בְּהַר
Béhar
l'année sabbatique et le jubilé
- Section hebdomadaire
- 32 sur 54
- Versets
- Vayikra 25,1–26,2
- Parties
- 4
- Temps de lecture
- 54 min
- Vues
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Béhar est la section hebdomadaire sur l'année sabbatique, le jubilé et la responsabilité envers le prochain. Dans la sténographie d'Alex Blend sont examinés le retour de la terre, le rachat des biens et l'aide à une personne tombée dans le besoin. Le texte du livre de Vayikra est cité en hébreu avec translittération, une traductionL'original parle ici d'une « traduction russe ». Comme cette page est en français, la phrase dit simplement « une traduction ». et l'interprétation religieuse de l'auteur.
Tout peut être rendu
Vayikra 25,1–28
Avec l'aide de Dieu, nous commençons aujourd'hui, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Béhar et nous lirons à partir du verset 1 du chapitre 25.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בְּהַר סִינַי לֵאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché behar sináy lemór
1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché sur le mont Sinaï, en disant :
Pourquoi apparaît soudain ici une précision aussi inattendue – le mont Sinaï ? Les lois dont il sera question plus loin sont liées à la vie du peuple dans le pays d'Israël et doivent être transmises à la génération qui entrera dans le pays d'Israël, mais en même temps elles ont été données à Moché sur le mont Sinaï. De cela nous pouvons conclure que beaucoup de ce que le Très-Haut disait à Moché a été dit sur le mont Sinaï. Et Moché enseigne le peuple au moment où le peuple est disposé à apprendre précisément ces lois, et, par conséquent, toutes les lois ne sont pas écrites dans l'ordre dans lequel elles ont été données. Moché, en tant qu'enseignant, a le droit de décider : comment, quand et quelles lois transmettre, l'essentiel – c'est de les transmettre sous une forme parfaite.
דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם כִּי תָבֹאוּ אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ שַׁבָּת לַיהוָה׃
dabbér el-bené yisraél ve'amartá alehem ki tavóou el-ha'árets achér aní notén lakhém vechavetá ha'árets chabbát ladonáy
2 Parle avec les fils d'Israël et dis-leur : « Quand vous viendrez dans le pays que Je vous donne, la terre fera sabbat d'un sabbat pour le SEIGNEUR.
Nous apprenons soudain que le sabbat n'est pas seulement un commandement qui est donné à l'homme, mais que dans le travail de la terre aussi doit être observé le sabbat (chabbát), et il s'agit précisément du pays d'Israël, ce ne sont pas les lois qui s'appliquent dans le désert. D'habitude, aux lois liées au pays d'Israël s'ajoute une précision telle que celle que nous lisons ici : ki tavóou el-ha'árets – quand vous viendrez dans le pays.
Comment donc la terre fera-t-elle sabbat ? Cela ressemble beaucoup au commandement sur le sabbat qui nous a été donné.
שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמֹר כַּרְמֶךָ וְאָסַפְתָּ אֶת־תְּבוּאָתָהּ׃
chech chaním tizrá sadékha vechéch chaním tizmór karmékha ve'assaftá et-tevou'atá
3 Six ans ensemence ton champ, et six ans taille ta vigne, et récolte ses fruits (de la terre).
La vigne a besoin qu'on taille ses longs sarments, pour que le jus du raisin ne parte potentiellement pas dans des sarments stériles. Pour cela on la taille, le raisin devient plus gros, plus juteux (on peut apprendre les détails auprès de ceux qui s'occupent du raisin, j'en parle dans les grandes lignes).
וּבַשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ שַׁבָּת לַיהוָה שָׂדְךָ לֹא תִזְרָע וְכַרְמְךָ לֹא תִזְמֹר׃
ouvachaná hachevi'ít chabbát chabbatón yihyé la'árets chabbát ladonáy sadekhá lo tizrá vekharmekhá lo tizmór
4 Et la septième année, il y aura pour la terre un sabbat des sabbats, un sabbat pour le SEIGNEUR : n'ensemence pas ton champ et ne taille pas ta vigne.
אֵת סְפִיחַ קְצִירְךָ לֹא תִקְצוֹר וְאֶת־עִנְּבֵי נְזִירֶךָ לֹא תִבְצֹר שְׁנַת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ׃
et sefíya'h ketsirékha lo tiktsór ve'et-innevé nezirékha lo tivtsór chenát chabbatón yihyé la'árets
5 Le reste de ta moisson, ne le moissonne pas, et ne récolte pas le raisin de la vigne gardée chez toi, ce sera une année sabbatique dans la terre.
Sefíya'h (accroissement) – c'est quelque chose de résiduel, d'ajouté. Quand nous avons moissonné le blé à la fin de la sixième année et ne l'avons pas semé la septième année (ou au cours de la maturation naturelle du blé), certains grains ont pu tomber sur la terre et germer. Cela, c'est ce qui concerne le blé. Et si nous parlons des vignes ou des arbres, ils peuvent donner des fruits : il est clair que le figuier ou le palmier dattier ne sait pas du tout qu'il s'agit de la septième année, et donne des fruits comme d'habitude. Et voilà, ce qui a mûri la septième année, on ne peut pas le récolter pour soi. Bien que nous n'ensemencions pas et ne taillions pas cette vigne, nous la gardons, nous ne pouvons pas la livrer au pillage de quelqu'un. Cette vigne est à nous, c'est pourquoi elle s'appelle la vigne que nous gardons. Le raisin qui s'y trouve n'est pas à nous, nous ne pouvons pas le récolter. Mais il y a une certaine particularité, très importante.
וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם לְאָכְלָה לְךָ וּלְעַבְדְּךָ וְלַאֲמָתֶךָ וְלִשְׂכִירְךָ וּלְתוֹשָׁבְךָ הַגָּרִים עִמָּךְ׃
vehayetá chabbát ha'árets lakhém le'okhlá lekhá oul'avdekhá vela'amatékha veliskhirékha oultochavekhá haggarím immákh
6 Et le sabbat de la terre sera pour vous en nourriture, pour toi, et pour ton serviteur, et pour ta servante, et pour ton salarié, et pour tes habitants, pour tous ceux qui vivent avec toi.
Qu'est-ce que cela signifie ? Tu ne peux pas moissonner ce champ et mettre le grain dans ton entrepôt, mais chaque jour toi, le propriétaire, et n'importe qui d'autre de ton peuple, de ceux qui vivent chez toi, peut venir au champ et prendre pour soi ce qui est nécessaire pour la nourriture de la journée d'aujourd'hui, on peut ramasser pour deux repas chaque jour. Des gardiens particuliers étaient désignés pour le champ. Nous pouvons en voir une allusion dans le livre de Rout : il y avait là des jeunes gens qui surveillaient les glaneurs d'épis. Ici, bien que le champ ne fût pas récolté, il y avait des gens qui répondaient de la préservation de ce champ, pour que des barbares ne le dévastent pas, ne le brûlent pas, pour que quelqu'un ne l'attaque pas. Et chaque personne (quiconque le voulait, y compris le propriétaire lui-même) pouvait venir au champ et prendre deux poignées de grain, ce qui est nécessaire pour la nourriture de ce jour. Le propriétaire n'avait dans ce cas aucun avantage. Il est, ce champ, à personne, et c'est seulement sur cette base que le propriétaire a le droit d'en profiter, d'en disposer.
וְלִבְהֶמְתְּךָ וְלַחַיָּה אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ תִּהְיֶה כָל־תְּבוּאָתָהּ לֶאֱכֹל׃
velivhemtekhá vela'hayá achér be'artsékha tihyé khol-tevou'atá le'ekhól
7 Et pour ton bétail, et pour l'animal qui est dans ta contrée, toute cette récolte sera en nourriture.
C'est-à-dire qu'on ne peut pas non plus restreindre les animaux dans leur nourriture. Ainsi, la Torah prescrit que chaque septième année la terre doit faire sabbat. Il y a beaucoup de commentateurs qui essaient d'expliquer pourquoi cette loi a été donnée. Il y a des raisons rationnelles : la terre doit se reposer, elle a besoin de repos pour ne pas s'épuiser. Périodiquement, il faut donner du repos à la terre, et c'est pourquoi le Très-Haut a prescrit une fois tous les sept ans un sabbat pour la terre. D'autres commentateurs disent : le SEIGNEUR a organisé le monde de telle sorte qu'il y ait en lui aussi le sabbat, il est donné aussi à l'égard de la terre, pour que nous sachions que toute la terre appartient au SEIGNEUR. Et que découle-t-il du fait que la terre appartient au SEIGNEUR ? Cela signifie que nous ne pouvons pas y faire tout ce que nous voulons. Le sabbat nous rappelle que la terre est celle du SEIGNEUR, que c'est précisément le SEIGNEUR qui nous donne la récolte et tout ce qui est sur la terre ; et c'est pour s'en souvenir que le sabbat est donné. Et quand nous avons récolté quelque chose du champ dans une année ordinaire et, avec Sa permission, l'avons mis dans notre entrepôt, alors c'est Sa récolte qui se trouve dans nos entrepôts, et le sabbat, là encore, nous le rappelle.
Il y a encore un aspect important de l'année qui s'appelle chmitá ou année sabbatique. De même que le sabbat est une sainte assemblée et un temps pour l'étude, de même la chmitá est un temps pour l'étude. Le pauvre ne doit pas se soucier de sa subsistance, le riche ne doit pas se soucier de ses affaires – tous sont libérés et tous peuvent consacrer tout leur temps à l'étude de la Torah. C'est aussi un aspect très important, pour que les gens puissent étudier la loi, trouver du temps pour s'instruire eux-mêmes. Beaucoup de spécialistes dans les universités ont ce qu'on appelle chnát chabbaton, un congé créatif, qui n'est pas lié à l'année de la chmitá. Chaque personne ayant fait des études supérieures (c'est ainsi, en tout cas, en Israël et dans beaucoup d'autres pays) a une fois tous les sept ans une année de congé payé pour commencer à étudier quelque chose de nouveau, se perfectionner quelque part, élever son niveau d'instruction. L'homme politique Zeev Jabotinsky, qui n'était pas un homme très religieux, mais connaissait la Torah et la tradition, rêvait qu'en Israël, pour les gens simples – pour les ouvriers, les employés, pour les gens de la charrue, de l'établi ou du livre de comptes – il y ait aussi une fois tous les sept ans la possibilité de tout arrêter et de consacrer ce temps à l'instruction et à l'étude de la Torah. Peut-être que cela se fera encore ainsi et s'organisera.
Bien sûr, il y a aussi l'aspect de la foi, la Torah en parlera plus loin : comment peut-on se permettre de ne pas travailler toute une année, de ne pas ensemencer le champ, quand les voisins païens et simplement les voisins qui n'observent pas la Torah se permettent de travailler.
À partir du verset 8, nous lisons encore un degré du sabbat de la terre.
וְסָפַרְתָּ לְךָ שֶׁבַע שַׁבְּתֹת שָׁנִים שֶׁבַע שָׁנִים שֶׁבַע פְּעָמִים וְהָיוּ לְךָ יְמֵי שֶׁבַע שַׁבְּתֹת הַשָּׁנִים תֵּשַׁע וְאַרְבָּעִים שָׁנָה׃
vesafartá lekhá chéva chabbetót chaním chéva chaním chéva pe'amím vehayoú lekhá yemé chéva chabbetót hachaním técha ve'arba'ím chaná
8 Et tu as compté pour toi sept septennats, sept ans sept fois, et il y a eu pour toi sept septennats, quarante-neuf ans.
C'est de l'arithmétique : 7x7 = 49. Mais la Torah compte cela pour ceux qui ne sont pas forts en arithmétique.
וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִעִי בֶּעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ בְּיוֹם הַכִּפֻּרִים תַּעֲבִירוּ שׁוֹפָר בְּכָל־אַרְצְכֶם׃
veha'avartá chofár terou'á ba'hódech hachevi'í be'asór la'hódech beyom hakkippourím ta'avírou chofár bekhol-artsekhém
9 Et fais passer la voix de la sonnerie du chofar au septième mois, le dixième jour du mois ; au Jour de l'Expiation, que le son de trompette passe par toute votre terre (par tout votre pays).
Après la fin des quarante-neuf ans, la cinquantième année, fais passer le son du chofar – chofár trouá. Faites attention : le début de l'année du jubilé a lieu au septième mois. Je veux rappeler encore une fois qu'il y a différents débuts de l'année. Voici, ici par exemple, la Torah dit que le début de l'année du jubilé doit être annoncé au septième mois.
Nous parlons souvent du son de trompette, la Torah parle beaucoup du son de trompette, dans les Téhillim il est dit : « Heureux le peuple qui écoute le son de trompette ». Le son de trompette rappelle à l'homme le don de la Torah, et, peut-être, le son avec lequel le Très-Haut a insufflé l'âme de l'homme dans son corps. Le son du chofar rappelle aussi à l'homme sa vocation, c'est « la trompette appelle » au sens littéral du terme.
À quoi sert une telle musique ?
וְקִדַּשְׁתֶּם אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה וּקְרָאתֶם דְּרוֹר בָּאָרֶץ לְכָל־יֹשְׁבֶיהָ יוֹבֵל הִוא תִּהְיֶה לָכֶם וְשַׁבְתֶּם אִישׁ אֶל־אֲחֻזָּתוֹ וְאִישׁ אֶל־מִשְׁפַּחְתּוֹ תָּשֻׁבוּ׃
vekiddachtém et chenát ha'hamichím chaná oukratém derór ba'árets lekhol-yochvehaDans la translittération russe, il manque une voyelle dans le mot « ceux qui y habitent ». La translittération française suit ici l'hébreu. yovél hi tihyé lakhém vechavtém ich el-a'houzzató ve'ích el-michpa'htó tachoúvou
10 Et sanctifiez la cinquantième année, et proclamez la liberté franche (l'affranchissement) dans tout le pays, à tous ceux qui vivent sur votre terre ; ce sera pour vous l'année du jubilé. Et vous retournerez chacun dans son domaine, chacun dans sa famille.
Sanctifiez – cela veut dire séparez, rendez-la consacrée au Très-Haut. C'est une année dans laquelle il n'y a rien de vôtre, mais tout est à Dieu.
Il arrive qu'un homme, par pauvreté, par manque de débrouillardise, par bêtise, vende sa maison et reste sans rien, reste sans biens immobiliers. Les biens immobiliers comptent énormément pour l'homme. La Torah dit : dans le pays d'Israël on ne peut pas vendre une part d'héritage à perpétuité, il est impossible de vendre une part d'héritage à perpétuité. Toute transaction immobilière en Israël – c'est une transaction de location. Quand tu achètes quelque chose grâce à ta richesse, tu dois comprendre que cela ne sera pas à toi. La terre en Israël est à Dieu, Dieu l'a donnée au peuple, et la propriété de cette terre appartient au peuple en tant que tel. Si un homme a vendu sa terre, il a le droit de la récupérer tout à fait gratuitement l'année du jubilé. Il y a des moyens (nous en parlerons) de la récupérer aussi plus tôt, mais on ne peut pas enlever sa terre à un homme pour toujours. Et cela lie l'homme à la terre. Là où j'ai une part d'héritage, là où j'ai un bien immobilier – à cet endroit je serai lié, je serai intéressé par lui, là sera ma terre, ma part d'héritage, mon domaine. Et chaque homme retourne dans son domaine. Chaque esclave à l'oreille percée ou sans oreille percée – tous sortent en liberté.
Le mot derór, je l'ai traduit par l'affranchissement, en akkadien il signifie la libération complète des esclaves, la liberté complète. L'esclavage cesse d'exister l'année du jubilé, tous sont libérés. C'est-à-dire que même l'homme qui est arrivé à un tel niveau de pauvreté qu'il s'est déjà lui-même, à Dieu ne plaise, vendu en esclavage ou, à Dieu ne plaise, a vendu sa fille en esclavage – tous ont la possibilité d'être libérés la cinquantième année. L'esclavage ne peut pas être sans fin, il peut seulement être long. Il est impossible de perdre, de se ruiner, de rester sans rien pour toujours. Toute division socio-économique qui est apparue à cause de la bêtise de l'homme, à cause des péchés de l'homme, à cause de quoi que ce soit, ne se transforme pas en division permanente. Et il y a toujours des délais de réparation. Et il est très important pour nous de nous en souvenir, bien que nous n'ayons pas aujourd'hui de tradition d'observance des années du jubilé. Il est important de se souvenir que nous ne pouvons rien retenir sans fin et ne pouvons nous soumettre à rien sans fin.
Voyez comme les lois sociales sont fortes. La septième année, l'année de la chmitá, tous se nourrissent à égalité : celui qui a travaillé et celui qui n'a pas travaillé, celui qui est riche et celui qui est pauvre. David Ben Gourion, le premier Premier ministre d'Israël, a en son temps pris cette idée et l'a transformée en mouvement des kibboutz (kibboutz – commune agricole), où tous reçoivent de manière égale. Si les règles de la Torah tombent entre les mains de gens qui ne vivent pas entièrement selon la Torah, mais seulement en partie, alors cela donne un kibboutz, et au lieu de l'égalité – le nivellement, et la chmitá chaque jour.
Une remarque entre parenthèses. L'un des principaux symboles de la lutte américaine pour l'indépendance, l'un des principaux symboles des États-Unis – c'est la Cloche de la Liberté, qui se trouve à Philadelphie. En son temps, c'est précisément le son de cette Cloche qui a rassemblé les habitants pour la proclamation de la Déclaration d'indépendance. Sur cette Cloche sont écrits des mots tirés justement de notre verset 10 : « Et proclamez la liberté sur la terre à tous ses habitants ». Les fondateurs de l'État américain ont décidé de choisir ce verset comme l'une des devises nationales ou l'un des principes d'existence de la nation.
Quand le pays d'Israël vit conformément aux prescriptions de la Torah, quand c'est vraiment la Terre sainte, alors le pays d'Israël est un pays dans lequel on ne peut tomber ni dans un asservissement éternel, ni dans un enrichissement éternel. Si tu prends quelque chose à quelqu'un, on peut te le racheter ou simplement te le reprendre l'année du jubilé. Alors sois prudent et comprends que tout ce que tu possèdes est à Dieu.
יוֹבֵל הִוא שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה תִּהְיֶה לָכֶם לֹא תִזְרָעוּ וְלֹא תִקְצְרוּ אֶת־סְפִיחֶיהָ וְלֹא תִבְצְרוּ אֶת־נְזִרֶיהָ׃
yovél hi chenát ha'hamichím chaná tihyé lakhém lo tizrá'ou veló tiktseroú et-sefi'héha veló tivtseroú et-neziréha
11 C'est le jubilé, ce sera pour vous l'année du cinquantenaire : ne semez pas, et ne moissonnez pas ses restes, et ne récoltez pas le raisin gardé par vous.
Ici, si nous nous souvenons des mathématiques, on obtient un petit chiffre intéressant. La quarante-huitième année nous avons semé, la quarante-neuvième année – c'est l'année de la chmitá, nous ne semons pas ; la cinquantième année nous ne semons pas non plus ; la cinquante et unième année nous semons déjà, mais le temps que cela mûrisse… La moisson du blé commence d'habitude quelque part vers Chavouot, la moisson de l'orge commence vers Pessa'h. C'est-à-dire que pendant presque trois ans nous devons compter sur le fait que le Très-Haut nous donnera de quoi nous nourrir. Telle est la particularité de la fin du cinquantenaire, la particularité de l'année du jubilé.
כִּי יוֹבֵל הִוא קֹדֶשׁ תִּהְיֶה לָכֶם מִן־הַשָּׂדֶה תֹּאכְלוּ אֶת־תְּבוּאָתָהּ׃
ki yovél hi kódech tihyé lakhém min-hassadé tokheloú et-tevou'atá
12 Car c'est l'année du jubilé, Sainte elle sera pour vous ; chacun peut prendre du champ ce qui vous est nécessaire pour la nourriture.
Ici la règle est la même que la septième année : on peut prendre du champ, chacun peut prendre, mais on ne peut pas mettre dans l'entrepôt.
Il sera intéressant, sans doute, de faire la remarque suivante. Quand des gens se rassemblaient et voulaient, essayaient de partager les fruits de cette récolte, il pouvait arriver que la récolte qu'on avait ramassée sur le champ ne soit pas si grande, qu'elle ne suffise pas pour tous. Et le préposé, qui était chargé de surveiller la récolte ou le bord du champ, avait deux options de répartition : tout partager à parts égales entre tous ou donner à chacun la possibilité de prendre à la mesure de ses efforts. C'est-à-dire que chacun qui s'est frayé un passage pourra prendre plus vite que quelqu'un d'autre, bien que pas plus que ce qu'il lui faut pour manger. Et si parmi tous ceux qui sont rassemblés ne serait-ce qu'un seul dit que l'on prend selon les efforts (même si tous les autres veulent à parts égales), alors dans ce cas tous prennent chacun selon son effort – c'est-à-dire pas de tickets numérotés, pas de file d'attente, mais une sorte de cohue. C'est ce que dit la Loi, cela est mentionné dans le Talmud.
Et dans cette optique, comme l'une des variantes, on peut comprendre la phrase de Yéchoua selon laquelle le Royaume des Cieux se prend par la force. Il n'y a pas de distributeurs qui distribueraient des parts d'héritage dans le Royaume des Cieux ou une quelconque part en lui, il n'y a pas de bureaucratie ou de fonctionnaires qui y seraient mêlés ou qui y prendraient part. Chacun peut s'approcher selon son effort, prendre autant qu'il faut, autant qu'il pourra en contenir. C'est-à-dire que le Royaume des Cieux se prend à l'abordage, se prend par la force. C'est précisément de cette manière que je vous propose de percevoir cette variante de compréhension.
בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל הַזֹּאת תָּשֻׁבוּ אִישׁ אֶל־אֲחֻזָּתוֹ׃
bichnát hayovél hazzot tachoúvou ich el-a'houzzató
13 En cette année du jubilé, que chacun retourne dans sa part d'héritage.
Il y a à cela encore une facette : tu dois y retourner, tu dois t'efforcer d'y retourner. Un homme peut dire, raisonner ainsi : « Je suis déjà habitué, je suis travailleur immigré depuis 25 ans, j'ai ici plus d'attaches que là-bas, je suis depuis de nombreuses années en esclavage. Et où irais-je, moi, mener une vie autonome ! Mon maître, Dieu merci, est miséricordieux envers moi. Mais à quel point Dieu ou la nature seront miséricordieux envers moi si je sors, je ne le sais pas. Et puis je ne veux pas, je suis bien ici ». Mais il y a la prescription de prendre soin de sa part d'héritage. Ce n'est pas seulement un droit, la Torah veut que nous le fassions, que nous sortions en liberté, que nous retournions à notre part d'héritage. Si l'on comprend cette prescription en dehors de l'agriculture, alors elle concerne beaucoup de nos rêves, de nos vocations, de nos professions, que nous avons abandonnés pour l'agitation du monde, par notre pauvreté, par notre faiblesse, par bêtise ou par état de péché. Nous les avons abandonnés, oubliés, et eux, ces vocations qui sont les nôtres, ces parts d'héritage qui sont les nôtres, nos talents, nos capacités non réalisées, nos rêves non réalisés, eux aussi peuvent nous attendre. Et la Torah dit : retourne à ta part d'héritage. Il y a la possibilité d'obtenir la liberté de tout ce qui t'empêchait de t'occuper de ce à quoi tu es appelé, de ce qui est véritablement tien.
Dans le verset suivant, le thème change, une discussion commence sur l'honnêteté dans les transactions.
וְכִי־תִמְכְּרוּ מִמְכָּר לַעֲמִיתֶךָ אוֹ קָנֹה מִיַּד עֲמִיתֶךָ אַל־תּוֹנוּ אִישׁ אֶת־אָחִיו׃
vekhi-timkeroú mimkár la'amitékha o kanó miyád amitékha al-tonoú ich et-a'hív
14 Si vous vendez quelque chose à votre prochain ou achetez auprès de votre prochain, ne trompez pas votre frère.
בְּמִסְפַּר שָׁנִים אַחַר הַיּוֹבֵל תִּקְנֶה מֵאֵת עֲמִיתֶךָ בְּמִסְפַּר שְׁנֵי־תְבוּאֹת יִמְכָּר־לָךְ׃
bemispár chaním a'hár hayovél tikné me'ét amitékha bemispár chene-tevou'ót yimkor-lákh
15 Selon le nombre d'années après le jubilé achète auprès de ton prochain, selon le nombre de récoltes il te vendra.
De quoi est-il question ? Admettons que j'achète un terrain, où que je l'achète, avant l'année du jubilé. Qu'est-ce que l'homme me vend ? En réalité il ne me vend pas la terre, il me vend la récolte potentielle. Je sais que, par exemple, il reste 10 ans jusqu'à l'année du jubilé, ou 20 ans, ou 30 ans. Et donc j'achète 10, 20, 30 récoltes – autant qu'il en reste. Eh bien, je peux poser la question, comme dans le dessin animé soviétique : « Et elle donne beaucoup de lait, la vache ? », en voulant dire : « Et elle est grande, ta récolte, mon brave, de ton champ ? » Et il dira : « Tu porteras sans jamais finir de porter à l'entrepôt, tant il y a de récolte ». Cela peut signifier que soit il n'y a pas de récolte, soit il y en a beaucoup. C'est-à-dire qu'on peut me tromper au sujet de la récolte. On peut me tromper au sujet du fait que le voisin, à côté de ce terrain, a entrepris une décharge, et qu'une eau malsaine pénètre sur lui. Ou me tromper encore d'une autre manière au sujet de ce terrain. En fin de compte, puisque le jubilé a lieu une fois tous les 50 ans, je peux oublier la date et penser : il est encore loin, ce jubilé ! Alors qu'il est sur le point d'arriver – et il est déjà là. Cela m'arrive avec le Chabbat. Je pense souvent que le Chabbat est encore loin, et soudain je me réveille le matin, et dehors – c'est vendredi. Et avec le jubilé cela peut arriver à plus forte raison. Et tout cela constitue un terrain pour d'innombrables façons de tromper. C'est pourquoi la Torah dit : ne vous trompez pas l'un l'autre, vendez le nombre de récoltes, souvenez-vous qu'il faut être honnêtes, que la bénédiction, vous ne la recevez pas de l'argent gagné, mais du Très-Haut.
לְפִי רֹב הַשָּׁנִים תַּרְבֶּה מִקְנָתוֹ וּלְפִי מְעֹט הַשָּׁנִים תַּמְעִיט מִקְנָתוֹ כִּי מִסְפַּר תְּבוּאֹת הוּא מֹכֵר לָךְ׃
lefí rov hachaním tarbé miknató oulfí me'ót hachaním tam'ít miknató ki mispár tevou'ót hou mokhér lakh
16 Selon le grand nombre d'années le prix augmentera, et selon le petit nombre d'années le prix diminuera, parce que c'est un nombre de récoltes qu'il te vend.
C'est-à-dire souviens-toi et ne pense pas que tu achètes la terre, ne te trompe pas toi-même, tu achètes un nombre de récoltes. C'est pourquoi, plus il y a de récoltes, plus la terre est chère, moins il reste de récoltes jusqu'au jubilé, moins la terre est chère.
וְלֹא תוֹנוּ אִישׁ אֶת־עֲמִיתוֹ וְיָרֵאתָ מֵאֱלֹהֶיךָ כִּי אֲנִי יְהוָֹה אֱלֹהֵיכֶם׃
veló tonoú ich et-amitó veyaréta me'elohékha ki aní adonáy elohekhém
17 Et ne trompez pas chacun son prochain, et crains ton Dieu, car Je suis le SEIGNEUR votre Dieu.
Plus que tu ne veux d'argent, tu dois craindre Dieu, parce que si tu te brouilles avec Moi, avec le Très-Haut, aucun argent ne te sauvera.
וַעֲשִׂיתֶם אֶת־חֻקֹּתַי וְאֶת־מִשְׁפָּטַי תִּשְׁמְרוּ וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם וִישַׁבְתֶּם עַל־הָאָרֶץ לָבֶטַח׃
va'assitém et-'houkkotáy ve'et-michpatáy tichmeroú va'assitém otám vichavtém al-ha'árets lavéta'h
18 Et vous observerez mes lois, et mes commandements vous les garderez, et vous agirez selon eux, et vous vivrez paisiblement (avec assurance) sur la terre.
L'assurance de la vie sur la terre concerne aussi le fait que, puisque nous, ici, maintenant, ne semons pas et ne labourons pas, quelqu'un peut penser que c'est justement le moment de nous attaquer. Le Très-Haut dit que l'observance de ces commandements est la meilleure contribution à la défense du pays à l'échelle du peuple. Et à l'échelle de mon comportement personnel – si je veux mieux gérer mon bien immobilier, je dois observer les lois du Très-Haut aussi à l'égard du sabbat, c'est-à-dire laisser la terre non cultivée les années prescrites ; et dans les relations avec les prochains, c'est-à-dire ne pas essayer de tromper d'une manière ou d'une autre le prochain pour mon propre profit. Et alors je vivrai tranquillement sur la terre.
וְנָתְנָה הָאָרֶץ פִּרְיָהּ וַאֲכַלְתֶּם לָשֹׂבַע וִישַׁבְתֶּם לָבֶטַח עָלֶיהָ׃
venatená ha'árets pir'yá va'akhaltém lassóva vichavtém lavéta'h aléha
19 Et la terre a donné son fruit, et vous mangerez à satiété, et vous vivrez en sécurité sur elle.
À partir du verset 20 commence une sorte de dialogue imaginaire du peuple avec le Très-Haut : ce que nous pourrions dire et comment nous pourrions objecter à l'ordre du Très-Haut de ne pas ensemencer le champ pendant un an ou deux et de vivre tant bien que mal.
וְכִי תֹאמְרוּ מַה־נֹּאכַל בַּשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת הֵן לֹא נִזְרָע וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת־תְּבוּאָתֵנוּ׃
vekhí tomeroú ma-nokhál bachaná hachevi'ít hen lo nizrá veló ne'essóf et-tevou'aténou
20 Si vous dites : et que mangerons-nous la septième année, quand nous ne sèmerons pas et ne recueillerons pas notre récolte ?
Règle bien connue : qui ne travaille pas ne mange pas. Comment donc pouvons-nous ne pas travailler la septième année ? Qu'est-ce que nous mangerons, si nous ne semons pas ? C'est une pensée tout à fait raisonnable. Et le Très-Haut explique :
וְצִוִּיתִי אֶת־בִּרְכָתִי לָכֶם בַּשָּׁנָה הַשִּׁשִּׁית וְעָשָׂת אֶת־הַתְּבוּאָה לִשְׁלֹשׁ הַשָּׁנִים׃
vetsivvíti et-birkhatí lakhém bachaná hachichít ve'assát et-hattevou'á lichlóch hachaním
21 Je commanderai à Ma bénédiction (J'ordonnerai de bénir la terre chez vous, Je vous prescrirai la bénédiction) la sixième année, et il sera produit une récolte pour trois ans (pour trois ans de subsistance).
וּזְרַעְתֶּם אֵת הַשָּׁנָה הַשְּׁמִינִת וַאֲכַלְתֶּם מִן־הַתְּבוּאָה יָשָׁן עַד הַשָּׁנָה הַתְּשִׁיעִת עַד־בּוֹא תְּבוּאָתָהּ תֹּאכְלוּ יָשָׁן׃
ouzra'tém et hachaná hacheminít va'akhaltém min-hattevou'á yachán ad hachaná hattechi'ít ad-bó tevou'atá tokheloú yachán
22 Et vous sèmerez la huitième année, et vous mangerez l'ancien de la récolte, jusqu'à la neuvième année ; jusqu'à ce que vienne la récolte de la neuvième année, vous mangerez l'ancien.
C'est-à-dire que le Très-Haut promet : la sixième année (ou la quarante-huitième année dans le cas de l'année du jubilé) vous rassemblerez une telle récolte que vous la mangerez pendant trois ans entiers, elle vous suffira pour trois ans.
On peut dire ici : « Et si on vérifiait ? » Voilà, j'ai ensemencé le champ la sixième année. J'ai regardé, j'ai estimé et j'ai vu : nan, je n'ai pas eu de récolte pour trois ans. C'est sorti comme d'habitude. Et je dirai au Très-Haut : puisque Tu ne remplis pas Tes promesses, moi non plus je n'observerai pas Ta Torah, voilà, je vais ensemencer comme d'habitude. Puisque Tu as donné comme d'habitude, moi aussi j'agirai comme d'habitude (c'est-à-dire je pécherai). On peut, bien sûr, raisonner ainsi, il y a une telle tentation. Et la réponse peut être que ce n'est pas toujours un miracle manifeste, il ne s'agit pas forcément d'une bénédiction directe : la Torah nous enseigne aussi à vivre en conformité avec ces lois. Je ne raisonne pas en ce moment de manière théorique, je parle sur la base de mes échanges avec des gens qui s'occupent d'agriculture en Israël, qui disent que la récolte, effectivement, n'est pas toujours triple ou quadruple. Mais elle suffit toujours ! Et d'une manière ou d'une autre, pour diverses raisons, mais l'entreprise survit toujours, l'affaire marche bien. Et nous ne pouvons pas dire que nous subissons davantage de dommage du fait que nous observons l'année de la chmitá. Il apparaît davantage de gens qui achètent chez nous, nous avons beaucoup de clients fidèles qui savent comment nous faisons pousser les légumes, les fruits en conformité avec toutes les lois. Et tout, au bout du compte, marche bien, et cela suffit, cela suffit pour que l'entreprise, l'affaire, la propriété tienne bon, pour que personne n'ait faim, pour que l'affaire, au total, donne un plus grand profit que chez les concurrents. C'est ce que racontent les gens qui s'occupent d'agriculture.
וְהָאָרֶץ לֹא תִמָּכֵר לִצְמִתֻת כִּי־לִי הָאָרֶץ כִּי־גֵרִים וְתוֹשָׁבִים אַתֶּם עִמָּדִי׃
veha'árets lo timmakhér litsmitoút ki-lí ha'árets ki-gerím vetochavím attém immadí
23 Et la terre, ne la vends pas à perpétuité, parce que la terre M'appartient, parce que vous êtes des étrangers sur la terre et des habitants avec Moi.
Gerím – ce sont les étrangers, tochavím – ce sont les habitants permanents. C'est-à-dire que, si vous considérez la terre comme la vôtre, alors vous êtes des étrangers. Chez Moi, sur Ma terre, avec Moi vous êtes en résidence permanente. C'est pourquoi tu ne peux pas vendre la terre, elle n'est pas à toi.
וּבְכֹל אֶרֶץ אֲחֻזַּתְכֶם גְּאֻלָּה תִּתְּנוּ לָאָרֶץ׃
ouvkhól érets a'houzzatkhém ge'oullá tittenoú la'árets
24 Et dans tout le pays, dans vos domaines, donnez la possibilité de rédemption (de rachat) pour les domaines.
Qu'est-ce que cela signifie ? Par exemple, j'ai vendu mon domaine, ma part d'héritage, ma datcha à cinq kilomètres de Yérou'ham. Je l'ai vendue parce que je n'avais pas d'argent, parce que j'étais dans le besoin, j'étais bête ou pour une autre raison encore. Au bout d'un certain temps je viens chez l'acheteur et je dis : « Revends-la-moi ». Et il doit me la vendre, il ne peut pas me refuser la vente.
כִּי־יָמוּךְ אָחִיךָ וּמָכַר מֵאֲחֻזָּתוֹ וּבָא גֹאֲלוֹ הַקָּרֹב אֵלָיו וְגָאַל אֵת מִמְכַּר אָחִיו׃
ki-yamoúkh a'híkha oumakhár me'a'houzzató ouvá go'aló hakkaróv eláv vega'ál et mimkár a'hív
25 Si ton frère s'affaiblit, et a vendu son domaine, et est venu le rédempteur du prochain, et a racheté ce qui a été vendu par son frère.
Il est arrivé que ton frère-voisin soit tombé dans le malheur et t'ait vendu son domaine, mais son proche parent est venu, qui est suffisamment riche, et a racheté ce qui avait été vendu.
וְאִישׁ כִּי לֹא יִהְיֶה־לּוֹ גֹּאֵל וְהִשִּׂיגָה יָדוֹ וּמָצָא כְּדֵי גְאֻלָּתוֹ׃
ve'ích ki lo yihye-lo go'él vehissíga yadó oumatsá kedé ge'oullató
26 Et si un homme n'a pas de rédempteur (de parent riche), mais il a su faire des efforts, et sa main a atteint, et il a trouvé assez pour le rachat,
וְחִשַּׁב אֶת־שְׁנֵי מִמְכָּרוֹ וְהֵשִׁיב אֶת־הָעֹדֵף לָאִישׁ אֲשֶׁר מָכַר־לוֹ וְשָׁב לַאֲחֻזָּתוֹ׃
ve'hicháv et-chené mimkaró vehechív et-ha'odéf la'ích achér makhar-ló vecháv la'a'houzzató
27 Et il a compté les années depuis la vente, et a rendu la monnaie à l'acheteur (à celui à qui il avait vendu), et est retourné dans sa possession.
C'est-à-dire que j'ai vendu ma propriété 20 ans avant le jubilé. 5 ans se sont écoulés, et j'ai calculé : je l'ai vendue pour 20 récoltes, 5 récoltes, il les a rassemblées, reçues ; donc je peux la racheter pour 15 récoltes. Et l'acheteur n'a pas le droit de me refuser le rachat de ma possession qui lui a été temporairement vendue.
וְאִם לֹא־מָצְאָה יָדוֹ דֵּי הָשִׁיב לוֹ וְהָיָה מִמְכָּרוֹ בְּיַד הַקֹּנֶה אֹתוֹ עַד שְׁנַת הַיּוֹבֵל וְיָצָא בַּיֹּבֵל וְשָׁב לַאֲחֻזָּתוֹ׃
ve'ím lo-matse'á yadó de hachív lo vehayá mimkaró beyád hakkoné otó ad chenát hayovél veyatsá bayovél vecháv la'a'houzzató
28 Et si sa main n'a pas atteint assez pour la récupérer (la possession), alors ce qui a été vendu restera entre les mains de l'acheteur jusqu'à l'année du jubilé. Et l'année du jubilé l'homme peut de nouveau retourner (tout à fait gratuitement) dans sa possession.
C'est-à-dire que, si l'homme n'a pas pu se procurer assez d'argent pour récupérer sa propriété, il a un certain rétablissement dans ses droits. Nous ne pouvons pas spolier un homme pour toujours, il n'est pas permis au riche de dépouiller le pauvre. Et en cela est la justice de l'histoire, et en cela est le témoignage que la terre n'est pas à nous et, en principe, ne peut pas être à nous. Elle, comme tout en ce monde, appartient au Très-Haut.
Si un ami s'est révélé soudain
Vayikra 25,29–26,3
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Béhar. Nous avons déjà parlé du rachat de la terre, du fait que tout homme qui a vendu sa part d'héritage dans le pays d'Israël peut la racheter selon un plan déterminé ou la récupérer tout à fait gratuitement l'année du jubilé. Maintenant la Torah va parler de certaines particularités, de certaines exceptions à ces règles.
וְאִישׁ כִּי־יִמְכֹּר בֵּית־מוֹשַׁב עִיר חוֹמָה וְהָיְתָה גְּאֻלָּתוֹ עַד־תֹּם שְׁנַת מִמְכָּרוֹ יָמִים תִּהְיֶה גְאֻלָּתוֹ׃
ve'ích ki-yimkór bet-mocháv ir 'homá vehayetá ge'oullató ad-tóm chenát mimkaró yamím tihyé ge'oullató
29 Et si un homme vend une maison d'habitation dans une ville entourée d'une muraille, il y aura la possibilité de la racheter jusqu'à la fin de l'année à partir du jour de la vente : un an sera son rachat.
C'est-à-dire que si un homme a vendu une maison dans une ville de construction solide, dans laquelle il y a une vie urbaine tumultueuse et bouillonnante, alors, à la différence d'un lot de terre ou d'une propriété, la maison vendue en ville ne peut être rachetée que dans le courant d'une année à partir du jour de la vente.
Le mot yamím (jours), qui est employé ici, se lit souvent comme année. Ainsi, au sujet de Rivka, avant de la laisser partir, son frère et sa mère disent : « Qu'elle reste assise avec nous yamím… », ce qui signifie aussi une année.
אִם לֹא־יִגָּאֵל עַד־מְלֹאת לוֹ שָׁנָה תְמִימָה וְקָם הַבַּיִת אֲשֶׁר־בָּעִיר אֲשֶׁר־לֹא (לוֹ) חֹמָה לַצְּמִיתֻת לַקֹּנֶה אֹתוֹ לְדֹרֹתָיו לֹא יֵצֵא בַּיֹּבֵל׃
ve'ím lo-yigga'él ad-melót lo chaná temimá vekám habbáyit acher-ba'ír acher-ló 'homá lattsemitoút lakkoné otó ledorotávDans la translittération russe, l'accent tonique de ce mot est placé par erreur sur une consonne. Nous l'avons mis sur la dernière syllabe, comme le veut l'hébreu. lo yetsé bayovél
30 Et si on ne la rachète pas dans le courant d'une année entière après la vente, la maison qui est dans la ville entourée d'une muraille appartiendra à perpétuité à l'acheteur dans sa génération (c'est-à-dire avec le droit de la transmettre en héritage) et ne sera pas libérée l'année du jubilé.
À la différence d'une propriété, un appartement en ville, ce n'est pas un lieu auquel l'homme s'attache comme il s'attache à la terre. L'homme est plus attaché à l'enclave avec sa population nombreuse, à la ville elle-même, que concrètement à son appartement, c'est ainsi que la Torah le comprend. C'est-à-dire que l'appartement est vendu, l'homme peut déménager dans une autre maison ou dans une autre ville, et elles sont toutes pareilles, il n'y a pas de particularités individuelles à l'intérieur de la ville, comme on dirait maintenant, de la fourmilière entourée d'une muraille. Et c'est pourquoi la Torah dit que, s'il s'agit seulement d'un appartement en ville, c'est une exception aux règles, ici les délais de rachat sont tout à fait différents. Eh bien, et comme on dit : la vie dans une mégapole va à des vitesses plus élevées, le rythme même de la vie est différent, c'est pourquoi les règles aussi sont un peu différentes.
וּבָתֵּי הַחֲצֵרִים אֲשֶׁר אֵין־לָהֶם חֹמָה סָבִיב עַל־שְׂדֵה הָאָרֶץ יֵחָשֵׁב גְּאֻלָּה תִּהְיֶה־לּוֹ וּבַיֹּבֵל יֵצֵא׃
ouvatté ha'hatserím achér en-lahém 'homá savív al-sedé ha'árets ye'hachév ge'oullá tihye-ló ouvayovél yetsé
31 Et les maisons des cours, autour desquelles il n'y a pas de muraille, seront comptées comme un domaine (des parts d'héritage, des champs de terre) : et il y aura pour lui un rachat, et l'année du jubilé il sortira.
Il s'agit ici d'une ville ou d'une agglomération de type urbain, d'une ville ouverte, à cette époque-là il y avait de telles mesures. C'est-à-dire une ville dans laquelle il y a simplement des maisons et des cours, qui est au large, en hébreu cela s'appelle aréy prózdor, une ville assise librement. Une ville qui n'est pas entourée d'une muraille, quand il y a des restrictions de rachat seulement dans le courant d'une année. Une ville ouverte a le même statut que le domaine, que le lot de terre. Et tout bien immobilier y est libéré l'année du jubilé.
Au verset 32 il est question d'une exception aux exceptions.
וְעָרֵי הַלְוִיִּם בָּתֵּי עָרֵי אֲחֻזָּתָם גְּאֻלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם׃
ve'aré halviyím batté aré a'houzzatám ge'oullát olám tihyé lalviyím
32 Et les villes lévitiques et leurs domaines urbains peuvent être rachetés à perpétuité, à tout moment, par les lévites.
Plus tard, dans le livre de Bémidbar, nous apprendrons que 48 villes ont été attribuées aux lévites, dont 6 villes de refuge. Chacune des tribus a attribué aux lévites quelques villes, puisqu'ils n'ont pas de part d'héritage à eux. Pourquoi cela ? La première raison est contenue dans la bénédiction de Yaakov, qui a dit : « …je les disperserai en Israël ». Et la deuxième raison – les lévites sont séparés, consacrés au Très-Haut, leur part d'héritage – le SEIGNEUR Lui-même.
וַאֲשֶׁר יִגְאַל מִן־הַלְוִיִּם וְיָצָא מִמְכַּר־בַּיִת וְעִיר אֲחֻזָּתוֹ בַּיֹּבֵל כִּי בָתֵּי עָרֵי הַלְוִיִּם הִוא אֲחֻזָּתָם, בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
va'achér yig'ál min-halviyím veyatsá mimkar-báyit ve'ír a'houzzató bayovél ki vatté aré halviyím hi a'houzzatám betókh bené yisraél
33 Et celui qui achètera aux lévites, alors cette maison qu'il a achetée cessera d'être sa propriété l'année du jubilé, car les maisons dans les villes des lévites – ce sont leurs demeures (possessions) parmi les fils d'Israël.
Ici se poursuit notre thème principal, que toute la terre appartient au Très-Haut. Et il s'agit de cet héritage qui a été donné aux lévites par le Très-Haut. Si un lévite, pour une raison quelconque, est contraint de vendre sa maison, elle revient de nouveau en sa propriété l'année du jubilé.
וּשְׂדֵה מִגְרַשׁ עָרֵיהֶם לֹא יִמָּכֵר כִּי־אֲחֻזַּת עוֹלָם הוּא לָהֶם׃
ousadé migrách arehém lo yimmakhér ki-a'houzzát olám hou lahém
34 Et les champs qui sont près de leurs villes ne seront pas vendus, parce que c'est pour eux une possession éternelle.
De cela nous lirons de nouveau dans le livre de Bémidbar, au chapitre 35 : autour des villes lévitiques se trouvaient des champs, « des pâturages pour leur bétail, et pour leurs biens, et pour leurs besoins ».
Et c'est là, à proprement parler, que se termine la discussion sur la terre et son achat-vente dans le pays d'Israël.
וְכִי־יָמוּךְ אָחִיךָ וּמָטָה יָדוֹ עִמָּךְ וְהֶחֱזַקְתָּ בּוֹ גֵּר וְתוֹשָׁב וָחַי עִמָּךְ׃
vekhi-yamoúkh a'híkha oumáta yadó immákh vehe'hezákta bo ger vetocháv va'háy immákh
35 Si ton frère s'appauvrit, s'affaiblit, toi, soutiens sa main (sois un bâton pour sa main) et maintiens-le, l'étranger et celui qui vit avec toi.
Il est important de voir ici l'indication générale que donne la Torah. Ton frère affaibli et appauvri, ce n'est pas forcément un homme qui est arrivé au bout du rouleau et s'est vendu en esclavage, comme dans notre cas concret. Cela peut être aussi un homme d'affaires qui traverse des temps pas très bons. S'il est ton égal, alors aide-le, soutiens-le, pour qu'il reste au niveau où il était, auquel il pouvait travailler, vivre et faire beaucoup de choses utiles pour le monde et pour le Très-Haut. Aide ton frère à se remettre sur pied, si haut qu'il se tienne, il ne s'agit pas seulement des plus pauvres.
אַל־תִּקַּח מֵאִתּוֹ נֶשֶׁךְ וְתַרְבִּית וְיָרֵאתָ מֵאֱלֹהֶיךָ וְחֵי אָחִיךָ עִמָּךְ׃
al-tikká'h me'ittó néchekh vetarbít veyaréta me'elohékha ve'hé a'híkha immákh
36 Ne prends pas de gain de lui, et l'intérêt non plus on ne peut le prendre de lui, et crains ton Dieu, pour que ton frère puisse vivre à côté de toi.
C'est-à-dire que tu ne dois pas lui dire : « Bon, d'accord, puisque tu es tellement dans le besoin, vends-moi ta bague en or pour un dixième de son prix », ou le contraindre à vendre encore autre chose, à faire quelque travail pour trois sous. On ne peut pas faire cela. On ne peut pas dire : « Je te donne cette chose, qui vaut maintenant 100 chékels, mais tu ne vas pas la payer maintenant, tu n'as pas d'argent maintenant. Et quand tu te relèveras et que tu te seras lancé, tu me donneras pour elle 150 chékels ». Comme cela non plus on ne peut pas agir.
אֶת־כַּסְפְּךָ לֹא־תִתֵּן לוֹ בְּנֶשֶׁךְ וּבְמַרְבִּית לֹא־תִתֵּן אָכְלֶךָ׃
et-kaspekhá lo-tittén lo benéchekh ouvmarbít lo-tittén okhlékha
37 Et l'argent, ne le lui donne pas avec usure ou avec gain, et la nourriture, ne la lui donne pas contre décompte.
De nouveau : ne le force pas à t'emprunter, ou à prendre chez toi quelque prêt, ou à te vendre quelque chose d'inutile, ou à te vendre quelque chose que l'homme ne veut pas vendre. Et ne lui prête pas un sac de pommes de terre pour qu'il en rende deux, ou un sac de pommes de terre pour qu'il rende un panier de poisson, n'agis pas ainsi avec lui. Il y a une règle générale qui interdit de prêter de l'argent, de la nourriture ou quoi que ce soit à intérêt, pour en tirer un profit. Ce n'est pas seulement la règle qui énonce : je te donne un prêt de 100 chékels à 3 pour cent par an. Cela se produit, par exemple, aussi quand nous divisons un achat en paiements et disons : « Au lieu de payer 110 chékels tout de suite, tu feras 12 paiements de 10 chékels. Tu paieras plus, mais pour un plus grand nombre de paiements ». Une telle vente ressemble aussi à de l'intérêt. Mais la chose peut même ne pas concerner seulement l'argent. Si un homme me doit de l'argent et ne me le rend pas pour une raison quelconque, je peux commencer à lui demander : « 'Haïm, viens m'aider à monter le piano au troisième étage ou aide-moi à accrocher un tableau ». Ou simplement je commence à m'attendre à ce qu'il se comporte envers moi plus poliment – plus poliment qu'avant. Si avant je le saluais le premier, maintenant, quand je lui ai prêté de l'argent, je peux m'attendre à ce qu'il me salue le premier. Et toutes sortes d'autres bonus que je veux recevoir de lui, même certains innocents. Cela s'appelle « la poussière d'intérêt » : ce n'est pas tout à fait de l'intérêt, mais ça sent l'intérêt. Et ce phénomène est très mauvais, et la punition pour lui peut être la même que pour l'intérêt.
אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם אֲשֶׁר־הוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם לָתֵת לָכֶם אֶת־אֶרֶץ כְּנַעַן לִהְיוֹת לָכֶם לֵאלֹהִים׃
aní adonáy elohekhém acher-hotséti etkhém me'érets mitsráyim latét lakhém et-érets kená'an lihyot lakhém lelohím
38 Je suis le SEIGNEUR votre Dieu, Qui vous a fait sortir du pays d'Égypte, pour vous donner le pays de Canaan, et pour être votre Dieu.
Toutes ces règles sont conditionnées par le fait que le SEIGNEUR nous donne la terre sur laquelle nous devons vivre dans la sainteté. La vie dans la sainteté suppose une certaine attitude envers la terre, envers soi-même et envers le prochain. C'est-à-dire qu'on ne peut pas utiliser le malheur du prochain, le besoin du prochain à ses propres fins, ne pas soutirer au prochain tout jusqu'au dernier.
וְכִי־יָמוּךְ אָחִיךָ עִמָּךְ וְנִמְכַּר־לָךְ לֹא־תַעֲבֹד בּוֹ עֲבֹדַת עָבֶד׃
vekhi-yamoúkh a'híkha immákh venimkar-lákh lo-ta'avód bo avódat áved
39 Si ton frère s'affaiblit avec toi et s'est vendu à toi en esclavage, ne le contrains pas à un travail d'esclave.
Un homme malheureux en est arrivé au point d'être contraint de se vendre en esclavage et de dire : « Allez, je serai ton esclave, et toi tu m'entretiendras, moi et ma famille, je ne peux pas, je ne m'en sors pas seul ». Qu'il soit chez toi comme un ouvrier salarié, ne l'utilise pas, ne l'emploie pas aux travaux qui sont d'ordinaire destinés aux esclaves. Même s'il est ton esclave, donne-lui un travail digne.
כְּשָׂכִיר כְּתוֹשָׁב יִהְיֶה עִמָּךְ עַד־שְׁנַת הַיֹּבֵל יַעֲבֹד עִמָּךְ׃
kesakhír ketocháv yihyé immákh ad-chenát hayovél ya'avód immákh
40 Comme un ouvrier salarié, comme un habitant (un voisin) il sera avec toi ; et jusqu'à l'année du jubilé il travaillera avec toi.
Cet homme sera chez toi comme un ouvrier salarié, tu lui donneras un peu d'argent, et en plus tu devras l'entretenir pour son travail. Et tu n'as pas le droit de l'employer à des travaux humiliants, sales ou particulièrement pénibles.
וְיָצָא מֵעִמָּךְ הוּא וּבָנָיו עִמּוֹ וְשָׁב אֶל־מִשְׁפַּחְתּוֹ וְאֶל־אֲחֻזַּת אֲבֹתָיו יָשׁוּב׃
veyatsá me'immákh hou ouvanáv immó vecháv el-michpa'htó ve'el-a'houzzát avotáv yachoúv
41 Et il sortira de chez toi, lui et ses fils avec lui, et il retournera à sa famille, au domaine de ses pères il retournera.
L'esclave est libéré, il sort en liberté, et la Torah note particulièrement qu'il sort avec ses fils. Qu'est-ce que cela signifie ? Si un homme s'est vendu à toi en esclavage, si tu l'as pris comme collaborateur, comme homme à gages, alors tu dois entretenir, nourrir non seulement lui, mais aussi sa famille, ses fils. Ce sont les conditions du contrat : tu veux – prends un homme en esclavage à de telles conditions, tu ne veux pas – ne le prends pas.
כִּי־עֲבָדַי הֵם אֲשֶׁר־הוֹצֵאתִי אֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם לֹא יִמָּכְרוּ מִמְכֶּרֶת עָבֶד׃
ki-avadáy hem acher-hotséti otám me'érets mitsráyim lo yimmakheroú mimkéret áved
42 Parce que ce sont Mes esclaves, que J'ai fait sortir du pays d'Égypte : on ne doit pas les vendre comme on vend les esclaves.
On entend par là qu'il est interdit de vendre des esclaves juifs de la manière dont le font habituellement ceux qui s'occupent de la traite des esclaves : on ne peut pas vendre son prochain ou son frère sur la place du marché, on ne peut pas le placer sur une pierre pour qu'on le voie mieux. Aucun des procédés qui sont utilisés lors de la vente et de l'achat d'esclaves, nous n'avons le droit de l'utiliser à l'égard de notre frère.
לֹא־תִרְדֶּה בוֹ בְּפָרֶךְ וְיָרֵאתָ מֵאֱלֹהֶיךָ׃
lo-tirdé vo befárekh veyaréta me'elohékha
43 Ne le contrains pas (ne le force pas) à un travail de bagnard (ne l'asservis pas par un dur labeur), crains ton Dieu.
Souviens-toi qu'il n'est pas ton esclave, il est l'esclave du Très-Haut, qui l'a fait sortir, lui comme toi, de la terre d'Égypte. Et que cela te mette en garde contre l'intention de forcer un homme à travailler d'un travail au-dessus de ses forces.
וְעַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ אֲשֶׁר יִהְיוּ־לָךְ מֵאֵת הַגּוֹיִם אֲשֶׁר סְבִיבֹתֵיכֶם מֵהֶם תִּקְנוּ עֶבֶד וְאָמָה׃
ve'avdekhá va'amatekhá achér yihyou-lákh me'ét haggoyím achér sevivotekhém mehém tiknoú éved ve'amá
44 Mais tes esclaves et tes esclaves femmes, qui seront à toi, d'entre les nations qui sont autour de vous, d'elles achetez et l'esclave et l'esclave femme.
C'est-à-dire, efforcez-vous d'acquérir des esclaves parmi les gens d'autres peuples. Bien sûr, pour l'oreille moderne il est en général difficile de lire au sujet de la permission d'avoir des esclaves, du fait que la Torah permet d'avoir des esclaves et en parle ouvertement. Mais il faut se souvenir qu'en ces temps lointains cela faisait partie de la réalité. Et la Torah parle de ce qui est applicable à cette réalité donnée. La Torah ne parle pas d'un monde paradisiaque ni d'un Alex idéal, d'un 'Haïm idéal, d'un Moché idéal. La Torah donne à Alex des commandements tels qu'ils sont à la mesure des forces et du niveau d'Alex. Elle ne peut pas m'ordonner de voler, de me téléporter ou de soulever de lourdes charges, mais elle donne le potentiel de grandir, de sorte que peut-être je pourrai aussi voler. Elle a donné au monde un potentiel de croissance, et le monde est sorti de l'esclavage, que la Torah permet, aussi grâce à la Torah. Et néanmoins, comme disait Yéchoua, à cause de la dureté de votre cœur à ce moment-là la Torah permet d'acquérir des esclaves parmi les peuples voisins. Il est important aussi de savoir que l'esclave était associé au judaïsme : il devait observer les commandements qui ne dépendent pas du temps, il était instruit dans les fondements du judaïsme, il était circoncis. Et quand on le laissait partir en liberté, il devenait juif. Il n'y a pas ici seulement le processus d'acquisition d'un esclave et, assurément, l'obtention d'un profit économique, mais aussi l'attraction de cet esclave vers la chekhína, vers la lumière du Très-Haut.
וְגַם מִבְּנֵי הַתּוֹשָׁבִים הַגָּרִים עִמָּכֶם מֵהֶם תִּקְנוּ וּמִמִּשְׁפַּחְתָּם אֲשֶׁר עִמָּכֶם אֲשֶׁר הוֹלִידוּ בְּאַרְצְכֶם וְהָיוּ לָכֶם לַאֲחֻזָּה׃
vegám mibbené hattochavím haggarím immakhém mehém tiknoú oumimmichpa'htám achér immakhém achér holídou be'artsekhém vehayoú lakhém la'a'houzzá
45 Et aussi parmi les fils des habitants qui vivent avec vous (c'est-à-dire parmi les étrangers qui se sont établis au milieu de vous), d'eux achetez, et de leurs familles, de ceux qui sont avec vous, de ces fils qu'ils ont engendrés dans votre pays, qu'ils soient à vous.
וְהִתְנַחֲלְתֶּם אֹתָם לִבְנֵיכֶם אַחֲרֵיכֶם לָרֶשֶׁת אֲחֻזָּה לְעֹלָם בָּהֶם תַּעֲבֹדוּ וּבְאַחֵיכֶם בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל אִישׁ בְּאָחִיו לֹא־תִרְדֶּה בוֹ בְּפָרֶךְ׃
vehitna'haltém otám livnekhem a'harekhém laréchet a'houzzá le'olám bahém ta'avódou ouv'a'hekhém bene-yisraél ich be'a'hív lo-tirdé vo befárekh
46 Et léguez-les à vos fils après vous, en héritage de possession éternel transmettez-les. Mais à l'égard de vos frères, les fils d'Israël, qu'un homme ne contraigne pas son frère à un dur labeur.
וְכִי תַשִּׂיג יַד גֵּר וְתוֹשָׁב עִמָּךְ וּמָךְ אָחִיךָ עִמּוֹ וְנִמְכַּר לְגֵר תּוֹשָׁב עִמָּךְ אוֹ לְעֵקֶר מִשְׁפַּחַת גֵּר׃
vekhí tassíg yad ger vetocháv immákh oumákh a'híkha immó venimkár legér tocháv immákh o le'éker michpá'hat ger
47 Si la main de l'étranger atteint (s'il a assez d'argent), et que ton frère à côté de lui s'est affaibli, s'est appauvri et s'est vendu en esclavage à l'étranger qui vit à côté de toi, ou s'est vendu au service de cette famille,
Ton prochain, l'un des fils d'Israël, s'est tellement appauvri qu'il s'est vendu en esclavage non pas à un juif, mais à l'un des étrangers qui vit à côté de toi, qui peut-être observe certains commandements, se trouve sous ta juridiction, en ton pouvoir, mais il n'est pas juif.
אַחֲרֵי נִמְכַּר גְּאֻלָּה תִּהְיֶה־לּוֹ אֶחָד מֵאֶחָיו יִגְאָלֶנּוּ׃
a'haré nimkár ge'oullá tihíe lo e'hád me'e'háv yig'alénnou
48 Après la vente, il doit y avoir pour lui une rédemption, l'un de ses frères doit le racheter :
אוֹ־דֹדוֹ אוֹ בֶן־דֹּדוֹ יִגְאָלֶנּוּ אוֹ־מִשְּׁאֵר בְּשָׂרוֹ מִמִּשְׁפַּחְתּוֹ יִגְאָלֶנּוּ אוֹ־הִשִּׂיגָה יָדוֹ וְנִגְאָל׃
o-dodó o ven-dodó yig'alénnou o-miche'ér besaró mimmichpa'htó yig'alénnou o-hissíga yado venig'ál
49 Ou son oncle, ou son cousin le rachèteront, ou de sa proche parenté, de sa famille ils le rachèteront ; ou lui-même trouvera l'argent et sera racheté.
En quoi consiste ici le fond de l'affaire ? Si l'étranger qui vit à côté de nous se trouve dans notre juridiction et d'une certaine manière nous est soumis, nous devons le contraindre à rendre, à libérer celui de nos frères qui s'est vendu à lui en esclavage, en échange d'une compensation financière. Et cet homme, l'étranger, puisqu'il est soumis à nos lois, n'a pas le droit de refuser. Ce n'est pas une confiscation, c'est une issue équitable.
וְחִשַּׁב עִם־קֹנֵהוּ מִשְּׁנַת הִמָּכְרוֹ לוֹ עַד שְׁנַת הַיֹּבֵל וְהָיָה כֶּסֶף מִמְכָּרוֹ בְּמִסְפַּר שָׁנִים כִּימֵי שָׂכִיר יִהְיֶה עִמּוֹ׃
ve'hicháv im-konéhou michenát himmákhero lo ad chenát hayovél vehayá késsef mimkaró bemispár chaním kimé sakhír yihyé immó
50 Et il comptera avec le vendeur depuis le moment de sa vente jusqu'à l'année du jubilé, et le prix de la vente sera selon le nombre d'années, comme le salaire d'un ouvrier à gages il sera pour lui.
Qu'est-ce que cela signifie ? Par exemple, un homme s'est vendu pour 500 mille chékels, et nous savons qu'il s'est vendu 10 ans avant l'année du jubilé. Donc nous considérons qu'il s'est vendu pour un salaire de 50 mille chékels par an. S'il a travaillé 5 ans de ce temps, nous déduisons de la somme de la vente 250 mille chékels, et pour les 250 mille chékels restants l'acheteur doit nous le libérer.
אִם־עוֹד רַבּוֹת בַּשָּׁנִים לְפִיהֶן יָשִׁיב גְּאֻלָּתוֹ מִכֶּסֶף מִקְנָתוֹ׃
im-ód rabbót bachaním lefihén yachív ge'oullató mikkéssef miknató
51 S'il reste encore beaucoup d'années jusqu'à la fin du terme pour lequel l'homme est tombé en esclavage, conformément à ce calcul il doit rendre de son salaire ses annuités pour sa rédemption.
וְאִם־מְעַט נִשְׁאַר בַּשָּׁנִים עַד־שְׁנַת הַיֹּבֵל וְחִשַּׁב־לוֹ כְּפִי שָׁנָיו יָשִׁיב אֶת־גְּאֻלָּתוֹ׃
ve'im-me'át nich'ár bachaním ad-chenát hayovél ve'hichav-ló kefí chanáv yachív et-ge'oullató
52 Et s'il reste peu d'années jusqu'à l'année du jubilé, il le comptera en même temps que son expérience de travail, et sur la base de ces calculs il paiera pour lui-même le prix du rachat.
Que dit ici la Torah ? Si un homme a commencé à travailler et travaille la première année, bien sûr son efficacité au travail est moindre que s'il travaille la vingtième année : la vingtième année il sera mieux formé dans l'exploitation, et son travail la vingtième année doit coûter plus cher. C'est pourquoi tout au début l'homme compte son salaire à un seul prix, uniformément. À la fin du terme l'homme ne compte déjà plus son salaire aussi bas qu'au début. Et, comme son salaire serait plus élevé si nous tenons compte de l'expérience et de l'ancienneté, une plus grande compensation est versée, et sur cette base il se rachète à un prix plus élevé et sort en liberté.
Et exactement de la même manière que nous avons l'ordre de ne pas contraindre notre esclave à un dur labeur, ce même ordre la Torah le donne aussi à l'égard de l'étranger : nous ne pouvons pas admettre que, sous nos yeux, un étranger humilie notre frère. C'est pourquoi au verset 53 la Torah dit :
כִּשְׂכִיר שָׁנָה בְּשָׁנָה יִהְיֶה עִמּוֹ לֹא־יִרְדֶּנּוּ בְּפֶרֶךְ לְעֵינֶיךָ׃
kiskhír chaná vechaná yihyé immó lo-yirdénnou beférekh le'enékha
53 Comme un ouvrier à gages (c'est-à-dire non comme un esclave) ce juif qui s'est vendu sera chez son maître année après année, et il ne le contraindra pas à des travaux pénibles sous tes yeux.
Par compassion, par un sentiment de miséricorde envers ton prochain, tu ne dois pas permettre au maître étranger qui a acheté un Israélite en esclavage de contraindre ton frère à des travaux pénibles, s'il ne se trouve pas pour lui quelque parent qui puisse le racheter.
וְאִם־לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיֹּבֵל הוּא וּבָנָיו עִמּוֹ׃
ve'im-ló yigga'él be'élle veyatsá bichnát hayovél hou ouvanáv immó
54 S'il n'est pas racheté par l'un de ces moyens, il sortira l'année du jubilé, lui et ses fils avec lui.
Là encore, aussi dans le cas où un juif vend la famille en esclavage à un étranger dans le pays d'Israël, cet étranger est obligé d'entretenir non seulement son esclave lui-même, mais aussi sa famille. Le salaire ne doit pas être maigre, il doit être suffisamment élevé pour qu'il y ait la possibilité de nourrir la famille, d'habiller la famille et de lui assurer un certain minimum vital.
כִּי־לִי בְנֵי־יִשְׂרָאֵל עֲבָדִים עֲבָדַי הֵם אֲשֶׁר־הוֹצֵאתִי אוֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃
ki-lí vene-yisraél avadím avadáy hem acher-hotséti otám me'érets mitsráyim aní adonáy elohekhém
55 Parce que c'est à Moi que les fils d'Israël sont esclaves, ils sont Mes esclaves, que J'ai fait sortir du pays d'Égypte. Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.
Ici se termine le chapitre 25, mais ne se termine pas notre section hebdomadaire. Nous lirons encore deux versets du chapitre 26.
לֹא־תַעֲשׂוּ לָכֶם אֱלִילִם וּפֶסֶל וּמַצֵּבָה לֹא־תָקִימוּ לָכֶם וְאֶבֶן מַשְׂכִּית לֹא תִתְּנוּ בְּאַרְצְכֶם לְהִשְׁתַּחֲוֹת עָלֶיהָ כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם׃
lo-ta'assoú lakhém elilím ouféssel oumattsevá lo-takímou lakhém ve'éven maskít lo tittenoú be'artsekhém lehichta'havót alehá ki aní adonáy elohekhém
1 Ne vous faites pas de petits dieux, ni de statues, et ne vous dressez pas de colonnes, et ne faites pas de pierre de revêtement dans votre terre pour vous prosterner sur elle, parce que Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.
Il existe une des formes d'idolâtrie, une des formes de service des idoles, lorsqu'on fait une plateforme de pierre devant une statue ou devant une image taillée. On la décore d'une manière spéciale, et elle devient un lieu d'idolâtrie. Cela aussi, il est interdit de le faire.
Nous avons parlé avant cela des étrangers, de l'interaction avec les étrangers, du fait qu'un homme, commençant à avoir affaire aux étrangers, peut adopter certaines de leurs lois et règles. C'est pourquoi la Torah rappelle : « Même si tu as quelques affaires avec un étranger, même si tu lui commandes et qu'il t'est soumis et peut te rendre contre rachat l'esclave qu'il a acheté, même s'il a affaire avec toi à tel point qu'il peut acheter un esclave parmi tes fils, et que quelqu'un, Dieu nous en garde, peut tomber en esclavage chez un étranger – il ne faut pas, ne vous faites pas ces images taillées, dans n'importe quelle situation, même si votre maître est devenu un païen ».
אֶת־שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ וּמִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ אֲנִי יְהוָה׃
et-chabbetotáy tichmórou oumikdachí tiráou aní adonáy
2 Mes sabbats, observez-les, et Mon sanctuaire, craignez-le. Je suis le SEIGNEUR.
Souvenez-vous que vous avez la Tente d'assignation, dans laquelle J'habite, et c'est pourquoi craignez de la profaner ou de la déshonorer en vous prosternant quelque part dans un autre lieu, devant quelques autres dieux.
Notre section se termine ainsi : « Je suis le SEIGNEUR. Souvenez-vous que Je suis votre SEIGNEUR, vous n'avez pas d'autre Dieu ». Gloire au Très-Haut de ce qu'Il est le Maître Total et Unique, il n'y a aucun Dieu en dehors de Lui. À Lui appartiennent la terre et tout ce qui est sur elle. Tout ce que j'ai, tout Lui appartient, et je n'ai pas le droit de disposer de quoi que ce soit de mes biens en dehors de Sa volonté. Et tout se trouve sous Son saint pouvoir, sous Sa protection, sous Sa bénédiction, sous Son contrôle, tout, quoi qu'il arrive. Dès que surgit chez moi quelque chose de mien, je tombe hors de la relation avec le Très-Haut. Notre section parle, entre autres, aussi de cela. De beaucoup d'autres choses, mais, entre autres, aussi de cela.
La Torah en 5 minutes
Au chapitre 25 du livre de Vayikra, par lequel commence la section hebdomadaire Béhar, du verset 1 au verset 9, nous lisons les instructions que Moché, sur l'ordre du Très-Haut, donne à Israël, mais il ne s'adresse pas au peuple dans son ensemble, mais pour ainsi dire personnellement à chaque Israélite : « Sème ou ne sème pas, moissonne, taille, compte, sonne de la trompe… » Le tableau change au verset 10, lorsque nous lisons : « Et sanctifiez… », déjà au pluriel, l'adresse va à tout le peuple.
10. Et sanctifiez la cinquantième année, et proclamez la liberté sur la terre à tous ses habitants, que ce soit pour vous un jubilé, et retournez chacun dans sa possession, et retournez chacun à sa famille.
Soudain la Torah commence à parler non pas avec chacun séparément, mais avec tous ensemble. La liberté qu'il faut proclamer est une liberté pour tous les gens. Il est impossible que tout Israël devienne libre sans prendre quelqu'un avec soi dans cette liberté, en laissant quelqu'un sur le bord du chemin.
Au verset 25 du même chapitre nous lisons :
25. Si ton frère s'appauvrit et vend sa possession (une partie de sa possession), que vienne son proche parent et qu'il rachète ce que son frère a vendu.
C'est-à-dire, si ton frère, par pauvreté, a consenti à quelque transaction, y a consenti volontairement, cette transaction peut tout de même être annulée, lui-même avec le temps pourra racheter ce qui a été vendu, et s'il ne le peut pas, alors l'année du jubilé cela lui reviendra gratuitement.
Il y a aussi une autre situation :
35-36. Si ton frère s'appauvrit et tombe dans la déchéance chez toi, alors soutiens-le, qu'il soit étranger ou résident, et il vivra avec toi ; ne prends de lui ni usure ni intérêt, crains ton Dieu, afin que ton frère vive avec toi.
Souvent un homme se retrouve dans une situation si désespérée qu'il est prêt à emprunter de l'argent à intérêt, et même à un intérêt élevé. Il y consent, c'est de son bon gré, et on peut se dire : « Eh bien, il a lui-même consenti, je gagnerai de l'argent, et en plus je lui ferai une bonne action ». La Torah dit : « Non, ce n'est pas une bonne action. Ce n'est pas une bonne action que de profiter du consentement humain dans le besoin ». Il y a une grande différence entre le consentement et le désir. Un médecin oncologue que je connais dit : « Aucun de mes patients ne veut de chimiothérapie, personne au monde ne veut de chimiothérapie, mais un homme consent parfois à une chimiothérapie pour survivre ». Des situations semblables arrivent aussi dans le peuple d'Israël, quand un homme est contraint de vendre son domaine, quand un homme est contraint d'emprunter de l'argent à usure (si vraiment il n'y a plus rien du tout à vendre) ou quand, Dieu nous en garde, un homme se vend lui-même en esclavage.
Au verset 39 nous lisons :
39-40. Si ton frère s'appauvrit chez toi et t'est vendu, ne l'asservis pas par un travail d'esclave : comme un ouvrier à gages, comme un habitant il doit être chez toi, jusqu'à l'année du jubilé qu'il travaille chez toi.
Un personnage du livre « Les Douze Chaises » d'Ilf et Petrov disait : « Le consentement est un produit lors de la complète non-résistance des parties ». Si un homme consent, alors on peut conclure la transaction. Ici nous lisons une chose étonnante que dit la Torah : « Fais ce que l'homme veut, agis comme tu veux qu'on agisse envers toi. Non pas comme tu consens qu'on agisse envers toi, mais comme tu le veux ».
Nous ne pouvons pas, profitant de la situation désastreuse d'un homme, venir chez lui et racheter ses livres précieux pour une bouchée de pain ou échanger son anneau de mariage, qui lui est cher, contre un sac de farine. Ce n'est pas la liberté, c'est ce qui en fin de compte mènera à ce que, comme il est écrit dans le livre de Dévarim, vous serez vendus en Égypte. Pour être libres, nous devons agir dans une unité commune, sans faire violence à l'homme, malgré son consentement. Pour être libres, il faut respecter la liberté d'autrui : ta liberté ne peut pas être la non-liberté d'un autre, même s'il consent quelque part à renoncer à sa liberté. Seul le peuple tout entier peut être libre, seule une société de gens complètement libres. C'est ce que nous enseigne la section hebdomadaire Béhar.
Béhar : poursuivre l'étude
Lisez aussi la section Kédochim sur la sainteté et le prochain, l'entretien sur les alliances et les sections hebdomadaires de la Torah.