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תְּצַוֶּה
Tétsavé
les vêtements du kohen et le service
- Section hebdomadaire
- 20 sur 54
- Versets
- Chémot 27,20–30,10
- Parties
- 9
- Temps de lecture
- 2 h 10 min
- Vues
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Tétsavé (Tetsavé) — la section hebdomadaire sur le service dans le Michkan. Alex Blend examine la lumière, les vêtements du kohen, la consécration des prêtres et le quotidien sacré. Le sténogramme comprend le texte de la Torah en hébreu, la translittération, la traduction et les commentaires de l'auteur sur la sainteté et le sens des habits.
Tétsavé : Un scaphandre pour la sainteté
Chémot 27,20–28,12
Avec l'aide de Dieu, nous commençons aujourd'hui, vous et moi, à lire la section hebdomadaire Tétsavé. Nous avons déjà pris connaissance des instructions détaillées que le Très-Haut, par l'intermédiaire de Moché, a données aux fils d'Israël concernant l'aménagement du Michkan. Ici, nous allons lire comment, dans ce Michkan, dans cette Tente d'assignation, se déroulera le service. Commençons donc à lire à partir du verset 20 du chapitre 27.
וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ כָּתִית לַמָּאוֹר לְהַעֲלֹת נֵר תָּמִיד׃
ve'attá tetsavvé et-bené yisraél veyik'hoú elékha chémen záyit zakh katít lammaór leha'alót ner tamíd
20 Et toi, ordonne aux fils d'Israël, et ils te prendront de l'huile d'olive pure, battue, pour l'éclairage, pour faire monter la bougie éternelle.
Le SEIGNEUR s'adresse ici à Moché, et les fils d'Israël devront lui prendre, c'est-à-dire rassembler, mettre à sa disposition, sous sa responsabilité, de l'huile d'olive. Que signifie une huile d'olive pure et battue ? Pure ne signifie pas qu'elle est contrefaite, qu'on ajoutait à l'huile d'origine de l'huile de sésame, répandue à cette époque, ou de l'huile de tournesol, inexistante à cette époque. Pure signifie que l'huile ne devait pas contenir de pulpe de l'olive elle-même, c'est-à-dire que seules les quelques premières gouttes après la pression sur l'olive étaient recueillies dans un récipient à part. De telles olives étaient appelées battues, parce qu'on les frappait pour en faire sortir l'huile. Elle était exempte de tout mélange. Ensuite, on la passait, déjà pour un deuxième pressage, sous les meules. Le pressage pouvait être à chaud ou à froid, plusieurs pressages différents, plusieurs sortes d'huile de qualités différentes étaient extraites des mêmes olives. L'huile de la plus haute qualité s'appelle en anglais extra virgin, et en hébreu – katít (battue) me'oulé (excellente), c'est-à-dire huile battue parfaite, huile de la meilleure qualité. Voilà le genre d'huile qu'il fallait rassembler pour Moché.
Ensuite – un ordre étonnant : faire monter la bougie éternelle, c'est-à-dire allumer la ménorah. Le Très-Haut, Source de toute lumière, nous demande, nous ordonne d'avoir un luminaire dans la Tente d'assignation – comme un parent qui demande l'aide de l'enfant afin d'enseigner quelque chose à l'enfant lui-même, au petit lui-même. C'est une grande grâce qu'il nous soit donné la possibilité de créer une source de lumière, dans une certaine mesure à égalité avec le Très-Haut. Le Très-Haut nous accorde une telle grâce en ordonnant d'allumer le luminaire.
בְּאֹהֶל מוֹעֵד מִחוּץ לַפָּרֹכֶת אֲשֶׁר עַל־הָעֵדֻת יַעֲרֹךְ אֹתוֹ אַהֲרֹן וּבָנָיו מֵעֶרֶב עַד־בֹּקֶר לִפְנֵי יְהוָה חֻקַּת עוֹלָם לְדֹרֹתָם מֵאֵת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
be'óhel mo'éd mi'hoúts lapparókhet achér al-ha'edoút ya'arókh otó aharón ouvanáv me'érev ad-bóker lifné adonáy 'houkkát olám ledorotám me'ét bené yisraél
21 Dans la Tente d'assignation, derrière le voile qui est sur l'arche du témoignage, Aharon et ses fils l'installeront, du soir au matin devant le SEIGNEUR, loi éternelle pour toutes leurs générations, au nom des fils d'Israël.
C'est-à-dire que c'est le premier ordre que reçoivent les serviteurs dans la Tente d'assignation : il doit y avoir de la lumière en elle, tout commence par le luminaire.
Ici se termine le chapitre 27, et à partir du verset 1 du chapitre 28, le Très-Haut continue de donner des ordres à Moché.
וְאַתָּה הַקְרֵב אֵלֶיךָ אֶת־אַהֲרֹן אָחִיךָ וְאֶת־בָּנָיו אִתּוֹ מִתּוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לְכַהֲנוֹ־לִי אַהֲרֹן נָדָב וַאֲבִיהוּא אֶלְעָזָר וְאִיתָמָר בְּנֵי אַהֲרֹן׃
ve'attá hakrév elékha et-aharón a'híkha ve'et-banáv ittó mittókh bené yisraél lekhahano-líLa ligne de translittération russe omet ici le h. L'hébreu le porte, comme au verset 3, et la translittération française suit l'hébreu. aharón nadáv va'avihoú el'azár ve'itamár bené aharón
1 Et toi (Moché), approche de toi Aharon, ton frère, et ses fils avec lui, d'entre tous les fils d'Israël, pour le sacerdoce pour Moi : Aharon, Nadav et Avihou, Élazar et Itamar, les fils d'Aharon.
La racine du mot hakrév (approche) est la même (kouf-reich-vav) que celle du mot kórban (sacrifice), c'est-à-dire offre-le en sacrifice : l'un et l'autre signifient approcher ; dans ce cas précis – faire d'Aharon une sorte de « rapprocheur » ou d'« approchateur ». Aharon, en tant que kohen, sera placé pour relier le peuple d'Israël et le Très-Haut, une sorte de pont entre le ciel et la terre. Telle est la fonction des kohanim – se tenir, d'une part, pour le peuple devant le Très-Haut, d'autre part, représenter le Très-Haut devant le peuple. Une telle double mission d'envoyé, il en est question très abondamment et en détail dans l'Épître aux Hébreux, précisément de cette mission d'envoyé.
Le Très-Haut choisit Aharon. Nous savons qu'Aharon représente déjà depuis longtemps le peuple d'Israël devant le Très-Haut et le Très-Haut devant les fils d'Israël. Il est cet « homme éloquent » qui transmet les paroles et les ordres de Moché au peuple d'Israël. Dans les midrachim, dans la tradition, il est dépeint comme un homme qui aime Israël, qui réconcilie les familles, qui prend soin de tous. Si Moché, dans les midrachim (et d'ailleurs dans la Torah aussi, c'est ainsi qu'il se dessine), est davantage enclin à la solitude, Aharon, lui, se trouve constamment au milieu du peuple.
Ainsi, Aharon et ses fils sont choisis pour le service du Très-Haut. Le nom Aharon, nous l'avons dit, est lié au mot ohel (celui qui demeure dans la tente ou celui qui est assis dans les tentes), et dans une langue plus proche de l'hébreu il sonnerait ahalyon, mais comme Aharon est né en Égypte, dans les dialectes sud-sémitiques cela peut effectivement sonner comme aharon ou homme des tentes. Le nom Nadav signifie bon de cœur, celui qui donne, qui offre de tout son cœur, celui que son cœur pousse à offrir. Le nom Avihou signifie Il est mon Père (allusion, naturellement, au Très-Haut), le Très-Haut miséricordieux, bon, attentionné est mon Père. Le nom du troisième fils, Élazar, ce qui signifie Dieu a aidé, et le nom du quatrième fils, Itamar. Si l'on demande à un Israélien d'aujourd'hui, il entendra dans ce nom le mot tamár (datte), mais en réalité ce nom n'a aucun rapport avec la datte. Itamar, c'est la même chose que, dans la langue araméenne, le mot (connu, sans doute, de beaucoup) memrá –énoncé, discours, parole, logos, sentence, sentence dotée d'une certaine force. Et ce sont les fils d'Aharon, ceux que le Très-Haut a établis pour être les prémices du sacerdoce d'Aharon en Israël.
וְעָשִׂיתָ בִגְדֵי־קֹדֶשׁ לְאַהֲרֹן אָחִיךָ לְכָבוֹד וּלְתִפְאָרֶת׃
ve'assíta vigde-kódech le'aharón a'híkha lekhavód oultif'áret
2 Et tu feras des vêtements saints pour Aharon, ton frère, pour la gloire et pour la grandeur.
C'est-à-dire que, pour qu'Aharon soit digne et pour qu'il manifeste la gloire du Très-Haut devant le peuple d'Israël, on crée des vêtements spéciaux. Ce sont les vêtements qu'Aharon porte précisément pendant son service ; en temps ordinaire, il doit aller en habits civils. Ce vêtement s'appelle bigdéy kódech (vêtements de sainteté), une sorte d'aqualung ou de scaphandre, une tenue de travail permettant d'agir dans un monde d'une autre constitution.
וְאַתָּה תְּדַבֵּר אֶל־כָּל־חַכְמֵי־לֵב אֲשֶׁר מִלֵּאתִיו רוּחַ חָכְמָה וְעָשׂוּ אֶת־בִּגְדֵי אַהֲרֹן לְקַדְּשׁוֹ לְכַהֲנוֹ־לִי׃
ve'attá tedabbér el-kol-'hakhme-lév achér milletív roúa'h 'hokhmá ve'asoú et-bigdé aharón lekaddechó lekhahano-lí
3 Et toi (Moché), parle à tous les sages de cœur (talentueux), que J'ai remplis, chacun, de sagesse, et ils feront les vêtements pour Aharon, pour le consacrer à Mon service.
Ici, le Très-Haut parle de gens dont les talents sont connus, des gens habiles dans tel ou tel travail, et le Très-Haut dit que si un homme a un talent, c'est Lui qui le lui a donné, c'est Lui qui l'a rempli de l'esprit de cette sagesse.
Au verset 4 sont énumérés les vêtements qu'il faut confectionner pour Aharon.
וְאֵלֶּה הַבְּגָדִים אֲשֶׁר יַעֲשׂוּ חֹשֶׁן וְאֵפוֹד וּמְעִיל וּכְתֹנֶת תַּשְׁבֵּץ מִצְנֶפֶת וְאַבְנֵט וְעָשׂוּ בִגְדֵי־קֹדֶשׁ לְאַהֲרֹן אָחִיךָ וּלְבָנָיו לְכַהֲנוֹ־לִי׃
ve'élle habbegadím achér ya'asoú 'hóchen ve'efód oume'íl oukhtónet tachbéts mitsnéfet ve'avnét ve'asoú vigde-kódech le'aharón a'híkha oulvanáv lekhahano-lí
4 Et voici les vêtements qu'ils feront : le 'hochen, l'éfod, et le méïl, le khtonet tachbets, la mitsnéfet et l'avnet. Et ils feront des vêtements saints pour Aharon, ton frère, et pour ses fils, afin qu'il soit prêtre pour Moi.
Arrêtons-nous ici et examinons cela plus en détail. Donc, 'hóchen – c'est le pectoral.
Efód – c'est un type particulier de vêtement, qui ressemble, d'une part, à un gilet (gilet pare-balles), d'autre part, à un corset. C'est une sorte de large ceinture couvrant tout le torse, avec des bretelles d'épaules et des pièces d'assemblage. En hébreu moderne, efód maguén – c'est un gilet pare-balles, gilet de protection, ce qui est tout à fait juste.
Me'íl – c'est le manteau, c'est ainsi qu'on traduit habituellement ce mot aujourd'hui, de la racine me'ál (par-dessus), la partie supérieure du vêtement. C'est-à-dire que le me'íl est un vêtement de dessus, long comme une tunique, qui s'enfile par la tête.
Oukhtónet tachbéts – c'est aussi une tunique, ou un chiton, ou une chemise, mais c'est un vêtement de dessous, comme une robe que l'on porte partout ou comme la galabíya arabe moderne, qui s'enfile aussi par la tête, sans manches, et elle est très simple. Dans ce cas, cette chemise est en réseau, pleine d'alvéoles, faite de façon qu'on puisse l'orner de quelque chose.
Mitsnéfet – c'est une sorte d'ornement pour la tête, on l'interprète souvent comme un turban, ou un chèche, ou un bandana, un bandeau pour la tête.
Avnét – c'est un ceinturon ou une ceinture.
וְהֵם יִקְחוּ אֶת־הַזָּהָב וְאֶת־הַתְּכֵלֶת וְאֶת־הָאַרְגָּמָן וְאֶת־תּוֹלַעַת הַשָּׁנִי וְאֶת־הַשֵּׁשׁ׃
vehém yik'hoú et-hazzaháv ve'et-hattekhélet ve'et-ha'argamán ve'et-tola'át hachaní ve'et-hachéch
5 Ils prendront l'or, et les fils bleus, et la pourpre, et les fils écarlates, et les fils de lin.
Dans ce cas, ils, ce sont ces gens habiles et talentueux à qui le Très-Haut ordonne de confier ce travail.
וְעָשׂוּ אֶת־הָאֵפֹד זָהָב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן תּוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר מַעֲשֵׂה חֹשֵׁב׃
ve'asoú et-ha'efód zaháv tekhélet ve'argamán tolá'at chaní vechéch mochzár ma'assé 'hochév
6 Et ils feront l'éfod d'or, de fil bleu, et de pourpre, et de fil écarlate, et de fil de lin, entrelacés, ouvrage de tisserand (travail habile).
שְׁתֵּי כְתֵפֹת חֹבְרֹת יִהְיֶה־לּוֹ אֶל־שְׁנֵי קְצוֹתָיו וְחֻבָּר׃
cheté khetefót 'hoverót yihye-ló el-chené ketsotáv ve'houbbár
7 Deux épaulières (bretelles) attachées seront à lui, à ses deux extrémités, et elles seront jointes.
Cela ressemble à la façon dont se ferment les salopettes de chantier, quand, derrière, les bretelles remontent et s'attachent devant, seulement ici elles sont fixées et relient la partie avant et la partie arrière de l'éfod.
וְחֵשֶׁב אֲפֻדָּתוֹ אֲשֶׁר עָלָיו כְּמַעֲשֵׂהוּ מִמֶּנּוּ יִהְיֶה; זָהָב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר׃
ve'héchev afouddató achér aláv kema'asséhou mimménnou yihyé zahav tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch mochzár
8 Et la partie-ceinture de l'éfod, qui est sur lui, sera faite exactement de la même façon (de la même manière, du même travail), d'or, de fil bleu, et de pourpre, et de fil écarlate, et de fil de lin entrelacés.
וְלָקַחְתָּ אֶת־שְׁתֵּי אַבְנֵי־שֹׁהַם וּפִתַּחְתָּ עֲלֵיהֶם שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
velaka'htá et-cheté avne-chóham oufitta'htá alehém chemót bené yisraél
9 Et tu as pris deux pierres d'onyx (d'opale), et tu as gravé sur elles, les noms des fils d'Israël.
שִׁשָּׁה מִשְּׁמֹתָם עַל הָאֶבֶן הָאֶחָת וְאֶת־שְׁמוֹת הַשִּׁשָּׁה הַנּוֹתָרִים עַל־הָאֶבֶן הַשֵּׁנִית כְּתוֹלְדֹתָם׃
chichá michemotám al ha'éven ha'e'hát ve'et-chemót hachichá hannotarím al-ha'éven hachenít ketoledotám
10 Six des noms – sur une pierre, et les noms des six autres – sur la deuxième pierre, selon leur naissance fais-les.
מַעֲשֵׂה חָרַשׁ אֶבֶן פִּתּוּחֵי חֹתָם תְּפַתַּח אֶת־שְׁתֵּי הָאֲבָנִים עַל־שְׁמֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֻסַבֹּת מִשְׁבְּצוֹת זָהָב תַּעֲשֶׂה אֹתָם׃
ma'assé 'harách éven pittou'hé 'hotám tefattá'h et-cheté ha'avaním al-chemót bené yisraél moussabbót michbetsót zahav ta'assé otám
11 Par le métier du graveur sur pierre, comme un sceau gravé, fais-les, les deux pierres avec les noms des fils d'Israël, serties d'or fais-les.
Les deux pierres avec les noms des fils d'Israël, garnies d'or, bordées d'or, comme des épaulettes, sont insérées dans des logements spéciaux sur les épaulières de l'éfod (du gilet) que porte le kohen gadol.
וְשַׂמְתָּ אֶת־שְׁתֵּי הָאֲבָנִים עַל כִּתְפֹת הָאֵפֹד אַבְנֵי זִכָּרֹן לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְנָשָׂא אַהֲרֹן אֶת־שְׁמוֹתָם לִפְנֵי יְהוָה עַל־שְׁתֵּי כְתֵפָיו לְזִכָּרֹן׃
vesamtá et-cheté ha'avaním al kitfót ha'efód avné zikkarón livné yisraél venassá aharón et-chemotám lifné adonáy al-cheté khetefáv lezikkarón
12 Et tu poseras ces deux pierres sur les épaules de l'éfod, pierres de souvenir pour les fils d'Israël. Et Aharon portera ces noms devant le SEIGNEUR, sur ses deux épaules, pour leur souvenir.
C'est-à-dire que, lorsque le kohen gadol entrait pour se tenir devant le Très-Haut, il portait sur lui les noms de tout le peuple d'Israël. Nous lirons encore la bénédiction d'Aharon (Bémidbar 6,22–27), que le Très-Haut termine par l'ordre : « Et vous mettrez Mon Nom sur les fils d'Israël, et Je les bénirai ». Le Très-Haut donne à Israël la possibilité de porter Son Nom, et cela se fait par les kohanim. Mais les noms des fils d'Israël se présentent eux aussi devant le Très-Haut par les kohanim, par le kohen gadol. Il est, d'une part, le porteur du nom du Très-Haut et, d'autre part, il se tient devant le Très-Haut pour tout Israël.
Porter les noms des fils d'Israël est nécessaire, bien sûr, non pas pour que le Très-Haut se souvienne d'eux, s'il venait soudain à oublier. Le Très-Haut n'oublie rien. C'est nécessaire pour le souvenir, pour la signification, pour qu'Aharon lui-même s'en souvienne, pour que cela soit manifesté. La vérité doit non seulement exister, mais aussi être ouverte, manifeste, c'est ainsi que cela se passe dans le service.
Des mystères enveloppés de lumière
Chémot 28,13–30
Avec l'aide de Dieu, nous continuons à étudier la section hebdomadaire Tétsavé et nous allons lire à partir du verset 13 du chapitre 28 du livre de Chémot. Il est important de rappeler que, dans notre section hebdomadaire, le Très-Haut, par l'intermédiaire de Moché, donne des instructions à des spécialistes pointus – des artisans particulièrement talentueux et compétents, qu'Il a remplis de l'Esprit de la connaissance de ce métier, d'habileté, de la capacité d'exécuter des travaux particulièrement fins et complexes. C'est-à-dire que le Très-Haut parle à des spécialistes de profil étroit. Nous lisons à partir du verset 13 :
וְעָשִׂיתָ מִשְׁבְּצֹת זָהָב׃
ve'assíta michbetsót zaháv
13 Et tu feras des cadres (alvéoles, cases) d'or.
En hébreu moderne, le mot michbétset signifie case. Par exemple, chemise à carreaux – 'houltsa michoubbétset. Les mots croisés, qui ont l'air d'être composés de cases, s'appellent tachbéts. Placer quelqu'un quelque part, le mettre dans certains cadres, se dit lichabéts – trouver la case qui convient. Et ainsi, le mot michbétset signifie case, cadre, encadrement. Par conséquent, au pluriel, michbetsót – alvéoles, cases, cadres. Nous comprenons d'après le texte qu'il s'agit d'alvéoles dans lesquelles seront ensuite insérées des pierres précieuses et semi-précieuses, ce que nous lirons plus loin.
וּשְׁתֵּי שַׁרְשְׁרֹת זָהָב טָהוֹר מִגְבָּלֹת תַּעֲשֶׂה אֹתָם מַעֲשֵׂה עֲבֹת וְנָתַתָּה אֶת־שַׁרְשְׁרֹת הָעֲבֹתֹת עַל־הַמִּשְׁבְּצֹת׃
ouchté charcherót zaháv tahór migbalót ta'assé otám ma'assé avót venatattá et-charcherót ha'avotót al-hammichbetsót
14 Et deux chaînes d'or pur, aux bords fais-les, fabriquées par tressage. Et tu joindras ces chaînes tressées aux encadrements.
C'est-à-dire que les chaînes ne sont pas fabriquées à partir de maillons, comme il y a des chaînettes qui sont fabriquées à partir de maillons – de petits anneaux reliés les uns aux autres. Ici, c'est une autre variante de chaîne : une chaîne tressée, qui ressemble au tressage de plusieurs fils, plus chère, d'un travail plus habile, une chaîne de joaillerie.
וְעָשִׂיתָ חֹשֶׁן מִשְׁפָּט מַעֲשֵׂה חֹשֵׁב כְּמַעֲשֵׂה אֵפֹד תַּעֲשֶׂנּוּ זָהָב תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר תַּעֲשֶׂה אֹתוֹ׃
ve'assíta 'hóchen michpát ma'assé 'hochév kema'assé efód ta'assénnou zaháv tekhélet ve'argamán vétola'at chaní vechéch mochzár ta'assé otó
15 Et tu feras le pectoral du jugement, ouvrage de tisserand, fais-le comme le gilet : or, fil bleu, fil pourpre, fil écarlate et fil de lin, tordus ensemble, fais-le.
Beaucoup de commentateurs essaient de comprendre ce que signifie pectoral du jugement ? Certains disent : « Comme tous les vêtements du kohen gadol, chaque vêtement est destiné à expier un certain péché, un certain problème ». Pour que le peuple d'Israël se présente dans la pureté devant le Très-Haut, les vêtements couvrent certains péchés, nous en avons parlé. Le mot levoúch (vêtement), on peut le comprendre comme une abréviation de lo voúch – qui n'a pas honte. Le vêtement couvre la honte. Et dans ce cas, le pectoral du jugement couvre les erreurs judiciaires dans le peuple d'Israël. C'est l'une des manières de comprendre.
Selon une autre manière de comprendre (à la lumière de ce que nous lirons plus loin sur les ourím vetoummím), ce pectoral est lui-même un instrument de jugement, un certain instrument particulier qui permet au kohen de rendre un jugement juste.
רָבוּעַ יִהְיֶה כָּפוּל זֶרֶת אָרְכּוֹ וְזֶרֶת רָחְבּוֹ׃
ravoúa yihyé kafoúl zéret orkó vezéret ro'hbó
16 Quand il est plié en deux, il sera carré : 25 centimètres – la largeur et 25 centimètres – la longueur.
C'est-à-dire qu'au départ le pectoral est rectangulaire, mais, quand on le plie en deux (il doit être plié en deux), il devient carré. Le mot zéret signifie une moitié de coudée (c'est-à-dire 25 centimètres).
וּמִלֵּאתָ בוֹ מִלֻּאַת אֶבֶן אַרְבָּעָה טוּרִים אָבֶן טוּר אֹדֶם פִּטְדָה וּבָרֶקֶת הַטּוּר הָאֶחָד׃
oumilletá vo milloú'at éven arba'á tourím áven tour ódem pitdá ouvarékket hattoúr ha'e'hád
17 Et remplis-le, d'un remplissage de pierres en quatre rangées de pierres. Et la première rangée : trois pierres (sortes) – c'est la cornaline, l'émeraude et la topaze.
C'est-à-dire que les encadrements doivent être remplis de pierres précieuses et semi-précieuses. Quand je parle des noms des pierres, il faut comprendre que la Torah, comme je l'ai déjà dit, parlait à des spécialistes pointus, à des gens qui s'y connaissaient en pierres (dans ce cas), qui comprenaient les noms des pierres et pouvaient distinguer l'opale de la cornaline ou le grenat du rubis. Tout le monde n'en est pas capable, loin de là. Et, comme pendant longtemps dans le peuple d'Israël, parmi les maîtres de la Torah, parmi ceux qui étudient la Torah, il ne se trouvait pas de spécialistes des pierres, il n'y avait pas ces gens habiles dont nous avons parlé au début, la tradition de l'identification de ces pierres s'est malheureusement trouvée presque perdue. Et c'est pourquoi, dans différentes traductions, vous pouvez rencontrer différents noms de pierres. Différentes personnes disent des choses différentes sur ce que sont ces pierres qui entrent dans le pectoral. Je donne l'une des nombreuses reconstructions. Peut-être n'est-elle pas la plus exacte, mais elle est fondée sur la linguistique, sur l'étude des langues sémitiques et persanes dans les régions où la joaillerie prospérait. Donc, la première rangée, c'est la cornaline, l'émeraude et la topaze.
וְהַטּוּר הַשֵּׁנִי נֹפֶךְ סַפִּיר וְיָהֲלֹם׃
vehattoúr hachení nófekh sappír veyahalóm
18 Et la deuxième rangée, c'est le grenat rouge, le saphir et le diamant.
הַטּוּר הַשְּׁלִישִׁי לֶשֶׁם שְׁבוֹ וְאַחְלָמָה׃
vehattoúr hachelichí léchem chevó ve'a'hláma
19 Encore trois pierres : zircon, agate, améthyste.
וְהַטּוּר הָרְבִיעִי תַּרְשִׁישׁ וְשֹׁהַם וְיָשְׁפֵה מְשֻׁבָּצִים זָהָב יִהְיוּ בְּמִלּוּאֹתָם׃
vehattoúr harevi'í tarchích vechóham veyachefé mechoubbatsím zaháv yihyoú bemillou'otám
20 Et la quatrième rangée : aigue-marine, onyx et jaspe. Et leur sertissage doit être ainsi, que les quatre rangées de trois pierres chacune, toutes soient serties dans des alvéoles séparées, chacune.
וְהָאֲבָנִים תִּהְיֶיןָ עַל־שְׁמֹת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה עַל־שְׁמֹתָם פִּתּוּחֵי חוֹתָם אִישׁ עַל־שְׁמוֹ תִּהְיֶיןָ לִשְׁנֵי עָשָׂר שָׁבֶט׃
veha'avaním tihyéna al-chemót bene-yisraél chetém esré al-chemotám pittou'hé 'hotám ich al-chemó tihyéna lichné assár chávet
21 Et les pierres seront selon les noms des fils d'Israël, douze, et ces noms doivent être gravés sur elles, comme des sceaux, chacun avec son nom sera pour les douze tribus.
C'est-à-dire que sur chacune des douze pierres il faut graver le nom de l'une des tribus. Et, le plus probablement, il fallait le faire dans l'ordre de naissance des fils de Yaakov, comme nous l'avons lu la fois précédente. Ici se pose une question très intéressante : comment pouvait-on graver quelque chose sur un diamant ? Le diamant est très dur. Nous savons par la joaillerie que le diamant ne se laisse pas travailler sans technologies spéciales. Il est impossible de le rayer, et encore moins d'y percer quoi que ce soit. Certains commentateurs disent qu'il existait une telle technologie : à l'aide de poussière de diamant et par d'autres moyens, on faisait une gravure sur le diamant. D'autres disent qu'il existait un ver particulier qui aidait à le faire. Beaucoup de versions différentes, et la question de la technologie reste ouverte.
וְעָשִׂיתָ עַל־הַחֹשֶׁן שַׁרְשֹׁת גַּבְלֻת מַעֲשֵׂה עֲבֹת זָהָב טָהוֹר׃
ve'assíta al-ha'hóchen charchót gavloút ma'assé avót zaháv tahór
22 Et tu feras sur le pectoral, à ses bords, des chaînes tressées d'or pur.
C'est une instruction que nous avons déjà reçue auparavant, et à partir du verset 23, la Torah commence à expliquer comment fixer au 'hóchen (pectoral) ces chaînes. On peut se représenter que le Très-Haut donne d'abord un titre, « Fais », puis explique en plusieurs versets comment il faut le faire.
וְעָשִׂיתָ עַל־הַחֹשֶׁן שְׁתֵּי טַבְּעוֹת זָהָב וְנָתַתָּ אֶת־שְׁתֵּי הַטַּבָּעוֹת עַל־שְׁנֵי קְצוֹת הַחֹשֶׁן׃
ve'assíta al-ha'hóchen cheté tabbe'ót zaháv venatattá et-cheté hattabba'ót al-chené ketsót ha'hóchen
23 Et tu feras sur lui deux anneaux d'or, et tu placeras ces deux anneaux aux deux bords (aux deux coins extrêmes du pectoral).
וְנָתַתָּה אֶת־שְׁתֵּי עֲבֹתֹת הַזָּהָב עַל־שְׁתֵּי הַטַּבָּעֹת אֶל־קְצוֹת הַחֹשֶׁן׃
venatattá et-cheté avotót hazzaháv al-cheté hattabba'ót el-ketsót ha'hóchen
24 Deux tresses d'or (deux tressages d'or, deux chaînes tressées), insère ces chaînes tressées dans les deux anneaux qui sont au bord du pectoral.
וְאֵת שְׁתֵּי קְצוֹת שְׁתֵּי הָעֲבֹתֹת תִּתֵּן עַל־שְׁתֵּי הַמִּשְׁבְּצוֹת וְנָתַתָּה עַל־כִּתְפוֹת הָאֵפֹד אֶל־מוּל פָּנָיו׃
ve'ét cheté ketsót cheté ha'avotót tittén al-cheté hammichbetsót venatattá al-kitfót ha'efód el-moúl panáv
25 Et les deux autres bouts de ces deux chaînes, insère-les dans l'encadrement et insère-les dans l'épaulière de l'éfod, en haut.
C'est-à-dire en haut, dans la partie supérieure du pectoral, deux anneaux aux bords, par lesquels passe la chaîne tressée, et elle est fixée aux épaulières, aux bretelles de l'éfod (du gilet).
וְעָשִׂיתָ שְׁתֵּי טַבְּעוֹת זָהָב וְשַׂמְתָּ אֹתָם עַל־שְׁנֵי קְצוֹת הַחֹשֶׁן עַל־שְׂפָתוֹ אֲשֶׁר אֶל־עֵבֶר הָאֵפֹד בָּיְתָה׃
ve'assíta cheté tabbe'ót zaháv vesamtá otám al-chené ketsót ha'hóchen al-sefató achér el-éver ha'efód báyta
26 Et tu prendras (feras) deux anneaux d'or, et tu les poseras (disposeras) aux deux bords du pectoral, de son côté inférieur, et ils sont tournés, du côté intérieur, vers l'éfod.
וְעָשִׂיתָ שְׁתֵּי טַבְּעוֹת זָהָב וְנָתַתָּה אֹתָם עַל־שְׁתֵּי כִתְפוֹת הָאֵפוֹד מִלְּמַטָּה מִמּוּל פָּנָיו לְעֻמַּת מֶחְבַּרְתּוֹ מִמַּעַל לְחֵשֶׁב הָאֵפוֹד׃
ve'assíta cheté tabbe'ót zaháv venatattá otám al-cheté khitfót ha'efód millemátta mimmoúl panáv le'oummát ma'hbartó mimmá'al le'héchev ha'efód
27 Et tu feras encore deux anneaux d'or, et tu les placeras sur les deux attaches de l'éfod en bas, en face. Calcule de sorte qu'ils soient l'un en face de l'autre, en face de l'éfod tissé.
וְיִרְכְּסוּ אֶת־הַחֹשֶׁן מִטַּבְּעֹתוֹ (מִטַּבְּעֹתָיו) אֶל־טַבְּעֹת הָאֵפֹד בִּפְתִיל תְּכֵלֶת לִהְיוֹת עַל־חֵשֶׁב הָאֵפוֹד וְלֹא־יִזַּח הַחֹשֶׁן מֵעַל הָאֵפוֹד׃
veyirkesoú et-ha'hóchen mittabbe'otáv el-tabbe'ót ha'efód biftíl tekhélet lihyot al-'héchev ha'efód velo-yizzá'h ha'hóchen me'ál ha'efód
28 Et attache les anneaux du pectoral aux anneaux du gilet avec un fil bleu, pour qu'il soit attaché au tissu du gilet, pour que le pectoral ne se déplace pas de l'éfod (ne bouge pas sur l'éfod, sur le ventre du prêtre, ne glisse nulle part, pour qu'il soit fixé de façon très sûre).
וְנָשָׂא אַהֲרֹן אֶת־שְׁמוֹת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל בְּחֹשֶׁן הַמִּשְׁפָּט עַל־לִבּוֹ בְּבֹאוֹ אֶל־הַקֹּדֶשׁ לְזִכָּרֹן לִפְנֵי־יְהוָה תָּמִיד׃
venassá aharón et-chemót bene-yisraél be'hóchen hammichpát al-libbó bevo'ó el-hakkódech lezikkarón lifne-adonáy tamíd
29 Et Aharon portera les noms des fils d'Israël sur le pectoral du jugement et sur son cœur lors de son entrée dans le Sanctuaire, pour se souvenir d'eux devant le SEIGNEUR toujours.
Sur son cœur – ce n'est déjà plus une image physique. C'est-à-dire non seulement sur le pectoral, de façon démonstrative et déclarative, mais aussi sur le cœur d'Aharon doivent être les noms des fils d'Israël. Aharon doit toujours se rappeler qu'il se tient devant le SEIGNEUR non pas en tant qu'Aharon, non pas en tant que prêtre, mais en tant que tout Israël, en tant que fils d'Israël, en tant qu'Israël tout entier.
וְנָתַתָּ אֶל־חֹשֶׁן הַמִּשְׁפָּט אֶת־הָאוּרִים וְאֶת־הַתֻּמִּים וְהָיוּ עַל־לֵב אַהֲרֹן בְּבֹאוֹ לִפְנֵי יְהוָה וְנָשָׂא אַהֲרֹן אֶת־מִשְׁפַּט בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל עַל־לִבּוֹ לִפְנֵי יְהוָה תָּמִיד׃
venatattá el-'hóchen hammichpát et-haourím ve'et-hattoummím vehayoú al-lév aharón bevoó lifné adonáy venassá aharón et-michpát bene-yisraél al-libbó lifné adonáy tamíd
30 Et tu feras sur le pectoral du jugement les Ourim et Toummim. Et ils seront sur le cœur d'Aharon quand il entre devant le SEIGNEUR, et Aharon porte le jugement des fils d'Israël (les affaires judiciaires, l'organisation juste de la société) sur son cœur devant le SEIGNEUR toujours.
Ourím et toummím – un instrument très mystérieux. Presque toujours, quand il m'arrive de répondre à des questions, on demande ce que c'est ? Certains disent que c'est un rouleau de parchemin que l'on insère à l'intérieur du pectoral et qui, pour ainsi dire, comme allume le pectoral, en fait une sorte de « moniteur » sur lequel s'allument les lettres des noms des tribus, ou les mots « oui » ou « non ». En somme, le pectoral fonctionne comme un moniteur.
Il y a beaucoup de versions différentes sur la façon dont cela fonctionne et dont il répond aux questions. C'est un oracle juif casher, un moyen casher de communication avec le Très-Haut, la réception de réponses du Très-Haut aux questions. Un tel instrument, bien sûr, a attiré l'attention dans toutes les générations, car on a très envie de recevoir du Très-Haut des « télégrammes » précis et tout à fait déterminés. C'est pourquoi il y a eu des sages, des maîtres de la kabbale, qui composaient des tableaux, faisaient des imitations des ourím et toummím en l'absence du Temple, faisaient quelque chose qui les rappelait ou leur ressemblait. Différents systèmes de divination naissaient, et les ourím et toummím se sont couverts de légendes.
La traduction classique de la notion ourím et toummím est la suivante : our – du mot or (lumière), toum – du mot tom (parfait, entier). Mais si nous nous tournons vers les langues sémitiques anciennes, alors our, c'est la malédiction, tom, c'est la bénédiction, tamim, c'est entier, juste, et aroúr , c'est maudit. C'est-à-dire qu'on peut dire que les ourím et toummím répondaient par une bénédiction ou par une malédiction : « Cette action qui est la tienne, sur laquelle tu interroges, sera bénie, mais cette action-ci qui est la tienne, sur laquelle tu interroges, sera maudite ». Et, de cette façon, on pouvait recevoir une réponse très sérieuse du Très-Haut. Peut-être que cela fonctionnait ainsi.
Tout ce dont nous parlons ici, tout ce que je dis, et tout ce que disent les autres maîtres, – ce ne sont que des suppositions. Nous n'avons pas de tradition précise, claire, sur la façon dont cela fonctionnait. Et quand nous lisons les midrachim, le Talmud ou d'autres sources dans lesquelles on examine les ourím et toummím, nous lisons : certains disent ainsi, d'autres disent autrement, et moi, je pense ainsi. C'est ainsi que parlent habituellement les gens, et moi aussi, je ne fais qu'exposer ma pensée.
Peut-être que cette action était semblable à l'arc-en-ciel. L'arc-en-ciel est un phénomène physique qui consiste en la réfraction de la lumière dans les gouttes de pluie ou de brouillard. La lumière se réfracte, il se produit un phénomène semblable à un prisme, et la lumière se décompose en spectre, et nous voyons que la lumière devient sept couleurs différentes. Exactement de la même façon, d'autres ondes qui se trouvent dans le monde peuvent se décomposer en différentes composantes. Et une certaine énergie divine, une force divine, peut-on dire, se décompose en douze. C'est pourquoi il y a douze fils d'Israël, douze tribus, douze apôtres, douze mois. Et nous voyons sur le 'hóchen du jugement douze composantes – une sorte d'arc-en-ciel de l'Esprit Saint, peut-on dire ainsi, un arc-en-ciel de la force divine. C'est pourquoi il y a douze pierres, c'est pourquoi il y a cinquante lettres sur les douze pierres, et cela aussi, on peut le prendre en compte. C'est une sorte de décomposition en spectre, qui peut faire apparaître ce qui, à un moment donné, nous sert de réponse à la question. Et de même que l'arc-en-ciel est le symbole de l'alliance, le souvenir du lien avec le Très-Haut, Sa promesse de ne pas détruire le monde, de même ici, une sorte d'arc-en-ciel. Un semblant d'arc-en-ciel est placé dans l'alliance, et le kohen le porte. Et ici, il y a une révélation de la force divine dans des images compréhensibles pour l'homme. Peut-être est-ce un moniteur, peut-être sont-ce des sortes d'images, nous ne le savons pas. Peut-être ces pierres s'assemblaient-elles et fonctionnaient-elles comme un bon écran à cristaux liquides. Tout est possible. C'est un phénomène mystérieux.
Le respect de l'uniforme
Chémot 28,31–43
Nous continuons de lire l'instruction détaillée que le Très-Haut donne aux artisans talentueux, aux spécialistes pointus, concernant la confection des vêtements pour Aharon et ses fils. Pour l'instant, il est vrai, il n'est question que d'Aharon.
וְעָשִׂיתָ אֶת־מְעִיל הָאֵפוֹד כְּלִיל תְּכֵלֶת׃
ve'assíta et-me'íl ha'efód kelíl tekhélet
31 Et tu as fait le vêtement de dessus sous l'éfod, d'un tissu purement bleu (tekhélet).
Nous avons déjà dit du mot me'íl qu'il a la même racine que le mot me'ál (par-dessus), c'est-à-dire que c'est une sorte de vêtement de dessus. J'ai essayé de trouver des traductions russes adéquates. Habituellement, on désigne ce vêtement comme riza, un mot pas très compréhensible pour la plupart des lecteurs d'aujourd'hui. Considérons le me'íl simplement comme un manteau, comme un vêtement de dessus.
וְהָיָה פִי־רֹאשׁוֹ בְּתוֹכוֹ שָׂפָה יִהְיֶה לְפִיו סָבִיב מַעֲשֵׂה אֹרֵג כְּפִי תַחְרָא יִהְיֶה־לּוֹ לֹא יִקָּרֵעַ׃
veháya fi-rochó betokhó safá yihyé lefív savív ma'assé orég kefí ta'hrá yihye-ló lo yikkaréya
32 Et il y avait une ouverture pour la tête au milieu, avec des bords repliés sur tout le pourtour de l'encolure, et ourlés, et ce sera un renfort pour elle (pour l'ouverture), afin qu'elle ne se déchire pas.
Ainsi, le me'íl s'enfile par la tête. Et il est question ici de ce que doit être l'ouverture pour la tête. Tout le col qui se trouve sur le manteau du prêtre, sur le vêtement de dessus du prêtre, est fait de telle sorte que le tissu est replié vers l'intérieur et traité par-dessus au surjet (pour le dire en langage moderne), afin que le col soit solide et ne se déchire pas, parce qu'il est interdit au kohen que ses vêtements se déchirent. Bien entendu, ceux qui ont lu la Brit 'hadachá peuvent me demander : mais comment le grand prêtre a-t-il déchiré ses vêtements (Matityahou 26,65) ? Il n'a pas déchiré ces vêtements-là, car à l'époque de l'administration romaine, ces vêtements n'étaient remis que pour les jours de service. Et les jours ordinaires, le prêtre était en habit civil, quel qu'il fût alors, il n'était ni en tenue de service ni en uniforme.
וְעָשִׂיתָ עַל־שׁוּלָיו רִמֹּנֵי תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי עַל־שׁוּלָיו סָבִיב וּפַעֲמֹנֵי זָהָב בְּתוֹכָם סָבִיב׃
ve'assíta al-chouláv rimmoné tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní al-chouláv savív oufa'amoné zaháv betokhám savív
33 Et tu feras sur la bordure de ce vêtement de dessus (sur son bord inférieur) des grenades (on peut dire des boules en forme de grenades) d'un mélange de bleu, de pourpre et d'écarlate, et entre elles (entre les grenades), tu coudras encore des clochettes, sur toute la bordure.
La couleur rouge, sur un pli, sous un certain éclairage, se reflète, se réfracte comme du bleu. Beaucoup de peintres médiévaux l'ont remarqué. Et dans l'art de l'Antiquité, on ajoutait souvent du bleu au rouge pour en souligner la rougeur. C'est pourquoi ici, c'est en apparence un fruit du grenadier, mais sa couleur n'est pas tout à fait rouge, elle est vraiment ainsi, avec des taches, avec des nuances, on y ajoute la couleur bleue.
Qu'est-ce que la grenade ? Dans beaucoup de royaumes orientaux, la grenade (puisque le fruit a pour ainsi dire une couronne, porte pour ainsi dire une couronne) était le symbole du pouvoir royal. La grenade ressemble à la tête d'un roi couronné, c'est pourquoi beaucoup d'accessoires royaux, chez les peuples au milieu desquels vivait Israël, étaient ornés de grenades.
À ce propos, il est intéressant que la grenade soit ici fixée sur la bordure du vêtement, et l'on peut y voir une allusion au fait que le sacerdoce s'élève au-dessus de la royauté. Le prêtre porte pour ainsi dire les couronnes de tous les rois de la terre sur la bordure de son vêtement au moment où il entre dans le Kódech Kodachím et se présente devant le Très-Haut. Cela l'élève à un niveau bien plus haut que tous les rois, et c'est un contexte commun à tout le Proche-Orient. Mais, en plus de cela, il est important que la grenade soit un fruit étonnant, qui est devenu à bien des égards le symbole du peuple d'Israël. La grenade est pleine de grains, de même que les Juifs pleins de mitsvót (commandements) sont pleins de vertu. C'est pourquoi la grenade ne cogne pas, comme une cruche bien remplie ne cogne pas, ne tinte pas quand on essaie de la secouer pour la faire résonner.
D'un autre côté, une piécette dans une cruche vide tinte. En langue araméenne, il y a ce proverbe : « Istará satír belóga kich-kich karíya : un astarius dans une grande cruche crie kich-kich, c'est-à-dire tinte » Cela veut dire que l'homme qui sait peu, qui a deux ou trois pensées dans la tête, est très bruyant. Et le peuple d'Israël, selon l'interprétation des sages, se compose de deux parties : des justes, qui sont pleins comme la grenade, et de ceux qu'on entend le plus, mais qui n'ont pas tant de commandements. Et c'est pourquoi, sur la bordure du prêtre, ils sont mêlés : une partie, ceux qui font du bruit – les clochettes, une partie, ceux qui sont pleins – ce sont les grenades.
פַּעֲמֹן זָהָב וְרִמּוֹן פַּעֲמֹן זָהָב וְרִמּוֹן עַל־שׁוּלֵי הַמְּעִיל סָבִיב׃
pa'amón zaháv verimmón pa'amón zaháv verimmón al-choulé hamme'íl savív
34 Une clochette d'or et une grenade, une clochette d'or et une grenade, qu'elles soient sur toute la bordure du me'íl.
וְהָיָה עַל־אַהֲרֹן לְשָׁרֵת וְנִשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבֹאוֹ אֶל־הַקֹּדֶשׁ לִפְנֵי יְהוָה וּבְצֵאתוֹ וְלֹא יָמוּת׃
vehayá al-aharón lecharét venichmá koló bevo'ó el-hakkódech lifné adonáy ouvtsetó veló yamoút
35 Et il (le me'íl) sera sur Aharon pour servir, et sa voix sera entendue quand il (Aharon) entrera dans le Saint devant la face du SEIGNEUR et quand il sortira, et il ne mourra pas.
Si nous faisons un tel ornement de grenades et de clochettes, si Aharon entre dans le Saint non comme représentant des seuls justes et non comme représentant des seuls méchants, si les deux parties du peuple – et les justes, et ceux qui pour l'instant ne sont pas encore vraiment un juste – comprennent qu'il leur faut une représentation devant le Très-Haut, alors seulement, seulement en représentant tout le peuple, Aharon ne mourra pas. C'est pourquoi sur l'ourlet de son me'íl, sur l'ourlet de son vêtement de dessus, se trouvent déjà, il a déjà pris, il a déjà porté aussi les simples Israélites, qui ne se distinguent pas par leur justice.
Ici, c'est sans doute le meilleur endroit pour parler d'une légende très connue. De la légende selon laquelle, au moment où le grand prêtre entrait dans le Saint des Saints, on lui attachait une chaîne d'or, afin que, s'il mourait là-bas, on puisse l'en tirer. Pour une raison ou une autre, cette légende est souvent liée aux clochettes sur l'ourlet de son me'íl : si les clochettes cessaient de tinter, cela voulait dire qu'il lui était arrivé quelque chose. Il y a un détail important qui indique pourquoi c'est une légende. Il était interdit au grand prêtre d'avoir sur lui quoi que ce soit de métallique quand il entrait dans le Saint des Saints. C'est une interdiction directe de la Torah. Le prêtre ne revêt pas le me'íl (ce vêtement même dont nous parlons) quand il entre dans le Saint des Saints. Il n'y entre que dans les quatre vêtements inférieurs, c'est pourquoi on ne peut lui attacher aucune corde, aucune chaîne d'or. De plus, si l'on suppose que le prêtre est mort dans le Saint des Saints, alors il n'y a plus de sainteté là-bas. Le corps mort est impur, le lieu est profané, et il n'y a aucun problème pour y entrer. D'ailleurs, pour des réparations, pour quelques autres travaux, il n'y avait aucun problème pour entrer dans le Saint des Saints : si un homme est, par exemple, peintre, il y a eu des cas où l'on pouvait y entrer. Entrer dans le Saint des Saints était dangereux précisément pour le service, pour un travail qui n'était pas le sien. Bien entendu, si, à Dieu ne plaise, le prêtre était mort dans le Saint des Saints, on pouvait y entrer, et aucune chaîne n'était nécessaire. La légende de la chaîne apparaît dans un recueil qui s'appelle Tikkouneï Zohar (Corrections du Zohar). Il remonte au XIIIe-XIVe siècle de notre ère, et l'on peut dire hardiment que c'est tout de même une légende, parce que dans les sources anciennes il n'y a rien de tel. C'est un peu une digression par rapport à notre sujet, mais j'aimerais le dire.
Au verset 36, nous lisons au sujet d'un autre objet qui doit être sur Aharon :
וְעָשִׂיתָ צִּיץ זָהָב טָהוֹר וּפִתַּחְתָּ עָלָיו פִּתּוּחֵי חֹתָם קֹדֶשׁ לַיהוָה׃
ve'assíta tsits zaháv tahór oufitta'htá aláv pittou'hé 'hotám kódech ladonáy
36 Et tu feras une plaque d'or pur, et sur elle tu feras une inscription, comme on fait les sceaux (c'est-à-dire tu découperas, tu graveras) : « Sainteté au SEIGNEUR » ;
Le mot tsits peut se traduire par crête, quelque chose qui pointe vers le haut. Parfois on traduit ce mot par planchette. Mais on ne comprend pas comment il peut y avoir une planchette d'or pur. J'ai traduit le mot tsits par plaque.
וְשַׂמְתָּ אֹתוֹ עַל־פְּתִיל תְּכֵלֶת וְהָיָה עַל־הַמִּצְנָפֶת אֶל־מוּל פְּנֵי־הַמִּצְנֶפֶת יִהְיֶה׃
vesamtá otó al-petíl tekhélet vehayá al-hammitsnáfet el-moúl pene-hammitsnéfet yihyéLa translittération russe écrit le dernier mot avec un g et une voyelle en trop. La translittération française suit l'hébreu : yihyé.
37 Tu la mettras (la plaque) sur un fil bleu, et elle sera sur la coiffure, devant (sur le visage).
Dans l'original, historiquement, on faisait dans cette plaque trois trous, on y passait le fil bleu, et ainsi la plaque était fixée à la coiffure, il (le fil) se nouait sur la nuque.
Nous ne savons pas très bien comment est faite la coiffure, que nous avons déjà appelée turban ou une sorte de bandeau pour la tête (28,4). Il y a beaucoup de dessins différents et beaucoup de reconstitutions différentes, mais il n'y a pas d'indications concrètes, plus sérieuses, plus fines.
Ainsi, le kohen a sur le front une petite plaque d'or avec l'inscription « Sainteté au SEIGNEUR ». À quoi cela sert, nous le lisons au verset 38.
וְהָיָה עַל־מֵצַח אַהֲרֹן וְנָשָׂא אַהֲרֹן אֶת־עֲוֹן הַקֳּדָשִׁים אֲשֶׁר יַקְדִּישׁוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לְכָל־מַתְּנֹת קָדְשֵׁיהֶם וְהָיָה עַל־מִצְחוֹ תָּמִיד לְרָצוֹן לָהֶם לִפְנֵי יְהוָה׃
vehayá al-métsa'h aharón venassá aharón et-avón hakkodachím achér yakdíchou bené yisraél lekhol-mattenót kodchehém vehayá al-mits'hó tamíd leratsón lahém lifné adonáy
38 Et elle sera sur le front d'Aharon, et Aharon portera le péché des sacrifices saints qu'ont consacrés les fils d'Israël, de tous les dons saints ; et cela sera constamment sur son front, afin que cela dispose le Très-Haut en votre faveur (afin que le pardon agisse).
Chose étonnante. Aharon, quand il porte sur lui la plaque d'or avec l'inscription « Sainteté au SEIGNEUR », devient tous les sacrifices pour le péché, tous les sacrifices à la fois, les consécrations pour le péché qu'a apportés le peuple d'Israël. Il représente un immense sacrifice du peuple d'Israël, réuni dans le temps et dans l'espace. Bien entendu, ce n'est pas une notion littérale.
Quand il est dit que « la plaque sera sur lui constamment », on entend précisément pendant le service. Il ne va pas au marché avec elle. Chaque fois qu'Aharon se tient devant le Très-Haut, c'est comme si tous les sacrifices d'Israël se tenaient devant Lui.
וְשִׁבַּצְתָּ הַכְּתֹנֶת שֵׁשׁ וְעָשִׂיתָ מִצְנֶפֶת שֵׁשׁ וְאַבְנֵט תַּעֲשֶׂה מַעֲשֵׂה רֹקֵם׃
vechibbatstá hakketónet chech ve'assíta mitsnéfet chech ve'avnét ta'assé ma'assé rokém
39 Et tu tisseras de fin lin une chemise, et tu feras un turban de fin lin, et tu feras une ceinture, et tout cela tu le feras par l'ouvrage du brodeur.
Concernant ces trois objets, il n'y a pas d'indications concrètes sur la façon de les faire.
Sur ce verset se termine la description des vêtements d'Aharon. Vous et moi, nous avons lu très longtemps ce dont Aharon se revêt. La Torah consacre, comme nous le voyons, bien plus de place à la description des vêtements d'Aharon qu'à la création du monde même, comme s'il était plus difficile de vêtir Aharon que de créer le monde. Mais le monde, c'est le Très-Haut Lui-même qui le créait, tandis qu'Aharon doit être vêtu par des artisans habiles du peuple d'Israël. En quoi consiste la particularité, pourquoi faut-il des vêtements si précis, décrits avec tant de détails ? Nous savons que le monde s'est brisé avec la chute d'Adam, une rupture s'est produite entre le céleste et le terrestre. Quand nous lisons au sujet d'Aharon, nous savons ce que nous construisons en lui. Nous parlons d'un homme qui, comme dans un scaphandre ou dans un aqualung, entrera dans le Saint des Saints, sera capable de monter au ciel. Et ici, en outre, nous lisons qu'il portera encore sur lui les péchés, portera sur lui les sacrifices de tout le peuple. Et pour que cela fonctionne, pour que l'homme qui s'en occupera survive, il lui faut une tenue de travail finement pensée, et c'est de cela, à proprement parler, que parle le Très-Haut.
Ensuite, nous allons lire de quoi se vêtent les simples prêtres, les fils d'Aharon.
וְלִבְנֵי אַהֲרֹן תַּעֲשֶׂה כֻתֳּנֹת וְעָשִׂיתָ לָהֶם אַבְנֵטִים וּמִגְבָּעוֹת תַּעֲשֶׂה לָהֶם לְכָבוֹד וּלְתִפְאָרֶת׃
velivné aharón ta'assé khouttonót ve'assíta lahém avnetím oumigba'ót ta'assé lahém lekhavód oultif'áret
40 Et pour les fils d'Aharon, fais des chemises, et tu leur feras des ceintures, et de hautes coiffures fais-leur, pour la grandeur et la gloire.
Les simples prêtres ont d'autres coiffures – migba'ót (le mot giv'á signifie colline), de hautes coiffures, des sortes de hauts-de-forme. Les simples prêtres ont un vêtement plus simple, mais lui aussi est pour la grandeur et la gloire. Tout homme glorifie le Très-Haut. Et le prêtre, en tant qu'homme appelé malgré tout, même comme simple prêtre, à servir au Temple, doit sans aucun doute être vêtu de dignité et de luxe.
וְהִלְבַּשְׁתָּ אֹתָם אֶת־אַהֲרֹן אָחִיךָ וְאֶת־בָּנָיו אִתּוֹ וּמָשַׁחְתָּ אֹתָם וּמִלֵּאתָ אֶת־יָדָם וְקִדַּשְׁתָּ אֹתָם וְכִהֲנוּ לִי׃
vehilbachtá otám et-aharón a'híkha ve'et-banáv ittó oumacha'htá otám oumilletá et-yadám vekiddachtá otám vekhihanoú li
41 Et revêts-en Aharon, ton frère, et ses fils avec lui, et oins-les, remplis leurs mains d'huile (verse-leur bien de l'huile), et consacre-les, afin qu'ils exercent le sacerdoce pour Moi (et ils exerceront le sacerdoce pour Moi).
Toute nomination à un service commence par l'onction : et la royale, et la sacerdotale. Les rois qui sont des descendants de rois n'ont pas besoin d'onction – ils sont déjà oints. L'une des explications de la raison pour laquelle le Machia'h était appelé l'oint est la suivante : étant l'héritier du roi David, destiné au trône, il est déjà né avec cette onction. Mais le kohen, au tout début du service de kohen, il faut l'oindre.
La Torah a parlé de trois pièces du vêtement des fils d'Aharon : de la chemise, de la ceinture et de la coiffure, mais elle en a peu parlé, c'est pourquoi nous ne leur donnons pas de descriptions détaillées. Plus loin, quand nous aborderons la confection même des vêtements, j'essaierai de citer les descriptions qui existent dans des sources plus tardives. On peut difficilement les qualifier de fiables, mais ce sont des suppositions intéressantes, nous en parlerons sans faute. Parlons maintenant aussi du quatrième objet.
וַעֲשֵׂה לָהֶם מִכְנְסֵי־בָד לְכַסּוֹת בְּשַׂר עֶרְוָה מִמָּתְנַיִם וְעַד־יְרֵכַיִם יִהְיוּ׃
va'assé lahém mikhnese-vád lekhassót bessár ervá mimmotnáyim ve'ad-yerekháyim yihyoú
42 Et fais-leur des pantalons de tissu, pour couvrir la chair honteuse, de la taille jusqu'aux cuisses ils seront.
Il faut faire pour les prêtres un élément de sous-vêtement qui ressemble à un short, un slip de bain ou un caleçon, pour couvrir leur nudité. Il est important de remarquer ici que, pour le vêtement masculin du Proche-Orient, la couverture de la nudité, c'est-à-dire le sous-vêtement, n'est pas une chose qui va de soi, c'est un vêtement très coûteux. Car il faut constamment le changer, le laver et prendre soin d'une manière particulière de l'hygiène et de la propreté. Et puis, de l'avis de la plupart, qui donc regarde là-dessous ? C'est pourquoi la nécessité de faire un tel vêtement pour les prêtres montre qu'ils se trouvent sous une attention particulière, scrutatrice, qu'ils sont examinés par le Très-Haut de tous côtés. Et voici l'objection naturelle, qui surgit souvent non seulement à propos des prêtres, mais aussi à propos de la vie quotidienne : est-ce que le Très-Haut ne voit pas ce qu'il y a chez nous sous le linge ? Se peut-il qu'Il ne voie pas constamment notre nudité ? Le Très-Haut est assurément Celui qui voit tout, et Il peut tout voir. En même temps, Il est assez délicat pour ne pas regarder notre nudité là où nous ne cherchons pas à la montrer. C'est pourquoi ici le Très-Haut nous propose de couvrir notre nudité non pas pour ne pas être offensé par sa vue, mais avant tout pour préserver notre dignité.
וְהָיוּ עַל־אַהֲרֹן וְעַל־בָּנָיו בְּבֹאָם אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד אוֹ בְגִשְׁתָּם אֶל־הַמִּזְבֵּחַ לְשָׁרֵת בַּקֹּדֶשׁ וְלֹא־יִשְׂאוּ עָוֹן וָמֵתוּ חֻקַּת עוֹלָם לוֹ וּלְזַרְעוֹ אַחֲרָיו:
vehayoú al-aharón ve'al-banáv bevo'ám el-óhel mo'éd o vegichtám el-hammizbéya'h lecharét bakkódech velo-yis'oú avón vamétou 'houkkát olám lo oulzar'ó a'haráv
43 Et ils seront sur Aharon et sur ses fils, quand ils entreront dans la Tente d'assignation et quand ils s'approcheront de l'autel pour servir dans la sainteté, et ils ne porteront pas de péché ; c'est une loi éternelle pour lui et pour sa semence après lui (pour Aharon).
C'est-à-dire qu'ils ne porteront pas de péché pour le fait qu'ils entrent dans le Saint et montent vers l'autel. C'est précisément dans un tel vêtement qu'il leur est permis de le faire, et ce n'est pas un péché.
Ainsi, nous avons lu la description des vêtements d'Aharon et de ses fils. La description des vêtements d'Aharon est donnée très soigneusement, c'est la description des vêtements non seulement d'Aharon, mais de tout grand prêtre, le principal intercesseur pour le peuple d'Israël et pour le monde entier. La description des vêtements des fils d'Aharon est donnée de façon moins détaillée. Mais tout cela ensemble – c'est une tenue de travail qui permet à Israël d'interagir avec le Très-Haut, et c'est précisément pour cela qu'on lui accorde une attention si soutenue. Nous avons aussi lu qu'Aharon doit être oint, passer par l'onction, pour être consacré au service.
La consécration des prêtres
Chémot 29,1–18
Avec l'aide de Dieu, nous continuons à étudier la section hebdomadaire Tétsavé et nous allons lire à partir du début du chapitre 29 du livre de Chémot. Dans les passages précédents de la section, nous avons lu les instructions que le Très-Haut donne aux artisans habiles concernant la confection des vêtements pour Aharon et ses fils, afin qu'on puisse les consacrer au sacerdoce. Dans ce chapitre, le Très-Haut parle déjà directement avec Moché et donne des instructions à lui-même. Et ces instructions portent sur la manière de faire, d'un Israélite presque ordinaire du nom d'Aharon et de ses fils, des prêtres pour le peuple d'Israël (ou comment faire d'un homme un prêtre).
וְזֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר־תַּעֲשֶׂה לָהֶם לְקַדֵּשׁ אֹתָם לְכַהֵן לִי לְקַח פַּר אֶחָד בֶּן־בָּקָר וְאֵילִם שְׁנַיִם תְּמִימִם׃
vezé haddavár achér ta'assé lahém lekaddéch otám lekhahén li leká'h par e'hád ben-bakár ve'elím chenáyim temimím
1 Et voici l'action que tu dois accomplir avec eux pour les consacrer au sacerdoce pour Moi : prends un taureau, fils de taureau (taureau fils de Taureau) et deux agneaux purs (agneaux sans défaut).
Le mot davár a un sens très large (et nous en avons parlé plus d'une fois) – c'est la parole, l'action, un certain sujet, un certain événement. Dans ce cas, c'est l'action.
Les consacrer – qui ? Accomplir avec eux – avec qui ? Il s'agit d'Aharon et de ses fils. C'est une instruction sur la façon dont il faut agir avec les fils d'Aharon et avec Aharon lui-même pour faire d'eux des prêtres pour le Très-Haut.
Prends un taureau, fils de taureau – de quoi s'agit-il ? De ce que nous savons à son sujet, qu'il est un taureau de race pure, sans aucun mélange de toutes sortes, ce qui à cette époque était assez répandu. C'est-à-dire prends un vrai taureau, de race pure.
…et deux agneaux purs. Dès qu'apparaît chez nous une telle description, on a tout de suite envie de comprendre : qu'est-ce que cela signifie donc ? Et les commentateurs disent des choses différentes. Par exemple ceci : « Le taureau, c'est l'expiation du péché du veau d'or. Le Très-Haut le prévoit d'avance, qu'il aura lieu. L'un des petits béliers, c'est l'expiation du péché d'Aharon, le second – la consécration, le sacrifice de consécration. » D'autres affirment : « Le taureau, c'est effectivement pour le veau d'or. L'un des petits béliers, c'est l'holocauste, le second – la consécration. » D'autres encore disent : « Bon, le veau d'or n'a sans doute ici absolument rien à voir. Le taureau signifie Avraham, car au sujet d'Avraham il est dit : “Et il courut vers le troupeau, vers le gros bétail à cornes”. Et les deux petits béliers signifient, à proprement parler, Yits'hak et Yaakov. Ainsi, le taureau et les deux petits béliers symbolisent les Patriarches. » Il y en a aussi qui disent que dans cette offrande il y a quelque chose de prophétique. Aharon avait quatre fils : Nadav, Avihou, Élazar et Itamar, mais seuls Élazar et Itamar serviront finalement comme prêtres, Nadav et Avihou périront. C'est pourquoi, dans ce cas, le sacrifice, selon ces commentateurs, symbolise Aharon et ses deux fils, qui resteront justement dans le sacerdoce.
Il est difficile de choisir l'une de ces variantes, et, d'une manière générale, je pense que ces variantes surgissent quand nous ne voulons pas accepter, ne consentons pas à accepter que c'est ainsi qu'a dit le Très-Haut, que c'est Sa volonté et qu'en quelque chose, quelque part, elle est pour nous insondable. Il nous faut une explication compréhensible pour nous. Moi aussi, j'en ai besoin. Bien que je comprenne que c'est un peu de l'« enfance ». Nous sommes Ses enfants, et Il aime que nous restions des enfants. C'est pourquoi on peut choisir parmi celles qui ont été énumérées ou trouver sa propre variante d'interprétation.
Nous avons appris ce qu'il fallait prendre du monde animal. Ensuite, nous lisons :
וְלֶחֶם מַצּוֹת וְחַלֹּת מַצֹּת בְּלוּלֹת בַּשֶּׁמֶן וּרְקִיקֵי מַצּוֹת מְשֻׁחִים בַּשָּׁמֶן סֹלֶת חִטִּים תַּעֲשֶׂה אֹתָם׃
velé'hem mattsót ve'hallót mattsót beloulót bachémen ourkiké mattsót mechou'hím bachámen sólet 'hittím ta'assé otám
2 Prends des pains azymes, des pains sans levain pétris à l'huile, et des galettes sans levain ointes d'huile – de la meilleure farine de froment fais-les.
Lé'hem matsót – c'est littéralement pain azyme. En réalité, ce sont des pains de farine qui sont bouillis dans l'eau bouillante, puis ils sont cuits sur une sorte de poêle retournée et légèrement frits dans l'huile. C'est la première sorte de pain qu'il faut prendre.
La deuxième sorte de pain s'appelle 'halát matsót (bagel sans levain ou miche sans levain). Il est fabriqué avec une farine qui est mélangée d'avance avec l'huile, et ensuite cuit au four. C'est une recette de préparation à part.
Et la troisième sorte de pain qui est apportée, que Moché doit prendre, ce sont les rakikéy matsót (galettes sans levain). Elles sont cuites sans huile. C'est de la farine et de l'eau, mais ensuite, quand on les empile, on les enduit d'huile. Les commentateurs disent : « Il existe une ancienne tradition selon laquelle les galettes étaient enduites d'huile, on traçait sur elles une telle lettre anguleuse kaf ou la lettre grecque lambda, qui symbolise, d'une part, comme la lettre kaf – la première lettre du mot kohén, et, d'autre part, elle indique la bénédiction d'Aharon, qui se fait par un groupe de doigts séparés en deux, par une position particulière de la main, dans laquelle on peut aussi voir une telle lambda ou la lettre vé (v), ou la lettre anguleuse kaf, selon ce que l'imagination permet à chacun ». Mais ce sont les commentateurs, alors que le texte simple dit qu'il faut prendre trois sortes de galettes. Là encore, les commentateurs disent que c'est dix pièces de chaque sorte de galettes.
On met en parallèle les trois sortes de galettes avec les trois mesures de farine qu'Avraham ordonna à Sara de pétrir. C'est-à-dire que les commentateurs essaient de trouver dans l'histoire juive des parallèles aux éléments du sacrifice qui sont décrits ici, et tout renvoie à Avraham. Le premier repas, auquel participent les célestes et les terrestres, doit trouver, selon les commentateurs, selon les sages, des parallèles aussi dans les autres repas.
וְנָתַתָּ אוֹתָם עַל־סַל אֶחָד וְהִקְרַבְתָּ אֹתָם בַּסָּל וְאֶת־הַפָּר וְאֵת שְׁנֵי הָאֵילִם׃
venatattá otám al-sál e'hád vehikravtá otám bassál ve'et-happár ve'ét chené ha'elím
3 Et tu les mettras dans une seule corbeille, et tu les apporteras dans la corbeille et, en outre, tu apporteras le taureau et les deux béliers.
Les trente galettes, il faut toutes les mettre dans la corbeille : trois sortes de galettes, dix pièces de chaque sorte (comme nous l'avons dit, dix pièces, c'est l'avis des commentateurs).
וְאֶת־אַהֲרֹן וְאֶת־בָּנָיו תַּקְרִיב אֶל־פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְרָחַצְתָּ אֹתָם בַּמָּיִם׃
ve'ét-aharón ve'et-banáv takrív el-péta'h óhel mo'éd vera'hatstá otám bammáyim
4 Et Aharon et les fils, approche-les de l'entrée du Michkan et lave-les avec de l'eau.
Remarquez qu'au verset 3 il est écrit au sujet des galettes qu'il faut les lehakrív (offrir en sacrifice), vehikravtá (et tu les as offertes en sacrifice). Et au verset 4 nous voyons de nouveau le parallèle dont j'ai déjà parlé auparavant – vetakrív el-péta'h (approche de l'entrée) Aharon et les fils. C'est une seule et même racine (kouf-reich-beit) – offrir en sacrifice et approcher. Il semblerait que l'un et l'autre sont offerts en sacrifice, ou que l'un et l'autre sont approchés.
Aharon et les fils, il faut les laver avec de l'eau. C'est-à-dire, apparemment, ce n'est pas Moché avec une éponge qui doit les laver. Il doit leur ordonner de se laver ou d'entrer avec eux dans la mikva, comme variante. Il y a aussi différentes variantes de compréhension, et, comme c'est souvent le cas, il y a même des compréhensions diamétralement opposées. Et pour être cohérent, je citerai bientôt aussi une telle compréhension.
וְלָקַחְתָּ אֶת־הַבְּגָדִים וְהִלְבַּשְׁתָּ אֶת־אַהֲרֹן אֶת־הַכֻּתֹּנֶת וְאֵת מְעִיל הָאֵפֹד וְאֶת־הָאֵפֹד וְאֶת־הַחֹשֶׁן וְאָפַדְתָּ לוֹ בְּחֵשֶׁב הָאֵפֹד׃
velaka'htá et-habbegadím vehilbachtá et-aharón et-hakkouttónet ve'ét me'íl ha'efód ve'et-ha'efód ve'et-ha'hóchen ve'afadtá lo be'héchev ha'efód
5 Et tu as pris les vêtements, et tu as habillé Aharon : la chemise, le manteau, l'éfod et le pectoral, et tu l'as « engileté » (attaché, ceint) d'une ceinture sagement (tu l'as noué sur lui d'une manière spéciale, fermé par derrière).
Avant tout, Aharon revêt les vêtements du grand prêtre. Dans notre liste, il manque (et les commentateurs le complètent) que le premier vêtement, ce sont les mikhnassáyim (mikhnassé-vád) ou pantalons, shorts, dont nous avons parlé en 28,42. Mais de nouveau : dans le texte, cela n'y est pas, on peut simplement se souvenir qu'ils doivent y être quelque part. Par pudeur, la Torah ne dit pas : « Et toi, mets des pantalons à Aharon ».
Moché aide donc Aharon à s'habiller. On peut dire (si l'on applique la tradition orientale) que, quand un homme avait des esclaves, ils l'aidaient à faire un certain travail que l'homme pouvait faire aussi lui-même, mais il était d'usage, il était particulièrement honorable que ce travail soit fait par des esclaves. Peut-être peut-on comprendre ici aussi bien l'ablution que l'habillage comme le fait que Moché s'abaisse humblement au niveau d'un esclave et lave tout de même lui-même Aharon et ses fils, et les habille lui-même aussi.
וְשַׂמְתָּ הַמִּצְנֶפֶת עַל־רֹאשׁוֹ וְנָתַתָּ אֶת־נֵזֶר הַקֹּדֶשׁ עַל־הַמִּצְנָפֶת׃
vesamtá hammitsnéfet al-rochó venatattá et-nézer hakkódech al-hammitsnáfet
6 Et tu mettras le turban sur sa tête, et tu placeras une couronne d'or (une sorte de couronne) sur ce turban.
וְלָקַחְתָּ אֶת־שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְיָצַקְתָּ עַל־רֹאשׁוֹ וּמָשַׁחְתָּ אֹתוֹ׃
velaka'htá et-chémen hammich'há veyatsaktá al-rochóLa ligne de translittération russe a ici une autre voyelle finale ; l'hébreu porte rochó (sa tête), comme au verset 6. La translittération française suit l'hébreu. oumacha'htá otó
7 Et tu prendras l'huile d'onction, et tu la verseras sur lui, et tu l'oindras.
Les commentateurs disent que Moché devait d'abord asperger sept fois les ustensiles, l'autel et tous les vases qui sont dans le Temple. Ensuite verser une certaine quantité sur la tête d'Aharon, en lui appliquant l'huile entre les paupières, sur l'arête du nez et sur le sommet du crâne, de sorte qu'elle coule sur le front. Et là encore, les commentateurs disent que l'écoulement de l'huile devait se faire selon cette même lettre lambda ou kaf. Mais c'est ce que disent les commentateurs, et ils se fondent sur une certaine compréhension qui leur est propre. Sans nier ce qui a été dit, je peux seulement préciser que dans le texte cela n'y est pas directement.
וְאֶת־בָּנָיו תַּקְרִיב וְהִלְבַּשְׁתָּם כֻּתֳּנֹת׃
ve'et-banáv takrív vehilbachtám kouttonót
8 Approche ses fils et habille-les aussi de chemises.
וְחָגַרְתָּ אֹתָם אַבְנֵט אַהֲרֹן וּבָנָיו וְחָבַשְׁתָּ לָהֶם מִגְבָּעֹת וְהָיְתָה לָהֶם כְּהֻנָּה לְחֻקַּת עוֹלָם וּמִלֵּאתָ יַד־אַהֲרֹן וְיַד־בָּנָיו׃
ve'hagartá otám avnét aharónLa translittération russe écrit ici le nom d'Aharon avec un g dur et deux accents toniques. La translittération française suit l'hébreu : aharón. ouvanáv ve'havachtá lahém migba'ót vehayetá lahém kehounná le'houkkát olám oumilletá yad-aharón veyad-banáv
9 Et ceins-les de ceintures – Aharon et ses fils –, et mets-leur des cylindres, et il y aura pour eux la kehounná (sacerdoce) selon une loi éternelle ; et tu as rempli la main d'Aharon et la main de ses fils.
Que signifie a rempli la main ? Le mot malé signifie plein, le mot yad – main, c'est-à-dire « il a investi de pleine main », l'analogue exact du russe il a investi de pleins pouvoirs : tu as rempli leur main de force, à partir de ce moment ils possèdent tous les pleins pouvoirs de kohen (« pleines mains ») et peuvent accomplir tout ce que le kohen doit accomplir. Ensuite : L'auteur forge ici un mot russe à partir de « plein » et « main », sur le modèle du mot russe courant pour « investir de pleins pouvoirs » (formé de « plein » et « pouvoir »). Ce jeu de mots est rendu littéralement par « investir de pleine main » et « pleines mains ».
וְהִקְרַבְתָּ אֶת־הַפָּר לִפְנֵי אֹהֶל מוֹעֵד וְסָמַךְ אַהֲרֹן וּבָנָיו אֶת־יְדֵיהֶם עַל־רֹאשׁ הַפָּר׃
vehikravtá et-happár lifné óhel mo'éd vesamákh aharón ouvanáv et-yedehém al-róch happár
10 Et tu offriras en sacrifice le taureau devant l'entrée de la Tente d'assignation, et Aharon et ses fils poseront leurs mains sur ce taureau.
Pourquoi cela est-il nécessaire ? Pour que le taureau, de simple viande, et l'abattage, de simple abattage, devienne un abattage sacerdotal. Le taureau devient d'abord un taureau destiné au sacrifice, et ce n'est qu'ensuite qu'il est abattu. C'est-à-dire qu'on peut dire que, par l'imposition des mains d'Aharon et de ses fils, le taureau commence à se tenir devant le Très-Haut, et c'est précisément en tant que celui qui se tient devant le Très-Haut qu'on l'abat.
וְשָׁחַטְתָּ אֶת־הַפָּר לִפְנֵי יְהוָה פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד׃
vecha'hattá et-happár lifné adonáy péta'h óhel mo'éd
11 Et tu as abattu (égorgé) ce taureau devant le SEIGNEUR, à l'entrée de la Tente d'assignation.
וְלָקַחְתָּ מִדַּם הַפָּר וְנָתַתָּה עַל־קַרְנֹת הַמִּזְבֵּחַ בְּאֶצְבָּעֶךָ וְאֶת־כָּל־הַדָּם תִּשְׁפֹּךְ אֶל־יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ׃
velaka'htá middám happár venatattá al-karnót hammizbéya'h be'etsba'ékha ve'et-kol-haddám tichpókh el-yesód hammizbéya'h
12 Et tu as pris (ou tu prendras) du sang du taureau, et tu en oindras les cornes de l'autel avec ton doigt, et tout le sang, verse-le à la base de l'autel.
Les cornes de l'autel, ce sont ces saillies mêmes dont nous avons parlé, elles se trouvent aux quatre coins de l'autel. Si Aharon est oint d'huile, l'autel, lui, est oint et d'huile et de sang (nous avons déjà parlé du fait qu'un tel rite indique un certain degré de parenté, un lien de parenté, une « fraternisation » avec le Très-Haut, afin que nous avec le Très-Haut, les kohanim avec le Très-Haut, soyons d'un même sang).
וְלָקַחְתָּ אֶת־כָּל־הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה אֶת־הַקֶּרֶב וְאֵת הַיֹּתֶרֶת עַל־הַכָּבֵד וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵיהֶן וְהִקְטַרְתָּ הַמִּזְבֵּחָה׃
velaka'htá et-kol-ha'hélev hamkhassé et-hakkérev ve'ét hayotéret al-hakkavéd ve'ét cheté hakkelayot ve'et- ha'hélev achér alehén vehiktartá hammizbé'ha
13 Et tu prendras toute la graisse qui couvre les entrailles, et tu prendras la membrane (ou la pellicule) qui couvre le foie, et les deux rognons, et la graisse qui est sur eux, et tu les as offerts en sacrifice sur l'autel.
Un verset anatomique compliqué. Il est important de prêter attention au mot 'hélev (graisse), il est mentionné ici plusieurs fois. Dans la Torah, il existe une interdiction de consommer la graisse interne : la graisse qui couvre les entrailles, et la graisse qui est sur les rognons. Et c'est précisément cela qu'on appelle du mot 'hélev. J'ai rencontré le fait que beaucoup pensent par erreur que toute graisse est interdite. Non, pas n'importe quelle graisse. Il y a la graisse qui couvre les côtes (choumán), par exemple, sur les côtelettes de mouton ; il y a la graisse de queue (alya). Ces deux sortes de graisse, on peut bien sûr les consommer, et on les consomme. Dans la nourriture, seul le 'hélev est interdit.
Dans ce verset, nous lisons qu'il est ordonné à Moché de prendre tout le 'hélev, toute la graisse interne qui couvre les entrailles, le ventre, et cette pellicule qui couvre le foie, et les deux rognons, et la graisse qui est sur les rognons, et de les offrir en holocauste sur l'autel.
וְאֶת־בְּשַׂר הַפָּר וְאֶת־עֹרוֹ וְאֶת־פִּרְשׁוֹ תִּשְׂרֹף בָּאֵשׁ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה חַטָּאת הוּא׃
ve'et-besár happár ve'et-oró ve'et-pirchó tisróf ba'éch mi'hoúts lamma'hané 'hattát hou
14 Et la chair du taureau et sa peau, et sa fiente, brûle-le sur un bûcher hors du camp ; il sera un sacrifice pour le péché, un sacrifice de purification.
אֶת־הָאַיִל הָאֶחָד תִּקָּח וְסָמְכוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו אֶת־יְדֵיהֶם עַל־רֹאשׁ הָאָיִל׃
ve'et-ha'áyil ha'e'hád tikká'h vesamekhoú aharón ouvanáv et-yedehém al-róch ha'áyil
15 Prends l'un des béliers, et Aharon et ses fils poseront les mains sur la tête de ce bélier ;
וְשָׁחַטְתָּ אֶת־הָאָיִל וְלָקַחְתָּ אֶת־דָּמוֹ וְזָרַקְתָּ עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃
vecha'hattá et-ha'áyil velaka'htá et-damó vezaraktá al-hammizbéya'h savív
16 Et abats ce bélier, et prends son sang, et tu le répandras (tu l'aspergeras) tout autour de l'autel.
וְאֶת־הָאַיִל תְּנַתֵּחַ לִנְתָחָיו וְרָחַצְתָּ קִרְבּוֹ וּכְרָעָיו וְנָתַתָּ עַל־נְתָחָיו וְעַל־רֹאשׁוֹ׃
ve'et-ha'áyil tenattéya'h linta'háv vera'hatstá kirbó oukhra'áv venatattá al-neta'háv ve'al-rochó
17 Et le bélier, découpe-le en morceaux, et lave ses entrailles et ses pattes (jarrets), et joins-les à ses morceaux et à sa tête (assemble tout cela ensemble).
וְהִקְטַרְתָּ אֶת־כָּל־הָאַיִל הַמִּזְבֵּחָה עֹלָה הוּא לַיהוָה רֵיחַ נִיחוֹחַ אִשֶּׁה לַיהוָה הוּא׃
vehiktartá et-kol-ha'áyil hammizbé'ha olá hou ladonáy réya'h ni'hóa'h iché ladonáy hou
18 Et fais fumer tout le bélier sur l'autel : c'est pour le SEIGNEUR une odeur de délectation, c'est un parfum agréable au SEIGNEUR, c'est un (ce qu'on appelle) sacrifice consumé par le feu pour le Très-Haut.
Ce deuxième bélier est un sacrifice de consécration de la part du peuple, c'est Moché qui l'offre, c'est un cas tellement unique (nous parlerons encore du statut de Moché). Moché l'offre comme petit bélier de consécration, et nous continuerons encore à en parler en détail plus loin.
Un festin à grande échelle
Chémot 29,19–37
Nous continuons à lire la section Tétsavé à partir du verset 19 du chapitre 29. Dans le passage précédent, nous avons commencé à lire l'instruction – l'indication sur la façon dont Moché doit consacrer Aharon et ses fils comme kohanim. Un processus étonnant, qui permet de faire d'un homme simple (peut-être pas tout à fait simple, tel qu'était Aharon) un kohen – un homme capable de rencontrer la sainteté et de ne pas mourir, un homme capable de rencontrer la sainteté dans sa vie quotidienne. Le Très-Haut a ordonné pour cela de préparer trois animaux – deux petits béliers (agneaux) et un taureau – et 30 galettes. Dans le passage précédent, nous avons lu au sujet de l'un des agneaux et du taureau. Et maintenant nous allons lire la suite sur le troisième, le plus inhabituel des béliers jamais offerts en sacrifice par le peuple d'Israël.
וְלָקַחְתָּ אֵת הָאַיִל הַשֵּׁנִי וְסָמַךְ אַהֲרֹן וּבָנָיו אֶת־יְדֵיהֶם עַל־רֹאשׁ הָאָיִל׃
velaka'htá et ha'áyil hachení vesamákh aharón ouvanáv et-yedehém al-róch ha'áyil
19 Et tu prendras le second bélier, et Aharon et ses fils poseront leurs mains sur la tête de ce bélier.
Nous avons dit que, lorsque le kohen pose ses mains sur le sacrifice, le sacrifice devient celui qui se tient devant le Très-Haut, il est « délégué » pour se tenir là pour le peuple. Dans ce cas, on posait les deux mains sur le sacrifice. Quand on confie à un homme une nouvelle charge, quand on change son statut, qu'on l'établit serviteur ou quelque chose de semblable, on pose sur lui deux mains. Mais s'il part avec une mission qui ne change pas l'essence de son service, on pose une seule main.
וְשָׁחַטְתָּ אֶת־הָאַיִל וְלָקַחְתָּ מִדָּמוֹ וְנָתַתָּה עַל־תְּנוּךְ אֹזֶן אַהֲרֹן וְעַל־תְּנוּךְ אֹזֶן בָּנָיו הַיְמָנִית וְעַל־בֹּהֶן יָדָם הַיְמָנִית וְעַל־בֹּהֶן רַגְלָם הַיְמָנִית וְזָרַקְתָּ אֶת־הַדָּם עַל־הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב׃
vecha'hattá et-ha'áyil velaka'htá middamó venatattá al-tenoúkh ózen aharón ve'al-tenoúkh ózen banáv haymanít ve'al-bóhen yadám haymanít ve'al-bóhen raglám haymanít vezaraktá et-haddám al-hammizbéya'h savív
20 Et tu as abattu (tu abattras) ce bélier, et tu prendras de son sang, et tu le donneras (le sang) sur le lobe (ou sur le cartilage) de l'oreille d'Aharon (la droite), et sur le lobe de l'oreille droite de ses enfants, et sur le pouce de leur main droite, et sur le gros orteil de leur pied droit ; et tu as arrosé de sang tout l'autel.
Il existe une certaine discussion sur ce que signifie le mot tenoúkh ? Il est clair que c'est une certaine partie de l'oreille. La plupart des commentateurs penchent pour dire que c'est le lobe de l'oreille, mais certains disent que c'est le petit cartilage qui est au milieu de l'oreille.
Voilà la consécration d'Aharon et de ses fils qu'il fallait faire. Bien entendu, au cours de toutes les années de commentaire, il ne pouvait pas arriver que les commentateurs n'essaient pas de comprendre de quoi il est question ici, pourquoi précisément ces parties du corps ? Les commentaires les plus simples disent que ce sont les endroits les plus commodes pour l'onction, ce sont des onctions des limites de l'homme. On a simplement oint les extrémités d'Aharon et de ses fils en trois endroits commodes.
L'auteur du livre « 'Hessed le-Avraham » (Miséricorde pour Avraham), Rabbi Azoulaï, raconte ce midrach : quand Yaakov courtisait Ra'hel, il craignait que Lavan ne fasse quelque ruse, et qu'il puisse se trouver que, pendant la nuit de noces, ce ne soit pas Ra'hel qui soit avec lui, mais quelqu'un d'autre. Et Ra'hel lui donna des signes. Elle dit : « Je toucherai le lobe de ton oreille, le pouce de ta main, le gros orteil de ton pied, ainsi tu sauras que c'est moi ». Ensuite, Ra'hel partagea en sœur ces signes avec Léa (quand elle vit qu'on la donnait de force), afin que Léa ne soit pas couverte de honte. Tel est ce midrach, telle est cette tradition, mais ce qui nous importe, c'est la répétition de ces trois éléments.
D'autres commentateurs, plus anciens, disaient que la force impure, certains esprits impurs, dirigés contre l'ouïe, contre la perception de l'information (les oreilles sont l'instrument de l'ouïe, « la foi vient de ce qu'on entend »), dirigés contre l'analyse correcte de l'information, les actions correctes (les mains) et les intentions correctes (les pieds), s'attachent à l'homme précisément à ces endroits : au lobe de l'oreille, au pouce de la main et au gros orteil du pied. C'est pourquoi, afin de purifier l'homme (dans ce cas – Aharon) des influences démoniaques, on le purifiait de cette façon.
D'autres commentateurs disent que, de manière générale, le yétser ha-rá (mauvais penchant), comme une marionnette par ses ficelles, tient l'homme par ces trois points, parce qu'il gouverne non pas le corps, mais la néfech (l'âme), et ces trois points lui suffisent. Il gouverne l'âme de l'homme, et c'est l'âme qui dirige l'homme. C'est pourquoi les commentateurs disaient : « Afin de se débarrasser de la passion pécheresse, afin que, lors de l'intimité avec l'épouse, la conception ne soit pas passionnelle, mais précisément dans la sainteté, la femme devait toucher le lobe de l'oreille, le pouce de la main, le gros orteil du pied ». Voilà de quelles caractéristiques mystiques on a doté (ou ont été dotés dès l'origine) ces trois points du corps.
Il existe une description semblable aussi chez les peuples voisins : dans les mythes sumériens et akkadiens, il est dit aussi que certains dieux mauvais plantent des flèches ou lancent des javelots dans ces parties du corps humain. Et il est tout à fait possible que nous ayons ici la possibilité de jeter un regard, d'une certaine façon, dans les profondeurs des secrets du corps humain. Tout cela est assurément très intéressant, et on ne peut pas, de façon catégorique, prendre tout cela et le rejeter, c'est pourquoi je le cite ici. Mais il faut se rappeler que les midrachim et les interprétations mystiques sont des tentatives humaines (fût-ce de gens très sages) de pénétrer le sens des paroles de la Torah. En même temps, les éléments eux-mêmes – le lobe de l'oreille et les deux gros doigts – sont des paroles de la sainte Torah, et ils ne sont pas fortuits, ce n'est pas par hasard que le Très-Haut a ordonné à Moché de choisir précisément ces endroits.
Plus loin, il est écrit : et tu as arrosé de sang tout l'autel. C'est-à-dire qu'il se produit un apparentement, une liaison du kohen et de l'autel. L'autel, c'est aussi la table du Très-Haut. De nouveau se produit une « fraternisation », une liaison du kohen et du Très-Haut.
וְלָקַחְתָּ מִן־הַדָּם אֲשֶׁר עַל־הַמִּזְבֵּחַ וּמִשֶּׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְהִזֵּיתָ עַל־אַהֲרֹן וְעַל־בְּגָדָיו וְעַל־בָּנָיו וְעַל־בִּגְדֵי בָנָיו אִתּוֹ וְקָדַשׁ הוּא וּבְגָדָיו וּבָנָיו וּבִגְדֵי בָנָיו אִתּוֹ׃
velaka'htá min-haddám achér al-hammizbéa'h oumichémen hammich'há vehizzetá al-aharón ve'al-begadáv ve'al-banáv ve'al-bigdé vanáv ittó vekadách hou ouvgadáv ouvanáv ouvigdé vanáv ittó
21 Et tu prendras du sang qui est sur l'autel, et de l'huile d'onction, et tu aspergeras Aharon et ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui, et il sera saint, lui et ses vêtements, et ses fils et les vêtements des fils avec lui.
Ici s'achève la sanctification d'Aharon, de ses fils et de ses vêtements.
וְלָקַחְתָּ מִן־הָאַיִל הַחֵלֶב וְהָאַלְיָה וְאֶת־הַחֵלֶב הַמְכַסֶּה אֶת־הַקֶּרֶב וְאֵת יֹתֶרֶת הַכָּבֵד וְאֵת שְׁתֵּי הַכְּלָיֹת וְאֶת־הַחֵלֶב אֲשֶׁר עֲלֵהֶן וְאֵת שׁוֹק הַיָּמִין כִּי אֵיל מִלֻּאִים הוּא׃
velaka'htá min-ha'áyil ha'hélev veha'alyá ve'et-ha'hélev hamkhassé et-hakkérev ve'ét yotéret hakkavéd ve'ét cheté hakkelayot ve'et-ha'hélev achér alehén ve'ét chok hayamín ki el millou'ím hou
22 Et tu prendras du bélier (déjà abattu) la graisse intérieure et la graisse de la queue, et de la graisse qui entoure les entrailles, et la membrane qui couvre le foie, et les deux reins, et la graisse qui est sur eux, et le jarret arrière droit, car il est le petit bélier de l'investiture (le petit bélier du remplissage).
Ici est décrite la découpe du sacrifice chélamim sacrifice de réconciliation, de réconciliation avec le Très-Haut. Il existe différentes sortes de sacrifices, qui se distinguent par la manière dont ils sont offerts et par la manière dont ils sont mangés. Le sacrifice chélamim est mangé par trois groupes : l'autel (ce qui reste sur l'autel, pour ainsi dire, c'est le Très-Haut qui le mange, bien qu'Il ne mange pas), le kohen qui accomplit le sacrifice, et le propriétaire du sacrifice. Et c'est ainsi que la paix est conclue. Ce repas sera un repas de réconciliation.
Ici, le Très-Haut dit à Moché de prendre les parties du sacrifice de paix qui sont destinées dès l'origine au Très-Haut, pour être brûlées sur l'autel. C'est la graisse et la queue grasse, et la graisse qui couvre les entrailles (j'ai déjà dit qu'il y a différents noms pour la graisse, et ici nous en voyons deux – graisse intérieure ('hélev) et queue grasse (alyá)), et la membrane superficielle qui couvre le foie, les deux reins et la graisse des reins, et le chok (le mot, il serait sans doute juste de le traduire par jarret de la patte droite). Et que faut-il en faire ? Il faut encore y ajouter des pains :
וְכִכַּר לֶחֶם אַחַת וַחַלַּת לֶחֶם שֶׁמֶן אַחַת וְרָקִיק אֶחָד מִסַּל הַמַּצּוֹת אֲשֶׁר לִפְנֵי יְהוָה׃
vekhikkár lé'hem a'hát ve'hallát lé'hem chémen a'hát verakík e'hád missál hammatsót achér lifné adonáy
23 Et une des galettes, et une des miches à l'huile, et un des pains minces de la petite corbeille, qui sont devant le Très-Haut
Nous avons déjà parlé des trois sortes de pains qui se trouvent dans la petite corbeille. C'est-à-dire qu'il faut prendre ces morceaux de viande-là et les pains de la corbeille qui sont devant le Très-Haut.
וְשַׂמְתָּ הַכֹּל עַל כַּפֵּי אַהֲרֹן וְעַל כַּפֵּי בָנָיו וְהֵנַפְתָּ אֹתָם תְּנוּפָה לִפְנֵי יְהוָה׃
vesamtá hakkól al kappé aharón ve'ál kappé vanáv vehenaftá otám tenoufá lifné adonáy
24 Et il a posé tout cela sur les mains d'Aharon et sur les mains de ses fils, et balance-les (fais-les osciller d'une oscillation) devant le Très-Haut.
Ici est employé le mot tenoufá – on peut dire agiter, faire flotter au vent, brandir. De la même racine vient, par exemple, le mot menifá (éventail). Dans notre cas, c'est une telle manière de balancer : en haut, en bas, à droite, à gauche, tous ensemble, en se tenant par la main. Dans ce cas précis, ce seront Moché, Aharon et les fils, mais par la suite, quand les sacrifices seront offerts, le kohen apporte sa part et la part de l'autel, le propriétaire – sa part. Chacun, tenant sa part, l'agite dans l'air : en haut, en bas, à droite, à gauche, il l'élève sur ses mains. C'est une sorte de coutume de réconciliation. Et on se représente que le Très-Haut, de l'autre côté, nous prend par la main, et nous balançons avec Lui, nous agitons cette part du sacrifice. Et cette « danse » commune commence le processus de réconciliation entre nous. Nous témoignons qu'entre nous la paix est conclue, qu'à partir de ce moment nous commençons à coexister en paix.
Aussi étonnant que cela soit, je pense que la plupart d'entre nous ont non seulement vu, mais aussi eux-mêmes participé à un tel processus. Quand les petits enfants se prennent par le petit doigt et disent (si c'est en russe) : « Fais la paix, fais la paix et ne te bats plus ». Si c'est en hébreu, ils disent : « Chólem, chólem – le-olám, brógez, brógez (c'est un mot d'enfant) – af-pa'ám » (« Paix, paix – pour toujours, dispute, dispute – jamais »). Et eux aussi balancent ainsi leurs doigts dans tous les sens. C'est le reflet des coutumes de réconciliation qui existent aussi chez des peuples très anciens, mais qui aujourd'hui se sont conservées principalement au niveau enfantin. C'est une coutume très, très semblable. Ce qu'elle signifie, on le voit dans la variante anglophone. En russe, on dit : « Si tu te bats, je vais mordre » ou quelque chose d'autre (il y a différentes variantes à caractère défensif). En anglais, on dit : « Pinky swear, hope to die » (« Nous allons garder nos petits doigts ensemble, ou bien tu veux rester sans lui ? » – c'est ainsi qu'on peut le traduire approximativement). Voilà comment nous concluons un accord. Nous concluons avec Toi un accord de paix, mais si quelque chose ne va pas de mon côté, alors on peut me « découper », comme ce malheureux, ce béni petit bélier. Béni – parce que ce n'est pas chacun des petits béliers qui se promènent dans le troupeau qui peut devenir ce petit bélier historique, préfiguration de la réconciliation entre l'homme et Dieu.
וְלָקַחְתָּ אֹתָם מִיָּדָם וְהִקְטַרְתָּ הַמִּזְבֵּחָה עַל־הָעֹלָה לְרֵיחַ נִיחוֹחַ לִפְנֵי יְהוָה אִשֶּׁה הוּא לַיהוָה׃
velaka'htá otám miyadám vehiktartá hammizbé'ha al-ha'olá leréa'h ni'hóa'h lifné adonáy iché hou ladonáy
25 Et tu prendras la viande et le pain de leurs mains, et tu les offriras en sacrifice sur l'autel en holocauste, pour une odeur de délectation devant le SEIGNEUR – c'est un sacrifice consumé par le feu (brûlé) pour le Très-Haut.
Ensuite, au verset 26, nous lisons la suite de ce qu'il faut faire avec le sacrifice.
וְלָקַחְתָּ אֶת־הֶחָזֶה מֵאֵיל הַמִּלֻּאִים אֲשֶׁר לְאַהֲרֹן וְהֵנַפְתָּ אֹתוֹ תְּנוּפָה לִפְנֵי יְהוָה וְהָיָה לְךָ לְמָנָה׃
velaka'htá et-he'hazé me'él hammillou'ím achér le'aharón vehenaftá otó tenoufá lifné adonáy vehayá lekhá lemaná
26 Et tu as pris la poitrine du petit bélier de la réconciliation, qui devait être destinée à Aharon, et balance-la, elle aussi, devant le Très-Haut, et ce sera ta portion.
D'habitude, nous savons que la poitrine ('hazé) et le jarret droit (chok) sont les parties que le kohen reçoit du sacrifice de paix. (Comme je l'ai déjà dit, le sacrifice de paix « est mangé » par l'autel, par le kohen et par le propriétaire du sacrifice). Dans ce cas précis, c'est Moché qui reçoit la poitrine, comme s'il remplissait le rôle du kohen. Certains commentateurs disent : « Ici, Moché remplit le rôle de prêtre des prêtres, il est kohen ha-kohaním. Une sorte de fonction unique, qui arrive une seule fois dans la vie. Une seule fois dans l'histoire humaine ». D'autres disent qu'effectivement les fonctions du kohen, au moment de la naissance du sacerdoce lui-même, c'est-à-dire en cette première et unique fois, sont partagées. Aharon, c'est le récipient qui sera sanctifié, Moché, c'est la lumière, une sorte d'« éprouvette » de sacerdoce qui remplira Aharon. Moché est ainsi l'essence intérieure du service d'Aharon, kohen non selon la chair, mais selon son essence intérieure, selon son contenu. Et il prend pour lui, comme sa part du sacrifice, justement la poitrine. Pas la seconde part, qui revient au prêtre et qui s'appelle chok (jarret). C'est ce que nous lisons ensuite :
וְקִדַּשְׁתָּ אֵת חֲזֵה הַתְּנוּפָה וְאֵת שׁוֹק הַתְּרוּמָה אֲשֶׁר הוּנַף וַאֲשֶׁר הוּרָם מֵאֵיל הַמִּלֻּאִים מֵאֲשֶׁר לְאַהֲרֹן וּמֵאֲשֶׁר לְבָנָיו׃
vekiddachtá et 'hazé hattenoufá ve'ét chok hatteroumá achér hounáf va'achér hourám me'él hammillou'ím me'achér le'aharón oume'achér levanáv
27 Et tu sanctifieras la poitrine par l'agitation, et le jarret, qui est l'élévation, qui sera aussi balancé, et tout ce qui sera offert du petit bélier de la réconciliation, à Aharon ou à ses fils.
C'est-à-dire qu'ici le Très-Haut dit que non seulement cette fois-ci, mais pour tous les temps, les fils d'Aharon et Aharon, tant qu'il est vivant, recevront leur part du sacrifice. Le mot térouma (nous l'avons dit, c'était le nom de la section précédente) – ce qui est élevé, ce qui est offert en sacrifice, et les kohanim recevront le 'hazé (la poitrine) et le chok (le jarret) du sacrifice pour tous les siècles.
וְהָיָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו לְחָק־עוֹלָם מֵאֵת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כִּי תְרוּמָה הוּא וּתְרוּמָה יִהְיֶה מֵאֵת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מִזִּבְחֵי שַׁלְמֵיהֶם תְּרוּמָתָם לַיהוָה׃
vehayá le'aharón oulvanáv le'hok-olám me'ét bené yisraél ki teroumá hou outroumá yihyé me'ét bene-yisraél mizziv'hé chalmehém teroumatám ladonáy
28 Et ce sera pour Aharon et ses fils une loi éternelle de la part des fils d'Israël, car c'est une élévation, térouma du SEIGNEUR de la part des fils d'Israël, leurs sacrifices de réconciliation, térouma de don au SEIGNEUR.
C'est-à-dire que le Très-Haut dit ici : « Voici, ces parties seront, par une loi éternelle, destinées à Aharon, comme part de l'élévation que les fils d'Israël élèvent parmi les élévations au SEIGNEUR ». On sait d'avance comment partager le petit bélier.
וּבִגְדֵי הַקֹּדֶשׁ אֲשֶׁר לְאַהֲרֹן יִהְיוּ לְבָנָיו אַחֲרָיו לְמָשְׁחָה בָהֶם וּלְמַלֵּא־בָם אֶת־יָדָם׃
ouvigdé hakkódech achér le'aharón yihyoú levanáv a'haráv lemoch'há vahém oulmalle-vám et-yadám
29 Et les vêtements saints qui sont à Aharon seront à ses fils plus tard, pour leur onction et pour leur remplir les mains.
C'est-à-dire que les fils qui suivront Aharon, les fils des fils et les arrière-petits-enfants, il ne faudra pas les oindre séparément. Mais le vêtement lui-même leur servira d'onction et de transmission des pouvoirs. De quelle manière cela se passera-t-il ?
שִׁבְעַת יָמִים יִלְבָּשָׁם הַכֹּהֵן תַּחְתָּיו מִבָּנָיו אֲשֶׁר יָבֹא אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד לְשָׁרֵת בַּקֹּדֶשׁ׃
chiv'át yamím yilbachám hakkohén ta'htáv mibbanáv achér yavó el-óhel mo'éd lecharét bakkódech
30 Sept jours les revêtira le prêtre qui sera après lui, d'entre ses fils, qui viendra dans la Tente d'assignation pour servir le Saint.
C'est-à-dire que, pour être sanctifié et pour devenir kohen, oint et investi de pouvoirs, le kohen de la génération suivante n'aura pas à passer par toute cette procédure, mais il lui faudra, pendant sept jours, revêtir ce vêtement. C'est ainsi qu'à l'époque du Temple on entraînait les kohanim, et sept jours avant l'entrée dans le Temple à Yom Kippour, il avait des sortes de répétitions.
Au verset 31, nous revenons à nos moutons :
וְאֵת אֵיל הַמִּלֻּאִים תִּקָּח וּבִשַּׁלְתָּ אֶת־בְּשָׂרוֹ בְּמָקֹם קָדֹשׁ׃
ve'ét el hammillou'ím tikká'h ouvichaltá et-bessaró bemakóm kadóch
31.Prends ce petit bélier du remplissage (les parties qui t'appartiennent) et fais cuire sa viande en un lieu saint.
וְאָכַל אַהֲרֹן וּבָנָיו אֶת־בְּשַׂר הָאַיִל וְאֶת־הַלֶּחֶם אֲשֶׁר בַּסָּל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד׃
ve'akhál aharón ouvanáv et-bessár ha'áyil ve'et-hallé'hem achér bassál péta'h óhel mo'éd
32 Et Aharon et ses fils mangeront la viande de ce petit bélier et le pain qui est dans la corbeille, à l'entrée de la Tente d'assignation (à l'intérieur, dans la cour).
C'est-à-dire que, puisque c'est une nourriture sainte, on ne peut pas l'emporter à la maison dans une petite gamelle et la réchauffer à la maison au micro-ondes. Non, il faut la manger dans la cour intérieure.
וְאָכְלוּ אֹתָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם לְמַלֵּא אֶת־יָדָם לְקַדֵּשׁ אֹתָם וְזָר לֹא־יֹאכַל כִּי־קֹדֶשׁ הֵם׃
ve'akheloú otám achér kouppár bahém lemallé et-yadám lekaddéch otám vezár lo-yokhál ki-kódech hem
33 Et ils mangeront tout cela, ce qui a été offert pour l'expiation lors de leur consécration et de leur sanctification, et un étranger n'en mangera pas, car ils sont une chose sainte.
וְאִם־יִוָּתֵר מִבְּשַׂר הַמִּלֻּאִים וּמִן־הַלֶּחֶם עַד־הַבֹּקֶר וְשָׂרַפְתָּ אֶת־הַנּוֹתָר בָּאֵשׁ לֹא יֵאָכֵל כִּי־קֹדֶשׁ הוּא׃
ve'im-yivvatér mibbessár hammillou'ím oumin-hallé'hem ad-habbóker vesaraftá et-hannotár ba'éch lo ye'akhél ki-kódech hou
34 Et s'il reste de la viande de l'agneau qui remplit (qui réconcilie) et du pain jusqu'au matin, tu brûleras au feu tout ce qui reste, et il ne sera pas mangé, car il est saint.
La nourriture sainte, on ne la mange ni froide, ni réchauffée, et on ne peut pas la partager avec tout le monde.
וְעָשִׂיתָ לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו כָּכָה כְּכֹל אֲשֶׁר־צִוִּיתִי אֹתָכָה שִׁבְעַת יָמִים תְּמַלֵּא יָדָם׃
ve'assíta le'aharón oulvanáv kákha kekhól acher-tsivvíti otákha chiv'át yamím temallé yadám
35 Et tu feras pour Aharon et pour ses fils ainsi, comme Je te l'ai commandé : sept jours tu l'investiras de pouvoir.
C'est-à-dire que cette procédure, que vous et moi avons lue ici et dans le passage précédent, il faudra la faire et la répéter pendant 7 jours.
En outre, il faut encore préparer l'autel, et au verset 36 nous lisons au sujet de la préparation de l'autel :
וּפַר חַטָּאת תַּעֲשֶׂה לַיּוֹם עַל־הַכִּפֻּרִים וְחִטֵּאתָ עַל־הַמִּזְבֵּחַ בְּכַפֶּרְךָ עָלָיו וּמָשַׁחְתָּ אֹתוֹ לְקַדְּשׁוֹ׃
oufár 'hattát ta'assé layom al-hakkippourím ve'hittetá al-hammizbéya'h bekhapperkhá aláv oumacha'htá otó lekaddechó
36 Et un taureau pour le péché, fais-le en plus des sacrifices d'expiation, et tu purifieras l'autel, en l'arrosant (en le purifiant), et tu l'oindras d'huile pour sa consécration.
Remarquez une coïncidence intéressante, un lien intéressant. Les mots 'hatát (sacrifice pour le péché) et 'hitetá (il a purifié, il a stérilisé), en hébreu d'aujourd'hui – 'hitoúy (stérilisation, purification complète), s'écrivent tout à fait de la même manière. 'Het (péché) et le'haté (purifier, stériliser) – ce sont des mots proches, au fond de même racine.
L'autel aussi est oint d'huile, comme nous en avons déjà parlé encore auparavant.
שִׁבְעַת יָמִים תְּכַפֵּר עַל־הַמִּזְבֵּחַ וְקִדַּשְׁתָּ אֹתוֹ וְהָיָה הַמִּזְבֵּחַ קֹדֶשׁ קָדָשִׁים כָּל־הַנֹּגֵעַ בַּמִּזְבֵּחַ יִקְדָּשׁ׃
chiv'át yamím tekhappér al-hammizbéya'h vekiddachtá otó vehayá hammizbéya'h kódech kodachím kol-hannogéya bammizbéya'h yikdách
37 Sept jours fais l'expiation de l'autel, et tu le consacreras, et l'autel sera saint des saints : quiconque touche l'autel sera consacré.
De quoi peut-on expier l'autel ? L'autel, qu'a-t-il donc fait ? Et pourquoi a-t-il besoin d'expiation, s'il est de toute façon inanimé ? Il s'agit du fait que, peut-être, on a fait don pour lui de quelque chose obtenu de manière malhonnête. Peut-être que quelqu'un a donné de la ferraille volée ou a apporté un bout de bois qui n'était pas le bon. Bref, pour que cet autel soit pur, il faut accomplir toutes les procédures. C'est pourquoi il est consacré sept jours. Donc, sept jours tu feras l'expiation de l'autel.
Et cet autel sera supersaint. Dans l'original, il y a kódech kodachím, mais cela n'est pas lié au Saint des Saints. Ici, kódech – saint, sanctifiantLe russe porte ici un mot qui signifie littéralement « éclaircissant », très probablement une coquille pour le mot voisin « sanctifiant ». La traduction suit le sens évident de la phrase., et rendant saint. Pourquoi ainsi ? Parce que plus loin il est écrit kol-hannogéya bammizbéya'h yikdách (quiconque touche l'autel sera consacré). Une propriété étonnante est apparue chez un objet – consacrer tout ce qui le touche. Et il en sera encore beaucoup question dans la Torah.
Le quotidien sacré
Chémot 29,38–46
Dans les chapitres précédents, dans les entretiens précédents, nous avons parlé de la disposition de la Tente d'assignation, de l'autel et de la consécration des kohanim – d'Aharon et de ses fils. Dans ce passage qui est le nôtre, nous parlerons des premières obligations des kohanim, de ce pour quoi ils sont consacrés kohanim, des obligations liées au sacrifice qu'ils auront. Donc, nous lisons à partir du verset 38 du chapitre 29.
וְזֶה אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה עַל־הַמִּזְבֵּחַ כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה שְׁנַיִם לַיּוֹם תָּמִיד׃
vezé achér ta'assé al-hammizbéya'h kevassím bene-chaná chenáyim layom tamíd
38 Voici ce que tu feras sur l'autel : des béliers d'un an, il faut en offrir deux par jour, constamment.
Quand nous parlons en hébreu de l'âge et que nous voulons dire qu'un homme, par exemple, a vingt-six ans, nous disons qu'il est fils de vingt-six – ben esrím vechéch. Et un bélier d'un an, c'est un fils d'une année. C'est pourquoi, quand nous lisons kevassím bene-chaná (béliers – fils d'une année), ce sont des béliers d'un an. C'est-à-dire qu'il faudra offrir par jour deux béliers d'un an, quotidiennement.
אֶת־הַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד תַּעֲשֶׂה בַבֹּקֶר וְאֵת הַכֶּבֶשׂ הַשֵּׁנִי תַּעֲשֶׂה בֵּין הָעַרְבָּיִם׃
et-hakkéves ha'e'hád ta'assé vabbóker ve'ét hakkéves hachení ta'assé ben ha'arbayim
39 Le premier bélier, offre-le en sacrifice le matin, et le second bélier, fais-le entre les deux soirs.
Cela signifie que, juste avant l'aube, les prêtres égorgeaient le bélier, et dès l'aube il fallait le découper, déjà l'apporter sur l'autel. C'est-à-dire que, si l'abattage avait lieu en été, il commençait à quatre heures et demie - cinq heures du matin. Un travail pas facile : les prêtres découpaient la viande dans le Temple, sur le territoire du Temple. Ils marchaient pieds nus, et en plus il fait un peu froid, parfois humide et glacial. Bref, le travail commençait de grand matin.
Concernant le commandement selon lequel le second bélier doit être égorgé entre les deux soirs (ou au crépuscule du soir), il y a une histoire très intéressante. Rabbi Akiva disait que le commandement « aime ton prochain comme toi-même » – c'est le principe le plus important, la règle générale la plus importante de la Torah. En outre, on connaissait deux autres opinions sur la question de savoir quelle règle de la Torah est la plus importante. Ben Azaï (contemporain de Rabbi Akiva) disait que le plus important, c'est hiné toldót adám, « voici l'engendrement de l'homme », voici ce que l'homme a engendré, quels fruits il a dans la vie, ce qu'il fait, comment il change le monde. Et un autre savant, qui a vécu un peu plus tard, Chimon ben Pazi, dit que c'est précisément ce verset-ci qui est le nôtre : « le premier bélier tôt le matin et le second bélier le soir au crépuscule » – qui est le principe le plus important de la Torah. Que veut-il dire ? L'application, la constance, la minutie dans l'accomplissement des commandements. On peut, à un beau moment, sacrifier au Très-Haut des milliers de béliers et pendant six mois oublier Son existence. Il est bien plus difficile d'accomplir chaque jour minutieusement les commandements de la Torah. Pourquoi les sages divergeaient-ils d'avis sur ce qui est le plus important dans la Torah ? Au fond, et les fruits de l'homme sont importants, et la constance, et l'amour (il est sûrement le plus important de tout). Chacun parlait de ce qui représentait pour lui une difficulté particulière, de ce qui était un défi précisément pour lui. Pour l'un, pour Rabbi Akiva par exemple, le plus difficile était d'aimer le prochain. Maintenant, on peut s'indigner : « Comment oses-tu parler ainsi de Rabbi Akiva ?! » Rabbi Akiva lui-même le dit de lui-même. Et je ne veux pas dire qu'il aimait le prochain moins que moi. Il y voyait une difficulté, une difficulté qu'il surmontait avec succès. Ben Azaï pensait : « Que laisserai-je après moi, que restera-t-il après moi, qu'adviendra-t-il après moi ? » C'était son plus grand problème. Et Chimon ben Pazi, Rabbi Chimon, pensait à la manière de garder la minutie, de garder la discipline dans l'observance de la Torah. Et il distinguait comme le principe le plus important de la Torah – le bélier le matin et le bélier le soir.
Au verset 40, nous lisons ce qu'il faut encore.
וְעִשָּׂרֹן סֹלֶת בָּלוּל בְּשֶׁמֶן כָּתִית רֶבַע הַהִין וְנֵסֶךְ רְבִעִית הַהִין יָיִן לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד׃
ve'issarón sólet baloúl bechémen katít réva hahín venéssekh revi'ít hahín yáyin lakkéves ha'e'hád
40 La dixième partie d'un éfa de farine grossièrement moulue, qui est délayée avec un quart de hin d'huile d'olive, et un quart de hin de vin pour chaque bélier.
Sólet – c'est ce qu'on appelle en italien durum, une farine de mouture grossière qu'on utilise pour la fabrication des pâtes et de la pizza en Italie, une farine de la plus haute qualité. On peut traduire en russe par semoule, comme ce qui ressemble à de la semoule. La dixième partie de quoi faut-il prendre ? La dixième partie de l'éfa, d'une mesure qui fait vingt-deux litres. Ainsi, issarón – c'est 2,2 litres de semoule.
Dans ce cas, l'huile d'olive peut être « battue », peut être de deuxième pression. Et de cette huile il faut prendre réva hahín (un quart de hin). Encore une unité de mesure – hín. C'est une mesure de 3,6-3,9 litres. Et, par conséquent, un quart de hin, c'est environ 0,8 litre. Il en résulte qu'il faut mélanger 2,2 litres de semoule avec presque un litre d'huile d'olive. La quantité de vin doit être revi'ít hahín (la quatrième partie du hin), dans ce cas environ 0,9 litre.
וְאֵת הַכֶּבֶשׂ הַשֵּׁנִי תַּעֲשֶׂה בֵּין הָעַרְבָּיִם כְּמִנְחַת הַבֹּקֶר וּכְנִסְכָּהּ תַּעֲשֶׂה־לָּהּ לְרֵיחַ נִיחֹחַ אִשֶּׁה לַיהוָה׃
ve'ét hakkéves hachení ta'assé ben ha'arbáyim kemin'hát habbóker oukhniská ta'asse-lá leréya'h ni'hóa'h iché ladonáy
41 Et le second bélier, fais-le entre les deux soirs, comme pour l'offrande du matin, avec tout ce qui était apporté avec celle du matin, fais-le pour une odeur réjouissante, sacrifice consumé par le feu pour le Très-Haut.
עֹלַת תָּמִיד לְדֹרֹתֵיכֶם פֶּתַח אֹהֶל־מוֹעֵד לִפְנֵי יְהוָה אֲשֶׁר אִוָּעֵד לָכֶם שָׁמָּה לְדַבֵּר אֵלֶיךָ שָׁם׃
olát tamíd ledorotekhém péta'h ohel-mo'éd lifné adonáy achér ivva'éd lakhém chámma ledabbér elékha cham
42 C'est l'holocauste éternel dans vos générations, à l'entrée de la Tente d'assignation, devant le SEIGNEUR, là où Je communiquerai avec vous et parlerai avec toi là.
וְנֹעַדְתִּי שָׁמָּה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְנִקְדַּשׁ בִּכְבֹדִי׃
veno'adtí chámma livné yisraél venikdách bikhvodí
43 Et Je les rencontrerai là, eux, les fils d'Israël, et ils seront consacrés par Ma gloire.
C'est-à-dire qu'à travers la contemplation de la présence de la gloire du Très-Haut, le peuple d'Israël aussi sera consacré. D'abord, les kohanim ont été consacrés. Ils apportent le sacrifice que le Très-Haut a ordonné. Par cela, le Très-Haut rencontre les kohanim dans l'ohel-mo'éd (dans la Tente d'assignation). Et à l'entrée de l'ohel-mo'éd, les Israélites peuvent rencontrer le Très-Haut et être consacrés par Sa gloire.
וְקִדַּשְׁתִּי אֶת־אֹהֶל מוֹעֵד וְאֶת־הַמִּזְבֵּחַ וְאֶת־אַהֲרֹן וְאֶת־בָּנָיו אֲקַדֵּשׁ לְכַהֵן לִי׃
vekiddachtí et-ohel mo'éd ve'et-hammizbéya'h ve'et- aharón ve'et-banáv akaddéch lekhahén li
44 Et Je consacrerai la Tente d'assignation, et l'autel, et Aharon, et ses fils Je les consacrerai pour Moi au sacerdoce.
D'abord, le Très-Haut ordonne à Moché de faire tout le nécessaire pour la consécration d'Aharon, en lui disant : « Et ils seront consacrés ». Mais cette sainteté, elle est comme une représentation de la part du peuple d'Israël, c'est-à-dire qu'ils se sépareront du peuple, on les mettra pour ainsi dire en avant devant le peuple, en son nom. Et ensuite, le Très-Haut dit : « Je les consacrerai, Je les prendrai auprès de Moi, dans Mon sacerdoce, et ils seront pour Moi des prêtres ». Et quand nous avons un ambassadeur dans les cieux en la personne du prêtre, par cette union se produira ce qui est décrit plus loin :
וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים׃
vechakhantí betókh bené yisraél vehayíti lahém lelohim
45 Et Je vivrai (Je serai voisin, Je serai l'Un des habitants) au-dedans des fils d'Israël, et Je serai pour eux Dieu.
C'est-à-dire : « Je vivrai parmi les fils d'Israël, Je serai pour eux Dieu, Je serai pour eux la Mesure du jugement, Je serai leur Juge intérieur, leur Boussole dans tous leurs actes, Je serai Ce qui les dirige dans toutes les situations de la vie. Et quand se mettra en marche tout ce mécanisme décrit, ce mécanisme étonnant, alors :
וְיָדְעוּ כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיהֶם אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי אֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לְשָׁכְנִי בְתוֹכָם אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיהֶם׃
veyade'oú ki aní adonáy elohehém achér hotséti otám me'érets mitsráyim lechokhní vetokhám aní adonáy elohehém
46 Et ils sauront que Je suis le SEIGNEUR, leur Dieu, Qui les a fait sortir du pays d'Égypte, pour vivre en eux. Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu.
Ici, le Très-Haut dit : « Je les ai fait sortir d'Égypte pour qu'ils soient pour Moi une maison, pour que Je vive parmi eux ».
Ici se termine notre passage. Il est tout petit, mais historique, très important et significatif. Le Très-Haut dit que si les kohanim apportent le sacrifice constant (si le sacrifice au Temple est accompli constamment), alors Lui, le SEIGNEUR, consacrera l'autel et consacrera les kohanim, et les prendra auprès de Lui, c'est-à-dire achèvera de Son côté, du côté céleste, la construction de l'ascenseur « terre-ciel », ou du pont « terre-ciel », et par cela tout le peuple d'Israël sera consacré par Sa gloire. Et le SEIGNEUR vivra dans le peuple d'Israël, sera le fondement de tout jugement intérieur, dirigera le peuple et chacun du peuple. Chacun sera consacré et gardera cette sainteté, et se souviendra que c'est le SEIGNEUR qui a fait sortir le peuple – nous a fait sortir, m'a fait sortir du pays d'Égypte, pour vivre en moi, pour vivre à l'intérieur de moi. Car Il est le SEIGNEUR. Voilà la signification du passage d'aujourd'hui.
Ah, oui ! J'ai failli oublier
Chémot 30,1–10
וְעָשִׂיתָ מִזְבֵּחַ מִקְטַר קְטֹרֶת עֲצֵי שִׁטִּים תַּעֲשֶׂה אֹתוֹ׃
ve'assíta mizbéya'h miktár ketóret atsé chittím ta'assé otó
1 Et tu feras un autel pour l'encensement des aromates, d'acacia fais-le.
La racine kouf-tet-rech – d'elle provient le mot ketóret (encensement ou encensement des aromates). Ce mot peut signifier simplement fumer ou même simplement grogner. Mekatér – c'est un homme qui grogne et se plaint de tout, au sens figuré, qui « fume ». La locomotive de chemin de fer, qu'on ne fabrique plus aujourd'hui et qui avançait en fumant à l'avant du train et, à proprement parler, menait derrière elle tout le train – c'est un katár, de cette même racine. Donc, lekatér (faire fumer des aromates) – c'est faire monter la fumée, l'encensement – c'est la montée de la fumée. Le Très-Haut ordonne de faire un autel pour les encensements.
Cela paraît étonnant, comme si le Très-Haut avait dit : « Ah, oui ! J'ai failli oublier : il doit encore y avoir là un autel des encensements ! » Car toute la description de tous les ustensiles, de tous les accessoires du Michkan est terminée, et soudain le Très-Haut ajoute tout à la fin la nécessité de faire encore un autel. Ce petit passage ne vient pas de manière très logique chronologiquement. Et, bien entendu, cela n'a pas attiré seulement mon attention, cela a attiré l'attention de nombreux commentateurs, beaucoup ont réfléchi à ce sujet. Il y a une idée intéressante (il existe une telle tradition, une telle compréhension) selon laquelle le corps humain reçoit du plaisir de la nourriture, de la boisson et de beaucoup d'autres plaisirs, mais l'âme ne reçoit du plaisir que de l'odeur. Quand 'Hava, notre Mère originelle, regardait l'arbre au Paradis, elle a indiqué et l'aspect, et la couleur, et le goût. Elle n'a pas indiqué l'odeur. Sur l'odeur, rien n'a été dit, et l'odeur n'a pas été endommagée. L'odeur, le sens de l'odorat, est le seul (selon la tradition) sens intact chez l'homme. Et l'odeur nous transporte, elle est comme un pont, vers un autre monde. C'est pourquoi l'autel de l'encensement (ketóret) est lié au monde dans lequel le Michkan est déjà achevé, sa construction est déjà achevée. C'est-à-dire que le ketóret peut être apporté par des gens qui ont fait le pas dans un monde où ce qui est de l'âme ou de l'esprit l'emporte déjà sur ce qui est du corps. Voilà la compréhension qui existe de cette rupture dans la chronologie. Le ketóret est la plus élevée de toutes les offrandes que l'homme peut accomplir.
Au verset 2, nous lisons au sujet de cet autel :
אַמָּה אָרְכּוֹ וְאַמָּה רָחְבּוֹ רָבוּעַ יִהְיֶה וְאַמָּתַיִם קֹמָתוֹ מִמֶּנּוּ קַרְנֹתָיו׃
ammá orkó ve'ammá ro'hbó ravoúa yihyé ve'ammatáyim komató mimménou karnotáv
2 Une coudée – sa longueur et une coudée – sa largeur, il sera carré, et deux coudées sa hauteur, et de lui-même fais les cornes.
C'est-à-dire que c'est un petit autel, il est fait de bois (d'acacia). Nous avons parlé du fait que les mots de lui-même fais les cornes signifient que les cornes ne sont pas fixées, ne sont pas vissées, ne sont pas collées, mais sont faites d'une seule pièce avec l'autel.
וְצִפִּיתָ אֹתוֹ זָהָב טָהוֹר אֶת־גַּגּוֹ וְאֶת־קִירֹתָיו סָבִיב וְאֶת־קַרְנֹתָיו וְעָשִׂיתָ לּוֹ זֵר זָהָב סָבִיב׃
vetsippitá otó zaháv tahór et-gaggóLa ligne de translittération russe porte une lettre v en trop devant le mot « son toit ». La translittération française suit l'hébreu : et-gaggó. ve'et-kirotáv savív ve'et-karnotáv ve'assíta lo zer zaháv savív
3 Et recouvre-le d'or pur : son couvercle, et ses parois tout autour, et ses cornes ; et fais-lui une petite couronne d'or tout autour.
Puisqu'il est destiné à se tenir dans le Saint, et non dans le parvis, il n'est plus, naturellement, recouvert de cuivre, mais d'or. Et du fait qu'il est recouvert d'or, nous comprenons qu'il ne se tiendra pas du tout dehors.
וּשְׁתֵּי טַבְּעֹת זָהָב תַּעֲשֶׂה־לּוֹ מִתַּחַת לְזֵרוֹ עַל שְׁתֵּי צַלְעֹתָיו תַּעֲשֶׂה עַל־שְׁנֵי צִדָּיו וְהָיָה לְבָתִּים לְבַדִּים לָשֵׂאת אֹתוֹ בָּהֵמָּה׃
ouchté tabbe'ót zaháv ta'asse-ló mittá'hat lazeró al chété tsal'otáv ta'assé al-chené tsiddáv vehayá levattím levaddím lassét otó bahémma
4 Et deux anneaux d'or fais-lui, sous sa couronne (sa petite couronne), sur deux angles, sur deux côtés. Et ils seront pour les barres qui seront insérées, pour le porter.
C'est-à-dire que c'est un petit autel de ce genre : 50x50 centimètres, sa dimension en plan, et un mètre, sa hauteur. Il est revêtu d'or pur, il a deux anneaux, à travers eux on insère deux barres, qui seront aussi (comme nous le lirons) revêtues d'or. Et c'est ainsi qu'on transportera cet autel.
וְעָשִׂיתָ אֶת־הַבַּדִּים עֲצֵי שִׁטִּים וְצִפִּיתָ אֹתָם זָהָב׃
ve'assíta et-habbaddím atsé chittím vetsippitá otám zaháv
5 Et tu feras les perches en bois d'acacia, et tu les recouvriras d'or.
Tous les accessoires du Saint sont recouverts d'or, y compris cet autel.
וְנָתַתָּה אֹתוֹ לִפְנֵי הַפָּרֹכֶת אֲשֶׁר עַל־אֲרֹן הָעֵדֻת לִפְנֵי הַכַּפֹּרֶת אֲשֶׁר עַל־הָעֵדֻת אֲשֶׁר אִוָּעֵד לְךָ שָׁמָּה׃
venatattá otó lifné happarókhet achér al-arón ha'edoút
lifné hakkapóret achér al-ha'edoút achér ivva'éd lekhá chámma
6 Et tu le placeras devant le voile qui couvre l'arche d'alliance, en face de l'arche d'alliance elle-même, où Je t'apparaîtrai.
Qu'est-ce que cela signifie ? En réalité, le voile ne couvre pas seulement l'arche d'alliance, il sépare tout le Michkan. Mais on veut dire : place-le à cet endroit, en face de l'arche d'alliance. C'est-à-dire que cet autel est placé à l'endroit qu'on appelle kódech (le Saint), à quelques coudées de l'arche d'alliance, mais entre eux il y a le voile qui sépare.
וְהִקְטִיר עָלָיו אַהֲרֹן קְטֹרֶת סַמִּים בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר בְּהֵיטִיבוֹ אֶת־הַנֵּרֹת יַקְטִירֶנָּה׃
vehiktír aláv aharón ketóret sammím babbóker babbóker behetivó et-hannerót yaktirénna
7 Et Aharon fera fumer sur lui l'encensement composé, matin après matin ; quand il arrange les chandelles de la ménorah, il les fera fumer.
C'est-à-dire qu'avant qu'Aharon ne commence tout service (le kohen commence le service très, très tôt le matin), il fait avant tout fumer l'encensement.
וּבְהַעֲלֹת אַהֲרֹן אֶת־הַנֵּרֹת בֵּין הָעֲרְבַּיִם יַקְטִירֶנָּה קְטֹרֶת תָּמִיד לִפְנֵי יְהוָה לְדֹרֹתֵיכֶם׃
ouvha'alót aharón et-hannerót ben ha'arbáyim yaktirénna ketóret tamíd lifné adonáy ledorotekhém
8 Et quand Aharon dispose les chandelles au crépuscule, il fera fumer l'encensement éternel devant le SEIGNEUR dans vos générations.
En effet, la tradition de l'encensement a duré pendant toute l'existence du Temple. Parmi les kohanim, cette tradition est née sur la base de la compréhension du chapitre 33 du livre de Dévarim, le dernier chapitre de la Torah, où Yaakov bénit Lévi. Et il y dit ainsi (Dévarim 33,10) : « Qu'il (Lévi et ses descendants) enseigne Tes lois à Yaakov, Ton enseignement à Israël. Qu'il accomplisse devant Toi l'encensement, l'holocauste sur Ton autel. Bénis, SEIGNEUR, sa puissance, agrée l'œuvre de ses mains ».
Parmi les kohanim existait la compréhension que l'offrande du sacrifice ketóret (l'offrande des encensements) enrichit le kohen : celui des kohanim qui était jugé digne d'apporter un tel sacrifice deviendrait assurément riche (voilà une telle « doctrine de la prospérité »). C'est pourquoi le sacrifice de l'encensement était l'un des sacrifices qu'on apportait par tirage au sort. Il échéait à un kohen une seule fois dans sa vie d'apporter un tel sacrifice. Et c'était important pour lui, parce que de cela dépendait la prospérité (le bien-être) de sa famille. Outre, bien sûr, cet aspect qu'il se tient devant le Très-Haut et pour la première fois (l'unique fois de sa vie) entre dans le Saint pour y servir par l'encensement. On prenait ce tirage au sort très au sérieux. Nous lisons que Zacharie entra pour servir, car cela lui était échu par le sort (Luc 1,8–9).
Le tirage au sort se faisait parmi tous les kohanim. Comment cela se passait-il ? Les kohanim, peut-on dire, se répartissaient en groupes, en rangs. Si à l'un il revenait d'apporter le sacrifice le matin, alors il donnait à celui qui se tenait à côté le droit d'apporter le sacrifice le soir. Les kohanim étaient très nombreux, et ce n'était pas chacun d'eux, loin de là, qui était jugé digne d'une telle possibilité – apporter le sacrifice. Beaucoup de kohanim, pendant l'offrande précisément du sacrifice de l'encensement, recevaient des révélations, il y a beaucoup d'histoires à ce sujet. C'est pourquoi on comprend qu'il y avait beaucoup de candidats pour apporter ce sacrifice. Et ce sacrifice est effectivement resté dans les générations.
לֹא־תַעֲלוּ עָלָיו קְטֹרֶת זָרָה וְעֹלָה וּמִנְחָה וְנֵסֶךְ לֹא תִסְּכוּ עָלָיו׃
lo-ta'aloú aláv ketóret zará ve'olá oumin'há venéssekh lo tissekhoú aláv
9 Et aucun autre encensement il ne faut faire monter sur lui : ni holocauste, ni quelque don que ce soit, et le vin, ne pas le répandre sur lui.
C'est-à-dire que le Très-Haut donnera la composition d'un encensement concret, et aucun autre encensement (selon quelques autres recettes particulières) on ne peut le faire monter sur cet autel. Autour de cela aussi, il y aura beaucoup de spécialistes qui connaîtront chaque composant, chaque ingrédient de cet encensement et veilleront à la justesse de la composition. Et à cela aussi sont liées beaucoup d'histoires intéressantes.
C'est-à-dire que c'est un autel particulier, qui est fait spécialement pour un seul genre exclusif de sacrifices – pour les encensements. On ne peut rien apporter d'autre sur lui. On ne peut pas dire : « Ah, une fois, apportons sur lui une offrande de céréales ! Quelle différence pour le Très-Haut, par quelle porte ce sacrifice entrera auprès de Lui ». Non, le Très-Haut dit : « Cet autel est exclusivement pour le sacrifice des encensements ».
וְכִפֶּר אַהֲרֹן עַל־קַרְנֹתָיו אַחַת בַּשָּׁנָה מִדַּם חַטַּאת הַכִּפֻּרִים אַחַת בַּשָּׁנָה יְכַפֵּר עָלָיו לְדֹרֹתֵיכֶם קֹדֶשׁ־קָדָשִׁים הוּא לַיהוָה׃
vekhippér aharón al-karnotáv a'hát bachaná middám 'hattát hakkippourím a'hát bachaná yekhappér aláv ledorotekhém kodech-kadachím hou ladonáy
10 Et Aharon accomplira l'expiation de ses cornes une fois par an, avec le sang du sacrifice pour le péché qui sera au Jour de l'Expiation, une fois par an il l'expiera, dans toutes vos générations ; par consécration il est consacré pour le SEIGNEUR.
Par consécration consacré (kodech-kodachím) – on veut dire qu'il est mis à part d'une mise à part déterminée, consacré pour une consécration déterminée. Comme nous l'avons déjà dit, cet autel est séparé, il est saint pour le sacrifice du ketóret, pour les encensements. Dans ce cas, le mot kódech signifie précisément voué. Cela n'est pas toujours lié à la sainteté. Dans notre compréhension, quand une femme se marie, elle aussi est vouée à son mari. Elle est moukdéchet – vouée à son mari, séparée. Cela ne veut pas dire qu'elle devient sainte, cela veut dire qu'elle devient celle de son mari. Si elle devient celle de Dieu, elle devient aussi sainte. Si vous avez une casserole émaillée dans laquelle vous faites des cornichons légèrement salés (et seulement des cornichons légèrement salés !), si vous avez décidé de ne rien faire d'autre dedans, alors cette casserole est vouée aux cornichons légèrement salés. Voilà, exactement de la même manière, l'autel est voué au sacrifice des encensements. Eh bien, naturellement, puisqu'il se trouve dans le Saint et qu'il est mis à part pour le Saint, il est aussi saint pour le Très-Haut. Mais dans le cadre de cette sainteté, nous ne pouvons pas dire : « Eh bien, l'offrande de céréales est sainte aussi, donc apportons l'offrande de céréales sur lui ». Non, il est mis à part pour un but tout à fait concret, déterminé. Et ce but – c'est le sacrifice de l'encensement, rien d'autre.
La Torah en 5 minutes
En commençant par la section hebdomadaire Yitro, nous lisons comment le Très-Haut établit les relations avec le peuple d'Israël. Dans la section hebdomadaire Yitro elle-même, nous avons lu la conclusion de l'alliance, le don de la Torah, on peut dire, les noces entre Israël et le Très-Haut. Ce furent des noces étonnantes : avec des éclairs, du tonnerre, des sons de trompe. Au point que tous les présents avaient peur de la grandeur de cet événement. Et Israël, pendant ces noces, a été élevé à un très haut niveau de sainteté. C'est pourquoi, aussitôt après cela, nous avons lu comment le Très-Haut instruit le peuple à vivre avec cette sainteté. C'était la section hebdomadaire Michpatim, qui racontait comment manifester la sainteté dans la vie quotidienne, jour après jour, comment doit être un peuple saint. Et il y avait là une multitude de détails infimes de la vie humaine la plus, la plus routinière.
Après cela, le peuple d'Israël a commencé la construction du Michkan – le lieu de rencontre d'Israël et du Très-Haut. On peut dire, si l'on s'appuie sur cette métaphore des noces que nous avons adoptée, que c'est la maison pour les jeunes mariés – Israël et le Très-Haut, le lieu où Israël rencontrera le Très-Haut. Cette construction est décrite dans les moindres particularités et dans les moindres détails. Nous avons vu l'harmonie, l'unité que le peuple a manifestée lors de la construction du Michkan. Ce fut un événement étonnant. Et de nouveau Israël s'est élevé à un haut niveau de sainteté. Le Michkan est devenu une sorte d'échelle de sainteté pour le peuple juif.
Dans la section hebdomadaire Tétsavé, nous lisons les dernières touches, sur les vêtements des kohanim, sur la préparation de ceux par qui se réalisera cette rencontre – la rencontre d'Israël et du Très-Haut. Et, quand nous avons appris tout cela, nous commençons à lire de nouveau sur la vie quotidienne. Que va-t-il donc se passer dans cette maison dans laquelle vivent Israël et le Très-Haut ? Au chapitre 29, au verset 38, nous lisons : « Et voici ce que tu apporteras sur l'autel : deux agneaux d'un an par jour, constamment. Un agneau, apporte-le le matin, et l'autre agneau, apporte-le au crépuscule ». Il y a une description détaillée de la manière dont il faut apporter ces agneaux, mais c'est précisément par cela que le Très-Haut commence la description du service. Toute cette grandiose préface historique de noces somptueuses, avec des instructions détaillées, avec la construction de la merveilleuse Tente d'assignation, pour que soient apportés deux agneaux : un le matin, un le soir.
Et c'est ce qui se passe souvent dans notre service. Il est facile de faire certaines choses grandioses, il est facile d'organiser certains événements grandioses. Il est beaucoup plus difficile de demeurer dans la constance. Les relations de l'alliance exigent la constance : un agneau, apporte-le le matin, et l'autre agneau, apporte-le au crépuscule. C'est bien de faire ainsi dans les relations avec le Très-Haut, quand nous ne nous rassemblons pas seulement pour de grandes œuvres, mais que chaque jour, comme dit la Torah, en nous couchant et en nous levant, nous pensons : « Qu'avons-nous fait pour le Très-Haut ? », nous nous efforçons de faire quelque chose pour le Très-Haut.
C'est bien aussi dans la vie de famille, dans notre vie quotidienne. Bien sûr, c'est bien d'offrir à sa femme des cadeaux coûteux ou de faire quelque chose de grand et d'important dans la famille. Mais parfois il faut sortir les poubelles, éplucher les pommes de terre, simplement serrer sa femme dans ses bras, l'embrasser, l'écouter. Dans la vie de famille quotidienne aussi, il faut un agneau le matin et un agneau le soir. C'est la base des relations avec Dieu. C'est aussi le fondement de bonnes relations avec sa femme. En agissant ainsi, gardons l'alliance.
Les vêtements du kohen et l'armure complète de Dieu
De notre section hebdomadaire, nous savons que le kohen a huit vêtements, que les sages répartissent en sept groupes différents. Ici il faut faire une remarque : en général, la tradition kabbalistique juive voit le monde divisé en sept couches différentes, en sept niveaux de l'existence.
Si nous faisons une petite excursion historique, nous nous souviendrons qu'Avraham (notre Patriarche, de mémoire bénie) en son temps a renvoyé les fils des concubines loin de lui et leur a donné certains cadeaux. Sur ce que sont ces cadeaux, il existe beaucoup d'opinions différentes. Les uns disent : « Il leur a donné de l'argent ». D'autres disent qu'il leur a transmis la partie impure de la connaissance mystique (ésotérique), c'est-à-dire de la connaissance du monde impur. Non pas pour qu'ils deviennent impurs, pas du tout pour cela. (De même qu'un virologue moderne étudie les virus, pour l'essentiel non pas pour créer des virus, mais pour résister aux virus.) Avraham, sachant que ceux de ses fils, ses descendants, qui seraient envoyés loin de lui, seraient constamment confrontés au monde des forces impures, des démons, des esprits, des esprits des morts et ainsi de suite, les a munis d'une connaissance particulière sur la manière de venir à bout de ces forces. Il leur a enseigné beaucoup de questions de l'ordre du monde, pour qu'ils puissent exister dans le monde matériel. Il n'y a là aucun mépris. Pour un temps, Avraham a tout donné à Yits'hak. Mais nous croyons que toute l'humanité sera rassemblée, et le SEIGNEUR dit que toute tribu se prosternera devant Lui. C'est-à-dire qu'il n'y a pas aujourd'hui de peuples de mauvaise qualité et de bonne qualité, et Dieu veut l'adoration de Lui-même par tous les peuples. Mais alors, pour un temps, les descendants d'Avraham étaient, disons-le ainsi, dans certaines conditions de serre. Les autres enfants d'Avraham ont été envoyés loin de Yits'hak, pour que Yits'hak puisse grandir dans la justice. Et ceux-là ont reçu les cadeaux de l'impureté. De là, beaucoup de connaissances qui se sont conservées en Inde, au Tibet et ainsi de suite. Ces connaissances, selon la tradition juive (nous ne parlons pas maintenant de la position de la science, nous parlons de la tradition), se sont conservées chez ces peuples à partir de ce qui avait été transmis par Avraham. Et de là, chez les peuples anciens, en Inde, est apparue une notion telle que le terrible mot sanscrit chákra. Chakra ou centre énergétique de l'homme, roue – en indien, en sanscrit. Simplement « roue », c'est-à-dire que ce n'est déjà plus si terrible.
Et les vêtements des kohanim, selon la tradition juive, sont aussi mis en correspondance avec les sept couches de l'univers, les sept centres de la réalité, et chaque couche fonctionne à sa manière. Dans l'Épître aux Éphésiens (6,11–17), Paul parle aussi de sept vêtements. Rappelons que le kohen avait huit vêtements, mais le meíl (manteau) et la któnet (tunique) s'unissent en un seul – le vêtement de dessus. Et c'est pourquoi on peut parler de sept vêtements. Paul nomme aussi sept vêtements de fidélité : la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures – la disposition à annoncer la bonne nouvelle, le bouclier de la foi, l'épée – la Parole de Dieu, le casque du salut et la prière. Et nous essaierons de parcourir les vêtements des kohanim et de comprendre pourquoi ils sont tels, ce qu'ils font concrètement, et, par conséquent, de nous faire une idée du dress code dont parle Paul – de l'équipement militaire du guerrier de ce combat auquel nous sommes tous appelés.
Mais nous commencerons dans l'ordre historique par les vêtements du kohen, et nous examinerons chaque élément du vêtement à la lumière de la tradition juive et à la lumière de la description de Paul, c'est-à-dire dans la tradition chrétienne.
Le vêtement le plus haut de l'homme – c'est la tiare nouée (mitsnéfet), une sorte d'équivalent d'une kippa ou d'un petit turban. Elle se trouve au sommet de la tête du kohen – l'endroit, peut-on dire, le plus important, le plus élevé du corps de l'homme.
Faisons de nouveau une petite digression. Le Talmud dit que ce n'est pas pour rien que la description des vêtements du kohen vient immédiatement après la description des sacrifices. C'est écrit ainsi pour nous enseigner que les vêtements des kohanim expient aussi, comme les sacrifices. S'étant revêtu de ces vêtements et s'étant humilié, s'étant amené à l'état correspondant à ces vêtements, le kohen expie certaines de ses qualités et en même temps expie les qualités de tout le peuple. Il est très important de comprendre que le kohen gadol n'entre pas de lui-même dans le Saint des Saints. Avec lui entre obligatoirement, au figuré, tout le peuple. Spirituellement, il se présente pour tout le peuple. Dans le Temple, il n'y a pas de personne du kohen, il n'y a aucun élément privé, il n'est pas de lui-même, il ne s'appartient pas. Il est, d'un côté, l'envoyé du peuple devant le Très-Haut, et, de l'autre côté, il est l'envoyé du Très-Haut devant le peuple. En lui se rencontrent le Divin et l'humain. Étant entré dans le Saint des Saints, il devient Dieu-homme, comme préfiguration de Yéchoua, et pour lui cela était possible dans les moments d'illumination et par la grâce de Dieu, grâce à l'existence du Sanctuaire. Et c'est pourquoi tout ce qu'expie le kohen expie aussi le peupleLa phrase russe peut se lire « tout ce que le kohen expie, le peuple l'expie aussi » ou « tout ce qui expie le kohen expie aussi le peuple ». Elle est traduite littéralement, avec la même ambiguïté.. C'est une réponse à beaucoup de nos opposants, qui disent : « Comment par la justice d'un seul beaucoup peuvent-ils être sauvés ? » Voilà, le judaïsme lui-même (le traité Zeva'him du Talmud) dit que les vêtements des kohanim expient. C'est-à-dire que, quand le kohen gadol entre dans le Saint des Saints, l'expiation du peuple se produit par la justice qu'atteint, lors de la rencontre avec le Créateur, un seul kohen gadol concret. Et voilà, nous allons maintenant examiner le vêtement et les qualités qu'il expie, selon le Talmud (traité Zeva'him, feuille 88, page 2).
Le vêtement le plus haut, comme nous l'avons dit, la mitsnéfet – c'est le sommet de la tête. Selon le Talmud, elle expie des qualités telles que l'orgueil, l'arrogance, la grossièreté, le mépris envers les autres. La partie la plus haute de l'équipement que décrit Paul dans l'Épître aux Éphésiens – c'est le casque du salut. Pourquoi le salut – c'est le casque ? Pourquoi le salut – ce n'est pas la cuirasse, ni le pantalon, mais le casque ? Le casque est sur la tête. Et le salut s'élève au-dessus de nous, comme la plume au-dessus du chapeau d'un hussard. C'est-à-dire que le salut – c'est notre espoir, notre espérance, notre prolongement dans le monde à venir. Notre homme spirituel, qui se trouve bien plus haut que nous, il est déjà un homme sauvé et il demeure déjà dans le monde à venir. Et le symbole de cette demeure, comme le casque, se trouve au-dessus de nous. Et puisque nous ne sommes pas sauvés par notre propre justice, puisque nous croyons en la grâce du Très-Haut, en ayant notre salut, alors le salut est le contrepoids de l'orgueil, le contrepoids du mépris des autres gens. Car si Dieu nous a manifesté Son amour et nous a offert ce salut, alors nous devons aller vers les autres et les sauver, parce que ce don, nous ne l'avons mérité ni par notre beauté, ni par notre intelligence, ni, Dieu nous en garde, par notre richesse, mais seulement par Sa grâce. Et, en L'aimant, en espérant en Lui, nous serons prêts et heureux que Dieu partage cette grâce avec d'autres. Et le salut, comme la plume, – c'est une parure, une espérance. Et cette espérance nous meut dans le monde. C'est le fondement de nos relations avec le Très-Haut. Chez le kohen – c'est la tiare nouée (mitsnéfet).
Un peu plus bas, chez le kohen, vient le tsits. Beaucoup de rois avaient un tel ornement. Il pendait du front jusqu'à l'arête du nez. Dans le livre de Chémot (28,36), il est écrit : « Fais-toi une planchette polie d'or pur ». La question est : comment peut-on faire une planchette en or ? Je ne vais pas discuter là-dessus, mais le sens général est clair : fais une petite plaque plate d'or pur, sur laquelle était écrit le nom. C'est le centre spirituel dans l'homme : il est responsable des pensées, de la raison, de ce à quoi nous pensons, de la tournure de nos pensées. Et, en conséquence, nous pouvons lui comparer la prière dont parle Paul. Notre raison, en se revêtant de la prière, commence à se tourner constamment vers le Très-Haut. C'est-à-dire que nous savons que nos pensées – c'est ce qu'on appelle le dialogue intérieur, le bavardage intérieur, il est très difficile de l'arrêter et très difficile de le diriger. On est loin de toujours réussir à repérer quelle pensée nous vient en tête. Et la Torah avertit : « Garde-toi qu'une pensée ne se glisse en toi ». Certes, la Torah parle du cœur qui pense, mais aujourd'hui nous parlons de la raison, de ce qui est dans la tête. Cette raison est très différente du cœur. Nous pouvons comprendre par la raison que fumer est nocif, et pourtant fumer. Par la raison, nous pouvons comprendre que la colère – c'est un péché, et qu'elle est nocive pour nous, alors que le cœur peut en même temps être plein de colère. Le cœur et la raison ne marchent pas toujours au même pas, si l'on peut dire. La raison sait ce qui est juste, mais le cœur n'y correspond pas toujours. La raison est semblable à la bouche, parce que la bouche suit la raison, la bouche suit souvent la tête, et non le cœur. Et c'est seulement quand il y a abondance dans le cœur, quand le cœur déborde déjà (ce que nous pouvons dire dans la colère, nous ne le dirons pas dans un discours ordinaire), qu'alors la bouche commence à parler de l'abondance du cœur. Quand il n'y a pas d'abondance du cœur, alors c'est ce bavardage intérieur de notre tête qui résonne.
Et voilà, ici, pour ainsi dire, revêtir la raison de la prière – c'est le premier commencement. Ensuite, nous pouvons dire qu'il existe une notion telle que la prière du cœur, la prière intérieure. Elle est très importante. La prière incessante dans le cœur – c'est quand nous essayons vraiment de nous concentrer sur le cœur, de prier le Très-Haut. C'est la pratique hésychaste (le monachisme érémitique des anachorètes silencieux), une pratique très ancienne chez les chrétiens, qui aujourd'hui, malheureusement, est presque oubliée. Mais essayez, en pensant au cœur, comme en déposant votre « moi » dans votre propre cœur, de prier, et vous sentirez de la chaleur dans le cœur, et, aussi étrange que cela paraisse, vous pouvez sentir de la douceur dans le cœur à cause de cela, quand votre bouche glorifiera Dieu de l'abondance du cœur.
Mais ici, nous parlons de la discipline du guerrier, du tout premier revêtement. Et c'est pourquoi, avant tout, revêtir la raison, donner une compréhension juste au moins au niveau de la raison. Et en ce sens, pour ainsi dire, la plaquette d'or sur le front d'Aharon est responsable de l'insolence et de la honte, de la capacité à se retenir, de la capacité à garder une apparence humaine. En anglais, on dit : « Perdre la face », – et en russe aujourd'hui on dit : « Perdre la face ». Dans Yirméyahou (3,3), nous lisons que tu avais un front de prostituée, c'est-à-dire une manière de penser débauchée. Même la raison elle-même ne distinguait déjà plus, pour ainsi dire, le bien et le mal. Comme si elle avait la débauche écrite sur le front, c'est-à-dire que déjà non seulement le cœur s'était corrompu, mais aussi le cerveau. Et, selon le Talmud, cette grossièreté, cette insolence, c'est l'élément du vêtement du kohen appelé tsits qui l'expie, ou cette plaquette polie. Elle rend humbles les pensées de l'homme, en les dirigeant vers la prière, et oblige ce dialogue intérieur qui est le nôtre, que nous ne pouvons jamais étouffer, à se tourner vers le Très-Haut.
Le vêtement suivant – c'est l'épée ou l'éfod. L'éfod – ce sont les valeurs que nous nous choisissons, les buts que nous nous fixons pour nous-mêmes et pour le monde autour de nous. Chacun de nous est, dans une certaine mesure, un collègue du Créateur. Nous changeons la réalité autour de nous. Peut-être que cela nous semble seulement ainsi, mais nous, ayant été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous contenons en nous aussi une force créatrice, qui se manifeste dans ce que nous faisons. Et l'épée, que Paul compare à la Parole de Dieu, et l'éfod comme signe de celui qui gouverne, notre langage, par lequel nous parlons (car nous dirigeons les gens, nous communiquons avec eux par des mots, nous nous manifestons dans la réalité avant tout par des mots), – c'est cela même notre principe créateur. Et, quand nous prêchons la Parole de Dieu, nous prêchons la Parole de Dieu vivante. C'est-à-dire que Dieu n'a pas déjà tout dit et fermé Son Livre, Il peut parler à travers nous. Nous sommes appelés à mettre en œuvre Sa Parole, à répéter Sa Parole aux gens. On appelle le peuple juif le peuple du livre. Mais ce n'est pas tout à fait ainsi, parce que la Torah elle-même ordonne : « Raconte au fils, répète au fils, dis. Le fils demandera, et toi tu raconteras ». Cela oblige notre principe créateur, notre parole, à ne pas lui répéter, à ne pas lui citer des versets (on ne sait pourquoi, dans le monde chrétien, il est d'usage de communiquer par des citations), mais à raconter avec nos propres mots, pour qu'il entende la voix du père, la voix de la mère et la compréhension du père, la compréhension de la mère, pour qu'il puisse dire : « C'est le Dieu de mon père ». Pas de je ne sais quels gens anciens qui ont mis la Torah par écrit, mais le Dieu de mon père, parce que voilà, mon père en parle avec ses propres mots. Et, quand nous nous adressons à d'autres gens, quand nous portons la bonne nouvelle (et c'est précisément par la bonne nouvelle que nous changeons le monde), en cela est notre co-création avec Dieu. Nous aussi, nous devons nous efforcer de parler avec nos propres mots, apprendre à y mettre notre compréhension. Nous, si différents, le Très-Haut nous a appelés au service pour Son Fils, pour que nous, si différents, prêchions si différemment Sa Parole.
Dans le judaïsme, on considère que l'éfod expie l'idolâtrie. Nous devons comprendre quel Dieu nous prêchons, pour quelles valeurs nous construisons le monde. Nous pouvons découvrir quelque chose de nouveau dans les recherches sur le cerveau, dans les recherches sur l'espace, dans les recherches sur les profondeurs de la Terre ou de la mer. Mais nous devons comprendre que, ce faisant, nous servons Dieu, nous découvrons Son univers, même en racontant certaines nouvelles découvertes. Voilà, récemment, des centaines de nouvelles espèces d'animaux marins ont été découvertes en Antarctique. On peut en parler à la gloire de la science, à la gloire de l'expédition qui a organisé cette recherche. Et on peut en parler à la gloire du Très-Haut, Que, autant qu'on découvre le monde, nous découvrons dans des créations toujours nouvelles et nouvelles. Et voir là-bas des poissons transparents ou des crustacés transparents, et beaucoup d'autres merveilles, et s'émerveiller, et dire non seulement : « Que Tes œuvres sont grandes, Très-Haut ! », mais aussi : « Que Tes œuvres sont petites, Très-Haut. Combien d'animaux petits et, semble-t-il, vivant dans une aire très étroite Tu as créés, et comme Tu prends soin d'eux aussi ! » Et voilà, ce maintien créatif du lien avec le Très-Haut doit rappeler que ce n'est pas nous-mêmes que nous portons dans notre création, que ce n'est pas nous-mêmes que nous apportons dans le monde à travers notre création, à travers notre principe créateur, à travers tout ce que nous faisons. Nous sommes pour ainsi dire un filtre, non pour ce qui est à nous, un joli morceau de verre, choisi non pour éclairer à travers lui ce qui est à nous ; nous sommes particuliers non pour dévoiler notre particularité, mais pour dévoiler, à travers notre particularité, d'autres facettes du Très-Haut.
Hochéa dit (3,4) : « Vous êtes restés sans sacrifice, sans autel, sans éfod, sans térafim ». C'est-à-dire que l'éfod (comme le térafim dans le paganisme) assure le lien de notre principe créateur, l'ascension de notre principe créateur vers le Très-Haut. Et tout ce que nous créons : que nous écrivions de la musique ou des poèmes sur l'amour, eux aussi peuvent glorifier Dieu, qui nous a appris à aimer ainsi. J'ai pensé autrefois que je ne pouvais aimer que moi seul. Puis soudain j'ai rencontré une femme que j'ai aimée, et j'ai découvert que tu peux déjà aimer quelqu'un d'autre. Puis naît un enfant, et tu penses : « Voilà cet être morveux, et je n'aimerai plus jamais personne au monde plus que lui ». Puis soudain il s'avère qu'il y a de la place pour encore un, encore un, encore un. Et puis, peut-être, les petits-enfants arriveront aussi, et la place ne s'épuise pas. Dieu nous donne un amour infini et une force créatrice, infinie pour que, en tout – dans un petit poisson nouvellement découvert, dans une nouvelle variété de roses obtenue, nous manifestions Sa gloire.
Le vêtement suivant – c'est le 'hochen (pectoral), la cuirasse de la justice ou de la droiture. Le mot qui est employé ici en grec, on peut dire qu'il est comme une cotte de mailles, tissé de justice et de foi. Et voilà, cette cotte de mailles – c'est une cuirasse telle que la justice et la foi ne peuvent y exister qu'ensemble, parce que c'est précisément par la foi qu'est donnée la notion de justice. La justice (la droiture) ne nous laisse pas pencher du mauvais côté. Étant dotés de l'Esprit, nous voyons le tableau d'ensemble, et c'est pourquoi nous pouvons agir avec droiture et justice dans toutes nos affaires. C'est-à-dire qu'on peut dire qu'il s'agit ici de rectitude et de décence, d'honnêteté devant le Très-Haut. Et, étant honnêtes devant le Très-Haut, justes et, plus encore, justifiés par le Très-Haut lui-même par le Fils, nous devenons comme derrière une cuirasse, invulnérables à tout. Et la tradition juive dit aussi que le 'hochen (pectoral) répare le jugement, répare les jugements, les sentences, et ainsi de suite. Nous savons qu'il existe un tel procureur – le satan, qui va constamment et dit : « Mais cet homme est-il juste ? Est-il prêt ? Vérifions ! » Il est une sorte d'éternel crash-testeur. Le crash-test – c'est un test de casse, c'est-à-dire une tentative de casser un objet pour le vérifier. Voilà, le satan essaie de nous casser, mais nous, nous avons une cuirasse, et même de bons obus antichars ne nous percent pas. Notre cuirasse sera plus solide que le char « Merkava », si nous nous tournons vers la droiture, parce que le juste est protégé par le Très-Haut. Et cette droiture se manifeste non par le fait que nous marchons tous en blanc et duveteux ou en blanc et lustré, mais par l'amour, par le bienfait, par la miséricorde.
Comment le jugement et la miséricorde sont-ils liés ? Paul dit que la miséricorde s'élève au-dessus du jugement. Cette pensée ne s'est pas conservée seulement chez Paul. Dans le Talmud, Rabbi Yo'hanan dit que Jérusalem a été détruite parce qu'on y jugeait par le jugement de la Torah. « Qu'y a-t-il de mal à ce qu'on y ait jugé par le jugement de la Torah ? » – demandent les disciples. « Par quel jugement, selon vous, aurait-on dû y juger ? » Et Yo'hanan dit que le problème était qu'on jugeait selon la Torah, selon la lettre de la Loi, mais qu'on ne manifestait pas de miséricorde. La miséricorde ne s'élevait pas au-dessus du jugement. La justice de Dieu est en ceci que la miséricorde s'élève au-dessus du jugement. Le Talmud dit que, quand un homme parle en bien des autres, les anges célestes aussi parlent en bien de lui. Tous les anges célestes, y compris ce fameux calomniateur. Ainsi, par de bonnes pensées sur les gens, nous obtenons de bonnes pensées et de bons jugements pour nous-mêmes, comme le dit Yéchoua : « Du jugement dont vous jugez, vous serez jugés ».
On me demandera : « Eh bien, Alex, tu es certes un maître pour parler, mais en pratique, comment ? » En pratique, il y a un bon moyen. Si vous regardez un homme méchant, un homme qui vous fait du mal, représentez-le-vous tel que le Très-Haut a projeté de le voir dans le Royaume. Le Très-Haut prévoit de voir dans le Royaume tout homme qu'Il a créé. Et quand vous vous représenterez cela, regardez, et vous comprendrez que c'est comme un portefeuille perdu. Vous avez trouvé un portefeuille, et dedans il y a la carte de visite du propriétaire. Vous le rendrez à cette personne, parce qu'il est malhonnête de prendre le bien d'autrui. Et on peut même être peiné de ce qu'une personne a perdu son portefeuille et le cherche maintenant. Exactement de la même manière, nous pouvons rendre ces âmes au Très-Haut. Si nous avons fait tout ce qui a déjà été dit plus haut, alors la première pensée qui nous vient est : « Quel dommage que cet homme (non, ce n'est pas dommage qu'il nous ait offensés, pas dommage qu'il nous ait marché sur le pied), quel dommage qu'il soit perdu aujourd'hui pour le Très-Haut. Comme il est important pour le Très-Haut de ramener cet homme ». C'est une barre très haute, mais, au fond, Paul nous parle de cela, et Yéchoua nous enseigne précisément cela. C'est précisément à cela que nous devons aspirer.
Bien que nous devions comprendre aussi autre chose : que notre entourage doit être pur. C'est-à-dire que, en aidant ces gens, en prenant soin de ces gens, nous devons garder notre maison pure et notre assemblée pure, et il faut, pour ainsi dire, se préserver du mal. C'est pourquoi il est dit, à proprement parler, ainsi : « Après une deuxième, une troisième exhortation – laisse ». C'est-à-dire qu'il faut de la sollicitude, il faut manifester de la sollicitude, et nous sèmerons quelque chose. Mais ici, notre désir de tout réparer nous-mêmes peut encore nous trahir, alors que celui qui répare, à proprement parler, c'est le Très-Haut. C'est pourquoi deux-trois fois, dix fois, vingt fois, mais nous laissons.
Au prochain, nous pardonnons jusqu'à soixante-dix fois sept fois, cela parmi ceux qui se tiennent avec nous sur le chemin. Mais ceux qui ne se tiennent pas sur le chemin, nous les appelons, nous leur prêchons deux-trois fois. Et après cela (il existe une notion telle que le time management – la gestion du temps), nous devons avancer, en espérant que ce que nous avons semé lèvera. Et il y a des témoignages que ce qui a été semé lève même de nombreuses années après avoir été semé.
Ainsi, nous avons parlé du cœur, et de la manière dont le cœur est devenu droit (juste), et de ce que la justice (la droiture) dans sa manifestation actuelle – c'est l'amour.
La partie suivante, très importante, du vêtement – c'est l'avnet (ceinturon ou ceinture), et il est lié aux intentions de l'homme. Dans la tradition juive, nous trouvons que le ceinturon, la ceinture est responsable de la volonté, de nos désirs, de nos intentions, de la mesure dans laquelle nous aspirons de manière générale à nos buts. C'est-à-dire qu'on peut dire que c'est pour ainsi dire notre « essence ». Autant nous avons de volonté, autant de réserve, autant de forces, autant nous sommes capables d'en investir dans notre action. Nous pouvons puiser des forces à différentes sources. L'argent, par exemple, – c'est aussi une force. Le soutien des proches – c'est aussi une force. Imaginez combien, pour un sportif qui court dans un stade, ou pour des footballeurs, le soutien des spectateurs, des supporters est important. Ils en parlent souvent. Mais nous, nous ne cherchons pas la gloire humaine, nous ne cherchons pas le soutien des gens, mais nous nous ceignons de la ceinture de la vérité. Elle couvre le ventre et en même temps elle est liée (attachée) à la tunique dont nous parlerons plus bas.
Ainsi, l'avnet couvre le ventre et nous permet de choisir où est la source de notre force, où nous cherchons du soutien, si ce que les gens pensent de nous compte pour nous, ou ce que le gouvernement pense de nous, ou ce que les spectateurs pensent de nous. Paul, par exemple, témoigne de lui-même : « Je ne cherche pas le soutien des autres gens. Je ne pense pas à ce que les gens pensent de moi. Ce qui m'importe, c'est ce que le Très-Haut pense de moi ! » Paul dit aussi : « Et je peux tout en Yéchoua qui me renforce, qui m'accélère, qui m'affermit ! » C'est-à-dire que je peux tout quand Il est mon « carburant », quand Il est ma force. Voilà cette propriété du service du kohen, quand se pose la question : que choisit-il, qu'est-ce qui est pour lui la source de la vie ?
La source de la vie pour le kohen – c'est l'émet (vérité), c'est la compréhension que la vérité seule est le sceau du Très-Haut. Le mot vérité en hébreu commence par la lettre alef et se termine par la lettre tav. Elle embrasse tout : de l'alef au tav. Et la lettre mem entre elles, par laquelle commence le mot mavet (mort), permet au mortel de se tenir (de se trouver) dans la vérité. L'émet – c'est la révélation de la vérité divine sur la terre, et c'est d'elle que Paul conseille de ceindre les reins. Et il est important que la source de notre service soit le Très-Haut. Nous pouvons regarder les yeux enthousiastes de ceux qui nous écoutent. C'est agréable. Mais nous devons avant tout chercher à trouver grâce aux yeux du Très-Haut. En hébreu, le mot plaire signifie jusqu'à aujourd'hui trouver grâce (limtso 'hen). Et nous essayons de trouver grâce aux yeux du Très-Haut par tout notre service.
Le kohen entre dans le Saint des Saints avec l'avnet (ceinturon), pour trouver grâce. Et cet avnet (ceinturon) est aussi l'un des éléments de l'expiation. Il expie les intentions, les pensées de l'homme : « Et que pense celui-ci de moi ? Et que pense celui-là de moi ? » et ainsi de suite.
Dans l'enseignement de Paul, cela est lié au bouclier (maguen) de la foi, que nous prenons avec nous. Pourquoi le bouclier ? Le bouclier – c'est pour ainsi dire une arme passive. Le bouclier ne peut attaquer personne. « Le bouclier, – dit Paul, – repousse les flèches de satan, résiste à satan ». Et quel est donc ici le lien entre la foi et la volonté ? L'Épître aux Hébreux (11,1), comme nous le savons, donne la célèbre définition de la foi : « La foi est la réalisation de ce qu'on attend, l'assurance de l'invisible ». L'assurance de l'invisible – c'est quand nous ne voyons pas encore le plan de Dieu réalisé. Nos opposants nous disent : « Vous affirmez que le Machia'h est déjà venu. Où est donc le loup qui habite avec l'agneau ? Où est la victoire de la paix sur la terre ? Où est tout cela ? Les loups et les agneaux ne sont toujours pas amis, et c'est pourquoi votre foi – c'est de la vanité ! » Mais nous sommes certains que le chemin de Yéchoua nous conduira à ce que notre foi se révèle juste. Comme un homme qui croyait, par exemple, aux vols dans l'espace et y investissait toute sa vie, toute son âme, concevait toute sa vie des projets de vaisseaux spatiaux et est même mort sans avoir vu son projet réalisé, mais son projet s'est réalisé. Des gens rêvaient de vols, des gens prédisaient la découverte de certaines particules élémentaires. Pourquoi consacraient-ils leur vie à quelque chose qu'ils ne connaissaient pas encore ? Parce qu'ils croyaient. Ils croyaient que cela pouvait se réaliser.
Il y a eu aussi des gens dont la foi s'est révélée vanité, par exemple ceux qui étudiaient la substance inexistante phlogistique, dont proviendrait prétendument le feu. Il y a eu des gens qui écrivaient des thèses et étudiaient une végétation supposée possible sur Mars, et il s'est avéré qu'il n'y a pas de végétation sur Mars.
Mais la foi – c'est ce qui nous meut. Si la vérité – c'est notre carburant, alors la foi – c'est notre propulseur, c'est notre moteur, qui nous transporte. Et ce moteur, en surmontant la force de frottement, nous protège, protège notre mouvement de toutes sortes d'obstacles. Quand nous croyons, quand nous voyons le but et aspirons à ce but, et que le moteur – c'est notre justice, alors notre foi laisse derrière elle tous les doutes. Tous ceux qui disent : « Mais rien ne marchera, mais pourquoi donnes-tu de l'argent là-bas ? Tu ferais mieux de t'acheter quelque chose ! Mais pourquoi vas-tu le dimanche à l'église, le sabbat à la communauté ? Pourquoi fais-tu cela, au fond ? Tu ferais mieux de t'asseoir jouer aux dominos avec les gars, de boire de la bière, au moins tu aurais un peu de plaisir. Pourquoi fréquentes-tu ces sans-abri ? Pourquoi fais-tu ceci ? Pourquoi fais-tu cela ? » Nous nous comportons de manière irrationnelle aux yeux du monde, parce que nous construisons quelque chose qui est encore invisible. Dans chacune de nos actions, nous n'accomplissons pas simplement une action – nous exécutons en partie le dessein divin. Et cette exécution du dessein nous amène à ce que nous sommes mus par la foi, nous construisons ce que Dieu nous a ordonné de construire, sans encore voir notre construction.
Nous vivons un temps très court. Un peu plus de deux mille ans se sont écoulés depuis le jour de la résurrection de Yéchoua, et nous voyons aujourd'hui que l'Évangile a été prêché parmi tous les peuples. De l'extrême nord russe jusqu'à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, jusqu'au sud de l'Australie, la Bonne Nouvelle est parvenue. Tout cela, ce sont des gens mus par la foi qui l'ont fait.
Et le kohen aussi était mû par la foi, vivait en cela, accomplissait son service sacré. Or c'est très effrayant – se trouver dans le Saint des Saints. Le kohen gadol intercédait pour le peuple, intercédait pour sa justice, croyant que l'existence d'Israël, que tout le dessein de Dieu n'est pas vain et qu'il faut se tenir en cela, que par cela s'accomplit l'expiation du peuple.
Et nous devons nous rappeler (encore une fois, nous avons commencé par cela) que tout dans le Temple n'est pas lié à un seul homme. Nous non plus, nous ne sommes pas seuls par nous-mêmes. Chacun de nous – est une partie du corps de Yéchoua. Et dans le corps de Yéchoua, si un organe est tombé malade, si un organe ne remplissait pas ses fonctions, alors tout le corps sera insignifiant. Chacun de nous se trouve potentiellement dans ce Saint des Saints, dans le vêtement du kohen. C'est pourquoi nos actions (nous ne sommes pas une petite souris qui fait ses besoins dans la mer et dit : « Ici aussi il y a maintenant ma part ») contribuent réellement à la réalisation du plan divin. Et la foi nous permet de dépenser nos forces à construire l'invisible, pour le dire avec les mots de Maïakovski : « Dans quatre ans, ici, il y aura une cité-jardin ! » Peut-être que dans mille ans il y aura ici un monde dans lequel Dieu sera l'Unique et absolu Souverain, et tout genou fléchira devant Lui, tout peuple fléchira devant Lui. Voilà, c'est cette foi qui nous meut. Et pour le kohen – c'est le service du peuple, ce qui ne l'a pas poussé à tout abandonner et à dire : « Je vais prendre ma retraite, je vais rester assis à relire les œuvres de Sénèque ». Qu'est-ce qui le poussait à entrer dans le Saint des Saints ? La foi en ce que son service n'est pas vain, que tout ce qu'il fait n'est pas vain. Et voilà ce que symbolisait l'avnet.
Le niveau suivant, avant-dernier – ce sont les mikhnassayim (caleçons). En russe – pantalon, jean, jupe. Ce qui couvre, cache nos organes sexuels et expie, par conséquent, la débauche. La Torah elle-même dit que les caleçons ont été faits pour couvrir notre nudité, et la débauche en hébreu s'appelle découvrement de la nudité. Le fait de couvrir la nudité expie le dévoilement de la nudité. Le kohen gadol intercède pour le peuple. Et de plus, ayant offert le sacrifice, il est déjà entré dans le Temple. Et nous nous rappelons que nous avons un Kohen gadol parfait, qui se tient avec son sang, mais il se tient bien dans les mêmes vêtements de kohen, seulement dans des vêtements de kohen célestes. Et pour couvrir la nudité, pour couvrir le guilouy rayot (découvrement de la nudité), il existe le recouvrement de la nudité. Toutes les mauvaises pensées, toutes les pensées de fornication par lesquelles on nous tente, – tout cela est lié au fait de couvrir la nudité.
Mais dans un sens global, il ne s'agit pas seulement de fornication. Yéchoua nous fixe une barre très, très haute. Il dit que dans le monde à venir tous seront comme des anges : ils ne prennent pas femme, elles ne prennent pas mari. Et cela ne signifie pas qu'il faille aujourd'hui tout abandonner et partir dans le monachisme. Le monachisme est peut-être un chemin pour ceux qui l'ont choisi. Et je ne conseille à personne de se hâter, et je ne pousse personne sur ce chemin, et moi-même je ne me tiens nullement sur ce chemin. Aujourd'hui, il vaut mieux pour nous avoir nos familles et diriger nos familles. Mais il ne nous est pas donné de commettre la débauche même dans notre propre famille. Je le dirai tout de suite : entre époux, tout est permis qui n'offense pas l'un des époux. Que personne ne vous dise : « Ne faites pas ainsi ! Ne faites pas comme ça ! » Et de manière générale, que personne ne se mêle de ces affaires. Mais tout ce que vous faites, faites-le en comprenant que vous vous aimez l'un l'autre non d'un amour charnel, que vous vivez ensemble parce que Dieu vous a donnés l'un à l'autre, parce que vous êtes donnés l'un à l'autre par Dieu. Et le commandement de l'amour du prochain découle avant tout du commandement de l'amour envers le Très-Haut. D'abord sont écrits cinq commandements des relations entre Dieu et l'homme, et ensuite – cinq commandements des relations entre les gens. Tout ce que vous faites doit s'accomplir dans la sainteté. Cela ne concerne pas seulement les affaires de lit, cela concerne la préparation commune (ou non commune) du dîner, le travail, le départ au travail, l'éducation des enfants et ainsi de suite, précisément l'établissement de l'ordre, de la paix dans la famille. Encore une fois, que personne ne vous dise : « Pourquoi vivez-vous ainsi ou pourquoi vivez-vous autrement ? », s'il y a entente et paix dans la famille. Votre station – c'est devant le Très-Haut, et c'est pourquoi tout ce qui se fait dans la sainteté se fait dans la sainteté. Et Paul dit que notre vie sexuelle doit être dans la sainteté.
Et la toute dernière chose dont nous parlons – ce sont les chaussures. Les chaussures – c'est notre disposition à annoncer la Bonne Nouvelle. Si nous avons déjà comparé quelque chose au carburant, quelque chose au moteur, alors les chaussures – c'est la clé de contact. « Pourquoi avons-nous besoin de tout cela, au fond ? » – demanderez-vous. « Je vais au travail, je gagne de l'argent, j'entretiens ma famille, je vais dans ma communauté le sabbat, nous étudions la Torah (ou le dimanche je vais à l'église, et nous écoutons des prédications). Pourquoi ai-je besoin d'aller quelque part annoncer la Bonne Nouvelle ? » La disposition à annoncer la Bonne Nouvelle découle, encore une fois, de l'amour pour le Créateur. Et il est important de comprendre que ce monde est imparfait et que le Créateur nous a chargés de rendre ce monde parfait, Il nous a confié de devenir Ses collaborateurs. Il aurait certes pu facilement faire en sorte que le monde devienne parfait de lui-même, qu'il ne se casse même pas, qu'il ne cesse pas d'être parfait. Mais Dieu nous a choisis pour rendre ce monde parfait. Le sentiment de cet appel, la douleur pour les imperfections de ce monde et la joie de la possibilité de rendre ce monde parfait – c'est une immense joie d'être les collaborateurs du Créateur. J'ai connu un homme qui a été embauché chez Google. Il se réjouissait, il sautait presque jusqu'au plafond, parce que Google – ce sont de bonnes possibilités de gagner de l'argent, d'excellentes conditions de travail et ainsi de suite. Or ici, c'est le Créateur lui-même qui nous invite à travailler, et cela sans exiger de nous de Lui envoyer une autobiographie ou un CV, sans nous demander de passer des examens, bien qu'il y ait beaucoup d'examens. Il nous dit : « Venez à Moi pour le service, Je peux vous donner une mission. Allez et transformez le monde entier, faites du monde entier des disciples ! » C'est notre clé de contact, c'est ce qui nous fait avancer, ce vers quoi, à proprement parler, nous voulons rouler. Sinon, ce n'est même pas la peine de démarrer.
Dans le vêtement du kohen, ce qui est lié au monde extérieur – ce sont le mé'il et la ktonet. Dans la tradition juive, ils expient deux péchés très liés entre eux, c'est pourquoi on les a réunis en un seul – c'est la médisance (lachon hara) et l'effusion de sang (chfikhout damim). La médisance, on comprend ce que c'est. Mais pourquoi est-elle liée à l'effusion de sang ? Parce que, quand nous offensons un homme, quand nous disons du mal d'un homme, beaucoup de gens rougissent. Et, quand un homme rougit, son sang se répand pour ainsi dire de l'intérieur vers l'extérieur. C'est pourquoi les sages ont lié ensemble la médisance et l'effusion de sang. Quand nous faisons honte à un homme publiquement, quand nous réprimandons un homme publiquement, quand nous disons du mal d'un homme en le faisant rougir, nous versons pour ainsi dire par là son sang. Et la première effusion de sang n'a pas eu lieu quand Kayin a tué Hevel, mais quand Adam a mangé du fruit, et il est dit : « Tu mourras de mort ». Voilà, ce vêtement extérieur expie le péché d'Adam, expie tout le caractère pécheur de ce monde. Et contre le caractère pécheur de ce monde, contre l'impureté de ce monde, comme nous l'avons déjà dit, est précisément notre guerre. Une guerre à la fois intérieure et extérieure. Et avant tout, bien sûr, comme nous l'avons vu d'après les vêtements, c'est une lutte extérieure. Quand nous avons accompli tout cela, alors, dans les chaussures de la disposition à annoncer la Bonne Nouvelle, nous pouvons « démarrer » notre « voiture », nous « démarrer » nous-mêmes et aller servir le Très-Haut. Voilà la conversation pas simple que nous avons eue sur les vêtements du kohen, sur l'habit du croyant et, par conséquent, sur le dress-code.
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