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  3. Ki Tissa

כִּי תִשָּׂא

Ki Tissa

texte et commentaire

Section hebdomadaire
21 sur 54
Versets
Chémot 30,11–34,35
Parties
9
Temps de lecture
2 h 40 min

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La section hebdomadaire Ki Tissa est présentée dans la sténographie détaillée des entretiens d'Alex Blend. Le matériel comprend le texte en hébreu, la translittération, la traduction et le commentaire de l'auteur. Les parties sont consacrées au demi-chékel, à l'aménagement de la Tente d'assignation, au Chabbat, au veau d'or, à la prière de Moché et au renouvellement de l'alliance ; la haftara sur Éliyahou est examinée à part.

Ki Tissa : l'inscription au registre

Chémot 30,11–38

Nous continuons à lire les ordres que le Très-Haut donne à Moché concernant l'aménagement de la Tente d'assignation.

         וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

11 Et le Très-Haut parla à Moché, disant :

כִּי תִשָּׂא אֶת־רֹאשׁ בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל לִפְקֻדֵיהֶם וְנָתְנוּ אִישׁ כֹּפֶר נַפְשׁוֹ לַיהוָה בִּפְקֹד אֹתָם וְלֹא־יִהְיֶה בָהֶם נֶגֶף בִּפְקֹד אֹתָם׃

ki tissá et-róch bene-yisraél lifkoudehém venatenoú ich kófer nafchó ladonáy bifkód otám velo-yihyé vahém négef bifkód otám

12 « Quand tu compteras les fils d'Israël (tiendras le compte des fils d'Israël) selon leurs dénombrements (selon toutes leurs catégories), chacun donnera une expiation pour son âme au SEIGNEUR lors de leur dénombrement, et il n'y aura pas chez eux d'épidémie ou de peste, quand tu les compteras.

Nous allons regarder plus attentivement le verbe lassét. Littéralement il signifie lever vers le haut, porter sur soi, prendre sur soi la responsabilité ou soulever sur soi. Pourquoi dans ce cas est-il traduit par compter ? On veut dire que Moché prend les fils d'Israël à son bilan, les prend sur lui, les prend sous sa responsabilité comptable et naturellement les compte. C'est pourquoi, pour le sens toi, fais le compte on emploie le verbe tissá. Mais il y a à cela aussi un autre sens, non moins important : « Quand tu élèveras le peuple d'Israël, tu les prends réellement sous ta responsabilité, tu les acceptes, afin de les élever, afin de leur apprendre à s'élever vers le haut ». S'élever y compris après les nombreuses chutes qu'il y aura dans l'histoire. Toute la Torah, tout l'enseignement qui a été transmis par le Très-Haut par Moché au peuple d'Israël ‒ c'est un enseignement sur la manière de s'élever.

Chaque homme qui s'est présenté lors de ce grand recensement de la population, chaque homme « compté » donne une rançon au SEIGNEUR. L'épidémie ou la peste, la maladie, la contagion – c'est ce qui se transmet de l'un à l'autre. L'unité – ce n'est pas seulement se maintenir les uns les autres dans la sainteté, pas seulement savoir simplement se soutenir, s'encourager les uns les autres. C'est aussi le danger de recevoir les maladies de l'autre, d'être contaminé par les maladies de l'autre, le danger que l'autre personne te tire vers le bas. Et pour que cela n'arrive pas, chacun a son propre petit fil, sa propre petite chaînette, qui le relie au Très-Haut : c'est le kófer (rançon ou couverture, couvercle). Je rappelle, nous avons déjà parlé du mot kapóret (couvercle), il vient de la même racine. C'est une couverture qui est donnée. Comme le petit chapeau du gland, ainsi au-dessus de nous il y a la couverture du Très-Haut, au-dessus de chacun. Et qu'est-ce que cette couverture ?

         זֶה יִתְּנוּ כָּל־הָעֹבֵר עַל־הַפְּקֻדִים מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ עֶשְׂרִים גֵּרָה הַשֶּׁקֶל מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל תְּרוּמָה לַיהוָה׃

ze yittenoú kol-ha'ovér al-happekoudím ma'hatsít hachékel bechékel hakkódech esrím gerá hachékel ma'hatsít hachékel teroumá ladonáy

13 Quiconque passe le recensement donnera un demi-chékel, du chékel saint, d'une valeur de vingt guéra. Le demi-chékel ‒ une offrande, une élévation au SEIGNEUR.

Dans un chékel il y a seize grammes d'argent (l'argent – c'est la mesure de compte), par conséquent, le demi-chékel qu'il faut donner, c'est huit grammes d'argent. Nous avons déjà prêté attention au fait que le mot térouma signifie ascenseur vers le Très-Haut. Ainsi, le demi-chékel que chaque homme devait donner lors de la construction du Michkan, – c'est comme un petit ressort particulier, un fil de pêche qui est tendu entre nous et le Très-Haut.

         כֹּל הָעֹבֵר עַל־הַפְּקֻדִים מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמָעְלָה יִתֵּן תְּרוּמַת יְהוָה׃

kol ha'ovér al-happekoudím mibbén esrím chaná vamá'la yittén teroumát adonáy

14 Quiconque passe le recensement, de vingt ans et au-dessus (ce sont ceux qui étaient appelés au travail, au service), donnera une telle offrande d'élévation au Très-Haut.

הֶעָשִׁיר לֹא־יַרְבֶּה וְהַדַּל לֹא יַמְעִיט מִמַּחֲצִית הַשָּׁקֶל לָתֵת אֶת־תְּרוּמַת יְהוָה לְכַפֵּר עַל־נַפְשֹׁתֵיכֶם׃

he'achír lo-yarbé vehaddál lo yam'ít mimma'hatsít hachákel latét et-teroumát adonáy lekhappér al-nafchotekhém

15 Le riche ne doit pas donner plus, et le pauvre ne doit pas donner moins de la moitié du chékel, pour donner l'élévation au SEIGNEUR, afin de couvrir vos âmes.

Beaucoup prêtent attention au mot ma'hatsít (moitié), et disent que ce mot a un aspect étonnant : les lettres tout aux extrémités, mem et tav, sont aussi les lettres des extrémités dans le mot mort (mavet). Symétriquement par rapport au centre sont placées deux autres lettres, youd et hé, par lesquelles commence le mot vie ('hayim). Et au milieu du mot se trouve la lettre tsádi (justice). C'est-à-dire qu'on peut composer ainsi le sens du mot : au centre – la justice, le plus près d'elle – la vie, le plus loin d'elle – la mort. Et voici que cette garantie de justice, la petite lettre tsádi, qui se trouve au début du mot justice et qui ressemble à un homme qui a étendu les bras sur les côtés, cette petite lettre tsádi au milieu du mot ma'hatsít ‒ elle est comme le centre, ce qui relie l'homme et Dieu. Il existe un recueil de midrachim qui s'appelle « Les lettres de Rabbi Akiva », et dans l'un d'eux, de façon tout à fait inattendue, Yéchoua est mentionné, et il est dit que Yéchoua essayait de relier la vie et la mort en un tout unique, et c'est pourquoi il est comme la lettre tsádi, qui ressemble à un crucifié. À ce propos il convient de rappeler ce midrach.

וְלָקַחְתָּ אֶת־כֶּסֶף הַכִּפֻּרִים מֵאֵת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְנָתַתָּ אֹתוֹ עַל־עֲבֹדַת אֹהֶל מוֹעֵד וְהָיָה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל לְזִכָּרוֹן לִפְנֵי יְהוָה לְכַפֵּר עַל־נַפְשֹׁתֵיכֶם׃

velaka'htá et-késsef hakkippourím me'ét bené yisraél venatattá otó al-avodát óhel mo'éd vehayá livné yisraél lezikkarón lifné adonáy lekhappér al-nafchotekhém

16 Et tu prendras l'argent de l'expiation des fils d'Israël, et tu le donneras pour le service, pour la fabrication de la Tente, et ce sera pour le peuple d'Israël un mémorial devant le SEIGNEUR, afin qu'ils fassent l'expiation pour leurs âmes.

Quand nous parlions des socles des piliers, eh bien c'est de cet argent offert même qu'ils ont été faits. Après la construction de la Tente d'assignation, il existait dans le peuple d'Israël une coutume selon laquelle chaque année du 1er au 14 adar chacun offrait un demi-chékel. Il y avait une tradition (je le répète : ce n'est pas une prescription de la Torah, c'est une tradition, une coutume qui est apparue dans le peuple d'Israël) de donner une rançon d'un demi-chékel même pour les enfants qui se trouvent encore dans le ventre de leur mère, afin de les relier, de les rattacher symboliquement au Très-Haut. Et de nos jours, à la veille du jeûne d'Ester, à la veille de la fête de Pourim, il est aussi d'usage de faire un don. Aujourd'hui en Israël un tel don s'élève à 20 chékels. Il est d'usage de donner là où l'on étudie la Torah, à celui qui étudie la Torah, à celui qui sert – pas forcément à votre rabbin, pas forcément à votre enseignant, simplement pour un service quelconque, pour une œuvre de Dieu quelconque, il est d'usage de donner aujourd'hui en Israël. Voilà ce qui concerne la moitié du chékel.

         וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

17 Et le SEIGNEUR parla à Moché, disant :

         וְעָשִׂיתָ כִּיּוֹר נְחֹשֶׁת וְכַנּוֹ נְחֹשֶׁת לְרָחְצָה וְנָתַתָּ אֹתוֹ בֵּין־אֹהֶל מוֹעֵד וּבֵין הַמִּזְבֵּחַ וְנָתַתָּ שָׁמָּה מָיִם׃

ve'assíta kiyor ne'hóchet vekhannó ne'hóchet lero'htsá venatattá otó ben-óhel mo'éd ouvén hammizbéya'h venatattá chámma máyim

18 Et tu feras un bassin de cuivre, et son socle de cuivre, pour l'ablution. Et tu le placeras entre la Tente d'assignation et entre l'autel (c'est l'autel extérieur, dans le parvis), et verse-y de l'eau.

וְרָחֲצוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו מִמֶּנּוּ אֶת־יְדֵיהֶם וְאֶת־רַגְלֵיהֶם׃

vera'hatsoú aharón ouvanáv mimménnou et-yedehém ve'ét-raglehém

19 Et Aharon et ses fils y laveront les mains et les pieds.

La tradition dit que d'abord le pied gauche et la main gauche étaient lavés, puis le pied droit et la main droite étaient lavés, simultanément.

         בְּבֹאָם אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד יִרְחֲצוּ־מַיִם וְלֹא יָמֻתוּ אוֹ בְגִשְׁתָּם אֶל־הַמִּזְבֵּחַ לְשָׁרֵת לְהַקְטִיר אִשֶּׁה לַיהוָה׃

bevo'ám el-óhel mo'éd yir'hatsou-máyim veló yamoútou o vegichtám el-hammizbéya'h lecharét lehaktír iché ladonáy

20 Quand ils viennent dans la Tente d'assignation, ils se laveront avec de l'eau et ne mourront pas, ou quand ils s'approchent de l'autel pour servir et pour faire fumer le sacrifice consumé par le feu au SEIGNEUR,

         וְרָחֲצוּ יְדֵיהֶם וְרַגְלֵיהֶם וְלֹא יָמֻתוּ וְהָיְתָה לָהֶם חָק־עוֹלָם לוֹ וּלְזַרְעוֹ לְדֹרֹתָם׃

vera'hatsoú yedehém veraglehém veló yamoútou vehayetá lahém 'hok-olám lo oulzar'ó ledorotám

21 Et ils laveront les mains et les pieds, et ne mourront pas. Et ce sera pour eux une commémoration éternelle, pour lui et pour sa semence dans toutes les générations ».

Les commentateurs disent, il y a un tel midrach, que le bassin – c'est l'ustensile le plus aimé, l'objet le plus aimé qui soit dans le Temple du Très-Haut. Bien que ce ne soit qu'un bassin et que du cuivre, dans les commentaires il est raconté que ce bassin a été fait à partir de petits miroirs que les femmes avaient offerts. Le miroir à cette époque était un objet coûteux. Le petit miroir – c'est ce dans quoi la femme se regarde, où elle évalue sa beauté, se pomponne pour plaire à son mari, pense à l'amour pour son mari. Et voici que cet objet, l'un de leurs objets les plus aimés, les femmes l'ont offert pour le bassin. Et quand le kohen venait et regardait son reflet, il s'unissait pour ainsi dire aux reflets de dizaines de femmes, et lui-même se reflétait, y compris, dans le peuple d'Israël. Telle est cette qualité inhabituelle du bassin.

         וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

22 Et le SEIGNEUR dit à Moché en disant :

וְאַתָּה קַח־לְךָ בְּשָׂמִים רֹאשׁ מָר־דְּרוֹר חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְקִנְּמָן־בֶּשֶׂם מַחֲצִיתוֹ חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם וּקְנֵה־בֹשֶׂם חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם׃

ve'attá ka'h-lekhá bessamím roch mor-derór 'haméch me'ót vekinnemon-béssem ma'hatsitó 'hamichím oumatáyim oukne-vóssem 'hamichím oumatáyim

23 « Toi, prends-toi des aromates : 500 unités de poids (chékels) de myrrhe pure, et du cinnamome odorant (de la cannelle odorante) prends-en en deux parts de 250 chékels, et du roseau odorant prends aussi 250 chékels.

Ici sont énumérés les aromates que Moché doit prendre. Bessamím – cela signifie aujourd'hui dans la langue moderne parfums, mais dans l'hébreu de cette époque cela signifiait substances aromatiques curatives. Que signifie 500 unités de poids (chékels) ? Cela fait dans notre cas 9,6 kilogrammes, c'est-à-dire presque 10 kilogrammes de myrrhe pure. En deux parts de 250 chékels ‒ c'est-à-dire 4,8 kilogrammes chaque part de cannelle odorante. Et encore 4,8 kilogrammes de roseau odorant.

         וְקִדָּה חֲמֵשׁ מֵאוֹת בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ וְשֶׁמֶן זַיִת הִין׃

vekiddá 'haméch me'ót bechékel hakkódech vechémen záyit hin

24 Et de la casse prends aussi 500 chékels saints, et d'huile d'olive un hin.

En fait la casse ‒ c'est aujourd'hui la contrefaçon de la cannelle la plus répandue. Si vous allez au magasin et demandez de la cannelle, on vous donnera très probablement, au lieu de la cannelle, justement de la casse. Beaucoup de vendeurs, bien qu'ils ne sachent pas ce qu'est la casse, ne vendent pourtant pas de la cannelle, mais son équivalent chinois ou indonésien, qui s'appelle casse. Il est plus amer, il contient certaines substances nocives. Ces deux arbres (et la cannelle, et la casse) sont de la famille des lauracées, ils se ressemblent l'un l'autre, mais ce n'est néanmoins pas une seule et même chose. Ainsi, de la casse il faut prendre aussi presque 10 kilogrammes, et d'huile d'olive un hin ‒ c'est 9 litres. Pourquoi divisait-on la cannelle en deux parts égales ? Parce qu'une mesure de cannelle (250 chékels) servait de mesure pour toutes les autres épices, pour équilibrer les deux plateaux de la balance lors du mélange des épices.

         וְעָשִׂיתָ אֹתוֹ שֶׁמֶן מִשְׁחַת־קֹדֶשׁ רֹקַח מִרְקַחַת מַעֲשֵׂה רֹקֵחַ שֶׁמֶן מִשְׁחַת־קֹדֶשׁ יִהְיֶה׃

ve'assíta otó chémen mich'hát-kódech róka'h mirká'hat ma'assé roké'h chémen mich'hát-kódech yihyé

25 Et tu en feras une huile pour l'onction sainte, un mélange habile (par le travail d'un pharmacien expérimenté, par le travail d'un compositeur de mélanges expérimenté), par l'action d'un parfumeur, ce sera une huile pour l'onction sainte.

         וּמָשַׁחְתָּ בוֹ אֶת־אֹהֶל מוֹעֵד וְאֵת אֲרוֹן הָעֵדֻת׃

oumacha'htá vo et-óhel mo'éd ve'ét arón ha'edoút

26 Et tu en oindras la Tente d'assignation et l'arche d'alliance,

         וְאֶת־הַשֻּׁלְחָן וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו וְאֶת־הַמְּנֹרָה וְאֶת־כֵּלֶיהָ וְאֵת מִזְבַּח הַקְּטֹרֶת׃

ve'et-hachoul'hán ve'et-kol-keláv ve'et-hammenorá ve'et-keléha ve'et mizbá'h hakketóret

27 Et la table, et tous ses ustensiles, et le chandelier, et tous ses instruments, et l'autel des encensements,

         וְאֶת־מִזְבַּח הָעֹלָה וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו וְאֶת־הַכִּיֹּר וְאֶת־כַּנּוֹ׃

ve'et-mizbá'h ha'olá ve'et-kol-keláv ve'et-hakkiyor ve'et-kannó

28 Et l'autel des holocaustes, et tous ses instruments, et le bassin, et son socle.

         וְקִדַּשְׁתָּ אֹתָם וְהָיוּ קֹדֶשׁ קָדָשִׁים כָּל־הַנֹּגֵעַ בָּהֶם יִקְדָּשׁ׃

vekiddachtá otám vehayoú kódech kadachím kol-hannogéya bahém yikdách

29 Et tu les sanctifieras, et ils seront Saints : tout ce qui les touchera sera sanctifié.

         וְאֶת־אַהֲרֹן וְאֶת־בָּנָיו תִּמְשָׁח וְקִדַּשְׁתָּ אֹתָם לְכַהֵן לִי׃

ve'et-aharon ve'et-banáv timchá'h vekiddachtá otám lekhahen li

30 Et Aharon et ses fils, oins-les et sanctifie-les, afin qu'ils Me servent comme prêtres.

Ici, c'est une répétition des instructions qui ont déjà été données, ce n'est pas ce qu'il faut faire de nouveau. Le Très-Haut résume le plan du travail qui est confié à Moché.

וְאֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל תְּדַבֵּר לֵאמֹר שֶׁמֶן מִשְׁחַת־קֹדֶשׁ יִהְיֶה זֶה לִי לְדֹרֹתֵיכֶם׃

ve'el-bené yisraél tedabbér lemór chémen mich'hát-kódech yihyé ze li ledorotekhém

31 Et aux fils d'Israël dis : ceci sera pour Moi une huile d'onction sainte dans vos générations.

עַל־בְּשַׂר אָדָם לֹא יִיסָךְ וּבְמַתְכֻּנְתּוֹ לֹא תַעֲשׂוּ כָּמֹהוּ קֹדֶשׁ הוּא קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם׃

al-bessár adám lo yissákh ouvmatkountó lo ta'assoú kamóhou kódech hou kódech yihyé lakhém

32 On n'en oint pas la chair humaine, et ne faites pas selon cette recette quelque chose de semblable à elle, elle est consacrée chez vous au SEIGNEUR.

C'est-à-dire qu'il est interdit de fabriquer une huile de la même composition pour des fins profanes quelconques, pour des projets personnels quelconques.

         אִישׁ אֲשֶׁר יִרְקַח כָּמֹהוּ וַאֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ עַל־זָר וְנִכְרַת מֵעַמָּיו׃

ich achér yirká'h kamóhou va'achér yittén mimménnou al-zár venikhrát me'ammáv

33 L'homme qui fera une huile semblable ou qui donnera de cette huile sur un étranger sera retranché de son peuple ».

Le mot nikhrát signifie être coupé, karát – couper. Mais conclure une alliance ‒ c'est aussi likhrót, likhrót brit (couper, trancher une alliance). Dans ce cas l'homme sera retranché, coupé de son peuple.

Ainsi, le Très-Haut ordonne à Moché de faire une huile particulière, l'huile d'onction, qui est sacrée pour le Très-Haut, et personne ne peut la faire pour quelque autre but que ce soit, sauf pour l'onction dans le Temple. Et l'huile déjà prête, personne ne peut l'utiliser pour aucun but, sauf pour l'onction dans le Temple.

Au verset 34 nous lisons la suite des indications que le Très-Haut donne à Moché, et cette fois le Très-Haut va parler de la composition des encensements.

         וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה קַח־לְךָ סַמִּים נָטָף וּשְׁחֵלֶת וְחֶלְבְּנָה סַמִּים וּלְבֹנָה זַכָּה בַּד בְּבַד יִהְיֶה׃

vayomer adonáy el-moché ka'h-lekhá sammím natáf ouch'hélet ve'helbená sammím oulvoná zakká bad bevád yihyé

34 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Prends-toi une substance aromatique, et du ch'hélet, et du 'helbená, et d'autres substances aromatiques, et de l'encens pur, et tout cela doit être à parts égales.

La première substance aromatique que nomme le Très-Haut ‒ c'est le natáf, en grec il s'appelle stakti, c'est ainsi dans la traduction synodale. Les deux mots viennent du mot goutter, suinter ; notéf ‒ c'est ce qui suinte ou goutte. C'est-à-dire que le natáf – c'est une résine odorante qui suinte, habituellement d'arbres ou d'arbustes de la famille des styracacées. C'est la première chose qu'il faut prendre.

La deuxième chose qu'il faut prendre, c'est le ch'hélet ou oníkha, on le traduit parfois ainsi, en langue grecque cela signifie onyx (ongle). Certains disent que ce n'est pas du tout une plante, mais un petit couvercle qui ferme la coquille chez certains escargots et qui, quand on le brûle, donne une odeur semblable au musc et à l'ambre gris. De l'avis de nombreux maîtres, y compris de l'avis du Rambam, la substance était permise pour le service, comme le musc lui-même (bien qu'il provienne parfois d'animaux impurs). Mais une autre version, bien que moins populaire, dit que le ch'hélet c'est le clou de girofle. J'aime le clou de girofle non seulement parce que j'aime son odeur, mais aussi parce que le clou de girofle est malgré tout une plante pure. Mais cette opinion ne fait pas autant autorité. Encore une opinion – que c'est de l'ambre jaune ou même de l'os de seiche. Et quand il y a une telle dispersion d'opinions, on comprend tout de suite que nous ne comprenons rien.

Le composant suivant que Moché doit prendre – le 'helbená ou galbanum ‒ une gomme-résine aromatique collante, produite par certaines espèces d'une plante herbacée qui s'appelle férule. C'est une plante à fleurs de ce genre, très populaire en Méditerranée, aux fleurs jaunes semblables aux fleurs de la moutarde.

Et la dernière chose qu'il faut prendre – c'est lvoná zaká, c'est plus ou moins compréhensible, c'est l'encens pur. Tous ces composants doivent être mélangés en quantité égale.

וְעָשִׂיתָ אֹתָהּ קְטֹרֶת רֹקַח מַעֲשֵׂה רוֹקֵחַ מְמֻלָּח טָהוֹר קֹדֶשׁ׃

ve'assíta otá ketóret róka'h ma'assé rokéya'h memoullá'h tahor kódech

35 Et tu en feras des encensements, travail de parfumeur, avec ajout de sel marin, et ce sera pur et saint.

Les commentateurs disent qu'on y ajoutait du nard, du safran, de la cannelle, du quinquina aromatiqueLe russe nomme ici un « quinquina aromatique » parmi les ingrédients ; nous avons gardé ce terme tel quel, sans l'interpréter. et du costus, encore des éléments. À l'époque du Second Temple une seule famille savait comment préparer cet encensement. Toutes ces substances aromatiques, tous ces éléments étaient trempés dans l'huile d'olive, dans des composants liquides, puis séchés et moulus. Une fois par an on fabriquait 368 portions d'encensement : une portion d'encensement pour chaque jour et en plus de cela 3 portions supplémentaires pour le service au jour de la Purification.

         וְשָׁחַקְתָּ מִמֶּנָּה הָדֵק וְנָתַתָּה מִמֶּנָּה לִפְנֵי הָעֵדֻת בְּאֹהֶל מוֹעֵד אֲשֶׁר אִוָּעֵד לְךָ שָׁמָּה קֹדֶשׁ קָדָשִׁים תִּהְיֶה לָכֶם׃

vecha'haktá mimménna hadék venatattá mimménna lifné ha'edoút be'óhel mo'éd achér ivva'éd lekhá chámma kódech kadachím tihyé lakhém

36 Et tu la broieras finement, et tu en donneras devant l'arche du témoignage, dans la Tente d'assignation, là où Je te rencontrerai ; ce sera (l'encensement) une chose sainte pour vous.

         וְהַקְּטֹרֶת אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה בְּמַתְכֻּנְתָּהּ לֹא תַעֲשׂוּ לָכֶם קֹדֶשׁ תִּהְיֶה לְךָ לַיהוָה׃

vehakketóret achér ta'assé bematkountá lo ta'assoú lakhém kódech tihyé lekhá ladonáy

37 Et ne fais pas d'encensements selon cette recette, ce sera une chose sainte pour le SEIGNEUR.

C'est-à-dire qu'encore une fois on ne peut pas faire selon cette recette d'autres encensements quelconques.

אִישׁ אֲשֶׁר־יַעֲשֶׂה כָמוֹהָ לְהָרִיחַ בָּהּ וְנִכְרַת מֵעַמָּיו׃

ich acher-ya'assé khamóha leharíya'h ba venikhrát me'ammáv

38 L'homme qui fera une telle chose, simplement pour le sentir, sera retranché de son peuple.

C'est-à-dire qu'il nous est strictement interdit de faire à des fins ordinaires ce qui est destiné au sacré. Souvent nous avons envie d'imiter les choses saintes et de toucher ainsi à la sainteté. La Torah enseigne que la sainteté doit susciter la crainte et le tremblement, et celui qui fait cela en imitant ou en faisant le pitre peut être puni pour cela en étant coupé de son peuple.

Le temps pour le Chabbat, une heure pour le travail

Chémot 31,1–17

         וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

1 Et le SEIGNEUR parla à Moché, disant :

         רְאֵה קָרָאתִי בְשֵׁם בְּצַלְאֵל בֶּן־אוּרִי בֶן־חוּר לְמַטֵּה יְהוּדָה׃

re'é karáti vechém betsal'él ben-ourí ven-'hoúr lematté yehoudá

2 « Regarde ‒ voici, J'ai appelé par son nom (choisi, désigné pour le service) un homme qui s'appelle Bétsal'el, fils d'Ouri, fils de 'Hour, de la tribu de Yéhouda.

Le nom Bétsal'el signifie dans l'ombre de Dieu, le mot tsel – c'est l'ombre, el – c'est Dieu. En langue russe le nom se traduit par Vesseleïl, cela sonne comme « égayer quelqu'un ». Non, cela n'a pas grand-chose à voir avec la gaieté. Le nom Ouri signifie ma lumière. Voilà : Bétsal'el, fils d'Ouri – dans l'ombre de Dieu, fils de la lumière.

         וָאֲמַלֵּא אֹתוֹ רוּחַ אֱלֹהִים בְּחָכְמָה וּבִתְבוּנָה וּבְדַעַת וּבְכָל־מְלָאכָה׃

va'amallé otó roúa'h elohím be'hokhmá ouvitvouná ouvdá'at ouvkhol-melakhá

3 Je le remplirai de l'Esprit de Dieu, de sagesse, et d'intelligence, et de connaissance, et de talent pour tout métier :

L'Esprit de Dieu – c'est le désir de servir le Très-Haut, une motivation complète vers la sainteté. La sagesse ('hokhmá) – c'est la capacité d'apprendre et d'acquérir des connaissances. L'intelligence (tvouná) ‒ c'est la capacité de recevoir une information nouvelle, de saisir et de découvrir quelque chose de nouveau. La connaissance (dá'at) – la capacité de ressentir intuitivement le Très-Haut ; dá'at signifie un lien intérieur profond. L'expression ladá'at míchehou (connaître quelqu'un) peut aussi s'appliquer à l'intimité conjugale. C'est un tel « calque » de l'hébreu, quand il est dit : « Comment cela arrivera-t-il, si je ne connais pas de mari ? », c'est-à-dire qu'ainsi peut parler une femme qui n'a pas connu de mari. Le mot « fiancée » en langue russe – c'est celle qu'on « ne connaît pas », elle aussi non connue. Bon, c'est une petite digression lyrique dans les subtilités de la langue.

Ainsi, Bétsal'el, ben-Ourí, ven-'Hoúr – c'est un homme qui possède l'Esprit de Dieu (c'est-à-dire qu'il est prêt à consacrer toutes ses forces au service), possède la sagesse, l'ingéniosité, la capacité de découvrir quelque chose de nouveau, et aussi une sensibilité intuitive à la volonté du Créateur. Voilà un homme si inhabituel. Mais, en plus de cela, il possède aussi le talent pour divers métiers.

         לַחְשֹׁב מַחֲשָׁבֹת לַעֲשׂוֹת בַּזָּהָב וּבַכֶּסֶף וּבַנְּחֹשֶׁת׃

la'hchóv ma'hachavót la'assót bazzaháv ouvakkéssef ouvanne'hóchet

4 Au travail du tisserand, faire le travail de l'or, et de l'argent, et du cuivre,

La'hchóv ma'hachavót – c'est une expression que (si vous demandez à un contemporain ou si vous parlez l'hébreu parlé) vous traduirez sans peine par penser des pensées ; 'hochév – c'est je pense. De là aussi le mot ordinateur – ma'hchév, c'est-à-dire « la penseuse », la calculeuse. Mais dans l'original, dans la Torah, cela signifie travail du tisserand.

         וּבַחֲרֹשֶׁת אֶבֶן לְמַלֹּאת וּבַחֲרֹשֶׁת עֵץ לַעֲשׂוֹת בְּכָל־מְלָאכָה׃

ouva'haróchet éven lemallót ouva'haróchet ets la'assót bekhól-melakhá

5 Et dans le travail de la pierre, et dans la monture de la pierre, et dans le travail du bois ‒ s'occuper de toute sorte de travail.

Voilà quel maître à tout faire est Bétsal'el. Comment appeler d'un seul mot un homme qui est un maître à tout faire ? Concernant le métier terrestre du Machia'h, on dit souvent qu'il est charpentier, fils de charpentier. En réalité, dans la langue grecque est employé le mot tékton, qui signifie constructeur de navires ou justement ce maître à tout faire, le bureau de bons services du village : à l'un aiguiser une faux, à l'autre tailler quelque chose dans la pierre, à un autre même accorder une flûte, s'il le faut. L'homme qui sait tout faire s'appelle nagár (charpentier). Dans le Talmud il y a quelques passages où les sages, rencontrant une difficulté quelconque, disent : « Où pourrions-nous trouver un charpentier ou un fils de charpentier qui nous résoudrait notre problème ? » Et voici que Bétsal'el – c'est la préfiguration de ce même charpentier, il a reçu du Très-Haut par l'Esprit la connaissance de tant de travaux différents.

         וַאֲנִי הִנֵּה נָתַתִּי אִתּוֹ אֵת אָהֳלִיאָב בֶּן־אֲחִיסָמָךְ לְמַטֵּה־דָן וּבְלֵב כָּל־חֲכַם־לֵב נָתַתִּי חָכְמָה וְעָשׂוּ אֵת כָּל־אֲשֶׁר צִוִּיתִךָ׃

va'aní hinné natátti ittó et aholi'áv ben-a'hissamákh lematté-dán ouvlév kol-'hakhám-lev natátti 'hokhmá ve'assoú et kol-achér tsivvitíkha

6 Et voici, J'ai donné avec lui Oholi'av, fils d'A'hissamakh,

de la tribu de Dan, et dans le cœur de chaque sage J'ai donné la sagesse ‒ et ils feront tout ce que Je t'ai ordonné :

Le SEIGNEUR a appelé aussi un homme qui s'appelle Oholi'av (le nom signifie ma tente ‒ mon père ou mon père ‒ mon foyer), fils d'A'hissamákh, ce qui, traduit en langue russe, signifie mon frère s'est appuyé sur moi.

C'est une phrase très intéressante : et dans le cœur de chaque sage J'ai donné la sagesse. Elle dit que le Très-Haut, selon les talents de l'homme, selon sa prédisposition à tel ou tel métier, lui a donné ce métier. Il y a des gens qui ont une passion, une inclination pour la musique, et probablement, ce n'est pas très bien d'en faire des maçons. Il y a des gens qui aiment sculpter le bois, et ce n'est pas très bien d'en faire des plongeurs. Le Très-Haut dit : « À chacun selon sa sagesse J'ai donné de la sagesse ». Comme si l'homme était venu avec un certain récipient, qui est dans son âme, et le Très-Haut a rempli ce récipient : « J'ai donné de la sagesse à tous les sages de cœur », c'est-à-dire : a donné sagesse sur sagesse.

אֵת אֹהֶל מוֹעֵד וְאֶת־הָאָרֹן לָעֵדֻת וְאֶת־הַכַּפֹּרֶת אֲשֶׁר עָלָיו וְאֵת כָּל־כְּלֵי הָאֹהֶל׃

et óhel mo'éd ve'et-ha'arón la'edoút ve'et-hakkappóret achér aláv ve'et kol-kelé ha'óhel

7 Et la Tente d'assignation, et l'arche du témoignage, et le couvercle qui est sur elle, et tous les ustensiles de la Tente ;

         וְאֶת־הַשֻּׁלְחָן וְאֶת־כֵּלָי וְאֶת־הַמְּנֹרָה הַטְּהֹרָה וְאֶת־כָּל־כֵּלֶיהָ וְאֵת מִזְבַּח הַקְּטֹרֶת׃

ve'et-hachoul'hán ve'et-keláv ve'et-hammenorá hattehora ve'et-kol-keléha ve'et mizbá'h hakketóret

8 Et la table, et ses ustensiles, et le chandelier pur, et tous ses ustensiles, et l'autel des aromates ;

         וְאֶת־מִזְבַּח הָעֹלָה וְאֶת־כָּל־כֵּלָיו וְאֶת־הַכִּיּוֹר וְאֶת־כַּנּוֹ׃

ve'et-mizbá'h ha'olá ve'et-kol-keláv ve'et-hakkiyor ve'et-kannó

9 Et l'autel des holocaustes, et tous ses ustensiles, et le bassin, et son socle ;

         וְאֵת בִּגְדֵי הַשְּׂרָד וְאֶת־בִּגְדֵי הַקֹּדֶשׁ לְאַהֲרֹן הַכֹּהֵן וְאֶת־בִּגְדֵי בָנָיו לְכַהֵן׃

ve'et bigdé hasserád ve'et-bigdé hakkódech le'aharón hakkohén ve'et-bigdé vanav lekhahén

10 Et les vêtements du service, et les vêtements saints pour Aharon le kohen, et les vêtements pour les fils d'Aharon, de prêtrise ;

         וְאֵת שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְאֶת־קְטֹרֶת הַסַּמִּים לַקֹּדֶשׁ כְּכֹל אֲשֶׁר־צִוִּיתִךָ יַעֲשׂוּ׃

ve'et chémen hammich'há ve'et-ketóret hassammím lakkódech kekhól acher-tsivvitíkha ya'assoú

11 Et l'huile d'onction, et l'encensement pour le lieu saint ‒ tout, comme Je te l'ai ordonné, ils le feront ».

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vayomer adonáy el-moché lemór

12 Et le SEIGNEUR dit à Moché, disant :

         וְאַתָּה דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר אַךְ אֶת־שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ כִּי אוֹת הִוא בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם לְדֹרֹתֵיכֶם לָדַעַת כִּי אֲנִי יְהוָה מְקַדִּשְׁכֶם׃

ve'attá dabbér el-bené yisraél lemór akh et-chabbetotáy tichmórou ki ot hi bení ouvenekhém ledorotekhém ladá'at ki aní adonáy mekaddichkhém

13 « Et toi, dis aux fils d'Israël, disant : mais seulement Mes sabbats, observez-les, car c'est un signe entre Moi et vous dans vos générations, pour savoir que Je suis le SEIGNEUR qui vous sanctifie (que vous êtes séparés pour Moi).

C'est-à-dire que, quand vous ferez tout ce qui est lié aux ustensiles du Temple, il peut vous sembler que c'est une affaire si grande et si importante qu'on peut négliger le sabbat et qu'on peut s'occuper de cette grande et importante affaire pendant le sabbat. Mais le Très-Haut dit : « Non ! Seulement observez Mon sabbat ! »

Le monde change, le monde est dynamique, il est constamment en mouvement, nous sommes, vous et moi, comme dans une danse constante avec le Créateur. Comment saurons-nous que nous dansons vraiment avec Lui, que nous ne nous mouvons pas simplement de manière chaotique, que c'est une danse, et non un mouvement brownien ? Nous avons un lieu de rencontre, périodiquement nous nous rencontrons en un lieu calculé – c'est le sabbat, c'est ce qui nous sépare et indique que nous nous mouvons selon un rythme déterminé. Et, quelle que soit la manière dont nous nous fondons dans le chaos environnant, malgré tout, par le sabbat, par la manière dont nous nous rapportons au sabbat, par notre arrêt pendant le sabbat, on voit que nous avons un point où nous rencontrons le Très-Haut.

         וּשְׁמַרְתֶּם אֶת־הַשַּׁבָּת כִּי קֹדֶשׁ הִוא לָכֶם מְחַלְלֶיהָ מוֹת יוּמָת כִּי כָּל־הָעֹשֶׂה בָהּ מְלָאכָה וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִוא מִקֶּרֶב עַמֶּיהָ׃

ouchmartém et-hachabbát ki kódech hi lakhém me'haleléha mot youmát ki kol-ha'ossé va melakhá venikhretá hannéfech hahí mikkérev amméha

14 Et vous, gardez le sabbat, car il est saint pour vous ; celui qui l'enfreint mourra de mort, car quiconque y fait un travail, cette âme sera retranchée du peuple.

Si quelqu'un a perdu le rythme et ne se meut pas avec tous, alors il cesse d'être une partie du peuple, et son âme peut être coupée du peuple. Le châtiment karét (retranchement du peuple) ‒ c'est le châtiment le plus terrible de la Torah.

שֵׁשֶׁת יָמִים יֵעָשֶׂה מְלָאכָה וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן קֹדֶשׁ לַיהוָה כָּל־הָעֹשֶׂה מְלָאכָה בְּיוֹם הַשַּׁבָּת מוֹת יוּמָת׃

chéchet yamím ye'assé melakhá ouvayom hachevi'í chabbát chabbatón kódech ladonáy kol-ha'ossé melakhá beyom hachabbát mot youmát

15 Six jours fais le travail, et le septième jour – sainte assemblée (saint repos sabbatique) devant le Très-Haut ; quiconque fait un travail pendant le sabbat mourra de mort.

Il y a un ordre, pas même une permission, mais un ordre, c'est une partie de notre danse avec le Très-Haut : six jours faire tout travail, s'occuper de la construction du Michkan, s'occuper de la demeure du Très-Haut dans ce monde, distribuer du pain aux pauvres et gagner de l'argent pour la famille ‒ tout cela nous devons le faire, le faire impérativement et le faire six jours par semaine. Mais le septième jour nous devons nous arrêter.

         וְשָׁמְרוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־הַשַּׁבָּת לַעֲשׂוֹת אֶת־הַשַּׁבָּת לְדֹרֹתָם בְּרִית עוֹלָם׃

vechameroú vene-yisraél et-hachabbát la'asót et-hachabbát ledorotám berít olám

16 Et les fils d'Israël garderont le sabbat, faire le sabbat de génération en génération ‒ alliance éternelle.

         בֵּינִי וּבֵין בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אוֹת הִוא לְעֹלָם כִּי־שֵׁשֶׁת יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת־הַשָּׁמַיִם וְאֶת־הָאָרֶץ וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שָׁבַת וַיִּנָּפַשׁ׃

bení ouvén bené yisraél ot hi le'olám ki-chéchet yamím assá adonáy et-hachamáyim ve'et-ha'árets ouvayom hachevi'í chavát vayinnafách

17 Entre Moi et entre les fils d'Israël – c'est un signe éternel, car pendant six jours le SEIGNEUR a créé le ciel et la terre, et le septième jour s'est arrêté et a reposé (se reposait).

Bien entendu, se reposait ne signifie ici en aucune manière que le Très-Haut était fatigué. Mais c'est l'établissement du rythme pour tout l'univers, du rythme dans lequel nous aussi pouvons nous mouvoir avec le Très-Haut. Je le redis : c'est notre danse avec le Très-Haut. Si nous ne nous arrêtons pas le septième jour, cela signifie que nous dansons de travers. Beaucoup aiment dire que chaque jour nous le tenons pour un jour de sabbat, parce que nous avons consacré chaque jour au Très-Haut. Mais de cette manière nous ignorons l'ordre du Très-Haut de faire des instruments pour le Michkan, c'est-à-dire de faire un travail déterminé dans notre monde. Tout le miracle, tout le charme de la danse est que, en nous mouvant dans des mondes différents, nous nous rencontrons en un seul point. Si nous restons sur place, et qu'à côté de nous quelqu'un passe en dansant, alors nous sommes comme une horloge qui deux fois par jour indique l'heure exacte, c'est-à-dire que parfois nous tombons au pas avec celui qui danse, mais ce n'est pas la vie avec le Très-Haut. Il veut et le sabbat, et les ustensiles pour le Michkan, pas une seule chose. Et c'est pourquoi le sabbat ‒ c'est un signe, c'est l'indice que nous nous mouvons avec le Créateur, à partir du premier pas que le Très-Haut a donné dans cet univers.

Ki Tissa : des actes inattendus

Chémot 31,18–32,35

Nous avons lu, vous et moi, les indications que le Très-Haut donne concernant la construction du Michkan, la consécration des kohanim, et tout ce qui est lié au Michkan. Nous continuerons à lire à partir du verset 18 du chapitre 31.

         וַיִּתֵּן אֶל־מֹשֶׁה כְּכַלֹּתוֹ לְדַבֵּר אִתּוֹ בְּהַר סִינַי שְׁנֵי לֻחֹת הָעֵדֻת לֻחֹת אֶבֶן כְּתֻבִים בְּאֶצְבַּע אֱלֹהִים׃

vayittén el-moché kekhallotó ledabbér ittó behár sinaí chené lou'hót ha'edoút lou'hót éven ketouvím be'etsbá elohím

18 Et Il donna à Moché, après avoir achevé de parler avec lui sur le mont Sinaï, deux tablettes du témoignage, des tablettes de pierre, écrites du doigt de Dieu.

Le mot loúa'h (pluriel lou'hót) on le traduit habituellement par le mot table, et ce mot est peu familier à l'homme russe en dehors de ce contexte même des tables de l'alliance. En langue hébraïque le mot loúa'h – c'est simplement une tablette, une sorte de tableau. Le tableau d'école s'appelle loúa'h, le calendrier s'appelle tableau de l'année (loúa'h chaná), c'est-à-dire une sorte de tableau, quelque chose pour une inscription, pour une table – tout cela c'est loúa'h.

On pourrait croire que tout homme qui a un tant soit peu fréquenté les communautés juives, qui connaît un tant soit peu le judaïsme, sait à quoi ressemblent les deux tables de l'alliance, sur chacune desquelles sont écrits cinq commandements, et c'est ainsi que nous avons tous l'habitude de le voir. Une telle tradition de représentation des tables s'est enracinée depuis le haut Moyen Âge. Dans le Talmud il existe une controverse sur l'aspect qu'avaient ces tables, et outre l'opinion selon laquelle sur chaque table il y avait cinq commandements, il y a encore l'opinion des sages qui disent que sur chaque table il y avait dix commandements, c'est-à-dire que les commandements existaient pour ainsi dire en deux exemplaires. Le fait est qu'en ces temps-là il y avait une telle tradition lors de la conclusion des traités : si un seigneur concluait un traité avec un vassal, le supérieur avec l'inférieur, alors l'inférieur était obligé de garder les traités chez lui dans l'arche des témoignages ou dans quelque autre lieu saint, dans son temple saint, c'est-à-dire que le traité était gardé chez lui. Si l'on accepte cette analogie, on peut se représenter que sur chacune des tables étaient écrits les dix commandements du témoignage. Témoignage de quoi ? Témoignage du traité entre le peuple d'Israël et le Très-Haut. Et alors ce sont deux tables identiques avec dix commandements sur chacune. Il y a aussi une controverse sur la question de savoir si l'inscription était seulement d'un côté des tables ou des deux, comme on peut le comprendre de la suite du texte de la Torah. Il y a une controverse aussi sur les lettres avec lesquelles est écrit le texte sur les tables : avec les lettres de l'alphabet carré qui nous est familier, qu'on utilise aujourd'hui, ou avec les lettres de l'alphabet ancien, que nous appelons aujourd'hui paléo-hébreu. Beaucoup de controverses à ce sujet. Et comme argument qui clôt cette controverse, on peut citer l'opinion d'Ibn Ezra, qui a dit : « Puisque nous n'avons pas de tradition, nous ne pouvons que deviner ». Et deviner, chacun est libre de le faire lui-même. Je vous raconte simplement cela pour que vous vous représentiez que cette représentation habituelle à cinq commandements chacune, elle n'est pas du tout forcément authentique.

Par ce verset se termine le chapitre 31, et nous passons au chapitre 32, à une page très triste, on ne peut rien dire d'autre, de l'histoire juive.

         וַיַּרְא הָעָם כִּי־בֹשֵׁשׁ מֹשֶׁה לָרֶדֶת מִן־הָהָר וַיִּקָּהֵל הָעָם עַל־אַהֲרֹן וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו קוּם עֲשֵׂה־לָנוּ אֱלֹהִים אֲשֶׁר יֵלְכוּ לְפָנֵינוּ כִּי־זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ אֲשֶׁר הֶעֱלָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לֹא יָדַעְנוּ מֶה־הָיָה לוֹ׃

vayár ha'ám ki-vochéch moché larédet min-hahár vayikkahél ha'ám al-aharón vayomeroú eláv koum asse-lánou elohím achér yelekhoú lefanénou ki-zé moché ha'ích achér he'elánou me'érets mitsráyim lo yadá'nou me-háya lo

1 Et le peuple vit que Moché tardait à descendre de la montagne, et le peuple s'attroupa auprès d'Aharon, et ils lui dirent : « Lève-toi, fais-nous des dieux qui iront devant nous. Car cet homme, Moché, qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, – nous ne savons pas ce qui lui est arrivé ».

De la racine kouf-hé-lamed du mot vayikkahél (s'attroupa) proviennent les mots kéhila (communauté) ou congrégation (c'est ainsi qu'on appelle aujourd'hui l'assemblée des croyants messianiques en Israël), le mot kahal (foule), et aussi le nom du livre Kohélet (celui qui rassemble les foules).

C'est un verset de la Torah terrible et étonnant. Il est étonnant que des gens qui sont sortis d'Égypte, qui ont vu le Très-Haut littéralement de leurs propres yeux, qui se sont tenus sur le mont Sinaï, qui ont reçu le commandement ne te fais pas d'autre dieu, qu'il n'y ait pas pour toi d'autres dieux, après un certain retard, pas si grand que ça, se précipitent soudain vers Aharon et lui demandent de l'aide, lui demandent de leur faire des dieux qui les ont fait sortir d'Égypte, qui iront devant eux. Que se passe-t-il donc ici ? Pourquoi Aharon ne les tue-t-il pas sur place avec son bâton ? Autant d'années qu'existe le commentaire de la Torah, autant d'années différents commentateurs essaient de donner une réponse à cette question. Certains disent : commençons par le fait qu'Aharon, ce n'est pas du tout cet Aharon-là, c'est un certain fondeur Aharon ; combien y a-t-il de dons Pedro au Brésil, combien y a-t-il d'Aharon en Israël ? Les gens sont venus chez Aharon, mais pas chez celui-là, pas chez le frère de Moché, à Dieu ne plaise (comment peut-on penser une chose pareille de lui !), mais chez un certain fondeur Aharon, un professionnel, et ils sont venus chez lui avec une commande spéciale de ce genre et un cahier des charges. Malheureusement, cette théorie ne résiste à aucune critique, car nous lirons plus loin la conversation de Moché et de son frère Aharon.

Un autre commentateur dit que tout cela a été manigancé par l'érev rav (littéralement : grand mélange), des étrangers qui s'étaient collés aux Juifs, ce sont eux qui voulaient faire un dieu qui les avait fait sortir de la terre d'Égypte. Aharon a eu peur d'eux, parce qu'avant cela, comme le dit le midrach, ils étaient venus chez 'Hour, 'Hour avait refusé de leur faire un dieu, ils avaient tué 'Hour, et Aharon craignait qu'on le tue lui aussi. Malheureusement, cela non plus ne résiste à aucune critique. Nous connaissons des gens qui se tenaient, en sainteté, sur un degré plus bas qu'Aharon, – des gens simples, de simples croyants, qui ne communiquaient pas avec le Très-Haut d'aussi près qu'Aharon, mais qui ont donné leur vie pour ne pas se prosterner devant des idoles. Il est difficile de s'imaginer qu'Aharon, simplement par peur de la mort, ait décidé de faire une idole.

Il y a des commentateurs qui disent qu'en réalité ce n'était pas tout à fait une idole – ce que les Israélites projetaient de faire. Une partie du peuple est venue et a dit : « Nous nous souvenons que Moché possédait certaines propriétés divines, nous avons cru en Moché et au Très-Haut, nous avons cru en Dieu et en Moché, Son serviteur ». Dans notre livre Chémot, au verset 31 du chapitre 14, c'est écrit à ce sujet. Les gens ont une certaine foi en Moché. Ce n'est, bien entendu, pas la foi en l'existence de Moché en tant que tel, c'est la foi en certaines capacités de Moché, en ce qu'il est capable d'être un maillon de liaison entre le peuple et le Très-Haut. Et ici, peut-être, le peuple voulait dire : « Fais-nous un maillon de liaison semblable. Nous ne savons pas si le man tombera maintenant que Moché a disparu. Nous ne savons pas où nous prendrons de l'eau. Nous sommes dans le désert, nous n'avons nulle part où retourner, nous n'avons nulle part où aller, nous ne savons même pas où marcher. Il nous faut une sorte de pont, il nous faut une sorte de GPS, il nous faut quelqu'un qui nous relierait à Dieu, et il nous faut quelque chose qui nous relierait à Dieu ». Ces commentateurs essaient d'expliquer qu'en réalité il n'est pas question à l'origine tout à fait d'une idole, mais d'un moyen spécial de communication avec le Très-Haut. Cela aussi est pour ainsi dire interdit à faire, mais l'interdiction est moins stricte.

Bien sûr, les gens comprennent que même si l'on fait une idole avec d'énormes oreilles, ce Tchebourachka en or ne pourra pas entendre la voix du Très-Haut, ne pourra pas parler avec la voix du Très-Haut. Mais il existe certaines croyances : le peuple, lui, est sorti d'Égypte, le peuple se souvient de ce qui était en Égypte (nous y reviendrons encore), et c'est pourquoi il cherche un moyen de communication avec le Très-Haut, avec le Dieu d'Israël, pas avec quelque autre dieu, pas avec quelque substitut de Lui. Et Aharon comprend qu'on ne peut pas faire cela, mais, d'un autre côté, il essaie de gagner du temps. Encore une fois, c'est ainsi qu'en parlent les commentateurs. On peut tout simplement accuser Aharon de faiblesse humaine. Mais nous ne lirons pas dans ce chapitre d'accusation à l'adresse d'Aharon. Dans le livre Dévarim, plus tard, nous verrons qu'il sera accusé, mais ici nous n'entendons pas de la part du Très-Haut d'accusation à l'adresse d'Aharon, et cela nous oblige à réfléchir. Et c'est pourquoi on peut supposer qu'Aharon essaie de gagner du temps.

         וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם אַהֲרֹן פָּרְקוּ נִזְמֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר בְּאָזְנֵי נְשֵׁיכֶם בְּנֵיכֶם וּבְנֹתֵיכֶם וְהָבִיאוּ אֵלָי׃

vayomer alehém aharón parekoú nizmé hazzaháv achér be'ozné nechekhém benekhém ouvnotekhém vehavíou eláy

2 Et Aharon leur dit : « Retirez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi ».

         וַיִּתְפָּרְקוּ כָּל־הָעָם אֶת־נִזְמֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר בְּאָזְנֵיהֶם וַיָּבִיאוּ אֶל־אַהֲרֹן׃

vayitparekoú kol-ha'ám et-nizmé hazzahav achér be'oznehém vayavíou el-aharon

3 Et tout le peuple ôta les anneaux d'or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aharon.

Les commentateurs disent (avec un immense amour pour les femmes) qu'Aharon comptait sur le fait que les femmes, premièrement, pourraient ne pas vouloir donner leurs boucles d'oreilles pour une telle affaire. Il est possible aussi que tout homme n'ose pas venir dire : « Rivka, tu te souviens, pour l'anniversaire de notre mariage je t'ai offert des petites boucles d'oreilles ? Tu ne me les donnerais pas ? Nous avons projeté ici de faire un dieu à la place de Moché, nous avons projeté de faire un GPS en or ». Tout le monde n'osera pas, parce que tout le monde ne sera pas sûr qu'après cela il restera en bonne santé, ou marié, ou gardera la paix dans sa famille. On pouvait compter que certaines épouses ramèneraient leurs maris à la raison, cela arrivait, on connaît des cas. On pouvait compter que les épouses ne donneraient tout simplement rien et diraient : « Vous, vous avez tant d'idées, et nous, nous n'avons pas tant de boucles d'oreilles pour donner des boucles d'oreilles pour toutes vos idées ». Aharon, comme disent les commentateurs, encore une fois essaie de gagner du temps et s'adresse aux femmes. Et il est très agréable de penser que les femmes n'ont pas donné leurs boucles d'oreilles. J'aime beaucoup la justice des sœurs et des femmes, mais on peut comprendre ici que tout le peuple a volontiers ôté ses boucles d'oreilles et les a données à Aharon, et cela plus vite qu'il ne s'y attendait ; c'est ainsi qu'on peut le comprendre du verset 3. On peut comprendre que les femmes aussi, pas encore libérées de la psychologie d'esclave, ne connaissant pas les enseignements féministes, ont simplement ôté avec soumission leurs boucles d'oreilles et les ont données elles aussi. Et d'ailleurs, dans les boucles d'oreilles ôtées par les bonshommes, il y avait assez d'or. D'une manière ou d'une autre, on a trouvé l'or très vite. Gagner du temps n'a pas réussi.

         וַיִּקַּח מִיָּדָם וַיָּצַר אֹתוֹ בַּחֶרֶט וַיַּעֲשֵׂהוּ עֵגֶל מַסֵּכָה וַיֹּאמְרוּ אֵלֶּה אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הֶעֱלוּךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃

vayikká'h miyadám vayátsar otó ba'héret vaya'asséhou égel massekhá vayomeroú élle elohékha yisraél achér he'eloúkha me'érets mitsráyim

4 Et il prit de leurs mains et le fit d'un travail sculpté (ou ciselé, c'est ainsi qu'on taille un moule pour la fonte), et le fit, veau de fonte (c'est-à-dire coulé en or : il tailla d'abord le moule, puis le coula). Et ils dirent : « Voici ces dieux à toi Israël, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte ! »

C'est ainsi, probablement, qu'il sera le plus juste de traduire : le mot éle au pluriel signifie ces ; elohékha yisraél ‒ tes dieux, Israël. Ce que pensaient les gens quand ils prononçaient cela, il est difficile de se l'imaginer. Et on voudrait penser qu'ils croyaient vraiment que c'est une sorte de médiation, une sorte de moyen de communication avec le Très-Haut, que c'est précisément cette foi que soutenait Aharon, quand nous lisons plus loin :

         וַיַּרְא אַהֲרֹן וַיִּבֶן מִזְבֵּחַ לְפָנָיו וַיִּקְרָא אַהֲרֹן וַיֹּאמַר חַג לַיהוָה מָחָר׃

vayar aharon vayíven mizbéya'h lefanáv vayikrá aharon vayomár 'hag ladonáy ma'hár

5 Et Aharon vit cela (Aharon vit leur perception de ce taurillon d'or qu'il avait fait), et il dressa devant lui un autel, et Aharon appela tout le monde et dit : « Demain il y aura une fête pour le SEIGNEUR ! »

Aharon dit : « Eh bien, avec Dieu on ne commence pas une célébration à la tombée de la nuit, la nuit porte conseil, célébrons demain ». Aharon de nouveau gagne du temps, pour construire l'autel, pour dire : « Maintenant préparons l'autel ». C'est-à-dire qu'Aharon, on peut le comprendre ainsi, on peut le lire ainsi, essaie de gagner du temps. On peut dire qu'Aharon s'accroche au sentiment que ce taurillon ne sera qu'une partie de l'autel, comme les kérouvim seront une partie de l'arche, et que malgré tout ce sera un instrument de communication avec le Dieu d'Israël, et non simplement une idole. Il est difficile de s'imaginer ce qui se passe en réalité, quelle catastrophe se produit à ce moment dans le cœur d'Aharon, et de ressentir ce qu'il vit. Aharon essaie d'une manière ou d'une autre de préserver la foi du peuple d'Israël, c'est ainsi qu'on voudrait le comprendre. Bien qu'il y ait des interprètes qui disent qu'Aharon ici a tout bonnement eu peur et fait tout ce qu'on lui dit. Cela aussi a un fondement, nous y reviendrons encore, mais on n'a vraiment pas envie de dire du mal d'Aharon.

Ainsi, on voit que les actions d'Aharon sont décrites lentement, sans hâte, posément, tandis que ce que fait le peuple est décrit rapidement, et il semble qu'ils veulent se mouvoir à des vitesses différentes.

         וַיַּשְׁכִּימוּ מִמָּחֳרָת וַיַּעֲלוּ עֹלֹת וַיַּגִּשׁוּ שְׁלָמִים וַיֵּשֶׁב הָעָם לֶאֱכֹל וְשָׁתוֹ וַיָּקֻמוּ לְצַחֵק׃

vayachkímou mimma'horát vaya'aloú olót vayaggíchou chelamím vayéchev ha'am le'ekhól vecható vayakoúmou letsa'hék

6 Et ils se réveillèrent tôt le matin le jour suivant, et offrirent un holocauste, et offrirent des sacrifices de paix, et le peuple s'assit pour manger, et ils burent, et se levèrent pour jouer (faire la fête, se déchaîner).

Je rappelle que l'holocauste brûle tout entier, le sacrifice de paix est mangé à moitié ou en partie par celui qui l'apporte. C'est-à-dire qu'avec un sacrifice de paix on peut commencer à festoyer, avec un holocauste on ne peut pas festoyer, il n'en reste rien.

De la racine tsav-'het-kouf vient le verbe lits'hók (rire), et le mot ts'hók (le rire). Mais j'ai déjà dit que le mot ts'hók peut se comprendre comme la locution tse (impératif du verbe latsét, sortir) et 'hok (loi), c'est-à-dire tse 'hok ‒ sors des limites de la loi. Cela peut être intéressant et beau, quand quelque chose est drôle, quelque chose rompt le cours habituel des choses, quelque chose de merveilleux se produit, cela aussi peut être drôle, mais seulement si le rire vient du Très-Haut. Dans ce cas-ci, c'est l'homme lui-même qui enfreint les interdits – et voilà que commence une fête débridée, voilà que commence tout simplement l'indécence. Les commentateurs disent : « Là même ils ont organisé des orgies, là même une bagarre ». Bref, le peuple s'est mis à faire la fête.

Et encore une fois : pourquoi cela s'est-il produit ? Les commentateurs essaient d'expliquer que le peuple d'Israël était très hétérogène. Il y avait des gens qui voulaient faire un moyen de communication avec le Très-Haut, mais il y en avait aussi d'autres qui se sont souvenus : « La voilà donc, la voilà, la vieille idole familière ! On peut enfin, à l'ancienne, comme autrefois, fêter le vieux Nouvel An avec la vieille nouvelle idole et organiser des orgies, comme des gens normaux, au lieu de se tenir dans la prière des sacrifices ». C'est-à-dire que, peut-être, l'idée venait des uns, et ce sont d'autres gens qui se sont mis à faire la fête, mais le mauvais exemple est contagieux et tout le peuple en a été contaminé, bien que plus tard nous lisions qu'en tout et pour tout les faiseurs de mal n'étaient que quelques milliers de personnes, c'est-à-dire une petite partie du peuple d'Israël.

Toute cette histoire est racontée de façon très laconique et comporte beaucoup de moments tentants dans le sens d'une justification du peuple d'Israël. On a toujours envie de dire quelque chose de bien sur Israël, et c'est pourquoi il est difficile, difficile de garder l'objectivité quand nous lisons cela. Mais j'essaie de traduire le texte tel qu'il est écrit.

Ainsi, dans le camp d'Israël commença une grande bringue – le Jour du Veau d'or. Au verset 7 nous lisons ce qui se passe à ce moment-là sur la montagne. Moché a déjà reçu les tables et devrait, semble-t-il, prendre congé.

         וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֶךְ־רֵד כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃

vaydabbér adonáy el-moché lekh-réd ki chi'hét ammékha achér he'eléta me'érets mitsráyim

7 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Va, descends, car il a pourri (s'est gâté, s'est avarié), le peuple que tu as fait monter du pays d'Égypte.

Encore une fois, c'est l'occasion de parler de quoi ? Première variante : « Tu réponds de lui (du peuple), tu as pris la responsabilité de lui, Je te l'ai confié ». Deuxième variante : « Ils ont pourri, ceux à qui tu as permis, par bonté d'âme, de se joindre au peuple d'Israël ; ceux que J'appelais – ce sont les vrais descendants d'Israël, ils n'ont pas pourri, mais ceux-là, ceux-là ‒ ils se sont gâtés ». Le mot chi'hét signifie s'est dépravé, ce verbe est employé aussi à propos de Sédom et à propos de la génération d'avant le Déluge. C'est-à-dire s'est dépravé, a perdu toute norme morale, le peuple que tu as fait monter d'Égypte. Je suis enclin à penser qu'il ne s'agit pas ici des étrangers, et qu'il ne vaut pas tellement la peine de diviser le peuple en ces couches, il s'agit du peuple dont Moché répond (selon le traité qui vient d'être reçu), car il vient d'être dit : « …quand tu prendras sous ta responsabilité les fils d'Israël », c'est-à-dire que cela fait partie du traité.

         סָרוּ מַהֵר מִן־הַדֶּרֶךְ אֲשֶׁר צִוִּיתִם עָשׂוּ לָהֶם עֵגֶל מַסֵּכָה וַיִּשְׁתַּחֲווּ־לוֹ וַיִּזְבְּחוּ־לוֹ וַיֹּאמְרוּ אֵלֶּה אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הֶעֱלוּךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃

sárou maher min-haddérekh achér tsivvitím assoú lahém égel massekhá vayichta'havou-ló vayizbe'hou-ló vayomeroú élle elohékha yisraél achér he'eloúkha me'érets mitsráyim

8 Ils se sont vite écartés du chemin que Je leur ai ordonné, ils ont fait un veau de fonte et se sont prosternés devant lui, et lui ont offert des sacrifices, et ont dit : « Voici tes dieux, Israël, qui t'ont fait sortir du pays d'Égypte ! »

Le Très-Haut raconte à Moché ce qui se passe en bas.

         וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה רָאִיתִי אֶת־הָעָם הַזֶּה וְהִנֵּה עַם־קְשֵׁה־עֹרֶף הוּא׃

vayomer adonáy el-moché ra'íti et-ha'ám hazzé vehinné am-keche-óref hou

9 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « J'ai vu ce peuple, et voici – c'est un peuple au col dur.

C'est ainsi qu'on traduit habituellement en langue russe – au col dur, le mot col signifie cou. Mais en hébreu ce n'est pas tout à fait le cou, le mot óref – c'est la nuque, c'est la partie inférieure du cou. Ainsi keche-óref – c'est celui à qui il est difficile de se tourner, celui dont la partie de la nuque conduit mal le sang : un peuple qui comprend mal et qui tourne mal la tête. Et puisque le mot téchouva (repentir) en hébreu signifie retour en arrière, alors keche-óref ‒ c'est un peuple à la nuque dure, un peuple lourd à se retourner en arrière, c'est un peuple qui se repent difficilement.

Et là le Très-Haut, comme on dit, fait à Moché une proposition qu'on ne peut pas refuser. D'habitude c'est bien ainsi que cela se passe avec les propositions que fait le Très-Haut, mais c'est un cas particulier.

         וְעַתָּה הַנִּיחָה לִּי וְיִחַר־אַפִּי בָהֶם וַאֲכַלֵּם וְאֶעֱשֶׂה אוֹתְךָ לְגוֹי גָּדוֹל׃

ve'attá hanní'ha li veyi'har-appí vahém va'akhallém ve'e'essé otekhá legóy gadól

10 Et maintenant donc laisse-Moi, et Ma colère s'enflammera contre eux, et Je les anéantirai, et toi, Je ferai de toi un grand peuple ! »

L'expression hanní'ha li pourrait être traduite par permets-moi, mais, puisque nous parlons du Très-Haut, il sera plus juste de traduire laisse-Moi, c'est-à-dire va-t'en.

Ce que le SEIGNEUR propose à Moché – ce n'est pas seulement une proposition, mais aussi une épreuve, une épreuve de leader : le leader pour le peuple ou le peuple pour le leader.

Et au verset 11 nous lisons la réaction étonnante de Moché :

         וַיְחַל מֹשֶׁה אֶת־פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהָיו וַיֹּאמֶר לָמָה יְהוָה יֶחֱרֶה אַפְּךָ בְּעַמֶּךָ אֲשֶׁר הוֹצֵאתָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם בְּכֹחַ גָּדוֹל וּבְיָד חֲזָקָה׃

vay'hál moché et-pené adonáy eloháv vayomer lamá adonáy ye'heré appekhá be'ammékha achér hotséta me'érets mitsráyim bekhóa'h gadól ouvyád 'hazaká

11 Et Moché commença à supplier (implorer) le Très-Haut, son Dieu, et dit : « Dans quel but, SEIGNEUR, Ta colère s'enflammerait-elle contre Ton peuple, que Tu as fait sortir du pays d'Égypte avec une grande force et d'une main forte ?

Ici le mot vay'hál se traduit par et commença à prier, à supplier, mais dans une traduction littérale, plus exacte, en combinaison avec et-pené ‒ commença à changer l'expression du visage, à rendre l'expression du visage du Très-Haut plus bienveillante. Moché se mit à essayer de changer l'expression du visage du Très-Haut.

Le mot lamá, qu'on traduit parfois par pourquoi ou pour quelle raison en hébreu a le sens de à quoi bon, pour quoi faire, dans quel but, c'est-à-dire non pas pourquoi, mais pour quoi faire. Pourquoi – là on comprend pourquoi : parce que le peuple d'Israël a péché. Mais pour quoi faire ‒ c'est ce que demande Moché. Eh bien, et quels en seront les résultats ? Moché ose, Moché a l'audace de discuter avec le Très-Haut Lui-même : « À quoi bon Te mettre maintenant en colère contre le peuple que Tu as fait sortir d'Égypte d'une main puissante ? »

לָמָּה יֹאמְרוּ מִצְרַיִם לֵאמֹר בְּרָעָה הוֹצִיאָם לַהֲרֹג אֹתָם בֶּהָרִים וּלְכַלֹּתָם מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה שׁוּב מֵחֲרוֹן אַפֶּךָ וְהִנָּחֵם עַל־הָרָעָה לְעַמֶּךָ׃

láma yomeroú mitsráyim lemór bera'á hotsi'ám laharóg otám beharím oulkhallotám me'ál pené ha'adamá chouv me'harón appékha vehinna'hém al-hara'á le'ammékha

12 Dans quel but donnes-Tu la possibilité que les Égyptiens disent : « Il les a fait sortir par sa méchanceté (par sa malveillance), pour les tuer dans les montagnes et les anéantir de la surface de la terre ! » Reviens de Ta colère, et change d'avis sur le mal à faire à Ton peuple ! »

         זְכֹר לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיִשְׂרָאֵל עֲבָדֶיךָ אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתָּ לָהֶם בָּךְ וַתְּדַבֵּר אֲלֵהֶם אַרְבֶּה אֶת־זַרְעֲכֶם כְּכוֹכְבֵי הַשָּׁמָיִם; וְכָל־הָאָרֶץ הַזֹּאת אֲשֶׁר אָמַרְתִּי אֶתֵּן לְזַרְעֲכֶם וְנָחֲלוּ לְעֹלָם׃

zekhór le'avrahám leyits'hák oulyisraél avadékha achér nichbá'ta lahém bakh vattedabbér alehém arbé et zar'akhém kekhokhevé hachamáyim vekhol-ha'árets hazzót achér amárti ettén lezar'akhém vena'haloú le'olám

13 Souviens-Toi de Tes serviteurs, Avraham, Yits'hak et Yaakov, auxquels Tu as juré par Toi-même, et Tu leur as dit : « Je multiplierai votre semence comme les étoiles du ciel, et tout ce que J'ai promis (toute cette terre), Je le donnerai à votre semence, et vous en hériterez éternellement ».

         וַיִּנָּחֶם יְהוָה עַל־הָרָעָה אֲשֶׁר דִּבֶּר לַעֲשׂוֹת לְעַמּוֹ׃

vayinná'hem adonáy al-hara'á achér dibbér la'assót le'ammó

14 Et le SEIGNEUR renonça au mal qu'il avait parlé de faire à son peuple.

Qu'est-ce qui, dans la prière de Moché, a servi de cause, ce pour quoi le Très-Haut a renoncé à son dessein à l'égard du peuple d'Israël ? C'est la même composante dans la prière que nous rencontrons souvent aussi dans les Téhillim, chez David. Que peut, au fond, l'homme donner au Très-Haut, sinon Le glorifier sur la terre, être un vase, un instrument de Sa glorification sur la terre ? David dit : « Si je péris, s'il m'arrive quelque chose, si je suis couvert de honte, qui Te glorifiera ? Qui Te glorifiera dans le che'ól ? » Et ici Moché s'adresse au Créateur et dit : « Pour Ta glorification, pour Ta gloire, que les Égyptiens ne disent pas : Il les a fait sortir pour le mal. Pour Ta gloire, pour Ton Nom, fais cela, renonce à ton dessein à l'égard du peuple d'Israël ! »

וַיִּפֶן וַיֵּרֶד מֹשֶׁה מִן־הָהָר וּשְׁנֵי לֻחֹת הָעֵדֻת בְּיָדוֹ לֻחֹת כְּתֻבִים מִשְּׁנֵי עֶבְרֵיהֶם מִזֶּה וּמִזֶּה הֵם כְּתֻבִים׃

vayífen vayéred moché min-hahár ouchné lou'hót ha'edoút beyadó lou'hót ketouvím michené evrehém mizzé oumizzé hem ketouvím

15 Et Moché se retourna, et descendit de la montagne, et les deux tables du témoignage dans sa main, des tables écrites des deux côtés, de ce côté et de ce côté elles sont écrites.

Ici une inscription étonnante : mizzé oumizzé (de ce côté et de ce côté) hem ketouvím (elles sont écrites). On peut comprendre ainsi : soit l'inscription est des deux côtés sur chaque table, soit sur la première table est écrit le début, et sur l'autre la suite, soit encore autrement. Une compréhension claire de ces versets, nous ne l'avons pas, les commentaires à ce sujet sont réellement nombreux, et dans ces commentaires on peut se noyer.

         וְהַלֻּחֹת מַעֲשֵׂה אֱלֹהִים הֵמָּה וְהַמִּכְתָּב מִכְתַּב אֱלֹהִים הוּא חָרוּת עַל־הַלֻּחֹת׃

vehallou'hót ma'assé elohím hémma vehammikhtáv mikhtáv elohím hou 'haroút al-hallou'hót

16 Et ces tables (planches, tablettes), elles sont l'œuvre des mains du Très-Haut, et les inscriptions sur elles – des inscriptions de Dieu, gravées sur les tables.

La locution 'haroút al-hallou'hót peut aussi se comprendre comme liberté sur les tables. L'essence de l'alliance avec le Très-Haut ‒ c'est la libération de l'esclavage en général, non seulement de l'esclavage égyptien, mais aussi de l'esclavage de quelque autre pouvoir que ce soit. Cette interprétation de 'haroút précisément dans le sens de liberté est pertinente comme midrach, mais le sens simple signifie gravé.

Moché descend de la montagne et arrive jusqu'à l'endroit où l'attend Yéhochoua ben Noun.

         וַיִּשְׁמַע יְהוֹשֻׁעַ אֶת־קוֹל הָעָם בְּרֵעֹה וַיֹּאמֶר אֶל־מֹשֶׁה קוֹל מִלְחָמָה בַּמַּחֲנֶה׃

vayichmá yehochoúa et-kol ha'ám bere'ó vayomer el-moché kol mil'hamá bamma'hané

17 Et Yéhochoua entendit la voix du peuple dans son allégresse, et il dit à Moché (Yéhochoua fait son rapport à Moché) : « Une voix de bataille dans le camp ».

וַיֹּאמֶר אֵין קוֹל עֲנוֹת גְּבוּרָה וְאֵין קוֹל עֲנוֹת חֲלוּשָׁה קוֹל עַנּוֹת אָנֹכִי שֹׁמֵעַ׃

vayomer en kol anót gevourá ve'én kol anót 'halouchá kol annót anokhí chomé'a

18 Et il dit : « Mais ce n'est pas une voix de victoire, et ce n'est pas une voix de défaite ; c'est une voix de débauche (de dépravation) que j'entends ».

Pourquoi donc Yéhochoua parle-t-il des voix de la guerre, des voix du combat ? Parce que pendant la guerre il y a la voix de l'attaque, la voix de la victoire, quand on marche sur l'ennemi avec le cri « Hourra ! » ; ou quand, pendant la retraite, on s'encourage les uns les autres et qu'on entend des gémissements ; ou la voix quand on partage le butin, quand on pille une ville et que se commet toute sorte de libertinage, comme il y en a à la guerre.

         וַיְהִי כַּאֲשֶׁר קָרַב אֶל־הַמַּחֲנֶה וַיַּרְא אֶת־הָעֵגֶל וּמְחֹלֹת וַיִּחַר־אַף מֹשֶׁה וַיַּשְׁלֵךְ מִיָּדוֹ (מִיָּדָיו) אֶת־הַלֻּחֹת וַיְשַׁבֵּר אֹתָם תַּחַת הָהָר׃

vayhí ka'achér karáv el-hamma'hané vayár et-ha'égel oum'holót vayi'har-áf moché vayachlékh miyadáv et-hallou'hót vaychabbér otám tá'hat hahár

19 Et il advint : quand Moché s'approcha du camp et qu'il vit le veau et les rondes autour de lui, Moché s'enflamma de colère, et il jeta de sa main les tables, et les brisa sous la montagne.

Ayant vu tout ce qui se passe, Moché brise les tables dont il vient d'être dit qu'elles sont écrites de la propre main du Très-Haut, taillées par le Très-Haut, faites par le Très-Haut. Et, naturellement, une question se pose : comment Moché a-t-il osé si facilement détruire ces tables ?

Si nous regardons tout ce passage, on peut avoir l'impression que le peuple d'Israël ressemble à une fiancée qui a forniqué sous la 'houppa, qui a forniqué sous le dais nuptial. Il n'y a rien de pire. Et Moché, ayant vu cela, a détruit le contrat de mariage, a déchiré le contrat selon lequel la fiancée est considérée comme promise au fiancé et, par conséquent, peut être condamnée. D'autres commentateurs disent que les tables étaient assez lourdes, que c'est par sa foi que Moché les portait. Si l'on se représente ces énormes tables de pierre, ou même de petites tables de pierre, elles doivent peser assez lourd. Et à ce moment-là elles se sont simplement arrachées des mains de Moché : le miracle qui les tenait a cessé de les tenir, et elles sont tombées. On peut, bien sûr, concilier ces deux compréhensions et en citer beaucoup d'autres. Je pense que (en dehors de toute mystique et de toutes sortes d'interprétations mystiques) on peut dire ceci : Moché est un homme de sang et de chair, et bien qu'il soit le plus modeste et le plus humble des hommes, la déception, le ressentiment et la colère lui sont propres aussi, et on peut voir ici une manifestation de l'humanité de Moché. Alors on peut dire que, d'une manière générale, tout ce passage, toute cette histoire du veau d'or – c'est une histoire d'actes non conventionnels, inattendus, où les gens agissent comme personne ne l'attend d'eux. Voilà comment Moché a réagi, voilà ce qui est arrivé quand Moché a vu ce qui se passait : il a brisé les tables sous la montagne.

         וַיִּקַּח אֶת־הָעֵגֶל אֲשֶׁר עָשׂוּ וַיִּשְׂרֹף בָּאֵשׁ וַיִּטְחַן עַד אֲשֶׁר־דָּק וַיִּזֶר עַל־פְּנֵי הַמַּיִם וַיַּשְׁקְ אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

vayikká'h et-ha'égel achér assoú vayisróf ba'éch vayit'hán ad acher-dák vayízer al-pené hammáyim vayáchk et-bené yisraél

20 Et il prit le veau qu'ils avaient fait, et le brûla au feu, et le broya jusqu'à la plus fine poussière, et le jeta dans l'eau, et fit boire les fils d'Israël.

Cela ressemble à la procédure qui sera décrite plus tard au sujet de la femme qui a forniqué : chez ceux qui avaient réellement dansé et qui avaient réellement des intentions idolâtres, certains signes apparaîtront.

         וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־אַהֲרֹן מֶה־עָשָׂה לְךָ הָעָם הַזֶּה כִּי־הֵבֵאתָ עָלָיו חֲטָאָה גְדֹלָה׃

vayomer moché el-aharón me-assá lekhá ha'ám hazzé ki-hevéta aláv 'hata'á gedolá

21 Et Moché dit à Aharon : « Que t'a fait ce peuple, pour que tu aies amené sur le peuple un tel malheur ? »

Cela ressemble (c'est presque une citation) à ce qu'Avimélekh a dit en son temps à Avraham : « Que t'ai-je fait, pour que tu aies amené sur nous un tel malheur ? »

         וַיֹּאמֶר אַהֲרֹן אַל־יִחַר אַף אֲדֹנִי אַתָּה יָדַעְתָּ אֶת־הָעָם כִּי בְרָע הוּא׃

vayomer aharon al-yí'har af adoní attá yadá'ta et-ha'ám ki verá hou

22 Et Aharon dit : « Que le seigneur ne s'irrite pas, tu connais ce peuple, quand il est dans son mauvais état.

D'où Moché le saurait-il ? Eh bien oui, il y avait eu quelques querelles, il y avait eu quelques disputes, pendant que Moché faisait sortir le peuple, mais il ne s'était encore passé que peu de temps, les conflits principaux n'avaient pas encore eu lieu. De quoi s'agit-il ici ? Peut-être de ce dont Yé'hezkel parle au chapitre 20, versets 6–10 : « Je suis le SEIGNEUR votre Dieu ! En ce jour-là J'ai levé Ma main (avec serment) pour les faire sortir du pays de Mitsraïm, vers le pays que J'avais recherché pour eux, ruisselant de lait et de miel, elle est la splendeur de tous les pays. Et Je leur ai dit : que chacun rejette les abominations (qui sont devant) ses yeux, et ne vous souillez pas par les idoles de Mitsraïm : Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu. Mais ils se sont révoltés contre Moi et n'ont pas voulu M'écouter ; personne n'a rejeté les abominations qui étaient devant leurs yeux, et les idoles de Mitsraïm, ils ne les ont pas abandonnées. Et J'ai pensé déverser Ma colère sur eux, les épuiser par Ma fureur contre eux au pays de Mitsraïm. Mais J'ai agi (ainsi) à cause de Mon Nom, pour qu'il ne soit pas profané aux yeux des nations parmi lesquelles ils (se trouvaient), sous les yeux desquelles Je me suis révélé à eux, pour les faire sortir du pays de Mitsraïm. Et Je les ai fait sortir du pays de Mitsraïm, et Je les ai amenés dans le désert ». Si l'on lit ces versets du chapitre 20 de Yé'hezkel, on peut voir que le peuple se rebellait et manifestait de l'incrédulité et le désir de se prosterner devant d'autres dieux encore avant d'être sorti d'Égypte. Et, peut-être, c'est précisément cela que dit Aharon : « Mais tu les connais bien, je n'ai pas pu discuter avec eux ». Et c'est un argument pour ceux qui pensent qu'Aharon a simplement eu peur, humainement. Et si c'est ainsi, alors de nouveau nous revenons à la pensée que dans notre chapitre tous les héros se conduisent humainement, peut-être d'une manière humaine trop inattendue, y compris Aharon. Et même les gens qui demeurent dans la sainteté, qui se préparent à la consécration comme kohanim, ne sont que des hommes, et rien d'humain ne leur est étranger. Mais, je le répète, ce n'est qu'une des variantes de compréhension, et il ne faut pas se hâter de condamner Aharon. Et ensuite Aharon raconte comment cela s'est passé.

         וַיֹּאמְרוּ לִי עֲשֵׂה־לָנוּ אֱלֹהִים אֲשֶׁר יֵלְכוּ לְפָנֵינוּ כִּי־זֶה מֹשֶׁה הָאִישׁ אֲשֶׁר הֶעֱלָנוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לֹא יָדַעְנוּ מֶה־הָיָה לוֹ׃

vayomerou li assé-lánou elohím achér yelekhoú lefanénou ki-zé moché ha'ích achér he'elánou me'érets mitsráyim lo yadá'nou me-háya lo

23 Et ils me dirent : « Fais-nous un dieu qui marchera devant nous, car cet homme même, Moché, qui nous a fait sortir d'Égypte, – nous ne savons pas ce qu'il est devenu ».

וָאֹמַר לָהֶם לְמִי זָהָב הִתְפָּרָקוּ וַיִּתְּנוּ־לִי וָאַשְׁלִכֵהוּ בָאֵשׁ וַיֵּצֵא הָעֵגֶל הַזֶּה׃

va'omár lahém lemí zaháv hitparákou vayittenou-lí va'achlikhéhou va'éch vayetsé ha'égel hazzé

24 Et je leur dis : « Celui qui a de l'or, ôtez-le et donnez-le-moi, et je l'ai jeté au feu, et ce veau est sorti ».

C'est ce qu'a raconté Aharon. Si dans la description initiale on pouvait voir certaines manœuvres tactiques d'Aharon, et que nous disions que, peut-être, Aharon gagne du temps et invente toutes sortes de ruses, dans le récit (quand Aharon raconte à Moché le déroulement des événements) aucune ruse n'est mentionnée. Très probablement parce que c'est arrivé comme c'est arrivé, et Aharon ne veut pas se justifier d'une manière ou d'une autre et raconte simplement : « Voilà comment j'ai fait, je ne suis pas fier de moi, mais c'est ainsi que j'ai agi ». Et cet exemple de la communication entre Moché et Aharon peut être un exemple de communication pour nous aussi. Quand nous communiquons avec quelqu'un qui se repent, s'excuse et demande pardon, il n'est pas du tout obligatoire d'arracher à la personne des détails et de demander : mais pourquoi as-tu fait cela, pourquoi l'as-tu fait précisément ainsi ? Et ne pas poser mille « pourquoi » sur chacun de ses actes, mais ressentir l'état de la personne. À la manière dont Aharon raconte les événements, on voit qu'il vit très douloureusement ce qui s'est passé, et c'est pourquoi la miséricorde envers lui consiste en ce qu'on n'exige pas de lui le récit de tous les détails de manière exhaustive.

         וַיַּרְא מֹשֶׁה אֶת־הָעָם כִּי פָרֻעַ הוּא כִּי־פְרָעֹה אַהֲרֹן לְשִׁמְצָה בְּקָמֵיהֶם׃

vayár moché et-ha'ám ki faroú'a hou ki-fera'ó aharon lechimtsá bekamehém

25 Et Moché vit le peuple, qu'il s'était dépravé, car Aharon l'avait dépravé pour le mal.

Aharon a permis au peuple de se dépraver pour le mal, à travers Aharon ils se sont dépravés et sont tombés. Mais on peut dire qu'Aharon a simplement présenté ici le peuple sous un mauvais jour, en racontant les événements à Moché.

         וַיַּעֲמֹד מֹשֶׁה בְּשַׁעַר הַמַּחֲנֶה וַיֹּאמֶר מִי לַיהוָה אֵלָי וַיֵּאָסְפוּ אֵלָיו כָּל־בְּנֵי לֵוִי׃

vaya'amód moché becha'ár hamma'hané vayomer mi ladonáy eláy vaye'assefoú eláv kol-bené leví

26 Et Moché se tint à la porte du camp, et dit : « Qui est pour le SEIGNEUR – à moi ! » Et tous les lévites se tinrent avec lui.

Que signifie cet appel de Moché ? Même ceux qui organisaient des jeux autour du veau d'or n'étaient certainement pas contre Dieu : ils se trouvaient dans le désert, ils voyaient la miséricorde du Créateur, et on ne peut pas les appeler ennemis de Dieu. Mais ici Moché appelle ceux qui sont prêts à être l'instrument du jugement divin, qui choisissent le côté de Dieu, et non le côté de la famille. Un choix très sérieux et dur, qui ne se fait pas tous les jours. Et il faut se rappeler que Moché lui-même, quelques versets plus loin, dira au Très-Haut une phrase étonnante sur son propre choix. Mais maintenant il parle de la manière dont le peuple doit agir. Qui choisit le côté de son frère, de son ami, de sa sœur, de sa femme, et qui choisit le côté du Très-Haut ‒ il faut se décider. C'est à cela qu'appelle Moché.

         וַיֹּאמֶר לָהֶם כֹּה־אָמַר יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל שִׂימוּ אִישׁ־חַרְבּוֹ עַל־יְרֵכוֹ עִבְרוּ וָשׁוּבוּ מִשַּׁעַר לָשַׁעַר בַּמַּחֲנֶה וְהִרְגוּ אִישׁ־אֶת־אָחִיו וְאִישׁ אֶת־רֵעֵהוּ וְאִישׁ אֶת־קְרֹבוֹ׃

vayomer lahém ko-amár adonáy elohé yisraél símou ich-'harbó al-yerekhó ivroú vachoúvou michá'ar lachá'ar bamma'hané vehirgouLa translittération russe écrit ici un h à la place du g dans ce mot. Le texte hébreu porte un g ; la ligne française suit l'hébreu. ich-et-a'hív ve'ích et-re'ehou ve'ích et-kerovó

27 Et il leur dit (aux lévites) : « Ainsi a dit le SEIGNEUR, Dieu d'Israël : mettez chacun l'épée sur votre hanche, passez et repassez, de porte en porte dans le camp, – et tuez chacun son frère, chacun son prochain, et chacun celui qu'il connaît.

Ici Moché prend lui-même la décision, investi de pouvoirs par le SEIGNEUR. Apparemment, comme nous l'avons dit plus tôt, après que le peuple d'Israël eut bu l'eau avec le veau broyé en poussière, sont apparus certains signes par lesquels on pouvait voir qui était coupable.

         וַיַּעֲשׂוּ בְנֵי־לֵוִי כִּדְבַר מֹשֶׁה וַיִּפֹּל מִן־הָעָם בַּיּוֹם הַהוּא כִּשְׁלֹשֶׁת אַלְפֵי אִישׁ׃

vaya'assoú vene-leví kidvár moché vayippól min-ha'ám bayom hahou kichlóchet alfé ich

28 Et les fils de Lévi firent comme l'avait dit Moché, et il tomba du peuple en ce temps-là environ trois mille hommes.

C'est-à-dire que nous voyons : bien qu'il y ait eu des danses et qu'il y ait eu quelques orgies autour du veau, du peuple ont péri trois mille hommes, peut-être les principaux organisateurs et animateurs.

         וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה מִלְאוּ יֶדְכֶם הַיּוֹם לַיהוָה כִּי אִישׁ בִּבְנוֹ וּבְאָחִיו וְלָתֵת עֲלֵיכֶם הַיּוֹם בְּרָכָה׃

vayomer moché mil'oú yedkhém hayom ladonáy ki ich bivnó ouv'a'hív velatét alekhém hayom berakhá

29 Et Moché dit : « Consacrez vos mains aujourd'hui au SEIGNEUR, car chacun en son fils, et en son frère recevra aujourd'hui la bénédiction ! »

Ce sont des paroles qu'il nous est très difficile aujourd'hui d'écouter et d'accepter. Il m'est difficile d'écouter et d'accepter, je parle pour moi. Si l'homme est capable, sans égard à la parenté, à la proximité, à l'amour, de condamner et même de punir son frère pour idolâtrie, alors par cela il recevra la bénédiction. À nous aujourd'hui, bien sûr, cela semble très cruel, mais ici il y a une injonction assez univoque : le SEIGNEUR nous ordonne de L'aimer, d'aimer le SEIGNEUR plus que les frères. « Qui ne haïra pas son père et sa mère n'est pas digne de moi » (Mt 10,37) ‒ c'est, au fond, le même principe.

וַיְהִי מִמָּחֳרָת וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־הָעָם אַתֶּם חֲטָאתֶם חֲטָאָה גְדֹלָה וְעַתָּה אֶעֱלֶה אֶל־יְהוָה אוּלַי אֲכַפְּרָה בְּעַד חַטַּאתְכֶם׃

vayhí mimma'horát vayomer moché el-ha'ám attém 'hatatém 'hata'á gedolá ve'attá e'elé el-adonáy ouláy akhapperá be'ád 'hattatkhém

30 Et ce fut le lendemain, et Moché dit au peuple : « Vous avez péché d'un grand péché. Maintenant donc je monterai vers le SEIGNEUR, peut-être expierai-je votre péché ».

         וַיָּשָׁב מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה וַיֹּאמַר אָנָּא חָטָא הָעָם הַזֶּה חֲטָאָה גְדֹלָה וַיַּעֲשׂוּ לָהֶם אֱלֹהֵי זָהָב׃

vayachávLa translittération russe écrit ici la dernière syllabe avec un o. Le texte hébreu porte un a ; la ligne française suit l'hébreu. moché el-adonáy vayomár anná 'hatá ha'ám hazzé 'hata'á gedolá vaya'assoú lahém elohé zaháv

31 Et Moché retourna vers le SEIGNEUR, et Lui dit : « De grâce, ce peuple a péché d'un grand péché, ils se sont fait un Dieu d'or ;

         וְעַתָּה אִם־תִּשָּׂא חַטָּאתָם וְאִם־אַיִן מְחֵנִי נָא מִסִּפְרְךָ אֲשֶׁר כָּתָבְתָּ׃

ve'attá im-tissá 'hattatám ve'im-áyin me'héni na missifrekhá achér katávta

32 Maintenant donc, porteras-Tu leur péché ? Et si Tu ne le portes pas, efface-moi, de grâce, du livre que Tu as écrit ! »

Le mot porteras ici, comme en beaucoup d'autres endroits, est employé au sens de pardonneras, prendras sur toi.

Étonnantes par leur audace, par la grandeur de leur amour pour le peuple, par leur hardiesse sont les paroles de Moché : « Si Tu leur pardonnes, alors pardonne, si Tu ne leur pardonnes pas, alors efface-moi aussi du livre que Tu as écrit. Je ne veux pas être sauvé sans mon peuple ! » Et ce sont des paroles que dit ce même Moché qui avait récemment dit : « Qui est pour le SEIGNEUR ‒ mettez-vous à côté de moi ! » Moché, qui appelle à se ranger pour le SEIGNEUR, est lui-même prêt à se ranger pour le peuple. Étonnante qualité d'un leader qui n'a pas dit : « Moi, moi, de moi fais sortir un peuple, je serai, je deviendrai ! » Moché est prêt à la perdition éternelle, pourvu seulement que le peuple ne soit pas condamné. Il me semble que ce sont des paroles très majestueuses d'un leader, d'un pasteur, d'un serviteur qui intercède pour son peuple. Le plus haut degré de l'amour et une grande leçon pour nous tous.

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה מִי אֲשֶׁר חָטָא־לִי אֶמְחֶנּוּ מִסִּפְרִי׃

vayomer adonáy el-moché mi achér 'hata-lí em'hénnou missifrí

33 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Celui qui a péché contre Moi, celui-là Je l'effacerai de Mon livre.

         וְעַתָּה לֵךְ נְחֵה אֶת־הָעָם אֶל אֲשֶׁר־דִּבַּרְתִּי לָךְ הִנֵּה מַלְאָכִי יֵלֵךְ לְפָנֶיךָ וּבְיוֹם פָּקְדִי וּפָקַדְתִּי עֲלֵיהֶם חַטָּאתָם׃

ve'attá lekh ne'hé et-ha'ám el acher-dibbárti lakh hinné mal'akhí yelékh lefanékha ouvyom pokdí oufakadtí alehém 'hattatám

34 Maintenant va et transmets au peuple ce que Je t'ai dit. Voici, Mon Ange ira devant toi ; en son temps (au jour de Ma rétribution) Je les rétribuerai pour leur péché ».

De l'ange il sera encore question dans le chapitre suivant.

         וַיִּגֹּף יְהוָה אֶת־הָעָם עַל אֲשֶׁר עָשׂוּ אֶת־הָעֵגֶל אֲשֶׁר עָשָׂה אַהֲרֹן׃

vayiggóf adonáy et-ha'ám al achér assoú et-ha'égel achér assá aharón

35 Et le SEIGNEUR frappa de peste (d'épidémie) le peuple, parce qu'ils avaient fait le veau qu'Aharon avait fait.

Le peuple a fait le veau qu'Aharon a fait ‒ c'est une phrase étonnante, et on peut la comprendre de bien des manières différentes. Très probablement – parce qu'ils avaient contraint Aharon à faire le veau, ce n'est pas Aharon qui fut frappé, mais le peuple qui fut frappé par l'épidémie. Il y a des situations (c'est ainsi qu'on le considère très souvent) où un homme fait quelque chose qui mérite la mort, mais on ne l'en a pas averti à l'avance, et il n'y a pas de tribunal qui puisse le condamner. Et alors il est mis à mort avant son terme, il est mis à mort par les mains du ciel, il abrège sa vie. Et c'est le cas où le Très-Haut a envoyé la peste, a envoyé une épidémie sur le peuple d'Israël et a fait périr ceux qui méritaient la mort.

Ici on peut rappeler par quoi commençait la section hebdomadaire Ki Tissa : par le demi-chékel que chacun apporte pour son expiation. Nous disions que c'est une sorte de casque ou de scaphandre qui protège l'homme d'être précipité dans le péché par la faute des autres, de ce que les autres l'entraînent quelque part, pas là où il faut. Et voici que nous voyons ici un exemple d'une telle situation, où d'autres entraînent l'homme dans le péché, séduisent l'homme pour qu'il commette un péché par le veau d'or. C'est une épidémie spirituelle, l'idolâtrie, qui, peut-être, a englouti, a contaminé quelqu'un. La réaction du Très-Haut, la réponse du Très-Haut fut la peste, l'épidémie qu'Il envoya sur le peuple d'Israël, et ceux qui mourront de cette peste ne mourront pas par hasard, ce ne seront pas des victimes accidentelles.

Ici se termine ce passage étonnant, tragique, sur le veau d'or. On peut encore dire beaucoup de choses et on peut discuter de beaucoup de choses, ce sujet reste toujours ouvert à la discussion. Moi, comme d'habitude, je ne fais que mettre du bois dans le feu de votre réflexion.

Ki Tissa : la force de la parole

Chémot 33,1–16

Nous avons déjà lu la terrible histoire de la chute d'Israël dans le péché, comment le peuple d'Israël a fait le veau, sans attendre le retour de Moché, et qu'à cause de cela s'ensuivit le châtiment. Nous nous sommes arrêtés sur une certaine accalmie, quand on ne comprend pas comment va se développer ensuite l'histoire juive et comment vont se développer ensuite les relations entre Israël et le Très-Haut. Et nous commençons à lire à partir du verset 1 du chapitre 33.

         וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵךְ עֲלֵה מִזֶּה אַתָּה וְהָעָם אֲשֶׁר הֶעֱלִיתָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב לֵאמֹר לְזַרְעֲךָ אֶתְּנֶנָּה׃

vaydabbér adonáy el-moché lekh alé mizzé attá veha'ám achér he'elíta me'érets mitsráyim el-ha'árets achér nichbá'ti le'avrahám leyits'hák oulya'akóv lemór lezar'akhá ettenénna

1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché : « Va, monte (ou lève-toi, mets-toi en mouvement) d'ici, toi et le peuple que tu as fait monter (fait sortir) du pays d'Égypte. Allez dans le pays au sujet duquel J'ai juré à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov, disant : à ta semence Je le donnerai.

Bien qu'ici de nouveau le Très-Haut dise : « …tu as fait sortir », Il ne dit pas, comme auparavant : « …ton peuple (amkhá) », Il dit : « …toi et le peuple (atta veha'am) », et c'est déjà un certain progrès dans les relations.

         וְשָׁלַחְתִּי לְפָנֶיךָ מַלְאָךְ וְגֵרַשְׁתִּי אֶת־הַכְּנַעֲנִי הָאֱמֹרִי וְהַחִתִּי וְהַפְּרִזִּי הַחִוִּי וְהַיְבוּסִי׃

vechala'htí lefanékha mal'ákh vegerachtí et-hakkena'aní ha'emorí veha'hittí vehapperizzí ha'hivví vehayvoussí

2 Et J'enverrai devant toi un Ange, et Je chasserai les Cananéens, les Émoréens, et les 'Hittiens, et les Périzéens, et les 'Hiviens, et les Yévousséens.

Qui a disparu de cette liste ? Ce sont les guirgachim : il ne faudra pas les chasser, ils sont partis d'eux-mêmes. Le Très-Haut dit : « Lève-toi, monte, il n'y aura plus de colonne qu'il faut suivre, comme c'était quand Je t'accompagnais, quand J'étais prêt à marcher au milieu de vous. Toi, lève-toi et monte, parce que J'enverrai devant toi un ange ». De l'ange nous avons déjà parlé, au sujet de l'ange le Très-Haut aussi a déjà donné une promesse à Moché, mais ici il s'agit d'autre chose. Quand nous parlions de l'ange dans les chapitres précédents, le Très-Haut ne refusait pas d'aller Lui-même avec le peuple d'Israël, l'ange était l'Ange de la Face du Très-Haut, qui représentait le Très-Haut. Ici le Très-Haut dit : « J'enverrai un Ange à Ma place, mais Moi-même Je n'irai pas avec toi ». Et ensuite le Très-Haut explique pourquoi :

         אֶל־אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ כִּי לֹא אֶעֱלֶה בְּקִרְבְּךָ כִּי עַם־קְשֵׁה־עֹרֶף אַתָּה פֶּן־אֲכֶלְךָ בַּדָּרֶךְ׃

el-érets zavát 'haláv oudvách ki lo e'elé bekirbekhá ki am-keché-óref átta pen-akhelkhá baddárekh

3 Et tu viendras dans le pays ruisselant de lait et de miel ; Je n'irai pas au milieu de toi, parce que tu es un peuple au cou raide, de peur que Je ne t'anéantisse en chemin ».

J'ai déjà parlé de cette expression, je le répéterai encore une fois : le pays ruisselant de lait et de miel ‒ c'est un pays qui attend qu'on le cultive. De miel suintent les dattes non récoltées, il ne s'agit pas ici du miel des abeilles (comme presque partout dans le Tanakh), il s'agit du miel de dattes, c'est-à-dire de ce sirop particulier dont suintent les dattes. Un pays où se promènent des animaux non traits, où les fruits ne sont pas récoltés – un pays qui attend celui qui le cultivera.

Nous avons parlé de l'expression au cou raide ‒ c'est celui à qui il est difficile de se tourner, à qui il est difficile d'obéir, un peuple obstiné.

Les mots akhelkhá (que Je ne t'anéantisse) et kilayón (perdition) viennent du mot kol (tout) : « De peur que Je ne te “toutifie” en chemin, que Je ne t'extermine complètement en chemin ». Cela ressemble au verbe le'ekhól (manger, se nourrir), mais c'est un mot complètement différent.

         וַיִּשְׁמַע הָעָם אֶת־הַדָּבָר הָרָע הַזֶּה וַיִּתְאַבָּלוּ וְלֹא־שָׁתוּ אִישׁ עֶדְיוֹ עָלָיו׃

vayichmá ha'am et-haddavár hará hazzé vayit'abbálou velo-chátou ich ed'yo aláv

4 Et le peuple entendit cette mauvaise nouvelle, et ils furent en deuil, et ils ne mirent pas, chacun sur soi, sa parure.

Cela sonne très étrangement : que vient faire ici, semblerait-il, la parure ? Habituellement le mot adí, qui est employé ici, on le traduit par parure (éd'yo – sa parure). Ce mot a la même cellule radicale (ayin-dalet) que les mots éd (témoin) et édout (témoignage). On peut comprendre ce texte de différentes manières, mais, très probablement, il s'agit ici des vêtements sur lesquels il y avait le sang de l'alliance, ces vêtements dans lesquels le peuple d'Israël s'était tenu devant le Très-Haut au Sinaï, des vêtements qui étaient devenus une sorte d'uniforme du peuple. Comme le kohen a ses vêtements sacerdotaux, ainsi le peuple a ses vêtements « de noces », les vêtements du témoignage. Et ici on peut dire que le peuple les a ôtés de lui, a cessé de les mettre.

וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה אֱמֹר אֶל־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל אַתֶּם עַם־קְשֵׁה־עֹרֶף רֶגַע אֶחָד אֶעֱלֶה בְקִרְבְּךָ וְכִלִּיתִיךָ וְעַתָּה הוֹרֵד עֶדְיְךָ מֵעָלֶיךָ וְאֵדְעָה מָה אֶעֱשֶׂה־לָּךְ׃

vayomer adonáy el-moché emór el-bené-yisraél attém am-keché-óref réga e'hád e'elé vekirbekhá vekhillitíkha ve'attá horéd ed'yekhá me'alékha ve'ede'á ma e'esse-lákh

5 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Dis aux fils d'Israël : vous êtes un peuple au cou raide, un instant seulement J'irai avec toi – et Je t'anéantirai. Et maintenant ôte de toi le vêtement du témoignage, et Je saurai quoi faire de toi ».

Qu'est-ce que cela signifie ? La première partie du châtiment – ôte : « Tu ne peux plus porter ce vêtement » ou, pour ainsi dire, « pose ta carte de service sur la table ». Et ensuite – nous verrons : « Je sais ce que Je ferai de toi, pour l'instant Je te cache ce châtiment ».

וַיִּתְנַצְּלוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־עֶדְיָם מֵהַר חוֹרֵב׃

vayitnattseloú vené-yisraél et-ed'yám mehár 'horév

6 Et les fils d'Israël ôtèrent les vêtements depuis le mont 'Horev.

Prêtons attention au mot vayitnatseloú.  Ici nous rencontrons un autre verbe – lehitnatsel, qui en hébreu moderne signifie se justifier, s'excuser. Eh bien, de quelle manière s'excuser ? S'excuser en se justifiant : « Excusez-moi d'être en retard, il y avait des bouchons ; excusez-moi de ne pas être venu, les électrons étaient soufflés des fils, et le tramway ne pouvait pas rouler ». Se justifier – c'est s'ôter la faute. Lehitnatsel – c'est aussi ôter de soi : s'ôter la responsabilité, refuser de participer à une situation. Ici le peuple d'Israël s'est mis en civil, a ôté les uniformes qu'il avait reçus au mont 'Horev, et c'est ainsi, probablement, qu'on peut le comprendre.

         וּמֹשֶׁה יִקַּח אֶת־הָאֹהֶל וְנָטָה־לוֹ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה הַרְחֵק מִן־הַמַּחֲנֶה וְקָרָא לוֹ אֹהֶל מוֹעֵד וְהָיָה כָּל־מְבַקֵּשׁ יְהוָה יֵצֵא אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד אֲשֶׁר מִחוּץ לַמַּחֲנֶה׃

oumoché yikká'h et-ha'óhel venata-ló mi'hoúts lamma'hané har'hék min-hamma'hané vekáraLa translittération russe écrit ici « mi-hamma'hané » et « bekára ». Le texte hébreu porte « min-hamma'hané » et « vekára » ; la ligne française suit l'hébreu. lo óhel mo'éd vehayá kol-mevakkéch adonáy yetsé el-óhel mo'éd achér mi'hoúts lamma'hané

7 Et Moché prit la tente et la dressa hors du camp, loin du camp, et l'appela Tente d'assignation. Et il advint que quiconque cherche la face du Très-Haut sort vers la Tente d'assignation, qui est hors des limites du camp.

Pour que la présence divine, la Chékhina, ne quitte pas le peuple d'Israël (tant que le Très-Haut ne veut pas demeurer au milieu de lui), Moché a sorti la Tente hors des limites du camp – là où le Très-Haut consent pour ainsi dire à être présent. Et quiconque cherche auprès du Très-Haut des réponses à ses questions, veut la résolution de ses litiges, peut-être de litiges judiciaires, vient à la Tente.

         וְהָיָה כְּצֵאת מֹשֶׁה אֶל־הָאֹהֶל יָקוּמוּ כָּל־הָעָם וְנִצְּבוּ אִישׁ פֶּתַח אָהֳלוֹ וְהִבִּיטוּ אַחֲרֵי מֹשֶׁה עַד־בֹּאוֹ הָאֹהֱלָה׃

vehayá ketsét moché el-ha'óhel yakoúmou kol-ha'ám venittsevoú ich péta'h aholó vehibbítou a'haré moché ad-bo'ó ha'óhela

8 Et il advint, quand Moché sortait vers la Tente, que tout le peuple se levait (tous se levaient), chacun à l'entrée de sa tente, et ils suivaient Moché du regard, jusqu'à ce qu'il entre dans la Tente.

Que se passe-t-il ici ? Il y a une tradition dans le judaïsme qui divise la nature en quatre catégories : domém (les pierres, l'inanimé), tsoméa'h (les plantes), 'hay (le monde animal) et une catégorie particulière, medabbér (celui qui parle), c'est-à-dire l'homme, un être qui parle, ce qui le distingue – c'est la conversation. Bien que les relations avec le Très-Haut soient gâtées, que le peuple ait péché et que le Très-Haut ait refusé de se trouver au milieu du peuple, Moché, utilisant la capacité de l'homme à parler, à résoudre certaines questions par la conversation, va parler avec le Très-Haut. Même quand les relations sont désespérément gâtées (ou qu'il semble qu'elles soient désespérément gâtées), Moché va dans la Tente parler avec le Très-Haut, et le peuple le suit du regard avec espoir : que répondra le Très-Haut, Moché parviendra-t-il à supplier le Très-Haut de revenir au milieu du peuple ?

         וְהָיָה כְּבֹא מֹשֶׁה הָאֹהֱלָה יֵרֵד עַמּוּד הֶעָנָן וְעָמַד פֶּתַח הָאֹהֶל וְדִבֶּר עִם־מֹשֶׁה׃

vehayá kevó moché ha'óhela yeréd ammoúd he'anán ve'amád péta'h ha'óhel vedibbér im-moché

9 Et il advint, quand Moché entra dans la Tente, que la colonne de fumée descendit, se tint à l'entrée de la Tente et parla avec Moché.

Bien sûr, ici la Torah décrit ce qui était visible pour le peuple : le peuple voyait que la colonne de fumée pour ainsi dire parlait avec Moché. En réalité, du côté de Moché, cela avait un tout autre aspect, et la Torah va nous le raconter d'un instant à l'autre.

         וְרָאָה כָל־הָעָם אֶת־עַמּוּד הֶעָנָן עֹמֵד פֶּתַח הָאֹהֶל וְקָם כָּל־הָעָם וְהִשְׁתַּחֲוּוּ אִישׁ פֶּתַח אָהֳלוֹ׃

vera'á kol-ha'ám et-ammoúd he'anán oméd péta'h ha'óhel vekám kol-ha'ám vehichta'havoú ich péta'h aholó

10 Et tout le peuple voyait la colonne de fumée qui se tient à l'entrée de la Tente, et tout le peuple se leva, et chacun à l'entrée de sa tente, ils se prosternèrent devant le Très-Haut.

         וְדִבֶּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה פָּנִים אֶל־פָּנִים כַּאֲשֶׁר יְדַבֵּר אִישׁ אֶל־רֵעֵהוּ וְשָׁב אֶל־הַמַּחֲנֶה וּמְשָׁרְתוֹ יְהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן נַעַר לֹא יָמִישׁ מִתּוֹךְ הָאֹהֶל׃

vedibbér adonáy el-moché paním el-paním ka'achér yedabbér ich el-re'éhou vecháv el-hamma'hané oumcharetó yehochoúa bin-noún na'ár lo yamích mittókh ha'óhel

11 Et le SEIGNEUR parla avec Moché face à face, comme un homme parle avec son prochain (comme nous parlons avec nos amis). Et il retourna au camp, et son serviteur (le mot na'ár se traduit habituellement par jeune homme, mais on peut le traduire aussi par serviteur), Yéhochoua ben Noun, ne s'éloignait pas de la Tente.

Le Très-Haut répond à ce cri du peuple d'Israël, au désir du peuple d'Israël, à l'aspiration du peuple d'Israël au repentir, à la proximité, y répond en parlant avec Moché face à face. Le peuple voit la colonne de fumée, c'est ainsi que le peuple le voit, mais en réalité le Très-Haut ne vient pas avec quelques effets, pas avec quelque décor derrière lequel Il se cache : Il parle avec Moché face à face.

Que se passait-il donc dans la tente ?

         וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה רְאֵה אַתָּה אֹמֵר אֵלַי הַעַל אֶת־הָעָם הַזֶּה וְאַתָּה לֹא הוֹדַעְתַּנִי אֵת אֲשֶׁר־תִּשְׁלַח עִמִּי וְאַתָּה אָמַרְתָּ יְדַעְתִּיךָ בְשֵׁם וְגַם־מָצָאתָ חֵן בְּעֵינָי׃

vayomer moché el-adonáy re'é attá omér eláy ha'ál et-ha'ám hazze ve'attá lo hoda'táni et achér-tichlá'h immí ve'attá amárta yeda'tíkha vechém vegam-matsáta 'hen be'enáy

12 Et Moché dit au SEIGNEUR : « Regarde, Tu m'as dit en son temps : fais monter ce peuple. Et Tu ne m'as pas dit comment ce serait, et Tu m'as dit : Je t'ai connu par ton nom. Et Tu m'as dit que j'ai trouvé grâce à Tes yeux.

C'est-à-dire : « Tu ne m'as pas dit qui Tu enverras avec moi. Tu m'as dit que Tu m'as choisi personnellement, pas n'importe qui, pas quelqu'un tombé par hasard sous la main. Tu m'as choisi par mon nom, j'étais destiné à ce service ».

         וְעַתָּה אִם־נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ הוֹדִעֵנִי נָא אֶת־דְּרָכֶךָ וְאֵדָעֲךָ לְמַעַן אֶמְצָא־חֵן בְּעֵינֶיךָ וּרְאֵה כִּי עַמְּךָ הַגּוֹי הַזֶּה׃

ve'attá im-ná matsáti 'hen be'enékha hodi'éni na et-derakhékha ve'eda'akhá lemá'an emtsa-'hén be'enékha our'é ki ammekhá haggóy hazze

13 Maintenant donc, si je trouve grâce à Tes yeux, dis-moi Ton chemin, et je Te connaîtrai, afin que je trouve grâce à Tes yeux, et regarde (vois) que ce peuple ‒ c'est Ton peuple ».

En d'autres termes : « Dis-moi ce que Tu comptes faire, dis-moi sur quelle base Tu décides d'être ou de ne pas être avec le peuple, raconte-moi Tes lois, donne-moi Ton enseignement ».

En quoi consiste la prière de Moché, l'adresse de Moché au Très-Haut ? Il dit : « Quels que nous soyons, quoi que nous fassions, quoi qu'il nous arrive, nous sommes – à Toi. Voilà, tels que nous sommes, parfois faisant des bêtises, parfois péchant, à la nuque raide (am-keché-óref), mais – à Toi. Et où irions-nous sans Toi, et où irais-je sans Toi ? Car c'est la destination de ma vie, non seulement moi je suis destiné à cela, mais ma vie aussi est destinée à cela. Quelle vie ai-je sans cette destination ? » C'est ce dont Moché parle au Très-Haut. Et le Très-Haut répond.

וַיֹּאמַר פָּנַי יֵלֵכוּ וַהֲנִחֹתִי לָךְ׃

vayomár panáy yelékhou vahani'hóti lakh

14 Et le Très-Haut dit : « Ma face (ou Mon visage) ira devant toi ».

Le visage (paním) est pour ainsi dire composé de traits, et on peut traduire ainsi : « Mes traits iront devant toi, J'enverrai Ma présence, toutes Mes qualités t'accompagneront ». C'est sous une forme majestueuse que le Très-Haut parle ainsi de Lui-même.

Mais il y a aussi une compréhension plus belle, plus intéressante. Le Très-Haut dit : « J'irai devant toi et Je marcherai le visage tourné vers toi, tu verras constamment Mon visage, et Mon regard sera constamment sur toi. Comme Je parle avec toi face à face (ce dont nous avons parlé), ainsi Je conduirai le peuple avec Mon visage tourné vers lui ». C'est aussi une compréhension possible, et elle est très intéressante.

         וַיֹּאמֶר אֵלָיו אִם־אֵין פָּנֶיךָ הֹלְכִים אַל־תַּעֲלֵנוּ מִזֶּה׃

vayomer eláv im-én panékha holekhím al-ta'alénou mizzé

15 Et il Lui dit : « Si Ta face ne va pas avec nous, ne nous fais pas monter d'ici.

         וּבַמֶּה יִוָּדַע אֵפוֹא כִּי־מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ אֲנִי וְעַמֶּךָ הֲלוֹא בְּלֶכְתְּךָ עִמָּנוּ וְנִפְלֵינוּ אֲנִי וְעַמְּךָ מִכָּל־הָעָם אֲשֶׁר עַל־פְּנֵי הָאֲדָמָה׃

ouvammé yivvadá efó ki-matsáti 'hen be'enékha aní ve'ammékha haló belekhtekhá immánou veniflínou aní ve'ammekhá mikkol-ha'ám achér al-pené ha'adamá

16 Et d'où saurai-je que j'ai trouvé grâce à Tes yeux, moi et Ton peuple, sinon par le fait que Tu iras avec nous ? Et nous serons séparés (ou nous nous distinguerons de manière miraculeuse), nous, moi et Ton peuple, de tout peuple qui est sur la surface de la terre (qui est sur la terre).

C'est-à-dire : « Je me distinguerai de tous les peuples de la terre, et le peuple, Ton peuple, se distinguera de tous les peuples de la terre précisément par le fait que Tu seras présent en lui. Et ainsi nous saurons que nous avons trouvé grâce à Tes yeux. Et si ce n'est pas par grâce, alors ne nous fais pas monter, fais-nous plutôt périr ». Ou la proximité avec Toi, ou la perdition ‒ c'est ainsi que Moché pose la question devant le Très-Haut. C'est l'essence du repentir.

En quoi est-ce un exemple pour nous, quelle conclusion pouvons-nous en tirer ? Dans toute situation – et dans la relation avec le Très-Haut, et dans les relations avec les gens – il faut parler. L'homme est un être qui parle, on peut parler, essayer jusqu'au bout de parler, essayer d'arranger les relations, s'adresser, demander grâce, demander pardon. Et puis, puisque l'homme qui parle est aussi l'homme qui écoute, doit constamment retentir « comme nous aussi pardonnons à nos débiteurs ». En réponse à ce cri d'Israël, en réponse aux yeux tournés vers Lui, au fait que tout le peuple, chacun dans sa tente, chacun à sa place, s'est prosterné devant Lui, en réponse à ce repentir unanime, le Très-Haut a annulé Son verdict. Nous voyons de nouveau que le Très-Haut peut annuler un verdict. Et Il dit : « J'irai au milieu de vous ».

Ki Tissa : gloire à Dieu !

Chémot 33,17–34,9

Nous avons laissé Moché et le Très-Haut à leur étonnante conversation. Nous nous sommes arrêtés au fait que Moché a demandé au Très-Haut que le peuple d'Israël se distingue, se démarque des autres peuples par ceci qu'avec lui, avec le peuple d'Israël, il y aura la présence du Très-Haut. Et au verset 17 nous lisons :

         וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה גַּם אֶת־הַדָּבָר הַזֶּה אֲשֶׁר דִּבַּרְתָּ אֶעֱשֶׂה כִּי־מָצָאתָ חֵן בְּעֵינַי וָאֵדָעֲךָ בְּשֵׁם׃

vayomer adonáy el-moché gam et-haddavár hazzé achér dibbárta e'essé ki-matsáta 'hen be'enáy va'eda'akhá bechém

17 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Et cette parole aussi (cette chose), dont tu as parlé, Je la ferai, car tu as trouvé grâce à Mes yeux, et Je t'ai connu par ton nom (Je t'ai choisi d'avance) ».

Le Très-Haut donne ici à Moché une promesse conforme à la demande de Moché, que la présence du Très-Haut sera constamment au milieu du peuple d'Israël. Et le peuple d'Israël se séparera, se distinguera des autres peuples par ceci que c'est le peuple du Dieu unique. Et le Très-Haut donne cette promesse non pas par le mérite du peuple d'Israël, mais parce que, comme Il le dit lui-même, c'est précisément Moché qui a trouvé grâce à Ses yeux. De cela nous pouvons conclure que parfois la prière d'un juste pour le peuple ou pour nous est très importante et très forte : la prière d'un juste peut beaucoup. Que doit faire, que doit ressentir un homme quand le Très-Haut répond à sa prière ? Eh bien, bien sûr, avant tout éprouver de la reconnaissance envers le Très-Haut. Mais que fait Moché, en sentant, en comprenant que maintenant le Très-Haut est bien disposé envers lui, entend sa prière, lui est favorable ? Moché demande encore une chose :

         וַיֹּאמַר הַרְאֵנִי נָא אֶת־כְּבֹדֶךָ׃

vayomár har'éni na et-kevodékha

18 Et il dit : « Montre-moi Ta gloire ! »

C'est-à-dire : « Je veux Te connaître de plus près ». Mais cela signifie aussi : « Je veux comprendre comment précisément Tu veux être glorifié ». Il y a différents dieux auxquels croient différents peuples. Ils n'existent pas, mais les peuples croient en eux. Parfois les peuples du monde déforment l'image du Dieu unique. Par exemple, les musulmans proclament : « Allahou akbar » ‒ « Allah est le plus grand, le plus fort, Allah est plus fort que tous ». Leur dieu est glorifié par la force, c'est pourquoi ce peuple est si enclin à la cruauté : « Si je suis plus fort que toi, cela veut dire que je suis aussi plus divin que toi. Si je peux venir chez toi dans ta maison et tuer tes enfants, cela veut dire que mon dieu est plus fort que ton dieu ». C'est cela – la glorification du dieu, c'est ainsi que c'est admis, c'est ainsi que cela s'est constitué dans l'Islam. Bien que le Coran lui attribue (au dieu) aussi d'autres qualités : il est aussi clément, il est aussi miséricordieux et beaucoup d'autres choses encore, mais il est glorifié, sa gloire réside en ce qu'il est – le plus fort, le plus grand, le plus balèze.

Et voici, Moché demande pour ainsi dire : « Comment veux-Tu être glorifié ? Veux-Tu être le plus beau, le plus fort, le plus esthétique, aimer les ornements et toute sorte de beauté, aimer les choses coûteuses, être glorifié par des temples coûteux ? Peut-être veux-Tu être glorifié par l'effusion de sang ? Montre-moi Ta gloire, montre-moi comment Te glorifier. Moi, en Te regardant, en voyant cette lumière qui T'entoure (nous parlons maintenant par images, parce que le Très-Haut n'a pas de contours qui seraient entourés de lumière), je veux comprendre, montre-moi par quoi Tu es glorifié, par quoi Tu es glorieux, comment Tu es ! » C'est une demande très audacieuse. Mais Moché dit : « Puisque nous avons décidé que Tu vis avec nous, puisque nous avons conclu un tel accord pour longtemps, montre-moi comment Tu es ». Et le Très-Haut lui répond :

         וַיֹּאמֶר אֲנִי אַעֲבִיר כָּל־טוּבִי עַל־פָּנֶיךָ וְקָרָאתִי בְשֵׁם יְהוָה לְפָנֶיךָ וְחַנֹּתִי אֶת־אֲשֶׁר אָחֹן וְרִחַמְתִּי אֶת־אֲשֶׁר אֲרַחֵם׃

vayomer aní a'avír kol-touví al-panékha vekaráti vechém adonáy lefanékha ve'hannotí et-achér a'hón veri'hamtí et-achér ara'hém

19 Et Il dit : « Tous les biens (toutes Ses qualités positives), Je les ferai passer (ferai traverser) devant toi, et Je proclamerai le Nom du SEIGNEUR devant toi. Je ferai grâce à qui Je ferai grâce, et J'aurai pitié, J'aimerai (Je serai pénétré d'amour pour) celui que J'aimerai ».

Le mot a'avír (ferai traverser) – forme du futur du verbe la'avór, leha'avir – a la même racine (aïn-bet-reich) que le mot la'avór (passer), et que le mot ivrí (hébreu, hébraïque). Touv ‒ c'est le bien, kol ‒ c'est tout, kol-touví – tout mon bien.

Nous avons beaucoup parlé de la signification du Nom. Le Nom – c'est justement ce qui concerne la manière dont un homme ou Dieu révèle son essence vers l'extérieur. « Je proclamerai, Je te raconterai quelle est Ma (pour parler entre guillemets) “réputation”, par quoi Je veux être glorifié ».

Et ensuite le Très-Haut dit : « Je ferai grâce à qui Je ferai grâce… » De quoi parle cette conversation ? Du fait que le Très-Haut permettra à Moché, par grâce, et permettra encore par la suite à ceux qui s'en montreront dignes, ou à ceux que le Très-Haut choisira, de voir cette gloire, de contempler Sa gloire et (comme nous le verrons plus loin, le Très-Haut l'expliquera) de rester en vie, parce que ce n'est pas une chose qui va de soi.

וַיֹּאמֶר לֹא תוּכַל לִרְאֹת אֶת־פָּנָי כִּי לֹא־יִרְאַנִי הָאָדָם וָחָי׃

vayomer lo toukhál lir'ót et-panáy ki lo-yir'áni ha'adám va'háy

20 Et Il dit (le Très-Haut dit) : « Tu ne pourras pas voir Mon visage, car l'homme ne peut pas Me voir et être vivant ».

Une phrase étonnante. Étonnante parce qu'il nous est difficile de nous imaginer que le Très-Haut a une quelconque anatomie, qu'Il a un visage ou un dos. Et bien que le Tanakh soit plein de telles images, nous comprenons qu'Il n'a pas de corps en tant que tel. Quand nous parlions du mot paním (visage), nous mentionnions que ce sont les traits qui le définissent, ils révèlent, révèlent entièrement le contenu intérieur. La lampe du corps ‒ ce sont les yeux, la lampe du Très-Haut, ce qui révèle entièrement la lumière du Très-Haut, ‒ c'est le visage. Mais une révélation parfaite, dans laquelle il y a la sainteté absolue et la lumière absolue, ne peut pas exister dans ce monde. Le mot même monde (olám) – notre monde, tout monde – est de même racine que le mot leha'alím (cacher). Le monde – c'est la dissimulation. C'est pourquoi, là où se produira la révélation complète du Créateur, le monde ne pourra pas tenir. C'est pourquoi le Très-Haut dit : « Tu ne peux pas voir directement Ma lumière et rester vivant ».

         וַיֹּאמֶר יְהוָה הִנֵּה מָקוֹם אִתִּי וְנִצַּבְתָּ עַל־הַצּוּר׃

vayomer adonáy hinné makóm ittí venittsavtá al-hattsoúr

21 Et le Très-Haut dit : « Voici, il y a chez Moi un lieu, et tu seras caché dans l'élargissement du rocher.

Il s'agit du mont 'Horev.

         וְהָיָה בַּעֲבֹר כְּבֹדִי וְשַׂמְתִּיךָ בְּנִקְרַת הַצּוּר וְשַׂכֹּתִי כַפִּי עָלֶיךָ עַד־עָבְרִי׃

vehayá ba'avór kevodí vesamtíkha benikrát hattsoúr vesakkotí khappí alékha ad-ovrí

22 Et il arrivera, quand passera Ma gloire, et Je te placerai dans la fente du rocher, et Je te couvrirai de Ma paume, jusqu'à ce que Je sois passé.

De nouveau une phrase très intéressante. Là encore il y a une difficulté avec la perception du fait que le Très-Haut a une anatomie. Maintenant nous apprenons qu'il y a une paume, dont Il couvrira Moché. C'est, bien sûr, une image, mais la question est : l'image de quoi ? Encore bien longtemps avant qu'apparaissent des commentaires quelconques sur la Torah, est apparue une traduction de la Torah en langue araméenne. D'habitude la lecture se déroulait ainsi à la synagogue : on lisait un verset de la Torah en hébreu, puis on lisait sa traduction en langue araméenne, pour que tous les gens, y compris les femmes, les enfants et les hommes peu instruits, comprennent le contenu, puis on lisait de nouveau le verset en hébreu. Le texte araméen n'était pas simplement une traduction, il était aussi un commentaire qui expliquait les passages obscurs. La traduction ancienne attribuée à Yonatan ben Ouziël (IIe siècle apr. J.-C.) dit à cet endroit que le Très-Haut couvrira Moché de Sa Parole, de cette même Parole qui est destinée par la suite à devenir chair. La Parole qui dans les Targoums (dans les traductions araméennes) est souvent appelée memrá. Pourquoi est-il important de le mentionner ? De très nombreux savants, chercheurs de la littérature araméenne ancienne de la période du Second Temple, disent que le mot memrá, ou logos, ou parole prononcée – c'est cette même Parole, dont Yo'hanan dit dans son Évangile que c'est précisément elle qui était au commencement – cette même Parole qui est devenue chair (comme je l'ai déjà dit). Et alors il s'ensuit que, selon le Targoum, selon la tradition ancienne, le visage du Très-Haut se révèle comme à travers un verre coloré. Ou bien que Son visage se cache, comme derrière un verre coloré, derrière le visage du Machia'h, derrière ce même memrá, dont le Très-Haut a couvert Moché pendant qu'Il passait devant lui. C'est un parallèle entre les mots memrá et logos de Yo'hanan (entre memrá et le Machia'h), mais un parallèle assez discutable, et il y a contre lui beaucoup d'objections, on ne peut pas en parler de manière si univoque. Avec une certaine réserve, même avec une grande réserve, on a tout de même envie de mentionner ce parallèle.

Et ensuite le Très-Haut dit :

         וַהֲסִרֹתִי אֶת־כַּפִּי וְרָאִיתָ אֶת־אֲחֹרָי וּפָנַי לֹא יֵרָאוּ׃

vahassirotíLa translittération russe écrit la deuxième syllabe de ce mot avec un y au lieu du h. Le texte hébreu porte un h ; la ligne française suit l'hébreu. et-kappí vera'íta et-a'horáy oufanáy lo yeraoú

23 Ensuite J'ôterai ma main, quand Je serai déjà de dos envers toi, et tu Me verras de dos. Mais Mon visage ne se montrera pas ».

Avec cela nous terminons le chapitre 33 et nous continuerons à lire le chapitre 34. Il commence par une autre injonction que le Très-Haut donne à Moché.

         וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה פְּסָל־לְךָ שְׁנֵי־לֻחֹת אֲבָנִים כָּרִאשֹׁנִים וְכָתַבְתִּי עַל־הַלֻּחֹת אֶת־הַדְּבָרִים אֲשֶׁר הָיוּ עַל־הַלֻּחֹת הָרִאשֹׁנִים אֲשֶׁר שִׁבַּרְתָּ׃

vayomer adonáy el-moché pesól-lekhá chené-lou'hót avaním karichoním vekhatavtí al-hallou'hót et-haddevarím achér hayoú al-hallou'hót harichoním achér chibbárta

1 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Taille-toi dans la pierre deux tablettes de pierre, comme celles-là, les premières, et J'écrirai sur ces tablettes les paroles qui étaient sur les premières tables, que tu as brisées.

         וֶהְיֵה נָכוֹן לַבֹּקֶר וְעָלִיתָ בַבֹּקֶר אֶל־הַר סִינַי וְנִצַּבְתָּ לִי שָׁם עַל־רֹאשׁ הָהָר׃

vehyé nakhón labbóker ve'alíta vabbóker el-hár sináy venittsavtá li cham al-róch hahár

2 Et sois prêt pour le matin, et monte le matin sur le mont Sinaï, et présente-toi devant Moi là, au sommet de la montagne.

         וְאִישׁ לֹא־יַעֲלֶה עִמָּךְ וְגַם־אִישׁ אַל־יֵרָא בְּכָל־הָהָר גַּם־הַצֹּאן וְהַבָּקָר אַל־יִרְעוּ אֶל־מוּל הָהָר הַהוּא׃

ve'ích lo-ya'alé immákh vegám-ich al-yerá bekhól-hahár gam-hattsón vehabbakár al-yir'oú el-moúl hahár hahoú

3 Personne d'entre les gens ne montera avec toi, et que ne se montre aucun homme sur toute la montagne, et le bétail, on ne peut pas le faire paître en face de cette montagne ».

C'est-à-dire que même si un homme n'est pas monté avec Moché, mais a décidé d'y faire paître des moutons, d'y faire de la gymnastique matinale, cela aussi, on ne peut pas le faire. Moché a reçu l'ordre : si les premières tables avaient été faites d'une pierre non faite de main d'homme, c'est le Très-Haut lui-même qui les avait faites, alors les secondes tables auront une nature un peu différente. Puisque Moché a pris sur lui la responsabilité du peuple et que le Très-Haut a confié le peuple à Moché, Moché remplit dans une certaine mesure la fonction que remplissait auparavant le Très-Haut, et il prépare les pierres pour les tables. Il doit monter avec ces pierres, avec ces tablettes, sur la montagne. Ces tablettes seront comme des feuilles blanches sur lesquelles le Très-Haut écrira les mêmes paroles (mais en réalité, pas les mêmes), les mêmes commandements qui étaient sur les premières tables.

Nous avons déjà dit que, même en partant de la taille la plus minimale, ces tables devaient être assez lourdes. Et si nous pouvions dire auparavant que, quand Moché descendait de la montagne, c'est par la force des lettres, d'une manière miraculeuse, que ces tables étaient soutenues et qu'il pouvait les porter, maintenant Moché porte ces tables, premièrement, vers le haut, et non vers le bas, et deuxièmement, il les porte lui-même.

         וַיִּפְסֹל שְׁנֵי־לֻחֹת אֲבָנִים כָּרִאשֹׁנִים וַיַּשְׁכֵּם מֹשֶׁה בַבֹּקֶר וַיַּעַל אֶל־הַר סִינַי כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֹתוֹ וַיִּקַּח בְּיָדוֹ שְׁנֵי לֻחֹת אֲבָנִים׃

vayifsól chene-lou'hót avaním karichoním vayachkém moché vabbóker vayá'al el-hár sináy ka'achér tsivvá adonáy otó vayikká'h beyadó chené lou'hót avaním

4 Et il tailla (fabriqua) deux tablettes de pierre, comme les premières. Et Moché se leva le matin, et monta sur le mont Sinaï, comme le SEIGNEUR le lui avait ordonné, et prit avec lui deux tablettes de pierre.

         וַיֵּרֶד יְהוָה בֶּעָנָן וַיִּתְיַצֵּב עִמּוֹ שָׁם וַיִּקְרָא בְשֵׁם יְהוָה׃

vayéred adonáy be'anán vayit'yattsév immó cham vayikrá vechém adonáy

5 Et le SEIGNEUR descendit dans la nuée, et se tint en face de lui (ou à côté de lui), et proclama le Nom du SEIGNEUR.

Puisque nous ne pouvons pas très bien comprendre ici qui a proclamé le Nom du SEIGNEUR, il y a une controverse. Bien sûr, la divergence de lecture subsiste aussi parmi les commentateurs de la Torah. Les uns disent que c'est Moché qui a proclamé le Nom du SEIGNEUR, les autres disent que non : de même que le Très-Haut a promis de révéler son Nom à Moché, ainsi Il révèle le Nom.

Et ce Nom que nous allons lire maintenant, ou ces qualités dont nous allons lire maintenant, on les appelle dans la tradition juive les Treize mesures de miséricorde. On considère que la Torah énumère ici treize qualités positives, miséricordieuses du Très-Haut, c'est-à-dire que la tradition dit qu'il y en a treize. Mais différents commentateurs ont essayé de diviser de différentes manières ce fragment en treize parties. Les uns séparaient des versets, d'autres réunissaient des versets, réunissaient et séparaient des phrases. C'est-à-dire que tous sont d'accord avec la tradition qu'il y en a treize, mais voilà, la liste de ces treize qualités existe en quatre-cinq versions différentes. Cela arrive souvent dans le judaïsme, quand il y a un certain nombre traditionnel concret, qui se transmet par la tradition. Exactement de la même manière on peut le dire aussi à propos des 613 commandements. Il est d'usage de considérer qu'il y a dans la Torah 613 commandements, et c'est pourquoi différents maîtres, depuis Saadia Gaon et le Rambam, aux Xe, XIIe, XIIIe, XVe et XIXe siècles, ont composé des listes de ces 613 commandements. Et ces listes sont différentes. D'où est venu le nombre 613 ?

Au IIIe siècle vivait un homme qu'on appelait Rabbi Simlaï. C'était un prédicateur très charismatique, qui connaissait beaucoup de traditions, beaucoup d'histoires étonnantes, et qui aimait beaucoup débattre avec les adversaires du judaïsme de l'époque, les chrétiens, les Juifs croyant en Yéchoua, dont une partie avait déjà alors renoncé à l'observance de la loi et des commandements. Et Rabbi Simlaï comparait les commandements de la Torah à un remède, à un baume vivifiant pour le corps humain. La médecine de ce temps-là, et la médecine orientale (on peut le voir aussi dans le livre tibétain Gyud-shi, et dans l'Ayurveda indien, et dans la médecine arabe) comptait dans l'homme 613 parties différentes : 365 veines et 248 organes. C'était la représentation communément admise de la médecine. Rabbi Simlaï disait : « 613 commandements de la Torah, chacun des commandements nourrit un organe distinct. C'est pourquoi sans la Torah, sans observer les commandements, il n'y a pas de vie pour l'homme ». Ainsi, de son midrach est née l'idée que les commandements de la Torah sont précisément 613, et les gens ont essayé de composer différentes listes de ces commandements. En réalité, la Torah dit : « Innombrable est Ton commandement ». Il n'y a pas de liste, il n'y a pas de nombre concret de commandements dans la Torah, ce nombre est symbolique. Les listes, par conséquent, sont aussi symboliques, ce qui ne veut nullement dire qu'il faille négliger ces listes ou ces nombres. Les nombres sont commodes pour la mémorisation, pour la systématisation, pour la compréhension. C'était une digression historique pour élargir l'horizon sur la systématisation juive de la Torah.

Mais revenons à notre texte et aux treize mesures de miséricorde. Ici aussi existait une tradition selon laquelle il y a treize facettes de la miséricorde du Très-Haut, et c'est pourquoi on divisait ce passage de différentes manières en treize morceaux différents. Ainsi, nous lisons à partir du verset 6 :

         וַיַּעֲבֹר יְהוָה עַל־פָּנָיו וַיִּקְרָא יְהוָה יְהוָה אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב־חֶסֶד וֶאֱמֶת׃

vaya'avór adonáy al-panáv vayikrá adonáy adonáy el ra'hoúm ve'hannoún érekh appáyim veráv-'héssed ve'emét

6 Et le SEIGNEUR passa devant sa face, et proclama : « SEIGNEUR, SEIGNEUR ‒ Dieu Fort, Miséricordieux et Compatissant, Longanime, auprès de Lui beaucoup de grâce, et Son jugement ‒ vérité.

De nouveau, il y a une controverse sur qui exactement a proclamé. Je pense que c'est le Très-Haut lui-même qui a proclamé.

SEIGNEUR, SEIGNEUR. Pourquoi le mot SEIGNEUR est-il répété deux fois ? Les commentateurs disent que le SEIGNEUR, ce n'est pas seulement le Maître Dominant, pas seulement le Roi. La signification du Nom du Très-Haut יהוה (youd-hé-vav-hé), l'une de ses significations, c'est le Dispensateur Constant de la Vie. Le Très-Haut donne la vie au pécheur, même quand Il sait d'avance que cet homme péchera. Et Il lui donne la vie après le péché, lui donne la possibilité d'obtenir miséricorde. Voilà précisément cet avant et cet après, précisément le fait qu'Il donne la vie avant la chute et donne la vie après la chute (bien qu'Il ait connaissance de la chute) ‒ c'est précisément cela qui s'exprime dans la double répétition du nom Adonaï, Adonaï.

El – Dieu, mais Dieu sur un plan très personnel : non pas Élohim, qui est le Juge de tout vivant, mais El – Dieu-Gardien, le Fort, Qui se trouve à côté de nous, le Fort, Qui emploie Sa force pour la protection.

Le mot suivant : ra'hoúm. Le mot ra'hoúm est lié au mot lera'hém, qu'on traduit habituellement par faire miséricorde, être miséricordieux. De la même racine que lui est le mot ré'hem – matrice, le ventre de la femme. Il y a un oiseau qui s'appelle ra'hám, qui élève des oisillons étrangers : s'il rencontre quelque part des oisillons dans un nid abandonné, il les élève à coup sûr. En araméen, le mot ra'hám signifie amour. En hébreu, on peut dire que c'est une miséricorde inconditionnelle, déterminée par rien, quand un homme (ou Dieu) veut être miséricordieux simplement parce qu'il ne veut pas être sévère. C'est comme si nous voyons qu'un homme mérite une punition, mérite que nous le punissions, mais nous n'avons pas envie de le punir, nous avons pitié de lui. Nous comprenons ce qu'il peut ressentir, et c'est pourquoi nous renonçons à la punition. C'est cela, ra'hamím, et Dieu est nommé ra'hoúm. Ce mot a encore une autre signification. Comme nous l'avons déjà dit, il est lié au mot ré'hem (matrice). Quand un enfant nous naît, nous l'aimons simplement parce qu'il est notre enfant : non pour quelques qualités, non pour des traits de caractère, non pour quelques réussites. Il nous est cher et aimé simplement par le fait qu'il est à nous, qu'il est la chair de notre chair, notre petit sang, de quelque manière qu'on veuille l'exprimer. Et le Très-Haut aime le monde exactement de ce même amour. Et ainsi aussi on peut comprendre le mot ra'hoúm.

Le mot suivant : 'hannoún (compatissant). Le mot 'hannoún est lié au fait de donner quelque chose gratuitement, pour rien, et de nouveau n'est lié à aucune condition, simplement donner des cadeaux. Si l'on utilise le même exemple de la naissance d'un enfant que pour le mot précédent, on peut dire ainsi : quand l'enfant grandit et mûrit, devient adulte, nous voulons déjà quelque chose de lui, nous voulons de lui certaines réussites, nous voulons de lui l'obéissance, parfois nous faisons preuve de sévérité envers lui, des exigences apparaissent. Et bien que l'amour pour lui reste toujours inconditionnel, la bienveillance n'est déjà plus aussi inconditionnelle. En ce sens, le mot 'hannoún (compatissant) signifie qui donne et qui aime, bien que certaines attentes, certains critères, établis d'avance, ne se réalisent pas. Bien que nous ne soyons pas tels qu'Il veut nous voir, pas tels qu'Il nous a conçus dans le royaume, Il est malgré tout miséricordieux envers nous et gratuitement, pour rien, nous donne notre vie, nous offre Son soutien, Son amour.

L'expression suivante : érekh appáyim. Littéralement, cela se traduit par aux longues narines, au long nez. Cela désigne celui qui respire profondément. Si un homme se met en colère, souvent on lui dit : « Avant de lever la main, avant d'ouvrir la bouche, prends une profonde inspiration ou trois profondes inspirations ». Le Très-Haut respire constamment profondément. À l'égard de Dieu, cette expression se traduit par Longanime : Celui Qui est capable de maîtriser sa colère, Celui Qui a un long souffle.

Ráv-'héssed ve'emét ‒ Celui Qui a beaucoup de miséricorde et véritable. De nouveau, nous utilisons des mots russes, et voilà que je cherche maintenant des mots pour distinguer le mot ra'hamím (miséricorde) du mot 'héssed (miséricorde). Probablement, le mot 'héssed peut se traduire ici par grâce : Celui Qui a beaucoup de grâce. Qu'est-ce que la grâce ? La grâce, c'est quand le Très-Haut nous donne des instruments pour être bons, nous aide dans l'accomplissement de Ses commandements. C'est-à-dire que le Très-Haut nous donne des antisèches intérieures, de l'âme, pour que nous puissions prendre les bonnes décisions, pour que nous puissions devenir meilleurs. Quand nous faisons le bien, un vent nommé 'héssed (grâce) souffle dans nos voiles. Quand nous essayons de faire le « non-bien », souffle un vent contraire et il y a une résistance. C'est une miséricorde particulière (et de nouveau une confusion avec les mots), que le Très-Haut nous a manifestée. Dans le cas présent, il est dit qu'Il est ráv-'héssed ‒ auprès de Lui il y a beaucoup de grâce. D'une main forte, d'un vent fort dans les voiles, Il soutient ceux qui font le bien. Mais Il est aussi emét (véritable). Quand nous accomplissons quelque chose, quand Il prononce un jugement à notre égard, alors Son jugement, c'est la vérité, c'est un jugement véridique.

נֹצֵר חֶסֶד לָאֲלָפִים נֹשֵׂא עָוֹן וָפֶשַׁע וְחַטָּאָה וְנַקֵּה לֹא יְנַקֶּה פֹּקֵד עֲוֹן אָבוֹת עַל־בָּנִים וְעַל־בְּנֵי בָנִים עַל־שִׁלֵּשִׁים וְעַל־רִבֵּעִים׃

notsér 'héssed la'alafím nossé avón vafécha ve'hatta'á venakké lo yenakké pokéd avón avót al-baním ve'ál-bené vaním al-chillechím ve'ál-ribbe'ím

7 Qui garde la grâce pour des milliers (de générations), Qui pardonne le péché – et le péché commis intentionnellement, et le péché non intentionnel, et Qui purifie, mais de purification ne purifiera pas, Qui impose les méfaits des pères aux enfants, et aux fils des fils, et à la troisième, et à la quatrième génération.

On dit habituellement que ce n'est pas mille, mais deux mille générations. Pourquoi deux ? Parce que, quand on emploie le pluriel, des milliers, cela signifie que le Très-Haut garde la grâce au minimum deux mille générations. C'est-à-dire que le Très-Haut nous a donné certains instruments (comme je l'ai dit), pour que nous ayons la grâce, pour que nous puissions observer Ses commandements, et, même si nous ne nous en servons pas, si nous y renonçons pour une raison quelconque, si nous les oublions, ces instruments, le Très-Haut les laisse malgré tout chez nous. Le Très-Haut attend que nous (ou nos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et ainsi de suite à travers mille générations) nous en servions. Le Très-Haut nous cherche une justification – là où nous nous en sommes réellement servis, là où cela a fonctionné – et laisse avec nous Sa grâce. Il garde, conserve dans Son trésor la grâce qui nous a été donnée, même quand nous la négligeons. C'est pourquoi, gardée par Lui, elle reste avec nous pendant des milliers de générations.

Encore une qualité du Très-Haut – nossé (Qui pardonne) ou, comme nous l'avons dit, Qui soulève sur soi. Que pardonne exactement le Très-Haut ? Avón, c'est le péché intentionnel. C'est quand je comprends qu'on ne peut pas, par exemple, manger du bacon, mais je l'aime beaucoup, et je dis : « Allez, SEIGNEUR, pardonne-moi, hein ? » ou je ne dis pas cela, mais je dis : « Ah, tant pis, je vais en manger ». L'esprit de bêtise est entré en moi, et j'ai décidé, à Dieu ne plaise, de me régaler. Je comprends qu'on ne peut pas, j'en ai même de l'amertume, mais je le fais. Je cite cela comme exemple, en réalité, je m'abstiens de la nourriture impure, mais en tant qu'homme, probablement, dans certaines autres situations je faiblis. C'est une qualité humaine, et tantôt par bêtise, tantôt par manque de foi, tantôt par lâcheté je pèche, et je pèche intentionnellement ; sachant que c'est un péché, je fais quand même ainsi, et cela s'appelle avón.

Le mot suivant de la courte liste de ce que le Très-Haut pardonne, c'est le mot pécha (péché intentionnel, commis par défi). C'est quand je sais que le Très-Haut ne le veut pas, et c'est uniquement pour cela que je le fais. Vous savez, cela arrive souvent. Il nous semble : mais qui ferait une chose pareille, qui irait commettre une chose pareille ? Je peux vous dire que de très nombreux croyants, des gens sincèrement croyants commettent une telle chose. Quand, par exemple, tu arrives quelque part et tu dis que tu ne manges pas ceci et cela, parce que Dieu l'interdit, mais on essaie justement de te glisser cela, justement de te nourrir de cela. Et souvent des frères et sœurs racontent, se vantent ensuite : « Voilà, nous t'avons fait manger ça, du non-cacher ! » C'est l'exemple le plus simple de ce qu'est pécha. Mais il y a aussi d'autres choses que font des gens qui se sont éloignés de la foi, qui sont aigris contre le Très-Haut. Pécha, c'est ce qui se fait pour mettre en colère le Très-Haut.

La troisième chose que le Très-Haut pardonne, comme il est écrit, c'est 'hatta'á (le péché non intentionnel). Le mot 'hatta'á, c'est un raté, quand on voulait atteindre la cible, mais on l'a manquée, cela n'a pas réussi.

Et ces treize principes (mais pas tout le verset) se terminent par le mot venakké (et qui purifie, qui libère) de cela. Mais si nous lisons tout le verset, alors il faut lire ainsi : venakké lo yenakké – mais de purification ne purifiera pas. Il semble qu'il y ait ici une contradiction évidente : alors, pardon, ou malgré tout prise en compte ? Et alors on peut se rappeler ce qui a déjà été dit (20,5) : « … ceux qui Me haïssent », c'est une notion clé : à ceux qui haïssent le Très-Haut, le Très-Haut rappelle ses ancêtres, qui L'ont haï. La haine, ce n'est pas forcément la haine au sens où nous en parlons aujourd'hui. La haine, c'est le mot hébreu soné (verbe lisnó), il signifie qui néglige, qui met à la deuxième place, qui repousse à l'arrière-plan. C'est-à-dire que celui qui hait le Très-Haut – c'est celui qui néglige le Très-Haut. S'Il n'est pas chez nous la pierre angulaire, alors il peut se faire que le Très-Haut ne pardonne pas, ne porte pas nos transgressions.

Ainsi, le Très-Haut est passé devant Moché et a proclamé Ses qualités. Et par cela Il a répondu à Moché à la question de savoir par quoi Il est glorifié : Il est glorifié par le fait qu'Il peut faire miséricorde. Le Créateur du monde, Celui au pouvoir de Qui se trouve absolument tout, Celui plus fort que Qui il n'y a personne, le Dieu Protecteur, Miséricordieux, Aimant, Longanime – c'est précisément par ces qualités qui sont les Siennes qu'Il est glorifié. C'est ce bien-là, c'est ce qu'Il voulait montrer à Moché, c'est Sa Gloire. À la différence de tous les autres dieux, Lui seul est le Dieu Aimant, Miséricordieux. Les peuples du monde ont inventé différents dieux, mais rares sont ceux qui ont inventé des dieux qui aiment les hommes. Le vrai Dieu, l'authentique Souverain du ciel et de la terre, le Créateur de tout être vivant aime sa création, fait miséricorde, et c'est précisément par cela qu'Il veut être glorifié.

         וַיְמַהֵר מֹשֶׁה וַיִּקֹּד אַרְצָה וַיִּשְׁתָּחוּ׃

vaymahér moché vayikkód ártsa vayichtá'hou

8 Et Moché se hâta, et s'inclina jusqu'à terre, et se prosterna.

Au verset 9 nous lisons ce que dit Moché :

         וַיֹּאמֶר אִם־נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ אֲדֹנָי יֵלֶךְ־נָא אֲדֹנָי בְּקִרְבֵּנוּ כִּי עַם־קְשֵׁה־עֹרֶף הוּא וְסָלַחְתָּ לַעֲוֹנֵנוּ וּלְחַטָּאתֵנוּ וּנְחַלְתָּנוּ׃

vayomer im-ná matsáti 'hen be'enékha adonáy yelekh-ná adonáy bekirbénou ki am-keche-óref hou vessala'htá la'avonénou oul'hattaténou oun'haltánou

9 « Si j'ai trouvé grâce à Tes yeux, SEIGNEUR, que le SEIGNEUR aille au milieu de nous, même malgré le fait que nous sommes un peuple au cou raide. Et Tu nous pardonneras nos transgressions et nos ratés, et nous serons Ta part d'héritage ».

C'est-à-dire : « Nous serons Ta part dans ce monde, le lieu où Tu habiteras, nous serons Ta demeure.

Le pain et la lumière

Chémot 34,10–35

Nous continuons à lire à partir du verset 10 du chapitre 34. Le Très-Haut dit à Moché :

         וַיֹּאמֶר הִנֵּה אָנֹכִי כֹּרֵת בְּרִית נֶגֶד כָּל־עַמְּךָ אֶעֱשֶׂה נִפְלָאֹת אֲשֶׁר לֹא־נִבְרְאוּ בְכָל־הָאָרֶץ וּבְכָל־הַגּוֹיִם וְרָאָה כָל־הָעָם אֲשֶׁר־אַתָּה בְקִרְבּוֹ אֶת־מַעֲשֵׂה יְהוָה כִּי־נוֹרָא הוּא אֲשֶׁר אֲנִי עֹשֶׂה עִמָּךְ׃

vayomer hinné anokhí korét berít néged kol-ammekhá e'essé nifla'ót achér lo-nivre'oú vekhól-ha'árets ouvkhól-haggoyím vera'á kol-ha'ám achér-attá vekirbó et-ma'assé adonáy ki-norá hou achér aní ossé immákh

10 Et Il dit : « Voici, Je conclus une alliance devant tout ton peuple. Je ferai des miracles qui n'ont pas été accomplis sur toute la terre, et parmi tous les peuples. Et tout le peuple au milieu duquel tu te trouves verra les actions du Très-Haut, car elles sont terribles (redoutables), celles que J'accomplirai avec toi.

Prêtons attention au mot berít (alliance). Si en russe il est lié aux mots prescrire quelque chose, léguer quelque chose, en hébreu, si l'on s'occupe d'étymologie (la science de l'origine des mots), il y a deux hypothèses sur l'origine possible de ce mot. La première, de la racine bet-reich-hé, qui signifie choisir, élire, choisir parmi tous. Et la seconde, d'une racine semblable bet-reich-hé, mais elle signifie manger du pain, le mot bar, c'est le grain ou le pain. Et on peut dire que si on lit littéralement korét berít, alors ce n'est pas conclure (de clé) une alliance, mais trancher, rompre une allianceLe verbe russe employé ici est celui qu'on utilise pour « rompre le pain », et non pour violer un accord. « Rompre une alliance » est donc à comprendre en ce sens.. Et toute l'expression korét berít peut se traduire ainsi : j'accomplis avec toi la fraction du pain en signe de la conclusion de l'alliance.

Le Très-Haut dit : « Je conclus avec toi une alliance devant tout le peuple, et le peuple verra des miracles étonnants, une manifestation étonnante de Ma force en son sein, pour qu'ils sachent que Je me trouve au milieu d'eux ».

Et au verset 11 le Très-Haut continue et prononce un ordre. On peut dire qu'à partir d'ici commencent à être exposées les conditions de l'alliance.

שְׁמָר־לְךָ אֵת אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם הִנְנִי גֹרֵשׁ מִפָּנֶיךָ אֶת־הָאֱמֹרִי וְהַכְּנַעֲנִי וְהַחִתִּי וְהַפְּרִזִּי וְהַחִוִּי וְהַיְבוּסִי׃

chemór-lekhá et achér anokhí metsavvekhá hayom hinení goréch mippanékha et-ha'emorí vehakkena'aní veha'hittí vehapperizzí veha'hivví vehayvoussí

11 Garde pour toi (ou pour toi-même) ce que Je te commande aujourd'hui. Voici, Je chasserai de devant ta face l'Amoréen, et le Cananéen, et le 'Hittite, et le Périzzite, et le 'Hivvite, et le Yévousséen.

         הִשָּׁמֶר לְךָ פֶּן־תִּכְרֹת בְּרִית לְיוֹשֵׁב הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַתָּה בָּא עָלֶיהָ פֶּן־יִהְיֶה לְמוֹקֵשׁ בְּקִרְבֶּךָ׃

hichámer lekhá pen-tikhrót berít leyochév ha'árets achér attá ba aléha pen-yihyé lemokéch bekirbékha

12 Garde-toi de conclure une alliance avec les habitants de la terre dans laquelle tu entres, pour que cela ne soit pas une pierre d'achoppement pour toi.

On peut dire : « Nous émigrons dans une nouvelle terre, ne faisons pas la guerre, essayons de nous installer ici en voisins, pacifiquement, mettons-nous d'accord ». Et le Très-Haut dit : « Garde-toi ! Ne te mets pas d'accord avec eux, aucun pacte ».

כִּי אֶת־מִזְבְּחֹתָם תִּתֹּצוּן וְאֶת־מַצֵּבֹתָם תְּשַׁבֵּרוּן וְאֶת־אֲשֵׁרָיו תִּכְרֹתוּן׃

ki et-mizbe'hotám tittotsoún ve'et-mattsevotám techabberoún ve'et-acheráv tikhrotoún

13 Mais leurs autels, démolissez-les, et leurs socles, leurs stèles, brisez-les (fracassez-les), et leurs arbres magiques, enchantés, abattez-les.

Remarquez que le mot tikhrotoún (abattez-les) est le même verbe que korét (je conclus une alliance), c'est le même verbe likhrót.


כִּי לֹא תִשְׁתַּחֲוֶה לְאֵל אַחֵר כִּי יְהוָה קַנָּא שְׁמוֹ אֵל קַנָּא הוּא׃

ki lo tichta'havé le'él a'hér ki adonáy kanná chemó el kanná hou

14 Pour que tu ne te prosternes pas devant un autre dieu, car le SEIGNEUR, Son nom ‒ Jaloux, Il est un Dieu jaloux.

Que signifie Dieu jaloux ? Nous savons qu'il n'y a pas d'autre Dieu dans le monde. Comment peut-on être jaloux de quelqu'un qui n'existe pas ? Mais Dieu est jaloux du fait que nous Le négligeons, quand, à Dieu ne plaise, nous nous laissons entraîner par des idoles. Il est impossible de se laisser entraîner par une idole, de suivre un autre dieu, sans avoir d'abord abandonné le Dieu d'Israël. Et le Très-Haut est jaloux à cet égard. Le Très-Haut est au-dessus de tous les Dieux, et, si nous L'abandonnons, Il est jaloux du fait qu'on L'abandonne.

פֶּן־תִּכְרֹת בְּרִית לְיוֹשֵׁב הָאָרֶץ וְזָנוּ אַחֲרֵי אֱלֹהֵיהֶם וְזָבְחוּ לֵאלֹהֵיהֶם וְקָרָא לְךָ וְאָכַלְתָּ מִזִּבְחוֹ׃

pen-tikhrót berít leyochév ha'árets vezanoú a'haré elohehém vezave'hoú lelohehém vekaráLa translittération russe écrit ce mot avec un b initial. Le texte hébreu porte « vekará » (« et il t'invitera ») ; la ligne française suit l'hébreu. lekhá ve'akhaltá mizziv'hó

15 Pour que tu ne conclues pas d'alliance avec le peuple qui habite dans le pays, et ils iront se prostituer à la suite de leurs dieux, et ils offriront des sacrifices à leurs dieux, et ils t'appelleront, et tu mangeras de leurs sacrifices.

Une simple situation de la vie quotidienne est décrite : un voisin nous a invités chez lui, et il a égorgé pour Ba'al, pour Achéra ou pour Mardouk un agneau, et a préparé un bon repas, et nous a invités, tout simplement en voisin. Et nous, nous avons bien conclu avec lui une alliance de bon voisinage, et il est très gênant de refuser, et nous pouvons accepter.

         וְלָקַחְתָּ מִבְּנֹתָיו לְבָנֶיךָ וְזָנוּ בְנֹתָיו אַחֲרֵי אֱלֹהֵיהֶן וְהִזְנוּ אֶת־בָּנֶיךָ אַחֲרֵי אֱלֹהֵיהֶן׃

velaka'htá mibbenotáv levanékha vezanoú venotáv a'haré elohehén vehiznou et-banékha a'haré elohehén

16 Et tu prendras de ses filles pour tes fils, et ses filles se prostitueront à la suite de leurs dieux, et tes fils se prostitueront à la suite de leur dieu.

Encore une situation tout à fait de la vie courante, quand le mari et la femme appartiennent à des religions différentes. Si la confession de la femme diffère de la confession du mari, il y a un grand danger que le mari, séduit par la beauté, la bienveillance, le sourire ou la danse de sa femme, aille lui aussi à la suite de ses dieux à elle. On peut être contaminé non seulement par l'amour de la cuisine d'un pays étranger, de sa langue, mais aussi par celui de sa religion, du culte d'autres dieux. Or l'entrée dans le mariage ‒ c'est aussi une forme d'alliance, une alliance est conclue entre le mari et la femme. C'est pourquoi il ne faut pas conclure d'alliance avec d'autres peuples.

אֱלֹהֵי מַסֵּכָה לֹא תַעֲשֶׂה־לָּךְ׃

elohé massekhá lo ta'asse-lákh

17 Ne te fais pas de dieux de fonte.

Après que le peuple d'Israël a fait le veau d'or, et nous avons dit (32,1) que cela ne se faisait pas du tout nécessairement comme un autre Dieu, mais se faisait, peut-être, comme un petit pont, comme un lien avec Dieu, une sorte d'oracle, un GPS – on peut l'appeler comme on veut. Mais le Très-Haut dit maintenant à Moché sans équivoque : « Cela, c'est interdit ! »

אֶת־חַג הַמַּצּוֹת תִּשְׁמֹר שִׁבְעַת יָמִים תֹּאכַל מַצּוֹת אֲשֶׁר צִוִּיתִךָ לְמוֹעֵד חֹדֶשׁ הָאָבִיב כִּי בְּחֹדֶשׁ הָאָבִיב יָצָאתָ מִמִּצְרָיִם׃

et-'hag hammattsót tichmór chiv'át yamím tokhál mattsót achér tsivvitíkha lemo'éd 'hódech ha'avív ki be'hódech ha'avív yatsáta mimmitsráyim

18 Garde la fête des pains azymes : sept jours mange des pains azymes, comme Je te l'ai ordonné, au temps du mois d'aviv (le mois du printemps), car au mois printanier tu es sorti d'Égypte.

         כָּל־פֶּטֶר רֶחֶם לִי וְכָל־מִקְנְךָ תִּזָּכָר פֶּטֶר שׁוֹר וָשֶׂה׃

kol-péter ré'hem li vekhol-miknekhá tizzakhár péter chor vassé

19 Tout ce qui ouvre la matrice – à Moi, et tout premier-né de tout ton bétail, premier-né (qui ouvre) de sexe masculin, du bœuf ou de la brebis.

וּפֶטֶר חֲמוֹר תִּפְדֶּה בְשֶׂה וְאִם־לֹא תִפְדֶּה וַעֲרַפְתּוֹ כֹּל בְּכוֹר בָּנֶיךָ תִּפְדֶּה וְלֹא־יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם׃

ouféter 'hamór tifdé vessé ve'im-ló tifdé va'araftó kol bekhór banékha tifdé velo-yera'oú fanáy rekám

20 Et le premier-né des ânes, rachète-le avec une brebis. Et si tu ne veux pas le racheter, alors défonce-lui (fracasse-lui) la tête. Le premier-né de chacun de tes fils, rachète-le, et ne viens pas à Moi les mains vides.

D'un côté, l'âne est un animal impur. D'un autre côté, nous avons déjà dit de l'âne qu'il possède certains mérites dans le peuple d'Israël. C'est pourquoi cet animal, bien qu'impur, non comestible, est respecté. Et son premier-né, il faut le racheter avec une brebis, c'est-à-dire qu'il n'est pas donné au kohen, on donne pour lui une brebis ou le prix d'une brebis. Et tu ne peux pas te servir d'un âne non racheté, et il te faudra lui fracasser la tête. Tu ne veux pas donner la rançon – ne t'en sers pas toi non plus.

Et ne viens pas à Moi les mains vides ‒ littéralement, cela se traduit par et ils ne verront pas Ma face quand ils sont vides. On entend ici les 3 jours d'adoration : car le SEIGNEUR a dit, comme nous nous en souvenons, que toute la population masculine doit trois fois par an venir devant Sa face.

שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי תִּשְׁבֹּת בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבֹּת׃

chéchet yamím ta'avód ouvayom hachevi'í tichbót be'harích ouvakkatsír tichbót

21 Six jours travaille, et le septième jour arrête-toi de tes travaux. Et au temps du labour ('harích, au temps des semailles), et au temps de la moisson (katsír), arrête-toi.

Même pendant les travaux agricoles, quand c'est pour toi la pleine saison des travaux des champs, et quand tu dois semer d'urgence, sinon le temps sera manqué, et quand tu dois récolter, sinon le temps passera, arrête-toi malgré tout, quand tu rassembles tes fruits. Qu'est-ce qui est permis ? Il est permis de moissonner la gerbe qu'on rassemble aux jours de l'ómer, entre Pessa'h et Chavouot.

         וְחַג שָׁבֻעֹת תַּעֲשֶׂה לְךָ בִּכּוּרֵי קְצִיר חִטִּים וְחַג הָאָסִיף תְּקוּפַת הַשָּׁנָה׃

ve'hág chavou'ót ta'assé lekhá bikkouré ketsír 'hittím ve'hág ha'assif tekoufát hachaná

22 Et la fête de Chavouot, fais-la, des prémices du blé, et la fête de la récolte (c'est-à-dire Soukkot) à la fin de l'année.

שָׁלֹשׁ פְּעָמִים בַּשָּׁנָה יֵרָאֶה כָּל־זְכוּרְךָ אֶת־פְּנֵי הָאָדֹן יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל׃

chalóch pe'amím bachaná yera'é kol-zekhourekhá et-pené ha'adón adonáy elohé yisraél

23 Trois fois par an tout individu de sexe masculin verra la face du SEIGNEUR Dieu, du Dieu d'Israël.

כִּי־אוֹרִישׁ גּוֹיִם מִפָּנֶיךָ וְהִרְחַבְתִּי אֶת־גְּבוּלֶךָ וְלֹא־יַחְמֹד אִישׁ אֶת־אַרְצְךָ בַּעֲלֹתְךָ לֵרָאוֹת אֶת־פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים בַּשָּׁנָה׃

ki-orích goyím mippanékha vehir'havtí et-gevoulékha velo-ya'hmód ich et-artsekhá ba'alotekhá leraót et-pené adonáy elohékha chalóch pe'amím bachaná

24 Et, quand Je chasserai les païens de devant ta face, et élargirai tes frontières, personne ne convoitera ton pays, pendant que tu monteras voir la face du SEIGNEUR, ton Dieu, trois fois par an.

De quoi parle ici le Très-Haut ? Il dit : « Tu auras un pays très riche, mais personne ne convoitera tes frontières, personne ne convoitera ton pays, personne ne t'attaquera aux jours où tu monteras à Jérusalem ». On pourrait penser que ce pays riche aura particulièrement besoin de protection, un bien demande qu'on le surveille sans cesse. Mais le Très-Haut dit qu'on peut laisser tout le pays vide, et même si tous les hommes vont à Jérusalem, il y aura une protection particulière, il ne sera pas nécessaire de se soucier de la sécurité de la terre et on pourra retirer les gardes-frontières.


לֹא־תִשְׁחַט עַל־חָמֵץ דַּם־זִבְחִי וְלֹא־יָלִין לַבֹּקֶר זֶבַח חַג הַפָּסַח׃

lo-tich'hát al-'haméts dam-ziv'hí velo-yalín labbóker zéva'h 'hag happássa'h

25 N'égorge pas sur du levain le sang de Mes sacrifices, et ne laisse pas le sacrifice pascal jusqu'au matin.

Cela concerne le sacrifice de Pessa'h, et nous avons déjà expliqué ce verset (12,15), parce qu'ici se répète le commandement du Très-Haut : le 'haméts (levain) doit être retiré de la maison avant qu'on offre le sacrifice de Pessa'h. Et nous avons déjà dit, nous avons même dit plus d'une fois, que le sacrifice doit être mangé avant le matin.


רֵאשִׁית בִּכּוּרֵי אַדְמָתְךָ תָּבִיא בֵּית יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לֹא־תְבַשֵּׁל גְּדִי בַּחֲלֵב אִמּוֹ׃ 

rechít bikkouré admatekhá taví bet adonáy elohékha lo-tevachél gedí ba'halév immó

26 Le commencement des prémices de ta terre, apporte-le dans la maison du SEIGNEUR, ton Dieu, et ne fais pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère ».

Cette expression – ne fais pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère – beaucoup de gens la comprennent de différentes manières. Dans la tradition moderne s'est établie une coutume, s'est établie une loi qui ordonne de séparer la nourriture lactée et la nourriture carnée, même la vaisselle lactée et carnée. Et la plupart des gens font même une pause après avoir consommé de la nourriture carnée pour manger ensuite de la nourriture lactée, pour s'abstenir de mélanger le carné et le lacté. C'est ainsi qu'interprète la loi moderne, qu'interprète la tradition moderne. Et moi-même, personnellement, pour moi, je m'efforce d'observer la loi telle qu'elle est établie. Mais si nous parlons de la compréhension du sens de la Torah, on peut aussi comprendre qu'on ne doit pas faire cuire un chevreau concret précisément dans le lait de sa mère concrète, que c'est une profanation particulière ou, comme beaucoup le pensent, un sacrifice particulier qui était offert par les peuples de Canaan (bien que nous n'ayons là-dessus aucune information). Et il y a encore une version, agricole, selon laquelle on pouvait forcer le chevreau à se nourrir longtemps du lait maternel pour que sa viande soit plus tendre. Et ici la Torah interdit ce genre d'expériences sur la nature. Exactement de la même manière on agit parfois avec l'oie. On la nourrit spécialement et on limite spécialement ses mouvements pour que son foie grossisse. Ou, par exemple, on castre le coq pour avoir un chapon particulier, pour avoir une viande d'une qualité particulière. C'est ainsi qu'on peut interpréter cette interdiction-ci. Mais, je le répète, la loi moderne interprète cela, et on peut aussi le comprendre ainsi, comme la séparation de la nourriture carnée et lactée.

Souvent nous voyons que, quand un homme commence seulement à lire le Tanakh, il dit : « Pourquoi l'avez-vous interprété de travers, ce n'est pas tout à fait cela qui est écrit ici ? » Et je peux dire qu'il y a, par exemple, une explication selon laquelle le mot gedí peut être compris non seulement comme un chevreau concret, mais en général comme un petit d'animal. Et 'halév immó peut aussi être compris comme du lait qu'on fait cuire à côté de ce chevreau. C'est-à-dire qu'on peut vraiment l'interpréter de différentes manières, sans faire violence au texte. Mais qui sommes-nous pour discuter avec les coutumes établies ? Bien que, je le répète encore une fois, il existe aussi d'autres compréhensions.


וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה כְּתָב־לְךָ אֶת־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה כִּי עַל־פִּי הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה כָּרַתִּי אִתְּךָ בְּרִית וְאֶת־יִשְׂרָאֵל׃

vayomer adonáy el-moché ketóv-lekhá et-haddevarím ha'élle ki al-pí haddevarím ha'élle karátti ittekhá berít ve'ét-yisraél

27 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Écris-toi ces paroles, car c'est selon ces paroles que J'ai conclu l'alliance avec toi et avec Israël ».

Un détail important, qu'il est assez facile de laisser échapper, c'est le fait que Moché – est lui aussi une partie dans cette alliance. Le Très-Haut n'a pas conclu l'alliance avec Israël, et avec Moché y compris, mais cette alliance – elle est avec Moché et avec Israël. Moché se tient ici à part, et nous comprendrons dans les chapitres suivants pourquoi il en est ainsi.

Et au verset 28 nous lisons que les discours du Très-Haut à Moché ont pris fin :


וַיְהִי־שָׁם עִם־יְהוָה אַרְבָּעִים יוֹם וְאַרְבָּעִים לַיְלָה לֶחֶם לֹא אָכַל וּמַיִם לֹא שָׁתָה וַיִּכְתֹּב עַל־הַלֻּחֹת אֵת דִּבְרֵי הַבְּרִית עֲשֶׂרֶת הַדְּבָרִים׃

vayhi-chám im-adonáy arba'ím yom ve'arba'ím láyla lé'hem lo akhál oumáyim lo chatá vayikhtóv al-hallou'hót et divré habberít asséret haddevarím

28 Et Moché fut là avec le SEIGNEUR quarante jours et quarante nuits, il ne mangea pas de pain et ne but pas d'eau. Et il écrivit sur les tables (le Très-Haut écrivit, Il l'avait ainsi promis) les paroles de l'alliance, le Décalogue.

On en tire une conclusion très intéressante. Comme dit le proverbe romain : « À Rome, conduis-toi comme un Romain ». Le proverbe talmudique dit quelque chose de très semblable : « Dans une ville, conduis-toi comme un citadin ». Dans chaque ville, conduis-toi conformément aux lois de cette ville. Quand un homme arrive dans une ville où certaines coutumes sont interprétées d'une manière particulière, il est tenu d'adopter l'interprétation des coutumes de la ville dont il est l'hôte. Quand les anges étaient chez Avraham, sur la terre, là où l'on mange et boit, ils ont et mangé, et bu, bien que cela ne leur soit pas propre. Quand Moché est l'hôte des cieux, monte dans le céleste, il n'a pas besoin de nourriture ni de boisson. Et exactement de la même manière, le Machia'h, pendant son jeûne dans le désert, est capable, tout en étant sur la terre, de demeurer au ciel, c'est pourquoi il peut se passer exactement de même 40 jours d'eau et de boisson. Et ce jeûne est nécessaire comme témoignage de la capacité de MochéLe russe dit bien ici « de Moché », alors que le contexte semble viser le Machia'h. Nous avons traduit littéralement. à être céleste et terrestre à la fois. Et cela le rend plus grand que Moché, parce que celui-ci montait sur la montagne, dans le céleste, pour un tel jeûne, alors que le Machia'h, pour cela, est allé dans le désert et est resté sur la terre.

Et il écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, le Décalogue. De cette phrase (étonnante, elle aussi), beaucoup concluent que le Décalogue, c'est ce que le Très-Haut disait avant cela, ces commandements-là mêmes avec le premier-né et le refus des alliances. Et on pourrait bien le penser, si nous ne lisions que ce chapitre : le Très-Haut a donné à Moché des commandements déterminés, et ensuite la Torah dit qu'Il les a écrits et appelle cela le Décalogue ; donc, c'est ce qui se trouve dans ce même chapitre 34. Et on peut comprendre les gens qui construisent de telles théories. Mais je dis toujours à propos des nouvelles théories, à propos de ceux qui veulent regarder la Torah sous un nouvel angle, y voir quelque chose de nouveau : si tu as trouvé des arguments « pour » ou quand tu as trouvé tous les arguments « pour », quel qu'en soit le nombre, regarde aussi les arguments « contre ». Dans le cas présent, nous voyons un argument « contre » très sérieux dans le fait que dans le livre de Dévarim sont écrits les commandements qui étaient sur les secondes tables, et ce n'est pas ce qui est écrit ici, au chapitre 34 du livre de Chémot. C'est pourquoi – oui, cela ressemble beaucoup, à première vue, à une autre variante des dix commandements ici, mais dans d'autres sources, à un autre endroit de la Torah, nous avons une nouvelle énumération des commandements sur les tables, c'est pourquoi il ne faut pas lire dans le texte ce qui n'y est pas.

וַיְהִי בְּרֶדֶת מֹשֶׁה מֵהַר סִינַי וּשְׁנֵי לֻחֹת הָעֵדֻת בְּיַד־מֹשֶׁה בְּרִדְתּוֹ מִן־הָהָר וּמֹשֶׁה לֹא־יָדַע, כִּי קָרַן עוֹר פָּנָיו בְּדַבְּרוֹ אִתּוֹ׃

vayhí berédet moché mehár sináy ouchné lou'hót ha'edoút beyád-moché beridtó min-hahár oumoché lo-yadá ki karán or panáv bedabberó ittó

29 Et il arriva, quand Moché descendit du mont Sinaï, et les deux tables de l'alliance dans la main de Moché, quand il descendait de la montagne, – et Moché ne savait pas que son visage brille, quand on parle avec lui (ou quand il parlait avec Dieu, on peut le comprendre dans un sens comme dans l'autre).

Moché a le visage qui brille. Moché, en tant qu'homme qui a reçu une mission particulière, a reçu aussi un certain don divin envers le peuple, on peut dire qu'il a été « contaminé » par la lumière divine, il a reçu un peu de lumière divine.


וַיַּרְא אַהֲרֹן וְכָל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת־מֹשֶׁה וְהִנֵּה קָרַן עוֹר פָּנָיו וַיִּירְאוּ מִגֶּשֶׁת אֵלָיו׃

vayár aharón vekhól-bené yisraél et-moché vehinné karán or panáv vayireoú miggéchet eláv

30 Et Aharon vit, et tous les fils d'Israël, Moché, et voici, son visage brillait, et ils avaient peur de s'approcher de lui.

Probablement, tout le monde sait que le mot karán (brillait) peut se traduire aussi comme le mot kéren (était cornu). De là, le camarade Michel-Ange a rendu Moché cornu dans la sculpture de marbre du même nom. Cette coïncidence est apparue parce que le mot kéren en hébreu désigne à la fois un petit rayon, comme un petit rayon de soleil, et une corne, comme une corne d'animal. Karán (rayonnait ou brillait) peut, ainsi, être lu dans le sens de était cornu, si l'on part du mot kéren (corne). Voilà d'où vient la confusion.

La lumière n'attirait pas toujours, et, voyant le haut niveau de sainteté, les gens parfois tremblaient, avaient peur de s'approcher de Moché.


וַיִּקְרָא אֲלֵהֶם מֹשֶׁה וַיָּשֻׁבוּ אֵלָיו אַהֲרֹן וְכָל־הַנְּשִׂאִים בָּעֵדָה וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֲלֵהֶם׃

vayikrá alehém moché vayachoúvou eláv aharón vekhól-hannessi'ím ba'edá vaydabbér moché alehém

31 Et Moché les appela, et Aharon et tous les chefs dans la communauté revinrent vers lui, et Moché parla avec eux.

Pour qu'ils prennent le risque de s'approcher de lui, se décident à s'approcher de lui, Moché lui-même les appelle.


וְאַחֲרֵי־כֵן נִגְּשׁוּ כָּל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיְצַוֵּם אֵת כָּל־אֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אִתּוֹ בְּהַר סִינָי׃

ve'a'haré-khen niggechoú kol-bené yisraél vaytsavvém et kol-achér dibbér adonáy ittó behár sináy

32 Et après cela, tous les fils d'Israël s'approchèrent, et il leur ordonna tout ce que le SEIGNEUR lui avait dit sur le mont Sinaï.

         וַיְכַל מֹשֶׁה מִדַּבֵּר אִתָּם וַיִּתֵּן עַל־פָּנָיו מַסְוֶה׃

vaykhál moché middabbér ittám vayittén al-panáv masvé

33 Et Moché acheva de parler avec eux, et couvrit son visage à cause du rayonnement.

Quand Moché transmettait la Torah, son visage était découvert. Mais quand le peuple a commencé à étudier, à comprendre, à recevoir la Torah, quand les paroles ont pris fin et que l'homme s'en est allé repenser, apprendre la Torah – Moché a couvert son visage.

וּבְבֹא מֹשֶׁה לִפְנֵי יְהוָה לְדַבֵּר אִתּוֹ יָסִיר אֶת־הַמַּסְוֶה עַד־צֵאתוֹ וְיָצָא וְדִבֶּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֵת אֲשֶׁר יְצֻוֶּה׃

ouvevó moché lifné adonáy ledabbér ittó yassír et-hammasvé ad-tsetó veyatsá vedibbér el-bené yisraél et achér yetsouvvé

34 Et, quand Moché allait s'adresser au SEIGNEUR, parler avec Lui, il ôtait le voile jusqu'à sa sortie. Et il sortait, et disait aux fils d'Israël ce que le Très-Haut lui avait ordonné.

Comment les choses se passaient-elles après cela ? Quand le peuple entendait la Torah, quand Moché sortait de la tente, il couvrait son visage. Quand le peuple entend la Torah, le voile est sur le visage (peut-être sur le visage de Moché). Aujourd'hui la Torah est lue dans les synagogues le lundi, le jeudi et le sabbat dans l'assemblée du peuple, et en mémoire de cela et selon les traditions de lecture, comme il est d'usage, pendant la lecture à la synagogue celui qui lit couvre son visage. Quand commence la prière, quand on s'adresse au SEIGNEUR, le voile est ôté. Quand Moché proclamait la Torah, le voile était sur son visage. Quel est ici le fond, quelle est ici la particularité ? Pourquoi la Torah en parle-t-elle spécialement ? Comme le peuple « a pris peur » de s'approcher de la montagne et a envoyé Moché, exactement de même le peuple « a pris peur » de recevoir directement la lumière divine. Et, comprenant cette peur, par compassion pour le peuple, Moché s'est couvert d'un voile. Et maintenant, lors de la lecture de la Torah, ce voile se trouve sur le peuple d'Israël.

וְרָאוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־פְּנֵי מֹשֶׁה כִּי קָרַן עוֹר פְּנֵי מֹשֶׁה וְהֵשִׁיב מֹשֶׁה אֶת־הַמַּסְוֶה עַל־פָּנָיו עַד־בֹּאוֹ לְדַבֵּר אִתּוֹ׃

veraoú vené-yisraél et-pené moché ki karán or pené moché vehechívLa translittération russe porte ici une faute de frappe à la place du h. La ligne française suit l'hébreu. moché et-hammasvé al-panáv ad-boó ledabbér ittó

35 Et tous les fils d'Israël virent le visage de Moché, parce que le visage de Moché brillait de lumière. Et Moché posa le voile sur son visage, jusqu'à ce qu'il parle avec le SEIGNEUR.

C'est ce dont nous avons déjà parlé.

La Torah en 5 minutes

Dans la section hebdomadaire Ki Tissa, nous lisons une tragédie étonnante. Le peuple d'Israël s'est trompé dans ses calculs et a décidé que, si Moché n'était pas revenu au terme fixé, alors, peut-être, il avait carrément disparu quelque part. Le peuple s'est adressé à Aharon en lui demandant de fabriquer un veau d'or – une sorte de navigateur qui conduirait le peuple à travers le désert. Le veau d'or a été fabriqué, et l'un des plus grands péchés de tout le peuple dans l'histoire juive a été commis.

En réalité, Moché, bien sûr, n'avait disparu nulle part. Le Très-Haut dit à Moché : « Descends maintenant de la montagne, car le peuple que tu as fait sortir d'Égypte s'est corrompu ». Moché descend de la montagne, et sa rencontre, de festive, se transforme en une rencontre très tragique : Moché brise les tables, et il se passe encore beaucoup de choses. Après tout cela, le Très-Haut ordonne à Moché de fabriquer de nouvelles tables, et en plus de cela dit (33,3) : « Va dans la terre ruisselant de lait et de miel ; Moi-même, Je ne paraîtrai pas au milieu de toi, car tu es un peuple à la nuque raide, afin que Je ne t'anéantisse pas en chemin ». Ensuite nous lisons : « Quand le peuple entendit cette sinistre nouvelle, il s'affligea, et personne ne mit sur soi ses parures. Car le SEIGNEUR avait dit à Moché : “Dis aux fils d'Israël : “Vous – peuple à la nuque raide, si J'allais un seul instant au milieu de toi, Je t'anéantirais ».

Le Très-Haut punit non pour le péché lui-même du veau d'or, mais pour la racine du péché, pour ce qui a engendré ce péché – pour la raideur de nuque. La notion de nuque raide (keche-óref – au cou dur) signifie qui tourne difficilement ou obstiné, buté. Un peuple qui, bien qu'il ait vu tous les miracles et tous les signes, retourne obstinément au service des idoles.

Moché, sur l'ordre du Très-Haut, fabrique d'autres tables, monte vers le Très-Haut et supplie le Très-Haut de pardonner, et voici ce qu'il dit (34,9) : « Et il dit : si j'ai trouvé grâce à Tes yeux, Souverain, que le Souverain marche au milieu de nous, car ce peuple a la nuque raide. Et Toi, Tu pardonneras notre faute et notre péché et Tu feras de nous Ton héritage ». On pourrait s'attendre à ce que Moché dise : « Pardonne-nous, nous nous efforcerons de ne plus avoir la nuque raide, nous serons souples, nous serons obéissants, nous ne nous obstinerons pas dans notre péché, nous ne ferons plus ainsi ». Mais Moché dit tout autre chose, Moché dit : « C'est précisément parce que ce peuple a la nuque raide, pardonne-lui ».

Cet entêtement permettra au peuple de tenir bon pendant toutes sortes de persécutions. Perses, Mèdes, Araméens, Assyriens : qui ne viendra pas et ne tentera pas de détourner les Juifs du vrai chemin, qui ne tentera pas d'assimiler les Juifs, qui ne tentera pas d'anéantir le peuple. Il y aura un temps où la majorité du peuple se prosternera devant d'autres dieux, mais grâce à cette raideur de nuque-là, grâce à cet entêtement, à cette obstination, il restera toujours des gens qui serviront et adoreront le Très-Haut. Cette raideur de nuque a aussi un trait positif (comme on dit parfois : si seulement ta force servait à des fins pacifiques), on peut l'utiliser pour le service du Créateur.

Et le Très-Haut pardonne selon cette parole, le Très-Haut pardonne au peuple selon cette parole de Moché. Et, effectivement, l'obstination juive a servi, à bien des égards, à la préservation de la judéité. Cela peut nous aider nous aussi : quand nous voyons parfois chez nos enfants certains traits (peut-être une énergie excessive, peut-être autre chose encore) qui nous agacent, qui nous semblent négatifs, nous pouvons réfléchir à la manière de les appliquer à la Torah, à la manière d'appliquer cette énergie à la Torah, à la manière d'appliquer à la Torah telle ou telle qualité de nos enfants, à l'exemple de la manière dont Moché parlait avec le Très-Haut.

L'avocat du prochain

Au centre de la section Ki Tissa – le récit du péché du peuple par le veau d'or. Au chapitre 32 est décrit ce qui se passe dans le camp d'Israël en l'absence de Moché. Israël célèbre la création du veau. Bien sûr, seul un petit nombre de gens d'Israël y participe. Néanmoins le bruit et la joie de cette fête parviennent jusqu'au mont Sinaï. Et le Très-Haut dit à Moché (32,7) : « Va, descends de la montagne, car ton peuple s'est corrompu ». Et alors Moché commence à supplier le Très-Haut et à Le prier de ne pas se courroucer contre le peuple, et sa prière au Très-Haut (32,11), Moché la commence par les mots : « Pourquoi Ta colère s'enflammerait-elle contre Ton peuple ? » Moché commence cette prière, semble-t-il, même par une sorte de reproche. C'est étonnant, comment peut-on commencer ainsi une prière dans une telle situation ? Le peuple d'Israël s'est fait, en fait, une idole. Et comment peut-on demander dans ce cas « pourquoi » ? La colère du Très-Haut s'est enflammée à cause de l'idolâtrie. Néanmoins c'est précisément ainsi que Moché commence sa prière. Et beaucoup de commentateurs ont essayé de comprendre pourquoi il fait cela. Nous pouvons voir deux raisons principales qu'ils nomment.

Moché dit dans cette même prière que le Très-Haut a fait sortir le peuple d'Égypte par une grande force. En fait, Israël était un ramassis d'esclaves. C'étaient des gens qui n'avaient rien vu d'autre que la paille et l'argile. Et le Très-Haut les a fait sortir par la force du pays d'Égypte. Et Moché, selon l'une des opinions, dit : « C'est Toi qui as fait sortir d'Égypte un peuple d'esclaves. Comment donc es-Tu maintenant irrité contre ce peuple ? » Comment peut-on se mettre en colère contre des gens qui toute leur vie ont été des esclaves ? Ils se sont formés comme des esclaves, ils se trouvaient entièrement et totalement sous l'influence de l'Égypte. Et si en Égypte on adorait un veau, il n'est pas étonnant que ce peuple ait décidé d'adorer un veau. À quoi bon maintenant se mettre en colère contre ce peuple ?

Une autre opinion dit que Moché rappelle les promesses du Très-Haut. Le Très-Haut a promis de faire sortir le peuple d'Égypte. Et si Israël se trouve anéanti dans le désert, alors les peuples du monde peuvent dire : « Leur Dieu n'avait pas la force de mener le peuple jusqu'à Canaan ».

Telles sont les deux explications principales de la raison pour laquelle Moché commence à parler ainsi. Mais, en fait, cela se ramène à une seule chose : « Fais la paix avec le peuple – ce sont Tes enfants ». Moché comprend que le peuple a péché. Quand il s'approchera du camp, nous verrons ses sentiments. Il brise lui-même les tables dans sa colère. Mais quand il parle avec le Très-Haut, il demande au Très-Haut de ne pas déverser la colère sur le peuple, il cherche des voies d'intercession pour son peuple. L'un des tout plus grands maîtres de l'histoire, le premier chef du peuple juif, il ne se hâte pas de juger, son premier élan – c'est de justifier le peuple. Et il se tient assez audacieusement devant le Très-Haut pour lui.

Pour nous, croyants d'aujourd'hui, c'est une leçon importante. Quand nous voyons qu'un péché se commet, nous devons essayer, à l'instar de Moché, de demander à Dieu la miséricorde, et non la colère. Malheureusement, très souvent nous nous empressons de condamner les pécheurs et nous appelons la colère du Très-Haut sur ceux qui pèchent. Mais Moché n'agit pas ainsi, et en cela est l'exemple d'une véritable vocation de maître. Dire au Très-Haut : « Si Tu ne pardonnes pas à ce peuple, alors efface-moi de Ton Livre, que Tu as écrit » – cela sonne comme une insolence. Et néanmoins c'est précisément un homme doté de telles qualités que le Très-Haut a choisi pour faire sortir le peuple.

De même, bien des siècles plus tard, l'apôtre Paul écrira qu'il serait prêt à être séparé du Christ pour son peuple. Et c'est précisément Paul que le Très-Haut a choisi pour porter la bonne nouvelle.

Ainsi, si nous voulons intercéder pour notre peuple, nous devons intercéder avec audace, littéralement donner notre vie pour lui – pour la miséricorde de Dieu, et non pour l'effusion de Sa colère, nous devons essayer de justifier les pécheurs dans nos prières. C'est précisément cette vocation de maître que le Très-Haut veut de nous.

Haftara. 1 Mélakhim

Chémot 18,1–39

Cette semaine nous étudions la section hebdomadaire Ki Tissa, et avec elle on lit un passage prophétique du premier livre de Mélakhim. Habituellement on lit du verset 1 au verset 39 du chapitre 18, les communautés yéménites lisent du verset 1 au verset 40, et nous, nous prendrons une troisième voie et nous lirons tout le chapitre 18, du verset 1 au verset 46. Avant de commencer à lire le chapitre lui-même, une certaine préface historique est nécessaire, pour présenter les personnages principaux. Bien sûr, il n'est pas nécessaire de présenter le prophète Éliyahou, tout le monde le connaît. Le roi A'hav est connu pour être le plus grand scélérat de tous les rois qui ont régné en Israël. Il a fait du culte de Ba'al la religion officielle, il a amené une épouse, Izével, princesse de Tsidon. Commençons peu à peu à nous rappeler comment cela s'est passé.

Le roi A'hav commença son règne alors que sa ville, sa capitale était presque assiégée. Il commença à régner sur un tout petit territoire, il régna 22 ans et périt au combat au-delà du Jourdain, en Guil'ad, c'est-à-dire qu'il élargit sérieusement le territoire de son royaume. On a conservé ce qu'on appelle le monolithe de Kurkh, qui raconte que Salmanazar III, roi d'Assyrie, partit en campagne militaire dans nos contrées et que, à la bataille de Qarqar, il fut battu par une coalition de 12 armées, créée par A'hav. A'hav fut celui qui sut conclure une triple alliance entre Israël, la Judée et Tsidon et, en conséquence, il prit pour épouse la fille du roi de Tsidon, Etba'al, une femme du nom d'Izével. Izével Etba'alovna était une princesse de Tsidon, élevée dans les meilleures traditions de Tsidon – fidèle, dévouée à Ba'al, missionnaire aussi bien de Ba'al que des traditions monarchiques de Tsidon. Le roi d'Israël ne se conduisait pas comme les rois païens, cela déplaisait beaucoup à Izével. Elle anéantissait tout culte du SEIGNEUR, Dieu d'Israël, et tuait les prophètes. Partout on détruisait les autels du SEIGNEUR et on implantait le culte de Ba'al. Le prophète Éliyahou lui-même fut contraint de se cacher, voyant tout ce qui se passait. Avant de le faire, il dit à A'hav : « À partir de ce moment il n'y aura pas de pluie. Dans tout le pays, dans tout le royaume d'Israël – la sécheresse ». La sécheresse dure année après année, et cela, bien sûr, conduit à ce que le peuple s'appauvrit, commence à souffrir de la faim et se retrouve au bord de la mort. Et voici qu'à ce moment historique se produisent les événements dont nous commençons la lecture au verset 1 du chapitre 18.


וַיְהִי יָמִים רַבִּים וּדְבַר־יְהוָה הָיָה אֶל־אֵלִיָּהוּ בַּשָּׁנָה הַשְּׁלִישִׁית לֵאמֹר לֵךְ הֵרָאֵה אֶל־אַחְאָב וְאֶתְּנָה מָטָר עַל־פְּנֵי הָאֲדָמָה׃

vayhi yamím rabbím oudvar-adonáy haya el-eliyahouLa translittération russe redouble ici le h du nom Éliyahou. Le texte hébreu n'a pas ce redoublement ; la ligne française suit l'hébreu. bachaná hachelichít lemór lekh hera'é el-a'h'áv ve'ettená matár al-pené ha'adamá

1 Et il advint, beaucoup de jours passèrent, et la parole du SEIGNEUR fut adressée à Éliyahou la troisième année, en disant : « Va, montre-toi à A'hav, et Je donnerai la pluie sur la terre ».

La troisième année de la sécheresse, le Très-Haut s'adresse à Éliyahou. Les commentateurs discutent de la raison pour laquelle c'est précisément maintenant que le Très-Haut parle de la fin de la sécheresse. Peut-être parce que la troisième année, se trouvant au bord de la mort, le peuple commence à se repentir. Ou peut-être parce que sinon le peuple périra tout simplement, et qu'on ne peut pas continuer plus longtemps à tourmenter le peuple par la sécheresse. Il n'existe pas de technologies, modernes, pour forer un puits, dessaler la mer, c'est impossible. Le peuple n'a réellement plus rien, non seulement à manger, mais aussi à boire, et cela, bien sûr, met le peuple au bord de la mort. Éliyahou sait qu'A'hav, et plus encore Izével, cherchent sa mort. Mais, puisque le Très-Haut l'a dit, Éliyahou va et exécute.

         וַיֵּלֶךְ אֵלִיָּהוּ לְהֵרָאוֹת אֶל־אַחְאָב וְהָרָעָב חָזָק בְּשֹׁמְרוֹן׃

vayélekh eliyáhou leheraót el-a'h'áv vehara'áv 'hazák bechomerón

2 Et Éliyahou alla se montrer à A'hav, et à Chomron une forte famine.

Pourquoi le Tanakh nous dit-il cela ? On peut comprendre ainsi qu'à Chomron, c'est-à-dire dans le royaume d'Israël, il y a une forte famine parce que le royaume d'Israël s'était davantage détourné, alors qu'en Judée il n'y a pas une telle famine, peut-être est-ce là une allusion. Ou peut-être s'agit-il du fait que Chomron – c'est la région de la capitale, c'est, pour ainsi dire, Moscou et la région de Moscou, et là il y a déjà une forte famine, c'est-à-dire que la famine est arrivée même jusque-là. Éliyahou va à la rencontre d'A'hav, et pendant ce temps dans le palais d'A'hav il se passe quelque chose d'intéressant.


וַיִּקְרָא אַחְאָב אֶל־עֹבַדְיָהוּ אֲשֶׁר עַל־הַבָּיִת וְעֹבַדְיָהוּ הָיָה יָרֵא אֶת־יְהוָה מְאֹד׃

vayikrá a'h'áv el-ovadyáhou achér al-habbáyit ve'ovadyáhou hayá yaré et-adonáy me'ód

3 A'hav appelle Ovadyahou, qui est chef de toute sa maison, et Ovadyahou était un homme très craignant Dieu.

Il est très important de se représenter cela. Il y a le roi le plus scélérat de toute l'histoire, un roi qui dirige ou, en tout cas, favorise activement la persécution des prophètes, implante une religion étrangère, une idéologie étrangère et anéantit la foi dans le Dieu d'Israël. Comme son premier adjoint ou Premier ministre à sa cour sert un homme du nom d'Ovadyahou, un homme qui craint le SEIGNEUR. Est-ce juste, est-il juste de se retrouver dans une telle situation ? Est-il juste pour un croyant d'entrer au gouvernement, de participer à la direction d'un État scélérat ? Les commentateurs juifs disent que la femme d'entre les disciples du prophète (2 Mélakhim 4,1–7), chez qui, par le prophète Élicha, tous les récipients de la maison se remplirent miraculeusement d'huile, – c'est la veuve de ce même Ovadyahou, et c'est ainsi qu'il est rétribué pour ses bonnes actions ; c'est-à-dire que les commentateurs voient cela d'un bon œil. Effectivement, si tu crois au Très-Haut et que tu te retrouves là où tu peux exercer une influence, là où tu peux faire quelque chose, alors fais-le, même si cela aura l'air de soutenir ce pouvoir et de participer à son renforcement.

Ensuite le Tanakh nous raconte en quoi s'exprimait en pratique la droiture d'Ovadyahou :


וַיְהִי בְּהַכְרִית אִיזֶבֶל אֵת נְבִיאֵי יְהוָה וַיִּקַּח עֹבַדְיָהוּ מֵאָה נְבִאִים וַיַּחְבִּיאֵם חֲמִשִּׁים אִישׁ בַּמְּעָרָה וְכִלְכְּלָם לֶחֶם וָמָיִם׃

vayhi behakhrit izevél et nevi'é adonáy vayikká'h

ovadyáhou me'á nevi'ím vaya'hbi'ém 'hamichím ich bamme'ará

vekhilkelám lé'hem vamáyim

4 Et il advint, quand Izével exterminait les prophètes du SEIGNEUR, Ovadyahou prit cent prophètes et les plaça dans deux grottes, par cinquante hommes, et il les nourrissait de pain et d'eau.

Peut-être les a-t-il répartis afin que, si l'on découvrait soudain une grotte, on puisse sauver l'autre – comme Yaakov répartissait sa famille en deux camps. Bref, Ovadyahou est occupé à un dangereux travail contre-révolutionnaire à la cour d'Izével, à la cour d'A'hav, et il entrave la révolution religieuse qui devait amener le pays d'Israël à l'adoration de Ba'al. Donc, A'hav appela Ovadyahou auprès de lui, et voici ce qu'il lui dit :


וַיֹּאמֶר אַחְאָב אֶל־עֹבַדְיָהוּ לֵךְ בָּאָרֶץ אֶל־כָּל־מַעְיְנֵי הַמַּיִם וְאֶל כָּל־הַנְּחָלִים אוּלַי נִמְצָא חָצִיר וּנְחַיֶּה סוּס וָפֶרֶד וְלוֹא נַכְרִית מֵהַבְּהֵמָה׃

vayomer a'h'áv el-ovadyáhou lekh ba'árets el-kol-ma'ené hammáyim ve'él kol-hanne'halím ouláy nimtsá 'hatsír oun'hayé sous vaféred veló nakhrít mehabbehemá

5 « Va, parcours le pays, tous les points d'eau et toutes les sources, peut-être trouverons-nous un peu de paille, de foin, et nous aurons de quoi nourrir le cheval et le mulet, et nous ne perdrons pas de bétail ».


וַיְחַלְּקוּ לָהֶם אֶת־הָאָרֶץ לַעֲבָר־בָּהּ אַחְאָב הָלַךְ בְּדֶרֶךְ אֶחָד לְבַדּוֹ וְעֹבַדְיָהוּ הָלַךְ בְּדֶרֶךְ־אֶחָד לְבַדּוֹ׃

vay'hallekoú lahém et-ha'árets la'avor-bá a'h'áv halákh bedérekh e'hád levaddó ve'ovadyáhou halákh bederekh-e'hád levaddó

6 Et ils se partagèrent le pays pour le parcourir ; par un chemin alla A'hav, par un autre chemin alla Ovadyahou.

Représentez-vous seulement toute l'horreur, tout le tragique de la situation, quand le roi et son Premier ministre commencent eux-mêmes à ratisser le pays et à chercher quelque chose pour leur bétail. Quelle profondeur de désespoir doit donc être celle de ces gens !


וַיְהִי עֹבַדְיָהוּ בַּדֶּרֶךְ וְהִנֵּה אֵלִיָּהוּ לִקְרָאתוֹ וַיַּכִּרֵהוּ וַיִּפֹּל עַל־פָּנָיו וַיֹּאמֶר הַאַתָּה זֶה אֲדֹנִי אֵלִיָּהוּ׃

vayhí ovadyáhou baddérekh vehinné eliyáhou likrató vayakkiréhou vayippól al-panav vayomer ha'attá ze adoní eliyáhou

7 Et Ovadyahou était en chemin, et voici qu'Éliyahou vient à sa rencontre, et il le reconnut, et tomba sur sa face, et dit : « Est-ce toi, mon seigneur Éliyahou ? »

Après qu'Éliyahou s'était caché trois ans (et nous savons qu'Éliyahou a de toute façon une végétation abondante sur le visage, il a une grande barbe), il avait sans doute un tout autre aspect, mais Ovadyahou le reconnaît. Et la question qu'il pose ici – ce n'est pas simplement une question du genre : « Excusez-moi, je ne me suis pas trompé, c'est vraiment toi ? » C'est une forme d'adresse respectueuse.

וַיֹּאמֶר לוֹ אָנִי לֵךְ אֱמֹר לַאדֹנֶיךָ הִנֵּה אֵלִיָּהוּ׃

vayomer lo aní lekh emór ladonékha hinné eliyáhou

8 Et il lui dit : « Oui, c'est moi, va et dis à ton seigneur : voici Éliyahou ».

Va, va, dis à A'hav que tu m'as trouvé. Mais Ovadyahou ne se hâte pas de courir chez A'hav.


וַיֹּאמֶר מֶה חָטָאתִי כִּי־אַתָּה נֹתֵן אֶת־עַבְדְּךָ בְּיַד־אַחְאָב לַהֲמִיתֵנִי׃

vayomer me 'hatáti ki-attá notén et-avdekhá beyad-a'h'áv

lahamiténi

9. Et il dit : « En quoi donc ai-je péché, pour que tu envoies ton serviteur, que tu le livres aux mains d'A'hav, pour qu'il me tue ?

Je vais maintenant dire : « Voici Éliyahou, ensuite nous viendrons, lui et moi, et toi tu ne seras plus là, et il me tuera tout simplement ».


חַי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אִם־יֶשׁ־גּוֹי וּמַמְלָכָה אֲשֶׁר לֹא־שָׁלַח אֲדֹנִי שָׁם לְבַקֶּשְׁךָ וְאָמְרוּ אָיִן וְהִשְׁבִּיעַ אֶת־הַמַּמְלָכָה וְאֶת־הַגּוֹי כִּי לֹא יִמְצָאֶכָּה׃

'hay adonáy elohékha im-yech-góy oumamlakhá achér lo-chalá'h adoní cham levakkechkhá ve'ameroú áyin vehichbíya et-hammamlakhá ve'et-haggóy ki lo yimtsa'ékka

10 Vivant est le SEIGNEUR ton Dieu, s'il est quelque peuple et quelque royaume où mon seigneur n'ait pas envoyé pour te chercher, et on a dit : « Il n'est pas chez nous », et il a adjuré tout royaume et tout peuple de te livrer, parce qu'il ne pouvait pas te trouver.

Ovadyahou dit au prophète Éliyahou : « Tu es pourtant depuis longtemps recherché chez nous, au niveau fédéral comme au niveau international, et le roi est prêt à payer cher pour toi, on te veut vivant ou mort, mais, semble-t-il, plutôt mort ».

         וְעַתָּה אַתָּה אֹמֵר לֵךְ אֱמֹר לַאדֹנֶיךָ הִנֵּה אֵלִיָּהוּ׃

ve'attá attá omér lekh emór ladonékha hinné eliyáhou

11 Maintenant tu me dis : « Va et dis à ton seigneur : voici Éliyahou.

וְהָיָה אֲנִי אֵלֵךְ מֵאִתָּךְ וְרוּחַ יְהוָה יִשָּׂאֲךָ עַל אֲשֶׁר לֹא־אֵדָע וּבָאתִי לְהַגִּיד לְאַחְאָב וְלֹא יִמְצָאֲךָ וַהֲרָגָנִי וְעַבְדְּךָ יָרֵא אֶת־יְהוָה מִנְּעֻרָי׃

vehayá aní elékh me'ittákh veroú a'h adonáy yissa'akhá al achér lo-edá ouváti lehaggíd le'a'h'áv veló yimtsa'akhá vaharagáni ve'avdekhá yaré et-adonáy minne'ouráy

12 Et voici, je m'en irai maintenant d'auprès de toi, et l'Esprit de Dieu t'emportera on ne sait où, et je le dirai, et il ne te trouvera pas, et il me tuera, or ton serviteur craint le SEIGNEUR depuis sa jeunesse.

C'est-à-dire : je suis depuis ma jeunesse un homme craignant Dieu, pourquoi me punis-tu ainsi, pourquoi m'exposes-tu ainsi ?


הֲלֹא־הֻגַּד לַאדֹנִי אֵת אֲשֶׁר־עָשִׂיתִי בַּהֲרֹג אִיזֶבֶל אֵת נְבִיאֵי יְהוָה וָאַחְבִּא מִנְּבִיאֵי יְהוָה מֵאָה אִישׁ חֲמִשִּׁים חֲמִשִּׁים אִישׁ בַּמְּעָרָה וָאֲכַלְכְּלֵם לֶחֶם וָמָיִם׃

halo-houggád ladoní et acher-assíti baharóg izevél et nevi'é adonáy va'a'hbí minnevi'é adonáy me'a ich 'hamichím 'hamichím ich bamme'ará va'akhalkelém lé'hem vamáyim

13 Sans doute a-t-on raconté à mon seigneur ce que j'ai fait quand Izével tuait les prophètes du SEIGNEUR, et j'ai caché, d'entre les prophètes du SEIGNEUR, cent hommes, cinquante hommes par grotte, et je les nourrissais de pain et d'eau.

         וְעַתָּה אַתָּה אֹמֵר לֵךְ אֱמֹר לַאדֹנֶיךָ הִנֵּה אֵלִיָּהוּ וַהֲרָגָנִי׃

ve'attá attá omér lekh emór ladonékha hinné eliyáhou vaharagáni

14 Et maintenant tu me dis : « Va et dis à ton Seigneur : voici Éliyahou. Et il me tuera ».

Pourquoi cette phrase est-elle répétée deux fois ? Peut-être pour deux raisons : premièrement, toi, ensuite, tu seras soudain emporté, on ne te trouvera pas, et le Seigneur, dans sa fureur, me tuera ; deuxièmement, le Seigneur dira : « Ah, tu as rencontré Éliyahou, donc tu avais des liens avec eux, on me dénonçait, on me faisait des rapports, je l'ai toujours soupçonné ». Et pour cela aussi on peut me tuer. Ovadyahou a réellement peur, et il a de quoi avoir peur.

        
וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ חַי יְהוָה צְבָאוֹת אֲשֶׁר עָמַדְתִּי לְפָנָיו כִּי הַיּוֹם אֵרָאֶה אֵלָיו׃

vayomer eliyáhou 'hay adonáy tseva'ót achér amádti lefanáv ki hayom era'é eláv

15 Et Éliyahou dit : « Vivant est le SEIGNEUR Dieu, devant qui je me tiens, qu'aujourd'hui je me montrerai à lui, je me montrerai à A'hav ».

C'est une forme de serment. Après qu'Éliyahou a juré qu'il ne s'en ira nulle part, qu'il ne disparaîtra pas, après cela Ovadyahou peut aller parler avec A'hav.


וַיֵּלֶךְ עֹבַדְיָהוּ לִקְרַאת אַחְאָב וַיַּגֶּד־לוֹ וַיֵּלֶךְ אַחְאָב לִקְרַאת אֵלִיָּהוּ׃

vayélekh ovadyáhou likrát a'h'áv vayagged-ló vayélekh a'h'áv

likrát eliyáhou

16 Et Ovadyahou alla à la rencontre d'A'hav, et lui raconta tout, et c'est déjà A'hav qui alla à la rencontre d'Éliyahou.

וַיְהִי כִּרְאוֹת אַחְאָב אֶת־אֵלִיָּהוּ וַיֹּאמֶר אַחְאָב אֵלָיו הַאַתָּה זֶה עֹכֵר יִשְׂרָאֵל׃

vayhí kir'ót a'h'áv et-eliyáhou vayomer a'h'áv eláv ha'attá ze okhér yisraél

17 Et il advint, quand A'hav vit Éliyahou, A'hav lui dit : « C'est toi, celui qui trouble (gâte) Israël ?! »

Okhér Yisraél – c'est une sorte de stigmate classique pour celui qui ne nous plaît pas, qui, à ce qu'il nous semble, nuit à Israël et cherche à le détruire. « Toi, qui attires le malheur sur Israël » – telle est l'accusation qu'A'hav lance aussitôt au prophète Éliyahou. Pour quoi ? Pour avoir provoqué la sécheresse, et Israël, en conséquence, peut périr.


וַיֹּאמֶר לֹא עָכַרְתִּי אֶת־יִשְׂרָאֵל כִּי אִם־אַתָּה וּבֵית אָבִיךָ בַּעֲזָבְכֶם אֶת־מִצְוֹת יְהוָה וַתֵּלֶךְ אַחֲרֵי הַבְּעָלִים׃

vayomer lo akhárti et-yisrael ki im-attá ouvét avíkha ba'azovkhém et-mitsvót adonáy vattélekh a'haré habbe'alím

18 Et Éliyahou lui répond : « Non, ce n'est pas moi l'ennemi d'Israël, c'est toi, et la maison de ton père, parce que vous avez abandonné le SEIGNEUR et êtes allés après les Ba'alim.


וְעַתָּה שְׁלַח קְבֹץ אֵלַי אֶת־כָּל־יִשְׂרָאֵל אֶל־הַר הַכַּרְמֶל וְאֶת־נְבִיאֵי הַבַּעַל אַרְבַּע מֵאוֹת וַחֲמִשִּׁים וּנְבִיאֵי הָאֲשֵׁרָה אַרְבַּע מֵאוֹת אֹכְלֵי שֻׁלְחַן אִיזָבֶל׃

ve'attá chelá'h kevóts eláy et-kol-yisraél el-hár hakkarmél ve'et-nevi'é habbá'al arbá me'ót va'hamichím ounví'e ha'acherá arbá me'ót okhelé choul'hánLa translittération russe déforme ici le mot « table ». La ligne française suit l'hébreu : choul'hán. izável

19 Et maintenant va, rassemble auprès de moi tout Israël sur le mont Carmel, et quatre cent cinquante prophètes de Ba'al, et quatre cents prophètes d'Achéra, qui mangent à la table d'Izével ».

Nous voyons qu'Izével a une sérieuse machine de propagande missionnaire, elle a 850 prophètes : 450 prophètes de Ba'al et 400 prophètes d'Achéra. Et tout cela travaille à convertir Israël à la nouvelle foi – ils sont entretenus, ils mangent à la table d'Izével, elle les nourrit ; les prophètes – ce sont ses propagandistes. Que peut-on voir ici ? Premièrement, ici Éliyahou ne dit plus à A'hav : « Ne me tue pas ». Il lui dit deux choses : « C'est toi qui as attiré le malheur sur Israël » et « Maintenant rassemble tout Israël et tous les prophètes », comme si A'hav lui avait déjà demandé : « Et que dois-je donc faire maintenant pour être sauvé ? », comme si une telle question avait peut-être déjà commencé à naître dans le cœur d'A'hav. Pourquoi, au fond, A'hav devrait-il l'écouter, puisqu'il est du côté de Ba'al, et qu'Éliyahou est un contre-révolutionnaire ? Apparemment, quelque chose s'est déjà produit dans le cœur d'A'hav, et c'est pourquoi Éliyahou dit : « Rassemble tout Israël et tous les prophètes sur le mont Carmel ». Éliyahou ne parle pas non plus ici de la pluie, c'est-à-dire qu'il s'adresse directement au cœur d'A'hav.

Pourquoi précisément le mont Carmel ? Premièrement, le mont Carmel – c'est une montagne, et nous verrons une analogie avec la station au pied du mont Sinaï. Car ici, de nouveau, c'est une situation où tout le peuple s'est rassemblé, et le Très-Haut s'est manifesté devant tout le peuple. D'un autre côté (une compréhension plus simple), le mont Carmel – c'est la frontière du royaume d'Israël, plus loin commence Tsidon, là-bas, plus loin, c'est la frontière avec Tsidon. C'est comme une réunion frontalière : au cas où, les prophètes de Ba'al et d'Achéra sauront où fuir. C'est ainsi qu'on fixe habituellement les rencontres de parlementaires. Pour des parties non amicales, en son temps, lors des pourparlers avec l'Égypte, les négociations se menaient au 101e kilomètre, comme à un kilomètre mètreLe russe dit lui aussi « kilomètre mètre » : ce lapsus de l'oral est conservé tel quel. de la frontière. Et A'hav obéit au prophète Éliyahou, bien que, apparemment, ce ne soit pas simple et que cela exige une logistique bien rodée pour rassembler tout le peuple.

וַיִּשְׁלַח אַחְאָב בְּכָל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיִּקְבֹּץ אֶת־הַנְּבִיאִים אֶל־הַר הַכַּרְמֶל׃

 vayichlá'h a'h'áv bekhol-bené yisraél vayikbóts et-hannevi'ím el-har hakkarmél

20 Et A'hav envoya vers tous les fils d'Israël, et rassembla les prophètes sur le mont Carmel.


וַיִּגַּשׁ אֵלִיָּהוּ אֶל־כָּל־הָעָם וַיֹּאמֶר עַד־מָתַי אַתֶּם פֹּסְחִים עַל־שְׁתֵּי הַסְּעִפִּים אִם־יְהוָה הָאֱלֹהִים לְכוּ אַחֲרָיו וְאִם־הַבַּעַל לְכוּ אַחֲרָיו וְלֹא־עָנוּ הָעָם אֹתוֹ דָּבָר׃

vayiggách eliyáhou el-kol-ha'ám vayomer ad-matáy attém pose'hím al-cheté hasse'ippím im-adonáy ha'elohím lekhoú a'haráv ve'im-habba'al lekhoú a'haráv velo-anoú ha'ám otó davár

21 Et Éliyahou s'approcha de tout le peuple, et dit : « Si le SEIGNEUR est Dieu, alors allez après Lui, si c'est Ba'al – alors allez après lui ». À cela le peuple ne répondit rien.

Habituellement la phrase ad-matáy attém pose'hím al-cheté hasse'ippím se traduit par jusqu'à quand boitez-vous des deux genoux, ou jusqu'à quand sautez-vous de branche en branche, jusqu'à quand ne vous décidez-vous pas.

Il est impossible d'adorer à la fois Ba'al et le SEIGNEUR. Et le peuple se tait. Pourquoi le peuple se tait-il ? Peut-être parce que le peuple ne s'est effectivement pas décidé. Sûrement, même 600 ans après le don de la Torah, la foi en Dieu était vivante, sûrement il restait des gens qui croient au Dieu d'Israël. Mais ici ne se trouvent que les prophètes, pas seulement ÉliyahouLe russe dit littéralement « que les prophètes, pas seulement Éliyahou » ; le sens voulu est sans doute « pas seulement les prophètes ». Nous avons traduit littéralement., ici il y a aussi A'hav avec son armée, et il n'est pas si simple d'être le premier à se prononcer ouvertement avec des idées contre-révolutionnaires.

וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ אֶל־הָעָם אֲנִי נוֹתַרְתִּי נָבִיא לַיהוָה לְבַדִּי וּנְבִיאֵי הַבַּעַל אַרְבַּע־מֵאוֹת וַחֲמִשִּׁים אִישׁ׃

vayomer eliyahou el-ha'ám ani notárti naví ladonáy levaddí ounvi'é habbá'al arba-me'ót va'hamichím ich

22 Éliyahou dit au peuple : « Je suis resté le seul prophète du SEIGNEUR, et ici, contre moi, quatre cent cinquante prophètes de Ba'al.

 Lui, il sait bien qu'il y a encore 100 prophètes cachés (du moins, Ovadyahou le lui a dit), mais il ne faut pas griller ses planques. C'est pourquoi Éliyahou dit : « Je suis le seul prophète ».

Pour une raison ou une autre, les 400 autres prophètes, ceux d'Achéra, ne sont pas venus. Peut-être les garde-t-on en réserve et ne les a-t-on pas envoyés pour une telle affaire, mais Éliyahou dépeint le tableau d'une compétition inégale, 1 contre 450.


וְיִתְּנוּ־לָנוּ שְׁנַיִם פָּרִים וְיִבְחֲרוּ לָהֶם הַפָּר הָאֶחָד וִינַתְּחֻהוּ וְיָשִׂימוּ עַל־הָעֵצִים וְאֵשׁ לֹא יָשִׂימוּ וַאֲנִי אֶעֱשֶׂה אֶת־הַפָּר הָאֶחָד וְנָתַתִּי עַל־הָעֵצִים וְאֵשׁ לֹא אָשִׂים׃

veyittenou-lánou chenáyim parím veyiv'haroú lahém happár ha'e'hád vinatte'hoúhou veyassímou al-ha'etsím ve'éch lo yassímou va'aní e'essé et-happár ha'e'hád venatattí al-ha'etsím ve'éch lo assím

23 Qu'on nous donne deux taureaux, et qu'ils choisissent eux-mêmes pour eux un taureau, et qu'ils le placent sur le bois, mais qu'ils ne mettent pas le feu dessous. Moi aussi, je prendrai un jeune taureau, et je le placerai sur le bois, et je ne mettrai pas le feu dessous.


וּקְרָאתֶם בְּשֵׁם אֱלֹהֵיכֶם וַאֲנִי אֶקְרָא בְשֵׁם־יְהוָה וְהָיָה הָאֱלֹהִים אֲשֶׁר־יַעֲנֶה בָאֵשׁ הוּא הָאֱלֹהִים וַיַּעַן כָּל־הָעָם וַיֹּאמְרוּ טוֹב הַדָּבָר׃

oukratém bechém elohékhem va'aní ekrá vechem-adonáy vehayá ha'elohím acher-ya'ané va'éch hou ha'elohím vayá'an kol-ha'ám vayomeroú tov haddavár

24 Vous invoquerez le nom de votre dieu, et moi j'invoquerai le nom du SEIGNEUR, et ce sera ce Dieu-là qui répondra en faisant descendre le feu, c'est lui le vrai Dieu ». Et tout le peuple répondait, et répondit : « C'est une pensée juste ».

Ici, il est déjà logique de raisonner : celui qui a pu faire descendre le feu, celui-là est le vrai dieu. Ici, bien sûr, il est très intéressant de savoir si Éliyahou agit selon une instruction reçue du Très-Haut, c'est-à-dire si le Très-Haut lui a dit de faire précisément ainsi, ou bien si c'est sa décision sur place, une décision qu'il a prise dans une situation déterminée. Je suis enclin à penser la seconde chose : le prophète a le pouvoir de décider, et le Très-Haut, avec bienveillance, agit en coopération avec le prophète.


וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ לִנְבִיאֵי הַבַּעַל בַּחֲרוּ לָכֶם הַפָּר הָאֶחָד וַעֲשׂוּ רִאשֹׁנָה כִּי אַתֶּם הָרַבִּים וְקִרְאוּ בְּשֵׁם אֱלֹהֵיכֶם וְאֵשׁ לֹא תָשִׂימוּ׃

vayomer eliyáhou linvi'é habbá'al ba'haroú lakhém happár ha'e'hád va'asoú richoná ki attém harabbím vekir'oú bechém elohekhém ve'éch lo tassímou

25 Et Éliyahou dit aux prophètes de Ba'al : « Choisissez-vous un jeune taureau et faites, vous, les premiers, parce que vous êtes plus nombreux (Éliyahou leur cède avec bienveillance de commencer les premiers), et adressez-vous seulement au nom de votre dieu, ne mettez pas le feu dessous ».


וַיִּקְחוּ אֶת־הַפָּר אֲשֶׁר־נָתַן לָהֶם וַיַּעֲשׂוּ וַיִּקְרְאוּ בְשֵׁם־הַבַּעַל מֵהַבֹּקֶר וְעַד־הַצָּהֳרַיִם לֵאמֹר הַבַּעַל עֲנֵנוּ וְאֵין קוֹל וְאֵין עֹנֶה וַיְפַסְּחוּ עַל־הַמִּזְבֵּחַ אֲשֶׁר עָשָׂה׃

vayik'hoú et-happár acher-natán lahém vaya'asoú vayikre'oú vechem-habbá'al mehabbóker ve'ad-hattsahoráyim lemór habbá'al anénou ve'én kol ve'én oné vayfasse'hoú al-hammizbéa'h achér assá

26 Et ils prirent le jeune taureau qu'on leur avait donné, et firent tout comme il avait été dit, et invoquèrent le nom de Ba'al du matin jusqu'à midi, en disant : « Ba'al, réponds-nous ! » Pas de voix et pas de réponse. Et ils sautaient par-dessus l'autel, et sautaient sur l'autel, et faisaient diverses autres ruses pour éveiller la réponse de Ba'al.


וַיְהִי בַצָּהֳרַיִם וַיְהַתֵּל בָּהֶם אֵלִיָּהוּ וַיֹּאמֶר קִרְאוּ בְקוֹל־גָּדוֹל כִּי־אֱלֹהִים הוּא כִּי שִׂיחַ וְכִי־שִׂיג לוֹ וְכִי־דֶרֶךְ לוֹ אוּלַי יָשֵׁן הוּא וְיִקָץ׃

vayhí vattsahoráyim vayhattél bahém eliyáhou vayomer kir'oú vekol-gadól ki-elohím hou ki-sía'h vekhi-síg lo vekhi-dérekh lo ouláy yachén hou veyikáts

27 Et ce fut vers midi, et Éliyahou commença à se moquer d'eux, et il leur disait : « Plus fort, plus fort, criez ! Peut-être votre dieu est-il occupé à quelque chose, peut-être a-t-il une conversation, peut-être poursuit-il quelqu'un, peut-être s'est-il éloigné pour faire ses grands besoins, peut-être dort-il, et vous allez le réveiller ?! Criez plus fort ! »

Éliyahou se mit, disons-le même ainsi, à les encourager de manière sarcastique. Vous savez, comme parfois, aux matinées enfantines, on demande aux enfants d'appeler Snegourotchka : « Nous n'entendons pas, criez plus fort ! » Et les prophètes, comme s'ils avaient pris cela pour un encouragement, se mirent réellement à crier plus fort.


וַיִּקְרְאוּ בְּקוֹל גָּדוֹל וַיִּתְגֹּדְדוּ כְּמִשְׁפָּטָם בַּחֲרָבוֹת וּבָרְמָחִים עַד־שְׁפָךְ־דָּם עֲלֵיהֶם׃

vayikre'oú bekól gadól vayitgodedoú kemichpatám ba'haravót ouvarema'hím ad-chefokh-dám alehém

28 Et ils criaient à voix fortes, et se frappaient, comme c'est chez eux la coutume, avec des épées et des pointes de lances, jusqu'à ce que le sang sorte.

Ils avaient une telle coutume. Aujourd'hui encore, dans de nombreux cultes orientaux, il existe une telle coutume : en invoquant ses dieux, se frapper jusqu'au sang.


וַיְהִי כַּעֲבֹר הַצָּהֳרַיִם וַיִּתְנַבְּאוּ עַד לַעֲלוֹת הַמִּנְחָה וְאֵין־קוֹל וְאֵין־עֹנֶה וְאֵין קָשֶׁב׃

vayhí ka'avór hattsahoráyim vayitnabbe'oú ad la'alót hammin'há ve'en-kól ve'en-oné ve'én káchev

29 Et il advint, quand midi était déjà passé, et c'était l'heure d'avant le soir, et pas de voix, et pas de réponse (pas un bruit, pas un souffle).

        
וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ לְכָל־הָעָם גְּשׁוּ אֵלַי וַיִּגְּשׁוּ כָל־הָעָם אֵלָיו וַיְרַפֵּא אֶת־מִזְבַּח יְהוָה הֶהָרוּס׃

vayomer eliyáhou lekhol-ha'ám gechoú eláy vayiggechoú khol-ha'ám eláv vayrappé et-mizbá'h adonáy heharoús

30 Et alors Éliyahou dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi ». Et tout le peuple s'approcha de lui, et Éliyahou se mit à réparer l'autel démoli du SEIGNEUR.

En ces temps-là, on construisait des autels sur les hauteurs. Apparemment, pendant les persécutions, l'autel avait été détruit, et Éliyahou le répare.


וַיִּקַּח אֵלִיָּהוּ שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה אֲבָנִים כְּמִסְפַּר שִׁבְטֵי בְנֵי־יַעֲקֹב אֲשֶׁר הָיָה דְבַר־יְהוָה אֵלָיו לֵאמֹר יִשְׂרָאֵל יִהְיֶה שְׁמֶךָ׃

vayikka'h eliyahou chetém esré avaním kemispár chivté vene-ya'akóv achér hayá devar-adonáy eláv lemór yisraél yihyé chemékha

31 Et Éliyahou prit douze pierres selon le nombre des tribus des fils de Yaakov, quand le SEIGNEUR lui avait dit : « Israël sera ton nom ».

Éliyahou fait un certain symbole de l'unité d'Israël.


וַיִּבְנֶה אֶת־הָאֲבָנִים מִזְבֵּחַ בְּשֵׁם יְהוָה וַיַּעַשׂ תְּעָלָה כְּבֵית סָאתַיִם זֶרַע סָבִיב לַמִּזְבֵּחַ׃

vayivné et-ha'avaním mizbéa'h bechém adonáy vayá'as te'alá kevét satáyim zéra savív lammizbéa'h

32 Et il disposa ces pierres sur l'autel au nom du SEIGNEUR, et autour de cet autel il creusa un fossé, capable de contenir deux séa de blé.

C'est-à-dire que si l'on transformait ce fossé en champ, on aurait pu semer dans ce fossé à peu près un bocal de dix litres de grains de blé, un travail pas simple. Malheureusement, je ne m'y connais pas assez en agriculture pour comprendre ce que cela signifie, quelle surface c'est.


וַיַּעֲרֹךְ אֶת־הָעֵצִים וַיְנַתַּח אֶת־הַפָּר וַיָּשֶׂם עַל־הָעֵצִים׃

vaya'arókh et-ha'etsím vaynattá'h et-happár vayassém al-ha'etsím

33 Et il disposa le bois, et plaça sur lui le taureau, sur ce bois.


וַיֹּאמֶר מִלְאוּ אַרְבָּעָה כַדִּים מַיִם וְיִצְקוּ עַל־הָעֹלָה וְעַל־הָעֵצִים וַיֹּאמֶר שְׁנוּ וַיִּשְׁנוּ וַיֹּאמֶר שַׁלֵּשׁוּ וַיְשַׁלֵּשׁוּ׃

vayomer mil'oúLa translittération russe écrit ce mot avec un h, alors que le texte hébreu a ici un alef. La ligne française suit l'hébreu. arba'á khaddím máyim veyitsekoú al-ha'olá ve'al-ha'etsím vayomer chenoú vayichnoú vayomer challéchou vaychalléchou

34 Et il dit : « Remplissez quatre grandes cruches d'eau et versez-les sur l'holocauste, et sur le bois ». Et il dit : « Répétez », et ils répétèrent. Et il dit : « Faites-le une troisième fois », et ils le firent.

Ici, les grandes cruches – ce sont des cruches de trente litres. C'est-à-dire qu'Éliyahou n'a pas simplement dressé l'autel sans feu, pour que personne ne l'accuse de quelque escroquerie, de quelques machinations secrètes et combines juives. Il a dit : « Arrosez tout d'eau ». Désormais, même tout simplement, on ne peut plus y mettre le feu.

         וַיֵּלְכוּ הַמַּיִם סָבִיב לַמִּזְבֵּחַ וְגַם אֶת־הַתְּעָלָה מִלֵּא־מָיִם׃

vayelekhou hammayim savív lammizbea'h vegam et-hatte'ala mille-mayim

35 Et l'eau se répand autour de l'autel, et ce fossé même qu'il avait creusé se remplit lui aussi d'eau.


וַיְהִי בַּעֲלוֹת הַמִּנְחָה וַיִּגַּשׁ אֵלִיָּהוּ הַנָּבִיא וַיֹּאמַר יְהוָה אֱלֹהֵי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיִשְׂרָאֵל הַיּוֹם יִוָּדַע כִּי־אַתָּה אֱלֹהִים בְּיִשְׂרָאֵל וַאֲנִי עַבְדֶּךָ וּבְדִבְרֵיךָ (וּבִדְבָרְךָ) עָשִׂיתִי אֵת כָּל־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה׃

vayhí ba'alót hammin'há vayiggách eliyáhou hannaví vayomár adonáy elohé avrahám yits'hák veyisraél hayom yivvadá ki-attá elohím beyisraélLa translittération russe écrit ici une seconde fois « veyisraél » (« et Israël »), là où l'hébreu a « beyisraél » (« en Israël »). La ligne française suit l'hébreu, comme la traduction du verset. va'aní avdékha ouvidvarekhá assíti et kol-haddevarím ha'élle

36 Et il advint, quand vint le temps du sacrifice, Éliyahou s'approcha et dit (nous lisons la prière d'Éliyahou) : « Dieu d'Avraham, de Yits'hak et d'Israël ! Aujourd'hui on saura que Tu es Dieu en Israël et que moi, Ton serviteur, j'ai fait tout cela.

        
עֲנֵנִי יְהוָה עֲנֵנִי וְיֵדְעוּ הָעָם הַזֶּה כִּי־אַתָּה יְהוָה הָאֱלֹהִים וְאַתָּה הֲסִבֹּתָ אֶת־לִבָּם אֲחֹרַנִּית׃

anéni adonáy anéni veyede'oú ha'ám hazzé ki-attá adonáy ha'elohím ve'attá hassibbóta et-libbám a'horannít

37 Réponds-moi, SEIGNEUR, réponds-moi, et ce peuple saura que Tu es le SEIGNEUR Dieu, et que Tu as tourné leurs cœurs en arrière ».

Au sujet de ces dernières paroles de la prière d'Éliyahou, il y a des discussions sur la manière de les traduire. Dans la plupart des traductions en russe, il est écrit ainsi : « Et Tu tourneras leurs cœurs vers Toi ». Mais ici, il est plus juste de traduire ainsi : « Et Tu as tourné leurs cœurs en arrière », comme aussi à propos de Pharaon : « Tu as alourdi leurs cœurs. À cause de tous ces événements – à cause de la famine, à cause du fait que le culte de Ba'al était imposé si cruellement –, Tu as alourdi leurs cœurs, et c'est précisément pour cela qu'il leur était difficile de revenir. Qu'ils sachent que c'était une épreuve venant de Toi ».

וַתִּפֹּל אֵשׁ־יְהוָה וַתֹּאכַל אֶת־הָעֹלָה וְאֶת־הָעֵצִים וְאֶת־הָאֲבָנִים וְאֶת־הֶעָפָר וְאֶת־הַמַּיִם אֲשֶׁר־בַּתְּעָלָה לִחֵכָה׃

vattippól ech-adonáy vattókhal et-ha'olá ve'et-ha'etsím ve'et-ha'avaním ve'et-he'afár ve'et-hammáyim acher-batte'alá li'hékha

38 Et le feu du SEIGNEUR descendit, et ce feu mangea l'holocauste, et le bois, et les pierres, et la terre, et l'eau qui était dans le fossé, ce feu la lécha (tout brûla, même l'eau).


וַיַּרְא כָּל־הָעָם וַיִּפְּלוּ עַל־פְּנֵיהֶם וַיֹּאמְרוּ יְהוָה הוּא הָאֱלֹהִים יְהוָה הוּא הָאֱלֹהִים׃

vayár kol-ha'ám vayippeloú al-penehém vayomeroú adonáy hou ha'elohím adonáy hou ha'elohím

39 Et tout le peuple vit, et ils tombèrent sur leurs faces, et ils dirent : « Le SEIGNEUR, Il est Dieu, le SEIGNEUR, Il est Dieu ».

C'est par ces paroles que, de nos jours, se termine la prière de Yom Kippour, ce sont des paroles de repentance. C'est ici aussi que se termine la haftara de la section hebdomadaire, qui est lue à la synagogue. Et nous, nous continuerons plus loin.

Remarquez-le, A'hav entend cela et il se tait. Plus personne n'a peur de personne.


וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ לָהֶם תִּפְשׂוּ אֶת־נְבִיאֵי הַבַּעַל אִישׁ אַל־יִמָּלֵט מֵהֶם וַיִּתְפְּשׂוּם וַיּוֹרִדֵם אֵלִיָּהוּ אֶל־נַחַל קִישׁוֹן וַיִּשְׁחָטֵם שָׁם׃

40 Et Éliyahou leur dit : « Attrapez maintenant les prophètes de Ba'al, pour qu'aucun d'eux ne puisse s'échapper ». Et ils les attrapèrent, et Éliyahou les fit descendre à la source du Kichon et là il les tua.

Apparemment, ils s'enfuyaient, parce qu'il a fallu les attraper. 450 prophètes de Ba'al furent tués. De nouveau, A'hav est présent à tout cela, sous ses yeux est anéantie toute la machine de propagande de son royaume. Il suffit, pour parler en langage moderne, d'un coup de semonce tiré en l'air, et personne ne se précipitera nulle part. A'hav se tait, à l'intérieur d'A'hav, à ce moment, quelque chose se passe. A'hav, après cela, parle encore avec sa femme de tous ces événements, et sa femme, nous savons qui c'est.


וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ לְאַחְאָב עֲלֵה אֱכֹל וּשְׁתֵה כִּי־קוֹל הֲמוֹן הַגָּשֶׁם׃

41 Et Éliyahou dit à A'hav : « Va maintenant, mange et bois, car bientôt il y aura de la pluie ».

Maintenant Éliyahou s'adresse à A'hav et lui propose, sur le fond de tous ces événements, d'organiser une fête. Non pas simplement s'asseoir pour grignoter, mais précisément organiser une festivité, parce que bientôt il y aura de la pluie, et cela est plus important, doit être plus important que 450 prophètes de Ba'al tués. Dieu est (entre autres) responsable aussi de la pluie, parce que la pluie est la source de la vie, parce qu'ici se révèle qui est le vrai Dieu et le fait qu'Il fait preuve de miséricorde envers Israël. Cela vaut une fête. Et, apparemment, dans le cœur d'A'hav se produit à ce moment la téchouva (repentir), même pour un court moment, comme nous l'apprendrons ensuite, mais elle se produit.

        
וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ לְאַחְאָב עֲלֵה אֱכֹל וּשְׁתֵה כִּי־קוֹל הֲמוֹן הַגָּשֶׁם׃

42 Et A'hav monta pour manger et boire, et Éliyahou monta au sommet du mont Carmel, et se pencha vers la terre, et laissa tomber sa tête sur ses genoux.

Éliyahou attend, Éliyahou a vécu, sans doute, une journée très lourde, pas simple. Il a laissé tomber sa tête sur ses genoux et il attend.

        
וַיֹּאמֶר אֶל־נַעֲרוֹ עֲלֵה־נָא הַבֵּט דֶּרֶךְ־יָם וַיַּעַל וַיַּבֵּט וַיֹּאמֶר אֵין מְאוּמָה וַיֹּאמֶר שֻׁב שֶׁבַע פְּעָמִים׃

43 Et il dit à son serviteur : « Va, regarde vers la mer ». Et il alla, et regarda, et dit : « Il n'y a rien ». Et ainsi il l'envoya sept fois.

Au bout d'un certain temps, chaque fois, Éliyahou demandait : « Alors, regarde, n'y a-t-il pas quelque chose là-bas ? » Et il répondait : « Non, il n'y a rien ».


וַיְהִי בַּשְּׁבִעִית וַיֹּאמֶר הִנֵּה־עָב קְטַנָּה כְּכַף־אִישׁ עֹלָה מִיָּם וַיֹּאמֶר עֲלֵה אֱמֹר אֶל־אַחְאָב אֱסֹר וָרֵד וְלֹא יַעַצָרְכָה הַגָּשֶׁם׃

44 Et il advint, la septième fois, et il dit : « Voici un petit nuage, de la taille d'une paume d'homme, qui monte de la mer ». Et il dit : « Va et dis à A'hav : attelle et descends (allez, attelle et rentre chez toi), pour que la pluie ne te surprenne pas en chemin ».

Les routes, à cette époque, ne sont pas goudronnées, si elles se détrempent et que le char d'A'hav s'enlise dans la boue, alors… ce sera désagréable pour A'hav.


וַיְהִי עַד־כֹּה וְעַד־כֹּה וְהַשָּׁמַיִם הִתְקַדְּרוּ עָבִים וְרוּחַ וַיְהִי גֶּשֶׁם גָּדוֹל וַיִּרְכַּב אַחְאָב וַיֵּלֶךְ יִזְרְעֶאלָה׃

45 Et voici que peu à peu les cieux se couvrirent de nuages et le vent souffla, et une forte pluie, et A'hav monta et partit au galop vers Yizréël.

C'est-à-dire qu'A'hav partit pour la capitale d'hiver, la ville de Yizréël. Peut-être est-ce une allusion au fait que l'affaire se passe en hiver, c'est la fin de l'hiver, et A'hav vit dans le palais d'hiver. Ou peut-être est-ce un miracle particulier, et tout s'est passé en été, mais Yizréël est bien plus proche du mont Carmel (de l'actuelle Haïfa) que Chomron, jusqu'où le trajet est plus long.


וְיַד־יְהוָה הָיְתָה אֶל־אֵלִיָּהוּ וַיְשַׁנֵּס מָתְנָיו וַיָּרָץ לִפְנֵי אַחְאָב עַד־בֹּאֲכָה יִזְרְעֶאלָה׃

46 Et la main du SEIGNEUR était sur Éliyahou, et il serra sa ceinture, et se prépara, et il courut devant A'hav jusqu'au moment où celui-ci arriva à Yizréël. Pourquoi Éliyahou court-il devant A'hav, et en même temps nous lisons que la main du SEIGNEUR est sur lui ? Car Éliyahou n'est pas un homme jeune, et même pour un homme jeune, courir devant un cheval au galop est une tâche difficile. Quand le roi A'hav a fait téchouva, quand le roi se trouve dans un état de droiture, alors courir devant son char, cela signifie lui rendre honneur. Au roi A'hav est rendu un tel honneur que le prophète Éliyahou lui-même court devant son char. C'est un acte étonnamment courageux, héroïque, qu'accomplit Éliyahou. Ici nous est donnée une rare occasion de voir que même A'hav peut changer quand le Très-Haut touche son cœur, simplement ce changement est de courte durée. Mais même dans cet état de téchouva de courte durée, Éliyahou témoigne du respect à A'hav. Chapitre étonnant, histoire étonnante…

Autres contenus : sections hebdomadaires de la Torah, qu'est-ce que l'onction, Chéla'h – prière et confiance.

Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    Sommaire de cette section

    1. 1Ki Tissa : l'inscription au registre 30,11–38
    2. 2Le temps pour le Chabbat, une heure pour le travail 31,1–17
    3. 3Ki Tissa : des actes inattendus 31,18–32,35
    4. 4Ki Tissa : la force de la parole 33,1–16
    5. 5Ki Tissa : gloire à Dieu ! 33,17–34,9
    6. 6Le pain et la lumière 34,10–35
    7. 7La Torah en 5 minutes
    8. 8L'avocat du prochain
    9. 9Haftara. 1 Mélakhim 18,1–39

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