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- Vayikra
- Tazria
תַזְרִיעַ
Tazria
purification, tsara'at et médisance
- Section hebdomadaire
- 27 sur 54
- Versets
- Vayikra 12,1–13,59
- Parties
- 4
- Temps de lecture
- 1 h 18 min
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Tazria — la section hebdomadaire sur la purification après l'accouchement et la tsara'at. Dans le sténogramme de l'entretien d'Alex Blend, les chapitres 12–13 du livre Vayikra sont examinés l'un après l'autre : le texte hébreu, la translittération, une traductionL'original parle ici d'une traduction russe, car il décrit sa propre page ; dans la version française, nous écrivons simplement « une traduction ». et l'interprétation religieuse de l'auteur. Des réflexions supplémentaires sont consacrées à la médisance, à la responsabilité pour les paroles et aux relations dans la communauté.
La tsarine accoucha dans la nuit
Vayikra 12,1–8
Avec l'aide de Dieu, nous commençons aujourd'hui, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Tazria et nous allons lire le chapitre 12 du livre Vayikra. C'est, probablement, le chapitre le plus court de toute la Torah. Il ne compte en tout que 8 versets, et il est entièrement et totalement consacré à la purification de la femme après l'accouchement. Pourquoi et comment la femme doit se purifier après l'accouchement, c'est justement ce que nous allons apprendre, vous et moi. Commençons par le verset 1 du chapitre 12.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
1 Et le SEIGNEUR parla à Moché, en disant :
דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר אִשָּׁה כִּי תַזְרִיעַ וְיָלְדָה זָכָר וְטָמְאָה שִׁבְעַת יָמִים כִּימֵי נִדַּת דְּוֹתָהּ תִּטְמָא׃
dabbér el-bené yisraél lemór ichá ki tazríya veyaledá zakhár vetame'á chiv'át yamím kimé niddát devotá titmá
2 « Dis au peuple d'Israël, en disant : une femme, si elle conçoit et enfante un garçon, sera impure sept jours (sept jours elle sera dans un état d'impureté), comme aux temps de la faiblesse des menstrues, elle sera impure.
Le verbe tazria, qui est employé ici, vient de la racine zayin-rech-ayin ; le mot zéra, de la même racine, signifie semence – et la semence d'une plante, et la semence de l'homme, et la semence de la femme (l'ovule). Et on peut le comprendre de deux façons : soit la femme recevra en elle la semence de l'homme, sèmera en elle la semence de l'homme, soit la femme donnera elle-même sa semence. Dans le Talmud, il existe une parole des sages selon laquelle, si la femme donne la semence en premier, il naît un garçon, si c'est en second – une fille. Cela n'a pas, pour autant que nous le sachions, de confirmation biologique, mais tel était le savoir des sages à cette époque. De cela, nous pouvons seulement conclure que le mot zéra (semence) peut s'employer aussi à propos de l'ovule.
L'état d'impureté de la femme (tamé'a) n'est en rien lié à l'hygiène, mais, comme nous l'avons déjà dit, il est lié au mot toum'a (impureté rituelle ou souillure), ce n'est pas la négation de quelque chose. On peut le relier au mot lé'étom (rendre hermétique, fermer quelque chose, rendre inaccessible). Ainsi, la toum'a, c'est une certaine obturation, une imperméabilité à la sainteté.
Quel est le fond de la chose ? Pourquoi la femme devient-elle impure après avoir enfanté, ou pourquoi la femme devient-elle impure pendant ses règles ? Il faut tout de suite rappeler (pour la énième fois) que cette impureté n'est en rien liée au péché. La femme qui est devenue impure à la suite de ses règles ou à la suite d'un accouchement n'a, bien entendu, rien fait de mal. La femme, à la différence de tout le monde animal, a une particularité biologique telle que son corps attend constamment une grossesse. Dans l'utérus, dans le sein de la femme, il y a une couche qui s'appelle l'endomètre. Elle se renouvelle chaque mois, et ce sont justement les saignements menstruels chez la femme qui sont le résultat de son renouvellement. C'est la couche à laquelle doit s'attacher l'ovule fécondé (s'il en apparaît un). Chaque mois, toute femme prépare tout pour devenir enceinte. Au cas où – chez elle, tout est prêt. Aucun animal, personne au monde ne se comporte ainsi, comme la femme. Chaque mois, chez la femme, cette couche se renouvelle, et de l'état où elle est prête à accueillir un enfant, prête à donner une nouvelle vie, elle passe à l'état où la conception est impossible, où elle a un saignement. Le potentiel de vitalité la quitte. Et là où le potentiel de vitalité nous quitte (comme on dit, « un lieu saint ne reste jamais vide »), là apparaît l'impureté. Et un exemple d'un tout autre domaine : si un homme tient dans ses mains un rouleau de la Torah ou quelque rouleau du Tanakh et le pose, ses mains deviennent impures. Et si, à la place, il prend dans ses mains « L'Iliade » ou « L'Odyssée » d'Homère ou les œuvres d'Ilf et Petrov, il n'arrive rien à ses mains. Seule la Torah, qui donne la vie, quand on la lâche des mains, souille les mains.
Quand la femme enfante, la situation est très semblable. En elle, il y avait une vie, un enfant se développait. Quand elle a enfanté un garçon, elle a accompli une grande chose. Mission accomplie, comme on dit. Mais la vie qui était à l'intérieur est sortie au-dehors. En elle, il n'y a pas de vie (celle qui y était), et en conséquence elle devient impure. Là où la vitalité s'en va, l'impureté apparaît. Je le répète encore : ce n'est pas un péché, ce n'est pas mal, c'est un état naturel. Il limite la femme, mais il n'est pas peccamineux. Sept jours, la femme est considérée comme impure après la naissance d'un garçon, exactement comme pendant ses saignements (niddat). Cela signifie qu'elle est interdite à son mari : l'intimité entre les époux est interdite pendant ce temps. En outre, cela signifie que la femme ne peut toucher à rien de saint ni entrer dans le Saint, venir à la Tente d'assignation ou au Temple.
Souvent, on s'indigne de cette restriction. Encore une fois : pourquoi la femme qui a enfanté, qui a accompli, semble-t-il, un commandement si important, est-elle impure et ne peut-elle pas entrer dans le Saint ? Le voyage dans le Saint, c'est comme un vol en avion, c'est le contact avec quelque chose qui, par sa nature, est loin de l'homme. De même que la femme, après l'accouchement, n'est pas en état de faire de longs voyages à cause de sa faiblesse, de même elle est dispensée de la nécessité d'être en contact avec ce qui exigerait d'elle beaucoup d'efforts dans sa faiblesse. Cela ne concerne pas, d'ailleurs, les synagogues, églises, assemblées, services modernes et ainsi de suite, qui ne sont pas définis comme le Saint au sens du Temple, et la femme moderne peut y aller n'importe quel jour, gloire à Dieu.
וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל בְּשַׂר עָרְלָתוֹ׃
ouvayom hacheminí yimmól besár orlató
3 Et au huitième jour son prépuce sera circoncis.
Au huitième jour, la femme est déjà pure, elle est permise à son mari, et ils peuvent ensemble participer à la circoncision de leur fils. Ce serait triste si tous autour se réjouissaient de ce que le garçon entre dans l'alliance d'Avraham, de ce que le papa accomplit un commandement important, et que le couple – ne soit pas entier, parce que l'intimité entre eux est interdite à cause de l'impureté de la femme. C'est pourquoi la Torah accorde une faveur si particulière envers la femme : après la naissance d'un garçon, elle est impure sept jours et, au huitième jour, au jour de la brit mila (circoncision), elle devient pure, c'est-à-dire permise à son mari, pure de l'impureté de nidda. Mais ce n'est pas encore tout.
וּשְׁלֹשִׁים יוֹם וּשְׁלֹשֶׁת יָמִים תֵּשֵׁב בִּדְמֵי טָהֳרָה בְּכָל־קֹדֶשׁ לֹא־תִגָּע וְאֶל־הַמִּקְדָּשׁ לֹא תָבֹא עַד־מְלֹאת יְמֵי טָהֳרָהּ׃
ouchlochím yom ouchlóchet yamím techév bidmé tahorá bekhol-kódech lo-tiggá ve'el-hammikdách lo tavó ad-melót yemé tahorá
4 Et trente jours et trois jours elle demeurera dans le sang de son impureté, ne touchant à rien de saint et n'entrant pas dans le sanctuaire, jusqu'à ce que soient accomplis les jours de sa purification.
Rappelez-vous, nous disions qu'un homme qui s'est lavé dans la journée reste impur jusqu'au soir. C'est un processus d'acclimatation, d'adaptation, de purification. Chez la femme, puisque les changements survenus sont beaucoup plus sérieux, la période de cette acclimatation est, en conséquence, beaucoup plus sérieuse. À ce moment-là, elle n'est pas impure pour son mari, elle est déjà purifiée, mais ce genre de pureté ne lui permet pas encore d'entrer dans le Temple et de toucher au Saint. L'état est intermédiaire : elle n'est plus malade, elle est convalescente. Et dans cet état, elle doit se trouver encore trente-trois jours. Toute la période de purification, ainsi (des mathématiques simples), est de 33 + 7 = 40 jours. Cela, c'est après la naissance d'un garçon.
Au cinquième verset, nous lisons ce qui se passe si elle a enfanté une fille.
וְאִם־נְקֵבָה תֵלֵד וְטָמְאָה שְׁבֻעַיִם כְּנִדָּתָהּ וְשִׁשִּׁים יוֹם וְשֵׁשֶׁת יָמִים תֵּשֵׁב עַל־דְּמֵי טָהֳרָה׃
ve'im-nekevá teléd vetame'á chevou'áyim keniddatá vechichím yom vechéchet yamím techév al-demé tahorá
5 Et si elle enfante une fille, elle sera impure deux semaines, comme nidda (comme au temps des règles), et dans un sang pur elle se trouvera soixante-six jours.
Au total (encore une fois, une arithmétique simple), 66 + 14 = 80 jours. Et on peut penser : une fille serait-elle donc deux fois pire qu'un garçon, et faudrait-il après elle se purifier deux fois plus ? En quoi donc a-t-elle, la pauvre, réussi à faire tant de bêtises, à peine née, pour que la mère, après elle, soit considérée comme impure deux fois plus longtemps qu'après la naissance d'un garçon ? La réponse – en rien. Encore une réponse – la fille n'est en rien pire que le garçon. Mais la fille est destinée à être elle-même mère, elle est une future mère, toute fille, elle est 'hava (celle qui donne la vie), comme la première femme. Le potentiel de vitalité qui quitte la femme qui a enfanté une fille est plus grand, c'est comme si plus de vie s'en allait d'elle. Et le lieu saint restant, qui ne reste jamais vide et qui se remplira d'impureté, est aussi plus grand. C'est pourquoi la purification après la naissance d'une fille est deux fois plus grande, parce que la fille est meilleure que le garçon. En elle, il y a deux fois plus de vie.
וּבִמְלֹאת יְמֵי טָהֳרָהּ לְבֵן אוֹ לְבַת תָּבִיא כֶּבֶשׂ בֶּן־שְׁנָתוֹ לְעֹלָה וּבֶן־יוֹנָה אוֹ־תֹר לְחַטָּאת אֶל־פֶּתַח אֹהֶל־מוֹעֵד אֶל־הַכֹּהֵן׃
ouvimlót yemé tahorá levén o levát taví kéves ben-chenató le'olá ouven-yoná o-tór le'hattat el-péta'h ohel-mo'éd el-hakkohén
6 Quand seront achevés les jours de purification après un garçon et après une fille, elle apportera un agneau d'un an en holocauste et un pigeon ou une tourterelle – en sacrifice purificatoire, à l'entrée de la Tente d'assignation, au kohen.
Pour ce qui est de l'holocauste – c'est clair. Nous avons dit que l'une des sortes d'holocauste, – c'est le sacrifice de reconnaissance. La femme qui a enfanté a de quoi remercier le Très-Haut. Ce n'est pas toujours, pas à toutes les époques, que les accouchements ont été faciles : et la femme elle-même, à Dieu ne plaise, pouvait mourir, et l'enfant, à Dieu ne plaise, pouvait naître mort ou mourir au cours de l'accouchement. Et la femme, c'est clair, doit remercier Dieu pour la délivrance, pour un accouchement réussi.
Ce qui est moins clair, c'est que ce doive être un sacrifice 'hatat. Nous avons dit qu'il y a deux compréhensions différentes de la nature du sacrifice 'hatat. Une compréhension se fonde sur le fait que le mot 'hatat peut s'interpréter à partir du mot 'het (péché), et nous avons remarqué que cette compréhension n'est pas très appropriée. Selon une autre compréhension, le mot 'hatat peut s'interpréter à partir du mot 'hitouï, ce qui signifie purification, stérilisation, désinfection. Et alors le sacrifice 'hatat, c'est un sacrifice purificatoire. Ceux qui voient dans le sacrifice 'hatat un sacrifice pour le péché essaient tout de suite de trouver chez la femme qui a enfanté un certain péché. Que peut-on supposer ? Au cours de l'accouchement, la femme (cela arrive souvent, je peux le dire en tant qu'homme qui a fait des accouchements, je n'ai pas accouché, bien sûr, mais j'ai fait des accouchements) dit des choses qu'elle ne dirait pas dans un état sain. Elle dit : « Moi, encore ne serait-ce qu'une fois avec mon mari ?! » ou « Le prochain, c'est toi qui l'enfanteras ! », ou une certaine indignation à l'adresse des Cieux pour les souffrances qu'elle éprouve. Bref, elle peut dire des choses de trop. Bien sûr, on ne peut pas condamner une femme dans un tel état, mais ceux qui comprennent 'hatat comme un sacrifice pour le péché disent aussi que c'est peut-être justement pour cela qu'il est apporté. Ou peut-être est-il apporté parce que la femme, ayant ressenti, ayant vécu le châtiment qui a été donné à 'Hava (enfanter dans les douleurs), apporte son sacrifice pour le péché de 'Hava.
Plus proche de moi est la compréhension selon laquelle le sacrifice 'hatat qui est apporté ici, c'est un sacrifice purificatoire. Et alors le pchat est tout à fait clair. La femme s'est purifiée, et c'est pourquoi elle apporte un sacrifice pour sa purification. Tout est simple, et aucune mystique, et même aucune criminologie.
וְהִקְרִיבוֹ לִפְנֵי יְהוָה וְכִפֶּר עָלֶיהָ וְטָהֲרָה מִמְּקֹר דָּמֶיהָ זֹאת תּוֹרַת הַיֹּלֶדֶת לַזָּכָר אוֹ לַנְּקֵבָה׃
vehikrivó lifné adonáy vekhippér aléha vetahará mimmekór daméha zot torát hayolédet lazzakhár o lannekevá
7 Et il (le kohen) l'apportera en sacrifice devant le SEIGNEUR, et fit l'expiation pour elle, et elle devint pure de la source de son sang. C'est l'enseignement sur celle qui a enfanté un garçon ou une fille.
וְאִם־לֹא תִמְצָא יָדָהּ דֵּי שֶׂה וְלָקְחָה שְׁתֵּי־תֹרִים אוֹ שְׁנֵי בְּנֵי יוֹנָה אֶחָד לְעֹלָה וְאֶחָד לְחַטָּאת וְכִפֶּר עָלֶיהָ הַכֹּהֵן וְטָהֵרָה׃
ve'im-ló timtsá yadá de se velake'há chete-torím o chené bené yoná e'hád le'olá ve'e'hád le'hattát vekhippér aléha hakkohén vetahérá
8 Et si sa main n'atteint pas jusqu'à un agneau, elle prendra deux pigeons ou deux tourterelles, un – pour l'holocauste, un – pour le sacrifice purificatoire, exactement de même le kohen la purifiera, et elle sera pure ».
Nous avons lu aussi dans les chapitres précédents qu'il existe une situation où la Torah fait une réduction pour les pauvres en ce qui concerne les sacrifices. Cela s'appelait korban olé véyoréd (sacrifice avec majoration et avec réduction, qui monte et qui descend). Si la femme est pauvre, quoi donc, maintenant elle ne doit pas enfanter ? Si elle ne peut pas acheter un agneau, quoi, maintenant elle ne doit pas aller au Temple ?
Et tout cela – c'est l'enseignement sur la femme après l'accouchement. Nous nous rappelons que Miryam et Yossef, quand ils sont venus au Temple (Lc 2,22–24), ont apporté deux tourterelles, ce qui montre que c'étaient des gens qui n'étaient pas riches, d'un côté. Et d'un autre côté, cela montre qu'ils avaient du respect pour le Temple et qu'ils ont apporté le sacrifice selon la Loi.
Homme de Dieu, recouvert de peau (13,1–28)
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Tazria. Dans l'entretien précédent, nous avons lu sur la faiblesse de la femme qui survient à la suite de l'accomplissement d'un commandement. C'est, d'un côté, une maladie, de l'autre côté, elle a de bonnes, de bienveillantes causes. Ici, nous parlerons, vous et moi, des faiblesses qui surviennent pour des causes pas très bonnes. Nous parlerons d'un phénomène qui en hébreu s'appelle tsara'at, ce qu'il est d'usage de traduire par lèpre, mais ce n'est pas une traduction tout à fait juste. La lèpre (ou maladie de Hansen) n'a été découverte dans aucuns restes humains au Proche-Orient, et on ignore complètement si elle existait seulement à cette époque. En outre, la maladie dont il sera question ensuite a des symptômes de développement complètement différents. Il se trouve que d'abord les traducteurs grecs, puis aussi les traducteurs russes, ont commencé à employer pour désigner cette maladie le terme lèpre. Quant à nous, nous allons sans doute fixer le terme hébreu tsara'at et l'employer.
La tsara'at – c'est une maladie particulière. Il y a des maladies psychosomatiques, qui se manifestent sur le corps, mais leur racine est dans l'âme (du grec psycho, âme), dans le comportement de l'homme, dans son système nerveux. La tsara'at se distingue en ce que c'est, pourrait-on dire, une maladie « pneumosomatique » (du grec pneumo, esprit). C'est une maladie qui se manifeste aussi dans le corps physique, mais ses racines – sont spirituelles. À notre époque, la maladie tsara'at n'existe pas, bien que beaucoup de problèmes spirituels se manifestent toujours sur la peau, et il y a des gens qui sont capables de les interpréter d'une certaine façon. Mais la tsara'at précisément dans le sens dont parle la Torah n'existe pas à notre époque. Nous allons lire et chercher à comprendre ce que c'est donc. Et nous commencerons par le verset 1 du chapitre 13.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן לֵאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché ve'el-aharón lemór
1 Et le SEIGNEUR dit à Moché et à Aharon, en disant :
אָדָם כִּי־יִהְיֶה בְעוֹר־בְּשָׂרוֹ שְׂאֵת אוֹ־סַפַּחַת אוֹ בַהֶרֶת וְהָיָה בְעוֹר־בְּשָׂרוֹ לְנֶגַע צָרָעַת וְהוּבָא אֶל־אַהֲרֹן הַכֹּהֵן אוֹ אֶל־אַחַד מִבָּנָיו הַכֹּהֲנִים׃
adám ki-yihyé ve'or-besaró se'ét o-sappá'hat o vahéret vehayá ve'or-besaró lenéga tsará'at vehouvá el-aharón hakkohén o el-a'hád mibbanáv hakkohaním
2 « Un homme, s'il y a sur sa peau une tumeur ou une dartre, ou une tache pigmentaire, ou quelque chose de semblable à la tsara'at, il sera amené à Aharon le kohen ou à l'un de ses fils, les kohanim.
Ici, l'homme est appelé adam. Pour désigner l'homme, la Torah utilise différents mots dans telle ou telle connotation. Parfois elle utilise le mot néfech (âme), parfois le mot adam, parfois le mot ich. L'homme appelé du mot adam, – c'est un certain niveau de développement. Ce mot est lié au mot dimyon (ressemblance ou similitude), c'est celui qui vit en se rendant semblable. Il reçoit la morale, les fondements moraux, de l'extérieur. Ce peuvent être des fondements de la société, ce peut être même la volonté divine, certains principes divins. Il n'est pas mû par sa nature intérieure, mais avant tout il reçoit certaines directives de l'extérieur. C'est un niveau élevé, parce que comme modèle de ressemblance, comme objet de ressemblance, on peut choisir le Très-Haut Lui-même. C'est le nom que le Très-Haut a donné à l'origine à Adam qui venait d'être créé, en mettant en lui les qualités de ressemblance, en le créant à Son image et ressemblance. L'homme appelé ich, – c'est celui qui vit selon sa propre raison. Et c'est un autre niveau, auquel nous arriverons encore. Mais dans ce chapitre, nous commençons par le mot adam et nous verrons ensuite ce qui va changer.
L'homme lui-même, même s'il est dermatologue, même s'il est un grand spécialiste dans le domaine de la santé de la peau, n'a pas le droit de diagnostiquer lui-même chez lui la tsara'at. Si un homme a vu sur sa peau une certaine formation, quelque chose de très suspect, quelque chose qui pousse à se demander : « Ne serait-ce pas la tsara'at ?! », alors il doit aller chez Aharon et les kohanim.
Commençons d'abord par comprendre pourquoi précisément la peau, pourquoi la Torah parle de certaines taches sur la peau ? La peau – c'est un organe étonnant de l'homme : outre ses nombreuses fonctions qu'elle remplit dans l'organisme, elle est une frontière, ce qui donne à l'homme sa forme. Et en tant que frontière, elle détermine le rapport entre l'intérieur et l'extérieur, y compris la manière dont l'homme se comporte envers les autres gens, et la manière dont lui-même respecte les frontières d'autrui. Par exemple, on dit souvent que la tsara'at est une punition pour la médisance, quand l'homme se mêle de ce qui ne le regarde pas et raisonne sur ce sur quoi il ne doit pas raisonner (un bon exemple – Miryam, la sœur de Moché). Ou quand l'homme prend sur lui certains pouvoirs qu'il ne doit pas prendre – comme le roi Ouziyahou, qui a voulu devenir kohen et s'est trouvé frappé de tsara'at pour toute sa vie, c'est aussi un bon exemple. C'est-à-dire que la peau répond des relations avec le monde extérieur, des relations entre les gens. C'est pourquoi la tsara'at se manifeste justement sur la peau, c'est un signal qui montre à l'homme : quelque chose ne va pas chez toi dans ces relations.
Alors se pose encore une question. Comme on le sait, la dermatologie, c'est le domaine de la médecine qui s'occupe de la santé de la peau, du mot derma (peau) en latin. Pourquoi les dermatologues nationaux, ce sont justement les kohanim, pourquoi un tel honneur leur est-il échu ? Premièrement, la tradition dit (nous le voyons aussi dans la Torah) que les descendants d'Aharon ont un bon œil. Les lévites eux-mêmes, les descendants de Lévi, portent en eux la sévérité de leur ancêtre. Nous nous rappelons que Lévi (avec Chimon) s'est vengé des habitants de Ch'khem pour l'outrage fait à Dina. Nous nous rappelons aussi comment, après l'histoire du veau d'or, les lévites se sont rangés du côté de Moché et ont puni le peuple. Nous nous rappelons aussi que, quand Moché refuse d'accepter la mission d'envoyé, le Très-Haut lui dit une chose étonnante : « Voici, ton frère aîné, Aharon, vient à ta rencontre, et il est joyeux ». Tout au long du livre Béréchit, nous avons lu des disputes pour la primauté. Et voici qu'Aharon le kohen a pu vaincre cet antagonisme, ce désir du premier-né – dominer à tout prix. Et il accueille le succès de son frère cadet d'un cœur joyeux, il sait se réjouir du succès de son frère. Il n'en a pas toujours été ainsi dans le livre Béréchit, nous nous en souvenons, là encore. Et c'est pourquoi au kohen est donné un tel droit – examiner l'homme – dans l'espoir que le kohen regardera cela avec bonté et ne cherchera pas comment accuser celui qui se tient devant lui, ne cherchera pas comment diagnostiquer chez lui le plus de maladies possible. En outre, le kohen a part au Saint, a l'expérience du séjour dans le Saint et porte en lui un certain étalon, et il pourra apporter une aide pastorale, psychologique.
Ainsi, l'homme sur la peau duquel quelque chose a été découvert, on l'amène à Aharon ou à ses fils, les kohanim.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּגַע בְּעוֹר־הַבָּשָׂר וְשֵׂעָר בַּנֶּגַע הָפַךְ לָבָן וּמַרְאֵה הַנֶּגַע עָמֹק מֵעוֹר בְּשָׂרוֹ נֶגַע צָרַעַת הוּא וְרָאָהוּ הַכֹּהֵן וְטִמֵּא אֹתוֹ׃
vera'á hakkohén et-hannégaLa translittération russe écrit ici une fois le mot néga (atteinte) avec un h au lieu du g. Nous suivons le texte hébreu : hannéga. beor-habbassár vese'ár bannéga hafákh laván oumar'é hannéga amók meór besaró néga tsará'at hou vera'áhou hakkohén vetimmé otó
3 Et le kohen regardera attentivement (examinera) l'atteinte qui est sur la peau de la chair, et il verra que les poils sur cette atteinte sont devenus blancs, et cette atteinte paraît plus profonde que la peau (comme pénétrant sous la peau) – c'est une atteinte de tsara'at, et le kohen le verra, et le déclarera impur.
Ainsi, la maladie qui s'appelle tsara'at, a des signes déterminés. Nous les voyons déjà : c'est quelque chose de sous-cutané, où les poils changent leur couleur en blanc, la tsara'at est en général liée à la couleur blanche. On peut le comprendre comme une allusion : l'homme doit être blanc (comme dans le dicton – « blanc et duveteux », bien qu'être duveteux ne soit pas obligatoire), c'est-à-dire pur, vêtu de pur. Mais quand l'homme fait quelque chose d'impur, se salit, une sorte de tache lui est imposée sur le corps : « Voici pour toi un étalon, voici comment tu dois être à l'intérieur. » L'âme de l'homme, qui aspire à la purification, expulse hors d'elle l'impureté. C'est l'intérieur qui se manifeste extérieurement par une telle formation blanche sur la peau.
וְאִם־בַּהֶרֶת לְבָנָה הִוא בְּעוֹר בְּשָׂרוֹ וְעָמֹק אֵין־מַרְאֶהָ מִן־הָעוֹר וּשְׂעָרָה לֹא־הָפַךְ לָבָן וְהִסְגִּיר הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּגַע שִׁבְעַת יָמִים׃
ve'im-bahéret levaná hi beór besaró ve'amók en-mar'éha min-haór ous'ará lo-hafákh laván vehisgír hakkohén et-hannéga chiv'át yamím
4 Mais si la tache est blanche sur la peau de sa chair, et qu'elle ne se voit pas comme pénétrant sous la peau, et que les poils sur elle ne sont pas devenus blancs, alors le kohen enfermera cette atteinte pour sept jours.
C'est-à-dire qu'un tel homme, chez qui la tache a déjà blanchi, mais chez qui on ne voit pas encore si elle pénétrera sous la peau et s'il y aura sur elle des poils blancs, le kohen l'enferme pour une quarantaine de sept jours. Cette quarantaine n'est pas pour que l'homme boive de la bière et regarde la télévision, et même pas pour que l'homme lise des livres intelligents. La quarantaine est donnée à l'homme comme un temps pour réfléchir et se remettre en ordre : comme nous l'avons dit, une éruption sur la peau, c'est un avertissement, et l'homme peut, avec cet avertissement, travailler d'une manière ou d'une autre.
וְרָאָהוּ הַכֹּהֵן בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְהִנֵּה הַנֶּגַע עָמַד בְּעֵינָיו לֹא־פָשָׂה הַנֶּגַע בָּעוֹר וְהִסְגִּירוֹ הַכֹּהֵן שִׁבְעַת יָמִים שֵׁנִית׃
vera'áhou hakkohén bayom hachevi'í vehinné hannéga amád be'enáv lo-fassá hannéga baór vehisgiró hakkohén chiv'át yamím chenít
5 Si au septième jour le kohen voit : et voici, à l'aspect cette atteinte est comme elle était, l'atteinte ne s'est pas étendue sur la peau, alors le kohen l'enferme encore pour sept jours de quarantaine.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֹתוֹ בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שֵׁנִית וְהִנֵּה כֵּהָה הַנֶּגַע וְלֹא־פָשָׂה הַנֶּגַע בָּעוֹר וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן מִסְפַּחַת הִיא וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהֵר׃
vera'á hakkohén otó bayom hachevi'í chenít vehinné kehá hannéga velo-fassá hannéga baór vetiharó hakkohén mispá'hat hi vekhibbés begadáv vetahér
6 Et une deuxième fois le kohen le verra, après les seconds sept jours, et voici, cette atteinte s'est assombrie, et elle ne s'est pas étendue sur la peau, et le kohen le déclarera pur, parce que c'est une dartre ; et après cela l'homme est déclaré pur, il se lave, il lave ses vêtements et sera pur (le soir, au coucher du soleil).
Il n'est pas écrit ici à propos du soir et du coucher du soleil, mais nous connaissons la règle générale de purification de l'homme.
וְאִם־פָּשֹׂה תִפְשֶׂה הַמִּסְפַּחַת בָּעוֹר אַחֲרֵי הֵרָאֹתוֹ אֶל־הַכֹּהֵן לְטָהֳרָתוֹ וְנִרְאָה שֵׁנִית אֶל־הַכֹּהֵן׃
ve'im-passó tifsé hammispá'hat baór a'haré hera'otó el-hakkohén letahorató venir'á chenít el-hakkohén
7 Si cette dartre (ce qui se voit comme une dartre) s'est étendue sur la peau après que le kohen l'a déjà vu et purifié, il doit de nouveau se montrer au kohen.
C'est-à-dire que l'homme est déjà sorti, semble-t-il, en liberté avec la conscience nette, et soudain ce que nous considérions comme une dartre s'est mis à grandir. Un tel homme est libéré non pas sans condition, mais sous auto-observation.
וְרָאָה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה פָּשְׂתָה הַמִּסְפַּחַת בָּעוֹר וְטִמְּאוֹ הַכֹּהֵן צָרַעַת הִוא׃
vera'á hakkohén vehinné passetá hammispá'hat baór vetimmeó hakkohén tsará'at hi
8 Et voici, le kohen voit : la dartre s'est étendue sur la peau, et le kohen l'a déclaré impur, c'est – la tsara'at.
Un petit mot, semble-t-il, si insignifiant qu'emploie la Torah – véhinné (et voici), et voici, il voit. Mais cela nous dit que le kohen regarde avec intérêt : la dartre s'est-elle étendue ou non, l'homme est-il pur ou non, il y a ici un souci de l'homme. Le kohen n'est pas un figurant, pas quelque médecin de famille peu consciencieux (je ne parle pas de tous les médecins de famille), qui reste simplement assis et examine les gens de façon purement technique. Le kohen regarde avec émotion et inquiétude, et voici, il voit qu'il y a cette dartre sur la peau.
Au verset 9, nous lisons une histoire un peu différente. Semblable, semble-t-il, mais un peu différente.
נֶגַע צָרַעַת כִּי תִהְיֶה בְּאָדָם וְהוּבָא אֶל־הַכֹּהֵן׃
néga tsará'at ki tihyé be'adám vehouvá el-hakkohén
9 Une atteinte de tsara'at, si elle est chez un homme, et il a été amené au kohen.
Au verset 2, nous lisions : « Un homme, s'il y a chez lui une atteinte de tsara'at… » Ici, en revanche, nous lisons quelque chose d'un peu différent : « Une atteinte de tsara'at si elle est chez un homme… » Ce n'est pas simplement un changement de l'ordre des mots. Cela arrive aussi dans les hôpitaux, quand nous observons l'attitude envers les malades dans différentes situations. Il arrive qu'on dise ainsi : « Voici, est assis un certain malade, 'Haïm 'Haïmzon, et il a – une tachycardie. » C'est-à-dire avant tout 'Haïm 'Haïmzon, un homme, et ensuite seulement on précise qu'il a une tachycardie. Mais il arrive aussi que derrière la maladie on ne voie déjà plus l'homme. Et le médecin dit : « Bon, à la tachycardie tu donneras ceci, à l'hypertension – tu donneras ceci, à l'hypotension – tu donneras ceci », c'est-à-dire que la prescription est donnée aux symptômes de la maladie, et non à l'homme.
Quand un homme pèche pour la première fois, commet quelque crime, une faute, cette faute ne fait pas encore partie de sa nature. À quoi cela ressemble-t-il ? Chaque homme se trouve à un certain niveau, comme sur une échelle, il a la possibilité, de chaque marche, de faire aussi bien un pas vers le haut qu'un pas vers le bas. Par exemple, un voleur peut dire : « Moi, au moins, je ne tue pas. » Un toxicomane peut dire : « Moi, au moins, je n'essaie pas les drogues dures. » Un alcoolique dit : « Je n'essaie pas les drogues. » De chaque marche, il y a un pas vers le bas, et l'homme se retient pour ne pas le faire. Et, en conséquence, il y a un pas vers le haut que l'homme peut toujours faire. Pour quelqu'un, le choix, c'est de renoncer à un verre de vodka, pour quelqu'un d'autre, le choix, c'est de se lever une heure plus tôt pour la prière, non pas à six heures du matin, mais à cinq, quelqu'un lutte pour cela. Et chacun fait un choix à son niveau.
Quand l'homme descend d'une marche, cela ne devient pas tout de suite sa nature : si un homme a volé une fois, alors l'homme devient quelqu'un qui a volé, mais si l'homme fait du vol une partie de sa nature, alors il devient un voleur. Et ici, au verset 9, il est question de ce que l'atteinte est chez l'homme, il a déjà pour ainsi dire acquis la nature d'un certain péché, ce péché est devenu sa nature : il n'est déjà plus quelqu'un qui a volé, il est déjà quelqu'un qui vole, il est un homme qui vit du vol. C'est un autre niveau, beaucoup plus bas que celui dont nous parlions auparavant, au verset 2.
וְרָאָה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה שְׂאֵת־לְבָנָה בָּעוֹר וְהִיא הָפְכָה שֵׂעָר לָבָן וּמִחְיַת בָּשָׂר חַי בַּשְׂאֵת׃
vera'á hakkohén vehinné se'et-levaná baór vehí hafekhá se'ár laván oumi'hyát bassár 'hay bas'ét
10 Et le kohen verra : et voici une enflure blanche sur la peau, et sur elle des poils blancs, et la viande vive (cicatrisée) (la chair cicatrisée) transparaît à travers cette enflure :
צָרַעַת נוֹשֶׁנֶת הִוא בְּעוֹר בְּשָׂרוֹ וְטִמְּאוֹ הַכֹּהֵן לֹא יַסְגִּרֶנּוּ כִּי טָמֵא הוּא׃
tsará'at nochénet hi beór besaró vetimmeó hakkohén lo yasgirénnou ki tamé hou
11 C'est une tsara'at invétérée sur la peau de sa chair ; et le kohen le déclarera impur, et il ne l'enfermera pas en quarantaine, parce qu'il est impur.
Qu'est-ce que cela signifie ? C'est un péché tel que l'homme s'y est déjà résigné, il est passé à l'état chronique, il a comme poussé dans le corps, et l'homme vit avec lui. C'est-à-dire que dans ce cas il est clair que l'homme est impur, et aucune quarantaine, aucun temps de réflexion ne lui est nécessaire. Cela ne signifie pas qu'à l'homme qui a la tsara'at on n'apporte aucune aide. Il est conduit hors du camp, ses réflexions, son travail intérieur doivent déjà se faire hors du camp. Mais il doit se faire, et une aide doit lui être apportée.
Au verset 12, nous lisons une chose tout à fait étonnante :
וְאִם־פָּרוֹחַ תִּפְרַח הַצָּרַעַת בָּעוֹר וְכִסְּתָה הַצָּרַעַת אֵת כָּל־עוֹר הַנֶּגַע מֵרֹאשׁוֹ וְעַד־רַגְלָיו לְכָל־מַרְאֵה עֵינֵי הַכֹּהֵן׃
ve'im-paróa'h tifrá'h hattsará'at baór vekhissetá hattsará'at et kol-ór hannéga merochó ve'ad-ragláv lekhol-mar'é ené hakkohén
12 Mais si d'une floraison fleurit la tsara'at sur la peau et que la tsara'at a couvert toute la peau, a atteint du sommet de la tête jusqu'aux pieds tout ce que le kohen peut voir,
Qu'est-ce que le kohen ne peut pas voir ? Il ne peut pas voir les organes internes. La tsara'at peut aussi atteindre les organes internes, mais le kohen, bien entendu, ne voit pas cela. Le kohen regarde l'homme dénudé, et tout ce qu'il voit est couvert de tsara'at. Et c'est le cas que nous examinons.
וְרָאָה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה כִסְּתָה הַצָּרַעַת אֶת־כָּל־בְּשָׂרוֹ וְטִהַר אֶת־הַנָּגַע כֻּלּוֹ הָפַךְ לָבָן טָהוֹר הוּא׃
vera'á hakkohén vehinné khissetá hattsará'at et-kol-besaró vetihár et-hannága koulló hafákh laván tahór hou
13 Et le kohen a vu que la tsara'at a couvert tout le corps de l'homme, et il déclarera pure cette atteinte : quand tout est devenu blanc, elle s'est changée en pure.
Si l'âme humaine, en exprimant hors d'elle l'impureté (comme nous en avons donné l'exemple), a déjà tout exprimé, si déjà tout le corps s'est couvert de tsara'at, cela signifie que l'intérieur s'est purifié, à l'intérieur il n'y a déjà plus d'impureté. Cela ressemble à un pendule qui s'est balancé au maximum d'un côté : plus loin, il ne se déplacera plus de ce côté-là, le mouvement inverse commencera. C'est pourquoi l'homme qui est entièrement couvert de tsara'at, est déclaré pur. Ce principe fonctionne aussi dans d'autres cas. Par exemple, si toute la communauté d'Israël devient impure, alors elle est déclarée pure. Ou si tous les juges du Sanhédrin considèrent quelqu'un comme coupable, alors il doit être relâché, comme non coupable.
וּבְיוֹם הֵרָאוֹת בּוֹ בָּשָׂר חַי יִטְמָא׃
ouv'yom hera'ót bo bassár 'hay yitmá
14 Mais, si là apparaît (à travers la tsara'at) un petit morceau de viande pure (de chair pure), alors il sera de nouveau impur.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֶת־הַבָּשָׂר הַחַי וְטִמְּאוֹ הַבָּשָׂר הַחַי טָמֵא הוּא צָרַעַת הוּא׃
vera'á hakkohén et-habbassár ha'háy vetimmeó habbassár ha'háy tamé hou tsará'at hou
15 Et le kohen verra la chair cicatrisée, et le déclarera impur, parce que c'est la tsara'at.
Si le corps se résigne, pousse à travers la tsara'at, apprend à vivre avec elle, alors l'homme ne peut pas être pur, comme aussi dans le cas de la tsara'at invétérée,
אוֹ כִי יָשׁוּב הַבָּשָׂר הַחַי וְנֶהְפַּךְ לְלָבָן וּבָא אֶל־הַכֹּהֵן׃
o khi yachoúv habbassár ha'háy venehpákh lelaván ouvá el-hakkohén
16 Mais si cette chair cicatrisée redevient blanche, il viendra de nouveau au kohen,
וְרָאָהוּ הַכֹּהֵן וְהִנֵּה נֶהְפַּךְ הַנֶּגַע לְלָבָן וְטִהַר הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּגַע טָהוֹר הוּא׃
vera'áhou hakkohén vehinné nehpákh hannéga lelaván vetihár hakkohén et-hannéga tahór hou
17 Et le kohen vit : et voici, la plaie est devenue blanche, et le kohen le déclara pur, parce qu'il – est pur.
Le kohen lui-même ne purifie pas et ne souille pas, il déclare le statut. Comme nous l'avons déjà expliqué, quand toute la plaie est blanche, alors – c'est pur. Il faut sans doute dire une chose importante : toutes ces allées et venues chez le kohen, elles ne sont pas pour rien, ce n'est pas pour rien que l'homme reçoit un avertissement sur la peau. Le kohen est appelé non seulement à constater la pureté ou l'impureté, ce qu'il fait d'ailleurs, mais aussi à parler avec l'homme. « Toi, mon frère, tu as la tsara'at apparemment. Pourquoi ? Qu'est-il arrivé ? Comment ça va en général ? Comment vont les enfants ? Comment va ta femme ? Comment tu rembourses ton crédit immobilier ? » Enfin, poser quelques questions. C'est très important qu'un tel avertissement donne à l'homme la possibilité de rencontrer le kohen. Si nous disions simplement : « Dès que tu as un certain problème de l'âme ou un problème spirituel, va chez le kohen », alors il y aurait beaucoup de gens qui se trouveraient constamment chez le kohen, avec chaque petit problème qu'ils pourraient résoudre eux-mêmes, ils viendraient chez le kohen. Ici, sur la peau, quelque chose éclot – c'est pour toi une convocation à venir chez le kohen.
À ce sujet, on pose une question tout à fait différente, mais semblable aussi, concernant la pureté des femmes. La pureté de la femme est liée à ses pertes vaginales, et souvent ces pertes laissent des taches sur le linge de corps de la femme. Et c'est une chose tout à fait inconfortable, très embarrassante. La femme montre ces taches à certains rabbins et demande si elle est permise à son mari ou non ? À quoi bon cela, semblerait-il ? Tout cela est désagréable, et les hommes considèrent habituellement cela avec un certain dégoût. Pourquoi soudain oblige-t-on la femme à aller chez le rabbin, ou la contraint-on à aller chez le rabbin et à poser une telle question ? Et, en outre, c'est terriblement impudique. Mais cela donne la possibilité de poser, à son tour, des questions concernant la vie de la femme, et peut-être d'aborder certaines choses dont elle ne parle pas comme ça, c'est une possibilité de parler.
Exactement de même aussi la tsara'at. La dermatologie, le travail avec la peau, l'examen de la peau – c'est une procédure pas du tout, du tout, du tout agréable. Le kohen examine l'homme et en parallèle mène avec lui une conversation, c'est – un temps pour le soin des âmes. Et le temps de sept jours en quarantaine – c'est aussi un temps de soin des âmes. Et très importante est la capacité du kohen (et nous devons chacun nous examiner nous-mêmes sur cette capacité), voyant l'impur, de ne pas devenir impur. Voyant l'impureté dans l'homme, garder envers lui l'amour et le regarder attentivement avec sollicitude, avec émotion, avec inquiétude, comme on s'inquiète pour soi-même, dans l'espoir de sa purification.
וּבָשָׂר כִּי־יִהְיֶה בוֹ־בְעֹרוֹ שְׁחִין וְנִרְפָּא׃
ouvassár ki-yihyé vo-ve'oró che'hín venirpá
18 Et la chair qui aura sur la peau un abcès, et il guérira,
Si dans le premier cas nous lisions : « Un homme chez qui il y aura… », dans le deuxième cas : « Une plaie qui sera… », ici c'est déjà simplement la chair. C'est le troisième niveau. Si chez un certain homme, qui peut-être s'est déjà retrouvé n'être qu'un corps, une chair, et en qui il est difficile d'éveiller quelque chose de spirituel, il y a eu un certain abcès, et il a guéri :
וְהָיָה בִּמְקוֹם הַשְּׁחִין שְׂאֵת לְבָנָה אוֹ בַהֶרֶת לְבָנָה אֲדַמְדָּמֶת וְנִרְאָה אֶל־הַכֹּהֵן׃
vehayá bimkóm hache'hín se'ét levaná o vahéret levaná adamdámet venir'á el-hakkohén
19 Et il arriva qu'à l'endroit de cet abcès apparut une tumeur blanche ou une tache d'un blanc rougeâtre, et il se montra au kohen,
Ici apparaît encore un détail – la teinte rougeâtre. Si le blanc symbolise seulement la grâce, le blanc – c'est la somme de toutes les couleurs, c'est la perfection, c'est un certain absolu, alors le rouge symbolise la colère. Ici, ce n'est déjà plus simplement une indication, un exemple de ce que l'homme doit être. Ici – c'est la manifestation de la colère dans sa vie, qui est déjà en lui à l'intérieur et sort aussi à l'extérieur. Chez un tel homme, la tache peut être aussi rougeâtre. Dans les autres cas, il n'y avait pas cela.
וְרָאָה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה מַרְאֶהָ שָׁפָל מִן־הָעוֹר וּשְׂעָרָהּ הָפַךְ לָבָן וְטִמְּאוֹ הַכֹּהֵן נֶגַע־צָרַעַת הִוא בַּשְּׁחִין פָּרָחָה׃
vera'á hakkohén vehinné mar'éha chafál min-ha'ór ous'ará hafákh laván vetimmeó hakkohén nega-tsará'at hi bache'hín pará'ha
20 Et le kohen vit que d'aspect elle est plus profonde que la peau et que les poils sont devenus blancs, et le kohen le déclara impur, parce que c'est – une plaie de tsara'at, qui a fleuri à l'endroit de l'abcès.
וְאִם יִרְאֶנָּה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה אֵין־בָּהּ שֵׂעָר לָבָן וּשְׁפָלָה אֵינֶנָּה מִן־הָעוֹר וְהִיא כֵהָה וְהִסְגִּירוֹ הַכֹּהֵן שִׁבְעַת יָמִים׃
ve'ím yir'énna hakkohén vehinné en-bá se'ár laván ouchfalá enénna min-ha'ór vehi khehá vehisgiró hakkohén chiv'át yamím
21 Et si le kohen examine la tache, et voici, il n'y a pas sur elle de poils blancs, et elle ne pénètre pas sous la peau, et elle est un peu sombre, et le kohen l'enfermera pour sept jours d'isolement ;
וְאִם־פָּשֹׂה תִפְשֶׂה בָּעוֹר וְטִמֵּא הַכֹּהֵן אֹתוֹ נֶגַע הִוא׃
ve'im-passó tifsé ba'ór vetimmé hakkohén otó néga hi
22 Si elle s'étend en s'étendant sur la peau, le kohen le déclarera impur, parce que c'est – une plaie (tsara'at).
וְאִם־תַּחְתֶּיהָ תַּעֲמֹד הַבַּהֶרֶת לֹא פָשָׂתָה צָרֶבֶת הַשְּׁחִין הִוא וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן׃
ve'im-ta'htéha ta'amód habbahéret lo fassáta tsarévet hache'hín hi vetiharó hakkohén
23 Mais si elle reste dans le même état dans lequel elle était, alors c'est la cicatrice de l'abcès, et le kohen le déclare pur.
Dans ce cas, il n'est pas exigé, comme nous le voyons, de deuxième période de quarantaine.
אוֹ בָשָׂר כִּי־יִהְיֶה בְעֹרוֹ מִכְוַת־אֵשׁ וְהָיְתָה מִחְיַת הַמִּכְוָה בַּהֶרֶת לְבָנָה אֲדַמְדֶּמֶת אוֹ לְבָנָה׃
o vassár ki-yihyé ve'oró mikhvat-éch vehayetá mi'hyát hammikhvá bahéret levaná adamdémet o levaná
24 Ou la chair, s'il y a sur la peau une brûlure, et qu'il y ait la chair guérie de la brûlure avec une tache rougeâtre ou blanche,
Arrêtons-nous et prêtons attention. Nous lisons déjà le quatrième cas que la Torah décrit. Tout a commencé par ceci, qu'il y avait adam – un homme, qui avait un problème. La deuxième étape, quand le problème sera sur l'homme, c'est-à-dire que l'homme lui-même s'est déplacé au second plan, et son problème est devenu plus dangereux que lui-même. Il s'est retrouvé au pouvoir de ce péché qui est devenu sa nature et qui mène à la tsara'at. À la troisième étape, nous avons lu sur l'homme qui est appelé vassar (chair). Ce n'est déjà plus une personne, semble-t-il. Et dans sa tache peut se manifester une couleur rougeâtre. Nous avons lu qu'elle est blanche ou d'un blanc rougeâtre, et nous avons alors remarqué que c'est le début de la manifestation de la colère. Et la colère – c'est quand l'âme veut déjà s'arracher elle-même du corps. La quatrième étape, dont nous lisons ici, c'est quand la teinte rougeâtre prédomine déjà. Et la manifestation elle-même sur la peau – ce n'est déjà plus un abcès, mais une brûlure, c'est-à-dire quelque chose de l'extérieur. Dans un état où la société est sainte, où tout le peuple est le voisin du Très-Haut, l'absence d'une protection élémentaire, qui laisse se produire une brûlure, – c'est déjà une sirène bruyante dans la tête de l'homme. Nous parlons du peuple d'Israël, que le Très-Haut a choisi comme Sa maison, dans lequel le Très-Haut veut habiter et auquel sont imposées des exigences particulières de sainteté. C'est pourquoi lui a été donné tout ce système d'avertissements qui est appelé tsara'at. Et la brûlure – c'est aussi un avertissement dans la vie de l'homme, peut-être actuel aussi dans notre vie, à la différence de la tsara'at. Bien que cela ne signifie pas qu'il faille montrer du doigt l'homme qui s'est brûlé.
Ainsi, l'homme est venu chez le kohen, et il avait une brûlure, un endroit cicatrisé, rougeâtre ou blanc.
וְרָאָה אֹתָהּ הַכֹּהֵן וְהִנֵּה נֶהְפַּךְ שֵׂעָר לָבָן בַּבַּהֶרֶת וּמַרְאֶהָ עָמֹק מִן־הָעוֹר צָרַעַת הִוא בַּמִּכְוָה פָּרָחָה וְטִמֵּא אֹתוֹ הַכֹּהֵן נֶגַע צָרַעַת הִוא׃
vera'á otá hakkohén vehinné nehpákh se'ár laván babbahéret oumar'éha amók min-ha'ór tsará'at hi bammikhvá pará'ha vetimmé otó hakkohén néga tsará'at hi
25 Et le kohen le vit : et voici, dans cette tache les poils sont devenus blancs, et de nouveau – elle est sous-cutanée, donc c'est la tsara'at qui a poussé sur la brûlure ; et le kohen le déclara impur, parce que c'est – la tsara'at.
וְאִם יִרְאֶנָּה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה אֵין־בַּבֶּהֶרֶת שֵׂעָר לָבָן וּשְׁפָלָה אֵינֶנָּה מִן־הָעוֹר וְהִוא כֵהָה וְהִסְגִּירוֹ הַכֹּהֵן שִׁבְעַת יָמִים׃
ve'ím yir'énna hakkohén vehinné en-babbahéret se'ár laván ouchfalá enénna min-ha'ór vehí khehá vehisgiró hakkohen chiv'át yamím
26 Et si le kohen regarde : et voici, il n'y a pas dans cette tache de poils blancs, et elle n'est pas sous-cutanée, et elle s'assombrit, et le kohen l'enferma pour sept jours.
Et à ce niveau aussi, il y a une possibilité de repentir. Et ce qui est étonnant, l'auto-assistance psychologique aussi peut être faite en sept jours. Et à ce niveau aussi, le kohen regarde attentivement l'homme avec émotion. Et de nouveau, ce véhinné (et voici) transmet vraiment l'émotion du kohen. Indépendamment du niveau jusqu'auquel l'homme est descendu dans le péché, il y a pour lui de la sollicitude, une tutelle, il y a l'espoir d'un amendement. Et en outre, la vitesse de l'amendement peut être la même pour celui qui a un peu trébuché et pour celui qui est tombé définitivement.
וְרָאָהוּ הַכֹּהֵן בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי אִם־פָּשֹׂה תִפְשֶׂה בָּעוֹר וְטִמֵּא הַכֹּהֵן אֹתוֹ נֶגַע צָרַעַת הִוא׃
vera'áhou hakkohén bayóm hachevi'í im-passó tifsé ba'ór vetimmé hakkohén otó néga tsará'at hi
27 Et le kohen l'examinera au septième jour : si elle s'étend sur la peau, alors le kohen le déclarera impur, parce que c'est – la tsara'at.
וְאִם־תַּחְתֶּיהָ תַעֲמֹד הַבַּהֶרֶת לֹא־פָשְׂתָה בָעוֹר וְהִוא כֵהָה שְׂאֵת הַמִּכְוָה הִוא וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן כִּי־צָרֶבֶת הַמִּכְוָה הִוא׃
ve'im-ta'htéha ta'amód habbahéret lo-fassetá va'ór vehí khehá se'ét hammikhvá hi vetiharó hakkohén ki-tsarévet hammikhvá hi
28 Mais si la tache ne grandit pas et ne s'est pas étendue sur la peau, et qu'elle est sombre, alors c'est une tumeur qui est restée de la brûlure ; et le kohen le déclara pur, parce que c'est la cicatrice de la brûlure.
Bien que l'homme, comme nous l'avons déjà dit, ait peut-être aussi perdu sa personnalité, il peut être rituellement pur. La pureté n'a pas de rapport avec le péché. Je répète pour la énième fois qu'être impur – ce n'est pas un péché, et être pur – ce n'est pas la justice. On peut être un voleur rituellement pur, on peut être une accouchée rituellement impure.
Nous voyons qu'un seul et même processus se répète, et la Torah nous le répète. Et souvent on doit se heurter à la question : pourquoi ces répétitions ennuyeuses d'une seule et même chose ? Dites simplement ainsi : « S'il y a deux signes : des poils blancs dans la tache et la tache sous-cutanée, alors c'est la tsara'at ! Sinon, sept ou quatorze jours de quarantaine – et en liberté avec la conscience tranquille. » Pourquoi toutes ces répétitions ? Mais ici nous voyons comment l'homme descend d'un niveau à un autre. Nous voyons comment la tsara'at se reflète, se manifeste dans la dégradation de l'homme, comment l'homme passe de l'état d'adam, à l'état de presque sans personnalité, dans lequel l'aspiration de l'âme à la vie n'est déjà plus si grande. Et ce chapitre – c'est une indication pratique aux kohanim non seulement sur la manière de diagnostiquer les taches, mais aussi sur la manière d'observer certains processus qui se produisent dans l'homme. Car quand quelqu'un vient chez le kohen, il n'est pas écrit sur lui adam, ou tsara'at, qui est chez l'homme, ou chair. Et, pour déterminer le niveau auquel se trouve l'homme, pour comprendre son état spirituel, le kohen doit non seulement l'examiner, mais aussi parler avec lui. Et c'est le plus important.
Je pense que la conclusion importante de ce chapitre ne relève pas du domaine de la dermatologie, mais du domaine du soin des âmes. D'un côté, ce chapitre parle de combien attentivement et avec quel amour il faut se comporter envers les gens sur la peau desquels il y a des abcès, dont l'âme demande la purification, et cela n'a pas du tout toujours un aspect esthétique, et combien souvent nous préférons l'esthétique à l'amour. D'un autre côté, c'est un encouragement pour les gens dont les problèmes sont l'impureté qui jaillit au-dehors et empêche de vivre, qui est semblable aux abcès sur la peau, semblable aux plaies de tsara'at. Ne pas se troubler, ne pas avoir honte de demander de l'aide, chercher la purification, chercher un kohen aimant, qui peut donner la guérison. Et se souvenir que nous avons un Grand Prêtre, nous avons Ses co-pasteurs. Je pense que c'est un grand encouragement pour nous.
Un Dieu plein de sollicitude
Vayikra 13,29–59
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Tazria, et nous lirons à partir du verset 29 du chapitre 13 du livre Vayikra. Je rappelle que dans la première partie de la section nous avons lu au sujet de quatre cas de plaie de tsara'at. Nous avons commencé par l'homme qui a été appelé adam, qui avait une plaie sur la peau. Ensuite nous avons lu au sujet du cas où la plaie passe au premier plan, et c'est déjà la plaie avec l'homme qui vient chez le kohen. Dans le troisième cas, le patient était appelé vassar (chair), il avait sur la peau des taches blanches (comme la tsara'at ordinaire) et des taches rougeâtres. Et nous avons dit que c'est déjà la manifestation de la colère. Dans le quatrième cas, l'homme était aussi appelé vassar (viande, chair), mais les taches rougeâtres étaient plus nombreuses. Nous avons dit que ce sont quatre degrés de dégradation de l'homme avec la tsara'at, sa chute de niveau en niveau. Au verset 29 apparaît chez nous un nouveau type de patient (ou de patients).
וְאִישׁ אוֹ אִשָּׁה כִּי־יִהְיֶה בוֹ נָגַע בְּרֹאשׁ אוֹ בְזָקָן׃
ve'ích o ichá ki-yihyé vo nága beróch o vezakán
29 Un homme ou une femme, s'il y a en lui une plaie sur la tête ou sur la barbe,
Pourquoi soudain sont apparus ich (homme) ou icha (femme) ? La première fois, nous rencontrons la notion d'ich et d'icha quand Adam rencontre sa femme 'Hava et dit : « Celle-ci sera appelée icha, parce qu'elle a été prise de l'ich ». Dès qu'Adam a exprimé un jugement, est devenu un homme qui raisonne et a engendré une idée nouvelle, il est devenu non plus adam, mais ich. Ich – c'est un homme qui ne vit plus seulement d'imitation, mais peut faire quelque chose de sien, un homme qui raisonne. Et, comme est apparu l'homme qui raisonne et que des idées naîtront chez lui, il a besoin de l'icha, de celle qui réalisera ces idées dans la vie, les détaillera. Le mari pense abstraitement, la femme – concrètement. Pour l'homme il y a une pièce, pour la femme il y a dans cette pièce des rideaux, des tables, des chaises, des serviettes, des petits volants et des poufs. L'homme, pensant en homme, ne pensera pour la plupart pas à s'acheter un pouf pour la pièce, mais la femme prendra soin du confort. Du reste, l'âme de tout homme se compose du masculin et du féminin, c'est-à-dire que nous ne pensons pas seulement abstraitement, mais nous réalisons aussi nos idées. C'est ainsi que cela doit être.
Ainsi, ich ou icha – ce n'est pas simplement homme ou femme, ce sont des gens qui raisonnent, des penseurs, on peut dire, l'élite intellectuelle ou la noblesse, les chefs du peuple, ceux qui peuvent diriger le peuple, les maîtres – en somme, des gens sérieux. Mais ces gens sérieux aussi peuvent avoir un problème. Leur problème s'exprime en ceci qu'ils peuvent avoir une plaie sur la tête ou sur la barbe. La barbe (naturellement, chez les hommes) est considérée comme la révélation de la capacité de penser, de la capacité de juger, la révélation de la sagesse dans le monde. La barbe – c'est la manifestation de la raison dans l'apparence extérieure. Le mot zakan (barbe) est souvent expliqué comme provenant de l'expression zé kana (ce savoir, que l'homme a acquis). Bien entendu, cela ne signifie pas que l'homme qui n'a pas de barbe est bête, ou que l'homme qui a une barbe est, au contraire, intelligent. Mais nous parlons de certains symboles : ce n'est pas pour rien que la plaie apparaît justement sur la barbe, justement sur la tête.
Ici il convient de demander pourquoi alors nous disons que l'organe qui pense – c'est le cœur ? L'homme pense dans le cœur, mais néanmoins la compréhension naît dans la tête. Souvent, au lieu du mot comprendre, la Torah emploie le mot voir, apercevoir (nous nous déplaçons à la suite de nos yeux) ou entendre, quand nous disons : « Écoute, Israël ! » La perception du monde, la compréhension du monde naît dans la tête. Et il peut se produire une masse de distorsions si la tête court loin devant le cœur : la raison froide cesse d'être sensible. En suivant la raison, l'homme, d'« intello » ou de « bûcheur », comme on a coutume de l'appeler, peut se transformer en un homme complètement insensible, qui ne peut déjà plus être attentif aux autres gens, n'apprécie que l'intelligence et néglige, à cause de son intellectualité, les sentiments humains. C'est l'une des raisons pour lesquelles une plaie apparaît sur lui. Et bien que ce soit un homme important, intelligent, sérieux et occupé, il doit lui aussi venir chez le kohen.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּגַע וְהִנֵּה מַרְאֵהוּ עָמֹק מִן־הָעוֹר וּבוֹ שֵׂעָר צָהֹב דָּק וְטִמֵּא אֹתוֹ הַכֹּהֵן נֶתֶק הוּא צָרַעַת הָרֹאשׁ אוֹ הַזָּקָן הוּא׃
vera'á hakkohén et-hannéga vehinné mar'éhou amók min-ha'ór ouvó se'ár tsahóv dak vetimmé otó hakkohén nétek hou tsará'at haróch o hazzakán hou
30 Et le kohen vit cette plaie : et voici, elle paraît comme pénétrant sous la peau, et sur elle un poil jaune fin, et le kohen le déclara impur, c'est – la teigne, et c'est la tsara'at de la tête ou de la barbe.
C'est ce signe que nous n'avons pas vu dans les cas précédents. Le poil jaune fin parle de l'amincissement de la chair, du fait que la chair elle-même, dont le poil pousse, devient faible. Le lien de la raison avec le monde matériel s'affaiblit. Le poil « rouille », ne reçoit pas assez de substances nutritives, la chair elle-même s'affaiblit, le poil s'amincit. Et c'est – une plaie impure.
Le mot nétek est habituellement traduit par teigne, et nous aussi nous le traduirons ainsi. Mais le mot nétek lui-même a la même racine, noun-tav-kouf, que le mot lénatek (déconnecter, rompre), c'est-à-dire que c'est une rupture, une rupture des liens. Quelque part chez l'homme la raison s'est arrachée du cœur, ou son image du monde s'est déchirée. C'est-à-dire que si le kohen a vu deux signes – la manifestation sous-cutanée de cette plaie et de petits poils jaunes fins sur elle – c'est la tsara'at de la tête, nétek (rupture ou teigne). Il y a aussi d'autres variantes.
וְכִי־יִרְאֶה הַכֹּהֵן אֶת־נֶגַע הַנֶּתֶק וְהִנֵּה אֵין־מַרְאֵהוּ עָמֹק מִן־הָעוֹר וְשֵׂעָר שָׁחֹר אֵין בּוֹ וְהִסְגִּיר הַכֹּהֵן אֶת־נֶגַע הַנֶּתֶק שִׁבְעַת יָמִים׃
vekhi-yir'é hakkohén et-néga hannétek vehinné en-mar'éhou amók min-ha'ór vese'ár cha'hór en bo vehisgír hakkohén et-néga hannétek chiv'át yamím
31 Si le kohen voit la plaie de teigne, et voici, elle ne paraît pas comme si elle pénétrait sous la peau, il n'y a pas en elle de poils noirs, et le kohen enfermera la plaie de teigne pour sept jours.
Selon la Torah, les cheveux des gens sont noirs, parce que la plupart des Juifs à cette époque avaient les cheveux noirs. Mais sur la plaie il n'y a pas de poils noirs et on ne peut pas déterminer de combien les poils ont changé de couleur. Et le kohen agit avec cet homme de la même manière qu'il agit avec quiconque est soupçonné d'être – porteur de tsara'at.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּגַע בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְהִנֵּה לֹא־פָשָׂה הַנֶּתֶק וְלֹא־הָיָה בוֹ שֵׂעָר צָהֹב וּמַרְאֵה הַנֶּתֶק אֵין עָמֹק מִן־הָעוֹר׃
vera'á hakkohén et-hannéga bayom hachevi'í vehinné lo-fassá hannétek velo-háya vo se'ár tsahóv oumar'é hannétek en amók min-ha'ór
32 Au septième jour, le kohen examine cette plaie, et voici, la teigne ne s'est pas étendue, et il n'est pas apparu en elle de poils jaunes, et on voit qu'elle ne pénètre pas sous la peau,
וְהִתְגַּלָּח וְאֶת־הַנֶּתֶק לֹא יְגַלֵּחַ וְהִסְגִּיר הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּתֶק שִׁבְעַת יָמִים שֵׁנִית׃
vehitgallá'h ve'et-hannétek lo yegalléya'h vehisgír hakkohén et-hannétek chiv'át yamím chenít
33 Et il se rasera, mais la teigne il ne la rasera pas (c'est-à-dire qu'il laissera un îlot de teigne, pour que des poils poussent sur elle), et de nouveau le kohen l'envoie en quarantaine pour sept jours.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֶת־הַנֶּתֶק בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וְהִנֵּה לֹא־פָשָׂה הַנֶּתֶק בָּעוֹר וּמַרְאֵהוּ אֵינֶנּוּ עָמֹק מִן־הָעוֹר וְטִהַר אֹתוֹ הַכֹּהֵן וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהֵר׃
vera'á hakkohén et-hannétek bayom hachevi'í vehinné lo-fassá hannétek ba'ór oumar'éhou enénnou amók min-ha'ór vetihár otó hakkohén vekhibbés begadáv vetahér
34 Et au septième jour le kohen verra de nouveau cette teigne, et voici, la teigne ne s'est pas étendue sur la peau, et son aspect ne paraît pas comme si elle était sous-cutanée ; et le kohen le déclarera pur, et il lavera ses vêtements, et il sera pur.
Une question se pose : si le kohen l'a déclaré pur, pourquoi doit-il se laver et laver ses vêtements ? Même si l'homme n'était pas impur, mais qu'il est tombé sous le jugement du kohen et que le kohen le déclare pur, il doit aller se laver. Très probablement, c'était la raison pour laquelle les gens allaient chez le kohen qu'on appelait Yo'hanan l'Immergeur. Lui, étant kohen et possédant un certain esprit prophétique pour voir la pureté et l'impureté des gens, avait le droit de les déclarer purs s'ils portaient le fruit de la repentance. Quand il vit Yéchoua, il dit : « Comment donc puis-je te délivrer des attestations quelconques ? » Mais Yéchoua lui répondit : « C'est bien toi le kohen ici. C'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice. » Même le Machia'h vient chez le kohen, c'est justement le kohen qui témoigne de Sa pureté, et seulement après cela Il va se laver.
Mais dans notre cas l'affaire ne s'arrête pas là, l'homme doit de nouveau s'observer lui-même. Il est libéré avant terme, mais sous condition, c'est-à-dire en libération conditionnelle anticipée. C'est pourquoi au verset 35 nous lisons :
וְאִם־פָּשֹׂה יִפְשֶׂה הַנֶּתֶק בָּעוֹר אַחֲרֵי טָהֳרָתוֹ׃
ve'im-passó yifsé hannétek ba'ór a'haré tahorató
35 Mais si, en s'étendant, la teigne s'étend sur la peau après la purification,
וְרָאָהוּ הַכֹּהֵן וְהִנֵּה פָּשָׂה הַנֶּתֶק בָּעוֹר לֹא־יְבַקֵּר הַכֹּהֵן לַשֵּׂעָר הַצָּהֹב טָמֵא הוּא׃
vera'áhou hakkohén vehinné passá hannétek ba'ór lo-yevakkér hakkohén lasse'ár hattsahóv tamé hou
36 Et le kohen verra (c'est-à-dire qu'il doit de nouveau venir chez le kohen), et voici, la teigne s'est étendue sur la peau, le kohen ne doit pas rechercher le poil jaune, la plaie devient aussitôt impure.
וְאִם־בְּעֵינָיו עָמַד הַנֶּתֶק וְשֵׂעָר שָׁחֹר צָמַח־בּוֹ נִרְפָּא הַנֶּתֶק טָהוֹר הוּא וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן׃
ve'im-be'enáv amád hannétek vese'ár cha'hór tsama'h-bó nirpá hannétek tahór hou vetiharó hakkohén
37 Mais si (après la sortie en liberté avec la conscience tranquille) la teigne reste à sa place, et qu'en plus des poils noirs ont poussé à sa place, alors cela signifie que la teigne est guérie, il est pur, le kohen le déclare pur.
Faites attention qu'ici il est question d'un homme important, d'un homme avec un statut, et nous voyons qu'il va humblement chez le kohen. De même que le kohen s'occupe d'un pauvre, d'un homme simple ou d'un homme au stade d'une sérieuse dégradation spirituelle, exactement de la même manière il s'occupe d'un homme de haut statut et d'intellect. Tout homme doit aller chez le kohen, en cela tous sont égaux, et ainsi s'accomplit toute justice. Nous verrons plus loin que le kohen prend tellement soin du peuple qu'il ne s'occupe pas seulement des gens.
Au verset 38 nous lisons encore un cas clinique :
וְאִישׁ אוֹ־אִשָּׁה כִּי־יִהְיֶה בְעוֹר־בְּשָׂרָם בֶּהָרֹת בֶּהָרֹת לְבָנֹת׃
ve'ích o-ichá ki-yihyé ve'or-besarám beharót beharót levanót
38 Un homme ou une femme, s'il y a sur la peau de leur corps des taches, des taches blanches,
וְרָאָה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה בְעוֹר־בְּשָׂרָם בֶּהָרֹת כֵּהוֹת לְבָנֹת בֹּהַק הוּא פָּרַח בָּעוֹר טָהוֹר הוּא׃
vera'á hakkohén vehinné ve'or-besarám beharót kehót levanót bóhak hou pará'h ba'ór tahór hou
39 Et le kohen verra, et voici, sur leur peau des taches avec un trouble de la pigmentation, d'un blanc éclatant, c'est – le vitiligo sur la peau, et il (elle) est pur.
Voilà une telle histoire. Si toute leur peau se couvre de taches blanches, si c'est quelque chose de semblable au vitiligo (trouble de la pigmentation de la peau), alors ici il n'y a pas d'alternative : ils viennent chez le kohen, le kohen les examine et dit qu'ils sont purs. Et une question tout à fait raisonnable se pose : « Mais pourquoi doivent-ils alors aller chez le kohen, si de toute façon il est clair que dans leur cas, quand il y a sur la peau de nombreuses taches blanches, ils sont purs ? » Mais c'est justement là l'essence du service du kohen. Parfois l'homme reçoit une convocation simplement pour un examen médical de routine : « Tu es très probablement en bonne santé, tu es – pur, mais montre-toi au kohen, pour que tu ne deviennes pas impur. » C'est une visite préventive chez le kohen. Je répète de nouveau que c'est un système de signalisation de la communication avec le Très-Haut dans la sainteté, qui existait alors. Et ce n'est pas du tout forcément d'actualité aujourd'hui. C'est pourquoi ceux qui ont le vitiligo ou encore quelques autres signes dont nous parlons ne doivent pas se hâter de s'accuser eux-mêmes, et encore moins doivent-ils être soumis à une accusation de l'extérieur.
Au verset 40 nous lisons au sujet d'un nouveau type de patient.
וְאִישׁ כִּי יִמָּרֵט רֹאשׁוֹ קֵרֵחַ הוּא טָהוֹר הוּא׃
ve'ích ki yimmarét rochó keréya'h hou tahór hou
40 Et un homme, si ses cheveux tombent de sa tête, il est appelé chauve, et il est pur.
Où est passée la femme ? Pourquoi n'est-il pas écrit ici au sujet de la femme ? Non seulement parce que nous allons parler de la calvitie, et que les femmes, en règle générale, ne deviennent pas chauves, mais aussi parce qu'il s'agit de la rupture entre l'intellect (la raison) et la force qui réalise. L'homme se trouve peut-être dans un tel état que ses idées ne sont déjà plus de ce monde, elles ne peuvent pas être réalisées, la tête s'est complètement détachée. Peut-être que tout cela a l'air beau, mais le toit plane très haut au-dessus de la terre. Et à cause de cela le lien avec le principe féminin de l'âme est rompu, c'est pourquoi c'est déjà simplement ich. Ce n'est pas par hasard que la Torah choisit ici les mots.
Dans l'hébreu moderne le mot kéréya'h signifie simplement chauve. Mais dans l'hébreu de la Torah le mot kéréya'h signifie chauve à l'arrière de la tête, chauve à la nuque.
וְאִם מִפְּאַת פָּנָיו יִמָּרֵט רֹאשׁוֹ גִּבֵּחַ הוּא טָהוֹר הוּא׃
ve'ím mippe'át panáv yimmarét rochó gibbéya'h hou tahór hou
41 Mais si ses cheveux tombent par-devant, il est chauve, et il est pur.
L'homme qui a une calvitie par-devant est appelé guibbéya'h. Deux mots différents en hébreu. Ainsi, répétons encore une fois. Si l'homme est devenu chauve par-derrière, il est appelé kéréya'h, et il est pur. S'il est devenu chauve par-devant, il est appelé guibbéya'h, et il est pur lui aussi. Pourquoi la Torah cite-t-elle deux cas différents, deux situations différentes, si le résultat est un seul et même ? Dites à l'homme dont les cheveux sont tombés qu'il est pur ; si c'est par-devant, il est guibbéya'h, si c'est par-derrière, il est kéréya'h. On peut même ne pas l'écrire, parce que la Torah n'est pas un manuel d'hébreu. Pourquoi tout cela est-il écrit ? L'homme a comme une partie visible de l'esprit, en langage moderne – la conscience, et c'est la partie avant de la tête. Et l'homme a le subconscient, la partie invisible, c'est – la partie arrière de la tête. C'est de cela qu'il va être question : quand il y a une plaie, on peut essayer de comprendre où l'homme a un problème.
וְכִי־יִהְיֶה בַקָּרַחַת אוֹ בַגַּבַּחַת נֶגַע לָבָן אֲדַמְדָּם צָרַעַת פֹּרַחַת הִוא בְּקָרַחְתּוֹ אוֹ בְגַבַּחְתּוֹ׃
vekhi-yihyé vakkará'hat o vaggabbá'hat néga laván adamdám tsará'at porá'hat hi bekara'htó o vegabba'htó
42 Si sur sa calvitie par-derrière ou par-devant il y a une plaie blanc-rougeâtre, c'est une tsara'at florissante de la partie arrière de la tête de la calvitie ou de la partie avant de la tête de la calvitie.
וְרָאָה אֹתוֹ הַכֹּהֵן וְהִנֵּה שְׂאֵת־הַנֶּגַע לְבָנָה אֲדַמְדֶּמֶת בְּקָרַחְתּוֹ אוֹ בְגַבַּחְתּוֹ כְּמַרְאֵה צָרַעַת עוֹר בָּשָׂר׃
vera'á otó hakkohén vehinné se'et-hannéga levaná adamdémet bekara'htó o vegabba'htó kemar'é tsará'at or bassár
43 Et le kohen la verra, et voici, une tumeur semblable à du blanc-rougeâtre sur sa calvitie par-derrière ou par-devant, semblable à la tsara'at qui est sur la peau du corps,
אִישׁ־צָרוּעַ הוּא טָמֵא הוּא טַמֵּא יְטַמְּאֶנּוּ הַכֹּהֵן בְּרֹאשׁוֹ נִגְעוֹ׃
ich-tsaroúa hou tamé hou tammé yetamme'énnou hakkohén berochó nig'ó
44 Alors c'est un homme frappé de tsara'at, et il est impur ; le kohen le déclarera impur, sur sa tête sa plaie.
L'expression sur sa tête sa plaie peut se comprendre aussi purement visuellement, à savoir que la plaie est sur sa tête, et elle peut se comprendre comme une métaphore : son sang sur sa tête, il s'est lui-même valu cette plaie sur sa propre tête.
Au verset 45 nous lisons quelques mots sur les règles de conduite de celui qui est frappé de tsara'at dans la bonne société. Un tel homme ne paraît pas dans la bonne société.
וְהַצָּרוּעַ אֲשֶׁר־בּוֹ הַנֶּגַע בְּגָדָיו יִהְיוּ פְרֻמִים וְרֹאשׁוֹ יִהְיֶה פָרוּעַ וְעַל־שָׂפָם יַעְטֶה וְטָמֵא טָמֵא יִקְרָא׃
vehattsaroúa acher-bó hannéga begadáv yihyoú feroumím verochó yihyé faroúa ve'al-safám ya'té vetamé tamé yikrá
45 Et celui qui souffre, sur qui est la plaie, ses vêtements seront déchirés, et sa tête sera échevelée, et il enveloppera sa bouche, et il doit crier : « Impur, impur ! »
On déchire les vêtements du côté du col, il n'est pas obligatoire de déchirer sa chemise sur soi, et il ne faut pas se faire de mise en plis ni de coiffure. Vé'al-safam ya'té (il enveloppera sa bouche) signifie littéralement il s'enveloppera jusqu'à la moustache. Nous pouvons voir quelque chose de semblable dans les coutumes de deuil, quand on vient exprimer ses condoléances à la famille (cela s'est conservé dans les communautés orientales, chez les Juifs yéménites) : avec le talit on couvre la partie inférieure du visage, comme si on se couvrait la bouche, comme si on craignait de dire quelque chose. Exactement de la même manière, l'homme frappé de tsara'at doit fermer sa bouche, couvrir sa bouche. Et il doit avertir qu'il est impur. Il est interdit de s'approcher de l'impur, parce que le contact avec lui rend impur, et l'homme qui va à Jérusalem pour se prosterner, l'homme qui doit entrer dans le Temple ou dans la Tente d'assignation, naturellement, peut devenir impur par ce contact, et il lui faudra se laver et passer par la purification. On faisait beaucoup pour avertir de l'impureté les voyageurs qui allaient à Jérusalem, qui allaient vers le Saint. D'ailleurs, c'est justement pour cela qu'on peignait les tombeaux, qu'on peignait les tombes, pour que les gens sachent que cet endroit est impur, et que si l'on y entre, on peut devenir impur. Quand Yéchoua dit de ses adversaires qu'ils sont semblables à des sépulcres peints, il veut dire que la beauté de ce qui est peint et a l'air d'apparat, elle est comme un avertissement de ne pas s'approcher, parce qu'à l'intérieur – l'impureté.
Ainsi, celui qui est frappé de tsara'at doit déchirer ses vêtements, avoir la tête échevelée, crier : « Tamé ! Tamé ! » et couvrir sa bouche.
כָּל־יְמֵי אֲשֶׁר הַנֶּגַע בּוֹ יִטְמָא טָמֵא הוּא בָּדָד יֵשֵׁב מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹשָׁבוֹ׃
kol-yemé achér hannéga bo yitmá tamé hou badád yechév mi'hoúts lamma'hané mochavó
46 Tout le temps que la plaie est sur lui, il sera impur, et il sera assis seul hors des limites de son lieu d'habitation.
Seul – cela ne veut pas dire dans une solitude complète. Nous lisons dans le Tanakh que les lépreux communiquaient entre eux, ils avaient leur propre communauté, leur propre camp, il y avait des gens qui les nourrissaient et les soutenaient. Mais l'homme est assis à part de toute la société, à part de la bonne société, à part de ceux qui ont accès au Saint.
C'est là que notre section achève le raisonnement sur la tsara'at sur les hommes et passe à un récit encore plus intéressant – sur la tsara'at sur les vêtements. Nous avons dit que, bien qu'on appelle parfois la tsara'at lèpre, ce n'est pas tout à fait la lèpre, ce n'est pas la maladie de Hansen. C'est un phénomène qui peut se manifester aussi sur les vêtements, ce qui justement sert de preuve que ce n'est pas simplement une maladie. Ici, sans doute, il convient d'expliquer pourquoi la tsara'at frappe en général les vêtements et quel sens cela a. Le corps humain a besoin de vêtements, en société nous allons vêtus de vêtements qui couvrent quelque chose, cachent certaines parties de notre corps. En outre, c'est ainsi que nous nous montrons, le vêtement forme notre image. Exactement de la même manière l'âme aussi a des vêtements. Les vêtements de l'âme s'appellent midot (traits, qualités de caractère). Ce mot a la même racine, mem-dalet-dalet, que le mot madim (uniforme), qui détermine le statut, la position de l'homme dans la société. L'âme se révèle à travers les filtres de nos qualités d'âme : si nous sommes modestes, alors la modestie se manifestera, si nous sommes orgueilleux, alors se manifesteront l'orgueil, l'avidité, l'envie. Les qualités peuvent être aussi bien bonnes que mauvaises, elles se manifestent vivement dans notre communication avec les autres. Les qualités corrompues – c'est comme un vêtement sali, et alors sur le vêtement se manifeste la tsara'at.
Il y a une discussion entre les sages sur ce par quoi commence la tsara'at. Est-ce que le Très-Haut commence par le corps de l'homme, dans l'ordre où cela est décrit dans notre section : d'abord – l'homme, ensuite – les vêtements ? Ou bien est-ce que le Très-Haut, dans Sa miséricorde, avertit d'abord, touche les vêtements de l'homme, et ensuite seulement, si l'homme n'y prête pas attention, la tsara'at passe à son corps ? Et la plupart des commentateurs penchent pour l'idée que le Très-Haut commence justement par les vêtements, que ce sont justement les vêtements que le Très-Haut frappe d'abord de tsara'at. Mais dans le texte de la Torah est décrit d'abord le traitement de l'homme, parce que l'homme, bien sûr, est beaucoup plus important que son vêtement. C'est pourquoi on instruit les kohanim non dans l'ordre chronologique, mais dans l'ordre d'importance. Ainsi, plus loin nous parlerons de la tsara'at sur les vêtements.
וְהַבֶּגֶד כִּי־יִהְיֶה בוֹ נֶגַע צָרָעַת בְּבֶגֶד צֶמֶר אוֹ בְּבֶגֶד פִּשְׁתִּים׃
vehabbéged ki-yihyé vo néga tsará'at bevéged tsémer o bevéged pichtím
47 Et le vêtement, s'il y a sur lui une plaie de tsara'at, sur un vêtement de laine ou sur un vêtement de lin,
אוֹ בִשְׁתִי אוֹ בְעֵרֶב לַפִּשְׁתִּים וְלַצָּמֶר אוֹ בְעוֹר אוֹ בְּכָל־מְלֶאכֶת עוֹר׃
o vichtí o ve'érev lappichtím velattsámer o ve'ór o bekhol-melékhet or
48 Ou sur la chaîne, ou sur la trame, du lin ou de la laine, et sur un vêtement tissé, ou sur le cuir, et sur tout cuir travaillé,
Le tissu, sur le métier à tisser, s'entrelace orthogonalement, certains fils passent sous d'autres. Les fils qui vont le long du tissu s'appellent la chaîne ; les fils qui leur sont transversaux s'appellent la trame.
וְהָיָה הַנֶּגַע יְרַקְרַק אוֹ אֲדַמְדָּם בַּבֶּגֶד אוֹ בָעוֹר אוֹ־בַשְּׁתִי אוֹ־בָעֵרֶב אוֹ בְכָל־כְּלִי־עוֹר נֶגַע צָרַעַת הוּא וְהָרְאָה אֶת־הַכֹּהֵן׃
vehayá hannéga yerakrák o adamdám babbéged o va'ór o-vachetí o-va'érev o vekhol-keli-ór néga tsará'at hou vehor'á et-hakkohén
49 Et cette plaie sera verdâtre ou rougeâtre sur le vêtement, ou sur le tissu, ou sur le cuir, ou sur tout ce qui est fait de cuir, c'est – une plaie de tsara'at, et il la montrera au kohen.
L'homme a trouvé sur son vêtement une plaie verdâtre ou rougeâtre et a porté le vêtement au kohen. « Et pourquoi donc ? » – demandera l'homme moderne. Si quelqu'un parmi nos contemporains a une plaie sur son vêtement et qu'il lui semble même que c'est une chose aussi terrible que la tsara'at, il jettera simplement ce vêtement. Mais en ces temps-là il y avait des gens qui n'avaient qu'un seul vêtement pour toutes les occasions : ils le donnaient en gage, ils s'en couvraient la nuit, et il était d'une importance vitale pour beaucoup. C'est pourquoi la Torah est miséricordieuse, et le kohen aussi est miséricordieux. Il ne dira pas à l'homme : « Pardon, je suis kohen, descendant d'Aharon, je résous ici des problèmes mondiaux, et toi, tu es venu chez moi avec tes pantalons ! Si quelque chose ne va pas, jette-le simplement ! » Non, le kohen doit s'occuper aussi des vêtements.
וְרָאָה הַכֹּהֵן אֶת־הַנָּגַע וְהִסְגִּיר אֶת־הַנֶּגַע שִׁבְעַת יָמִים׃
vera'á hakkohén et-hannága vehisgír et-hannéga chiv'át yamím
50 Et le kohen vit cette plaie, et il l'enferma (la laissa) pour sept jours.
וְרָאָה אֶת־הַנֶּגַע בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי כִּי־פָשָׂה הַנֶּגַע בַּבֶּגֶד אוֹ־בַשְּׁתִי אוֹ־בָעֵרֶב אוֹ בָעוֹר לְכֹל אֲשֶׁר־יֵעָשֶׂה הָעוֹר לִמְלָאכָה צָרַעַת מַמְאֶרֶת הַנֶּגַע טָמֵא הוּא׃
vera'á et-hannéga bayom hachevi'í ki-fassá hannéga babbéged o-vachetí o-va'érev o va'ór lekhól acher-ye'assé ha'ór limlakhá tsará'at mam'éret hannéga tamé hou
51 Au septième jour il regarda cette plaie, si la plaie s'est étendue sur le vêtement, ou sur la chaîne, ou sur la trame, ou sur le cuir, ou sur toutes les sortes de cuir travaillé, c'est – une tsara'at rampante (malfaisante), et il est impur.
En hébreu moderne le mot mamir signifie malin. Que faut-il faire du vêtement impur ? L'impureté du vêtement ne se soigne d'aucune manière.
וְשָׂרַף אֶת־הַבֶּגֶד אוֹ אֶת־הַשְּׁתִי אוֹ אֶת־הָעֵרֶב בַּצֶּמֶר אוֹ בַפִּשְׁתִּים אוֹ אֶת־כָּל־כְּלִי הָעוֹר אֲשֶׁר־יִהְיֶה בוֹ הַנָּגַע כִּי־צָרַעַת מַמְאֶרֶת הִוא בָּאֵשׁ תִּשָּׂרֵף׃
vessaráf et-habbéged o et-hachetí o et-ha'érev battsémer o vappichtím o et-kol-kelí ha'ór acher-yihyé vo hannága ki-tsará'at mam'éret hi ba'éch tissaréf
52 Et la chaîne, ou la trame, de laine ou de lin, tous les objets de cuir sur lesquels sera la plaie, parce que c'est une plaie maligne de tsara'at, elle sera brûlée au feu.
וְאִם יִרְאֶה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה לֹא־פָשָׂה הַנֶּגַע בַּבֶּגֶד אוֹ בַשְּׁתִי אוֹ בָעֵרֶב אוֹ בְּכָל־כְּלִי־עוֹר׃
ve'ím yir'é hakkohén vehinné lo-fassá hannéga babbéged o vachetí o va'érev o bekhol-keli-or
53 Mais si le kohen a regardé, et voici, la plaie ne s'est pas étendue sur le vêtement, ou sur la chaîne, ou sur la trame, ou sur tout objet de cuir,
וְצִוָּה הַכֹּהֵן וְכִבְּסוּ אֵת אֲשֶׁר־בּוֹ הַנָּגַע וְהִסְגִּירוֹ שִׁבְעַת־יָמִים שֵׁנִית׃
vetsivvá hakkohén vekhibbesoú et acher-bó hannága vehisgiró chiv'at-yamím chenít
54 Et le kohen ordonna de faire une deuxième vérification, et on lava ce sur quoi était la plaie, et on l'enferma encore pour sept jours.
Combien de soin le kohen a pour les vêtements !
וְרָאָה הַכֹּהֵן אַחֲרֵי הֻכַּבֵּס אֶת־הַנֶּגַע וְהִנֵּה לֹא־הָפַךְ הַנֶּגַע אֶת־עֵינוֹ וְהַנֶּגַע לֹא־פָשָׂה טָמֵא הוּא בָּאֵשׁ תִּשְׂרְפֶנּוּ פְּחֶתֶת הִוא בְּקָרַחְתּוֹ אוֹ בְגַבַּחְתּוֹ׃
vera'á hakkohén a'haré houkkabbés et-hannéga vehinné lo-hafákh hannéga et-enó vehannéga lo-fassá tamé hou ba'éch tisrefénnou pe'hétet hi bekara'htó o vegabba'htó
55 Et le kohen verra après le lavage cette plaie, et voici, l'aspect de la plaie n'a pas changé, la plaie ne s'est pas étendue, c'est tout de même impur, et cette plaie sera brûlée au feu, elle qui s'appelle corrosion (du tissu) à l'envers ou à l'endroit.
Nous venons tout juste de lire (au verset 42) les mots kara'hat et gabba'hat à propos de la calvitie par-derrière et de la calvitie par-devant. Par rapport au vêtement, c'est l'envers et l'endroit.
וְאִם רָאָה הַכֹּהֵן וְהִנֵּה כֵּהָה הַנֶּגַע אַחֲרֵי הֻכַּבֵּס אֹתוֹ וְקָרַע אֹתוֹ מִן־הַבֶּגֶד אוֹ מִן־הָעוֹר אוֹ מִן־הַשְּׁתִי אוֹ מִן־הָעֵרֶב׃
ve'ím ra'á hakkohén vehinné kehá hannéga a'haré houkkabbés otó vekará otó min-habbéged o min-ha'ór o min-hachetí o min-ha'érev
56 Mais si le kohen voit, et voici, cette plaie s'est assombrie après qu'elle a été lavée, et il l'a arrachée du vêtement, ou du cuir, ou de la chaîne, ou de la trame.
וְאִם־תֵּרָאֶה עוֹד בַּבֶּגֶד אוֹ־בַשְּׁתִי אוֹ־בָעֵרֶב אוֹ בְכָל־כְּלִי־עוֹר פֹּרַחַת הִוא בָּאֵשׁ תִּשְׂרְפֶנּוּ אֵת אֲשֶׁר־בּוֹ הַנָּגַע׃
ve'im-tera'é od babbéged o-vachetí o-va'érev o vekhol-keli-ór porá'hat hi ba'éch tisrefénnou et acher-bó hannága
57 Si elle se montre de nouveau sur le vêtement, ou sur la chaîne, ou sur la trame, et sur tout objet de cuir, alors c'est – une floraison, et sera brûlé au feu ce en quoi est la plaie.
וְהַבֶּגֶד אוֹ־הַשְּׁתִי אוֹ־הָעֵרֶב אוֹ־כָל־כְּלִי הָעוֹר אֲשֶׁר תְּכַבֵּס וְסָר מֵהֶם הַנָּגַע וְכֻבַּס שֵׁנִית וְטָהֵר׃
vehabbéged o-hachetí o-ha'érev o-kol-kelíLa translittération russe rend ici le mot « tout » avec un kh, comme un kaf doux ; le texte hébreu ponctué a un kaf dur, d'où kol. ha'ór achér tekhabbés vessár mehém hannága vekhoubbás chenít vetahér
58 Et le vêtement, ou la chaîne, ou la trame, et tout objet de cuir qui sera lavé, et la plaie s'en ira de lui, et on le lavera une deuxième fois, et il deviendra pur.
Nous voyons que le kohen, qui pourrait simplement mettre à l'homme une amende d'un pantalon ou d'un manteau, lui, il s'occupe de son vêtement. Mais faites attention que ce n'est pas seulement le kohen qui s'occupe du vêtement de l'homme qui s'est corrompu en quelque chose et qu'on avertit. La Torah elle-même y consacre pas mal de place, pas mal de versets, et c'est la miséricorde du Très-Haut envers les biens de l'homme, tant le Très-Haut se soucie des pantalons, des robes, des petits chemisiers et des petits bonnets.
זֹאת תּוֹרַת נֶגַע־צָרַעַת בֶּגֶד הַצֶּמֶר אוֹ הַפִּשְׁתִּים אוֹ הַשְּׁתִי אוֹ הָעֵרֶב אוֹ כָּל־כְּלִי־עוֹר לְטַהֲרוֹ אוֹ לְטַמְּאוֹ׃
zot torát nega-tsará'at béged hattsémer o happichtím o hachetí o ha'érev o kol-keli-ór letaharó o letamme'ó
59 Ceci est l'enseignement sur la plaie de tsara'at du vêtement de laine ou de lin, ou de la chaîne, ou de la trame, ou de tout objet de cuir, pour le purifier ou pour le déclarer impur.
Et sur ce, nous terminons l'étude du chapitre 13 du livre, ainsi que l'étude de la section hebdomadaire Tazria.
Carton jaune
Notre section hebdomadaire Tazria commence par les lois sur la femme qui a enfanté, et sur son impureté liée à cela, sur la période de purification et sur le sacrifice pour le péché.
La section elle-même s'appelle du mot tazria, qui signifie concevra, ou sèmera. La femme, si elle sème la première, selon le Talmud, enfante un garçon. Que signifie sèmera ? Cela signifie que, au cours de l'union sexuelle, c'est elle qui libère la première l'ovule, et, en conséquence, à sa suite l'homme libère sa semence, ce qui a pour résultat qu'un garçon naît. Nous n'entrerons pas dans les aspects médicaux de ces affirmations, arrêtons-nous sur le mot même tazria (concevra), qui vient de la racine zayin-rech-ayin et a la même racine que le mot zéra (semence). Beaucoup de théories sont construites sur le fait que Yéchoua Machia'h, en qui nous croyons, est né de la semence de la femme, et que c'est cette même semence dont il est question dans les premiers chapitres du livre de Béréchit, parce que la femme n'aurait soi-disant pas de semence. Mais il n'en est rien, parce que, du point de vue de la Torah, la femme a une semence : aussi bien ce qui est libéré par l'homme que ce qui est libéré par la femme lors de l'union, lors de la conception – l'un et l'autre s'appellent zéra (semence). En plus de cela, la Torah elle-même ne vise pas la semence au sens littéral. Bien entendu, ni la semence, ni l'ovule, ni le spermatozoïde ne sont en inimitié avec quelqu'un, mais ce sont les descendants, les disciples, qui sont en inimitié. Et, bien entendu, les descendants de 'Hava sont les mêmes gens que les descendants d'Adam, il n'y a aucune différence, parce qu'ils enfantaient tous les deux.
Il se pose une des questions fréquentes : pourquoi la femme, après l'accouchement et après la période de purification, doit-elle apporter un sacrifice pour le péché ? Nous voyons que cela n'était pas seulement ordonné, mais aussi pratiqué : Miryam, la mère de Yéchoua, apporte après sa purification un sacrifice pour le péché, c'est-à-dire que c'est un sacrifice tout à fait réel. Pourquoi l'accouchement est-il un péché ? Et, bien entendu, l'erreur traditionnelle : puisque la femme est impure après l'accouchement, c'est justement pour son impureté qu'elle apporte un sacrifice pour le péché. Mais non, nous savons que l'impureté en elle-même, ce n'est pas un péché. Alors pour quoi le sacrifice ?
La femme, en enfantant, éprouve de très fortes douleurs. Bien qu'il y ait des femmes qui enfantent sans douleur et facilement et ne sentent même pas qu'elles enfantent. J'ai rencontré de tels cas, et en médecine ils sont décrits. Néanmoins, dans le cas général, la femme enfante très douloureusement, et on entend souvent que la femme peut dire ou s'imaginer quelque chose pendant l'accouchement. La douleur provoque chez l'homme une perte de contrôle, et dans cet état la femme peut dire des choses de trop, promettre des choses de trop, faire en elle-même certains vœux. Et, pour se purifier de toutes ces déclarations faites par erreur, de ces émotions, de l'aigreur qui se produit, pour cela la femme apporte un sacrifice pour le péché. Il n'y a aucun péché ni dans l'union entre époux, ni à plus forte raison dans l'accouchement – l'un et l'autre sont saints. Et le sacrifice pour le péché est apporté non pour l'union conjugale et non pour la naissance de l'enfant, mais pour ce qui a pu arriver à la femme pendant l'accouchement.
Le thème suivant, très important, dans la section, c'est le thème de ce qu'on appelle la lèpre. Je dis « ce qu'on appelle », parce que le mot tsara'at, qu'emploie la Torah, ne peut être traduit que de façon conventionnelle par lèpre. Hormis la symptomatologie extérieure, il n'y a pas de parallèles entre la lèpre (lepra) et la tsara'at, qui est un châtiment principalement pour la mauvaise langue (lachon hara).
Beaucoup de maladies, seul un médecin peut les déterminer. Si nous sommes souffrants, si nous voyons un problème quelconque, nous allons chez le médecin. La Torah encourage le recours au médecin. La Torah dit qu'au médecin est donné le pouvoir de guérir, bien que cela ne nous empêche nullement de nous adresser aussi par la prière au Très-Haut. Nous savons que, lorsque Miryam, la sœur de Moché, tomba malade, il pria par la prière la plus courte, la plus laconique : « SEIGNEUR, guéris-la, s'il te plaît ! » Et nous savons que le SEIGNEUR guérit. Il n'entend pas seulement les prières, Il répond aussi aux prières, Il guérit. Et le nom de Yéchoua agit de la même manière, nous voyons beaucoup de guérisons miraculeuses. Et pourtant, avec notre maladie, nous nous adressons au médecin.
Que se passe-t-il donc lorsqu'un homme tombe malade de la tsara'at ? L'homme qui a vu sur lui ne serait-ce qu'une petite zone de peau décolorée doit, selon la loi de la Torah, s'adresser au kohen. La tsara'at, personne ne la diagnostique hormis le kohen, seul le kohen peut poser ce diagnostic. Même si l'homme est lui-même médecin dermatologue, spécialiste de la peau, qui s'y connaît en toutes les maladies de la peau, néanmoins il va avec sa maladie chez le kohen. Et pas seulement avec sa maladie, pas seulement quand il s'est couvert tout entier de croûtes, mais même s'il lui est apparu quelque petit morceau de peau décoloré. Pourquoi cela ?
Dans notre vie, nous recevons très souvent de petits avertissements, à peine perceptibles, de la part du Très-Haut. Et il semblerait qu'il vaille la peine d'y prêter attention, de s'arrêter et de réfléchir à ce que nous faisons de travers, mais souvent nous réagissons autrement et disons : « SEIGNEUR, qu'as-Tu dit ? Je n'ai pas bien entendu, répète plus fort. » Et le SEIGNEUR répète plus fort, et si on n'a pas entendu, alors une troisième fois, et alors ce qu'Il a dit ne semblera plus faible à personne. C'est-à-dire que souvent nous n'accordons pas d'importance à ces signes que Dieu dit dans notre vie, et ils s'accumulent et s'intensifient. Et il vaut mieux, ayant remarqué un petit, un minuscule détail, s'adresser au kohen et examiner avec lui son âme. Et nous savons que nous avons un Grand Prêtre parfait. Et si nous voyons chez nous une maladie quelconque, si nous sentons que quelque chose ne va pas, que quelque chose gêne, que quelque chose ne colle pas, alors ne passons pas à côté. Recourez aux prières même lors de petits contretemps qui vous semblent insignifiants, parce qu'après le petit peut suivre le grand, et alors, effectivement, il sera plus difficile de prier et de revenir. Toute manifestation sur la peau, toute manifestation de petites choses dans notre vie qui ne s'arrange pas, – c'est une raison pour des prières, une raison pour un débriefing, pour ce qu'on appelle en hébreu 'hechbon néfech (comptabilité de l'âme), pour se vérifier soi-même et vérifier ses actes. Et cela arrive très souvent ainsi, cela concerne particulièrement justement la parole, justement la médisance, ou quand nous commettons certains délits insignifiants.
Si nous avons volé au voisin un téléphone cher, tiré un portefeuille d'une poche, mangé un sandwich non casher ou, Dieu nous en préserve, commis encore quelque péché plus grand, alors notre conscience nous tourmentera et nous pouvons nous arrêter, réfléchir et nous repentir. C'est beaucoup plus compliqué avec les péchés qui sont petits, insignifiants, plus petits qu'un petit grain de sable. Ils s'accumulent et forment autour de nous un nuage de poussière. Nous commençons à étouffer de cette poussière, le Machia'h ne peut pas s'approcher de nous à cause de cette poussière. Cette poussière se dépose sur notre peau (on peut le dire ainsi de façon conventionnelle) et commence à se manifester sous forme de désagréments dans de petites, de minuscules choses à peine perceptibles : ici ça n'a pas marché, là ça n'a pas marché... Si chez vous quelque chose ne marche pas systématiquement, peut-être avez-vous « fait de la poussière » autour de vous, et cette poussière vous étouffe. C'est pourquoi il y a une bonne coutume : chaque soir pardonner à tous ceux qui ont péché contre nous, afin que « le soleil ne se couche pas dans notre colère ». Et, d'autre part, repasser sa journée et regarder : n'avons-nous pas « fait de la poussière » sur quelqu'un, ne sommes-nous pas passés dans une flaque, éclaboussant quelqu'un sans qu'on le remarque, offensant quelqu'un, interrompant quelqu'un, n'écoutant pas quelqu'un jusqu'au bout ou répondant trop grossièrement, parce que nous sommes occupés à autre chose. Nous péchons tous souvent par de tels petits péchés « poussiéreux », et ils s'accumulent. C'est pourquoi il faut être très prudents.
Toute cette histoire avec la tsara'at comme avec une maladie qui survient par suite de lachon hara (médisance) peut sembler à un homme rationnel (entre guillemets ou sans guillemets) une sorte d'invention, une sorte de drôle de conte juif : « Comment ce que je dis influe-t-il sur ma peau ? »
Comment la psychosomatique (le lien entre le psychisme et le corps) peut-elle se manifester dans les maladies de peau ? Eh bien, premièrement, nous savons que l'homme a réellement des maladies qui peuvent survenir sur un terrain nerveux. Les maladies de peau, comme l'herpès, s'intensifient quand l'homme est nerveux, s'il vit un stress quelconque. Le psoriasis est aussi une maladie qui peut se répandre excessivement en cas de certaines émotions nerveuses. Et, aussi étrange que cela puisse paraître à certains, même dans la dermatologie moderne, parmi les spécialistes, est admis le traitement des verrues à l'aide de l'hypnose (je ne veux pas dire des actions magiques quelconques, mais une hypnose médicale réelle, qui plonge l'homme dans un état de transe et agit d'une certaine manière sur son psychisme). Les verrues planes disparaissent lors d'un traitement par hypnose. Laissons de côté le caractère casher de ce procédé, n'entrons pas dans la question de savoir si c'est permis ou non et à qui c'est permis, à qui ce ne l'est pas. Notons seulement le fait lui-même : à l'aide de l'hypnose on peut soigner des maladies de peau. C'est-à-dire que l'homme, ayant changé sa conscience (ou quand on lui a changé la conscience), peut influer sur l'état de sa peau dans le bon sens ou dans le mauvais. Et exactement de la même manière, la tsara'at peut se manifester comme une maladie psychosomatique, ou plus fort encore – comme une maladie « Dieu-somatique » (théosomatique), dans le sens que c'est une manifestation de l'action de Dieu dans notre chair, qui signifie un avertissement.
L'homme frappé de tsara'at sort hors des limites du camp, ne vit pas dans la ville et doit aller et crier « Tamé ! Tamé ! » (« Impur ! Impur ! » ou « Abominable ! Abominable ! »), avertissant qu'on ne s'approche pas de lui. Pourquoi en a-t-il besoin ? Quand nous disons du mal de quelqu'un, quand nous accusons quelqu'un à tort et calomnions quelqu'un, ou dévoilons les secrets d'autrui, ou dévoilons en public la nudité d'autrui (au sens figuré), nous causons de la douleur à l'homme. La douleur de la séparation d'avec la communauté, la douleur de la séparation d'avec ces gens qu'on appelle les gens comme il faut, la douleur de ce que l'homme était accepté, considéré comme bon, et soudain nous gâchons sa réputation, gâchons ses liens avec la société, gâchons ses relations avec la société. Et afin de ressentir ce tort qui a été causé à l'homme, celui qui est frappé de tsara'at est envoyé hors du camp et annonce à tous qu'il est tamé, qu'il est impur. Quand notre médisance est dirigée contre un homme, nous « dévorons » pour ainsi dire sa réputation, son bon nom, et cela fait mal. Et celui qui est frappé de maladie par suite de propos malveillants est lui aussi contraint de s'exposer aux regards, afin de sentir, de ressentir profondément cette douleur, ces lourdes émotions.
Ainsi, faisons le bilan. La tsara'at, c'est une maladie-avertissement avec punition, comme le carton rouge dans le sport. Toute autre maladie de peau qui accompagne la tsara'at peut s'appeler, pour parler le même langage sportif, un carton jaune. C'est un avertissement pour nous que nous faisons quelque chose de travers. Et dans notre vie une chaîne de contretemps ou même un seul petit contretemps (selon la manière dont chacun prête attention à sa vie) peut être perçu par nous comme un carton jaune, comme une incitation à prier le Très-Haut. Mais sans demander pour autant : « Pourquoi m'envoies-Tu cela ? Dans quel but m'envoies-Tu cela ? Comment l'ai-je mérité ? », mais, à l'aide du nom de Yéchoua, se vérifier soi-même, regarder dans son cœur (parce que Yéchoua l'éclaire comme une lampe), voir sur quoi, dans notre « chambre », nous trébuchons constamment. Et c'est justement pour en prendre conscience que celui qui était frappé de tsara'at dans les temps anciens devait crier : « Tamé ! Tamé ! ». Ainsi Dieu nous fait sentir, prendre conscience sur nous-mêmes du tort que nous avons causé à d'autres gens. Voilà les quelques mots que je voulais dire sur la section hebdomadaire.
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