּ וְהָרַגְתָּ אֶת־הָאִשָּׁה וְאֶת־הַבְּהֵמָה מוֹת יוּמָתוּ דְּמֵיהֶם בָּם׃

ve'ichá achér tikráv el-kol-behemá leriv'á otá veharagtá et-ha'ichá ve'et-habbehemá mot youmátou demehém bam

16 La femme qui s'approchera de n'importe quelle bête pour coucher avec elle, tue cette femme et cette bête, ils mourront de mort, leur sang est sur eux.

Ici et encore en quelques endroits de la Torah, nous pouvons voir que la bête est, dans une certaine mesure, responsable de ses actes. Il semblerait : qu'est-ce que la bête vient faire ici ? Une femme est venue vers un animal quelconque (je ne veux même pas raconter ce qui s'est passé entre eux), et pourquoi donc punir la bête ? Mais de même que le bœuf qui encorne est puni, parce que, dans la nature des choses, l'homme tue l'animal pour le manger, alors que la bête ne doit pas tuer l'homme, de même ici aussi : puisque dans cet animal il y a quelque chose qui lui permet d'enfreindre sa nature animale, l'animal est puni de mort. Et on peut dire que son sang est sur lui, il répond de quelque chose. L'animal n'est pas une créature absolument stupide qui n'existe que par des réflexes, mais, comme nous le voyons, il répond de lui-même, et cela lui coûte cher.

וְאִישׁ אֲשֶׁר־יִקַּח אֶת־אֲחֹתוֹ בַּת־אָבִיו אוֹ בַת־אִמּוֹ וְרָאָה אֶת־עֶרְוָתָהּ וְהִיא־תִרְאֶה אֶת־עֶרְוָתוֹ חֶסֶד הוּא וְנִכְרְתוּ לְעֵינֵי בְּנֵי עַמָּם עֶרְוַת אֲחֹתוֹ גִּלָּה עֲוֹנוֹ יִשָּׂא׃

ve'ích acher-yikká'h et-a'hotó bat-avív o vat-immó vera'á et-ervatá vehí tir'é et-ervató 'héssed hou venikhretoú le'ené bené ammám ervát a'hotó gillá avonó yissá

17 L'homme qui prendra sa sœur, la fille de son père ou la fille de sa mère, et a vu la nudité d'elle, et elle a vu la nudité de lui, aux yeux de tout le peuple ils seront exterminés : il a découvert la nudité de sa sœur, il portera son péché.

 Le mot 'héssed, qui est connu de tous ou de beaucoup, sans doute, au sens de grâce, est employé dans le cas présent dans un sens tout à fait différent. Ici, ce mot est d'origine akkadienne et signifie honte, opprobre, ignominie, de même aussi dans les traductions araméennes : kálno (honte, opprobre). C'est dans ce sens qu'il faut le comprendre.

Le Très-Haut rendra manifeste ce qui est caché. Par l'extermination aux yeux de tout le peuple sont punis les coupables de ce péché, quand il sera évident pour tous pourquoi ils sont punis, personne ne pourra dire que cela s'est produit par un concours de circonstances. Ici, on peut remarquer un détail important, si on lit attentivement. Il est écrit ainsi : « Il a vu la nudité d'elle, elle a vu la nudité de lui ». Car il arrive souvent que, quand un frère et une sœur vivent ensemble dans une même maison, il puisse la prendre en secret, par la force. Dans ce cas, elle n'est pas passible de châtiment. Seulement si elle aussi a vu sa nudité, c'est-à-dire si elle aussi, elle-même, voulait ces relations, seulement dans ce cas elle est punie avec lui.

וְאִישׁ אֲשֶׁר־יִשְׁכַּב אֶת־אִשָּׁה דָּוָה וְגִלָּה אֶת־עֶרְוָתָהּ אֶת־מְקֹרָהּ הֶעֱרָה וְהִיא גִּלְּתָה אֶת־מְקוֹר דָּמֶיהָ וְנִכְרְתוּ שְׁנֵיהֶם מִקֶּרֶב עַמָּם׃

ve'ích acher-yichkáv et-ichá davá vegillá et-ervatá et-mekorá he'erá vehí gilletá et-mekór daméha venikhretoú chenehém mikkérev ammám

18 L'homme qui couchera avec une femme au temps de son écoulement, et il a découvert sa nudité (son écoulement), et elle a consenti à découvrir la source de son sang, tous deux seront retranchés de leur peuple.

C'est-à-dire que l'homme a découvert non pas simplement sa nudité, mais la nudité de la nudité. Même la femme qui n'a pas honte de sa nudité devant son mari, qui n'a pas honte de certaines parties intimes de son corps devant son mari, elle a pourtant honte de ses écoulements et cache cela. Et ici, l'homme a découvert la nudité de la nudité de la femme.

וְעֶרְוַת אֲחוֹת אִמְּךָ וַאֲחוֹת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה כִּי אֶת־שְׁאֵרוֹ הֶעֱרָה עֲוֹנָם יִשָּׂאוּ׃

ve'ervát a'hót immekhá va'a'hót avíkha lo tegallé ki et-che'eró he'erá avonám yissáou

19 Ne découvre pas la nudité de la sœur de ta mère et de la sœur de ton père, car c'est sa chair dans leur nudité, ils porteront le châtiment.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִשְׁכַּב אֶת־דֹּדָתוֹ עֶרְוַת דֹּדוֹ גִּלָּה חֶטְאָם יִשָּׂאוּ עֲרִירִים יָמֻתוּ׃

ve'ích achér yichkáv et-dodató ervát dodó gillá 'het'ám yissáou arirím yamoútou

20 L'homme qui couchera avec sa tante, il a découvert la nudité de l'oncle, ils porteront leur péché, ils mourront solitaires.

Dans le cas présent, la tante, ce n'est pas la sœur du père, mais la femme de l'oncle, la femme du frère du père. Ici nous lisons ils mourront solitaires, et dans le verset suivant nous lirons un autre châtiment – ils seront solitaires. Et le midrach interprète la différence : ils mourront solitaires signifie qu'ils n'auront pas d'enfants, et ils seront solitaires – s'ils avaient tout de même des enfants, alors ils les enterreront : en guise de châtiment, ils survivront à leurs enfants et les enterreront.

וְאִישׁ אֲשֶׁר יִקַּח אֶת־אֵשֶׁת אָחִיו נִדָּה הִוא עֶרְוַת אָחִיו גִּלָּה עֲרִירִים יִהְיוּ׃

ve'ích achér yikká'h et-échet a'hív niddá hi ervát a'hív gillá arirím yihyoú

21 L'homme, s'il prend la femme de son frère, c'est inadmissible (l'intimité avec elle lui est inadmissible), il a découvert la nudité de son frère, ils seront solitaires.

Cette règle a une unique exception. Il y a un commandement : si deux frères vivaient ensemble et que le frère aîné est mort, alors le cadet doit aller vers sa veuve, pour rétablir une semence au frère aîné. Aller vers elle signifie non pas la prendre pour épouse, mais aller vers elle dans le rôle de son frère. Du point de vue de l'héritage, c'est désavantageux pour le cadet, parce que ses enfants devront partager l'héritage avec les enfants de celle-ci, ils seront les héritiers du frère aîné défunt. Et néanmoins, pour rétablir la part d'héritage, il doit aller vers la veuve de son frère.

וּשְׁמַרְתֶּם אֶת־כָּל־חֻקֹּתַי וְאֶת־כָּל־מִשְׁפָּטַי וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם וְלֹא־תָקִיא אֶתְכֶם הָאָרֶץ אֲשֶׁר אֲנִי מֵבִיא אֶתְכֶם שָׁמָּה לָשֶׁבֶת בָּהּ׃

ouchmartém et-kol-'houkkotáy ve'et-kol-michpatáy va'assitém otám velo-takí etkhém ha'árets achér aní meví etkhém chámma lachévet ba

22 Et gardez toutes Mes lois et tous Mes jugements (de nouveau nous voyons la verticale et l'horizontale), et observez-les, et la terre dans laquelle Je vous amène pour que vous y habitiez ne vous vomira pas.

וְלֹא תֵלְכוּ בְּחֻקֹּת הַגּוֹי אֲשֶׁר־אֲנִי מְשַׁלֵּחַ מִפְּנֵיכֶם כִּי אֶת־כָּל־אֵלֶּה עָשׂוּ וָאָקֻץ בָּם׃

veló telekhoú be'houkkót haggóy acher-aní mechalléa'h mippenekhém ki et-kol-élle assoú va'akoúts bam

23 Et vous ne marcherez pas selon les lois du peuple que Je chasse devant vous, car toutes ces choses, ils les faisaient, et Je les ai eus en horreur.

וָאֹמַר לָכֶם אַתֶּם תִּירְשׁוּ אֶת־אַדְמָתָם וַאֲנִי אֶתְּנֶנָּה לָכֶם לָרֶשֶׁת אֹתָהּ אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם אֲשֶׁר־הִבְדַּלְתִּי אֶתְכֶם מִן־הָעַמִּים׃

va'omár lakhém attém tirechoú et-admatám va'aní ettenénna lakhém laréchet otá érets zavát 'haláv oudvách aní adonáy elohekhém acher-hivdálti etkhém min-ha'ammím

24 Et Je vous dis : vous hériterez leur terre, et Je vous donnerai d'en hériter, une terre ruisselant de lait et de miel, Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu, Qui vous a séparés des peuples.

Je rappelle qu'une terre ruisselant de lait et de miel, c'est une image qui désigne une terre prête à être travaillée, une terre qui n'attend qu'une chose : qu'on commence à la cultiver. Mais vous ne devez pas vivre comme les autres peuples, vous ne devez pas prendre exemple sur eux et tomber sous leur influence, parce que le SEIGNEUR vous a séparés.

וְהִבְדַּלְתֶּם בֵּין־הַבְּהֵמָה הַטְּהֹרָה לַטְּמֵאָה וּבֵין־הָעוֹף הַטָּמֵא לַטָּהֹר וְלֹא־תְשַׁקְּצוּ אֶת־נַפְשֹׁתֵיכֶם בַּבְּהֵמָה וּבָעוֹף וּבְכֹל אֲשֶׁר תִּרְמֹשׂ הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־הִבְדַּלְתִּי לָכֶם לְטַמֵּא׃

vehivdaltém ben-habbehemá hattehorá latteme'á ouven-ha'óf hattamé lattahór velo-techakketsoú et-nafchotekhém babbehemá ouva'óf ouvkhól achér tirmós ha'adamá acher-hivdálti lakhém letammé

25 Et vous aussi, séparez la bête pure de l'impure et l'oiseau impur du pur, et ne souillez pas vos âmes par une bête ou par un oiseau, et par tout ce dont fourmille la terre, que Je vous ai désignés comme impurs (comme ce qui souille).

Ne vous souillez pas par ce que J'ai déclaré souillant pour vous, gardez votre pureté.

וִהְיִיתֶם לִי קְדֹשִׁים כִּי קָדוֹשׁ אֲנִי יְהוָה וָאַבְדִּל אֶתְכֶם מִן־הָעַמִּים לִהְיוֹת לִי׃

vihyítem li kedochím ki kadóch aní adonáy va'avdíl etkhém min-ha'ammím lihyot li

26 Et vous serez saints pour Moi, car Je suis Saint, et Je vous séparerai de tous les peuples, pour être pour Moi.

 C'est le commencement de la séparation, le commencement du chemin vers la sainteté. Choisissez la sainteté, devenez saints, et vous serez séparés pour Moi.

וְאִישׁ אוֹ־אִשָּׁה כִּי־יִהְיֶה בָהֶם אוֹב אוֹ יִדְּעֹנִי מוֹת יוּמָתוּ בָּאֶבֶן יִרְגְּמוּ אֹתָם דְּמֵיהֶם בָּם׃

ve'ích o-ichá ki-yihyé vahém ov o yidde'oní mot youmátou ba'éven yirgemoú otám demehém bam

27 Un homme ou une femme, s'il y a parmi eux un devin ou un voyant (si quelqu'un se lie par un petit fil avec d'autres peuples, avec d'autres dieux), ils mourront de mort : on les lapidera avec des pierres – leur sang est sur eux ».

Pourquoi la femme est-elle mentionnée ici à part ? Parce que ce métier était très fortement répandu parmi les femmes. Et aujourd'hui encore, ce sont plus les femmes que les hommes qui s'occupent de toute sorte d'ésotérisme, bien qu'une certaine égalité ait été atteinte.

Le Très-Haut a séparé le peuple d'Israël des autres peuples, et il faut garder cet état séparé, cette séparation. Parfois, il est nécessaire de prendre des mesures sévères envers ceux qui essaient de détruire cette séparation. Bien sûr, aujourd'hui nous ne pratiquons pas la peine de mort, nous ne lapidons personne, nous en sommes très loin. Nous sommes tous des gens humains, ouverts, libéraux, nous sommes ouverts au monde contemporain, et c'est bien – il faut savoir scruter attentivement ce monde, interagir avec lui, tout cela est bon et juste. Et néanmoins, il faut comprendre avec quel sérieux le Très-Haut veille à ce que les lois des autres peuples ne pénètrent pas dans notre vie, à ce que nous vivions selon les lois de Dieu et ne tombions pas sous une influence étrangère quelconque, l'influence de lois étrangères, ce qui peut très facilement arriver si nous ne nous efforçons pas d'y veiller.

Comme soi-même

Je voudrais réfléchir à l'un des commandements les plus importants de la Torah. Celui qui a eu la chance d'aller dans un jardin d'enfants juif (ou celui qui a eu la malchance d'aller dans un jardin d'enfants juif) se souvient sûrement comment l'éducatrice chante, et les enfants répètent après elle : « Rabbi Akiva a dit : “Aime ton prochain comme toi-même” – voilà le principe le plus important de la Torah ». On nous enseigne dès l'enfance que c'est le principe le plus important de la Torah. Et pas seulement Rabbi Akiva, Yéchoua aussi affirme que l'un des principes les plus importants de la Torah est aime ton prochain comme toi-même. En russe, ce commandement se formule en six mots. En hébreu, c'est encore plus simple, en trois mots : ve'ahavtá lere'akhá kamókha. Il semblerait : quoi de plus simple, quoi de plus compréhensible, quoi de plus familier, mais dans la vie cela ne réussit pas toujours, loin de là, et des questions restent : dans quelle mesure est-il réellement possible d'aimer son prochain, est-ce seulement possible ? Dans quelle mesure est-il possible de commander ou d'ordonner – à moi, à vous, à lui – d'aimer quelqu'un ? Comment peut-on ordonner d'aimer ? Et même s'il est possible de m'ordonner d'aimer quelqu'un, comment peut-on déterminer le degré de cet amour ? Comment peut-on non seulement ordonner d'aimer, mais aussi ordonner d'aimer comme je m'aime moi-même ?

Ce commandement se trouve au chapitre 19 de notre livre, au verset 18. Lisons.

לֹא־תִקֹּם וְלֹא־תִטֹּר אֶת־בְּנֵי עַמֶּךָ וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי יְהוָה׃

lo-tikkóm velo-tittór et-bené ammékha ve'ahavtá lere'akhá kamókha aní adonáy

18 Ne te venge pas et ne sois pas rancunier envers ton prochain, et aime ton prochain comme toi-même, Je suis le SEIGNEUR.

Une question de plus se pose : pourquoi le verset se termine-t-il par les mots Je suis le SEIGNEUR ? Le commandement que donne Yéchoua sonne autrement, d'une manière nouvelle : aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés. Qu'est-ce que cela signifie et pourquoi est-ce un commandement nouveau ? Et il reste encore beaucoup, beaucoup de questions, auxquelles nous essaierons de répondre.

Alors, comment peut-on ordonner à un homme d'aimer ? Si nous regardons tout le chapitre 19 du livre Vayikra, nous verrons qu'il commence par des commandements plus simples et plus compréhensibles. Par exemple :

אִישׁ אִמּוֹ וְאָבִיו תִּירָאוּ

ich immó ve'avív tiráou…

3 Que chaque homme craigne sa mère et son père…

Ensuite viennent les commandements sur le champ, sur la vigne, sur le soin des pauvres. Cela aussi est compréhensible. Plus loin nous lisons :

לֹא תִּגְנֹבוּ וְלֹא־תְכַחֲשׁוּ וְלֹא־תְשַׁקְּרוּ אִישׁ בַּעֲמִיתוֹ׃

lo tignóvou velo-tekha'hachoú velo-techakkeroú ich ba'amitó

11 Ne volez pas, ne reniez pas et ne trompez pas votre prochain.

Cela aussi est compréhensible. Compréhensible, bien que déjà plus difficile : il est difficile d'être tout le temps véridique, il est difficile de ne jamais mentir. Le Talmud raconte l'histoire d'un homme du nom de Rava, qui se considérait jusqu'à un certain moment comme très véridique : « Autrefois je me considérais comme un homme véridique. Je pensais que j'étais véridique, jusqu'à ce que je rencontre un autre homme, qui s'appelait Rav Tavot. Et il m'a dit : “Pour aucun argent, même pour les plus grands trésors du monde, je ne mentirai jamais. Parce qu'il m'est arrivé un jour de vivre dans une ville qui s'appelle Kouchta (Vérité). Dans cette ville, personne ne mentait jamais. Telle était la coutume des gens, que le mensonge, même dans les petites choses, n'existait pas chez les habitants de cette ville.” Rav Tavot s'installa dans cette ville. Il était un homme assez véridique, et on l'accepta. Il épousa une habitante de cette ville et vécut là longtemps et heureux, jusqu'à ce qu'un jour une voisine passe chez eux à un moment pas très opportun : la femme de cet homme bon s'occupait alors de quelques affaires personnelles. Et au lieu de dire : “Elle est occupée en ce moment, elle ne peut pas sortir vers vous maintenant”, il dit : “Elle n'est pas à la maison” – et sa femme mourut. Parce que la longévité était assurée par l'honnêteté. Les habitants de la ville lui dirent : “Excuse-moi, ami, tu n'as pas ta place chez nous. Tu ne tiens pas le niveau de vérité qui est exigé pour vivre ici.” Et ils le chassèrent de cette ville ». D'un côté, il est difficile de dire toute sa vie la vérité et rien que la vérité. Bien que, d'un autre côté, bien sûr, dire la vérité soit facile et agréable. Cette histoire est une fable, une parabole, mais il y a en elle une allusion : dire la vérité est difficile, surtout dans les petites choses. Nous trompons très souvent dans les petites choses. Mais il y a un commandement de ne pas tromper, même pour un avantage personnel, même pour obtenir un profit au moyen de la tromperie envers le prochain.

לֹא־תַעֲשֹׁק אֶת־רֵעֲךָ וְלֹא תִגְזֹל לֹא־תָלִין פְּעֻלַּת שָׂכִיר אִתְּךָ עַד־בֹּקֶר׃

lo-ta'achók et-re'akhá veló tigzól lo-talín pe'oullát sakhír ittekhá ad-bóker

13 Ne dépouille pas ton prochain, et ne pille pas, et ne garde pas le salaire de l'ouvrier engagé chez toi jusqu'au matin.

De quoi est-il question ici ? Parfois nous voyons un homme qui se trouve dans le malheur, dans une situation difficile. Et nous pouvons lui dire : « Tu sais quoi ? Je vais te faire une bonne action, je vais te prendre au travail ! » Nous pouvons le prendre au travail et le forcer à travailler chez nous pour des sous, pour la nourriture, pour quelque chose d'autre. Cela s'appelle dépouiller un homme, c'est-à-dire, en profitant de sa pauvreté, le forcer à travailler à un prix inférieur à celui qui lui revient. Par conséquent, il ne faut pas non plus piller. Il ne faut pas exiger d'un homme un prix plus élevé pour quelque chose dont il a besoin, seulement parce qu'il en a très besoin. Et il ne faut pas retenir le salaire du travailleur : tout le monde n'a pas de quoi dîner si on ne l'a pas payé dans la journée, cela arrive aussi de nos jours. C'est ce que nous enseigne la Torah. Et ce sont des choses tout à fait compréhensibles pour nous, bien que ce ne soit pas toujours simple. Il n'est pas toujours simple de payer à un homme, pour son travail ou pour une chose qu'il vend, autant que cela vaut réellement. Parfois nous pouvons profiter d'une certaine faiblesse de sa part, d'un certain besoin de sa part. La Torah nous enseigne à grandir progressivement dans le commandement. Et plus loin nous lisons :

לֹא־תְקַלֵּל חֵרֵשׁ וְלִפְנֵי עִוֵּר לֹא תִתֵּן מִכְשֹׁל וְיָרֵאתָ מֵּאֱלֹהֶיךָ אֲנִי יְהוָה׃

lo-tekallél 'heréch velifné ivvér lo tittén mikhchól veyaréta me'elohékha aní adonáy

14 Ne médis pas du sourd, et devant l'aveugle ne mets pas d'obstacle, et crains ton Tout-Puissant, Je suis le SEIGNEUR.

Si quelqu'un n'entend pas (il n'est pas forcément sourd), alors nous ne pouvons pas médire de lui dans son dos. Si quelqu'un est aveugle, il ne faut pas lui mettre un bâton dans les jambes pour voir comment il va tomber. Cela signifie ne pas induire un homme en tentation et craindre ton Dieu. Nous induisons un homme en tentation si nous utilisons ses faiblesses pour en tirer un certain profit, ou si nous faisons simplement fi de ses faiblesses, même sans profit pour nous-mêmes. L'aveugle est tombé, et nous avons ri : « Ha-ha, que c'est drôle ». Nous avons parlé dans le dos du sourd : « Quel idiot, il n'entend rien, sourd comme un pot ». C'est drôle, c'est joyeux ? Cela veut dire que tu ne crains pas Dieu.

Et plus loin nous lisons toute une série de différents commandements : ne commettez pas d'injustice dans le jugement, ne va pas en colporteur de ragots parmi ton peuple, ne reste pas indifférent au sang de ton prochain (c'est-à-dire, prends sa défense quand on fait du tort à ton prochain), ne sois pas hostile envers ton frère dans ton cœur… Et seulement ensuite nous lisons ce par quoi nous avons commencé notre conversation, ce qui est écrit au verset 18 : « Ne te venge pas, et ne garde pas de rancune, et aime ton prochain comme toi-même, Je suis le SEIGNEUR ». C'est-à-dire que le Très-Haut construit une certaine échelle ; en la gravissant, en allant d'un commandement à l'autre, en les apprenant, nous grandissons, nous acquérons une qualité après l'autre. Et ainsi nous montons à ce niveau où, ayant accompli tout cela, ayant réalisé tout cela, nous pouvons dire : « Nous apprenons à aimer le prochain comme soi-même ». C'est-à-dire que la première compréhension est que c'est difficile, que c'est une barre très haute – aimer le prochain comme soi-même. Mais vers cette barre mène une petite échelle de commandements, par laquelle on peut monter.

Le Baal Chem Tov, fondateur du hassidisme, lisait ce verset autrement. Ici, entre parenthèses, il faut remarquer que, puisqu'il n'y a pas de signes de ponctuation en hébreu, il existe pour la plupart des versets de la Torah différentes variantes de lecture. Et le Baal Chem Tov voyait une autre lecture, qu'il considérait comme juste. (Il est possible que Yéchoua aussi parle d'une autre lecture de ce commandement). Le Baal Chem Tov lisait ainsi : ve'ahavtá lere'ékha kamókha aní adonáy – « Comme tu aimeras ton prochain, ainsi Moi aussi, ton SEIGNEUR, Je t'aimerai ». Dans les Téhillim 121, au verset 5, nous lisons : « adonáy chomrékha (le SEIGNEUR est ton gardien), adonáy tsilkhá (le SEIGNEUR est ton ombre) alyád yiminékha (à ta droite).

Qu'est-ce que l'ombre ? L'ombre, c'est ce qui suit l'homme. Le SEIGNEUR reflète dans Son attitude envers toi ton attitude envers les gens. Si tu veux que le Très-Haut t'aime, si tu veux que Son amour pour toi se révèle, alors révèle ton amour pour les gens. Plus tu aimeras les gens, plus le Très-Haut t'aimera. Tous ces commandements t'apprennent à aimer les gens, pour que l'amour du Très-Haut envers toi se révèle. C'est, comme nous l'avons dit, la compréhension du Baal Chem Tov.

Il y a encore une compréhension. Le Talmud de Jérusalem (traité Nédarim) donne l'exemple d'un boucher qui coupe de la viande. Il a dans la main droite un couteau, de la main gauche il tient un morceau de viande et le coupe. Et un mouvement fortuit, imprudent de la main qui tient le couteau – et il s'est coupé un doigt de la main gauche. Mais la main gauche ne va pas se mettre à attaquer la droite, quoi qu'il en soit, même si la main droite a causé du tort à la gauche, la gauche ne sera pas fâchée contre la droite. Pourquoi ne sera-t-elle pas fâchée, pourquoi ne se vengera-t-elle pas ? Parce qu'il y a la conscience que c'est un seul corps.

Ici on peut faire une petite digression et parler d'un autre commandement très important, du commandement de l'amour envers le Très-Haut. Dans la Torah, dans le livre Dévarim, ce commandement est répété trois fois, à trois niveaux différents de sainteté. La première fois il est dit : « Souviens-toi de ce que le Très-Haut t'a fait, comment Il t'a fait sortir d'Égypte, comment Il t'a conduit, comment Il t'a fait grandir ». Si tu te souviens de tout ce que le Très-Haut a fait pour toi, de toute cette échelle par laquelle Il t'a fait monter dans la vie, tu L'aimeras. Cela est comparable à la première explication, quand nous disions que le Très-Haut nous amène à ce niveau de sainteté comme par une échelle. Si nous nous souvenons de toutes Ses œuvres dans notre vie, de toutes Ses leçons, alors nous L'aimons, et nous aimons, en conséquence, le prochain aussi, selon le même principe. Voici le deuxième cas où la Torah parle de l'amour envers le Très-Haut : « Si tu aimes le Très-Haut, Il te donnera la pluie en son temps et prendra soin de toi ». De cela aussi nous avons parlé : « Si tu veux que le Très-Haut t'aime, si tu veux la manifestation de l'amour du Très-Haut dans ta vie, manifeste l'amour envers le prochain ». La troisième variante, la plus élevée des variantes de l'amour envers le Très-Haut : « Chmá yisraél adonáy elohénou adonáy e'hád – Écoute, Israël, le SEIGNEUR est notre Dieu, Dieu est un ! », et c'est pourquoi tu aimes Dieu. Tu aimes Dieu parce que tu es un participant, une partie d'un seul immense orchestre de l'univers, parce que tu es inclus dans cet orchestre. Et exactement de la même façon tu aimes le prochain, parce qu'il joue avec toi une même partition dans cet orchestre, parce qu'il fait partie, avec toi, d'une seule et même mélodie de l'univers.

Bien que le commandement de l'amour du prochain ne soit pas donné trois fois, ces trois facettes de sa compréhension correspondent aux trois niveaux de l'amour envers le Très-Haut. Chaque homme, à son niveau, aime le Très-Haut, peut-être pour ce que le Très-Haut a fait pour lui, et pour ce que le Très-Haut lui a appris. Peut-être pour que le Très-Haut fasse quelque chose pour lui, ou peut-être par la conscience de la grandeur du dessein, de l'unité du dessein, et par la conscience de son rôle, par la conscience du bonheur de ce que l'homme est admis à ce dessein, chacun à son niveau.

Et dans l'amour du prochain, il y a exactement les mêmes trois niveaux de compréhension. Je peux aimer le prochain pour sa sociabilité, disons, pour sa sollicitude envers moi, pour tous ces commandements qui s'accomplissent autour de moi : pour le raisin laissé dans la vigne, pour le bord du champ laissé, pour la tsdaká qu'on me donnera, et ainsi de suite. À un niveau plus haut, on peut dire : « Je peux aimer le prochain pour être digne de l'amour du Très-Haut. Je veux que le Très-Haut m'aime, pour que je me sente bien grâce à l'amour du Très-Haut. S'Il veut que j'aime le prochain, eh bien, j'aimerai le prochain, pour qu'on m'aime moi aussi, pour que l'amour du Très-Haut se manifeste envers moi aussi ». Et au niveau le plus élevé, je peux aimer le prochain simplement parce que je comprends : comme le SEIGNEUR est un, ainsi nous tous, Sa création, tous les hommes, sommes une partie d'un seul grand corps. Et il est bête, bien sûr, que la main droite soit fâchée contre la main gauche. Et ces trois niveaux, ce sont trois facettes différentes, différents degrés de compréhension de chaque homme à son niveau. Et il n'est pas certain que j'aie chaque jour un seul et même niveau. C'était un court parallèle entre le commandement de l'amour du prochain et l'amour envers le Très-Haut. Ici se termine la digression, et nous revenons à notre sujet, au commandement de l'amour du prochain.

Une autre compréhension est apportée par 'Hagaï 'Hofer, un enseignant et homme d'action contemporain. Et il dit ceci : « Tout homme, quelque part au fond de son âme, s'aime. L'alcoolique qui boit, boit pour se sentir bien, c'est son expression de l'amour de soi. Même le suicidaire, que Dieu nous en garde, qui veut se tuer, lui aussi s'aime : il fait ce qui est bon pour lui. La compréhension de ce qui est bon pour lui se forme chez lui à partir de sa maladie de l'âme, sous l'influence de son yétser hará (mauvais penchant) ». Comment pouvons-nous l'aider, si nous avons nous-mêmes, par exemple, un penchant à l'alcoolisme ou au suicide, que Dieu nous en garde ? Nous ne le pourrons pas. C'est pourquoi, pour manifester l'amour du prochain, pour servir le prochain, nous devons nous purifier de ce qui nous nuit : des mauvaises dépendances, de l'esclavage du péché, des mauvaises pensées. C'est-à-dire que nous devons nous-mêmes entretenir notre santé spirituelle, nous aimer et prendre soin de nous-mêmes, pour aimer l'autre ; sans cela, cela ne marchera pas. Si je ne m'aime pas, si j'ai des pensées de suicide, de la haine envers moi-même, s'il n'y a pas de paix avec moi-même, comment puis-je manifester de l'amour envers un autre homme ? Comment puis-je l'aider ? Mon amour du prochain est la projection de mon amour pour moi-même : je dois bien agir envers lui comme je veux qu'on agisse envers moi.

Rabbi Yéhouda Fétaya de Bagdad cite un exemple du livre Michleï (27,19), où il est écrit : « Comme dans l'eau – visage à visage, ainsi le cœur de l'homme – à l'homme ». Si tu veux qu'il t'aime, aime-le, ou : tel appel, tel écho. Si tu révèles ton amour envers un homme, lui aussi révélera son amour envers toi. Comme dans un miroir, comme le reflet de l'homme dans l'eau, ainsi tu te refléteras dans les autres gens. Bien sûr, cela sonne bien, mais (je peux le dire en guise de remarque) cela ne fonctionne pas toujours, malheureusement ; peut-être cela fonctionnait-il à Bagdad il y a cent ans.

Les rabbins racontent une parabole moderne sur un homme qui est parti d'Israël pour l'Amérique chercher le bonheur américain. Au bout d'un temps long ou court, il s'est beaucoup enrichi, il a fait son chemin, il s'est construit une maison comme un château, quelque part là-bas, dans le Monte-Carlo américain. Quelques années plus tard, son propre frère est arrivé en Amérique avec un petit sac à dos sur l'épaule, comptant sur le fait qu'il avait un frère en Amérique qui l'aiderait à s'installer. Il frappa, le vigile local ouvrit, regarda et dit : « Pourquoi es-tu venu ? Ici on ne donne pas aux mendiants, va-t'en ! » Il dit : « Allez dire au maître de maison que son frère est venu le voir ». Mais le maître de la villa n'était pas un homme bon : apparemment, il n'était pas allé au jardin d'enfants juif, ou il avait oublié ce qu'il chantait avec l'éducatrice. Il répondit : « Mais moi, je n'ai pas de frères ! » Et son pauvre frère s'en retourna. S'est-il installé en Amérique, ou est-il rentré les mains vides, l'histoire ne le dit pas. Un certain temps passa, et l'homme riche écrit une lettre à son père : « Papa, j'ai besoin d'urgence de quelques documents de la maison, s'il te plaît, fais-moi des photocopies et envoie-les-moi ! » Pas de réponse. Quelques jours plus tard il écrit de nouveau : « Envoie-les, s'il te plaît, d'urgence ! » Pas de réponse. Il décida de téléphoner. Et le père lui dit : « Écoute, j'ai un fils. Et c'est mon propre fils, je sais de lui qu'il est mon propre fils. S'il n'est pas ton frère, alors il en résulte que tu n'es pas du tout mon fils. Et si tu n'es pas mon fils, alors quels documents, qu'est-ce que tu me veux ? Je ne comprends rien du tout ! » Si tu n'acceptes pas que ton prochain est ton frère, qu'il est une partie de toi (comme le boucher avec ses mains ou, comme nous l'avons dit, selon le principe adonáy elohénou adonáy e'hád : le SEIGNEUR est notre Dieu, Dieu est un), si tu ne sens pas cette unité, alors le Très-Haut non plus n'est pas ton SEIGNEUR. Tu restes sans Sa bénédiction, que Dieu nous en garde.

Voilà les facettes de compréhension de ce commandement que l'on peut dévoiler. Il y en a, bien sûr, beaucoup. Beaucoup de rabbins, beaucoup d'encre et beaucoup de plumes ont été dépensés pour l'interprétation de ce commandement. Et on ne peut pas toutes les embrasser, et tous les livres du monde ne pourraient pas les contenir. Et moi, je n'ai fait qu'effleurer cela dans les grandes lignes, un tout petit peu.

Yéchoua dit : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés ! » Nous lisons ces paroles dans l'Évangile de Yo'hanan (13,34). Ce qui a été dit en langue araméenne, nous le lisons en langue grecque ; il faut toujours en tenir compte. Quelle qu'ait été la conduite de l'Esprit et avec quelque soin qu'aient été choisis les mots, une traduction reste une traduction. Essayons, autant que possible, de comprendre ces paroles dans leur contexte historique et linguistique.

Nous avons donné des exemples montrant que ce verset (19,18) peut être lu de différentes façons. Et, peut-être, Yéchoua propose ici une nouvelle lecture de ce verset et, par conséquent, une nouvelle compréhension du commandement ve'ahavtá lere'akhá kamókha aní adonáy : aime ton prochain comme Moi, le SEIGNEUR, Je t'aime. Du même amour dont Je t'aime, de la même lumière que Je révèle en toi, fais en sorte que celui qui te voit, celui-là voie le Père : aime ton prochain comme Je t'aime. Et Yéchoua ne parle pas ici de lui-même, mais relit simplement ce commandement. On peut effectivement le lire ainsi. (Ici je veux rappeler que nous essayons de reconstruire quelque chose, de comprendre quelque chose, et que nous devons le faire avec crainte et tremblement, avec l'appréhension que nous pouvons nous tromper, avec la conscience que nous pouvons nous tromper. Et rien de ce qui est dit ici, de ce que nous supposons ici, ne peut être perçu comme une vérité absolue, et il est effrayant de penser que cela sera perçu comme une vérité absolue. Souvenez-vous-en, s'il vous plaît).

La deuxième variante de compréhension du commandement que donne Yéchoua : « Prenez exemple sur Moi, Je suis l'exemple de la manière dont il faut s'aimer les uns les autres. Vous dites que c'est impossible, cela vous semble impossible. Je vous ai montré comment. Maintenant fais comme Moi ». Ce « fais comme Moi » sonne de nouveau en trois mots en langue russe, mais c'est une école pour toute la vie : comment apprendre à servir au maximum le Très-Haut dans cette mission auprès de chaque homme concret vers qui tu es envoyé, auprès de chaque homme que tu rencontres. Je parle de nouveau de ma compréhension et de mon interprétation du commandement, et je le dis non pas de la position d'un homme qui a déjà tout maîtrisé, tout appris, et qui maintenant écrit des mémoires « Comment j'ai appris à aimer ». J'en parle de la position d'un homme qui contemple ce chemin comme celui qui se tient au pied d'une montagne contemple la montagne. Je suis encore très loin de ce niveau. Mais je parle de ce à quoi nous sommes appelés, de cette barre que Yéchoua place devant nous, de ces hauteurs vers lesquelles Il nous appelle.

Si l'on compare ces deux variantes de compréhension des commandements, on peut aussi les combiner. Pour apprendre à aimer le prochain comme le SEIGNEUR t'aime, il faut apprendre de Yéchoua à aimer le prochain comme Il nous aime, apprendre de Lui cet amour, car Il dit de Lui-même : « Celui qui M'a vu a vu le Père ! » Si nous nous tournons vers Yo'hanan, si nous lisons ses épîtres, nous verrons qu'à travers elles passe constamment la pensée que nous devons nous aimer les uns les autres comme Dieu nous aime, de l'amour de Dieu. Jean en parle constamment. Si Dieu nous a aimés, alors nous aussi nous devons nous aimer les uns les autres : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1re épître de Yo'hanan, 4,7). Encore une citation, de nouveau de Yo'hanan, de la même épître (2,7–9) : « Bien-aimés ! je ne vous écris pas un commandement nouveau, mais un commandement ancien, que vous avez eu dès le commencement. Le commandement ancien est la parole que vous avez entendue dès le commencement. Mais en même temps je vous écris aussi un commandement nouveau, ce qui est vrai et en Lui et en vous : parce que les ténèbres passent et la vraie lumière brille déjà. Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et hait son frère, celui-là est encore dans les ténèbres ». Ici Yo'hanan établit un parallèle entre l'amour et la lumière. La lumière dont il est question chez Yo'hanan, dès le tout début de son Évangile : « Au commencement était le Verbe… Tout a commencé d'être par Lui …en Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » – c'est la lumière initiale, dont le Très-Haut a dit : « La lumière sera ! – yehi ór ». La lumière qui existait avant la création des luminaires, cette lumière particulière que, selon la tradition juive, le Très-Haut a cachée auprès de Lui pour un temps, afin de la révéler dans le monde à venir. Quand elle se révèle, alors avec elle se révèle, dans toute sa plénitude, dans toute sa perfection, l'amour divin. Par le Machia'h, Qui est la Lumière du monde, Qui montre au monde le Père, se révèle aussi l'amour du Père. Celui qui est avec le Machia'h est le porteur de cette lumière et doit, comme témoignage, comme sceau de cette lumière, porter non pas un visage lumineux, non pas un veston chic, non pas une montre « Rolex », non pas une expression pieuse du visage, mais l'amour du prochain. Les paroles de l'Évangile de Yo'hanan (13,35) : « À ceci tous reconnaîtront, que vous êtes Mes disciples, si vous avez de l'amour entre vous » – c'est la signature, le sceau, c'est le signe distinctif le plus important. Non pas par la dogmatique, non pas par des danses joyeuses, non pas par des chants tristes, non pas par le fait que vous placerez quelque dogme au-dessus de l'homme, mais « par le fait que vous aurez de l'amour entre vous, à cela on reconnaîtra que vous êtes Mes disciples ».

Tout à la fin, il vaut la peine de revenir au tout début et de se souvenir de Rabbi Akiva et de la petite chanson que nous connaissons depuis le jardin d'enfants. Rabbi Akiva dit : « Aime ton prochain comme toi-même – c'est le principe le plus important de la Torah ». On raconte de Rabbi Akiva que des milliers de ses disciples mouraient l'un après l'autre, parce qu'il n'y avait pas entre eux de respect mutuel, parce qu'il n'y avait pas d'amour entre eux. Et les sages demandent : « Comment cela ? Rabbi Akiva proclamait cela le principe le plus important de la Torah, et ses disciples mouraient parce qu'ils ne pouvaient pas y correspondre ?! » Et les sages répondent : « C'est justement pour cela que Rabbi Akiva proclamait cela le principe le plus important de la Torah, c'était le plus difficile pour ses disciples, et le plus difficile, c'est le plus important ». Yéchoua dit que déjà les disciples, pas les spécialistes diplômés, pas ceux qui ont reçu un diplôme de Son école et ont terminé l'école avec une médaille d'or, auront de l'amour entre eux. Déjà nous, à notre niveau, nous devons tendre à avoir de l'amour entre nous, c'est cela qui nous distinguera, c'est ainsi qu'on nous reconnaîtra. Pour l'instant nous n'arrivons pas à correspondre à ce critère, c'est amer de le reconnaître, mais c'est ainsi. Mais ne nous décourageons pas, essayons avec persévérance de l'apprendre. Aimez les prochains plus que les dogmes, plus que votre propre justice, aimez les prochains parce qu'ils sont vos frères, parce que vous êtes une partie d'un seul corps, parce que vous êtes une partie d'un seul monde, parce que Dieu les aime. Eh bien, si pour ces raisons cela ne marche pas, alors aimez les prochains au moins parce que, si vous ne les aimez pas, Dieu ne vous aimera pas. Le mouvement vers la justice conduit à cet amour. Si la justice ne conduit pas à cet amour, alors une telle justice ne vaut rien. Efforçons-nous d'être un tel témoignage, que celui qui nous a vus ait vu le Père ; que celui qui nous a rencontrés reparte de la rencontre avec nous en se sentant plus aimé, plus nécessaire, connaissant davantage le Très-Haut. Essayons ! Je sais que c'est difficile, mais essayons avec persévérance. Voilà les pensées que je voulais partager.

Kédochim : poursuivre la lecture

Lisez aussi le sténogramme de la section A'hareï Mot, l'entretien sur la prière et les sections hebdomadaires de la Torah.

Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    1. 1Recettes de sainteté 19,1–16
    2. 2Patience et tolérance 19,17–37
    3. 3Crime et châtiment 20,1–27
    4. 4Comme soi-même
    5. 5Kédochim : poursuivre la lecture

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