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כִּי־תָבוֹא
Ki Tavo
premiers fruits, bénédictions et alliance
- Section hebdomadaire
- 50 sur 54
- Versets
- Dévarim 26,1–29,8
- Parties
- 5
- Temps de lecture
- 1 h 26 min
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Ki-Tavo, dans le texte de l'entretien Ki Tavo, — la section hebdomadaire sur les premiers fruits, la gratitude et la responsabilité du peuple dans l'alliance. Alex Blend examine les bénédictions et les malédictions, les instructions de Moché et la vie d'Israël dans sa terre. Le sténogramme comprend le texte hébreu du livre de Dévarim, la translittération, une traductionL'original parle ici d'une « traduction russe ». Comme cette page est elle-même une traduction, nous écrivons simplement « une traduction ». et l'interprétation religieuse de l'auteur.
Ki Tavo : les premiers fruits et la gratitude
Avec l'aide de Dieu, nous commençons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Ki Tavo et nous lirons à partir du verset 1 du chapitre 26 du livre de Dévarim.
וְהָיָה כִּי־תָבוֹא אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ נַחֲלָה וִירִשְׁתָּהּ וְיָשַׁבְתָּ בָּהּ׃
vehayá ki-tavó el-ha'árets achér adonáy elohékha notén lekhá na'halá virichtá veyachávta ba
1 Et il arrivera, quand tu viendras dans le pays que le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a donné en part, et que tu en hériteras, et que tu t'y établiras,
Le mot lachévet signifie s'asseoir, s'établir, vivre une vie sédentaire, vraiment se fixer, s'ancrer. Comme en russe, les mots sédentaire et s'asseoir sont liés à une seule et même racine, youd-chin-bet. C'est pourquoi un homme assis – c'est ich yochev.
וְלָקַחְתָּ מֵרֵאשִׁית כָּל־פְּרִי הָאֲדָמָה אֲשֶׁר תָּבִיא מֵאַרְצְךָ אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ וְשַׂמְתָּ בַטֶּנֶא וְהָלַכְתָּ אֶל־הַמָּקוֹם אֲשֶׁר יִבְחַר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְשַׁכֵּן שְׁמוֹ שָׁם׃
velaka'htá merechít kol-perí ha'adamá achér taví me'artsekhá achér adonáy elohékha notén lakh vesamtá vatténe vehalakhtá el-hammakóm achér yiv'hár adonáy elohékha lechakkén chemó cham
2 Et tu prendras du commencement (des prémices) de chaque fruit de la terre, ceux que tu recevras de ton pays que le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a donné, et tu les mettras dans un petit panier (téné – c'est une sorte de petit panier tressé), et tu iras au lieu qu'a choisi le SEIGNEUR, ton Dieu, pour y faire demeurer Son nom (pour que Son nom réside là).
C'est-à-dire que chaque homme qui a des fruits de cinq espèces d'arbres vient dans son jardin et voit : voici que des dattes sont apparues sur le premier palmier, voici que des figues sont apparues sur le premier figuier, et ainsi de suite. Il marque la branche portant les premiers fruits, puis, quand ils mûrissent, il les met dans un petit panier et les porte au lieu que le Très-Haut a choisi. Aujourd'hui, nous savons que c'est Jérusalem. Ce commandement est défini ici presque comme le tout premier que l'homme doit accomplir quand il s'établira dans le pays. Et nous lisons que dans chacun des deux premiers versets se répète : que le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a donné. Chaque fois, si grande que soit la récolte que nous ayons rassemblée, si gros que soient les grenades, les figues, les olives, les dattes que nous ayons fait pousser dans notre jardin, nous devons nous souvenir : c'est ce que le SEIGNEUR nous donne. Et c'est pourquoi ce n'est pas moi qui l'ai fait pousser, mais le SEIGNEUR me l'a donné dans le pays que, de même, le SEIGNEUR m'a donné. Et tout ce commandement est un rappel de la foi, de la foi en ce que tout ce que je reçois, c'est le SEIGNEUR qui me le donne.
וּבָאתָ אֶל־הַכֹּהֵן אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם וְאָמַרְתָּ אֵלָיו הִגַּדְתִּי הַיּוֹם לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ כִּי־בָאתִי אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְהוָה לַאֲבֹתֵינוּ לָתֶת לָנוּ׃
ouvatá el-hakkohén achér yihyé bayamím hahém ve'amartá eláv higgádti hayom ladonáy elohékha ki-váti el-ha'árets achér nichbá adonáy la'avoténou látet lánou
3 Et tu viendras vers le kohen qui sera en ces jours-là, et tu lui diras : « Je dis aujourd'hui devant le SEIGNEUR, ton Dieu, que je suis venu dans la terre que le SEIGNEUR a promis (a juré) à nos Pères de nous donner ».
C'est aussi la profession de foi du kohen, nous pouvons dire : « Nous croyons de la même manière que le kohen ». Chaque homme a ses propres chemins de foi. Très souvent, c'est une cause de séparation. Nous divergeons d'opinion sur le moment où aura lieu l'enlèvement de l'Église, sur la manière dont se produira la résurrection des morts, sur la manière dont se passera telle ou telle chose, sur le moment où aura lieu telle ou telle chose. Parfois ce sont des détails, parfois ce sont des choses importantes, mais c'est ce qui nous divise. Dans une telle division, il est impossible de venir au kohen. Si tu veux venir au Très-Haut, que représente le kohen, tu dois venir à lui et dire : « Je suis venu, je parle avec ton Dieu – pas avec le nôtre, pas avec le mien, avec le tien », c'est-à-dire : « J'accepte ta foi ».
וְלָקַח הַכֹּהֵן הַטֶּנֶא מִיָּדֶךָ וְהִנִּיחוֹ לִפְנֵי מִזְבַּח יְהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
velaká'h hakkohén hatténe miyadékha vehinni'hó lifné mizbá'h adonáy elohékha
4 Et le kohen prendra de toi le petit panier, et le posera devant l'autel du SEIGNEUR, ton Dieu.
וְעָנִיתָ וְאָמַרְתָּ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֲרַמִּי אֹבֵד אָבִי וַיֵּרֶד מִצְרַיְמָה וַיָּגָר שָׁם בִּמְתֵי מְעָט וַיְהִי־שָׁם לְגוֹי גָּדוֹל עָצוּם וָרָב׃
ve'aníta ve'amartá lifné adonáy elohékha arammí ovéd aví vayéred mitsráyma vayágor cham bimté me'át vayhichám legóy gadól atsoúm varáv
5 Et tu répondras, et tu diras devant le SEIGNEUR, ton Dieu : « Un Araméen errant était mon père, et le peuple descendit en Égypte, et il y vécut en petite minorité, et il y devint un peuple grand, et fort, et nombreux.
Voilà un début de verset bien inhabituel. On le traduit souvent ainsi : « Un Araméen voulait faire périr mon père », et on le relie à Lavan, qui voulait faire périr Yaakov, voilà, c'est ainsi, dit-on, que Lavan est voilé ici. C'est une compréhension tout à fait légitime, elle est très répandue. Il y a encore une autre compréhension, qui m'est plus proche : « Un Araméen errant était mon père ». Nos ancêtres étaient des idolâtres, ils étaient des Araméens errants, et Avraham errait sur la terre qui ne sera donnée en héritage qu'à son peuple.
וַיָּרֵעוּ אֹתָנוּ הַמִּצְרִים וַיְעַנּוּנוּ וַיִּתְּנוּ עָלֵינוּ עֲבֹדָה קָשָׁה׃
vayaréou otánou hammitsrím vay'annoúnou vayittenoú alénou avodá kachá
6 Et les Égyptiens nous faisaient du mal, et nous asservissaient, et nous donnaient un travail pénible.
וַנִּצְעַק אֶל־יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבֹתֵינוּ וַיִּשְׁמַע יְהוָה אֶת־קֹלֵנוּ וַיַּרְא אֶת־עָנְיֵנוּ וְאֶת־עֲמָלֵנוּ וְאֶת־לַחֲצֵנוּ׃
vannits'ák el-adonáy elohé avoténou vayichmá adonáy et-kolénou vayár et-onyénou ve'et-amalénou ve'et-la'hatsénou
7 Et nous criâmes vers le SEIGNEUR, Dieu de nos Pères, et le SEIGNEUR entendit notre voix, et vit notre malheur, et notre dur labeur, et notre oppression.
L'homme qui vient, et se présente devant le kohen, peut-être beaucoup-beaucoup-beaucoup de générations plus tard, et dit au kohen : « Voici – ton Dieu », s'unit par là non seulement au kohen, mais à l'histoire du peuple, bien qu'il n'ait pas été esclave, et n'ait pas été en Égypte, et n'ait jamais travaillé aux travaux pénibles. Tout ce vécu se lève en lui, monte de son code génétique spirituel, et il ressent ce vécu, bien que, semble-t-il, cet événement soit festif. Nous avons apporté les premiers fruits au Temple, tout est merveilleux, mais nous nous souvenons combien c'était dur pour nous, à quelles souffrances qui étaient les nôtres le SEIGNEUR a répondu.
וַיּוֹצִאֵנוּ יְהוָה מִמִּצְרַיִם בְּיָד חֲזָקָה וּבִזְרֹעַ נְטוּיָה וּבְמֹרָא גָּדֹל וּבְאֹתוֹת וּבְמֹפְתִים׃
vayotsi'énou adonáy mimmitsráyim beyád 'hazaká ouvizróa netouyá ouvmorá gadól ouv'otót ouvmofetím
8 Et le SEIGNEUR nous fit sortir d'Égypte par une main forte et par un bras étendu, et avec une grande crainte, avec des miracles et des signes (très révélateur), le SEIGNEUR nous fit sortir d'Égypte.
וַיְבִאֵנוּ אֶל־הַמָּקוֹם הַזֶּה וַיִּתֶּן־לָנוּ אֶת־הָאָרֶץ הַזֹּאת אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ׃
vayvi'énou el-hammakóm hazzé vayitten-lánou et-ha'árets hazzót érets zavát 'haláv oudvách
9 Et Il nous amena en ce lieu, et nous donna cette terre – une terre ruisselant de lait et de miel.
J'ai déjà parlé plus d'une fois de cette expression, elle désigne une terre qui est prête à être travaillée, qui n'attend que d'être travaillée.
וְעַתָּה הִנֵּה הֵבֵאתִי אֶת־רֵאשִׁית פְּרִי הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־נָתַתָּה לִּי יְהוָה וְהִנַּחְתּוֹ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ וְהִשְׁתַּחֲוִיתָ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
ve'attá hinné hevéti et-rechít perí ha'adamá acher-natátta li adonáy vehinna'htó lifné adonáy elohékha vehichta'havíta lifné adonáy elohékha
10 Et maintenant, voici, j'ai apporté les prémices des fruits de la terre que m'a donnés le SEIGNEUR ! » Et tu poseras ces fruits devant le SEIGNEUR, ton Dieu, et tu te prosterneras devant le SEIGNEUR, ton Dieu.
C'est-à-dire que l'homme doit venir avec les prémices des fruits, se souvenir que tout cela n'est pas à lui, que lui-même est issu de quelques esclaves sans lignée, qu'il est descendu jusqu'en Égypte même, qu'il y a été asservi et humilié, que le SEIGNEUR l'a sauvé, et que voici, maintenant, il apporte les premiers fruits. Ici, ce n'est pas l'histoire du peuple, bien que ce soit aussi celle du peuple. Ici, c'est une histoire personnelle, la biographie de chaque homme. On pourrait raconter autrement : « J'ai grandi, j'ai appris le métier agricole, j'ai étudié à l'académie d'agriculture, j'ai obtenu une variété particulière de figue, une variété particulière d'olive, une variété particulière de grenade, de datte, j'ai fait pousser des dattes de la taille d'un poing, et voici, je les ai apportées, voici mes réussites ! » Mais l'homme dit : « Ma participation ici – zéro. Le SEIGNEUR m'a pris, m'a fait sortir, m'a donné, et moi je n'ai fait qu'apporter. Je ne suis qu'un noviceLe mot employé par l'auteur désigne le novice d'un monastère, mais il évoque aussi l'obéissance. Nous l'avons rendu littéralement par « novice ». dans tout ce schéma, je n'ai fait qu'apporter les fruits, il n'y a eu aucune autre participation ». Il n'y a pas eu de moi j'ai fait pousser, moi j'ai arrosé, moi j'ai soigné, moi j'ai choyé – rien de tout cela n'a existé.
וְשָׂמַחְתָּ בְכָל־הַטּוֹב אֲשֶׁר נָתַן־לְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ וּלְבֵיתֶךָ אַתָּה וְהַלֵּוִי וְהַגֵּר אֲשֶׁר בְּקִרְבֶּךָ׃
vesama'htá vekhol-hattóv achér natan-lekhá adonáy elohékha oulvetékha attá vehalleví vehaggér achér bekirbékha
11 Et tu te réjouiras de tous les biens que t'a donnés le SEIGNEUR, ton Dieu, à toi et à ta maison, toi, et le lévite, et l'étranger qui est au milieu de toi.
Quand nous prendrons conscience que ce ne sont pas nos réussites personnelles, mais ce que le Très-Haut nous a donné, alors nous nous réjouirons vraiment de ce qui nous arrive, et pas nous seuls, mais aussi les lévites, dont nous prendrons soin, et l'étranger parmi nous. Nous ne devons même pas nous réjouir seuls, nous ne pouvons pas organiser une sorte de fête des premiers fruits à laquelle nous n'inviterons personne, parce que c'est notre jardin, et vous, restez à l'écart. Ainsi, ça ne marchera pas.
À partir du verset 12, nous lisons un autre thème, un autre, mais proche.
כִּי תְכַלֶּה לַעְשֵׂר אֶת־כָּל־מַעְשַׂר תְּבוּאָתְךָ בַּשָּׁנָה הַשְּׁלִישִׁת שְׁנַת הַמַּעֲשֵׂר וְנָתַתָּה לַלֵּוִי לַגֵּר לַיָּתוֹם וְלָאַלְמָנָה וְאָכְלוּ בִשְׁעָרֶיךָ וְשָׂבֵעוּ׃
ki tekhallé la'sér et-kol-ma'sár tevou'atekhá bachaná hachelichít chenát hamma'assér venatattá lalleví laggér layatóm vela'almaná ve'akheloú vich'arékha vesavéou
12 Quand tu auras fini de prélever les dîmes sur tous tes fruits la troisième année, l'année des dîmes, tu donneras au lévite, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, et ils mangeront dans tes portes et se rassasieront,
C'est ce qu'on appelle ma'asser ani (la dîme du pauvre), que l'on distribue aux indigents la troisième année, parce que la troisième année – c'est une année particulière.
וְאָמַרְתָּ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בִּעַרְתִּי הַקֹּדֶשׁ מִן־הַבַּיִת וְגַם נְתַתִּיו לַלֵּוִי וְלַגֵּר לַיָּתוֹם וְלָאַלְמָנָה כְּכָל־מִצְוָתְךָ אֲשֶׁר צִוִּיתָנִי לֹא־עָבַרְתִּי מִמִּצְוֹתֶיךָ וְלֹא שָׁכָחְתִּי׃
ve'amartá lifné adonáy elohékha bi'árti hakkódech min-habbáyit vegám netattív lalleví velaggér layatóm vela'almaná kekhol-mitsvatekhá achér tsivvitáni lo-avárti mimmitsvotékha veló chakha'htí
13 Et tu diras au SEIGNEUR, ton Dieu : « Tout ce qui est voué (consacré), je l'ai ôté de la maison et je l'ai donné au lévite, à l'étranger, à la veuve et à l'orphelin, selon tous les commandements que Tu m'as prescrits ; je n'ai pas transgressé Ton commandement et je n'ai rien oublié.
C'est-à-dire qu'il ne m'est rien resté de ce qui appartient à Dieu, j'ai tout distribué selon sa destination.
לֹא־אָכַלְתִּי בְאֹנִי מִמֶּנּוּ וְלֹא־בִעַרְתִּי מִמֶּנּוּ בְּטָמֵא וְלֹא־נָתַתִּי מִמֶּנּוּ לְמֵת שָׁמַעְתִּי בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהָי עָשִׂיתִי כְּכֹל אֲשֶׁר צִוִּיתָנִי׃
lo-akhálti ve'oní mimménnou velo-vi'árti mimménnou betamé velo-natátti mimménnou lemét chamá'ti bekól adonáy elohay assíti kekhól achér tsivvitáni
14 Et dans mon affliction je n'en ai pas mangé, je n'y ai pas touché, je ne m'en suis pas occupé dans l'impureté, et au mort je ne l'ai pas donné ; j'ai entendu la voix du SEIGNEUR, mon Dieu, j'ai fait tout ce que Tu m'as prescrit.
On aurait pu dire ainsi : « Un jour noir est venu, le temps est dur, je vais donc manger un peu de la dîme ». Mais non, je ne l'ai pas fait.
Et peut-être, voyant le malheur d'autrui, je peux dire : « Eh bien, prenez ceci pour le brancard, pour quelque vêtement, pour quelques besoins ». C'est l'une des compréhensions. Bien entendu, on ne veut pas dire que j'ai pris des grenades ou des olives et que j'en ai fait des vêtements funéraires. Mais j'aurais pu penser que, puisque cette famille est dans le besoin, je vais donc vendre mes fruits de la dîme et leur acheter de quoi pourvoir aux besoins funéraires. Mais cela non plus, je ne l'ai pas fait, voilà ce que je déclare ici. Une autre compréhension sous-entend ici les idoles, par les morts on entend les idoles. Mais je pense que la première variante convient mieux.
הַשְׁקִיפָה מִמְּעוֹן קָדְשְׁךָ מִן־הַשָּׁמַיִם וּבָרֵךְ אֶת־עַמְּךָ אֶת־יִשְׂרָאֵל וְאֵת הָאֲדָמָה אֲשֶׁר נָתַתָּה לָנוּ כַּאֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתָּ לַאֲבֹתֵינוּ אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ׃
hachkífa mimme'ón kodchekhá min-hachamáyim ouvarékh et-ammekhá et-yisraél ve'ét ha'adamá achér natátta lánou ka'achér nichbá'ta la'avoténou érets zavát 'haláv oudvách
15 Regarde donc depuis la demeure de Ta sainteté, depuis les Cieux, et bénis Ton peuple, Israël, et la terre que Tu nous as donnée, comme Tu l'as juré à nos Pères, un pays ruisselant de lait et de miel ! »
Remarquez : l'homme a mis à part ses dîmes et a dit : « J'ai tout fait honnêtement. J'ai agi selon Ta parole, je ne me suis pas écarté de Ta parole. J'ai tout accompli, j'ai distribué à tous, j'ai aidé tout le monde ». Et ensuite on aurait pu dire : « Maintenant bénis-moi ! Choisis-moi ! Donne-moi ! » Non. Ici l'homme dit : « Bénis ton peuple, bénis cette terre. Tu béniras le peuple – tu me béniras aussi », l'homme ne se met pas à part.
הַיּוֹם הַזֶּה יְהוָה אֱלֹהֶיךָ מְצַוְּךָ לַעֲשׂוֹת אֶת־הַחֻקִּים הָאֵלֶּה וְאֶת־הַמִּשְׁפָּטִים וְשָׁמַרְתָּ וְעָשִׂיתָ אוֹתָם בְּכָל־לְבָבְךָ וּבְכָל־נַפְשֶׁךָ׃
hayom hazzé adonáy elohékha metsavvekhá la'asót et-ha'houkkím ha'élle ve'et-hammichpatím vechamartá ve'assíta otám bekhol-levavekhá ouvkhol-nafchékha
16 Et aujourd'hui le SEIGNEUR, ton Dieu, te prescrit d'observer ces lois et ces statuts, et tu les garderas, et tu les pratiqueras de tout ton cœur et de toute ton âme.
אֶת־יְהוָה הֶאֱמַרְתָּ הַיּוֹם לִהְיוֹת לְךָ לֵאלֹהִים וְלָלֶכֶת בִּדְרָכָיו וְלִשְׁמֹר חֻקָּיו וּמִצְוֹתָיו וּמִשְׁפָּטָיו וְלִשְׁמֹעַ בְּקֹלוֹ׃
et-adonáy he'emárta hayom lihyot lekhá lelohím velalékhet bidrakháv velichmór 'houkkáv oumitsvotáv oumichpatáv velichmóa bekoló
17 Tu as exalté le SEIGNEUR aujourd'hui, pour qu'Il soit Dieu pour toi, pour marcher dans Ses voies, observer Ses lois, et Ses commandements, et Ses statuts, et écouter Sa voix.
Il y a des lois de Dieu – des ordonnances pour les relations au sein de la communauté, entre les gens. Il y a des lois des relations entre l'homme et Dieu. Il y a des lois selon lesquelles il faut résoudre différents problèmes. Et pour chacune d'elles il y a ses propres termes. Il y a les commandements de Dieu, les injonctions – ce que le Très-Haut veut de nous. Tout cela dans son intégralité, toute la volonté du Très-Haut à notre égard, nous l'observerons.
וַיהוָה הֶאֱמִירְךָ הַיּוֹם לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגֻלָּה כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר־לָךְ וְלִשְׁמֹר כָּל־מִצְוֹתָיו׃
vadonáy he'emirekhá hayom lihyot lo le'ám segoullá ka'achér dibber-lákh velichmór kol-mitsvotáv
18 Mais le SEIGNEUR aussi t'a élevé aujourd'hui pour que tu sois pour Lui un peuple ségoula, comme Il te l'a dit, pour observer tous Ses commandements,
Le mot ségoula est très difficile à traduire, il n'a en réalité pas d'équivalent en langue russe. On le traduit par trésor. De la même racine, samekh-guimel-lamed, vient le mot lessaguel (acquérir des propriétés, acquérir des qualités, mettre en conformité) ; messougal – capable de faire telle ou telle chose. C'est-à-dire que am (peuple) ségoula – c'est un peuple qui va acquérir, se transformer dans les qualités du Très-Haut. C'est-à-dire que tu seras Mon peuple-trésor, le peuple ségoula, tu te transformeras en peuple juste, qui vivra selon les lois divines.
וּלְתִתְּךָ עֶלְיוֹן עַל כָּל־הַגּוֹיִם אֲשֶׁר עָשָׂה לִתְהִלָּה וּלְשֵׁם וּלְתִפְאָרֶת וְלִהְיֹתְךָ עַם־קָדֹשׁ לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ כַּאֲשֶׁר דִּבֵּר׃
oultittekhá elyon al kol-haggoyím achér assá lithillá oulchém oultif'áret velihyotekhá am-kadóch ladonáy elohékha ka'achér dibbér
19 Et Il te placera au-dessus de tous les peuples qu'Il a faits (créés), pour Sa gloire, pour Son nom (pour la glorification de Son nom), et pour proclamer en toi Sa splendeur, pour que tu sois un peuple saint pour le SEIGNEUR, comme Il l'a dit ».
C'est-à-dire non pas donner, non pas doter le peuple de quelques propriétés surhumaines pour que le peuple soit au-dessus de tous, mais le nommer à une haute fonction.
Pour beaucoup, bien sûr, la phrase selon laquelle le SEIGNEUR a placé, a élevé Israël au-dessus de tous les peuples sonne de façon très effrayante et étrange. Mais c'est semblable au rôle d'un serviteur ou d'un kohen, qui est placé au-dessus, pour servir. Telle était dès l'origine la destination d'Israël – porter le message divin jusqu'à tous les peuples. Le SEIGNEUR choisit n'importe lequel d'entre nous, indépendamment de la nationalité, et celui qui se joint au peuple de Dieu, oui, est élevé, monte. Mais il monte pour éclairer d'en haut, pour élever les autres : non pas repousser, en ne laissant pas monter, mais donner la main, tendre la main à ceux qui veulent monter. C'est une très grande différence, une distinction très importante, et il faut s'en souvenir.
Ici se termine le chapitre 26, et nous passerons au chapitre 27.
וַיְצַו מֹשֶׁה וְזִקְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת־הָעָם לֵאמֹר שָׁמֹר אֶת־כָּל־הַמִּצְוָה אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם הַיּוֹם׃
vaytsáv moché vezikné yisraél et-ha'ám lemór chamór et-kol-hammitsvá achér anokhí metsavvé etkhém hayóm
1 Et Moché et les anciens d'Israël commandèrent au peuple, en disant : « Gardez tous les commandements que je vous ai prescrits aujourd'hui.
וְהָיָה בַּיּוֹם אֲשֶׁר תַּעַבְרוּ אֶת־הַיַּרְדֵּן אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ וַהֲקֵמֹתָ לְךָ אֲבָנִים גְּדֹלוֹת וְשַׂדְתָּ אֹתָם בַּשִּׂיד׃
vehayá bayom achér ta'avroú et-hayardén el-ha'árets acher-adonáy elohékha notén lakh vahakemotá lekhá avaním gedolót vesadtá otám bassíd
2 Et il arrivera, au jour où vous passerez le Jourdain vers le pays que le SEIGNEUR, ton Dieu, te donne, que tu dresseras pour toi de grandes pierres et que tu les blanchiras à la chaux.
וְכָתַבְתָּ עֲלֵיהֶן אֶת־כָּל־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת בְּעָבְרֶךָ לְמַעַן אֲשֶׁר תָּבֹא אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבַשׁ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֱלֹהֵי־אֲבֹתֶיךָ לָךְ׃
vekhatavtá alehén et-kol-divré hattorá hazzót be'ovrékha lemá'an achér tavó el-ha'árets acher-adonáy elohékha notén lekhá érets zavát 'haláv oudvách ka'achér dibbér adonáy elohe-avotékha lakh
3 Et écris sur elles toutes les paroles de cette Torah, quand tu accompliras ce passage, afin que tu entres dans le pays que le SEIGNEUR, ton Dieu, te donne, un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l'a promis le SEIGNEUR, Dieu de tes Pères.
C'est-à-dire que, dès que tu entreras dans le pays, ton chemin mènera au mont Éval, où tu dresseras un autel, tu prendras des pierres, tu les blanchiras et tu écriras sur elles toutes les paroles de cette Torah. Que signifie toutes les paroles de cette Torah ? Il y a des commentateurs qui disent : « Toute, toute la Torah, Moché, écris-la, et en plus en soixante-dix langues ». Il est difficile de se représenter le caractère grandiose de ce projet et de sa réalisation. D'autres commentateurs disent : « Ce qui sera écrit plus loin dans ce chapitre, voilà, ces bénédictions et ces malédictions ». D'autres commentateurs encore disent qu'il faut écrire le Décalogue.
On ne sait pas clairement ce qu'il fallait écrire exactement. L'autel qu'a dressé Yéhochoua ben Noun s'est, Dieu merci, conservé jusqu'à nos jours. Il a fallu, il est vrai, l'enterrer quand ce territoire a été remis à l'autonomie palestinienne. Pour éviter une profanation, on a réenterré cet autel de la même manière qu'on l'avait déterré. Mais quand on a trouvé l'autel, les pierres avec les inscriptions n'ont pas été trouvées, et il est difficile de se représenter ce qui était écrit sur elles, il est impossible de le reconstituer.
Méïr Bar-Ilan dit que ce qui était écrit pouvait être semblable à ce qui est écrit sur la mézouza, qui est fixée aux montants des portes : « Et écris-le sur les montants de ta maison », c'est-à-dire que c'est le commandement lui-même qu'on a écrit sur la mézouza. Méïr Bar-Ilan dit que, très probablement, sur les pierres de l'autel du mont Éval aussi ont été écrits ces versets et, peut-être, la suite de ce chapitre. Cette variante est la plus probable, bien qu'on puisse en discuter à l'infini, puisque personne n'a de réponse définitive.
וְהָיָה בְּעָבְרְכֶם אֶת־הַיַּרְדֵּן תָּקִימוּ אֶת־הָאֲבָנִים הָאֵלֶּה אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם הַיּוֹם בְּהַר עֵיבָל וְשַׂדְתָּ אוֹתָם בַּשִּׂיד׃
vehayá be'ovrekhém et-hayardén takímou et-ha'avaním ha'élle achér anokhí metsavvé etkhém hayom behár evál vesadtá otám bassíd
4 Et il arrivera, quand vous passerez le Jourdain, dressez ces pierres, comme je vous l'ordonne aujourd'hui, sur le mont Éval, et tu les blanchiras à la chaux.
Le mont Éval se trouve dans la région de Ch'khem, à peu près là où, bien plus tard, Yéchoua Machia'h rencontrera la Samaritaine ; là d'où, à proprement parler, a commencé le voyage du peuple d'Israël, en la personne de Yossef, vers l'Égypte, et où Yossef sera enterré. Un point très symbolique pour y revenir et confirmer l'accord conclu. Encore une fois, devant tout le peuple, déjà dans le pays d'Israël (pour que personne ne dise que c'était là-bas, dans le passé), confirmer l'acceptation des commandements. Confirmer l'accord non plus dans le désert du Sinaï, mais le répéter devant tout le peuple, dans le pays d'Israël lui-même, au point de destination final du peuple d'Israël. Et l'on peut dire que Ch'khem symbolise ce point de destination même.
Et nous, revenons à nos pierres.
וּבָנִיתָ שָּׁם מִזְבֵּחַ לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ מִזְבַּח אֲבָנִים לֹא־תָנִיף עֲלֵיהֶם בַּרְזֶל׃
ouvaníta cham mizbéya'h ladonáy elohékha mizbá'h avaním lo-taníf alehém barzél
5 Et tu dresseras là un autel au SEIGNEUR, ton Dieu, un autel de pierre, sur lequel tu ne lèveras pas le fer (c'est-à-dire de pierres non taillées).
אֲבָנִים שְׁלֵמוֹת תִּבְנֶה אֶת־מִזְבַּח יְהוָה אֱלֹהֶיךָ וְהַעֲלִיתָ עָלָיו עוֹלֹת לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
avaním chelemót tivné et-mizbá'h adonáy elohékha veha'alíta aláv olót ladonáy elohékha
6 De pierres entières bâtis l'autel pour le SEIGNEUR, ton Dieu, et tu élèveras sur lui l'holocauste pour le SEIGNEUR, ton Dieu.
וְזָבַחְתָּ שְׁלָמִים וְאָכַלְתָּ שָּׁם וְשָׂמַחְתָּ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
vezava'htá chelamím ve'akhálta cham vesama'htá lifné adonáy elohékha
7. Et tu apporteras là des sacrifices de paix, et tu mangeras là, et tu te réjouiras devant le SEIGNEUR, ton Dieu.
Nous nous souvenons du sacrifice chélamim (sacrifice de paix), qu'il est mangé à la fois par les kohanim, et pour ainsi dire par l'autel (le Très-Haut), et par celui qui l'apporte. Mais quelle est la raison de la fête ? Le chemin de quarante ans du peuple d'Israël depuis l'Égypte vers le pays d'Israël, malgré toutes les péripéties, toutes les difficultés, toutes les chutes très bas et les chutes encore plus bas, tous les fonds crevés, les rébellions, les soulèvements, les révolutions et les contre-révolutions – malgré tout cela, le chemin du peuple d'Israël vers le pays d'Israël, l'opération de retour du peuple d'Israël dans le pays d'Israël s'est achevée victorieusement. L'achèvement du chemin de quarante ans – c'est une raison grandiose pour une fête.
וְכָתַבְתָּ עַל־הָאֲבָנִים אֶת־כָּל־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת בַּאֵר הֵיטֵב׃
vekhatavtá al-ha'avaním et-kol-divré hattorá hazzót ba'ér hetév
8 Et tu écriras sur les pierres toutes les paroles de cette Torah avec une bonne clarté.
Et ici aussi ce n'est pas clair : sur la base de ces mots, beaucoup disent qu'il s'agit d'écrire en soixante-dix langues. Il y a beaucoup de midrachim, appelés midrachim universalistes. Il existe un tel courant dans le judaïsme, de tels maîtres, qui ont tout le temps enseigné que la Torah est donnée pour tous les peuples, qu'elle a toujours été destinée ainsi et qu'elle était déjà donnée d'emblée en soixante-dix langues ; c'est pourquoi ce commandement – c'est le commandement de l'écrire en soixante-dix langues. Et peut-être en est-il ainsi. Mais ici cela peut aussi signifier : « Écris-le en grandes lettres, de façon que ce soit clair, de façon que cela se lise ».
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה וְהַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם אֶל כָּל־יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר הַסְכֵּת וּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל הַיּוֹם הַזֶּה נִהְיֵיתָ לְעָם לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
vaydabbér moché vehakkohaním halviyím el-kol-yisraél lemór haskét ouchmá yisraél hayom hazzé nihyéta le'ám ladonáy elohékha
9. Et Moché, et les kohanim, et les lévites parlèrent à tout Israël, en disant : « Reste immobile et écoute, Israël, en ce jour tu es devenu un peuple pour le SEIGNEUR, ton Dieu.
וְשָׁמַעְתָּ בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ וְעָשִׂיתָ אֶת־מִצְוֹתָו וְאֶת־חֻקָּיו אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם׃
Vechama'tá bekól adonáy elohékha ve'assíta et-mitsvotáv ve'et-'houkkáv achér anokhí metsavvekhá hayom
10 Et tu obéiras à la voix du SEIGNEUR, ton Dieu, et tu accompliras Ses commandements, et Ses lois, que je te prescris aujourd'hui ! »
וַיְצַו מֹשֶׁה אֶת־הָעָם בַּיּוֹם הַהוּא לֵאמֹר׃
vaytsáv moché et-ha'ám bayom hahoú lemór
11 Et Moché commanda au peuple en ce jour-là, en disant :
Ici, de nouveau, il se passe quelque chose d'étonnant : Moché, qui sait qu'il n'entrera pas dans le pays d'Israël, donne des instructions concernant la cérémonie, concernant l'événement qui aura lieu dans le pays d'Israël, et le décrit avec une précision géographique, avec la connaissance de la géographie du pays d'Israël, comme s'il pouvait se représenter comment cela se passera, comme s'il s'y trouvait. Et il donne au peuple d'Israël des instructions sur la manière dont le peuple prendra de nouveau sur lui les commandements, proclamera encore une fois la prise sur lui des commandements, en fait, déjà sans Moché. Cela se fera sans sa participation, mais il donne des instructions, par conséquent, son enseignement, sa direction, son mentorat se révéleront justement dans toute cette cérémonie, dans tout cet événement.
אֵלֶּה יַעַמְדוּ לְבָרֵךְ אֶת־הָעָם עַל־הַר גְּרִזִים בְּעָבְרְכֶם אֶת־הַיַּרְדֵּן שִׁמְעוֹן וְלֵוִי וִיהוּדָה וְיִשָּׂשכָר וְיוֹסֵף וּבִנְיָמִן׃
élle ya'amdoú levarékh et-ha'ám al-hár gerizím be'ovrekhém et-hayardén chim'ón veleví vihoudá veyissakhár veyosséf ouvinyamín
12 « Voici ceux qui monteront pour bénir le peuple sur le mont Guérizim, quand vous aurez traversé le Jourdain : Chimon, et Lévi, et Yéhouda, et Yissakhar, et Yossef, et Binyamin.
Ce sont tous des fils de Ra'hel et de Léa, des fils des Matriarches, et non des esclaves. Il y a encore Réouven, qui est lui aussi des fils des Matriarches, il sera question de lui un peu plus tard, dans une discussion à part.
וְאֵלֶּה יַעַמְדוּ עַל־הַקְּלָלָה בְּהַר עֵיבָל רְאוּבֵן גָּד וְאָשֵׁר וּזְבוּלֻן דָּן וְנַפְתָּלִי׃
ve'élle ya'amdoú al-hakkelalá behár evál re'ouvén gad ve'achér ouzvouloún dan venaftalí
13 Et voici ceux qui se tiendront pour la malédiction sur le mont Éval : Réouven, Gad, et Acher, et Zévouloun, Dan et Naftali.
Remarquez combien la Torah est prudente dans sa langue. Il n'est pas écrit maudire le peuple d'Israël, c'est-à-dire que la Torah ne relie pas ces deux mots : la malédiction et le peuple, comme dans le verset précédent – bénir le peuple.
וְעָנוּ הַלְוִיִּם וְאָמְרוּ אֶל־כָּל־אִישׁ יִשְׂרָאֵל קוֹל רָם׃
ve'anoú halviyím ve'ameroú el-kol-ích yisraél kol ram
14 Et les lévites parleront, et proclameront à chaque homme d'Israël d'une voix forte :
Bien que tout le peuple se soit rassemblé, on s'adresse à chaque homme, de sorte que chacun entende. Et chacun répond – dans ce cas, il prend lui-même sur lui ces commandements, prend sur lui des engagements.
אָרוּר הָאִישׁ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה פֶסֶל וּמַסֵּכָה תּוֹעֲבַת יְהוָה מַעֲשֵׂה יְדֵי חָרָשׁ וְשָׂם בַּסָּתֶר וְעָנוּ כָל־הָעָם וְאָמְרוּ אָמֵן׃
aroúr ha'ích achér ya'assé féssel oumassekhá to'avát adonáy ma'assé yedé 'harách vesám bassáter ve'anoú khol-ha'ám ve'ameroú amén
15 « Maudit l'homme qui fera une statue d'idole ou une image de fonte, abominable pour le SEIGNEUR, la fera d'un travail habile, et la cachera quelque part ! » Et tout le peuple répondra, et dira : « Amen ! »
C'est-à-dire que même une statue esthétiquement belle, saisissante par sa splendeur, de quelque Artémis d'Éphèse – est une abomination pour le SEIGNEUR. Même si cet homme fait cette statue, cette idole, belle ou non, et ne l'expose pas aux regards.
Et tout le peuple prend sur lui que, si quelqu'un agit ainsi, il recevra la malédiction.
אָרוּר מַקְלֶה אָבִיו וְאִמּוֹ וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr maklé avív ve'immó ve'amár kol-ha'ám amén
16 « Maudit celui qui avilit (déshonore, injurie) son père et sa mère ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
אָרוּר מַסִּיג גְּבוּל רֵעֵהוּ וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr massíg gevoúl re'éhou ve'amár kol-ha'ám amén
17 « Maudit celui qui viole les limites de son prochain ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
Un commandement plus difficile à comprendre. Il s'agit de celui qui repousse les limites, déplace les clôtures, s'empare d'un territoire, pénètre dans la vie privée ou entrave le gagne-pain. Au lieu de faire concurrence, il enlève simplement le gagne-pain, nous avons parlé de ce commandement. Par exemple, un homme a un petit salon de coiffure dans une petite ville, et cela le nourrit. Un autre homme est venu et essaie de lui enlever ce gagne-pain, d'ouvrir encore un salon de coiffure. Il est clair que dans une telle ville un seul fonctionnera, c'est pourquoi on ne peut pas ouvrir le second, on ne peut pas prendre à un homme sa subsistance, violer ses limites. Maudit l'homme qui agit ainsi. Cela ne concerne pas seulement le champ dont un homme tire son gain, mais aussi le territoire sur lequel un homme gagne sa vie.
אָרוּר מַשְׁגֶּה עִוֵּר בַּדָּרֶךְ וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr machgé ivvér baddárekh ve'amár kol-ha'ám amén
18 « Maudit celui qui égare l'aveugle en chemin, qui détourne l'aveugle de sa route ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
Il ne s'agit pas seulement de l'aveugle. Si une femme est venue faire le ménage chez vous et que vous avez laissé une liasse de billets de cent dollars (Dieu veuille que vous en ayez) dans le but de la tenter, alors vous aussi, vous détournez l'aveugle de la route. Si un homme a été dépendant de l'alcool, il ne faut pas boire de vin devant lui. Et ainsi de suite. Il faut s'abstenir d'égarer un homme là où il est faible, là où il est encore dépendant, là où il est sans force. Les gens qui sont déjà guéris doivent se souvenir : quelque part, à l'intérieur, je suis encore alcoolique, quelque part on peut encore me détourner du chemin. Et cela arrive, et il faut être prudent. Chez certains, la guérison se produit définitivement et irrévocablement, mais d'autres, il faut encore en prendre soin, il faut faire preuve de sollicitude, pour ne tenter personne. Comme disent les commentateurs juifs : « La brèche dans la clôture attire le voleur ». Il ne faut pas réveiller chez un homme ses faiblesses, quelles qu'elles soient, il ne faut pas détourner l'aveugle de la route.
אָרוּר מַטֶּה מִשְׁפַּט גֵּר־יָתוֹם וְאַלְמָנָה וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr matté michpát ger-yatóm ve'almaná ve'amár kol-ha'ám amén
19 « Maudit celui qui viole (déforme) le jugement de l'étranger, de l'orphelin et de la veuve ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
אָרוּר שֹׁכֵב עִם־אֵשֶׁת אָבִיו כִּי גִלָּה כְּנַף אָבִיו וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr chokhév im-échet avív ki gillá kenáf avív ve'amár kol-ha'ám amén
20 « Maudit celui qui couchera avec la femme de son père, car il a entrouvert le pan de son père ! » Et tout le peuple répondra : « Amen ! »
Apparemment, le passé de Réouven (quand il est entré chez Bilha et, selon certains avis, a seulement dérangé sa couche, seulement froissé ses vêtements, et selon d'autres – est littéralement entré chez elle) exigeait que les descendants de la tribu de Réouven se repentent en quelque sorte de cela, prennent sur eux ce commandement, et c'est pourquoi, comme le pensent de nombreux commentateurs, Réouven n'est pas entré dans le groupe de ceux qui bénissent, bien qu'il soit fils d'une Matriarche.
אָרוּר שֹׁכֵב עִם־כָּל־בְּהֵמָה וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr chokhév im-kol-behemá ve'amár kol-ha'ám amén
21 « Maudit celui qui couchera avec quelque bête que ce soit ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
אָרוּר שֹׁכֵב עִם־אֲחֹתוֹ בַּת־אָבִיו אוֹ בַת־אִמּוֹ וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr chokhév im-a'hotó bat-avív o vat-immó ve'amár kol-ha'ám amén
22 « Maudit celui qui couchera avec sa sœur, fille de son père ou fille de sa mère ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
אָרוּר שֹׁכֵב עִם־חֹתַנְתּוֹ וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr chokhév im-'hotantó ve'amár kol-ha'ám amén
23 « Maudit celui qui couchera avec sa belle-mère ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
אָרוּר מַכֵּה רֵעֵהוּ בַּסָּתֶר וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr makké re'éhou bassatér ve'amár kol-ha'ám amén
24 « Maudit celui qui frappe son prochain en secret ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
On peut le comprendre au sens étroit : maudit celui qui, en silence, en cachette, bat sa femme, bat des gens qui dépendent de lui, bat simplement quelqu'un. Dans une compréhension plus large, comme on l'interprète habituellement, il s'agit aussi de la médisance. En disant quelque chose dans le dos, en chuchotant quelque chose dans le dos, nous frappons ainsi, pour ainsi dire, un homme en secret et tombons sous la malédiction dont il est parlé ici.
אָרוּר לֹקֵחַ שֹׁחַד לְהַכּוֹת נֶפֶשׁ דָּם נָקִי וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr lokéya'h chó'had lehakkót néfech dam nakí ve'amár kol-ha'ám amén
25 « Maudit celui qui prend un présent (ou un pot-de-vin) pour faire périr une âme innocente ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
Il ne s'agit pas ici d'un tueur à gages, mais de celui qui tord le jugement. Bien que, bien sûr, on puisse aussi l'appliquer au tueur à gages. On ne peut pas tuer pour de l'argent, on ne peut pas, pour quelque profit, condamner un homme à mort. Le juge qui a pris un pot-de-vin pour condamner un homme à mort est lui aussi un tueur en son genre.
אָרוּר אֲשֶׁר לֹא־יָקִים אֶת־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה־הַזֹּאת לַעֲשׂוֹת אוֹתָם וְאָמַר כָּל־הָעָם אָמֵן׃
aroúr achér lo-yakím et-divré hattora-hazzót la'asót otám ve'amár kol-ha'ám amén
26 « Maudit celui qui n'observera pas les paroles de cette Torah, pour les accomplir ! » Et tout le peuple dira : « Amen ! »
Comme le commente Rachi, toute la Torah est contenue en cela – dans ces paroles, dans ces principes. En acceptant cela, l'homme prend sur lui toute la Torah. Et celui qui ne l'observe pas tombera sous la malédiction – c'est le bilan de tous-tous-tous ces commandements. Celui qui a transgressé l'un de ces commandements a déjà transgressé toute la Torah. Et tout le peuple dira : « Amen ! »
Bénédictions et malédictions
Dévarim 28,1–69
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Ki Tavo et nous lirons aujourd'hui le chapitre 28 du livre de Dévarim.
Après quarante ans de pérégrinations, le peuple se tient au seuil de l'entrée dans le pays d'Israël. De ces gens qui sont sortis d'Égypte il y a quarante ans, pratiquement personne n'est resté en vie, comme l'avait juré le Très-Haut. Il ne reste plus ces gens qui se tenaient sur le mont Sinaï et écoutaient les commandements de la Torah. Et il est important d'énoncer encore une fois au peuple en quoi consiste l'alliance, en quoi consiste l'essence de la relation entre le peuple et le Très-Haut, de rappeler les bénédictions et les malédictions qui sont liées à cette alliance. Et tout notre chapitre 28 (et ce sera un long chapitre, et notre conversation sera longue) sera consacré aux bénédictions et aux malédictions dans l'alliance avec le Très-Haut. Et nous commencerons, comme d'habitude, par le verset 1.
וְהָיָה אִם־שָׁמוֹעַ תִּשְׁמַע בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לִשְׁמֹר לַעֲשׂוֹת אֶת־כָּל־מִצְוֹתָיו אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם וּנְתָנְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ עֶלְיוֹן עַל כָּל־גּוֹיֵי הָאָרֶץ׃
vehayá im-chamóa tichmá bekól adonáy elohékha lichmór la'asót et-kol-mitsvotáv achér anokhí metsavvekhá hayom ountanekhá adonáy elohékha elyon al kol-goyé ha'árets
1 Et il arrivera, si tu écoutes de l'ouïe (de toute ton ouïe tu entendras) la voix du SEIGNEUR, ton Dieu, pour garder (te garder, prendre garde, t'efforcer de garder) tous Ses commandements que je te prescris aujourd'hui, alors le SEIGNEUR, ton Dieu, te placera au-dessus de tous les peuples de la terre.
Remarquez que Moché parle ici avec le peuple d'Israël au singulier, avec le peuple comme un tout unique, tout le peuple constitue un seul corps. Si un seul n'écoute pas, cela influe sur tous. Si un seul est un juste, sa justice influe sur tous. Comme dans tout corps entier la maladie d'un organe peut influer sur les autres organes, il en va exactement de même dans le peuple d'Israël.
Que signifie te placera au-dessus des peuples de la terre ? C'est-à-dire que tu influeras sur tous les événements du monde, de ton état dépendront tous les événements mondiaux.
וּבָאוּ עָלֶיךָ כָּל־הַבְּרָכוֹת הָאֵלֶּה וְהִשִּׂיגֻךָ כִּי תִשְׁמַע בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
ouvá'ou alékha kol-habberakhót ha'élle vehissigoúkha ki tichmá bekól adonáy elohékha
2 Et viendront sur toi toutes ces bénédictions, et elles t'attraperont, et elles te rattraperont, si tu écoutes la voix du SEIGNEUR, ton Dieu.
Tu n'auras rien à faire de plus, sinon obéir au Très-Haut, pour que ces bénédictions t'atteignent, te rattrapent. Ce bien lui-même, les bénédictions elles-mêmes te poursuivront et te rattraperont.
בָּרוּךְ אַתָּה בָּעִיר וּבָרוּךְ אַתָּה בַּשָּׂדֶה׃
baroúkh attá ba'ír ouvaroúkh attá bassadé
3 Béni es-tu dans la ville et béni es-tu dans le champ.
C'est-à-dire que ton commerce est béni, ton industrie est bénie, ton artisanat – tout ce qui se fait dans la ville sera béni. Et dans l'agriculture seront bénis les fruits de la terre, les légumes, les fruits – une contrée généreuse et prospère.
בָּרוּךְ פְּרִי־בִטְנְךָ וּפְרִי אַדְמָתְךָ וּפְרִי בְהֶמְתֶּךָ שְׁגַר אֲלָפֶיךָ וְעַשְׁתְּרוֹת צֹאנֶךָ׃
baroúkh peri-vitnekhá oufrí admatekhá oufrí vehemtékha chegár alafékha ve'achterót tsonékha
4 Béni le fruit de ton ventre (de ton sein), et les fruits de ta terre, et les fruits de ton bétail, la progéniture de tes taurillons, et la progéniture de tes troupeaux.
Il te naîtra des enfants beaux, en bonne santé, intelligents, presque avec un diplôme de l'enseignement supérieur. En tout tu prospéreras : et dans l'agriculture, et dans l'élevage – partout sera sur toi la bénédiction.
בָּרוּךְ טַנְאֲךָ וּמִשְׁאַרְתֶּךָ׃
baroúkh tan'akhá oumich'artékha
5 Bénie ta petite corbeille et ton levain.
C'est-à-dire que les fruits comme les céréales – tout sera chez toi en abondance. Seront bénis et la petite corbeille où tu mets les fruits, et la huche, le baquet dans lequel tu fais la pâte.
בָּרוּךְ אַתָּה בְּבֹאֶךָ וּבָרוּךְ אַתָּה בְּצֵאתֶךָ׃
baroúkh attá bevo'ékha ouvaroúkh attá betsetékha
6 Béni es-tu à l'entrée et béni es-tu à ta sortie.
Et quand tu pars aux champs, quand tu pars au travail, tu es béni. Et quand tu reviens, tu es béni aussi : il ne faut pas avoir peur de traverser le parc sans dogue (comme dans la célèbre chanson du groupe Nautilus), tu es sous protection. Pourquoi cela ?
יִתֵּן יְהוָה אֶת־אֹיְבֶיךָ הַקָּמִים עָלֶיךָ נִגָּפִים לְפָנֶיךָ בְּדֶרֶךְ אֶחָד יֵצְאוּ אֵלֶיךָ וּבְשִׁבְעָה דְרָכִים יָנוּסוּ לְפָנֶיךָ׃
yittén adonáy et-oyevékha hakkamím alékha niggafím lefanékha bedérekh e'hád yetse'oú elékha ouvchiv'á derakhím yanoússou lefanékha
7 Parce que le SEIGNEUR fait que les ennemis qui se dressent contre toi soient balayés devant toi ; par un seul chemin ils viendront contre toi, et ils s'enfuiront devant toi par sept chemins.
On peut le traduire ainsi en russe : les ennemis se disperseront en tous sens de frayeur, tellement fort sera leur trouble devant toi. Et tu vivras sur la terre en sécurité, parce que tes ennemis auront peur de toi.
יְצַו יְהוָה אִתְּךָ אֶת־הַבְּרָכָה בַּאֲסָמֶיךָ וּבְכֹל מִשְׁלַח יָדֶךָ וּבֵרַכְךָ בָּאָרֶץ אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ׃
yetsáv adonáy ittékha et-habberakhá ba'assamékha ouvkhól michlá'h yadékha ouverakhekhá ba'árets acher-adonáy elohékha notén lakh
8 Et le SEIGNEUR ordonnera à la bénédiction de demeurer dans tous tes greniers, dans tout ton métier, et te bénira sur la terre que le SEIGNEUR, ton Dieu, te donnera.
Tout ce que tu fais, toute entreprise de ta part sera bénie. La bénédiction – c'est comme l'électricité pour une scie électrique, comme un vent favorable pour un navire, c'est-à-dire le raccordement à une source de force qui agit et renforce tout ce que nous faisons. Tout ce que nous faisons s'accélère, s'améliore, se remplit et ainsi de suite. La bénédiction (brakha) – c'est le raccordement, l'attachement à la Source.
יְקִימְךָ יְהוָה לוֹ לְעַם קָדוֹשׁ כַּאֲשֶׁר נִשְׁבַּע־לָךְ כִּי תִשְׁמֹר אֶת־מִצְוֹת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ וְהָלַכְתָּ בִּדְרָכָיו׃
yekimekhá adonáy lo le'ám kadóch ka'achér nichba-lákh ki tichmór et-mitsvót adonáy elohékha vehalakhtá bidrakháv
9 Le SEIGNEUR t'établira pour Lui comme un peuple saint, comme Il te l'a juré, parce que tu garderas les commandements du SEIGNEUR, ton Dieu, et marcheras dans Sa voie.
וְרָאוּ כָּל־עַמֵּי הָאָרֶץ כִּי שֵׁם יְהוָה נִקְרָא עָלֶיךָ וְיָרְאוּ מִמֶּךָּ׃
vera'oú kol-ammé ha'árets ki chem adonáy nikráLa translittération de l'original a ici une autre voyelle que le texte hébreu, qui porte nikrá (« est invoqué ») ; nous suivons l'hébreu. alékha veyare'oú mimmékka
10 Et tous les peuples de la terre verront que le nom du SEIGNEUR est appelé sur toi, et ils auront peur de toi.
Pour tous les peuples du monde il sera évident que le nom du SEIGNEUR est appelé sur toi. Souvenez-vous de la situation de Yossef. Yossef en Égypte se trouve dans une situation, disons, pas très agréable. Il est – en prison sur une fausse accusation, mais tout le monde ne sait pas qu'il y est sur une fausse accusation. C'est un esclave tombé en prison dans le pays de captivité. Il semblerait qu'il n'y a pas pire. Mais les païens qui l'entourent voient que le SEIGNEUR est avec lui. La présence du SEIGNEUR peut être manifeste dans toutes les situations. Et quand il y a la bénédiction, l'abondance, la richesse, le surplus, l'aisance, si nous vivons dans un pays abondant, riche, quelqu'un peut convoiter notre richesse et voudra nous conquérir. Mais les peuples auront peur, parce qu'ils verront la bénédiction de Dieu, la protection de Dieu sur le peuple d'Israël.
וְהוֹתִרְךָ יְהוָה לְטוֹבָה בִּפְרִי בִטְנְךָ וּבִפְרִי בְהַמְתְּךָ וּבִפְרִי אַדְמָתֶךָ עַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְהוָה לַאֲבֹתֶיךָ לָתֶת לָךְ׃
vehotirekhá adonáy letová bifrí vitnekhá ouvifrí vehemtekhá ouvifrí admatékha al ha'adamá achér nichbá adonáy la'avotékha látet lakh
11 Et le SEIGNEUR te réservera la meilleure part (te donnera plus qu'aux autres) dans le fruit de ton sein, et dans la progéniture de ton bétail, et dans les fruits de ta terre, sur la terre que le SEIGNEUR a juré à tes Pères de te donner.
יִפְתַּח יְהוָה לְךָ אֶת־אוֹצָרוֹ הַטּוֹב אֶת־הַשָּׁמַיִם לָתֵת מְטַר־אַרְצְךָ בְּעִתּוֹ וּלְבָרֵךְ אֵת כָּל־מַעֲשֵׂה יָדֶךָ וְהִלְוִיתָ גּוֹיִם רַבִּים וְאַתָּה לֹא תִלְוֶה׃
yiftá'h adonáy lekhá et-otsaró hattóv et-hachamáyim latét metar-artsekhá be'ittó oulvarékh et kol-ma'assé yadékha vehilvíta goyím rabbím ve'attá lo tilvé
12 Le SEIGNEUR t'ouvrira le trésor de Ses biens, le ciel, pour qu'il te donne la pluie au temps voulu, pour que soient bénies toutes tes œuvres, et tu prêteras à intérêt à beaucoup de peuples, mais toi-même tu n'emprunteras pas.
En général, l'agriculture du pays d'Israël est ainsi faite qu'elle dépend de la pluie. Nous n'avons pas de crue du Nil, pas de réserves d'eau quelconques, et tout dépend de ce que le Très-Haut enverra ou non, chaque année concrète, la pluie nécessaire au temps nécessaire. Tout au début, quand les semis sont encore faibles, une forte pluie peut les tuer, c'est pourquoi à chaque pluie est fixé son temps. Ici le SEIGNEUR dit : « J'enverrai la pluie à temps ». La pluie – ce n'est qu'un exemple. Tous les événements dont tu as besoin pour ta prospérité se produiront au temps voulu.
Vous savez, chaque pays a une dette publique : un pays, quand il a un manque de budget ou quand il y a quelques problèmes avec l'exportation et l'importation, se retrouve endetté. Le royaume d'Israël, béni par le Très-Haut, n'aura pas de dette publique, au contraire, les autres peuples seront débiteurs de ce royaume. C'est encore un symbole de prospérité.
וּנְתָנְךָ יְהוָה לְרֹאשׁ וְלֹא לְזָנָב וְהָיִיתָ רַק לְמַעְלָה וְלֹא תִהְיֶה לְמָטָּה כִּי־תִשְׁמַע אֶל־מִצְוֹת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם לִשְׁמֹר וְלַעֲשׂוֹת׃
ountanekhá adonáy leróch veló lezanáv vehayíta rak lemála veló tihyé lemátta ki-tichmá el-mitsvót adonáy elohékha achér anokhí metsavvekhá hayom lichmór vela'asót
13 Le SEIGNEUR fera de toi la tête et non la queue, tu ne feras que monter et tu ne descendras pas, si tu écoutes les commandements de Dieu que je te prescris aujourd'hui ; efforce-toi de les garder et de les observer.
Tu seras parmi les influents du monde, et non parmi ceux qui sont soumis à l'influence. Tu ne seras pas un pays du tiers-monde, tu seras un pays avancé, un pays de premier plan – si tu te souviens de ces commandements, si tu te souviens de leur juste compréhension et si tu t'efforces de les observer.
וְלֹא תָסוּר מִכָּל־הַדְּבָרִים אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם הַיּוֹם יָמִין וּשְׂמֹאול לָלֶכֶת אַחֲרֵי אֱלֹהִים אֲחֵרִים לְעָבְדָם׃
veló tassoúr mikkol-haddevarím achér anokhí metsavvé etkhém hayom yamín ousmól lalékhet a'haré elohím a'herím le'ovdám
14 Et ne pas t'écarter de toutes les paroles que je t'ai prescrites aujourd'hui, ni à droite, ni à gauche, pour que vous n'alliez pas après d'autres dieux et ne les serviez pas.
Ce sont les bénédictions que nous recevons si nous observons tous les commandements. Mais il est impossible à aucun homme d'observer tous les commandements : si tu n'es pas une femme, tu n'as pas le commandement de compter les jours purs ; si tu n'es pas un homme, tu n'as pas le commandement de la circoncision. Mais ici il est important de ne pas déchirer le « tissu » des commandements, ils doivent tous y être. C'est pourquoi ta femme garde la pureté familiale, tu gardes la circoncision, chacun fait ce qui lui revient. Celui qui n'a pas de béliers ne donne pas la dîme du bétail, celui qui en a – la donne. Chacun garde ce qui lui revient, et personne ne déchire le contexte, parce que la Torah n'est pas un buffet à volonté. Nous ne pouvons pas nous approcher et, comme d'une table de buffet, prendre ce que nous voulons, et laisser ce que nous ne voulons pas, c'est pourquoi il est constamment répété : tous les commandements.
Ainsi, jusqu'au verset 14 inclus, nous avons lu les bénédictions que le Très-Haut donne si l'on observe Ses commandements. Mais il y a aussi à cela un revers.
וְהָיָה אִם־לֹא תִשְׁמַע בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לִשְׁמֹר לַעֲשׂוֹת אֶת־כָּל־מִצְוֹתָיו וְחֻקֹּתָיו אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם וּבָאוּ עָלֶיךָ כָּל־הַקְּלָלוֹת הָאֵלֶּה וְהִשִּׂיגוּךָ׃
vehayá im-ló tichmá bekól adonáy elohékha lichmór la'asót et-kol-mitsvotáv ve'houkkotáv achér anokhí metsavvekhá hayom ouvá'ou alékha kol-hakkelalót ha'élle vehissigoúkha
15 Et il arrivera, si tu n'écoutes pas la voix du SEIGNEUR, ton Dieu, pour garder et observer tous Ses commandements, statuts, que je te prescris aujourd'hui, et viendront sur toi toutes ces malédictions, et elles te rattraperont.
De nouveau – et elles te rattraperont (vehissigoúkha), comme pour les bénédictions. On peut faire quelque chose avec négligence, s'écarter quelque part de la norme, agir quelque part en quelque chose de travers, pour que les malédictions te rattrapent. Mais si tu n'obéis pas au SEIGNEUR, ton Dieu, alors, même quand dans ton métier, dans tes affaires, tu choisis, semble-t-il, les bons programmes, les bons modèles, que tu fais tout correctement, les malédictions te rattraperont aussi. Il faut sans doute rappeler encore une fois que Moché dit cela à la deuxième personne du singulier : tu, te, c'est-à-dire tout le peuple.
Il arrive que naisse, par exemple, un enfant malade, ou qu'il soit difficile d'enfanter, ou encore d'autres situations semblables. Et il y a une telle approche (il faut s'en souvenir, nous ne comprenons pas tout, n'est-ce pas), selon laquelle, peut-être, un certain homme prend sur lui des souffrances pour l'iniquité de tout le peuple, participe aux souffrances du peuple. Peut-être as-tu une âme si élevée, as-tu tant de forces qu'on t'a confié cet enfant malade, qu'on t'a confié qu'il naisse chez toi, une telle approche est aussi possible. Imaginez combien de gens viendraient chez la Matriarche Sara et lui diraient : « Pourquoi donc ne peux-tu pas enfanter ? Vérifions tes actes. Où es-tu tombée ici sous la malédiction ? » Mais tout ne s'explique pas toujours par des péchés personnels quelconques. Et Moché parle à tout le peuple comme à un tout unique, où tous répondent les uns des autres dans une certaine mesure. Et si le peuple marche dans des voies iniques, alors le juste dans le peuple peut lui aussi souffrir. Il faut s'en souvenir. Nous ne comprenons pas toujours les voies du Très-Haut, et chez Lui tout n'est pas toujours noir et blanc, comme il nous semble.
Ainsi, indépendamment de la manière dont l'homme se conduit, de la qualité avec laquelle il s'efforce de travailler, de semer, de moissonner, de construire, de faire des pots, la malédiction le rattrape, s'il n'y a pas de justice. Et alors quoi ?
אָרוּר אַתָּה בָּעִיר וְאָרוּר אַתָּה בַּשָּׂדֶה׃
aroúr attá ba'ír ve'aroúr attá bassadé
16 Maudit es-tu dans la ville et maudit es-tu dans le champ.
Toute ton industrie, tout ce dont tu t'occuperais dans la ville : commerce, affaires, artisanat – tout est maudit. Toute ton agriculture – est maudite. La malédiction, comme un vent contraire, souffle à ta rencontre, t'empêche d'avancer.
Le mot aroúr (maudit) a un synonyme, le verbe lekallél (klalá – malédiction), et de la même racine, kouf-lámed-lámed, provient le verbe lehakel (alléger), c'est-à-dire que cela te prive de poids, te prive de force. Aucun effort de ta part ne peut aboutir, parce que tu es léger, tu n'as pas de poids pour réaliser cet effort.
אָרוּר טַנְאֲךָ וּמִשְׁאַרְתֶּךָ׃
aroúr tan'akhá oumich'artékha
17 Maudite ta corbeille et maudite ta huche.
Et avec les fruits, les légumes et les céréales rien ne te réussira – tout sera maudit.
אָרוּר פְּרִי־בִטְנְךָ וּפְרִי אַדְמָתֶךָ שְׁגַר אֲלָפֶיךָ וְעַשְׁתְּרוֹת צֹאנֶךָ׃
aroúr peri-vitnekhá oufrí admatékha chegár alafékha ve'achterót tsonékha
18 Maudit le fruit de ton ventre, le fruit de ta terre, et la progéniture de tes taurillons, et la multiplication de tes troupeaux.
Les enfants seront chez toi maladifs, à problèmes, et la progéniture du bétail – tout est maudit.
אָרוּר אַתָּה בְּבֹאֶךָ וְאָרוּר אַתָּה בְּצֵאתֶךָ׃
aroúr attá bevo'ékha ve'aroúr attá betsetékha
19 Maudit es-tu à ton entrée et maudit es-tu à ta sortie.
Et en revenant du travail, et en allant au travail, tu te sentiras mal, tu sentiras un danger au-dessus de toi, tu te sentiras maudit. Et c'est réellement dangereux. Pourquoi ?
יְשַׁלַּח יְהוָה בְּךָ אֶת־הַמְּאֵרָה אֶת־הַמְּהוּמָה וְאֶת־הַמִּגְעֶרֶת בְּכָל־מִשְׁלַח יָדְךָ אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה עַד הִשָּׁמֶדְךָ וְעַד־אֲבָדְךָ מַהֵר מִפְּנֵי רֹעַ מַעֲלָלֶיךָ אֲשֶׁר עֲזַבְתָּנִי׃
yechallá'h adonáy bekhá et-hamme'erá et-hammehoumá ve'et-hammig'éret bekhol-michlá'h yadekhá achér ta'assé ad hichamedkhá ve'ad-avodkhá mahér mippené róa ma'alalékha achér azavtáni
20 Le SEIGNEUR enverra sur toi la malédiction, le trouble, la ruine (la diminution) dans tout métier, dans tout ce dont tu t'occuperas, jusqu'à t'anéantir, te faire périr jusqu'à ta prompte perdition à cause de tes méfaits, parce que tu M'as abandonné.
Les malédictions te poursuivront en tout, non pas simplement l'absence d'aide d'en haut, mais même une opposition d'en haut. Si dans toute affaire il y a trois participants : celui qui agit, ce par quoi il agit, et le Très-Haut, alors ici l'opposition viendra des trois côtés, et sur toi-même le Très-Haut enverra le trouble, quand tu ne sais pas quoi faire, et tu n'y arrives pas. Et ton champ, d'une manière ou d'une autre, sera lui aussi gâté : tantôt une souris, tantôt la sécheresse, tantôt encore autre chose.
יַדְבֵּק יְהוָה בְּךָ אֶת־הַדָּבֶר עַד כַּלֹּתוֹ אֹתְךָ מֵעַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־אַתָּה בָא־שָׁמָּה לְרִשְׁתָּהּ׃
yadbék adonáy bekhá et-haddáver ad kallotó otekhá me'ál ha'adamá acher-attá va-chámma lerichtá
21 Le SEIGNEUR enverra sur toi la peste, jusqu'à ce que tu sois exterminé, anéanti de la terre dont tu es venu hériter.
C'est-à-dire que le SEIGNEUR collera, attachera à toi la peste de telle sorte qu'aucun vaccin, aucun antibiotique ni aucun produit de nettoyage n'aidera. Remarquez : au sujet de la terre il n'est pas dit ici que le SEIGNEUR, Ton Dieu, t'a donnée. Quand tu n'obéis pas au Très-Haut, tu vis dans le pays d'Israël à tes risques et périls.
יַכְּכָה יְהוָה בַּשַּׁחֶפֶת וּבַקַּדַּחַת וּבַדַּלֶּקֶת וּבַחַרְחֻר וּבַחֶרֶב וּבַשִּׁדָּפוֹן וּבַיֵּרָקוֹן וּרְדָפוּךָ עַד אָבְדֶךָ׃
yakkekhá adonáy bacha'héfet ouvakkaddá'hat ouvaddalléket ouva'har'hoúr ouva'hérev ouvachiddafón ouvayerakón ourdafoúkha ad ovdékha
22 Et le SEIGNEUR te frappera de fièvre, de fièvre ardente, d'inflammation, de dessèchement, d'épée et de vent d'est, et de toutes sortes d'infections fongiques, et ils te poursuivront jusqu'à ta perdition.
Nous ne connaissons pas certaines maladies qui sont mentionnées ici, nous ne pouvons pas savoir ce que désignent ces mots. Mais nous pouvons voir qu'il s'agit de maladies de toutes les étiologies, comme si toutes les forces pathogènes, les microbes, les infections et le reste – tout s'était uni contre l'homme. L'épée, la main humaine, et le vent, la main de la nature, – tout, tout, tout est dirigé contre l'homme maudit, dirigé vers sa perdition.
וְהָיוּ שָׁמֶיךָ אֲשֶׁר עַל־רֹאשְׁךָ נְחֹשֶׁת וְהָאָרֶץ אֲשֶׁר־תַּחְתֶּיךָ בַּרְזֶל׃
vehayoú chamékha achér al-rochekhá ne'hóchet veha'árets acher-ta'htékha barzél
23 Et le ciel au-dessus de toi sera de cuivre, et la terre sous toi de fer.
C'est-à-dire que ni du ciel, ni de la terre il n'y aura d'aide pour faire pousser les légumes et les fruits : la terre ne sera pas fertile, et le ciel n'apportera pas la pluie.
יִתֵּן יְהוָה אֶת־מְטַר אַרְצְךָ אָבָק וְעָפָר מִן־הַשָּׁמַיִם יֵרֵד עָלֶיךָ עַד הִשָּׁמְדָךְ׃
yittén adonáy et-metár artsekhá avák ve'afár min-hachamayim yeréd alékha ad hichamedákh
24 Et le SEIGNEUR fera de ta pluie de la poudre, et la poussière du ciel descendra sur toi, jusqu'à t'anéantir.
Au lieu de l'eau qui donne la vie, du ciel descendra la poussière – symbole de la mort, symbole du dépérissement.
יִתֶּנְךָ יְהוָה נִגָּף לִפְנֵי אֹיְבֶיךָ בְּדֶרֶךְ אֶחָד תֵּצֵא אֵלָיו וּבְשִׁבְעָה דְרָכִים תָּנוּס לְפָנָיו וְהָיִיתָ לְזַעֲוָה לְכֹל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ׃
yittenkhá adonáy niggáf lifné oyevékha bedérekh e'hád tetsé eláv ouvchiv'á derakhím tanoús lefanáv vehayíta leza'avá lekhól mamlekhót ha'árets
25 Et le SEIGNEUR te balaiera devant tes ennemis ; par un seul chemin tu iras contre lui et par sept chemins tu fuiras devant lui, et tu seras une épouvante pour tous les royaumes de la terre.
Ici, bien sûr, se répète ce que dans la première partie du chapitre nous avons lu comme des bénédictions, mais elles peuvent se changer en malédictions. Le même SEIGNEUR qui bénit peut aussi maudire. Et c'est désormais Israël qui se dispersera en tous sens devant ses ennemis.
Et tous diront : « Eh bien, à Dieu ne plaise d'être comme Israël », comme on dit chez nous aujourd'hui de la Somalie ou du Zimbabwe. Un nom aussi terrible, Israël peut se le gagner, s'il n'écoute pas la voix des cieux.
וְהָיְתָה נִבְלָתְךָ לְמַאֲכָל לְכָל־עוֹף הַשָּׁמַיִם וּלְבֶהֱמַת הָאָרֶץ וְאֵין מַחֲרִיד׃
vehayetá nivlatekhá lema'akhál lekhol-óf hachamáyim oulvehemát ha'árets ve'én ma'haríd
26 Et ta charogne (ici est employé un mot très grossier) sera la nourriture de tout oiseau du ciel et du bétail de la terre, et personne ne s'en indignera (ne te défendra).
יַכְּכָה יְהוָה בִּשְׁחִין מִצְרַיִם וּבָעֳפָלִים (וּבַטְּחֹרִים) וּבַגָּרָב וּבֶחָרֶס אֲשֶׁר לֹא־תוּכַל לְהֵרָפֵא׃
yakkekhá adonáy bich'hín mitsráyim ouvatte'horím ouvaggaráv ouve'háres achér lo-toukhál leherafé
27 Le SEIGNEUR te frappera de l'eczéma d'Égypte, et d'hémorroïdes, et d'eczéma humide, et d'eczéma sec, que tu ne pourras pas guérir.
יַכְּכָה יְהוָה בְּשִׁגָּעוֹן וּבְעִוָּרוֹן וּבְתִמְהוֹן לֵבָב׃
yakkekhá adonáy bechiggaón ouv'ivvarón ouvtimhón leváv
28 Le SEIGNEUR te frappera de folie, et de cécité, et d'hébétude du cœur.
C'est-à-dire que même par un effort de volonté, par un effort du cœur, tu ne pourras rien démêler. Non seulement tu seras dans le trouble, mais tu ne pourras pas non plus te dire : « Bon, calme-toi, réfléchis ». Cela n'agira pas, ce sera le trouble complet.
וְהָיִיתָ מְמַשֵּׁשׁ בַּצָּהֳרַיִם כַּאֲשֶׁר יְמַשֵּׁשׁ הָעִוֵּר בָּאֲפֵלָה וְלֹא תַצְלִיחַ אֶת־דְּרָכֶיךָ וְהָיִיתָ אַךְ עָשׁוּק וְגָזוּל כָּל־הַיָּמִים וְאֵין מוֹשִׁיעַ׃
vehayíta memachéch battsahoráyim ka'achér yemachéch ha'ivvér ba'afelá veló tatslíya'h et-derakhékha vehayíta akh achoúk vegazoúl kol-hayamím ve'én mochíya
29 Et tu iras à tâtons en plein jour, comme un aveugle qui va à tâtons dans les ténèbres, et tu ne réussiras pas dans ton chemin ; et tu seras trompé et dépouillé tous tes jours, et il n'y aura pas de sauveur.
Un homme aveugle, tous peuvent le tromper, le duper, le rouler. Et, bien sûr, il se trouve des gens qui prennent sa défense, s'ils voient cela, mais personne ne prendra ta défense.
אִשָּׁה תְאָרֵשׂ וְאִישׁ אַחֵר יִשְׁגָּלֶנָּה (יִשְׁכָּבֶנָּה) בַּיִת תִּבְנֶה וְלֹא־תֵשֵׁב בּוֹ כֶּרֶם תִּטַּע וְלֹא תְחַלְּלֶנּוּ׃
ichá te'arés ve'ích a'hér yichgalénna (yichkavénna) báyit tivné velo-techév bo kérem tittá veló te'hallelénnou
30 Tu te fianceras à une femme, et un autre homme s'accouplera (couchera) avec elle ; tu bâtiras une maison, mais tu n'y habiteras pas ; tu planteras une vigne, mais tu n'en tireras pas de plaisir ;
Il y a ici un phénomène très intéressant. Si quelqu'un lit le texte hébreu, il voit qu'après le mot plus grossier yichgalénna (tu t'accoupleras) se trouve entre parenthèses le mot yichkavénna (tu coucheras). On ne remplace pas les mots au sens littéral, en barrant l'un et en écrivant l'autre, mais après le mot que l'on veut remplacer, on place le mot par lequel on veut le remplacer, c'est l'usage dans le texte. On évite de lire publiquement certains mots à la synagogue, et c'est pourquoi, au lieu du plus cru yichgalénna (tu t'accoupleras), nous lisons pendant la lecture publique à la synagogue yichkavénna (tu coucheras).
Ici sont cités (si nous nous en souvenons) ces trois mêmes motifs pour lesquels un homme ne va même pas à la guerre : une nouvelle femme, une nouvelle maison et une nouvelle vigne, trois joies qui exemptent l'homme du service militaire. Et ici l'homme en sera privé. Même là où, semble-t-il, il y a une providence particulière, une protection particulière du Très-Haut, elle ne fonctionnera pas.
שׁוֹרְךָ טָבוּחַ לְעֵינֶיךָ וְלֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ חֲמֹרְךָ גָּזוּל מִלְּפָנֶיךָ וְלֹא יָשׁוּב לָךְ צֹאנְךָ נְתֻנוֹת לְאֹיְבֶיךָ וְאֵין לְךָ מוֹשִׁיעַ׃
chorekhá tavoúa'h le'enékha veló tokhál mimménnou 'hamorekhá gazoúl millefanékha veló yachoúv lakh tsonekhá netounót le'oyevékha ve'én lekhá mochíya
31 Ton bœuf sera égorgé devant toi, et tu n'en mangeras pas ; on t'enlèvera ton âne et on ne te le rendra pas ; et ton petit bétail, tes ennemis se le partagent, et il n'y a pas pour toi de salut.
בָּנֶיךָ וּבְנֹתֶיךָ נְתֻנִים לְעַם אַחֵר וְעֵינֶיךָ רֹאוֹת וְכָלוֹת אֲלֵיהֶם כָּל־הַיּוֹם וְאֵין לְאֵל יָדֶךָ׃
banékha ouvnotékha netouním le'ám a'hér ve'enékha ro'ót vekhalót alehém kol-hayom ve'én le'él yadékha
32 Tes fils et tes filles sont livrés à un autre peuple, et tes yeux voient tout cela, et se consument pour eux tout le jour ; et tu ne peux même pas élever la main vers le Très-Haut (parce que tu es à ce point dans les péchés).
Il faut dire que ces malédictions s'accomplissent de façon croissante. Si tu ne reviens pas à toi, si tu ne fais pas téchouva à une étape, alors les malédictions qui t'atteignent sont, elles aussi, chaque fois de plus en plus graves.
פְּרִי אַדְמָתְךָ וְכָל־יְגִיעֲךָ יֹאכַל עַם אֲשֶׁר לֹא־יָדָעְתָּ וְהָיִיתָ רַק עָשׁוּק וְרָצוּץ כָּל־הַיָּמִים׃
perí admatekhá vekhol-yegi'akhá yokhál am achér lo-yadá'ta vehayíta rak achoúk veratsoúts kol-hayamím
33 Le fruit de ta terre et tous tes labeurs, un peuple que tu n'as pas connu les mangera ; et tu seras trompé et brisé tous tes jours.
וְהָיִיתָ מְשֻׁגָּע מִמַּרְאֵה עֵינֶיךָ אֲשֶׁר תִּרְאֶה׃
vehayíta mechouggá mimmar'é enékha achér tir'é
34 Et tu deviendras fou à cause des visions que tu verras.
La tradition dit que le Très-Haut ne donne jamais d'épreuves que l'homme ne pourra pas supporter, pour lesquelles il n'aura pas assez de forces. Mais ici la situation est autre – une situation où le Très-Haut part en guerre contre l'homme. Si d'habitude nous disons : « Le Très-Haut ne porte jamais un coup sans avoir d'abord donné le remède », ici les souffrances seront si fortes, et la face du Très-Haut si cachée, que l'homme ne pourra pas le supporter. Et tout cela, toute cette réalité le rendra fou.
יַכְּכָה יְהוָה בִּשְׁחִין רָע עַל־הַבִּרְכַּיִם וְעַל־הַשֹּׁקַיִם אֲשֶׁר לֹא־תוּכַל לְהֵרָפֵא מִכַּף רַגְלְךָ וְעַד קָדְקֳדֶךָ׃
yakkekhá adonáy bich'hín ra al-habbirkáyim ve'al-hachokáyim achér lo-toukhál leherafé mikkáf raglekhá ve'ád kodkodékha
35 Et le SEIGNEUR te frappera d'une mauvaise lésion (de mauvais ulcères) sur tes genoux et sur tes cuisses, que tu ne pourras pas guérir, de la plante de tes pieds jusqu'au sommet de ta tête.
D'abord sur les genoux, puis aussi sur les cuisses et ainsi de suite de façon croissante, jusqu'à ce que tu sois tout entier couvert de ces ulcères incurables. Combien malheureux peut être l'homme que le Très-Haut maudit, jusqu'où l'on peut s'enfoncer là-dedans !
יוֹלֵךְ יְהוָה אֹתְךָ וְאֶת־מַלְכְּךָ אֲשֶׁר תָּקִים עָלֶיךָ אֶל־גּוֹי אֲשֶׁר לֹא־יָדַעְתָּ אַתָּה וַאֲבֹתֶיךָ וְעָבַדְתָּ שָּׁם אֱלֹהִים אֲחֵרִים עֵץ וָאָבֶן׃
yolékh adonáy otekhá ve'et-malkekhá achér takím alékha el-góy achér lo-yadá'ta attá va'avotékha ve'avádta cham elohím a'herím ets va'áven
36 Le SEIGNEUR te mènera, toi et le roi que tu établiras au-dessus de toi, vers un peuple que ni toi, ni tes Pères n'avez connu, et tu serviras là des dieux étrangers de bois et de pierre.
וְהָיִיתָ לְשַׁמָּה לְמָשָׁל וְלִשְׁנִינָה בְּכֹל הָעַמִּים אֲשֶׁר־יְנַהֶגְךָ יְהוָה שָׁמָּה׃
vehayíta lechammá lemachál velichniná bekhól ha'ammím acher-yenahegkha adonáy chámma
37 Et tu seras un objet de risée, une fable, un nom commun parmi tous les peuples, là où le SEIGNEUR te conduira.
Tu ne vivras pas simplement en exil, mais le SEIGNEUR fera en sorte que tu deviennes la fable des nations, et les peuples du monde diront de toi : « Eh bien, regardez ces Juifs, regardez cet Israël ! »)
זֶרַע רַב תּוֹצִיא הַשָּׂדֶה וּמְעַט תֶּאֱסֹף כִּי יַחְסְלֶנּוּ הָאַרְבֶּה׃
zéra rav totsí hassadé oum'át te'essóf ki ya'hselénnou ha'arbé
38 Le champ donnera beaucoup de fruits, et tu récolteras peu, parce que la sauterelle détruira tout.
Tout au début de l'énumération des malédictions, nous avons dit que le champ ne donnera pas de fruit. Mais il s'avère que cela peut être encore pire, quand le champ donne des fruits, et tu y travailles, et tu les attends, mais tu n'es pas jugé digne de manger ces fruits, parce que la sauterelle dévore tout.
כְּרָמִים תִּטַּע וְעָבָדְתָּ וְיַיִן לֹא־תִשְׁתֶּה וְלֹא תֶאֱגֹר כִּי תֹאכְלֶנּוּ הַתֹּלָעַת׃
keramím tittá ve'avádta veyáyin lo-tichté veló te'egór ki tokhelénnou hattolá'at
39 Tu planteras une vigne et tu y travailleras, mais tu ne boiras pas de vin, tu n'en verseras pas dans des cruches, parce que le ver mangera toute ta vigne.
זֵיתִים יִהְיוּ לְךָ בְּכָל־גְּבוּלֶךָ וְשֶׁמֶן לֹא תָסוּךְ כִּי יִשַּׁל זֵיתֶךָ׃
zetím yihyoú lekhá bekhol-gevoulékha vechémen lo tasoúkh ki yichál zetékha
40 Tu auras des oliviers dans tous tes territoires, et tu ne pourras pas t'oindre d'huile, parce que ton olive tombera.
בָּנִים וּבָנוֹת תּוֹלִיד וְלֹא־יִהְיוּ לָךְ כִּי יֵלְכוּ בַּשֶּׁבִי׃
baním ouvanót tolíd velo-yihyoú lakh ki yelekhoú bachévi
41 Tu enfanteras des fils et des filles, et ils ne seront pas avec toi, parce qu'ils iront en captivité.
כָּל־עֵצְךָ וּפְרִי אַדְמָתֶךָ יְיָרֵשׁ הַצְּלָצַל׃
kol-etsekhá oufrí admatékha yeyaréch hattselatsál
42 Tous tes arbres et tous tes fruits, les insectes en hériteront.
הַגֵּר אֲשֶׁר בְּקִרְבְּךָ יַעֲלֶה עָלֶיךָ מַעְלָה מָּעְלָה וְאַתָּה תֵרֵד מַטָּה מָּטָּה׃
haggér achér bekirbekhá ya'alé alékha má'la má'la ve'attá teréd mátta mátta
43 L'étranger qui est au milieu de toi s'élèvera au-dessus de toi de plus en plus haut, et toi, tu descendras de plus en plus bas.
Même dans ton propre pays tu perdras la domination, et les étrangers prendront le pouvoir sur toi.
הוּא יַלְוְךָ וְאַתָּה לֹא תַלְוֶנּוּ הוּא יִהְיֶה לְרֹאשׁ וְאַתָּה תִּהְיֶה לְזָנָב׃
hou yalvekhá ve'attá lo talvénnou hou yihyé leróch ve'attá tihyé lezanáv
44 Il te prêtera à intérêt, et toi, tu ne lui prêteras pas à intérêt, il sera la tête, et toi, tu seras la queue.
Ce n'est même plus dans le monde, mais dans ton propre pays, sur ta propre terre (mais pas sur cette terre que le SEIGNEUR t'a donnée), où tu es venu, où tu vis déjà de façon autonome, sans observer les commandements – là tu seras la queue, tu seras soumis à un peuple étranger.
וּבָאוּ עָלֶיךָ כָּל־הַקְּלָלוֹת הָאֵלֶּה וּרְדָפוּךָ וְהִשִּׂיגוּךָ עַד הִשָּׁמְדָךְ כִּי־לֹא שָׁמַעְתָּ בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לִשְׁמֹר מִצְוֹתָיו וְחֻקֹּתָיו אֲשֶׁר צִוָּךְ׃
ouvá'ou alékha kol-hakkelalót ha'élle ourdafoúkha vehissigoúkha ad hichamedákh ki-ló chamá'ta bekól adonáy elohekha lichmór mitsvotáv ve'houkkotáv achér tsivvákh
45 Et viendront sur toi toutes ces malédictions, et elles te poursuivront, et elles te rattraperont jusqu'à ton anéantissement complet, parce que tu n'as pas entendu la voix du SEIGNEUR, ton Dieu, pour garder Ses commandements et Ses lois, qu'Il t'a prescrits.
וְהָיוּ בְךָ לְאוֹת וּלְמוֹפֵת וּבְזַרְעֲךָ עַד־עוֹלָם׃
vehayoú vekhá le'ót oulmofét ouvzar'akhá ad-olám
46 Et ces malédictions seront un signe pour toi et pour ta semence à jamais.
תַּחַת אֲשֶׁר לֹא־עָבַדְתָּ אֶת־יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בְּשִׂמְחָה וּבְטוּב לֵבָב מֵרֹב כֹּל׃
tá'hat achér lo-avádta et-adonáy elohékha besim'há ouvtoúv leváv meróv kol
47 Parce que tu n'as pas servi le SEIGNEUR, ton Dieu, dans la joie et dans la bonté de ton cœur, dans l'abondance de tout.
C'est-à-dire que tu as préféré une abondance autre que celle que le SEIGNEUR t'avait promise. Tu as renoncé aux commandements, tu as renoncé à cette joie qui accompagne le service du Très-Haut, tu t'es jeté on ne sait où et tu es tombé sous la malédiction.
וְעָבַדְתָּ אֶת־אֹיְבֶיךָ אֲשֶׁר יְשַׁלְּחֶנּוּ יְהוָה בָּךְ בְּרָעָב וּבְצָמָא וּבְעֵירֹם וּבְחֹסֶר כֹּל וְנָתַן עֹל בַּרְזֶל עַל־צַוָּארֶךָ עַד הִשְׁמִידוֹ אֹתָךְ׃
ve'avadtá et-oyevékha achér yechalle'hénnou adonáy bakh bera'áv ouvtsáma ouv'eróm ouv'hósser kol venatán ol barzél al-tsavvarékha ad hichmidó otákh
48 Et tu serviras tes ennemis, que le SEIGNEUR enverra contre toi, affamé, assoiffé et dévêtu, dans le manque de tout, et Il mettra un fardeau de fer sur ton cou, jusqu'à ce qu'Il t'anéantisse.
יִשָּׂא יְהוָה עָלֶיךָ גּוֹי מֵרָחוֹק מִקְצֵה הָאָרֶץ כַּאֲשֶׁר יִדְאֶה הַנָּשֶׁר גּוֹי אֲשֶׁר לֹא־תִשְׁמַע לְשֹׁנוֹ׃
yissá adonáy alékha goy mera'hók miktsé ha'árets ka'achér yid'é hannácher goy achér lo-tichmá lechonó
49 Le SEIGNEUR amènera contre toi un peuple de loin, du bout de la terre, comme attaque l'aigle, un peuple dont tu ne comprendras pas la langue.
Les peuples voisins te voient constamment. Quand nous nous voyons les uns les autres, il est très difficile d'être en hostilité, difficile d'être en hostilité avec un voisin. Le Très-Haut enverra un autre peuple, d'une autre contrée, de l'autre bout de la terre, un peuple avec lequel il n'y a aucune affinité culturelle, dont tu ne comprendras pas la langue, dont la culture sera complètement autre.
גּוֹי עַז פָּנִים אֲשֶׁר לֹא־יִשָּׂא פָנִים לְזָקֵן וְנַעַר לֹא יָחֹן׃
goy az paním achér lo-yissá faním lezakén vená'ar lo ya'hón
50 Un peuple insolent, qui ne sera pas courtois avec les vieillards et n'aura pas pitié du jeune homme.
וְאָכַל פְּרִי בְהֶמְתְּךָ וּפְרִי־אַדְמָתְךָ עַד הִשָּׁמְדָךְ אֲשֶׁר לֹא־יַשְׁאִיר לְךָ דָּגָן תִּירוֹשׁ וְיִצְהָר שְׁגַר אֲלָפֶיךָ וְעַשְׁתְּרֹת צֹאנֶךָ עַד הַאֲבִידוֹ אֹתָךְ׃
ve'akhál perí vehemtekhá oufri-admatekhá ad hichamedákh achér lo-yach'ír lekhá dagán tiróch veyitshár chegár alafékha ve'achterót tsonékha ad ha'avidó otákh
51 Et il mangera le fruit de ton bétail et le fruit de ta terre jusqu'à ton anéantissement, de sorte qu'il ne te laissera pas de céréales, de raisin et d'huile d'olive, de progéniture de tes taurillons et de surplus de tes troupeaux, jusqu'à ce qu'il te fasse périr.
וְהֵצַר לְךָ בְּכָל־שְׁעָרֶיךָ עַד רֶדֶת חֹמֹתֶיךָ הַגְּבֹהוֹת וְהַבְּצֻרוֹת אֲשֶׁר אַתָּה בֹּטֵחַ בָּהֵן בְּכָל־אַרְצֶךָ וְהֵצַר לְךָ בְּכָל־שְׁעָרֶיךָ בְּכָל־אַרְצְךָ אֲשֶׁר נָתַן יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לָךְ׃
vehetsár lekhá bekhol-che'arékha ad rédet 'homotékha haggevohót vehabbetsourót achér attá botéya'h bahén bekhol-artsékha vehetsár lekhá bekhol-che'arékha bekhol-artsekhá achér natán adonáy elohékha lakh
52 Et il te serrera de près dans toutes tes portes, jusqu'à ce que s'écroulent ces hauts murs et fortifications sur lesquels tu comptais, dans tout ton pays, et il te poursuivra dans toutes tes portes, dans toute ta terre que le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a donnée.
Comment vivais-tu dans ce pays, sans compter sur le Très-Haut ? Tu comptais sur les hauts murs et les solides fortifications. Et le Très-Haut amènera de loin un peuple qui t'assiégera et détruira ces murs. Tu dois te souvenir que c'est le SEIGNEUR qui t'a donné la terre. Le SEIGNEUR commence à agir et par Son pouvoir amènera l'ennemi de loin. Le châtiment devient non plus simplement terrible, mais effroyable.
וְאָכַלְתָּ פְרִי־בִטְנְךָ בְּשַׂר בָּנֶיךָ וּבְנֹתֶיךָ אֲשֶׁר נָתַן־לְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בְּמָצוֹר וּבְמָצוֹק אֲשֶׁר־יָצִיק לְךָ אֹיְבֶךָ׃
ve'akhaltá feri-vitnekhá besár banékha ouvnotékha achér natan-lekhá adonáy elohékha bematsór ouvmatsók acher-yatsík lekhá oyevékha
53 Et tu mangeras le fruit de ton ventre, la chair de tes fils et de tes filles, que le SEIGNEUR, ton Dieu, t'a donnés, dans le siège et la détresse où t'amènera ton ennemi.
Dans le deuxième livre de Mélakhim, au chapitre 6, il y a une histoire terrible de deux femmes, quand l'une a dit à l'autre : « Mangeons aujourd'hui ton enfant, et demain le mien ». Et cette femme vient se plaindre au roi en disant : « Nous avons mangé hier mon enfant, et aujourd'hui elle a caché le sien ». Une histoire terrible. Il y a de très nombreuses histoires et dans le Talmud, et dans les livres d'histoire, sur le fait que de telles choses se sont réellement produites parmi le peuple d'Israël.
הָאִישׁ הָרַךְ בְּךָ וְהֶעָנֹג מְאֹד תֵּרַע עֵינוֹ בְאָחִיו וּבְאֵשֶׁת חֵיקוֹ וּבְיֶתֶר בָּנָיו אֲשֶׁר יוֹתִיר׃
ha'ích harákh bekhá vehe'anóg me'ód terá enó ve'a'hív ouv'échet 'hekó ouvyéter banáv achér yotír
54 Même l'homme au cœur tendre, très agréable, regardera méchamment ses frères, et sa femme, et les autres fils qu'il a.
Même ton intelligentsia verra dans ses proches des pique-assiettes, des concurrents dans la lutte pour un morceau de pain. À cause de toute cette détresse, les familles se brouilleront.
מִתֵּת לְאַחַד מֵהֶם מִבְּשַׂר בָּנָיו אֲשֶׁר יֹאכֵל מִבְּלִי הִשְׁאִיר־לוֹ כֹּל בְּמָצוֹר וּבְמָצוֹק אֲשֶׁר יָצִיק לְךָ אֹיִבְךָ בְּכָל־שְׁעָרֶיךָ׃
mittét le'a'hád mehém mibbesár banáv achér yokhél mibbelí hich'ir-ló kol bematsór ouvmatsók achér yatsík lekhá oyivkhá bekhol-che'arékha
55 Il ne voudra pas partager avec eux la chair de ses fils, qu'il mangera, pour ne pas en laisser à son prochain, dans le siège et la détresse auxquels t'acculera ton ennemi dans toutes tes portes.
C'est-à-dire que non seulement tu mangeras tes fils et tes filles, mais tu les mangeras, disons, tout seul, caché sous la couverture, et tu auras peur que tes proches ne te forcent à partager avec eux.
הָרַכָּה בְךָ וְהָעֲנֻגָּה אֲשֶׁר לֹא־נִסְּתָה כַף־רַגְלָהּ הַצֵּג עַל־הָאָרֶץ מֵהִתְעַנֵּג וּמֵרֹךְ תֵּרַע עֵינָהּ בְּאִישׁ חֵיקָהּ וּבִבְנָהּ וּבְבִתָּהּ׃
harakká vekhá veha'anouggá achér lo-nissetá khaf-raglá hattség al-ha'árets mehit'annég oumerókh terá ená be'ích 'heká ouvivná ouvevittá
56 Et la plus tendre, la plus choyée de tes femmes, celle qui ne pose même pas ses petits pieds sur la terre (ne marche que sur des petits tapis), regardera avec des yeux méchants son mari, son fils et sa fille,
וּבְשִׁלְיָתָהּ הַיּוֹצֵת מִבֵּין רַגְלֶיהָ וּבְבָנֶיהָ אֲשֶׁר תֵּלֵד כִּי־תֹאכְלֵם בְּחֹסֶר־כֹּל בַּסָּתֶר בְּמָצוֹר וּבְמָצוֹק אֲשֶׁר יָצִיק לְךָ אֹיִבְךָ בִּשְׁעָרֶיךָ׃
ouvchilyatá hayotsét mibbén ragléha ouvevanéha achér teléd ki-tokhelém be'hosser-kól bassáter bematsór ouvmatsók achér yatsík lekhá oyivkhá bich'arékha
57 Et sur le placenta (sur l'enveloppe du fruit) qui sort de son entrejambe, et sur les fils qu'elle a enfantés, parce que, dans le manque complet de tout, elle les mangera en secret, dans la détresse et le siège auxquels t'acculera ton ennemi dans tes portes.
Même la femme délicate, choyée, qui n'est absolument pas habituée à la moindre privation, la mère de famille, jettera des regards mauvais sur les nourrissons, sur ses petits enfants au sein et sur ses enfants adultes, avec la pensée qu'elle peut les manger dans la détresse, elle les regardera comme de la nourriture pendant le siège et la détresse, quand l'ennemi serre de près, contraint.
אִם־לֹא תִשְׁמֹר לַעֲשׂוֹת אֶת־כָּל־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת הַכְּתוּבִים בַּסֵּפֶר הַזֶּה לְיִרְאָה אֶת־הַשֵּׁם הַנִּכְבָּד וְהַנּוֹרָא הַזֶּה אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
im-ló tichmór la'asót et-kol-divré hattorá hazzót hakketouvím basséfer hazzé leyir'á et-hachém hannikhbád vehannorá hazzé et adonáy elohekha
58 Si tu ne gardes pas toutes les paroles de cette Torah qui sont écrites dans ce livre, pour craindre ce Nom, honoré et redoutable, le SEIGNEUR, ton Dieu, –
La Torah dit ici encore une fois que toutes ces malédictions viennent sur le peuple d'Israël en conséquence de l'insoumission au Très-Haut, en conséquence de la désobéissance à la Torah.
וְהִפְלָא יְהוָה אֶת־מַכֹּתְךָ וְאֵת מַכּוֹת זַרְעֶךָ מַכּוֹת גְּדֹלוֹת וְנֶאֱמָנוֹת וָחֳלָיִם רָעִים וְנֶאֱמָנִים׃
vehiflá adonáy et-makkotekhá ve'ét makkót zar'ékha makkót gedolót vene'emanót va'holayím ra'ím vene'emaním
59 Alors le SEIGNEUR rendra prodigieux (hors du commun) tes coups et les coups de ta descendance ; il y aura sur toi des coups puissants, fidèles (précis), et des maladies mauvaises et fidèles.
וְהֵשִׁיב בְּךָ אֵת כָּל־מַדְוֵה מִצְרַיִם אֲשֶׁר יָגֹרְתָּ מִפְּנֵיהֶם וְדָבְקוּ בָּךְ׃
vehechív bekhá et kol-madvé mitsráyim achér yagórta mippenehém vedavekou bakh
60 Et Il te rendra tous les maux d'Égypte, que tu craignais, et ils s'attacheront à toi.
גַּם כָּל־חֳלִי וְכָל־מַכָּה אֲשֶׁר לֹא כָתוּב בְּסֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֹּאת יַעְלֵם יְהוָה עָלֶיךָ עַד הִשָּׁמְדָךְ׃
gam kol-'holí vekhol-makká achér lo khatoúv beséfer hattorá hazzót ya'lém adonáy alékha ad hichamedákh
61 Et aussi toutes les maladies et tous les coups qui ne sont pas écrits dans la Torah – tout cela, le SEIGNEUR le fera venir sur toi, jusqu'à t'anéantir.
Ce verset est un bon exemple pour montrer que le Très-Haut est plus grand que la Torah, le Très-Haut ne se guide pas sur une quelconque liste, n'agit pas comme c'est écrit. Il est plus grand que ce qui est écrit, Il est le Créateur, Il est le Législateur. Et Il est plus grand que la loi, c'est pourquoi, quand le Très-Haut fait grâce, il faut aussi s'en souvenir. Et il ne faut pas dire : « On ne peut pas demander cela, parce que ce n'est pas écrit. Pourquoi demandes-tu ce qui n'est pas écrit ? » Nous pouvons demander miséricorde au-delà de ce qui est écrit, le Très-Haut n'est pas soumis à la Torah, il n'y a au-dessus de Lui aucune loi, Il est libre de faire grâce, et Sa miséricorde est à jamais. Tout comme la malédiction peut, elle aussi, ne pas être écrite dans la Torah, de même Il peut faire grâce par une miséricorde qui n'est pas écrite dans ce livre. Il faut s'en souvenir. Et mettons l'accent sur la miséricorde quand nous nous adressons au Très-Haut.
וְנִשְׁאַרְתֶּם בִּמְתֵי מְעָט תַּחַת אֲשֶׁר הֱיִיתֶם כְּכוֹכְבֵי הַשָּׁמַיִם לָרֹב כִּי־לֹא שָׁמַעְתָּ בְּקוֹל יְהוָה אֱלֹהֶיךָ׃
venich'artém bimté me'át tá'hat achér heyitém kekhokhevé hachamáyim laróv ki-ló chamá'ta bekól adonáy elohékha
62 Et il restera de vous très peu, au lieu que vous soyez comme les étoiles du ciel en nombre, parce que tu n'as pas écouté le SEIGNEUR, ton Dieu.
וְהָיָה כַּאֲשֶׁר־שָׂשׂ יְהוָה עֲלֵיכֶם לְהֵיטִיב אֶתְכֶם וּלְהַרְבּוֹת אֶתְכֶם כֵּן יָשִׂישׂ יְהוָה עֲלֵיכֶם לְהַאֲבִיד אֶתְכֶם וּלְהַשְׁמִיד אֶתְכֶם וְנִסַּחְתֶּם מֵעַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־אַתָּה בָא־שָׁמָּה לְרִשְׁתָּהּ׃
vehayá ka'acher-sás adonáy alekhém lehetív etkhém oulharbót etkhém ken yassís adonáy alekhém leha'avíd etkhém oulhachmíd etkhém venissa'htém me'ál ha'adama acher-attá vachámma lerichtá
63 Et il arrivera que, comme le SEIGNEUR, votre Dieu, se réjouissait de vous faire du bien et de vous multiplier, de même le SEIGNEUR se réjouira de vous asservir et de vous anéantir, et tu seras rejeté, arraché de la terre dont tu es venu hériter.
וֶהֱפִיצְךָ יְהוָה בְּכָל־הָעַמִּים מִקְצֵה הָאָרֶץ וְעַד־קְצֵה הָאָרֶץ וְעָבַדְתָּ שָּׁם אֱלֹהִים אֲחֵרִים אֲשֶׁר לֹא־יָדַעְתָּ אַתָּה וַאֲבֹתֶיךָ עֵץ וָאָבֶן׃
vehefitsekhá adonáy bekhol-ha'ammím miktsé ha'árets ve'ad-ketsé ha'árets ve'avádta cham elohím a'herím achér lo-yadá'ta attá va'avotékha ets va'áven
64 Et le SEIGNEUR te dispersera parmi tous les peuples, du bout de la terre jusqu'au bout de la terre, et tu serviras là d'autres dieux, que ni toi, ni ton Père n'avez connus, des dieux de bois et de pierre.
וּבַגּוֹיִם הָהֵם לֹא תַרְגִּיעַ וְלֹא־יִהְיֶה מָנוֹחַ לְכַף־רַגְלֶךָ וְנָתַן יְהוָה לְךָ שָׁם לֵב רַגָּז וְכִלְיוֹן עֵינַיִם וְדַאֲבוֹן נָפֶשׁ׃
ouvaggoyím hahém lo targíya velo-yihyé manóa'h lekhaf-raglékha venatán adonáy lekhá cham lev raggáz vekhilyón enáyim veda'avón náfech
65 Mais même parmi ces peuples tu ne t'apaiseras pas, et il n'y aura pas de repos pour la plante de ton pied, mais le SEIGNEUR te donnera là un cœur nerveux, inquiet, et le désespoir dans les yeux, et l'angoisse de l'âme.
La quintessence du galout (de l'exil) hors du pays et de l'éloignement du Très-Haut – la peur, l'angoisse et le désespoir. Voilà ce que le SEIGNEUR te donnera parmi des peuples inhospitaliers, pour ainsi dire.
וְהָיוּ חַיֶּיךָ תְּלֻאִים לְךָ מִנֶּגֶד וּפָחַדְתָּ לַיְלָה וְיוֹמָם וְלֹא תַאֲמִין בְּחַיֶּיךָ׃
vehayoú 'hayékha telou'ím lekhá minnéged oufa'hadtá láyla veyomám veló ta'amín be'hayékha
66 Ta vie sera comme suspendue, et la nuit tu auras peur, et le jour tu ne seras pas sûr de ta vie.
Tout le temps tu vivras dans l'incertitude. Combien de fois le peuple juif, qui vivait tranquillement sur quelque terre, a été chassé des lieux où il s'était installé, combien de fois il a fallu changer de lieu de résidence, combien souvent les Juifs ont déménagé d'un endroit à l'autre ! Tout au début des années 30 du siècle dernier, avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les Juifs d'Allemagne considéraient que l'Allemagne était le meilleur endroit pour la vie des Juifs. Comme tout s'est renversé en un instant…
בַּבֹּקֶר תֹּאמַר מִי־יִתֵּן עֶרֶב וּבָעֶרֶב תֹּאמַר מִי־יִתֵּן בֹּקֶר מִפַּחַד לְבָבְךָ אֲשֶׁר תִּפְחָד וּמִמַּרְאֵה עֵינֶיךָ אֲשֶׁר תִּרְאֶה׃
babbóker tomár mi-yittén érevDans la translittération de l'original, deux mots sont soudés en un seul. Nous les avons séparés d'après le texte hébreu. ouva'érev tomár mi-yittén bóker mippá'had levavekhá achér tif'hád oumimmar'é enékha achér tir'é
67 Le matin tu diras : « Quand donc le soir ?! », et le soir tu diras : « Quand sera le matin ?! » à cause de la peur de ton cœur, à cause des visions que tu verras.
Tel est le comportement d'un homme qui ne se réjouit absolument pas de la vie, qui n'est pas content d'être né. C'est le comportement d'un esclave, d'un homme qui s'occupe d'une tâche non désirée, vit parmi des gens non désirés, qui n'a aucun bonheur, aucune attente, sinon celle de dire résolument : « Quand donc mourrai-je enfin ?! », à Dieu ne plaise. Le peuple a dû voir, bien sûr, des choses terribles.
וֶהֱשִׁיבְךָ יְהוָה מִצְרַיִם בָּאֳנִיּוֹת בַּדֶּרֶךְ אֲשֶׁר אָמַרְתִּי לְךָ לֹא־תֹסִיף עוֹד לִרְאֹתָהּ וְהִתְמַכַּרְתֶּם שָׁם לְאֹיְבֶיךָ לַעֲבָדִים וְלִשְׁפָחוֹת וְאֵין קֹנֶה׃
vehechivekhá adonáy mitsráyim ba'oniyot baddérekh achér amárti lekhá lo-tossíf od lir'otá vehitmakkartém cham le'oyevékha la'avadím velichfa'hót ve'én koné
68 Et le SEIGNEUR te ramènera en Égypte sur des navires, par le chemin dont je t'ai dit que tu ne le verrais plus ; et vous serez là mis en vente comme esclaves à vos ennemis, comme esclaves et servantes, et il n'y aura pas d'acheteurs ».
C'est-à-dire que le SEIGNEUR te ramènera en Égypte dans des cales, comme des prisonniers. Et puisque tu rompras l'alliance, alors à la fin, à la fin de la rupture, à la fin la plus terrible du chemin, tu retourneras dans cet esclavage dont tu es sorti. Et ne te vante pas de ce que le SEIGNEUR t'a fait sortir, t'a choisi, t'a établi, t'a destiné aux bénédictions, parce qu'en rompant cette alliance, en te dégradant de plus en plus, tu peux descendre à un niveau bien pire que celui à partir duquel tu avais commencé : retourner en Égypte, mais à de tout autres conditions. Et il y aura une telle abondance d'esclaves juifs sur le marché que personne ne voudra les acheter.
Un avertissement si terrible : si tu n'écoutes pas la voix du Très-Haut, ce n'est pas seulement de la bénédiction du Très-Haut qu'on peut être privé. On demande souvent : « Peut-on perdre le salut ? Peut-on perdre la sortie d'Égypte ? » La sortie d'Égypte, on peut la perdre, on peut y retourner non pas en machine à remonter le temps, mais sur des navires qui transportent des esclaves.
Et notre section se termine par les mots :
אֵלֶּה דִבְרֵי הַבְּרִית אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה לִכְרֹת אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּאֶרֶץ מוֹאָב מִלְּבַד הַבְּרִית אֲשֶׁר־כָּרַת אִתָּם בְּחֹרֵב׃
élle divré habberít acher-tsivvá adonáy et-moché likhrót et-bené yisraél be'érets mo'áv millevád habberít acher-karát ittám be'horév
69 Voici les paroles de l'alliance que le SEIGNEUR a ordonné à Moché de conclure avec les fils d'Israël dans le pays de Moav, outre (en plus de) l'alliance conclue avec eux au 'Horev.
Ce n'est pas le remplacement d'une alliance par une autre, aucune alliance n'est abolie, toutes les alliances avec le Très-Haut sont éternelles. Mais, puisque le peuple a changé, puisque le peuple se prépare à entrer dans la terre, le Très-Haut renouvelle l'alliance avec Israël, l'alliance est prononcée encore une fois. De terribles malédictions et de puissantes bénédictions. Il faut se concentrer sur le service du Très-Haut et essayer d'être jugé digne précisément de la bénédiction.
Le précepteur et les diplômés
Dévarim 29,1–8
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Ki Tavo. Nous lirons un tout petit passage, seulement 8 versets, mais ils sont très difficiles et ont de multiples sens. Ainsi, Moché a rassemblé le peuple d'Israël juste avant l'entrée dans le pays d'Israël, afin de renouveler l'alliance, et lors de cette assemblée Moché rappelle au peuple les bénédictions qui le poursuivront, le poursuivront vraiment, s'il écoute la voix de Dieu, cherche la volonté de Dieu dans chaque situation concrète et vit selon la Torah. Il ne sera pas nécessaire de faire quoi que ce soit de particulier pour recevoir la bénédiction. Cela ne veut pas dire qu'il ne sera pas du tout nécessaire de faire quoi que ce soit. Le Très-Haut bénira les œuvres de tes mains, donc il faudra quand même travailler de ses petites mains. Et on peut faire de la rationalisation ou quelque chose de semblable, s'efforcer le plus fort possible, plus fort et encore plus fort, c'est important dans les œuvres de nos mains. Mais la bénédiction, nous la recevons par l'obéissance au Très-Haut.
Il en est de même avec les malédictions. Si l'homme n'écoute pas la voix de Dieu, ne vit pas selon la Torah, alors avec quelque application qu'il travaille, si tôt qu'il se lève, si tard qu'il se couche, les malédictions l'atteindront. On me demande souvent, et je pense qu'il est important de répondre ici à cette question : pourquoi y a-t-il plus de malédictions que de bénédictions, pourquoi les malédictions sont-elles décrites plus en détail ? Pendant toutes ces années où les gens se sont adressés à moi avec diverses questions, personne n'est jamais venu me demander : « Alex, mais pourquoi est-ce que je me sens si bien, hein ? Pourquoi ai-je tant de chance, pourquoi un enfant en bonne santé m'est-il né ? Pourquoi ai-je tant de chance qu'on m'ait augmenté mon salaire ? » L'homme ne se pose pas de questions au sujet de la bénédiction. Mais au sujet de la malédiction, l'homme va fouiller plus en détail. Telle est la nature humaine, et c'est pourquoi il n'y a rien d'étonnant à ce que le Très-Haut aussi, dans la Torah, donne une description plus détaillée des malédictions.
Ainsi, nous lirons à partir du verset 1 du chapitre 29 de notre livre Dévarim.
וַיִּקְרָא מֹשֶׁה אֶל־כָּל־יִשְׂרָאֵל וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם אַתֶּם רְאִיתֶם אֵת כָּל־אֲשֶׁר עָשָׂה יְהוָה לְעֵינֵיכֶם בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם לְפַרְעֹה וּלְכָל־עֲבָדָיו וּלְכָל־אַרְצוֹ׃
vayikrá moché el-kol-yisraél vayomer alehem attém re'itém et kol-achér assá adonáy le'enekhém be'érets mitsráyim lefar'ó oulkhol-avadáv oulkhol-artsó
1 Et Moché rassembla tout Israël, et dit : « Vous avez vu tout ce qu'a fait le SEIGNEUR devant vos yeux dans le pays d'Égypte à Pharaon et à tous ses serviteurs dans tout son pays.
Nous avons déjà lu précédemment que Moché a rassemblé tout Israël. S'agit-il d'une seule et même assemblée, ou bien (ce qui est le plus probable à mon avis) Moché a laissé partir le peuple, lui a donné la possibilité de vivre avec ce qu'ils avaient entendu, de prendre conscience de ce qu'ils avaient entendu, et seulement ensuite a rassemblé le peuple encore une fois, pour parler de nouveau avec le peuple. Ainsi, Moché, très probablement, rassemble le peuple une deuxième fois.
D'un côté, bien sûr, il est étrange de dire vous avez vu, parce que cette génération est née dans le désert et, dans sa majorité, à l'exception de quelques hommes et femmes, n'a pas vu ce qui se passait en Égypte. Mais les enfants, en même temps qu'ils héritent de certaines qualités extérieures, héritent aussi des qualités intérieures de leurs parents, ils héritent de leur mémoire ancestrale. C'est pourquoi ils appartiennent au peuple qui a vu cela. Comme, par exemple, il est raconté dans l'épître aux Hébreux que Lévi lui-même, étant dans les reins d'Avraham, a donné la dîme à Malki-Tsédek, roi de Chalem. De la même façon, cette génération, étant dans les reins de ses parents, a vu ce que le Très-Haut a fait en Égypte.
הַמַּסּוֹת הַגְּדֹלֹת אֲשֶׁר רָאוּ עֵינֶיךָ הָאֹתֹת וְהַמֹּפְתִים הַגְּדֹלִים הָהֵם׃
hammassót haggedolót achér ra'oú enékha ha'otót vehammofetím haggedolím hahém
2 Ces grandes épreuves qu'ont vues tes yeux, ces grands miracles et signes.
Tu as tout vu à travers de grands signes, tu as vu la puissance du Très-Haut, tu as vu qu'Il est merveilleux. Et néanmoins :
וְלֹא־נָתַן יְהוָה לָכֶם לֵב לָדַעַת וְעֵינַיִם לִרְאוֹת וְאָזְנַיִם לִשְׁמֹעַ עַד הַיּוֹם הַזֶּה׃
velo-natán adonáy lakhém lev ladá'at ve'enáyim lir'ót ve'oznáyim lichmó'a ad hayom hazzé
3 Le SEIGNEUR ne vous a pas donné un cœur pour connaître, et des yeux pour voir, et des oreilles pour entendre, jusqu'à ce jour.
Oh, combien d'encre a coulé, combien de lances ont été rompues et combien de croyants ont été excommuniés sur le terrain de ce verset. Essayons de démêler cela : vous avez vu tout cela, mais vous ne pouviez pas le comprendre, parce que le SEIGNEUR ne vous a pas donné de cœur, ne vous a pas donné d'yeux, ne vous a pas donné d'oreilles. Mais si l'homme n'a pas de cœur, d'yeux et d'oreilles, c'est-à-dire si c'est un homme « aveugle-sourd-insensible », alors que peut-on en tirer ? Comment exiger de lui la compréhension des miracles et des signes ? Et si le cœur, les yeux et les oreilles n'ont pas été donnés et ne seront pas donnés au peuple, alors de quoi parler et pourquoi conclure une alliance tout court ?
Et jusqu'à ce jour peut aussi se comprendre de différentes manières. Cela peut être jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire jusqu'à la date réelle d'aujourd'hui, ou bien jusqu'au jour où a lieu cette conversation. Chez les commentateurs, il y a les deux versions. L'expression jusqu'à ce jour est mentionnée dans le livre Dévarim aussi dans d'autres cas, et précisément dans un contexte tel qu'auparavant ce n'était pas, et qu'aujourd'hui c'est. Aujourd'hui, en ce jour, vous êtes comme des diplômés d'un cursus universitaire avec des toques carrées, si solennels, prêts enfin à comprendre, à voir et à entendre, et à prendre conscience que le Très-Haut est le Souverain du monde. Jusqu'à ce jour vous n'étiez pas prêts, c'est précisément pourquoi j'ai été obligé (le Très-Haut, bien sûr, a été obligé) de mener le peuple quarante ans à travers le désert. Nous avons lu cela dans notre livre (8,2–5) : « Souviens-toi de tout le chemin par lequel t'a conduit le SEIGNEUR, ton Dieu, voilà quarante ans à travers le désert, pour t'humilier, pour t'éprouver, afin de savoir que dans ton cœur tu garderas Ses commandements. Il t'a humilié, et t'a fait souffrir de la faim, et t'a nourri de man, que tu ne connaissais pas et que ne connaissaient pas tes Pères, pour te faire comprendre, c'est-à-dire pour t'enseigner, que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que de tout ce qui sort de la bouche du SEIGNEUR vit l'homme. Ton vêtement ne s'est pas usé sur toi, et ton pied n'a pas enflé, voilà déjà quarante ans. Et reconnais dans ton cœur : comme un homme instruit son fils, ainsi le SEIGNEUR, ton Dieu, t'instruit ».
Pendant quarante ans le SEIGNEUR t'a préparé à ce que tu prennes conscience de cela dans ton cœur. Et Moché parle solennellement de la fin du cursus d'enseignement de quarante ans. Enfin nous avons achevé nos études, enfin nous pouvons prendre conscience et comprendre. Bien sûr, nous voyions déjà auparavant que le Très-Haut fait des miracles, que le Très-Haut peut écraser l'armée d'Égypte, donner de l'eau dans le désert, et encore bien d'autres choses. Mais aujourd'hui, au terme de ces quarante ans, nous avons vu que le Très-Haut n'est pas simplement le Dieu des miracles, Il a un dessein et Il réalise ce dessein : amener le peuple dans le pays, amener le peuple à un certain niveau spirituel, corriger, donner au peuple cette terre. C'est-à-dire que le Très-Haut n'est pas seulement le Dieu Tout-Puissant et le Dieu des miracles, mais aussi Celui Qui a un plan et à l'égard du peuple d'Israël, et à l'égard de tout l'univers. C'est ce qu'il fallait comprendre dans cette école de quarante ans. C'est ce que Dieu ne donnait pas à comprendre jusqu'à ce jour.
Et encore une question très importante : que signifie Dieu ne donnait pas à comprendre ? Si c'est précisément Dieu, comme nous le lisons aussi plus loin, qui donne les instruments pour comprendre, donne dans le cœur les instruments pour comprendre, alors, encore une fois, que peut-on exiger des gens ? Si Dieu ne m'a pas donné, à moi, Alex, la capacité de voler, je n'ai pas d'ailes, alors qui donc peut exiger de moi des ailes ? Si Dieu ne m'a pas donné la capacité de voir un certain rayonnement ou d'entendre certains sons, alors comment puis-je rendre compte du fait que je ne vois pas ce rayonnement et n'entends pas ces sons ? Et ici la réponse est la suivante : si je veux cela, alors je commence à l'apprendre ; le Très-Haut m'enseigne, donne cette compréhension. Ma liberté de volonté consiste en ce que naît en moi le désir de comprendre qui est le Maître de ce monde, et mon effort fait naître la réponse, le Très-Haut me donne les instruments pour comprendre cela. Quarante ans ont passé, et le peuple a enfin achevé ce cursus.
Tout dépend-il de l'homme ou du Très-Haut ? Bien sûr, tout dépend de ma décision et de ma volonté. Le Très-Haut n'installe en moi de force aucune connaissance ni aucune croyance, sinon cela aurait pris beaucoup moins de quarante ans.
Que pouvons-nous encore apprendre d'important de ce verset ? Toutes les révélations ne sont pas données d'un coup : il y a des situations où la révélation exige une préparation préalable. C'est pourquoi, après la révélation de la Torah, est encore possible la révélation du Machia'h. Et le midrach juif dit que la Torah de ce monde n'est rien en comparaison de la Torah du Machia'h. Pourquoi ne pouvait-on pas donner tout de suite la Torah du Machia'h ? Parce qu'il faut une préparation, l'humanité doit être préparée à ce que la Torah soit révélée. Pourquoi certains n'ont-ils pas accepté le Machia'h ? Le peuple, qui a vu des miracles, n'a pas accepté le signe, parce que, pour certains buts, le SEIGNEUR jusqu'à ce jour n'a pas donné, peut-être, le cœur, les yeux et les oreilles pour comprendre. Tout cela est un mystère, et nous ne faisons, bien sûr, que supposer.
Ainsi, comment le SEIGNEUR éduquait, comment Il t'enseignait ?
וָאוֹלֵךְ אֶתְכֶם אַרְבָּעִים שָׁנָה בַּמִּדְבָּר לֹא־בָלוּ שַׂלְמֹתֵיכֶם מֵעֲלֵיכֶם וְנַעַלְךָ לֹא־בָלְתָה מֵעַל רַגְלֶךָ׃
va'olékh etkhém arba'ím chaná bammidbár lo-valoú salmotekhém me'alekhém vena'alkhá lo-valetá me'ál raglékha
4 Et vous avez été conduits quarante ans à travers le désert : vos vêtements ne s'usaient pas sur vous, et ta chaussure non plus ne s'abîmait pas à ton pied.
Est-ce bien ou mal ? Imaginez une jeune fille, une femme, qui est venue dans un magasin et s'est acheté une robe. Et elle lui va à merveille, eh bien, c'est tout simplement une petite poupée, dedans. Et la vendeuse lui dit : « Ma chère, cette robe, tu la porteras quarante ans sans l'user, quarante ans tu la porteras sans l'enlever. Tu grossiras, elle grossira avec toi ; tu maigriras, elle maigrira avec toi ; quarante ans, c'est ton destin de passer dans cette robe ». Je ne sais pourquoi, il me semble que la plupart des femmes refuseront. On n'a pas envie, à notre époque, de se promener à la mode des années quatre-vingt. Pourquoi est-ce que je parle des femmes ? Parce que, de moi-même, je peux dire que, si mes vêtements ne s'usaient pas, ne se salissaient pas, je ne les changerais peut-être même pas. Je n'ai pas, à cet égard, de quelconques exigences, mais les jeunes filles sont faites autrement. C'est pourquoi, quand il est dit que ton vêtement ne s'usait pas, ce n'est pas tant une manifestation de sollicitude qu'un enseignement. Tu comprends que tu vivras de telle sorte que rien ne dépend de toi, que tout est dans les mains du Très-Haut, qu'Il est la Cause première de tout, y compris le vêtement, qui vient de Lui.
Nous avons lu au chapitre 8 que et ton pied n'enflait pas. Je ne sais pourquoi, les commentateurs disent que l'enflure, le gonflement du pied est lié au fait de marcher pieds nus. Je ne sais pas, j'ai vu des pieds enflés aussi dans des chaussures, mais si l'on suppose qu'il en est ainsi, alors le développement ultérieur de cette idée chez les commentateurs consiste en ce que les lévites marchaient beaucoup pieds nus pendant le service du Temple, alors que les autres gens marchaient chaussés. Mais on peut dire qu'à la fois le pied n'enflait pas et la chaussure ne s'abîmait pas. L'un ne contredit pas l'autre. Le Très-Haut éduquait de cette manière la compréhension que tout dans ce monde, absolument tout, ne dépend que de Lui.
Et revenons de nouveau au chapitre 8. Quand nous mangeons du pain, il nous semble que c'est le pain qui nous rassasie, qu'il se décompose dans l'estomac, qu'on obtient des calories, certaines substances qui nous donnent la vie. La Torah dit : non, ce ne sont pas les calories qui te rassasient, ce ne sont pas les calories qui te donnent la vie, mais cette Parole même qu'a dite le Très-Haut : « Que la terre fasse pousser le fruit, la semence », voilà où est la racine du pain. La force est dans la Parole de Dieu, laquelle, à travers le pain, te donne la nourriture. Afin que tu comprennes, quand tu mangeras du pain, que la nourriture, ce n'est pas le pain lui-même, mais la Parole de Dieu. Pourquoi comprendras-tu cela ? Parce que tu as étudié quarante ans dans cette école céleste. Les sages disent : « Un élève ne comprend pas son maître en moins de quarante ans ». Quarante ans d'études, c'est une bonne durée pour que tu comprennes que ce qui te nourrit, ce n'est pas le pain, ni le vin, ni la viande : tout ce qui est autour de toi, c'est le Très-Haut.
Et le verset 5 poursuit cette même pensée.
לֶחֶם לֹא אֲכַלְתֶּם וְיַיִן וְשֵׁכָר לֹא שְׁתִיתֶם לְמַעַן תֵּדְעוּ כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃
lé'hem lo akhaltém veyáyin vechekhár lo chetitém lemá'an tede'oú ki aní adonáy elohekhém
5 Vous n'avez pas mangé de pain, et vous n'avez bu ni vin ni boissons enivrantes, afin que vous sachiez que : « Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu ».
Au sens simple, au sens de la nourriture la plus ordinaire, vous n'avez pas mangé ce que vous aviez fait pousser vous-mêmes, et vous n'avez pas bu ce que vous aviez fait pousser vous-mêmes, c'est-à-dire que vous n'avez pas travaillé pour manger et boire. Tout ce que vous aviez, c'est le Très-Haut qui vous le donnait. Eh bien, puisque le pain et le vin sont mentionnés ici, il faut parler du pain et du vin. Quand nous apportons le pain et le vin devant le Très-Haut, quand nous nous souvenons du Machia'h sur le pain et le vin, quand quelque alliance est conclue avec du pain et du vin (par exemple, lors de la rencontre de Malki-Tsédek et d'Avraham), alors à ce moment nous témoignons que le pain comme le vin sont une manifestation du Très-Haut dans ce monde. C'est ce qui nous semble seulement être nourriture et boisson, ce qui nous semble seulement être le produit de notre travail, mais en réalité c'est ce que nous a donné le Très-Haut.
Et tout ce cursus d'enseignement de quarante ans, coupé du monde matériel comme source de subsistance, était nécessaire pour que vous voyiez qu'un peu plus haut il y a un tout autre monde avec une tout autre source de subsistance. Et tu comprendras ce qui a déjà été dit : quand tu fais quelque chose, peu importe à quel point tu le fais au-delà de tes efforts, parce que tu reçois la bénédiction pour l'obéissance au Très-Haut. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler consciencieusement, la conscience aussi fait partie du fait de se tenir devant le Très-Haut. Cela veut dire que nous déployons des efforts à la mesure de nos forces, à la mesure de nos capacités, et que les bénédictions nous atteignent d'elles-mêmes.
וַתָּבֹאוּ אֶל־הַמָּקוֹם הַזֶּה וַיֵּצֵא סִיחֹן מֶלֶךְ־חֶשְׁבּוֹן וְעוֹג מֶלֶךְ־הַבָּשָׁן לִקְרָאתֵנוּ לַמִּלְחָמָה וַנַּכֵּם׃
vattavó'ou el-hammakóm hazzé vayetséDans la translittération de l'original, le mot « et il sortit » est écrit de façon déformée. La translittération française suit l'hébreu. si'hón melekh-'hechbón ve'óg melekh-habbachán likraténou lammil'hamá vannakkém
6 Et tu es venu en ce lieu, et Si'hon, roi de 'Hechbon, est sorti, et Og, roi de Bachan, ils sont sortis contre nous pour la guerre, et nous les avons vaincus.
Voici pour vous le témoignage que le système, comme disait le chat Matroskine du dessin animé, – « Hourra, il s'est mis à marcher ! » Et voici pour vous les fruits de ce travail.
ַנִּקַּח אֶת־אַרְצָם וַנִּתְּנָהּ לְנַחֲלָה לָראוּבֵנִי וְלַגָּדִי וְלַחֲצִי שֵׁבֶט הַמְנַשִּׁי׃
vanikká'h et-artsám vannittená lena'halá larouvení velaggadí vela'hatsí chévet hamnachí
7 Et ils ont pris leur terre, et elle a été donnée en part d'héritage à Réouven (à ses fils), et à Gad, et à la moitié de la tribu de Ménaché.
וּשְׁמַרְתֶּם אֶת־דִּבְרֵי הַבְּרִית הַזֹּאת וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם לְמַעַן תַּשְׂכִּילוּ אֵת כָּל־אֲשֶׁר תַּעֲשׂוּן׃
ouchmartém et-divré habberít hazzót va'assitém otám lemá'an taskílou et kol-achér ta'asoún
8 Gardez donc les paroles de cette alliance et observez-les, afin que vous réussissiez en tout ce que vous ferez.
Le mot taskílou (du verbe léhaskil, réussir) est employé dans le même contexte que chez Yéchayahou (52,13) : « Voici, réussira (yaskíl) Mon serviteur ».
Le succès de toute entreprise, la bénédiction de toute entreprise dépend de la mesure dans laquelle nous assimilerons cette leçon. La leçon que ce n'est pas le travail dans le monde physique qui est le fondement de la subsistance, mais que l'obéissance au Créateur est le fondement de ce qui nous donne la subsistance, de ce qui nous donne l'existence, de ce qui nous donne la vie.
La Torah en 5 minutes
Au verset 11 du chapitre 26 de notre livre Dévarim, nous lisons : « Et réjouis-toi de tout le bien que t'a donné le SEIGNEUR, ton Dieu, à toi et à ta maison, toi, et le lévite, et l'étranger qui est au milieu de toi ». La Torah nous donne un commandement : nous réjouir de tout le bien que nous avons. Je connais beaucoup de gens qui ont tout, et ils ne se réjouissent pas, ils n'arrivent pas à se réjouir. Je connais des gens qui récoltent une riche moisson et ne peuvent pas s'en réjouir – il n'y a pas de joie dans leur âme. Et effectivement, une question se pose : comment peut-on ordonner la joie à l'homme ? Comment peut-on ordonner à l'homme d'éprouver une émotion ?
Et au chapitre 28, au verset 47, nous lisons que les malédictions viennent parce que tu n'as pas servi le SEIGNEUR, ton Dieu, dans la joie. Imaginez qu'un certain homme se réveille le matin, fait sa toilette, va à la cuisine et voit que là, sortie d'on ne sait où, se trouve une tablette de son chocolat blanc préféré aux framboises. Et il se réjouit, se prépare un bon thé ou un bon café, s'assied pour manger ce chocolat. Il se réjouit du premier morceau, du deuxième morceau, et ensuite il mange tout simplement. La joie s'en va tout doucement.
Maintenant imaginez une autre situation. Le même homme s'est levé, a trouvé la tablette de chocolat, et à côté d'elle un petit mot : « Je t'aime, tu es la personne la plus chère pour moi. Que tu passes une bonne journée » et la signature : fils, fille, épouse, sœur, maman. Combien ce petit mot donnera une joie plus grande que le chocolat lui-même !
Et la Torah nous dit au tout début du chapitre 26 : « Et il arrivera, quand tu viendras dans le pays que le SEIGNEUR, ton Dieu, te donne en part, et que tu en prendras possession, et que tu t'y établiras, prends des premiers fruits de la terre que tu recevras, de la terre que le SEIGNEUR, ton Dieu, te donne, mets-les dans une corbeille et va au lieu que choisira le SEIGNEUR, ton Dieu, pour que Son nom y demeure. Et viens auprès du kohen en ces jours-là, et dis-lui : “Je déclare aujourd'hui au SEIGNEUR, ton Dieu, que je suis entré dans le pays au sujet duquel le SEIGNEUR a juré à nos Pères de le donner”. Et le kohen prendra la corbeille de ta main, et la posera devant l'autel du SEIGNEUR, ton Dieu. Et toi, proclame, dis devant le SEIGNEUR, ton Dieu : “Araméen errant était mon père, et il descendit en Égypte, et y séjourna avec peu de gens, et devint un peuple fort, grand et nombreux. Mais les Égyptiens nous traitèrent mal et nous opprimèrent, et nous imposèrent un travail pénible. Et nous criâmes vers le SEIGNEUR, Dieu de nos Pères, et le SEIGNEUR entendit notre voix, et vit notre détresse, et nos labeurs, et notre oppression. Et le SEIGNEUR nous fit sortir d'Égypte d'une main forte, puissante, d'un bras étendu, et par un signe, et par un prodige, et par de grands miracles. Et nous amena en ce lieu, et nous donna ce pays, ruisselant de lait et de miel. Et maintenant voici, j'ai apporté les premiers fruits que m'a donnés le SEIGNEUR !” Et pose cela devant ton SEIGNEUR, et prosterne-toi devant ton SEIGNEUR ».
En cela peut résider aussi un grand mystère. Quand nous voyons ces fruits, voyons les fruits de nos mains, voyons cette tablette de chocolat, alors nous voyons aussi le petit mot du Très-Haut à côté. Dans ce petit mot, il y a toute l'histoire du peuple juif, les promesses qu'avaient Avraham, Yits'hak, Yaakov. Ils n'avaient que les promesses, tandis que nous avons la possibilité de voir les fruits de cette terre. Eux avaient la promesse – moi, j'ai les fruits. Ce petit mot vient de Celui Qui a été avec moi tout ce temps, tout au long de toute mon histoire. Et quand je vois quelque fruit de ma vie, vois quelque chose que j'ai, quelque chose dont le SEIGNEUR m'a béni, je peux me réjouir de tout le bien que m'a donné le SEIGNEUR, mon Dieu. Non de ce que j'ai obtenu de mes mains par un labeur pénible et accablant, non, mais de ce que le SEIGNEUR m'a donné. Ce n'est pas des fruits que je me réjouis, mais de ce petit mot, dans notre cas – la Torah, qui est joint à ces fruits. Je me réjouis de ce que c'est une manifestation de la sollicitude du SEIGNEUR envers moi, de l'amour du SEIGNEUR pour moi. Je me réjouis de la bénédiction de mon Dieu bien-aimé et Aimant. Cela m'apporte de la joie, cela m'apprend à me réjouir.
Ki Tavo : textes associés
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