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וַיִּקְרָא

Vayikra

sacrifices et sainteté

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
24 sur 54
Versets
Vayikra 1,1–5,26
Parties
9
Temps de lecture
2 h 17 min

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Vayikra — section hebdomadaire consacrée aux sacrifices, à la sainteté et à l'approche du Très-Haut. Le sténogramme d'Alex Blend examine successivement les chapitres 1–5 : le texte en hébreu, la translittération, une traductionL'original parle ici de la « traduction russe » présentée sur la page ; puisque cette page offre une traduction française, le texte dit simplement « une traduction ». et l'interprétation de l'auteur. Des entretiens supplémentaires sont consacrés à l'appel que Dieu adresse à Moché, au sens du sacrifice et à l'impureté rituelle.

Si quelqu'un offre en sacrifice

Vayikra 1,1–1,17

Nous commençons, vous et moi, à étudier un nouveau livre, le troisième livre de la Torah, le livre de Vayikra.

Une toute petite préface. Tout le monde a peur du livre de Vayikra. Les enseignants du Tanakh dans les écoles israéliennes laïques en ont peur, beaucoup de prédicateurs chrétiens en ont peur, beaucoup de rabbins qui enseignent la Torah en russe en ont peur, parce qu'on n'a pas toujours quelque chose à dire. Beaucoup de ce dont parle ce livre semble être de la théorie – tous ces sacrifices, leur ordre, leur déroulement – et, semblerait-il, quel rapport cela a-t-il avec nous ? Nous allons tout de même essayer d'en tirer pour nous le maximum, et nous allons le lire pour être instruits dans la Parole de Dieu. Commençons, comme d'habitude, par le verset 1 du chapitre 1.

וַיִּקְרָא אֶל־מֹשֶׁה וַיְדַבֵּר יְהוָה אֵלָיו מֵאֹהֶל מוֹעֵד לֵאמֹר׃

vayikrá el-moché vaydabbér adonáy eláv me'óhel mo'éd lemór

1 Et appela vers Moché, et le SEIGNEUR parla avec lui depuis la Tente d'assignation, en disant :

La première section commence par le mot Vayikra (Et appela…), et c'est pourquoi elle s'appelle ainsi. Les sages n'avaient pas une imagination particulière, et ils nommaient aussi bien les livres que les sections hebdomadaires d'après les premiers mots. Nous avons lu à la fin du livre de Chémot que Moché ne pouvait pas entrer dans la Tente d'assignation, parce que la nuée de la gloire reposait sur elle. Nous avons dit qu'il ne pouvait pas entrer sans une invitation particulière, et voici qu'elle arrive. Le SEIGNEUR a appelé, a invité Moché à entrer dans la Tente d'assignation. En ce sens, le livre de Vayikra est la suite directe du livre de Chémot, la suite directe de ce par quoi s'est terminé le livre de Chémot. Mais le fait est que le livre de Chémot a encore une autre suite : dans le livre de Bémidbar, au chapitre 7, commence le récit de ce qui s'est passé après que Moché eut achevé la construction du Michkan. Et là, il est question d'autre chose. Comment comprendre que d'un seul livre, d'un même endroit, partent deux lignes, deux suites ? On peut dire que tout le livre de Vayikra est le mode d'emploi de la Tente d'assignation, qui y est joint. C'est un grand livre entre parenthèses, qui raconte comment le peuple doit garder la sainteté, garder la présence de la nuée de la gloire au-dessus de la Tente d'assignation. Pour nous, c'est actuel, parce que la Tente d'assignation, la Tente de l'alliance, symbolise le cœur, et dans notre cœur nous devons nous aussi garder cette nuée de la gloire, c'est pourquoi c'est important pour nous aussi.

Encore un élément important. Il arrive très souvent que le Très-Haut appelle d'abord, prépare à recevoir la prophétie, et ensuite parle. C'est ainsi en Israël : « À 8 heures du soir, le chef du gouvernement fera une déclaration importante », et tout le peuple s'agite, attend, se prépare. Ou, comme dans une vieille blague juive, quand une famille reçoit un télégramme : « Commencez à vous inquiéter, détails par lettre ». Exactement de la même façon, ici le Très-Haut transmet pour ainsi dire à Moché l'ordre : « Prépare-toi ! Attention ! Maintenant Je vais parler ! » Et ce n'est qu'ensuite qu'Il commence à parler. C'est pourquoi d'abord Il a appelé, et ensuite Il a commencé à parler. Que dit le Très-Haut à Moché ?

דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם אָדָם כִּי־יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן לַיהוָה מִן־הַבְּהֵמָה מִן־הַבָּקָר וּמִן־הַצֹּאן תַּקְרִיבוּ אֶת־קָרְבַּנְכֶם׃

dabbér el-bené yisraél ve'amartá alehemDans ce mot, la translittération russe ajoute une voyelle qui n'est pas dans l'hébreu ; la translittération française suit l'hébreu. adám ki-yakrív mikkém korbán ladonáy min-habbehemá min-habbakár oumin-hattsón takrívou et-korbankhém

2 Parle aux fils d'Israël, et dis-leur : « Un homme d'entre vous qui apportera un sacrifice (ou un homme qui apportera de lui-même un sacrifice) au SEIGNEUR, du gros bétail, et du petit bétail, et des boucs, apportez votre sacrifice ».

La Torah permet d'offrir en sacrifice seulement trois espèces d'animaux : le taureau, le bélier, le bouc. Pourquoi cela ? Eh bien, ce serait bien sûr compliqué, quoique amusant, et cela fixerait à l'homme des objectifs très intéressants, si le Très-Haut avait dit : « Pour ce péché apporte-Moi un renne, et pour ce péché apporte-Moi quelque autre animal, par exemple un paon, et pour ce péché apporte-Moi un élan de Finlande ». Et l'homme ne ferait que collectionner des animaux rares.

Avant tout, le taureau, le bélier et le bouc sont les animaux les plus accessibles. Mais qui serions-nous, si nous nous arrêtions seulement à cela ? Les commentateurs disent : « Les trois animaux symbolisent les trois Patriarches ». À propos d'Avraham il est dit : quand les anges vinrent à lui, il se précipita vers les jeunes taureaux, et il est symbolisé par le bakar (taureau). Yits'hak, c'est évident : c'est le sacrifice de Yits'hak, il est symbolisé par l'agneau, c'est justement l'agneau qui fut offert en sacrifice à sa place. Il y avait aussi Yaakov, qui, quand il vola ou, disons-le ainsi, prit la bénédiction de son frère, se couvrit d'une peau de bouc, et il est symbolisé par le bouc. Voilà de quelle manière les trois types d'animaux correspondent aux trois Patriarches. C'est pourquoi le Très-Haut dit souvent : « Apporte para méchoulléchet (une vache triple ou de trois ans) », à côté de l'animal est mentionné le mot triple ou de trois ans. En outre, les prophètes ont employé ces animaux pour désigner le peuple d'Israël. Par exemple, Hochéa (4,16) dit : « Car, comme une vache rétive, Israël s'est obstiné » ; et plus loin (10,11) : « Et Éfraïm est une génisse dressée… » C'est pourquoi le sacrifice (korban) pour une erreur de tout le peuple, c'est un taureau. Le prophète Yirméyahou (50,17) appelle Israël une brebis égarée. D'une manière générale, il est dit beaucoup de choses sur les brebis, on peut citer bien des exemples. Avec les boucs, c'est un peu plus compliqué. Chez le prophète Yéchayahou (25,3) il est dit : « C'est pourquoi un peuple fort Te glorifiera ». Ce même mot désigne, dans d'autres endroits du Tanakh, le bouc. De même chez le prophète Yé'hezkel (7,24) : « Et Je mettrai fin à l'arrogance des forts », et on peut traduire par : « Et Je mettrai fin à l'arrogance des boucs ».

Quand les prophètes dénoncent le peuple d'Israël, ils le comparent à différents animaux : au taureau, à la brebis, au bouc. Et c'est pourquoi on peut dire que ces animaux sont appelés à corriger certaines qualités pécheresses de l'homme. Alors les paroles du Très-Haut : « Si quelqu'un d'entre vous apporte un sacrifice », peuvent se comprendre comme de votre chair endommagée, c'est-à-dire celui qui veut offrir en sacrifice une certaine partie pécheresse de lui-même – non seulement quelqu'un d'entre vous qui apportera un sacrifice, mais aussi quelqu'un qui veut apporter un sacrifice de lui-même.

אִם־עֹלָה קָרְבָּנוֹ מִן־הַבָּקָר זָכָר תָּמִים יַקְרִיבֶנּוּ אֶל־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד יַקְרִיב אֹתוֹ לִרְצֹנוֹ לִפְנֵי יְהוָה׃

im-olá korbanó min-habbakár zakhár tamím yakrivénnou el-péta'h óhel mo'éd yakrív otó lirtsonó lifné adonáy

3 Si son holocauste est de taureau, alors un mâle, pur, il l'apportera en sacrifice, il l'apportera à l'entrée de la Tente d'assignation de sa propre volonté devant le Très-Haut.

Puisque les femelles mettaient bas et que les femelles avaient des écoulements, leur viande était considérée comme de moindre qualité et on leur témoignait davantage de miséricorde. C'est pourquoi, d'un côté comme de l'autre – et par miséricorde, et pour la qualité de la viande – les mâles étaient considérés comme les plus appropriés pour le sacrifice.

L'homme apporte le sacrifice de sa propre volonté, c'est-à-dire qu'un homme ne peut pas contraindre un autre à apporter un sacrifice. On ne peut pas dire : « Tu es un pécheur, pour ce péché-ci tu es obligé d'apporter maintenant un taureau » en agitant le doigt. Non, ça ne marchera pas. Seul l'homme lui-même peut apporter un sacrifice.

וְסָמַךְ יָדוֹ עַל רֹאשׁ הָעֹלָה וְנִרְצָה לוֹ לְכַפֵּר עָלָיו׃

vesamákh yadó al roch ha'olá venirtsá lo lekhappér aláv

4 Et il posa la main sur la tête de l'holocauste, et Il se montra bienveillant, pour l'expier (il lui fut donné de ressentir la bienveillance).

Il y a une controverse : pose-t-on sur le sacrifice une main ou deux. Les sages disent que lors d'un sacrifice toute imposition des mains se fait avec les deux mains, mais nous n'allons pas entrer là-dedans. Dans le livre de Chémot, nous avons parlé de l'imposition des mains. Maintenant, parlons de ce qui se passe ici en général, d'où vient même le sacrifice ola, pourquoi l'homme veut l'apporter et comment cela fait l'expiation pour lui. Au chapitre 5 de notre livre, nous lirons cela en détail, maintenant nous allons seulement y toucher brièvement (5,2) : « Si un homme a touché une quelconque chose rituellement impure, un cadavre, ou un animal impur, ou quelque chose d'impur en général, ou un insecte, et que cela lui a été caché (il n'a pas remarqué qu'il a touché, c'est-à-dire qu'il est devenu impur de fait, mais il ne le sait pas), et il est devenu coupable ». Ici, on peut traduire cette expression, est devenu coupable, par s'est senti coupable. L'homme ne comprend pas ce qui s'est passé, mais quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va pas comme d'habitude, on ne sent pas cette pureté habituelle, cette joie habituelle de la communion avec le Très-Haut, et alors il comprend que l'impureté est sur lui, et il apporte un sacrifice au Très-Haut. Et voici qu'ici il est question de ce que le motif pour apporter un sacrifice est le sentiment d'être coupable. Et alors voici quelle est la compréhension du verset : cela le lâchera, cela se relâchera pour lui, ce sentiment d'être coupable s'éloignera de lui. Et que fait le kohen ?

וְשָׁחַט אֶת־בֶּן הַבָּקָר לִפְנֵי יְהוָה וְהִקְרִיבוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֶת־הַדָּם וְזָרְקוּ אֶת־הַדָּם עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב אֲשֶׁר־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד׃

vecha'hátDans ce premier mot, la translittération russe a un « e » là où l'hébreu a un « a » ; la translittération française suit l'hébreu. et-bén habbakár lifné adonáy vehikrívou bené aharón hakkohaním et-haddám vezarekoú et-haddám al-hammizbéya'h savív acher-péta'h óhel mo'éd

5 Et il offrira le jeune taureau en sacrifice devant le SEIGNEUR, et quelques kohanim, fils d'Aharon, prennent le sang et jetteront le sang autour de l'autel qui est à l'entrée de la Tente d'assignation.

Remarquez : un pécheur quelconque est venu, il n'est pas venu chez quelqu'un, il est venu chez les kohanim eux-mêmes. Et que d'agitation des kohanim autour de lui avec son sacrifice qu'il apporte ! L'un l'égorge, d'autres aspergent l'autel de sang... Nous avons parlé de la signification de l'aspersion, que c'est un rétablissement en une seule chair, c'est comme dire au Très-Haut : « Toi et nous, nous sommes du même sang ». Et alors l'homme est quitté par son sentiment de culpabilité, son sentiment d'impureté. Voilà pourquoi tout cela se fait.

וְהִפְשִׁיט אֶת־הָעֹלָה וְנִתַּח אֹתָהּ לִנְתָחֶיהָ׃

vehifchít et-ha'olá venittá'h otá linta'héha

6 Et il enleva la peau, dépouilla l'holocauste et le découpa en morceaux.

Cela peut être fait aussi bien par un kohen que par un lévite. Par la suite, ce fut principalement un service lévitique. Quand nous disons service lévitique – ce n'est pas seulement le chant, un très petit nombre de lévites s'occupaient du chant (j'en ai déjà parlé), la majorité s'occupait du nettoyage, du découpage, de la préparation du bois et d'autres travaux techniques dans le Temple. Ici, c'est le lévite qui le fait.

וְנָתְנוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֵן אֵשׁ עַל־הַמִּזְבֵּחַ וְעָרְכוּ עֵצִים עַל־הָאֵשׁ׃

venatenoú bené aharón hakkohén ech al-hammizbéya'h ve'arekhoú etsím al-ha'éch

7 Les fils d'Aharon le kohen donnent le feu sur l'autel, et arrangèrent (couvrirent) le bois sur le feu.

Et voici maintenant les actions des kohanim. En hébreu moderne, le mot la'arokh signifie organiser, préparer, arranger ; dans le Tanakh, cela signifie souvent couvrir. C'est-à-dire que les fils d'Aharon ont couvert, ont disposé tout de la bonne manière.

וְעָרְכוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֵת הַנְּתָחִים אֶת־הָרֹאשׁ וְאֶת־הַפָּדֶר עַל־הָעֵצִים אֲשֶׁר עַל־הָאֵשׁ אֲשֶׁר עַל־הַמִּזְבֵּחַ׃

ve'arekhoú bené aharón hakkohaním et hanneta'hím et-haroch ve'et-happáder al-ha'etsím achér al-ha'éch achérLa translittération russe omet ici les mots al-ha'éch achér (« sur le feu, qui ») et redouble une voyelle dans hanneta'hím ; la translittération française suit l'hébreu. al-hammizbéya'h

8 Les fils d'Aharon, les kohanim, disposèrent les morceaux de viande (découpés), et la tête, et la graisse sur le bois qui est sur le feu, qui est sur l'autel.

וְקִרְבּוֹ וּכְרָעָיו יִרְחַץ בַּמָּיִם וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת־הַכֹּל הַמִּזְבֵּחָה עֹלָה אִשֵּׁה רֵיחַ־נִיחוֹחַ לַיהוָה׃

vekirbó oukhra'áv yir'háts bammáyim vehiktír hakkohén et-hakkol hammizbé'ha olá iché reya'h-ni'hóa'h ladonáy

9 Et ses entrailles et ses jarrets, il les lavera avec de l'eau ; et le kohen fera fumer tout cela sur l'autel de l'holocauste : c'est un sacrifice consumé par le feu, un sacrifice de bonne odeur (de délice) pour le Très-Haut.

Avez-vous déjà senti de la viande brûlée, des entrailles brûlées ? Sans doute, il ne semblera pas à tout le monde que ce soit une bonne odeur. Ce n'est pas l'odeur des brochettes, c'est un peu pire, je vous le dis. Et même si c'était l'odeur des brochettes, il serait étrange que le Très-Haut Lui-même, le Créateur du ciel et de la terre, se délecte de l'odeur des brochettes. Pourquoi est-ce que le Très-Haut s'en délecte ? Parce qu'ici se produit une purification. Quand un homme, l'organisme humain, se purifie de quelque chose, cela se passe de façon très laide. Tous ces phénomènes, quand sort de nous ce par quoi nous nous sommes empoisonnés, ou ce par quoi nous nous sommes gâtés, c'est très impur. Mais le Très-Haut se délecte justement de cela : de notre purification. Bien que, semblerait-il, il y ait une odeur, mais elle nous purifie, nous libère de l'impureté, de la culpabilité, de la souillure. Voilà pourquoi c'est un délice pour le Très-Haut.

וְאִם־מִן־הַצֹּאן קָרְבָּנוֹ מִן־הַכְּשָׂבִים אוֹ מִן־הָעִזִּים לְעֹלָה זָכָר תָּמִים יַקְרִיבֶנּוּ׃

ve'im-min-hattsón korbanó min-hakkesavím o min-ha'izzím le'olá zakhár tamím yakrivénnou

10 Et si c'est du petit bétail, des agneaux ou des boucs, il apportera en holocauste un mâle sans défaut.

Pourquoi cela est-il dit séparément ? Pourquoi ne pouvait-on pas dire : « Quel que soit le sacrifice qu'il apporte, qu'il apporte des mâles sans défaut, que ce soient des taureaux, des boucs ou des béliers » ? L'homme peut avoir le sentiment d'une certaine infériorité quand il apporte non pas un énorme taureau, mais un petit bouc. C'est pourquoi la Torah dit dans un paragraphe à part : « Un petit bouc, eh bien, va pour un petit bouc : le petit bouc de l'un peut être plus cool que le taureau de l'autre ».

וְשָׁחַט אֹתוֹ עַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ צָפֹנָה לִפְנֵי יְהוָה וְזָרְקוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֶת־דָּמוֹ עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃

vecha'hát otó al yérekh hammizbéya'h tsafóna lifné adonáy vezarekoú bené aharón hakkohaním et-damó al-hammizbéya'h savív

11 Et il l'égorgea près de l'autel, au nord, devant le SEIGNEUR, et les fils d'Aharon, les kohanim, aspergèrent son sang sur l'autel tout autour.

 Et ensuite nous lisons des instructions semblables, celles qui concernaient les taureaux :

וְנִתַּח אֹתוֹ לִנְתָחָיו וְאֶת־רֹאשׁוֹ וְאֶת־פִּדְרוֹ וְעָרַךְ הַכֹּהֵן אֹתָם עַל־הָעֵצִים אֲשֶׁר עַל־הָאֵשׁ אֲשֶׁר עַל־הַמִּזְבֵּחַ׃

venittá'h otó linta'háv ve'et-rochó vet-pidró ve'arákh hakkohén otám al-ha'etsím achér al-ha'éch achérLa translittération russe omet ici les mots al-ha'éch achér (« sur le feu, qui ») ; la translittération française les rétablit d'après l'hébreu. al-hammizbéya'h

12 Et il le découpa en morceaux (qu'est-ce qui manque ici ? Ici le dépouillement n'est pas mentionné, mais, en somme, il y est, il se fait) la cuisse, et sa tête, et sa graisse, et le kohen les disposera sur le bois qui est sur le feu, qui est sur l'autel.

וְהַקֶּרֶב וְהַכְּרָעַיִם יִרְחַץ בַּמָּיִם וְהִקְרִיב הַכֹּהֵן אֶת־הַכֹּל וְהִקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה עֹלָה הוּא אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה׃

vehakkérev vehakkera'áyim yir'háts bammáyim vehikrív hakkohen et-hakkól vehiktír hammizbé'ha olá hou iché réya'h ni'hóa'h ladonáy

13 Et les entrailles et les jarrets, il les lavera dans l'eau, et le kohen apportera tout, et l'apportera sur l'autel de l'holocauste : c'est un sacrifice consumé par le feu, à l'odeur de délice pour le SEIGNEUR.

Notre purification, notre téchouva, l'odeur de notre téchouva – c'est du parfum pour le Très-Haut.

וְאִם מִן־הָעוֹף עֹלָה קָרְבָּנוֹ לַיהוָה וְהִקְרִיב מִן־הַתֹּרִים אוֹ מִן־בְּנֵי הַיּוֹנָה אֶת־קָרְבָּנוֹ׃

ve'ím min-ha'óf olá korbanó ladonáy vehikrív min-hattorím o min-bené hayoná et-korbanó

14 Et si son holocauste pour le SEIGNEUR est d'oiseaux, il apportera son sacrifice de pigeons, de tourterelles.

Tor (pl. torim) – c'est la tourterelle à collier, un peu plus petite que le pigeon domestique, qui vit à l'état sauvage. C'est-à-dire que c'est de tourterelles à collier adultes et de petites colombes (béné hayona) qu'il apportera le sacrifice. Deux espèces d'oiseaux, de nouveau il n'y a ni paons, ni poules, ni dindons, seulement deux espèces d'oiseaux. Les commentateurs mettent cela en rapport avec Moché et Aharon. Il y a encore des parallèles qui parlent de la façon dont se comportent les oiseaux. Nous voyons aussi dans le Tanakh qu'Israël est appelé et du mot tor, et du mot yona – et tourterelle, et pigeon. Et il y a beaucoup de parallèles, beaucoup de tentatives de déchiffrer cela. Mais de nouveau, prêtons attention au fait que ce sont aussi les oiseaux les plus accessibles. Le Très-Haut n'exige pas de cygnes, de cygnes noirs ou d'autres oiseaux rares et luxueux, pour qu'on puisse dire : « Eh bien, pour ce péché-là, tu ne t'en tireras pas à moins d'un cygne noir ». Rien de tel ici. Le Très-Haut dit : « Apportez un pigeon ou une tourterelle ».

וְהִקְרִיבוֹ הַכֹּהֵן אֶל־הַמִּזְבֵּחַ וּמָלַק אֶת־רֹאשׁוֹ וְהִקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה וְנִמְצָה דָמוֹ עַל קִיר הַמִּזְבֵּחַ׃

vehikrivó hakkohén el-hammizbéya'h oumalák et-rochó vehiktír hammizbé'ha venimtsá damó al kir hammizbéya'h

15 Et le kohen l'offrira en sacrifice sur l'autel, et la décapitera, et l'apportera sur l'autel, et son sang giclera de lui-même sur l'autel.

Le kohen perçait avec l'ongle la nuque du petit oiseau par derrière : il appuyait sur la base de sa tête, sur la vertèbre cervicale supérieure, jusqu'à ce qu'il la perce. À entendre, je ne peux pas dire que ce ne soit pas horrible – à entendre, c'est horrible. Pourquoi fait-on cela ? On ne peut pas recueillir le sang d'un oiseau dans un bassin d'aspersion, parce qu'il n'a pas tellement de sang, et, pour ne pas perdre son sang, on le tue de cette manière. Bien sûr, beaucoup d'entre nous frissonnent quand nous entendons quelque chose de semblable ; mais le peuple vivait dans de telles conditions que tuer un pigeon, c'était à peu près la même chose que, pour nous, faire cuire un œuf. L'abattage des animaux était pour le peuple une chose naturelle, c'est pourquoi une action telle que l'écrasement de la tête ne changeait rien de particulier. Les gens avaient une nature un peu différente, un caractère un peu différent.

וְהֵסִיר אֶת־מֻרְאָתוֹ בְּנֹצָתָהּ וְהִשְׁלִיךְ אֹתָהּ אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ קֵדְמָה אֶל־מְקוֹם הַדָּשֶׁן׃

vehessírDans ce premier mot, la translittération russe porte une voyelle i superflue ; la translittération française suit l'hébreu. et-mour'ató benotsatá vehichlikh otá étsel hammizbéya'h kédma el-mekóm haddáchen

16 Et il ôta son jabot, et ces plumes qui sont autour du jabot, et les jeta à l'avant de l'autel – là où est la cendre.

Le jabot est retiré, arraché à l'oiseau abattu et jeté sur le tas de cendre (on enlevait la cendre de l'autel et on la déposait en un grand tas à part). On raconte une telle légende : énormément de cendre (de déchets gras) sortait du Temple, et le tas de cendre se trouvait à Jérusalem presque jusqu'à la domination turque, le peuple le démontait pour en faire du savon. Pourquoi le jabot n'est-il pas offert en sacrifice ? Si le petit agneau, le jeune taureau ou le petit bouc mangent ce que leur donne le maître, et qu'on peut suivre ce qu'ils ont mangé, le pigeon, lui, se nourrit n'importe où, et l'on considère que dans son jabot il peut se trouver de la nourriture volée. Il est entré en volant dans une maison étrangère, a saisi le millet d'autrui, le grain d'autrui, l'a mangé – et c'est tout, il ne convient déjà plus pour l'autel ; c'est pourquoi on jette le jabot.

וְשִׁסַּע אֹתוֹ בִכְנָפָיו לֹא יַבְדִּיל וְהִקְטִיר אֹתוֹ הַכֹּהֵן הַמִּזְבֵּחָה עַל־הָעֵצִים אֲשֶׁר עַל־הָאֵשׁ עֹלָה הוּא אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה׃

vechissá otó vikhnafáv lo yavdíl vehiktír otó hakkohen hammizbé'ha al-ha'etsím achér al-ha'éch olá hou iché réya'h ni'hóa'h ladonáy

17 Et il la fendit par les ailes (il l'ouvrit, comme on ouvre un poulet), sans la briser, et le kohen la fera fumer sur l'autel, sur le bois qui est sur le feu : c'est un holocauste, un sacrifice consumé par le feu, une odeur de délice pour le Très-Haut.

Le premier chapitre s'est terminé, il contient des instructions générales. Ensuite viendront la distinction et la compréhension de quels sacrifices apporter et pour quoi, maintenant nous avons lu l'introduction. C'est ainsi qu'est construite la Torah en général et le livre de Vayikra en particulier : d'abord elle donne une introduction générale, ensuite des descriptions particulières. Et, si l'on s'en souvient, il en était de même dans le livre de Chémot.

Les pauvres régalent Dieu

Vayikra 2,1–16

Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Vayikra. Au chapitre 1 du livre, nous avons lu au sujet de l'holocauste (ola), de la manière dont il est offert, du fait qu'il est pris de trois espèces d'animaux et de deux espèces d'oiseaux. Mais la situation est parfois telle que ce n'est pas toujours, ce n'est pas chaque homme qui a l'aisance lui permettant d'apporter un sacrifice d'animaux : il arrive parfois que même pour une colombe il puisse ne pas y avoir d'argent. Comment faire dans une telle situation, nous allons le lire ici, au chapitre 2.

וְנֶפֶשׁ כִּי־תַקְרִיב קָרְבַּן מִנְחָה לַיהוָה סֹלֶת יִהְיֶה קָרְבָּנוֹ וְיָצַק עָלֶיהָ שֶׁמֶן וְנָתַן עָלֶיהָ לְבֹנָה׃

venéfech ki-takrív korbán min'há ladonáy sólet yihyé korbanó veyatsák aléha chémen venatán aléha levoná

1 Quand une âme apportera un sacrifice min'ha (offrande, don) au Très-Haut, de farine solet sera son sacrifice, et il versera sur elle de l'huile, et il y ajoutera de l'encens.

Le premier verset du chapitre commence par le mot néfech (âme). Quand un homme pauvre apporte un sacrifice, c'est comme s'il l'arrachait à lui-même, comme on dit en russe, comme s'il joignait à ce sacrifice une partie de son âme, de son cœur. C'est pourquoi nous lisons ici : une âme, quand elle apportera un sacrifice.

Ce n'est pas n'importe qui qui peut apporter un sacrifice d'animaux, comme nous l'avons dit. Il y a des gens pour qui il est difficile, coûteux d'apporter même une colombe. Comment aller chez un roi terrestre avec un cadeau bon marché ? Impossible. Au roi terrestre il faut un cadeau digne, sur un petit il ne jettera même pas un regard. Mais le Roi céleste, notre Roi, Il diffère beaucoup du roi terrestre et Il invite à venir à Lui avec le don le plus simple : de la farine de froment pure, blanche (solet), ou, comme on l'appelle encore, de la farine de confiserie, mélangée à de l'huile, avec un ajout d'encens. C'est cela, la min'ha.

Le mot min'ha peut se comprendre de différentes manières, son origine est interprétée de plusieurs façons. Premièrement, c'est un cadeau, un don. D'habitude, un tel don est apporté au roi. Nous lisons cela au verset 17 du chapitre 3 du livre de Choftim : « Et les fils d'Israël envoyèrent par lui un don (min'ha) à Églon, roi de Moav ». On apporte aussi un tel don à un homme fort ou influent avec qui nous voulons avoir de bonnes relations, que nous voulons amadouer. Nous lisons dans le livre de Béréchit (32,14) : « Et il (Yaakov) prit de ce qu'il avait en main un don (min'ha) pour Essav, son frère ». De même, au prophète, dont on veut obtenir quelque aide, on apporte aussi une min'ha. Nous lisons à propos de 'Hazaël, dans le deuxième livre de Mélakhim (8,9) : « Et 'Hazaël alla à sa rencontre (du prophète), et il prit un don (min'ha) dans sa main, de tout ce qu'il y a de meilleur à Damessek, autant que peuvent en porter quarante chameaux ». Ainsi, la min'ha, c'est un don apporté à celui que nous voulons nous rendre favorable, que nous considérons comme plus important que nous, et il est tout à fait naturel de l'apporter au roi. Or Dieu, nous Le considérons comme Roi.

Deuxièmement, il y a encore une interprétation du mot min'ha à partir de la racine sémitique ancienne man'h (donner), cette racine ne s'est pas conservée en hébreu, c'est-à-dire que c'est simplement une aumône. Ou bien du verbe lehania'h (présenter, apporter, poser), là encore, simplement une offrande. Il y a une troisième interprétation, à partir du mot noa'h (commode, paisible, tranquille), d'où vient le nom du patriarche. Et alors le sacrifice min'ha peut se comprendre comme propitiation, apaisement. On peut accepter les trois interprétations, elles ne se contredisent pas l'une l'autre, et la min'ha brillera de toutes ses facettes comme un mot à plusieurs sens.

Solet – farine de froment de la plus haute qualité, farine pure, blanche, sans mélange. D'habitude, dans la Torah, la farine de froment est une sorte d'alternative à la farine d'orge, une alternative chère à la farine d'orge bon marché. C'est pourquoi dans le service du Temple, chez les kohanim, on emploie justement la solet. Sauf une exception, quand il s'agit d'une femme que l'on soupçonne d'adultère. Dans le livre de Bémidbar (5,15) nous lisons que son mari apporte en sacrifice le dixième d'un épha, justement de farine d'orge, sans verser sur elle aucune huile et sans y ajouter d'encens. Il est dit : « C'est une offrande de mémoire, un rappel du péché ». Là où il y a un rappel du péché, là l'offrande est d'orge. Ici, quand l'homme, par un mouvement de son cœur, apporte au Temple, apporte aux kohanim, dans la Tente d'assignation, une min'ha – c'est de la farine de froment.

Encore une composante de l'offrande de céréales, outre l'huile d'olive, c'est la levona (encens). Il existe de ces arbres peu élevés en Inde du Sud, leur nom botanique est boswellie dentelée. De son tronc, au moyen d'une incision, on extrait une gomme-résine aromatique (l'encens), l'un des aromates et des condiments les plus connus. Dans le monde moderne, son prix est d'environ 300 dollars le kilogramme. Ce n'est pas follement cher, puisque l'encens s'emploie en très petites quantités, mais c'est tout de même cher.

Voilà la variante de sacrifice simple que propose le Très-Haut.

וֶהֱבִיאָהּ אֶל־בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים וְקָמַץ מִשָּׁם מְלֹא קֻמְצוֹ מִסָּלְתָּהּ וּמִשַּׁמְנָהּ עַל כָּל־לְבֹנָתָהּ וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת־אַזְכָּרָתָהּ הַמִּזְבֵּחָה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה׃

vehevi'á el-bené aharón hakkohaním vekamáts michám meló koumtsó missoltá oumichamná al kol-levonatá vehiktír hakkohén et-azkaratá hammizbé'ha iché réya'h ni'hóa'h ladonáy

2 Et il l'apportera aux fils d'Aharon, les kohanim, et le kohen en prendra une pleine poignée, avec l'huile, avec tout son encens, et le kohen fera fumer ce souvenir sur l'autel – sacrifice consumé par le feu, odeur de bonne senteur pour le Très-Haut.

C'est-à-dire que le kohen roulera, de cette farine mélangée à l'huile et de l'encens, une sorte de petite boulette et la fera fumer sur l'autel. Prêtons attention au mot azkarata (commémoration). Il a trois sens, trois compréhensions. Premièrement, à proprement parler, le souvenir. Cela ressemble à un souvenir qu'on offre, quand nous offrons quelque chose à une personne, comme nous disons, en souvenir, pour qu'elle se souvienne de nous. Quand nous regardons ce qu'on nous a offert en souvenir, nous avons de bons souvenirs de la personne qui nous l'a offert, et nous lui souhaitons du bien. De même, nous apportons ce don au Très-Haut. Dans les Téhillim (20,4), David dit à propos du Très-Haut : « Il se souviendra de toutes tes offrandes (min'hotékha), et réduira en cendre ton holocauste, et le comptera comme holocauste ». Ces min'hot à toi te seront comptées comme holocauste – telle est l'une des compréhensions possibles de ce verset. Donc, la première variante, c'est un rappel en bon souvenir.

La deuxième compréhension du mot azkarata – commémoration du sacrifice. Le kohen prend seulement une petite poignée de cette farine mélangée à l'huile et à l'encens, et l'apporte sur l'autel, pour qu'elle soit comptée comme le sacrifice tout entier.

Et le troisième sens important, c'est l'odeur. La commémoration signifie aussi l'odeur, la mémoire est liée à l'odeur. Chez le prophète Hochéa (14,7–8) nous lisons : « Ses branches (d'Israël) s'étendront, et sa beauté deviendra semblable à l'olivier, et son parfum comme du Lévanon. Ceux qui sont assis à son ombre trouveront le repos, ils feront croître le blé et (eux-mêmes) fleuriront comme la vigne. Et son parfum (zékaron, mémoire) sera comme le vin du Lévanon ». C'est-à-dire que la mémoire est liée au parfum. Et cela nous amène à ceci que l'odeur de purification, elle est iché réya'h ni'hoa'h ladonaï – odeur du sacrifice consumé par le feu, agréable au Très-Haut, une odeur de délice pour Lui. Ici, c'est le souvenir de ce que nous sommes destinés au bien, de ce qu'Il a projeté que nous soyons dans le Royaume, et ce souvenir aussi est comme un parfum, comme une bonne senteur pour le Très-Haut.

Donc, Aharon (ou le kohen) prend une partie de la min'ha (du don), la pose sur l'autel et la fait fumer en holocauste.

וְהַנּוֹתֶרֶת מִן־הַמִּנְחָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו קֹדֶשׁ קָדָשִׁים מֵאִשֵּׁי יְהוָה׃

vehannotéret min-hammin'há le'aharón oulvanáv kódech kadachím me'iché adonáy

3 Et ce qui reste de la min'ha (du don) appartient à Aharon et aux fils, saint des saints parmi les sacrifices consumés par le feu du Très-Haut.

Qu'est-ce que cela signifie ? Si un homme apportait un jeune taureau, un petit bélier ou un petit bouc, un holocauste ordinaire, il était entièrement brûlé dans le Temple. Mais le SEIGNEUR est miséricordieux envers le sacrifice du pauvre, il est dommage de brûler ce qu'on peut manger : Je lui ai donné de la nourriture, et lui l'a brûlée, cela ne paraît pas très juste. C'est pourquoi le Très-Haut a ordonné aux kohanim de manger cette offrande comme Son don (ainsi un roi partage la nourriture de sa table avec ses sujets). Il y a des sacrifices dans lesquels les kohanim ont une part et la mangent comme leur bien. Ici, les kohanim ne mangent pas ce qui est à eux, mais ce qui appartient au Très-Haut, et, en mangeant une partie de l'offrande de ce sacrifice, c'est comme s'ils l'« achevaient d'offrir ». Un tel honneur est rendu justement au sacrifice du pauvre, min'ha, et à aucun autre sacrifice. C'est là la particularité, c'est là la miséricorde du SEIGNEUR envers l'homme pauvre.

Mais s'il n'y a pas d'argent pour l'encens (l'encens est un condiment, une préparation coûteuse), alors tout ce qui est fait de farine traitée par la chaleur n'exige pas d'ajout d'encens. C'est ce que nous allons lire maintenant.

וְכִי תַקְרִב קָרְבַּן מִנְחָה מַאֲפֵה תַנּוּר סֹלֶת חַלּוֹת מַצֹּת בְּלוּלֹת בַּשֶּׁמֶן וּרְקִיקֵי מַצּוֹת מְשֻׁחִים בַּשָּׁמֶן׃

vekhí takrív korbán min'há ma'afé tannoúr sólet 'hallót mattsót beloulót bachémen ourkiké mattsót mechou'hím bachámen

4 Et si tu apportes en sacrifice un don cuit au four, alors de farine solet, des 'hallas azymes de farine mélangée à de l'huile en une pâte liquide, ou de tout minces petits pains azymes enduits d'huile.

Le mot 'hallot est le pluriel du mot 'halla, que beaucoup connaissent sans doute. La 'halla, c'est le nom du pain de fête du Chabbat d'aujourd'hui. Il est possible que le mot 'halla vienne du mot 'haloul, qui signifie vide, troué. Cela peut désigner une galette creuse à l'intérieur, comme la pita moderne, ou une galette en forme d'anneau. Il est difficile de choisir l'un des sens. Il est possible aussi, selon une autre interprétation, que ce mot vienne du mot 'hol (cercle ou rotation), en parallèle avec l'ancienne racine akkadienne ellou (saint rond), c'est-à-dire une galette en forme de cercle. Chez beaucoup de peuples et dans certaines Églises est apparue la vénération justement du pain rond (ainsi, le koulitch, en grec, c'est un pain rond). Donc, la première variante de ce qui est fait au four, ce sont les 'hallot matsot ou galettes rondes, sans levain, faites d'un mélange de farine et d'huile. Et la deuxième variante : de minces galettes enduites d'huile, de ces petits pains plats enduits d'huile. C'est si nous faisons une cuisson au four, si nous avons beaucoup de farine. Bon, de l'encens nous n'en avons pas, mais de la farine nous en avons beaucoup. Mais il arrive que de la farine non plus, il n'y en ait pas beaucoup.

וְאִם־מִנְחָה עַל־הַמַּחֲבַת קָרְבָּנֶךָ סֹלֶת בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן מַצָּה תִהְיֶה׃

ve'im-min'há al-hamma'havát korbanékha sólet beloulá vachémen mattsá tihye

5 Et si c'est un don sur la poêle, ton sacrifice, il sera de farine solet mélangée à de l'huile, un mince pain azyme.

La poêle est toute mince, elle chauffe vite, et le pain en sort très desséché. L'huile est ajoutée ici trois fois : d'abord on en enduit la poêle, on ajoute de l'huile dans la petite galette elle-même, et ensuite les galettes elles-mêmes sont aussi enduites d'huile. Elles sont très sèches, très minces, dures, on ne les mange pas comme ça, et en somme, on peut dire qu'on a honte de les servir à table. C'est pourquoi le Très-Haut dit :

פָּתוֹת אֹתָהּ פִּתִּים וְיָצַקְתָּ עָלֶיהָ שָׁמֶן מִנְחָה הִוא׃

patót otá pittím veyatsaktá aléha chámen min'há hi

6 Émiette la galette en miettes et verse sur elle de l'huile, et ce sera une offrande.

Si tu as vraiment peu de farine, une galette toute mince, un petit pain, fais-le cuire, émiette-le, arrose-le d'huile, et ces miettes seront aussi une min'ha. Et cela veut dire que les kohanim aussi la mangeront comme un don de la table royale.

וְאִם־מִנְחַת מַרְחֶשֶׁת קָרְבָּנֶךָ סֹלֶת בַּשֶּׁמֶן תֵּעָשֶׂה׃

ve'im-min'hát mar'héchet korbanékha sólet bachémen te'assé

7 Et si tu as préparé ton sacrifice dans une marmite profonde (dans une marmite pour frire dans une épaisse couche d'huile), fais-le lui aussi de farine solet avec de l'huile.

Puisqu'il cuira déjà dans l'huile, il n'est pas nécessaire de l'enduire d'huile en plus. Le mot mar'héchet est de la même racine que le mot ro'héch (par consonance, c'est ainsi que grésille l'huile quand on y jette la pâte), littéralement « grésilleuse », une friteuse au sens moderne.

Après avoir énuméré les différentes variantes, le Très-Haut dit :

וְהֵבֵאתָ אֶת־הַמִּנְחָה אֲשֶׁר יֵעָשֶׂה מֵאֵלֶּה לַיהוָה וְהִקְרִיבָהּ אֶל־הַכֹּהֵן וְהִגִּישָׁהּ אֶל־הַמִּזְבֵּחַ׃

vehevetá et-hammin'há achér ye'assé me'élle ladonáy vehikrivá el-hakkohen vehiggichá el-hammizbéya'h

8 Et tu apporteras ta min'ha, que tu feras de ces sortes, au SEIGNEUR, et tu la présenteras au kohen, et il l'élèvera sur l'autel.

וְהֵרִים הַכֹּהֵן מִן־הַמִּנְחָה אֶת־אַזְכָּרָתָהּ וְהִקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה׃

veherím hakkohén min-hammin'há et-azkaratá vehiktír hammizbé'ha iché réya'h ni'hóa'h ladonáy

9 Et le kohen prendra ce souvenir même de la min'ha (de l'offrande), et apporta sur l'autel – c'est un sacrifice consumé par le feu, une bonne senteur agréable au SEIGNEUR.

C'est-à-dire que le kohen prendra une pleine main, une petite poignée de farine avec de l'huile de ton offrande ou d'une partie des galettes que tu as apportées, selon la forme sous laquelle tu l'apportes, et la brûlera sur l'autel.

וְהַנּוֹתֶרֶת מִן־הַמִּנְחָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו קֹדֶשׁ קָדָשִׁים מֵאִשֵּׁי יְהוָה׃

vehannotéret min-hammin'há le'aharón oulvanáv kódech kadachím me'iché adonáy

10 Et ce qui reste de la min'ha – à Aharon et à ses fils, saint des saints parmi les sacrifices consumés par le feu pour le Très-Haut.

כָּל־הַמִּנְחָה אֲשֶׁר תַּקְרִיבוּ לַיהוָה לֹא תֵעָשֶׂה חָמֵץ כִּי כָל־שְׂאֹר וְכָל־דְּבַשׁ לֹא־תַקְטִירוּ מִמֶּנּוּ אִשֶּׁה לַיהוָה׃

kol-hammin'há achér takrívou ladonáy lo te'assé 'haméts ki khol-se'ór vekhol-devách lo-taktírou mimménnou iché ladonáy

11 Tout sacrifice que vous apporterez au SEIGNEUR, ne le fais pas levé, car tout ce qui est levé et tout miel, ne les faites pas fumer pour le Très-Haut.

Si pour ce qui est levé tout semble à peu près clair, on ne comprend pas pourquoi on ne peut pas apporter de miel ? On considérait que le miel éveille la passion. Comme ce qui est levé fermente et éveille dans l'homme l'orgueil, les ambitions et toutes sortes d'aspirations malsaines, de même le miel éveille des passions malsaines. C'est pourquoi on peut le manger, mais sur l'autel, là où l'on apporte au Très-Haut le sacrifice sans levain, il n'a pas sa place. Et le Très-Haut Lui-même dit au verset suivant :

קָרְבַּן רֵאשִׁית תַּקְרִיבוּ אֹתָם לַיהוָה וְאֶל־הַמִּזְבֵּחַ לֹא־יַעֲלוּ לְרֵיחַ נִיחֹחַ׃

korbán rechít takrívou otám ladonáy ve'el-hammizbéya'h lo-ya'aloú leréya'h ni'hóa'h

12 Quand vous apportez en sacrifice les prémices, apportez-les, mais sur l'autel elles ne monteront pas en agréable senteur.

Nous savons qu'à Chavouot on apporte des pains de deux dixièmes d'épha de farine de froment de la plus haute qualité (solet), et ils doivent être levés. C'est-à-dire qu'on peut apporter du 'hamets, mais on ne le fait pas fumer sur l'autel. À ce moment-là aussi, avec les prémices, on apporte également du miel. Le miel dont il est question dans la Torah, ce n'est pas toujours, loin de là, du miel d'abeille, c'est plus souvent du miel de fruits, du jus de fruits épaissi ou du sirop de dattes.

Il arrive souvent, quand tu fais dire à une personne âgée une recette (j'aime beaucoup collectionner les vieilles recettes de cuisine), que tu la notes avec fierté et que tu demandes à la personne : « Alors, c'est tout ? » – « Oui, c'est tout, bien sûr » – « Et où est le sel ? » – « Ah oui, oui, il faut aussi saler ». Nous oublions les petits détails. Le Très-Haut aussi ajoute à propos du sel tout à la fin.

וְכָל־קָרְבַּן מִנְחָתְךָ בַּמֶּלַח תִּמְלָח וְלֹא תַשְׁבִּית מֶלַח בְּרִית אֱלֹהֶיךָ מֵעַל מִנְחָתֶךָ עַל כָּל־קָרְבָּנְךָ תַּקְרִיב מֶלַח׃

vekhol-korbán min'hatekhá bamméla'h timlá'h veló tachbít méla'h berít elohékha me'ál min'hatékha al kol-korbanekhá takrív méla'h

13 Tout sacrifice de ton offrande, saupoudre-le de sel, et n'ôte pas le sel, l'alliance de ton Dieu, de ton offrande, avec chacun de tes sacrifices apporte du sel.

Ainsi parle le Très-Haut. Le sel est partie prenante de toute alliance. Et dans les temps anciens, quand on concluait une alliance, on mangeait quelque chose de salé. Car le sel est le seul conservateur connu en ces temps-là. Le sel conserve la chair, le sel conserve l'alliance, il répond de la conservation de l'alliance. Le sel, c'est ce qui ne perd pas sa force. Dire que le sel a perdu sa force, c'est parler dans un sens ironique, cette image, Yéchoua l'emploie. L'image du sel qui a perdu sa force, comme quelque chose d'impossible, est employée aussi dans le Talmud. Le symbole de l'alliance qui ne perd pas sa force, c'est le sel. C'est pourquoi le Très-Haut dit : « Puisque les relations elles-mêmes entre Israël et le peupleLe russe dit bien « entre Israël et le peuple », alors qu'on attendrait plutôt « entre le Très-Haut et le peuple » ; la traduction suit le texte tel qu'il est. sont des relations d'alliance, et que le sacrifice est apporté dans le cadre de l'alliance, il convient de l'apporter avec du sel ».

Et encore des recommandations que donne le Très-Haut.

וְאִם־תַּקְרִיב מִנְחַת בִּכּוּרִים לַיהוָה אָבִיב קָלוּי בָּאֵשׁ גֶּרֶשׂ כַּרְמֶל תַּקְרִיב אֵת מִנְחַת בִּכּוּרֶיךָ׃

ve'im-takrív min'hát bikkourím ladonáy avív kaloúy ba'éch géres karmél takrív et min'hát bikkourékha

14 Et si tu apportes un sacrifice des prémices au Très-Haut, des tout premiers grains pas mûrs, grillés au feu, ou apporte du grain laiteux concassé en sacrifice de tes prémices.

On avait coutume de griller les grains de froment et de les manger, c'est une sorte de pop-corn biblique. D'habitude, on mange les grains sous forme de kali (grains grillés, rôtis de froment) et de karmel (grains laiteux). Dans le deuxième livre de Mélakhim (4,42) nous lisons : « Un homme vint de Ba'al-Chalicha et apporta à l'homme de Dieu, dans sa besace, du pain des premiers fruits : vingt petits pains d'orge et des grains frais (karmel) ». Les grains les plus frais qu'il apporta, de petits grains laiteux dans les épis, qu'on mangeait tels quels ou qu'on concassait. Ici, le Très-Haut parle de deux variantes de min'ha : soit des grains grillés, soit des grains laiteux concassés.

וְנָתַתָּ עָלֶיהָ שֶׁמֶן וְשַׂמְתָּ עָלֶיהָ לְבֹנָה מִנְחָה הִוא׃

venatattá aléha chémen vesamtá aléha levoná min'há hi

15 Et il versa sur elle de l'huile, et y ajouta de l'encens –

 ce sera un sacrifice.

Quand nous préparons à partir de grain non traité par la chaleur, il nous faut ajouter de l'encens, c'est un principe général. C'est-à-dire qu'il est aussi simple que cela de faire un sacrifice des tout premiers fruits, sans réfléchir : « Apporter ? Ne pas apporter ? » Le Très-Haut dit : « Voici, c'est la min'ha, c'est une offrande ».

וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת־אַזְכָּרָתָהּ מִגִּרְשָׂהּ וּמִשַּׁמְנָהּ עַל כָּל־לְבֹנָתָהּ אִשֶּׁה לַיהוָה׃

vehiktir hakkohen et-azkaratá miggirsá oumichamná al kol-levonatá iché ladonáy

16 Et le kohen prendra, et apportera de ce jeune grain concassé avec de l'huile (de nouveau, il prendra une poignée, une pleine main) et davantage d'encens, et en fera un encensement pour le Très-Haut.

Ainsi le Très-Haut décrit les variantes de sacrifice, la possibilité d'une communion sacrificielle avec Lui, pour un homme presque démuni, pour un homme qui n'a presque absolument aucune possibilité. Et Il dit que ce sacrifice est le plus digne. C'est précisément envers lui que les kohanim doivent manifester plus de révérence, plus de respect, et ils le mangent comme un régal de Dieu, comme un régal offert par le Très-Haut.

La question naturelle qui se pose tout au long de l'histoire humaine : « Que peux-tu donner à Dieu ? » En effet, nous ne pouvons rien donner à Dieu, tout Lui appartient déjà. Mais Il est descendu, dans Sa miséricorde, au niveau où nous pouvons pour ainsi dire Le nourrir, même le plus pauvre d'entre nous. Que doit faire un roi qui a tout ? Comment donner à ses sujets la possibilité de lui apporter des cadeaux ? C'est ce que fait ici le Très-Haut. Il se réjouit de nos cadeaux, comme une maman se réjouit d'une petite fleur qu'a dessinée sa fille. C'est de la même joie paternelle, maternelle que se réjouit le Très-Haut. Et c'est là l'essentiel de ce chapitre – sur les cadeaux et sur Celui qui reçoit les cadeaux. Car la Tente d'assignation, le Sanctuaire, le Temple, c'est le lieu de la rencontre de l'homme et de Dieu. Non seulement le lieu de la repentance, le lieu où l'homme vient chercher le pardon et la révélation, mais aussi le lieu où l'homme peut venir auprès du Très-Haut quand il veut Lui apporter un don. Peut-être à cause d'un sentiment d'impureté, peut-être à cause d'un désir de se réconcilier, ou peut-être parce qu'il s'est réveillé et a pensé : « Quel beau temps, quelle bonne humeur, je vais donc apporter au Très-Haut, le Créateur du ciel et de la terre, un don, parce que tout au monde est bien ! »

Invitez Dieu chez vous

Vayikra 3,1–17

Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à lire la section hebdomadaire Vayikra. Nous avons parlé des holocaustes (ola), puis nous avons lu à propos du sacrifice qui s'appelle min'ha (don, offrande). Maintenant nous allons parler d'un sacrifice étonnant, du sacrifice chélamim, sacrifice de réconciliation ou de propitiation.

וְאִם־זֶבַח שְׁלָמִים קָרְבָּנוֹ אִם מִן־הַבָּקָר הוּא מַקְרִיב אִם־זָכָר

אִם־נְקֵבָה תָּמִים יַקְרִיבֶנּוּ לִפְנֵי יְהוָה׃

ve'im-zéva'h chelamím korbanó im min-habbakár hou makrív im-zakhár im-nekevá tamím yakrivénnou lifné adonáy

1 Et si son sacrifice est un sacrifice de réconciliation, et qu'il l'apporte d'entre les taureaux, il apportera un mâle ou une femelle sans tache devant le Très-Haut.

Le verset commence par le mot vé'im (et si). D'habitude, c'est par le mot im (si) que commence une sous-clause d'une loi. La loi elle-même commence par le mot ki (quand). Et pour nous, dans ce cas, il n'est pas difficile de comprendre de la sous-clause de quelle loi il s'agit. Au chapitre 1, au verset 2, nous avons lu : ki-yakriv mikém korban ladonaï (quand quelqu'un d'entre vous voudra apporter un sacrifice à Dieu), et ensuite venaient les sortes de sacrifices. Ici, nous revenons pour ainsi dire au thème du chapitre 1 : « Quand quelqu'un d'entre nous veut apporter un sacrifice, et si ce sacrifice est chélamim… »

Le sacrifice chélamim (sacrifice de réconciliation) est appelé ainsi parce qu'à côté de lui se trouve chalom (paix). C'est un sacrifice dont la consommation compte trois participants : celui qui apporte le sacrifice (il en mange la plus grande partie), le Très-Haut et le kohen. Ainsi, le sacrifice chélamim, sacrifice de paix, c'est une possibilité unique pour celui qui apporte le sacrifice d'inviter le Très-Haut à sa fête, à son repas. Le Très-Haut reçoit sa part – c'est le sang et la graisse : avec le sang on asperge l'autel, et la graisse y est brûlée. Les kohanim reçoivent leur part – la poitrine et le jarret comme « frais d'intermédiaire » pour ce qu'ils apportent le sacrifice, c'est une « commission » pour les services. C'est-à-dire que Dieu a sa part, le kohen a sa part, et le reste, c'est celui qui apporte ce sacrifice qui le reçoit. Les trois parties participent à un même repas, l'apport de ce sacrifice est lié à la joie.

Il y a trois sous-catégories de sacrifice de paix. La première – le sacrifice nédava (sacrifice volontaire, élan de l'âme), quand un homme simplement, sans aucune raison, par langueur de l'esprit, par aspiration à être avec le Très-Haut, à dîner avec Lui à une même table, pour ainsi dire, apporte ce sacrifice. La deuxième catégorie – le sacrifice néder (par vœu ou par serment). Il arrive qu'un homme, dans l'espoir d'une délivrance, fasse un vœu au Très-Haut et dise : « Si je survis, si je suis sauvé, si mon fils guérit, s'il arrive ceci et cela, j'apporterai un sacrifice par vœu ». Et la troisième catégorie de sacrifice, c'est le sacrifice toda (sacrifice de reconnaissance). Même si je n'ai pas fait de vœu, mais si j'ai été sauvé dans quelque situation difficile, s'il m'est né un fils, s'il m'est arrivé quelque événement inattendu, bon, heureux, en reconnaissance pour cela je peux aussi apporter un sacrifice de paix au Très-Haut, inviter le Très-Haut à ma fête. Ce qui unit ces trois catégories, c'est que le sacrifice chélamim est toujours un sacrifice de joie, il est toujours lié à la joie et, encore une fois, à la possibilité de nourrir de viande ses amis. La viande est un hôte rare sur la table du pauvre : égorger un petit bélier, un petit bouc ou un jeune taureau, ce n'est pas rien. Pour une seule famille, cela peut être un trop grand luxe, et pour inviter la parenté, il faut une occasion de fête. Et voilà, c'est justement le sacrifice chélamim qui est l'occasion de fête, et, inversement, quand il y a une fête, il y a l'occasion d'apporter le sacrifice chélamim. Dans le livre de Dévarim il est dit : « Et égorge tes sacrifices de paix, et mange là, et réjouis-toi devant le SEIGNEUR, ton Dieu ». L'apport des sacrifices de paix est directement lié à la réjouissance.

L'une des préfigurations ou, disons, le premier précédent du sacrifice de paix, c'est le sacrifice pascal – korban Pessa'h. Quand les Juifs sortent d'Égypte, il se produit une délivrance, une libération et une fête commune, un repas commun. Et c'est une préfiguration du Sacrifice pascal à venir, parce que c'est un sacrifice que tous sont obligés de manger. Celui qui ne mange pas le fruit du sacrifice pascal, qui ne mange pas sa viande, celui-là est retranché de son peuple.

C'est là une préface nécessaire sur le sacrifice chélamim. Nous verrons qu'on l'apporte de différents animaux. La Torah commence par le taureau et ne fait pas de différence entre le mâle et la femelle, à la différence de l'holocauste, où l'on apporte un taureau de sexe masculin (zakhar).

וְסָמַךְ יָדוֹ עַל־רֹאשׁ קָרְבָּנוֹ וּשְׁחָטוֹ פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְזָרְקוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים אֶת־הַדָּם עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃

vesamákh yadó al-róch korbanó ouch'ható péta'h óhel mo'éd vezarekoú bené aharón hakkohaním et-haddám al-hammizbéya'h savív

2 Et il posa la main sur la tête de son sacrifice, et il l'égorgea à l'entrée de la Tente d'assignation, et les fils d'Aharon, les kohanim, aspergèrent avec le sang autour de l'autel.

Ici, dans le premier cas, quand il s'agit du taureau, nous lisons samakh yado, ce qui signifie il appuya la main de toute sa force. Cela dit qu'il ne faut pas poser la main sur l'animal de façon simplement symbolique, mais qu'il faut poser la main avec une certaine pression, s'appuyer sur lui. Plus loin, quand il sera question du bélier et du bouc, il sera dit samakh et-yado. Un petit bélier ou un petit bouc n'a pas autant de puissance qu'un taureau, c'est pourquoi on s'appuie sur le taureau avec une plus grande force. Je répète que, quand on asperge avec le sang autour de l'autel, on rétablit par là les liens de parenté avec le Très-Haut, nous devenons avec Lui d'un même sang.

וְהִקְרִיב מִזֶּבַח הַשְּׁלָמִים אִשֶּׁה לַיהוָה אֶת־הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה אֶת־הַקֶּרֶב וְאֵת כָּל־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עַל־הַקֶּרֶב׃

vehikrív mizzéva'h hachelamím iché ladonáy et-ha'hélev hamkhassé et-hakkérev ve'ét kol-ha'hélev achér al-hakkérev

3 Et il apporta le sacrifice de paix, sacrifice consumé par le feu pour le Très-Haut : la graisse qui couvre les entrailles, et toute la graisse qui est sur les entrailles,

En hébreu, il y a beaucoup de mots différents pour désigner telle ou telle sorte de graisse. Le mot 'hélev, c'est une graisse informe de couleur jaunâtre, qui se sépare facilement en couches : si on la tire, elle se sépare, on obtient comme du papier fin. Elle se détache facilement des organes internes, et sa fonction dans l'organisme est d'être un coussinet, un édredon pour les organes internes. Le mot 'hélev peut se comprendre comme affaiblissant, tirant en arrière, séparant, créant la séparation ou l'affaiblissement. C'est-à-dire que le mot lui-même a une connotation négative, et les sages l'ont choisi pour désigner la graisse interdite à la consommation (à la différence de la graisse permise à la consommation, qui s'appelle chouman). En tout cas, les cellules graisseuses ne sont pas seulement, au niveau physique, un entrepôt de tout ce que nous ne voulons pas trop garder, elles ont aussi, au niveau spirituel, une signification semblable. Et c'est justement cette graisse intérieure qui échoit, selon la volonté du Très-Haut, comme Sa portion à notre repas. Mais pas seulement elle.

וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵהֶן אֲשֶׁר עַל־הַכְּסָלִים וְאֶת־הַיֹּתֶרֶת עַל־הַכָּבֵד עַל־הַכְּלָיוֹת יְסִירֶנָּה׃

ve'ét cheté hakkelayot ve'et-ha'hélev achér alehén achér al-hakkesalím ve'et-hayotéret al-hakkavéd al-hakkelayot yesirénna

4 Et les deux reins, et la graisse qui est sur eux, et celle qui est sur le haut des cuisses, et le lobe caudé du foie, en commençant par les reins, il séparera.

Le kohen sépare toutes les parties énumérées de la carcasse, qui sont destinées au Très-Haut. Des reins, nous savons qu'eux aussi jouent un rôle important dans l'anatomie spirituelle. Si nous disons tout le temps que dans le Tanakh l'organe pensant de l'homme est le cœur, l'organe sentant, l'organe émotionnel, le centre, l'organe « rêvant », ce sont les reins. Dans la traduction synodale, cela se perd souvent, aux endroits où il est dit que le Très-Haut examine les entrailles. En réalité, dans l'original, Il examine les reins (kélayot). Et de même que le Très-Haut nassa (a porté) sur Lui notre graisse intérieure, l'a prise sur Lui, de même Il élève, accepte comme Sa portion aussi les reins du sacrifice.

Késsalim – un mot rarement employé et donc difficile à comprendre. Certains le traduisent par les flancs. Mais si cela signifiait les flancs, il serait écrit non pas au pluriel, mais au duel. En hébreu, les noms ont un singulier, un pluriel et un duel, quand il n'y a pas beaucoup de quelque chose, mais justement deux, et dans de tels cas on emploie une terminaison déterminée. Par exemple, ayin (œil) – éynayim (yeux), ozén (oreille) – oznayim (oreilles), yad (main) – yadayim (mains). S'il s'agissait des flancs, il aurait été juste de dire ksalayim. Puisqu'on parle de késsalim avec la terminaison du pluriel, il s'agit de certains organes internes ou non appariés. Le mot késsal est lié à la tension, aux muscles, à la force, et c'est pourquoi la traduction la plus probable est la graisse du haut des cuisses.

La compréhension exprimée par l'expression yotéret al-hakavéd (lobe caudé du foie), certains l'interprètent comme le diaphragme (cloison thoraco-abdominale), on peut aussi le comprendre ainsi, mais la variante la plus probable, c'est que c'est le lobe caudé du foie. Il y a une partie particulière du foie, et elle devient une partie de la portion du Très-Haut à notre repas. Qu'y a-t-il de particulier dans l'organe dont nous avons traduit le nom par lobe caudé du foie ? Cet organe était utilisé chez les païens, chez les peuples du monde, pour la divination. Quand on découpait le corps de l'animal et qu'on en éparpillait les entrailles, c'est justement cet organe qui était utilisé pour déterminer le destin de l'homme. Le Très-Haut prend cela sur Lui, c'est Sa part.

וְהִקְטִירוּ אֹתוֹ בְנֵי־אַהֲרֹן הַמִּזְבֵּחָה עַל־הָעֹלָה אֲשֶׁר עַל־הָעֵצִים אֲשֶׁר עַל־הָאֵשׁ אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה׃

vehiktírou otó vene-aharón hammizbé'ha al-ha'olá achér al-ha'etsím achér al-ha'éch iché réya'h ni'hóa'h ladonáy

5 Et les fils d'Aharon le feront fumer sur l'autel, par-dessus l'holocauste qui est sur le bois, qui est sur le feu, sacrifice consumé par le feu, bonne senteur pour le Très-Haut.

On peut comprendre que l'holocauste brûle encore, et que par-dessus on pose en morceaux cet encensement. Et on peut comprendre qu'il est apporté en plus, au-delà de l'holocauste, qu'il faut de toute façon apporter. L'homme est venu avec reconnaissance au SEIGNEUR, L'a invité et veut être commensal avec Lui. Ce désir de communion, ce désir de proximité avec Dieu, c'est aussi un parfum pour le Très-Haut.

Mais l'homme n'a pas toujours la possibilité d'apporter en sacrifice un taureau, c'est un animal cher. C'est pourquoi la Torah continue et dit :

וְאִם־מִן־הַצֹּאן קָרְבָּנוֹ לְזֶבַח שְׁלָמִים לַיהוָה זָכָר אוֹ נְקֵבָה תָּמִים יַקְרִיבֶנּוּ׃

ve'im-min-hattsón korbanó lezéva'h chelamím ladonáy zakhár o nekevá tamím yakrivénnou

6 Et si c'est du petit bétail, son sacrifice de paix au SEIGNEUR, il apportera en sacrifice un mâle ou une femelle purs (sans défaut).

Nous glissons pour ainsi dire comme ça sur le mot sans tache (sans défaut) : cela veut dire que dans cet animal il n'y a pas même le moindre dommage, la moindre égratignure, plaie, défaut, et on l'examine longuement pour le reconnaître, l'accepter comme sans tache. Puisque le petit bétail à cornes admis pour les sacrifices est de deux sortes – les béliers et les boucs, la Torah commence à énumérer les cas particuliers.

אִם־כֶּשֶׂב הוּא־מַקְרִיב אֶת־קָרְבָּנוֹ וְהִקְרִיב אֹתוֹ לִפְנֵי יְהוָה׃

im-késsev hou-makrív et-korbanó vehikrív otó lifné adonáy

7 Si c'est un bélier ou une brebis qu'il apporte en sacrifice, alors il l'apportera devant le Très-Haut.

Nous allons nous arrêter et prêter attention à un mot. Il semble qu'ici, dans la Torah, il y ait une faute d'écriture, une coquille. En hébreu, le mot bélier, c'est kéves, et non késsev. Les petites lettres bet et chin ont comme échangé leurs places. Beaucoup de chercheurs y prêtent attention et en font un sujet de moquerie, en disant : « Regardez, votre Dieu a des fautes de grammaire dans le texte ». Mais le mot késsev, c'est un mot diminutif et affectueux, comme chevrette, petite brebis, petit bélier. On appelle ainsi les petits, késsev – c'est comme baby brebis, baby bélier. Nous rencontrons rarement ce mot, mais il existe en hébreu. Au chapitre 30 du livre de Béréchit, dans l'histoire des ruses de berger de Yaakov, on le rencontre aussi. C'est pourquoi la Torah parle en partie avec tendresse : non pas « s'il apporte en sacrifice une brebis ou un bélier », mais « s'il apporte en sacrifice une petite brebis ou un petit bélier ». Ensuite nous lisons, au fond, un rituel très semblable.

וְסָמַךְ אֶת־יָדוֹ עַל־רֹאשׁ קָרְבָּנוֹ וְשָׁחַט אֹתוֹ לִפְנֵי אֹהֶל מוֹעֵד וְזָרְקוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֶת־דָּמוֹ עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃

vesamákh et-yadó al-róch korbanó vecha'hát otó lifné óhel mo'éd vezarekoú bené aharón et-damó al-hammizbéya'h savív

8 Et il posa sa main sur la tête de son sacrifice, et l'abattit devant l'entrée de la Tente d'assignation, et les fils d'Aharon l'aspergèrent de son sang autour de l'autel.

Nous avons dit au verset 2 qu'à propos du taureau il est dit samakh yado, c'est-à-dire il appuya entièrement sa main, il s'appuya sur lui. Ici – samakh et-yado, simplement il posa sa main.

וְהִקְרִיב מִזֶּבַח הַשְּׁלָמִים אִשֶּׁה לַיהוָה חֶלְבּוֹ הָאַלְיָה תְמִימָה לְעֻמַּת הֶעָצֶה יְסִירֶנָּה וְאֶת־הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה אֶת־הַקֶּרֶב וְאֵת כָּל־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עַל־הַקֶּרֶב׃

vehikrív mizzéva'h hachelamím iché ladonáy 'helbó ha'alyá temimá le'oummát he'atsé yesirénna ve'et-ha'hélev hamkhassé et-hakkérev ve'ét kol-ha'hélev achér al-hakkérev

9 Et ils apportèrent sur l'autel, en sacrifice de paix consumé par le feu du Très-Haut, la graisse : la queue grasse entière, en la détachant du coccyx, et la graisse qui couvre toutes les entrailles, et toute la graisse qui est sur les organes internes.

Encore une partie qui distingue le petit bélier de tous les autres animaux, c'est la queue grasse (alya), une excroissance grasse sur la queue. Au pays d'Israël il y avait des béliers à queue grasse, dont la queue grasse (selon le témoignage de l'historien grec Hérodote) pesait en moyenne 7 kilogrammes, et chez certains beaucoup plus. Il est tout à fait possible que ce soit une exagération, mais c'est un témoignage intéressant. Il est intéressant aussi que la queue grasse soit ici énumérée séparément du 'hélev, c'est-à-dire que la queue grasse ne fait pas partie de la graisse interdite à la consommation. C'est la différence principale entre le petit bélier et tous les autres. On détache la queue grasse de l'os de la queue, du tout dernier maillon de la colonne vertébrale. En plus de cela, on apporte la même partie, la même graisse interne ('hélev), que dans le cas du taureau.

Et ensuite tout est aussi semblable au taureau :

וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵהֶן אֲשֶׁר עַל־הַכְּסָלִים וְאֶת־הַיֹּתֶרֶת עַל־הַכָּבֵד עַל־הַכְּלָיֹת יְסִירֶנָּה׃

ve'ét cheté hakkelayot ve'et-ha'hélev achér alehén achér al-hakkessalím ve'et-hayotéret al-hakkavéd al-hakkelayot yesirénna

10 Et les deux reins, et la graisse qui est sur eux, et qui est sur le haut des cuisses, et le lobe caudé du foie, il les enlèvera des reins.

וְהִקְטִירוֹ הַכֹּהֵן הַמִּזְבֵּחָה לֶחֶם אִשֶּׁה לַיהוָה׃

vehiktiró hakkohén hammizbé'ha lé'hem iché ladonáy

11 Et le kohen fera fumer (élèvera) sur l'autel le pain de combustion au SEIGNEUR.

Cette viande même, ces morceaux de reins, de graisse, de queue grasse – tout cela ensemble est appelé ici lé'hem ou pain, parce que le mot pain est employé dans un sens plus large du mot, au sens de nourriture, aliment, ce que l'homme reçoit, sa ration. Dans ce cas précis, ce n'est pas l'homme qui reçoit, mais le Très-Haut. De cela nous pouvons conclure que pour tous les participants, ceux qui mangent ce sacrifice – or nous avons dit que ce sont l'homme qui apporte le sacrifice, le Très-Haut et les kohanim – pour tous, cela est du pain. Le pain, ce n'est pas seulement le pain, pas seulement ce que nous faisons à partir du grain, c'est la nourriture, ce qui nous rassasie. En outre, l'un des sens du mot lé'hem – c'est la viande, il s'est conservé, disons, en arabe, où l'on appelle la viande du mot lé'hem. Il est employé en ce sens chez le prophète Tsfania, il existe aussi en hébreu. Toute cette pluralité de sens nous ajoute de la nourriture pour la réflexion (ou du pain pour la réflexion) à propos de la nature du sacrifice chélamim.

C'était le cas où un homme apporte en sacrifice un petit bélier ou une brebis.

וְאִם עֵז קָרְבָּנוֹ וְהִקְרִיבוֹ לִפְנֵי יְהוָה׃

ve'im-éz korbanó vehikrivó lifné adonáy

12 Et si son sacrifice est un bouc, il l'apportera en sacrifice devant le SEIGNEUR.

Ici il n'est pas dit – d'entre les boucs, et encore un détail qui est omis : il n'est pas dit ici de quel sexe peut être l'animal qu'on peut apporter, mâle ou femelle. Les commentateurs discutent pourquoi cela n'est pas dit. Beaucoup disent : « Parce que, puisqu'on a déjà parlé des taureaux, et qu'on a parlé des brebis, alors pour les boucs aussi, semble-t-il, il est clair qu'on peut apporter en sacrifice un bouc ou une chevrette ». D'autres disent : « Non, il n'en est pas ainsi. Le fait est que dans la vie quotidienne, un homme abattra plutôt un bouc qu'une chevrette. Peu de gens gardent un bouc tout seul. Pourquoi garder un seul bouc ? On en tire autant que du lait d'un bouc, et c'est pourquoi l'homme garde un bouc et une chevrette ». Et de nouveau, il n'abattra pas la chevrette pour garder un seul bouc, parce qu'on en tire autant que du lait d'un bouc. C'est pourquoi, quand nous parlons des chèvres, le sacrifice sera justement un petit bouc.

וְסָמַךְ אֶת־יָדוֹ עַל־רֹאשׁוֹ וְשָׁחַט אֹתוֹ לִפְנֵי אֹהֶל מוֹעֵד וְזָרְקוּ בְּנֵי אַהֲרֹן אֶת־דָּמוֹ עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃

vesamákh et-yadó al-rochó vecha'hát otó lifné óhel mo'éd vezarekoú bené aharón et-damó al-hammizbéya'h savív

13 Et il imposa la main sur la tête du sacrifice, et l'abattit devant l'entrée de la Tente d'assignation, et les fils d'Aharon aspergèrent de son sang autour de l'autel.

וְהִקְרִיב מִמֶּנּוּ קָרְבָּנוֹ אִשֶּׁה לַיהוָה אֶת־הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה אֶת־הַקֶּרֶב וְאֵת כָּל־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עַל־הַקֶּרֶב׃

vehikrív mimménou korbanó iché ladonáy et-ha'hélev hamkhassé et-hakkérev ve'ét kol-ha'hélev achér al-hakkérev

14 Et il apportera de lui un sacrifice consumé par le feu au Très-Haut : la graisse qui couvre les entrailles, et toute la graisse qui est sur les organes internes,

Certes, chez les petits boucs (peu de gens le savent) il y a aussi une petite queue grasse, mais elle est si petite qu'on ne l'emploie pas comme nourriture et qu'on peut la négliger. C'est pourquoi, de tous les trois animaux, seul se distingue le petit bélier, dont on apporte en sacrifice encore aussi la queue grasse.

Pourquoi la Torah répète-t-elle trois fois, pourquoi ne pas dire en une seule liste : « Qu'il apporte un taureau, un petit bélier ou un petit bouc ? » Pour que l'homme dont le don est modeste et qui ne peut apporter qu'un petit bouc puisse, en s'appuyant sur cela, dire : « Mais pour mon petit bouc, il n'y a pas moins de versets dans la Torah que pour votre jeune taureau. Le Très-Haut ne fait absolument aucune différence. C'est pourquoi mon petit bouc, je ne l'apporterai pas par la porte de service, ni avec un pot-de-vin, ni en cachette, mais je l'apporterai moi aussi ouvertement ». Et les kohanim servent exactement de la même façon celui qui a apporté un petit bouc que celui qui a apporté un taureau, sans faire aucune différence. C'est pourquoi la Torah le répète exprès. Et de nouveau, la part qui appartient au Très-Haut est une seule et même. Pour la troisième fois se répète dans la Torah un même contenu de verset.

וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵהֶן אֲשֶׁר עַל־הַכְּסָלִים וְאֶת־הַיֹּתֶרֶת עַל־הַכָּבֵד עַל־הַכְּלָיֹת יְסִירֶנָּה׃

ve'ét cheté hakkelayot ve'et-ha'hélev achér alehén achér al-hakkessalím ve'et-hayotéret al-hakkavéd al-hakkelayot yesirénna

15 Et les deux reins, et la graisse interne qui est sur eux et qui est sur le haut des cuisses, et le lobe caudé du foie, à partir des reins, il le séparera.

 Et les actions du kohen sont exactement les mêmes avec ces parties.

וְהִקְטִירָם הַכֹּהֵן הַמִּזְבֵּחָה לֶחֶם אִשֶּׁה לְרֵיחַ נִיחֹחַ כָּל־חֵלֶב לַיהוָה׃

vehiktirám hakkohén hammizbé'ha lé'hem iché leréya'h ni'hóa'h kol-'hélev ladonáy

16 Et le kohen fera fumer (élèvera) sur l'autel le pain du sacrifice consumé par le feu, pour une odeur de bonne senteur, toute la graisse interne au SEIGNEUR.

Sur ce, la Torah termine l'instruction sur l'apport du sacrifice de paix et ajoute un ordre :

חֻקַּת עוֹלָם לְדֹרֹתֵיכֶם בְּכֹל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם כָּל־חֵלֶב וְכָל־דָּם לֹא תֹאכֵלוּ׃

'houkkát olám ledorotekhém bekhól mochevotekhém kol-'hélev vekhol-dám lo tokhélou

17 Voici un ordre éternel pour vos lignées, pour votre génération, dans toutes vos demeures, partout où vous viviez : ne mangez aucune graisse interne, et le sang, ne le mangez pas.

Nous avons dit que la graisse interdite à la consommation, c'est le 'hélev, la graisse qui couvre la cavité des organes internes et les organes internes eux-mêmes. C'est-à-dire que c'est la graisse qui couvre les reins et en général la cavité du ventre, une graisse de couleur jaunâtre, qui se détache facilement et se dispose en couches. Cela ne concerne ni la graisse de la queue grasse, ni la graisse qui se trouve, par exemple, sur les côtelettes de mouton. Nous pouvons inviter le Très-Haut et Le régaler de ces parties non comestibles pour nous, et Le réjouir, bien que, bien sûr, ce soit métaphorique : le Très-Haut, évidemment, ne mange pas, Il n'a pas besoin de notre repas, il faut s'en souvenir, mais Il nous permet comme de L'inviter à notre festin. C'est – une grande grâce envers nous. Et nous voyons qu'à travers Sa participation à notre sacrifice, à notre repas commun, Il porte comme sur Lui-même certaines de nos qualités, porte sur Lui-même notre composante pécheresse, notre nature pécheresse. C'est la réponse du Très-Haut à notre invitation, qui Lui est faite, de venir chez nous au festin et de partager avec nous la joie.

Hygiène divine

Vayikra 4,1–4,35

Dans les trois chapitres précédents, nous avons d'abord parlé du sacrifice ola, l'holocauste, puis du sacrifice min'ha et, enfin, du sacrifice de paix, le sacrifice chélamim. Aujourd'hui nous allons parler d'un tout autre genre de sacrifices. C'est bien quand on peut apporter au Très-Haut un don, apporter au Très-Haut un sacrifice d'action de grâce ou de réconciliation, que l'homme apporte de sa propre volonté, selon sa bonne disposition. Ou bien apporter un sacrifice pour ressentir ou pour rectifier ses relations avec le Très-Haut, là encore selon sa propre disposition. Mais il arrive des cas où l'homme se brouille avec le Très-Haut.

À la différence de la culture païenne, des croyances païennes, dans le judaïsme, dans la Torah, l'homme est doté de capacités incroyables, d'une force incroyable : il peut chasser le Très-Haut. Dans les mythes païens, les dieux ont un lieu d'habitation déterminé : les dieux grecs vivent sur l'Olympe, les dieux scandinaves vivent à Asgard, d'autres dieux vivent encore ailleurs, et de là tu ne les déloges pas, quoi que tu fasses, ce sont eux-mêmes qui chasseront qui ils veulent. Le Très-Haut a daigné s'établir, faire du peuple d'Israël Sa maison. Et quand dans le peuple apparaît une impureté (non pas une saleté physique, mais la toum'a, souillure, une saleté au sens métaphysique, spirituel), alors le Très-Haut ne peut pas vivre au milieu de son peuple et s'éloigne. C'est pourquoi, quand l'homme pèche, volontairement ou involontairement, il se dégage dans la sphère spirituelle une certaine impureté, toum'a, quelque chose qui ressemble à un virus. Le Très-Haut est longanime : comme l'a remarqué Moché, Il inspire longuement, un certain niveau d'impureté, Il le supporte. Mais quand la saleté s'accumule à ce niveau, le Très-Haut ne veut plus demeurer dans une telle insalubrité spirituelle et s'en va. C'est pourquoi, quand l'homme pèche, le Sanctuaire est souillé, la Maison du Très-Haut est souillée, et celui-ci a besoin d'un nettoyage.

Un homme qui a eu des écoulements (nous lirons encore à ce sujet) peut aller s'immerger dans le mikva (dans un bassin d'eau) et ainsi se purifier. Un homme qui a commis une faute peut faire téchouva (se repentir), et il semble que la purification ait lieu. Mais que s'est-il passé quand le Très-Haut s'est éloigné ? L'homme lui-même aussi s'est éloigné du Très-Haut.

Le célèbre écrivain Oscar Wilde a un roman, « Le Portrait de Dorian Gray ». L'intrigue consiste en ceci (je vais la raconter de façon très simplifiée) : un certain peintre a peint le portrait d'un scélérat d'une belle apparence nommé Dorian Gray. Dorian Gray a exprimé à voix haute le rêve que le portrait vieillisse et que lui-même acquière une jeunesse éternelle, que ce soit ainsi, et non l'inverse. Et Dorian Gray s'est lancé dans tous les excès et agissait comme il convient d'agir à un scélérat de l'époque victorienne : il a joué de mauvais tours à beaucoup de gens, il a fait beaucoup de mal. Peu à peu il a commencé à remarquer certaines déformations du visage de son portrait, et finalement le portrait s'est transformé en un spectacle répugnant. Et Dorian Gray lui-même, pendant ce temps, conservait sa jeunesse et était un scélérat victorien glamour et plein de succès.

Une situation semblable arrive à l'homme qui a péché de façon imperceptible ou perceptible. Il semble que sa vie suive son cours, et c'est l'éternelle question : pourquoi les méchants prospèrent-ils ? Mais l'homme, ce n'est pas seulement un corps physique, et quelque part chacun de nous a un portrait qui se déforme, s'enlaidit, quand nous commettons un péché, quand nous devenons impurs. Et même après que nous nous sommes repentis, nous avons besoin qu'on nous ramène à l'état de proximité avec le Très-Haut, qu'on nous ramène à l'état originel de notre portrait, qu'on fasse toutes les opérations esthétiques nécessaires pour aplanir ces difformités que nous avons infligées à notre visage par les touches de pinceau de nos péchés.

Revenons à notre pécheur : donc, quand il a péché, le Très-Haut s'est éloigné de lui. Une distance est apparue entre lui et le Très-Haut, ils se sont retrouvés loin l'un de l'autre. Et alors à quoi bon que l'homme se soit purifié ? Il faut encore quelque chose – ce qui le rapprochera de nouveau du Très-Haut, une sorte d'ascenseur ou une sorte de navette qui le remonterait de nouveau vers le Très-Haut, le purifierait et le ramènerait dans le voisinage du Très-Haut, réparerait ce même portrait invisible que j'ai pris en exemple. Et c'est pour cela qu'existe le sacrifice (korban, de la racine kouf-reich-bet – rapprocher).

Dans notre chapitre, nous allons parler du sacrifice qui s'appelle 'hatat. Et par l'écriture et par le son, ce mot ressemble à 'het (péché), comme une sorte de formation artificielle au féminin, si un tel mot existait. Mais ce n'est pas une compréhension très appropriée, bien qu'elle vienne manifestement sur la langue. Encore un sens du mot 'hatat – c'est désinfection, purification. La purification non pas de l'homme lui-même, mais la purification du Sanctuaire comme lieu où l'homme peut se tenir devant le Très-Haut. Pourquoi ainsi ? Parce que nous voyons que c'est justement le Sanctuaire qui est aspergé de sang, et non l'homme. Et ce même homme spirituel qui est le nôtre, l'Israélite spirituel, se trouve constamment dans le Sanctuaire avec son portrait. Et quand il commet un péché, ce n'est pas tant son essence physique qui est endommagée que son essence spirituelle, comme une petite brique dont est constitué le Sanctuaire.

Et notre chapitre décrira quatre situations différentes où un péché est commis par erreur. Dans la première situation, c'est le kohen gadol qui pèche. Dans la deuxième situation, toute la communauté d'Israël commet un péché par ignorance. La troisième situation, c'est la situation où l'un des anciens a péché. Et la quatrième situation, c'est quand quelqu'un du peuple a péché, un homme simple. Dans les quatre cas, l'autel et le Sanctuaire se trouvent souillés, et ils doivent être purifiés, sanctifiés. Ils sont sanctifiés par un sacrifice de celui qui a péché. Selon le statut, selon le niveau de celui qui a péché, le Sanctuaire est purifié de différentes manières.

Une fois par an, on faisait en plus dans le Sanctuaire un grand ménage. Cela se passait ainsi : à Yom Kippour, le kohen gadol entrait et accomplissait une sorte de purification générale, unique et globale, et l'expiation de tout le Sanctuaire, en apportant un sacrifice pour lui-même et pour les péchés du peuple, d'un seul coup pour toute la communauté. Et aujourd'hui nous avons un Grand Prêtre qui se trouve constamment dans le Sanctuaire céleste. Car nous nous souvenons que Moché a fait le Sanctuaire selon le modèle qu'il avait vu sur la montagne. Le Sanctuaire terrestre n'est que le reflet du Sanctuaire céleste. Dans l'état idéal, le Sanctuaire terrestre doit atteindre les cieux, comme toucher le ciel. Et ce qui se passe sur la terre, ce qui est lié sur la terre, doit se passer aussi dans les cieux. Là nous avons un Grand Prêtre, là nous avons une espérance. Mais aujourd'hui nous lisons comment tout cela était organisé au début et comment tout cela fonctionnait tout au commencement.


וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché, en disant :


דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר נֶפֶשׁ כִּי־תֶחֱטָא בִשְׁגָגָה מִכֹּל מִצְוֹת יְהוָה אֲשֶׁר לֹא תֵעָשֶׂינָה וְעָשָׂה מֵאַחַת מֵהֵנָּה׃

dabbér el-bené yisraél lemór néfech ki-te'hetá vichgagá mikkól mitsvót adonáy achér lo te'asséna ve'assá me'a'hát mehénna

2 « Dis aux fils d'Israël, en disant : une âme, si elle pèche par erreur, de tous les commandements du SEIGNEUR qui sont commandés de ne pas faire, et a fait l'un d'eux,

C'est maintenant une annonce générale. Le Très-Haut dit : voici ce qu'il faut faire si vous transgressez l'un des commandements du Très-Haut. Pourquoi tout ce chapitre, pourquoi cela est-il dit ? Car le peuple d'Israël est choisi comme demeure du Très-Haut, choisi comme le peuple sur lequel reposera constamment la gloire du Très-Haut, dans lequel le Très-Haut vivra. Et comment être ami avec Lui, on nous l'a déjà décrit. Que faire si, malgré nous, bien que nous L'aimions, nous avons péché ? Comment faire la paix avec Lui ? Voilà de quoi il va être question.

Donc, le premier cas, comme nous l'avons dit, c'est le cas où le kohen gadol pèche.


אִם הַכֹּהֵן הַמָּשִׁיחַ יֶחֱטָא לְאַשְׁמַת הָעָם וְהִקְרִיב עַל חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא פַּר בֶּן־בָּקָר תָּמִים לַיהוָה לְחַטָּאת׃

im hakkohén hammachíya'h ye'hetá le'achmát ha'ám vehikrív al 'hattató achér 'hatá par ben-bakár tamím ladonáy le'hattát

3 Si le kohen oint pèche, et qu'il y ait une culpabilité sur le peuple (le peuple ressent la culpabilité), il apportera pour son péché par lequel il a péché un taureau (fils de bovin, taureau fils de taureau) pur en sacrifice de purification au Très-Haut.

Car le grand prêtre, comme nous l'avons déjà dit, ce n'est pas simplement un homme, le grand prêtre, c'est un homme-peuple, un homme qui se tient devant pour tout le peuple. S'il pèche dans cet état, sa culpabilité, c'est une culpabilité qui retombe sur tout le peuple. Et quand nous parlons d'achma (culpabilité), il faut se rappeler que nous parlons du sentiment de cette culpabilité chez l'homme lui-même. Il est impossible de forcer un homme à se sentir coupable et de le forcer à apporter un sacrifice. C'est-à-dire que théoriquement c'est bien sûr possible, même pratiquement c'est possible. Mais s'il ne se sent pas réellement coupable, alors son sacrifice non plus n'aura aucune force.


וְהֵבִיא אֶת־הַפָּר אֶל־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד לִפְנֵי יְהוָה וְסָמַךְ אֶת־יָדוֹ עַל־רֹאשׁ הַפָּר וְשָׁחַט אֶת־הַפָּר לִפְנֵי יְהוָה׃

veheví et-happár el-péta'h óhel mo'éd lifné adonáy vessamákh et-yadó al-róch happár vecha'hát et-happár lifné adonáy

4 Et il amènera ce taureau à l'entrée de la Tente d'assignation devant le SEIGNEUR, et posera sa main sur la tête du taureau, et égorgera ce taureau devant le SEIGNEUR.

Dans la physique du temple, nous nous représentons comme si le Très-Haut nous regardait par l'entrée de la Tente d'assignation (ohel mo'ed), comme si Son regard était dirigé vers nous depuis la Tente. C'est pourquoi, quand nous disons devant l'entrée de la Tente, c'est comme devant le Très-Haut. Bien entendu, devant le Très-Haut, c'est partout, n'importe où, mais nous parlons maintenant la langue du Temple.

Et ici, plus loin, apparaît une différence avec tous les autres sacrifices dont nous avons lu auparavant.


וְלָקַח הַכֹּהֵן הַמָּשִׁיחַ מִדַּם הַפָּר וְהֵבִיא אֹתוֹ אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד׃

velaká'h hakkohén hammachíya'h middám happár veheví otó el-óhel mo'éd

5 Et le kohen oint prit du sang du taureau, et l'apporta dans la Tente d'assignation.

Ici le kohen est appelé oint (hakkohen hammachia'h), parce que dans ce cas il représente Aharon. Tous les autres sont dans le statut des fils d'Aharon, mais ce kohen est dans le statut d'Aharon lui-même, de celui qui porte l'onction principale de la prêtrise. Nous voyons ici pour la première fois que le sang est apporté dans la Tente d'assignation. Là encore, il n'en sera pas ainsi avec tous les sacrifices. Il s'agit ici du grand prêtre, c'est-à-dire d'un homme très haut placé, du primat, de celui qui est destiné au service dans le Saint. S'il a fait des bêtises, s'il a sali, cette saleté se manifeste dans le Saint, et c'est là qu'il entre.


וְטָבַל הַכֹּהֵן אֶת־אֶצְבָּעוֹ בַּדָּם וְהִזָּה מִן־הַדָּם שֶׁבַע פְּעָמִים לִפְנֵי יְהוָה אֶת־פְּנֵי פָּרֹכֶת הַקֹּדֶשׁ׃

vetavál hakkohén et-etsbaó baddám vehizzá min-haddám chéva pe'amím lifné adonáy et-pené parókhet hakkódech

6 Et le kohen trempa son doigt dans le sang, et aspergea (secoua) le sang sept fois devant le SEIGNEUR, devant le voile saint.

Ce n'est pas sur le voile lui-même, mais devant le voile qu'il asperge ce sang, dans sa direction. Si cela tombe sur le voile, ce n'est pas grave, mais le but est de ne pas asperger le voile. Dans les sacrifices de purification, on asperge le sang là où une purification est nécessaire. Dans ce cas, c'est le voile qui est purifié par le sang, et ensuite :


וְנָתַן הַכֹּהֵן מִן־הַדָּם עַל־קַרְנוֹת מִזְבַּח קְטֹרֶת הַסַּמִּים לִפְנֵי יְהוָה אֲשֶׁר בְּאֹהֶל מוֹעֵד וְאֵת כָּל־דַּם הַפָּר יִשְׁפֹּךְ אֶל־יְסוֹד מִזְבַּח הָעֹלָה אֲשֶׁר־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד׃

venatán hakkohén min-haddám al-karnót mizbá'h ketóret hassammím lifné adonáy achér be'óhel mo'éd ve'ét kol-dám happár yichpókh el-yesód mizbá'h ha'olá acher-péta'h óhel mo'éd

7 Et le kohen mettra du sang sur les cornes de l'autel des encensements devant le SEIGNEUR, qui est dans la Tente d'assignation, et tout le reste du sang du taureau, il doit le verser à la base de l'autel de l'holocauste, qui est devant l'entrée de la Tente d'assignation.

Outre que le kohen asperge et purifie le parokhet (voile), il purifie avec le sang aussi l'autel des encensements, qui se trouve dans le Saint. Puisque le kohen, comme nous l'avons dit, a fait des bêtises dans le Saint, son lieu de travail, c'est le Saint, c'est donc là qu'a lieu la purification. Sept fois il asperge le voile, ensuite il asperge les cornes de l'autel. Sept, c'est un nombre symbolique, qui achève un cycle. Le nombre sept signifie énormément de choses dans la Torah, par exemple les jours de la semaine et ainsi de suite. Et le reste du sang, il le verse déjà dehors, en purifiant l'autel de l'holocauste. C'est-à-dire qu'il se fait un de ces grands nettoyages en profondeur, où l'on nettoie et dans le Saint, et dans la cour du Temple.


וְאֶת־כָּל־חֵלֶב פַּר הַחַטָּאת יָרִים מִמֶּנּוּ אֶת־הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה עַל־הַקֶּרֶב וְאֵת כָּל־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עַל־הַקֶּרֶב׃

ve'et-kol-'hélev par ha'hattát yarím mimménnou et-ha'hélev hamkhassé al-hakkérev ve'ét kol-ha'hélevLa translittération russe déforme ici ce mot par une lettre de trop ; l'hébreu porte ha'hélev (« la graisse »), que la translittération française suit. achér al-hakkérev

8 Et toute la graisse du taureau purificatoire, il la lèvera, (c'est-à-dire qu'il la prendra d'un seul morceau et la séparera) – tout ce qui couvre les entrailles, il enlèvera toute la graisse qui est sur les entrailles.


וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵיהֶן אֲשֶׁר עַל־הַכְּסָלִים וְאֶת־הַיֹּתֶרֶת עַל־הַכָּבֵד עַל־הַכְּלָיוֹת יְסִירֶנָּה׃

ve'ét cheté hakkelayot ve'et-ha'hélev achér alehén achér al-hakkessalím ve'et-hayotéret al-hakkavéd al-hakkelayot yesirénna

9 Et les deux reins avec la graisse qui est sur eux, et la graisse qui est sur la partie supérieure des cuisses, et le lobe caudé du foie avec les reins, il les séparera,

Ici, selon un principe semblable à celui du sacrifice chélamim, le kohen sépare des parts des entrailles du taureau pour l'offrande sur l'autel.


כַּאֲשֶׁר יוּרַם מִשּׁוֹר זֶבַח הַשְּׁלָמִים וְהִקְטִירָם הַכֹּהֵן עַל מִזְבַּח הָעֹלָה׃

ka'achér yourám michór zéva'h hachelamím vehiktirám hakkohén al mizbá'h ha'olá

10 Comme on les lève du taureau qui est offert en sacrifice en chélamim, et le kohen les brûle (les fait fumer) sur l'autel de l'holocauste.

Comme dans le cas du sacrifice chélamim (sacrifice de réconciliation), exactement de la même manière le kohen séparera les entrailles et les brûlera sur l'autel. Et c'est la part du Très-Haut dans tout sacrifice. Qui d'autre reçoit une part de ce sacrifice ? Dans ce cas-ci, personne n'en reçoit.


וְאֶת־עוֹר הַפָּר וְאֶת־כָּל־בְּשָׂרוֹ עַל־רֹאשׁוֹ וְעַל־כְּרָעָיו וְקִרְבּוֹ וּפִרְשׁוֹ׃

ve'et-ór happár ve'et-kol-bessaró al-rochó ve'al-kera'áv vekirbó oufirchó

11 Et la peau du taureau, toute sa chair avec la tête et ses jarrets, et ses entrailles avec le fumier,

Si nous nous en souvenons, dans le sacrifice chélamim les entrailles étaient lavées, là il fallait nettoyer les entrailles. Ici rien n'est lavé, et l'on prend la peau du taureau avec la tête et les jarrets, avec son fumier, qui est dans les intestins.


וְהוֹצִיא אֶת־כָּל־הַפָּר אֶל־מִחוּץ לַמַּחֲנֶה אֶל־מָקוֹם טָהוֹר אֶל־שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן וְשָׂרַף אֹתוֹ עַל־עֵצִים בָּאֵשׁ עַל־שֶׁפֶךְ הַדֶּשֶׁן יִשָּׂרֵף׃

vehotsí et-kol-happár el-mi'hoúts lamma'hané el-makóm tahór el-chéfekh haddéchen vessaráf otó al-etsím ba'éch al-chéfekh haddéchen yissaréf

12 Et il sortira tout ce taureau hors du camp, en un lieu pur – là où l'on déverse la cendre, et il le brûla là sur du bois, au feu, à l'endroit où l'on jette la cendre.

Nous en avons déjà parlé, maintenant nous allons l'examiner un peu plus en détail. Quand un homme apporte un holocauste, en réalité, il ne brûle pas entièrement, il est impossible de brûler tout le sacrifice. Il reste une sorte de cendre grasse particulière, qu'on ne peut pas brûler. On la prenait avec des pelles, on en posait une partie près de l'autel. On raconte un miracle, comme quoi la terre absorbait cette cendre (je ne sais pas). L'autre partie, on la portait hors du camp comme témoignage de ce que des sacrifices sont apportés au Temple, de ce qu'un certain travail a lieu. C'est comme lorsque près d'un magasin il y a des cartons de boîtes de conserve, et on peut dire : dans ce magasin on vend des conserves, il s'y fait un certain travail. Exactement de la même façon, comme des sortes de pelures ou d'enveloppes, cette cendre était portée dehors. Cette cendre, la présence de cette cendre en nous – même quand nous ne pouvons pas nous-mêmes nous consacrer tout entiers au Très-Haut, que nous ne pouvons pas nous donner entièrement en holocauste, autant que nous le voudrions – c'est aussi, en réalité, un témoignage de notre travail. Vers cette cendre, vers cet endroit, qui est une décharge d'ordures, une décharge de cendres, on porte ce taureau. Dans ce cas (à la différence des autres cas de sacrifice pour le péché) le kohen ne mange pas sa part du sacrifice, parce qu'il est la partie qui pèche : bien qu'il apporte le sacrifice, sa part, il ne la reçoit pas.

Le deuxième cas, la deuxième situation dont parle la Torah, c'est quand toute la communauté d'Israël pèche, tout le peuple d'Israël. Les commentateurs disent que, peut-être, il s'agit ici du tribunal, pas de tout le peuple. Mais si nous lisons le sens simple de la Torah, alors toute la communauté, tout le peuple a péché d'un péché incompréhensible, tout le peuple s'est trompé et a pris conscience de cette erreur.


וְאִם כָּל־עֲדַת יִשְׂרָאֵל יִשְׁגּוּ וְנֶעְלַם דָּבָר מֵעֵינֵי הַקָּהָל וְעָשׂוּ אַחַת מִכָּל־מִצְוֹת יְהוָה אֲשֶׁר לֹא־תֵעָשֶׂינָה וְאָשֵׁמוּ׃

ve'ím kol-adát yisraél yichgoú vene'lám davár me'ené hakkahál ve'assoú a'hát mikkol-mitsvót adonáy achér lo-te'asséna ve'achémou

13 Et si toute la communauté d'Israël s'est trompée, et que cela a été caché aux yeux de la communauté (de la foule), et qu'ils ont fait l'un des commandements du SEIGNEUR, qui est interdit, et se sont sentis impurs,


וְנוֹדְעָה הַחַטָּאת אֲשֶׁר חָטְאוּ עָלֶיהָ וְהִקְרִיבוּ הַקָּהָל פַּר בֶּן־בָּקָר לְחַטָּאת וְהֵבִיאוּ אֹתוֹ לִפְנֵי אֹהֶל מוֹעֵד׃

venode'á ha'hattát achér 'hate'oú aléha vehikrívou hakkahál par ben-bakár le'hattát vehevíou otó lifné óhel mo'éd

14 Et ils apprirent le péché qu'ils avaient commis, et la communauté apportera par ben-bakar (un jeune taureau, un taureau fils de taureau) en sacrifice purificatoire, ils l'amèneront à la Tente d'assignation,

La communauté a transgressé le commandement, a fait ce dont il est dit : ne fais pas, et ils apprirent le péché qu'ils avaient commis. Qu'est-ce que cela signifie ? Nous avons dit qu'un homme peut pécher par mégarde d'un certain péché et ne pas savoir de quel péché précisément ; il peut même ne pas savoir qu'il a péché. Par exemple, quelque part il a touché quelque chose d'impur, ce qui est interdit, ou quelque part il a mangé quelque chose en pensant que c'était une nourriture permise, alors que ce n'est pas le cas. Et encore beaucoup de désagréments de toutes sortes peuvent arriver. L'homme n'a pas appris où il a péché, mais il sentait quelque chose d'impur en lui. Et alors, comme nous l'avons dit, il peut apporter un sacrifice ola (holocauste). Mais s'il a appris, s'il lui a été révélé en quoi il a péché, alors il apporte un sacrifice 'hatat (sacrifice purificatoire). Ici, c'est le cas où d'abord on a péché par mégarde, « le détachement n'a pas remarqué… » qu'il avait péché, et ensuite on a appris en quoi consistait le péché, c'est-à-dire qu'on doit aussi apporter un sacrifice 'hatat.


וְסָמְכוּ זִקְנֵי הָעֵדָה אֶת־יְדֵיהֶם עַל־רֹאשׁ הַפָּר לִפְנֵי יְהוָה וְשָׁחַט אֶת־הַפָּר לִפְנֵי יְהוָה׃

vessamekhoú zikné ha'edá et-yedehém al-róch happár lifné adonáy vecha'hát et-happár lifné adonáy

15 Et les anciens de la communauté poseront leurs mains sur la tête du taureau devant le SEIGNEUR, et ils égorgeront le taureau devant le SEIGNEUR.


וְהֵבִיא הַכֹּהֵן הַמָּשִׁיחַ מִדַּם הַפָּר אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד׃

veheví hakkohén hammachíya'h middám happár el-óhel mo'éd

16 Et le kohen oint apporte le sang du taureau dans la Tente d'assignation,


וְטָבַל הַכֹּהֵן אֶצְבָּעוֹ מִן־הַדָּם וְהִזָּה שֶׁבַע פְּעָמִים לִפְנֵי יְהוָה אֵת פְּנֵי הַפָּרֹכֶת׃

vetavál hakkohén etsba'ó min-haddám vehizzá chéva pe'amím lifné adonáy et-pené happarókhet

17 Et le kohen trempa son doigt dans le sang, et aspergea sept fois devant le SEIGNEUR, devant le voile (en direction du voile).

וּמִן־הַדָּם יִתֵּן עַל־קַרְנֹת הַמִּזְבֵּחַ אֲשֶׁר לִפְנֵי יְהוָה אֲשֶׁר בְּאֹהֶל מוֹעֵד וְאֵת כָּל־הַדָּם יִשְׁפֹּךְ אֶל־יְסוֹד מִזְבַּח הָעֹלָה אֲשֶׁר־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד׃

oumin-haddám yittén al-karnót hammizbéya'h achér lifné adonáy achér be'óhel mo'éd ve'ét kol-haddám yichpókh el-yesód mizbá'h ha'olá acher-péta'h óhel mo'éd

18 Et du sang, il en mettra sur les cornes de l'autel qui est devant le SEIGNEUR, qui est dans la Tente d'assignation, et tout le sang, il le versera vers la base de l'autel de l'holocauste, qui est devant l'entrée de la Tente d'assignation.

Ici il s'agit de nouveau de l'autel des encensements, bien qu'il ne soit pas nommé directement. Tout se fait presque de la même façon que cela se faisait aussi dans le premier cas, sauf que ce n'est pas un seul homme qui pose les mains sur le taureau, mais tous les chefs de la communauté posent les mains sur le taureau.


וְאֵת כָּל־חֶלְבּוֹ יָרִים מִמֶּנּוּ וְהִקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה׃

ve'ét kol-'helbó yarím mimménnou vehiktír hammizbé'ha

19 Et toute la graisse, il la lèvera de lui et l'élèvera sur l'autel.


וְעָשָׂה לַפָּר כַּאֲשֶׁר עָשָׂה לְפַר הַחַטָּאת כֵּן יַעֲשֶׂה־לּוֹ וְכִפֶּר עֲלֵהֶם הַכֹּהֵן וְנִסְלַח לָהֶם׃

ve'assá lappár ka'achér assá lefár ha'hattát ken ya'asse-ló vekhippér alehém hakkohén venislá'h lahém

20 Et il fera avec le taureau comme il a fait avec le premier taureau, ainsi fera-t-il aussi avec celui-ci, et le kohen les expia, et il leur sera pardonné.

Le kohen a expié la communauté, et il a été pardonné à la communauté. Pourquoi, dans le premier cas, ne lisons-nous pas à propos du kohen qu'il s'est expié lui-même (ou qu'il est expié) et qu'il lui est pardonné, alors qu'ici nous le lisons, et plus loin nous lirons encore cette expression ? Examinons cela.

La racine kaf-pé-réch signifie expiation, couverture, ainsi, le mot lekhaper (expier) signifie couvrir ; de la même racine vient le mot kaporet (couvercle). C'est-à-dire que le kohen a recouvert leur impureté, on peut dire, a colmaté leur impureté, a colmaté tous les trous d'ozone qu'ils avaient faits dans l'atmosphère.

Maintenant, à propos du mot lehisloa'h (nisla'h – il sera pardonné). Il est lié au mot rapprocher et au mot soulever : lislol – frayer un chemin, soulam – c'est une échelle ; lessalek – c'est éloigner, rejeter et ainsi de suite. C'est-à-dire que le mot sli'ha (pardon) est lié au rapprochement et à l'éloignement dans l'espace : il leur sera permis de s'approcher du Très-Haut, ou le Très-Haut s'approchera d'eux. Cette distance même, qui était apparue à cause de l'impureté entre la communauté d'Israël et le Très-Haut, elle se réduira, parce que le Temple est purifié, une désinfection a eu lieu, et le Sanctuaire est de nouveau pur, et ce qu'ils ont fait est réparé. Et c'est cela, à proprement parler, la sli'ha – non pas un pardon tel que lorsque nous remettons une dette à quelqu'un, mais le rétablissement de cette proximité qu'avait le peuple avec le Très-Haut.

Maintenant répondons à la question posée. À l'égard du grand prêtre il n'est pas dit et il sera expié, et il lui sera pardonné, parce que le grand prêtre se trouve à un tel niveau de sainteté, à un tel niveau de proximité avec le Très-Haut, que dans son cas il se trompe une seule fois, comme un démineur. À cette distance à laquelle il était, dans cette proximité, dans cette sainteté, il ne pourra plus entrer. Et pour toute la vie il est resté avec ce doute, avec une certaine lésion, qui pour la plus grande part est réparée, mais pas définitivement. C'est pourquoi pour le kohen il n'y a pas l'expiation et le pardon qu'il y a pour tous les autres.


וְהוֹצִיא אֶת־הַפָּר אֶל־מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְשָׂרַף אֹתוֹ כַּאֲשֶׁר שָׂרַף אֵת הַפָּר הָרִאשׁוֹן חַטַּאת הַקָּהָל הוּא׃

vehotsí et-happár el-mi'hoúts lamma'hané vessaráf otó ka'achér saráf et happár harichón 'hattát hakkahál hou

21 Et il sortira le taureau hors du camp, et le brûlera, comme il a brûlé le premier taureau. C'est le sacrifice communautaire pour le péché.

À partir du verset 22 est examiné le troisième cas – quand c'est un chef qui pèche.


אֲשֶׁר נָשִׂיא יֶחֱטָא וְעָשָׂה אַחַת מִכָּל־מִצְוֹת יְהוָה אֱלֹהָיו אֲשֶׁר לֹא־תֵעָשֶׂינָה בִּשְׁגָגָה וְאָשֵׁם׃

achér nassí ye'hetá ve'assá a'hát mikkol-mitsvót adonáy eloháv achér lo-te'asséna bichgagá ve'achém

22 Quand un chef péchera, et a fait l'un des commandements du SEIGNEUR son Dieu, qu'il est interdit de faire, par erreur, et se sent coupable,

Dans les deux premiers cas nous lisions : si le kohen pèche et si toute la communauté d'Israël pèche. Ici nous lisons une chose étonnante : quand le chef péchera. À l'égard du chef, il n'y a pas la question si, il y a la question quand. Quand donc le chef péchera-t-il ? Un homme qui détient le pouvoir se trompe inévitablement, pèche inévitablement, parce qu'il doit prendre une masse de décisions en peu de temps. Tout homme, surtout un homme qui conduit une voiture, sait que pendant la conduite il doit prendre beaucoup de décisions différentes en l'espace d'une ou deux minutes. Parfois toutes ses décisions ne seront pas les plus justes. Exactement de la même façon, un médecin, un enseignant et quiconque répond de lui-même et des autres dans un quelconque monde dynamique ne peut pas ne pas se tromper dans ses actions. C'est pourquoi il n'y a pas de question : le chef se trompera-t-il ? Il se trompera. Il prend tant de décisions que si 90 % de ses décisions sont justes, ce sera déjà un chef remarquable. Néanmoins il se trompe. Acher nassi ye'heta (quand un chef péchera) – ici on peut prêter attention au mot ye'heta (péchera). Il est lié par la même racine au mot leha'hti (manquer le but), c'est pourquoi c'est un péché non intentionnel. Il y a d'autres mots, et nous en parlerons encore, et j'en ai parlé aussi auparavant.


אוֹ־הוֹדַע אֵלָיו חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא בָּהּ וְהֵבִיא אֶת־קָרְבָּנוֹ שְׂעִיר עִזִּים זָכָר תָּמִים׃

o-hodá eláv 'hattató achér 'hatá ba veheví et-korbanó se'ír izzím zakhár tamím

23 Et, si son péché, par lequel il a péché, lui est devenu connu, il apportera en son sacrifice un chevreau de sexe mâle sans défaut,

C'est-à-dire que quelqu'un est venu et l'a dénoncé, ou bien, à la suite de certaines vérifications, cela s'est révélé. Ici, chevreau peut se comprendre aussi comme beaucoup de boucs. Naturellement, tout de suite une question : pourquoi le grand prêtre apporte-t-il un taureau, la communauté apporte aussi un taureau, et le chef (l'ancien) apporte simplement un bouc ? Premièrement, le bouc, c'est celui qui souvent mène le troupeau. Il marche devant le troupeau et se comporte parfois de telle sorte que dans le Tanakh le mot a reçu une connotation négative : les boucs piétinaient tout devant eux et, en somme, « se comportaient comme des boucs ». Deuxièmement, le bouc, de par sa nature, n'obéit à personne d'autre que son maître, c'est ce qu'on dit d'eux. Je ne suis pas berger, mais de très nombreux commentateurs disent qu'on n'emmène pas un bouc aussi facilement qu'un bélier : il est têtu, il sait qui suivre. C'est pourquoi le chef apporte un bouc en sacrifice.


וְסָמַךְ יָדוֹ עַל־רֹאשׁ הַשָּׂעִיר וְשָׁחַט אֹתוֹ בִּמְקוֹם אֲשֶׁר־יִשְׁחַט אֶת־הָעֹלָה לִפְנֵי יְהוָה חַטָּאת הוּא׃

vessamákh yadó al-róch hassa'ír vecha'hát otó bimkóm acher-yich'hát et-ha'olá lifné adonáy 'hattát hou

24 Et il posera sa main sur la tête du bouc, et l'abattra à l'endroit où l'on offre l'holocauste, devant le SEIGNEUR ; sacrifice purificatoire.

Pourquoi est-il dit ici qu'il l'abattra à l'endroit où l'on offre le sacrifice ola (holocauste) ? Pour que ceux qui regardent de l'extérieur ne pensent pas : « Aha, le chef a péché. De quoi donc, c'est intéressant, a-t-il péché ? Il a donné un pot-de-vin ou autre chose ? » Cela ressemble à un homme qui doit apporter un certificat d'un dispensaire de narcologie. Et voilà qu'il y entre, et les gens pensent aussitôt : « Ah, cet homme est un toxicomane, ou quelque chose de semblable ». Ou d'autres certificats, d'un caractère pas très agréable, qu'il faut aller chercher. Un homme, un chef, va apporter un sacrifice pour le péché, en sentant son impureté. C'est une question de ce qui se tient entre lui et le Très-Haut, ce n'est pas quelque chose qui doit être discuté dans la presse jaune ou inscrit sur des pierres jaunes. C'est pourquoi il apporte un sacrifice qu'on ne peut pas distinguer à vue d'un sacrifice ola, c'est ainsi qu'il est dit à ce sujet. Mais ce n'est que pour l'observateur extérieur.


וְלָקַח הַכֹּהֵן מִדַּם הַחַטָּאת בְּאֶצְבָּעוֹ וְנָתַן עַל־קַרְנֹת מִזְבַּח הָעֹלָה וְאֶת־דָּמוֹ יִשְׁפֹּךְ אֶל־יְסוֹד מִזְבַּח הָעֹלָה׃

velaká'h hakkohén middám ha'hattát be'etsbaó venatán al-karnót mizbá'h ha'olá ve'et-damó yichpókh el-yesód mizbá'h ha'olá

25 Et le kohen prendra du sang du sacrifice purificatoire avec son doigt, et nettoiera les cornes de l'autel de l'holocauste, et le sang, il le versera sur la base de l'autel de l'holocauste.

Faites attention : quand c'est un chef (c'est-à-dire un homme qui n'a pas de rapport avec le Saint), alors le sang n'est pas apporté dans le Saint, mais c'est l'autel de l'holocauste qui est purifié par le sang.


וְאֶת־כָּל־חֶלְבּוֹ יַקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה כְּחֵלֶב זֶבַח הַשְּׁלָמִים וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן מֵחַטָּאתוֹ וְנִסְלַח לוֹ׃

ve'et-kol-'helbó yaktír hammizbé'ha ke'hélev zéva'h hachelamím vekhippér aláv hakkohén me'hattató venislá'h lo

26 Et toute la graisse, il la fera fumer sur l'autel, comme la graisse du sacrifice chélamim (sacrifice de réconciliation), et le kohen l'expiera de son péché, et il lui sera pardonné.

Pourquoi n'est-il pas dit ici que les restes du bouc, avec la peau, avec le fumier, il faut les brûler ? Parce que dans ce cas, comme dans les autres cas de sacrifice purificatoire, le kohen reçoit la viande du sacrifice. En un certain sens, on peut dire qu'il porte les péchés du peuple en mangeant la viande. Si tu ne peux pas éduquer ton peuple, alors mange à ta santé et porte à ta santé sur toi, dans tes chairs, les péchés de ton peuple. Les kohanim étaient très souvent des gens corpulents. Il y a eu des cas où on leur permettait de prier couchés, parce qu'ils ne pouvaient pas s'asseoir. Ce sont des signes de mauvaise santé et de dépravation parmi les kohanim eux-mêmes, parce que cela se passait en des temps difficiles pour le peuple ; et néanmoins tout cela a existé.

Ensuite, il sera question de la quatrième situation, quand un homme simple pèche.


וְאִם־נֶפֶשׁ אַחַת תֶּחֱטָא בִשְׁגָגָה מֵעַם הָאָרֶץ בַּעֲשֹׂתָהּ אַחַת מִמִּצְוֹת יְהוָה אֲשֶׁר לֹא־תֵעָשֶׂינָה וְאָשֵׁם׃

ve'im-néfech a'hát te'hetá vichgagá me'ám ha'árets ba'assotá a'hát mimmitsvót adonáy achér lo-te'asséna ve'achém

27 Et si une seule âme pèche par erreur, d'entre le peuple du pays (c'est-à-dire d'entre les gens simples), en transgressant l'un des commandements du SEIGNEUR, qu'Il a dit de ne pas faire, et se sent impure,


אוֹ הוֹדַע אֵלָיו חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא וְהֵבִיא קָרְבָּנוֹ שְׂעִירַת עִזִּים תְּמִימָה נְקֵבָה עַל־חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא׃

o hoda eláv 'hattató achér 'hatá veheví korbanó se'irát izzím temimá nekevá al-'hattató achér 'hatá

28 Ou si on lui (à l'homme) raconte son péché, par lequel il a péché, il apportera en son sacrifice une chevrette pure,

À la différence du sacrifice du kohen, du sacrifice de toute la communauté et du sacrifice du chef, il apporte en sacrifice précisément une chevrette pure. De très nombreux commentateurs discutent pourquoi précisément une chevrette, puisque la chevrette, c'est principalement une source de lait de chèvre, parfois de fromage, la chevrette, c'est une nourricière. Et nous avons dit que l'homme ne l'apporte pas en holocauste : rester sans chevrette avec un seul chevreau n'a pas de sens. Mais si un homme est convaincu de péché et connaît son péché, alors on lui demande aussi davantage, et c'est pourquoi ici il peut apporter même une chevrette, pour avoir le sentiment que sa contribution a du poids. Ce n'est qu'une des explications possibles, en réalité, il y en a beaucoup, et chacun est libre de se l'expliquer aussi lui-même.


וְסָמַךְ אֶת־יָדוֹ עַל רֹאשׁ הַחַטָּאת וְשָׁחַט אֶת־הַחַטָּאת בִּמְקוֹם הָעֹלָה׃

vessamákh et-yadó al roch ha'hattát vecha'hát et-ha'hattát bimkóm ha'olá

29 Et il posera sa main sur la tête du sacrifice, et abattra son sacrifice au lieu de l'holocauste.

Lui aussi apporte son sacrifice tranquillement, paisiblement, sans afficher pour quoi il apporte le sacrifice.


וְלָקַח הַכֹּהֵן מִדָּמָהּ בְּאֶצְבָּעוֹ וְנָתַן עַל־קַרְנֹת מִזְבַּח הָעֹלָה וְאֶת־כָּל־דָּמָהּ יִשְׁפֹּךְ אֶל־יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ׃

velaká'h hakkohén middamá be'etsbaó venatán al-karnót mizbá'h ha'olá ve'et-kol-damá yichpókh el-yesód hammizbéya'h

30 Et le kohen prendra du sang avec le doigt, et en oindra les cornes de l'autel de l'holocauste, et tout le reste du sang, il le versera vers la base de l'autel.

Ce sang non plus n'est pas apporté dans le Saint, et le reste du sang est de nouveau versé près de l'autel de l'holocauste, qui est dans la cour.


וְאֶת־כָּל־חֶלְבָּהּ יָסִיר כַּאֲשֶׁר הוּסַר חֵלֶב מֵעַל זֶבַח הַשְּׁלָמִים וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן הַמִּזְבֵּחָה לְרֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן וְנִסְלַח לוֹ׃

ve'et-kol-'helbá yassír ka'achér houssár 'hélev me'al-zéva'h hachelamím vehiktír hakkohén hammizbé'ha leréya'h ni'hóa'h ladonáy vekhippér aláv hakkohén venislá'h lo

31 Et toute sa graisse, il l'enlèvera, comme on enlève la graisse du sacrifice chélamim, et le kohen la fera fumer sur l'autel en sacrifice de bonne odeur pour le Très-Haut, et le kohen l'expiera, et il lui sera pardonné.

Seulement à propos de ce sacrifice, à propos du sacrifice d'un seul homme, d'un homme du peuple, il est dit que son sacrifice est de bonne odeur pour le Très-Haut, parce que pour l'homme c'est réellement un sacrifice, réellement une dépense. Peut-être que pour tout le peuple un jeune taureau, ce n'est pas du tout une dépense. Les kohanim, surtout les grands prêtres, sont des gens riches. Le chef aussi est un homme qui n'est pas pauvre, et qu'est-ce qu'un bouc pour lui ? De plus, le chef peut apporter son sacrifice parmi une multitude de boucs. Mais ce sacrifice-ci d'un homme pauvre, il est peut-être comme les deux petites pièces de la veuve de la parabole de Yéchoua, c'est vraiment une bonne odeur pour le Très-Haut.


וְאִם־כֶּבֶשׂ יָבִיא קָרְבָּנוֹ לְחַטָּאת נְקֵבָה תְמִימָה יְבִיאֶנָּה׃

ve'im-kéves yaví korbanó le'hattát nekevá temimá yevi'énna

32 Et s'il apporte une brebis en sacrifice, il amènera aussi une petite femelle pure,


וְסָמַךְ אֶת־יָדוֹ עַל רֹאשׁ הַחַטָּאת וְשָׁחַט אֹתָהּ לְחַטָּאת בִּמְקוֹם אֲשֶׁר יִשְׁחַט אֶת־הָעֹלָה׃

vessamákh et-yadó al roch ha'hattát vecha'hát otá le'hattát bimkóm achér yich'hát et-ha'olá

33 Et il posera la main sur la tête du sacrifice, et l'abattra en sacrifice purificatoire là où l'on offre l'holocauste.


וְלָקַח הַכֹּהֵן מִדַּם הַחַטָּאת בְּאֶצְבָּעוֹ וְנָתַן עַל־קַרְנֹת מִזְבַּח הָעֹלָה וְאֶת־כָּל־דָּמָהּ יִשְׁפֹּךְ אֶל־יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ׃

velaká'h hakkohén middám ha'hattát be'etsbaó venatán al-karnót mizbá'h ha'olá ve'et-kol-damá yichpókh el-yesód hammizbéya'h

34 Et le kohen prendra du sang du sacrifice avec son doigt, et en aspergera les cornes de l'autel de l'holocauste, et tout son sang, il le versera vers la base de l'autel.


וְאֶת־כָּל־חֶלְבָּה יָסִיר כַּאֲשֶׁר יוּסַר חֵלֶב־הַכֶּשֶׂב מִזֶּבַח הַשְּׁלָמִים וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֹתָם הַמִּזְבֵּחָה עַל אִשֵּׁי יְהוָה וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן עַל־חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר־חָטָא וְנִסְלַח לוֹ׃ 

ve'et-kol-'helbá yassír ka'achér youssár 'helev-hakkéssev mizzéva'h hachelamím vehiktírLa translittération russe commence ce mot par « vi » ; l'hébreu a « ve », comme au verset 31, et la translittération française suit l'hébreu. hakkohén otám hammizbé'ha al iché adonáy vekhippér aláv hakkohén al-'hattató acher-'hatá venislá'h lo

35 Et toute sa graisse, il l'enlèvera exactement de la même façon qu'on enlève la graisse d'un agneau offert en sacrifice de paix, et le kohen fera fumer sur l'autel le sacrifice consumé par le feu pour le SEIGNEUR, et le kohen couvrit le péché par lequel il a péché, et il lui sera pardonné.

Tel est donc ce quatrième chapitre du livre de Vayikra, pas simple, bien que composé de répétitions.

Je ne le ferai plus

Vayikra 5,1–26

Ainsi, nous continuons à lire la section hebdomadaire Vayikra. Nous avons déjà parlé de l'holocauste (ola), du sacrifice min'ha, du sacrifice de réconciliation (chélamim) et du sacrifice purificatoire ('hatat). Dans ce chapitre, nous allons parler du sacrifice de la faute, de culpabilité – du sacrifice qui s'appelle acham. Ce sacrifice est la réponse à la question de l'homme : que dois-je faire, quand on ne peut pas dire : je ne l'ai pas fait exprès, si c'est tout de même arrivé « exprès », mais que nous nous repentons de ce qui a été. Et ici aussi le Très-Haut a une solution, il y a une option, il y a un sacrifice particulier. Et nous lirons à son sujet à partir du verset 1 du chapitre 5.


וְנֶפֶשׁ כִּי־תֶחֱטָא וְשָׁמְעָה קוֹל אָלָה וְהוּא עֵד אוֹ רָאָה אוֹ יָדָע אִם־לוֹא יַגִּיד וְנָשָׂא עֲוֹנוֹ׃

venéfech ki-te'hetá vechame'á kol alá vehoú ed o ra'á o yadá im-ló yaggíd venassá avonó

1 Si une âme quelconque pèche, et a entendu la voix de la malédiction, et lui est témoin, ou a vu, ou a su, s'il ne le dit pas, il portera aussi le châtiment.

Voilà un premier verset pas simple, et ce n'est pas tout de suite, et pas pour tout le monde, qu'on comprend de quoi il s'agit ici. Si un homme devient témoin dans une affaire, on le convoque au tribunal. Avant de l'interroger, avant qu'il ne fasse sa déposition au tribunal, on l'avertit dans la langue de la Michna, on intimide le témoin et on lui dit : « As-tu vraiment vu ce que tu as vu ? Peut-être ne parles-tu pas sur la base de ce que tu as réellement vu, mais sur la base d'une quelconque déduction ? Peut-être est-ce ta conclusion, ou pas un fait, mais ton opinion personnelle ? Peut-être n'as-tu pas entendu toi-même, mais l'as-tu entendu de quelqu'un d'autre ? Peut-être quelque chose d'autre s'est-il glissé, une quelconque altération dans ton témoignage ? Sache que si tu mens, si tu nous mens, non seulement tu tombes sous la malédiction en jurant faussement par le nom de Dieu, mais tu prends encore sur toi la responsabilité de l'âme d'un homme. »

Le Très-Haut n'a créé qu'un seul homme, l'homme est semblable à un monde entier. Tous les animaux ont été créés par Dieu en masse : le Très-Haut a créé d'un coup beaucoup de chevaux, beaucoup d'hippopotames, beaucoup d'éléphants. Mais avec l'homme, il n'en va pas du tout ainsi, l'homme est un ouvrage fait à la pièce. Et c'est pourquoi celui qui fera périr un seul homme, c'est comme s'il faisait périr le monde entier, exactement de même que celui qui sauvera un homme sauvera le monde entier. Et si, dans les questions financières, le dommage causé par un faux témoignage peut être réparé avec de l'argent, dans les questions qui concernent la peine de mort, il est impossible de rien réparer. Et le sang de l'homme que tu peux calomnier sera éternellement sur toi. Voilà comment on intimide le témoin. Maintenant représentez-vous un homme du peuple, et que dire d'un homme du peuple, représentez-vous vous-mêmes tombés dans une telle situation, et vous comprendrez sans peine qu'on peut prendre peur, douter et ne pas faire de déposition, ne pas raconter la vérité qu'on connaît. Moi-même, peut-être, j'aurais décidé qu'il vaut mieux que je ne dise rien du tout. Et par là même l'homme pèche, parce qu'il fait obstacle à la justice. C'est le premier des péchés dont la Torah parle ici. Et nous voyons qu'il ne s'agit déjà plus de péchés que l'homme a commis sans intention, mais de péchés qui se commettent par lâcheté ou, comme nous le verrons plus loin, par inattention.


אוֹ נֶפֶשׁ אֲשֶׁר תִּגַּע בְּכָל־דָּבָר טָמֵא אוֹ בְנִבְלַת חַיָּה טְמֵאָה אוֹ בְּנִבְלַת בְּהֵמָה טְמֵאָה אוֹ בְּנִבְלַת שֶׁרֶץ טָמֵא וְנֶעְלַם מִמֶּנּוּ וְהוּא טָמֵא וְאָשֵׁם׃

o néfech achér tiggá bekhol-davár tamé o venivlát 'hayá teme'á o benivlát behemá teme'á o benivlát chérets tamé vene׳lám mimménou vehoú tamé ve'achém

2 Ou une âme qui touchera à toute chose impure : au cadavre d'un animal impur, ou au cadavre d'une bête domestique impure, ou à la charogne d'insectes, de reptiles, et il l'a oublié, et il était impur, et il s'est rendu coupable.

Un animal impur, c'est un animal qui vit dans les champs, dans les champs peuvent vivre le cerf, le porc-épic, le renard, le loup et ainsi de suite. Une bête domestique impure, c'est par exemple l'âne. Il est dans l'exploitation, il est béhéma (bétail), mais il est considéré comme impur.

Il faut dire, c'est très important à comprendre, qu'il n'y a pas de péché à être impur. La femme devient impure après l'accouchement, l'homme devient impur après un écoulement de semence. Même ce qui se fait dans la sainteté peut rendre l'homme impur. L'impureté (toum'a) apparaît là où la sainteté disparaît. Quand une femme porte en elle un enfant, elle se trouve dans un service particulier, celui de la grossesse, quand ce service cesse, apparaît temporairement la toum'a. Il en va exactement de même quand un homme prend en main des livres saints, des rouleaux de la Torah, par exemple. Mais quand il les laisse, ses mains deviennent impures, parce que la sainteté les a quittées, et il doit les purifier. Un lieu saint ne reste jamais vide, et quand la sainteté le quitte, il se remplit de toum'a.

En quoi consiste donc le péché, par rapport à ce verset ? Le péché consiste en ce que l'homme a oublié qu'il était impur, a touché une chose sainte, est allé au Temple ou a mangé d'un sacrifice saint, c'est-à-dire a fait ce qu'on ne peut pas faire dans l'impureté, et s'est ainsi rendu coupable. Au fond, le péché ici réside dans une certaine négligence envers l'hygiène spirituelle. Il serait bon que l'homme se lave tout de suite, qu'il ne fasse pas traîner cette affaire, mais voilà, il a traîné et s'est retrouvé coupable. On ne peut pas dire que c'est arrivé par mégarde, il comprenait qu'il était impur, mais il a oublié. Il se souvenait qu'il faudrait s'immerger, mais il a laissé passer la chose.


אוֹ כִי יִגַּע בְּטֻמְאַת אָדָם לְכֹל טֻמְאָתוֹ אֲשֶׁר יִטְמָא בָּהּ וְנֶעְלַם מִמֶּנּוּ וְהוּא יָדַע וְאָשֵׁם׃

o khi yiggá betoum'át adám lekhól toum'ató achér yitmá ba vene'lám mimménou vehoú yadá ve'achém

3 Et de même, s'il touche une impureté humaine, dans toutes ses impuretés par lesquelles il se souillera, et cela s'oubliera, et il est coupable.

C'est-à-dire que l'homme oubliera qu'il est impur, et fera ce qu'un homme ne peut pas faire en état d'impureté. Je le répète encore une fois, il est important de s'en souvenir : il n'y a pas de péché à être impur. Le péché, c'est de faire certaines choses en état d'impureté, par exemple manger d'un sacrifice saint, entrer au Temple et ainsi de suite. La même histoire qu'au verset 2, mais au lieu d'un animal impur, l'homme a touché quelque impureté humaine, quelques sécrétions, quelque chose dans l'homme qui le rend impur.


אוֹ נֶפֶשׁ כִּי תִשָּׁבַע לְבַטֵּא בִשְׂפָתַיִם לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב לְכֹל אֲשֶׁר יְבַטֵּא הָאָדָם בִּשְׁבֻעָה וְנֶעְלַם מִמֶּנּוּ וְהוּא־יָדַע וְאָשֵׁם לְאַחַת מֵאֵלֶּה׃

o néfech ki tichavá levatté visfatáyim lehará o lehetív lekhól achér yevatté ha'adám bichvou'á vene'lám mimménou vehou-yadá ve'achém le'a'hát me'élle

4 Et si une âme quelconque a juré, a prononcé un serment pour le mal ou pour le bien – en tout ce que l'homme jurera par serment, et il l'oubliera, s'il l'apprend, et il s'est trouvé coupable en l'un de ceux-ci.

Coupable en l'un de ceux-ci – on entend par là les quatre transgressions examinées, dans les quatre versets. Voici la quatrième variante de faute que la Torah relève. Disons qu'un homme dit : « À la grand-mère, ma voisine, j'apporterai un poulet chaque vendredi » ou : « À partir de demain, je courrai chaque matin », et il le dit avec un serment – c'est pour le bien. Ou des variantes pour le mal : « Quand je verrai ce Vassia – je le tuerai ! » ou : « Je ne remettrai plus jamais les pieds ici ! », ou encore d'autres serments. Bien entendu, ces quatre sortes de péché, toutes incluent aussi ceux qui leur sont semblables, la Torah ne parle pas simplement de quatre cas concrets quelconques.

Nous avons dit qu'on ne peut apporter un sacrifice que pour un péché non intentionnel. Que faire donc si le péché que l'homme commet, ce n'est pas tout à fait par mégarde, c'est un péché commis délibérément (manifestement ou présumément) ?

 
וְהָיָה כִי־יֶאְשַׁם לְאַחַת מֵאֵלֶּה וְהִתְוַדָּה אֲשֶׁר חָטָא עָלֶיהָ׃

vehayá khi-ye'chám le'a'hát me'élle vehitvaddá achér 'hatá aleha

5 Et il fut, s'il se trouve coupable en l'un de ceux-ci (des quatre) et confesse ce en quoi il a péché,

C'est-à-dire que l'homme doit se repentir de sa propre bouche. Si j'ai offensé quelqu'un, je viens et je dis : « Aglaïa, excuse-moi, je ne voulais pas t'offenser » – « Comment ça, tu ne voulais pas, tu m'as offensée, tu m'as dit une parole grossière. Qu'est-ce que ça veut dire, tu ne voulais pas ? Si tu n'avais pas voulu, tu ne l'aurais pas dit. Si tu n'avais pas voulu claquer la porte en partant, tu ne l'aurais pas claquée. Si tu n'avais pas voulu élever la voix contre moi, tu ne l'aurais pas élevée. » Mais je lui réponds ainsi : « Aglaïa, le moi d'aujourd'hui ne voudrait pas être cet Alex qui t'a offensée alors. Moi, maintenant, je ne voudrais pas t'offenser alors. » Tout acte de l'homme se compose de l'intention et de l'acte lui-même. Si j'ai marché sur le pied de quelqu'un sans le faire exprès, cela veut dire que je n'avais pas l'intention d'agir ainsi. C'est autre chose si j'en avais l'intention, si j'ai décidé de marcher dessus – et j'ai marché dessus. Ce sont des actes différents, bien qu'extérieurement ils paraissent identiques. Le repentir et la confession permettent de diminuer, d'abaisser le rang du péché, d'intentionnel à non intentionnel. Si cet Alex qui voulait offenser Aglaïa a disparu, alors le péché devient un péché non intentionnel, et pour lui on peut déjà apporter un sacrifice. Après que j'ai confessé ce péché, je m'en suis repenti, j'ai compris que je ne veux plus, je ne veux plus faire ce que j'ai fait alors. Et c'est en cela qu'est la force du repentir. Le repentir, comme une sorte de machine à remonter le temps, retire mon motif de cet acte-là.


וְהֵבִיא אֶת־אֲשָׁמוֹ לַיהוָה עַל חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא נְקֵבָה מִן־הַצֹּאן כִּשְׂבָּה אוֹ־שְׂעִירַת עִזִּים לְחַטָּאת וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן מֵחַטָּאתוֹ׃

veheví et-achamó ladonáy al 'hattató achér 'hatá nekevá min-hattsón kisbá o-se'irát izzím le'hattát vekhippér aláv hakkohén me'hattató

6 Et il apportera son sacrifice de culpabilité au SEIGNEUR pour le péché par lequel il a péché, une petite femelle du bétail, une agnelle ou une chevrette, pour la purification, et le kohen le purifiera de son péché.

Dans ce cas, nous avons affaire à un sacrifice qui s'appelle, dans la langue des sages, korban olé véyoréd (sacrifice avec majoration et avec rabais). Selon la situation financière de l'homme, on apporte des sacrifices différents. Il est impossible de causer un dommage matériel au Très-Haut, exactement de même qu'il est impossible de Lui apporter un profit : tout ce qui est dans le monde Lui appartient. Puisque, par le sacrifice, nous nous réconcilions avec le Très-Haut, Il donne avec bienveillance à l'homme qui n'a pas une grande aisance la possibilité d'apporter un sacrifice correspondant.


וְאִם־לֹא תַגִּיַע יָדוֹ דֵּי שֶׂה וְהֵבִיא אֶת־אֲשָׁמוֹ אֲשֶׁר חָטָא שְׁתֵּי תֹרִים אוֹ־שְׁנֵי בְנֵי־יוֹנָה לַיהוָה אֶחָד לְחַטָּאת וְאֶחָד לְעֹלָה׃

ve'im-ló taggíya yadó de se veheví et-achamó achér 'hatá cheté torím o-chené vene-yoná ladonáy e'hád le'hattát ve'e'hád le'olá

7 Et si même pour une chevrette il n'a pas assez d'argent, il apportera en sacrifice de culpabilité pour son péché deux tourterelles ou deux jeunes pigeonneaux au SEIGNEUR : l'un – en sacrifice purificatoire, l'un – en holocauste.

Dans le sacrifice purificatoire, comme dans le sacrifice pour le péché, il y a deux commensaux, deux mangent de ce sacrifice. Le premier, c'est bien sûr le Très-Haut, et le second, c'est le kohen. Si l'homme apportait un seul pigeon, le partager entre deux serait tout simplement ridicule. Comme l'a dit un classique soviétique : « On n'en remplira pas une casserole, on n'en bourrera pas un oreiller ». C'est pourquoi, à la différence des agneaux et des chevrettes, il y aura deux pigeons : l'un est apporté en holocauste pour le Très-Haut, et le second est destiné au kohen, c'est de lui que mangera le kohen.


וְהֵבִיא אֹתָם אֶל־הַכֹּהֵן וְהִקְרִיב אֶת־אֲשֶׁר לַחַטָּאת רִאשׁוֹנָה וּמָלַק אֶת־רֹאשׁוֹ מִמּוּל עָרְפּוֹ וְלֹא יַבְדִּיל׃

veheví otám el-hakkohén vehikrív et-achér la'hattát richoná oumalák et-rochó mimmoúl orpó veló yavdíl

8 Et il les donnera au kohen, et le kohen offrira en sacrifice celui qui est pour la purification, en premier, et il le fera par la nuque, et il ne séparera pas la tête du corps.

Le kohen tue l'oiseau d'une manière particulière, en brisant avec l'ongle la partie arrière du cou du petit oiseau. Cela paraît très cruel, mais de cette manière tout le sang est utilisé, et il suffit pour l'aspersion de l'autel.


וְהִזָּה מִדַּם הַחַטָּאת עַל־קִיר הַמִּזְבֵּחַ וְהַנִּשְׁאָר בַּדָּם יִמָּצֵה אֶל־יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ חַטָּאת הוּא׃

vehizzá middám ha'hattát al-kír hammizbéa'h vehannich'ár baddám yimmatsé el-yesód hammizbéa'h 'hattát hou

9 Et il aspergera du sang du sacrifice purificatoire les parois de l'autel, et ce qui restera du sang, il l'utilisera sur la base de l'autel ; c'est un sacrifice purificatoire.


וְאֶת־הַשֵּׁנִי יַעֲשֶׂה עֹלָה כַּמִּשְׁפָּט וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן מֵחַטָּאתוֹ אֲשֶׁר־חָטָא וְנִסְלַח לוֹ׃ 

ve'et-hachení ya'assé olá kammichpát vekhippér aláv hakkohén me'hattató acher-'hatá venislá'h lo

10 Et le second pigeonneau, il en fera un holocauste, selon la loi de l'holocauste, et le kohen fera l'expiation pour lui de son péché par lequel il a péché, et il lui sera pardonné.

Mais il arrive que l'homme n'ait pas d'argent même pour deux tourterelles : tous ne sont pas riches, mais tous sont pécheurs. Et c'est pourquoi au verset 11 nous lisons :


וְאִם־לֹא תַשִּׂיג יָדוֹ לִשְׁתֵּי תֹרִים אוֹ לִשְׁנֵי בְנֵי־יוֹנָה וְהֵבִיא אֶת־קָרְבָּנוֹ אֲשֶׁר חָטָא עֲשִׂירִת הָאֵפָה סֹלֶת לְחַטָּאת לֹא־יָשִׂים עָלֶיהָ שֶׁמֶן וְלֹא־יִתֵּן עָלֶיהָ לְבֹנָה כִּי חַטָּאת הִיא׃

ve'im-ló tassíg yadó lichté torím o lichné vene-yoná veheví et-korbanó achér 'hatá assirít ha'efá sólet le'hattát lo-yassím aléha chémen velo-yittén aléha levoná ki 'hattát hi

11 Et si sa main n'y atteint pas, s'il n'a pas assez pour deux tourterelles ou pour deux pigeonneaux – il apportera en sacrifice pour son péché un dixième d'épha de fine farine en sacrifice purificatoire, il ne mettra pas d'huile dessus, et il n'y ajoutera pas d'encens, car c'est un sacrifice purificatoire.

Un dixième d'épha, c'est environ deux litres. Et nous n'avons pas le cœur à la gaieté, nous n'invitons pas le Très-Haut à une table de fête, où l'on ne gâte pas la bouillie avec de l'huile. Avec de l'huile, justement, on peut gâter cette bouillie, parce que ce n'est pas le moment de faire gras, nous sommes ici en train de nous repentir.


וֶהֱבִיאָהּ אֶל־הַכֹּהֵן וְקָמַץ הַכֹּהֵן מִמֶּנָּה מְלוֹא קֻמְצוֹ אֶת־אַזְכָּרָתָה וְהִקְטִיר הַמִּזְבֵּחָה עַל אִשֵּׁי יְהוָה חַטָּאת הִוא׃

vehevi'á el-hakkohén vekamáts hakkohén mimménna meló koumtsó et-azkaratá vehiktír hammizbé'ha al iché adonáy 'hattát hi

12 Et il l'apportera au kohen, et le kohen en prendra (« en empoignera ») une pleine poignée comme mémorial, et l'apportera sur l'autel. C'est un sacrifice consumé par le feu au SEIGNEUR, purificatoire.


וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן עַל־חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר־חָטָא מֵאַחַת מֵאֵלֶּה וְנִסְלַח לוֹ וְהָיְתָה לַכֹּהֵן כַּמִּנְחָה׃

vekhippér aláv hakkohen al-'hattató acher-'hatá me'a'hát me'élle venislá'h lo vehayetá lakkohén kammin'há

13 Et le kohen a fait l'expiation pour lui pour le péché par lequel il a péché, par l'un de ces péchés énumérés ci-dessus, et il lui sera pardonné, et ce sera pour le kohen comme une min'ha (offrande, don).

C'est-à-dire que la farine restante, le kohen peut la manger, c'est sa part.


וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

14 Et Dieu parlait à Moché, en disant :


נֶפֶשׁ כִּי־תִמְעֹל מַעַל וְחָטְאָה בִּשְׁגָגָה מִקָּדְשֵׁי יְהוָה וְהֵבִיא אֶת־אֲשָׁמוֹ לַיהוָה אַיִל תָּמִים מִן־הַצֹּאן בְּעֶרְכְּךָ כֶּסֶף־שְׁקָלִים בְּשֶׁקֶל־הַקֹּדֶשׁ לְאָשָׁם׃

néfech ki-tim'ól ma'ál ve'hate'á bichgagá mikkodché adonáy veheví et-achamó ladonáy áyil tamím min-hattsón be'erkekhá kessef-chekalím bechekel-hakkódech le'achám

15 « L'âme qui abusera de ses possibilités et péchera par erreur à l'égard des choses saintes du SEIGNEUR, et apportera en sacrifice de culpabilité au SEIGNEUR un agneau sans défaut du bétail, d'une valeur (estimation) de deux chékels d'argent en chékels saints, en sacrifice de culpabilité.

Que veut dire péchera par erreur à l'égard des choses saintes du SEIGNEUR ? C'est la situation où un homme a pris un agneau quelconque, une chevrette quelconque ou un sac de pommes de terre, l'a consacré au Très-Haut et a dit : « Ceci, je le donnerai au kohen, ceci, je le porterai au Temple, ceci sera à Dieu, c'est le ma'assér que j'ai mis de côté – le voici dans une petite enveloppe, mon massér, ma dîme ». Et par erreur, il en a fait usage : il s'est fait frire des pommes de terre sacrées ou a commis quelque autre chose semblable. Et si vraiment il s'est quelque peu embrouillé avec les choses saintes, alors, pour se démêler des choses saintes, il apporte en sacrifice un agneau qui ne coûte pas moins que deux chékels saints : il faut qu'un estimateur quelconque l'examine et dise combien coûte l'agneau.

וְאֵת אֲשֶׁר חָטָא מִן־הַקֹּדֶשׁ יְשַׁלֵּם וְאֶת־חֲמִישִׁתוֹ יוֹסֵף עָלָיו וְנָתַן אֹתוֹ לַכֹּהֵן וְהַכֹּהֵן יְכַפֵּר עָלָיו בְּאֵיל הָאָשָׁם וְנִסְלַח לוֹ׃

ve'ét achér 'hatá min-hakkódech yechallém ve'et-'hamichitó yosséf aláv venatán otó lakkohén vehakkohén yekhappér aláv be'él ha'achám venislá'h lo

16 Et ce qu'il a pris du saint, il le paiera, et il y ajoutera un cinquième, et il le donnera au kohen, et le kohen fera l'expiation pour lui par l'agneau de culpabilité, et il lui sera pardonné.

C'est-à-dire qu'en plus d'apporter un agneau, il devra encore réparer le dommage matériel causé aux biens du Temple ou du kohen.

D'où se prend et pour quoi se prend le cinquième ? Pourquoi ne disons-nous pas : si j'ai commis un vol de 50 chékels, je rendrai 50 chékels ? Pourquoi soudain 60 ? Représentez-vous qu'on vous a volé votre téléphone portable et qu'on vous dit : « Votre téléphone portable valait 200 dollars dans un bon jour, voici 200 dollars, nous vous dédommageons de votre préjudice ». Mais ces 200 dollars ne se transforment pas tout de suite en téléphone. Il faut aller, choisir, acheter, peut-être restaurer les numéros. Si on vous a volé une roue de votre voiture, il faudra aller la chercher quelque part. Parfois toute une journée de travail y passe, pour rétablir cela. Le cinquième, c'est premièrement un moment pédagogique, pour que l'homme n'ait plus envie de recommencer, et deuxièmement – c'est le dédommagement du dommage collatéral qui a été causé, dans ce cas, aux kohanim.


וְאִם־נֶפֶשׁ כִּי תֶחֱטָא וְעָשְׂתָה אַחַת מִכָּל־מִצְוֹת יְהוָה אֲשֶׁר לֹא תֵעָשֶׂינָה וְלֹא־יָדַע וְאָשֵׁם וְנָשָׂא עֲוֹנוֹ׃

ve'im-néfech ki te'hetá ve'assetá a'hát mikkol-mitsvót adonáy achér lo te'asséna velo-yadá ve'achém venassá avonó

17 Si une âme quelconque a péché, et il a fait l'un des commandements du SEIGNEUR dont il est écrit de ne pas les faire, et il ne le savait pas, et il est devenu coupable, et il a porté son péché.

D'après le texte, c'est très semblable à ce que nous avons lu au quatrième chapitre (trouvez les dix différences). Et ici surgit la question : pourquoi la Torah met-elle cela à part ? L'une des explications est qu'il s'agit ici d'une situation où l'homme a commis un acte quelconque, il l'a fait et ensuite il a eu un doute. Par exemple, il a mangé quelque chose à Pessa'h et s'est demandé si ce n'était pas du levain. Et la punition pour cela est très sérieuse, pour cela on punit par le retranchement du peuple. Et voilà, ce doute le tourmente, et il se sent coupable, c'est de cela qu'il s'agit ici. Mais il existe un remède, et au verset 18 nous lisons :


וְהֵבִיא אַיִל תָּמִים מִן־הַצֹּאן בְּעֶרְכְּךָ לְאָשָׁם אֶל־הַכֹּהֵן וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן עַל שִׁגְגָתוֹ אֲשֶׁר־שָׁגָג וְהוּא לֹא־יָדַע וְנִסְלַח לוֹ׃

veheví áyil tamím min-hattsón be'erkekhá le'achám el-hakkohén vekhippér aláv hakkohén al chigegató acher-chagág vehoú lo-yadá venislá'h lo

18 Et il a apporté un agneau sans défaut du bétail selon l'estimation correspondant au sacrifice de culpabilité (deux chékels saints), au kohen, et le kohen a fait l'expiation pour lui pour l'erreur qu'il a commise, et il ne le savait pas, et il lui sera pardonné,

C'est-à-dire qu'il se trouvait dans le doute : a-t-il commis une erreur ou non, et quand l'homme est dans un tel état, on considère que c'est comme s'il l'avait commise.


אָשָׁם הוּא אָשֹׁם אָשַׁם לַיהוָה׃

achám hou achóm achám ladonáy

19 C'est un sacrifice de culpabilité, parce qu'il s'est rendu coupable d'une faute envers le Très-Haut ».


וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

20 Et le SEIGNEUR parlait avec Moché, en disant :


נֶפֶשׁ כִּי תֶחֱטָא וּמָעֲלָה מַעַל בַּיהוָה וְכִחֵשׁ בַּעֲמִיתוֹ בְּפִקָּדוֹן אוֹ־בִתְשׂוּמֶת יָד אוֹ בְגָזֵל אוֹ עָשַׁק אֶת־עֲמִיתוֹ׃

néfech ki te'hetá ouma'alá má'al badonáy vekhi'héch ba'amitó befikkadón o-vitsoúmet yad o vegazél o achák et-amitó

21 « L'âme qui péchera, et a abusé du nom du Très-Haut, et a nié devant son prochain au sujet de ce que l'homme a reçu en gage ou au sujet de ce qui a été laissé à sa garde ; ou de ce qui a été enlevé par la force, et a opprimé son prochain,

Ici l'homme est accusé d'avoir pris un gage quelconque et de ne pas le rendre, ou de ce qu'on lui a confié quelque chose en garde et qu'il ne le restitue pas, ou de ce qu'il a enlevé quelque chose à quelqu'un. Et il le nie sous serment au Très-Haut. Pourquoi est-ce important ? Parce que le crime lui-même – prendre quelque chose au prochain et ne pas le rendre – c'est un crime contre le prochain. Mais il y a ici encore une composante : quand on adjure l'homme au tribunal par le nom du Très-Haut, et qu'il viole ce serment, alors c'est déjà un crime devant le Très-Haut, pas seulement devant le prochain.


אוֹ־מָצָא אֲבֵדָה וְכִחֶשׁ בָּהּ וְנִשְׁבַּע עַל־שָׁקֶר עַל־אַחַת מִכֹּל אֲשֶׁר־יַעֲשֶׂה הָאָדָם לַחֲטֹא בָהֵנָּה׃

o-matsá avedá vekhí'hech ba venichbá al-cháker al-a'hát mikkól acher-ya'assé ha'adám la'ható vahénna

22 Ou il a trouvé un objet perdu et ne le rend pas – et il a juré faussement (par le nom du Très-Haut) au sujet de l'une de toutes ces transgressions qu'il a faites, qu'il n'a pas commis ces péchés.

On enseigne cela dès l'enfance – rendre à l'homme les objets perdus, c'est un commandement important. Très souvent, dans les quartiers religieux, on peut voir une annonce de ce genre : « À l'arrêt de bus, on a trouvé une barrette à cheveux en forme de papillon. Nous prions la personne qui l'a perdue d'appeler par téléphone, et nous vous la rendrons si vous indiquez ses signes distinctifs ». Cela ne se fait pas parce que des grippe-sous quelconques pensent que maintenant les parents vont chercher en plein jour avec une lanterne la barrette en forme de papillon que leur fillette a perdue. Cela se fait pour habituer les petits enfants à la restitution de l'objet perdu. Et l'adulte aussi est obligé de rendre ce qu'a perdu son prochain : si vous avez trouvé quelque chose, il faut avant tout s'efforcer de le rendre. Il y a ici beaucoup de nuances différentes, mais dans l'ensemble c'est une loi tout à fait compréhensible.

 Et l'homme a dit : « Dieu m'en garde, je le jure par Dieu, je n'ai trouvé aucune barrette en forme de papillon ». Et à cause d'une barrette, même pour un tel profit, il a juré faussement par le nom du Très-Haut. Nous examinons ici non pas l'expiation du crime lui-même, mais l'expiation de l'accomplissement du faux serment par lequel l'homme a juré devant le Très-Haut.


וְהָיָה כִּי־יֶחֱטָא וְאָשֵׁם וְהֵשִׁיב אֶת־הַגְּזֵלָה אֲשֶׁר גָּזָל אוֹ אֶת־הָעֹשֶׁק אֲשֶׁר עָשָׁק אוֹ אֶת־הַפִּקָּדוֹן אֲשֶׁר הָפְקַד אִתּוֹ אוֹ אֶת־הָאֲבֵדָה אֲשֶׁר מָצָא׃

vehayá ki-ye'hetá ve'achém vehechív et-haggezelá achér gazál o et-ha'óchek achér achák o et-happikkadón achér hofkád ittó o et-ha'avedá achér matsá

23 Et il fut, quand il a péché et est coupable, et il rendra ce qu'il a pillé, ou l'oppression par laquelle il a opprimé, ou le gage qu'on lui a laissé, ou l'objet perdu qu'il a trouvé,


אוֹ מִכֹּל אֲשֶׁר־יִשָּׁבַע עָלָיו לַשֶּׁקֶר וְשִׁלַּם אֹתוֹ בְּרֹאשׁוֹ וַחֲמִשִׁתָיו יֹסֵף עָלָיו לַאֲשֶׁר הוּא לוֹ יִתְּנֶנּוּ בְּיוֹם אַשְׁמָתוֹ׃

o mikkól acher-yichavá aláv lachéker vechillám otó berochó va'hamichitáv yosséf aláv la'achér hou lo yittenénnou beyom achmató

24 Et de tout ce sur quoi il a juré faussement, il paiera son prix principal et rendra la cinquième partie à celui à qui il l'a pris, au jour de l'apport du sacrifice de la faute.

וְאֶת־אֲשָׁמוֹ יָבִיא לַיהוָה אַיִל תָּמִים מִן־הַצֹּאן בְּעֶרְכְּךָ לְאָשָׁם אֶל־הַכֹּהֵן׃

ve'et-achamó yaví ladonáyLa translittération russe omet ici la dernière lettre du Nom divin ; la translittération française suit l'hébreu. áyil tamím min-hattsón be'erkekhá le'achám el-hakkohén

25 Et le sacrifice de culpabilité, il l'apportera au SEIGNEUR, un agneau sans défaut du bétail, selon l'estimation du sacrifice de culpabilité, au kohen.

Et de nouveau, l'agneau ne doit pas valoir moins de deux chékels saints.


וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן לִפְנֵי יְהוָה וְנִסְלַח לוֹ עַל־אַחַת מִכֹּל אֲשֶׁר־יַעֲשֶׂה לְאַשְׁמָה בָהּ׃ 

vekhippér aláv hakkohén lifné adonáy venislá'h lo al-a'hát mikkól acher-ya'assé le'achmá va

26 Et le kohen fit l'expiation pour lui devant le SEIGNEUR, et il lui est pardonné pour tout ce qu'il a fait de cela, pour en être coupable.

Le thème principal du chapitre, c'est de nouveau le sentiment de culpabilité. Quand un homme se sent coupable, il vit sous la menace du jugement, il ne lui reste rien d'autre qu'à attendre le jugement, attendre le châtiment : je suis coupable, et je comprends que tout ne peut pas être comme avant. Ce sentiment de culpabilité, c'est un sentiment avec lequel on ne peut pas vivre dans le voisinage du Très-Haut. Et pour se débarrasser de ce sentiment, l'homme est appelé à apporter un sacrifice. Il ne s'agit pas de ce qu'on l'y oblige ou qu'on le lui ordonne – c'est la décision de l'homme lui-même. D'abord l'homme niait obstinément et disait : « Je n'ai pris aucun moulin à café » ou : « Je n'ai trouvé aucuns ciseaux ». Puis il pense : « À quoi bon ces ciseaux, à quoi bon tout cela ? » Il se repent, rend et, en plus, ajoute la cinquième partie, pour rétablir sa relation avec le Très-Haut. Toute l'initiative ici appartient à l'homme lui-même, le kohen n'est qu'un aide dans cette réconciliation entre l'homme et Dieu. Et cela n'a pas de sens de dire à l'homme : « Nou-nou-nou ! », comme on dit en Israël, de le menacer du petit doigt et de dire : « Tu es coupable. » L'homme doit lui-même se sentir coupable et, à partir de ce sentiment de culpabilité, chercher la réconciliation avec le Très-Haut. Cette capacité à ressentir la culpabilité pousse la société israélienne vers la sainteté, lui permet de garder la sainteté. Et voilà, c'est justement de la manière de rétablir la relation avec le Très-Haut, en ayant ce sentiment de culpabilité, que traite à proprement parler notre cinquième chapitre, que nous terminons sur ce point.

La Torah en 5 minutes.

Notre section hebdomadaire, comme le troisième livre de la Torah, s'appelle Vayikra (Et Il appela), et au verset 1 du chapitre 1 nous lisons : « Et Il appela Moché, et le SEIGNEUR lui parla depuis la Tente d'assignation… » Les commentateurs disent que cela signifie interpella par son nom. Pour la première fois, nous rencontrons le fait que le SEIGNEUR appelle Moché en lui parlant depuis le buisson ardent (Chémot 3,4). La deuxième fois, nous lisons cela quand le SEIGNEUR appelle Moché le septième jour de son séjour sur la montagne (Chémot 24,16). Et ici, avant que le Très-Haut ne charge Moché d'instruire le peuple d'Israël au sujet des sacrifices, Il s'adresse de nouveau à Moché par son nom. Naturellement, beaucoup d'interprètes, beaucoup de commentateurs ont essayé de comprendre quelle est l'essence de ces cas particuliers où le Très-Haut s'adresse par le nom à Moché ou à quelqu'un d'entre nous ?

Nous venons tous, à bien des égards, de l'enfance, nous avons une telle faiblesse : souvent nous transposons la relation avec notre père terrestre sur la relation avec le Père céleste. Et dans les commentaires, cela se voit particulièrement. Les uns, parmi les commentateurs, disent : « Quand le Très-Haut s'adresse par son nom à Moché, c'est une manifestation d'affection et de tendresse. Un père aimant prononce avec tendresse le nom de son fils, car le plus souvent il arrive que ce soit justement le père qui a donné ce nom au fils, et en cela il y a une manifestation d'amour et d'affection. » D'autres commentateurs disent : « Non ! En réalité, quand le Très-Haut dit : “Moché !” – c'est une manifestation de sévérité. C'est l'ordre de se ressaisir enfin, de se prendre en main, de se mettre à l'ouvrage. C'est une volonté de presser l'homme avec une certaine sévérité et même, peut-être, avec une certaine part de réprobation. » D'autres encore disent : « Non ! Cela peut réunir en soi et l'un, et l'autre, et même un plus grand amour. Et, peut-être, la situation ici ressemble à celle où le Très-Haut serait assis dans la tribune et, comme un supporter, applaudirait et scanderait : “Mo-ché ! Mo-ché !”, exprimant par là Sa foi en Moché et lui souhaitant du succès. » Comme beaucoup de choses dans nos relations avec le Très-Haut dépendent de nos relations avec notre père terrestre ! Et souvent il arrive que nous transposions cela sur le Très-Haut de manière purement réflexe. L'un, en entendant son nom, a l'habitude de percevoir de l'affection et de se disposer à l'affection. Un autre a l'habitude d'entendre un cri et, peut-être, se crispe intérieurement quand on s'adresse à lui par son nom. D'autres encore y entendent un soutien, en se rappelant comment leurs parents les soutenaient dans toutes leurs entreprises, comment ils les louaient auprès des voisins et des amis. Chacun perçoit la Parole du Très-Haut comme il a l'habitude depuis l'enfance de percevoir la parole de son père. Et, bien sûr, nos pères, quels qu'ils aient été, quelle que soit la façon dont nos relations se sont construites, méritent un immense respect. Mais il faut apprendre à se renouveler, à renouveler son intelligence dans les relations avec le Créateur. Et chaque fois que le Créateur s'adresse à nous par notre nom, il faut apprendre à ne pas inscrire dans Sa voix les intonations paternelles habituelles, mais à prêter l'oreille au ton et à la manière de parler du Très-Haut Lui-même, à écouter ce qu'Il dit et comment. Bien que le midrach dise que le Très-Haut, en commençant la conversation avec Moché, a choisi la voix de son père terrestre. Oui, il y a un certain lien, il y a une certaine proximité. Mais nous devons apprendre à entendre la voix du Très-Haut chaque fois de manière différente, comme une conversation personnelle avec Lui, sans aucune expérience préalable, sans aucun préjugé. Et alors nous maîtriserons le commencement de la communication avec Lui. Le livre Vayikra parle des korbanot (sacrifices), des façons de se rapprocher du Très-Haut. Et le processus de rapprochement commence par le fait que le Très-Haut nous appelle par notre nom. Quelle intonation met-Il dans notre nom ? Qu'attend-Il de nous ? Comment L'entendons-nous ? Tout cela, il faut l'apprendre, pour entendre Son appel et l'entendre correctement. Voilà une telle compréhension des trois premiers mots du tout, tout début du livre et de la section hebdomadaire Vayikra.

Le contrat de la création

Le livre Vayikra, qui parle des sacrifices, est l'un des livres les plus difficiles de la Torah. Les chapitres du livre sont très complexes à comprendre, parce que depuis 2000 ans les Juifs n'ont pas de Temple et, par conséquent, n'ont pas d'expérience, toutes les connaissances des Juifs sur les sacrifices sont théoriques. Et tout au long de l'histoire, de nombreuses tentatives ont été faites par différents commentateurs, différents interprètes, pour comprendre quel est donc le sens des sacrifices.

L'un des piliers du judaïsme, l'un des principaux maîtres juifs, Rambam, dit qu'il est difficile pour l'homme de passer d'une pratique d'adoration à une autre. Si aujourd'hui un maître venait à nous et disait : « Adorez Dieu, le même Dieu, mais sans prière et sans jeûne. Vous devez simplement L'aimer de tout votre cœur, et cela suffit », il nous serait très difficile d'accepter une telle approche de l'adoration. C'est pourquoi Rambam dit que le Très-Haut a donné aux Juifs les commandements pour qu'ils adorent de la manière qui leur était habituelle, comme cela se faisait en Égypte. Selon Rambam, les sacrifices à Dieu ne sont destinés qu'à remplacer l'habitude des sacrifices aux démons. Et il s'appuie ici sur ce qui est dit dans le livre Vayikra au chapitre 17, du verset 5 au verset 7.

5-7. Afin que les fils d'Israël apportent leurs sacrifices, qu'ils égorgent dans les champs, et qu'ils les apportent à Dieu à l'entrée de la Tente d'assignation, au kohen, et qu'ils les offrent en sacrifices de paix à Dieu. Et le kohen aspergera de sang l'autel de Dieu à l'entrée de la Tente d'assignation, et fera fumer la graisse en parfum agréable à Dieu. Et afin qu'ils n'égorgent plus de sacrifices aux démons, derrière lesquels ils vont en se prostituant. Que ce soit pour eux une loi éternelle dans toutes leurs générations.

C'est-à-dire que, selon Rambam, tous les commandements sur les sacrifices sont donnés exclusivement pour que l'homme adore de la manière qui lui est habituelle.

À l'opposé de lui, Nahmanide, pratiquement son contemporain, dit que les commandements ont un sens secret, mystique. Ce sens, ceux qui étudient les secrets de la Torah le connaissent. Selon lui, les paroles de Rambam, selon lesquelles les commandements sont donnés juste comme ça, versent du sel sur les plaies de ceux qui étudient la Torah.

À maintes reprises, des tentatives ont été faites pour concilier ces opinions. Et les commentateurs disent que Rambam parlait ainsi dans l'optique d'une réponse à un opposant non croyant, mais qu'en réalité, lui aussi considérait que les commandements ont un certain sens mystique et qu'il ne se peut pas que des commandements décrits de façon si minutieuse, si précise, aient été donnés sans sens particulier.

Une autre compréhension du sens des sacrifices s'est répandue dans les générations de nos contemporains. Les commentateurs contemporains disent, en se fondant sur Téhillim (40,7) : « Sacrifices et dons, Tu n'en veux pas, Tu m'as ouvert les oreilles ; holocaustes et sacrifices pour le péché, Tu ne les exiges pas », qu'à l'origine le Très-Haut ne voulait absolument pas qu'on Lui fasse des offrandes quelconques. Ce qu'il Lui fallait, c'était notre obéissance à Sa voix. Mais à cause de la chute, le Très-Haut a donné aux Juifs les commandements : s'il n'y avait pas eu de péché, il n'aurait pas fallu non plus de sacrifices. Mais si nous nous transportons 2000 ans en arrière, à l'époque où naissait la littérature juive, où l'on ne faisait que mettre par écrit tout ce qui, pendant des siècles, se transmettait oralement, nous verrons que dans la tradition juive il y avait déjà alors des choses semblables.

Le midrach raconte que le Très-Haut voulait créer le monde selon la mesure du jugement, pour que le monde fonctionne sur la base du jugement. C'est-à-dire que, dès qu'un homme péchait, il aurait aussitôt reçu un châtiment. Mais quand le Très-Haut vit le résultat, Il comprit que le monde ne pourrait pas exister sur une telle base. Et alors l'âme du Machia'h (selon la tradition juive) Lui dit : « Je suis prête à me sacrifier pour que Tu puisses créer l'homme, pour que l'homme survive, pour qu'il ait le repentir. » Et grâce à ce consentement du Machia'h au sacrifice, le monde fut créé. Et nous voyons cette même pensée au sujet du Machia'h dans la Première épître de l'apôtre Pierre (1,20) : « …il a été destiné avant la création du monde, mais n'est apparu que dans les derniers temps ». C'est-à-dire qu'à l'origine, avant même la création du monde, le Très-Haut a prévu et le péché, et l'expiation. Cela signifie qu'Il a pris soin de notre salut non pas quand nous sommes devenus pécheurs, mais avant même que nous ayons péché, avant même que nous ayons été créés, avant même Sa grâce manifestée envers nous. Il nous a créés et nous a délivrés avant même que nous soyons tombés, sachant que nous tomberions. Et nous pouvons dire que c'est justement en cela que consiste ce sens secret de l'offrande du sacrifice que Rambam passe sous silence : le sacrifice est la préfiguration du salut destiné à nous dès l'origine, une part originelle du plan divin. C'est-à-dire qu'avant même que le monde ne soit créé, dans les plans du Très-Haut il y avait et les sacrifices des Juifs dans le désert, et le dernier sacrifice.

De l'impureté rituelle

Dans cet entretien, nous allons parler, vous et moi, de l'impureté rituelle. En hébreu, cela s'appelle du mot toum'a – une notion qui se rencontre dans la Torah et qui suscite l'incompréhension chez beaucoup de croyants. C'est pourquoi je voudrais expliquer un peu ce que cela signifie, à quel point c'est actuel, et si c'est même actuel tout court pour le croyant messianique.

Donc, le mot toum'a. Il faut avant tout dire qu'en russe, c'est l'impureté rituelle, c'est-à-dire l'absence d'une certaine pureté. En hébreu, il ne s'agit pas de l'absence de quelque chose (de pureté), il s'agit de la présence de quelque chose. C'est-à-dire que le mot toum'a, ce n'est pas quelque chose qui n'est pas là, c'est quelque chose de présent, c'est une souillure qui est apparue sur l'homme à la suite de certaines actions ou de certains événements qui lui sont arrivés. Le mot toum'a lui-même remonte au mot – atoum (fermé, hermétique, replié sur soi ou impénétrable à la lumière). La Torah connaît onze sortes de toum'a.

La forme la plus dangereuse, la plus lourde de toum'a ou de souillure rituelle, c'est la toum'a du mort. Tout homme qui touche un mort devient impur, et celui qui a touché cet homme devient lui aussi impur, et ainsi de suite, et ainsi de suite, et ainsi de suite… Et comme résultat, aujourd'hui, en l'absence de moyens de purification (selon la tradition judaïque), quand il n'y a pas de moyen de se purifier de l'impureté rituelle du mort, tous les hommes, c'est-à-dire absolument toute la population de la planète Terre, portent sur eux la toum'a (souillure) du défunt, absolument tous sont impurs de cette impureté. Et il en sera ainsi, encore une fois selon la tradition, jusqu'à ce que le service du Temple soit rétabli, que la vache rousse soit trouvée et, par conséquent, jusqu'à ce que toutes les procédures liées à la purification aient été accomplies. Il en va de même pour les animaux morts, c'est la toum'a de la charogne, la toum'a de la chair morte.

En outre, la peau et la chair des huit animaux impurs, c'est la troisième sorte de toum'a. Il faut dire que, bien que ces animaux soient énumérés dans la Torah et qu'il existe des traductions de leurs noms, c'est chaque fois un roman policier, tout un roman policier linguistique et zoologique – dégager les significations pour ces huit animaux, reconstituer qui donc fait partie de ces huit. Sont nommés : la chouette, le hérisson, le rat, la souris, la tortue, le lézard, le porc-épic et le serpent. Mais chacun de ces noms est contesté, pour chacun il y a beaucoup d'interprétations différentes. Quoi qu'il en soit, nous laisserons ces disputes de côté.

Allons plus loin. L'impureté peut être liée aux choses saintes : aussi étrange que cela paraisse, le service dans le Temple peut rendre l'homme impur. Par exemple, si un homme préparait la cendre de la vache rousse, tous les travaux qu'il effectuait en lien avec cela le rendent impur. Cela s'appelle toum'a kdochim (impureté du saint). Selon ce même principe (mais cette fois par institution des rabbins), quand les livres qui sont écrits par l'Esprit de Dieu, les livres entrés dans le Tanakh, quittent nos mains, ils laissent nos mains impures. Les eaux qui se préparent à base de la cendre de la vache rousse, meï 'hatat (eaux du péché), rendent elles aussi l'homme impur – c'est la cinquième sorte de toum'a.

La sixième sorte de toum'a, c'est l'éjaculation. Tout écoulement de semence, que ce soit une pollution nocturne, accidentelle, ou quelques actes pécheurs, ou l'union avec sa femme en vue de la procréation – toute sorte d'éjaculation rend l'homme impur. De cela nous concluons qu'il est impossible d'engendrer un enfant sans devenir par là impur. Les écoulements masculins et féminins, toutes sortes d'écoulements des organes génitaux – ce sont la septième et la huitième sorte de toum'a. La neuvième sorte, c'est la toum'a postnatale, l'impureté postnatale. La dixième, c'est la nidda, ce sont les règles chez la femme. Et la onzième, le dernier type, c'est la tsara'at. L'homme qui est frappé de tsara'at vit hors du camp, et à son égard il existe aussi toute une série de lois.

Nous avons déjà donné une définition du mot toum'a. Nous avons dit que c'est une certaine fermeture, une certaine opacité, une imperméabilité à la lumière divine. Elle apparaît, en règle générale, quand disparaît la sainteté ou la disposition à la sainteté. Par exemple, prenons la toum'a la plus terrible dont nous avons parlé, la toum'at met (toum'a du mort). Tant que l'homme est vivant, sa destination est de se sanctifier, son âme est unie au corps pour que le matériel aussi soit sanctifié. Cela, tant que l'homme vit. Mais quand l'homme meurt, son corps cesse d'être un vase destiné à la sainteté, il devient comme opaque, impropre à être traversé par la lumière, il devient tamé (impur). Exactement de même avec la femme qui, pendant toute la période de l'ovulation, toute la période de sa pureté, est capable de concevoir, elle est destinée à être mère et prête pour le service saint. Au moment où commencent ses règles, sa disposition à recevoir la semence est interrompue, sa disposition à la maternité, sa disposition au service saint : ce vase devient de même opaque, impénétrable à la lumière pour un certain temps, jusqu'au renouvellement complet. On peut dire la même chose aussi à l'égard de l'accouchée, et à l'égard de l'écoulement de semence. Indépendamment de ce que la fonction de sainteté ait été accomplie ou que seule l'étape de préparation à celle-ci soit achevée, cette fonction est remplacée par la toum'a (souillure). Pourquoi l'homme ne peut-il pas se trouver dans une disposition permanente à la sainteté, pourquoi la sainteté ne se conserve-t-elle pas ? Parce que l'homme vit dans un monde imparfait, après la chute la mort est entrée dans le monde, elle qu'on appelle le père de tout ce qui est impur, le monde est devenu mortel, et chaque action de l'homme est devenue finie. C'est pourquoi la sainteté ne peut pas se conserver éternellement, il apparaît un certain dysfonctionnement de la sainteté après que l'homme est entré dans la disposition à celle-ci. De là apparaît le mot toum'a, apparaît la notion de toum'a (impureté).

À quoi cela aboutit-il ? Quand nous disons que l'homme est impur, cela signifie une seule chose : il ne peut pas prendre part au service du Temple et entrer dans le Saint du Temple. Mais dans le service quotidien – à la synagogue, à la maison, dans la communauté, dans la vie de tous les jours – l'homme n'est limité en rien, excepté, bien entendu, l'impureté de nidda, quand l'intimité avec une femme en état de nidda est interdite.

Être impur en soi, ce n'est pas un péché, nous sommes tous aujourd'hui impurs de l'impureté des morts (comme nous l'avons déjà dit), l'impureté la plus terrible qui puisse être. Et si l'on regarde plus profondément, l'un ne s'est pas purifié après une éjaculation nocturne, l'autre était assis dans l'autobus à côté d'une femme qui a ses jours critiques – sans le savoir lui-même, l'homme reçoit l'impureté de nidda, il devient tamé nidda. Et de telles options pour contracter l'impureté accompagnent l'homme constamment. C'est pourquoi il n'est pas d'actualité aujourd'hui de débattre de la question de savoir si une femme qui est en état de nidda peut aller à l'église, à la synagogue, à la réunion de la communauté, si elle peut communier. Elle n'est pas plus souillée que chacun de nous. Et, encore une fois, je répéterai que ce n'est pas un péché tant que nous ne commençons pas à prendre part au service du Temple. C'est la position judaïque.

Si en revanche nous parlons des communautés messianiques, alors, selon l'enseignement de beaucoup de communautés, la communion, le repas du SEIGNEUR, est comparable à un sacrifice. Et de nouveau la question se pose : une femme en état de nidda peut-elle prendre part à ce sacrifice, peut-elle être assise à table quand sur la table il y a le sacrifice pascal ? Et ici, il nous faut nous souvenir, vous et moi, que nous avons un tel Grand Prêtre, qui entre dans le Sanctuaire céleste, et purifie, et sanctifie celui-ci. Dans l'Épître aux Hébreux il est dit que le rôle révolutionnaire de Yéchoua comme Machia'h consiste en ce qu'Il a pour toujours purifié le Sanctuaire céleste, la partie la plus haute du Temple céleste. Yéchoua y est entré par Son sang, et là Il se tient constamment en notre faveur. C'est pourquoi le Sanctuaire céleste ne peut aujourd'hui en aucune façon être souillé par l'impureté. Un mérite très important du Machia'h, c'est qu'Il a rendu possible pour nous de venir au Très-Haut, de nous tenir devant le Très-Haut et d'avoir une relation avec le Très-Haut même en état d'impureté, aujourd'hui la barrière est détruite. Si nous croyons que le Machia'h, par Son sang, par Son sacrifice, nous purifie de toute souillure, alors l'impureté de la femme en état de nidda ne peut pas nuire au Sanctuaire, parce que le Sanctuaire – il est parfait.

Encore une des compréhensions fréquentes (ou mécompréhensions) consiste en ce que toum'a signifie le mal, porte univoquement en soi la mort, et ainsi de suite. Nous voyons qu'il n'en est pas ainsi, ne serait-ce que du fait que, quand on conçoit un enfant, l'homme émet la semence et devient impur. Ce n'est pas une forme lourde d'impureté, il peut le jour suivant se laver dans les eaux de la mikva et redevenir pur, être prêt même pour le service du Temple. Mais néanmoins, sans cela la procréation est impossible. Le service du Temple est impossible sans devenir impur. Et c'est pourquoi la toum'a n'est sans équivoque pas un mal qui vient dans le monde et qu'il faut craindre. C'est une certaine période, un certain état de l'homme où il n'est pas tout à fait perméable à la Lumière divine, mais où se produisent en lui certains processus intérieurs, spirituels.

Il faut dire que la Lumière divine dans laquelle nous nous trouvons est sans limites. Représentons-nous, de manière conventionnelle, qu'il y a une certaine lumière dans laquelle nous sommes plongés, comme une éponge dans un liquide « lumineux ». Une partie de la lumière entre en nous, une partie de la lumière reste autour de nous, et constamment, entre la lumière extérieure et la lumière intérieure, il se produit un échange. Pendant la toum'a, nous devenons imperméables à la lumière extérieure, à la lumière qui nous entoure, nous nous refermons pour ainsi dire avec la lumière qui est en nous, et l'assimilation de la lumière intérieure, une certaine assimilation de l'expérience spirituelle en nous, se produit malgré tout. La femme en état de toum'a, la femme en état de nidda peut librement étudier la Torah, peut librement lire les Téhillim et accomplir n'importe quelle étude, parce qu'en elle agit (comme en quiconque est impur) la lumière intérieure qu'elle a reçue.

Un jour, on m'a posé une question au sujet des ossements d'un défunt. Dans le second livre des Mélakhim (13,21) est décrit le cas où l'on jeta un homme mort sur les ossements du prophète Élicha, et l'homme revint à la vie. Le midrach raconte que cet homme revint à la vie pour peu de temps, parce qu'il était un méchant et qu'il fut tout simplement rejeté, éjecté, repoussé des ossements du juste défunt. En lien avec cela, la tradition juive dit que les justes, et de leur vivant, et après leur mort, sont considérés comme vivants, les justes – ils sont éternellement vivants, c'est pourquoi leurs corps ne portent pas en eux d'impureté.

Et cela s'applique aussi, bien entendu, à l'enseignement messianique. Si nous sommes purifiés et si nous nous trouvons dans la justice, dans la justice de notre Machia'h, alors nos corps non plus ne porteront aucune impureté. Ici, comme partout (pratiquement partout), nous voyons que la tradition juive rejoint la tradition chrétienne. La seule remarque, c'est que l'application de la notion de justice à nous n'est pas d'actualité pour le judaïsme. Néanmoins, si nous sommes croyants, si nous considérons que nous sommes justifiés, si nous considérons que nous sommes purifiés, alors, en conséquence, nous n'avons aucune raison de craindre l'impureté de la mort.

Ainsi, toutes ces lois dont nous parlons maintenant, les lois de l'impureté, elles sont actuelles pour comprendre la nature de la manière dont la sainteté agit dans le monde. Pour que nous comprenions que la sainteté n'est pas un état statique, qu'il y a certains processus intérieurs déterminés qui peuvent se produire en nous et qu'il faut endurer, que la toum'a est l'état naturel d'un monde non réparé. Et à cet égard, et la femme nidda, et l'homme après un écoulement, et certains malades avec des écoulements, et ainsi de suite, ne sont pas des méchants et des pécheurs, ne sont pas quelqu'un qu'il faut éviter.

Il y a une telle tendance : cacher la femme en état de nidda quelque part dans l'arrière-cour, la fourrer dans un coffre éloigné et ne la transporter que dans une caisse. La tradition médiévale a engendré énormément de mythes et de fausses représentations au sujet de la femme en état de nidda, en état de règles. Par exemple, que son regard est une malédiction, que le miroir se met à saigner, que les roses se fanent en sa présence, et ainsi de suite. Mais tout cela, il faut le comprendre comme une certaine mythologie, le mettre sur le compte du fait que les gens croyants, et même les gens savants de cette époque, ne comprenaient pas très bien la nature de ce qui se passait. Aujourd'hui, nous comprenons l'essence du processus des règles chez la femme, ce qu'il signifie, et nous pouvons ne pas le craindre.

De même, on attribuait aux animaux qui sont nommés impurs toutes sortes de propriétés magiques et mythiques. Ici, il faut aussi comprendre que nos sages étaient des sages de la Loi, des sages dans les interprétations de la Torah, mais dans le domaine de l'histoire naturelle, dans le domaine de la connaissance de la nature, dans le domaine des sciences naturelles, ils étaient des hommes de leur temps, ils croyaient à ce à quoi croyaient leurs contemporains. C'est pourquoi, en lisant le Talmud, ou le Zohar, ou un livre tel que le Séfer ha'Hassidim (Livre des Pieux), qui prétend à certaines connaissances dans le domaine de l'histoire naturelle, dans le domaine de la connaissance de la nature, nous pouvons rencontrer une souris qui naît de la boue, ou un animal qui est attaché par le nombril au centre de la Terre, ou un werwolf – un loup-garou qui se transforme en homme, et des sirènes, et des ondines, et ainsi de suite. Les sages vivaient de récits historiques et de légendes et ne pouvaient pas toujours distinguer la vérité du mensonge. À cause de cela est née une énorme quantité de toutes sortes de décrets sur les animaux impurs, sur la tortue, sur le porc-épic ou sur la souris. Et exactement de même, malheureusement, sur la femme en état de nidda. C'est-à-dire que c'est une tradition qu'il faut soumettre à une certaine révision, réexaminer à la lumière des connaissances modernes.

Si la toum'a sera d'actualité pour le Troisième Temple, nous ne le savons pas encore. Quand le SEIGNEUR reviendra, Il nous enseignera beaucoup de choses. Nous avons vu que Yéchoua met l'accent davantage sur l'impureté spirituelle que sur l'impureté rituelle, parle davantage de ce qui souille réellement l'homme et le rend impropre au service, et ce n'est pas tant son contact avec ce qui est impur que les pensées impures dans sa tête, et ainsi de suite. Yéchoua n'a aboli la Loi d'aucune manière – Sa mort, Sa résurrection et Son entrée dans le Temple ont changé la situation, ont changé la nature du monde, et dans le monde à la nature nouvelle de nouvelles lois se sont mises à agir.

Quand, avec l'aide de Dieu, le Troisième Temple sera rétabli (s'il est rétabli), alors de nouvelles lois, renouvelées, seront mises en œuvre, et alors nous verrons si la notion de toum'a (impureté) et de tohora (pureté) agira pour le temps nouveau. Mais pour l'instant on peut dire que nous n'avons aucune raison de redouter ces notions, parce que si nous commençons à les redouter, nous négligeons par là même la purification qui nous est donnée par le sacrifice de Yéchoua – c'est la première chose. Deuxièmement, je le répète, la tradition juive elle-même, aujourd'hui, n'enseigne pas à se garder de certaines sortes d'impureté, parce que tous sont impurs. Et de nouveau, la tradition juive, comme la tradition messianique, dit que l'homme juste, le juste, ne souille pas même après sa mort, le juste ne peut pas se souiller. En principe, l'essence de la justice consiste à voir l'impur et à ne pas devenir impur pour autant. Et c'est pourquoi j'ai simplement un conseil pour les croyants (en particulier les croyants messianiques qui se passionnent, et parfois se passionnent trop fortement, pour les aspects rituels du judaïsme, les aspects de la pureté et de l'impureté) : tout de même réexaminer leur position à ce sujet et cesser de se garder de l'impureté, de la craindre. Si c'est nécessaire pour l'œuvre, si c'est nécessaire pour le service, il ne faut pas avoir peur de devenir impur. Dans la Parabole du Samaritain, Yéchoua parle du kohen qui a eu peur de se souiller, qui a eu peur de ne pas pouvoir aller au service dans le Temple.

Nous pouvons voir aussi que le service dans le Temple était décrit par les sages juifs eux-mêmes comme un rapport exagérément craintif à l'impureté, tel qu'il menait parfois même à la mort et au meurtre parmi les kohanim. C'est pourquoi étudier tous les aspects de la Torah, y compris, bien entendu, les aspects de l'impureté – c'est bien. Faut-il aspirer à la pureté et à la sainteté ? Absolument ! Et pour cela, bien sûr, il faut étudier la Torah et observer la Torah, cela aussi est important. Néanmoins, voir dans un homme qui est tamé, dans une femme impure ou dans quelqu'un de semblable, voir dans leur impureté quelque chose de pécheur, qu'il faut éviter, contre quoi il faut se fermer et qu'il faut craindre – c'est tout à fait faux. Voilà la conception de l'impureté et de la pureté que j'ai eu envie de partager.

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Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    1. 1Si quelqu'un offre en sacrifice 1,1–1,17
    2. 2Les pauvres régalent Dieu 2,1–16
    3. 3Invitez Dieu chez vous 3,1–17
    4. 4Hygiène divine 4,1–4,35
    5. 5Je ne le ferai plus 5,1–26
    6. 6La Torah en 5 minutes.
    7. 7Le contrat de la création
    8. 8De l'impureté rituelle
    9. 9Vayikra et documents associés

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