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פְקוּדֵי
Pikoudeï
l'achèvement du Michkan
- Section hebdomadaire
- 23 sur 54
- Versets
- Chémot 38,21–40,38
- Parties
- 5
- Temps de lecture
- 1 h 4 min
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Pikoudeï est la section hebdomadaire sur l'achèvement du Michkan. Alex Blend examine le compte rendu des matériaux utilisés, la réception du travail, le montage de la tente et le thème « Michkan et Machia'h ». La sténographie comprend le texte de la Torah en hébreu, la translittération, la traduction, les commentaires de l'auteur et la haftara du premier livre des Mélakhim.
Pikoudeï : sur le décompte
Chémot 38,21–31
אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת אֲשֶׁר פֻּקַּד עַל־פִּי מֹשֶׁה עֲבֹדַת הַלְוִיִּם בְּיַד אִיתָמָר בֶּן־אַהֲרֹן הַכֹּהֵן׃
élle fekoudé hammichkán michkán ha'edoút achér poukkád al-pí moché avodát halviyím beyád itamár ben-aharon hakkohen
21 Voici la comptabilité concernant le Michkan, le Michkan du témoignage, le compte rendu qui a été préparé sur l'ordre de Moché par la main d'Itamar, fils d'Aharon, le prêtre.
Nous avons parlé du mot étonnant pokéd. Pokéd, c'est je gère, je rends visite, je vérifie, je commande, je prends en gage et dans ce cas je rends compte. Un mot très difficile à traduire, justement parce que ses significations se répandent et changent.
Deux fois nous voyons la répétition du mot Michkan, Michkan. Les commentateurs y voient une allusion au fait que le Michkan sera pour ainsi dire pris en gage deux fois. Quand le peuple de Dieu ne correspond pas à sa vocation, ne révèle pas pleinement la lumière du Très-Haut dans ce monde, quand la lumière n'est pas pleinement révélée, alors dans cette pénombre agréable pour les ennemis, ils peuvent attaquer et détruire, anéantir le temple. Les commentateurs disent : « Que fait un homme qui est en inimitié avec le roi, qui est en colère contre le roi ? » Le roi, il ne peut pas l'atteindre, le roi est loin, et il est fort. Alors l'homme va sur la place et y voit une statue du roi. Mais en réalité, même la statue du roi, il ne peut pas la détruire, et alors il raye simplement cette statue. Voilà, la destruction des temples, c'est semblable (c'est ainsi que le midrach compare) aux rayures sur la statue. C'est ainsi qu'on comprend la double répétition du mot Michkan. Nous, lecteurs, ne passons généralement pas à côté lorsque tel ou tel mot se répète deux fois de suite dans la Torah. Mais on peut mettre cela sur le compte du fait qu'il s'agit simplement ici d'un tel procédé littéraire.
J'ai envie ici de faire une petite digression lyrique de plus et de dire à quoi sert en général un tel midrach. Pourquoi quelqu'un a-t-il eu besoin de lire de cette façon le mot répété Michkan, dans une perspective historique ? Pour nous montrer, pour nous enseigner que de tout il faut rendre compte. Outre le fait que la Torah donne ici un compte rendu rigoureux, que Moché a chargé Itamar, fils d'Aharon, de préparer, de toutes les valeurs matérielles dépensées, de tout ce qui a été rassemblé, de ce qui a été dépensé et où, il existe exactement de la même façon un compte rendu non pas sur la création du Michkan, mais sur l'existence même du Michkan. Dans quelle mesure le Michkan, le Michkan terrestre, le Temple qui se dressait, ou le Michkan qu'est notre corps en tant que lieu de notre service du Très-Haut, dans quelle mesure justifie-t-il son existence, dans quelle mesure utilisons-nous pleinement, correctement, honnêtement nos ressources ? De cela aussi nous devons rendre compte, et le peuple de Dieu dans son ensemble, et chacun du peuple individuellement. Et le midrach parle, à vrai dire, de ce thème important, en utilisant seulement ici la double écriture du mot Michkan, le Michkan de Moché et notre Michkan personnel. On peut comprendre ce redoublement de diverses manières, mais un tel sens est vraiment actuel pour nous tous.
Par la main d'Itamar : on entend sous la direction, sous l'autorité. Le mot direction, en russe aussi, vient des mots main et conduire, conduire avec les mains.
Nous avons dit que le mot itamar en hébreu moderne est perçu en lien avec le mot tamar (datte). En réalité cela n'a aucun rapport avec les dattes, mais c'est lié à l'araméen itmar ou mémra (en araméen tardif), ou logos, parole. C'est-à-dire que l'un des fils d'Aharon s'appelait Parole. On peut supposer que c'est la glorification de cette même Parole qui deviendra chair. À peu près à la même époque, beaucoup plus au nord, au Liban, existait un temple d'adoration de la Parole.
וּבְצַלְאֵל בֶּן־אוּרִי בֶן־חוּר לְמַטֵּה יְהוּדָה עָשָׂה אֵת כָּל־אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
ouvtsal'él ben-ourí ven-'hoúr lematté yehouda assá et kol-acher-tsivvá adonáy et-moché
22 Et Bétsal'el, fils d'Ouri, fils de 'Hour, de la tribu de Yéhouda (ou du camp de Yéhouda), fit tout comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וְאִתּוֹ אָהֳלִיאָב בֶּן־אֲחִיסָמָךְ לְמַטֵּה־דָן חָרָשׁ וְחֹשֵׁב וְרֹקֵם בַּתְּכֵלֶת וּבָאַרְגָּמָן וּבְתוֹלַעַת הַשָּׁנִי וּבַשֵּׁשׁ׃
ve'ittó aholi'áv ben-a'hissamákh lematte-dán 'harách ve'hochév verokém battekhélet ouva'argamán ouvtolá'at hachaní ouvachéch
23 Et avec lui Oholi'av, fils d'A'hissamakh, de la tribu de Dan, qui s'occupe de sculpture et de tissage, et de broderie sur l'étoffe bleue, sur la pourpre, sur l'étoffe écarlate, et sur le lin fin.
כָּל־הַזָּהָב הֶעָשׂוּי לַמְּלָאכָה בְּכֹל מְלֶאכֶת הַקֹּדֶשׁ וַיְהִי זְהַב הַתְּנוּפָה תֵּשַׁע וְעֶשְׂרִים כִּכָּר וּשְׁבַע מֵאוֹת וּשְׁלֹשִׁים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ׃
kol-hazzaháv he'asoúy lammelakhá bekhól melékhet hakkódech vayhí zeháv hattenoufá técha ve'esrím kikkár ouchvá meót ouchlochím chékel bechékel hakkódech
24 Tout l'or qui était destiné au travail, dans tout le saint service, fut : or d'élévation, 29 kikars (talents) et 730 chékels en chékels saints.
Si l'on prend en compte les mesures de poids que donne l'un des commentateurs juifs connus, Rabbi Moché ben Maïmon (Rambam), il s'avère que 1228 kilogrammes d'or ont été rassemblés. Beaucoup contestent ce chiffre, bien que les autres chiffres se situent aussi à peu près dans cette même zone, du même ordre. On dit encore que l'or devait être beaucoup plus abondant ; néanmoins, si l'on se fonde sur la représentation des mesures de poids qui existaient à cette époque, c'est à peu près un tel tableau qui se dessine.
וְכֶסֶף פְּקוּדֵי הָעֵדָה מְאַת כִּכָּר וְאֶלֶף וּשְׁבַע מֵאוֹת וַחֲמִשָּׁה וְשִׁבְעִים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ׃
vekhéssef pekoudé ha'edá me'át kikkár ve'élef ouchvá meót va'hamichá vechiv'ím chékel bechékel hakkódech
25 Et l'argent que remit la communauté : 100 kikars (talents) et 1775 chékels en chékels saints.
100 talents et 1775 chékels saints, c'est environ 4225 kilogrammes d'argent. On a rassemblé beaucoup plus d'argent que d'or.
Et au verset 26 nous lisons un mini-compte rendu sur la provenance de l'argent.
בֶּקַע לַגֻּלְגֹּלֶת מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ לְכֹל הָעֹבֵר עַל־הַפְּקֻדִים מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה לְשֵׁשׁ־מֵאוֹת אֶלֶף וּשְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת וַחֲמִשִּׁים׃
béka laggoulgólet ma'hatsít hachékel bechékel hakkódech lekhól ha'ovér al-happekoudím mibbén esrím chaná vamá'la lechech-meót élef ouchlóchet alafím va'haméch meót va'hamichím
26 Un béka (mesure de poids d'un demi-chékel) par personne, un demi-chékel du chékel saint, de chacun de ceux qui entrent dans le décompte parmi les fils d'Israël (et la Torah l'explique), de 20 ans et au-dessus : 603 mille 550 (personnes).
Il n'y a pas si longtemps, lors de fouilles sur le mont du Temple, on a trouvé des poids, et certains d'entre eux portaient l'inscription « béka ».
De 20 ans et au-dessus : c'est l'âge des personnes comptées lors du recensement, c'est-à-dire des adultes, des majeurs, des gens prêts au service, la partie capable du peuple d'Israël. Ce sont justement eux qui étaient obligés d'apporter chacun un demi-chékel d'argent pour la construction du Michkan. Et qu'a-t-on donc fait de tout cet argent ?
וַיְהִי מְאַת כִּכַּר הַכֶּסֶף לָצֶקֶת אֵת אַדְנֵי הַקֹּדֶשׁ וְאֵת אַדְנֵי הַפָּרֹכֶת מְאַת אֲדָנִים לִמְאַת הַכִּכָּר כִּכָּר לָאָדֶן׃
vayhí me'át kikkár hakkéssef latséket et adné hakkódech ve'ét adné happarókhet me'át adaním lim'át hakkikkár kikkár la'áden
27 Et il y eut : 100 kikars (talents) d'argent furent dépensés pour couler les socles pour le Saint et les socles pour le voile ; de 100 kikars (talents), 100 socles, un kikar (talent) par socle.
וְאֶת־הָאֶלֶף וּשְׁבַע הַמֵּאוֹת וַחֲמִשָּׁה וְשִׁבְעִים עָשָׂה וָוִים לָעַמּוּדִים וְצִפָּה רָאשֵׁיהֶם וְחִשַּׁק אֹתָם׃
ve'et-ha'élef ouchvá hammeot va'hamichá vechiv'ím assá vavím la'ammoudím vetsippá rachehém ve'hichák otám
28 Et des 1775 chékels il fit des crochets pour les colonnes et recouvrit leur sommet, et les fit avec des encadrements.
וּנְחֹשֶׁת הַתְּנוּפָה שִׁבְעִים כִּכָּר וְאַלְפַּיִם וְאַרְבַּע־מֵאוֹת שָׁקֶל׃
oun'hóchet hattenoufá chiv'ím kikkár ve'alpáyim ve'arbá-meot chákel
29 Et de cuivre, on rassembla 70 kikars et 2400 chékels (un peu plus de trois tonnes).
וַיַּעַשׂ בָּהּ אֶת־אַדְנֵי פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְאֵת מִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת וְאֶת־מִכְבַּר הַנְּחֹשֶׁת אֲשֶׁר־לוֹ וְאֵת כָּל־כְּלֵי הַמִּזְבֵּחַ׃
vayá'as ba et-adné peta'h óhel mo'éd ve'ét mizbá'h hanne'hóchet ve'et-mikhbár hanne'hóchet achér-lo ve'ét kol-kelé hammizbéya'h
30 Et il en fit les socles pour l'entrée de la Tente d'assignation, et l'autel de cuivre, et sa grille de cuivre, et tous les instruments de l'autel.
וְאֶת־אַדְנֵי הֶחָצֵר סָבִיב וְאֶת־אַדְנֵי שַׁעַר הֶחָצֵר וְאֵת כָּל־יִתְדֹת הַמִּשְׁכָּן וְאֶת־כָּל־יִתְדֹת הֶחָצֵר סָבִיב׃
ve'et-adné he'hatsér savív ve'et-adné chá'ar he'hatsér ve'ét kol-yitdót hammichkán ve'et-kol-yitdót he'hatsér savív
31 Et les socles de la cour tout autour, et les socles de la porte de la cour, et tous les piquets du Michkan, et tous les piquets de la cour tout autour.
Pourquoi la Torah nous rapporte-t-elle toute cette histoire, un compte rendu si détaillé ? Sans doute est-ce pour nous une leçon quant à l'attitude envers les dons collectés dans la communauté, quand quelqu'un annonce une collecte pour un événement, pour la construction de quelque chose, pour la création de quelque chose. Le peuple apporte unanimement, et ensuite, jusqu'au chékel (c'est environ 33 grammes dans les mesures qui sont données ici), on rend compte de ce qui a été utilisé et comment. Moché a désigné un homme, Itamar, fils d'Aharon, pour s'occuper du décompte, faire les comptes et rendre compte à la communauté. Il ne suffisait pas de dire : « Vous nous avez remis, voici le Michkan, tout est construit selon le cahier des charges. » Non, en plus de cela, il est donné ici un compte rendu complet et détaillé du travail accompli et des matériaux dépensés (or, argent et cuivre).
La commission de réception
Chémot 39,1–43
Nous avons déjà lu qu'à la fin des travaux de construction du Michkan, Moché a désigné Itamar, fils d'Aharon, pour préparer un compte rendu complet et minutieux de tous les métaux précieux utilisés, de tout ce que le peuple avait rassemblé. Itamar a préparé ce compte rendu et, à vrai dire, le compte rendu lui-même, nous l'avons lu aussi. Dans notre passage, la Torah revient au compte rendu sur les vêtements confectionnés pour le sacerdoce (nous avons lu l'instruction détaillée au chapitre 28) et sur l'achèvement de tous les travaux d'aménagement du Michkan.
וּמִן־הַתְּכֵלֶת וְהָאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת הַשָּׁנִי עָשׂוּ בִגְדֵי־שְׂרָד לְשָׁרֵת בַּקֹּדֶשׁ וַיַּעֲשׂוּ אֶת־בִּגְדֵי הַקֹּדֶשׁ אֲשֶׁר לְאַהֲרֹן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
oumin-hattekhélet veha'argamán vetolá'at hachaní asoú vigde-serád lecharét bakkódech vaya'asoú et-bigdé hakkódech achér le'aharón ka'achér tsivvá adonáy et-moché
1 Et de l'étoffe bleue, de l'étoffe pourpre et de l'étoffe écarlate, ils firent les vêtements de service (des vêtements couvrants, on peut dire, une tenue de travail) pour le service dans le Saint, et ils firent les vêtements saints (des vêtements à part pour ceux qui sont destinés à entrer dans le Saint des Saints), qui sont pour Aharon ; ils le firent comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיַּעַשׂ אֶת־הָאֵפֹד זָהָב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר׃
vayá'as et-ha'efód zaháv tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch mochzár
2 Le maître, l'artisan habile, confectionna l'éfod (nous l'avons appelé gilet) d'or, de fil bleu, de fil pourpre, de fil écarlate et de fil de lin, tordus ensemble.
Comment l'or se combinait-il avec les fils ? Chaque fil était tordu en six brins : le fil bleu, le fil pourpre, le fil écarlate et le lin. Et ensuite ils étaient encore enroulés, on y tressait un septième fil, un fil d'or. C'est-à-dire que nous avons tékhélet (le fil bleu), argaman (le fil pourpre), tola'at chani (le fil écarlate) et le lin, chaque couleur était tordue de six fils et mêlée au fil d'or. En tout cela fait quatre fois sept, on obtenait un tel fil « à vingt-huit brins ».
Au verset 3, la description de la fabrication des fils d'or :
וַיְרַקְּעוּ אֶת־פַּחֵי הַזָּהָב וְקִצֵּץ פְּתִילִם לַעֲשׂוֹת בְּתוֹךְ הַתְּכֵלֶת וּבְתוֹךְ הָאַרְגָּמָן וּבְתוֹךְ תּוֹלַעַת הַשָּׁנִי וּבְתוֹךְ הַשֵּׁשׁ מַעֲשֵׂה חֹשֵׁב׃
vayrakke'oú et-pa'hé hazzaháv vekittséts petilím la'asót betókh hattekhélet ouvtókh ha'argamán ouvtókh tolá'at hachaní ouvtókh hachéch ma'assé 'hochév
3 Et ils aplatirent, et ils découpèrent dans ces feuilles d'or de tout petits fils, pour tresser ces fils d'or dans les bleus, dans les pourpres, et les écarlates, et dans ceux de lin, d'une manière sage, habile.
C'est-à-dire qu'on transformait l'or en une petite feuille forgée fine, fine, aujourd'hui on dirait : en or en feuille. Le mot ptil (pl. ptilim) signifie fil, ou petite mèche (le mot russe fitil vient de ce même mot). Les artisans étalaient l'or en feuilles très minces et, à partir d'elles, comme des nouilles, découpaient des fils fins, fins, qu'on pouvait tresser avec d'autres fils et ainsi tisser une étoffe commune. On dit que l'or est très difficile à intégrer dans une étoffe. Dans le monde entier, dans l'Antiquité, il existait, en somme, une seule méthode pour créer une étoffe avec de l'or, qu'on appelait samit ou brocart, quand le fil d'or était mêlé, tressé avec six autres fils.
כְּתֵפֹת עָשׂוּ־לוֹ חֹבְרֹת עַל־שְׁנֵי קִצְווֹתוֹ (קְצוֹתָיו) חֻבָּר׃
ketefót asou-ló 'hoverót al-chené ketsotáv 'houbbár
4 Ils lui firent des épaules, elles étaient fixées des deux côtés et reliaient entre elles la partie avant et la partie arrière de l'éfod.
Si l'on revient au parallèle entre l'éfod et un gilet pare-balles, on lui fit pour ainsi dire des bretelles (sans doute ce mot sera-t-il plus compréhensible). Ce sont des bretelles qui se trouvent des deux côtés et qui relient la partie avant et la partie arrière de l'éfod.
וְחֵשֶׁב אֲפֻדָּתוֹ אֲשֶׁר עָלָיו מִמֶּנּוּ הוּא כְּמַעֲשֵׂהוּ זָהָב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
ve'héchev afouddató achér aláv mimménou hou kema'asséhou zaháv tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch mochzár ka'achér tsivvá adonáy et-moché
5 Et toutes les petites ceintures de l'éfod, qui sont sur lui, sont faites de lui-même (c'est-à-dire que tous les liens et toutes les courroies de l'éfod sont faits d'une seule pièce avec lui), de tous les fils énumérés : de fils d'or, de fils bleus, de fils pourpres, de fils écarlates et de lin, entrelacés, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיַּעֲשׂוּ אֶת־אַבְנֵי הַשֹּׁהַם מֻסַבֹּת מִשְׁבְּצֹת זָהָב מְפֻתָּחֹת פִּתּוּחֵי חוֹתָם עַל־שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vaya'asoú et-avné hachóham moussabbót michbetsót zaháv mefoutta'hót pittou'hé 'hotám al-chemót bené yisraél
6 Et ils firent les pierres d'onyx, dans des montures d'or, sur lesquelles, comme sur un sceau, sont gravés les noms des fils d'Israël.
Nous avons dit que le kohen porte sur ses pattes d'épaule, sur ses épaulettes (pas seulement sur le pectoral) les noms des fils d'Israël selon leur naissance, dans l'ordre de leur naissance : six noms d'un côté, six noms de l'autre côté.
וַיָּשֶׂם אֹתָם עַל כִּתְפֹת הָאֵפֹד אַבְנֵי זִכָּרוֹן לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayássem otám al kitfót ha'efód avné zikkarón livné yisraél ka'achér tsivvá adonáy et-moché
7 Et il les plaça sur les épaules de l'éfod, pierres de souvenir des fils d'Israël, comme Dieu l'avait commandé à Moché.
À quoi cela sert, nous en avons aussi déjà parlé au chapitre 28, quand nous examinions la structure des vêtements des kohanim. Répétons que le prêtre doit se souvenir qu'il entre dans le Saint des Saints non pas de lui-même, non pas comme un quelconque fonctionnaire, mais qu'il entre comme celui qui se tient là pour le peuple d'Israël. Dans le Saint des Saints ou dans le Saint (où qu'il entre dans sa fonction de prêtre), il se tient là pour toutes les tribus d'Israël, c'est pourquoi ses pattes d'épaule, ce sont les fils d'Israël.
וַיַּעַשׂ אֶת־הַחֹשֶׁן מַעֲשֵׂה חֹשֵׁב כְּמַעֲשֵׂה אֵפֹד זָהָב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר׃
vayá'as et-ha'hóchen ma'assé 'hochév kema'assé efód zahav tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch mochzár
8 Et il fit le 'hochen (ou pectoral) du même travail de tissage que l'éfod (et de nouveau nous voyons l'énumération des mêmes fils tordus) : d'or, bleu, et pourpre, et écarlate, et de lin fin.
רָבוּעַ הָיָה כָּפוּל עָשׂוּ אֶת־הַחֹשֶׁן זֶרֶת אָרְכּוֹ וְזֶרֶת רָחְבּוֹ כָּפוּל׃
ravoúa hayá kafoúl asoú et-ha'hóchen zéret orkó vezéret ro'hbó kafoúl
9 Il était carré, le 'hochen était fait plié en deux, les dimensions du carré zéret sur zéret.
On y parvenait en pliant en deux un rectangle d'étoffe, et l'on obtenait ainsi un carré dont le côté était égal à un zéret. Le zéret, c'est une mesure de longueur égale à trois paumes (ou à une demi-coudée), et une paume, à son tour, est égale à environ 8 centimètres. C'est-à-dire que le carré avait un côté de 24-25 centimètres.
וַיְמַלְאוּ־בוֹ אַרְבָּעָה טוּרֵי אָבֶן טוּר אֹדֶם פִּטְדָה וּבָרֶקֶת הַטּוּר הָאֶחָד׃
vaymal'ou-vó arba'á toúre áven tour ódem pitdá ouvaréket hattoúr ha'e'hád
10 Et sa garniture, ils la firent de quatre rangées de pierres, la première pierre odem (cornaline), la deuxième pierre pitda (émeraude), la troisième pierre ouvaréket (et topaze), une rangée.
וְהַטּוּר הַשֵּׁנִי נֹפֶךְ סַפִּיר וְיָהֲלֹם׃
vehattoúr hachení nófekh sappír veyahalóm
11 La deuxième rangée : nofekh (grenat), sapir (saphir), véyahalom (et diamant).
וְהַטּוּר הַשְּׁלִישִׁי לֶשֶׁם שְׁבוֹ וְאַחְלָמָה׃
vehattoúr hachelichí léchem chevó ve'a'hlámaDans la translittération de l'original, ce dernier mot est écrit avec un « d » au lieu d'un « l ». Nous suivons le texte hébreu : ve'a'hláma, « et améthyste ».
12 Et la troisième rangée : léchem (zircon), chévo (agate), vé'a'hlamaDans le verset aussi, l'original écrit ce nom de pierre avec un « d » au lieu d'un « l ». Nous suivons le texte hébreu : vé'a'hlama, « et améthyste ». ( et améthyste).
וְהַטּוּר הָרְבִיעִי תַּרְשִׁישׁ שֹׁהַם וְיָשְׁפֵה מוּסַבֹּת מִשְׁבְּצוֹת זָהָב בְּמִלֻּאֹתָם׃
vehattoúr harevi'í tarchích chóham veyachefé moussabbót michbetsót zaháv bemillou'otám
13 Et la quatrième rangée : tarchich (aigue-marine), choham (onyx), véyachéfé (et jaspe) ; avant d'être insérées dans le 'hochen, elles sont encadrées d'or (littéralement : garnies d'or, elles, dans leur garniture).
On peut et on doit dire qu'il existe de très nombreuses opinions différentes concernant les pierres dont on garnissait l'éfod. Cela vient de ce que beaucoup de noms de pierres ne se sont pas conservés. Nous n'avons pas de tradition sur les pierres dont il s'agit réellement. Un mot comme, par exemple, pitda est tout à fait impossible en hébreu, c'est manifestement un mot non hébreu. Et quand nous utilisons telle ou telle méthode de reconstitution, nous l'utilisons sur la base de l'étude des langues, sur la base de diverses recherches approfondies. Je cite exprès différentes variantes pour montrer qu'il n'y a pas une seule variante, qu'il n'y a pas ici de tradition unique, que nous ne nous y connaissons pas très bien en ces pierres-là.
Dans la ville de Jérusalem, rue de Jaffa, presque tout près de la porte de Jaffa, dans une petite boutique de pierres si étonnante, qui dans ma jeunesse me semblait magique, travaillait un vieux (ou qui me semblait alors vieux) Juif, dont les étagères étaient garnies de livres sur les pierres et des pierres elles-mêmes. Il avait consacré toute sa vie au travail des pierres et à l'écriture de livres sur les pierres, y compris sur les pierres des pectoraux. Et il m'a raconté que dans sa jeunesse, en Algérie, il avait écrit un livre où, eh bien, de façon tout à fait certaine, il avait établi la signification de toutes les pierres qui étaient utilisées dans le pectoral. Une quinzaine d'années passèrent, et il écrivit un autre livre, où il révisa beaucoup de choses, mais cette fois-ci, de façon tout à fait certaine, il établit les pierres qui se trouvent dans le pectoral. Encore 20 ans passèrent, et il comprit que nous ne savons pas, que nous ne pouvons pas établir quelles pierres étaient dans le pectoral. Si l'on étudie la nature des pierres, beaucoup de pierres conviennent à différentes tribus ; et d'ailleurs, que savons-nous des tribus ? Si l'on étudie les noms, la confusion avec eux est incroyable. Ainsi donc, l'homme qui, de notre temps, en savait sans doute plus que quiconque sur les pierres dans la tradition juive, nous racontait, à nous les jeunes, que c'est l'énigme du siècle, quelles sont ces pierres sur le pectoral. Il nous offrait des pierres semi-précieuses, ce qui était pour nous un contact avec le mystère. Et cela est resté pour moi une énigme, dont je voudrais trouver la réponse. Mais je comprends que c'est l'une de ces nombreuses énigmes dont je ne trouverai pas la solution.
וְהָאֲבָנִים עַל־שְׁמֹת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל הֵנָּה שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה עַל־שְׁמֹתָם פִּתּוּחֵי חֹתָם אִישׁ עַל־שְׁמוֹ לִשְׁנֵים עָשָׂר שָׁבֶט׃
veha'avaním al-chemót bene-yisraél hénna chetém esré al-chemotám pittou'hé 'hotám ich al-chemó lichném assár chávet
14 Et les pierres : selon les noms des fils d'Israël, douze selon le nombre de leurs noms, gravées comme un sceau, chacun sur sa pierre, selon les douze tribus.
וַיַּעֲשׂוּ עַל־הַחֹשֶׁן שַׁרְשְׁרֹת גַּבְלֻת מַעֲשֵׂה עֲבֹת זָהָב טָהוֹר׃
vaya'asoú al-ha'hóchen charcherót gavloút ma'assé avót zaháv tahór
15 Et sur le pectoral ils firent des chaînes spéciales tressées, d'or pur.
Il s'agit ici du bord supérieur du pectoral, et les chaînes, nous en avons déjà parlé, je le répète : ce ne sont pas celles qui se composent de maillons, de petits anneaux séparés, mais des chaînes tressées, des chaînes de joaillerie plus coûteuses.
וַיַּעֲשׂוּ שְׁתֵּי מִשְׁבְּצֹת זָהָב וּשְׁתֵּי טַבְּעֹת זָהָב וַיִּתְּנוּ אֶת־שְׁתֵּי הַטַּבָּעֹת עַל־שְׁנֵי קְצוֹת הַחֹשֶׁן׃
vaya'asoú cheté michbetsót zaháv ouchté tabbe'ót zaháv vayittenoú et-cheté hattabba'ót al-chené ketsót ha'hóchen
16 Et ils firent deux chatons (alvéoles) d'or et deux anneaux d'or, et placèrent les deux anneaux aux deux bords du pectoral.
וַיִּתְּנוּ שְׁתֵּי הָעֲבֹתֹת הַזָּהָב עַל־שְׁתֵּי הַטַּבָּעֹת עַל־קְצוֹת הַחֹשֶׁן׃
vayittenoú cheté ha'avotót hazzaháv al-cheté hattabba'ót al-ketsót ha'hóchen
17 Et ils passèrent (littéralement : donnèrent) les deux chaînes tressées d'or (dont nous avons déjà parlé) à travers les deux anneaux qui sont au bord du 'hochen.
וְאֵת שְׁתֵּי קְצוֹת שְׁתֵּי הָעֲבֹתֹת נָתְנוּ עַל־שְׁתֵּי הַמִּשְׁבְּצֹת וַיִּתְּנֻם עַל־כִּתְפֹת הָאֵפֹד אֶל־מוּל פָּנָיו׃
ve'ét cheté ketsót cheté ha'avotót natenoú al-cheté hammichbetsót vayittenoúm al-kitfót ha'efód el-moúl panáv
18 Et les deux (autres) bouts des deux chaînes, ils les relièrent aux deux alvéoles, et les fixèrent aux épaules de l'éfod, sur son côté de face (avant).
וַיַּעֲשׂוּ שְׁתֵּי טַבְּעֹת זָהָב וַיָּשִׂימוּ עַל־שְׁנֵי קְצוֹת הַחֹשֶׁן עַל־שְׂפָתוֹ אֲשֶׁר אֶל־עֵבֶר הָאֵפֹד בָּיְתָה׃
vaya'asoú cheté tabbe'ót zaháv vayassímou al-chené ketsót ha'hóchen al-sefató achér el-éver ha'efód báyta
19 Et ils firent deux anneaux d'or, et les placèrent (fixèrent) au bord inférieur (au pan du pectoral), qui est du côté inférieur de l'éfod.
וַיַּעֲשׂוּ שְׁתֵּי טַבְּעֹת זָהָב וַיִּתְּנֻם עַל־שְׁתֵּי כִתְפֹת הָאֵפֹד מִלְמַטָּה מִמּוּל פָּנָיו לְעֻמַּת מֶחְבַּרְתּוֹ מִמַּעַל לְחֵשֶׁב הָאֵפֹד׃
vaya'asoú cheté tabbe'ót zaháv vayittenoúm al-cheté khitfót ha'efód milemátta mimmoúl panáv le'oummát ma'hbartó mimmá'al le'héchev ha'efód
20 Et ils firent encore deux anneaux d'or, et les placèrent sur les deux courroies d'épaule de l'éfod, en bas, face à son côté de devant, là où ses courroies se rejoignent, là où se trouve le ceinturon de l'éfod.
C'est-à-dire qu'on fit encore une paire d'anneaux et qu'on les plaça derrière, face au côté de devant de l'éfod, comme des boucles pour les courroies, à l'endroit où elles se rejoignent avec l'éfod, au-dessus du ceinturon.
וַיִּרְכְּסוּ אֶת־הַחֹשֶׁן מִטַּבְּעֹתָיו אֶל־טַבְּעֹת הָאֵפֹד בִּפְתִיל תְּכֵלֶת לִהְיֹת עַל־חֵשֶׁב הָאֵפֹד וְלֹא־יִזַּח הַחֹשֶׁן מֵעַל הָאֵפֹד כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayirkesoú et-ha'hóchen mittabbe'otáv el-tabbe'ót ha'efód biftíl tekhélet lihyot al-'héchev ha'efód velo-yizzá'h ha'hóchen me'ál ha'efód ka'achér tsivvá adonáy et-moché
21 Et ils attachèrent le 'hochen par ses anneaux aux anneaux de l'éfod avec un fil bleu, afin qu'il relie l'éfod au pectoral et que le pectoral ne bouge pas sur l'éfod, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
C'est-à-dire qu'on fit encore une attache en fil bleu, afin que le pectoral ne bouge pas sur l'éfod, ne se promène pas sur le ventre du kohen, mais se trouve tout le temps à un seul et même endroit.
À partir du verset 22 commence la description d'un autre élément du vêtement : le mé'il (manteau), le vêtement de dessus sur lequel on met l'éfod.
וַיַּעַשׂ אֶת־מְעִיל הָאֵפֹד מַעֲשֵׂה אֹרֵג כְּלִיל תְּכֵלֶת׃
vayá'as et-me'íl ha'efód ma'assé orég kelíl tekhélet
22 Et il fit le mé'il (manteau) entièrement d'étoffe bleue, pour porter sur lui le pectoral, ouvrage de tisserand.
וּפִי־הַמְּעִיל בְּתוֹכוֹ כְּפִי תַחְרָא שָׂפָה לְפִיו סָבִיב לֹא יִקָּרֵעַ׃
oufi-hamme'íl betokhó kefí ta'hrá safá lefív savív lo yikkaréya
23 Et les bords de l'encolure du mé'il sont repliés vers l'intérieur et cousus (travaillés comme avec une surjeteuse), pour qu'elle ne se déchire pas (ne se découse pas, ne s'effiloche pas).
וַיַּעֲשׂוּ עַל־שׁוּלֵי הַמְּעִיל רִמּוֹנֵי תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי מָשְׁזָר׃
vaya'asoú al-choulé hamme'íl rimmoné tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní mochzár
24 Et sur le bord du mé'il furent faites des pommes de grenade, d'un mélange de bleu, de pourpre et d'écarlate.
Nous avons dit que, sous un certain éclairage, la couleur rouge se réfracte comme le bleu. C'est pourquoi on peut montrer une rougeur particulière en mélangeant les couleurs rouge et bleue.
וַיַּעֲשׂוּ פַעֲמֹנֵי זָהָב טָהוֹר וַיִּתְּנוּ אֶת־הַפַּעֲמֹנִים בְּתוֹךְ הָרִמֹּנִים עַל־שׁוּלֵי הַמְּעִיל סָבִיב בְּתוֹךְ הָרִמֹּנִים׃
vaya'asoú fa'amoné zahav tahór vayittenoú et-happa'amoním betókh harimmoním al-choulé hamme'íl savív betókh harimmoním
25 On fit des clochettes d'or pur et on alterna les clochettes et les grenades sur les bords du mé'il, sur le pourtour, sur tout l'ourlet.
Nous avons déjà dit que le rimon (grenade) symbolise la plénitude, c'est un fruit si densément rempli. Beaucoup disent, il existe une telle légende, une telle tradition, qu'il contient 613 petits grains (selon le nombre symbolique des commandements). D'autres disent que simplement le peuple d'Israël peut être rempli de commandements comme une grenade, et c'est pourquoi il est comparé à la grenade. Les clochettes, en revanche, contrairement à la grenade, sont vides. Si les pommes de grenade symbolisent les justes du peuple d'Israël, les clochettes symbolisent les gens du commun, bien qu'elles soient d'or pur. Et qui sont les gens du commun ? Ce sont des gens qui ne connaissent pas la Torah aussi profondément, qui n'observent pas les commandements dans une telle plénitude. Et surtout, n'allez pas penser du mal : de ces deux types du peuple, qui sont symbolisés par les clochettes et les grenades sur les pans du vêtement du prêtre, je suis content d'être une clochette. Ils n'ont pas de mitsvot (commandements), ils n'ont pas de mérites, mais eux aussi appartiennent au peuple d'Israël. Quand le prêtre entre dans le Michkan, il porte sur lui et les uns et les autres, et les justes, et ceux qui ne sont pas encore aussi justes, qui ne font que retentir et tinter, comme une clochette, de quelque un ou deux de leurs mérites.
Le verset 26 explique toute la technique :
ַּ
עֲמֹן וְרִמֹּן פַּעֲמֹן וְרִמֹּן עַל־שׁוּלֵי הַמְּעִיל סָבִיב לְשָׁרֵת כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
pa'amón verimmón pa'amón verimmón al-choulé hamme'íl savív lecharét ka'achér tsivvá adonáy et-moché
26 Une clochette et une grenade, une clochette et une grenade sur l'ourlet du mé'il tout autour, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
Ce verset qui se répète souvent dans ce chapitre – comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché – n'est pas aussi simple qu'il peut paraître. Nous voyons pour la première fois un exemple de la manière dont se transmet la tradition. Quelque chose que Moché a reçu (il n'avait guère la possibilité de noter, de sténographier ou d'utiliser un dictaphone), il a pu le transmettre à des hommes sages. Et les hommes sages, sans voir ce qu'avait vu Moché, sans entendre ce qu'avait entendu Moché, ont accompli ce que le Très-Haut avait ordonné à Moché. Nous voyons un exemple de communication de qualité, de transmission de qualité de l'information du Très-Haut aux exécutants, et une exécution parfaite. C'est pourquoi chacun de ces témoignages – comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché – n'est pas là pour rien, il est vraiment très important. Nous arrive-t-il si souvent de tout faire comme le SEIGNEUR nous l'a commandé ?
וַיַּעֲשׂוּ אֶת־הַכָּתְנֹת שֵׁשׁ מַעֲשֵׂה אֹרֵג לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו׃
vaya'asoú et-hakkotnót chech ma'assé orég le'aharón oulvanáv
27 Et il fit de lin des tuniques, ouvrage de tissage, pour Aharon et ses fils.
וְאֵת הַמִּצְנֶפֶת שֵׁשׁ וְאֶת־פַּאֲרֵי הַמִּגְבָּעֹת שֵׁשׁ וְאֶת־מִכְנְסֵי הַבָּד שֵׁשׁ מָשְׁזָר׃
ve'ét hammitsnéfet chech ve'et-pa'aré hammigba'ót chech ve'et-mikhnessé habbád chech mochzár
28 Et la coiffure de lin fin (le turban pour le kohen gadol), et les coiffures somptueuses pour les fils d'Aharon, de lin, et les caleçons (sous-vêtements) de tissu de lin, le tout de fils retors.
וְאֶת־הָאַבְנֵט שֵׁשׁ מָשְׁזָר וּתְכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי מַעֲשֵׂה רֹקֵם כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
ve'et-ha'avnét chech mochzár outkhélet ve'argamán vetolá'at chaní ma'assé rokém ka'achér tsivvá adonáy et-moché
29 Et la ceinture de fils de lin retors, et de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, ouvrage de brodeur, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיַּעֲשׂוּ אֶת־צִיץ נֵזֶר־הַקֹּדֶשׁ זָהָב טָהוֹר וַיִּכְתְּבוּ עָלָיו מִכְתַּב פִּתּוּחֵי חוֹתָם קֹדֶשׁ לַיהוָה׃
vaya'asoú et-tsíts nezer-hakkódech zaháv tahór vayikhtevoú aláv mikhtáv pittou'hé 'hotám kódech ladonáy
30 Et ils firent une plaque d'or, et sur elle ils écrivirent (gravèrent), comme sur un sceau : « Sainteté au SEIGNEUR ».
וַיִּתְּנוּ עָלָיו פְּתִיל תְּכֵלֶת לָתֵת עַל־הַמִּצְנֶפֶת מִלְמָעְלָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayittenoú aláv petíl tekhélet latét al-hammitsnéfet milmá'la ka'achér tsivvá adonáy et-moché
31 On fit en elle une ouverture, on fit passer à travers elle un fil bleu, pour qu'elle soit fixée par sa partie supérieure au turban, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
La plaque d'or sur le turban du grand prêtre doit être fixée de telle sorte qu'elle descende d'en haut, de la coiffure sur son front, et que sur elle soit écrit : « Sainteté du SEIGNEUR » ou « Saint au SEIGNEUR ».
וַתֵּכֶל כָּל־עֲבֹדַת מִשְׁכַּן אֹהֶל מוֹעֵד וַיַּעֲשׂוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּכֹל אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה כֵּן עָשׂוּ׃
vattékhel kol-avodát michkán óhel mo'éd vaya'asoú bené yisraél kekhól achér tsivvá adonáy et-moché ken asoú
32 Et tout le travail du Michkan, de la Tente d'assignation, fut achevé, et les fils d'Israël firent comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché, ainsi ils firent.
וַיָּבִיאוּ אֶת־הַמִּשְׁכָּן אֶל־מֹשֶׁה אֶת־הָאֹהֶל וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו קְרָסָיו קְרָשָׁיו בְּרִיחוֹ (בְּרִיחָיו) וְעַמֻּדָיו וַאֲדָנָיו׃
vayavíou et-hammichkán el-moché et-ha'óhel ve'et-kol-keláv kerassáv keracháv beri'háv ve'ammoudáv va'adanáv
33 Et ils apportèrent le Michkan à Moché : la tente et tous ses ustensiles, ses crochets, ses poteaux, ses barres, et ses poteaux, et ses socles.
וְאֶת־מִכְסֵה עוֹרֹת הָאֵילִם הַמְאָדָּמִים וְאֶת־מִכְסֵה עֹרֹת הַתְּחָשִׁים וְאֵת פָּרֹכֶת הַמָּסָךְ׃
ve'et-mikhsé orót ha'elím ham'oddamím ve'et-mikhsé orót hatte'hachím ve'ét parókhet hammassákh
34 Et la couverture de peaux de cerfs travaillées, et la couverture de peau de té'hachim, et le voile.
Ta'hach : c'est un animal dont nous avons dit que nous ne savons rien de lui. Certains disent que c'est un animal marin, le dugong. D'autres disent que c'est une girafe. Et une telle dispersion des opinions montre que nous ne savons pas ce que c'est.
אֶת־אֲרֹן הָעֵדֻת וְאֶת־בַּדָּיו וְאֵת הַכַּפֹּרֶת׃
et-arón ha'edoút ve'et-baddáv ve'ét hakkappóret
35 L'arche d'alliance, et ses barres, et son couvercle.
אֶת־הַשֻּׁלְחָן אֶת־כָּל־כֵּלָיו וְאֵת לֶחֶם הַפָּנִים׃
et-hachoul'hán et-kol-keláv ve'ét lé'hem happaním
36 La table, et tous ses ustensiles, et les pains de proposition.
אֶת־הַמְּנֹרָה הַטְּהֹרָה אֶת־נֵרֹתֶיהָ נֵרֹת הַמַּעֲרָכָה וְאֶת־כָּל־כֵּלֶיהָ וְאֵת שֶׁמֶן הַמָּאוֹר׃
et-hammenorá hattehorá et-nerotéha nerót hamma'arakhá ve'et-kol-keléha ve'ét chémen hamma'ór
37 Et la ménorah pure, et les lampes que l'on dispose, et tous ses ustensiles, et l'huile pour l'éclairage.
וְאֵת מִזְבַּח הַזָּהָב וְאֵת שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְאֵת קְטֹרֶת הַסַּמִּים וְאֵת מָסַךְ פֶּתַח הָאֹהֶל׃
ve'ét mizbá'h hazzaháv ve'ét chémen hammich'há ve'ét ketóret hassammím ve'ét massákh péta'h ha'óhel
38 Et l'autel d'or, et l'huile d'onction, et l'encensement, et le rideau pour l'entrée de la tente.
אֵת מִזְבַּח הַנְּחֹשֶׁת וְאֶת־מִכְבַּר הַנְּחֹשֶׁת אֲשֶׁר־לוֹ אֶת־בַּדָּיו וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו אֶת־הַכִּיֹּר וְאֶת־כַּנּוֹ׃
et mizbá'h hanne'hóchet ve'et-mikhbár hanne'hóchet acher-ló et-baddáv ve'et-kol-keláv et-hakkiyor ve'et-kannó
39 Et l'autel de cuivre, et la grille de cuivre qui est avec lui, et ses barres, et tous ses accessoires et ses parois, et sa base.
אֵת קַלְעֵי הֶחָצֵר אֶת־עַמֻּדֶיהָ וְאֶת־אֲדָנֶיהָ וְאֶת־הַמָּסָךְ לְשַׁעַר הֶחָצֵר אֶת־מֵיתָרָיו וִיתֵדֹתֶיהָ וְאֵת כָּל־כְּלֵי עֲבֹדַת הַמִּשְׁכָּן לְאֹהֶל מוֹעֵד׃
et kal'é he'hatsér et-ammoudéha ve'et-adanéha ve'et-hammassákhDans la translittération de l'original, il manque une lettre à ce mot. La translittération française suit le texte hébreu : ve'et-hammassákh. lechá'ar he'hatsér et-metaráv vitedotéha ve'ét kol-kelé avodát hammichkán le'óhel mo'éd
40 Et les filets pour la cour, les poteaux de la cour, et les supports pour ses poteaux, et le rideau de l'entrée de la cour, les cordages par lesquels il est tendu, et les piquets, et tous les instruments pour le travail dans le Michkan, la Tente d'assignation.
אֶת־בִּגְדֵי הַשְּׂרָד לְשָׁרֵת בַּקֹּדֶשׁ אֶת־בִּגְדֵי הַקֹּדֶשׁ לְאַהֲרֹן הַכֹּהֵן וְאֶת־בִּגְדֵי בָנָיו לְכַהֵן׃
et-bigdé hasserád lecharét bakkódech et-bigdé hakkódech le'aharón hakkohén ve'et-bigdé vanáv lekhahén
41 Et les vêtements de service, et les vêtements pour le saint service d'Aharon le kohen, et les vêtements de ses fils, pour servir.
כְּכֹל אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה כֵּן עָשׂוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֵת כָּל־הָעֲבֹדָה׃
kekhól acher-tsivvá adonáy et-moché ken asoú bené yisraél et kol-ha'avodá
42 En tout, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché, ainsi les fils d'Israël firent tout le travail.
וַיַּרְא מֹשֶׁה אֶת־כָּל־הַמְּלָאכָה וְהִנֵּה עָשׂוּ אֹתָהּ כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה כֵּן עָשׂוּ וַיְבָרֶךְ אֹתָם מֹשֶׁה׃
vayár moché et-kol-hammelakhá vehinné asoú otá ka'achér tsivvá adonáy ken asoú vayvárekh otám moché
43 Et Moché vit tout ce travail, et voici, ils l'avaient fait comme le SEIGNEUR l'avait commandé, ainsi ils l'avaient fait, et Moché les bénit.
À vrai dire, je ne peux pas dire grand-chose dans les commentaires sur le chapitre 39, parce que le chapitre répète ce que nous avons déjà dit de nombreuses fois. Mais de nouveau on peut prêter attention à la minutie des comptes rendus, à la précision de l'exécution, bien qu'il n'y ait pas eu de plans, pas eu de schémas informatiques qui peuvent tout décrire en trois dimensions. On ne pouvait pas montrer un patron et dire : « Voilà, c'est justement un tel pectoral que Je veux, voilà, c'est justement cela que Je veux. » Mais le Très-Haut a doté les artisans d'une intuition si incroyable, d'un tel flair pour comprendre ce qu'il fallait faire, qu'ils ont pu accomplir ce travail. Et je ne suis pas sûr que quelqu'un aujourd'hui, d'après ces descriptions, puisse accomplir exactement ce travail. Peut-être est-ce pour nous une leçon pour ressentir la volonté du Très-Haut là où il n'y a pas de plans, pas de schémas minutieux. Nous demandons parfois une indication très détaillée, très précise. Et nous disons : « Dis-le-moi exactement ainsi, raconte-moi, ordonne-moi, révèle-moi. » Mais ici nous voyons comment agit l'intuition de gens qui brûlent de désir, de gens qui sont remplis de l'Esprit de Dieu et veulent servir le Très-Haut.
Nous avons construit, construit
Chémot 40,1–38
Aujourd'hui, vous et moi, nous terminons la lecture de la section hebdomadaire Pkoudeï et de tout le livre de Chémot, le deuxième livre de la Torah. Il sera question dans notre passage des événements qui se produisent après que les artisans ont apporté à Moché tous les matériaux nécessaires, tout ce à partir de quoi on pouvait déjà assembler le Michkan. Moché a accepté le travail et a béni le peuple, et la suite de cela, nous la lisons au chapitre 40. Puisque ici se répète déjà pour la troisième fois ce qui a été dit auparavant, il y aura très peu de commentaires, et pour la plus grande part nous lirons simplement le texte lui-même, sans trop le parsemer de commentaires.
Ainsi, nous commençons à lire à partir du verset 1 du chapitre 40.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
1 Et le SEIGNEUR s'adressait, et le SEIGNEUR dit à Moché, en disant :
בְּיוֹם־הַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ תָּקִים אֶת־מִשְׁכַּן אֹהֶל מוֹעֵד׃
beyom-ha'hódech harichón be'e'hád la'hódech takím et-michkán óhel mo'éd
2 « Au jour de la première nouvelle lune, le premier jour du mois, dresse la Tente d'assignation.
וְשַׂמְתָּ שָׁם אֵת אֲרוֹן הָעֵדוּת וְסַכֹּתָ עַל־הָאָרֹן אֶת־הַפָּרֹכֶת׃
vesamtá cham et arón ha'edoút vesakkotá al-ha'arón et-happarókhet
3 Et tu placeras là l'arche du témoignage, et tu la couvriras du voile.
וְהֵבֵאתָ אֶת־הַשֻּׁלְחָן וְעָרַכְתָּ אֶת־עֶרְכּוֹ וְהֵבֵאתָ אֶת־הַמְּנֹרָה וְהַעֲלֵיתָ אֶת־נֵרֹתֶיהָ׃
vehevetá et-hachoul'hán ve'arakhtá et-erkó vehevetá et-hammenorá veha'aletá et-nerotéha
4 Et tu apporteras là la table, et dispose tout ce qu'il est nécessaire d'y disposer, et tu apporteras la ménorah, et tu élèveras (ou disposeras dans le bon ordre) ses lampes.
En hébreu moderne, le mot la'arokh signifie organiser, préparer, aménager. Dans Téhillim 23, David dit en s'adressant au Très-Haut : « SEIGNEUR, mon Berger, dresse devant moi une table (ta'arokh léfanaï choul'han) ». Ici, la'arokh choul'han signifie dresser la table. L'un des principaux recueils de la loi religieuse juive, écrit au XVIe siècle par le très célèbre sage faisant autorité Yossef Karo, s'appelle Choul'han aroukh (la table dressée), parce que, selon l'auteur, tout dans le recueil est ordonné sous la forme nécessaire, appropriée : il n'y a qu'à venir et prendre.
וְנָתַתָּה אֶת־מִזְבַּח הַזָּהָב לִקְטֹרֶת לִפְנֵי אֲרוֹן הָעֵדֻת וְשַׂמְתָּ אֶת־מָסַךְ הַפֶּתַח לַמִּשְׁכָּן׃
venatattá et-mizbá'h hazzaháv liktóret lifné arón ha'edoút vesamtá et-massákh happéta'h lammichkán
5 Et tu placeras l'autel d'or pour les encensements devant l'arche du témoignage, du côté extérieur (derrière le voile, mais en face de l'arche), et tu feras le rideau de l'entrée du Michkan.
וְנָתַתָּה אֵת מִזְבַּח הָעֹלָה לִפְנֵי פֶּתַח מִשְׁכַּן אֹהֶל־מוֹעֵד׃
venatattá et mizbá'h ha'olá lifné péta'h michkán ohel-mo'éd
6 Et tu feras l'autel de l'holocauste devant l'entrée de la Tente d'assignation.
וְנָתַתָּ אֶת־הַכִּיֹּר בֵּין־אֹהֶל מוֹעֵד וּבֵין הַמִּזְבֵּחַ וְנָתַתָּ שָׁם מָיִם׃
venatattá et-hakkiyor ben-óhel mo'éd ouvén hammizbéya'h venatattá cham máyim
7 Et tu feras le bassin entre la Tente d'assignation et l'autel, et tu le rempliras d'eau.
וְשַׂמְתָּ אֶת־הֶחָצֵר סָבִיב וְנָתַתָּ אֶת־מָסַךְ שַׁעַר הֶחָצֵר׃
vesamtá et-he'hatsér savív venatattá et-massákh chá'ar he'hatsér
8 Et tu établiras la cour tout autour, et tu feras le rideau pour l'entrée dans la cour.
וְלָקַחְתָּ אֶת־שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וּמָשַׁחְתָּ אֶת־הַמִּשְׁכָּן וְאֶת־כָּל־אֲשֶׁר־בּוֹ וְקִדַּשְׁתָּ אֹתוֹ וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו וְהָיָה קֹדֶשׁ׃
velaka'htá et-chémen hammich'há oumacha'htá et-hammichkán ve'et-kol-acher-bó vekiddachtá otó ve'et-kol-keláv veháya kódech
9 Et tu prendras l'huile d'onction, et tu oindras le Michkan et tout ce qui s'y trouve, et par là même tu le sanctifieras, ainsi que tous ses ustensiles, et il sera saint (tout cela sera saint).
Moché oint de l'huile d'onction le Michkan et tout ce qui s'y trouve, et c'est l'achèvement de la consécration. L'huile accueille pour ainsi dire tout ce qui est oint dans une ligue particulière, dans la catégorie des objets qui relèvent de la sainteté. Cela concerne aussi les gens, et nous nous en souviendrons encore un peu plus tard.
וּמָשַׁחְתָּ אֶת־מִזְבַּח הָעֹלָה וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו וְקִדַּשְׁתָּ אֶת־הַמִּזְבֵּחַ וְהָיָה הַמִּזְבֵּחַ קֹדֶשׁ קָדָשִׁים׃
oumacha'htá et-mizbá'h ha'olá ve'et-kol-keláv vekiddachtá et-hammizbéya'h vehayá hammizbéya'h kódech kadachím
10 Et tu oindras l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles, et cet autel sera sanctifié, et cet autel sera saint pour le saint.
Cet autel possédera une grande sainteté, c'est ainsi qu'on peut l'interpréter dans ce cas.
וּמָשַׁחְתָּ אֶת־הַכִּיֹּר וְאֶת־כַּנּוֹ וְקִדַּשְׁתָּ אֹתוֹ׃
oumacha'htá et-hakkiyor ve'et-kannó vekiddachtá otó
11 Et tu oindras le bassin et sa base, et tu le sanctifieras.
וְהִקְרַבְתָּ אֶת־אַהֲרֹן וְאֶת־בָּנָיו אֶל־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְרָחַצְתָּ אֹתָם בַּמָּיִם׃
vehikravtá et-aharón ve'et-banáv el-péta'h óhel mo'éd vera'hatstá otám bammáyim
12 Et tu feras approcher Aharon et ses fils de l'entrée de la Tente d'assignation, et tu les laveras avec de l'eau.
Nous avons déjà dit que le mot léhakriv signifie à la fois approcher et offrir en sacrifice. Le kourban (sacrifice) – c'est ce qui rapproche du Très-Haut, c'est ici un « rapprocheur ». C'est justement Moché (bien qu'il soit le frère cadet d'Aharon, il occupe tout de même une fonction très honorable dans le peuple d'Israël) qui lave les prêtres. Une question se pose : pourquoi les prêtres ne peuvent-ils pas se laver eux-mêmes ? Ils le peuvent. Mais le but de la consécration est qu'ils soient lavés, lavés justement par Moché : c'est le service de Moché envers les prêtres. De son côté, le prêtre, si modeste soit-il, en tant que kohen, doit savoir accepter un tel service. Ici, nous voyons un parallèle évident avec ce qui se passe au séder pascal du Machia'h.
וְהִלְבַּשְׁתָּ אֶת־אַהֲרֹן אֵת בִּגְדֵי הַקֹּדֶשׁ וּמָשַׁחְתָּ אֹתוֹ וְקִדַּשְׁתָּ אֹתוֹ וְכִהֵן לִי׃
vehilbachtá et-aharón et bigdé hakkódech oumacha'htá otó vekiddachtá otó vekhihén li
13 Et tu revêtiras Aharon de ses vêtements saints, et tu l'oindras, et tu le consacreras au sacerdoce pour Moi.
Seul le grand prêtre reçoit l'onction lors de la consécration, parce qu'il ne reçoit pas cette fonction par héritage. Le kohen, le simple kohen, reçoit son sacerdoce par héritage.
Moi, par exemple, j'appartiens à la lignée des kohanim, je suis de la lignée d'Aharon, parce que mon père était de la lignée d'Aharon, et mon grand-père était de la lignée d'Aharon, et ainsi de suite. Le prêtre comme fonction, la fonction elle-même, la participation à la sainteté, je la reçois quand je revêts l'habit de kohen. Si je ne le revêts pas, je ne la reçois pas non plus, mais je n'ai pas besoin d'une onction supplémentaire.
De la même manière (j'en ai parlé), le roi aussi. À partir du moment où David a été oint pour la royauté, ses descendants n'avaient pas besoin d'onction et, quand la chaîne de David s'est interrompue, on s'est mis à attendre le Machia'h, celui qu'il n'est pas nécessaire d'oindre, parce qu'il porte sur lui l'onction de David. Le fait qu'on attendait que ce ne soit pas l'onction de David, mais la source de cette onction dont David a été oint, mais c'est déjà une autre histoire. L'onction au sens d'onction pour une fonction, royale ou sacerdotale, se transmet par héritage.
וְאֶת־בָּנָיו תַּקְרִיב וְהִלְבַּשְׁתָּ אֹתָם כֻּתֳּנֹת׃
ve'et-banáv takrív vehilbachtá otám kouttonót
14 Et ses fils, fais-les approcher, et tu les revêtiras de simples vêtements de coton.
Koutonot – ce sont des sous-vêtements de coton. C'est de là qu'est venu dans différentes langues le mot cotton (coton).
וּמָשַׁחְתָּ אֹתָם כַּאֲשֶׁר מָשַׁחְתָּ אֶת־אֲבִיהֶם וְכִהֲנוּ לִי וְהָיְתָה לִהְיֹת לָהֶם מָשְׁחָתָם לִכְהֻנַּת עוֹלָם לְדֹרֹתָם׃
oumacha'htá otám ka'achér machá'hta et-avihém vekhihanoú li vehayetá lihyot lahém moch'hatám likhhounnát olám ledorotám
15 Et tu les oindras de la même manière que tu as oint leur père, et ils seront prêtres pour Moi, et cette onction pour le sacerdoce sera une onction éternelle dans leurs générations ».
C'est-à-dire que le grand prêtre suivant, après Aharon, aura besoin de l'onction, mais les simples prêtres non, comme je l'ai déjà dit.
וַיַּעַשׂ מֹשֶׁה כְּכֹל אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֹתוֹ כֵּן עָשָׂה׃
vayá'as moché kekhól achér tsivvá adonáy otó ken assá
16 Et Moché fit tout comme le SEIGNEUR l'avait commandé, ainsi il fit.
וַיְהִי בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הוּקַם הַמִּשְׁכָּן׃
vayhí ba'hódech harichón bachaná hachenít be'e'hád la'hódech houkám hammichkán
17 Et il arriva : au premier mois de la deuxième année de la sortie d'Égypte, le premier jour du mois, le Michkan fut dressé.
וַיָּקֶם מֹשֶׁה אֶת־הַמִּשְׁכָּן וַיִּתֵּן אֶת־אֲדָנָיו וַיָּשֶׂם אֶת־קְרָשָׁיו וַיִּתֵּן אֶת־בְּרִיחָיו וַיָּקֶם אֶת־עַמּוּדָיו׃
vayákem moché et-hammichkán vayittén et-adanáv vayássem et-keracháv vayittén et-beri'háv vayákem et-ammoudáv
18 Et Moché dressa le Michkan, et il fit les socles sous ses planches, et il dressa les planches, et il inséra les barres, et il plaça ses bases.
וַיִּפְרֹשׂ אֶת־הָאֹהֶל עַל־הַמִּשְׁכָּן וַיָּשֶׂם אֶת־מִכְסֵה הָאֹהֶל עָלָיו מִלְמָעְלָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayifrós et-ha'óhel al-hammichkán vayássem et-mikhsé ha'óhel aláv milmá'la ka'achér tsivvá adonáy et-moche
19 Et il couvrit tout cela d'une tente (il fit à tout cela une couverture), il posa cette couverture de cuir comme le toit de la tente sur lui, par-dessus, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיִּקַּח וַיִּתֵּן אֶת־הָעֵדֻת אֶל־הָאָרֹן וַיָּשֶׂם אֶת־הַבַּדִּים עַל־הָאָרֹן וַיִּתֵּן אֶת־הַכַּפֹּרֶת עַל־הָאָרֹן מִלְמָעְלָה׃
vayikká'h vayittén et-ha'edoút el-ha'arón vayássem et-habbaddím al-ha'arón vayittén et-hakkappóret al-ha'arón milmá'la
20 Et il prit, et il mit le témoignage dans l'arche, et il inséra les perches dans l'arche, et il couvrit l'arche du couvercle par-dessus.
וַיָּבֵא אֶת־הָאָרֹן אֶל־הַמִּשְׁכָּן וַיָּשֶׂם אֵת פָּרֹכֶת הַמָּסָךְ וַיָּסֶךְ עַל אֲרוֹן הָעֵדוּת כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayavé et-ha'arón el-hammichkán vayássem et parókhet hammassákh vayássekh al arón ha'edoút ka'achér tsivvá adonáy et-moché
21 Et il apporta l'arche dans le Michkan, et il suspendit le voile qui couvre, et il couvrit l'arche du témoignage, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיִּתֵּן אֶת־הַשֻּׁלְחָן בְּאֹהֶל מוֹעֵד עַל יֶרֶךְ הַמִּשְׁכָּן צָפֹנָה מִחוּץ לַפָּרֹכֶת׃
vayittén et-hachoul'hán be'óhel mo'éd al yérekh hammichkán tsafóna mi'hoúts lapparókhet
22 Et il plaça la table dans la Tente d'assignation, du côté nord du Michkan, derrière le voile.
וַיַּעֲרֹךְ עָלָיו עֵרֶךְ לֶחֶם לִפְנֵי יְהוָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vaya'arókh aláv érekh lé'hem lifné adonáy ka'achér tsivvá adonáy et-moché
23 Et il dressa sur elle l'arrangement du pain (ou la présentation du pain) devant le Très-Haut, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיָּשֶׂם אֶת־הַמְּנֹרָה בְּאֹהֶל מוֹעֵד נֹכַח הַשֻּׁלְחָן עַל יֶרֶךְ הַמִּשְׁכָּן נֶגְבָּה׃
vayássem et-hammenorá be'óhel mo'éd nókha'h hachoul'hán al yérekh hammichkán négba
24 Et il plaça la ménorah dans la Tente d'assignation, en face de la table, du côté sud du Michkan.
וַיַּעַל הַנֵּרֹת לִפְנֵי יְהוָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayá'al hannerót lifné adonáy ka'achér tsivvá adonáy et-moché
25 Et il installa les lampes devant le Très-Haut, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיָּשֶׂם אֶת־מִזְבַּח הַזָּהָב בְּאֹהֶל מוֹעֵד לִפְנֵי הַפָּרֹכֶת׃
vayássem et-mizbá'h hazzaháv be'óhel mo'éd lifné happarókhet
26 Et il installa l'autel d'or dans la Tente d'assignation, devant le voile,
וַיַּקְטֵר עָלָיו קְטֹרֶת סַמִּים כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayaktér aláv ketóret sammím ka'achér tsivvá adonáy et-moché
27 Et il fit brûler sur lui les encensements, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיָּשֶׂם אֶת־מָסַךְ הַפֶּתַח לַמִּשְׁכָּן׃
vayássem et-massákh happéta'h lammichkán
28 Et il fit le voile à l'entrée du Michkan,
וְאֵת מִזְבַּח הָעֹלָה שָׂם פֶּתַח מִשְׁכַּן אֹהֶל־מוֹעֵד וַיַּעַל עָלָיו אֶת־הָעֹלָה וְאֶת־הַמִּנְחָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
ve'ét mizbá'h ha'olá sam péta'h michkán ohel-mo'éd vayá'al aláv et-ha'olá ve'et-hammin'há ka'achér tsivvá adonáy et-moché
29 Et l'autel de l'holocauste, il l'installa à l'entrée de la Tente d'assignation, et il offrit sur lui l'holocauste et l'offrande de céréales, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיָּשֶׂם אֶת־הַכִּיֹּר בֵּין־אֹהֶל מוֹעֵד וּבֵין הַמִּזְבֵּחַ וַיִּתֵּן שָׁמָּה מַיִם לְרָחְצָה׃
vayássem et-hakkiyor ben-óhel mo'éd ouvén hammizbéya'h vayittén chámma máyim lero'htsá
30 Et il installa le bassin entre la Tente d'assignation et l'autel, et il y mit de l'eau pour se laver.
וְרָחֲצוּ מִמֶּנּוּ מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן וּבָנָיו אֶת־יְדֵיהֶם וְאֶת־רַגְלֵיהֶם׃
vera'htsoú mimménou moché ve'aharón ouvanáv et-yedehém ve'et-raglehém
31 Et Moché et Aharon, et ses fils, y lavaient leurs mains et leurs pieds
Pourquoi Moché lavait-il ses pieds et ses mains, quel rapport Moché avait-il avec cela ? Nous parlons ici de ce qui se passait pendant les sept jours de la consécration des prêtres ; nous avons lu auparavant qu'il existe pour cela une procédure déterminée. Cette procédure, qui est décrite ici – que Moché lavait, habillait et oignait Aharon et ses fils –, s'est poursuivie sept jours d'affilée. Pendant ces sept jours, Moché, bien qu'il ne soit pas kohen, mais seulement lévite, avait lui aussi rapport à ce bassin et s'y lavait, et c'est pourquoi il est dit que et Moché, et Aharon, et ses fils se lavaient les mains et les pieds dans ce bassin.
בְּבֹאָם אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד וּבְקָרְבָתָם אֶל־הַמִּזְבֵּחַ יִרְחָצוּ כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
bevo'ám el-óhel mo'éd ouvkorvatám el-hammizbéya'h yir'hátsou ka'achér tsivvá adonáy et-moché
32 À leur entrée dans la Tente d'assignation et à leur approche de l'autel, ils se lavaient, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
וַיָּקֶם אֶת־הֶחָצֵר סָבִיב לַמִּשְׁכָּן וְלַמִּזְבֵּחַ וַיִּתֵּן אֶת־מָסַךְ שַׁעַר הֶחָצֵר וַיְכַל מֹשֶׁה אֶת־הַמְּלָאכָה׃
vayákem et-he'hatsér savív lammichkán velammizbéya'h vayittén et-massákh chá'ar he'hatsér vaykhál moché et-hammelakhá
33 Et il établit la cour autour du Michkan et autour de l'autel, et il fit le rideau de l'entrée de la cour, et là-dessus Moché acheva le travail.
וַיְכַס הֶעָנָן אֶת־אֹהֶל מוֹעֵד וּכְבוֹד יְהוָה מָלֵא אֶת־הַמִּשְׁכָּן׃
vaykhás he'anán et-óhel mo'éd oukhvód adonáy malé et-hammichkán
34 Et la nuée couvrit la Tente d'assignation, et la gloire du SEIGNEUR la remplit.
וְלֹא־יָכֹל מֹשֶׁה לָבוֹא אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד כִּי־שָׁכַן עָלָיו הֶעָנָן וּכְבוֹד יְהוָה מָלֵא אֶת־הַמִּשְׁכָּן׃
velo-yakhól moché lavó el-óhel mo'éd ki-chakhán aláv he'anán oukhvód adonáy malé et-hammichkán
35 Et Moché ne pouvait pas entrer dans la Tente d'assignation, parce que la nuée reposait sur elle, et la gloire du SEIGNEUR remplissait le Michkan.
Moché ne pouvait pas entrer dans la Tente d'assignation si le SEIGNEUR ne l'appelait pas. Entrer dans la gloire, dans la nuée de la gloire du Très-Haut, n'est pas si sûr que cela, et même Moché ne pouvait pas le faire sans une invitation particulière. Mais l'invitation viendra, et c'est pourquoi le début du livre suivant, le troisième livre de la Torah, sa première section hebdomadaire, porte le nom Vayikra (Et il appellera).
וּבְהֵעָלוֹת הֶעָנָן מֵעַל הַמִּשְׁכָּן יִסְעוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּכֹל מַסְעֵיהֶם׃
ouvhe'alót he'anán me'ál hammichkán yis'oú bené yisraél bekhól mas'ehém
36 Et quand la nuée s'élevait de dessus le Michkan, les fils d'Israël partaient dans toutes leurs pérégrinations.
C'est-à-dire que le peuple d'Israël s'arrêtait en camp (à partir de ce moment il en était ainsi), et la nuée remplissait le Michkan. Moché ne pouvait pas y entrer, alors que les prêtres y entraient. Et quand la nuée s'élevait, le peuple comprenait qu'il était temps pour lui de se mettre en route, c'est comme le sifflet d'une locomotive à vapeur.
וְאִם־לֹא יֵעָלֶה הֶעָנָן וְלֹא יִסְעוּ עַד־יוֹם הֵעָלֹתוֹ׃
ve'im-ló ye'alé he'anán veló yis'oú ad-yom he'alotó
37 Et si la nuée ne s'élevait pas, ils ne partaient nulle part, jusqu'à ce qu'elle s'élève.
כִּי עֲנַן יְהוָה עַל־הַמִּשְׁכָּן יוֹמָם וְאֵשׁ תִּהְיֶה לַיְלָה בּוֹ לְעֵינֵי כָל־בֵּית־יִשְׂרָאֵל בְּכָל־מַסְעֵיהֶם׃
ki anán adonáy al-hammichkán yomám ve'éch tihyé láyla bo le'ené khol-bet-yisraél bekhol-mas'ehém
38 Car la nuée du SEIGNEUR était au-dessus du Michkan le jour, et elle devenait de feu la nuit, devant les yeux de tout Israël, dans tous leurs voyages.
Le midrach remarque, et on peut le voir aussi dans le texte simple, que le peuple d'Israël n'avait pas besoin de luminaires. Le feu a fait place à la nuée : donc le matin est venu. La nuée a fait place au feu : donc la nuit est venue. Constamment de la lumière, constamment de la chaleur, la climatisation et une vie paisible et lumineuse. Israël marche dans la lumière. Tant que la nuée repose sur le Michkan, il n'est nécessaire d'aller nulle part, mais il faut constamment veiller à ce que la nuée ne s'en aille pas, à ce que nous ne restions pas, captifs d'une trompeuse absence de nuages, quand la nuée s'est envolée, à ce que nous ne restions pas en arrière de notre nuée.
Michkan et Machia'h
Le calendrier juif se distingue par le fait que l'année bissextile est plus longue d'un mois que l'année ordinaire. Et pour arriver à faire tenir la lecture de la Torah dans une seule année, certaines semaines on lit deux sections. Et dans notre cas, nous lisons la section double Vayakhel et Pkoudeï.
En fait, ces sections répètent ce qui a déjà été dit auparavant sur l'agencement du Michkan. Parfois elles le répètent mot pour mot. Puisque Moché a appelé tout le peuple à prendre part à la construction du Michkan, maintenant, dans les dernières sections, il donne une sorte de rapport financier : il rend compte au peuple de ce qu'il a fait. Et comme il faisait tout selon la parole du Très-Haut, la section répète ce que le Très-Haut avait ordonné auparavant.
Quand nous lisons encore une fois comment le Michkan a été construit, nous devons réfléchir à ce point intéressant : dans toute la description du Michkan, il n'y a pas de service des kohanim, il n'y a pas de service sacerdotal. Il y a quatre choses qui doivent constamment se trouver dans le Michkan : ce sont l'offrande de céréales, le chandelier, l'encensement des parfums et l'holocauste. Et pour que ces quatre choses soient constamment là, Moché lui-même suffit. C'est-à-dire que le sens simple de la Torah ne dit pas que pour tout ce service il faut des kohanim. Il faut comprendre pourquoi donc, en somme, il y avait le Michkan.
Au chapitre 25 du livre de Chémot, le Très-Haut dit : « Je t'apparaîtrai là ». C'est-à-dire que le but de toute la création du Michkan était que le Très-Haut y apparaisse à Moché. Ces quatre composants permanents étaient nécessaires pour que Dieu puisse apparaître à Moché.
La table et le chandelier sont des éléments ordinaires d'une salle du trône. Et le trône, le réceptacle de la Chékhina, c'est l'arche d'alliance. L'arche d'alliance, qui se trouvait dans le Michkan. L'arche (aron) – armoire. C'est-à-dire que l'essence de tout cela, c'est que la Tente d'assignation est la salle du trône, où le peuple, en la personne de Moché, vient se tenir devant le Très-Haut.
Ce n'est qu'ensuite, après la chute du peuple, qu'est apparue la nécessité des sacrifices et du service sacerdotal. Quand l'impureté est entrée, les kohanim devaient savoir la discerner. Et c'est à cause des transgressions que la loi a été donnée (Galates 3,19). À cause des transgressions, le Michkan a changé de destination et s'est mis à servir à l'expiation du péché, et non à la communion avec Dieu.
Après que Yéchoua est entré dans le Temple céleste (d'en haut), Il y est entré avec un sacrifice éternel. Et cela doit restaurer la véritable destination du Michkan. Si nous pouvons monter avec Yéchoua, entrer, dans le corps de Yéchoua, dans le Temple céleste, alors nous pouvons nous tenir devant le Très-Haut, comme le faisait Moché. C'est-à-dire être dans un état de sainteté, où un sacrifice d'expiation n'est pas nécessaire, mais où le SEIGNEUR nous apparaît sur le couvercle de l'arche.
Mais pour cela, il est nécessaire que nous soyons nous-mêmes dans un état de sainteté. Yéchoua nous a donné cette possibilité, mais ne l'a pas fait à notre place. En nous sanctifiant, en nous purifiant de tout péché, en nous examinant constamment en cela quant à notre pureté, nous pouvons demeurer dans le corps de Yéchoua et nous tenir devant le Très-Haut. Mais si nous avons encore du péché, nous ne pouvons pas y entrer. La foi nous appelle à la sainteté, mais ne nous rend pas saints. Mais si nous nous purifions, nous retournerons dans ce Michkan qui existait avant le veau d'or. C'est ce à quoi nous sommes appelés.
Qu'est-ce que le corps de Yéchoua ? Toute la communauté du Très-Haut, tout le peuple de Dieu, c'est le grand corps du Machia'h. C'est-à-dire que le Machia'h inclut en lui tous les gens qui croient en Lui réellement, authentiquement. Paul dit (Colossiens 1,24) que l'Église, la communauté de Dieu, l'assemblée de Dieu, c'est le corps du Machia'h. Et dans l'Épître aux Éphésiens, au chapitre 4, à partir du verset 11, Paul dit que tout notre service est pour la construction du corps du Machia'h. Et que notre tâche, notre service, c'est d'entrer dans ce corps. Le Machia'h n'est pas seulement un homme, c'est aussi un peuple, un royaume. Si nous L'avons pour Roi, alors nous sommes une partie de Son royaume.
Haftara. 1 Mélakhim
Chémot 7,51–8,21
Avec notre section hebdomadaire, on lit un passage du premier livre des Mélakhim, qui raconte comment le roi Chlomo acheva de construire le Temple et comment la présence de Dieu descendit dans ce Temple. Avant que nous lisions ce passage, je veux faire une sorte de préface historique. Le fait est qu'on me pose souvent la question précisément au sujet du Temple de Chlomo : sur quelle base Chlomo a-t-il décidé comment il fallait construire le Temple ? Est-ce son propre projet architectural, certaines de ses idées, ou est-ce une révélation de Dieu ? Comment Chlomo a-t-il décidé, en somme, quoi construire et comment ? C'est une question importante, et la réponse à cette question se trouve dans le Tanakh lui-même, dans le premier livre des Divreï haYamim. Les livres des Divreï haYamim n'ont pas eu beaucoup de chance : tout le monde ne trouve pas le temps de les lire, et souvent leurs pages restent ainsi non ouvertes, alors que ce sont des livres très importants. Nous allons lire, vous et moi, dans le chapitre 28 du premier livre des Divreï haYamim. À partir du verset 9 et jusqu'au verset 19, nous lisons l'instruction que David donne à Chlomo alors qu'il est déjà presque mourant, ce sont peut-être les dernières heures de la vie du roi David. Voici ce que dit le roi :
9. Et toi, Chlomo, mon fils, connais le Dieu de ton père et sers-Le d'un cœur entier et d'une âme honnête, car le SEIGNEUR sonde tous les cœurs et connaît toute production de la pensée. Si tu Le cherches, Il sera trouvé par toi, et si tu L'abandonnes, Il t'abandonnera pour toujours.
10. Vois maintenant, car le SEIGNEUR t'a choisi pour bâtir une maison pour le Sanctuaire, sois ferme et accomplis !
Si l'on traduit littéralement l'ordre sois ferme et accomplis, alors 'hazak va'assé, qui est employé ici, signifie fortifie-toi et agis.
11. Et David donna à Chlomo, son fils, le modèle de la salle, et de ses maisons, et de ses magasins, et de ses chambres hautes, et de ses pièces intérieures, et de la pièce pour le couvercle (de l'arche).
David transmet à Chlomo des plans concrets, liés à l'agencement du Temple, le modèle de tout ce qui lui avait été transmis par l'Esprit. Et David ne donne pas simplement des plans, mais des plans très détaillés de tout ce qui lui avait été transmis par l'Esprit, de ce qu'il avait reçu par révélation. Soit il l'a reçu lui-même, soit par les prophètes qui étaient avec lui (nous ne connaissons pas les détails), mais nous lisons ici qu'il y a une révélation de l'Esprit concernant tout l'agencement.
12. Pour les parvis de la maison du SEIGNEUR et toutes les chambres alentour, les trésors de la maison de Dieu et les trésors pour les (sacrifices) saints ;
13. Et des divisions des kohanim et des lévites, et pour toute l'œuvre du service dans la maison du SEIGNEUR, et tous les ustensiles (nécessaires) pour le service dans la maison du SEIGNEUR.
14. Et sur l'or, avec (l'indication du) poids de l'or, sur tous les vases pour chaque service, sur tous les vases d'argent avec (l'indication du) poids, pour tous les vases, pour chaque service.
15. Et sur le poids des chandeliers d'or et des lampes d'or, avec (l'indication du) poids de chaque chandelier et de ses lampes, et sur les chandeliers d'argent avec (l'indication du) poids du chandelier et de ses lampes, pour chaque chandelier.
16. Le poids de l'or pour les tables de proposition, pour chaque table, et l'argent pour les tables d'argent,
17. Et (pour) les fourchettes, et les aspersoirs, et les coupes d'or pur, et les couvercles (des aspersoirs) d'or avec (l'indication du) poids de chaque couvercle, et pour les couvercles d'argent avec (l'indication du) poids pour chaque couvercle.
8. Et pour l'autel de l'encensement en or (épuré) avec (l'indication du) poids, et pour le modèle du char – des kérouvim d'or, déployant (leurs ailes), couvrant l'arche d'alliance du SEIGNEUR.
19. Tout cela (est dit) dans un écrit de la part du SEIGNEUR, qui m'a fait comprendre (à moi, David) tous les travaux du modèle.
Quelle grande grâce et quel amour du Très-Haut envers le roi David – lui montrer tous les plans, lui montrer sur les plans chaque détail concret du Temple dont David rêvait tant ! Quelle étonnante grâce – faire de lui celui qui transmettra à son fils ces plans avec les instructions morales ! David n'a pas eu le mérite de construire le Temple, mais il a eu le mérite de le voir dans tous, tous ses détails, peut-être même avant que Chlomo ne les voie. Toute la révélation sur le Temple a été confiée à David.
David laisse à son fils Chlomo des plans extrêmement détaillés, qui ne concernent pas seulement tout l'agencement de la Maison, mais qui concernent aussi chaque petit couvercle, chaque petit détail de ce qui sera dans cette Maison. Aucune fantaisie personnelle de Chlomo, aucune création personnelle, il n'y en a pas ici. C'est pourquoi, quand nous demandons : « Mais pourquoi Chlomo a-t-il fait ainsi, alors que dans la Tente d'assignation ce n'était pas ainsi, comment a-t-il osé, comment s'y est-il résolu… » – voilà, sans doute, ici la réponse à notre question.
Après cette préface, on peut commencer à lire, à proprement parler, notre passage. Nous lirons à partir du dernier verset, le 51, du chapitre 7 jusqu'au verset 21 du chapitre 8 du premier livre des Mélakhim.
וַתִּשְׁלַם כָּל־הַמְּלָאכָה אֲשֶׁר עָשָׂה הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה בֵּית יְהוָה וַיָּבֵא שְׁלֹמֹה אֶת־קָדְשֵׁי דָּוִד אָבִיו אֶת־הַכֶּסֶף וְאֶת־הַזָּהָב וְאֶת־הַכֵּלִים נָתַן בְּאֹצְרוֹת בֵּית יְהוָה׃
vattichlám kol-hammelakhá achér assá hammélekh chelomó bet adonáy vayavé chelomó et-kodché davíd avív et-hakkéssef ve'et-hazzaháv ve'et-hakkelím natán be'otserót bet adonáy
51. Et fut achevé tout le travail que fit le roi Chlomo dans la maison du SEIGNEUR. Et Chlomo apporta dans le Temple tout ce que David avait consacré au SEIGNEUR : l'argent, et l'or, et les ustensiles, il les donna au trésor du SEIGNEUR.
La maison du SEIGNEUR est construite (bet Adonaï), elle est achevée, maintenant on peut l'appeler maison du SEIGNEUR.
David, peut-être même en sachant déjà qu'il ne construirait pas le Temple, et aussi dans la période où il pensait qu'il construisait le Temple, mettait de côté, consacrait de l'or et de l'argent pour la construction du Temple. Tout cela, Chlomo l'apporte dans le Temple. Ainsi, David participe pour ainsi dire à ce Temple, participe à l'édification de ce Temple.
Sur ce, le Temple est solennellement achevé. Que manque-t-il dans le Temple ? Il faut y apporter l'arche d'alliance. L'arche d'alliance se trouve à ce moment-là dans la Tente, dans la ville de David, nous nous en souvenons, c'est là que David l'avait laissée. Maintenant il faut l'apporter en toute solennité dans le Temple.
Sur ce, le chapitre 7 se termine, et nous continuons à lire à partir du verset 1 du chapitre 8.
אָז יַקְהֵל שְׁלֹמֹה אֶת־זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת־כָּל־רָאשֵׁי הַמַּטּוֹת נְשִׂיאֵי הָאָבוֹת לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶל־הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה יְרוּשָׁלִָם לְהַעֲלוֹת אֶת־אֲרוֹן בְּרִית־יְהוָה מֵעִיר דָּוִד הִיא צִיּוֹן׃
az yakhél chelomó et-zikné yisraél et-kol-raché hammattót nessi'é ha'avót livné yisraél el-hammélekh chelomó yerouchaláim leha'alót et-arón berit-adonáy me'ír davíd hi tsiyón
1 Alors Chlomo rassembla les anciens d'Israël, tous les dirigeants des camps, tous les chefs des clans qu'il y a chez les fils d'Israël. Il fut ordonné à tous de se rassembler auprès du roi Chlomo à Jérusalem, pour faire monter l'arche d'alliance du SEIGNEUR de la ville de David, qui est Tsion.
וַיִּקָּהֲלוּ אֶל־הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה כָּל־אִישׁ יִשְׂרָאֵל בְּיֶרַח הָאֵתָנִים בֶּחָג הוּא הַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי׃
vayikkahaloú el-hammélekh chelomó kol-ích yisraél beyéra'h ha'etaním be'hág hou ha'hódech hachevi'í
2 Et se rassemblèrent, chaque Israélite, auprès du roi Chlomo au mois d'étanim, à la fête, et c'est le septième mois.
J'ai dit que plusieurs fois dans le Tanakh nous rencontrons des noms anciens des mois. Il y a une opinion selon laquelle ce sont des noms de mois d'avant Babylone, et ils ont simplement été perdus après l'exil de Babylone. Il y a aussi une autre opinion, qui n'est peut-être pas aussi belle, mais elle m'est plus proche. C'est le nom phénicien, international à ce moment-là, du mois. Chaque fois que ce nom ancien du mois est employé, il y a toujours une explication sur le numéro de ce mois : apparemment, les noms de ces mois n'étaient pas compréhensibles pour tout le monde.
La fête au septième mois, c'est très probablement la fête de Soukkot. Soukkot se distingue par le fait qu'on y vient en faisant un pèlerinage, et qu'on peut rester pour une longue durée, parce que les travaux agricoles sont terminés. Une fête très commode. Ainsi donc, au septième mois (aujourd'hui il s'appelle le mois de tichreï, ici il est appelé le mois d'étanim), tous se rassemblèrent auprès du roi Chlomo à Jérusalem.
וַיָּבֹאוּ כֹּל זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל וַיִּשְׂאוּ הַכֹּהֲנִים אֶת־הָאָרוֹן׃
vayavóou kol zikné yisraél vayis'oú hakkohaním et-
ha'arón
3. Et tous les anciens d'Israël se rassemblèrent, et les kohanim portèrent l'arche.
וַיַּעֲלוּ אֶת־אֲרוֹן יְהוָה וְאֶת־אֹהֶל מוֹעֵד וְאֶת־כָּל־כְּלֵי הַקֹּדֶשׁ אֲשֶׁר בָּאֹהֶל וַיַּעֲלוּ אֹתָם הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם׃
vaya'aloú et-arón adonáy ve'et-óhel mo'éd ve'et-kol-kelé hakkódech achér ba'óhel vaya'aloú otám hakkohaním vehalviyim
4 Et ils firent monter l'arche du SEIGNEUR, et la Tente d'assignation, et tous les ustensiles saints qui étaient dans la Tente, et les kohanim et les lévites les firent monter
Nous le savons, la Torah ordonne que les ustensiles du Temple ne doivent être portés que par les lévites et les kohanim.
וְהַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה וְכָל־עֲדַת יִשְׂרָאֵל הַנּוֹעָדִים עָלָיו אִתּוֹ לִפְנֵי הָאָרוֹן מְזַבְּחִים צֹאן וּבָקָר אֲשֶׁר לֹא־יִסָּפְרוּ וְלֹא יִמָּנוּ מֵרֹב׃
vehammélekh chelomó vekhol-adát yisraél hanno'adím aláv ittó lifné ha'aron mezabbe'hím tson ouvakár achér lo-yissaferoú velo yimmanoú meróv
5 Et le roi Chlomo et toute l'assemblée d'Israël les reçoivent (c'est-à-dire se lèvent et accueillent avec joie ce cortège) devant l'arche, et offrent en sacrifice du petit et du gros bétail en quantité innombrable, tellement que l'on ne peut même pas compter, tant il y en a.
וַיָּבִאוּ הַכֹּהֲנִים אֶת־אֲרוֹן בְּרִית־יְהוָה אֶל־מְקוֹמוֹ אֶל־דְּבִיר הַבַּיִת אֶל־קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים אֶל־תַּחַת כַּנְפֵי הַכְּרוּבִים׃
vayavíou hakkohaním et-arón berit-adonáy el-mekomó el-devír habbayit el-kódech hakkodachím el-tá'hat kanfe hakkerouvím
6 Et les kohanim apportèrent l'arche d'alliance du SEIGNEUR à sa place, dans la partie intérieure de la maison, dans le Saint des Saints, sous les ailes des kérouvim.
La première question qui peut surgir – les kohanim et les lévites pouvaient-ils entrer dans le Saint des Saints ? Oui, pour des réparations, pour restaurer ou faire quelque chose, ou construire quelque chose, bien sûr, on pouvait entrer dans le Saint des Saints.
La deuxième question concerne les kérouvim. Au chapitre 6 du premier livre des Mélakhim, nous lisons l'histoire selon laquelle Chlomo fit des kérouvim en bois d'olivier, hauts de 5 mètres, de grands kérouvim, qui devaient déployer leurs ailes au-dessus de l'arche. Nous savons aussi que sur le couvercle de l'arche, comme partie du couvercle, il y a deux kérouvim d'or : ils ne sont pas attachés, pas vissés, pas collés, ils sont une partie du couvercle. Et il semble logique de supposer que dans le Temple se trouvent deux kérouvim d'or, qui sont sur le couvercle de l'arche, et deux kérouvim de bois, qui sont encore plus haut, au-dessus de ces kérouvim. C'est-à-dire que dans le Saint des Saints du Temple de Chlomo se trouvent deux paires de kérouvim. Il y a des discussions à ce sujet, mais c'est ce qu'on peut supposer en lisant le texte. C'est précisément des kérouvim de bois qu'il est question ensuite.
כִּי הַכְּרוּבִים פֹּרְשִׂים כְּנָפַיִם אֶל־מְקוֹם הָאָרוֹן וַיָּסֹכּוּ הַכְּרֻבִים עַל־הָאָרוֹן וְעַל־בַּדָּיו מִלְמָעְלָה׃
ki hakkerouvím poressím kenafáyim el-mekóm ha'arón vayassókkou hakkerouvím al-ha'arón ve'al-baddáv milmá'la
7 Car les kérouvim déploient les ailes au-dessus du lieu de l'arche, et les kérouvim couvrent (font un toit) au-dessus de l'arche et au-dessus de ses barres, par en haut.
וַיַּאֲרִכוּ הַבַּדִּים וַיֵּרָאוּ רָאשֵׁי הַבַּדִּים מִן־הַקֹּדֶשׁ עַל־פְּנֵי הַדְּבִיר וְלֹא יֵרָאוּ הַחוּצָה וַיִּהְיוּ שָׁם עַד הַיּוֹם הַזֶּה׃
vaya'arikhoú habbadím vayeraoú raché habbadím min-hakkódech al-pené haddevír veló yeraoú ha'hoútsa vayíhyou cham ad hayóm hazzé
8 Et les barres étaient longues, et l'on voyait les petites têtes (ou les petits bouts) de ces barres, depuis le Saint on pouvait les voir à l'intérieur du Saint des Saints, mais elles ne sortaient pas à l'extérieur.
Les commentateurs l'expliquent ainsi : les barres elles-mêmes ne dépassaient pas, bien sûr, du Saint des Saints. Elles s'appuyaient contre le voile et pour ainsi dire pointaient à travers lui vers l'extérieur. Et l'imagination des commentateurs et des sages dépeint qu'elles ressemblaient à la poitrine d'une femme. Les deux extrémités des barres, appuyées contre le voile entre le Saint des Saints et le Saint, ressemblaient, de l'autre côté du voile, à une poitrine. Cela symbolisait que le Très-Haut nourrit le peuple d'Israël comme de son sein. Cependant, ces barres elles-mêmes ne sortaient pas des limites du Saint des Saints.
אֵין בָּאָרוֹן רַק שְׁנֵי לֻחוֹת הָאֲבָנִים אֲשֶׁר הִנִּחַ שָׁם מֹשֶׁה בְּחֹרֵב אֲשֶׁר כָּרַת יְהוָה עִם־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּצֵאתָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
en ba'arón rak chené lou'hót ha'avaním achér hinnía'h cham moché be'horév achér karát adonáy im-bené yisraél betsetám me'érets mitsráyim
9 Et dans l'arche il n'y a rien, si ce n'est les deux tables de pierre que Moché y avait déposées au 'Horev, quand le Très-Haut conclut l'alliance avec les fils d'Israël à la sortie d'Égypte.
Il y avait un petit bocal de man, qui se tenait à côté de l'arche, il y avait le bâton d'Aharon, qui se tenait à côté de l'arche. Ici l'Écriture dit que là ne se trouvent que les tables.
וַיְהִי בְּצֵאת הַכֹּהֲנִים מִן־הַקֹּדֶשׁ וְהֶעָנָן מָלֵא אֶת־בֵּית יְהוָה׃
vayhi betsét hakkohaním min-hakkódech vehe'anán malé et-bét adonáy
10 Et il advint, quand les kohanim sortirent du Saint, et la nuée remplit la maison du SEIGNEUR.
וְלֹא־יָכְלוּ הַכֹּהֲנִים לַעֲמֹד לְשָׁרֵת מִפְּנֵי הֶעָנָן כִּי־מָלֵא כְבוֹד־יְהוָה אֶת־בֵּית יְהוָה׃
velo-yakheloú hakkohaním la'amód lecharét mippené he'anan ki-malé khevod-adonáy et-bét adonáy
11 Et les kohanim ne pouvaient pas se tenir et servir à cause de la nuée, parce que la gloire du SEIGNEUR remplit la Maison du SEIGNEUR.
C'est, bien sûr, un parallèle évident avec la manière dont, à la fin de la construction du Michkan dans le désert, la gloire du SEIGNEUR descendit dans la Tente d'assignation.
אָז אָמַר שְׁלֹמֹה יְהוָה אָמַר לִשְׁכֹּן בָּעֲרָפֶל׃
az amár chelomó adonáy amár lichkón ba'arafél
12 Et alors le roi Chlomo dit : « Le SEIGNEUR a dit qu'Il habiterait dans le brouillard ».
Le SEIGNEUR habitera dans le brouillard, dans la nébulosité, dans une sorte de brume. La révélation de Sa gloire est liée aussi à sa dissimulation. Elle ne se révèle pas entièrement, elle se révèle dans la brume, dans la nuée, dans le brouillard. La nuée est une forme très fréquente sous laquelle le Très-Haut donne la révélation de Sa gloire. Ensuite Chlomo s'adresse au Très-Haut et dit :
בָּנֹה בָנִיתִי בֵּית זְבֻל לָךְ מָכוֹן לְשִׁבְתְּךָ עוֹלָמִים׃
banó vaníti bet zevoúl lakh makhón lechivtekhá olamím
13 Voici, je T'ai construit une Maison de propitiation ; ce sera le lieu de Ton séjour permanent.
Il vaut la peine de prêter une attention particulière à ce mot zévoul. Quand Léa enfanta un fils, qu'elle appela Zévouloun, elle dit : « Maintenant mon mari demeurera chez moi ». Zévouloun, c'est quelque chose qui donne la faveur aux yeux d'un autre, qui attire l'autre, qui rend agréable aux yeux de l'autre. C'est-à-dire : « Je T'ai construit une Maison par laquelle nous pourrons devenir agréables pour Toi, qui Te disposera favorablement envers nous ». C'est ainsi qu'on peut traduire cette notion assez complexe. En outre, Chlomo dit ici que le lieu sur lequel est construit ce Temple, c'est un lieu choisi pour toujours par le Très-Haut. Si le Michkan allait et errait dans le désert, et qu'ensuite l'arche voyageait à travers le pays d'Israël, ici Chlomo dit : c'est tout, ici est le lieu où Ton arche aura un séjour permanent. Même si le Temple est détruit, même si Jérusalem est détruite, même si tout le pays est dévasté, ce lieu sera précisément celui vers lequel le peuple reviendra.
וַיַּסֵּב הַמֶּלֶךְ אֶת־פָּנָיו וַיְבָרֶךְ אֵת כָּל־קְהַל יִשְׂרָאֵל וְכָל־קְהַל יִשְׂרָאֵל עֹמֵד׃
vayassév hammélekh et-panáv vayvárekh et kol-kehál yisraél vekhol-kehál yisraél oméd
14 Et le roi tourna son visage et bénit toute l'assemblée d'Israël, et toute l'assemblée d'Israël se tient devant lui.
וַיֹּאמֶר בָּרוּךְ יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר דִּבֶּר בְּפִיו אֵת דָּוִד אָבִי וּבְיָדוֹ מִלֵּא לֵאמֹר׃
vayomer baroúkh adonay elohé yisraél achér dibbér befív et davíd aví ouv'yadó millé lemór
15 Et il dit : « Béni soit le SEIGNEUR, Dieu d'Israël, Qui a parlé de Sa bouche avec David, mon père, et de Sa main a accompli Sa promesse (le SEIGNEUR a donné la promesse, et le SEIGNEUR l'a accomplie) :
מִן־הַיּוֹם אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי אֶת־עַמִּי אֶת־יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם לֹא־בָחַרְתִּי בְעִיר מִכֹּל שִׁבְטֵי יִשְׂרָאֵל לִבְנוֹת בַּיִת לִהְיוֹת שְׁמִי שָׁם וָאֶבְחַר בְּדָוִד לִהְיוֹת עַל־עַמִּי יִשְׂרָאֵל׃
min-hayóm achér hotséti et-ammí et-yisraél mimmitsrayím lo-va'hárti ve'ír mikkól chivté yisraél livnót báyit lihyót chemí cham va'ev'hár bedavíd lihyót al-ammí yisraél
16 « Depuis le jour où J'ai fait sortir Mon peuple, Israël, d'Égypte, Je n'ai choisi aucune ville parmi toutes les tribus d'Israël pour y construire une maison sur laquelle serait proclamé Mon Nom, et J'ai choisi David pour être sur Mon peuple, Israël.
וַיְהִי עִם־לְבַב דָּוִד אָבִי לִבְנוֹת בַּיִת לְשֵׁם יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayhí im-leváv davíd aví livnót báyit lechém adonáy elohé yisraél
17 Et il y avait dans le cœur de David, mon père, le désir de construire une maison au SEIGNEUR, Dieu d'Israël.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־דָּוִד אָבִי יַעַן אֲשֶׁר הָיָה עִם־לְבָבְךָ לִבְנוֹת בַּיִת לִשְׁמִי הֱטִיבֹתָ כִּי הָיָה עִם־לְבָבֶךָ׃
vayomer adonáy el-davíd aví yá'an achér hayá im-levavékha livnót báyit lichmí hetivóta ki hayá im-levavékha
18 Et le SEIGNEUR dit à David, mon père : « Ce qu'il y avait dans ton cœur, construire une Maison pour Moi, – c'était un bien pour ton cœur ».
רַק אַתָּה לֹא תִבְנֶה הַבָּיִת כִּי אִם־בִּנְךָ הַיֹּצֵא מֵחֲלָצֶיךָ הוּא־יִבְנֶה הַבַּיִת לִשְׁמִי׃
rak attá lo tivné habbáyit ki im-binkhá hayotsé me'halatsékha hou-yivné habbáyit lichmí
19 Mais toi, tu ne bâtiras pas la Maison, mais ton fils, celui qui sortira de tes reins – c'est lui qui Me bâtira la Maison.
Chlomo raconte un témoignage. Un témoignage de ce que le Très-Haut connaissait l'intention du cœur de son père David, connaissait le désir de David de bâtir une Maison pour le SEIGNEUR. Nous avons déjà lu que le Très-Haut a donné des instructions minutieuses pour la construction de la Maison précisément à David, lui a donné de voir tous les plans, tous les moindres détails, mais lui a dit : « Ce n'est pas toi qui bâtiras la Maison, mais celui qui sortira de tes reins, ton fils bâtira la Maison ». Chlomo raconte cette promesse au peuple, pour témoigner que le Très-Haut est fidèle à Ses promesses.
וַיָּקֶם יְהוָה אֶת־דְּבָרוֹ אֲשֶׁר דִּבֵּר וָאָקֻם תַּחַת דָּוִד אָבִי וָאֵשֵׁב עַל־כִּסֵּא יִשְׂרָאֵל כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה וָאֶבְנֶה הַבַּיִת לְשֵׁם יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayakém adonáy et-devaró achér dibbér va'akoúm ta'hát davíd aví va'echév al-kissé yisraél ka'achér dibbér adonáy va'evné habbáyit lechém adonáy elohé yisraél
20 Et le SEIGNEUR a accompli cette parole qu'Il avait prononcée, et j'ai pris la place de mon père, et je me suis assis sur le trône d'Israël, comme l'avait dit le SEIGNEUR, et j'ai bâti la Maison au Nom du SEIGNEUR, Dieu d'Israël.
וָאָשִׂם שָׁם מָקוֹם לָאָרוֹן אֲשֶׁר־שָׁם בְּרִית יְהוָה אֲשֶׁר כָּרַת עִם־אֲבֹתֵינוּ בְּהוֹצִיאוֹ אֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
va'assím cham makóm la'arón acher-chám berít adonáy achér karát im-avoténou behotsió otám me'érets mitsráyim
21 Et j'ai aménagé là un lieu pour l'arche, sur laquelle est l'alliance du SEIGNEUR, qu'Il a conclue avec nos Pères, lorsqu'Il les faisait sortir du pays d'Égypte.
Voici comment Chlomo construit son récit : « Le Très-Haut a donné une promesse à mon père, qui voulait tant bâtir le Temple, que c'est moi qui ai bâti ce Temple, cela s'est accompli en moi. J'ai réellement pris la place de mon père, je me suis assis sur le trône d'Israël, j'ai bâti le Temple et j'ai établi là un lieu pour l'arche, dont le chemin commence depuis la sortie même d'Égypte. J'ai achevé toute une étape historique – l'étape du voyage de l'arche depuis le désert du Sinaï jusqu'à son lieu permanent ». C'est aussi l'accomplissement de la promesse du SEIGNEUR. Dans la petite promesse que le SEIGNEUR a donnée à David (bien qu'elle soit en même temps aussi une grande promesse), il y a aussi l'accomplissement d'une plus grande promesse, qui commence dès la sortie d'Égypte. Et Chlomo parle de la grandeur du Très-Haut, Qui a accompli un plan de tant d'années, un si grand plan, il parle de la grandeur de la fête qui a lieu maintenant, et de la façon dont le SEIGNEUR est fidèle à ses promesses. Nous lisons que la gloire du SEIGNEUR remplit la Maison. Chlomo bénit le Très-Haut, bénit le peuple et dit que s'est accomplie la promesse que le Très-Haut avait donnée à David, et que le Temple est construit.
Nous avons commencé par dire que la construction du Temple en pleine conformité avec tous les plans, avec toutes les moindres indications, c'est l'accomplissement de la volonté du Très-Haut. Mais nous savons aussi que l'existence de ce Temple (si exactement, si minutieusement qu'il ait été construit) dépend des relations entre Israël et le Très-Haut, de la pureté qui sera dans le peuple d'Israël. C'est ainsi que le Très-Haut l'a dit à Chlomo. Et nous savons déjà que, malheureusement, ce Temple n'a pas tenu.
Lisez aussi : Vayakhel, Térouma, Vayikra et les sections hebdomadaires de la Torah.