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בְּהַעֲלֹתְךָ
Béhaalotékha
le service et le chemin dans le désert
- Section hebdomadaire
- 36 sur 54
- Versets
- Bémidbar 8,1–12,16
- Parties
- 9
- Temps de lecture
- 2 h 7 min
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Béhaalotékha est la section hebdomadaire sur le chandelier, le service des lévites et le chemin d'Israël dans le désert. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinés les chapitres 8–12 du livre de Bémidbar : le second Pessa'h, les trompettes d'argent, les murmures du peuple, la prophétie et les relations de Moché avec Miryam et Aharon. Le texte hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original précise que le texte hébreu est accompagné d'une traduction russe. Comme cette page est en français, il est simplement question ici d'une traduction. et du commentaire de l'auteur.
Le service lévitique
Bémidbar 8,1–26
Avec l'aide de Dieu, nous commençons à étudier la section hebdomadaire Béhaalotékha et nous lirons à partir du verset 1 du chapitre 8 du livre de Bémidbar.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
1 Et le SEIGNEUR parla à Moché, disant :
דַּבֵּר אֶל־אַהֲרֹן וְאָמַרְתָּ אֵלָיו בְּהַעֲלֹתְךָ אֶת־הַנֵּרֹת אֶל־מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה יָאִירוּ שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת׃
dabbér el-aharón ve'amartá eláv beha'alotekhá et-hannerót el-moúl pené hammenorá ya'írou chiv'át hannerót
2 « Parle à Aharon et dis-lui : quand tu élèveras les lampes, que devant la face du chandelier brillent sept lampes ».
Cette phrase, apparemment compréhensible, exige toute une série d'explications. Pourquoi est-ce précisément maintenant que le Très-Haut donne certains ordres à Aharon ? Au chapitre 7, nous avons lu la longue énumération des offrandes de chaque tribu. La seule tribu de laquelle il n'y a pas eu d'offrandes, c'est la tribu de Lévi : les lévites n'ont rien apporté. Et Aharon non plus n'a rien apporté. Les commentateurs disent que cela a beaucoup affligé et chagriné Aharon. En maître de maison, en kohen, Aharon aurait pu raisonner : « Oh là là, tout ce que les braves gens m'ont apporté ici ! Gloire à Dieu pour leur esprit de sacrifice et leur bonté. Je suis kohen, et maintenant il y aura de la nourriture dans la maison de Dieu, c'est-à-dire dans ma maison. » Mais Aharon a senti qu'il n'avait rien donné au Très-Haut : « Où donc est ma part ? Moi aussi, je veux servir. » Et c'est précisément à ce moment que le Très-Haut lui envoie Moché pour lui rappeler l'un de ses services, le service de l'allumage du chandelier. Ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas le service le plus important d'Aharon. On aurait pu lui rappeler : « Aharon, tu es tellement fort que tu brûleras l'encens dans le Saint des Saints, que tu serviras à Yom Kippour, au Jour du Jugement, que tu intercéderas pour tout le peuple. » Pourquoi donc est-ce précisément les sept lampes qu'Aharon allume pour la ménorah que le Très-Haut choisit comme consolation pour Aharon ? Et que signifie elles brûleront devant la face du chandelier, si elles-mêmes sont une partie du chandelier ?
Si nous regardons de près le verbe qui est employé ici, leha'alót (élever, rehausser), il est lui aussi incompréhensible. On aurait pu employer ici le verbe lehadlik (allumer). Par exemple, allumer une allumette – lehadlik gafroúr, un homme qui enflamme – adám madlík. Mais ici, c'est eláv beha'alotekhá et-hannerót (quand tu élèveras, rehausseras les luminaires), c'est-à-dire pour qu'elles s'élancent en brasiers, pour ainsi dire, pour que leur flamme brûle vivement. C'est ce que disent les commentateurs. Et on peut y voir une fonction particulière du chandelier.
Dans le Temple se tiennent les kérouvim, et quand ils se tournent face à face ou regardent dans des directions différentes, on peut dire : « Ce sont des miracles que fait le Très-Haut. » Le chandelier est l'indicateur de la présence de la Chékhina divine en Israël. C'est pourquoi le chandelier brûle constamment, montre constamment : tant qu'il brûle, il y a en Israël la présence divine. Et cette présence se réalise précisément à travers le service d'Aharon. C'est un miracle auquel Aharon est admis. C'est pourquoi il lui est dit en consolation que, bien qu'il n'ait apporté aucune offrande matérielle, il apporte son service : car la ménorah est l'un des éléments centraux de la Tente d'assignation. Bien sûr, si nous parlons de ce qui nous apparaît de façon manifeste, l'arche d'alliance est plus importante. Mais la ménorah est le relais de la Lumière divine dans le monde, et Aharon le kohen est l'instrument de transmission de cette Lumière.
וַיַּעַשׂ כֵּן אַהֲרֹן אֶל־מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה הֶעֱלָה נֵרֹתֶיהָ כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayá'as ken aharón el-moúl pené hammenorá he'elá nerotéha ka'achér tsivvá adonáy et-moché
3 Et Aharon fit ainsi : devant la face de la ménorah il installa (éleva) les lampes, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.
De nouveau, c'est étonnant : pourquoi ne pas écrire simplement et Aharon fit comme Moché le lui avait ordonné ? Que signifie devant la face de la ménorah ? Et les commentateurs disent : « Le fait même qu'Aharon se tienne devant la ménorah, c'est la participation d'Aharon non seulement à l'allumage de la lumière, mais aussi à la Lumière elle-même. » Quand Aharon sort du Sanctuaire, il emporte cette Lumière avec lui et la porte dans les âmes humaines, il allume par cette Lumière les âmes humaines. L'homme n'est pas simplement venu, il n'a pas regardé et dit : « Ouah, une ménorah, comme il fait clair ici », et il n'est pas resté un moment dans cette lumière. Aharon est porteur de la Lumière, il transforme les âmes humaines en bougies. Grâce à Aharon, cette Lumière se répand dans le monde. Celui Qui a créé la lumière n'a Lui-même besoin d'aucune lumière. Il nous a donné la possibilité, par Sa miséricorde, d'être porteurs de la Lumière spirituelle. C'est précisément cette mission qui est confiée à Aharon, qui ne voulait pas rester sans rien faire, ne voulait pas qu'un événement se produise sans sa participation. Et Aharon a reçu une consolation, une consolation très importante de la part du Très-Haut : « Voici ton service. »
וְזֶה מַעֲשֵׂה הַמְּנֹרָה מִקְשָׁה זָהָב עַד־יְרֵכָהּ עַד־פִּרְחָהּ מִקְשָׁה הִוא כַּמַּרְאֶה אֲשֶׁר הֶרְאָה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה כֵּן עָשָׂה אֶת־הַמְּנֹרָה׃
vezé ma'assé hammenorá mikchá zaháv ad-yerekhá ad-pir'há mikchá hi kammar'é achér her'á adonáy et-moché ken assá et-hammenorá
4 Et voici comment est faite la ménorah : d'une seule pièce d'or elle est forgée, jusqu'à sa base, jusqu'à sa fleur elle est forgée ; comme la vision (l'image) que le SEIGNEUR avait montrée à Moché, ainsi est faite la ménorah.
Et de nouveau, c'est étonnant : pourquoi nous parle-t-on ici de la ménorah ? Nous avons lu à son sujet depuis longtemps au chapitre 25 du livre de Chémot et nous savons comment elle est faite. Mais ici il y a une allusion au fait que tout ce rayonnement à l'intérieur et à l'extérieur, c'est tout le peuple d'Israël, qui doit se transformer en ménorah, devenir un chandelier. Il doit s'unir, en un certain sens, en une seule grande ménorah, il doit devenir un tout uni, un seul organisme, comme mikchá e'hád (un seul ouvrage forgé), un seul élément unique, assemblé ni par des vis, ni par des filetages, ni par du velcro, ni par de la colle ou de la pâte à modeler. C'est de cela qu'il s'agit. Et c'est par ce verset, à vrai dire, que s'achève l'ordre donné à Aharon et la consolation que le Très-Haut lui donne.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
5 Et le SEIGNEUR parla à Moché, disant :
קַח אֶת־הַלְוִיִּם מִתּוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְטִהַרְתָּ אֹתָם׃
ka'h et-halviyím mittókh bené yisraél vetihartá otám
6 « Prends les lévites du milieu des fils d'Israël et purifie-les.
וְכֹה־תַעֲשֶׂה לָהֶם לְטַהֲרָם הַזֵּה עֲלֵיהֶם מֵי חַטָּאת וְהֶעֱבִירוּ תַעַר עַל־כָּל־בְּשָׂרָם וְכִבְּסוּ בִגְדֵיהֶם וְהִטֶּהָרוּ׃
vekho-ta'assé lahém letaharám hazzé alehém me 'hattát vehe'evírou tá'ar al-kol-besarám vekhibbesoú vigdehém vehittehárou
7 . Et fais-leur ainsi, pour les purifier : asperge-les d'eau de purification, et ils passeront le rasoir sur toute leur chair, et ils laveront leurs vêtements, et ainsi ils seront purifiés.
Très probablement, par l'eau de purification on entend l'eau liée à la vache rousse.
Comme nous l'avons déjà dit à propos des personnes atteintes de tsara'at et des naziréens, lors du passage d'un statut à un autre, d'un monde à un autre, il y a une certaine remise à zéro du lien entre l'intérieur et l'extérieur. Qu'est-ce qui pousse de l'intérieur vers l'extérieur ? Les poils. C'est pourquoi, pour leur purification, les lévites doivent raser tous les poils du corps, précisément sur le corps (selon certaines conceptions des commentateurs, y compris la barbe, mais sans la chevelure, sans les cheveux sur la tête). Et aujourd'hui encore, il arrive que des maîtres recommandent à quelqu'un qui est sorti de situations très désagréables ou qui sent une présence désagréable dans sa vie d'appliquer ce procédé et de débarrasser tout le corps de ses poils.
C'est-à-dire que nous voyons trois composantes pour la purification des lévites : l'eau de purification, le rasage des poils et le lavage des vêtements. Bien entendu, eux-mêmes se lavent aussi lorsqu'ils lavent leurs vêtements, cela va de soi.
וְלָקְחוּ פַּר בֶּן־בָּקָר וּמִנְחָתוֹ סֹלֶת בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן וּפַר־שֵׁנִי בֶן־בָּקָר תִּקַּח לְחַטָּאת׃
velake'hoú par ben-bakár oumin'ható sólet beloulá vachámen oufar-chení ven-bakár tikká'h le'hattát
8 Et ils prendront un taureau d'un an et son offrande de céréales de farine de solet, délayée dans l'huile. Et le second taureau, prends-le en sacrifice de purification.
וְהִקְרַבְתָּ אֶת־הַלְוִיִּם לִפְנֵי אֹהֶל מוֹעֵד וְהִקְהַלְתָּ אֶת־כָּל־עֲדַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vehikravtá et-halviyím lifne óhel mo'éd vehikhaltá et-kol-adát bené yisraél
9 Et tu amèneras les lévites devant la Tente d'assignation, et tu rassembleras toute l'assemblée du peuple d'Israël.
Si auparavant c'étaient les premiers-nés qui étaient consacrés au Très-Haut, maintenant ce sont les lévites, l'une des tribus d'Israël, qui sont sanctifiés et pris pour le service. Puisque le Très-Haut fait certains changements dans l'accord entre Lui et Israël, cela s'accomplit devant la face de tout le peuple d'Israël. Pas des délégués, pas des élus : toute la communauté se rassemble, et toute la communauté sera témoin de ce qui se passe.
וְהִקְרַבְתָּ אֶת־הַלְוִיִּם לִפְנֵי יְהוָה וְסָמְכוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־יְדֵיהֶם עַל־הַלְוִיִּם׃
vehikravtá et-halviyím lifné adonáy vesamekhoú vene-yisraél et-yedehém al-halviyím
10 Et tu feras approcher les lévites devant le SEIGNEUR (tu les laisseras s'approcher de la Tente d'assignation), et les fils d'Israël poseront leurs mains sur les lévites.
On peut se représenter une scène où cinq cent cinquante mille Israélites posent les mains sur quelqu'un, chacun sur chacun, et cela pourrait sans doute durer indéfiniment. Une autre variante que l'on peut se représenter : ce sont les anciens de chaque tribu qui viendront poser les mains sur les lévites, car les lévites intercéderont pour tout le peuple. Et la troisième variante, qui paraît la plus probable : chaque premier-né, à la place duquel un lévite est pris, pose les mains, disons, sur « son » lévite, qui devient le rachat du premier-né. C'est la variante qui convient le mieux au sens. Le lévite est pris pour le service à la place du premier-né, et le premier-né lui impose en quelque sorte les mains pour ce service.
וְהֵנִיף אַהֲרֹן אֶת־הַלְוִיִּם תְּנוּפָה לִפְנֵי יְהוָה מֵאֵת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְהָיוּ לַעֲבֹד אֶת־עֲבֹדַת יְהוָה׃
veheníf aharón et-halviyím tenoufá lifné adonáy me'ét bené yisraél vehayoú la'avód et-avodát adonáy
11 Et Aharon éleva les lévites en élévation devant le SEIGNEUR de la part des fils d'Israël, et ils serviront le service du SEIGNEUR.
Ce serait compréhensible s'il s'agissait de morceaux de viande qu'Aharon soulève et élève devant le Très-Haut. Nous avons dit que c'est une sorte de danse. Est-ce qu'Aharon soulevait les lévites dans ses bras, les lançait en l'air, les reposait et les élevait ainsi devant le Très-Haut ? Très probablement, c'était un geste (peut-être un bras levé, comme chez l'arbitre quand il annonce le vainqueur d'un combat), un mouvement manifeste, nous ne pouvons pas dire exactement lequel. Le mot tenoufá (balancement, élévation) sera employé plusieurs fois dans ce chapitre. Nous le rencontrerons encore : chaque fois il sera écrit qu'Aharon élève les lévites devant le Très-Haut. Puisque c'est directement devant le SEIGNEUR, lifné adonáy, que serviront ces lévites, qu'ils auront affaire directement aux éléments saints, aux objets saints de la Tente d'assignation, nous pouvons dire qu'il s'agit ici de l'élévation des fils de Kéhat, que ce sont précisément eux qui sont consacrés ici par Aharon pour le service.
וְהַלְוִיִּם יִסְמְכוּ אֶת־יְדֵיהֶם עַל רֹאשׁ הַפָּרִים וַעֲשֵׂה אֶת־הָאֶחָד חַטָּאת וְאֶת־הָאֶחָד עֹלָה לַיהוָה לְכַפֵּר עַל־הַלְוִיִּם׃
vehalviyím yismekhoú et-yedehém al roch happarím va'assé et-ha'e'hád 'hattát ve'et-ha'e'hád olá ladonáy lekhappér al-halviyím
12 Et les lévites poseront les mains sur les têtes des taureaux : et l'un sera un sacrifice de purification, et l'un sera un holocauste au SEIGNEUR, pour expier les lévites.
C'est, au fond, un processus compréhensible. Nous l'avons observé aussi lors d'autres consécrations – chaque fois qu'un homme change de statut. C'est une partie nécessaire de l'expiation devant le Très-Haut, comme une compensation de tout ce que l'homme n'arrive pas à atteindre. Nous disons souvent : « Que me manque-t-il pour m'approcher du Très-Haut ? » Plus rarement nous demandons : « Qu'est-ce que j'ai de trop, quels organes superflus y a-t-il en moi, quelles excroissances superflues sur moi, qui m'empêchent de m'approcher du Très-Haut ? » Le sacrifice apporté, ce sacrifice d'expiation-là, est appelé à retirer, à expier ces éléments mêmes en moi qui m'empêchent d'être avec le Très-Haut, c'est-à-dire à ôter tout le superflu.
וְהַעֲמַדְתָּ אֶת־הַלְוִיִּם לִפְנֵי אַהֲרֹן וְלִפְנֵי בָנָיו וְהֵנַפְתָּ אֹתָם תְּנוּפָה לַיהוָה׃
veha'amadtá et-halviyím lifné aharón velifné vanáv vehenaftá otám tenoufá ladonáy
13 Et tu placeras les lévites devant Aharon et devant ses fils, et tu les élèveras en élévation au SEIGNEUR.
La deuxième élévation – cette fois non pas lifné adonáy (devant la face du SEIGNEUR), mais simplement ladonáy (au SEIGNEUR). Ici est consacrée la deuxième famille des lévites, la famille Guerchouni, qui ne porte déjà plus d'éléments du Saint des Saints, mais qui porte tout de même des éléments du Michkan.
וְהִבְדַּלְתָּ אֶת־הַלְוִיִּם מִתּוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְהָיוּ לִי הַלְוִיִּם׃
vehivdaltá et-halviyím mittókh bené yisraél vehayou li halviyím
14 Et tu sépareras les lévites de tous les fils d'Israël, et les lévites seront à Moi.
וְאַחֲרֵי־כֵן יָבֹאוּ הַלְוִיִּם לַעֲבֹד אֶת־אֹהֶל מוֹעֵד וְטִהַרְתָּ אֹתָם וְהֵנַפְתָּ אֹתָם תְּנוּפָה׃
ve'a'hare-khén yavóou halviyím la'avód et-óhel mo'éd vetihartá otám vehenaftá otám tenoufá
15 Et après cela les lévites viendront servir dans la Tente d'assignation, et tu les purifieras, et tu les élèveras.
Ici il s'agit déjà de la troisième famille des lévites, de la famille Mérari, qui servent d'intendants pour la partie de la Tente d'assignation qui est moins dotée de sainteté. Nous avons dit qu'ils transportent les poteaux, les planches et ainsi de suite.
כִּי נְתֻנִים נְתֻנִים הֵמָּה לִי מִתּוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל תַּחַת פִּטְרַת כָּל־רֶחֶם בְּכוֹר כֹּל מִבְּנֵי יִשְׂרָאֵל לָקַחְתִּי אֹתָם לִי׃
ki netouním netouním hémma li mittókh bené yisraél tá'hat pitrát kol-ré'hem bekhór kol mibbené yisraél laká'hti otám li
16 Car ils Me sont donnés en sujets du milieu des fils d'Israël ; à la place des premiers-nés qui ouvrent le sein, parmi les fils d'Israël – Je les ai pris pour Moi.
כִּי לִי כָל־בְּכוֹר בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה בְּיוֹם הַכֹּתִי כָל־בְּכוֹר בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם הִקְדַּשְׁתִּי אֹתָם לִי׃
ki li kol-bekhór bivné yisraél ba'adám ouvabbehemá beyom hakkotí kol-bekhór be'érets mitsráyim hikdáchti otám li
17 Car à Moi appartient tout premier-né parmi les fils d'Israël, de l'homme et du bétail ; le jour où J'ai frappé les premiers-nés dans le pays d'Égypte, Je les ai consacrés pour Moi.
וָאֶקַּח אֶת־הַלְוִיִּם תַּחַת כָּל־בְּכוֹר בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל׃
va'ekká'h et-halviyím tá'hat kol-bekhór bivné yisraél
18 Et Je prendrai maintenant les lévites à la place de tout premier-né parmi les fils d'Israël.
וָאֶתְּנָה אֶת־הַלְוִיִּם נְתֻנִים לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו מִתּוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לַעֲבֹד אֶת־עֲבֹדַת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל בְּאֹהֶל מוֹעֵד וּלְכַפֵּר עַל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְלֹא יִהְיֶה בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל נֶגֶף בְּגֶשֶׁת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶל־הַקֹּדֶשׁ׃
va'ettená et-halviyim netouním le'aharón oulvanáv mittókh bené yisraél la'avód et-avodát bene-yisraél be'óhel mo'éd oulkhappér al-bené yisraél veló yihyé bivné yisraél négef begéchet bene-yisraél el-hakkódech
19 Et Je donnerai les lévites en sujets à Aharon et à ses fils du milieu des fils d'Israël, pour accomplir le service pour les fils d'Israël dans la Tente d'assignation et être les expiateurs des fils d'Israël, et il n'y aura pas de fléau parmi les fils d'Israël, quand les fils d'Israël s'approcheraient du Sanctuaire ».
De quoi parle le Très-Haut ? Qu'il est très dangereux de s'approcher du Sanctuaire et qu'on peut mourir. Et tout étranger qui s'approchera du Sanctuaire s'expose à un danger mortel. Comment faire alors, comment, dans ces conditions, servir le Très-Haut ? Et ici le SEIGNEUR dit : « J'ai établi les lévites, Je leur ai donné tout le nécessaire, les ai dotés de tout le nécessaire pour le service sacré, et ils peuvent entrer dans le Sanctuaire et expier Israël. Mais l'Israélite ordinaire ne peut pas y entrer ».
וַיַּעַשׂ מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן וְכָל־עֲדַת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל לַלְוִיִּם כְּכֹל אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה לַלְוִיִּם כֵּן־עָשׂוּ לָהֶם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayá'as moché ve'aharón vekhol-adát bene-yisraél lalviyím kekhól acher-tsivvá adonáy et-moché lalviyím ken-assoú lahém bené yisraél
20 Et Moché, et Aharon, et toute la communauté des fils d'Israël firent pour les lévites selon tout ce que le SEIGNEUR avait commandé à Moché de faire pour les lévites ; ainsi agirent les fils d'Israël.
וַיִּתְחַטְּאוּ הַלְוִיִּם וַיְכַבְּסוּ בִּגְדֵיהֶם וַיָּנֶף אַהֲרֹן אֹתָם תְּנוּפָה לִפְנֵי יְהוָה וַיְכַפֵּר עֲלֵיהֶם אַהֲרֹן לְטַהֲרָם׃
vayit'hatteoú halviyím vaykhabbessoú bigdehém vayánef aharón otám tenoufá lifné adonáy vaykhappér alehém aharón letaharám
21 Et les lévites se purifièrent, et lavèrent leurs vêtements. Et Aharon les éleva (ici il est déjà question de tous les lévites) en élévation devant le Très-Haut, et Aharon fit l'expiation pour eux par leur purification (c'est-à-dire qu'il apporta pour eux les sacrifices d'expiation qu'ils lui avaient donnés).
וְאַחֲרֵי־כֵן בָּאוּ הַלְוִיִּם לַעֲבֹד אֶת־עֲבֹדָתָם בְּאֹהֶל מוֹעֵד לִפְנֵי אַהֲרֹן וְלִפְנֵי בָנָיו כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה עַל־הַלְוִיִּם כֵּן עָשׂוּ לָהֶם׃
ve'a'hare-khén báou halviyím la'avód et-avodatám be'óhel mo'éd lifné aharón velifné vanáv ka'achér tsivvá adonáy et-moché al-halviyím ken assoú lahém
22 Et après cela les lévites vinrent pour faire (accomplir) leur service dans la Tente d'assignation devant Aharon et devant ses fils ; comme le SEIGNEUR avait commandé à Moché au sujet des lévites, ainsi ils firent.
C'est la fin de la description du processus de consécration des lévites. Plusieurs fois ici (et en général tout au long de la Torah) il est dit : « Comme il avait commandé, ainsi il fit ». Nous aimons beaucoup la créativité, les idées novatrices et autres choses semblables. Très souvent, il nous arrive de rencontrer un séder pascal alternatif, un accueil du sabbat alternatif, une étude de la Torah alternative – quelque chose d'alternatif, de nouveau, de créatif, qui se distingue du traditionnel, qui ne sent pas le renfermé, mais qui respire la nouveauté et la fraîcheur. Et cela, bien sûr, attire et séduit beaucoup. Mais parfois, dans l'observance des choses simples, il y a un niveau particulier de sainteté. Rabbi Na'hman de Bratslav, qui a vécu il y a plusieurs siècles, a remarqué un jour que dans la génération de la venue du Machia'h, l'homme qui fait simplement, de façon routinière, son travail ordinaire, qui le fait consciencieusement et dans la sainteté devant le Très-Haut, sans chercher de nouvelles voies, – cet homme-là sera un novateur, comme le Baal Chem Tov (le fondateur du hassidisme) ou comme les maîtres les plus formidables. Cette capacité-là de faire un travail simple – être un simple serviteur, un simple enseignant, sans inventer de nouvelles théories, de nouvelles interprétations, révéler une lumière nouvelle, mais ne pas la transformer en quelque chose d'alternatif, ne pas inventer sa propre religion – c'est aussi très important. Et cela est souligné plusieurs fois au sujet du service des lévites, parce qu'il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de service lévitique alternatif.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
23 Et le SEIGNEUR dit à Moché, disant :
זֹאת אֲשֶׁר לַלְוִיִּם מִבֶּן חָמֵשׁ וְעֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה יָבוֹא לִצְבֹא צָבָא בַּעֲבֹדַת אֹהֶל מוֹעֵד׃
zot achér lalviyím mibbén 'haméch ve'esrím chaná vamá'la yavó litsvó tsavá ba'avodát óhel mo'éd
24 « Voici la prescription pour les lévites : à partir de vingt-cinq ans et au-delà, ils viendront dans l'armée pour le service dans la Tente d'assignation.
Auparavant nous avons lu (4,3) que les lévites viennent au service à l'âge de trente ans. Ici, soudain, nous voyons que c'est à vingt-cinq. Comment concilier cela ? Pendant cinq ans les lévites apprennent et s'habituent. Cinq ans d'apprentissage – ce sont « Mes universités lévitiques » (presque d'après Gorki). D'abord j'apprends, j'étudie cette spécialité. Ensuite je pratique, en passant des choses simples aux choses plus complexes. Les lévites sont vraiment de grands travailleurs : ils portent beaucoup, ils coupent, ils travaillent de leurs mains, ils travaillent durement. Cela demande une préparation, cela demande de la compréhension, la capacité de voir que tu ne trimballes pas simplement des planches, que tu ne découpes pas simplement de la viande : tu sers le Très-Haut. Il faut s'y habituer, il faut le comprendre. Il peut arriver qu'un homme ne le comprenne jamais. Tout cela fait partie des cinq ans de préparation du lévite – apprentissage, pratique, internat et période d'essai.
וּמִבֶּן חֲמִשִּׁים שָׁנָה יָשׁוּב מִצְּבָא הָעֲבֹדָה וְלֹא יַעֲבֹד עוֹד׃
oumibbén 'hamichím chaná yachoúv mittsevá ha'avodá veló ya'avód od
25 Et à partir de l'âge de cinquante ans, il sortira de l'armée de travail et ne travaillera plus,
וְשֵׁרֵת אֶת־אֶחָיו בְּאֹהֶל מוֹעֵד לִשְׁמֹר מִשְׁמֶרֶת וַעֲבֹדָה לֹא יַעֲבֹד כָּכָה תַּעֲשֶׂה לַלְוִיִּם בְּמִשְׁמְרֹתָם׃
vecherét et-e'háv be'ohel mo'éd lichmór michméret va'avodá lo ya'avód kákha ta'assé lalviyím bemichmerotám
26 Mais il continuera à servir avec ses frères devant la Tente d'assignation, pour monter la garde, et au travail il ne travaillera pas. Ainsi tu feras avec les lévites selon leurs services ».
C'est-à-dire qu'on peut comprendre cela simplement : à partir de cinquante ans, l'homme passe à un travail allégé. S'il chante dans la louange, il est compréhensible qu'il puisse continuer à chanter. S'il est portier et ouvre les portes, il est compréhensible qu'il puisse continuer à ouvrir les portes. Mais couper, traîner et faire toutes sortes de travaux lourds, à partir de cinquante ans, il ne le fera plus. C'est une sorte de retraite. D'un côté, il reste impliqué dans les affaires, parce qu'il n'est pas juste qu'un homme qui est capable d'agir reste inactif. D'autant plus qu'il se trouve dans le cercle de ses amis, et ne vieillit pas quelque part à la retraite dans un village. D'un autre côté, il est libéré des travaux pénibles.
Voici donc la prescription du Très-Haut concernant les lévites.
Et quoi, on pouvait faire ainsi ?!
Bémidbar 9,1–23
Avec l'aide de Dieu, nous continuons à étudier la section hebdomadaire Béhaalotékha et nous lirons à partir du verset 1 du chapitre 9 du livre de Bémidbar.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בְמִדְבַּר־סִינַי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית לְצֵאתָם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן לֵאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché vemidbar-sináy bachaná hachenít letsetám me'érets mitsráyim ba'hódech harichón lemór
1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché dans le désert du Sinaï, la deuxième année après leur sortie du pays d'Égypte, au premier mois, disant :
Dans les chapitres précédents, nous avons lu les adresses et les discours que le Très-Haut a dits à Moché au deuxième mois de la deuxième année. Maintenant la Torah revient pour ainsi dire en arrière, le Très-Haut s'adresse à Moché au premier mois de la deuxième année. De cela, les sages tirent la conclusion générale que la Torah n'est pas toujours construite dans l'ordre chronologique, et qu'à d'autres endroits aussi il peut y avoir une non-concordance chronologique. La Torah ne transmet absolument pas obligatoirement tout dans l'ordre chronologique dans lequel cela s'est produit.
וְיַעֲשׂוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־הַפָּסַח בְּמוֹעֲדוֹ׃
veya'assoú vene-yisraél et-happássa'h bemo'adó
2 « Que les fils d'Israël fassent le Pessa'h en son temps.
בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר־יוֹם בַּחֹדֶשׁ הַזֶּה בֵּין הָעֲרְבַּיִם תַּעֲשׂוּ אֹתוֹ בְּמוֹעֲדוֹ כְּכָל־חֻקֹּתָיו וּכְכָל־מִשְׁפָּטָיו תַּעֲשׂוּ אֹתוֹ׃
be'arba'á assar-yom ba'hódech hazzé ben ha'arbáyim ta'assoú otó bemo'adó kekhol-'houkkotáv oukhekhol-michpatáv ta'assoú otó
3 Le quatorzième jour de ce mois, au crépuscule, faites-le en son temps, selon toutes ses lois et selon tous ses statuts faites-le ».
Lorsqu'un an auparavant le peuple d'Israël sortait d'Égypte, le Très-Haut donnait des ordres au sujet du Pessa'h. Les ordres étaient de deux sortes : le premier concernait le Pessa'h en Égypte, et il y avait là ses particularités : par exemple, il fallait le dix du mois prendre un bélier dans la maison, enduire de sang les montants de la porte, il fallait encore tenir compte de beaucoup d'éléments qui ne se faisaient pas par la suite. Le Très-Haut ne l'ordonne pas pour les générations suivantes, c'était actuel seulement en Égypte. Le second ordre concernait les générations suivantes, y compris la nôtre. Nous avons reçu du Très-Haut les instructions qu'il faut manger le sacrifice pascal avec des herbes amères, et d'autres instructions. Et tout cela, le Très-Haut le dit ici. Car c'est le premier Pessa'h dans la nouvelle génération, le premier Pessa'h-commémoration, ce n'est déjà plus la sortie d'Égypte elle-même, mais la première fête qui se fait en mémoire de ce qui s'était passé alors. Le Très-Haut dit : « La loi du Pessa'h demeure, faites-le au temps voulu ».
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לַעֲשֹׂת הַפָּסַח׃
vaydabbér moché el-bené yisraél la'assót happássa'h
4 Et Moché dit aux fils d'Israël de faire le Pessa'h.
וַיַּעֲשׂוּ אֶת־הַפֶּסַח בָּרִאשׁוֹן בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ בֵּין הָעַרְבַּיִם בְּמִדְבַּר סִינָי כְּכֹל אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה כֵּן עָשׂוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vaya'assoú et-happéssa'h barichón be'arba'á assár yom la'hódech ben ha'arbáyim bemidbár sináy kekhól achér tsivvá adonáy et-moché ken assoú bené yisraél
5 Et ils accomplirent le Pessa'h au premier mois, le quatorzième jour du mois, au crépuscule, dans le désert du Sinaï – tout, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché, ainsi firent les fils d'Israël.
וַיְהִי אֲנָשִׁים אֲשֶׁר הָיוּ טְמֵאִים לְנֶפֶשׁ אָדָם וְלֹא־יָכְלוּ לַעֲשֹׂת־הַפֶּסַח בַּיּוֹם הַהוּא וַיִּקְרְבוּ לִפְנֵי מֹשֶׁה וְלִפְנֵי אַהֲרֹן בַּיּוֹם הַהוּא׃
vayhí anachím achér hayoú teme'ím lenéfech adám velo-yakheloú la'assot-happéssa'h bayom hahoú vayikrevoú lifné moché velifné aharón bayom hahoú
6 Et il y eut : des hommes qui étaient impurs à cause de l'impureté des morts, et ils ne pouvaient pas faire le Pessa'h ce jour-là, et ils s'approchèrent de Moché et d'Aharon ce jour-là.
Quelqu'un mourait quand même dans le désert, et les gens s'occupaient des morts. Il y a des midrachim qui disent que c'étaient des gens qui portaient les ossements de Yossef et qui, pour cette raison, se considéraient comme impurs. Selon une autre version, ce pouvaient être Micha'el et Eltsafan, les fils d'Ouziël, qui avaient sorti les corps de Nadav et Avihou, les fils d'Aharon qui avaient péri. D'une manière ou d'une autre, il y avait certaines personnes, qui sont appelées ici teme'ím lenéfech (impurs de l'impureté des morts). Les gens étaient impurs et voulaient pourtant prendre part au Pessa'h. Il leur était amer et blessant que leur état d'impureté les empêche d'accomplir le Pessa'h. Et on aurait pu dire : « Bon, les gars, vous avez la vie devant vous, la prochaine fois vous apporterez le sacrifice, la prochaine fois vous accomplirez le Pessa'h ».
Si quelqu'un me dit : « Je n'ai pas allumé les bougies de Chabbat ce sabbat, puis-je les allumer lundi ? » Je lui dirai : « Non, attends le prochain Chabbat ». Mais ces gens qui sont venus à Moché et à Aharon ne se contentent pas d'une telle réponse. Le sentiment d'amertume d'avoir manqué la possibilité de participer au Pessa'h les pousse à chercher, à crier : peut-être y a-t-il quand même une possibilité ? Non, ils ne disent pas : « Laissez-nous, nous les impurs, faire le séder de Pessa'h », ils demandent : « Peut-être pouvons-nous d'une manière ou d'une autre ne pas manquer cette possibilité et apporter le sacrifice de Pessa'h ? » Le cri par lequel ils crient, leur soif du commandement est très importante.
וַיֹּאמְרוּ הָאֲנָשִׁים הָהֵמָּה אֵלָיו אֲנַחְנוּ טְמֵאִים לְנֶפֶשׁ אָדָם לָמָּה נִגָּרַע לְבִלְתִּי הַקְרִב אֶת־קָרְבַּן יְהוָה בְּמֹעֲדוֹ בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayomeroú ha'anachím hahémma eláv aná'hnou teme'ím lenéfech adám lámma niggará leviltí hakrív et-korbán adonáy bemo'adó betókh bené yisraél
7 Et ces hommes lui dirent : « Oui, nous sommes impurs de l'impureté d'un mort, mais nous ne voulons pas perdre la possibilité d'apporter le sacrifice au Très-Haut en son temps parmi tous les autres fils d'Israël ».
Bien qu'ils se soient approchés de Moché et d'Aharon, ils parlent avec Moché, ils parlent ainsi : « Nous sommes impurs, c'est arrivé ainsi. Mais pourquoi donc devrions-nous glisser, pourquoi donc devrions-nous descendre jusqu'à ne pas apporter de sacrifice au SEIGNEUR en son temps ? Nous ne voulons pas perdre la possibilité de servir le Très-Haut ! » Cela ressemble au chagrin d'Aharon, qui lui aussi voulait participer au service, ce que nous avons lu au début du chapitre 8. Ce sont en réalité des sentiments semblables, bien que d'une autre nature. Et les gens disent : « Comment ça ? Comment donc ne pourrions-nous pas ? Nous aussi, nous voulons servir le Très-Haut ! » Leur cri, c'est pour que la possibilité leur soit quand même donnée de servir le Très-Haut.
Aujourd'hui, si on dit à quelqu'un : « Tu es dispensé d'accomplir tel ou tel commandement », il peut dire : « Eh bien, gloire à Dieu, je n'ai pas à faire d'efforts, je me suis économisé un agneau ». Mais les gens de cette génération non seulement ne craignent pas de s'approcher de Moché en état d'impureté, mais ils demandent : « Laisse-nous servir le Très-Haut, bien que maintenant nous soyons impurs ».
וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם מֹשֶׁה עִמְדוּ וְאֶשְׁמְעָה מַה־יְצַוֶּה יְהוָה לָכֶם׃
vayomer alehém moché imdoú ve'echme'á ma-yetsavvé adonáy lakhém
8 Et Moché leur dit : « Restez. Je vais maintenant écouter ce que le SEIGNEUR vous ordonnera ».
Prêtons de nouveau attention à la réaction de Moché. Moché ne leur dit pas : « Ce n'est pas le dernier Pessa'h, les gars », et il ne dit pas : « Les gars, si vous apportez le Pessa'h dans l'impureté – oh, malheur à vous ! Pour cela, on peut recevoir une lourde punition ». Moché comprend leur besoin et comprend que la Torah répond (y compris) aussi aux besoins de l'homme dans le service du Très-Haut, et c'est pourquoi il interroge le Très-Haut pour eux.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
9 Et le SEIGNEUR répondit à Moché, disant :
דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר אִישׁ אִישׁ כִּי־יִהְיֶה־טָמֵא לָנֶפֶשׁ אוֹ בְדֶרֶךְ רְחֹקָה לָכֶם אוֹ לְדֹרֹתֵיכֶם וְעָשָׂה פֶסַח לַיהוָה׃
dabbér el-bené yisraél lemór ich ich ki-yihyé tamé lanéfech o vedérekh re'hoká lakhém o ledorotekhém ve'ássa féssa'h ladonáy
10 « Dis aux fils d'Israël, disant : chacun d'entre les hommes, s'il est impur de l'impureté d'un mort ou sur un chemin lointain, parmi vous ou dans vos générations, fera quand même le Pessa'h pour le SEIGNEUR.
Cette question d'un groupe, probablement petit, de gens impurs a engendré une nouvelle révélation du Très-Haut à tous les fils d'Israël. Il s'est trouvé que, grâce à leur question, à leur cri, est apparue encore une adresse du SEIGNEUR à Israël. Plus encore, nous allons voir maintenant qu'en réponse à leur besoin est née une fête supplémentaire, qui n'existait pas auparavant. Le cri des gens qui aspirent à servir a pu révéler ce qui ne s'était pas révélé à Moché initialement. La révélation que le Très-Haut donne ici, ce n'est pas une quelconque permission pour ces gens mêmes qui demandent. Ils se sont réellement montrés capables, par leur cri, par leur demande de servir le Très-Haut, de changer la réalité de la Torah pour les générations à venir, y compris pour notre génération.
בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם בֵּין הָעַרְבַּיִם יַעֲשׂוּ אֹתוֹ עַל־מַצּוֹת וּמְרֹרִים יֹאכְלֻהוּ׃
ba'hódech hachení be'arba'á assár yom ben ha'arbáyim ya'assoú otó al-mattsót oumrorím yokheloúhou
11 Au deuxième mois, le quatorzième jour au crépuscule, ils le feront (le Pessa'h) avec des pains azymes, et avec des herbes amères ils le mangeront.
Pour ceux qui se sont trouvés impurs ou qui se sont trouvés sur une route lointaine, on peut faire un second Pessa'h un mois plus tard : non pas le quatorze du mois de nissan, mais le quatorze du mois d'iyar. Et il faut le traiter exactement de la même façon que le premier, toutes les lois du Pessa'h doivent être observées – sauf un détail, dont nous allons parler maintenant.
לֹא־יַשְׁאִירוּ מִמֶּנּוּ עַד־בֹּקֶר וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ־בוֹ כְּכָל־חֻקַּת הַפֶּסַח יַעֲשׂוּ אֹתוֹ׃
lo-yach'írou mimménnou ad-bóker ve'étsem lo yichberou-vó kekhol-'houkkát happéssa'h ya'asoú otó
12 Ils n'en laisseront rien (du sacrifice) jusqu'au matin et ils ne lui briseront pas les os, conformément à toutes les lois de Pessa'h ils le feront ».
C'est-à-dire Pessa'h comme Pessa'h, avec toutes les rigueurs à l'égard du sacrifice. La seule différence est que le quatorze nissan, quand on célèbre le premier Pessa'h, il ne doit pas y avoir de 'hamets dans la maison, il faut l'ôter de la maison pour les sept jours de la fête. Ici, à Pessa'h chéni (le second Pessa'h), il y a un jour de fête avec sacrifice, et ce jour-là il peut y avoir du 'hamets dans la maison. Si nous nous rappelons ce que symbolise précisément le 'hamets, on peut regarder cela un peu autrement. Le 'hamets (le levain) symbolise le principe mauvais, pécheur, l'inclination au principe pécheur. Il arrive qu'un homme ne puisse pas s'élever jusqu'au niveau de pureté où il n'a pas de 'hamets, pas de levain dans la maison, pas de levain à l'intérieur. Et dans ce cas, une seconde chance est donnée à l'homme. Il peut – même dans un état qui n'est pas entièrement réparé, même avec du levain dans la maison, même en retard – célébrer quand même Pessa'h, apporter un sacrifice au Très-Haut, son sacrifice de Pessa'h peut être accepté. Et c'est une révélation que le Très-Haut n'a pas donnée à Moché comme ça, mais qu'Il a donnée au moment où, du peuple, des gens simples, est né un tel cri. Souvent nous regardons une situation et disons : « Même dans la Torah il n'y a pas d'issue ! Non, la Torah ne prévoit pas de réponse à telle ou telle situation qui est la nôtre ». Ou bien nous voyons que, selon la Torah, il faut agir de telle et telle manière, et nous ne pouvons pas faire cela, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'issue. Il semblerait que tu ne puisses pas apporter le sacrifice de Pessa'h un mois plus tard. Mais quand naît un cri vers le Très-Haut, alors Il donne une réponse par Moché et dit : « Tu peux. Tu peux accomplir Pessa'h chéni, le second Pessa'h. Je te donne une chance ».
Ce n'est pas seulement une leçon sur la seconde chance, sur le fait qu'il y a toujours une seconde chance. C'est une leçon sur la mesure dans laquelle le cri, dans laquelle le désir de servir le Très-Haut peut changer la réalité autour de nous : ce désir engendre des changements, révèle une lumière supplémentaire dans le processus du don de la Torah, c'est-à-dire exerce une influence dans des mondes très, très élevés. C'est ce qu'ont fait des gens simples à la foi simple, qui voulaient de toute leur âme apporter un sacrifice au Très-Haut, et par leur mérite, par le mérite de ce cri qu'ils ont adressé aux Cieux, une fête de plus nous a été offerte, qui n'existait pas à l'origine. En même temps, le Très-Haut dit que tout cela n'a rien d'un jeuLe russe dit littéralement que tout cela, « ce ne sont pas du tout des jouets », une expression qui signifie que la chose est sérieuse. Le français rend ce sens plutôt que l'image..
וְהָאִישׁ אֲשֶׁר־הוּא טָהוֹר וּבְדֶרֶךְ לֹא־הָיָה וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִוא מֵעַמֶּיהָ כִּי קָרְבַּן יְהוָה לֹא הִקְרִיב בְּמֹעֲדוֹ חֶטְאוֹ יִשָּׂא הָאִישׁ הַהוּא׃
veha'ích acher-hoú tahór ouvdérekh lo-hayá ve'hadál la'asót happéssa'h venikhretá hannéfech hahí me'amméha ki korbán adonáy lo hikrív bemo'adó 'het'ó yissá ha'ích hahoú
13 Et si un homme est pur et n'est pas en voyage et n'a pas fait Pessa'h, cette âme sera exterminée du peuple, parce qu'il n'a pas apporté le sacrifice du SEIGNEUR en son temps ; cet homme portera son péché.
C'est-à-dire, si un homme le peut, mais dit : « Je l'apporterai la prochaine fois, d'une manière ou d'une autre, peut-être le quinze iyar, peut-être le dix tamouz, peut-être encore une autre fois – bref, pas aujourd'hui », cette âme sera exterminée du peuple. Encore une fois : un homme qui s'est trouvé impur ou incapable de faire Pessa'h en son temps, grâce au désir de ces gens de servir le Très-Haut, grâce à leur démarche auprès de Moché, reçoit la possibilité de faire Pessa'h un mois plus tard. De même, nous aussi recevons une chance : quand nous sommes dans l'impureté, quand nous ne pouvons pas, nous recevons la possibilité de faire Pessa'h un mois plus tard. Mais si nous sommes capables de le faire et que nous le remettons à plus tard, alors il n'y a pas de seconde chance.
וְכִי־יָגוּר אִתְּכֶם גֵּר וְעָשָׂה פֶסַח לַיהוָה כְּחֻקַּת הַפֶּסַח וּכְמִשְׁפָּטוֹ כֵּן יַעֲשֶׂה חֻקָּה אַחַת יִהְיֶה לָכֶם וְלַגֵּר וּלְאֶזְרַח הָאָרֶץ׃
vekhi-yagoúr ittekhém ger ve'ássa féssa'h ladonáy ke'houkkát happéssa'h oukhmichpató ken ya'assé 'houkká a'hát yihyé lakhém velaggér oul'ezrá'h ha'árets
14 Et si un étranger habite avec vous et veut faire Pessa'h au SEIGNEUR, selon les lois et selon les statuts de Pessa'h il le fera. Vous aurez les mêmes lois, et pour le guer, et pour le citoyen (pour l'étranger et pour l'habitant permanent) ».
Il n'y a pas de Pessa'h alternatif pour les rapatriés de Suède ou pour les prosélytes de Mongolie. Celui qui se joint au peuple d'Israël (même si ses ancêtres ne sont pas sortis d'Égypte, même s'il est difficile pour lui de dire : « Dieu, qui t'a fait sortir d'Égypte »), fait tout selon les lois et selon les statuts, comme il se doit, et à cet égard il n'y a pas de différence entre l'étranger et l'habitant permanent.
Ici s'achève l'histoire de la nouvelle fête, d'une fête obtenue de Dieu par la prière, peut-on dire, que l'on a coutume d'appeler aujourd'hui Pessa'h chéni, le second Pessa'h.
À partir du verset 15 commence un tout autre sujet.
וּבְיוֹם הָקִים אֶת־הַמִּשְׁכָּן כִּסָּה הֶעָנָן אֶת־הַמִּשְׁכָּן לְאֹהֶל הָעֵדֻת וּבָעֶרֶב יִהְיֶה עַל־הַמִּשְׁכָּן כְּמַרְאֵה־אֵשׁ עַד־בֹּקֶר׃
ouvyom hakím et-hammichkán kissá he'anán et-hammichkán le'óhel ha'edoút ouva'érev yihyé al-hammichkán kemar'e-éch ad-bóker
15 Et le jour où le Michkan fut dressé, la nuée couvrit la Tente du témoignage, et le soir il y avait sur le Michkan comme une vision (une lueur) de feu jusqu'au matin.
כֵּן יִהְיֶה תָמִיד הֶעָנָן יְכַסֶּנּוּ וּמַרְאֵה־אֵשׁ לָיְלָה׃
ken yihyé tamíd he'anán yekhassénnou oumar'e-éch láyla
16 Et il en était ainsi toujours : la nuée couvre, et la lueur de feu la nuit.
וּלְפִי הֵעָלֹת הֶעָנָן מֵעַל הָאֹהֶל וְאַחֲרֵי־כֵן יִסְעוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וּבִמְקוֹם אֲשֶׁר יִשְׁכָּן־שָׁם הֶעָנָן שָׁם יַחֲנוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
oulfí he'alót he'anán me'ál ha'óhel ve'á'hare khen yis'oú bené yisraél ouvimkóm achér yichkon-chám he'anán cham ya'hanoú bené yisraél
17 Et, quand la nuée s'élevait au-dessus de la Tente, après cela les fils d'Israël se mettaient en route, et à l'endroit où la nuée s'arrêtait, là les fils d'Israël dressaient le camp.
La nuée était un indicateur. Là où elle s'arrêtait, là s'arrêtait le peuple d'Israël ; quand elle se mettait en route, alors le peuple d'Israël aussi se mettait en route. C'était sans doute une vie étonnante. Étonnante, parce qu'il fallait constamment regarder la nuée. Tu te demandes : « Est-ce que je construis ici une cave, est-ce que je cloue ici des étagères, ou bien nous mettons-nous en route dans une heure ? Commencer à m'installer ou m'attendre à ce que la halte ici soit de courte durée ? » Chaque fois, chacun décide à sa manière, mais personne ne sait jamais quand la nuée s'élèvera et se mettra en route.
עַל־פִּי יְהוָה יִסְעוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְעַל־פִּי יְהוָה יַחֲנוּ כָּל־יְמֵי אֲשֶׁר יִשְׁכֹּן הֶעָנָן עַל־הַמִּשְׁכָּן יַחֲנוּ׃
al-pí adonáy yis'oú bené yisraél ve'al-pí adonáy ya'hanoú kol-yemé achér yichkón he'anán al-hammichkán ya'hanoú
18 Selon la bouche du SEIGNEUR s'élevaient (se mettaient en mouvement) les fils d'Israël, et selon la bouche du SEIGNEUR ils dressaient le camp ; tous les jours où la nuée demeurait sur le Michkan, ils étaient dans le camp.
וּבְהַאֲרִיךְ הֶעָנָן עַל־הַמִּשְׁכָּן יָמִים רַבִּים וְשָׁמְרוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־מִשְׁמֶרֶת יְהוָה וְלֹא יִסָּעוּ׃
ouvha'aríkh he'anán al-hammichkán yamím rabbím vechameroú vene-yisraél et-michméret adonáy veló yissáou
19 Et quand la nuée était longtemps (de longs jours) au-dessus du Michkan, les fils d'Israël étaient à la garde du SEIGNEUR et ne se mettaient pas en mouvement.
La plus longue halte du peuple d'Israël fut, semble-t-il, d'environ dix-neuf ans. Pendant dix-neuf ans, il fallait vivre au même endroit et surveiller constamment la nuée, pour voir si elle ne se mettait pas en mouvement. D'un côté, tu t'es déjà pour ainsi dire comme établi, et de l'autre côté, il faut constamment regarder, guetter : peut-être demain en marche, peut-être aujourd'hui à midi déjà en marche. Mais aussi longtemps que la nuée restait au-dessus du Michkan, personne ne se déplaçait nulle part.
וְיֵשׁ אֲשֶׁר יִהְיֶה הֶעָנָן יָמִים מִסְפָּר עַל־הַמִּשְׁכָּן עַל־פִּי יְהוָה יַחֲנוּ וְעַל־פִּי יְהוָה יִסָּעוּ׃
veyéch achér yihyé he'anán yamím mispár al-hammichkán al-pí adonáy ya'hanoú ve'al-pí adonáy yissáou
20 Il arrivait que la nuée soit quelques jours au-dessus du Michkan, et alors ils dressaient le camp selon la parole du SEIGNEUR, et selon la parole du SEIGNEUR ils se mettaient en mouvement.
C'est en effet encore une tâche : si nous nous arrêtons quelque part pour quelques heures, devons-nous monter le Michkan lui-même ? Il est dit ici qu'il faut le monter. La nuée s'est arrêtée – c'est tout, commence à monter. Et même si l'on vient tout juste de finir de le monter, il faudra peut-être le démonter de nouveau. Il faut observer constamment ce qui se passe. Dans notre vie, parfois nous ne savons pas pour combien de temps nous nous trouvons en un certain endroit, pour combien de temps nous nous trouvons associés à un certain service, à une relation avec certaines personnes, au service de certaines personnes. Et souvent aussi, sans doute, se pose la question : « Monter le Michkan ou ne pas le monter ? » Et la Torah dit : « Si tu te trouves ici, si la nuée s'est arrêtée au-dessus de toi, cela signifie que tu restes ici, monte le Michkan, même si dans quelques heures tu repars d'ici ».
וְיֵשׁ אֲשֶׁר־יִהְיֶה הֶעָנָן מֵעֶרֶב עַד־בֹּקֶר וְנַעֲלָה הֶעָנָן בַּבֹּקֶר וְנָסָעוּ אוֹ יוֹמָם וָלַיְלָה וְנַעֲלָה הֶעָנָן וְנָסָעוּ׃
veyéch achér yihyé he'anán me'érev ad-bóker vena'alá he'anán babbóker venassáou o yomám valáyla vena'alá he'anán venassáou
21 Et il arrivait que la nuée soit là du soir jusqu'au matin, et la nuée s'élevait le matin, et ils se mettaient en mouvement. Ou il arrivait que ce soit un jour et une nuit – et la nuée s'élevait, et ils marchaient.
אוֹ־יֹמַיִם אוֹ־חֹדֶשׁ אוֹ־יָמִים בְּהַאֲרִיךְ הֶעָנָן עַל־הַמִּשְׁכָּן לִשְׁכֹּן עָלָיו יַחֲנוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל וְלֹא יִסָּעוּ וּבְהֵעָלֹתוֹ יִסָּעוּ׃
o-yomáyim o-'hódech o-yamím beha'aríkh he'anán al-hammichkán lichkón aláv ya'hanoú vene-yisraél veló yissáou ouvhe'alotó yissáou
22 Ou deux jours, ou un mois, ou des jours, quand la nuée était au-dessus du Michkan pour y demeurer, les fils d'Israël dressaient le camp et ne se déplaçaient nulle part, et quand la nuée s'élevait – ils se mettaient en mouvement.
Le mot yamím (jours) est compris ici au sens de année, c'est ainsi qu'il est souvent employé. Et pendant toutes ces années, il fallait être dans un état de pleine préparation au combat.
עַל־פִּי יְהוָה יַחֲנוּ וְעַל־פִּי יְהוָה יִסָּעוּ אֶת־מִשְׁמֶרֶת יְהוָה שָׁמָרוּ עַל־פִּי יְהוָה בְּיַד־מֹשֶׁה׃
al-pí adonáy ya'hanoú ve'al-pí adonáy yissáou et-michméret adonáy chamárou al-pí adonáy beyad-moché
23 Selon la parole du SEIGNEUR ils dressaient le camp et selon la parole du SEIGNEUR ils se mettaient en route, ils observaient la veille pour le SEIGNEUR, selon la bouche du SEIGNEUR par la main de Moché.
Dans ce chapitre, deux sujets différents se fondent comme, en un certain sens, en un seul. D'un côté, si un homme se trouve pour quelque raison pas prêt pour Pessa'h, il a une seconde chance, une seconde possibilité de faire Pessa'h. La seconde chance est donnée à l'homme qui voulait servir, qui voulait faire, mais n'a pas pu, et non à celui qui dès le départ ne voulait pas. De l'autre côté, le séjour même dans le camp d'Israël exige d'être constamment prêt à s'arracher à tout ce qui est habituel et à suivre le Très-Haut. L'un et l'autre (et la seconde chance, et la nécessité d'une attention constante) sont liés au désir de servir le Très-Haut.
La trompette appelle !
Bémidbar 10,1–36
Avec l'aide de Dieu, nous continuons à étudier la section hebdomadaire Béhaalotékha et nous lirons le chapitre 10 du livre de Bémidbar.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché, disant :
עֲשֵׂה לְךָ שְׁתֵּי חֲצוֹצְרֹת כֶּסֶף מִקְשָׁה תַּעֲשֶׂה אֹתָם וְהָיוּ לְךָ לְמִקְרָא הָעֵדָה וּלְמַסַּע אֶת־הַמַּחֲנוֹת׃
assé lekhá cheté 'hatsotserót késsef mikchá ta'assé otám vehayoú lékha lemikrá ha'edá oulmassá et-hamma'hanót
2 « Fais-toi deux trompettes d'argent, d'un ouvrage forgé fais-les, et elles seront pour toi pour la convocation de la communauté et pour l'appel au mouvement des camps.
C'est-à-dire que le Très-Haut ordonne à Moché de fabriquer deux trompettes d'argent particulières, deux instruments de musique, qui convoqueront le peuple et l'appelleront au mouvement. Comme c'est l'usage aujourd'hui encore, dans de nombreuses cours royales, dans de nombreux défilés apparaissent des trompettistes, des clairons, il y en a dans de nombreuses armées. Et la racine de cela se trouve déjà dans les trompettes qu'avaient les Pharaons égyptiens. Ici, on ordonne à Moché de faire des trompettes, comme à la cour royale, renforçant dans une certaine mesure le statut de Moché en tant que roi.
Le mot 'hatsotserá (trompette, au pluriel 'hatsotserót), certains commentateurs (surtout des mystiques hassidiques) le comprennent comme 'hétsi (moitié) tsourá (forme), c'est-à-dire comme moitié de forme, et ils disent qu'il est ordonné à Moché, sur le plan spirituel, de devenir un homme composé de deux parties, de deux formes, unissant en lui le Divin et l'humain, de devenir un pont entre Dieu et les hommes. Et le mot késsef (argent), c'est ce à l'aide de quoi on atteint ce que l'on désire, de la même racine que le verbe lehikassef (désirer ardemment, convoiter). Et si l'on interprète selon le midrach le mot zahav (or) comme ze hav (donne cela), alors l'argent peut être compris comme un moyen d'atteindre l'or, d'atteindre quelque chose de plus précieux. 'Hatsotserót késsef (trompettes d'argent) appellent pour ainsi dire à monter à un niveau plus élevé, à aller de l'humain au Divin. Et Moché unit pour ainsi dire en lui les deux rives. C'est, bien sûr, un commentaire imagé, mystique, et nous reviendrons de celui-ci au sens simple. Et au sens simple, il est ordonné à Moché de fabriquer deux trompettes.
Voici comment les décrit Yossef Flavius, historien juif qui vécut au Ier siècle de notre ère : « Moché fit aussi une sorte de trompette d'argent, qui a l'aspect suivant : sa longueur est un peu inférieure à une coudée, c'est-à-dire moins de cinquante centimètres (si vous, en lisant pour la première fois, comme moi, vous vous représentiez une sorte d'énorme trompette, un énorme, énorme clairon, eh bien – non, la trompette faisait moins de cinquante centimètres de long), et son tube est étroit, à peine un peu plus large que celui d'une flûte. Son embouchure est assez volumineuse pour recueillir la masse d'air que celui qui en joue y insuffle. Elle se termine par une large ouverture semblable à une corne de chasse. En langue hébraïque, cet instrument s'appelle 'hatsotserá. On fit deux trompettes de ce genre. L'une servait à convoquer et à rassembler le peuple en assemblée générale, par l'autre on invitait les anciens au conseil. Mais si l'on sonnait des deux à la fois, alors tous sans exception devaient se rendre à l'assemblée. » Le même Yossef Flavius raconte qu'avant le début du sabbat, sur l'aile, sur l'angle du Temple, montait un sonneur de clairon qui lui aussi sonnait de la trompette, et cela signifiait que le Chabbat arriverait bientôt, et les gens quittaient le marché, terminaient toutes leurs affaires commerciales. Sur le marché actuel de Ma'hané Yéhouda à Jérusalem, il y a un homme qui, depuis déjà 20 ans, avant le sabbat, passe avec une telle petite corne de berger et sonne, annonce que le Chabbat approche, avertit les commerçants qu'il est temps de terminer le commerce. Cela existe encore aujourd'hui.
וְתָקְעוּ בָּהֵן וְנוֹעֲדוּ אֵלֶיךָ כָּל־הָעֵדָה אֶל־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד׃
vetake'oú bahén veno'adoú elékha kol-ha'edá el-péta'h óhel mo'éd
3 Et vous en sonnerez, et toute la communauté se rassemblera auprès de toi à l'entrée de la Tente d'assignation.
וְאִם־בְּאַחַת יִתְקָעוּ וְנוֹעֲדוּ אֵלֶיךָ הַנְּשִׂיאִים רָאשֵׁי אַלְפֵי יִשְׂרָאֵל׃
ve'im-be'a'hát yitká'ou veno'adoú elékha hannessi'ím raché alfé yisraél
4 Et si l'on sonne d'une des trompettes, alors se rassembleront auprès de toi les chefs des milliers d'Israël.
וּתְקַעְתֶּם תְּרוּעָה וְנָסְעוּ הַמַּחֲנוֹת הַחֹנִים קֵדְמָה׃
outka'tém terou'á venasse'oú hamma'hanót ha'honím kédma
5 Et si vous sonnez d'un son entrecoupé, alors se mettront en marche les camps qui se tiennent à l'est.
Il y a plusieurs sortes de sonneries : l'une d'elles est la tki'á, du verbe litkó'a (sonner), c'est un son de trompette continu, prolongé. L'autre est la terou'á (acclamation, expression impétueuse des sentiments), du verbe leharí'a (acclamer, crier), un son un peu brisé, plus faible, comme si la trompette applaudissait ou acclamait joyeusement, menant le peuple au combat avec le cri « Hourra ! ».
Nous nous souvenons que chaque camp a son propre emplacement. Puisque le peuple d'Israël se déplace dans le désert vers le sud-est, ce sont d'abord, naturellement, les camps qui se tiennent devant, à l'est, qui sortent : c'est le camp de Yéhouda, qui comprend trois tribus – Yéhouda, Zévouloun, Yissakhar, et si l'on sonne d'un son terou'á, ce sont eux qui sortent les premiers.
וּתְקַעְתֶּם תְּרוּעָה שֵׁנִית וְנָסְעוּ הַמַּחֲנוֹת הַחֹנִים תֵּימָנָה תְּרוּעָה יִתְקְעוּ לְמַסְעֵיהֶם׃
outka'tém terou'á chenít venasse'oú hamma'hanót ha'honím temána terou'á yitke'oú lemas'ehém
6 Et si vous sonnez d'un son entrecoupé une deuxième fois, alors se mettront en marche les camps qui se tiennent au sud ; d'un son terou'á qu'on sonne pour chacun de leurs mouvements.
C'est le camp de Réouven, qui comprend, outre Réouven, les tribus de Chimon et de Gad. Ils se mettent en marche après la deuxième sonnerie entrecoupée.
וּבְהַקְהִיל אֶת־הַקָּהָל תִּתְקְעוּ וְלֹא תָרִיעוּ׃
ouvhakhíl et-hakkahál titke'oú veló tarí'ou
7 Et quand vous rassemblerez la communauté, sonnez d'un son unique, et non entrecoupé.
וּבְנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים יִתְקְעוּ בַּחֲצֹצְרוֹת וְהָיוּ לָכֶם לְחֻקַּת עוֹלָם לְדֹרֹתֵיכֶם׃
ouvné aharón hakkohaním yitke'oú ba'hatsotserót vehayoú lakhém le'houkkát olám ledorotekhém
8 Les fils d'Aharon, les kohanim, sonneront de ces trompettes, et ce sera pour vous une loi éternelle dans vos générations.
Bien qu'il ait été dit à Moché : « Toi, fais-toi, et à toi seront ces trompettes », naturellement le roi ne sonne pas lui-même, et Moché lui-même ne sonne pas non plus. Pour cela il y a les kohanim, les fils d'Aharon, ils sont établis pour sonner des trompettes. Ces deux trompettes étaient à la disposition des fils d'Aharon, ils en étaient responsables, et ce sont eux aussi qui en sonnaient. Les commentateurs disent que concrètement ces deux trompettes avaient été faites précisément pour Moché et étaient en vigueur pendant le temps où Moché lui-même était vivant. Comme preuve de cela, on cite un verset du livre de Dévarim (31,28), quand Moché a déjà achevé son service, a transmis les rênes du pouvoir à Yéhochoua ben Noun et dit : « Rassemblez auprès de moi tous… ». Ici il n'y a pas de sonnerie, car les trompettes ont déjà cessé de servir Moché. Dans les générations suivantes, d'autres trompettes et le son même de la trompette sont restés.
Gloire à Dieu, nous l'entendons encore souvent dans les synagogues, bien qu'aujourd'hui nous entendions surtout le chofar, c'est-à-dire la corne, et non une trompette de métal. Il y a de très nombreuses opinions différentes sur la raison pour laquelle cela s'est produit. On a estimé, peut-être, que le chofar serait un accomplissement plus digne du commandement. Mais, très probablement, c'est parce que le peuple simple distinguait mal le hautbois, le basson, la clarinette, le saxophone, le cor, le trombone et les autres instruments de musique. Le peuple simple ne distinguait guère les instruments à vent labiaux des instruments à embouchure, et c'est pourquoi est resté en usage simplement un instrument à vent, la trompette. Moché devait faire les trompettes en argent, mais par la suite on ne l'a pas compris ainsi. Est-ce juste ou non – c'est une question à part, mais l'histoire montre qu'à l'avenir, dans toutes les générations, on utilise tantôt des trompettes, tantôt des chofars, tantôt des chofars et des trompettes ensemble, et il est souvent très difficile de démêler ce qui est utilisé et quand.
וְכִי־תָבֹאוּ מִלְחָמָה בְּאַרְצְכֶם עַל־הַצַּר הַצֹּרֵר אֶתְכֶם וַהֲרֵעֹתֶם בַּחֲצֹצְרוֹת וֲנִזְכַּרְתֶּם לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם וְנוֹשַׁעְתֶּם מֵאֹיְבֵיכֶם׃
vekhi-tavó'ou mil'hamá be'artsekhém al-hattsár hattsorér etkhém vahare'otém ba'hatsotserót venizkartém lifné adonáy elohekhém venocha'tém me'oyevekhém
9 Et si la guerre vient dans votre pays, si un oppresseur vous attaque, vous sonnerez des trompettes d'un son entrecoupé, et souvenez-vous du SEIGNEUR, votre Dieu, et vous serez sauvés de vos ennemis.
וּבְיוֹם שִׂמְחַתְכֶם וּבְמוֹעֲדֵיכֶם וּבְרָאשֵׁי חָדְשֵׁיכֶם וּתְקַעְתֶּם בַּחֲצֹצְרֹת עַל עֹלֹתֵיכֶם וְעַל זִבְחֵי שַׁלְמֵיכֶם וְהָיוּ לָכֶם לְזִכָּרוֹן לִפְנֵי אֱלֹהֵיכֶם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃
ouvyom sim'hatkhém ouvmo'adekhém ouvraché 'hodchekhém outka'tém ba'hatsotserót al olotekhém ve'ál ziv'hé chalmekhém vehayoú lakhém lezikkarón lifné elohekhém aní adonáy elohekhém
10 Et aux jours de vos joies, et à vos fêtes, et aux jours de vos nouvelles lunes, vous sonnerez longuement des trompettes, sur vos holocaustes et sur vos sacrifices de paix, et elles seront pour vous un mémorial devant le SEIGNEUR : Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.
Nous voyons aussi par la suite que chaque événement – et quand on rebâtissait les murailles de Jérusalem, et quand on renouvelait l'autel – était accompagné de sonneries, nous voyons que les instruments à vent, la trompette et le chofar, ont accompagné le peuple d'Israël tout au long de son histoire. Et en 1967, quand Jérusalem a été libérée au cours de la guerre des Six Jours, en l'honneur de cet événement joyeux il y a eu aussi une sonnerie de chofar. Dans la section hebdomadaire Matot (dans notre livre), au début du chapitre 31, nous lisons au sujet de la guerre de Moché contre Midyan, et il est écrit (31,6) : « Et Moché les envoya, mille par tribu, à l'armée, eux et Pin'has, fils d'Élazar le kohen, à l'armée, et les objets sacrés, et les trompettes pour l'alarme dans sa main. » C'est-à-dire que nous voyons que les trompettes étaient utilisées pour appeler les guerriers à la guerre. Encore un détail important qu'il faut relever : ce n'est pas le roi qui mène le peuple à la guerre, ce sont les kohanim qui mènent le peuple à la guerre. Ce sont précisément les kohanim qui font l'appel, c'est la séparation des pouvoirs. Le roi en Israël ne sera jamais omnipotent ; il règne, bien sûr (Moché, à vrai dire, n'est même pas tout à fait roi), mais ce sont les kohanim, les serviteurs de Dieu, ceux qui connaissent l'âme du peuple, qui mènent le peuple à la guerre. C'est en cela que l'organisation israélite de la société se distingue de toutes les autres communautés. C'est la partie de notre section qui concerne les trompettes. Naturellement, nous n'avons pas raconté même une petite partie de ce qui y est lié, car rien que sur les trompettes on peut parler pendant des heures.
וַיְהִי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בְּעֶשְׂרִים בַּחֹדֶשׁ נַעֲלָה הֶעָנָן מֵעַל מִשְׁכַּן הָעֵדֻת׃
vayhí bachaná hachenít ba'hódech hachení be'esrím ba'hódech na'alá he'anán me'ál michkán ha'edoút
11 Et il advint, la deuxième année, au deuxième mois, le vingtième jour (le vingt iyar), la nuée s'éleva au-dessus de la Tente du témoignage (cela signifie qu'il faut se mettre en route).
וַיִּסְעוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל לְמַסְעֵיהֶם מִמִּדְבַּר סִינָי וַיִּשְׁכֹּן הֶעָנָן בְּמִדְבַּר פָּארָן׃
vayis'oú vene-yisraél lemas'ehém mimmidbár sináy vayichkón he'anán bemidbár parán
12 Et les fils d'Israël sortirent pour leur route depuis le désert du Sinaï, et la nuée s'arrêta (se posa) dans le désert de Paran.
וַיִּסְעוּ בָּרִאשֹׁנָה עַל־פִּי יְהוָה בְּיַד־מֹשֶׁה׃
vayis'oú barichoná al-pí adonáy beyad-moché
13 Et pour la première fois ils s'ébranlèrent selon la parole du SEIGNEUR, par la main de Moché.
Trois appels ont retenti pour que le peuple d'Israël se mette en route. Le premier, c'est la nuée qui s'est déplacée. Le deuxième, ce sont les trompettes qui ont sonné. Le troisième, nous le lirons au verset 35, c'est l'appel de Moché « Koumá adonáy – Lève-toi, SEIGNEUR ! » Il y avait un temps pour se rassembler, pour se mettre en route, et partout, à chaque pas, on ressentait la présence divine, car la nuée en elle-même symbolise la présence divine, dans la nuée se révèle le SEIGNEUR. Qu'est-ce qui est important ici ? Il est important qu'il ne soit pas encore décidé d'avance que le peuple d'Israël marchera dans le désert pendant quarante années entières, il n'en a d'ailleurs pas encore été question du tout. Et toute cette organisation, toutes ces dispositions, tout cet horaire sont donnés par le Très-Haut pour un passage, au fond, court vers le pays d'Israël. C'est-à-dire que peu importe à quel point l'opération que nous accomplissons est courte, à quel point notre plan est à court terme. Mais même au sujet des actions les plus brèves, des indications détaillées peuvent être données.
וַיִּסַּע דֶּגֶל מַחֲנֵה בְנֵי־יְהוּדָה בָּרִאשֹׁנָה לְצִבְאֹתָם וְעַל־צְבָאוֹ נַחְשׁוֹן בֶּן־עַמִּינָדָב׃
vayissá dégel ma'hané vene-yehoudá barichoná letsiv'otám ve'al-tsevaó na'hchón ben-amminadáv
14 Et le camp du camp de Yéhouda s'ébranla selon leurs troupes, et le commandant en chef de tout le camp, le chef de la tribu de Yéhouda – Na'hchon ben Amminadav.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי יִשָׂשכָר נְתַנְאֵל בֶּן־צוּעָר׃
ve'al-tsevá matté bené yissakhár netan'él ben-tsou'ár
15 Et à côté de lui l'état-major des fils de Yissakhar, c'est Nétan'el ben Tsou'ar qui les commande.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי זְבוּלֻן אֱלִיאָב בֶּן־חֵלוֹן׃
ve'al-tsevá matté bené zevouloún eli'áv ben-'helón
16 Et à côté de lui la tribu de Zévouloun, c'est Éli'av ben 'Hélon qui la commande.
וְהוּרַד הַמִּשְׁכָּן וְנָסְעוּ בְנֵי־גֵרְשׁוֹן וּבְנֵי מְרָרִי נֹשְׂאֵי הַמִּשְׁכָּן׃
vehourád hammichkán venase'oú vene-gerechón ouvné merarí nose'é hammichkán
17 Et le Michkan fut replié, et les fils de Guerchon et de Mérari se mirent en route, porteurs du Michkan.
Pourquoi sont-elles sorties les premières, ces familles lévitiques qui portent tout l'équipement non saint du Michkan ? Parce qu'elles doivent aussi dresser le Michkan les premières, et quand l'arche arrivera, le Michkan sera déjà prêt. L'arche ne doit pas se trouver sur les épaules des gens en attendant qu'on dresse le Michkan, il faut préparer à l'avance la place pour le Saint. Ce n'est pas simplement un horaire comme ça, c'est un horaire important, qui tient compte de la hiérarchie des événements qui se produisent. Ainsi, les fils de Guerchon et de Mérari sortent les premiers parmi les lévites avec tout l'équipement qu'ils doivent porter.
וְנָסַע דֶּגֶל מַחֲנֵה רְאוּבֵן לְצִבְאֹתָם וְעַל־צְבָאוֹ אֱלִיצוּר בֶּן־שְׁדֵיאוּר׃
venassá dégel ma'hané re'ouvén letsiv'otám ve'al-tsevaó elitsoúr ben-chede'oúr
18 Et à leur suite sortit le camp de Réouven, et c'est Élétsour ben Chdéyour qui dirige toute cette armée.
Dans le camp de Réouven, qui se tient du côté sud, il y a encore la tribu de Chimon et la tribu de Gad.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי שִׁמְעוֹן שְׁלֻמִיאֵל בֶּן־צוּרִי שַׁדָּי׃
ve'al-tsevá matté bené chim'ón cheloumi'él ben-tsourichaddáy
19 Et c'est Chlémiël ben Tsourichaddaï qui dirige l'état-major des fils de Chimon.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְנֵי־גָד אֶלְיָסָף בֶּן־דְּעוּאֵל׃
ve'al-tsevá matté vene-gád elyassáf ben-de'ou'él
20 Et sur l'état-major des fils de Gad – Élyassaf ben Réouël (Déouël).
וְנָסְעוּ הַקְּהָתִים נֹשְׂאֵי הַמִּקְדָּשׁ וְהֵקִימוּ אֶת־הַמִּשְׁכָּן עַד־בֹּאָם׃
venase'oú hakkehatím nose'é hammikdách vehekímou et-hammichkán ad-bo'ám
21 Et les lévites de la famille de Kéhat s'ébranlèrent, porteurs des ustensiles saints, et avant leur arrivée on avait déjà préparé le Michkan.
וְנָסַע דֶּגֶל מַחֲנֵה בְנֵי־אֶפְרַיִם לְצִבְאֹתָם וְעַל־צְבָאוֹ אֱלִישָׁמָע בֶּן־עַמִּיהוּד׃
venassá dégel ma'hané vene-efráyim letsiv'otám ve'al-tsevaó elichamá ben-ammihoúd
22 Et après cela s'ébranla le camp des fils d'Éfraïm, selon leurs armées, et sur toute cette armée – Élichama ben Ammihoud.
C'est le camp occidental, il y a Éfraïm, Binyamin et Ménaché, ils se tiennent à l'ouest, derrière tous.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי מְנַשֶּׁה גַּמְלִיאֵל בֶּן־פְּדָה־צוּר׃
ve'al-tsevá matté bené menaché gamli'él ben-pedatsoúr
23 Et sur l'armée du camp des fils de Ménaché – Gamliël ben Pdatsour.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי בִנְיָמִן אֲבִידָן בֶּן־גִּדְעוֹנִי׃
ve'al-tsevá matté bené vinyamín avidán ben-gid'oní
24 Et sur le camp des fils de Binyamin – Avidan ben Guidoni.
C'est le troisième camp qui s'est mis en route. Maintenant, une question intéressante : est-ce qu'on a sonné une troisième fois pour que le troisième camp s'ébranle ? Nous avons lu au sujet de la première fois, quand s'ébranle le camp oriental. Au sujet de la deuxième fois, quand on sonne pour le camp méridional. Et qu'en est-il pour le camp occidental et pour le camp septentrional ? Très probablement, on ne sonnait pas pour eux, parce que les kohanim étaient partis avec l'arche, et ils n'étaient tout simplement plus là. Or ce sont précisément les kohanim, comme nous nous en souvenons, qui doivent sonner. C'est pourquoi, selon la plupart des avis, les camps occidentaux et septentrionaux sortaient sans le son des trompettes, parce qu'ils voyaient que l'arche était partie.
וְנָסַע דֶּגֶל מַחֲנֵה בְנֵי־דָן מְאַסֵּף לְכָל־הַמַּחֲנֹת לְצִבְאֹתָם וְעַל־צְבָאוֹ אֲחִיעֶזֶר בֶּן־עַמִּישַׁדָּי׃
venassá dégel ma'hané vene-dán me'asséf lekhol-hamma'hanót letsiv'otám ve'al-tsevaó a'hi'ézer ben-ammichaddáy
25 Et sortit le camp des fils de Dan, celui qui ferme la marche après tous les camps, selon leurs armées, et sur leurs troupes – A'hiézer ben Ammichaddaï.
Il existe un avis selon lequel le mot me'asséf (celui qui ferme la marche) peut être compris comme celui qui rassemble. Comme le dernier autobus, qui part le soir et s'arrête à chaque poteau : il ramasse les gens qui ont déjà raté tous les autres autobus. Dans ce cas, on peut dire que ce camp, qui sortait le dernier, rassemblait, ramassait ceux qui restaient, s'occupait des gens et des choses affaiblis, égarés, remplissait toutes les fonctions de celui qui ferme la marche dans une campagne militaire.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי אָשֵׁר פַּגְעִיאֵל בֶּן־עָכְרָן׃
ve'al-tsevá matté bené achér pag'i'él ben-okhrán
26 Et sur l'état-major des fils d'Acher – Pagiël ben Akhran.
וְעַל־צְבָא מַטֵּה בְּנֵי נַפְתָּלִי אֲחִירַע בֶּן־עֵינָן׃
ve'al-tsevá matté bené naftalí a'hirá ben-enán
27 Et sur l'état-major des fils de Naftali – A'hira ben Eïnan.
אֵלֶּה מַסְעֵי בְנֵי־יִשְׂרָאֵל לְצִבְאֹתָם וַיִּסָּעוּ׃
élle mas'é vene-yisraél letsiv'otám vayissá'ou
28 Voici l'ordre de marche des fils d'Israël selon leurs armées, et ils se mirent en route.
Pour la première fois, le peuple d'Israël s'avance en route dans l'ordre établi, à la suite de la nuée. C'est le vingtième jour du deuxième mois (le mois d'iyar), de la deuxième année du séjour d'Israël dans le désert, que se produit cet événement. Et, quand le peuple d'Israël se met en route, Moché parle avec son beau-père.
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לְחֹבָב בֶּן־רְעוּאֵל הַמִּדְיָנִי חֹתֵן מֹשֶׁה נֹסְעִים אֲנַחְנוּ אֶל־הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אָמַר יְהוָה אֹתוֹ אֶתֵּן לָכֶם לְכָה אִתָּנוּ וְהֵטַבְנוּ לָךְ כִּי־יְהוָה דִּבֶּר־טוֹב עַל־יִשְׂרָאֵל׃
vayomer moché le'hováv ben-re'ou'él hammidyaní 'hotén moché nose'ím aná'hnou el-hammakóm achér amár adonáy otó ettén lakhém lekhá ittánou vehetávnou lakh ki-adonáy dibber-tóv al-yisraél
29 Et Moché parla à 'Hovav ben Réouël de Midyan, beau-père de Moché : « Nous allons vers le lieu dont le SEIGNEUR a dit : Je vous le donnerai. Viens avec nous, nous agirons bien envers toi, car le SEIGNEUR parle avec bienveillance envers Israël.
Ce que dit Moché : « Nous agirons bien envers toi » peut aussi se comprendre ainsi : « Tu iras avec nous, et cela t'apportera du bien, ce sera pour ton bien. C'est maintenant un temps où le SEIGNEUR est bien disposé envers Israël, tu peux te joindre à lui et avancer avec lui ».
Ainsi, Moché parle avec son beau-père. Un homme étonnant, Yitro, le beau-père de Moché, qui change très souvent de noms, et, si l'on suit cela, il n'est pas toujours clair comment il s'appelle finalement. La traduction synodale ajoute elle aussi à la confusion, elle qui traduit un seul et même nom de différentes manières, et alors naît une confusion totale. Il y a trois versions principales qui concilient tous les noms variés du beau-père de Moché. Selon la première version, 'Hovav et Yitro sont le nom d'un seul et même homme. 'Hovav, c'est copain, cher, bien-aimé, prochain, c'est ainsi qu'on peut appeler un ami proche. Il est tout à fait possible de s'adresser ainsi aussi au beau-père, et cela peut être l'un de ses surnoms ou de ses noms. Réouël, c'est le père de 'Hovav ou de Yitro, et alors dans la scène avec les filles (Chémot 2,18), ce ne sont en réalité pas les filles de Réouël, mais ses petites-filles, ce qui est aussi tout à fait compréhensible du point de vue du texte biblique : des petites-filles peuvent être appelées filles. Alors tout se remet en place. Deuxième version : le mot 'hatán peut s'appliquer à toute la parenté de la fiancée ou de l'épouse, et c'est pourquoi il est employé tantôt pour une personne, tantôt pour une autre. Selon la troisième version, Réouël est un nom de clan, qui se rapporte à toute la famille de Yitro. Cette version est assez compliquée, parce qu'elle suppose que le mot 'hatán signifie le gendre de Moché – non pas le beau-père, mais le gendre de Moché, c'est-à-dire le mari de sa fille. Et pour fonder d'une manière ou d'une autre cette version, il faut encore inventer une fille quelconque, qui existerait quelque part chez Moché. C'est pourquoi il est difficile d'accepter cette version. La plus probable est la version selon laquelle le mot 'hatán se rapporte à toute la parenté du côté de l'épouse. Et alors tout se remet en place.
וַיֹּאמֶר אֵלָיו לֹא אֵלֵךְ כִּי אִם־אֶל־אַרְצִי וְאֶל־מוֹלַדְתִּי אֵלֵךְ׃
vayomer eláv lo elékh ki im-el-artsí ve'el-moladtí elékh
30 Et il lui dit (le beau-père répond à Moché) : « Je n'irai pas avec vous, mais dans mon pays et dans ma patrie j'irai ».
Peut-être est-ce un refus poli qui, au fond, sous-entend un accord. Selon les lois de la politesse orientale, il est parfois d'usage de refuser des propositions quand en réalité on veut accepter. C'est une sorte de politesse de cérémonie. Et aujourd'hui encore, dans beaucoup de familles, quand on demande à quelqu'un s'il veut manger, il est difficile d'obtenir de lui s'il veut vraiment manger. J'ai souvent des invités qui disent : « Non, non, je ne veux pas manger ». Et il faut leur arracher à l'aide d'instruments chirurgicaux leur consentement à déjeuner, parce qu'en réalité ils ont faim. Une telle politesse était peut-être connue aussi du beau-père de Moché, et, très probablement, il refuse justement par politesse. Moché continue à le persuader.
וַיֹּאמֶר אַל־נָא תַּעֲזֹב אֹתָנוּ כִּי עַל־כֵּן יָדַעְתָּ חֲנֹתֵנוּ בַּמִּדְבָּר וְהָיִיתָ לָּנוּ לְעֵינָיִם׃
vayomer al-ná ta'azóv otánou ki al-kén yadá'ta 'hanoténou bammidbár vehayíta lánou le'enáyim
31 Et Moché lui dit : « Ne nous abandonne pas, je t'en prie, car tu connais bien nos campements dans le désert, et tu as été (ou tu es devenu) des yeux pour nous.
Cette expression peut se comprendre de différentes manières. Première variante : « Tu as bien marché avec nous, tu as tout vu de tes propres yeux, tu as vu combien de miracles nous sont arrivés. Veux-tu vraiment nous quitter ? » Deuxième variante : « Tu marches avec nous, tu peux voir de l'extérieur, tu as déjà donné une fois un conseil précieux et, peut-être, tu en donneras encore plus d'un. Peut-être que ta sagesse nous sera nécessaire ». C'est une belle approche de Moché envers son beau-père. La troisième manière de comprendre est la suivante : « Tu nous es devenu aussi cher que les yeux ». Et aujourd'hui encore, chez les Juifs orientaux, il est d'usage de traduire de l'arabe, des langues sémitiques anciennes, eynáyim chelí (mes yeux) au sens de mon cher, mon bien-aimé. Peut-être en est-il ainsi. Il y a encore une autre manière de comprendre : « Tu pourrais bien devenir ici un espion contre nous. On peut t'attraper et commencer à t'interroger sur notre organisation, sur la manière dont tout est organisé chez nous, où nous marchons et où nous nous arrêtons ». C'est un commentaire assez étrange. Se représenter deux millions de Juifs se faufilant inaperçus à travers le désert du Sinaï sans que personne ne les remarque (à moins que Yitro ne les trahisse) est très difficile, parce qu'un tel camp ne peut pas se déplacer sans être remarqué, il se déploie sur un immense territoire et il est visible de tous. Plus encore, sa traversée s'accompagne de tant de miracles que les rumeurs à ce sujet parviennent jusqu'à Jéricho et se répandent dans toute la région. Les rumeurs sur la manière dont avance le peuple d'Israël sont connues de tous, et on n'a pas besoin ici d'explorateurs, il n'y a rien à explorer ici.
וְהָיָה כִּי־תֵלֵךְ עִמָּנוּ וְהָיָה הַטּוֹב הַהוּא אֲשֶׁר יֵיטִיב יְהוָה עִמָּנוּ וְהֵטַבְנוּ לָךְ׃
vehayá ki-telékh immánou vehayá hattóv hahoú achér yetív adonáy immánou vehetávnou lakh
32 Et il en sera ainsi : si tu vas avec nous, alors le bien dont le SEIGNEUR nous gratifiera, nous te le ferons (nous partagerons ce bien avec toi).
Ici s'achève le dialogue de Moché et de son beau-père. Le beau-père s'est-il joint au peuple ou est-il quand même parti, la Torah ne donne pas ici de réponse. La réponse, peut-être, est donnée par le livre de Choftim. Au chapitre 1, au verset 16, nous lisons : « Et les fils du Kénien, beau-père de Moché, montèrent de la Ville des Palmiers avec les fils de Yéhouda dans le désert de Judée, qui est au sud d'Arad, et allèrent, et s'établirent parmi le peuple ». Nous lisons que les fils du beau-père de Moché (qui, remarquons-le, est cette fois appelé le Kénien) vivent quand même parmi le peuple d'Israël. Et c'est peut-être le témoignage que le beau-père est quand même allé avec eux.
וַיִּסְעוּ מֵהַר יְהוָה דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים וַאֲרוֹן בְּרִית־יְהוָה נֹסֵעַ לִפְנֵיהֶם דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים לָתוּר לָהֶם מְנוּחָה׃
vayis'oú mehár adonáy dérekh chelóchet yamím va'arón berit-adonáy nosséya lifnehém dérekh chelóchet yamím latoúr lahém menou'há
33 Et ils partirent de la montagne du SEIGNEUR pour un chemin de trois jours, et l'arche d'alliance avançait devant eux à trois jours de chemin, pour leur chercher un lieu de repos.
וַעֲנַן יְהוָה עֲלֵיהֶם יוֹמָם בְּנָסְעָם מִן־הַמַּחֲנֶה׃
va'anán adonáy alehém yomám benos'ám min-hamma'hané
34 Et la nuée du SEIGNEUR au-dessus d'eux le jour, lorsqu'ils avancent en camp.
וַיְהִי בִּנְסֹעַ הָאָרֹן וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה קוּמָה יְהוָה וְיָפֻצוּ אֹיְבֶיךָ וְיָנֻסוּ מְשַׂנְאֶיךָ מִפָּנֶיךָ׃
vayhí binsóa ha'arón vayomer moché koumá adonáy veyafoútsou oyevékha veyanoússou messan'ékha mippanékha
35 Et il arriva, quand l'arche se leva, et Moché dit : « Surgis, SEIGNEUR, et Tes ennemis se disperseront, et ceux qui Te haïssent fuiront devant Ta face ».
וּבְנֻחֹה יֹאמַר שׁוּבָה יְהוָה רִבְבוֹת אַלְפֵי יִשְׂרָאֵל׃
ouvnou'hó yomár chouvá adonáy rivevót alfé yisraél
36 Et, lorsqu'elle s'arrêtait (l'arche), il disait : « Reviens, SEIGNEUR, vers les myriades, vers les milliers d'Israël ».
Bien des années plus tard, David citera cela, en disant : « Le Très-Haut surgira, et Ses ennemis se disperseront ». Très souvent, les gens qui commencent une entreprise, qui planifient quelque chose, qui se fixent un chemin, disent précisément cette prière. Nous ne nous déplaçons pas simplement avec l'arche – nous demandons au SEIGNEUR d'être notre arme de combat, une terreur pour les ennemis. Le SEIGNEUR en personne conduit le peuple à travers le désert, et le peuple peut ne rien craindre, parce que le SEIGNEUR met en fuite tous les ennemis de son peuple. C'est la troisième partie, le troisième appel au peuple à se mettre en route, comme nous l'avons dit (le premier, c'est la nuée, le deuxième, la sonnerie des trompettes). Le troisième appel, c'est la prière de Moché au Très-Haut : « Koumá Adonáy – Surgis, SEIGNEUR ! » Avec cette prière, le peuple d'Israël, au son des trompettes, se mettait en route à la suite de la nuée. Voilà les trois composantes du commencement de toute action pour le peuple d'Israël. Personne ne se mettait en mouvement sans prière, Moché ne le permettait pas. Et le son de la trompette appelait à se mettre en mouvement, à suivre le Très-Haut. C'est pourquoi plus tard il sera dit : « Heureux le peuple qui connaît le son de la trompette ». Le son de la trompette, ce n'est pas simplement le son d'une trompette. Il indique à l'homme sa place, il indique quand c'est précisément à lui de partir et où c'est précisément à lui d'aller. Et toute notre section, avec ses différents événements, ses différentes histoires, raconte l'appel du Très-Haut à l'action : d'abord les deux trompettes et la sonnerie, ensuite le fait de suivre le Très-Haut, l'invitation faite à Yitro de se joindre à Israël, les prières de Moché. Notre section, c'est le récit de combien il est important, combien il faut répondre à l'appel, la capacité d'entendre l'appel, la capacité de discerner sa place dans le rang.
Cuisine et psychologie
Bémidbar 11,1–35
Avec l'aide de Dieu, nous poursuivons, vous et moi, l'étude de la section hebdomadaire Béhaalotékha et nous allons lire le chapitre 11 du livre de Bémidbar, mais pour commencer, un peu d'histoire préalable, pour rappel.
Après une année de vie dans le désert, une vie assez tranquille et oisive, après que le peuple a solennellement inauguré la Tente d'assignation, la gloire de Dieu a été manifestée au peuple : le SEIGNEUR, dans la nuée, a manifesté Sa présence au peuple. De nombreux sacrifices ont été apportés, les lévites ont été consacrés au Très-Haut. Pour la première fois depuis qu'Israël s'est arrêté au mont Sinaï, le peuple part pour une marche de trois jours. La nuée s'est mise en mouvement, les trompettes ont retenti, le peuple s'est mis en route d'un pas de marche solennel. Ce n'est pas encore le chemin long de quarante ans, cette sentence n'a pas encore été prononcée à cause du péché des explorateurs, car nous n'en avons encore rien lu. On s'attend à une traversée longue de deux semaines, peut-être de onze jours, et le peuple d'Israël doit pendant ce temps se trouver à Kadech-Barnéa et entrer dans le pays d'Israël. Tout, semble-t-il, est festif, joyeux et solennel, le peuple avance pour l'instant en une marche de trois jours.
וַיְהִי הָעָם כְּמִתְאֹנְנִים רַע בְּאָזְנֵי יְהוָה וַיִּשְׁמַע יְהוָה וַיִּחַר אַפּוֹ וַתִּבְעַר־בָּם אֵשׁ יְהוָה וַתֹּאכַל בִּקְצֵה הַמַּחֲנֶה׃
vayhí ha'ám kemit'onením ra be'ozné adonáy vayichmá adonáy vayí'har appó vattiv'ar-bám ech adonáy vattókhal biktsé hamma'hané
1 Et le peuple se mit à murmurer méchamment aux oreilles du SEIGNEUR, et le SEIGNEUR entendit, et Il s'irrita, et le feu du SEIGNEUR descendit sur eux (s'embrasa en eux), et dévora les bords du camp.
Le peuple exprimait son mécontentement à l'adresse du Très-Haut et, comme il est écrit, aux oreilles du Très-Haut, c'est-à-dire intentionnellement, pour que Dieu l'entende. Le midrach cite en exemple cette parabole : « Cela ressemble à un homme qui se tient sur la place et injurie le roi, critique le gouvernement et ne remarque pas que derrière lui arrive le roi avec sa suite. Les gens commencent à lui faire chut et à dire : “Plus bas, plus bas, le roi peut entendre”, mais l'homme répond : “Raison de plus, je n'ai pas l'intention de cacher au roi mon opinion” et il dit ses quatre vérités au roi, notre petit père, droit dans les yeux ». Et ici le peuple commence à exprimer son mécontentement envers le Très-Haut, nous ne connaissons pas le motif concret. Peut-être que trois jours de marche, c'est trop pénible, il fait chaud, mais il faut marcher. On ne les a pas téléportés, et il faut avancer par ses propres moyens, peut-être de jour comme de nuit, et ces marches sont pénibles. Le peuple commence à exprimer son mécontentement. Vous vous souvenez, au chapitre 10, Moché décrivait rêveusement à Yitro combien de bienfaits le Très-Haut ferait à Israël et combien Israël était généreusement prêt à partager ces bienfaits avec Yitro. Il y avait une telle attente que le Très-Haut comble de bienfaits le peuple d'Israël, tant de fois Moché avait employé le mot tov (bon, bien). Ici nous voyons qu'est employé le mot ra (mal). Le peuple n'a pas apprécié le bien que le SEIGNEUR lui avait préparé.
L'expression dévora les bords du camp peut se comprendre de différentes manières. Certains disent qu'il a saisi les plus faibles, ceux qui traînaient en arrière, et les a brûlés. D'autres disent – non, le mot katsé (bord, extrémité) doit se comprendre comme éminents, saillants, du mot katsín (officier). C'est-à-dire qu'il n'a pas dévoré les plus faibles, mais les instigateurs, ceux qui avaient été les meneurs de ces murmures, ce sont eux qu'il a dévorés. Ainsi donc, le feu du SEIGNEUR est descendu, le peuple a pris peur.
וַיִּצְעַק הָעָם אֶל־מֹשֶׁה וַיִּתְפַּלֵּל מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה וַתִּשְׁקַע הָאֵשׁ׃
vayits'ák ha'ám el-moché vayitpallél moché el-adonáy vattichká ha'éch
2 Et le peuple cria vers Moché, et Moché pria le SEIGNEUR, et le feu s'apaisa.
Moché est le premier destinataire, l'intercesseur devant Dieu. Si l'on a besoin de quelque chose de Dieu, le peuple préfère s'adresser à Moché. Faire la guerre au Très-Haut se révèle malcommode. Moché a prié, et, semble-t-il, le conflit est clos.
וַיִּקְרָא שֵׁם־הַמָּקוֹם הַהוּא תַּבְעֵרָה כִּי־בָעֲרָה בָם אֵשׁ יְהוָה׃
vayikrá chem-hammakóm hahoú tav'erá ki-va'ará vam ech adonáy
3 Et ce lieu fut nommé Tavéra (lieu de l'incendie), car le feu du SEIGNEUR s'embrasait en eux.
וְהָאסַפְסֻף אֲשֶׁר בְּקִרְבּוֹ הִתְאַוּוּ תַּאֲוָה וַיָּשֻׁבוּ וַיִּבְכּוּ גַּם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיֹּאמְרוּ מִי יַאֲכִלֵנוּ בָּשָׂר׃
vehassafsoúf achér bekirbó hit'avoú ta'avá vayachoúvou vayivkoú gam bené yisraél vayomeroú mi ya'akhilénou bassár
4 Et le ramassis qui était près d'eux désira des désirs, et cela les fit revenir et pleurer, et les fils d'Israël aussi, et ils se mirent à dire : « Qui nous nourrira de viande ?
Le mot assefá (rassemblement), répété deux fois, c'est-à-dire assafsoúf, signifie rassemblement de rassemblements, attroupement, ramassis, signifie des gens qui se sont rassemblés ensemble, qui se sont regroupés en une compagnie, en une bande. Il arrive que des gens malintentionnés, mus par le mauvais penchant, se regroupent en un tel grand collectif – une clique, une bande, une formation de bandits, appelez cela comme vous voulez. La Torah les appelle un ramassis. Apparemment, c'est une partie de ceux qui se sont joints en leur temps au peuple d'Israël, ce sont ces gens sortis d'Égypte qui, à l'origine, ne faisaient pas partie d'Israël.
Désira des désirs – une phrase très étrange. Je propose l'une des nombreuses compréhensions de cette expression. Le peuple d'Israël a vécu toute une année dans le désert, a mangé le man, les vêtements ne s'usaient pas, ne se salissaient pas, ne s'abîmaient pas, et peu de choses changeaient dans la vie. D'un côté – une vie rassasiée, de l'autre – monotone. Pas moyen de se changer, ni de manger quelque chose de bon, ni de boire quelque chose d'enivrant, et il n'y a aucun désir. Le peuple se débarrasse progressivement des désirs charnels, des « envies » charnelles, pour lesquelles il y aura encore une place. Quand le peuple entrera en Terre Sainte, il y aura là une place et pour les désirs, et pour leur satisfaction. Et ici, il y a un chemin déterminé qui apprend aux gens à s'humilier et à se renouveler. Mais il se trouvera toujours ceux qui veulent vouloir. Apparemment ils ont tout, une abondance complète, mais eux, pour reprendre les mots du chanteur et poète Boris Grebenchtchikov, deviennent fous de ce qu'ils n'ont plus rien à vouloir. Ils ont envie de vouloir, et ils désirèrent des désirs (hit'avoú ta'avá).
Cela nous arrive aussi à nous tous. Quand j'étais petit et que je voulais une glace, on me l'achetait, je la mangeais, j'aimais beaucoup ça. Aujourd'hui encore, il m'arrive parfois d'avoir envie d'une glace, mais je ne peux déjà plus vouloir maintenant comme je voulais alors. Je ne parle même pas du fait que je ne peux pas vouloir une petite voiture comme je la voulais alors. Je ne peux pas vouloir courir comme je le voulais alors. Beaucoup de jeunes filles, de femmes ne peuvent pas vouloir une poupée comme elles la voulaient alors, même si elles ne pouvaient pas l'acheter. Maintenant elles le pourraient peut-être, mais ce désir-là n'est plus, et on a parfois envie de revenir à la vie de jeunesse et de vouloir – c'est un vouloir normal, c'est-à-dire que vouloir vouloir – c'est normal. Aujourd'hui je suis un adulte, j'ai d'autres désirs, je vis une autre vie, je peux désirer quelque chose et réaliser mes désirs. Certains de mes désirs, je les ai domptés, parce qu'ils n'étaient pas justes, je ne les veux plus, je ne les ai plus, j'ai réussi à les vaincre, d'autres, j'en ai encore envie, c'est bien – vouloir.
Mais dans ce cas, ce ramassis veut vouloir comme avant, veut vouloir vivre une vie charnelle, où l'on a constamment envie de quelque chose, soif de quelque chose, et ces désirs, il faut les satisfaire. Il n'y a là non plus rien de mal, mais ce n'est pas le niveau auquel ils doivent être. Ils ne peuvent tout simplement pas tenir ce niveau. Et le peuple d'Israël aussi s'est laissé entraîner à la suite de ce ramassis (les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs), et le peuple d'Israël aussi est descendu et s'est mis à pleurer.
זָכַרְנוּ אֶת־הַדָּגָה אֲשֶׁר־נֹאכַל בְּמִצְרַיִם חִנָּם אֵת הַקִּשֻּׁאִים וְאֵת הָאֲבַטִּחִים וְאֶת־הֶחָצִיר וְאֶת־הַבְּצָלִים וְאֶת־הַשּׁוּמִים׃
zakhárnou et-haddagá acher-nokhál bemitsráyim 'hinnám et hakkichou'ím ve'ét ha'avatti'hím ve'et-he'hatsír ve'et-habbetsalím ve'et-hachoumím
5 Nous nous souvenons du poisson que nous mangions gratuitement en Égypte, des concombres, des pastèques, de la verdure, des oignons, de l'ail.
Quel menu varié, pourtant, le peuple avait en Égypte ! Tout ce dont on avait envie, il y avait de tout en abondance, et 'hinnám (gratuitement), comme ils disent. Bien que cela ait eu son prix : l'esclavage et un temps où chaque garçon juif était jeté dans le fleuve. Et néanmoins on a envie, on a envie d'y retourner, on a envie de vouloir, on a envie de retrouver la jeunesse, bien que ce fût difficile, on a envie de revenir en arrière, dans ce monde-là. Beaucoup de gens qui sont passés par des temps difficiles pour eux, la drogue ou quelque autre dépendance, ont parfois envie d'y retourner. Voilà, le peuple aussi en a eu envie.
וְעַתָּה נַפְשֵׁנוּ יְבֵשָׁה אֵין כֹּל בִּלְתִּי אֶל־הַמָּן עֵינֵינוּ׃
ve'attá nafchénou yevechá en kol biltí el-hammán enénou
6 Et ici notre âme s'est desséchée, et devant nos yeux il n'y a rien, hormis ce man ».
Il y a bien le man, il suffit, mais il n'y a que lui. Et on n'a apparemment pas faim, et on n'est pas sans vêtements, et nous avons tout, mais on a envie de vouloir.
וְהַמָּן כִּזְרַע־גַּד הוּא וְעֵינוֹ כְּעֵין הַבְּדֹלַח׃
vehammán kizra-gád hou ve'enó ke'én habbedolá'h
7 Et le man ressemble à la graine de coriandre, et il est comme de petits cristaux.
שָׁטוּ הָעָם וְלָקְטוּ וְטָחֲנוּ בָרֵחַיִם אוֹ דָכוּ בַּמְּדֹכָה וּבִשְּׁלוּ בַּפָּרוּר וְעָשׂוּ אֹתוֹ עֻגוֹת וְהָיָה טַעְמוֹ כְּטַעַם לְשַׁד הַשָּׁמֶן׃
chátou ha'ám velaketoú veta'hanoú vare'háyim o dakhoú bammedokhá ouvicheloú bapparoúr ve'assoú otó ougót vehayá ta'mó ketá'am lechád hachámen
8 Le peuple sortait et ils le ramassaient, et le moulaient aux meules ou le pilaient au mortier, et le faisaient bouillir dans des marmites ou le cuisaient au four, ils en faisaient des ougót. Et son goût était comme le goût de la crème grasse.
Le mot ougiyá signifie dans la langue moderne gâteau, ou quelque petit biscuit, c'est-à-dire que les Israélites faisaient avec le man quelque produit sucré cuit au four, ils obtenaient un produit laitier savoureux et gras. Et ici se voit déjà une certaine opposition entre le lait et la viande.
וּבְרֶדֶת הַטַּל עַל־הַמַּחֲנֶה לָיְלָה יֵרֵד הַמָּן עָלָיו׃
ouvrédet hattál al-hamma'hané láyla yeréd hammán aláv
9 Et quand la rosée descendait sur le camp de nuit, sur elle descendait le man.
Et le peuple s'est lassé de ce man, dont le goût est comme celui de la crème sucrée, et il a voulu de la viande.
וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה אֶת־הָעָם בֹּכֶה לְמִשְׁפְּחֹתָיו אִישׁ לְפֶתַח אָהֳלוֹ וַיִּחַר־אַף יְהוָה מְאֹד וּבְעֵינֵי מֹשֶׁה רָע׃
vayichmá moché et-ha'ám bokhé lemichpe'hotáv ich lefétah aholó vayi'har-áf adonáy me'ód ouv'ené moché ra
10 Et Moché entendit que le peuple pleurait selon ses familles, chacun à l'entrée de sa tente, et le SEIGNEUR s'irrita très fortement, et aux yeux de Moché cela devint mauvais.
Cela signifie que ce n'est plus un attroupement de gens qui est sorti pour un meeting et qui crie : « Vian-de ! Vian-de ! », non. Ce sont tous les gens, dont chacun est assis près de sa tente et chacun se plaint, chacun raconte ses malheurs, chacun est mécontent de quelque chose. Beaucoup-beaucoup-beaucoup de malheurs du peuple, toutes les plaintes se sont mêlées, et on n'a même plus besoin d'un meneur qui pousserait les gens à ce mécontentement, qui entretiendrait ces grognements. Chacun de son côté grogne déjà, tel est le degré de décomposition qui est survenu.
Il existe une notion telle que la crise de leadership, quand le leader propose un certain programme et que le peuple le rejette. Quand le plan que le leader voulait réaliser s'est avéré erroné et que le leader a entraîné le peuple dans une mauvaise situation. Cela entraîne la déception du leader envers lui-même, la déception du peuple envers le leader ou, comme ici, la déception du leader envers le peuple. Moché comprend que le peuple veut être à un niveau qu'il ne peut pas tenir, qu'il ne peut pas venir à bout de cette tâche, et Moché en éprouva de l'amertume. Il se sentit comme un homme sur qui on a fait peser une mission impossible.
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה לָמָה הֲרֵעֹתָ לְעַבְדֶּךָ וְלָמָּה לֹא־מָצָתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ לָשׂוּם אֶת־מַשָּׂא כָּל־הָעָם הַזֶּה עָלָי׃
vayomer moché el-adonáy lamá hare'óta le'avdékha velámma lo-matsáti 'hen be'enékha lasoúm et-massá kol-ha'ám hazzé aláy
11 Et Moché dit au SEIGNEUR : « Pourquoi as-Tu fait du mal à Ton serviteur, en quoi donc ne T'ai-je pas plu, que Tu aies mis le fardeau de tout ce peuple sur moi ? (pour quelle faute, en quoi ai-je tant failli ?)
C'est un langage poétique, par Ton serviteur Moché entend lui-même. « Pourquoi, SEIGNEUR, m'as-Tu fait du mal ? »
הֶאָנֹכִי הָרִיתִי אֵת כָּל־הָעָם הַזֶּה אִם־אָנֹכִי יְלִדְתִּיהוּ כִּי־תֹאמַר אֵלַי שָׂאֵהוּ בְחֵיקֶךָ כַּאֲשֶׁר יִשָּׂא הָאֹמֵן אֶת־הַיֹּנֵק עַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתָּ לַאֲבֹתָיו׃
he'anokhí haríti et kol-ha'ám hazzé im-anokhí yelidtíhou ki-tomár eláy sa'éhou ve'hekékha ka'achér yissá ha'omén et-hayonék al ha'adamá achér nichbá'ta la'avotáv
12 Est-ce moi qui ai conçu ce peuple ? Est-ce moi qui l'ai enfanté, pour que Tu me dises : « Porte-le dans ton sein, comme un éducateur porte un enfant, pour que je le fasse entrer dans la terre que Tu as promise à ses ancêtres ».
Moché voit en cela une punition : « Pour quelle faute as-Tu fait peser sur moi ce fardeau insupportable ? », c'est une honte pour lui.
מֵאַיִן לִי בָּשָׂר לָתֵת לְכָל־הָעָם הַזֶּה כִּי־יִבְכּוּ עָלַי לֵאמֹר תְּנָה־לָּנוּ בָשָׂר וְנֹאכֵלָה׃
me'áyin li bassár latét lekhol-ha'ám hazzé ki-yivkoú aláy lemór tena-lánou vassár venokhéla
13 D'où aurais-je de la viande pour en donner à tout ce peuple, pour qu'ils pleurent et me disent : « Donne-nous de la viande, et nous la mangerons ?
Cela ressemble beaucoup à la relation entre une mère et son enfant : le désir de la mère de nourrir l'enfant est plus grand que le désir de l'enfant de manger (nous parlons, bien sûr, d'une mère normale, saine, spirituelle). La mère aime nourrir l'enfant de lait, aime lui donner le sein. Et, en tirant un parallèle, on peut dire que Moché voulait l'élévation de ce peuple à un niveau spirituel plus haut davantage que ne le voulait le peuple lui-même. L'analogie avec le nourrisson est tout à fait pertinente, mais le peuple n'a pas voulu de lait, le peuple veut de la viande, et Moché, établi comme nourricier, ne peut pas donner de viande. Le peuple n'est pas encore à ce niveau-là, et Moché dit : « D'où aurais-je seulement de la viande ? Comment peut-on vouloir de moi de la viande ? » Et quand il dit que chacun pleure selon ses familles, alors ce n'est même plus un peuple uni qui pleure, parce que chacun a ses propres malheurs.
לֹא־אוּכַל אָנֹכִי לְבַדִּי לָשֵׂאת אֶת־כָּל־הָעָם הַזֶּה כִּי כָבֵד מִמֶּנִּי׃
lo-oukhál anokhí levaddí lassét et-kol-ha'ám hazzé ki khavéd mimménni
14 Je ne pourrai pas, moi seul, porter tout ce peuple, parce que c'est lourd, seul je n'y arrive pas.
וְאִם־כָּכָה אַתְּ־עֹשֶׂה לִּי הָרְגֵנִי נָא הָרֹג אִם־מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ וְאַל־אֶרְאֶה בְּרָעָתִי׃
ve'im-kákha att-ósse li horgéni na haróg im-matsáti 'hen be'enékha ve'al-er'é bera'atí
15 Si c'est ainsi que Tu agis envers moi, alors tue-moi. Tue-moi, si je Te plais, si Tu veux me faire une grâce, pour que je ne voie pas toutes ces souffrances qui sont les miennes ».
Moché dit ici une chose très terrible, cela nous transmet l'état de sa crise, toute la profondeur de sa crise : « Je ne veux pas d'une telle vie, je ne peux pas porter ce peuple moi-même ». Plusieurs problèmes ont surgi d'un coup. Le premier problème, c'est le peuple qui veut de la viande. Le peuple est descendu, il veut se révolter, mais le problème extérieur qui est exprimé – le peuple veut de la viande. Le deuxième problème, c'est le problème de Moché, le problème du leader, qui dit : « Je ne peux pas porter seul ce peuple ». Par quel problème le Très-Haut va commencer à résoudre la question ? Peut-être qu'Il entendra la demande de Moché et le tuera, ou y aura-t-il une autre solution ?
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה אֶסְפָה־לִּי שִׁבְעִים אִישׁ מִזִּקְנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יָדַעְתָּ כִּי־הֵם זִקְנֵי הָעָם וְשֹׁטְרָיו וְלָקַחְתָּ אֹתָם אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד וְהִתְיַצְּבוּ שָׁם עִמָּךְ׃
vayomer adonáy el-moché esfa-lí chiv'ím ich mizzikné yisraél achér yadá'ta ki-hém zikné ha'ám vechoteráv velaka'htá otám el-óhel mo'éd vehit'yattsevoú cham immákh
16 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Rassemble-Moi soixante-dix hommes du peuple d'Israël, dont tu sais qu'ils sont les anciens du peuple et ses gardiens (c'est-à-dire qu'ils jouissent d'autorité dans le peuple), et prends-les à la Tente d'assignation, et qu'ils se tiennent là avec toi.
Remarquons l'ordre du Très-Haut, le mot esfá-li (rassemble-Moi). En réponse à l'assafsoúf rassemblement des rassemblements, ramassis, qui s'est rassemblé et sème le trouble, on lui oppose un autre rassemblement, qui soutiendra le peuple, qui travaillera dans une tout autre direction. Ce n'est pas un renforcement de Moché, pas une quelconque assistance à Moché, pas un affermissement de son pouvoir – c'est un changement de l'état spirituel du peuple par le fait de jeter dans le bocal de la marinade populaire un bacille de bien et de sainteté.
Et ensuite le Très-Haut dit :
וְיָרַדְתִּי וְדִבַּרְתִּי עִמְּךָ שָׁם וְאָצַלְתִּי מִן־הָרוּחַ אֲשֶׁר עָלֶיךָ וְשַׂמְתִּי עֲלֵיהֶם וְנָשְׂאוּ אִתְּךָ בְּמַשָּׂא הָעָם וְלֹא־תִשָּׂא אַתָּה לְבַדֶּךָ׃
veyaradtí vedibbartí immekhá cham ve'atsaltí min-haroúa'h achér alékha vesamtí alehém venasseoú ittekhá bemassá ha'ám velo-tissá attá levaddékha
17 Je descendrai et parlerai avec toi là, et prendrai de l'esprit qui est sur toi, et le poserai sur eux, et ils porteront avec toi le fardeau du peuple, et tu ne le porteras pas seul ».
Ce n'est pas un affermissement du pouvoir, c'est un affermissement de la sainteté, de Moché-homme on fait Moché-collectif. Par opposition au ramassis qui s'est rassemblé et est devenu une bande, désormais Moché aussi aura une bande, mais ce n'est pas une bande sous la direction de Moché, c'est une bande faite de Moché.
וְאֶל־הָעָם תֹּאמַר הִתְקַדְּשׁוּ לְמָחָר וַאֲכַלְתֶּם בָּשָׂר כִּי בְּכִיתֶם בְּאָזְנֵי יְהוָה לֵאמֹר מִי יַאֲכִלֵנוּ בָּשָׂר כִּי־טוֹב לָנוּ בְּמִצְרָיִם וְנָתַן יְהוָה לָכֶם בָּשָׂר וַאֲכַלְתֶּם׃
ve'el-ha'ám tomár hitkaddechoú lema'hár va'akhaltém bassár ki bekhitém be'ozné adonáy lemór mi ya'akhilénou bassár ki-tóv lánou bemitsráyim venatán adonáy lakhém bassár va'akhaltém
18 Et au peuple, dis : « Sanctifiez-vous pour demain, et vous mangerez de la viande, car vous avez pleuré aux oreilles du Très-Haut, en disant : “Qui nous nourrira de viande ? Et comme nous étions bien en Égypte !” Et le SEIGNEUR vous donnera de la viande, et vous la mangerez.
לֹא יוֹם אֶחָד תֹּאכְלוּן וְלֹא יוֹמָיִם וְלֹא חֲמִשָּׁה יָמִים וְלֹא עֲשָׂרָה יָמִים וְלֹא עֶשְׂרִים יוֹם׃
lo yom e'hád tokheloún veló yomáyim veló 'hamichá yamím veló assará yamím veló esrím yom
19 Vous ne la mangerez pas un jour, et pas deux jours, et pas cinq jours, et pas dix jours, et pas vingt jours,
עַד חֹדֶשׁ יָמִים עַד אֲשֶׁר־יֵצֵא מֵאַפְּכֶם וְהָיָה לָכֶם לְזָרָא יַעַן כִּי־מְאַסְתֶּם אֶת־יְהוָה אֲשֶׁר בְּקִרְבְּכֶם וַתִּבְכּוּ לְפָנָיו לֵאמֹר לָמָּה זֶּה יָצָאנוּ מִמִּצְרָיִם׃
ad 'hódech yamím ad acher-yetsé me'appekhém vehayá lakhém lezará yá'an ki-me'astém et-adonáy achér bekirbekhém vattivkoú lefanáv lemór lámma ze yatsánou mimmitsráyim
20 Mais trente jours, jusqu'à ce qu'elle vous sorte par les narines et vous devienne répugnante, parce que vous avez méprisé, vous avez dédaigné Dieu, Qui est au milieu de vous, et vous avez pleuré devant Lui, en disant : “Pourquoi donc sommes-nous sortis d'Égypte ?”
Telle est la promesse que le Très-Haut donne à Moché. Comment réagit Moché ?
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה שֵׁשׁ־מֵאוֹת אֶלֶף רַגְלִי הָעָם אֲשֶׁר אָנֹכִי בְּקִרְבּוֹ וְאַתָּה אָמַרְתָּ בָּשָׂר אֶתֵּן לָהֶם וְאָכְלוּ חֹדֶשׁ יָמִים׃
vayomer moché chech-meót élef raglí ha'ám achér anokhí bekirbó ve'attá amárta bassár ettén lahém ve'akheloú 'hódech yamím
21 Et Moché dit : « Six cent mille hommes du peuple, au milieu duquel je suis, et Tu as dit : “Je leur donnerai de la viande, et ils mangeront tout un mois ?”
הֲצֹאן וּבָקָר יִשָּׁחֵט לָהֶם וּמָצָא לָהֶם אִם אֶת־כָּל־דְּגֵי הַיָּם יֵאָסֵף לָהֶם וּמָצָא לָהֶם׃
hatsón ouvakár yicha'hét lahém oumatsá lahém im et-kol-degé hayám ye'asséf lahém oumatsá lahém
22 Peut-être égorgeras-tu pour eux le petit et le gros bétail, et rassembleras-tu (tireras-tu) pour eux tous les poissons de la mer ? »
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הֲיַד יְהוָה תִּקְצָר עַתָּה תִרְאֶה הֲיִקְרְךָ דְבָרִי אִם־לֹא׃
vayomer adonáy el-moché hayád adonáy tiktsár attá tir'é hayikrekhá devarí im-ló
23 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « La main du SEIGNEUR est-elle courte ? Maintenant tu verras si cela t'arrivera ou non ».
Un dialogue très étrange. Moché ne connaît-il donc pas la grandeur et la puissance du Très-Haut ? Ne lui est-il donc pas révélé que le Très-Haut peut donner au peuple de la viande et pour un mois, et pour un an, et pour toute la vie à venir ? De quoi doute Moché ? Du processus d'éducation. Moché dit en quelque sorte : « D'abord donne-leur de la viande, ensuite ils demanderont encore autre chose, ensuite du poisson, ensuite du caviar, ensuite des sandwichs, ensuite un bain de champagne – on ne peut pas les contenter. S'ils se sont engagés sur la voie d'une telle chicane et d'un tel mécontentement, alors les nourrir de viande pendant un mois, c'est bien sûr bien, mais que se passera-t-il après le mois ? » Et la réponse du Très-Haut peut s'interpréter ainsi : « Penses-tu vraiment que Mes bras sont trop courts pour les éduquer ? Tu verras que tout réussira ! » C'est l'une des compréhensions du sens littéral, on peut y voir un élément éducatif. Mais, bien sûr, on peut comprendre aussi comme si Moché avait douté de la toute-puissance du Très-Haut, et le Très-Haut lui a rappelé qu'Il est l'Omnipotent.
וַיֵּצֵא מֹשֶׁה וַיְדַבֵּר אֶל־הָעָם אֵת דִּבְרֵי יְהוָה וַיֶּאֱסֹף שִׁבְעִים אִישׁ מִזִּקְנֵי הָעָם וַיַּעֲמֵד אֹתָם סְבִיבֹת הָאֹהֶל׃
vayetsé moché vaydabbér el-ha'ám et divré adonáy vaye'essóf chiv'ím ich mizzikné ha'ám vaya'améd otám sevivót ha'óhel
24 Et Moché sortit, et redit au peuple la parole du SEIGNEUR, et rassembla soixante-dix hommes parmi les vieillards du peuple, et se tint avec eux autour de la Tente.
וַיֵּרֶד יְהוָה בֶּעָנָן וַיְדַבֵּר אֵלָיו וַיָּאצֶל מִן־הָרוּחַ אֲשֶׁר עָלָיו וַיִּתֵּן עַל־שִׁבְעִים אִישׁ הַזְּקֵנִים וַיְהִי כְּנוֹחַ עֲלֵיהֶם הָרוּחַ וַיִּתְנַבְּאוּ וְלֹא יָסָפוּ׃
vayéred adonáy be'anán vaydabbér eláv vayátsel min-haroúa'h achér aláv vayittén al-chiv'ím ich hazzekením vayhí kenóa'h alehém haroúa'h vayitnabbeoú veló yassáfou
25 Et le SEIGNEUR descendit dans la nuée, et parla avec lui, et prit de l'esprit qui était sur lui, et le mit sur les soixante-dix anciens. Et il arriva, lorsque l'esprit descendit sur eux, qu'ils prophétisèrent, et ne prophétisèrent plus jamais.
Comment cela et qu'est-ce que c'est – c'est difficile à comprendre, mais, très probablement, c'est un tel geste visible, manifeste – le fait de doter des hommes de l'esprit de Moché, de les doter de la mission de Moché. C'est-à-dire qu'à ce moment-là ils ont compris qu'ils étaient dotés de l'esprit de Moché, et, selon la première compréhension, cet esprit est resté avec eux. La deuxième compréhension, et elle est, très probablement, plus juste : et ils n'ont plus eu besoin de recevoir cet esprit, ils ont reçu aussitôt l'esprit de prophétie, et se sont dispersés.
וַיִּשָּׁאֲרוּ שְׁנֵי־אֲנָשִׁים בַּמַּחֲנֶה שֵׁם הָאֶחָד אֶלְדָּד וְשֵׁם הַשֵּׁנִי מֵידָד וַתָּנַח עֲלֵיהֶם הָרוּחַ וְהֵמָּה בַּכְּתֻבִים וְלֹא יָצְאוּ הָאֹהֱלָה וַיִּתְנַבְּאוּ בַּמַּחֲנֶה׃
vayicha'aroú chené-anachím bamma'hané chem ha'e'hád eldád vechém hachení medád vattána'h alehém haroúa'h vehémma bakketouvím veló yatseoú ha'óhela vayitnabbeoú bamma'hané
26 Et il resta dans le camp deux hommes : l'un s'appelle Eldad, et le second s'appelle Meïdad, et sur eux aussi descendit l'esprit, car ils étaient inscrits (pour ce rassemblement chez Moché), et ils ne s'approchèrent pas de la Tente, et se mirent à prophétiser dans le camp.
C'est-à-dire que, bien qu'ils n'aient pas été présents lors de toute cette procédure près de la Tente, ils se sont mis à prophétiser dans le camp, l'esprit est descendu sur eux aussi. Les commentateurs disent qu'ils ne sont pas allés à la Tente parce qu'ils ont pensé : « Ce n'est pas pour nous, nous ne sommes pas dignes d'aller être consacrés anciens, ce n'est pas pour nous d'être des dirigeants ! », et par modestie ils ne sont pas sortis. Et, très probablement, cela montre que toute cette procédure, toute cette cérémonie était démonstrative, pour montrer au peuple le fait même de la descente de l'esprit.
וַיָּרָץ הַנַּעַר וַיַּגֵּד לְמֹשֶׁה וַיֹּאמַר אֶלְדָּד וּמֵידָד מִתְנַבְּאִים בַּמַּחֲנֶה׃
vayárots hanná'ar vayaggéd lemoché vayomár eldád oumedád mitnabbe'ím bamma'hané
27 Et le gamin courut, et dit à Moché : « Eldad et Meïdad prophétisent dans le camp ! »
C'est-à-dire que quelqu'un s'est mis à prophétiser sans l'autorisation de Moché. Peut-être est-ce une mutinerie à bord ? Peut-être sont-ce des actions d'opposition quelconques, et il faut d'urgence en faire rapport à Moché, parce que – c'est le désordre ? Et c'est pourquoi le garçon a couru d'urgence vers Moché et s'est mis à lui crier : « Eldad et Meïdad prophétisent dans le camp ! Tout le monde sur le pont ! Peut-être faut-il les prendre ? »
וַיַּעַן יְהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן מְשָׁרֵת מֹשֶׁה מִבְּחֻרָיו וַיֹּאמַר אֲדֹנִי מֹשֶׁה כְּלָאֵם׃
vayá'an yehochoúa bin-noún mecharét moché mibbe'houráv vayomár adoní moché kela'ém
28 Et Yéhochoua ben Noun, l'aide de Moché d'entre ses gens, dit, en disant : « Mon seigneur, Moché, arrête-les ! »
Et cela peut se comprendre aussi autrement. Certains commentateurs essaient d'adoucir cette phrase et disent que Yéhochoua a dit : « Moché, charge-les de travail, donne-leur une tâche quelconque, pour qu'ils ne prophétisent pas ici dans nos pattes, parce que chez nous ici il n'y a qu'un seul prophète – c'est toi ».
וַיֹּאמֶר לוֹ מֹשֶׁה הַמְקַנֵּא אַתָּה לִי וּמִי יִתֵּן כָּל־עַם יְהוָה נְבִיאִים כִּי־יִתֵּן יְהוָה אֶת־רוּחוֹ עֲלֵיהֶם׃
vayomer lo moché hamkanné attá li oumí yittén kol-ám adonáy nevi'ím ki-yittén adonáy et-rou'hó alehém
29 Et Moché lui dit : « Quoi, tu es jaloux pour moi ? (tu t'inquiètes pour mon monopole sur les prophéties ?) Qui donnerait que tout le peuple de Dieu prophétise, que le SEIGNEUR donne Son esprit sur tous !
Dans ce comportement de Moché, nous voyons justement la confirmation de ce que nous avons déjà dit : il ne s'agit pas d'un affermissement du pouvoir et de l'autorité de Moché, qui s'appuierait encore sur soixante-dix anciens. Il s'agit d'un renforcement, d'un élargissement du canal par lequel l'esprit de Dieu agira dans le peuple. C'est pourquoi le fait que deux hommes prophétisent sans, disons, licence – c'est bien, parce que c'est l'action de l'esprit de Dieu dans le peuple, cela renforce la présence de Dieu dans le peuple.
וַיֵּאָסֵף מֹשֶׁה אֶל־הַמַּחֲנֶה הוּא וְזִקְנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vaye'asséf moché el-hamma'hané hou vezikné yisraél
30 Et Moché s'en alla (se rassembla) au camp avec les anciens d'Israël.
Nous voyons de nouveau le mot vaye'asséf (et se rassembla). À travers ce rassemblement des anciens, le peuple d'Israël reçoit un organe de direction unique, auquel se joint Moché. Par opposition au ramassis, à la bande armée illégale, a été créé un puissant noyau social de ceux qui sèmeront dans le peuple ce qui est saint.
וְרוּחַ נָסַע מֵאֵת יְהוָה וַיָּגָז שַׂלְוִים מִן־הַיָּם וַיִּטֹּשׁ עַל־הַמַּחֲנֶה כְּדֶרֶךְ יוֹם כֹּה וּכְדֶרֶךְ יוֹם כֹּה סְבִיבוֹת הַמַּחֲנֶה וּכְאַמָּתַיִם עַל־פְּנֵי הָאָרֶץ׃
veroúa'h nassá me'ét adonáy vayágoz salvím min-hayám vayittóch al-hamma'hané kedérekh yom ko oukhdérekh yom ko sevivót hamma'hané oukh'ammatáyim al-pené ha'árets
31 Et un vent souffla de la part du SEIGNEUR, et apporta des cailles de la mer, et les étendit autour du camp, à une distance d'une journée de chemin de tous côtés, en une couche de deux coudées d'épaisseur (c'est-à-dire d'un mètre) au-dessus de la terre.
Souvent les cailles se gavent pendant l'hiver, engraissent, il leur devient difficile de voler. Parfois, si le vent les frappe fortement, elles tombent épuisées à terre. Bien entendu, pas en de telles quantités, et, bien entendu, le SEIGNEUR a ici amplifié ce phénomène. Et le peuple a reçu, comme il le voulait, de la viande de volaille diététique, celle de cailles savoureuses et juteuses.
וַיָּקָם הָעָם כָּל־הַיּוֹם הַהוּא וְכָל־הַלַּיְלָה וְכֹל יוֹם הַמָּחֳרָת וַיַּאַסְפוּ אֶת־הַשְּׂלָו הַמַּמְעִיט אָסַף עֲשָׂרָה חֳמָרִים וַיִּשְׁטְחוּ לָהֶם שָׁטוֹחַ סְבִיבוֹת הַמַּחֲנֶה׃
vayákom ha'ám kol-hayom hahoú vekhol-halláyla vekhól yom hamma'horát vaya'asfoú et-hasseláv hammam'ít assáf assará 'homarím vayichte'hoú lahém chatóa'h sevivót hamma'hané
32 Et le peuple se leva tout ce jour-là, et toute la nuit, et tout le jour suivant, et ils rassemblèrent les cailles. Et le plus modeste en rassembla dix mesures (omers), et ils les étendirent autour du camp.
הַבָּשָׂר עוֹדֶנּוּ בֵּין שִׁנֵּיהֶם טֶרֶם יִכָּרֵת וְאַף יְהוָה חָרָה בָעָם וַיַּךְ יְהוָה בָּעָם מַכָּה רַבָּה מְאֹד׃
habbassár odénnou ben chinnehém térem yikkarét ve'áf adonáy 'hará va'ám vayákh adonáy ba'ám makká rabbá me'ód
33 Et la viande était encore entre leurs dents, pas encore retirée, que la colère du SEIGNEUR éclata contre le peuple, et le SEIGNEUR frappa le peuple d'un coup très violent.
וַיִּקְרָא אֶת־שֵׁם־הַמָּקוֹם הַהוּא קִבְרוֹת הַתַּאֲוָה כִּי־שָׁם קָבְרוּ אֶת־הָעָם הַמִּתְאַוִּים׃
vayikrá et-chem-hammakóm hahoú kivrót hatta'avá ki-chám kaveroú et-ha'ám hammit'avvím
34 Et ce lieu fut appelé Kivrot-hatta'ava (Tombeaux de la convoitise), parce que là le peuple enterrait ceux qui convoitaient.
מִקִּבְרוֹת הַתַּאֲוָה נָסְעוּ הָעָם חֲצֵרוֹת וַיִּהְיוּ בַּחֲצֵרוֹת׃
mikkivrót hatta'avá nasseoú ha'ám 'hatserót vayihyoú ba'hatserót
35 De Kivrot-hata'ava le peuple passa au lieu appelé 'Hatserot, et ils furent à 'Hatserot.
Voilà donc quelle histoire étonnante et terrible est racontée dans notre section.
Cherchez la femme
Bémidbar 12,1–16
Avec l'aide de Dieu, nous allons lire, vous et moi, le mystérieux chapitre 12 du livre de Bémidbar, de la section hebdomadaire Béhaalotékha. Il commence par une histoire étonnante et incompréhensible, vraiment mystérieuse, sur laquelle une multitude de commentaires ont été écrits, et tous ces commentaires n'ont finalement pas donné de réponse définitive et n'ont pas créé de tableau clair. Néanmoins, que serions-nous donc, si nous n'essayions pas de comprendre ce qui est écrit dans les trois premiers versets du chapitre, ce que la Torah nous raconte ? Et peut-être essaierons-nous même de répondre à la question : pourquoi la Torah parle-t-elle soudain un langage si embrouillé ?
Commençons par le premier verset.
וַתְּדַבֵּר מִרְיָם וְאַהֲרֹן בְּמֹשֶׁה עַל־אֹדוֹת הָאִשָּׁה הַכֻּשִׁית אֲשֶׁר לָקָח כִּי־אִשָּׁה כֻשִׁית לָקָח׃
vattedabbér miryám ve'aharón bemoché al-odót ha'ichá hakkouchít achér laká'h ki-ichá khouchít laká'h
1 Et Miryam parla avec Aharon de Moché au sujet de la femme kouchite (une femme à la peau sombre) qu'il avait prise, parce qu'il avait pris une épouse kouchite.
וַיֹּאמְרוּ הֲרַק אַךְ־בְּמֹשֶׁה דִּבֶּר יְהוָה הֲלֹא גַּם־בָּנוּ דִבֵּר וַיִּשְׁמַע יְהוָה׃
vayomeroú harák akh-bemoché dibbér adonáy haló gam-bánou dibbér vayichmá adonáy
2 Et ils disaient : « Est-ce seulement par Moché que le SEIGNEUR a parlé ? Par nous aussi Il a parlé ! » Et le SEIGNEUR entendit cette conversation qu'ils avaient.
וְהָאִישׁ מֹשֶׁה עָנוֹ (עָנָיו) מְאֹד מִכֹּל הָאָדָם אֲשֶׁר עַל־פְּנֵי הָאֲדָמָה׃
veha'ích moché anáv me'ód mikkól ha'adám achér al-pené ha'adamá
3 Or Moché est un homme très humble, plus humble que tout homme qui est sur la terre.
Voilà donc ces trois versets, et on ne comprend pas du tout ce qui se passe ici. Rachi, l'un des commentateurs les plus connus, à la suite des sages du Talmud, interprète cela selon la méthode du drach : sans expliquer le sens simple, il tire une certaine conclusion de l'ensemble du texte. Et il dit que Moché, apparemment sur l'ordre personnel du Très-Haut, s'était écarté de sa femme Tsippora, lui avait donné en secret un guet (acte de divorce), avait divorcé d'elle et s'était éloigné d'elle. Qu'a-t-il pu se passer lors de la cérémonie où les soixante-dix anciens recevaient l'esprit de Moché ? Dessinons ce tableau. Miryam et Tsippora, deux belles-sœurs, se tenaient ensemble et observaient tout ce qui se passait. Et Tsippora, bouleversée, ne put se retenir et dit : « Oh, les pauvres femmes de ces hommes, les pauvres femmes de ces hommes ». Miryam la regarda avec étonnement et demanda : « Qu'est-ce que tu as ? Pourquoi donc seraient-elles à plaindre, puisque leurs maris reçoivent un esprit si élevé ?! » Tsippora dit : « Maintenant leurs maris vont s'écarter d'elles, s'éloigner d'elles, et qu'importe quel esprit ils ont ? » Et Miryam, étonnée, continua à demander : « Alors quoi, attends, Moché, quoi, s'est éloigné de toi ? » Et là Tsippora baissa les yeux à terre, Miryam en tira des conclusions et alla parler avec Aharon : « Moché est-il donc le seul prophète ? Nous aussi nous prophétisons, et par nous aussi le SEIGNEUR a parlé, mais moi, je ne me suis pas écartée de mon mari, toi, tu ne t'es pas écarté de ta femme. Pourquoi donc Moché s'est-il écarté ? » C'est ainsi que cette indignation de Miryam est interprétée dans le Talmud et par les commentateurs classiques. Et cette conversation, le SEIGNEUR l'entendit, et il est aussitôt dit que Moché est le plus humble des hommes, il a simplement écouté Dieu et a fait comme Dieu avait dit. Je le répète : c'est la compréhension classique la plus répandue de cette histoire.
Pourquoi cette compréhension est-elle si ambiguë ? Parce qu'il est écrit ici il avait pris une épouse kouchite. Que vient faire ici Tsippora ? Pourquoi rappeler qu'autrefois Moché a pris une épouse et, enfin, pourquoi écrire il avait pris une épouse, alors qu'il a divorcé de sa femme ? À ce désaccord fait allusion le petit-fils de Rachi, Rachbam, qui dit : « Non, cela ne s'est pas passé ainsi, pas du tout ainsi. Il y a longtemps, quand Moché s'est enfui d'Égypte, selon la chronique de la vie de Moché (c'est un midrach légendaire médiéval, que Rachbam prend au sérieux), Moché régnait au pays de Kouch (l'Éthiopie) et y prit une épouse éthiopienne. Et pas simplement une Éthiopienne, bien sûr, mais la reine éthiopienne. Il l'amena et l'emmenait partout avec lui, et voilà que maintenant Miryam et Aharon se mirent à dire : “Pourquoi donc a-t-il pris une épouse éthiopienne ? Pourquoi l'a-t-il prise ? Peut-être, en tant que prophète, s'est-il permis de prendre une reine pour épouse ? Eh bien, nous aussi, nous avons prophétisé” ». Et de nouveau survient une indignation contre l'acte de Moché.
Cette compréhension de Rachbam diffère de la classique, mais elle aussi est difficile à accepter. Premièrement, parce que la source elle-même sur la façon dont Moché régna en Éthiopie, c'est un midrach médiéval, en fait, un essai médiéval, une fantaisie sur le thème d'une partie inconnue de la vie de Moché. Ce genre de composition connu s'est répandu au Moyen Âge et a été en partie perçu comme une source historique. C'est ainsi que l'a compris Rachbam, bien que l'auteur n'ait pas eu une telle intention, l'auteur ne le faisait pas non plus passer pour quelque révélation. Nous n'avons en réalité pas de sources sérieuses et faisant autorité sur le fait que Moché ait épousé une reine éthiopienne.
Il existe encore une compréhension (mentionnons-la entre parenthèses), selon laquelle il faut lire le premier verset un peu autrement : « Et Miryam parla avec Aharon de Moché à cause de la femme kouchite qu'il avait prise ». Le mot al-odót, qui est employé ici, on le traduit habituellement par de (au sujet de), mais on peut le traduire aussi par à cause de. Et alors on peut comprendre que c'est Aharon qui avait pris la femme kouchite. Et que s'est-il passé ? La femme kouchite (en tant que femme étrangère) vint d'abord chez Miryam et ourdit une telle intrigue, en disant : « Regarde, Moché ne nous a pas appelés à cette cérémonie où tous ont été dotés de l'esprit. Est-ce seulement son esprit qu'il fallait distribuer ? Notre esprit aussi, il fallait le distribuer. Pourquoi toi et Aharon êtes-vous restés sur la touche ? Pourquoi ne t'a-t-on pas invitée ? Pourquoi l'esprit de Moché se multiplie-t-il, et l'esprit d'Aharon ne se multiplie-t-il pas ? Ton frère t'a menée en bateau ». Et, cédant à cette indignation féminine (selon cette opinion), Miryam alla parler avec Aharon.
Il existe aussi une autre variante de compréhension, et je pense qu'on peut s'arrêter sur cette variante : Moché a réellement pris une épouse kouchite, a pris pour épouse une femme à la peau sombre. Pourquoi a-t-il pu faire cela ? Les raisons peuvent être plusieurs. Avant tout, la raison la plus simple – il a voulu se marier et il s'est marié. Cette Kouchite lui a plu, il est tombé amoureux d'elle, et pourquoi ne pas l'épouser ? Une autre raison – si quelqu'un d'un statut aussi élevé que Moché ne l'épouse pas, alors personne ne l'épousera. Moché est un modèle pour tout le peuple, et la femme qu'épouse Moché, une femme d'une autre couleur de peau, qui s'est jointe au peuple, sera perçue comme une égale. Et Moché a montré l'exemple qu'il vaut la peine d'abolir les questions de statut dans les mariages. Dans quelle mesure Moché a réussi à le faire, c'est difficile à dire, parce que le problème du statut dans les mariages reste actuel aujourd'hui encore – et parmi les Juifs, et parmi les chrétiens croyants. C'est souvent ainsi chez les peuples à l'histoire ancienne, au mode de vie traditionnel. On peut toujours dire : « Pourquoi nous as-tu amené une Biélorusse dans une maison ukrainienne, une Arménienne – dans une maison géorgienne, une Tadjike – dans une maison ouzbèke », les variantes sont innombrables. Malheureusement, les questions de statut, la fixation nationale des mariages existent encore. Parfois c'est approprié, mais je ne vais pas me lancer dans des philosophies à ce sujet. Il est important de comprendre qu'Israël est un tout uni, et il est important d'avoir de Moché le témoignage qu'Israël est un tout uni. C'est une leçon très importante pour tous.
Rappelons-nous que Miryam et Aharon, ce ne sont pas simplement des collègues de Moché, c'est bien la famille de Moché. En leur temps, leurs parents ont mis au monde trois enfants, et tous les trois sont prophètes. La famille la plus réussie, l'alliance la plus réussie de l'histoire juive : les trois enfants sont devenus prophètes, chefs en Israël. Et voilà que Moché amène dans la famille on ne sait qui : « Pourquoi ne nous a-t-il pas consultés, pourquoi a-t-il décidé à lui seul d'amener une Éthiopienne non seulement dans sa famille à lui, mais dans notre grande famille, dans une famille où il y a le frère aîné Aharon, la sœur aînée Miryam. Et moi, je me souviens de ce Moché, déjà quand il flottait sur la rivière et que je courais après lui. Et que lui serait-il arrivé si je n'avais pas parlé alors à la princesse égyptienne de la nourrice juive, pour que, à Dieu ne plaise, aucune Égyptienne ne puisse dire de lui : “Ce sont mes seins qui l'ont nourri”. Nous lui avons assuré la vie chez nous à la maison, nous y avons tant investi, et maintenant il a traîné dans la famille une Éthiopienne ». Et cela peut vraiment être un motif d'indignation : « Non seulement il se discrédite et se déshonore lui-même par cette mésalliance, mais aussi toute notre noble famille ».
Quoi qu'il en soit, nous voyons que les opinions et les positions à ce sujet sont très nombreuses, et on a envie de demander : « Pourquoi la Torah n'a-t-elle pas écrit clairement ce qui se passait là ? » On aurait pu décrire nettement ce qu'a fait Moché et ce qui n'a pas plu à Miryam et Aharon, et nous n'en discuterions pas pendant de nombreux siècles, comme en discutent les sages. Toute l'affaire est que ce qui est discuté ici, ce n'est pas l'acte de Moché à proprement parler. Ce qui est discuté ici, c'est la tentative de pénétrer sur le territoire personnel : s'immiscer dans la vie personnelle du leader, raisonner sur la vie personnelle du chef. Et, à proprement parler, l'histoire ne porte pas sur la vie familiale de Moché, mais sur le lachon hara (la médisance). Il ne faut pas comprendre cela comme si la Torah était contre la critique. La Torah est contre la critique dans le dos. Quand on ne critique pas en face, la critique devient médisance. C'est pourquoi la Torah témoigne que Moché a agi humblement, il n'a suivi aucune de ses convoitises. Le SEIGNEUR a entendu la conversation de Miryam et Aharon, et, bien qu'ils aient parlé entre eux, Il n'a pas voulu permettre la médisance dans la famille.
Dans les sources juives, nous lisons de très nombreuses histoires sur la médisance à l'égard de Moché, sur la médisance à l'égard d'Aharon. Il existe un exposé très intéressant de cette critique par Rabbi Naftali de Ropshitz, qui vécut au XVIIIe siècle. Il interprétait ainsi : « Comme il est écrit dans le livre de Téhillim (106,16) : “Et ils furent jaloux contre Moché dans le camp et contre Aharon, le saint du SEIGNEUR”. Moché était enclin à la solitude, comme il est écrit : “Et Moché prit et se dressa la Tente hors du camp, loin du camp (c'est dans le livre de Chémot), et il s'éloignait des gens”. Chez Aharon, c'était autre chose, d'Aharon il est dit qu'il recherche la paix, qu'il aspire à la paix. Mais telle est la nature du peuple, qu'en tout temps on trouvera une raison de s'en prendre à un grand homme qui se distingue du peuple. On était jaloux contre Moché parce qu'il se sépare du peuple, et on le blâmait parce qu'il s'éloigne de la fréquentation des gens. Et contre Aharon on se soulevait parce qu'il se mêle des affaires du peuple, en disant : “Il ne convient pas à un homme d'un tel niveau de se conduire ainsi, mais de s'éloigner des gens en gardant la sainteté” ».
Et Yéchoua aussi parlait de Lui-même et de Yo'hanan l'Immergeur, que voici, Yo'hanan est venu et vit comme un ermite, et ne prend pas part aux plaisirs de ce monde, et on le critique ; et le Fils de l'Homme est venu, il mange et boit, et on dit qu'il aime manger et boire du vin, ami des publicains et des pécheurs. Et cette histoire se répète constamment, il y a constamment de la critique à l'adresse des chefs, un dénigrement constant à l'adresse des gens remarquables.
Dans le Talmud de Jérusalem, il y a une histoire sur la façon dont le peuple regardait Moché qui allait à la Tente, et ils disaient : « Regardez quelles joues Moché s'est faites en mangeant, regardez quelles cuisses Moché s'est faites en mangeant. Tout ce qu'il s'est fait en mangeant, il l'a mangé sur le dos des Juifs, c'est avec la nourriture juive qu'il a prospéré ». La médisance était abondante, et les midrachim en parlent. D'ailleurs, on la voit aussi dans le texte de la Torah, quand le peuple vient vers Moché avec diverses réclamations. Mais ici la question est que dans la famille prophétique, dans la famille d'Israël qui sert le plus fidèlement, apparaissent la discorde et la médisance entre les serviteurs. Le SEIGNEUR l'entend et ne laisse pas cela se développer.
וַיֹּאמֶר יְהוָה פִּתְאֹם אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן וְאֶל־מִרְיָם צְאוּ שְׁלָשְׁתְּכֶם אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד וַיֵּצְאוּ שְׁלָשְׁתָּם׃
vayomer adonáy pit'óm el-moché ve'el-aharón ve'el-miryám tse'oú chelochtekhém el-óhel mo'éd vayetse'oú chelochtám
4 Et le SEIGNEUR dit soudain à Moché, à Aharon et à Miryam : « Sortez immédiatement tous les trois vers la Tente d'assignation ». Et ils sortirent tous les trois.
Un événement très intéressant peut se produire dans la vie d'un homme, lorsque soudain le Metteur en scène lui dit : « Stop, sors donc vers la Tente ». D'habitude le Metteur en scène n'est pas visible et n'intervient pas, et on peut se permettre de parler, de critiquer, de faire des bêtises ou des choses intelligentes, de bonnes actions ou de mauvaises. Et soudain le Metteur en scène dit : « Sortez ici pour le débriefing des vols ».
D'un côté, c'est une immense grâce, lorsque le Très-Haut parle ainsi soudain (pit'óm), et d'un autre côté, le cœur peut s'arrêter de cette apparition inattendue du Metteur en scène. Et quelle disponibilité, quelle humilité il faut avoir pour, à tout moment, même dans l'impureté, comme Miryam et comme, peut-être, Aharon, sortir vers cette voix qui a retenti soudain, être prêt à l'entendre et à obéir.
וַיֵּרֶד יְהוָה בְּעַמּוּד עָנָן וַיַּעֲמֹד פֶּתַח הָאֹהֶל וַיִּקְרָא אַהֲרֹן וּמִרְיָם וַיֵּצְאוּ שְׁנֵיהֶם׃
vayéred adonáy be'ammoúd anán vaya'amód péta'h ha'óhel vayikrá aharón oumiryám vayetse'oú chenehém
5 Et le SEIGNEUR descendit dans la colonne de nuée, et se tint à l'entrée de la Tente, et appela Aharon et Miryam, et ils sortirent tous les deux.
La colonne de nuée descendit et dit : « Aharon, Miryam, sortir des rangs ! » Et Aharon et Miryam sortirent des rangs.
וַיֹּאמֶר שִׁמְעוּ־נָא דְבָרָי אִם־יִהְיֶה נְבִיאֲכֶם יְהוָה בַּמַּרְאָה אֵלָיו אֶתְוַדָּע בַּחֲלוֹם אֲדַבֶּר־בּוֹ׃
vayomer chim'ou-ná devaráy im-yihyé nevi'akhém adonáy bammar'á eláv etvaddá ba'halóm adabber-bó
6 Et Il leur dit : « Écoutez Mes paroles ! S'il y a parmi vous quelqu'un qui prophétise pour le SEIGNEUR, cela veut dire que Je Lui apparaîtrai dans des visions, en songe Je parlerai avec lui.
Dieu parle ici du niveau maximal de prophétie, ouvert à tous, à l'exception de Moché. C'est-à-dire que d'habitude le Très-Haut parle au prophète soit dans des visions, soit en songe, et c'est ce qui se passe, évidemment, avec Aharon et Miryam, puisqu'ils parlaient de leur don prophétique.
לֹא־כֵן עַבְדִּי מֹשֶׁה בְּכָל־בֵּיתִי נֶאֱמָן הוּא׃
lo-khén avdí moché bekhol-betí ne'emán hou
7 Mais tel n'est pas Mon serviteur Moché : dans toute Ma maison il est l'homme de confiance.
Nous savons qu'Aharon a le droit d'entrer dans le Saint des Saints seulement à Yom Kippour, une seule fois. Moché entre quand il veut, quand il en a besoin. Il a toujours les clés du Saint des Saints, et il y entre pour n'importe quel besoin.
פֶּה אֶל־פֶּה אֲדַבֶּר־בּוֹ וּמַרְאֶה וְלֹא בְחִידֹת וּתְמֻנַת יְהוָה יַבִּיט וּמַדּוּעַ לֹא יְרֵאתֶם לְדַבֵּר בְּעַבְדִּי בְמֹשֶׁה׃
pe el-pé adabber-bó oumar'é veló ve'hidót outmounát adonáy yabbít oumaddoúa lo yeretém ledabbér be'avdí vemoché
8 Je parlerai avec lui de bouche à bouche, et en vision claire, et non à travers des énigmes et des images il regardera le SEIGNEUR. Pourquoi donc n'avez-vous pas craint de parler de Moché, Mon serviteur ? »
Ici résonne ce que nous connaissons de l'épître de Paul aux Romains (14,4) : « Qui es-tu, toi qui juges le serviteur d'autrui ? » Et pourquoi n'avez-vous pas craint d'attenter à son esprit de prophétie, au niveau de sa prophétie, et critiquez-vous ses actions, comme si vous étiez ses égaux dans la compréhension du monde spirituel ?
וַיִּחַר אַף יְהוָה בָּם וַיֵּלַךְ׃
vayi'har-áf adonáy bam vayelákh
9 Et la colère du SEIGNEUR s'enflamma contre eux, et Il s'en alla.
Quand il est écrit que la colère du SEIGNEUR s'enflamma, cela est toujours lié à une punition quelconque. Leurs actions ne pouvaient pas rester sans punition, c'est-à-dire que Miryam et Aharon ont reçu leurs punitions. Les commentateurs disent : « Pourquoi la punition qu'a reçue Aharon n'est-elle pas consignée, et a-t-il reçu la punition immédiatement ? » Peut-être par respect, par vénération envers Aharon, et peut-être parce qu'ici l'inspiratrice idéologique de toute cette affaire était Miryam, c'est pourquoi il est important d'écrire précisément à son sujet.
וְהֶעָנָן סָר מֵעַל הָאֹהֶל וְהִנֵּה מִרְיָם מְצֹרַעַת כַּשָּׁלֶג וַיִּפֶן אַהֲרֹן אֶל־מִרְיָם וְהִנֵּה מְצֹרָעַת׃
vehe'anán sar me'ál ha'óhel vehinné miryám metsorá'at kacháleg vayífen aharón el-miryám vehinné metsorá'at
10 Et la nuée se retira de la Tente, et voici – Miryam est couverte de tsara'at, comme de neige. Et Aharon se tourna vers Miryam, et voici, elle est couverte de tsara'at.
On peut comprendre ce verset comme la continuation du précédent : que le SEIGNEUR s'en est allé, et que s'est retirée la nuée dans laquelle Il était descendu. Mais les commentateurs voient ici une distinction. Il y a l'ammoúd anán (colonne de nuée), dans laquelle le SEIGNEUR est apparu à Moché, à Aharon et à Miryam à l'entrée de la Tente, en leur fixant un rendez-vous. Et il y a l'anán (nuée), qui enveloppait la Tente, qu'il fallait surveiller, pour se mettre en route dans le cas où elle s'élevait au-dessus de la Tente. Et selon ce commentaire, selon cette compréhension, au moment où la nuée s'est déplacée, le peuple devait se mettre en route. Mais le Très-Haut dit : « Attendez Miryam, que Miryam reste un peu hors du camp ». C'est une leçon intéressante pour nous – attendre la purification de celui qui est frappé de tsara'at et seulement ensuite courir après le Très-Haut. Très souvent, dans quelque travail spirituel, dans quelque mouvement qui lui est propre, l'homme fait un bond en avant, laissant derrière lui sa famille, sa femme, ses enfants, ses proches, et cela peut s'avérer un faux départ, peut s'avérer un bond inutile, parce que le Très-Haut dit : « Attends les tiens, ne cours pas trop fort en avant, tout doit être équilibré ».
Et voici ce qui est encore intéressant : Miryam, celle qui s'indignait de la couleur noire de la peau de la femme de Moché, est devenue blanche comme la neige.
וַיֹּאמֶר אַהֲרֹן אֶל־מֹשֶׁה בִּי אֲדֹנִי אַל־נָא תָשֵׁת עָלֵינוּ חַטָּאת אֲשֶׁר נוֹאַלְנוּ וַאֲשֶׁר חָטָאנוּ׃
vayomer aharón el-moché bi adoní al-ná tachét alénou 'hattát achér no'álnou va'achér 'hatánou
11 Et Aharon dit à Moché : « Par moi je le jure, seigneur (je t'en prie sur ma vie), ne fais pas retomber sur nous le péché par lequel nous avons agi follement et par lequel nous avons péché.
אַל־נָא תְהִי כַּמֵּת אֲשֶׁר בְּצֵאתוֹ מֵרֶחֶם אִמּוֹ וַיֵּאָכֵל חֲצִי בְשָׂרוֹ׃
al-ná tehí kammét achér betsetó meré'hem immó vaye'akhél 'hatsí vesaró
12 Qu'elle ne soit pas semblable à un mort, car elle est sortie du sein de notre mère, et notre chair sera dévorée, elle est à moitié nous ».
Celui qui est frappé de tsara'at est semblable à un mort, parce qu'il est impur et n'a pas de rapport avec le camp, comme le mort n'a pas de rapport avec le monde des vivants. C'est, bien sûr, une métaphore – elle sera semblable à un mort, deviendra comme morte (kammét).
Une étonnante symétrie est contenue en cela. Celle qui parlait tout au début de la pureté de la famille, du fait que Moché s'était permis d'amener quelqu'un dans la famille, est maintenant elle-même impure. Et Aharon intercède pour elle au titre de son appartenance à la famille. Aharon intercède pour Miryam et dit : « Si elle est comme morte, alors nous aussi sommes comme morts ». Maintenant elle est impure, et il faut purifier la famille à cause de l'impureté de Miryam, non à cause de l'impureté de Moché. C'est ce que chez le Très-Haut on appelle mesure pour mesure, c'est-à-dire que la rétribution est symétrique.
וַיִּצְעַק מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה לֵאמֹר אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ׃
vayits'ák moché el-adonáy lemór el na refá na la
13 Et Moché cria vers le SEIGNEUR, en disant : « SEIGNEUR, guéris-la ! »
Ces cinq mots, el na refá na la (SEIGNEUR, guéris-la !) – c'est sans doute la plus courte prière pour la guérison dans toute l'Écriture. Cette prière, comme beaucoup de prières semblables, est devenue dans le peuple une chanson répandue. Voilà de quelle manière Moché répond immédiatement à la demande d'Aharon et s'adresse aussitôt par une prière au Très-Haut. Moché n'a aucune rancune – une demande sincère au Très-Haut de guérir sa sœur.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאָבִיהָ יָרֹק יָרַק בְּפָנֶיהָ הֲלֹא תִכָּלֵם שִׁבְעַת יָמִים תִּסָּגֵר שִׁבְעַת יָמִים מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְאַחַר תֵּאָסֵף׃
vayomer adonáy el-moché ve'avíha yarók yarák befanéha haló tikkalém chiv'át yamím tissagér chiv'át yamím mi'hoúts lamma'hané ve'a'hár te'asséf
14 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Si son père lui avait craché au visage, n'aurait-elle pas eu honte de paraître en public sept jours ? Qu'elle soit enfermée hors du camp sept jours, et après cela elle reviendra ».
Une situation terrible. Et le Très-Haut dit : « Oui, elle sera guérie, mais elle doit passer sept jours de purification ». Est-ce que le Très-Haut l'a guérie aussitôt ? Très probablement – oui, le Très-Haut l'a aussitôt guérie. Mais encore sept jours de purification (en tant que frappée de tsara'at et guérie), elle doit les passer selon la loi.
וַתִּסָּגֵר מִרְיָם מִחוּץ לַמַּחֲנֶה שִׁבְעַת יָמִים וְהָעָם לֹא נָסַע עַד־הֵאָסֵף מִרְיָם׃
vattissagér miryám mi'hoúts lamma'hané chiv'át yamím veha'ám lo nassá ad he'asséf miryám
15 Et Miryam demeura hors du camp sept jours, et le peuple ne se mit pas en route jusqu'à ce que Miryam l'eût rejoint.
Apparemment, le désir même du peuple était d'attendre Miryam, et le Très-Haut ordonne d'attendre jusqu'à ce que Miryam les rejoigne, bien que la nuée se mette en mouvement. Ce n'est pas une contradiction, c'est une leçon. Comment agir lorsqu'il y a en même temps deux situations, deux commandements, qui se contredisent l'un l'autre ? Abandonner l'homme dans l'impureté et suivre Dieu, ou rester avec celui qui est frappé de tsara'at et ensuite rattraper la nuée ? Que choisir ? Dieu dit : « Choisissez celui qui est frappé de tsara'at ».
וְאַחַר נָסְעוּ הָעָם מֵחֲצֵרוֹת וַיַּחֲנוּ בְּמִדְבַּר פָּארָן׃
ve'a'hár nase'oú ha'ám me'hatserót vaya'hanoú bemidbár parán
16 Après cela le peuple partit de 'Hatsérot, et ils s'arrêtèrent dans le désert de Paran.
Le leader et la dissidence
Parlons encore un peu de notre section hebdomadaire Béhaalotékha et lisons quelques versets du chapitre 11 du livre Bémidbar.
24. Et Moché sortit, et redit au peuple la parole du SEIGNEUR, et rassembla soixante-dix hommes d'entre les anciens du peuple, et se tint avec eux autour de la Tente.
25. Et le SEIGNEUR descendit dans la nuée, et parla avec lui, et prit de l'esprit qui était sur lui, et le donna aux soixante-dix anciens. Et il arriva, quand l'esprit descendit sur eux, qu'ils prophétisèrent, veló yasáfou.
La fin du verset 25, ce même veló yasáfou, est traduite de différentes manières. La plupart des traductions russes disent : « … mais ensuite ils cessèrent ». Essayons d'y voir clair. Si l'on comprend yasáfou à partir du verbe lehosíf (ajouter, rajouter, continuer), alors il en ressort qu'ils ont prononcé une prophétie une fois ou qu'ils ont prophétisé pendant un certain temps, puis veló yasáfou, c'est-à-dire et ils cessèrent de prophétiser.
D'autres traductions (par exemple, le Targoum araméen) interprètent la phrase de manière opposée : et ils ne cessèrent pas. Pourquoi ainsi ? Parce que yasáfou peut être traduit à partir du mot sóf (fin) : et il n'y avait pas de fin à leurs prophéties.
La traduction la plus probable, c'est la troisième variante : et ils n'ajoutaient rien à cette prophétie. C'est-à-dire qu'ils prophétisaient par l'esprit de Moché, répétaient, retransmettaient la prophétie de Moché, prophétisaient dans le cadre de la vision de Moché. Et c'est la compréhension la plus probable.
Ensuite nous lisons l'histoire d'Eldad et de Meïdad.
26. Et il resta dans le camp deux hommes : l'un s'appelle Eldad, et le second s'appelle Meïdad, et sur eux aussi descendit (vataná'h) l'esprit, car ils étaient inscrits, et ils ne s'approchèrent pas de la Tente, et ils se mirent à prophétiser dans le camp.
27. Et un jeune garçon courut, et dit à Moché : « Eldad et Meïdad prophétisent dans le camp ! »
28. Et Yéhochoua ben Noun, l'assistant de Moché d'entre ses hommes, dit, en disant : « Mon seigneur, Moché, arrête-les (kela'ém) ! »
C'est-à-dire qu'en plus des soixante-dix anciens qui étaient sortis vers la Tente, il y avait encore deux hommes, Eldad et Meïdad, qui avaient été invités, mais, comme le dit la tradition, par modestie ou pour quelque autre raison, ils ne sortirent pas vers la Tente. Et sur eux aussi descendit l'esprit. Ici est employé le mot vataná'h – se coucha, l'esprit s'arrêta sur eux, c'est-à-dire que l'esprit s'établit en eux et leur donna de prophétiser. Mais ce n'était pas l'esprit venant de Moché, ils reçurent du Très-Haut séparément le don prophétique de l'esprit et prophétisèrent. Et de nouveau, la tradition dit qu'ils prophétisaient un peu autre chose que ce que prophétisait Moché, que, par exemple, ils disaient : « Moché mourra, il ne fera pas entrer le peuple d'Israël dans le pays, et à sa place Yéhochoua ben Noun le fera ». Ils prophétisaient sur l'avenir, prophétisaient sur les jours du Machia'h, ils avaient une vision plus globale – c'est ce que dit la tradition. D'une manière ou d'une autre, ils prophétisaient eux aussi par l'esprit venant de Dieu, mais non par l'esprit reçu à travers Moché, par un autre esprit.
Et c'est pourquoi, bien sûr, leur prophétie fut accueillie avec méfiance, et on courut aussitôt le rapporter à Moché, et son serviteur de longue date et fidèle assistant Yéhochoua ben Noun réagit. Et que lui répond donc Moché ?
29. Et Moché lui dit : « N'es-tu pas jaloux pour moi ? Oh, si tout le peuple du SEIGNEUR était des prophètes, pourvu que le SEIGNEUR mette Son esprit sur eux ! »
Moché dit ici : « Je serais heureux si tout le peuple, non seulement ces soixante-dix hommes ici et ces deux hommes là-bas, si tout le peuple prophétisait, pourvu que le SEIGNEUR mette Son esprit sur eux ».
Quelques chapitres plus loin nous lirons l'histoire de Kora'h, qui est venu littéralement avec la même idée. Il a dit : « Et pourquoi donc vous, Moché et Aharon, pourquoi vous, les gars, vous élevez-vous ? Toute la communauté est sainte, toute la communauté prophétise, nous aussi sommes des prophètes ». Et nous voyons qu'envers Kora'h et l'assemblée de ses partisans Moché s'est comporté autrement. Et le Très-Haut S'est manifesté autrement : la terre s'est ouverte et les a engloutis vivants.
Quelle est la différence ? Une opposition est-elle possible à l'égard d'un prophète ? Quelqu'un peut-il prophétiser ce que ne prophétise pas le leader de la communauté, en l'occurrence Moché, que le Très-Haut Lui-même a établi leader incontesté ? Peut-il y avoir une alternative, une divergence de pensée, une quelconque opposition à l'égard de ce leader ? Si cela se peut, alors de quelle manière ? Et la réponse, à vrai dire, est dans les paroles de Moché : « Si seulement le SEIGNEUR a mis Son esprit sur eux ». C'est-à-dire qu'à la différence de Kora'h, Eldad et Meïdad ne cherchaient pas à tout prix à devenir prophètes, ne jouaient pas des coudes et ne disaient pas : « Nous exigeons qu'on nous établisse nous aussi prophètes ! » Ils n'exigeaient rien. Ils ont reçu cet esprit prophétique du Très-Haut. Et oui, peut-être prophétisaient-ils autre chose que ce que prophétisaient ces soixante-dix qui n'ajoutaient rien à la prophétie de Moché. Ceux-ci – ajoutaient. Ils prophétisaient une autre vision, peut-être plus large, peut-être plus lointaine, quelque chose d'autre, que ne prophétisait pas le leader du peuple d'Israël établi par Dieu.
Et Moché dit : « Mais je serais heureux que chacun prophétise, que vous viviez non seulement de ma vision, non seulement de ma prophétie. Je serais heureux que chacun de vous ait sa vision, que chacun de vous ait sa prophétie, mais que cela arrive non comme le résultat d'un jeu de coudes et non comme le résultat d'un désir de se précipiter en avant, mais comme le résultat de ce que le Très-Haut a mis Son esprit sur vous. Je serais heureux que sur chacun de vous le Très-Haut mette l'esprit, comme sur moi, que vous prophétisiez tous, que chacun de vous ajoute à ma prophétie quelque chose de sien, rajoute un regard nouveau, apporte de nouvelles idées prophétiques, que cela contribue au développement de la communauté. Je serai heureux, mais seulement si cet esprit vient du Très-Haut ». C'est la réponse à la question de savoir s'il peut y avoir dans la communauté une vision différente de la vision du leader.
Très souvent le leader dit : « Je vois, je suis à la barre, je réponds de ma communauté, seul mon regard est pertinent pour la communauté. Et vous – vous êtes mes paroissiens, mes brebis, et vous, avec tout mon respect pour les brebis, vous n'êtes pas des bergers. Moi, je vois, moi, j'ai une vision, moi, le Très-Haut m'a établi ».
Ici Moché nous donne l'exemple et dit : « Je serais heureux que tous prophétisent, je serais heureux qu'il y ait beaucoup de prophètes, mais seulement que ce soient des prophètes qui prophétisent par l'esprit de Dieu. Pas ceux qui cherchent à tout prix à devenir prophètes, pas ceux qui se font passer pour des prophètes et font passer leur propre opinion pour une prophétie ».
C'est pour nous une instruction : accueillir correctement ceux qui voient autrement que nous, qui pensent autrement que nous, comprennent autrement que nous. Peut-être qu'eux aussi ont sur eux l'esprit de Dieu. Peut-être que le SEIGNEUR leur a donné de Son esprit, pour qu'eux aussi possèdent une certaine vision, une certaine compréhension, peut-être différente de la nôtre. Peut-être voyaient-ils plus loin que nous, plus large que nous, autrement que nous, et nous devons nous réjouir d'une telle manifestation de l'esprit. Et le leader de la communauté doit se réjouir qu'il y ait dans sa communauté une telle manifestation de l'esprit. C'est très important – savoir se réjouir de ce qu'un autre a une relation proche avec le Très-Haut, se réjouir des succès d'un autre, se réjouir des bénédictions que reçoit notre prochain. C'est sans doute l'une des leçons importantes que nous donne notre section hebdomadaire.
Si tout le peuple était des prophètes
Au chapitre 10, au verset 11, nous lisons : « Et il arriva, la deuxième année, au deuxième mois, le vingtième jour, que la nuée s'éleva au-dessus de la Tente du témoignage ». C'est-à-dire qu'il est temps de se mettre en route. Depuis la sortie du peuple d'Israël d'Égypte jusqu'aux événements qui sont décrits dans notre section hebdomadaire, il s'est écoulé un peu plus d'un an. Pendant ce temps, il s'est passé bien des choses : pendant ce temps, le peuple d'Israël a reçu la Torah, pendant ce temps, le peuple d'Israël a dit à Moché : « Toi, parle avec nous, et que le Très-Haut parle à travers toi », pendant ce temps, le peuple d'Israël, sans avoir attendu Moché, a fait le veau d'or, Moché a brisé les tables… Beaucoup, beaucoup de choses se sont produites. Et voici qu'un an et un mois plus tard, le peuple d'Israël se met en route vers la Terre promise. Si l'on s'en tient au livre Dévarim, le peuple avait devant lui onze jours de route. Naturellement, personne ne marchera onze jours d'affilée, car il y aura encore le Chabbat. Au fond, le chemin à parcourir n'était pas long, et tout commençait solennellement : il y avait des cérémonies solennelles, il y avait le son des trompettes. Tout commençait vraiment de façon très belle. Mais voici ce qui se passe ensuite : le peuple commence à murmurer, nous lisons cela au verset 1 du chapitre 11. Nous ne savons pas encore à cause de quoi le peuple murmure, mais il murmure contre quelque chose. Et il y a toujours de quoi ronchonner en route, en route il y a toujours quelques désagréments. Si vous avez déjà voyagé avec des enfants, alors vous savez : quelle que soit la sortie gaie et joyeuse vers laquelle vous alliez, souvent les enfants commencent à murmurer, commencent à faire des caprices, commencent à demander : « Quand est-ce qu'on arrive enfin ? » Et le peuple se mit à murmurer.
Et ici il faut dire que Moché a son propre développement, Moché lui aussi a bien parcouru un chemin difficile : de ich mitsri (homme-Égypte), comme l'appellent les filles de Yitro lors de la première rencontre, en passant par simplement ich (homme), quand Moché a disparu et que le peuple l'attendait et n'a pas pu attendre son retour, jusqu'à ich élohim (homme de Dieu). Il ne s'est pas brisé sur le veau d'or, ne s'est pas brisé sur les nombreux autres pétrins dans lesquels il tombait avec le peuple. Et quand cela devient vraiment dur pour Moché, quand le peuple en a assez du man et qu'ils ont voulu de la viande, il s'adresse au Très-Haut (11,14–15) avec des paroles terribles : « Je ne pourrai pas, moi seul, porter tout ce peuple, parce que c'est lourd, seul je n'y arrive pas. Si c'est ainsi que Tu agis envers moi, alors tue-moi. Tue-moi, si je Te plais, si Tu veux me faire grâce, pour que je ne voie pas toutes ces souffrances qui sont les miennes ». Et le Très-Haut répond : « Il faut donner une part de ton esprit à des gens du peuple. Rassemble-Moi soixante-dix anciens ». La tradition dit que ce sont les anciens qui étaient surveillants en Égypte. Ce sont des gens qui sont vraiment issus du peuple, qui vivaient avec le peuple, vivaient de ses souffrances, vivent de ses besoins et, peut-être, les mêmes gens qui demandaient de la viande.
Ainsi, Moché rassemble soixante-dix anciens près de sa Tente (et la Tente de Moché, comme nous nous en souvenons, se trouve hors du camp). Tous sont sortis hors du camp, sont sortis vers la Tente, le Très-Haut parle avec Moché là-bas, le Très-Haut donne de l'esprit de Moché aux soixante-dix anciens… et là survient un incident.
Il y a deux hommes parmi ceux restés dans le camp, Eldad et Meïdad. Il arrive dans l'armée une situation de ce genre, où tout le monde monte déjà dans le bus pour quitter la base, et là arrive le commandant de la base qui dit : « Il nous faudrait bien laisser ici deux hommes, pour garder le matériel (ou pour autre chose encore) ». Et c'est pourquoi ils restent : soit ce sont ceux qui sont punis qui restent, soit ils restent par quelque tirage au sort. Eh bien, certains commentateurs disent que c'est par quelque tirage au sort qu'Eldad et Meïdad sont restés dans le camp. Et d'autres disent qu'Eldad et Meïdad croyaient qu'on peut recevoir l'esprit de prophétie en tout lieu. Il n'est pas nécessaire de sortir hors du camp, il n'est pas besoin d'une quelconque séparation d'avec le peuple, d'avec la routine du quotidien du peuple, pour ainsi dire. Et voilà que ces Eldad et Meïdad restés dans le camp se sont soudain mis eux aussi à prophétiser. Aussitôt apparut un jeune garçon, qui court faire son rapport à Moché et dit : « Au secours, à l'aide, à la garde ! Eldad et Meïdad prophétisent dans le camp ! » Yéhochoua ben Noun entend cela et dit : « Taris-les, retire-leur cet esprit ! » Ici le commentaire de Rachi est intéressant, il met dans les paroles de Yéhochoua le sens suivant : occupe-les par des affaires publiques, et, plongés dans celles-ci, ils oublieront ce qu'est l'esprit prophétique. Moché dit : « Et pourquoi es-tu jaloux pour moi, je voudrais que tout le peuple prophétise, pourvu seulement que Dieu mette sur eux Son esprit. Je veux que, dans le quotidien aussi, dans la vie de tous les jours aussi, l'esprit de Dieu soit sur les gens ».
Voilà l'histoire qui se produit. Le peuple s'est mis en route, et la route a semblé trop longue. À nous, il peut ne pas sembler ainsi, car nous regardons de l'extérieur, nous avons bien lu le livre Bémidbar, et le livre Dévarim, nous l'avons lu aussi, nous savons comment tout s'est terminé. Et il nous semble étrange et même en quelque sorte un peu bête que le peuple ronchonne (comme il nous semble bête aussi que nos enfants fassent des caprices quand nous sommes en route). Ces gens qui faisaient des caprices n'avaient pas lu les livres de la Torah. Ils avaient toutes sortes de désirs, ils avaient le sentiment d'en avoir assez de tout, que ces événements, cette guerre, que tout dure trop longtemps, et qu'il faudrait bien d'une manière ou d'une autre déjà… Il surgit des pensées de ce genre : « Et si nous n'allions plus nulle part du tout ! Et si nous en finissions carrément avec tout cela ! Et si nous retournions en Égypte ! »
On peut se rappeler la vision des ossements desséchés du livre du prophète Yé'hezkel, du chapitre 37. Au verset 3, Dieu demande au prophète : « Fils de l'homme ! Ces ossements revivront-ils ? » Les ossements se couvrent de chair, mais ils ne reviennent à la vie que lorsque entre en eux l'esprit, le souffle de vie : la chair n'est pas vivante sans l'esprit. Et quand le peuple gémit, quand la chair commence à prendre le pouvoir, quand la chair commence à manifester sa force, toutes sortes d'« envies » (peut-être des désirs humains tout à fait, tout à fait normaux), le SEIGNEUR dit : « Ici il faut que sur les anciens, sur les gens du peuple, sur les gens qui font un simple travail de routine, il y ait l'esprit ». Et quand Yéhochoua ben Noun s'inquiète : « Mais ce n'est pas possible qu'à l'intérieur du camp, que sur ces simples gens-là il y ait l'esprit ! Interdis, retire-leur cela ! Ou bien occupons-les par du travail, pour qu'ils n'aient pas la tête à l'esprit », Moché répond et dit : « Je veux que l'esprit soit sur tous, que le SEIGNEUR répande Son esprit sur tous, que tous prophétisent, que nos actions quotidiennes soient comme des actions prophétiques. Alors nous pourrons, peut-être, mener une longue guerre, alors nous pourrons faire un long travail ».
Il y a un écrivain autrichien, psychologue et psychiatre, Viktor Frankl, qui est passé par les camps de concentration, les camps de concentration allemands. Il a dit que les premiers à se consumer furent ceux qui pensaient que cela finirait vite. Les premiers à se consumer furent ceux qui pensaient : voilà, nous allons maintenant arriver vite, nous allons maintenant faire quelque chose, et cela finira tout de suite. Mais cela n'a pas fini tout de suite. Ensuite se consumèrent ceux qui pensaient que cela ne finirait plus jamais. Courons vers la clôture et qu'on nous tue, finissons-en d'une manière ou d'une autre, faisons en sorte que tout cela finisse. Ont survécu ceux qui ont rempli leur vie de sens ».
Quand nous ressentons que tout dure trop longtemps, que cela ne finira jamais, on peut demander au Très-Haut de nous remplir d'esprit. Le Très-Haut Lui-même est longanime (érekh apayim), littéralement cela signifie qu'Il a (j'en parle souvent) un long nez, qu'il y a en Lui beaucoup d'esprit. Et nous devons nous remplir d'esprit pour nos affaires quotidiennes, pour les affaires qui nous semblent sans fin, pour ces affaires dont nous ne savons pas quand elles finiront. Cela nous est nécessaire pour que nous y arrivions, pour que nous tenions bon dans tous les longs processus : dans la guerre, dans la construction de l'État, dans le changement de soi-même. Et pour que nous y parvenions, il nous faut l'esprit de Dieu. Et oui, il peut se trouver un jeune garçon de ce genre, qui aura peur que l'esprit de Dieu agisse dans nos affaires quotidiennes, dans des affaires de routine. Mais souvenons-nous des paroles de Moché, selon lesquelles l'esprit de Dieu peut agir aussi à l'intérieur du camp, l'esprit de Dieu peut être sur chacun.
La Torah en 5 minutes
Nous allons lire ensemble un peu du chapitre 9 du livre Bémidbar.
15. Et le jour où le Michkan fut dressé, la nuée couvrit la Tente du témoignage, et dès le soir il y eut au-dessus du Michkan comme une apparence de feu jusqu'au matin.
16. Il en était toujours ainsi : la nuée le couvrait, et l'apparence de feu était la nuit.
17. Et, quand la nuée s'élevait au-dessus de la Tente, les fils d'Israël se déplaçaient à sa suite. Et à l'endroit où la nuée s'arrêtait, là s'arrêtaient les fils d'Israël.
18. Sur l'indication du SEIGNEUR (al-pi adonaï, par la bouche du SEIGNEUR) les fils d'Israël se déplaçaient, et sur l'indication du SEIGNEUR ils s'arrêtaient. Tout le temps que la nuée restait au-dessus du Michkan, ils restaient.
19. Et si la nuée s'attardait au-dessus du Michkan de nombreux jours, alors les fils d'Israël aussi suivaient l'indication du SEIGNEUR et ne se déplaçaient pas.
20. Il arrivait que la nuée reste au-dessus du Michkan quelques jours, et ils s'arrêtaient sur l'indication du SEIGNEUR, et sur l'indication du SEIGNEUR ils se déplaçaient.
21. Il arrivait que la nuée reste du matin jusqu'au soir, et, dès que la nuée s'élevait vers le matin, ils se déplaçaient ; mais si elle était là et le jour, et la nuit, alors c'est seulement quand la nuée s'élevait qu'ils se déplaçaient.
22. Même si deux jours, ou un mois, ou une année entière la nuée restait au-dessus du Michkan, les fils d'Israël restaient et ne se déplaçaient pas, et quand elle s'élevait – ils se déplaçaient.
23. Sur l'indication du SEIGNEUR ils s'arrêtaient et sur l'indication du SEIGNEUR ils se déplaçaient ; l'indication du SEIGNEUR, ils l'observaient selon la parole donnée par l'intermédiaire de Moché.
Dès que Moché eut achevé la construction de la Tente d'assignation, aussitôt la nuée de la présence du Très-Haut descendit sur la Tente. Le Très-Haut avait promis (Chémot 25,8) : « Vé'assou li mikdach véchakhanti bétokham – Et faites-Moi un sanctuaire, et Je vivrai parmi vous ». Le verbe lichkon signifie vivre, habiter, résider, chokhen – être voisin. C'est-à-dire : « Je serai votre voisin, Je Me trouverai constamment à côté de vous ». La nuée de la présence divine (Chékhina) se trouvera constamment avec le peuple, et, par conséquent, le peuple se trouvera constamment à côté de la nuée.
Imaginons une maman avec un nourrisson, qui est partie, disons, en bus de Jérusalem pour Haïfa. Et voilà, elle voyage dans le bus avec son bébé, et à ce moment-là une amie l'appelle et lui demande : « Rout, ma chère, tu es où ? » Elle répond : « Je… je vais de Jérusalem à Haïfa ». – « Et où est le petit Yonatan ? » – « Aaah, le petit Yonatan est avec moi ». Le petit Yonatan, bien sûr, va lui aussi de Jérusalem à Haïfa. Mais cela, c'est seulement extérieurement, intérieurement – il est toujours avec maman. Où que se déplace maman, le petit nourrisson se trouve à côté d'elle, sa localisation, son emplacement – c'est d'être à côté de maman. Et exactement de la même façon le peuple d'Israël, qu'il se déplace ou qu'il reste sur place, se trouve à côté de la nuée. Et par rapport à la nuée, par rapport à la présence divine, il est toujours à côté d'elle, il ne s'en éloigne nulle part. Là où se révèle la présence de Dieu, là est aussi Israël. Et quand ce souffle divin qui a rempli la Tente d'assignation se déplace quelque part, alors selon le souffle divin, par la bouche du SEIGNEUR, Israël aussi se déplace. C'est un mouvement qui implique en même temps aussi le fait de rester sur place. C'est par rapport au monde extérieur qu'Israël se déplace quelque part, mais intérieurement il se trouve à côté de la nuée, il demeure constamment à côté de Dieu.
Dans notre vie pratique, quotidienne, nous aussi, souvent, nous nous déplaçons, nous changeons de place, nous nous agitons, nous nous cherchons une place quelconque. Et il est important de se souvenir, il est important de comprendre et, le plus important, de ressentir (parce que se souvenir et comprendre peut n'être qu'un slogan, une devise, alors que ressentir – c'est cela qui est important), que nous nous trouvons dans le voisinage du Très-Haut. S'Il est à côté de nous, si nous ressentons Sa présence, alors cela veut dire que tout va bien, cela veut dire que nous ne nous sommes pas égarés. Et sachant qu'Il est Bon, nous sommes sûrs que pour nous aussi tout ira bien. Cet optimisme est le fondement de notre foi, comme chez le nourrisson, quand il croit que tout ira bien tant qu'il est avec maman. Et, en restant avec ce sentiment, soyons donc heureux comme des nourrissons.
Soyez bénis dans toutes vos bonnes actions.
Béhaalotékha : documents sur le thème
Poursuivez l'étude : entretien sur la section Béhaalotékha, entretien sur les trompettes et le son, sténogramme de la section Nasso et les sections hebdomadaires de la Torah.