1. Sections hebdomadaires
  2. Vayikra
  3. Chémini

שְּׁמִינִי

Chémini

le huitième jour et le feu étranger

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
26 sur 54
Versets
Vayikra 9,1–11,47
Parties
7
Temps de lecture
1 h 35 min

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Chémini est la section hebdomadaire sur le huitième jour du service, l'apparition de la gloire de Dieu, la tragédie de Nadav et Avihou et les lois alimentaires. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinés les chapitres 9–11 du livre de Vayikra : le texte en hébreu, la translittération, une traductionL'original parle ici d'une « traduction russe » ; comme cette page se lit en français, la version française dit simplement « une traduction ». et l'interprétation de l'auteur. Une réflexion à part est consacrée au feu étranger et à la mise à l'épreuve de ses propres désirs.

Et enfin ils ont construit

Vayikra 9,1–24

Avec l'aide de Dieu, nous commençons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Chémini. Au chapitre 8, nous avons parlé des sept jours de préparation des kohanim, du fait que sept, ce n'est pas simplement un nombre, c'est un nombre qui, dans une certaine mesure, symbolise notre monde. Le Très-Haut a créé ce monde en sept jours, le septième jour Il se reposa de Ses œuvres, le septième jour Il le bénit et le sanctifia. Si au sujet de n'importe lequel des jours de la création, quand nous lisons à son sujet, il est dit : « Et il y eut un soir, et il y eut un matin – jour un », « Et il y eut un soir, et il y eut un matin – deuxième jour », cela n'est pas dit au sujet du Chabbat. Nous vivons dans un monde à sept niveaux, pour ainsi dire « septuple », notre monde est limité par le sept, et c'est pourquoi, dans une certaine mesure, notre Chabbat ne se termine pas. Mais il existe aussi un autre monde.

L'autre monde, c'est un monde dans lequel il y a un lien direct entre l'homme et Dieu, un monde dans lequel le Chabbat n'est pas un avant-goût du monde à venir, mais une sensation réelle. C'est le monde du huitième jour, un monde renouvelé. C'est pourquoi beaucoup disent qu'il y aura aussi huit notes, et qu'il y aura huit couleurs, et que tout changera. Quand le kohen entrait dans le Saint des Saints à Yom Kippour, il se trouvait pour ainsi dire dans le huitième jour – dans un monde plus parfait, dans un monde où la présence du Très-Haut est davantage révélée. Il y avait ce danger que là-bas, dans la présence divine, il se sente si bien qu'il ne veuille plus en sortir. C'est pourquoi on adjurait le kohen, on exigeait de lui qu'il prête serment de revenir (le mot serment, chvoua en hébreu a la même racine que le mot chiva, sept). Et par ce serment on le reliait à ce monde, on le « mettait à la terre ». Sans doute Pierre a-t-il éprouvé la même sensation devant la présence divine, lorsque, dans un élan d'émotion, il a dit : « Dressons ici trois cabanes ».

Donc, le huitième jour, c'est le jour où la présence divine est révélée dans ce monde. Et comme préfiguration de cela – le jour où Moché consacre l'autel et où apparaît la gloire de Dieu. Et c'est à ce sujet que nous commençons à lire.


וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי קָרָא מֹשֶׁה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו וּלְזִקְנֵי יִשְׂרָאֵל׃

vayhí bayom hacheminí kará moché le'aharón oulvanáv oulzikné yisraél

1 Et il advint, au huitième jour Moché appela Aharon, et ses fils, et les anciens d'Israël.

Le huitième jour selon le pchat (le sens simple), c'est le jour qui arrive après les sept jours de préparation des kohanim. Ce n'est pas pour rien qu'ils se préparent sept jours, c'est leur entrée dans le huitième jour. Pourquoi sont-ils restés sept jours dans la sainteté, sept jours dans le parvis ? Pour pouvoir entrer dans ce huitième jour-là, pour cesser d'être des touristes dans le monde de la sainteté et y obtenir la résidence permanente, le droit au lieu de résidence, devenir ses habitants et porter en eux-mêmes le huitième jour.


וַיֹּאמֶר אֶל־אַהֲרֹן קַח־לְךָ עֵגֶל בֶּן־בָּקָר לְחַטָּאת וְאַיִל לְעֹלָה תְּמִימִם וְהַקְרֵב לִפְנֵי יְהוָה׃

vayomer el-aharón ka'h-lekhá égel ben-bakár le'hattát ve'áyil le'olá temimím vehakrév lifné adonáy

2 Et il dit à Aharon : « Prends pour toi un veau d'entre les bœufs en sacrifice de purification et un agneau, sans défaut, en holocauste, et offre-les en sacrifice devant le SEIGNEUR ».

Le mot tamim (innocent, entier, sans défaut) a la même racine, tav-mem-mem, que le mot tam (simple, sans artifice, honnête). Ce mot, la Torah l'emploie aussi au sujet de l'homme, par exemple au sujet de Noa'h ou de Yov, c'est quelqu'un sans défaut, parfait. De même, le sacrifice que l'on choisit pour le Très-Haut doit provenir d'un agneau sans défaut.

Mais ce ne sont pas seulement les kohanim qui doivent offrir des sacrifices pour eux-mêmes, le peuple aussi doit offrir certains sacrifices.


וְאֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל תְּדַבֵּר לֵאמֹר קְחוּ שְׂעִיר־עִזִּים לְחַטָּאת וְעֵגֶל וָכֶבֶשׂ בְּנֵי־שָׁנָה תְּמִימִם לְעֹלָה׃

Ve'el-bené yisraél tedabbér lemór ke'hoú se'ir-izzím le'hattát ve'égel vakhéves bene-chaná temimím le'olá

3 Et aux fils d'Israël parle, en disant : « Prenez un petit bouc en sacrifice de purification, et un veau et un jeune bélier, âgés d'un an, sans défaut, en holocauste.


וְשׁוֹר וָאַיִל לִשְׁלָמִים לִזְבֹּחַ לִפְנֵי יְהוָה וּמִנְחָה בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן כִּי הַיּוֹם יְהוָה נִרְאָה אֲלֵיכֶם׃

vechór va'áyil lichlamím lizbóa'h lifné adonáy oumin'há beloulá vachámen ki hayom adonáy nir'á alekhém

4 Et un taureau, et un jeune bélier en sacrifice chélamim (de paix), en sacrifice devant le SEIGNEUR, et une min'ha (don) de galettes à l'huile, car aujourd'hui le SEIGNEUR vous apparaîtra ».

Alors, quels sacrifices est-il ordonné d'offrir ? Aharon doit offrir un jeune taureau en sacrifice de purification ('hatat) pour lui-même et un agneau en holocauste (ola). Le peuple offre quatre sacrifices. Le premier sacrifice, de purification ('hatat), c'est un bouc. Faites attention : dans les chapitres précédents, nous avons lu qu'en sacrifice pour le péché du peuple on offre un taureau. Ici nous lisons qu'on offre un bouc. Et cela nous rappelle ce qui se passe à Yom Kippour, au Jour du Jugement. C'est précisément au Jour du Jugement qu'on offrait en sacrifice un chevreau, et non un jeune taureau. Moché accomplit ici le sacrifice selon les usages du Jour du Jugement, précisément en ce qui concerne le sacrifice 'hatat.

Le deuxième sacrifice, l'holocauste (ola) – un jeune taureau et un jeune bélier. Et de nouveau, d'habitude on n'offrait qu'un agneau, ici s'ajoute encore un taureau. Les commentateurs disent que c'est un sacrifice de fête, particulier, en l'honneur du renouvellement de l'autel, en l'honneur du début du fonctionnement de l'autel.

Le troisième sacrifice (encore un taureau et un jeune bélier) est offert en sacrifice de paix (chélamim). Nous avons dit que le sacrifice de paix est un sacrifice particulier, que mangent et le kohen, et ceux qui l'offrent, et le Très-Haut Lui-même participe à ce repas.

Le quatrième sacrifice – l'offrande de céréales, le don (min'ha).

Le sacrifice d'Aharon le prépare au service, achève sa transformation en kohen. Et le sacrifice du peuple prépare déjà tout le peuple à ce que la gloire de Dieu apparaisse, à ce que le Très-Haut Lui-même apparaisse. Et c'est une grande grâce qui a été donnée à Israël, c'est pour elle qu'avait été entreprise la construction de la Tente d'assignation.


וַיִּקְחוּ אֵת אֲשֶׁר צִוָּה מֹשֶׁה אֶל־פְּנֵי אֹהֶל מוֹעֵד וַיִּקְרְבוּ כָּל־הָעֵדָה וַיַּעַמְדוּ לִפְנֵי יְהוָה׃

vayik'hoú et achér tsivvá moché el-pené óhel mo'éd vayikrevoú kol-ha'edá vaya'amdoú lifné adonáy

5 Et ils prirent tout ce que Moché avait commandé, devant l'entrée de la Tente d'assignation, et toute la communauté s'approcha, et ils se tinrent devant le Très-Haut.


וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה תַּעֲשׂוּ וְיֵרָא אֲלֵיכֶם כְּבוֹד יְהוָה׃

vayomer moché ze haddavár acher-tsivvá adonáy ta'asoú veyerá alekhém kevód adonáy

6 Et Moché dit : « Ce commandement, que le SEIGNEUR a commandé, faites-le, et la gloire du SEIGNEUR vous apparaîtra ».

Nous voyons que Moché dit ici : « C'est ce que le SEIGNEUR a commandé ». Mais nous ne lisons nulle part que le SEIGNEUR ait commandé précisément cela. Il n'est écrit nulle part que le SEIGNEUR ait commandé quels sacrifices précisément il faut offrir après que les kohanim seront prêts. Et nous pouvons en conclure que tout ce que le Très-Haut a commandé à Moché ne nous a pas été raconté au préalable.


וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־אַהֲרֹן קְרַב אֶל־הַמִּזְבֵּחַ וַעֲשֵׂה אֶת־חַטָּאתְךָ וְאֶת־עֹלָתֶךָ וְכַפֵּר בַּעַדְךָ וּבְעַד הָעָם וַעֲשֵׂה אֶת־קָרְבַּן הָעָם וְכַפֵּר בַּעֲדָם כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה׃

vayomer moché el-aharón keráv el-hammizbéya'h va'assé et-'hattatekhá ve'et-olatékha vekhappér ba'adkhá ouv'ád ha'ám va'assé et-korbán ha'ám vekhappér ba'adám ka'achér tsivvá adonáy

7 Et Moché dit à Aharon : « Approche-toi de l'autel, et offre ton sacrifice de purification et ton holocauste, et fais l'expiation pour toi et pour le peuple. Et offre le sacrifice du peuple, et fais l'expiation pour eux, comme le SEIGNEUR l'a commandé ».

Après qu'Aharon a offert son sacrifice de purification et son holocauste, on offre aussi le sacrifice du peuple.

Au verset 8, nous lisons qu'Aharon, bien sûr, se soumet humblement à Moché et accomplit ce qu'il dit. Si dans le chapitre précédent nous avons lu que Moché, en préparant les kohanim, accomplissait lui-même toutes leurs fonctions et offrait les sacrifices sur l'autel, ici nous voyons pour la première fois que c'est Aharon qui le fait. Le premier cas dans l'histoire où les kohanim offrent un sacrifice sur l'autel.


וַיִּקְרַב אַהֲרֹן אֶל־הַמִּזְבֵּחַ וַיִּשְׁחַט אֶת־עֵגֶל הַחַטָּאת אֲשֶׁר־לוֹ׃

vayikráv aharón el-hammizbéya'h vayich'hát et-égel ha'hattát acher-ló

8 Et Aharon s'approcha de l'autel, et abattit son sacrifice de purification.


וַיַּקְרִבוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֶת־הַדָּם אֵלָיו וַיִּטְבֹּל אֶצְבָּעוֹ בַּדָּם וַיִּתֵּן עַל־קַרְנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְאֶת־הַדָּם יָצַק אֶל־יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ׃

vayakrívou bené aharón et-haddám eláv vayitból etsbaó baddám vayittén al-karnót hammizbéya'h ve'et-haddám yatsák el-yesód hammizbéya'h

9 Et les fils d'Aharon lui apportèrent le sang, et il trempa son doigt dans le sang, et il en aspergea les cornes de l'autel, et le sang restant, il le versa à la base de l'autel.

Aharon fait le tour de l'autel et en arrose la base de sang. Le tour de l'autel est en soi aussi très symbolique. C'est ainsi qu'on fait tourner la fiancée autour de l'époux. Il y a là encore, une fois de plus, un tel élément de danse. Donc, Aharon fait le tour de l'autel et verse le sang à sa base. Ensuite Aharon agit de nouveau selon les instructions par lesquelles le Très-Haut a ordonné d'offrir le sacrifice.


וְאֶת־הַחֵלֶב וְאֶת־הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַיֹּתֶרֶת מִן־הַכָּבֵד מִן־הַחַטָּאת הִקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃

ve'et-ha'hélev ve'et-hakkelayot ve'et-hayotéret min-hakkavéd min-ha'hattát hiktír hammizbé'ha ka'achér tsivvá adonáy et-moché

10 Et la graisse intérieure, et les reins, et le lobe caudé du foie du sacrifice de purification, il les offrit sur l'autel, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.


וְאֶת־הַבָּשָׂר וְאֶת־הָעוֹר שָׂרַף בָּאֵשׁ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה׃

ve'et-habbassár ve'et-haór saráf ba'éch mi'hoúts lamma'hané

11 Et la viande et la peau, il les brûla au feu hors du camp.

C'est le commandement du Très-Haut concernant le taureau qui est offert. Seuls la graisse intérieure et les organes qui sont énumérés sont offerts sur l'autel. Le reste, sans aucun traitement, avec la peau et même avec le fumier, est brûlé hors du camp. Après cela, Aharon offre l'holocauste.


וַיִּשְׁחַט אֶת־הָעֹלָה וַיַּמְצִאוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֵלָיו אֶת־הַדָּם וַיִּזְרְקֵהוּ עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃

vayich'hát et-holá vayamtsíou bené aharón eláv et-haddám vayizrekéhou al-hammizbéya'h saviv

12 Et il abattit l'holocauste, et les fils d'Aharon lui apportèrent le sang, et il en aspergea tout l'autel alentour.

Ici il est important de prêter attention, sans doute, au fait qu'Aharon n'est pas seul dans son service. Aucun kohen ne viendra à bout tout seul d'un sacrifice, le travail du kohen est un travail d'équipe. Le Très-Haut aime le travail d'équipe. Le travail de construction du Michkan était un travail d'équipe : le Très-Haut a placé des gens à certaines fonctions pour, encore une fois, organiser cette équipe. Le Très-Haut a rassemblé le peuple d'Israël – c'est aussi une équipe. Parfois il semble qu'il est plus facile de faire quelque chose soi-même, sans compter sur les gens, sans communiquer avec les gens, sans partager le travail avec eux, mais le Très-Haut veut que nous puissions, que nous sachions travailler côte à côte avec d'autres gens, que nous ayons de l'amour pour ces gens, que nous les acceptions comme nos frères. Il est encore plus difficile, en même temps, de comprendre que tu ne seras pas toujours au premier rôle, que parfois tu es Bétsal'el, l'artisan habile qui a fait presque tout dans le Michkan, ou tu es Moché, par qui le Très-Haut a fait sortir le peuple d'Israël, et c'est Aharon qui officiera. Et ses fils ne peuvent pas encore officier, certains d'entre eux ne feront que lui apporter le sang. Chacun est à sa place, et travailler dans les seconds rôles est parfois aussi extrêmement difficile, mais sans cela il n'y a pas de révélation de la gloire de Dieu.


וְאֶת־הָעֹלָה הִמְצִיאוּ אֵלָיו לִנְתָחֶיהָ וְאֶת־הָרֹאשׁ וַיַּקְטֵר עַל־הַמִּזְבֵּחַ׃

ve'et-ha'olá himtsíou eláv linta'héha ve'et-haróch vayaktér al-hammizbéya'h

13 Et ils lui apportèrent l'holocauste abattu, découpé en morceaux, et la tête, et il l'offrit en sacrifice sur l'autel,

Encore une fois, nous voyons que l'équipe des kohanim travaille et qu'une partie d'entre eux participe au découpage du sacrifice.


וַיִּרְחַץ אֶת־הַקֶּרֶב וְאֶת־הַכְּרָעָיִם וַיַּקְטֵר עַל־הָעֹלָה הַמִּזְבֵּחָה׃

vayir'háts et-hakkérev ve'et-hakkera'áyim vayaktér al-ha'olá hammizbé'ha

14 Et il lava les entrailles et les jarrets, et fit fumer avec l'holocauste sur l'autel.

Après que toutes ces actions ont été accomplies, il approcha le sacrifice du peuple.


וַיַּקְרֵב אֵת קָרְבַּן הָעָם וַיִּקַּח אֶת־שְׂעִיר הַחַטָּאת אֲשֶׁר לָעָם וַיִּשְׁחָטֵהוּ וַיְחַטְּאֵהוּ כָּרִאשׁוֹן׃

vayakrév et korbán ha'ám vayikká'h et-se'ír ha'hattát achér la'ám vayich'hatéhou vay'hatte'éhou karichón

15 Il amena le sacrifice du peuple (à l'entrée de la Tente d'assignation), et prit le bouc du sacrifice de purification, qui est de la part du peuple, et il l'abattit, et purifia avec lui, comme avec le premier.

Ici, pour la première fois, est employé le verbe léhit'haté (se purifier du péché), avec la même racine que le mot 'hatat. On peut voir ici un jeu de mots : si le sacrifice s'appelle 'hatat, alors en russe on pourrait dire qu'il a 'hatatisé ce sacrifice. Cela ressemble à la naissance d'un argot professionnel des kohanim.


וַיַּקְרֵב אֶת־הָעֹלָה וַיַּעֲשֶׂהָ כַּמִּשְׁפָּט׃

vayakrév et-ha'olá vaya'asséha kammichpát

16 Et il offrit l'holocauste, et fit tout selon la loi.


וַיַּקְרֵב אֶת־הַמִּנְחָה וַיְמַלֵּא כַפּוֹ מִמֶּנָּה וַיַּקְטֵר עַל־הַמִּזְבֵּחַ מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר׃

vayakrév et-hammin'há vaymallé khappó mimménna vayaktér al-hammizbéya'h millevád olát habbóker

17 Et l'offrande de céréales aussi, il l'offrit, et il en remplit les mains, et il l'offrit en sacrifice sur l'autel, outre le sacrifice du matin.

L'offrande de céréales est apportée à partir d'un mélange de farine solet, une farine pure, blanche, sans mélange, de la plus haute qualité, d'huile d'olive et d'encens. Le kohen prend une pleine poignée, une pleine main, la serre fort et fait une sorte de petite boulette de ce mélange. Il prend de façon à ce qu'il y ait le plus d'encens possible, et la fait fumer. Et le reste revient aux kohanim eux-mêmes. Après tout cela, on peut déjà offrir le sacrifice de paix.


וַיִּשְׁחַט אֶת־הַשּׁוֹר וְאֶת־הָאַיִל זֶבַח הַשְּׁלָמִים אֲשֶׁר לָעָם וַיַּמְצִאוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֶת־הַדָּם אֵלָיו וַיִּזְרְקֵהוּ עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃

vayich'hát et-hachór ve'et-ha'áyil zéva'h hachelamím achér la'ám vayamtsíou bené aharón et-haddám eláv vayizrekéhou al-hammizbéya'h savív

18 Et il abattit le taureau et le jeune bélier en sacrifice de paix pour le peuple, et les fils d'Aharon lui apportèrent (de nouveau) le sang, et il l'aspergea autour de l'autel.

Au sacrifice de paix participent et le kohen et le peuple. Ce sacrifice est vraiment un sacrifice de paix, comme il s'appelle, comme un repas commun du peuple, des kohanim et du Très-Haut.


וְאֶת־הַחֲלָבִים מִן־הַשּׁוֹר וּמִן־הָאַיִל הָאַלְיָה וְהַמְכַסֶּה וְהַכְּלָיֹת וְיֹתֶרֶת הַכָּבֵד׃

ve'et-ha'halavím min-hachór oumin-ha'áyil ha'alya vehamkhassé vehakkelayot veyotéret hakkavéd

19 Et la graisse intérieure du taureau, et de l'agneau, et du jeune bélier, et la queue grasse, et la graisse qui couvre les poumons, et une partie du foie,


וַיָּשִׂימוּ אֶת־הַחֲלָבִים עַל־הֶחָזוֹת וַיַּקְטֵר הַחֲלָבִים הַמִּזְבֵּחָה׃

vayassímou et-ha'halavím al-he'hazót vayaktér ha'halavím hammizbé'ha

20 Et ils mirent la graisse sur la poitrine, et ils firent fumer les graisses sur l'autel.

Deux parts – la part des kohanim et la part du Très-Haut ont pour ainsi dire été un moment ensemble, ensuite la graisse a été offerte en holocauste.

וְאֵת הֶחָזוֹת וְאֵת שׁוֹק הַיָּמִין הֵנִיף אַהֲרֹן תְּנוּפָה לִפְנֵי יְהוָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה מֹשֶׁה׃

ve'ét he'hazót ve'ét chok hayamín heníf aharón tenoufá lifné adonáy ka'achér tsivvá moché

21 Et la poitrine et la patte droite, Aharon les balança d'un balancement devant le SEIGNEUR, comme Moché l'avait commandé (comme Moché le lui avait enseigné).

Bien entendu, Aharon accomplit le commandement du SEIGNEUR, et non le commandement de Moché. Et au sujet du balancement lui-même, nous avons déjà dit à plusieurs reprises que c'est une sorte de danse avec le Très-Haut, un mouvement commun. Et dans la danse, il y a l'intention de se synchroniser, d'être en harmonie. Cela ne concerne pas seulement, encore une fois, le travail avec le Très-Haut, cela concerne aussi le travail d'équipe sur la terre. Avec qui nous travaillons, avec qui nous sommes liés, avec qui nous servons ensemble et avec qui nous dansons maintenant devant le Très-Haut – c'est une question actuelle pour tous. Ce « quelqu'un » ne doit pas forcément être lointain et étranger, cela peut être une épouse, un mari, des enfants, des parents, un ami, un frère – n'importe qui. Mais pour que la gloire apparaisse, pour que la gloire de Dieu se révèle, très souvent il faut une équipe, il faut une communauté.

Donc, tout est prêt. Tous les sacrifices nécessaires sont accomplis et toute la longue description des sacrifices est terminée, qui a peut-être semblé à certains ennuyeuse et fatigante. La Tente d'assignation enfin, hourra, s'est mise à fonctionner !


וַיִּשָּׂא אַהֲרֹן אֶת־יָדוֹ (יָדָיו) אֶל־הָעָם וַיְבָרְכֵם וַיֵּרֶד מֵעֲשֹׂת הַחַטָּאת וְהָעֹלָה וְהַשְּׁלָמִים׃

vayissá aharón et-yadáv el-ha'ám vayvarekhém vayéred me'assót ha'hattát veha'olá vehachelamim

22 Et Aharon éleva les mains vers le peuple et les bénit, et de cette façon il accomplit le sacrifice de purification, et l'holocauste, et le sacrifice de paix.

Remarquons que c'est seulement après qu'Aharon a béni tous les participants qu'il est écrit qu'il a achevé le sacrifice. La bénédiction que prononce le kohen fait partie du sacrifice lui-même. Et c'est la première fois que retentit la bénédiction des kohanim.


וַיָּבֹא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד וַיֵּצְאוּ וַיְבָרֲכוּ אֶת־הָעָם וַיֵּרָא כְבוֹד־יְהוָה אֶל־כָּל־הָעָם׃

vayavó moché ve'aharón el-ohel mo'éd vayetse'oú vayvarekhoú et-ha'ám vayerá khevod-adonáy el-kol-ha'ám

23 Et Moché et Aharon entrèrent dans la Tente d'assignation, et sortirent, et de nouveau bénirent le peuple. Et la gloire du SEIGNEUR apparut à tout le peuple.

Après que Moché et Aharon se sont élevés à l'état de sainteté, il leur était permis d'entrer dans le Saint. Encore une fois, je veux parler de l'importance de la bénédiction. Ce n'est pas après les sacrifices que la gloire du SEIGNEUR est apparue à tout le peuple, mais après la bénédiction, quand le kohen et Moché, Aharon et Moché ont béni le peuple. C'est une leçon importante pour les enseignants, pour tous ceux qui sont établis comme guide, prêtre, enseignant pour bénir le peuple. Quand nous prononçons : « Que le SEIGNEUR bénisse ! », nous appelons la gloire du Très-Haut à se révéler dans la vie de cette personne. La bénédiction est si précieuse que les sages disaient : « Que la bénédiction d'un homme simple, d'un homme du commun ne soit pas insignifiante à tes yeux ». Toute bénédiction est une prière, c'est un appel de la gloire de Dieu. Toute bénédiction a une grande importance.


וַתֵּצֵא אֵשׁ מִלִּפְנֵי יְהוָה וַתֹּאכַל עַל־הַמִּזְבֵּחַ אֶת־הָעֹלָה וְאֶת־הַחֲלָבִים וַיַּרְא כָּל־הָעָם וַיָּרֹנּוּ וַיִּפְּלוּ עַל־פְּנֵיהֶם׃

vattetse ech millifné adonáy vattókhal al-hammizbéya'h et-ha'olá ve'et-ha'halavím vayár kol-ha'ám vayarónnou vayippeloú al-penehém

24 Et un feu sortit d'auprès du SEIGNEUR, et mangea sur l'autel l'holocauste et la graisse, et tout le peuple vit, et ils exultèrent, et tous tombèrent sur leurs faces.

L'immense projet de création de la Tente d'assignation – le lieu dans lequel le Très-Haut rencontrera Son peuple – est achevé, achevé avec succès. Et tout le peuple, par la grâce du Très-Haut, a été jugé digne de voir Sa gloire. Tout le peuple s'est convaincu de ses propres yeux que le Très-Haut se trouve à côté de lui, que le Très-Haut lui est favorable, que le Très-Haut accepte le sacrifice.

La tragédie d'Aharon

Vayikra 10,1–20

Avec l'aide de Dieu, nous allons continuer à lire la section hebdomadaire Chémini. Je rappelle que nous nous sommes retrouvés, vous et moi, à une fête. Après un long travail de tout le peuple, la Tente d'assignation a été dressée, les kohanim ont été préparés, les sacrifices ont été offerts, le feu est descendu sur les sacrifices, la gloire de Dieu est apparue à tout le peuple. Aharon a béni le peuple. Une fête à tous points de vue !


וַיִּקְחוּ בְנֵי־אַהֲרֹן נָדָב וַאֲבִיהוּא אִישׁ מַחְתָּתוֹ וַיִּתְּנוּ בָהֵן אֵשׁ וַיָּשִׂימוּ עָלֶיהָ קְטֹרֶת וַיַּקְרִבוּ לִפְנֵי יְהוָה אֵשׁ זָרָה אֲשֶׁר לֹא צִוָּה אֹתָם׃

vayik'hoú vene-aharón nadáv va'avihoú ich ma'htató vayittenoú vahén ech vayassímou aléha ketóret vayakrívou lifné adonáy ech zará achér ló tsivvá otám

1 Et les fils d'Aharon, Nadav et Avihou, prirent chacun sa pelle (son brasier), et mirent dedans du feu (c'est-à-dire qu'ils prirent des braises quelque part), et mirent dessus l'encens, et offrirent devant le SEIGNEUR un feu étranger, qu'Il ne leur avait pas commandé.


וַתֵּצֵא אֵשׁ מִלִּפְנֵי יְהוָה וַתֹּאכַל אוֹתָם וַיָּמֻתוּ לִפְנֵי יְהוָה׃

vattétse ech millifné adonáy vattókhal otám vayamoútou lifné adonáy

2 Et un feu sortit du SEIGNEUR, et il les mangea, et ils moururent devant le SEIGNEUR.

Une immense tragédie pratiquement en deux versets. Que s'est-il donc passé là ? Les fils d'Aharon prennent l'encens et, très probablement, l'apportent dans le Saint des Saints. À ce moment-là, il n'y avait pas d'interdiction d'entrer dans le Saint des Saints. L'interdiction viendra après, nous le savons avec certitude, parce qu'au chapitre 16 il sera dit : « Et le SEIGNEUR parla à Moché après la mort des fils d'Aharon ». Et là, le SEIGNEUR dit à Moché : « Qu'ils n'entrent pas en tout temps ». Donc, il était permis d'entrer dans le Saint des Saints. Et d'ailleurs il n'est pas écrit qu'ils aient fait quelque chose d'interdit. Ils ont fait quelque chose que le SEIGNEUR ne leur avait pas ordonné. Par exemple, le SEIGNEUR m'a interdit de manger du porc ; si je vais en manger, je transgresserai le commandement de Dieu. En même temps, le SEIGNEUR ne m'a pas ordonné de boire du thé. Mais si je bois du thé, je ne transgresse rien et je ne fais rien de mal, bien que je fasse quelque chose que le SEIGNEUR ne m'a pas commandé.

Je dirai tout de suite que de très nombreux commentaires ont été écrits sur cette histoire. De très nombreuses personnes, beaucoup de maîtres, pendant de nombreux siècles, ont essayé de comprendre ce qui s'était donc passé là, pourquoi Nadav et Avihou ont reçu un châtiment. Et est-ce bien un châtiment ? Et moi-même, au cours des quelques dernières années, j'ai parlé plus d'une fois de ce sujet et j'ai essayé de le regarder sous différents angles. Et, comme cela arrive d'habitude, les commentaires en disent souvent plus sur les commentateurs eux-mêmes que sur le texte.

Il y en a qui présentent Nadav et Avihou comme des gens pas tout à fait bons. Quelqu'un dit qu'ils rêvaient d'« évincer » Aharon et Moché, rêvaient de prendre leur place. C'est pourquoi ils ont décidé : « Si Aharon et Moché entrent dans le Saint, nous irons plus loin, nous entrerons dans le Saint des Saints et nous en sortirons vainqueurs. Ouh, comme nous bénirons alors le peuple ! »

Il y en a eu qui ont prêté attention au fait que Nadav et Avihou ne sont pas mariés. Bien qu'Aharon ait à ce moment-là déjà 84 ans, et on peut supposer qu'il n'a pas des enfants en bas âge, mais des enfants tout à fait en âge de se marier. Pourquoi ne sont-ils pas mariés ? Selon ces commentateurs, ils ne se trouvent pas de partenaire, raisonnant ainsi : « Notre oncle, c'est pour ainsi dire le président, notre papa, c'est le grand prêtre. Laquelle des jeunes filles, de ces filles toutes simples, sera digne de nous ? » Et par leur orgueil, par orgueil de caste, ils ne se sont pas mariés. Et quand ils sont entrés dans le Saint pour représenter le peuple, tout en méprisant le peuple, une certaine partie de celui-ci – les jeunes filles simples –, se considérant plus dignes que les autres, ils ont brûlé parce que, dans cet état, ils ne pouvaient pas représenter le peuple.

Il y a encore des commentateurs qui disent que, brûlant de l'enthousiasme du service, ils se sont hâtés d'être dans la proximité du Très-Haut, sont entrés dans le Saint des Saints pour la proximité et ont brûlé à travers cet amour. L'amour, comme on dit, enfreint la hiérarchie. Littéralement, ce proverbe sonne ainsi : ahava mékalkélet ota choura (l'amour brise les rangs bien ordonnés, brise l'ordre établi). Agissant sous l'inspiration de l'amour, l'homme fait ce que, peut-être, il n'est pas d'usage de faire. Chaque âme humaine a le désir d'entrer dans le Saint, a le désir de se dissoudre dans le Très-Haut. L'âme désire retourner à sa source.

Il y a aussi un commentaire selon lequel Nadav et Avihou n'étaient même pas mariés parce qu'ils n'étaient pas attachés à ce monde. Ils n'ont jamais été de ce monde, des espèces de dévots mystiques. Et, dès que s'est présentée à eux la possibilité de quitter ce monde, de « déménager dans les trois cabanes de Pierre », ils l'ont aussitôt voulu. Remplis de désir, brûlant du désir de s'arracher, de s'envoler de ce monde, ils se sont précipités dans le Saint des Saints, apportant avec eux le feu de l'autel avec l'encens et, dans une mesure non moindre, le feu de leur cœur. Dans l'épître aux Philippiens, Paul dit : « …j'ai le désir d'être délié et d'être avec le Machia'h ». Paul retenait son désir, restant dans le service terrestre. Nadav et Avihou n'ont pas pu retenir leur désir et se sont dissous dans le Saint, se sont dissous dans le Très-Haut et à cause de cela ont brûlé.

La Tente d'assignation est construite pour que le Très-Haut puisse descendre et y parler avec le peuple, elle représente pour ainsi dire l'aire d'atterrissage du Très-Haut dans ce monde. Ce n'est pas une piste de décollage d'où l'on peut décoller et s'arracher, quitter ce monde. C'est précisément l'aéroport du Très-Haut, le lieu où Il descend sur la terre et a communion avec le peuple. Et, quand Nadav et Avihou ont voulu s'envoler vers les hauteurs, vers le Très-Haut, ils se sont élancés sur la piste de décollage, et le feu les a brûlés. Il est difficile de condamner ce désir du cœur – être avec le Très-Haut. Et néanmoins ce désir est humain.

Vous vous souvenez, quand Yéchoua raconte pour la première fois aux disciples qu'Il doit souffrir, Pierre dit : « Que cela ne soit pas ! » Qui d'entre nous ne sympathise pas à ce moment-là avec Pierre ? Si j'avais entendu une chose pareille de mon maître bien-aimé, moi aussi j'aurais voulu de toute mon âme crier : « Que cela ne soit pas ! » Humainement, il n'est pas difficile de comprendre ce désir de Pierre, ce cri de son âme, mais précisément humainement. Pour le dessein de Dieu, il faut quelque chose de plus grand. Exactement de la même manière, humainement, précisément humainement, on peut comprendre Nadav et Avihou et leur désir d'entrer dans le Saint. C'est un désir humain que tout soit bien, mais bien humainement. Or dans le Saint, l'humain ne fonctionne pas toujours. Et c'est précisément avec une telle compréhension que je propose de regarder ce qui est arrivé à Nadav et Avihou.


וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־אַהֲרֹן הוּא אֲשֶׁר־דִּבֶּר יְהוָה לֵאמֹר בִּקְרֹבַי אֶקָּדֵשׁ וְעַל־פְּנֵי כָל־הָעָם אֶכָּבֵד וַיִּדֹּם אַהֲרֹן׃

vayomer moché el-aharón hou acher-dibbér adonáy lemór bikrováy ekkadéch ve'al-pené khol-ha'ám ekkavéd vayiddóm aharón

3 Et Moché dit à Aharon : « C'est ce dont le SEIGNEUR a parlé, en disant : Je serai sanctifié en ceux qui s'approchent de Moi et devant la face de tout le peuple recevrai la gloire (serai glorifié) ». Et Aharon devint muet.

C'est-à-dire que le SEIGNEUR dit : « En ceux qui sont proches de Moi, en ceux qui essaient de s'approcher de Moi, Je serai sanctifié ». Ou : « Par ceux-là Je serai sanctifié, qui s'approchent de Moi ».

L'un des commentateurs les plus anciens et les plus autorisés, Rabbi Chlomo Yits'haki, connu sous le nom de Rachi, dit dans son commentaire : « Moché a dit : Je savais que cela arriverait, je le savais, le SEIGNEUR m'avait dit cette phrase auparavant : “En ceux qui s'approchent de Moi Je serai sanctifié”. Mais je pensais que ce serait soit toi, Aharon, soit moi. Je ne savais pas que ce seraient tes enfants ». Pourquoi donc la sanctification à travers l'homme est-elle nécessaire ? Dieu a-t-il vraiment besoin d'un sacrifice humain, est-ce que le Très-Haut en a besoin ? Est-ce que, comme les païens, nous devons bâtir le Temple sur nos premiers-nés ou sur les premiers-nés de nos kohanim, Dieu nous en garde ? Je rappelle que la sainteté – c'est ce qui est séparé. La sainteté, c'est ce dont, d'un côté, on a envie de s'approcher, de l'autre côté – ce dont il faut s'approcher avec précaution, dans la crainte et le tremblement. L'une des compréhensions de ce qui est arrivé (et je dirai tout de suite que tout cela, en réalité, dépasse notre compréhension), c'est que Nadav et Avihou sont comme un avertissement : combien il est terrible et combien il est dangereux d'enfreindre la hiérarchie dans les relations avec le Très-Haut, combien il peut être dangereux de faire dans le Saint ce qui vient de l'homme, du cœur humain, peut-être même du meilleur. Pierre aussi voulait le bien, mais il a été appelé satan.

Et Aharon, alors ? Il est dit : et Aharon devint muet. Il est difficile de ne pas compatir avec Aharon dans cette situation, il est difficile, Dieu nous en garde, de s'imaginer à sa place, et d'ailleurs quels mots aurait-on pu trouver ? C'est une terrible tragédie.


וַיִּקְרָא מֹשֶׁה אֶל־מִישָׁאֵל וְאֶל אֶלְצָפָן בְּנֵי עֻזִּיאֵל דֹּד אַהֲרֹן וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם קִרְבוּ שְׂאוּ אֶת־אֲחֵיכֶם מֵאֵת פְּנֵי־הַקֹּדֶשׁ אֶל־מִחוּץ לַמַּחֲנֶה׃

vayikrá moché el-micha'él ve'él eltsafán bené ouzzi'él dod aharón vayomer alehém kirvoú se'oú et-a'hekhém me'ét pene-hakkódech el-mi'hoúts lamma'hané

4 Et Moché appela Micha'el et Eltsafan, fils d'Ouziël, oncle d'Aharon, et leur dit : « Approchez-vous, emportez vos frères de devant la face du lieu saint hors du camp ».

Puisque nous avons une telle tradition, celle d'interpréter les noms, arrêtons-nous aussi sur ces noms. Micha'el peut se traduire par celui qui porte le SEIGNEUR sur lui, celui qui porte le SEIGNEUR en lui. Le nom Eltsafan signifie le SEIGNEUR a caché ou il a caché le SEIGNEUR dans son cœur. Ils sont les fils d'Ouziël – un homme dont le nom se traduit par ma force est Dieu, et l'homme qui porte un tel nom est l'oncle d'Aharon.

Pourquoi emporte-t-on Nadav et Avihou hors du camp ? Les cimetières étaient d'habitude aménagés hors de la ville, hors du camp, hors du quartier de la communauté. Cela ne signifie pas que Nadav et Avihou, comme des criminels ou des suicidés, Dieu nous en garde, sont enterrés hors du cimetière, il ne s'agit pas de cela.


וַיִּקְרְבוּ וַיִּשָּׂאֻם בְּכֻתֳּנֹתָם אֶל־מִחוּץ לַמַּחֲנֶה כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה׃

vayikrevoú vayissa'oúm bekhouttonotám el-mi'hoúts lamma'hané ka'achér dibbér moché

5 Et ils s'approchèrent, et les emportèrent par leurs chemises hors du camp, comme Moché l'avait dit.

Faites attention : ils les emportèrent par leurs chemises – cela montre que Nadav et Avihou n'ont pas brûlé complètement, sinon de quelles chemises serait-il question ? C'est leur souffle (néchimatam) qui a brûlé, comme sous une bombe à neutrons. Donc, on a emporté les deux fils d'Aharon, très probablement, on les a emportés pour les enterrer.


וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־אַהֲרֹן וּלְאֶלְעָזָר וּלְאִיתָמָר בָּנָיו רָאשֵׁיכֶם אַל־תִּפְרָעוּ וּבִגְדֵיכֶם לֹא־תִפְרֹמוּ וְלֹא תָמֻתוּ וְעַל כָּל־הָעֵדָה יִקְצֹף וַאֲחֵיכֶם כָּל־בֵּית יִשְׂרָאֵל יִבְכּוּ אֶת־הַשְּׂרֵפָה אֲשֶׁר שָׂרַף יְהוָה׃

vayomer moché el-aharón oul'el'azár oul'itamár banáv rachekhém al-tifrá'ou ouvigdekhém lo-tifrómou veló tamoútou ve'ál kol-ha'edá yiktsóf va'a'hekhém kol-bét yisraél yivkoú et-hasserefá achér saráf adonáy

6 Et Moché dit à Aharon, et à Élazar, et à Itamar, ses fils : « Ne dénouez pas vos cheveux et ne déchirez pas vos vêtements, et vous ne mourrez pas, et le Très-Haut ne s'irritera pas contre toute la communauté, et toute la maison d'Israël pleurera ce qui a été brûlé, ce que le SEIGNEUR a brûlé.

Ne dénouez pas vos cheveux – quand un homme est en deuil (c'est aujourd'hui encore une coutume de deuil en Israël), il ne se coupe pas les cheveux et ne se rase pas. Et ne déchirez pas vos vêtements – c'est encore une coutume de deuil. Ici Moché dit : « N'accomplissez pas les coutumes de deuil ». Pourquoi ? Parce que le kohen qui officie n'a pas le droit de porter le deuil, même pour des proches. Comment faire alors, faut-il vraiment laisser passer ainsi, passer à côté, tourner la page, « le calendrier refermera cette feuille » avec la mort de Nadav et Avihou ? Non, bien sûr. Les kohanim officieront pour Israël, et Israël portera le deuil, pleurera ceux que le feu du Très-Haut a brûlés.


וּמִפֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד לֹא תֵצְאוּ פֶּן־תָּמֻתוּ כִּי־שֶׁמֶן מִשְׁחַת יְהוָה עֲלֵיכֶם וַיַּעֲשׂוּ כִּדְבַר מֹשֶׁה׃

oumippéta'h óhel mo'éd lo tetse'oú pen-tamoútou ki-chémen mich'hát adonáy alekhém vaya'asoú kidvár moché

7 Et de l'entrée de la Tente d'assignation ne sortez pas, afin que vous ne mouriez pas, car sur vous est l'huile d'onction du Très-Haut ». Et ils firent comme avait dit Moché.

Sur eux, elle n'avait pas encore séché, elle ne s'était pas encore imprégnée, cette huile même que Moché avait versée sur eux lors de la consécration. Vous imaginez l'ampleur de la catastrophe, quand un tel événement se produit en plein milieu de la fête ! Mais cette huile ne leur permet pas de sortir hors du cercle saint, au-delà de la ligne de sainteté. Dans cet état qui est le leur, ils ne doivent pas quitter le Saint. C'est une épreuve de la capacité à demeurer dans le Saint. Une épreuve terrible.


וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־אַהֲרֹן לֵאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-aharón lemór

8 Et le SEIGNEUR parla à Aharon, disant :


יַיִן וְשֵׁכָר אַל־תֵּשְׁתְּ אַתָּה וּבָנֶיךָ אִתָּךְ בְּבֹאֲכֶם אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד וְלֹא תָמֻתוּ חֻקַּת עוֹלָם לְדֹרֹתֵיכֶם׃

yáyin vechekhár al-técht attá ouvanékha ittákh bevo'akhém el-óhel mo'éd veló tamoútou 'houkkát olám ledorotekhém

9 « Du vin et de l'alcool ne bois pas, toi et tes fils avec toi, quand vous venez dans la Tente d'assignation, et vous ne mourrez pas. C'est une loi éternelle pour vos générations,


וּלֲהַבְדִּיל בֵּין הַקֹּדֶשׁ וּבֵין הַחֹל וּבֵין הַטָּמֵא וּבֵין הַטָּהוֹר׃

oulehavdíl ben hakkódech ouvén ha'hól ouvén hattamé ouvén hattahór

10 Pour que vous puissiez séparer (juger) entre le saint et le profane, entre l'impur et le pur,


וּלְהוֹרֹת אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֵת כָּל־הַחֻקִּים אֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֲלֵיהֶם בְּיַד־מֹשֶׁה׃

oulehorót et-bené yisraél et kol-ha'houkkím achér dibbér adonáy alehém beyad-moché

11 Et pour expliquer aux fils d'Israël toutes les lois que le SEIGNEUR vous a données par les mains de Moché ».

Il y a des commentateurs qui disent (et c'est très logique) que, peut-être, l'interdiction de consommer de l'alcool est venue après que Nadav et Avihou sont entrés ivres dans le Saint. Ils ont simplement bu et sont allés là-bas. Sinon, pourquoi, aussitôt après cela, est-ce le SEIGNEUR Lui-même qui dit ces paroles à Aharon, non par l'intermédiaire de Moché, mais directement ? En effet, on peut ressentir ce lien. En quoi se manifeste l'action de l'alcool ? L'alcool émousse les sensations de ce monde, l'alcool donne la sensation de pouvoir s'arracher à la terre – tel est son effet sur la plupart des gens. Et c'est pourquoi une compréhension n'empêche pas l'autre. Désirant s'arracher à ce monde, comme c'est l'usage aujourd'hui chez les hassidim (boire un peu pour se rapprocher du mystère, pour émousser la conscience, émousser l'intellect rationnel), il est tout à fait possible que Nadav et Avihou, mus par la même idée, aient fait ce qu'ils ont fait, après avoir bu une certaine quantité d'alcool.

Ici, le Très-Haut dit : « Vous appartenez effectivement et au monde saint, et au monde profane. Mais quand vous jugez les fils d'Israël, jugez entièrement selon les lois de la Torah, qui agissent dans le monde physique ». Là, dans le huitième jour, on a envie de laisser derrière soi toutes les lois, toutes les frontières, toutes les limites, et de s'élancer vers le haut. Le huitième jour est au-dessus de la loi de Moché, et on a très envie, là-bas, de s'arracher à tout. C'est pourquoi le Très-Haut dit : « Non, vous êtes les conducteurs de la loi même au huitième jour. Vous devez, dans la sobriété et la sainteté, indiquer ce qui est pur, ce qui est impur, offrir les sacrifices. Et enseigner les lois, vous devez aussi le faire dans la sobriété et la sainteté ». Aucun relâchement, aucune atténuation, aucun émoussement des sens.


וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל־אַהֲרֹן וְאֶל אֶלְעָזָר וְאֶל־אִיתָמָר בָּנָיו הַנּוֹתָרִים קְחוּ אֶת־הַמִּנְחָה הַנּוֹתֶרֶת מֵאִשֵּׁי יְהוָה וְאִכְלוּהָ מַצּוֹת אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ כִּי קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הִוא׃

vaydabbér moché el-aharón ve'él el'azár ve'el-itamár banáv hannotarím ke'hoú et-hammin'há hannotéret me'iché adonáy ve'ikhloúha mattsót étsel hammizbéya'h ki kódech kadachím hi

12 Et Moché parla avec Aharon et Élazar, et avec Itamar, les fils restants : « Prenez les restes de l'offrande de céréales (min'ha) du sacrifice consumé par le feu pour le Très-Haut et mangez-la sans levain près de l'autel, car elle est sainte pour la sainteté.

Des cinq kohanim que Moché avait préparés, il n'en est resté que trois. Trois kohanim pour tout le service, pour tout l'immense peuple d'Israël. Et nous n'avons pas encore lu jusqu'à la fin de toute la cérémonie, et les sacrifices ne sont pas encore mangés. Et Moché se soucie que, malgré cette terrible tragédie, la consécration ait lieu.

Je vais rappeler comment on apporte la min'ha : on apporte une grande quantité de farine de la plus haute qualité solet avec de l'huile et de l'encens. Le kohen prend une poignée, une pleine main, en fait une sorte de petite boulette, la pose sur l'autel et l'offre en sacrifice. Le reste, les kohanim le mangent. La consommation du sacrifice par les kohanim fait partie du sacrifice. C'est pourquoi Moché insiste pour que cela soit fait : « Prenez la min'ha et mangez-la. Vous devez quand même manger ce sacrifice, malgré ce qui est arrivé ».


וַאֲכַלְתֶּם אֹתָהּ בְּמָקוֹם קָדֹשׁ כִּי חָקְךָ וְחָק־בָּנֶיךָ הִוא מֵאִשֵּׁי יְהוָה כִּי־כֵן צֻוֵּיתִי׃

va'akhaltém otá bemakóm kadóch ki 'hokkhá ve'hok-banékha hi me'iché adonáy ki-khén tsouvvéti

13 Et vous la mangerez dans un lieu saint, car c'est ta loi et la loi de tes fils (à vous et à tous vos descendants kohanim) du sacrifice consumé par le feu pour le Très-Haut, car ainsi cela m'a été commandé.

L'expression ki-khén tsouvvéti signifie ainsi j'ai été commandé, tels sont les commandements que j'ai reçus. Retenons cela, c'est important. Nous y reviendrons encore.

Et ensuite Moché rappelle ce qu'il faut faire avec le sacrifice chélamim : il faut balancer certaines de ses parties et ensuite manger certaines de ses parties.


וְאֵת חֲזֵה הַתְּנוּפָה וְאֵת שׁוֹק הַתְּרוּמָה תֹּאכְלוּ בְּמָקוֹם טָהוֹר אַתָּה וּבָנֶיךָ וּבְנֹתֶיךָ אִתָּךְ כִּי־חָקְךָ וְחָק־בָּנֶיךָ נִתְּנוּ מִזִּבְחֵי שַׁלְמֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

ve'ét 'hazé hattenoufá ve'ét chok hatteroumá tokheloú bemakóm tahór attá ouvanékha ouvnotékha ittákh ki-'hokkhá ve'hok-banékha nittenoú mizziv'hé chalmé bené yisraél

14 Et la poitrine, destinée à être balancée devant le Très-Haut, et la patte, qui est l'élévation, mangez-les dans un lieu pur, toi et tes fils, et tes filles avec toi, car c'est ta loi et la loi de tes fils, afin que cette part qui est la vôtre, les fils d'Israël la mettent à part du sacrifice de paix.

Remarquez, ici apparaissent les filles. En effet, de ce sacrifice peuvent manger les épouses, les filles, les petits-enfants des kohanim – tous ceux qui se trouvent dans sa maison. Les filles peuvent manger la viande de l'élévation tant qu'elles sont dans la maison de leur père, tant qu'elles ne se marient pas. Si une fille épouse quelqu'un qui n'est pas kohen (ce qui est possible), elle cesse de manger la viande du sacrifice. Ici, Moché transmet une loi qui sera en vigueur dans toutes les générations.


שׁוֹק הַתְּרוּמָה וַחֲזֵה הַתְּנוּפָה עַל אִשֵּׁי הַחֲלָבִים יָבִיאוּ לְהָנִיף תְּנוּפָה לִפְנֵי יְהוָה וְהָיָה לְךָ וּלְבָנֶיךָ אִתְּךָ לְחָק־עוֹלָם כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה׃

chok hatteroumá va'hazé hattenoufá al iché ha'halavím yavíou lehaníf tenoufá lifné adonáy vehayá lekhá oulvanékha ittekhá le'hok-olám ka'achér tsivvá adonáy

15 Prenez la patte de l'élévation et la poitrine destinée à être balancée, les parties de graisse consumées par le feu, apportez-les pour les balancer devant le Très-Haut, et ce sera pour toi et pour tes fils avec toi une loi éternelle, comme l'a commandé le SEIGNEUR ».

וְאֵת שְׂעִיר הַחַטָּאת דָּרֹשׁ דָּרַשׁ מֹשֶׁה וְהִנֵּה שֹׂרָף וַיִּקְצֹף עַל־אֶלְעָזָר וְעַל־אִיתָמָר בְּנֵי אַהֲרֹן הַנּוֹתָרִם לֵאמֹר׃

ve'ét se'ír ha'hattát daróch darách moché vehinné soráf vayiktsóf al-el'azár ve'al-itamár bené aharón hannotarím lemór

16 Et le bouc du sacrifice de purification aussi, Moché le réclama, mais il apprit que le bouc avait été brûlé, et il se mit en colère contre Élazar et contre Itamar, les fils restants d'Aharon, disant :

Ici, il faut dire que, bien que certains sacrifices soient énumérés, les sacrifices étaient beaucoup plus nombreux. Nous avons lu dans le livre Chémot que le Très-Haut a ordonné à Moché de dresser la Tente d'assignation à Roch 'Hodech (la nouvelle lune). Et ce n'est pas très clair : a-t-Il ordonné de commencer à la nouvelle lune la période de préparation des kohanim, ou de la terminer ? Selon la plupart des avis, c'est justement pour Roch 'Hodech qu'il fallait terminer la période de préparation des kohanim. Et alors tous les événements qui sont décrits ici se passent le 1er du mois de nissan. Dans ce cas, on doit offrir trois boucs, trois sacrifices de purification : l'un – le sacrifice de la nouvelle lune, le deuxième – de la part du peuple, et le troisième, dont nous lisons au chapitre 7 du livre Bémidbar, – le sacrifice quotidien du chef de l'une des tribus (et puisque, selon la bénédiction, c'est la tribu de Yéhouda qui est devenue l'aînée, c'est le sacrifice qu'apporte Na'hchon, fils d'Amminadav). Et, comme c'est habituellement le cas, il y a une controverse sur la question de savoir de quel bouc précisément parle Moché au verset 16. Il y a des arguments dans un sens comme dans l'autre. Mais si nous lisons le pchat de la Torah, alors nous ne savons pas encore ce qu'il y aura au chapitre 7 du livre Bémidbar. Nous ne savons pas non plus ce qu'il en est du bouc de la nouvelle lune, et c'est pourquoi, je pense, nous pouvons nous concentrer sur le fait qu'il s'agira du bouc qu'a apporté le peuple. Moché essaie d'apprendre ce qui est arrivé à ce bouc. Moché apprend que ce bouc a été brûlé, et se met en colère.


מַדּוּעַ לֹא־אֲכַלְתֶּם אֶת־הַחַטָּאת בִּמְקוֹם הַקֹּדֶשׁ כִּי קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הִוא וְאֹתָהּ נָתַן לָכֶם לָשֵׂאת אֶת־עֲוֹן הָעֵדָה לְכַפֵּר עֲלֵיהֶם לִפְנֵי יְהוָה׃

maddoúa lo-akhaltém et-ha'hattát bimkóm hakkódech ki kódech kadachím hi ve'otá natán lakhém lassét et-avón ha'edá lekhappér alehém lifné adonáy

17 « Pourquoi n'avez-vous pas mangé le sacrifice de purification dans le Lieu saint, car il est une chose sainte pour le saint, et il vous a été donné pour que vous portiez le péché de la communauté, pour faire l'expiation pour eux devant le SEIGNEUR.

Encore une fois, Moché dit : « La consommation des sacrifices fait partie du sacrifice. Le sacrifice vous a été donné pour que vous l'apportiez et le mangiez. Quel droit aviez-vous de le brûler, s'il vous a été donné pour l'expiation de la communauté ? » Et il explique au verset 18 :


הֵן לֹא־הוּבָא אֶת־דָּמָהּ אֶל־הַקֹּדֶשׁ פְּנִימָה אָכוֹל תֹּאכְלוּ אֹתָהּ בַּקֹּדֶשׁ כַּאֲשֶׁר צִוֵּיתִי׃

hen lo-houvá et-damá el-hakkódech peníma akhól tokheloú otá bakkódech ka'achér tsivvéti

18 Puisque son sang n'est pas apporté à l'intérieur, vous deviez la manger dans le Saint, comme je vous l'ai commandé ».

Que dit ici Moché ? Il y a des sacrifices, par exemple, le sacrifice purificatoire pour le grand prêtre ou le sacrifice purificatoire pour le peuple, dont le sang est apporté dans le Saint, alors ce sacrifice, on ne le mange pas. Mais ici, ce n'est pas simplement un sacrifice purificatoire du peuple. C'est un sacrifice qui a été offert avant que le sanctuaire ne se mette à fonctionner. Son sang n'a pas été apporté dans le Saint, et Moché s'indigne de ce qu'il n'ait pas été mangé. Une partie du sacrifice, comme nous l'avons dit, c'est sa consommation, et Moché dit : « Le sang du sacrifice n'a pas été apporté dans le Saint, et alors le sacrifice, vous deviez le manger. Pourquoi ne l'avez-vous pas fait, comme je vous l'ai commandé !? »

Il y a une différence importante. Au verset 13 nous avons lu ki-khén tsouvéti – comme il a été commandé, il m'a été ordonné. Ici nous lisons ka'achér tsivéti, comme j'ai ordonné. Il y a des cas où Moché transmet mot pour mot les paroles du SEIGNEUR : « Le SEIGNEUR m'a ordonné ». Quand Moché parle de cette manière, on ne peut pas discuter avec lui : il n'y a aucune égalité, parce qu'il est celui qui a reçu la révélation. Il y a des cas où Moché interprète les paroles du SEIGNEUR, qu'Il lui a ordonnées. Quand Moché dit son interprétation, alors c'est déjà une tout autre affaire, ce n'est pas la même chose.

Je vais donner un exemple très simple de la vie quotidienne. Une femme a envoyé son mari au magasin, lui a donné une toute petite liste de courses, et il est parti. Après avoir réfléchi à quelque chose, la femme envoie son fils vers le mari et dit : « Cours au magasin, dis à papa d'acheter quelque chose pour le thé ». Le fils accourt vers papa et transmet mot pour mot les paroles de sa mère : « Maman a dit d'acheter quelque chose pour le thé ». Il connaît ces paroles mieux que le père, avec elles on ne discute pas. Le père – la main à la visière : « D'accord, j'achèterai ». Si le fils ajoute en même temps : « … je pense, de la pâte de fruits », alors cela ne fait déjà plus partie du message de maman – ce qu'il pense. Avec cela on peut discuter, on peut décider que maman veut autre chose. Papa peut savoir mieux que le fils ce que veut maman.

Il y a le message incontestable et il y a l'interprétation. Dans le premier cas Moché a dit : « Pourquoi n'avez-vous pas fait comme on me l'a commandé ? », dans le second cas : « Pourquoi n'avez-vous pas fait comme je l'ai ordonné ? » Et voilà, là où Moché dit comme j'ai ordonné, là on peut discuter avec lui. Il arrive souvent, quand on participe à une discussion, une conversation ou une dispute, que vers la fin quelqu'un, ayant ajusté sa cravate, dise : « Tout le monde ici a dit chacun son opinion, et moi, je vais maintenant dire ce que dit la Bible ». Après cela, l'homme dit lui aussi son opinion. Parce que, même en lisant la Bible et en interprétant la Bible, nous disons toujours notre compréhension de la Bible. Et il est très difficile de s'habituer à l'idée qu'il y a beaucoup de gens qui ne sont pas plus bêtes que nous, qui ne sont pas moins honnêtes que nous, qui ne veulent pas moins que nous comprendre la vérité, mais qui la comprennent autrement. C'est bien ainsi, aussi difficile que ce soit à accepter. C'est pourquoi nous devons toujours distinguer ce qui est écrit, ce que nous savons mot pour mot, et notre compréhension. Et si nous disons notre compréhension, si nous nous souvenons que nous disons notre compréhension, nous ne devons pas nous étonner de nous heurter à la compréhension d'autrui, que quelqu'un comprenne autrement. C'est ce qui va arriver maintenant avec Moché. Nous allons être témoins, vous et moi, du premier cas où avec Moché, avec Moché lui-même (qui, semble-t-il, connaît la Torah de Moché mieux que Moché ?!), on discute au sujet de la Torah. Ce n'est plus une attaque contre lui : « Où nous as-tu fait sortir ? », c'est précisément une dispute au sujet de l'interprétation de la Torah.

Faites attention, il était écrit que Moché s'était irrité contre Élazar et Itamar, il n'était pas dit qu'il s'était irrité contre Aharon. Mais, apparemment, il s'irritait, parce que c'est Aharon qui répond d'eux. Moché envers Aharon, son frère aîné, manifeste tout de même du respect.


וַיְדַבֵּר אַהֲרֹן אֶל־מֹשֶׁה הֵן הַיּוֹם הִקְרִיבוּ אֶת־חַטָּאתָם וְאֶת־עֹלָתָם לִפְנֵי יְהוָה וַתִּקְרֶאנָה אֹתִי כָּאֵלֶּה וְאָכַלְתִּי חַטָּאת הַיּוֹם הַיִּיטַב בְּעֵינֵי יְהוָה׃

vaydabbér aharón el-moché hen hayom hikrívou et-'hattatám ve'et-olatám lifné adonáy vattikréna otí ka'élle ve'akhálti 'hattát hayom hayitáv be'ené adonáy

19 Et Aharon dit à Moché : « Voici, aujourd'hui ils ont offert les sacrifices purificatoires et leurs holocaustes devant le SEIGNEUR. Et encore une telle chose m'est arrivée, et, si je mange aujourd'hui le sacrifice pour le péché, est-ce que ce sera bon aux yeux du Très-Haut ? »

Voici ce que dit Aharon : « Est-ce que cela plaira au Très-Haut que, dans un tel état, j'accomplisse simplement mon travail de routine ? Je n'opérerai par là aucune expiation, parce que je peux me forcer à mâcher ce sacrifice, mais est-ce un tel service, mécanique, que veut le Très-Haut ? Si toi, Moché, tu interprètes la Torah de telle sorte que le kohen doit servir malgré tout, dans n'importe quel état d'âme, alors moi je te dis que tant que ses morts sont couchés devant lui, le jour de la mort de ses proches, le kohen est dispensé de manger le sacrifice pour le péché. Il ne peut pas le faire. Cela ne sera pas agréable au Très-Haut. Et en cela, toi et moi, Moché, excuse-moi, nous interprétons différemment la Torah de Moché ».


וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה וַיִּיטַב בְּעֵינָיו׃

vayichmá moché vayitáv be'enáv

20 Et Moché entendit, et cela lui parut juste.

Moché accepte l'objection d'Aharon. Il se trouve que quelqu'un peut discuter avec Moché au sujet de la Torah de Moché et s'avérer avoir raison. Voilà une master class de modestie et d'humilité pour tous les enseignants.

Et ainsi se termine le très difficile chapitre 10. De quoi parle ce chapitre ? Du fait que dans la sainteté aussi il y a ses lois et ses règles, et que servir dans la sainteté, se trouver dans la sainteté, peut être plus dangereux que dans notre monde habituel de tous les jours. C'est un avertissement pour tous les kohanim et pour tous les serviteurs : il est terrible d'essayer de s'arracher à ce monde. Et, pour juger quelqu'un, il faut être sensible aux sentiments, aux sensations de ce monde, ne pas s'en arracher, ne pas juger les gens comme des anges de Dieu, pas selon de tels critères. Du fait que notre compréhension, c'est notre compréhension, et même Moché a permis qu'on discute avec lui, et son opposant s'est avéré avoir raison. Il faut être prêt à ce que ce ne soit pas nous qui ayons raison, l'accepter et en convenir. C'est aussi très difficile, ce sont ces tâches difficiles qui nous restent. Comment accepter ceux qui ne sont pas d'accord avec toi ? Comment rester avec eux dans une même équipe, dans une même famille, dans une même communauté ? Que faire si tes élèves ou ton frère aîné ne sont pas d'accord avec toi, comme cela s'est passé dans le cas de Moché ? Ce sont des questions sérieuses que nous pouvons nous poser à nous-mêmes. Un chapitre très difficile, des leçons très difficiles. Mais qui serons-nous, si nous n'essayons pas de comprendre ?

Le ventre vide, même la chanson ne se chante pas

Vayikra 11,1–47

Après que la gloire du SEIGNEUR est descendue et est apparue au peuple, tout le peuple a été sanctifié par cette gloire, et alors s'est posée la question : « Comment garder la sainteté ? » Si un homme est devenu impur, comment doit-il revenir à l'état de sainteté, à l'état de pureté ?

Je dois faire une réserve-explication très importante : être impur n'est pas en soi un péché. Dans l'état d'impureté, c'est un péché d'entrer dans la Tente d'assignation, dans le Saint des Saints, il y a encore d'autres actions qu'on ne peut pas accomplir dans cet état, mais en soi être impur – ce n'est pas un péché. Par exemple, une femme qui a mis au monde un enfant devient impure. Et la cause de cette impureté est bonne : elle a fait une bonne action, elle a accompli un commandement, mais l'impureté est tout de même apparue chez elle. C'est pourquoi il faut toujours se souvenir que l'état d'impureté n'est pas un péché. On peut laver un mort, soigner un malade, en étant dans un état d'impureté. Ce n'est pas un péché de devenir impur ou d'être impur, mais c'est un péché d'entrer dans la Tente d'assignation, d'entrer en communion avec le Très-Haut dans cet état. Il faut se purifier au préalable. Exactement de la même manière qu'être sale n'est pas un péché. Il y a un travail à la suite duquel nous pouvons nous salir, mais on ne peut pas se présenter partout dans un tel état sale. Cela ne signifie pas que se salir est toujours mauvais en soi. Il faut s'en souvenir, et chaque fois que nous parlons d'impureté, nous devons séparer l'impureté et le péché, ce sont des notions complètement différentes.

Mais revenons à notre chapitre 11. Il est consacré à la question de savoir ce que doit manger (de quoi doit se nourrir) l'homme qui appartient au peuple de Dieu et est sanctifié par la gloire de Dieu.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן לֵאמֹר אֲלֵהֶם׃

vaydabbér adonáy el-moché ve'el-aharón lemór alehém

1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché et Aharon, en leur disant :

Depuis longtemps nous n'avions pas lu une telle forme d'adresse, où le SEIGNEUR parle et avec Moché, et avec Aharon. Dans le chapitre précédent, nous nous sommes heurtés à une dispute, quand Moché, le législateur, a discuté avec celui qui est l'« interprète de la loi », avec Aharon. Et en fin de compte ils sont tombés d'accord l'un avec l'autre, l'accord est venu, et nous pouvons dire : « La Torah de Moché – c'est la loi, la Torah d'Aharon – c'est l'interprétation de la loi, y compris certaines exceptions à cette loi ». Et après que l'harmonie est venue entre eux, le Très-Haut s'adresse à eux et leur donne l'ordre d'instruire les fils d'Israël.

דַּבְּרוּ אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר זֹאת הַחַיָּה אֲשֶׁר תֹּאכְלוּ מִכָּל־הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר עַל־הָאָרֶץ׃

dabberoú el-bené yisraél lemór zot ha'hayá achér tokheloú mikkol-habbehemá achér al-ha'árets

2 « Parlez avec les fils d'Israël, en disant : voici les animaux que vous mangerez parmi tous les bestiaux qui sont sur la terre.

Le premier commandement du Très-Haut, qu'Il a donné à l'homme dans le jardin d'Éden, était : « De tout arbre mange, excepté l'Arbre de la connaissance du bien et du mal », c'est-à-dire qu'il a été donné à l'homme le commandement de manger de tout, de tous les arbres. Le Très-Haut disait pour ainsi dire à l'homme : « Mange mon monde ». Quand nous mangeons une orange, une pomme, une poire, un fruit quelconque, il devient une partie de nous. Pour la force vitale de l'orange, en tant que plante, devenir homme – c'est un grand saut. C'est pourquoi les plantes nous sont permises avec plus de facilité. Quand nous mangeons un animal, qui doit mourir pour que nous le mangions, la situation change radicalement. Si, par nos forces, par notre énergie, que nous recevons de cet animal, nous servons le Très-Haut, alors pour l'animal c'est, bien entendu, aussi un grand saut. Si nous nous occupons de quelques affaires à nous, dépensons les calories reçues pour quelque chose de pas très propre, alors il n'y a non plus aucun saut pour l'animal. Et alors – vaut-il la peine de tuer une poule pour, avec la force vitale reçue, se vautrer devant la télévision et zapper d'une chaîne à l'autre ? C'est pourquoi la Torah limite fortement l'usage de la viande. De tous les animaux de la Terre, seule une très petite quantité nous est permise comme nourriture. Si dans le jardin d'Éden, de toutes les plantes, une seule était interdite, dans notre cas seule une petite, petite partie du monde animal est permise comme nourriture. La Torah n'encourage pas tant que cela la consommation de viande. Ainsi donc, quels animaux pouvons-nous manger parmi tous les bestiaux terrestres ?

כֹּל מַפְרֶסֶת פַּרְסָה וְשֹׁסַעַת שֶׁסַע פְּרָסֹת מַעֲלַת גֵּרָה בַּבְּהֵמָה אֹתָהּ תֹּאכֵלוּ׃

kol mafrésset parsá vechossá'at chéssa perassót ma'alát gerá babbehemá otá tokhélou

3 Tout ce qui est onglé d'un sabot (qui a des sabots) et fend d'une fente ses sabots (dédouble ses sabots), ruminant parmi les bestiaux – celui-là, vous le mangerez.

Il y a deux signes de l'animal qu'on peut manger. Le premier – le sabot dédoublé, le second – l'animal ruminant. On peut accepter cela comme une loi et dire : « C'est comme ça que le Très-Haut le veut, et c'est tout ». On peut se lancer dans des recherches médicales : « C'est bon pour la santé, c'est mauvais pour la santé ». L'une et l'autre approche ont droit à l'existence, mais nous irons par un autre chemin. Il y a des commentaires qui se fondent sur les traits caractéristiques de ces animaux. Les sabots – c'est l'arme de l'animal, les sabots dédoublés adoucissent le coup, l'animal pour ainsi dire retient son agressivité. Le fait que l'animal mâche le bol de rumination signifie qu'il n'avale pas tout d'un coup. Cela indique une certaine patience, l'absence de désir d'avaler et de manger d'un coup tout ce qui tombe sous la main. Beaucoup de commentateurs mettent en avant précisément ces particularités en tant que signes des animaux qu'on peut manger.

À partir du verset 4, la Torah donne un avertissement important.

אַךְ אֶת־זֶה לֹא תֹאכְלוּ מִמַּעֲלֵי הַגֵּרָה וּמִמַּפְרִיסֵי הַפַּרְסָה אֶת־הַגָּמָל כִּי־מַעֲלֵה גֵרָה הוּא וּפַרְסָה אֵינֶנּוּ מַפְרִיס טָמֵא הוּא לָכֶם׃

akh et-zé lo tokheloú mimma'alé haggerá oumimmafrissé happarsá et-haggamál ki-ma'alé gerá hou oufarsá enénnou mafrís tamé hou lakhém

4 Mais ceux-ci, ne les mangez pas, parmi ceux qui sont ruminants et parmi ceux qui dédoublent les sabots : le chameau, qui régurgite le bol de rumination, mais n'a pas de sabots dédoublés – il est impur pour vous.

Le chameau est effectivement un animal ruminant, mais il n'a pas le sabot dédoublé, il n'a même pas de sabots du tout, le chameau est considéré comme un tylopode. Si un animal est ruminant, mais ne dédouble pas le sabot, cela signifie qu'il a un signe intérieur de pureté, mais le signe extérieur de cacheroute, il ne l'a pas. On peut dire qu'il paraît intérieurement pur, pur de l'intérieur, mais impur à l'extérieur.

Les versets 5 et 6 sont très difficiles du point de vue de la science moderne.

וְאֶת־הַשָּׁפָן כִּי־מַעֲלֵה גֵרָה הוּא וּפַרְסָה לֹא יַפְרִיס טָמֵא הוּא לָכֶם׃

ve'et-hachafán ki-ma'alé gerá hou oufarsá lo yafrís tamé hou lakhém

5 Et le daman, parce qu'il est ruminant, mais ne dédouble pas les sabots, il est impur pour vous.

וְאֶת־הָאַרְנֶבֶת כִּי־מַעֲלַת גֵּרָה הִוא וּפַרְסָה לֹא הִפְרִיסָה טְמֵאָה הִוא לָכֶם׃

ve'et-ha'arnévet ki-ma'alát gerá hi oufarsá lo hifríssa teme'á hi lakhém

6 Et le lièvre, qui est aussi ruminant, mais n'a pas dédoublé le sabot, il est impur pour vous.

Naturellement, la question se pose : depuis quand le daman, le lièvre, le lapin, de quelque manière qu'on traduise le nom de ces bêtes, depuis quand sont-ils devenus ruminants ? Ils ne sont, bien entendu, pas ruminants. Et il y a ceux qui se moquent de la Torah en disant : « L'auteur de la Torah a, apparemment, vu des mouvements de mastication chez les lièvres et les lapins (quand leurs lèvres frémissent, et cela fait penser qu'ils sont ruminants) et a pensé, le naïf, qu'ils régurgitent et mâchent le bol de rumination ». Effectivement, ni le lièvre, ni le daman, ni le lapin ne mâchent le bol de rumination. Mais la notion ma'alé (ma'alát) gerá signifie que l'animal tire la nourriture de l'intérieur et la mange de nouveau. Le lièvre, effectivement, mange très souvent ce qu'il a déjà mangé, mange son propre vomi, il arrive aussi que ce soient ses propres excréments. Et dans une certaine mesure, on peut l'appeler lui aussi régurgitant, puisque les significations des termes dans la Torah et en biologie peuvent tout à fait différer. La définition de la Torah est beaucoup plus ancienne que la définition de la biologie, et elle peut être plus large ou simplement être autre.

Ces animaux, de même que le chameau, d'après le signe intérieur paraissent purs, mais extérieurement ils sont impurs.

וְאֶת־הַחֲזִיר כִּי־מַפְרִיס פַּרְסָה הוּא וְשֹׁסַע שֶׁסַע פַּרְסָה וְהוּא גֵּרָה לֹא־יִגָּר טָמֵא הוּא לָכֶם׃

ve'et-ha'hazír ki-mafrís parsá hou vechossá chéssa parsá vehou gerá lo-yiggár tamé hou lakhém

7 Et le porc, parce qu'il a des sabots et dédouble les sabots, mais ne régurgite pas le bol de rumination, il est impur pour vous.

Le porc, au contraire, a le signe extérieur de cacheroute, il se présente comme pur. On dit que le porc se couche de manière à montrer le signe de sa cacheroute, à montrer ses petits sabots. Mais à l'intérieur il est impur, et ainsi le porc aussi est interdit. En hébreu, le porc s'appelle 'hazír, ce mot a la même racine que le mot la'hzór (revenir). Cela a donné naissance à un certain groupe de midrachim et d'interprétations selon lesquels, dans le monde à venir, quand viendra et se révélera le Très-Haut, quand se révélera de nouveau la gloire de Dieu, le porc deviendra un animal casher. Il n'y a pas d'interprétations anciennes à ce sujet, toutes les interprétations liées à 'Hazriël (une entité spirituelle, un ange qui accuse les Juifs devant le tribunal céleste, mais ensuite se range de leur côté) ou à Essav, qui est associé au porc extérieurement casher et dont les descendants, les chrétiens, reconstruiront le troisième Temple – ce sont des interprétations de la fin du Moyen Âge, apparues en Europe centrale – là où le catholicisme avait déjà commencé à exercer une influence sur le judaïsme. Ces dernières années, ces midrachim, à l'instigation de certains enseignants messianiques, sont devenus populaires. Mais si nous voulons nous y référer, il faut se souvenir que pour la plupart des enseignants juifs ils étaient étranges et inacceptables. Il y a beaucoup de midrachim que les uns acceptent et les autres non. Ce midrach est l'un des exemples les plus frappants de cela. Et le rejet de ce midrach ne vient pas de ce qu'il dit quelque chose de positif sur les chrétiens (je l'accepterais avec joie), mais de ce qu'il n'a réellement aucune source faisant autorité dans notre littérature.

מִבְּשָׂרָם לֹא תֹאכֵלוּ וּבְנִבְלָתָם לֹא תִגָּעוּ טְמֵאִים הֵם לָכֶם׃

mibbesarám lo tokhélou ouvnivlatám lo tiggá'ou teme'ím hem lakhém

8 Leur chair, ne la mangez pas, leur charogne (leurs cadavres), ne la touchez pas, ils sont impurs pour vous.

La question se pose : est-il réellement interdit dans toutes les situations de toucher le cadavre d'un porc ? Peut-on, par exemple, faire une brosse à chaussures en soies de porc ? La réponse – on peut. Quand il s'agit ici de toucher les cadavres, il s'agit du contact avec les pieds. Quand nous allons au Temple, quand nous allons au service du Temple (quand le Temple existait, quand la Tente d'assignation existait), alors l'homme qui avait touché avec les pieds la charogne de ces animaux devenait impur.

À partir du verset 9 commence l'examen des poissons qu'on peut manger.

אֶת־זֶה תֹּאכְלוּ מִכֹּל אֲשֶׁר בַּמָּיִם כֹּל אֲשֶׁר־לוֹ סְנַפִּיר וְקַשְׂקֶשֶׂת בַּמַּיִם בַּיַּמִּים וּבַנְּחָלִים אֹתָם תֹּאכֵלוּ׃

et-zé tokheloú mikkól achér bammáyim kol acher-ló senappír vekaskésset bammáyim bayammím ouvanne'halím otám tokhélou

9 Et ceci, vous le mangerez de tout ce qui est dans l'eau : tout ce qui a une nageoire et des écailles dans l'eau, dans les mers et dans les sources, dans l'eau salée et dans l'eau douce – mangez-les.

Encore une fois, tout ce qui est dans l'eau est interdit, excepté ce qui est énuméré ici. Ainsi donc, pour les poissons, pour les animaux marins, il y a deux signes de cacheroute – des écailles dans l'eau et des nageoires. Que signifie des écailles dans l'eau ? Il y a des poissons, par exemple, comme le maquereau. Le maquereau n'a pas eu de chance. Beaucoup de ceux qui reviennent à la téchouva cessent de le manger, parce qu'apparemment il n'a pas d'écailles. Cependant, dans l'eau, le maquereau a des écailles : ses écailles partent, emportées par l'eau, quand on le sort de l'eau. C'est pourquoi le maquereau est un poisson casher précisément à cause de l'ajout des écailles dans l'eau. Mais nous savons par la biologie que, si un poisson a des écailles, il a aussi une nageoire. Et alors, encore une fois, on ne comprend pas pourquoi la Torah dit écailles et nageoire : dites simplement écailles, parce que la nageoire va de soi. Apparemment, ce ne sont pas des signes des poissons casher, mais ils sont casher précisément parce qu'ils ont des écailles et une nageoire. Et précisément la présence d'écailles et de nageoires, pour une raison quelconque, les rend comestibles. Les écailles – c'est la protection du poisson, elles remplissent une fonction protectrice. Mais si le poisson avait seulement des écailles et n'avait pas de nageoires, il serait immobile, parce qu'il est difficile de se mouvoir sans nageoires, même avec des écailles. C'est pourquoi une protection qui ne limite pas le mouvement, – ce sont les signes du poisson casher.

וְכֹל אֲשֶׁר אֵין־לוֹ סְנַפִּיר וְקַשְׂקֶשֶׂת בַּיַּמִּים וּבַנְּחָלִים מִכֹּל שֶׁרֶץ הַמַּיִם וּמִכֹּל נֶפֶשׁ הַחַיָּה אֲשֶׁר בַּמָּיִם שֶׁקֶץ הֵם לָכֶם׃

vekhól achér en-ló senappír vekaskésset bayammím ouvanne'halím mikkól chérets hammáyim oumikkól néfech ha'hayá achér bammáyim chékets hem lakhém

10 Tout ce qui n'a pas de nageoire et d'écailles, dans la mer et dans les sources, de tout ce dont l'eau grouille et de toute âme vivante qui est dans l'eau, – ils sont une abomination pour vous.

וְשֶׁקֶץ יִהְיוּ לָכֶם מִבְּשָׂרָם לֹא תֹאכֵלוּ וְאֶת־נִבְלָתָם תְּשַׁקֵּצוּ׃

vechékets yihyoú lakhém mibbesarám lo tokhélou ve'et-nivlatám techakkétsou

11 Ils seront une abomination pour vous, ne mangez pas leur chair et ayez en horreur leurs cadavres.

Les sages en déduisent l'interdiction même de les toucher, même de les vendre, d'avoir affaire à eux de quelque manière que ce soit.

כֹּל אֲשֶׁר אֵין־לוֹ סְנַפִּיר וְקַשְׂקֶשֶׂת בַּמָּיִם שֶׁקֶץ הוּא לָכֶם׃

kol achér en-ló senappír vekaskésset bammáyim chékets hou lakhém

12 Tout ce qui n'a pas de nageoire et d'écailles dans l'eau, – c'est une abomination pour vous.

À partir du verset 13, il sera question des oiseaux. La Torah commence l'énumération des oiseaux interdits comme nourriture.

וְאֶת־אֵלֶּה תְּשַׁקְּצוּ מִן־הָעוֹף לֹא יֵאָכְלוּ שֶׁקֶץ הֵם אֶת־הַנֶּשֶׁר וְאֶת־הַפֶּרֶס וְאֵת הָעָזְנִיָּה׃

Ve'et-élle techakketsoú min-ha'óf lo ye'akheloú chékets hem et-hannécher ve'et-happéresLa translittération de l'original écrit le nom de cet oiseau avec un « ts » ; le texte hébreu porte péres, et c'est cette forme qui est suivie ici. ve'ét ha'ozniyá

13 Et ceux-ci, vous les aurez en horreur parmi les oiseaux, vous ne les mangerez pas, parce qu'ils sont une abomination : l'aigle, et le gypaète, et le balbuzard.

וְאֶת־הַדָּאָה וְאֶת־הָאַיָּה לְמִינָהּ׃

ve'et-hadda'á ve'et-ha'ayá leminá

14 Et le milan, et le faucon de diverses espèces.

אֵת כָּל־עֹרֵב לְמִינוֹ׃

et kol-orév leminó

15 Toutes les espèces de corneilles.

וְאֵת בַּת הַיַּעֲנָה וְאֶת־הַתַּחְמָס וְאֶת־הַשָּׁחַף וְאֶת־הַנֵּץ לְמִינֵהוּ׃

ve'et bat haya'aná ve'et-hatta'hmás ve'et-hachá'haf ve'et-hannéts leminéhou

16 Et l'autruche, et l'engoulevent, et la mouette, et toutes les espèces d'épervier.

וְאֶת־הַכּוֹס וְאֶת־הַשָּׁלָךְ וְאֶת־הַיַּנְשׁוּף׃

ve'et-hakkós ve'et-hachalákh ve'et-hayanchoúf

17 Et la chevêche, et le cormoran, et le grand-duc.

וְאֶת־הַתִּנְשֶׁמֶת וְאֶת־הַקָּאָת וְאֶת־הָרָחָם׃

ve'et-hattinchémet ve'et-hakka'át ve'et-hara'hám

18 La chouette blanche, la chouette du désert et le vautour.

וְאֵת הַחֲסִידָה הָאֲנָפָה לְמִינָהּ וְאֶת־הַדּוּכִיפַת וְאֶת־הָעֲטַלֵּף׃

ve'ét ha'hassidá ha'anafá leminá ve'et-haddoukhifát ve'et-ha'atalléf

19 Et la cigogne, et le héron de toutes espèces, et la huppe, et la chauve-souris.

En ce qui concerne les oiseaux, la Torah ne donne pas de signes concrets permettant de déterminer un oiseau casher, mais parle par une liste. Comme on ne peut pas traduire exactement chaque nom d'oiseau, chaque espèce d'oiseau, beaucoup ont des doutes au sujet d'oiseaux concrets. À cause de cela, il y a entre les communautés des différences de compréhension, et vous pouvez rencontrer des Juifs qui ne mangent pas de dinde, ou ne mangent pas de cygne, ou ne mangent pas de pintade, ou encore autre chose, parce que les noms des oiseaux qui sont donnés ici sont en partie perdus (de même que ce dont nous parlerons par la suite), nous ne pouvons les accepter ici que de manière conventionnelle.

À partir du verset 20, nous lisons au sujet des insectes :

כֹּל שֶׁרֶץ הָעוֹף הַהֹלֵךְ עַל־אַרְבַּע שֶׁקֶץ הוּא לָכֶם׃

kol chérets ha'óf haholékh al-arbá chékets hou lakhém

20 Tout insecte volant qui marche sur quatre pattes – il est une abomination pour vous.

אַךְ אֶת־זֶה תֹּאכְלוּ מִכֹּל שֶׁרֶץ הָעוֹף הַהֹלֵךְ עַל־אַרְבַּע אֲשֶׁר־לֹא (לוֹ) כְרָעַיִם מִמַּעַל לְרַגְלָיו לְנַתֵּר בָּהֵן עַל־הָאָרֶץ׃

akh et-zé tokheloú mikkól chérets ha'óf haholékh al-arbá acher-ló khera'áyim mimmá'al leragláv lenattér bahén al-ha'árets

21 Mais seulement ceci, vous pouvez le manger de tous les insectes volants qui marchent sur quatre, dont les articulations sont plus haut que les pieds, pour marcher sur elles en sautillant sur la terre,

אֶת־אֵלֶּה מֵהֶם תֹּאכֵלוּ אֶת־הָאַרְבֶּה לְמִינוֹ וְאֶת־הַסָּלְעָם לְמִינֵהוּ וְאֶת־הַחַרְגֹּל לְמִינֵהוּ וְאֶת־הֶחָגָב לְמִינֵהוּ׃

et-élle mehém tokhélou et-ha'arbé leminó ve'et-hassol'ám leminéhou ve'et-ha'hargól leminéhou ve'et-he'hagáv leminéhou

22 D'entre eux vous pouvez manger : la locuste selon ses espèces, et la cigale selon son espèce, et le grillon selon son espèce, et la sauterelle selon son espèce.

Après que la Torah a interdit toutes les espèces, elle a déterminé les insectes qu'on peut tout de même manger.

וְכֹל שֶׁרֶץ הָעוֹף אֲשֶׁר־לוֹ אַרְבַּע רַגְלָיִם שֶׁקֶץ הוּא לָכֶם׃

vekhól chérets ha'óf acher-ló arbá ragláyim chékets hou lakhém

23 Et tous les autres insectes volants qui ont quatre pieds – une abomination pour vous.

וּלְאֵלֶּה תִּטַּמָּאוּ כָּל־הַנֹּגֵעַ בְּנִבְלָתָם יִטְמָא עַד־הָעָרֶב׃

oul'élle tittammá'ou kol-hannogé'a benivlatám yitmá ad-ha'árev

24 Par eux vous vous souillerez : quiconque les touchera sera impur jusqu'au soir.

וְכָל־הַנֹּשֵׂא מִנִּבְלָתָם יְכַבֵּס בְּגָדָיו וְטָמֵא עַד־הָעָרֶב׃

vekhol-hannossé minnivlatám yekhabbés begadáv vetamé ad-ha'árev

25 Quiconque soulèvera de leurs cadavres lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir.

לְכָל־הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר הִוא מַפְרֶסֶת פַּרְסָה וְשֶׁסַע אֵינֶנָּה שֹׁסַעַת וְגֵרָה אֵינֶנָּה מַעֲלָה טְמֵאִים הֵם לָכֶם כָּל־הַנֹּגֵעַ בָּהֶם יִטְמָא׃

lekhol-habbehemá achér hi mafrésset parsá vechéssa enénna chossá'at vegerá enénna ma'alá teme'ím hem lakhém kol-hannogé'a bahém yitmá

26 Et chez tout bétail qui a des sabots et ne les dédouble pas, et ne régurgite pas le bol de rumination, – ils sont impurs pour vous : quiconque les touchera sera impur.

וְכֹל הוֹלֵךְ עַל־כַּפָּיו בְּכָל־הַחַיָּה הַהֹלֶכֶת עַל־אַרְבַּע טְמֵאִים הֵם לָכֶם כָּל־הַנֹּגֵעַ בְּנִבְלָתָם יִטְמָא עַד־הָעָרֶב׃

vekhól holékh al-kappáv bekhol-ha'hayá haholékhet al-arbá teme'ím hem lakhém kol-hannogé'a benivlatám yitmá ad-ha'árev

27 Et tout animal qui marche sur des pattes, parmi ceux qui marchent sur quatre, – ils sont impurs pour vous : quiconque touchera leur cadavre sera impur jusqu'au soir.

וְהַנֹּשֵׂא אֶת־נִבְלָתָם יְכַבֵּס בְּגָדָיו וְטָמֵא עַד־הָעָרֶב טְמֵאִים הֵמָּה לָכֶם׃

vehannossé et-nivlatám yekhabbés begadáv vetamé ad-ha'árev teme'ím hemma lakhém

28 Quiconque soulèvera leur cadavre lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir – ils sont impurs pour vous.

Il s'agit des animaux qui marchent sur quatre pattes, la compréhension simple – les chats, les chiens et d'autres. Ils ont des mouvements de préhension, ils peuvent saisir avec les pattes, c'est la différence entre les pattes et les sabots. En outre, ils ont des griffes comme moyen d'attaque, ce sont des animaux plus agressifs et, en règle générale, carnassiers. Et c'est l'une des explications de la raison pour laquelle ils sont impropres à la consommation.

וְזֶה לָכֶם הַטָּמֵא בַּשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ עַל־הָאָרֶץ הַחֹלֶד וְהָעַכְבָּר וְהַצָּב לְמִינֵהוּ׃

vezé lakhém hattamé bachérets hachoréts al-ha'árets ha'hóled veha'akhbár vehattsáv leminéhouLa translittération de l'original note ici un « kh » ; l'hébreu a la lettre hé, d'où leminéhou, comme ailleurs dans ce chapitre.

29 Et voici ce qui est impur pour vous, de ce qui court en tous sens sur la terre : le rat, et la souris, et toutes sortes d'espèces de crapauds.

En hébreu moderne, le mot tsav signifie tortue. Mais ici il ne s'agit pas de la tortue, mais précisément du crapaud, de ce qui en hébreu moderne s'appelle karpadá.

וְהָאֲנָקָה וְהַכֹּחַ וְהַלְּטָאָה וְהַחֹמֶט וְהַתִּנְשָׁמֶת׃

veha'anaká vehakkóa'h vehalleta'á veha'hómet vehattinchámet

30 Et le gecko, et le varan, et le lézard, et l'ablépharus, et le caméléon.

Le mot tinchámet – c'est le nom d'un lézard, que dans ce cas nous traduisons par caméléon, et au verset 18 nous l'avons traduit comme le nom d'un oiseau, comme chouette blanche. Il semblerait : un oiseau et un lézard avec le même nom, mais ce n'est pas la même chose.

אֵלֶּה הַטְּמֵאִים לָכֶם בְּכָל־הַשָּׁרֶץ כָּל־הַנֹּגֵעַ בָּהֶם בְּמֹתָם יִטְמָא עַד־הָעָרֶב׃

élle hatteme'ím lakhém bekhol-hacharéts kol-hannogé'a bahém bemotám yitmá ad-ha'árev

31 Voici ce qui est impur pour vous parmi tous les insectes : quiconque les touchera morts sera impur jusqu'au soir.

וְכֹל אֲשֶׁר־יִפֹּל־עָלָיו מֵהֶם בְּמֹתָם יִטְמָא מִכָּל־כְּלִי־עֵץ אוֹ בֶגֶד אוֹ־עוֹר אוֹ שָׂק כָּל־כְּלִי אֲשֶׁר־יֵעָשֶׂה מְלָאכָה בָּהֶם בַּמַּיִם יוּבָא וְטָמֵא עַד־הָעֶרֶב וְטָהֵר׃

vekhól acher-yippól-aláv mehém bemotám yitmá mikkol-keli-éts o véged o-ór o sak kol-kelí acher-ye'assé melakhá bahém bammáyim youvá vetamé ad-ha'érev vetahér

32 Et tout ce sur quoi tombera leur cadavre sera impur : tout récipient de bois, ou vêtement, ou peau, ou toile à sac, et tout autre récipient ou instrument pour le travail – qu'il soit lavé dans l'eau, et il sera impur jusqu'au soir, et le soir il sera de nouveau pur.

C'est la règle générale de la purification, il est important d'en parler. Même si l'homme se lave après quelque écoulement qui lui est propre, ou la femme après l'accouchement, ou la femme après la fin des règles – quiconque passe par la purification, s'il s'immerge le jour, le soir du même jour, seulement après le coucher des étoiles, il devient pur. La pureté ne vient pas tout de suite après l'ablution, c'est pourquoi l'homme ou l'objet qui est purifié doit, après l'ablution, encore pendant un certain temps être comme en quarantaine. Jusqu'au coucher du soleil a lieu pour ainsi dire une acclimatation, une accoutumance à la pureté. Et tant que cela n'a pas eu lieu, l'homme n'est pas encore tout à fait associé à la pureté.

וְכָל־כְּלִי־חֶרֶשׂ אֲשֶׁר־יִפֹּל מֵהֶם אֶל־תּוֹכוֹ כֹּל אֲשֶׁר בְּתוֹכוֹ יִטְמָא וְאֹתוֹ תִשְׁבֹּרוּ׃

vekhol-keli-'héres acher-yippól mehém el-tokhó kol achér betokhó yitmá ve'otó tichbórou

33 Et tout récipient d'argile dans lequel tombera quelque chose d'entre eux – tout ce qui est dedans deviendra impur, et lui, brisez-le.

Du fait que l'argile est poreuse et, comme on le considère, absorbe tout immédiatement, les récipients d'argile ne se prêtent pas à la cachérisation (selon les lois de la cacheroute) ni à la purification, et, comme on dit, ce qui les purifie, c'est qu'on les brise.

מִכָּל־הָאֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל אֲשֶׁר יָבוֹא עָלָיו מַיִם יִטְמָא וְכָל־מַשְׁקֶה אֲשֶׁר יִשָּׁתֶה בְּכָל־כְּלִי יִטְמָא׃

mikkol-ha'ókhel achér ye'akhél achér yavó aláv máyim yitmá vekhol-machké achér yichaté bekhol-kelí yitmá

34 Et de tout aliment qui est mangé (consommé comme nourriture), tout ce sur quoi tombera l'eau d'un tel récipient deviendra impur, et toute boisson (liquide) qu'on peut boire d'un tel récipient deviendra impure.

On sous-entend que, si nous avons quelque produit ou quelque objet, et que de l'eau d'un récipient impur est tombée dessus, alors dans ce cas l'eau qui était dans le récipient est conductrice de l'impureté, et elle rendra notre objet ou notre produit impur.

וְכֹל אֲשֶׁר־יִפֹּל מִנִּבְלָתָם עָלָיו יִטְמָא תַּנּוּר וְכִירַיִם יֻתָּץ טְמֵאִים הֵם וּטְמֵאִים יִהְיוּ לָכֶם׃

vekhól acher-yippól minnivlatám aláv yitmá tannoúr vekhiráyim youttáts teme'ím hem outme'ím yihyoú lakhém

35 Tout ce sur quoi tombera le cadavre d'une telle créature deviendra impur. Si c'est un four ou si c'est un foyer, ils doivent être brisés, ils sont impurs et resteront impurs pour vous.

Encore une fois, le four et le foyer étaient faits à cette époque d'argile (et aujourd'hui encore, en Orient, on fait de tels fours), et c'est pourquoi ils doivent être brisés, parce qu'on ne peut d'aucune manière les purifier.

אַךְ מַעְיָן וּבוֹר מִקְוֵה־מַיִם יִהְיֶה טָהוֹר וְנֹגֵעַ בְּנִבְלָתָם יִטְמָא׃

akh ma'yán ouvór mikve-máyim yihyé tahór venogé'a benivlatám yitmá

36 Mais une source pure ou un puits (ou un autre réservoir d'eau) sera pur, et celui qui a touché le cadavre en eux, impur.

De quelle situation s'agit-il ? Quand dans un puits ou dans une source est tombé le cadavre de l'un de ces animaux impurs, l'eau ne devient pas impure. Celui qui, dans l'eau, a touché cet animal devient lui-même impur.

וְכִי יִפֹּל מִנִּבְלָתָם עַל־כָּל־זֶרַע זֵרוּעַ אֲשֶׁר יִזָּרֵעַ טָהוֹר הוּא׃

vekhí yippól minnivlatám al-kol-zéra zeroú'a achér yizzaré'a tahór hou

37 Si l'un de leurs cadavres tombe sur les semences d'une plante quelconque qu'on sème, elles seront pures.

Si le cadavre tombe sur des semences sèches, quand elles sont dans un état sec, en vrac, elles ne deviennent pas rituellement impures.

וְכִי יֻתַּן־מַיִם עַל־זֶרַע וְנָפַל מִנִּבְלָתָם עָלָיו טָמֵא הוּא לָכֶם׃

vekhí youttan-máyim al-zéra venafál minnivlatám aláv tamé hou lakhém

38 Mais si ces semences ont été arrosées d'eau, et qu'après cela est tombé sur elles (sur ces semences) l'un des cadavres de ces animaux, elles seront impures pour vous.

Il y a ici un détail intéressant, quand l'intention humaine détermine la pureté ou l'impureté de quelque chose. Si j'ai pris une pomme, alors ma pomme est sèche et elle ne peut pas devenir impure : si une petite souris a couru dessus, l'a frôlée de sa petite queue, si une petite souris morte est tombée dessus, eh bien, bien sûr, il faudra la laver, mais rituellement elle ne devient pas impure. Si j'ai pris une pomme et l'ai lavée, alors à partir du moment où je l'ai moi-même arrosée d'eau, elle devient capable de recevoir l'impureté, devient sensible à l'impureté. Et si la pluie est tombée sur la pomme et que ce n'est pas moi qui ai arrosé, mais le Très-Haut qui a arrosé, alors elle ne devient pas impure. Cette précision se fait à partir des mots si cela est arrosé, c'est la force humaine qu'on entend.

וְכִי יָמוּת מִן־הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר־הִיא לָכֶם לְאָכְלָה הַנֹּגֵעַ בְּנִבְלָתָהּ יִטְמָא עַד־הָעָרֶב׃

vekhí yamoút min-habbehemá acher-hí lakhém le'okhlá hannogé'a benivlatá yitmá ad-ha'árev

39 Si meurt l'un des animaux qui vous sont permis comme nourriture, celui qui touchera son cadavre sera impur jusqu'au soir.

וְהָאֹכֵל מִנִּבְלָתָהּ יְכַבֵּס בְּגָדָיו וְטָמֵא עַד־הָעָרֶב וְהַנֹּשֵׂא אֶת־נִבְלָתָהּ יְכַבֵּס בְּגָדָיו וְטָמֵא עַד־הָעָרֶב׃

veha'okhél minnivlatá yekhabbés begadáv vetamé ad-ha'árev vehannossé et-nivlatá yekhabbés begadáv vetamé ad-ha'árev

40 Et celui qui mangera de son cadavre (de la charogne) lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir. Et celui qui soulèvera son cadavre lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir.

וְכָל־הַשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ עַל־הָאָרֶץ שֶׁקֶץ הוּא לֹא יֵאָכֵל׃

vekhol-hachérets hachoréts al-ha'árets chékets hou lo ye'akhél

41 Et tous les reptiles qui courent en tous sens sur la terre – c'est une abomination, et qu'elle ne soit pas mangée.

כֹּל הוֹלֵךְ עַל־גָּחן וְכֹל הוֹלֵךְ עַל־אַרְבַּע עַד כָּל־מַרְבֵּה רַגְלַיִם לְכָל־הַשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ עַל־הָאָרֶץ לֹא תֹאכְלוּם כִּי־שֶׁקֶץ הֵם׃

kol holékh al-ga'hón vekhól holékh al-arbá ad kol-marbé ragláyim lekhol-hachérets hachoréts al-ha'aréts lo tokheloúm ki-chékets hem

42 Tout ce qui rampe sur le ventre, et tout ce qui se déplace sur quatre pieds (sur quatre pieds et plus), et toute la vermine rampant sur la terre, ne les mangez pas, car ils sont – une abomination.

Et pour conclure ce chapitre, le Très-Haut explique, par Moché et Aharon, au peuple d'Israël qu'on ne doit pas souiller les âmes.

אַל־תְּשַׁקְּצוּ אֶת־נַפְשֹׁתֵיכֶם בְּכָל־הַשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ וְלֹא תִטַּמְּאוּ בָּהֶם וְנִטְמֵתֶם בָּם׃

al-techakketsoú et-nafchotekhém bekhol-hachérets hachórets veló tittame'oú bahém venitmetémLa translittération de l'original écrit ce verbe avec un « n » à la place du « t » ; l'hébreu donne venitmetém, forme suivie ici. bam

43 Ne faites pas de vos âmes une abomination par tous les reptiles qui courent en tous sens sur la terre, ne devenez pas impurs, ne vous souillez pas, afin de ne pas devenir impurs.

כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם וְהִתְקַדִּשְׁתֶּם וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים כִּי קָדוֹשׁ אָנִי וְלֹא תְטַמְּאוּ אֶת־נַפְשֹׁתֵיכֶם בְּכָל־הַשֶּׁרֶץ הָרֹמֵשׂ עַל־הָאָרֶץ׃

ki aní adonáy elohekhém vehitkaddichtém vih'yitém kedochím ki kadóch áni veló tetammeoú et-nafchotekhém bekhol-hachérets haromés al-ha'árets

44 Car Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu. Et sanctifiez-vous, et soyez saints, car Je suis Saint, et ne rendez pas vos âmes impures par aucun reptile de ceux qui rampent sur la terre.

Que signifie soyez saints, car Je suis Saint ? Soyez éternels, car Je suis Éternel ? Soyez tout-puissants, car Je suis Tout-Puissant ? Soyez omnivoyants, car Je suis l'Omnivoyant ? Pourquoi est-ce précisément de la sainteté que parle le SEIGNEUR ? Parce que notre sainteté, c'est l'état dans lequel nous pouvons demeurer en communion avec Lui. Non éternels, non tout-puissants, non omnivoyants, faits de sang et de chair, nous pouvons nous élever au niveau de la sainteté et devenir dans ce monde une piste d'atterrissage pour Sa gloire. Pour cela, le SEIGNEUR donne des instructions claires, tout le livre de Vayikra en parle, y compris en ce qui concerne l'alimentation. Entretenir la vie, on peut le faire avec n'importe quelle nourriture, aussi bien pure qu'impure. Entretenir la vie dans la sainteté avec une nourriture impure, comme l'enseigne le livre de Vayikra, est impossible. Et c'est pourquoi le Très-Haut dit : « Soyez saints, faites-en votre but, car Je suis Saint, et, si vous n'êtes pas saints, la communion entre nous ne marchera pas, nous ne pourrons pas être dans une même équipe ».

כִּי אֲנִי יְהוָה הַמַּעֲלֶה אֶתְכֶם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לִהְיֹת לָכֶם לֵאלֹהִים וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים כִּי קָדוֹשׁ אָנִי׃

ki aní adonáy hamma'alé etkhém me'érets mitsráyim lihyot lakhém lelohím vih'yitém kedochím ki kadóch áni

45 Parce que Moi, le SEIGNEUR, Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte, pour être votre Dieu, et soyez saints, car Je suis Saint.

Pour que le SEIGNEUR, qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, qui nous a sauvés, soit présent dans notre vie, nous devons être saints, parce qu'Il est Saint, parce que la sainteté ne peut pas demeurer en dehors de ce qui est saint et parce que le SEIGNEUR nous fait sortir. Et la tâche qu'Il place devant nous, c'est de nous approcher de la sainteté, Il nous donne tout pour nous sanctifier. Et c'est sans doute encore une occasion de dire ce qu'est la sainteté.

Souvent nous disons : la sainteté – c'est la séparation. Effectivement, le saint, c'est celui qui est séparé, séparé de ce monde, purifié de ce monde, de tout ce qui est lié à ce monde. Comme deux surfaces que, avant de les coller l'une à l'autre, on nettoie de toute saleté, de tout ce qui est superflu, exactement de la même manière nous aussi devons nous nettoyer, enlever toute impureté pour nous coller au Très-Haut. On entend souvent la question : « Qu'est-ce qui me manque pour la communion avec le Très-Haut ? », les gens posent très souvent cette question. C'est une très bonne, une très juste question, mais il y a une question encore plus juste : « Qu'est-ce qui m'empêche aujourd'hui de communier avec le Très-Haut, quelle impureté en moi m'empêche de me coller à Lui ? Qu'y a-t-il de superflu en moi ? » Et quand nous parlons de la sainteté, le Très-Haut nous raconte ce qu'il faut faire pour que cette impureté n'apparaisse pas sur nous, y compris à travers la nourriture impure.

En conclusion, Aharon et Moché répètent le thème de la leçon, résument ce dont traitait la leçon.

זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף וְכֹל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרֹמֶשֶׂת בַּמָּיִם וּלְכָל־נֶפֶשׁ הַשֹּׁרֶצֶת עַל־הָאָרֶץ׃

zot torát habbehemá veha'óf vekhól néfech ha'hayá haromésset bammáyim oulkhol-néfech hachorétset al-ha'árets

46 C'est l'enseignement sur les bestiaux, et sur l'oiseau, et sur tous les êtres vivants qui grouillent dans l'eau, et sur tous les êtres qui grouillent sur la terre,

לְהַבְדִּיל בֵּין הַטָּמֵא וּבֵין הַטָּהֹר וּבֵין הַחַיָּה הַנֶּאֱכֶלֶת וּבֵין הַחַיָּה אֲשֶׁר לֹא תֵאָכֵל׃

lehavdíl ben hattamé ouvén hattahór ouvén ha'hayá hanne'ekhélet ouvén ha'hayá achér lo te'akhél

47 Afin que vous sachiez distinguer le pur de l'impur parmi les animaux qui sont destinés à la nourriture, et parmi les animaux qui ne sont pas destinés à la nourriture ».

La Torah en 5 minutes

Dans la section hebdomadaire précédente, nous avons lu comment se sont passés les sept jours de préparation d'Aharon et de ses fils, c'est-à-dire des premiers kohanim de l'histoire, au service dans la Tente d'assignation. Et voici qu'arrive le jour solennel, le huitième jour, le jour où tout doit s'ouvrir, tout doit se mettre à fonctionner, et notre section hebdomadaire s'appelle justement ainsi – Chémini, ce qui signifie huitième. Lisons depuis le tout début, c'est le chapitre 6 de notre livre, les versets 1 à 7.

1–6. Et il advint, au huitième jour, Moché appela Aharon, et ses fils, et les anciens d'Israël, et dit à Aharon : « Prends-toi un jeune taurillon pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l'holocauste, sans défaut, et présente-les devant le SEIGNEUR ». Et aux fils d'Israël parle ainsi : « Prenez un bouc pour le sacrifice pour le péché, et un taurillon, et un agneau d'un an, sans défaut, pour l'holocauste. Et un bœuf, et un bélier pour le sacrifice de paix, pour les égorger devant le SEIGNEUR, et l'offrande de céréales mêlée d'huile, car aujourd'hui le SEIGNEUR vous apparaît ». Et ils apportèrent ce qu'avait ordonné Moché devant la Tente d'assignation, et toute la communauté s'approcha, et ils se tinrent devant le SEIGNEUR. Et Moché dit : « Ce qu'a ordonné le SEIGNEUR, faites-le, et la gloire du SEIGNEUR vous apparaîtra ».

Le moment le plus solennel de l'histoire de la construction de la Tente d'assignation. D'un instant à l'autre vont être exécutées toutes les instructions détaillées que Moché a données, et la gloire du SEIGNEUR apparaîtra au peuple. Mais à ce moment-là, apparemment, il se produit un certain accroc. Aharon n'ose pas commencer le service, c'est pourquoi au verset 7 nous lisons :

7. Et Moché dit à Aharon : « Approche-toi de l'autel… »

Moché semble encourager, presser Aharon de commencer le service. Les commentateurs disent : il est possible qu'Aharon ait eu peur et ait hésité, parce qu'il se souvenait de son péché avec le veau d'or. Certains disent qu'Aharon regardait l'autel, qui a lui aussi des cornes, et l'autel lui rappela le veau. Les midrachim disent même que le satan montrait le veau à Aharon et lui rappelait ce péché, et Aharon pensa un moment qu'il était indigne, qu'à cause de son péché il était indigne de commencer ce service. Et c'est pourquoi Moché s'adresse à Aharon. Moché ne lui dit pas : « Le SEIGNEUR a pardonné ton péché », ni : « En réalité, tu n'es coupable de rien », ni : « Personne ne te condamne », ni : « Tu es digne ». Moché lui dit simplement : « Va et commence ton service ».

Cela arrive très souvent, cela arrive très souvent aussi à chacun de nous, quand nous pensons que nous sommes indignes d'un certain service : peut-être à cause des erreurs de notre passé, peut-être simplement à cause d'une faible estime de soi, peut-être à cause de la peur de la foule (certains ont peur de parler en public), à cause de la peur de se tromper, à cause d'une autre peur. Quelque chose en nous nous empêche d'agir, et ici nous pouvons nous souvenir, ces simples paroles de Moché nous seront très utiles : « Approche-toi de l'autel, commence simplement à faire, commence simplement à servir, et tout te réussira, tu en es digne ».

Le midrach rapporte une parabole sur une jeune fille qui devint l'épouse d'un roi, et, bien sûr, la première nuit elle a peur d'entrer chez le roi. Et sa sœur l'encourage et dit : « C'est bien le roi qui t'a choisie pour cette mission, tu es ici pour cela, alors va, ose, entre chez le roi ».

Et la même chose, nous pouvons nous la dire à nous-mêmes. Si ce que nous redoutons, ce que nous avons peur de faire, ce à quoi nous n'osons pas nous décider, est ressenti par nous comme une tâche, comme un message du Très-Haut – il faut simplement commencer et faire et ne pas douter si tu es digne ou pas digne. Je remarque que tout le monde n'oserait pas jeter son enfant dans une rivière, mais dans beaucoup de cas c'est ainsi que les enfants apprennent à nager. Et, en nous jetant, comme dans une rivière, dans une nouvelle entreprise, en commençant un nouveau service, nous découvrirons soudain que nous en avons la force, que nous en sommes dignes (si, je le répète, nous ressentons que c'est une mission du Très-Haut). C'est un remède contre les doutes, contre la faiblesse, contre le manque de confiance en soi, que nous donne notre section hebdomadaire. C'est un remède que nous pouvons prendre toute la vie.

Plus que la vie

La section hebdomadaire Chémini est sans doute l'une des sections émotionnellement lourdes du livre de Vayikra. Au milieu de la fête, sous les yeux de tout Israël, les fils d'Aharon périssent. À ce moment, Moché dit à Aharon, c'est le chapitre 10 :

3. Voici ce dont parlait le SEIGNEUR quand Il a dit : « En ceux qui s'approchent de Moi Je serai sanctifié, et devant tout le peuple Je serai glorifié ».

Plusieurs choses sont incompréhensibles dans ces paroles de Moché. Premièrement, est-ce ainsi qu'il faut consoler un homme qui a perdu deux enfants ? Et deuxièmement : où donc, à proprement parler, est-ce que le SEIGNEUR dit cela ? Les commentateurs remarquent qu'en réalité il y a beaucoup de cas où les paroles que le Très-Haut disait à Moché sont loin d'être toutes écrites dans la Torah. Et il arrive souvent (même dans notre livre de Vayikra) que Moché parle de quelque chose, rapporte quelque chose et ajoute : « Ainsi a dit le SEIGNEUR ». Mais nous ne voyons pas que le Très-Haut ait dit cela auparavant.

Rachi, l'un des commentateurs classiques de la Torah, répond à la deuxième question que le SEIGNEUR a dit cela dans le livre de Chémot (29,43), quand Il consacrait les kohanim au service dans la Tente d'assignation : « Je Me manifesterai là aux fils d'Israël par Ma gloire ». Par Ma gloire peut se comprendre aussi comme parmi Mes glorieux, ou par Mes glorieux, ou au moyen de, à travers la gloire. Rachi essaie d'expliquer ce que dit Moché, comme si Moché disait à Aharon : « J'ai toujours su que le Temple serait sanctifié, que le Temple deviendrait saint à travers ceux qui sont proches du Très-Haut. Je pensais que ce serait soit moi, soit toi, mais il s'avère que tes fils sont à un niveau beaucoup plus élevé que nous, ils sont plus proches du Très-Haut, et c'est pourquoi le Temple du Très-Haut a été sanctifié à travers eux ». Et dans ces paroles, dans cette interprétation de Rachi, il y a, je pense, un sens profond pour les gens qui croient en Yéchoua. Le Très-Haut a sanctifié le Sanctuaire terrestre à travers les fils du kohen, et il y a ici un parallèle avec la mort du Machia'h, à travers laquelle Il Lui-même, Lui-même le père de la prêtrise, le kohen principal, le Grand Prêtre, entre dans le Temple céleste. Exactement de la même manière que le Temple terrestre a été sanctifié par la mort de gens proches du Très-Haut, de même le Temple céleste a été sanctifié à travers celui qui est proche du Très-Haut.

En réalité, le commentaire de Rachi répond à ces deux questions. Où est-ce que le Très-Haut a parlé de cela ? Il en a parlé, comme nous l'avons déjà dit, au chapitre 29 du livre de Chémot, au verset 43. Et où est ici la consolation ? La consolation est dans le fait que les fils d'Aharon – sont saints, qu'ils se sont trouvés spirituellement à un niveau plus haut que leur père et que leur illustre oncle. Pour un homme spirituel, c'est une grande consolation. Moché console Aharon par de telles paroles, parce qu'Aharon pouvait penser que ses fils avaient péché. Il ne s'afflige pas tant de la mort de ses fils que, comme homme spirituel, il craint que leur mort ne soit le résultat d'une impureté. Et Moché, en le consolant, lui dit : « Tes fils sont les gens les plus saints de notre génération », ce dont parle aussi Rachi dans son commentaire.

Et c'est une consolation pour un homme spirituel, et c'est une leçon importante pour nous : la sainteté a un prix plus élevé que la vie, et pour un homme spirituel, le témoignage de la sainteté des proches qu'il perd est une consolation. Et puisqu'Aharon est un homme spirituel, pour lui la mort spirituelle est plus terrible que la mort physique, et c'est pourquoi le fait que ses fils ne soient pas morts spirituellement est pour lui une consolation. Quand nous devons choisir entre la préservation de la vie et la préservation de la sainteté, nous pouvons garder cet exemple devant nous.

C'est à peu près ainsi que le mot chalém (entier) s'applique à un homme dont aucune partie n'est asservie par le péché. Paul dit dans l'Épître aux Colossiens (3,5) : « Faites mourir vos membres charnels ». Par cette mise à mort des membres charnels est mis à mort tout ce que Paul énumère ensuite, tous les « charmes » : la débauche, l'impureté, la passion, la mauvaise convoitise, la cupidité, la colère, la fureur, la méchanceté, la médisance, les paroles grossières, le mensonge. Et voici que ces membres charnels, terrestres, vivent en nous, vivent dans l'homme qui se renouvelle comme des restes de notre passé. Quand nous les faisons mourir, en nous se restaurent, naissent de nouveaux membres, l'homme nouveau ressuscite en nous et alors nous devenons cet homme céleste même, qui entre de plus en plus dans l'image de Dieu, se remplit de ce qui est de Dieu et s'approche de Dieu.

Zone dangereuse !

Dans notre section hebdomadaire Chémini, nous lisons à propos d'un événement très terrible. Au huitième jour, Moché ouvre solennellement la Tente d'assignation. Tout se passe merveilleusement : le peuple est en fête, les sacrifices montent sur l'autel, et le Très-Haut accepte ces sacrifices, tout le peuple fait la fête. On peut dire que depuis la sortie même d'Égypte, et que dire, depuis la création même du monde, imaginez-vous, pour la première fois dans l'histoire tout un peuple est devenu une demeure pour le Très-Haut, a conclu une alliance avec le Très-Haut, et les sacrifices de tout le peuple ont été acceptés. On peut dire que depuis Adam l'homme et Dieu n'avaient pas été aussi proches. Et que se passe-t-il au moment de cette fête ? Les deux fils du grand prêtre entrent dans le Lieu saint, et il se produit quelque chose de pas très compréhensible : ils apportent un feu étranger, mais ils meurent non pas du feu étranger, mais du feu venu des Cieux, sous les yeux de tout le peuple – les deux fils d'Aharon, le grand prêtre, l'homme qui conduisait la fête. C'est terrible. Et Moché dit à Aharon des paroles de consolation, comme s'il citait le Très-Haut. Où est-ce que le Très-Haut a dit ces paroles ? Ce n'est pas une citation, inutile de chercher. Il prononce une prophétie que le SEIGNEUR, à travers Moché, dit à Aharon précisément à ce moment : « Je suis sanctifié à travers ceux qui s'approchent de Moi ». Aharon se tait. Les paroles de Moché l'ont-elles consolé, pouvons-nous dire que c'est une consolation ? Les maîtres juifs disaient à ce sujet : « Un roi terrestre ordinaire, ses proches ou ses amis ne le craignent pas. Il déverse sa colère sur les gens éloignés de lui ». Le Très-Haut Se conduit autrement. Il est sanctifié à travers ceux qui s'approchent de Lui, à travers les gens les plus saints, dans le lieu le plus saint, au centre de la fête la plus sainte. Ici il est terrible d'être proche de Lui, la sainteté – c'est un état très terrible.

Pénétrons un peu plus profondément, pour mieux comprendre. Souvenons-nous du chapitre 1 du livre de Béréchit. On peut remarquer que presque pour chaque jour de la Création il est dit : « Et il y eut un soir, et il y eut un matin ». Jour premier, jour deuxième, jour troisième… Sauf un jour. D'un jour, cela n'est pas dit – du Chabbat. Et qu'a fait le Très-Haut ce jour-là ? Il est dit : « Le Très-Haut acheva l'œuvre au septième jour ». Au septième jour se produit l'atteinte de l'intégrité. Pourquoi donc n'est-il pas dit : « Il y eut un soir, et il y eut un matin ? » Parce que le monde n'est pas encore parfait. Au septième jour, le Très-Haut avait un plan concernant l'homme : il devait devenir parfait au septième jour. Mais ce processus n'est pas encore terminé. C'est pourquoi les sages disent : « Le septième jour continue encore, continue et continue ». D'abord Dieu créa l'homme à l'image et à la ressemblance, Dieu voulait vivre dans l'homme. Mais il est arrivé ce qui est arrivé, et alors Dieu dit à l'homme : « Tu es poussière, tu retourneras à la poussière ». Et le septième jour s'est prolongé.

Notre section hebdomadaire commence au chapitre 9 du livre, et au verset 1 il est dit : « Et il advint, au huitième jour… » Le huitième jour, c'est le jour de la Tente d'assignation. Dieu s'est établi parmi les hommes au huitième jour. C'est-à-dire que le septième jour se termine, et le huitième jour arrive quand Dieu s'établit dans l'homme, dans ce cas à travers la Tente d'assignation.

On dit que, quand le kohen entrait dans le Saint des Saints, il ne voulait vraiment pas en revenir. À ce moment, il se trouve dans la présence divine, et il est si bien là-bas qu'il n'a envie d'aller nulle part. Il est à côté de Dieu, et aller quelque part en retour dans le monde dans lequel il était, il n'en a pas du tout envie. Que fait-on avec lui, comment le force-t-on à revenir ? On dit qu'on l'adjure, on lui fait prêter serment, en hébreu – machbi'im, un mot de la même racine que le mot chéva (sept). On peut dire qu'on le « septise », comme si on le ramenait de force au septième jour.

Vous vous souvenez de la situation où Yéchoua prit quelques-uns de Ses disciples, et parmi eux Pierre, sur le mont Tavor ? C'est une histoire très semblable. Pierre est un homme simple, un pêcheur, et quand il vit tout ce qui s'y était passé, il dit en toute simplicité : « Maître, nous sommes très bien ici. Dressons ici trois simples huttes. Que nous faut-il de plus ?! » On n'a pas envie de revenir quand on séjourne dans la présence de Dieu.

Là-bas, dans le huitième jour, c'est très bien, mais là-bas c'est aussi très dangereux. Un mouvement imprudent – et le feu descend, et dévore, parce que le Très-Haut a dit : « En ceux qui s'approchent de Moi Je serai sanctifié ». Et le peuple d'Israël avait le choix. Et Pierre aussi avait encore alors le choix. On peut vivre dans notre monde, où ce n'est pas aussi bien que là-bas, dans le huitième jour, mais sans danger (ou, disons, moins dangereux que là-bas), ou bien tout de même entrer dans le huitième jour.

Vous vous souvenez sûrement de l'histoire de Zacharie, le père de Yo'hanan l'Immergeur. L'Évangile de Luc raconte que, quand il offrait l'encens dans le Saint des Saints, un Ange se révéla à lui, et Zacharie s'y attarda. Luc, en une petite ligne, décrit l'inquiétude de cette situation : « Et le peuple priait dans la crainte ». La tradition dit qu'on attachait une corde à la jambe du kohen : s'il tombait là-bas, dans le Saint des Saints, on pourrait le tirer dehors par cette corde. On raconte que des kohanim sont morts là-bas de nombreuses fois. D'un kohen très juste, il est dit qu'il a pu entrer quatre fois dans le Saint des Saints, une sorte de record, pour ainsi dire. Mais les fils d'Aharon n'y sont pas parvenus. Et on peut expliquer de différentes manières ce qu'ils ont donc fait de travers.

Il y a des commentateurs qui disent qu'ils ont pris le feu au mauvais endroit. Il y a ceux qui disent qu'ils ont composé un mauvais encensement ou qu'ils ont décidé d'ajouter leur amour à l'amour de Dieu. Et ici la cause n'est pas si importante, ce qui est important, c'est qu'un pas imprudent, une certaine imprudence – et ils ont péri.

Comment cela nous concerne-t-il aujourd'hui ? Dans les Évangiles comme dans les épîtres de Paul, nous lisons souvent la phrase : « Vous êtes le temple, le royaume de Dieu est en vous, Dieu vit au milieu de vous ». C'est-à-dire qu'un seul pas imprudent de notre part – et nous serons brûlés par le feu, dévorés par quelques idées folles. Beaucoup de gens perdent la raison, perdent la sobriété, tombent simplement malades, meurent simplement. Nous nous sommes approchés du Très-Haut, et le peuple est entré dans le huitième jour (ou est appelé à entrer dans le huitième jour). Dans la première épître de Pierre il est dit : « Autrefois vous n'étiez pas un peuple, mais le Très-Haut vous a pris dans le Saint des Saints ». Et on a tellement envie de comprendre : qu'est-ce donc, dans notre vie, que le feu étranger que le Très-Haut n'a pas prescrit ? Qu'est-ce que le feu étranger pour ceux qui croient en Yéchoua ? Quelqu'un s'organise un bain dans l'Esprit Saint, quelqu'un attend une grande bénédiction en or venue des Cieux. Quelqu'un, d'un autre côté, dit que nous n'avons besoin que d'afflictions, d'adversités et de malheurs. Comment s'y retrouver ? Essayons.

On peut accomplir un certain service que Dieu n'a pas commandé, accomplir quelque chose qui n'est pas dans la Bible – par exemple, célébrer dans les églises la Nativité de Yéchoua. Ceux qui célèbrent la Nativité, eux aussi, pour ainsi dire, essaient de servir Dieu, mais Dieu n'a pas commandé de célébrer la Nativité. Et ici il se trouve qu'il y a l'amour pour Dieu, mais le feu est étranger. Les fils d'Aharon aussi servaient Dieu, mais ils ont apporté un feu que Dieu n'avait pas commandé d'apporter.

Il y a aussi l'opinion de commentateurs selon laquelle Nadav et Avihou pouvaient être ivres quand ils sont entrés dans le Saint des Saints. Au verset 9 du chapitre 10, aussitôt après ce qui s'est passé, le Très-Haut donne aux kohanim l'interdiction de consommer des boissons alcoolisées. Dans quel état spirituel venons-nous à la communion avec Dieu ? Un homme peut servir quand sa conscience est troublée, et pas forcément par l'alcool. Il peut penser qu'il lui faut régler ses dettes, ou bien il s'est disputé avec un proche, et cela le distrait. C'est bien aussi, à sa manière, un homme enivré. Un jour, tôt le matin, je suis venu à un cours à la yéchiva. J'étais assis, je me préparais au cours, quand le maître est entré. Il m'a dit : « Allez, va-t'en d'ici, vite. Tu as offensé ta femme ce matin, ton cœur n'est pas tranquille, et il n'y a pas de place pour toi ici ». Je n'étais pas ivre, mais quand je me suis examiné, que j'ai regardé dans mon cœur, j'ai vu quelque chose à cause de quoi je ne pouvais pas donner entièrement ma conscience à l'étude. Et encore, j'étais venu comme élève, pas comme maître. Pour le maître c'est encore plus dangereux, et pour le kohen plus dangereux. En ce qui concerne les fils d'Aharon, je pense qu'ils étaient sobres, mais à l'occasion de la fête ils ont eu envie de faire quelque chose d'exceptionnel, ce que le Très-Haut n'avait pas ordonné de faire. Mais pour nous, l'alcool peut engendrer un feu étranger.

Je vais donner encore un exemple de feu étranger que je vois. Nous demandons souvent au Très-Haut une bénédiction pour Son service, pour lequel Il ne nous a même jamais envoyés. Nous disons : « N'est-ce pas, SEIGNEUR, que Tu veux que j'aille à Toronto et que j'y serve ? » Et aussitôt nous remercions : « Merci à Toi, SEIGNEUR, parce que Tu m'as béni ! Alléluia ! Gloire à Toi, ô Dieu ! », alors que le Très-Haut n'était pas du tout dans ce tableau que nous avions peint. Souvent un homme dit : « Dieu m'a dit » ou : « Dieu m'a envoyé ». Mais quand on vérifie, quand on essaie de découvrir comment les choses se sont réellement passées, on voit – non, c'est l'homme qui fait passer son propre désir pour la volonté de Dieu.

Nous lisons la Torah, la parole du Grand Dieu, du Dieu Tout-Puissant, Qui remplit le monde entier (aucune de nos descriptions de Lui ne sera une exagération). Et Il nous écrit : « Fais ici cinq colonnes, et ici fais six ornements », chaque détail est décrit minutieusement. Le Très-Haut n'a pas dit : « Construisez-Moi un Temple quelconque, beau, le plus luxueux que vous puissiez seulement construire ». Non, Il donne un plan dans lequel chaque petite case est à sa place. Si les Juifs, au lieu de quatre colonnes, en avaient mis cinq ou huit – allons-nous donc regarder à quelques colonnes pour Dieu ?! – cela aurait été une violation de la Torah. Le Très-Haut donne toujours des indications précises. Il ne dit pas : « Mettez des colonnes, autant que le cœur vous en dit ». Il dit le nombre exact : combien à l'entrée du Michkan, combien à l'entrée de la cour. C'est bien aussi de notre temple intérieur qu'il s'agit. Et nous, très souvent, nous construisons justement ainsi : « Nous ne regardons pas à la dépense, nous en mettrons ici et encore là. Nous n'observerons pas le Chabbat, le jour du sabbat, nous observerons le jour du dimanche, et d'ailleurs, nous observons de toute façon tous les jours de la semaine ». Je connais bien un prédicateur qui disait : « Il n'est pas obligatoire de renoncer justement à la viande de porc, donnez quelque chose d'autre à Dieu : tenez, ne mangez pas de poisson, ou bien on peut ne pas manger de viande de tortue ». Si je n'avais pas été moi-même à sa prédication à Jérusalem, je ne l'aurais pas cru. Et très souvent, dans des choses plus petites, nous inventons nous-mêmes pour nous-mêmes la volonté de Dieu. Nous le faisons, et le Très-Haut garde le silence, et nous pensons qu'Il est le même que nous, que cela Lui est égal combien de colonnes nous mettrons, de quel tissu nous ferons le vêtement du kohen, comment nous Le servirons, si nous irons à Helsinki ou à Moscou. Et puisque cela Lui est égal, alors nous décidons nous-mêmes. Je pense que c'est la phrase clé ici, que c'est cela précisément le feu étranger. Quand les fils d'Aharon ont apporté un feu que le Très-Haut n'avait pas commandé d'apporter, quelle volonté s'est accomplie ? Ce n'est certainement pas celle du SEIGNEUR, c'était leur désir. Et voilà qu'un homme est pour ainsi dire parti dans un autre pays pour servir justement le Très-Haut, mais les fils d'Aharon aussi, je pense, étaient sûrs de servir le Très-Haut. Mais c'est la volonté humaine.

Et nous devons comprendre, il est très important de comprendre, en lisant la Torah, que ce n'est pas simplement un récit sur deux Juifs quelconques qui ont vécu il y a trois mille ans. C'est un récit sur nous. Dieu – Il est le Même Dieu, et le Temple – le même Temple. La seule chose qui a changé –ayant cru, nous faisons de notre corps un temple. Et tant que nous sommes croyants, cela reste ainsi. Les fils d'Aharon finissaient le service et rentraient à la maison, ils avaient peut-être une journée de travail de 8 heures. Et ensuite, pour parler en langage moderne, ils pouvaient jouer au football avec les enfants, regarder la télévision, parce que d'autres kohanim servaient déjà au Temple. Nous savons qu'ils étaient très nombreux, qu'il y avait des classes (des tours de service) de kohanim. Souvenons-nous de ce même Zacharie dont nous avons parlé. Dans l'Évangile de Luc (1,5) il est dit qu'il était de la classe d'Abia. Ainsi un kohen servait 4-5 jours par an. Le reste du temps, les kohanim avaient des villes, des champs, et ils s'occupaient de leurs propres affaires.

Pour nous, cela ne marche pas ainsi, nous ne pouvons pas dire : « Aujourd'hui nous avons assez servi, nous avons tenu deux réunions et fait traverser la route à trois petites vieilles. C'est tout, maintenant ça suffit », rentrer à la maison et regarder la télévision. Nous sommes entrés dans le corps du Machia'h, nous savons que l'assemblée des croyants est le corps du Machia'h. Et le Machia'h se tient dans le Saint des Saints, n'en sort pour aller nulle part, et nous non plus ne pouvons pas sortir, nous sommes au temple en permanence. Et cela signifie une chose très terrible : pas une seule seconde ne doit apparaître en nous notre désir. Dès qu'il est apparu, dès qu'est apparu quelque chose qui n'est pas de Dieu – cela signifie aussitôt un feu étranger. Dieu nous fait grâce, et nous ne brûlons pas, mais nous devons savoir combien c'est dangereux.

Il nous est dit : « Vous vous inscrivez, vous entrez, vous adhérez au club des croyants en Yéchoua. L'homme en vous qui peut vouloir quelque chose doit mourir ». Il nous est dit : « Si cet homme ne meurt pas, il ne ressuscitera pas non plus. Si votre vieil homme meurt pour Yéchoua, pour le Machia'h, le même Esprit qui a ressuscité le Machia'h, Il vous ressuscitera vous aussi ». Et si quelque chose d'humain surgit en nous, cela veut dire que ce vieux camarade n'est pas encore mort, et nous tournons dans le Saint des Saints avec un feu étranger, et nous sommes en danger. La grâce de Dieu, bien sûr, est avec nous, mais notre tâche est de vérifier constamment nos désirs. Et alors, au huitième jour, il y aura la fête, tout comme c'est décrit, mais sans la mort des enfants. Relisez le chapitre 9 : là il y a la joie, là il y a l'allégresse, là il y a l'unité avec Dieu, là il y a une présence divine si éclatante, si manifeste. Pourquoi ? Parce que tout se fait minutieusement selon la parole de Dieu : tout est posé là où Dieu l'a dit, placé là où Dieu l'a dit, et il n'y a rien d'humain. Il arrive ainsi que, quand l'humain pénètre, les malheurs commencent. Et il faut vérifier si ces Nadav et Avihou sont en nous avec leurs désirs. Ou peut-être sommes-nous ivres, peut-être sommes-nous entraînés par quelque chose à travers nos yeux, ou célébrons-nous certaines fêtes à nous, non commandées par Dieu. Et beaucoup, beaucoup de choses que chacun doit vérifier en lui-même, parce que nous voyons combien c'est dangereux.

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Lisez aussi le sténogramme de la section Tsav, la section Vayikra, l'entretien sur l'impureté rituelle et l'index des sections hebdomadaires de la Torah.

Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    Sommaire de cette section

    1. 1Et enfin ils ont construit 9,1–24
    2. 2La tragédie d'Aharon 10,1–20
    3. 3Le ventre vide, même la chanson ne se chante pas 11,1–47
    4. 4La Torah en 5 minutes
    5. 5Plus que la vie
    6. 6Zone dangereuse !
    7. 7Chémini : sections et entretiens associés

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