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  3. Noa'h

נֹחַ

Noa'h

le déluge, l'arche et l'alliance

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
2 sur 54
Versets
Béréchit 6,9–11,32
Parties
11
Temps de lecture
2 h 42 min

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Noa'h — la section hebdomadaire sur le déluge, l'arche et le début d'une vie nouvelle. Dans le sténogramme de l'entretien, Alex Blend examine Béréchit 6,9–11,32 : l'alliance, les destinées des fils de Noa'h, les généalogies et la tour de Babel. Le matériel comprend le texte en hébreu, la translittération, la traduction et le commentaire de l'auteur.

Noa'h : la fin de toute chair

Béréchit 6,9 – 7,24

אֵלֶּה תּוֹלְדֹת נֹחַ נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה בְּדֹרֹתָיו אֶת-הָאֱלֹהִים הִתְהַלֶּךְ-נֹחַ:

élle toledót nóa'h nóa'h ich tsaddík tamím hayá bedorotáv et-ha'elohím hithallékh-nóa'h.

9 Voici la généalogie de Noa'h : Noa'h était un homme juste et simple dans sa génération ; Noa'h marchait avec Dieu.

Nous avons parlé, vous et moi, la dernière fois du mot toledót, qui signifie engendrements ou fruits et que l'on peut traduire : « Voici les fruits de Noa'h ». Le mot tamím signifie, d'une part, irréprochable, sans malice, d'autre part, parfait. Tam – d'une part, c'est simple, sans malice, d'autre part, tom – c'est fin, perfection. Il y a une perfection qui est dans la simplicité. On peut dire que Noa'h était un homme simple, candide et juste dans sa génération. Bien qu'autour de lui il y eût une génération corrompue, Noa'h était un homme simple et juste. Pourquoi est-il précisé ici justement que c'était dans sa génération ? Beaucoup de commentateurs disent que c'est pour blâmer Noa'h, que dans sa génération il était juste par rapport aux autres, mais que, soi-disant, dans nos générations il n'aurait pas paru si juste que cela. D'autres disent au contraire que si même dans sa génération Noa'h a réussi à être juste, alors que toute la terre s'était pervertie, à plus forte raison dans notre génération il aurait été juste. C'est-à-dire que même dans sa génération Noa'h était juste. On peut le comprendre aussi plus simplement, plus, disons, sans malice : Noa'h était juste dans sa génération, dans cette génération qui vient après la mort d'Adam, une génération qui n'avait pas connu l'homme créé par le Très-Haut, n'avait pas connu l'homme qui communiquait directement avec le Très-Haut. Noa'h était le gardien, l'héritier de la justice, était un homme juste.

Encore un détail auquel il vaut la peine de prêter attention avant de commencer à lire plus loin, c'est que le nom de Noa'h est mentionné ici deux fois de suite. Et les commentateurs, naturellement, ne pouvaient pas passer à côté de cette double mention élle toledót nóa'h nóa'h. Les uns disent que c'est au mérite de Noa'h, que Noa'h était un homme paisible : avec le Très-Haut Noa'h est paisible, accommodant, et paisible avec les créatures. D'autres disent (de nouveau pour blâmer Noa'h) qu'avec le Très-Haut il était paisible, mais qu'avec les gens non plus il ne voulait pas entrer en conflit, il cherchait où il serait plus à son aise, et c'est pourquoi il ne prêchait à personne, ne persuadait personne de quoi que ce soit. Il vivait avec la pensée « Le Très-Haut veut détruire le monde, Son monde – c'est Son affaire ; je ne vais pas discuter ». Ici encore, c'est le cas où le commentaire en dit plus sur l'homme lui-même que sur ce qu'il commente. Certains disent que nóa'h nóa'h signifie qu'il est à l'aise, qu'il est bien avec Dieu avant le déluge et bien avec Dieu après le déluge. Voilà des regards si différents sur la double répétition du nom. Et on n'a pas envie de choisir là-dedans les bons ou, au contraire, d'en désigner certains comme mauvais.

Noa'h marchait avec Dieu. Plus tard, il sera dit d'Avraham qu'Avraham marchait devant Dieu. Noa'h bâtissait sa vie en accord avec la volonté de Dieu, peut-être est-ce aussi ce reproche bien connu qu'on aime lancer à Noa'h, qu'il ne se souciait pas que d'autres marchent aussi, il n'avait pas la fibre de prédicateur, la passion de prédicateur, comme Avraham. Mais, ce qui est important, Noa'h marchait avec Dieu, Noa'h comprenait que marcher avec Dieu, la paix avec Dieu, la justice devant Dieu – c'est la source de la bénédiction.

וַיּוֹלֶד נֹחַ שְׁלֹשָׁה בָנִים אֶת-שֵׁם אֶת-חָם וְאֶת-יָפֶת:

vayoled nóa'h chelochá vaním et-chém et-'hám ve'et-yáfet

10 Et Noa'h engendra trois fils : Chem, 'Ham et Yéfet.

Le fils aîné s'appelait Chem. Le nom Chem se traduit littéralement par nom. On peut appeler ainsi un enfant. Dans un autre sens, nom – comme renommée, patrimoine ou, comme le diront plus tard les bâtisseurs de la tour de Babel, faisons-nous un nom. Le nom, c'est la gloire de l'homme, la dignité, le bon renom ou, on peut le traduire brièvement ainsi, la réputation, la notoriété, la célébrité. Si l'on parle en langue russe, on peut traduire le nom Chem par gloire.

Un autre fils portait le nom de 'Ham. Le mot 'hám en hébreu moderne signifie chaud, dans les langues sémitiques plus anciennes il signifie soleil, petit soleil, dans les langues sémitiques du Sud il signifie esclave, serviteur, ou le plus jeune, celui qui sert tout le monde. Et c'est justement la variante la plus probable de traduction du sens de ce nom. Le plus jeune, serviable, complaisant, toujours prêt à venir en aide pour le ménage et dans la vie quotidienne.

Le nom du troisième fils est Yéfet, il vient de yifta'h – il ouvrira, il élargira, c'est-à-dire que le Très-Haut élargira son espace, lui donnera une destinée généreuse, joyeuse, heureuse, un sort tel que tout dans sa vie se passe bien. Dans des traditions plus tardives, il existe une telle interprétation : Chem (nom) – c'est la compréhension de l'essence, c'est-à-dire une sorte de disposition à la juste compréhension des choses. 'Ham – un camarade chaud, émotif, et Yéfet (du mot beauté) – un esthète, l'esthétisme, l'école grecque de vision du monde. Mais c'est déjà un midrach des noms. Très probablement, la signification sémitique originelle de ces noms n'est pas celle de ce midrach, bien que le midrach lui-même soit tout à fait remarquable.

Donc, Noa'h a trois fils. Malgré l'ordre de l'énumération, très probablement, 'Ham est le plus jeune fils de Noa'h. Pourquoi cet ordre ? Parce que très souvent, dans les textes hébreux, un mot court est placé avant un long, c'est la stylistique de la langue. Dans Divreï haYamim nous lisons : « Voici les fils d'Avraham : Yits'hak et Yichmaël ». C'est-à-dire que l'ordre peut changer. Et, très probablement, 'Ham est le plus jeune fils, Chem le fils aîné, et Yéfet – c'est le fils du milieu.

Encore une chose à laquelle il vaut la peine de prêter attention. Il est dit de Noa'h que son premier fruit, c'est la simplicité et la justice, et seulement ensuite les enfants. Cela concerne tout homme : avant tout, non pas qui il a engendré, mais ce qu'il est lui-même, quelles qualités il révèle dans le monde. La première chose qui est dite des engendrements de Noa'h, c'est qu'il était un homme simple et juste et marchait avec Dieu, et seulement ensuite qu'il engendra des enfants.

וַתִּשָּׁחֵת הָאָרֶץ לִפְנֵי הָאֱלֹהִים וַתִּמָּלֵא הָאָרֶץ חָמָס:

vatticha'hét ha'árets lifné ha'elohím vattimmalé ha'árets 'hamás.

11 Et la terre se pervertit (ou la terre se corrompit) devant Dieu, et la terre se remplit de forfaits.

La corruption, dans le livre de Dévarim, est liée à l'idolâtrie. C'est-à-dire que les relations entre Dieu et l'homme avaient été rompues. En conséquence, le pays se remplit à l'excès de pillage, c'est-à-dire que la conséquence de la rupture des relations avec le Très-Haut est toujours la destruction des relations entre les gens. Et quelles que soient les raisons qui animent cette rupture des relations avec le Très-Haut : athéisme culturel, humanisme, communisme, amour de toute l'humanité – tout cela, d'une manière ou d'une autre, mènera à ce que la terre se remplisse à l'excès de 'hamás, se remplisse à l'excès de pillage, de violence et ainsi de suite. Et c'est une règle générale, malheureusement.

Donc, la terre se pervertit dans deux directions : entre l'homme et Dieu et entre l'homme et l'homme. Nous verrons ici comme à l'avenir que le Très-Haut apporte un châtiment global dans le monde, anéantit l'humanité, expulse un peuple et ainsi de suite dans les cas où les relations entre l'homme et l'homme sont détruites.

וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאָרֶץ וְהִנֵּה נִשְׁחָתָה כִּי-הִשְׁחִית כָּל-בָּשָׂר אֶת-דַּרְכּוֹ עַל-הָאָרֶץ:

vayár elohím et-ha'árets vehinné nich'háta ki-hich'hít kol-bassár et-darkó al-ha'árets.

12 Et le SEIGNEUR vit la terre, et voici qu'elle (la terre elle-même) se trouva corrompue, car toute chair (c'est-à-dire tout ce qui vit) avait corrompu sa voie sur la terre.

Nous savons que l'homme avait été établi lirdot – pour régner en dictateur sur toute la terre. Avec la chute de l'homme, avec cette dégradation dont nous avons lu le récit, toute la terre se trouva corrompue, l'homme est fait de terre et lié à la terre. Dans le livre du prophète Yé'hezkel, au chapitre 14, nous lisons : « Fils de l'homme, si une terre pèche contre Moi par perfidie, J'étendrai Ma main sur elle, briserai en elle le soutien de la nourriture, enverrai sur elle la famine et en retrancherai l'homme et le bétail. Et s'il y a en elle trois hommes tels que Noa'h, Daniel et Job, ils sauveront par leur justice leurs âmes, – parole du SEIGNEUR Dieu. Si J'envoie des bêtes féroces sur cette terre, et qu'elles la dévastent, et qu'elle devienne un désert, parce que personne n'y passera à cause de ces bêtes, ces trois hommes, Je suis vivant – parole du SEIGNEUR Dieu –, ne sauveront ni fils ni filles. Eux seuls seront sauvés, et cette terre sera un désert ».

Nous voyons chez le prophète un parallèle à notre passage, à nos événements, parce que le nom de Noa'h y est aussi nommé. Le péché de l'homme change la terre, et déjà la terre elle-même devient corrompue, cesse de fonctionner comme source de nourriture, comme intermédiaire entre l'homme et le Très-Haut pour la nourriture, le Très-Haut « éteint » la terre, mais peut sauver les âmes des justes. C'est une illustration du fait que la terre se pervertit à la suite des actions de l'homme.

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְנֹחַ קֵץ כָּל-בָּשָׂר בָּא לְפָנַי כִּי-מָלְאָה הָאָרֶץ חָמָס מִפְּנֵיהֶם וְהִנְנִי מַשְׁחִיתָם אֶת-הָאָרֶץ:

vayomer elohím lenóa'h kets kol-bassár ba lefanáy ki-male'á ha'árets 'hamás mippenehém vehinení mach'hitam et-ha'árets.

13 Et Dieu dit à Noa'h : « La fin de toute chair est devant Moi, car à cause d'eux la terre s'est remplie à l'excès de pillage, de violence. Et voici, Je les effacerai de la terre (les anéantirai de la terre).

La racine cha'hat, qui signifie corruption, est employée ici ainsi : « Je les changerai en pourriture ; les perdrai ; les ferai pourrir sur la terre ». En son temps, la terre est apparue de l'eau, les eaux se sont rassemblées en un seul lieu, et l'eau a découvert la terre ferme, c'est ainsi qu'est apparue la terre. Nous avons lu tout cela. La terre n'a pas tenu, la terre s'est corrompue, et maintenant il faut, d'une part, faire un mikva – une ablution pour la planète Terre, une purification par l'eau, et, d'autre part, ramener la création à un certain stade initial. Comme il est dit : « La terre était vide et chaotique (tohou va-vohou), et l'Esprit de Dieu planait au-dessus de l'eau ». C'est-à-dire que toute la terre était couverte d'eau au commencement de la création, et le Très-Haut ramène la terre à ce point initial. Mais le Très-Haut a un plan de salut, pour que toute l'humanité ne soit pas anéantie.

עֲשֵׂה לְךָ תֵּבַת עֲצֵי-גֹפֶר קִנִּים תַּעֲשֶׂה אֶת-הַתֵּבָה וְכָפַרְתָּ אֹתָהּ מִבַּיִת וּמִחוּץ בַּכֹּפֶר:

assé lékha tevát atse-gófer kinním ta'assé et-hattevá vekhafartá otá mibbáyit oumi'hoúts bakkófer

14 Fais-toi une caisse en bois de cyprès. À l'intérieur de l'arche, fais-la divisée en couloirs, en toutes sortes de sections et de petites chambres, et enduis de poix l'arche à l'intérieur et à l'extérieur avec de la poix.

Le mot tevát (caisse, petite caisse) n'est employé qu'ici, à propos de l'arche de Noa'h, et à propos de la caisse dans laquelle voguera sur l'eau un autre libérateur d'Israël du nom de Moché.

Le mot kinním peut se traduire par cellules, sections, compartiments à grain, c'est-à-dire une certaine division en loges séparées. On construit une arche solide avec tout le nécessaire et avec une étanchéité complète. Ici, d'une part, nous voyons une sorte de miracle, beaucoup de miracles se produiront autour de l'arche, néanmoins le Très-Haut dit à Noa'h que ce miracle sera fait avec la participation de l'homme : « Tu feras cette arche. Elle n'apparaîtra pas de manière miraculeuse ». Très souvent le miracle a besoin d'un instrument fait de main d'homme, de nos actions, pour se réaliser à travers nos actions. Tout ce qui se passera autour de l'arche sera miraculeux. Donc, l'arche est construite par des mains, par les mains laborieuses et calleuses de Noa'h, peut-être sans aucun miracle.

וְזֶה אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה אֹתָהּ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת אַמָּה אֹרֶךְ הַתֵּבָה חֲמִשִּׁים אַמָּה רָחְבָּהּ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתָהּ:

vezé achér ta'assé otá chelóch meót ammá órekh hattevá 'hamichím ammá ro'hbá ouchlochím ammá komatá

15 Et c'est ainsi que tu la feras : 300 coudées (c'est environ 150 mètres) sa longueur, 50 coudées (ou 25 mètres) sa largeur, et 30 coudées (ou 15 mètres) sa hauteur.

On dirait que cela ressemble presque tout à fait à un coffre, et d'ailleurs la traduction simple du mot tevá est coffre, mais, si nous lisons attentivement le texte, ici comme par la suite, nous verrons qu'à la tevá, à cette arche, s'appliquent beaucoup de verbes liés à l'art de la navigation. C'est-à-dire que cette arche a quand même une certaine forme qui n'est pas simplement celle d'un coffre.

צֹהַר תַּעֲשֶׂה לַתֵּבָה וְאֶל-אַמָּה תְּכַלֶנָּה מִלְמַעְלָה וּפֶתַח הַתֵּבָה בְּצִדָּהּ תָּשִׂים תַּחְתִּיִּם שְׁנִיִּם וּשְׁלִשִׁים תַּעֲשֶׂהָ:

tsóhar ta'assé lattevá ve'él-ammá tekhalénna milmá'la ouféta'h hattevá betsiddá tassím ta'htiyím cheniyím ouchlichím ta'asséhaLa translittération russe écrit la fin de ce mot avec un g au lieu d'un h. Nous suivons ici l'hébreu..

16 Fais un tsóhar dans cette arche, et ramène-le à une coudée (fais-le en forme de coupole de sorte qu'en haut il ait une largeur d'une coudée. un tel plafond voûté). Et la porte de l'arche, fais-la sur le côté, fais-la pour le premier, le deuxième et le troisième étage.

Le mot tsóhar est traduit par fenêtre. Certains le traduisent, c'est plutôt un midrach, ainsi : « Suspends-y une pierre précieuse qui brillera et éclairera l'arche ». Une sorte d'exemple d'installation électrique dans l'arche. Mais, d'autre part, le mot tsóhar peut se traduire non seulement à partir du mot tsóhar comme blanc, clair, mais aussi à partir du mot soar, qui signifie couvercle. Et si nous comparons avec les textes des peuples voisins et dans les descriptions de l'arche qui ont été conservées, et simplement dans l'usage du mot, nous pouvons voir qu'il s'agit quand même d'un couvercle. Pourquoi est-ce un détail si important ? Nous savons que, si c'est une arche avec un couvercle, il n'y a qu'un seul autre objet qui ait un couvercle – c'est l'arche d'alliance, qui est appelée d'un autre mot – netiva aaron (armoire). Mais l'essence est très semblable, et nous verrons beaucoup de parallèles avec le service des kohanim dans ce qui se passera ici.

Nous avons dit que la hauteur de l'arche est de 30 coudées (ou 15 mètres), depuis l'entrée il y a une montée directement sur trois étages.

וַאֲנִי הִנְנִי מֵבִיא אֶת-הַמַּבּוּל מַיִם עַל-הָאָרֶץ לְשַׁחֵת כָּל-בָּשָׂר אֲשֶׁר-בּוֹ רוּחַ חַיִּים מִתַּחַת הַשָּׁמָיִם כֹּל אֲשֶׁר-בָּאָרֶץ יִגְוָע:

va'aní hinení meví et-hammabboúl máyim al-ha'árets lecha'hét kol-bassár achér-bo roúa'h 'hayím mittá'hat hachamáyim kol achér-ba'árets yigvá.

17 Et Je ferai venir le maboúl par l'eau sur la terre, afin de changer en pourriture (en charogne) toute chair en laquelle est le souffle de vie sous les cieux ; tout ce qui est sur la terre périra.

Le mot maboúl signifie déluge. C'est ainsi qu'il est traditionnellement traduit et employé, à proprement parler, uniquement dans le récit du déluge. Yéchayahou (54,9) dit : « Car c'est pour moi les eaux de Noa'h ». Il appelle ici le déluge non pas du mot maboúl, mais du mot eaux de Noa'h. « Comme J'ai juré que les eaux de Noa'h ne passeraient plus sur la terre, ainsi J'ai juré de ne pas être en colère contre toi et de ne pas te faire de reproches ». Ici il faut prêter attention au fait que les eaux de Noa'h sont comme se trouvant à la disposition de Noa'h, descendant pour Noa'h, non pas pour la perte de l'ancienne humanité, mais pour le salut de Noa'h. Du reste, c'est une remarque entre parenthèses. Sans parenthèses, répétons que Yéchayahou n'emploie pas le mot maboúl, ce mot n'est employé qu'ici.

Arrêtons-nous sur ce mot maboúl. On peut l'interpréter à partir du mot naval – mise à mort ; transformation en charogne. Le mot charogne (animal mort) en hébreu est nevela, de la même racine. On peut encore le traduire à partir du mot nabal, qui signifie énorme récipient d'eau, c'est-à-dire : « Je ferai de la terre un mikva ; je ferai de la terre un immense réservoir d'eau ». Et la troisième signification, et elles sont toutes possibles avec une probabilité à peu près égale, vient de la racine yavel – déverser certaines sources.

וַהֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתָּךְ וּבָאתָ אֶל-הַתֵּבָה אַתָּה וּבָנֶיךָ וְאִשְׁתְּךָ וּנְשֵׁי-בָנֶיךָ אִתָּךְ:

vahakimotí et-berití ittákh ouvatá el-hattevá attá ouvanékha ve'ichtekhá ounche-vanékha ittákh

18 Et avec toi Je renouvellerai l'alliance, et tu entreras dans l'arche, toi, et tes fils, et ta femme, et les femmes de tes fils avec toi.

וּמִכָּל-הָחַי מִכָּל-בָּשָׂר שְׁנַיִם מִכֹּל תָּבִיא אֶל-הַתֵּבָה לְהַחֲיֹת אִתָּךְ זָכָר וּנְקֵבָה יִהְיוּ:

oumikkól-ha'háy mikkól-bassár chenáyim mikkól taví el-hattevá leha'hayotLa translittération russe coupe ce mot en deux et omet le h initial. Nous suivons ici l'hébreu. ittákh zakhár ounkevá yihyoú.

19 Et de tout ce qui vit, de toute chair, deux de chaque, fais-les entrer dans l'arche, pour qu'ils vivent avec toi, mâle et femelle ils seront.

מֵהָעוֹף לְמִינֵהוּ וּמִן-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ מִכֹּל רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה לְמִינֵהוּ שְׁנַיִם מִכֹּל יָבֹאוּ אֵלֶיךָ לְהַחֲיוֹת:

meha'óf leminéhou oumín-habbehemá leminá mikkól rémes ha'adamá leminéhou chenáyim mikkól yavóou elékha leha'hayot

20 De l'oiseau selon son espèce, et du bétail selon son espèce, et de tout ce qui rampe sur la terre, deux de chaque sorte viendront à toi, pour se sauver avec toi.

Au verset 18, le Très-Haut dit à Noa'h : « Je rétablirai l'alliance avec toi ». Non pas j'établirai, non pas je conclurai, mais littéralement – je rétablirai l'alliance avec toi. Quelle alliance peut-on rétablir ? L'alliance avec Adam, quand Adam fut placé sur la terre dans le jardin d'Éden pour la cultiver. Et encore plus tôt, dans la création même d'Adam, il est créé pour un tel travail, pour un service spécial, il est le seul créé avec une certaine mission, en dehors de fructifier et de se multiplier – il est créé pour dominer sur la terre. Adam n'a pas tenu bon en cela, le Très-Haut rétablit en Noa'h l'alliance dans laquelle Adam n'a pas tenu bon. Le mot vahakim – relever ; lever, c'est-à-dire comme un renouvellement, le mot yekoum de la même racine signifie création, tout ce qui est créé. Il sera aussi employé dans ce chapitre. À la différence du mot likrot brit (conclure une alliance) – ce sont des mots différents, et avec Noa'h l'alliance est justement renouvelée, parce qu'à l'origine c'est l'alliance avec Adam. J'en ai déjà parlé et, dans des leçons séparées, j'ai examiné en détail l'histoire des alliances, et c'est important pour ceux qui essaient de comprendre quand exactement a été conclue l'alliance avec les païens. Voici un exemple d'alliance avec les païens : l'alliance avec Adam et l'alliance avec Noa'h, et plus loin dans l'histoire on peut le voir.

Ici sont mentionnés les animaux, le Très-Haut nous parle dans ce chapitre d'une paire d'animaux qui viendront d'eux-mêmes, comme dans le jardin Il les a amenés à Adam. Et Noa'h doit seulement les faire entrer dans l'arche. Dans l'arche, les animaux vivront sans être ennemis les uns des autres, l'homme s'entendra avec ces animaux. Cela rappelle aussi la prophétie de Yéchayahou sur les temps à venir, où le loup vivra à côté de la brebis, et, à proprement parler, les événements ou l'histoire du jardin du Paradis. Un petit modèle du jardin du Paradis, dans lequel Noa'h et sa famille, la famille élargie, sont établis comme des prêtres sur la nouvelle terre. Et c'est pourquoi le parallèle avec l'arche d'alliance est lui aussi approprié, parce que c'est comme une préfiguration du tabernacle de Moché, et même du premier Temple. Nous avons beaucoup parlé des parallèles du Temple avec le jardin du Paradis, et ici Noa'h est établi sur tout ce qui vit au sens littéral, curateur de tout ce qui vit. Dans notre chapitre, nous lisons pour l'instant la partie où le Très-Haut parle des deux animaux qui viendront d'eux-mêmes à Noa'h, et Noa'h doit se soucier de leur nourriture

וְאַתָּה קַח-לְך מִכָּל-מַאֲכָל אֲשֶׁר יֵאָכֵל וְאָסַפְתָּ אֵלֶיךָ וְהָיָה לְךָ וְלָהֶם לְאָכְלָה:

ve'attá ka'h-lekhá mikkól-ma'akhál achér ye'akhél ve'assaftá elékha vehaya lekha velahém le'okhlá

21 Et toi, prends pour toi de la nourriture qui sera mangée, et prends-la auprès de toi ; et elle sera pour toi et pour eux une nourriture ».

וַיַּעַשׂ נֹחַ כְּכֹל אֲשֶׁר צִוָּה אֹתוֹ אֱלֹהִים כֵּן עָשָׂה:

vayá'as nóa'h kekhól achér tsivvá otó elohím ken assá

22 Et Noa'h fit tout comme le SEIGNEUR le lui avait commandé, ainsi il fit.

D'ailleurs, dans ces paroles aussi on peut voir un parallèle, quand le Très-Haut donne plus tard à Moché les instructions pour l'aménagement du tabernacle, on y entend la même phrase : « Et Moché fit tout comme le Très-Haut le lui avait ordonné ».

וַיֹּאמֶר יְהוָה לְנֹחַ בֹּא-אַתָּה וְכָל-בֵּיתְךָ אֶל-הַתֵּבָה כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי בַּדּוֹר הַזֶּה:

vayomer adonáy lenóa'h bo-attá vekhól-betekhá el-hattevá ki-otekhá ra'íti tsaddík lefanáy baddór hazzé

1 Et le SEIGNEUR dit à Noa'h : « Entre, toi et toute ta maison, dans l'arche ; car c'est toi que J'ai trouvé juste devant Moi dans cette génération.

Nous avons déjà parlé de ce que signifie dans cette génération.

מִכֹּל הַבְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה תִּקַּח-לְךָ שִׁבְעָה שִׁבְעָה אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ וּמִן-הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר לֹא טְהֹרָה הִוא שְׁנַיִם אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ:

mikkól habbehemá hattehorá tikká'h-lekhá chiv'á chiv'á ich ve'ichtó oumin-habbehemá achér lo tehorá hi chenáyim ich ve'ichtó

2 De tout bétail pur prends pour toi sept sept, mari et femme, et du bétail qui est impur, par deux : le mâle avec la femelle.

Dans le chapitre précédent, il était question d'une paire de chaque bétail, de tous les êtres vivants, ici soudain nous lisons plusieurs nouveautés à la fois. Premièrement, selon cet ordre, Noa'h doit lui-même prendre les animaux, deuxièmement, ici surgit de manière inattendue la division en animaux purs et impurs, ce qui n'existait pas du tout auparavant, et il est dit de prendre les animaux purs par sept, et de prendre les impurs, comme avant, par deux. Comment peut-on comprendre cela ? Pour la perpétuation de l'espèce, il est nécessaire qu'il y ait deux de chaque animal, naturellement, de la paire proviendront tous les autres. Mais, puisque Noa'h n'est pas simplement un sauveur qui doit restaurer l'espèce, restaurer l'humanité, Noa'h, comme nous l'avons dit, a encore aussi une fonction sacerdotale, c'est à lui d'offrir des sacrifices, c'est pourquoi il doit lui-même prendre et rassembler encore cinq de chaque animal pur, afin de les compléter jusqu'à sept. C'est sa tâche. Les autres, par 2, entreront d'eux-mêmes dans l'arche. C'est ainsi qu'on peut le comprendre le plus simplement, le plus près du texte, bien que d'autres compréhensions soient aussi possibles.

Quant aux animaux purs et impurs, il y a beaucoup de discussions sur la question de savoir si Noa'h avait étudié la Torah quelque part, peut-être recevait-il quelques révélations, on dit beaucoup de choses à ce sujet. Chez les peuples voisins nous trouvons aussi la mention d'animaux purs et impurs, propres et impropres aux sacrifices : ils mangeaient tranquillement de la nourriture impure, mais ne l'offraient pas en sacrifice. Dans le récit sumérien du déluge, un certain Atrahasis, lorsqu'il rassemble les animaux dans l'arche, prend lui aussi avec lui plus d'animaux purs que d'impurs. En tout cas, c'est un témoignage de ce qu'à Sumer il y avait une tradition concernant la pureté des animaux. Peut-être venue d'Adam, peut-être à la suite de quelques révélations, elle existait déjà à l'époque de Noa'h. Et il est tout à fait possible que les connaissances de Noa'h soient des connaissances acquises, pour ainsi dire, par l'expérience du peuple. Mais il est tout à fait possible que le Très-Haut l'ait instruit et lui ait révélé certains secrets, car pour accomplir correctement la volonté du Très-Haut, il faut être Son disciple. Il est important aussi qu'ici nous voyions de nouveau que Noa'h construit l'arche – elle n'apparaît pas de manière miraculeuse. Les animaux pour le sacrifice, le Très-Haut ordonne à Noa'h de les amener, dans ce service il y a une participation de Noa'h. Il ne se promène pas simplement en chef, il doit savoir pourvoir aux besoins de son arche. C'est aussi la réponse à une question telle que : comment tous les animaux, une si immense diversité d'animaux, ont-ils pu tenir dans l'arche, grande certes, mais pas infiniment grande. La Torah dit : « Oui, très probablement, c'était un miracle, l'arche a, de manière merveilleuse, contenu tout le monde ». Pourquoi alors ne pas faire une petite arche compacte, que Noa'h aurait facilement construite en une paire de jours ? Parce qu'il est important que la nouvelle humanité ne vive pas seulement de miracles, mais collabore réellement, participe à la gestion du monde par son travail. Et c'est une partie du grand miracle.

גַּם מֵעוֹף הַשָּׁמַיִם שִׁבְעָה שִׁבְעָה זָכָר וּנְקֵבָה לְחַיּוֹת זֶרַע עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ:

gam me'óf hachamayím chiv'á chiv'á zakhár ounkevá le'hayot zéra al-pené khol-ha'árets

3 Aussi, des oiseaux du ciel, prends un mâle et une femelle, afin de conserver la semence sur toute la terre.

Ici il n'est pas dit ich vé'ichto (mari et femme), mais mâle et femelle, peut-être parce que chez les oiseaux la différence entre le garçon et la fille, entre le mâle et la femelle, n'est pas si visible, c'est pourquoi il n'est pas dit d'eux mari et femme, comme de quelque chose que nous déterminons à vue comme mâle et femelle.

כִּי לְיָמִים עוֹד שִׁבְעָה אָנֹכִי מַמְטִיר עַל-הָאָרֶץ אַרְבָּעִים יוֹם וְאַרְבָּעִים לָיְלָה וּמָחִיתִי אֶת-כָּל-הַיְקוּם אֲשֶׁר עָשִׂיתִי מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה:

ki leyamím od chiv'á anokhí mamtír al-ha'árets arba'ím yom ve'arba'ím láyla ouma'híti et-kol-haykoúm achér assíti me'ál pené ha'adamá

4 Car dans sept jours Je ferai pleuvoir sur la terre 40 jours et 40 nuits, et J'effacerai toute la création (tout l'univers) que J'ai faite, de la face de la terre

Nous avons parlé récemment de l'alliance (brit), du fait que le Très-Haut a promis à Noa'h lehakim – établir. Ici nous lisons le mot haykoum (univers) de la même racine – tout ce qui se tenait debout ; tout ce qui est debout, le Très-Haut l'effacera, et avec Noa'h rétablira l'alliance, comme commencement d'un nouvel univers.

Il est intéressant encore ici, quand nous parlions dans la Torah des prêtres, nous expliquions qu'ils se préparent à leur service pendant sept jours, il y avait une période où les prêtres se préparaient à entrer dans leur sacerdoce, pendant sept jours le grand prêtre se préparait pour Yom Kippour. Ici nous voyons encore un parallèle : Noa'h entre dans l'arche sept jours avant le début du déluge, il y entre pour le travail, il lui faut encore rassembler tous les animaux ; mais déjà dans le premier verset le Très-Haut ordonne : « Entre dans l'arche », commence une période de préparation de sept jours, comme chez les prêtres.

וַיַּעַשׂ נֹחַ כְּכֹל אֲשֶׁר-צִוָּהוּ יְהוָה:

vayá'as nóa'h kekhól achér-tsivváhou adonáy

5 Et Noa'h fit tout comme le lui avait commandé le SEIGNEUR.

וְנֹחַ בֶּן-שֵׁשׁ מֵאוֹת שָׁנָה וְהַמַּבּוּל הָיָה מַיִם עַל-הָאָרֶץ:

venóa'h ben-chéch me'ót chaná vehammabboúl hayá máyim al-ha'árets

6 Noa'h avait 600 ans, et le déluge d'eau fut sur la terre.

וַיָּבֹא נֹחַ וּבָנָיו וְאִשְׁתּוֹ וּנְשֵׁי-בָנָיו אִתּוֹ אֶל-הַתֵּבָה מִפְּנֵי מֵי הַמַּבּוּל:

vayávo nóa'h ouvanáv ve'ichtó ounché-vanáv ittó el-hattevá mippené me hammabboúl

7 Et Noa'h entra, et ses fils, et sa femme, et les femmes de ses fils dans l'arche, à cause des eaux du déluge.

De cette écriture séparée – les maris séparément, et les femmes à part – on tire la conclusion que les hommes et les femmes vivaient séparément dans l'arche, que dans l'arche il n'y avait pas d'intimité conjugale. L'une des facettes de cette dispute est la continuation de la dispute sur le jardin du Paradis, car l'arche rappelle le jardin du Paradis, et la dispute sur la question de savoir s'il y avait là de l'intimité, pour disputer de la question de savoir s'il y avait de l'intimité dans le jardin du Paradis. La deuxième facette, c'est, bien sûr, le sacerdoce. Et encore une fois, dans quelle mesure l'intimité conjugale est-elle admissible dans cette situation ? Trancher cette dispute, naturellement, est absolument impossible en s'appuyant seulement sur ce verset, on peut dire qu'en des temps d'un tel malheur, qui se passe tout de même au-dehors, la femme a besoin de plus de protection et de plus de couverture, et, sans doute, il ne vaut pas la peine de s'éloigner de la femme à un tel moment. D'autre part, bien sûr, le sacerdoce aussi est un facteur. C'est pourquoi je mentionne simplement cette discussion et laisse cette question ouverte. Nous devrons, du reste, revenir à cette discussion encore une fois, lorsque nous parlerons des fils et des petits-fils de Noa'h. Le fait est qu'il existe un midrach qui dit que l'un des fils de Noa'h (précisément 'Ham) ne se retint pas, alla vers sa femme, et pour cela reçut une telle malédiction que de lui sont issus des descendants noirs (les Chamites sont considérés comme les descendants de 'Ham, et ce sont les Africains). Nous en parlerons séparément, lorsque nous parlerons de 'Ham, de Canaan et de toute cette histoire, et alors nous donnerons une évaluation de ce midrach, et en examinerons d'autres.

מִן-הַבְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה וּמִן-הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר אֵינֶנָּה טְהֹרָה וּמִן-הָעוֹף וְכֹל אֲשֶׁר-רֹמֵשׂ עַל-הָאֲדָמָה:

min-habbehemá hattehorá oumín-habbehemá achér enénna tehorá oumín-ha'óf vekhól achér-romés al-ha'adamá

8 Et du bétail pur, et du bétail impur, et des oiseaux, et de tous les reptiles sur la terre –

שְׁנַיִם שְׁנַיִם בָּאוּ אֶל-נֹחַ אֶל-הַתֵּבָה זָכָר וּנְקֵבָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה אֱלֹהִים אֶת-נֹח:

chenáyim chenáyim báou el-nóa'h el-hattevá zakhár ounkevá ka'achér tsivvá elohím et-nóa'h

9 deux par deux vinrent à Noa'h dans l'arche, mâle et femelle, comme Dieu l'avait commandé à Noa'h.

Donc, les animaux venaient par deux, comme nous l'avons dit, jusqu'à sept Noa'h continuait à les rassembler.

וַיְהִי לְשִׁבְעַת הַיָּמִים וּמֵי הַמַּבּוּל הָיוּ עַל-הָאָרֶץ:

vayhí lechiv'át hayamím oumé hammabboúl hayoú al-ha'árets

10 Et il arriva, au bout de sept jours, les eaux du déluge vinrent sur la terre.

בִּשְׁנַת שֵׁשׁ-מֵאוֹת שָׁנָה לְחַיֵּי-נֹחַ בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בְּשִׁבְעָה-עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ בַּיּוֹם הַזֶּה נִבְקְעוּ כָּל-מַעְיְנֹת תְּהוֹם רַבָּה וַאֲרֻבֹּת הַשָּׁמַיִם נִפְתָּחוּ:

bichnát chech-meot chaná le'hayé-nóa'h ba'hódech hachení bechiv'a-assár yom la'hódech bayom hazzé nivke'oú kol-ma'enót tehóm rabbá va'aroubbót hachamáyim niftá'hou

11 En la six-centième année de la vie de Noa'h, au deuxième mois, au dix-septième jour du mois, en ce jour même s'ouvrirent (comme si un bouchon avait sauté) toutes les sources du grand abîme, et les fenêtres célestes s'ouvrirent.

Il y a une controverse au sujet de ce qu'est ce deuxième mois. Les uns disent que, puisque traditionnellement nous lisons dans le livre de Chémot que le premier mois, c'est Nissan, alors en conséquence le deuxième mois, c'est Iyar, un mois de printemps. D'autres disent qu'il est écrit au sujet des fêtes d'automne qu'elles ont lieu à la fin de l'année, donc on peut considérer aussi Tichreï comme le début de l'année, selon l'année que nous comptons, et alors le deuxième mois sera le mois de 'Hechvan, c'est-à-dire littéralement les jours dans lesquels nous nous trouvons. Pour défendre cela, les partisans de 'Hechvan, le deuxième mois d'automne, avancent cet argument que 'Hechvan, dans l'Écriture, est appelé Boul et que cela est consonant avec le mot maboul, bien plus, ils disent que ma-boul, c'est mem, 40 jours depuis le début du mois de Boul, et ainsi ils ramènent cela au mois de Boul. La pensée que c'est malgré tout un mois de printemps m'est plus proche, bien que la seconde position ait aussi du poids.

Parfois il est très important de prêter attention à un détail. Voici que la Torah nous dit : « Au deuxième mois, au dix-septième jour », c'est-à-dire le 17.02. Mais pourquoi ajouter en ce jour même ? Il semblerait que ce soient deux mots tout à fait superflus, nous comprendrons de toute façon que c'est en ce jour que c'est arrivé. Quand nous rencontrons deux tels mots qui nous semblent superflus, c'est peut-être comme une marque, comme un signet, il nous dit : « Regarde où encore cette expression est employée ? » Elle est employée avant tout dans Chémot (19,1). Quand Israël s'approche du Sinaï, nous lisons : « Et ce fut au troisième mois après la sortie d'Israël d'Égypte, en ce jour même, ils arrivèrent au Sinaï ». Dans le livre de Vayikra (8,33) nous lisons : « Et de l'entrée de la tente d'assemblée ne vous éloignez pas pendant sept jours, jusqu'à ce que soient accomplis les jours de votre investiture, car pendant sept jours doit s'accomplir votre consécration. Comme il a été fait en ce jour, ainsi le SEIGNEUR a ordonné de faire pour votre expiation ». Nous voyons que le mot ce jour est lié à l'expiation. Et plus loin, dans le livre de Vayikra (16,30), nous lisons : « Car en ce jour le prêtre fera l'expiation pour vous, pour vous rendre purs de tous vos péchés, devant le SEIGNEUR vous serez purifiés ». Il s'agit ici du Jour du Jugement. C'est-à-dire qu'il existe un certain parallèle entre l'expression ce jour et expiation, et, si nous suivons cette marque, nous retracerons ce parallèle.

Va'aroubbót hachamáyim – une expression très intéressante. En hébreu moderne, c'est tuyau de poêle ou un tuyau quelconque. Dans les langues sémitiques voisines, on voit que le mot arouba est employé aussi comme fenêtre ou une certaine petite fenêtre, petite porte, qui s'ouvre dans les cieux. Si nous regardons chez le prophète Malakhi (3,10), dans les versets souvent cités sur la dîme, il y est dit que le Très-Haut ouvrira de nouveau les aroubbót hachamáyim, la même expression, pour donner la bénédiction. Et sur la base de Malakhi on peut voir que aroubbót hachamáyim, c'est une expression imagée, et la description elle-même ici ne correspond pas obligatoirement à un processus physique, ce n'est pas de l'astrophysique, ni de la géographie climatique, mais une certaine description en des termes compréhensibles pour l'homme.

וַיְהִי הַגֶּשֶׁם עַל-הָאָרֶץ אַרְבָּעִים יוֹם וְאַרְבָּעִים לָיְלָה:

vayhí haggéchem al-ha'árets arba'ím yom ve'arba'ím láyla

12 Et il y eut la pluie sur la terre 40 jours et 40 nuits.

Nous verrons aussi par la suite dans la Torah que le nombre 40 est souvent lié au nombre de la purification.

בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה בָּא נֹחַ וְשֵׁם-וְחָם וָיֶפֶת בְּנֵי-נֹחַ וְאֵשֶׁת נֹחַ וּשְׁלֹשֶׁת נְשֵׁי-בָנָיו אִתָּם אֶל-הַתֵּבָה:

be'étsem hayom hazzé ba nóa'h vechém-ve'hám vayéfet bene-nóa'h ve'échet noa'h ouchlóchet neche-vanáv ittám el-hattevá

13 En ce même jour entra Noa'h, ainsi que Chem, 'Ham et Yéfet, fils de Noa'h, et les trois femmes de ses fils avec eux dans l'arche.

En ce même jour – cette expression est employée aussi au sujet de la circoncision d'Avraham (Béréchit 17,26, nous y arriverons encore) et elle est employée plusieurs fois au chapitre 12 du livre de Chémot au sujet de la sortie d'Égypte. C'est-à-dire que de nouveau nous avons ici l'indication d'un certain événement clé, important, lié au salut, à la délivrance, à l'expiation et à l'entrée dans l'alliance. Plusieurs fois cette expression se répète au sujet du jour du sabbat, de l'entrée dans le sabbat, ce qui est aussi très important.

Malheureusement, nous ne savons rien des noms des femmes remarquables qui étaient les épouses de Noa'h, de Chem, de 'Ham et de Yéfet, enfin presque rien. Dans le livre des Jubilés il est écrit que la femme de Noa'h était la fille de Rakiël. Cela, au fond, ne nous ajoute rien, sauf un nom aussi intéressant. En dehors de cela, il y a un midrach selon lequel la sœur de Touval-Kayin, Na'ama, était la femme de Noa'h et que, par là même, Kayin s'est pour ainsi dire associé à la continuation de l'humanité. C'est un midrach intéressant, mais il faut se rappeler que c'est un midrach.

הֵמָּה וְכָל-הַחַיָּה לְמִינָהּ וְכָל-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ וְכָל-הָרֶמֶשׂ הָרֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ לְמִינֵהוּ וְכָל-הָעוֹף לְמִינֵהוּ כֹּל צִפּוֹר כָּל-כָּנָף:

hémma vekhól-ha'hayá leminá vekhól-habbehemá leminá vekhól-harémes haromés al-ha'árets leminéhou vekhól-ha'óf leminéhou kol tsippór kol-kanáf

14 Eux, et tous les animaux selon leur espèce, et tout bétail selon son espèce, et tout ce qui rampe, rampant sur la terre, selon son espèce, et tout oiseau selon son espèce, et toute créature ailée.

וַיָּבֹאוּ אֶל-נֹחַ אֶל-הַתֵּבָה שְׁנַיִם שְׁנַיִם מִכָּל-הַבָּשָׂר אֲשֶׁר-בּוֹ רוּחַ חַיִּים:

vayavó'ou el-nóa'h el-hattevá chenáyim chenáyim mikkól-habbassár achér-bo roúa'h 'hayím

15 Et ils vinrent vers l'arche de Noa'h, deux deux de toute chair en laquelle est l'esprit de vie.

De nouveau, c'est une promesse à part, que les animaux viendront par deux, ils sont venus d'eux-mêmes, Noa'h ne les a pas cherchés. Tandis qu'au sujet des sept, il est dit à Noa'h : « Prends pour toi ».

וְהַבָּאִים זָכָר וּנְקֵבָה מִכָּל-בָּשָׂר בָּאוּ כַּאֲשֶׁר צִוָּה אֹתוֹ אֱלֹהִים וַיִּסְגֹּר יְהוָה בַּעֲדוֹ:

vehabba'ím zakhár ounkevá mikkól-bassár bá'ou ka'achér tsivvá otó elohím vayisgór adonáy ba'adó

16 Et il les fit entrer dans l'arche, mâle et femelle, de toute chair ils vinrent, comme le SEIGNEUR le lui avait ordonné, et le SEIGNEUR ferma derrière lui.

וַיְהִי הַמַּבּוּל אַרְבָּעִים יוֹם עַל-הָאָרֶץ וַיִּרְבּוּ הַמַּיִם וַיִּשְׂאוּ אֶת-הַתֵּבָה וַתָּרָם מֵעַל הָאָרֶץ:

vayhí hammabboúl arba'ím yom al-ha'árets vayirboú hammáyim vayis'oú et-hattevá vattárom me'ál ha'árets

17 Quarante jours sur la terre les eaux se multiplièrent, et elles portèrent l'arche, et l'élevèrent au-dessus de la terre.

Ici aussi il y a un parallèle avec la prêtrise, nous l'examinerons jusqu'au bout dans le chapitre suivant.

וַיִּגְבְּרוּ הַמַּיִם וַיִּרְבּוּ מְאֹד עַל-הָאָרֶץ וַתֵּלֶךְ הַתֵּבָה עַל-פְּנֵי הַמָּיִם

vayigberoú hammáyim vayirboú me'ód al-ha'árets vattélekh hattevá al-pené hammáyim

18 Et l'eau augmenta et se multiplia très fortement sur la terre, et l'arche navigua sur l'eau.

Ici est employé le mot télekh (alla). Les marins disent : « Nous ne naviguons pas, nous allons ». Ici aussi nous voyons et l'arche alla sur l'eau. En réalité, l'emploi de ces termes – non pas naviguer, mais aller – est très ancien, c'est encore l'argot sumérien et akkadien des marins, et ici nous voyons justement un tel terme professionnel de navigation : l'arche alla sur l'eau. Et ces termes sont disséminés ici à travers le texte.

וְהַמַּיִם גָּבְרוּ מְאֹד מְאֹד עַל-הָאָרֶץ וַיְכֻסּוּ כָּל-הֶהָרִים הַגְּבֹהִים אֲשֶׁר-תַּחַת כָּל-הַשָּׁמָיִם:

vehammáyim gaveroú me'ód me'ód al-ha'árets vaykhoussoú kol-heharím haggevohímLa translittération russe écrit dans ce mot (« les hautes ») un g au lieu d'un h. Nous suivons ici l'hébreu. achér-tá'hat kol-hachamáyim

19 Et l'eau se renforça très, très fort sur la terre et couvrit toutes les hautes montagnes qui sont sous les cieux.

חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה מִלְמַעְלָה גָּבְרוּ הַמָּיִם וַיְכֻסּוּ הֶהָרִים:

'haméch esré ammá milmá'la gaveroú hammáyim vaykhoussoú heharím

20 À 15 coudées (ou 7,5 mètres) au-dessus du niveau des plus hautes montagnes s'élevèrent les eaux, et les montagnes furent couvertes.

C'est très intéressant, j'ai vu un jour un tel étonnement chez un homme qui avait longtemps vécu une vie séculière, qui avait cru au Très-Haut, et un jour, sortant sur le balcon et regardant la mer, il a dit : « Comme c'est étonnant ! Il me faut une demi-heure pour remplir la baignoire. Comment donc le Très-Haut a rempli tous ces océans ? » Il ne s'agit pas ici d'océans, mais de beaucoup plus. Quel miracle s'accomplit et quel phénomène terrible se produit : l'eau couvre tout, la création revient pour ainsi dire au moment où les ténèbres étaient au-dessus de l'abîme et l'Esprit de Dieu (ou un vent fort) planait au-dessus de l'eau. Ici l'arche plane au-dessus de l'eau, et de nouveau nous pouvons voir le lien avec la prêtrise, le lien avec l'arche d'alliance.

וַיִּגְוַע כָּל-בָּשָׂר הָרֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ בָּעוֹף וּבַבְּהֵמָה וּבַחַיָּה וּבְכָל-הַשֶּׁרֶץ הַשֹּׁרֵץ עַל-הָאָרֶץ וְכֹל הָאָדָם:

vayigvá kol-bassár haromés al-ha'árets ba'óf ouvabbehemá ouva'hayá ouvkhól-hachérets hachórets al-ha'árets vekhól ha'adám

21 Et périt toute chair qui grouillait sur la terre, parmi les oiseaux, et parmi le bétail, et parmi les animaux, les bêtes, et tout insecte qui rampait sur la terre, et toute l'humanité.

Littéralement et tout l'homme (toute l'humanité). Tout ce qui était ce même ha'adám a péri.

כֹּל אֲשֶׁר נִשְׁמַת-רוּחַ חַיִּים בְּאַפָּיו מִכֹּל אֲשֶׁר בֶּחָרָבָה מֵתוּ:

kol achér nichmát-roúa'h 'hayím be'appáv mikkól achér be'haravá métou

22 Tout ce en quoi il y a le souffle de vie, de tout ce qui est sur la terre ferme, tout mourut.

וַיִּמַח אֶת-כָּל-הַיְקוּם אֲשֶׁר עַל-פְּנֵי הָאֲדָמָה מֵאָדָם עַד-בְּהֵמָה עַד-רֶמֶשׂ וְעַד-עוֹף הַשָּׁמַיִם וַיִּמָּחוּ מִן-הָאָרֶץ וַיִשָּׁאֶר אַךְ-נֹחַ וַאֲשֶׁר אִתּוֹ בַּתֵּבָה:

vayíma'h et-kol-haykoúm achér al-pené ha'ádama me'adám ad-behemá ad-rémes ve'ád-of hachamáyim vayimma'hoú min-ha'árets vayichá'er akh-nóa'h va'achér ittó battevá

23 Et fut effacé tout ce qui avait été créé, de la face de la terre, depuis l'homme jusqu'au bétail, jusqu'à ce qui rampe, jusqu'à l'oiseau du ciel. Et ils furent anéantis de la terre ; et il ne resta que Noa'h et ceux qui sont avec lui dans l'arche.

De nouveau le mot haykoúm – tout ce qui a été établi – a été effacé, mais nous nous souvenons que l'alliance avec Noa'h sera rétablie et que par lui commence le rétablissement.

וַיִּגְבְּרוּ הַמַּיִם עַל-הָאָרֶץ חֲמִשִּׁים וּמְאַת יוֹם:

vayigberoú hammáyim al-ha'árets 'hamichím oum'át yom

24 Et l'eau demeura sur la terre 150 jours.

C'est-à-dire qu'après 40 jours de pluie, et après la pluie il y a encore des sources, l'eau montait encore et montait encore 150 jours après que le Très-Haut eut commencé le déluge. Il y a l'eau qui est le cielLe russe dit littéralement « l'eau qui est le ciel » ; l'auteur pense sans doute à l'eau qui vient du ciel. Nous avons gardé la formulation littérale., il y a l'eau qui monte de la terre. Et si l'on se rappelle ce parallèle au sujet de la terre que nous avons déjà mentionné au tout début de la création, quand il n'y avait pas encore le rakia, qui sépare les eaux d'en haut et les eaux d'en bas, ici les eaux d'en haut et les eaux d'en bas de nouveau pour ainsi dire se mêlent, le haut et le bas se mêlent – encore un aspect du retour de la terre à sa forme originelle. Ici commence l'interaction du Très-Haut et de l'homme, quand l'homme prend part aux miracles que le Très-Haut fait. C'est pourquoi on peut répéter la pensée qui n'est pas ici explicitement écrite (et je ne la transforme pas du tout en un quelconque dogme), que Noa'h, c'est une préfiguration, c'est le premier prêtre de l'histoire de l'humanité, le premier grand prêtre de l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas pour rien que Pierre comparait le salut au salut du déluge dans l'arche, il est important de s'en souvenir.

Vers une vie nouvelle

Béréchit 8,1–22

Noa'h trouva grâce aux yeux du Très-Haut. Il est intéressant que le nom Noa'h, si on lit son nom à l'envers, se lit justement comme ce mot 'hen – grâce, que Noa'h trouva aux yeux du Très-Haut. C'est un mot-reflet. Il y a un tel jeu de mots.

וַיִּזְכֹּר אֱלֹהִים אֶת-נֹחַ וְאֵת כָּל-הַחַיָּה וְאֶת-כָּל-הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר אִתּוֹ בַּתֵּבָה וַיַּעֲבֵר אֱלֹהִים רוּחַ עַל-הָאָרֶץ וַיָּשֹׁכּוּ הַמָּיִם:

vayizkór elohím et-nóa'h ve'ét kol-ha'hayá ve'ét-kol-habbehemá achér ittó battevá vaya'avér elohím roúa'h al-ha'árets vayachókkou hammáyim

1 Et Dieu se souvint de Noa'h, et de toutes les bêtes, et de tout le bétail (c'est-à-dire le bétail domestique), qui étaient avec lui dans l'arche ; et Dieu fit passer un vent sur la terre, et l'eau s'apaisa.

Dieu peut-il oublier ou se souvenir ? Bien sûr que non, Dieu n'est pas un homme pour qu'il y ait chez Lui oubli et souvenir. Quand nous disons que Dieu s'est souvenu de quelqu'un, nous pouvons dire que, dans le dessein du Très-Haut, le temps est venu d'agir à l'égard de ce quelqu'un. C'est-à-dire que le plan du Très-Haut est arrivé à ce point où de nouveau le Très-Haut va agir à l'égard de Noa'h, intervenir dans ces processus qui se déroulent dans la vie de Noa'h.

Le mot ha'hayá vient, à proprement parler, du mot 'haï (vivant), c'est-à-dire tous les animaux. Mais il se rapporte plutôt justement aux animaux sauvages, aux bêtes sauvages.

Vent (roua'h), bien sûr, ne signifie pas seulement vent, mais aussi Esprit, et cela nous renvoie au tout début de la création, quand au-dessus de la terre chaotique, couverte d'eau, planait un vent puissant ou l'Esprit de Dieu. Et ici la terre est dans cet état du début de la création, comme dans les premiers versets du livre de Béréchit, où la terre est couverte d'eau, et au-dessus d'elle plane l'Esprit de Dieu ou un vent puissant. Nous recommençons tout depuis le début, Dieu agit pour restaurer ce qui a été détruit.

וַיִּסָּכְרוּ מַעְיְנֹת תְּהוֹם וַאֲרֻבֹּת הַשָּׁמָיִם וַיִּכָּלֵא הַגֶּשֶׁם מִן-הַשָּׁמָיִם:

vayissakheroú ma'enót tehom va'aroubbót hachamáyim vayikkalé haggéchem min-hachamáyim

2 Et les sources des abîmes et les portes des cieux se fermèrent, et la pluie des cieux cessa.

Le mot sakher signifie verrou. Si tout au début nous avons lu que toutes les sources des abîmes s'ouvrirent, ici nous ne lisons pas toutes, mais simplement les sources des abîmes se fermèrent. Cela montre que certaines sources sont restées ouvertes, par exemple les sources chaudes, éparpillées çà et là à travers le monde, il y en a beaucoup en Islande, et il y en a à Tibériade, et il y en a pratiquement partout dans le monde, quelque part elles sont restées ouvertes.

וַיָּשֻׁבוּ הַמַּיִם מֵעַל הָאָרֶץ הָלוֹךְ וָשׁוֹב וַיַּחְסְרוּ הַמַּיִם מִקְצֵה חֲמִשִּׁים וּמְאַת יוֹם:

vayachoúvou hammáyim me'ál ha'árets halokh vachóv vaya'hseroú hammáyim miktsé 'hamichím oum'át yom

3 Et l'eau se mit à se retirer de la terre de plus en plus, et l'eau se mit à se retirer au terme de 150 jours.

C'est-à-dire que pour toute cette mathématique il existe différentes variantes de compréhension, et, pour ne pas surcharger la conversation de mathématiques, je m'arrêterai sur l'une des variantes. Pendant 40 jours la pluie tomba, pendant encore 150 jours l'eau monta, au terme de ce temps les eaux se mirent à se retirer.

וַתָּנַח הַתֵּבָה בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּשִׁבְעָה-עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ עַל הָרֵי אֲרָרָט:

vattána'h hattevá ba'hódech hachevi'í bechiv'á-assár yom la'hódech al haré ararát

4 Et l'arche s'arrêta au septième mois, le dix-septième jour du mois, sur les montagnes d'Ararat.

Nous avons lu dans le chapitre précédent que l'eau recouvrit les plus hauts sommets des montagnes de 15 coudées (ou de 7,5 mètres). Maintenant nous lisons le moment où l'eau descend. Et si l'on compare toutes les dates, il en ressort que l'eau descendit pendant 60 jours. Pendant ce temps, l'eau descendit de ces mêmes 15 coudées (ou 7,5 mètres). Si nous comptons à partir du mois de Tichreï, selon la plupart des avis, il en résulte que le 17 Iyar l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat. Une question se pose concernant les deux calendriers et concernant une vieille, ancienne objection sur la raison pour laquelle les Juifs célèbrent Roch haChana au début du 7e mois. Le fait est que dans le livre de Chémot, au chapitre 12, nous lisons à propos du mois printanier de Nissan : « Ce mois est pour vous le commencement de tous les mois ». Le Très-Haut donne à Moché l'ordre de la façon de compter les mois, mais avant cela aussi on comptait d'une certaine façon, et si la tradition dit que le monde a été créé en Tichreï, alors c'est à partir de la création du monde qu'on comptait le début de l'année. C'est pourquoi le premier mois, avant que Nissan le devienne, était Tichreï. Et c'est un avis tout à fait logique, qui a lui aussi le droit d'exister. Car dans la Torah aussi, le temps des fêtes d'automne est appelé la fin de l'année. C'est pourquoi il y a deux calendriers et c'est pourquoi il y a deux approches différentes concernant le moment où tout cela a eu lieu, mais la différence entre elles est petite.

Donc, le 17 Iyar l'arche s'arrêta sur les montagnes Ararat. Le fait qu'il soit écrit sur les montagnes montre que ce n'est pas précisément sur le mont Ararat, là où sont le Sis et le Massis, pas sur le grand et le petit Ararat, mais en général sur la chaîne des montagnes d'Ararat. Il y a tout un tas de disputes sur l'endroit où cela s'est passé, il y a certains camarades qui ont même trouvé l'arche, et les disputes à ce sujet sont très nombreuses, mais nous n'allons pas maintenant entrer ni dans l'archéologie, ni dans sa fakeologie.

וְהַמַּיִם הָיוּ הָלוֹךְ וְחָסוֹר עַד הַחֹדֶשׁ הָעֲשִׂירִי בָּעֲשִׂירִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ נִרְאוּ רָאשֵׁי הֶהָרִים:

vehammáyim hayoú halókh ve'hasór ad ha'hódech ha'assirí ba'assirí be'e'hád la'hódech nir'oú raché heharímLa translittération russe écrit dans ce mot (« les montagnes ») un g au lieu d'un h. Nous suivons ici l'hébreu.

5 Et l'eau continua à se retirer jusqu'au 10e mois, au dixième mois (c'est-à-dire Av), au début du mois, apparurent les sommets des montagnes.

וַיְהִי מִקֵּץ אַרְבָּעִים יוֹם וַיִּפְתַּח נֹחַ אֶת-חַלּוֹן הַתֵּבָה אֲשֶׁר עָשָׂה:

vayhí mikkéts arba'ím yom vayiftá'h nóa'h et-'hallón hattevá acher assá

6 Et au bout de 40 jours (du début du mois d'Av jusqu'au 10 du mois d'Éloul) Noa'h ouvrit la fenêtre de l'arche qu'il avait faite.

Auparavant, avant ce 6e verset, nous n'avions rien lu sur le fait que Noa'h faisait dans l'arche une quelconque fenêtre. Il y a eu des commentateurs qui disaient que le mot tsóhar, qu'emploie la Torah dans le chapitre précédent, signifie fenêtre ; d'autres disaient que c'est une pierre précieuse, et nous avons dit qu'il y a encore une troisième variante – couvercle. Et si quelqu'un disait que c'est une pierre précieuse, comment doit-il faire maintenant, puisqu'il est dit ici que Noa'h ouvrit la fenêtre ? On peut le lire ainsi : « Noa'h ouvrit la fenêtre qu'il fit ». C'est-à-dire qu'après que l'arche se fut arrêtée sur les montagnes d'Ararat, Noa'h pratiqua une fenêtre dans l'arche. Avant cela, la fenêtre aurait simplement été inondée par la pluie.

וַיְשַׁלַּח אֶת-הָעֹרֵב וַיֵּצֵא יָצוֹא וָשׁוֹב עַד-יְבֹשֶׁת הַמַּיִם מֵעַל הָאָרֶץ:

vaychallá'h et-ha'orév vayetsé yatsó vachóv ad-yevóchet hammáyim me'ál ha'árets

7 Et il envoya (ou renvoya, ou même chassa) le corbeau, et le corbeau volait çà et là jusqu'à ce que les eaux aient séché sur la terre.

Et le corbeau volait çà et là – ici, concernant le corbeau, c'est une expression très difficile à traduire. On peut comprendre ici aussi qu'il est sorti pour peu de temps et est revenu dans l'arche, et on peut dire qu'il s'est mis à voler en cercles autour de l'arche. Une action complètement incompréhensible, il est difficile de traduire l'expression qui est employée ici, parce qu'il est écrit vayetsé – et il sortit, yatsó vachóv – en entrant et en revenant. Et cette action incompréhensible, il la faisait jusqu'à ce que les eaux aient séché. C'est-à-dire que les actions du corbeau ne sont pas tout à fait compréhensibles, en outre on ne comprend pas pourquoi Noa'h l'envoyait. En général, selon la tradition, les marins de cette époque avaient une telle coutume, une telle règle : envoyer des oiseaux pour vérifier si la terre avait séché. Dans le mythe babylonien du déluge (il existe beaucoup de mythes différents sur des déluges), nous lisons un récit semblable. Je vais le lire, mais souvenez-vous que c'est un mythe : « Le septième jour, je lâchai une colombe et la laissai s'envoler, mais la colombe vola un peu et, ne trouvant nulle part d'abri, revint en arrière. Alors je lâchai une hirondelle et la laissai s'envoler, l'hirondelle tournoya un peu, mais, ne trouvant nulle part d'abri, revint en arrière. Alors je lâchai un corbeau et le laissai s'envoler, le corbeau s'envola et vit que l'eau avait baissé. Il picorait sa nourriture, se frayait un chemin à travers les flaques, croassait, mais ne revint pas en arrière. Alors je fis sortir tout le monde du navire et les laissai aller aux quatre vents ».

Le contexte historique ici ne nous importe absolument pas, et je ne me charge nullement d'établir l'ordre dans lequel les oiseaux sortaient de l'arche, je le mentionne simplement pour dire que, d'une manière générale, il est dans la tradition des marins de lâcher des oiseaux pour vérifier si la terre est loin. Noa'h a l'assortiment le plus riche, on peut envoyer aussi le martinet à queue blanche – c'est l'oiseau le plus rapide sur terre, il peut atteindre à l'horizontale jusqu'à 170 km à l'heure. Mais Noa'h n'a aucune raison de se presser, et puis le martinet, à ce qu'on dit, ne se pose jamais à terre. Noa'h envoie justement le corbeau, et en Orient il y a beaucoup de récits sur des corbeaux voyageurs, c'est-à-dire qu'il existe des témoignages que dans l'Antiquité les corbeaux, comme les colombes, étaient utilisés comme messagers. Certains commentateurs disent que Noa'h entra dans l'arche avec sa maison, c'est-à-dire avec ses biens, et qu'il avait des colombes et des corbeaux, qu'on élevait alors, et c'est vrai : on élevait les uns et les autres à des fins différentes. C'est pourquoi chez Noa'h, à la maison, dans son domaine, il pouvait y avoir des corbeaux et des colombes, et peut-être a-t-il envoyé les siens. On ne comprend pas pourquoi il n'a pas trouvé un oiseau plus rapide. Dans le texte de la Torah, on ne comprend pas non plus pourquoi il a envoyé le corbeau, il a simplement ouvert la fenêtre et l'a envoyé, même si l'on traduit mot à mot : « Il ouvrit la fenêtre et chassa, expulsa le corbeau ».

Pourquoi donc le corbeau est-il renvoyé, s'il ne reçoit aucune mission ? On peut se le représenter ainsi : si nous faisons le rapprochement avec l'histoire de la création, sur la terre doivent apparaître avant tout les oiseaux. D'abord, au cinquième jour, sont apparus les oiseaux, et au sixième jour ont été créés les animaux et l'homme. C'est pourquoi il est naturel que les poissons soient déjà là, mais les oiseaux, il faut les lâcher, et le corbeau symbolise en quelque sorte le premier oiseau que Noa'h lâche. Une telle compréhension sera un parallèle à l'histoire de la création. On peut dire que l'orev (corbeau) est considéré comme le plus effronté des oiseaux. C'est ce que dit la tradition juive. Elle affirme que parmi les peuples le plus insolent, c'est Israël, et le plus insolent des oiseaux, le corbeau. Bien sûr, après tout ce temps de vie et d'existence dans l'arche, on a envie de s'échapper en liberté, on a envie non pas simplement de liberté, mais simplement de se promener, et Noa'h lâche le corbeau pour que celui-ci, pour ainsi dire, « lâche la vapeur » de l'arche. La première expérience, depuis de nombreux mois, de sortie au-dehors, pas même de liberté, mais simplement de sortie. C'est sans doute compréhensible et proche aujourd'hui pour ceux qui ont vécu la quarantaine dans des pays et des lieux où il était longtemps interdit de sortir, bien que pas pendant une année entière. De toute façon, on comprend ainsi mieux la valeur de la sortie au-dehors, au-delà des limites de l'espace de la quarantaine. Et dans le fait que la colombe ensuite s'envolera et reviendra, il y a aussi le mérite du corbeau, qui le premier est sorti en liberté, bien qu'il ne soit arrivé nulle part.

Bref, il y a beaucoup de versions de ce qui est arrivé au corbeau, de pourquoi il avait été envoyé tout court. Les midrachim racontent des histoires complètement étranges. Par exemple, l'histoire selon laquelle le corbeau eut peur de s'envoler, craignant que Noa'h ne prenne pour lui sa femelle. Cela semblerait une chose impensable, mais, d'un autre côté, la terre avant le déluge était si corrompue et débauchée que qui sait quelles perversions le corbeau avait vues dans sa vie et ce qu'il craignait de voir de la part de l'homme.

D'autres commentateurs disent que, s'il s'envolait loin de l'arche, sa petite femelle ne pourrait plus le retrouver et la race des corbeaux disparaîtrait pour toujours, puisqu'ils ne sont que deux. Et d'autres encore disent qu'il avait peur qu'il lui arrive quelque chose à lui-même, parce que, va savoir ce qui se passe là-bas sur la terre. On attribue au corbeau différents motifs, et là encore cela en dit plus sur les commentateurs que sur le corbeau. Mais le plus simple est de ne pas attribuer au corbeau de mauvaises qualités quelconques, et de dire simplement que le corbeau vole autour de l'arche et ne prend pas sur lui d'autres missions. Et d'ailleurs, il n'est dit nulle part que Noa'h l'ait envoyé dans un but quelconque, à la différence de la colombe.

וַיְשַׁלַּח אֶת-הַיּוֹנָה מֵאִתּוֹ לִרְאוֹת הֲקַלּוּ הַמַּיִם מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה:

vaychallá'h et-hayoná me'ittó lir'ót hakállou hammáyim me'ál pené ha'adamá

8 Et il envoya la colombe d'auprès de lui, pour voir si l'eau s'était retirée de la surface de la terre.

Il envoya la colombe d'auprès de lui. On a l'impression qu'il y a une parenté particulière, une relation chaleureuse particulière de Noa'h envers la colombe. Nous le verrons encore. On peut revenir à l'idée que Noa'h tenait un colombier et a pris tout le colombier avec lui, ou peut-être s'est-il simplement lié d'amitié justement avec la colombe, car parmi les oiseaux la colombe est la plus amicale envers l'homme. Si le corbeau n'avait reçu absolument aucune tâche, s'il n'est dit nulle part pourquoi il avait été envoyé, ici nous voyons que la colombe a été envoyée avec une mission concrète, et en outre il est dit d'elle que Noa'h l'envoya d'auprès de lui.

וְלֹא-מָצְאָה הַיּוֹנָה מָנוֹחַ לְכַף-רַגְלָהּ וַתָּשָׁב אֵלָיו אֶל-הַתֵּבָה כִּי-מַיִם עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ וַיִּשְׁלַח יָדוֹ וַיִּקָּחֶהָ וַיָּבֵא אֹתָהּ אֵלָיו אֶל-הַתֵּבָה:

veló-matse'á hayoná manóa'h lekháfLa translittération russe termine ce mot par un v. L'hébreu a ici un f final (« la plante du pied ») ; nous suivons l'hébreu.-raglá vattáchov eláv el-hattevá ki-máyim al-pené khol-ha'árets vayichlá'h yadó vayikka'héhaLa translittération russe écrit la fin de ce mot avec un g au lieu d'un h. Nous suivons ici l'hébreu. vayavé otá eláv el-hattevá

9 Mais la colombe ne trouva pas de repos pour sa petite patte et revint vers lui dans l'arche, car l'eau est sur toute la terre. Et Noa'h étendit la main, et la prit, et la fit entrer auprès de lui dans l'arche.

Manóa'h signifie repos, mais manóa'h dans le livre de Rout est employé plusieurs fois au sens de mari, c'est-à-dire une sorte de demeure de repos, et bien sûr, noa'h et manoa'h, et l'oiseau qui s'est envolé de chez Noa'h (minoa'h) et a trouvé manoa'h (repos). C'est aussi un certain jeu de mots. Noa'h était en quelque sorte le maître, le dominateur de la création, et y compris de la colombe, elle a besoin d'un autre lieu de repos, d'un autre point d'appui pour sa petite patte, d'un autre lieu où elle pourrait déjà compter sur elle-même.

Revint vers lui dans l'arche. Noa'h envoya d'auprès de lui, et la colombe revint vers lui dans l'arche. Ici de nouveau une double répétition pour renforcer. Plus loin nous lisons encore à propos de la main tendue. La Torah nous montre l'attachement de la colombe à Noa'h. Il y a une sorte de tendresse particulière quand Noa'h tend la main, prend cette colombe et la fait entrer dans l'arche.

וַיָּחֶל עוֹד שִׁבְעַת יָמִים אֲחֵרִים וַיֹּסֶף שַׁלַּח אֶת-הַיּוֹנָה מִן-הַתֵּבָה:

vayá'hel od chiv'át yamím a'herím vayosséf challá'h et-hayoná min-hattevá

10 Et il attendit encore sept autres jours, et envoya encore une fois la colombe hors de l'arche.

Quand nous lisons dans ce verset : « Et il attendit encore sept jours », nous pouvons dire que cela signifie aussi qu'après le corbeau également, avant d'envoyer la colombe, Noa'h avait attendu sept jours. Car la Torah dit qu'il attendit encore sept jours.

Dans la seconde partie du verset, il n'est plus écrit d'auprès de lui, c'est-à-dire que les relations de Noa'h et de la colombe changent un peu, ils s'éloignent l'un de l'autre.

וַתָּבֹא אֵלָיו הַיּוֹנָה לְעֵת עֶרֶב וְהִנֵּה עֲלֵה-זַיִת טָרָף בְּפִיהָ וַיֵּדַע נֹחַ כִּי-קַלּוּ הַמַּיִם מֵעַל הָאָרֶץ:

vattavó eláv hayoná le'ét érev vehinné alé-záyit taráf befíha vayéda nóa'h ki-kállou hammáyim me'ál ha'árets

11 Et la colombe revint vers lui le soir, et voici une petite feuille d'olivier arrachée dans son bec. Et Noa'h sut que l'eau s'était retirée de la terre.

Ici, il n'est pas écrit leteva (dans l'arche). Comme par hasard, la Torah nous indique de nouveau, par une marque de plus, que la yona (colombe) devient en quelque sorte plus autonome.

Que signifie le fait que la colombe soit revenue le soir ? Cela signifie qu'elle avait déjà assez loin à voler.

וַיִּיָּחֶל עוֹד שִׁבְעַת יָמִים אֲחֵרִים וַיְשַׁלַּח אֶת-הַיּוֹנָה וְלֹא-יָסְפָה שׁוּב-אֵלָיו עוֹד:

vayiyá'hel od chiv'át yamím a'herím vaychallá'h et-hayoná veló-yassefá chouv-eláv od

12 Et il attendit encore 7 autres jours, et envoya la colombe, et elle ne revint plus vers lui.

Si cela a commencé par le fait que la colombe est un oiseau apprivoisé, qui revient dans la main de Noa'h, ici nous voyons que les relations ont changé, que la colombe aussi a acquis son autonomie. D'un côté, le monde animal sert l'homme, de l'autre côté, il se produit entre eux une certaine séparation.

וַיְהִי בְּאַחַת וְשֵׁשׁ-מֵאוֹת שָׁנָה בָּרִאשׁוֹן בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ חָרְבוּ הַמַּיִם מֵעַל הָאָרֶץ וַיָּסַר נֹחַ אֶת-מִכְסֵה הַתֵּבָה וַיַּרְא וְהִנֵּה חָרְבוּ פְּנֵי הָאֲדָמָה:

vayhí be'a'hát vechéch-me'ót chaná barichón be'e'hád la'hódech 'harevú hammáyim me'ál ha'árets vayássar nóa'h et-mikhsé hattevá vayár vehinné 'harevú pené ha'adamá

13 Et ce fut en l'an 601, le premier jour du premier mois (c'est-à-dire au mois et au jour de la création du monde), l'eau sécha sur la terre, et Noa'h ôta le couvercle de l'arche, et vit que voici, la surface de la terre avait séché.

En l'an 601 de quoi ? De la vie de Noa'h. Nous avons lu que Noa'h entra dans l'arche quand il avait 600 ans.

Noa'h ôta le couvercle de l'arche. Nous avons dit qu'il n'y a de couvercle qu'à l'arche, ici et à l'arche d'alliance.

La surface de la terre avait séché. Mais la surface peut être encore vaseuse, boueuse, c'est pourquoi Noa'h attend encore.

וּבַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בְּשִׁבְעָה וְעֶשְׂרִים יוֹם לַחֹדֶשׁ יָבְשָׁה הָאָרֶץ:

ouva'hódech hachení bechiv'á ve'esrím yom la'hódech yavechá ha'árets

14 Le 27 du deuxième mois (c'est-à-dire un an et 10 jours après le début du déluge), la terre sécha.

Ainsi, le déluge est terminé, la terre a séché.

וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים אֶל-נֹחַ לֵאמֹר:

vaydabbér elohím el-nóa'h lemór

15 Et Dieu parla à Noa'h, en disant :

צֵא מִן-הַתֵּבָה אַתָּה וְאִשְׁתְּךָ וּבָנֶיךָ וּנְשֵׁי-בָנֶיךָ אִתָּךְ:

tse min-hattevá attá ve'ichtekhá ouvanékha ounché-vanékha ittákh

16 « Sors de l'arche, toi, et ta femme, et tes fils, et les femmes de tes fils avec toi,

Les commentateurs qui, comme nous l'avons mentionné, affirmaient qu'il n'y avait dans l'arche aucune vie intime, disent que voici encore une preuve. Ici, ils ne sont déjà plus énumérés séparément : Noa'h et les fils, la femme de Noa'h et les femmes des fils, mais Noa'h avec sa femme et les fils avec leurs femmes. Donc, maintenant on leur a permis la vie commune.

כָּל-הַחַיָּה אֲשֶׁר-אִתְּךָ מִכָּל-בָּשָׂר בָּעוֹף וּבַבְּהֵמָה וּבְכָל-הָרֶמֶשׂ הָרֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ הוֹצֵא (הַיְצֵא) אִתָּךְ וְשָׁרְצוּ בָאָרֶץ וּפָרוּ וְרָבוּ עַל-הָאָרֶץ:

kol-ha'hayá achér-ittekhá mikkól-bassár baóf ouvabbehemá ouvkhól-harémes haromés al-ha'árets haytsé ittákh vecharetsoú va'árets oufaroú veravoú al-ha'árets

17 Tout animal qui est avec toi, de toute chair, parmi les oiseaux et parmi le bétail, toute bête rampante qui rampe sur la terre, qui sortiront avec toi ensemble et grouilleront sur la terre, et soyez féconds, et multipliez-vous sur la terre ».

וַיֵּצֵא-נֹחַ וּבָנָיו וְאִשְׁתּוֹ וּנְשֵׁי-בָנָיו אִתּוֹ:

vayetsé-nóa'h ouvanáv ve'ichtó ounché-vanáv ittó

18 Et Noa'h sortit, et ses fils, et sa femme et les femmes de ses fils avec lui.

Voici, ici nous voyons : les fils et les femmes sont énumérés séparément.

כָּל-הַחַיָּה כָּל-הָרֶמֶשׂ וְכָל-הָעוֹף כֹּל רוֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ לְמִשְׁפְּחֹתֵיהֶם יָצְאוּ מִן-הַתֵּבָה:

kol-ha'hayá kol-harémes vekhól-haóf kol romés al-ha'árets lemichpe'hotehém yatse'oú min-hattevá

19 Et toutes les bêtes, et toutes les bêtes rampantes, et tous les oiseaux, tout ce qui fourmille sur la terre, selon leurs familles, sortirent de l'arche.

Pourquoi est-il écrit selon leurs familles ? Les commentateurs disent qu'ici le monde animal a promis de ne pas mélanger les espèces entre elles, que chaque animal vivrait dans sa famille, et qu'il serait mis fin à la débauche qui s'était produite à cause de la débauche de l'homme.

Mais revenons un tout petit peu en arrière et posons-nous la question suivante : si Noa'h sort sur la révélation du Très-Haut, s'il sort après que le Très-Haut s'est adressé à lui et lui a ordonné de sortir, alors pourquoi donc Noa'h envoie-t-il des oiseaux pour vérifier si l'eau s'est retirée de la terre ? Allons, attends, si tu attends la révélation du Très-Haut, alors pourquoi vérifies-tu toi-même ? Si nous regardons le sens le plus simple du texte, alors la réponse aussi est simple – le Très-Haut encourage Noa'h à sortir de l'arche. Il dit : « Oui, sors, Je te bénis ». Ce n'est pas, dans ce cas, un ordre, c'est une bénédiction, quand Il s'adresse à Noa'h et lui dit de sortir de l'arche. Il confirme sa décision, confirme son choix. L'homme reçoit la possibilité de prendre certaines décisions dans la direction de l'arche, la direction de la vie, même dans la direction de tout ce qui vit. Et le Très-Haut dit à cela « oui et amen », vient et lui dit : « Sors. Oui, le temps est venu de sortir de l'arche. On ne peut pas rester tout le temps dans l'arche, l'univers ne peut pas rester dans l'arche. Tu dois sortir, et tu dois remplir la terre ».

וַיִּבֶן נֹחַ מִזְבֵּחַ לַיהוָה וַיִּקַּח מִכֹּל הַבְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה וּמִכֹּל הָעוֹף הַטָּהֹר וַיַּעַל עֹלֹת בַּמִּזְבֵּחַ:

vayíven nóa'h mizbéa'h ladonáy vayikká'h mikkól habbehemá hattehorá oumikkól haóf hattahórLa translittération russe écrit dans ce mot (« pur ») un g au lieu d'un h. Nous suivons ici l'hébreu. vayá'al olót bammizbéa'h

20 Et Noa'h bâtit un autel au SEIGNEUR, et prit de tout bétail pur et de tout oiseau pur, et offrit un holocauste sur l'autel.

Personne n'a commandé à Noa'h de bâtir un autel. C'est sa propre décision, on peut dire comme le fruit de la préparation de kohen dont nous avons parlé, le fruit de la préparation sacerdotale. Premièrement, c'est le premier cas où quelqu'un bâtit un autel, deuxièmement, c'est le premier cas où quelqu'un offre un holocauste. Avant cela, nous n'avons pas lu que Kayin ou Hevel bâtissaient des autels, nous avons lu seulement qu'ils apportaient une min'ha, ici il s'agit déjà d'holocaustes.

וַיָּרַח יְהוָה אֶת-רֵיחַ הַנִּיחֹחַ וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-לִבּוֹ לֹא-אֹסִף לְקַלֵּל עוֹד אֶת-הָאֲדָמָה בַּעֲבוּר הָאָדָם כִּי יֵצֶר לֵב הָאָדָם רַע מִנְּעֻרָיו וְלֹא-אֹסִף עוֹד לְהַכּוֹת אֶת-כָּל-חַי כַּאֲשֶׁר עָשִׂיתִי:

vayára'h adonáy et-réya'h hanni'hóa'h vayomer adonáy el-libbó lo ossíf lekallél od et-ha'adamá ba'avoúr ha'adám ki yétser lev ha'adám ra minne'ouráv veló-ossíf od lehakkót et-kol-'háy ka'achér assíti

21 Et le SEIGNEUR huma l'odeur de bonne senteur, et le SEIGNEUR dit à Son cœur : « Je ne maudirai plus la terre à cause de l'adam, car le commencement du cœur de l'homme est mauvais dès sa jeunesse. Et Je ne frapperai plus tout ce qui vit, comme J'ai fait.

Certains commentateurs disent qu'ici, des sacrifices de Noa'h, s'éleva une odeur d'Avraham, c'est-à-dire que le SEIGNEUR huma le potentiel de l'humanité d'engendrer Avraham et de commencer l'édification d'un nouveau peuple sur la terre.

J'en ai déjà parlé et je le répéterai encore une fois, car c'est une remarque très intéressante : dans son cœur (be-libo) ne parle que le méchant. « Le méchant a dit dans son cœur : “Il n'y a pas de Dieu” ». Le méchant parle dans son cœur, sa raison est déjà dans son cœur, il accepte déjà son cœur tel qu'il est, et voilà que d'après ce cœur il change le monde, il se transforme lui-même d'après son cœur. Quand nous parlons des justes, le juste parle le-libo (vers son cœur) ou el-libo (à son cœur), et seulement ainsi. Les actions du juste sont dirigées vers le changement, la transformation, la transfiguration de son cœur, il parle à son cœur, comme pour éduquer son cœur. Cette différence est constante et se poursuit à travers tout le Tanakh. Ainsi, dans son cœur, comme en dominant sur son cœur, parle l'homme méchant ; vers son cœur parle l'homme juste, et puis le Très-Haut, puisque le Très-Haut n'a pas de cœur en tant que tel, et le Très-Haut ne parle pas avec Son cœur, mais ce sont des images qui nous sont transmises. Mais tout de même, il nous est dit : vers Son cœur.

Je ne maudirai plus la terre à cause de l'adam. C'est à peu près la même chose que ce que le SEIGNEUR disait avant le déluge, qu'est-ce qui a donc changé ici ? On peut comprendre cette phrase de plusieurs façons.

Première façon. « Je ne punirai plus la terre à cause de cet adam éternellement mauvais, que l'adam réponde lui-même, la terre n'est plus responsable de lui ». Le nouvel homme – ce n'est déjà plus cet Adam qui, à l'origine, avait été fait de la terre, c'est une nouvelle humanité, et la terre n'est pas responsable de lui.

Deuxième variante. Le Très-Haut dit : « Je ne punirai plus de cette manière l'homme pour le mal, et ne punirai plus la terre pour le mal de l'homme. Eh bien, il est mauvais, et il faut changer cela, et non pas l'anéantir. Cette nouvelle humanité, je l'instruirai et la changerai ».

Il y a encore une façon de regarder ces paroles du Très-Haut. Il arrive souvent que le Très-Haut change de méthode d'action. Par exemple, quand Israël a péché du péché du veau, le Très-Haut a dit : « Vous restez ici pour quarante ans ». C'est, disons, le plan « B » du Très-Haut. Et ici le Très-Haut dit : « Je ne construirai plus la pureté de la terre, Je ne transfigurerai pas la terre par quelques justes isolés. Oui, tous ont péché, mais il y a 'Hanokh, il y a Noa'h – ils sont justes, des justes isolés parmi toute la terre, parmi toute la population de la terre. Je vais créer un peuple de saints, un sacerdoce royal, et maintenant Je vais élever une communauté dans laquelle J'habiterai ». Comme l'a dit Yéchayahou : « Le peuple que J'ai créé pour Ma gloire ». Non pas des justes concrets, mais justement une communauté. Beaucoup de réflexions différentes sur ce sujet, et de nouveau on peut dire que les commentateurs parlent davantage d'eux-mêmes que de ce qu'ils commentent.

Lo ossíf. Du fait que le Très-Haut le dit deux fois, on déduit le langage du serment. Comme nous l'enseigne le Machia'h et comme l'enseigne la Torah orale, le langage du serment. « Oui, oui » (double répétition de « oui ») – c'est un serment ; la double répétition de non (lo, lo) – c'est un serment. Ken, ken (oui, oui) ou lo, lo – c'est le langage du serment au tribunal. Ossif, ossif – c'est aussi le langage du serment du Très-Haut. Yéchayahou dit : « J'ai juré au sujet du déluge ». Yéchayahou cite les paroles du Très-Haut. Où est le serment ? Le serment est dans la double répétition de ces mots. Le Très-Haut dit ici : « Je ne détruirai plus tout ce qui vit, comme Je viens de le faire ».

עֹד כָּל-יְמֵי הָאָרֶץ זֶרַע וְקָצִיר וְקֹר וָחֹם וְקַיִץ וָחֹרֶף וְיוֹם וָלַיְלָה לֹא יִשְׁבֹּתוּ:

od kol-yemé ha'árets zéra vekatsír vekór va'hóm vekáyits va'hóref veyom valáyla lo yichbótou

22 Tous les jours de la terre, semailles et moisson, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront pas ».

On peut en tirer la conclusion qu'au moment où il y avait l'arche, quand l'arche voguait, quand il y avait le déluge, les saisons ne se succédaient pas. Et d'ailleurs, comment les saisons se seraient-elles succédé, si tout le temps il fait couvert avec de la pluie ? Maintenant le Très-Haut dit que cet ordre, cette institution de la nature agira constamment. Les nouvelles règles, nous les lirons encore au chapitre suivant.

Des fils si différents

Béréchit 9,1–29

וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-נֹחַ וְאֶת-בָּנָיו וַיֹּאמֶר לָהֶם פְּרוּ וּרְבוּ וּמִלְאוּ אֶת-הָאָרֶץ:

vayvárekh elohím et-noá'h ve'ét-banáv vayomer lahém peroú ourvoú oumil'oú et-ha'árets

1 Et Dieu bénit Noa'h et ses fils, et leur dit : « Fructifiez, et multipliez-vous, et remplissez la terre.

Nous lisons un moment solennel, quand commence une nouvelle étape dans l'univers : l'humanité renouvelée en la personne de 8 personnes et le monde animal renouvelé sortent de l'arche. Comme dans les premier et deuxième chapitres du livre de Béréchit, le Très-Haut bénit l'homme. Le mot peroú vient de la racine perí (fruit), le mot rvou vient du mot rav (multitude). En effet, la traduction russe correcte, c'est fructifiez et multipliez-vous, mais prêtons attention à un tel détail : en hébreu il y a une règle selon laquelle, si 2 lettres de la racine sont identiques dans des mots (les deux premières lettres), alors ces mots appartiennent à une même case sémantique. Si nous regardons le mot peroú (fructifiez) et la racine perí (fruit), nous verrons que cela est lié à la rupture des limites, à la division en parties, lefrít (séparer), lehafrích (détacher), lifróm (déchirer à la couture), lifróa (mettre en pièces ; changer de forme), peré (sauvage, qui ne connaît pas de limites). Et ainsi, la racine peroú ou perí – c'est la percée en avant, comme en russe aussi, tout à fait par hasard, cela commence par les lettres pr – proryvatsia en avant. Ici nous pouvons dire que peroú signifie des changements qualitatifs, c'est-à-dire améliorez-vous, changez, et rvou, ce sont des changements quantitatifs – multipliez-vous : devenez meilleurs et devenez plus nombreux.

וּמוֹרַאֲכֶם וְחִתְּכֶם יִהְיֶה עַל כָּל-חַיַּת הָאָרֶץ וְעַל כָּל-עוֹף הַשָּׁמָיִם בְּכֹל אֲשֶׁר תִּרְמֹשׂ הָאֲדָמָה וּבְכָל-דְּגֵי הַיָּם בְּיֶדְכֶם נִתָּנוּ:

oumora'akhém ve'hittekhém yihyéLa translittération russe écrit dans ce mot (« sera ») un g au lieu d'un h. Nous suivons ici l'hébreu. al kol-'hayát ha'árets ve'ál kol-óf hachamáyim bekhól achér tirmós ha'adamá ouvkhól-degé hayám beyedkhém nittánou

2 et la peur devant vous, l'effroi devant vous sera sur toute bête de la terre, et sur tout oiseau du ciel, et sur tout ce dont grouille la terre, et sur tous les poissons de la mer ; entre vos mains ils sont donnés.

Au tout début, quand le Très-Haut créa l'homme, Il dit : « Vous dominerez (vous exercerez une dictature) sur tout le monde animal ». Mais c'était une loi qui impliquait une coopération. Nous nous souvenons que les animaux venaient et qu'Adam donnait un nom à chacun des animaux. C'était une coexistence dans la coopération sous la direction claire d'Adam. C'est ainsi que cela était destiné à être. Et ici nous voyons que les relations sont déjà inamicales, ce n'est pas l'amitié du monde animal et de l'homme, mais sur le monde animal il y a la peur et l'effroi devant les hommes. Pourquoi ? Parce que nous lisons au verset 3 :

כָּל-רֶמֶשׂ אֲשֶׁר הוּא-חַי לָכֶם יִהְיֶה לְאָכְלָה כְּיֶרֶק עֵשֶׂב נָתַתִּי לָכֶם אֶת-כֹּל:

kol-rémes achér hou-'háy lakhém yihyé le'okhlá keyérek éssev natátti lakhém et-kól

3 Tout ce qui se meut, qui vit, sera pour vous nourriture, comme la verdure de l'herbe, Je vous ai tout donné.

Il y a maintenant une telle mode parmi les végétariens : il existe des produits qui rappellent la viande par leur goût, tout en étant un plat végétarien. Il y a une sorte de salade végétarienne au goût de foie de poulet, il y a des schnitzels végétariens, des bœufs Stroganoff végétariens et des steaks végétariens, c'est-à-dire qu'avec de la nourriture végétale on essaie de recréer les goûts de la nourriture carnée. Ici le Très-Haut dit exactement le contraire : « Je vous donnerai la viande comme l'herbe. Les qualités gustatives de toutes vos petites herbes, vous les recevrez maintenant de la viande. Maintenant vous mangerez les animaux ». Les relations ont changé. De là la peur, puisque maintenant l'homme peut manger l'animal. Est-ce une promotion professionnelle de l'homme ou une rétrogradation professionnelle ? Est-ce le fruit de ce que l'humanité s'est élevée à un nouveau niveau, ou bien est-elle tout de même descendue ? Si nous regardons le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il, qui règne sur tout, Il n'a besoin de rien, Il ne mange, Dieu nous en garde, aucun de Ses sujets, Il ne prend rien d'eux, Il ne mange pas les sacrifices que nous apportons, Il n'a pas besoin des pains que nous apportons, Il n'a pas besoin de l'argent que nous apportons, Il ne se nourrit pas de nous et ne dépend pas de nous. Et, bien sûr, heureux le roi qui ne dépend pas de ses sujets, mais l'homme ici est descendu d'un niveau et a été placé dans la dépendance de ses sujets, en recevant la possibilité de manger les animaux. Mais avec certaines restrictions.

אַךְ-בָּשָׂר בְּנַפְשׁוֹ דָמוֹ לֹא תֹאכֵלוּ:

akh bassár benafchó damó lo tokhélou

4 Mais la viande dans laquelle est le sang, ne la mangez pas.

Le sang anime la chair, le sang rend vivant tout être vivant, c'est pourquoi on dit que la néfech – la vie même du vivant – est dans le sang. Et il nous est permis de manger le mort qui est dans le vivant, la partie morte des animaux, mais pas la vie vivante des animaux. Afin qu'on ne se nourrisse pas de la vie des animaux, mais qu'on se nourrisse de leur chair et qu'on l'élève, cette chair, à son propre niveau. Nous avons reçu encore une nouvelle tâche : ce ne sont plus seulement les petites pommes et les oranges que nous pouvons élever à notre niveau, mais aussi les animaux. Bien que ce soit aussi une dégradation. Une question se pose : si maintenant on peut tuer pour manger, alors une pensée séditieuse, mais logique, peut se glisser dans la tête : peut-être peut-on tuer aussi l'homme ? Le Très-Haut dit au verset 5 :

וְאַךְ אֶת-דִּמְכֶם לְנַפְשֹׁתֵיכֶם אֶדְרֹשׁ מִיַּד כָּל-חַיָּה אֶדְרְשֶׁנּוּ וּמִיַּד הָאָדָם מִיַּד אִישׁ אָחִיו אֶדְרֹשׁ אֶת-נֶפֶשׁ הָאָדָם:

ve'ákh et-dimkhém lenafchotekhém edróch miyád kol-'hayá edrechénnou oumiyád ha'adám miyád ich a'hív edróch et-néfech ha'adám

5 De votre sang, Je demanderai compte à tout animal et de la main de l'homme, de la main du frère, Je demanderai compte pour l'homme tué.

C'est-à-dire que la loi sur le fait de tuer et de manger n'est pas réciproque. L'homme a le droit de tuer et de manger les animaux, et les animaux n'ont pas le droit de tuer et de manger l'homme. Ainsi, les animaux reçoivent eux aussi leur interdiction. Plus tard, la Torah parlera du bœuf qui a frappé un homme de ses cornes et l'a tué : ce bœuf, on ne le tue pas simplement, on le lapide, comme par une sentence de tribunal. C'est-à-dire que l'animal est justiciable s'il a tué un homme. Et le Très-Haut dit : « Je demanderai compte à l'animal qui vous tuera ». Ni aux animaux ni aux hommes il n'est permis de tuer des hommes. Le fait qu'il nous soit maintenant permis de manger les animaux ne signifie pas que nous pouvons nous entretuer.

שֹׁפֵךְ דַּם הָאָדָם בָּאָדָם דָּמוֹ יִשָּׁפֵךְ כִּי בְּצֶלֶם אֱלֹהִים עָשָׂה אֶת-הָאָדָם:

chofékh dam ha'adám ba'adám damó yichafékh ki betsélem elohím assá et-ha'adám

6 Et quiconque verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé, parce que Dieu a créé l'homme à Son image.

Le Très-Haut donne ici une telle indication indirecte, en disant qu'il y aura un jugement et que le meurtrier qui a versé le sang d'un homme doit être jugé par les hommes, et son sang aussi sera versé. Quand nous frappons un homme, que nous dévorons un homme, c'est tout de même le portrait de Dieu que chacun de nous porte en soi, et il n'est pas si simple de le tuer et de le manger.

וְאַתֶּם פְּרוּ וּרְבוּ שִׁרְצוּ בָאָרֶץ וּרְבוּ-בָהּ:

ve'attém peroú ourvoú chirtsoú va'árets ourvou-vá

7 Et vous, fructifiez et multipliez-vous, grouillez sur la terre et multipliez-vous en elle ».

C'est la bénédiction du Très-Haut à Noa'h et à ses fils, qui, entre autres choses, contient aussi un récit sur le nouvel ordre de l'univers.

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים אֶל-נֹחַ וְאֶל-בָּנָיו אִתּוֹ לֵאמֹר:

vayomer elohím el-nóa'h ve'él-banáv ittó lemór

8 Et Dieu dit à Noa'h et à ses fils, en disant :

וַאֲנִי הִנְנִי מֵקִים אֶת-בְּרִיתִי אִתְּכֶם וְאֶת-זַרְעֲכֶם אַחֲרֵיכֶם:

va'aní hinení mekím et-berití ittekhém ve'ét-zar'akhém a'harekhém

9 « Voici, J'érige l'alliance avec vous, et avec votre semence après vous,

Comment cela s'étendra à la semence, nous le verrons dans les sections hebdomadaires suivantes.

וְאֵת כָּל-נֶפֶשׁ הַחַיָּה אֲשֶׁר אִתְּכֶם בָּעוֹף בַּבְּהֵמָה וּבְכָל-חַיַּת הָאָרֶץ אִתְּכֶם מִכֹּל יֹצְאֵי הַתֵּבָה לְכֹל חַיַּת הָאָרֶץ:

ve'ét kol-néfech ha'hayá achér ittekhém ba'óf babbehemá ouvkhól-'hayát ha'árets ittekhém mikkól yotse'é hatteváLa translittération russe donne une autre voyelle au début de ce mot (« l'arche »). Nous suivons ici l'hébreu. lekhól 'hayát ha'árets

10 et avec toute âme vivante qui est avec vous : avec l'oiseau, et avec le bétail, et avec toute bête qui est avec vous, et tous ceux qui sont sortis de l'arche, tous les animaux de la terre.

C'est une alliance non seulement avec Noa'h et avec ses fils, mais aussi avec tout l'univers, avec tout ce qui vit.

וַהֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתְּכֶם וְלֹא-יִכָּרֵת כָּל-בָּשָׂר עוֹד מִמֵּי הַמַּבּוּל וְלֹא-יִהְיֶה עוֹד מַבּוּל לְשַׁחֵת הָאָרֶץ:

vahakimotí et-berití ittekhém veló-yikkarét kol-bassár od mimmé hammabboúl velo-yihyé od mabboúl lecha'hét ha'árets

11 J'établis avec vous l'alliance, et toute chair ne sera pas anéantie à l'avenir par les eaux du déluge, et il n'y aura plus de déluge pour anéantir la terre ».

C'est le contenu de l'alliance, l'alliance ici est unilatérale, le Très-Haut promet cela à l'humanité et à tout l'univers, sans rien exiger en échange.

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים זֹאת אוֹת-הַבְּרִית אֲשֶׁר-אֲנִי נֹתֵן בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם וּבֵין כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה אֲשֶׁר אִתְּכֶם לְדֹרֹת עוֹלָם:

vayomer elohím zot ot-habberít achér-aní notén bení ouvenekhém ouvén kol-néfech 'hayá achér ittekhém ledorót olám

12 Et Dieu dit : « Voici le signe de l'alliance que Je donne entre Moi et vous, et toute âme vivante qui est avec vous, pour les générations éternelles.

אֶת-קַשְׁתִּי נָתַתִּי בֶּעָנָן וְהָיְתָה לְאוֹת בְּרִית בֵּינִי וּבֵין הָאָרֶץ:

et-kachtí natátti be'anán vehayetá le'ót berít bení ouvén ha'árets

13 Mon arc-en-ciel, Je le donne dans le nuage, et il sera un signe de l'alliance entre Moi et entre la terre.

וְהָיָה בְּעַנְנִי עָנָן עַל-הָאָרֶץ וְנִרְאֲתָה הַקֶּשֶׁת בֶּעָנָן:

vehayá be'anení anán al-ha'árets venir'atá hakkéchet be'anán

14 Et il arrivera, quand J'amènerai des nuages sur la terre, et que l'arc-en-ciel apparaîtra dans le nuage,

וְזָכַרְתִּי אֶת-בְּרִיתִי אֲשֶׁר בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם וּבֵין כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה בְּכָל-בָּשָׂר וְלֹא-יִהְיֶה עוֹד הַמַּיִם לְמַבּוּל לְשַׁחֵת כָּל-בָּשָׂר:

vezakhartí et-berití achér bení ouvenekhém ouvén kol-néfech 'hayá bekhól-bassár veló-yihyé od hammáyim lemabboúl lecha'hét kol-bassár

15 et Je me souviendrai de l'alliance qui est entre moi et entre vous, et entre tout être animal et toute chair, et les eaux du déluge n'anéantiront plus toute chair.

וְהָיְתָה הַקֶּשֶׁת בֶּעָנָן וּרְאִיתִיהָ לִזְכֹּר בְּרִית עוֹלָם בֵּין אֱלֹהִים וּבֵין כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה בְּכָל-בָּשָׂר אֲשֶׁר עַל-הָאָרֶץ:

vehayetá hakkéchet be'anán our'itiháLa translittération russe contient une coquille dans ce mot (« je la verrai »). Nous suivons ici l'hébreu. lizkór berít olám ben elohím ouvén kol-néfech 'hayá bekhól-bassár achér al-ha'árets

16 Et l'arc-en-ciel sera dans le nuage. Je le verrai, pour garder le souvenir de l'alliance éternelle entre Dieu et entre toute âme vivante, entre toute chair qui est sur la terre ».

וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים אֶל-נֹחַ זֹאת אוֹת-הַבְּרִית אֲשֶׁר הֲקִמֹתִי בֵּינִי וּבֵין כָּל-בָּשָׂר אֲשֶׁר עַל-הָאָרֶץ:

vayomer elohím el-nóa'h zot ot-habberít achér hakimóti bení ouvén kol-bassár achér al-ha'árets

17 Et Dieu dit à Noa'h : « Voici le signe de l'alliance que J'ai établie entre Moi et entre toute chair qui est sur la terre ».

Ainsi, avant tout, comprenons pourquoi c'est justement l'arc-en-ciel qui est le symbole de l'alliance. Il y a une multitude, comme c'est toujours le cas, d'interprétations différentes et de compréhensions différentes. La compréhension la plus simple : l'arc-en-ciel est lié à la pluie. Quand commence une forte pluie, que peut-il arriver à un homme ou à n'importe quel être vivant qui a vécu un événement aussi traumatisant que le déluge ? Naturellement, l'homme et l'animal peuvent penser que le déluge recommence, que le Très-Haut veut de nouveau inonder et détruire la terre. C'est justement au moment où apparaît la pluie, quand une telle peur peut s'intensifier, c'est justement à ce moment qu'apparaît l'arc-en-ciel, et il nous assure qu'il y a la paix entre nous et le Très-Haut. Ici le Très-Haut dit : « Je me souviendrai ». Et nous avons parlé du mot se souvenir, de ce que signifie il se souvint de l'alliance. Chaque fois qu'il pleut et que l'arc-en-ciel apparaît, c'est comme une marque, quand le Très-Haut manifeste Sa miséricorde, établit la paix entre l'homme et entre Lui-même, entre l'univers et entre Lui-même. Ce qui auparavant était destruction est maintenant un signe de paix entre l'homme et Dieu. Il y a beaucoup de discussions pour savoir si l'arc-en-ciel existait avant le déluge ou s'il a été créé seulement à ce moment-là précisément. Souvent nous voyons que le Très-Haut appelle en témoins le ciel et la terre, Il ne les crée pas pour cela, appelle en témoins ce qui existe déjà. Et ici aussi nous pouvons dire que ce signe, l'arc-en-ciel, existait dans le monde même avant cela, mais que le Très-Haut en a fait le signe de l'alliance. Il y a d'autres commentateurs qui disent que le Très-Haut a renforcé l'action du soleil, de la lumière solaire, de sorte que l'arc-en-ciel puisse apparaître. C'est ce que disent les sages juifs, en se référant aux sages grecs, à savoir que la lumière solaire a changé. Il y a aussi de tels raisonnements. Il y a des raisonnements liés à la physique des particules élémentaires. Très brièvement, on peut dire que la physique des particules élémentaires dit que tout l'univers, tout ce qu'a créé le Très-Haut, est créé, tissé de petites-petites particules, il en existe une multitude d'espèces différentes, et la plupart d'entre elles changent, la plupart d'entre elles sont instables et inconstantes. Mais on sait qu'il n'existe que six particules élémentaires stables, c'est-à-dire seulement six éléments immuables du monde, que personne ne peut changer et que personne ne peut scinder : le photon, l'électron, le quark, le graviton, le gluon et le neutrino. De ces six, seul le photon peut être vu par l'œil humain, seul le photon (particule porteuse de lumière) peut être visible pour l'homme en fonction de l'énergie que possède le photon. S'il possède une énergie basse, il porte la couleur rouge, c'est l'énergie la plus basse. Il y en a encore plus bas, et alors c'est la couleur infrarouge, et nous ne la voyons pas. Il y a des photons qui possèdent une énergie plus grande, et ils sont de couleur violette. Il y en a encore plus haut, l'ultraviolet, mais nous ne le voyons pas. Le photon est une particule indivisible, il a son énergie standard, et ce que nous voyons, c'est un mélange constant de photons. Parfois nous ne voyons pas certains photons, et c'est pourquoi, par exemple, le soleil est rouge au coucher, parce que les photons bleus disparaissent. Je raconte cela de façon très simplifiée. Dans l'arc-en-ciel il se produit quelque chose d'inhabituel, les photons se répartissent selon leur niveau, comme si les éléments fondamentaux immuables de l'univers se rangeaient sur des étagères. Et l'arc-en-ciel peut, si l'on regarde la physique des particules élémentaires, pour ainsi dire symboliser l'ordre et l'organisation du monde dans le monde entier. Toute la diversité de l'univers et de la création de l'homme que nous voyons, tout se trouve en interrelation, et l'arc-en-ciel est notre fenêtre sur l'organisation de l'Univers, il embrasse tout le monde visible dans toutes les couleurs, et c'est comme s'il rangeait sur des étagères tout ce que nous voyons, tout ce que nous savons de l'Univers. C'était un petit coin « Torah et science », rare dans mes causeries. Et on peut encore, bien sûr, dire beaucoup de choses sur l'arc-en-ciel. Il y a beaucoup de commentaires. Je partage seulement ce qui m'intéresse, moi.

וַיִּהְיוּ בְנֵי-נֹחַ הַיֹּצְאִים מִן-הַתֵּבָה שֵׁם וְחָם וָיָפֶת וְחָם הוּא אֲבִי כְנָעַן:

vayihyoú vené-nóa'h hayotse'ím min-hatteva chem ve'hám vayáfet ve'hám hou aví khená'an

18 Et les fils de Noa'h qui sortirent de l'arche furent : Chem, 'Ham et Yéfet ; et 'Ham – il est le père de Canaan.

Pourquoi est-il dit : « 'Ham – il est le père de Canaan » ? Nous essaierons de le comprendre par la suite. C'est-à-dire que la Torah nous a énuméré les trois fils de Noa'h sortis de l'arche, en mentionnant que 'Ham – il est le père de Canaan. Il y a beaucoup de réponses différentes à la question « pourquoi », et nous aussi nous essaierons de donner une réponse.

שְׁלֹשָׁה אֵלֶּה בְּנֵי-נֹחַ וּמֵאֵלֶּה נָפְצָה כָל-הָאָרֶץ:

chelochá élle bené-nóa'h oume'élle nafetsá kol-ha'árets

19 Ces trois-là sont les fils de Noa'h, et à partir de ceux-ci se répandit toute la terre.

C'est-à-dire que la descendance de ceux-ci se répandit sur toute la terre. Comment elle s'est répandue, nous le lirons dans le chapitre suivant du livre de Béréchit. Et l'histoire que nous allons lire maintenant nous racontera quelle interrelation sera établie entre la descendance des trois fils de Noa'h et pourquoi elle sera justement telle.

וַיָּחֶל נֹחַ אִישׁ הָאֲדָמָה וַיִּטַּע כָּרֶם:

vayá'hel nóa'h ich ha'adamá vayittá kárem

20 Et Noa'h commença à être un homme de la terre, et planta une vigne.

Apparemment, la terre s'est renouvelée, transformée. Peut-être Noa'h a-t-il ressenti un lien particulier avec la terre. Il y a ceux qui disent cela pour condamner Noa'h, qu'il a cessé d'être ich elohím (homme de Dieu), et est devenu ich ha'adamá (homme de la terre), mais il est tout à fait possible que Noa'h ait simplement commencé à travailler la terre. Il faut se souvenir que, aussi juste qu'ait été Noa'h, il a vécu un événement terrible. Outre le fait que les gens qui lui étaient les plus proches ont été sauvés, peut-être que certains amis, des connaissances sont morts. Ce n'est pas si simple à surmonter.

וַיֵּשְׁתְּ מִן-הַיַּיִן וַיִּשְׁכָּר וַיִּתְגַּל בְּתוֹךְ אָהֳלֹה:

vayécht min-hayáyin vayichkár vayitgál betókh aholó

21 Et il but du vin, et s'enivra, et il se découvrit dans sa tente.

Il vaut la peine de prêter attention à la façon dont est écrit le mot aholó (sa tente). Il est écrit avec la petite lettre ה à la fin, au lieu d'être écrit avec la petite lettre וֹ à la fin. Si nous ne voyons pas les voyelles, cela ressemble plus à sa tente à elle qu'à sa tente à lui. Encore une fois, quand nous lisons quelque chose d'inhabituel, comme ici, qu'au lieu de la petite lettre וֹ se trouve la petite lettre ה, et pourquoi la Torah écrit ainsi, alors nous pouvons regarder où c'est encore écrit ainsi. Et c'est écrit ainsi, par exemple, dans le livre de Béréchit (35,21) : « Et Yisraël partit et dressa sa tente au-delà de Migdal-Éder. Et il arriva, pendant le séjour de Yisraël dans ce pays, que Réouven alla et coucha avec Bilha, la concubine de son père ; et Yisraël l'entendit ». C'est-à-dire qu'ici, quand il est dit aholó (sa propre tente), on peut y voir une certaine allusion, que ce n'est pas tout à fait sa propre tente, mais la tente de sa femme ou de sa concubine. Et la Torah en parle dans une langue pure. La même chose, nous la lisons aussi dans le livre de Béréchit, au chapitre 12, à propos d'Avraham : « Et il se déplaça de là vers la montagne, à l'est de Beit-El, et dressa sa tente, avec Beit-El à l'ouest et Aï à l'est ; et il établit là un autel au SEIGNEUR et invoqua le Nom du SEIGNEUR ». Les commentateurs demandent : pourquoi est-il écrit aholó avec ה ? Parce que c'est la tente de Sara. Et nous pouvons comprendre, en comparant ces textes, qu'il est tout à fait possible que Noa'h ait bu et découvert sa nudité dans la tente de son épouse.

וַיַּרְא חָם אֲבִי כְנַעַן אֵת עֶרְוַת אָבִיו וַיַּגֵּד לִשְׁנֵי-אֶחָיו בַּחוּץ:

vayár 'ham aví khená'an et ervát avív vayaggéd lichné-e'háv ba'hoúts

22 Et 'Ham, le père de Canaan, vit la nudité de son père, et le dit à ses deux frères, qui étaient dehors.

Quand la Torah interdit à l'homme de découvrir la nudité des femmes du père, la Torah dit que c'est « la nudité de ton père », c'est-à-dire qu'une compréhension tout à fait possible est que par la nudité du père on entend la nudité de la mère. C'est une variante de compréhension.

וַיִּקַּח שֵׁם וָיֶפֶת אֶת-הַשִּׂמְלָה וַיָּשִׂימוּ עַל-שְׁכֶם שְׁנֵיהֶם וַיֵּלְכוּ אֲחֹרַנִּית וַיְכַסּוּ אֵת עֶרְוַת אֲבִיהֶם וּפְנֵיהֶם אֲחֹרַנִּית וְעֶרְוַת אֲבִיהֶם לֹא רָאוּ:

vayikká'h chem vayéfet et-hassimlá vayassímou al-chekhém chenehém vayelekhoú a'horannít vaykhassoú et ervát avihém oufnehém a'horannít ve'ervát avihém lo ra'ou

23 Et Chem et Yéfet prirent le vêtement, le posèrent sur les épaules de tous deux, et marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père, ils marchaient à reculons et ne virent pas la nudité de leur père.

Que s'est-il passé ? Voilà où les différents commentateurs ont le champ libre. Déjà à l'époque du Talmud, il y avait deux opinions principales. Certains commentateurs disent que 'Ham coucha avec Noa'h, d'autres disent qu'il le castra. Bien sûr, si nous regardons de nouveau la prose du Proche-Orient avec ses différents dieux et sa mythologie variée, nous le verrons ainsi, mais la mythologie du Proche-Orient n'est pas toujours une bonne source pour interpréter tels ou tels événements de la Torah. D'un autre côté, il existe une loi de la culture orientale sur le respect envers le père, dans ces mêmes manuscrits sumériens, où il est dit : « Même si ton père s'est enivré, ne te moque pas de lui, mais porte-le sur l'épaule et ramène-le à la maison ». C'est-à-dire qu'il est tout à fait probable que rien de plus que de voir la nudité du père et de courir raconter aux frères que le père gît nu, rien d'autre qu'une moquerie ne s'est passé là. Mais la moquerie aussi suffit pour que ce soit un manque de respect incroyable envers le père. D'un autre côté, du fait que nous disons que, peut-être, il s'agit de ce que Noa'h était là avec sa femme, il y a des commentateurs qui sont allés loin, et ils disent qu'à ce moment-là 'Ham coucha avec sa mère et que de cela naquit Canaan, et c'est pourquoi c'est justement Canaan qui est maudit par la suite. Et quand au début la Torah dit que 'Ham est le père de Canaan, c'est comme une introduction à l'histoire, à comment cela est arrivé. Mais puisque la Torah baisse le rideau de la pudeur sur cette histoire, il est sans doute difficile d'y ajouter quoi que ce soit. Très proche de moi est la compréhension que c'était une simple moquerie et rien de plus, et que cette moquerie suffisait pour tout dire de 'Ham.

וַיִּיקֶץ נֹחַ מִיֵּינוֹ וַיֵּדַע אֵת אֲשֶׁר-עָשָׂה-לוֹ בְּנוֹ הַקָּטָן:

vayíkets nóa'h miyenó vayéda et achér-ássa lo benó hakkatán

24 Et Noa'h se releva de son vin (c'est-à-dire se dégrisa), et apprit ce que lui avait fait son fils, le petit.

Nous avons déjà dit que 'Ham est le plus jeune des fils, bien que traditionnellement on dise Chem, 'Ham et Yéfet, et j'ai expliqué pourquoi il en est ainsi.

וַיֹּאמֶר אָרוּר כְּנָעַן עֶבֶד עֲבָדִים יִהְיֶה לְאֶחָיו:

vayomer aroúr kená'an éved avadím yihyé le'e'háv

25 Et il dit : « Maudit soit Canaan, esclave des esclaves il sera pour ses frères ! »

La plus grande bénédiction que l'homme possède, c'est sa liberté, la plus grande malédiction, c'est l'esclavage, l'esclavage envers un autre homme, l'esclavage envers le péché, l'esclavage envers un dictateur, envers une quelconque communauté. Ici, une terrible malédiction pour Canaan – il sera esclave des esclaves. On ne peut pas aller plus loin. Et c'est très incompréhensible : si c'est 'Ham qui a fait cela, pourquoi Noa'h maudit-il Canaan, le fils de 'Ham ? Pourquoi pas les autres fils, mais seulement celui-ci ? À cette question aussi, beaucoup de réponses différentes ont été données. La plus simple, c'est que le Très-Haut avait déjà béni 'Ham tout au début. On ne peut pas maudire ce que le Très-Haut a béni. De même qu'on ne peut pas bénir ce que le Très-Haut a maudit. Et c'est pourquoi Noa'h ne peut pas maudire 'Ham et maudit Canaan. D'autres disent qu'ici ce n'est pas du tout une malédiction, mais une prophétie, et que Noa'h dit que, si 'Ham a un tel comportement, alors Canaan est maudit, avec un tel papa il sera esclave des esclaves de ses frères. Il y a beaucoup de compréhensions différentes à ce sujet.

Et aussitôt Noa'h bénit ses deux autres fils.

וַיֹּאמֶר בָּרוּךְ יְהוָֹה אֱלֹהֵי שֵׁם וִיהִי כְנַעַן עֶבֶד לָמוֹ:

vayomer baroúkh adonáy elohé chem vihí khená'an éved lámo

26 Aussitôt il dit : « Béni soit le SEIGNEUR, le Dieu de Chem, et Canaan sera son esclave.

Béni soit le SEIGNEUR, qui plaçait ChemLe russe dit littéralement « le SEIGNEUR, qui plaçait Chem », une tournure peu claire dans la sténographie. Nous l'avons traduite mot à mot., car Chem, si nous revenons au verset 23, là il est écrit vayikká'h chem vayéfet (et prit Chem et Yéfet), c'est-à-dire que c'est écrit au singulier, non pas « prirent Chem et Yéfet », mais « prit Chem et Yéfet ». Comme si Chem avait pris cette couverture et avait demandé à Yéfet de l'aider. Et Noa'h bénit Chem en disant : « Béni soit le Dieu de Chem, bénie soit cette image de Dieu en laquelle croit Chem, et Canaan sera son esclave ».

יַפְתְּ אֱלֹהִים לְיֶפֶת וְיִשְׁכֹּן בְּאָהֳלֵי-שֵׁם וִיהִי כְנַעַן עֶבֶד לָמוֹ:

yaft elohím leyéfet veyichkón be'aholé-chem vihí khená'an éved lámo

27 Dieu bénira Yéfet, et il vivra dans les tentes de Chem, et Canaan sera leur esclave ! »

Nous avons dit que le nom Yéfet vient de la racine yaft (il élargira, donnera plus d'espace), Dieu embellira le beau ; donnera la splendeur au splendide ; donnera l'espace au spacieux. Yéfet, pour se réaliser, a besoin de Chem, il est bon, mais il lui faut Chem pour manifester cette bonté.

Revenons à ce midrach dont nous avons parlé plus tôt, au sujet des noms des fils de Noa'h. Peut-être est-ce effectivement un midrach tardif, mais examinons son sens lui-même. Chem – littéralement nom. Quand on circoncit un garçon le huitième jour, le móhel demande comment on appellera ce garçon, quel sera son nom. Imaginez-vous, son père répond : « Son nom est Nom ». Chem, selon le midrach que nous avons mentionné, c'est celui qui pénètre l'essence des choses. Yéfet vient du mot yaffé – esthétique, 'Ham du mot 'houm (chaud, sensuel, émotionnel), cela signifie que 'Ham est cette partie de l'homme qui puise son inspiration dans les expériences sensibles, dans les émotions. Nous voyons qu'une telle voie peut conduire à ce que les émotions mènent l'homme là où il ne faut pas, comme elles y ont mené 'Ham.

Yéfet est un esthète, il a besoin du sentiment de la beauté, de l'harmonie, de la splendeur dans ce monde. Chem, c'est un être un tout petit peu pas de ce monde, qui vit de l'essentiel et comprend l'ordonnance divine du monde, aspire à y pénétrer. L'héritage de Chem, ce sont plus tard les descendants d'Avraham qui en ont hérité, c'est pourquoi envers ceux qui essaient de vivre selon la Loi de Dieu il existe un « anti-chémisme » – l'antisémitisme. Ce mot, nous le disons dans le cadre du midrach.

Maintenant, imaginez-vous que ces trois qualités existent en chaque homme : Chem, 'Ham et Yéfet. Et voilà, ce qu'il y a en nous de plus sensuel, de plus émotionnel, il faut le soumettre et à la raison divine, à la compréhension de Dieu, au fait de se tenir devant Dieu, et au sens du beau. Autrefois on nous disait : « Agir ainsi, ce n'est pas beau », non pas incorrect, non pas vil, non pas abject ou mauvais, mais précisément pas beau. Voilà, cela, c'est pour Yéfet. 'Ham doit se soumettre. D'abord contraire à la loi, pas beau – et seulement ensuite les sentiments. Et si on le transpose sur les qualités de l'âme, c'est ce que Noa'h dit ici, si nous étendons ce midrach à la cure d'âme.

Mais même sans donner aux noms de telles interprétations, nous voyons ici qu'il y a Chem, qui est l'initiateur de l'action, Yéfet, qui l'aide, il y a 'Ham, auquel ils s'opposent. Et il y a encore Canaan, et, peut-être (nous avons dit qu'il existe une telle supposition), qu'il est né de la relation illicite de 'Ham avec sa mère. Peut-être Noa'h le maudit-il parce qu'il ne peut pas maudire ceux que le Très-Haut a bénis. Peut-être Noa'h voit-il que ce sont justement ces mauvaises qualités de 'Ham dont hérite Canaan. On peut se représenter que, comme Noa'h a transmis en héritage à l'un la composante émotionnelle, à un autre l'esthétique, à un autre la spirituelle, de même 'Ham a transmis quelque chose à Mitsraïm, quelque chose à Kouch et quelque chose à Pout, à ses trois fils, et quelque chose à Canaan. Et Noa'h voit la continuation de cela en Canaan, et c'est justement lui qu'il maudit.

וַיְחִי-נֹחַ אַחַר הַמַּבּוּל שְׁלֹשׁ מֵאוֹת שָׁנָה וַחֲמִשִּׁים שָׁנָה:

vay'hi-noa'h a'hár hammabboúl chelóch me'ót chaná va'hamichím chaná

28 Et Noa'h vécut après le déluge 350 ans.

וַיִּהְיוּ כָּל-יְמֵי-נֹחַ תְּשַׁע מֵאוֹת שָׁנָה וַחֲמִשִּׁים שָׁנָה וַיָּמֹת:

vayhí kol-yeme-noa'h techá me'ót chaná va'hamichím chaná vayamót

29 Et tous les jours de Noa'h furent 950 ans, et il mourut.

Noa'h a pu vivre plus longtemps qu'Adam, et il y a une certaine rectification dans la vie de Noa'h, ce que relèvent les commentateurs, qui lui a permis de vivre plus longtemps qu'Adam n'a vécu. Dans le chapitre suivant, nous lirons au sujet des 70 peuples et de la manière dont cela est lié aux fils d'Israël, de la manière dont le Très-Haut a dispersé ces peuples.

Encooore des généalogies

Béréchit 10,1–32

C'est l'un de ces chapitres que beaucoup se contentent de feuilleter, tandis que certains, particulièrement obstinés et disciplinés, se prennent en main et se forcent à les lire avec la pensée « ah, encore des généalogies, encore une sèche énumération de noms ». Ici sont effectivement énumérés les 70 descendants de Noa'h, les fils de Chem, de 'Ham et de Yéfet, les ancêtres, les premiers fondateurs des 70 peuples du monde. Et, semblerait-il, à quoi bon tout cela pour nous ? Le livre de Dévarim dit que, quand le Très-Haut fixait les limites des peuples, Il les fixa selon le nombre des fils d'Israël. Ici, nous lisons 70 ancêtres, 70 peuples, et quand Israël, la famille de Yaakov, descend en Égypte, elle se compose de 70 âmes. Le Très-Haut a prévu déjà dans les descendants de Noa'h 70 peuples en correspondance avec les 70 âmes des fils d'Israël. Non pas Israël selon le nombre des peuples, mais les peuples selon le nombre d'Israël. Cela montre que le Très-Haut a un dessein pour toute l'histoire de l'humanité, et nous savons que le couronnement de ce dessein, c'est le Machia'h. Bien qu'ici le nombre 70 ne soit pas nommé directement, et je dis cela pour montrer qu'il y a une importance particulière dans l'étude attentive de la généalogie.

En même temps, et ce n'est pas sans importance au sujet de ces descendants, puisque nous parlons de 70 peuples, il y a énormément de disputes différentes : certains des peuples existant aujourd'hui prétendent descendre de l'un des hommes énumérés ici ; au sujet de certains des hommes énumérés ici, on dispute pour savoir qui ils ont engendré, de quels peuples tel ou tel homme est devenu le père. Ces théories, il y en a une multitude infinie. Et quand nous lisons et qu'on nous dit que voici, cet homme, Gomer, était l'ancêtre des Cimmériens, il va nous falloir plonger dans l'encyclopédie et regarder qui étaient les Cimmériens et où ils vivaient d'ailleurs, et ensuite il s'avère qu'il y a un autre savant qui estime que ce ne sont pas du tout les Cimmériens, mais, par exemple, le Cameroun. Et cela n'a pas de fin.

C'est pourquoi nous allons prendre un chemin un peu différent, nous allons essayer de regarder cela d'un regard un peu plus général : là où c'est possible, nous aborderons l'origine des peuples, là où c'est possible, nous aborderons davantage l'histoire. Mais je voudrais examiner ce chapitre de façon plus générale, et non en détail. D'habitude je ne fais pas ainsi, mais voilà, aujourd'hui c'est ce que j'ai sur le cœur, pour ne pas réveiller de disputes entre différents peuples, parce que j'ai vu, par exemple, comment, à cause de Togarma, se disputent les Arméniens et les Géorgiens, des peuples somme toute amis, pour savoir lequel d'entre eux précisément descend de lui. Et l'amitié soudain s'éteint, et chez les gens s'allume un tout autre mode. Puisqu'on ne veut pas que cela mène à des disputes, et que nous ne pouvons rien dire ni trancher de manière univoque, c'est pourquoi lisons ce chapitre comme un regard sur le dessein du Très-Haut, en économisant autant que possible sur les spéculations historiques et géographiques qui sont souvent liées à ce chapitre. Ce sera peut-être un peu moins attrayant, mais en revanche plus franc.

וְאֵלֶּה תּוֹלְדֹת בְּנֵי-נֹחַ שֵׁם חָם וָיָפֶת וַיִּוָּלְדוּ לָהֶם בָּנִים אַחַר הַמַּבּוּל:

ve'élle toledót bené-nóa'h chem 'ham vayáfet vayivvaledoú lahém baním a'hár hammabboúl

1 Voici la généalogie des fils de Noa'h – Chem, 'Ham et Yéfet : et il leur naquit des fils après le déluge.

בְּנֵי יֶפֶת גֹּמֶר וּמָגוֹג וּמָדַי וְיָוָן וְתֻבָל וּמֶשֶׁךְ וְתִירָס:

bené yéfet gómer oumagóg oumadáy veyaván vetouvál ouméchekh vetirás

2 Les fils de Yéfet : Gomer, Magog, Madaï, et Yavan, et Touval, et Méchekh, et Tiras.

Nous avons dit la tendance générale, à savoir que les fils de Yéfet, ce sont ceux qui vont au nord de la mer Méditerranée, c'est-à-dire dans l'Europe moderne et l'Asie Mineure moderne. À peu près ainsi.

Concernant Gomer, nous avons dit que ce sont les Cimmériens. Qui sont les Cimmériens, regardez dans une encyclopédie. Magog, ce sont les proto-Scythes, qui vivaient quelque part dans la région des rives de la mer Noire, les Grecs appelaient cette terre Magogie. Magog, grâce à la prophétie de Yé'hezkel, est devenu une figure très attrayante pour les chercheurs de l'Écriture. En s'appuyant sur les mentions de la Scythie chez Flavius et sur d'autres sources, beaucoup essaient d'interpréter la prophétie de Yé'hezkel comme se rapportant à la Russie. En même temps, il faut se souvenir que la Magogie dont parle Flavius peut ne pas du tout correspondre aux terres de Magog dont parle la section Noa'h. De plus, il y a encore Maggez, d'où était Guerguès, dans le pays qui s'appelle la Lydie. Et il y avait un roi qu'on appelait Guéguès, avec une histoire très intéressante, racontée chez Hérodote, qui accomplit d'immenses conquêtes et devint la fable des nations. Et peut-être Yé'hezkel utilise-t-il son image pour nous dire quelque chose sur Magog. En tout cas, il est important de s'abstenir, comme je l'ai déjà dit, de spéculations historiques et géographiques. Oui, Flavius relie Magog à la Scythie, d'autres relient Magog au territoire au nord de l'Allemagne, au pays du Danemark. Les Irlandais aussi se considèrent comme liés à Magog. Alors voilà, jugez vous-mêmes combien tout est compliqué et combien nous avons envie d'identifier nettement un pays quelconque qui, à notre avis, par ses caractéristiques historiques et culturelles, convient au rôle de Magog. Il faut se souvenir que la Torah a plus d'un millier d'années, et il faut être prudent dans son interprétation.

Ce qu'est Madaï, nous le savons – c'est Madian. Yavan, c'est la Grèce. Concernant Touval et Méchekh, il y a énormément de controverses, nous n'allons pas y entrer. Tirás en hébreu moderne signifie maïs, parce qu'autrefois on appelait de ce mot la Turquie, et le maïs venait de Turquie, et ainsi tirás est devenu maïs. Et dans notre cas, Rachi, par exemple, commente que c'est la Perse, alors va t'y retrouver, où est ici la Perse, où est ici la Turquie. Nous avons beaucoup perdu de la tradition d'identification de ces peuples, et d'ailleurs ces peuples se sont effacés et se sont déjà dissous dans d'autres peuples.

וּבְנֵי גֹּמֶר אַשְׁכֲּנַז וְרִיפַת וְתֹגַרְמָה:

ouvné gómer achkenáz verifát vetogarmá

3 Et les fils de Gomer : Achkénaz, et Rifat, et Togarma.

En hébreu moderne, dans la tradition moderne, Achkénaz, c'est l'Allemagne, mais ici, très probablement, de nouveau la Crimée. Rifat, ce sont les peuples du Caucase. Concernant Togarma – il y a une controverse, j'en ai déjà parlé, les Arméniens et les Géorgiens se disputent pour savoir qui, là-bas, descend de qui.

וּבְנֵי יָוָן אֱלִישָׁה וְתַרְשִׁישׁ כִּתִּים וְדֹדָנִים:

ouvné yaván elichá vetarchích kittím vedodaním

4 Les fils de Yavan : Élicha, et Tarchich, Kitim et Dodanim.

Élicha, c'est Éliséa, une région de Grèce, du côté de la Macédoine. Tarchich, ce sont, apparemment, pour cette époque, les îles de la Grèce. Kitim et Dodanim, ce sont toutes des îles de la Grèce, toutes les îles de la mer Méditerranée. Et ici encore une remarque, pour ainsi dire entre parenthèses : la mer Méditerranée, ou yam hatikhon (mer centrale), se trouve, du point de vue de la Torah, au milieu de la terre, au milieu de l'univers, et tous les pays, bien sûr, s'agglutinent autour de cette mer Méditerranée. Le pays d'Israël et toute la région, c'est le « nombril de la terre », et tout ce qui est autour, c'est une annexe. C'est pourquoi nous regardons la carte, nous voyons que sur notre carte la mer Méditerranée est le centre de notre univers, le centre du monde habité.

מֵאֵלֶּה נִפְרְדוּ אִיֵּי הַגּוֹיִם בְּאַרְצֹתָם אִישׁ לִלְשֹׁנוֹ לְמִשְׁפְּחֹתָם בְּגוֹיֵהֶם:

me'élle nifredoú iyé haggoyím be'artsotám ich lilchonó lemichpe'hotám begoyehém

5 De ceux-ci se séparèrent les îles des nations selon leurs pays, chacun selon sa langue et selon sa famille, dans ses nations.

Pour l'instant, au moment où nous lisons, jusqu'au moment où nous avons fini de lire, les langues ne se sont pas encore séparées. Mais, puisque nous lisons ici une chronique historique, elle nous raconte aussi ce qui sera ensuite, comment les langues se sépareront, l'histoire de l'origine des langues. Sans doute tout le monde la connaît bien, nous la lirons au chapitre 11.

וּבְנֵי חָם כּוּשׁ וּמִצְרַיִם וּפוּט וּכְנָעַן:

ouvné 'ham kouch oumitsráyim oufoút oukhná'an.

6 Les fils de 'Ham : Kouch, Mitsraïm, Pout, Canaan.

Si les fils de Yéfet, comme nous l'avons dit, se rattachent à la culture européenne, si les fils de Yéfet vont au nord, alors les fils de 'Ham vont au sud. 'Ham est l'ancêtre des peuples africains. Kouch, c'est l'Éthiopie, et de ce même nom vient le mot hébreu kouchi, qui signifie homme à la peau noire. Mitsraïm, c'est, sans doute tout le monde le sait, l'Égypte.

וּבְנֵי כוּשׁ סְבָא וַחֲוִילָה וְסַבְתָּה וְרַעְמָה וְסַבְתְּכָא וּבְנֵי רַעְמָה שְׁבָא וּדְדָן:

ouvné khouch sevá va'havilá vesavtá vera'má vesavtekhá ouvné ra'má chevá oudedán

7 Les fils de Kouch : Séva, et 'Havila, et Savta, et Raama, et Savtékha ; et les fils de Raama : Chéva et Dédan.

Kouch, je le répète encore une fois, c'est très probablement l'Éthiopie, la Nubie, l'Afrique centrale. Séva : nous savons que la reine de Saba était d'Éthiopie. Peut-être a-t-on ici en vue ses futures possessions. Peut-être que plus loin, quand nous lirons sur Chéva, nous parlerons d'elle. 'Havila est mentionnée aussi dans la description du jardin d'Éden, au deuxième chapitre du livre de Béréchit, et c'est très probablement une partie de la péninsule Arabique. Concernant Savta, on ne comprend pas où c'est. Raama, on le rattache à Radjima au Yémen. Sur Savtékha, de nouveau, on ne sait rien. Chéva et Dédan – sur ces noms je ne sais rien.

וְכוּשׁ יָלַד אֶת-נִמְרֹד הוּא הֵחֵל לִהְיוֹת גִּבֹּר בָּאָרֶץ:

vekhoúch yalád et-nimród hou he'hél lihyot gibbór ba'árets

8 À Kouch naquit Nimrod, et il devint un héros sur la terre.

Concernant Nimrod. Le nom Nimród signifie révoltons-nous, soulevons une révolte. Dans les midrachim, dans la tradition juive, c'est très probablement un personnage négatif, celui qui se révolte, qui mène des guerres contre le Très-Haut. La tradition, le midrach et beaucoup de récits juifs disent que Nimrod hérita de la chemise, du vêtement que le Très-Haut avait fait pour Adam, et ce vêtement lui donnait un certain pouvoir sur les animaux : les animaux eux-mêmes, pour ainsi dire, tombaient face contre terre devant lui et se rendaient à lui sans combat.


הוּא-הָיָה גִבֹּר-צַיִד לִפְנֵי יְהוָה עַל-כֵּן יֵאָמַר כְּנִמְרֹד גִּבּוֹר צַיִד לִפְנֵי יְהוָה:

hou-hayá gibbór-tsáyid lifné adonáy al-ken ye'amár kenimród gibbór tsáyid lifné adonáy

9 Et il était un héros de la chasse devant le SEIGNEUR, c'est pourquoi l'on dit : comme Nimrod, héros de la chasse de par Dieu.

L'héroïsme de Nimrod de par Dieu est devenu un nom commun, est devenu un proverbe. Si de quelqu'un on voulait dire « voilà un sacré talent à la chasse » ou « voilà un homme de par Dieu dans quelque métier », on disait parmi les peuples : « Comme Nimrod le chasseur ». Comment la tradition comprend-elle ce verset, pourquoi est-il question de cela ici tout court ? Le peuple alentour croyait que Nimrod était pour ainsi dire un chasseur de par Dieu, que Dieu lui-même avait donné à Nimrod ce talent, et Nimrod jouissait d'une telle gloire et d'une telle réputation, mais en réalité, l'affaire tenait à la chemise. Je raconte le midrach. D'où naît le midrach ? Il naît là où il y a une lacune quelconque et où quelque chose ne nous est pas compréhensible. Est-ce que cela peut être une invention ? Très souvent le midrach est une invention, cela peut être une tentative de comprendre quelque chose, d'atteindre quelque chose, de deviner, ou cela peut être simplement des réflexions. Où tracer la limite entre la réflexion et l'invention, la tentative de comprendre – cela, chacun le décide pour soi-même. Quand nous discutons, je m'efforce d'habitude de m'en tenir au sens simple, mais s'il n'est pas compréhensible, alors pourquoi ne pas introduire quelques explications, pour qu'au moins nous comprenions comment se représentaient cela les lecteurs de cette époque, qui vivaient non seulement du texte, mais aussi de la tradition orale. Tous ne savaient pas lire, et c'est pourquoi la tradition orale l'emportait souvent sur le texte.

Ainsi, Nimrod était considéré, peut-être, comme un chasseur de par Dieu.

וַתְּהִי רֵאשִׁית מַמְלַכְתּוֹ בָּבֶל וְאֶרֶךְ וְאַכַּד וְכַלְנֵה בְּאֶרֶץ שִׁנְעָר:

vattehí rechít mamlakhtó bavél ve'érekh ve'akkád vekhalné be'érets chin'ár

10 Le commencement de son règne fut à Bavel (à Babylone), et à Érekh, et à Akad, et à Kalné, dans la terre de Chinar.

Ve'akád vekhalné be'érets. Ici sont énumérées les régions du pays de Chinar que Nimrod conquit, c'est-à-dire là où l'on construira ensuite la tour de Babel.

מִן-הָאָרֶץ הַהִוא יָצָא אַשּׁוּר וַיִּבֶן אֶת-נִינְוֵה וְאֶת-רְחֹבֹת עִיר וְאֶת-כָּלַח:

min-ha'árets hahí yatsá achoúr vayíven et-ninevé ve'ét-re'hovót ir ve'ét-kála'h

11 Et de ce pays il sortit vers l'Assyrie et construisit Ninvé, et Ré'hovot, et Kala'h,

Ninevé – cela signifie ville poissonneuse ; ville du poisson. Re'hovót – ville large. Kála'h – cela signifie déjà grande-grande ville.

וְאֶת-רֶסֶן בֵּין נִינְוֵה וּבֵין כָּלַח הִוא הָעִיר הַגְּדֹלָה:

ve'ét-réssen ben ninevé ouvén kála'h hi ha'ír haggedolá

12 en outre il construisit la ville de Réssen, il la construisit entre les villes de Ninvé et Kéla'h, c'est une grande ville.

Réssen – du mot lirassen (retenir, contenir, limiter la force). Apparemment, c'est une ville militaire, à en juger par le nom. Ninve – c'est cette même Ninive où le prophète Yona avait d'abord refusé d'aller.

וּמִצְרַיִם יָלַד אֶת-לוּדִים וְאֶת-עֲנָמִים וְאֶת-לְהָבִים וְאֶת-נַפְתֻּחִים:

oumitsráyim yalád et-loudím ve'ét-anamím ve'ét-lehavím ve'ét-naftou'hím

13 Et Mitsraïm engendra des peuples qui s'appellent : les Lydiens, les Anamiens, les Léavimiens, et les Naftou'himiens,

Qui sont les léhavim et les naftou'him, il est difficile de le dire.

וְאֶת-פַּתְרֻסִים וְאֶת-כַּסְלֻחִים אֲשֶׁר יָצְאוּ מִשָּׁם פְּלִשְׁתִּים וְאֶת-כַּפְתֹּרִים:

ve'ét-patroussím ve'ét-kaslou'hím achér yatse'oú michám pelichtím ve'ét-kaftorím

14 et les Patrousséens, et les Kaslou'héens, d'où sont issus les plichtim, ainsi que les Kaftoréens.

Ce sont tous des peuples hamitiques, qui se sont dissous et se sont transformés en un autre peuple. Pelichtím en hébreu signifie envahisseurs, étrangers. C'est ainsi qu'on appelle les Philistins, et aujourd'hui c'est ainsi que s'appellent eux-mêmes les Palestiniens. Le nom de Palestine, par lequel les Romains appelaient notre pays, vient aussi de là. C'était une telle prétention chez les Palestiniens, chez le peuple moderne qui s'appelle palestinien : se nommer habitants autochtones de la Palestine. En réalité, palestine signifie terre envahie, et palestiniens signifie envahisseurs. Ainsi leur langue les trahit.

וּכְנַעַן יָלַד אֶת-צִידֹן בְּכֹרוֹ וְאֶת-חֵת:

oukhná'an yalád et-tsidón bekhoró ve'ét-'het

15 Et Canaan engendra son premier-né Tsidon, et 'Het,

וְאֶת-הַיְבוּסִי וְאֶת-הָאֱמֹרִי וְאֵת הַגִּרְגָּשִׁי:

ve'ét-hayvoussí ve'et-ha'emorí ve'ét haggirgachí

16 et les Yévousséens, et les Émoréens, et les Guirgasséens,

Les Yvoussi – c'est le peuple qui vivait à Yérouchalaïm avant que David ne la conquière.

וְאֶת-הַחִוִּי וְאֶת-הַעַרְקִי וְאֶת-הַסִּינִי:

ve'ét-ha'hivví vé'et-ha'arkí ve'ét-hassiní

17 et les 'Hiviens, et les Arkéens, et les Sinéens,

Quels peuples sont issus d'arki et de sini, nous ne le savons pas. Les commentateurs disent qu'eux aussi se sont dissous dans d'autres peuples.

וְאֶת-הָאַרְוָדִי וְאֶת-הַצְּמָרִי וְאֶת-הַחֲמָתִי וְאַחַר נָפֹצוּ מִשְׁפְּחוֹת הַכְּנַעֲנִי:

ve'ét-ha'arvadí ve'ét-hattsemarí ve'ét-ha'hamatí ve'a'hár nafótsou michpe'hót hakkena'aní

18 et des Arvadéens, et des Tséméréens, et des 'Hamatiens se dispersèrent les familles des Cananéens.

C'est-à-dire qu'eux-mêmes ne sont pas restés un seul peuple, mais se sont divisés en une multitude de familles.

וַיְהִי גְּבוּל הַכְּנַעֲנִי מִצִּידֹן בֹּאֲכָה גְרָרָה עַד-עַזָּה בֹּאֲכָה סְדֹמָה וַעֲמֹרָה וְאַדְמָה וּצְבֹיִם עַד-לָשַׁע:

vayhi gevoúl hakkena'aní mittsidón bo'akhá gerára ad-azzá bo'akhá sedóma va'amorá ve'adma outsvoyím ad-lácha

19 Et voici les frontières de Canaan de Tsidon jusqu'à Grar, d'Aza jusqu'à Sédom et Amora, et d'Adma et Tsvoïm jusqu'à Lécha.

Remarquez que Canaan est la seule contrée dont les frontières sont indiquées dans ce chapitre. Tsidon, c'est une ville au sud du Liban, c'est-à-dire tout au nord par rapport à Israël. Guérar, c'est la frontière sud, presque Aza, là où vivait Yits'hak. Tout cela est la description des frontières du pays d'Israël. Nous avons dit auparavant qu'elles ressemblent à la description des frontières du jardin d'Éden. Ainsi la Torah décrit les frontières de Canaan, et ce n'est pas pour rien, comme toujours, dans la Torah rien n'est jamais pour rien. C'est la description du pays cananéen, qui sera donné à Israël. Les terres de Canaan, de ce même Canaan maudit par Noa'h, seront toutes données au peuple d'Israël.

אֵלֶּה בְנֵי-חָם לְמִשְׁפְּחֹתָם לִלְשֹׁנֹתָם בְּאַרְצֹתָם בְּגוֹיֵהֶם:

ellé vené-'ham lemichpe'hotám lilchonotám be'artsotám begoyehém

20 Voici les fils de 'Ham selon leurs familles, selon leurs langues, selon leurs pays, et selon leurs nations.

Qui avons-nous oublié ? Nous avons oublié Chem, l'aîné des enfants. Pourquoi la Torah parlera-t-elle de l'aîné, Chem, à la fin ? Parce que plus loin, après cette généalogie, il sera question principalement des fils de Chem, et, comme disait Stirlitz, c'est ce qui vient en dernier qu'on retient le mieux. C'est pourquoi la Torah termine par l'énumération des fils de Chem, pour parler d'eux ensuite.

וּלְשֵׁם יֻלַּד גַּם-הוּא אֲבִי כָּל-בְּנֵי-עֵבֶר אֲחִי יֶפֶת הַגָּדוֹל:

oulchém youllád gam-hoú aví kol-bené-éver a'hí yéfet haggadól

21 À Chem aussi naquirent des enfants, il est le père de tous les fils d'Éver, du frère aîné de Yéfet.

Et qui sont les fils d'Éver ? Ce sont les ivrim, les descendants d'Éver, les Hébreux, les JuifsLe russe emploie ici deux formes du même mot, qui signifie à la fois « Hébreux » et « Juifs », la seconde étant une variante rare. Le français les rend par « Hébreux » et « Juifs »..

בְּנֵי שֵׁם עֵילָם וְאַשּׁוּר וְאַרְפַּכְשַׁד וְלוּד וַאֲרָם:

bené chem elám ve'achoúr ve'arpakhchád veloúd va'arám

22 Les fils de Chem : Élam, et Assour, et Arpakhchad, et Loud, et Aram.

Élam était traditionnellement considéré comme un territoire iranien, mais, apparemment, pendant un certain temps, puisque Chem est le père de tous les Sémites, une population sémitique y vivait. Arpakhchad est le chef du peuple des kasdim.

וּבְנֵי אֲרָם עוּץ וְחוּל וְגֶתֶר וָמַשׁ

ouvné arám outs ve'hoúl vegéter vamách

23 Les fils d'Aram : Outs, et 'Houl, et Guéter, et Mach.

Outs, c'est le pays où vivait Yov, et à son sujet aussi il existe une multitude d'interprétations différentes : de l'Ouzbékistan jusqu'au nord de l'Éthiopie. Quelle est la terre de 'Houl, nous ne le savons pas. Guéter et Mach, ce sont différents peuples sémitiques.

וְאַרְפַּכְשַׁד יָלַד אֶת-שָׁלַח וְשֶׁלַח יָלַד אֶת-עֵבֶר:

ve'arpakhchád yalád et-chála'h vechéla'h yalád et-éver

24 Arpakhchad engendra Chéla'h, et Chéla'h engendra Éver.

Arpakhchad, c'est celui qui engendra les kasdim, de la racine kachád, la même chose que kasdim – Chaldéens. Chala'h, c'est celui qui est envoyé, celui qui a reçu une mission. Éver, comme je l'ai déjà dit, c'est l'ancêtre de tous les Hébreux. Le mot hébreu vient du nom d'Éver. Le nom Éver vient du verbe la'avor, avar, c'est le passé, ce qui est passé, celui qui est passé au-delà d'une certaine limite. On peut dire : celui qui survit, celui qui surmonte les difficultés. On peut dire avec moquerie – un aventurier, et on peut dire – un pionnier.

וּלְעֵבֶר יֻלַּד שְׁנֵי בָנִים שֵׁם הָאֶחָד פֶּלֶג כִּי בְיָמָיו נִפְלְגָה הָאָרֶץ וְשֵׁם אָחִיו יָקְטָן:

oul'éver youllád chené vaním chem ha'e'hád péleg ki veyamáv niflegá ha'árets vechém a'hív yoktán

25 À Éver naquirent deux fils : le nom de l'un, Péleg, parce qu'en son temps la terre se divisa, et le nom de son frère, Yoktan.

Péleg – division. Que signifie en son temps la terre se divisa ? Certains commentateurs disent que la division babylonienne, dont nous lirons dans un prochain chapitre, eut lieu à l'époque de Péleg, et que son nom était une prophétie, qu'en son temps la terre serait divisée. D'autres disent que Péleg vécut 200 ans, moins que tous les Patriarches, et que c'est le premier homme à partir de la naissance duquel la durée de vie des hommes commença à diminuer. Yoktán (diminuera) – on peut dire que cela aussi est lié à la diminution de la durée de vie.

וְיָקְטָן יָלַד אֶת-אַלְמוֹדָד וְאֶת-שָׁלֶף וְאֶת-חֲצַרְמָוֶת וְאֶת-יָרַח:

veyoktán yalád et-almodád ve'ét-chálef ve'ét-'hatsarmót ve'ét-yára'h

26 À Yoktan naquirent des enfants : Almodad, et Chalef, et 'Hatsarmot, et Yara'h,

Almodád – celui à qui Dieu a mesuré. Chálef – chute des feuilles, feuilles qui tombent. 'Hatsár-mót peut se traduire par cour de la mort ; qui se trouve dans la cour de la mort ; au seuil de la mort ; celui dans la cour duquel est la mort, c'est-à-dire que la mort est déjà dans la cour et va d'un instant à l'autre entrer dans la maison. Yára'h – lune.

וְאֶת-הֲדוֹרָם וְאֶת-אוּזָל וְאֶת-דִּקְלָה:

ve'ét-hadorám ve'ét-ouzál ve'ét-diklá

27 et Adoram, et Ouzal, et Dikla,

Adoram – celui qui vit temporairement comme un étranger ; de passage ; dans un logement provisoire. Ouzál – celui qui partira vite. Diklá – branche de palmier, celui qui est cassant, fragile, tendre, comme une branche de palmier.

וְאֶת-עוֹבָל וְאֶת-אֲבִימָאֵל וְאֶת-שְׁבָא:

ve'ét-ovál ve'ét-avima'él ve'et-chevá

28 et Oval, et Avimaël, et Chéva,

Ce sont des fils dont il est difficile de dire quoi que ce soit.

וְאֶת-אוֹפִר וְאֶת-חֲוִילָה וְאֶת-יוֹבָב כָּל-אֵלֶּה בְּנֵי יָקְטָן:

ve'ét-ofír ve'ét-'havilá ve'ét-yováv kol-élle bené yoktán

29 et Ofir, et 'Havila, et Yovav, tous ceux-ci sont les fils de Yoktan.

Bien que Yoktan signifie diminuera, cette diminution ne concerne manifestement pas le nombre de fils.

וַיְהִי מוֹשָׁבָם מִמֵּשָׁא בֹּאֲכָה סְפָרָה הַר הַקֶּדֶם:

vayhí mochavám mimmechá bo'akhá sefára har hakkédem

30 Et leur lieu d'habitation était depuis Mécha, qui est à Akha, jusqu'à Sfar, qui est sur la montagne orientale.

Malheureusement, nous ne pouvons pas dire grand-chose de cette description. Il existe différentes reconstructions, qui disent des choses différentes, mais nous ne pouvons rien dire de concret.

אֵלֶּה בְנֵי-שֵׁם לְמִשְׁפְּחֹתָם לִלְשֹׁנֹתָם בְּאַרְצֹתָם לְגוֹיֵהֶם:

élle vené-chém lemichpe'hotám lilchonotám be'artsotám legoyehém

31 Voici les fils de Chem selon leurs familles, selon leurs langues, dans leurs pays, selon leurs nations.

Comme cela arrive souvent, dans la Torah il n'y a pas seulement un titre au chapitre, mais aussi une sorte de titre-épilogue : voici ce que vous avez écouté :

אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת בְּנֵי-נֹחַ לְתוֹלְדֹתָם בְּגוֹיֵהֶם וּמֵאֵלֶּה נִפְרְדוּ הַגּוֹיִם בָּאָרֶץ אַחַר הַמַּבּוּל:

élle michpe'hót bené-nóa'h letoledotám begoyehém oume'élle nifredoú haggoyím ba'árets a'hár hammabboúl

32 Et voici toutes les familles des fils de Noa'h selon leurs engendrements, selon leurs nations ; de ceux-ci se séparèrent les nations sur la terre après le déluge.

Tel est donc ce dixième chapitre du livre de Béréchit, pas simple à lire, et certains diront inintéressant.

Donner nos noms retentissants

Béréchit 11,1–32

Au début de ce chapitre, la Torah interrompt l'énumération des généalogies et nous raconte une histoire (qui n'est pas tout à fait comme une histoire) sur la tour de Babel. Le Talmud discute pour savoir quel était donc le problème de ces gens qui construisaient la tour, et certains maîtres disent que la Torah ne nous révèle pas du tout pourquoi cette génération fut punie, ce qu'ils firent de mal précisément. Mais que serions-nous, si nous n'essayions pas de comprendre ? Essayons de lire, de méditer, de repenser et de comprendre de quoi il est question ici.

וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ שָׂפָה אֶחָת וּדְבָרִים אֲחָדִים:

vayHi KHOL-HAÁrets safá e'hát oudvarím a'hadím

1 Et il y avait sur toute la terre une seule langue et les mêmes paroles (ou les mêmes idées).

Certains traduisent, par exemple la traduction synodale : « une seule langue et un seul parler ». Pourquoi est-il impossible de traduire ainsi, pourquoi est-ce une traduction incorrecte ? Premièrement, parce que l'expression dvarím a'hadím parle d'un pluriel, il aurait fallu traduire une seule langue et de seuls parlers, mais alors on ne comprend pas ce que cela voudrait dire. Deuxièmement, parce que le mot dvarím signifie soit des objets, soit des idées, soit des paroles. Le titre original du livre du Deutéronome en hébreu, c'est Dévarim. Dvarím – les Paroles que Moché disait au peuple d'Israël. Ainsi, dvarím, c'est soit des paroles, soit des idées. Et que signifie qu'il y avait sur toute la terre une seule langue ? Les gens utilisaient les mêmes mots et disaient à peu près la même chose, tous avaient les mêmes idées. Ils étaient unis par une idéologie commune, une vision du monde identique, et en général tout était pareil. Nous connaissons des sociétés dans lesquelles les gens disent les mêmes paroles. Et aussitôt, dès qu'on lit une telle chose, on sent déjà quelque chose de mauvais.

וַיְהִי בְּנָסְעָם מִקֶּדֶם וַיִּמְצְאוּ בִקְעָה בְּאֶרֶץ שִׁנְעָר וַיֵּשְׁבוּ שָׁם:

vayHÍ benos'ám mikkédem vayimtseoú vik'á be'érets chin'ár vayéchevou cham

2 Et il advint, quand ils allaient de l'ouest, qu'ils trouvèrent une vallée dans le pays de Chinar et s'y établirent.

La vallée de Chinar, c'est à peu près le territoire de l'Irak moderne, l'endroit qui, comme nous le lirons aujourd'hui, sera par la suite nommé Babylone.

וַיֹּאמְרוּ אִישׁ אֶל-רֵעֵהוּ הָבָה נִלְבְּנָה לְבֵנִים וְנִשְׂרְפָה לִשְׂרֵפָה וַתְּהִי לָהֶם הַלְּבֵנָה לְאָבֶן וְהַחֵמָר הָיָה לָהֶם לַחֹמֶר:

vayomeroú ich el-re'éHOU Háva nilbená levením venisrefá lisrefá VATTEHÍ laHém HALLEVENÁ le'áven VEHA'HEMÁr Haya laHém la'hómer

3 Et ils disaient chacun à son prochain : « Briquetons-nous des briques (fabriquons-nous plein de briques), et cuisons-les d'une cuisson ». Et la brique fut pour eux au lieu de pierre, et l'argile devint pour eux la matière première.

Bien entendu, il ne faut pas comprendre cela littéralement, qu'ils allaient et se chuchotaient, répétaient cette phrase comme une sorte de slogan. Cela signifie simplement que dans la société mûrissait une idée. Ils ressassaient une certaine idée, et cela leur plaisait.

Là où d'habitude on utilisait la pierre comme matériau de construction, on se mit à utiliser la brique. Le progrès est évident. Le début de l'industrie du bâtiment. L'humanité, unie par une idéologie commune, développe la construction, des technologies apparaissent. Qu'y aurait-il de mal, semble-t-il ? Mais les technologies, si elles existent, il serait bon de les utiliser pour quelque chose d'utile.

וַיֹּאמְרוּ הָבָה נִבְנֶה-לָּנוּ עִיר וּמִגְדָּל וְרֹאשׁוֹ בַשָּׁמַיִם וְנַעֲשֶׂה-לָּנוּ שֵׁם פֶּן-נָפוּץ עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ:

vayomeroú háva nivné-lánou ir oumigdál verochó vachamáyim vena'assé-lánou chem pen-nafoúts al-pené kol- ha'árets

4 Et ils disaient : « Allons, construisons-nous une ville et une tour, la tête jusqu'aux cieux (une tour gratte-ciel), et faisons-nous un nom, afin que nous ne nous dispersions pas sur toute la terre ».

Ainsi, ils décidèrent de construire une tour haute jusqu'au ciel, et une ville. Pourquoi est-ce mal ? Nous connaissons tous les commentaires, et souvent les commentaires (ce qu'on nous a déjà expliqué) nous empêchent de lire. Quand les explorateurs revinrent de leur expédition et racontèrent au peuple d'Israël ce qu'ils avaient vu dans le pays, ils rapportèrent entre autres qu'ils avaient vu des villes avec des tours jusqu'au ciel. Des villes avec des tours jusqu'au ciel apparaissent et existent, et le problème n'est pas tout à fait là. Le midrach dit qu'ils voulaient construire une tour et placer au sommet de cette tour une statue d'idole, une statue avec une épée à la main, pour qu'on voie comme si elle menait à la guerre, une statue protectrice. Le début de l'idolâtrie. L'essence de l'idolâtrie, c'est que l'homme détermine comment Dieu doit être, ce qui plaira à Dieu et ce qui ne Lui plaira pas. Parfois l'homme détermine à quoi Dieu ressemblera, ce qu'Il mangera et beaucoup d'autres choses. L'homme décide à la place de Dieu. En conséquence, le peuple veut et dit : na'assé-lánou chem (faisons-nous un nom). Nous avons dit, vous et moi, que l'un des fils de Noa'h s'appelait Chem, ce qui en traduction signifie nom, littéralement comme le disent ici les gens : « Faisons-nous un nom ». Chem, fils de Noa'h, est nommé ainsi prophétiquement, parce qu'il sera celui qui saura discerner l'essence intérieure des choses, la révéler au-dehors – c'est cela le nom. Ici les gens ont projeté tout autre chose, ils ont projeté la'assot chem (faire un nom). C'est-à-dire non pas discerner l'essence, mais l'assigner, non pas connaître l'image de Dieu, mais inventer l'image de Dieu. Par exemple, on peut donner un nom à tel ou tel objet sur la base de la compréhension de son essence. S'il éclaire, nous pouvons l'appeler luminaire, s'il chauffe, nous pouvons l'appeler bouillotte, s'il mesure la température, nous pouvons l'appeler thermomètre – c'est ce qui est lié au nom Chem, qui a été donné au fils de Noa'h. Mais ici, si l'on comprend justement le midrach, il s'agit de ceci : les gens ont décidé d'imposer à Dieu une essence par les noms qu'ils allaient lui donner, de Lui inventer une image, un caractère, une apparence et tout le reste.

Eh bien, et bien sûr, faisons-nous un nom – et nous serons tels que nous nous nommerons. Nous n'avons pas besoin de changer, pas besoin de changer notre essence intérieure, de l'ajuster d'une manière ou d'une autre : avec notre Dieu « de poche », inventé, nous aurons nous-mêmes cette image, cette image de marque que nous nous choisirons et inventerons. Telle est, somme toute, la nature de l'idolâtrie.

Afin que nous ne nous dispersions pas sur la terre. Afin que nous ne nous éparpillions pas aux différents bouts de la terre, que nous ne perdions pas cette image unique de Dieu et de nous-mêmes, qui convient à tous, inventée par tous. Du point de vue du midrach, le problème ici est théologique, le problème est dans l'idolâtrie : nous allons maintenant construire une seule idole, unique, grande et belle, et nous nous unirons tous autour d'elle, celui qui n'est pas « tous », nous le punirons, pour que personne n'aille nulle part, ne se disperse sur la terre, ne se dérobe à l'adoration de notre idole. Nous connaissons des sociétés dans lesquelles on aime construire de grandes et hautes statues, parfois avec des épées, parfois à cheval, parfois avec la main tendue. Rien de nouveau sous le soleil.

Il y a aussi un autre commentaire, un autre regard. Il est rapporté par le Natsiv de Volojine, disciple du Gaon de Vilna, c'est déjà presque notre époque. Il dit : « Peu importe totalement quelles idées il y avait dans cette société. Toute société qui exige l'uniformité et l'homogénéité de l'idée, dans laquelle il n'y a pas la possibilité d'exprimer une autre opinion, différente de l'opinion généralement admise – c'est une société hostile au Très-Haut, parce que le Très-Haut a créé le monde dans sa diversité ».

Regardons l'histoire, disons, de la Révolution française en septembre 1792. Il se produit une révolution qui proclame des principes somme toute merveilleux : liberté, égalité et fraternité. Qui donc est contre cela ? Mais en juin de l'année suivante, 1793, cette révolution se trouve une multitude d'ennemis. Ennemis, complots, gens haineux, mercenaires et espions surgissent partout, pour la première fois dans l'histoire se développe la terreur, en français épouvanteL'auteur explique à ses auditeurs russophones le sens du mot français « terreur » : « épouvante ». En français, l'explication paraît redondante ; nous l'avons gardée telle quelle.. Le terrorisme, les massacres – tout cela vient de là, de cette société qui avait proclamé des idées aussi merveilleuses que la liberté, l'égalité et la fraternité. Pendant un an la terreur a sévi, on exterminait tous les ennemis potentiels de la révolution, tous ceux qui étaient contre la liberté, l'égalité et la fraternité étaient tués sans jugement ni enquête. C'est, malheureusement, le problème de toute société dans laquelle une idéologie est imposée. En juillet 1794 il y eut, comme on a coutume de l'appeler dans l'historiographie soviétique, une contre-révolution. Robespierre lui-même fut tué et une autre époque commença dans l'histoire de la France. Mais ce n'est qu'un petit exemple de la manière dont une idéologie commune unique imposée corrompt une société et lui permet de descendre jusqu'à d'incroyables profondeurs d'abjection.

Ici il n'est pas dit concrètement en quoi ces gens ont fauté. Ils ont créé une idéologie commune, ils ont décidé de la perpétuer. Et les idéologies athées, complètement athées, aiment elles aussi les statues de leurs chefs, des constructions mégalomanes quelconques qui glorifient ou perpétuent leurs idées, quelque chose de plus haut, de plus profond, de plus large – tout cela est très aimé de toutes les idéologies.

Ainsi, nous voyons deux approches de ce qui s'est donc passé. La première approche est théologique. Elle dit que les gens se sont mis à adorer des idoles et se sont ainsi opposés aux cieux. La deuxième approche dit que la faute de tout, c'est la société corrompue, car quelles que soient les bonnes idées avancées (que ce soit l'humanisme, l'égalité, la liberté), l'uniformité des idées, c'est toujours une guerre contre le Créateur, cela conduit toujours à ce que, en conséquence, la société se corrompe. Par les interdits, par la limitation de la liberté, l'homme ne devient pas plus juste ni plus pur. C'est encore une approche de ce qui s'est passé. Sans doute est-ce le cas où il n'y a pas de sens à choisir la bonne variante parmi deux, d'ailleurs il y en a plus de deux, je mets l'accent sur deux. Il est tout à fait possible que l'une et l'autre aient été le problème de cette société. Et à notre époque aussi, l'une et l'autre peuvent être le problème d'une société. C'est ce dont nous devons nous souvenir et ce que nous devons tirer comme leçon de cette histoire.

Ainsi, les gens soit voulaient commencer à adorer des idoles, soit ont transformé en idole une idéologie quelconque.

וַיֵּרֶד יְהוָה לִרְאֹת אֶת-הָעִיר וְאֶת-הַמִּגְדָּל אֲשֶׁר בָּנוּ בְּנֵי הָאָדָם:

vayéred adonáy lir'ót et- ha'ír ve'ét- hammigdál achér bánou bené ha'adám

5 Et le SEIGNEUR descendit voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.

C'est, bien entendu, une métaphore qui symbolise l'intervention divine dans les événements terrestres. Évidemment, le SEIGNEUR n'est pas descendu en prenant une échelle, un escabeau ou en appelant un ascenseur, et n'est pas descendu des cieux.

וַיֹּאמֶר יְהוָה הֵן עַם אֶחָד וְשָׂפָה אַחַת לְכֻלָּם וְזֶה הַחִלָּם לַעֲשׂוֹת וְעַתָּה לֹא-יִבָּצֵר מֵהֶם כֹּל אֲשֶׁר יָזְמוּ לַעֲשׂוֹת:

vayomer adonáy hen am e'hád vesafá a'hát lekhoullám vezé ha'hillám la'asót ve'attá lo-yibbatsér mehém kol achér yazemoú la'asót

6 Et le SEIGNEUR dit : « Voici, il y a un seul peuple, et tous ont une seule langue, et c'est cela qui leur donne de l'audace (ajoute du courage), maintenant il n'y a rien qu'ils voudraient faire et ne feraient pas.

Rien ne leur est impossible, non seulement dans le bien, non seulement dans le progrès technologique. Ce n'est pas le processus technologique que Dieu veut arrêter, ni la tour qu'ils construisent. La tour ne gêne pas Dieu. Est-ce qu'Il aurait peur que quelqu'un décide de grimper aux cieux et de Lui faire la guerre, alors que nous, nous savons bien qu'Il n'est pas dans les cieux. Le Très-Haut dit qu'ils peuvent aller loin dans leur ajustement de tous les hommes à des standards communs, ou dans l'imposition d'une image de Dieu. Et cela aussi est une sorte d'ajustement des hommes à un seul et même standard dans l'adoration de Dieu.

הָבָה נֵרְדָה וְנָבְלָה שָׁם שְׂפָתָם אֲשֶׁר לֹא יִשְׁמְעוּ אִישׁ שְׂפַת רֵעֵהוּ:

háva neredá venavelá cham sefatám achér lo yichme'oú ich sefát re'éhou

7 Descendons, nous, et confondons les langues, de sorte qu'ils ne puissent pas entendre la langue de leur prochain ».

Il y a une controverse chaque fois que le Très-Haut parle au pluriel : faisons l'homme, ou descendons, nous. Il est tout à fait possible qu'il s'agisse ici justement de ceci : le Très-Haut descendra avec les anges qui seront les anges des peuples. Il y a une probabilité que nous ayons de nouveau affaire au pluriel de majesté – une forme grammaticale particulière qui existe dans beaucoup de langues sémitiques, quand un roi (ou une personne importante) parle de lui-même au pluriel. Et, par exemple, Daniël, racontant le rêve au roi, dit : « Disons au roi le rêve ». Et il y a une variante selon laquelle c'est une sorte de réponse stylistique à ce que disent les gens entre eux, ils disent háva na'assé (nous ferons), et le Très-Haut répond à l'unisson, répond stylistiquement à leur forme de discours.

Afin qu'ils ne puissent pas entendre. Pas même afin qu'ils ne puissent pas comprendre, mais qu'ils ne puissent pas entendre. Car nous pouvons ne pas être d'accord avec un homme sans le comprendre. Comme on dit encore : « Tu ne m'écoutes pas », « et je ne veux même pas t'entendre ». Le Très-Haut dit : « Je mettrai une séparation de telle sorte que dans le monde personnel de l'homme, dans sa pensée, dans sa vision du monde, il sera impossible de pénétrer ». Ils ne pourront pas contraindre un homme à dire quelque chose dans une uniformité imposée. Les gens sont divers, toute la création est diverse. Regardez quel monde divers le Très-Haut a créé. Et chaque fois que l'un de nous lit la Torah, prononce une prière, c'est toujours un dialogue entre la Torah et l'homme qui lit la Torah. Si des parents regardent leurs propres enfants, qui viennent juste de naître, ils ont déjà un certain caractère donné par le Très-Haut, que ni par l'éducation, ni par rien nous ne pouvons refaire, ce qui reste pour toujours. C'est un don du Très-Haut. Ici le Très-Haut dit : « Je ferai en sorte que vous ne puissiez pas comprendre les raisons de la multiplicité, vous ne pourrez plus vous concerter, vous ne pourrez plus vous imposer les uns aux autres des compréhensions quelconques. Vous n'aurez pas une seule idole commune ». Et quand il y a beaucoup d'idoles différentes, même si l'idolâtrie se développe dans l'humanité (et elle se développera), ce ne sera pas une idole unique. L'unité est une catégorie du Créateur. Ce que n'aura pas votre idole : elle ne sera pas unique.

וַיָּפֶץ יְהוָה אֹתָם מִשָּׁם עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ וַיַּחְדְּלוּ לִבְנֹת הָעִיר:

vayáfets adonáy otám michám al-pené khol-ha'árets vaya'hdeloú livnót ha'ír

8 Et le SEIGNEUR les dispersa de là sur la face de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville.

Le problème, comme nous le voyons, n'est même pas dans la tour, ce n'est pas la tour qu'ils ont cessé de construire, mais la ville. Ils ont cessé de construire une société unie par une idéologie.

Essayons de moderniser un tout petit peu ce récit. L'homme moderne s'appelle Homo sapiens (homme raisonnable). Il y a des idées qui s'appellent humanisme – c'est une valeur universelle qui est proclamée. Dans ce petit paquet, les humanistes mettent tout ce qu'ils veulent : la tolérance envers certaines minorités, l'absence de peine de mort, encore certaines valeurs qu'ils considèrent comme humaines et inhumainesLe russe dit littéralement « qu'ils considèrent comme humaines et inhumaines » ; l'auteur voulait peut-être dire autre chose. Nous avons traduit mot à mot.. Celui qui n'est pas d'accord de traîner ce petit paquet, de vivre dans la ville nommée Humanisme (Humanité), celui-là n'est pas du tout un homme. Eh bien, et quels droits a un homme qui n'est pas du tout un homme ? Cette liberté, semble-t-il, comme celle que la Révolution française a proclamée, peut se révéler une non-liberté, si l'on exige de tous d'être identiques. Ce qu'a fait le Très-Haut, Il l'a fait de sorte que l'humanité ne s'unira plus par une seule idéologie et ne se prosternera plus devant une seule idole quelconque. Qu'il y ait de fausses idéologies, qu'il y ait de fausses idoles, chacun peut s'égarer, des peuples entiers peuvent s'égarer et tomber dans l'idolâtrie, adopter certaines idéologies terribles. Il y en a beaucoup d'exemples. Mais cela ne sera pas imposé à toute l'humanité, parce que les gens ne s'entendent pas les uns les autres, et en cela il y a une certaine bénédiction. L'unité de l'humanité sera sur la terre quand s'accomplira la prophétie de Zkharya : « En ce jour-là, le SEIGNEUR sera Roi sur toute la terre, en ce jour-là le SEIGNEUR sera un et Son Nom un ». Il vaut la peine de prêter de nouveau attention au mot Nom. Mais Zkharya parle de Son Nom, non du nom des hommes, mais du Nom de Dieu, qui sera un, il y aura un seul Roi unique sur toute la terre, et toute la diversité de l'univers, dans sa diversité, sera soumise au Roi. Non dans l'uniformité, mais précisément dans la diversité de toute la création.

עַל-כֵּן קָרָא שְׁמָהּ בָּבֶל כִּי-שָׁם בָּלַל יְהוָה שְׂפַת כָּל-הָאָרֶץ וּמִשָּׁם הֱפִיצָם יְהוָה עַל-פְּנֵי כָּל-הָאָרֶץ:

al-kén kará chemá bavél ki-chám balál adonáy sefát kol- ha'árets oumichám hefitsám adonáy al-pené kol- ha'árets

9 C'est pourquoi il appela son nom Bavel (confusion), parce que là le SEIGNEUR pétrit la langue de toute la terre. Et de là le SEIGNEUR les dispersa sur toute la terre.

Le mot blela en hébreu moderne signifie pâte.

Ce verset nous rappelle de nouveau le parallèle avec la prophétie de Zkharya, liée à toute la terre et à cette bénédiction que le Très-Haut a donnée à l'humanité au tout début et à Noa'h, quand celui-ci sortait de l'arche : se répandre sur la terre, devenir toujours plus divers et plus divers, devenir une multitude de peuples différents, afin que sur toute cette diversité, sur toute cette création aux multiples facettes et diverse, règne un seul Roi, quand le SEIGNEUR sera un sur toute la terre et que Son Nom sera un.

Ainsi, le dessein de l'humanité de créer un nom alternatif a échoué avec fracas. Opposer quelque chose à Chem, fils de Noa'h, l'humanité n'y est pas parvenue. Et, quand cette révolte contre-sémite, antisémite, sous la forme de la tour de Babel, fut réprimée, la Torah revient à Chem :

אֵלֶּה תּוֹלְדֹת שֵׁם שֵׁם בֶּן-מְאַת שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-אַרְפַּכְשָׁד שְׁנָתַיִם אַחַר הַמַּבּוּל:

ellé toledót chem chem ben-me'át chaná vayoled et-arpakhchád chenatáyim a'hár hammabboúl

10 Voici la généalogie de Chem : Chem avait 100 ans, et il engendra Arpakhchad 2 ans après le déluge.

Du nom d'Arpakhchad, nous avons parlé au chapitre précédent.

וַיְחִי-שֵׁם אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-אַרְפַּכְשָׁד חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí-chém a'haré holidó et-arpakhchád 'haméch me'ót chaná vayoled baním ouvanót

11 Et Chem vécut, après la naissance d'Arpakhchad, 500 ans, et il engendra des fils et des filles.

וְאַרְפַּכְשַׁד חַי חָמֵשׁ וּשְׁלֹשִׁים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-שָׁלַח:

ve'arpakhchád 'hay 'haméch ouchlochím chaná vayoled et-chála'h

12 Arpakhchad avait 35 ans et engendra Chala'h.

Chala'h – envoyé.

וַיְחִי אַרְפַּכְשַׁד אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-שֶׁלַח שָׁלֹשׁ שָׁנִים וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí arpakhchád a'haré holidó et-chéla'h chalóch chaním ve'arbá me'ót chaná vayoled baním ouvanót

13 Et Arpakhchad vécut, après la naissance de Chéla'h, encore 403 ans, et il engendra des fils et des filles.

וְשֶׁלַח חַי שְׁלֹשִׁים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-עֵבֶר:

vechéla'h 'hay chelochím chaná vayoled et-éver

14 Chéla'h vécut 30 ans, et il engendra Éver.

Nous avons déjà parlé d'Éver, ce nom signifie celui qui a passé, celui qui est passé à travers quelque chose ou celui qui a laissé quelque chose derrière lui. Le nom ivri (hébreu) vient de ce nom.

וַיְחִי-שֶׁלַח אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-עֵבֶר שָׁלֹשׁ שָׁנִים וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí-chéla'h a'haré holidó et-éver chalóch chaním ve'arbá me'ót chaná vayoled baním ouvanót

15 Et Chéla'h vécut, après la naissance d'Éver, 403 ans, et il engendra des fils et des filles.

וַיְחִי-עֵבֶר אַרְבַּע וּשְׁלֹשִׁים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-פָּלֶג:

vay'hí-éver arbá ouchlochím chaná vayoled et-páleg

16 Éver vécut 34 ans et engendra Péleg.

Du nom de Péleg nous avons aussi parlé, en son temps la terre se divisa.

וַיְחִי-עֵבֶר אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-פֶּלֶג שְׁלֹשִׁים שָׁנָה וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí-éver a'haré holidó et-péleg chelochím chaná ve'arbá me'ót chaná vayoled baním ouvanót

17 Et Éver vécut, après la naissance de Péleg, 430 ans, et il engendra des fils et des filles.

וַיְחִי-פֶלֶג שְׁלֹשִׁים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-רְעוּ:

vay'hí-féleg chelochím chaná vayoled et-re'oú

18 Et Péleg vécut 30 ans, et il engendra Réou.

Réou signifie prochain ; celui qui veut être proche ou celui qui fait paître, celui qui prend soin.

וַיְחִי-פֶלֶג אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-רְעוּ תֵּשַׁע שָׁנִים וּמָאתַיִם שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí-féleg a'haré holidó et-re'oú técha chaním oumatáyim chaná vayoled baním ouvanót

19 Et Péleg vécut, après la naissance de Réou, 209 ans, et il engendra des fils et des filles.

וַיְחִי רְעוּ שְׁתַּיִם וּשְׁלֹשִׁים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-שְׂרוּג:

vay'hí re'oú chetáyim ouchlochím chaná vayoled et-seroug

20 Réou vécut 32 ans et engendra Sroug.

Sroug – c'est lié ; tressé ; celui qui est entrelacé ; uni au Très-Haut. Certains disent que cela signifie vignes grimpantes, et que c'est le début du nom d'un lieu géographique, c'est-à-dire que Sroug, c'est un habitant du lieu qui s'appelle Sarog, une ville de la Turquie moderne.

וַיְחִי רְעוּ אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-שְׂרוּג שֶׁבַע שָׁנִים וּמָאתַיִם שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí-re'oú a'haré holidó et-seroúg chéva chaním oumatáyim chaná vayoled baním ouvanót

21 Et Réou vécut, après la naissance de Séroug, 207 ans, et il engendra des fils et des filles.

וַיְחִי שְׂרוּג שְׁלֹשִׁים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-נָחוֹר:

vay'hí seroúg chelochím chaná vayoled et-na'hór

22 Séroug vécut 30 ans et engendra Na'hor.

וַיְחִי שְׂרוּג אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-נָחוֹר מָאתַיִם שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí seroúg a'haré holidó et-na'hór matáyim chaná vayoled baním ouvanót

23 Et Sroug vécut, après la naissance de Na'hor, 200 ans, et il engendra des fils et des filles.

La Torah dit chaque fois qu'il engendra des fils et des filles, nous lisons cela constamment. Mais pourquoi la Torah n'énumère-t-elle pas les fils et les filles ? Parce que le récit ne porte pas sur eux. La Torah se concentre sur l'essentiel.

וַיְחִי נָחוֹר תֵּשַׁע וְעֶשְׂרִים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-תָּרַח:

vay'hí na'hór técha ve'esrím chaná vayoled et-tára'h

24 Na'hor avait 29 ans et engendra Téra'h.

וַיְחִי נָחוֹר אַחֲרֵי הוֹלִידוֹ אֶת-תֶּרַח תְּשַׁע-עֶשְׂרֵה שָׁנָה וּמְאַת שָׁנָה וַיּוֹלֶד בָּנִים וּבָנוֹת:

vay'hí na'hór a'haré holidó et-téra'h techá-esré chaná oum'át chaná vayoled baním ouvanót

25 Et Na'hor vécut, après la naissance de Téra'h, 119 ans, et il engendra des fils et des filles.

וַיְחִי-תֶרַח שִׁבְעִים שָׁנָה וַיּוֹלֶד אֶת-אַבְרָם אֶת-נָחוֹר וְאֶת-הָרָן:

vay'hí-téra'h chiv'ím chaná vayoled et-avrám et-na'hór ve'et-harán

26 Et Téra'h vécut 70 ans, et il engendra Avram, Na'hor et Aran.

À vrai dire, c'est justement vers eux que la généalogie s'acheminait, ce que nous allons apprendre maintenant et ce que nous lirons dans les chapitres suivants. Et, puisque la généalogie s'acheminait vers cela, elle commence ce récit comme un nouveau chapitre, afin de rendre honneur à Avraham, dont il va être question.

וְאֵלֶּה תּוֹלְדֹת תֶּרַח תֶּרַח הוֹלִיד אֶת-אַבְרָם אֶת-נָחוֹר וְאֶת-הָרָן וְהָרָן הוֹלִיד אֶת-לוֹט:

ve'élle toledót téra'h téra'h holíd et-avrám et-na'hór ve'et-harán ve harán holíd et-lot

27 Et voici la généalogie de Téra'h : Téra'h engendra Avram, Na'hor et Aran, et Aran engendra Lot.

Avram, Na'hor et Aran – trois fils de Téra'h, la dixième génération après Noa'h, exactement comme Noa'h était la dixième génération après Adam.

וַיָּמָת הָרָן עַל-פְּנֵי תֶּרַח אָבִיו בְּאֶרֶץ מוֹלַדְתּוֹ בְּאוּר כַּשְׂדִּים:

vayámot harán al-pené téra'h avív be'érets moladtó be'oúr kasdím

28 Et Aran mourut devant Téra'h, son père, dans son pays natal, à Our Kasdim.

וַיִּקַּח אַבְרָם וְנָחוֹר לָהֶם נָשִׁים שֵׁם אֵשֶׁת-אַבְרָם שָׂרָי וְשֵׁם אֵשֶׁת-נָחוֹר מִלְכָּה בַּת-הָרָן אֲבִי-מִלְכָּה וַאֲבִי יִסְכָּה:

vayikká'h avrám vena'hór lahém nachím chem échet-avrám saráy vechém échet-na'hór milká bat-harán aví-milká va'aví yiská

29 Et Avram et Na'hor prirent pour eux des femmes : le nom de la femme d'Avram était Saraï, et le nom de la femme de Na'hor, Milka, fille d'Aran, qui était le père de Milka et de Yiska.

Beaucoup de commentateurs disent que Yiska, c'est Saraï, et à ce sujet il y a beaucoup de controverses, dans lesquelles, sans doute, nous n'allons pas entrer maintenant.

וַתְּהִי שָׂרַי עֲקָרָה אֵין לָהּ וָלָד:

vattehí saráy akará en la valád

30 Saraï était stérile, il n'y a pas chez elle en germeLa phrase russe est incomplète (littéralement « il n'y a pas chez elle en germe »). Nous l'avons traduite telle quelle, sans la compléter..

Nous ne savons pas si Sara elle-même le savait ou si elle essayait de tomber enceinte, espérant chaque fois qu'elle pourrait tomber enceinte. Et Avram attendait qu'elle puisse enfanter. C'est ce que la Torah dévoile un peu aux lecteurs, dévoile un peu, parce que c'est un élément important pour la suite de l'intrigue. Si nous n'avons lu que jusqu'à cet endroit, nous comprendrons déjà que ce sera un élément important de l'histoire ultérieure. Nous ne savons encore rien ni de Saraï, ni d'Avram, ni à plus forte raison de Sara et d'Avraham, mais il nous importe déjà de savoir que Saraï est stérile et qu'elle n'a pas d'enfants.

וַיִּקַּח תֶּרַח אֶת-אַבְרָם בְּנוֹ וְאֶת-לוֹט בֶּן-הָרָן בֶּן-בְּנוֹ וְאֵת שָׂרַי כַּלָּתוֹ אֵשֶׁת אַבְרָם בְּנוֹ וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן וַיֵּשְׁבוּ שָׁם:

vayikká'h téra'h et-avrám benó ve'ét-lot ben-harán ben-benó ve'ét saráy kallató échet avrám benó vayetse'oú ittám me'oúr kasdím lalékhet ártsa kená'an vayavó'ou ad-'harán vayéchevou cham

31 Et Téra'h prit Avram, son fils, et Lot, fils d'Aran, fils de son fils (son petit-fils), et sa belle-fille Saraï, femme d'Avram, son fils, et il sortit avec eux d'Our Kasdim pour aller au pays cananéen, et ils arrivèrent jusqu'à 'Haran et s'y établirent.

Ils sont bien partis vers le pays cananéen, mais jusqu'au pays cananéen ils ne sont pas arrivés. Pourquoi ne sont-ils pas arrivés ? Il peut y avoir à cela une multitude de raisons. Ils ne sont pas arrivés, bien qu'ils soient partis. Pourquoi ils sont partis, pour quelle raison ils sont partis, cela non plus nous ne le savons pas.

וַיִּהְיוּ יְמֵי-תֶרַח חָמֵשׁ שָׁנִים וּמָאתַיִם שָׁנָה וַיָּמָת תֶּרַח בְּחָרָן:

vayihyoú yemé-téra'h 'haméch chaním oumatáyim chaná vayámot téra'h be'harán

32 Et les jours de Téra'h furent de 205 ans, et Téra'h mourut à 'Haran.

Tout le monde sait sans doute qu'il existe un tel peuple, vivant dans le voisinage du peuple d'Israël, ce sont les Samaritains. Leur histoire est décrite assez en détail, et ils conservent leur Pentateuque, qui sur certaines questions diffère du Pentateuque que nous avons. Dans la tradition samaritaine, Téra'h vit 145 ans, et non 205. Pourquoi une telle différence et pourquoi est-ce essentiel ? Si Téra'h vit 145 ans, alors Avram part après la mort de Téra'h, si Téra'h vit 205 ans, alors Avram part tandis que Téra'h est encore vivant. Il est possible que ce soit justement sur la tradition samaritaine que s'appuyait Étienne dans les Actes, quand il disait qu'Avram était sorti à la mort de Téra'h. En tout cas, du texte massorétique, du texte que nous avons, il découle quelque chose d'un peu différent.

La Torah dit de Noa'h qu'il était un juste dans sa génération. Une expression aussi ambiguë donne matière aux commentateurs. Le célèbre commentateur de la Torah Rabbi Chlomo Yits'haki (Rachi) dit : « Certains commentent cela comme un mérite, en disant : “Puisque déjà dans sa génération Noa'h a réussi à être un juste, à plus forte raison dans d'autres générations il aurait été un juste.” D'autres le disent en blâme : “Ce n'est que dans sa génération que Noa'h était considéré comme un juste, sur le fond de tous ceux qui l'entouraient, mais dans notre génération, soi-disant, il n'aurait pas fait le poids comme juste.” Toute divergence de lecture peut toujours être interprétée dans le sens du mérite et dans le sens du blâme. »

Il est étonnant que quelque chose de semblable soit arrivé aussi avec les fils de Noa'h. Au chapitre 9 du livre de Béréchit, à partir du verset 20, nous lisons :

Et Noa'h commença à cultiver la terre. Et il planta une vigne, et il but du vin, et s'enivra, et se découvrit au milieu de sa tente. Et 'Ham, père de Canaan, vit la nudité de son père et le raconta à ses deux frères dehors. Et Chem et Yéfet prirent un vêtement, et, l'ayant posé tous deux sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père, et leurs visages étaient tournés en arrière, et la nudité de leur père ils ne la virent pas. Et Noa'h se réveilla de son vin et apprit ce que lui avait fait son fils cadet. Et il dit : « Maudit soit Canaan ! »

C'est une histoire étonnante que nous lisons. Noa'h est un patriarche, un homme grâce aux mérites duquel toute sa famille a été sauvée, et dans sa famille toute l'humanité a été sauvée. Sans doute est-il difficile pour des fils d'avoir un père si grand. Il est difficile d'être une pomme qui peut, Dieu nous en garde, tomber loin, loin d'un tel pommier. Et voilà qu'il arrive que Noa'h a bu, a montré de la faiblesse, et s'est couché, et s'est découvert dans sa tente, et sa nudité, 'Ham l'a vue. Il pensa : « Ah, notre papa, en fin de compte, n'est pas seulement un grand patriarche, mais aussi parfois un simple ivrogne ! Voilà ses faiblesses. Voilà les cicatrices sur son corps. Voilà, voilà ses points faibles ! » Et il se hâta de raconter cela, ses points faibles, sa nudité, à ses frères.

Et devant les frères se posa la question : veulent-ils accepter aussi ses points faibles, pour que ce soit justement ainsi, faible, vulnérable, qu'il reste dans leur mémoire ? Ou bien se souviendront-ils malgré tout seulement du grand Noa'h, ce juste par la justice duquel ils ont été sauvés du déluge et toute l'humanité a été sauvée ? » Et les fils décidèrent qu'ils ne regarderaient pas les faiblesses de leur père.

Nous avons tous des faiblesses, des cicatrices infligées par notre vie difficile et pas toujours guéries. Et nous ne voulons pas que nos enfants nous associent à ces faiblesses et encore moins qu'ils en héritent.

Comment faire pour que nos enfants n'héritent pas de nos faiblesses ? Avant tout, reconnaître que nous avons ces faiblesses. Bien sûr, tout homme a des faiblesses. Mais regardez notre autre côté. Révélez à vos fils vos côtés positifs. Et ce qui est le plus important – il est bien plus important de ne pas remarquer les points faibles de nos enfants. Il est si facile de les voir et de commencer à manipuler ces points faibles et de faire de l'enfant, au lieu d'une personnalité, un seul point faible. Alors l'enfant regardera nos points faibles et en héritera.

Pourquoi Noa'h n'a-t-il pas maudit 'Ham, mais Canaan, son petit-fils ? Pas seulement parce que 'Ham avait été béni par le SEIGNEUR. Mais parce que c'est cela, la malédiction : « Ton fils héritera de tes points faibles, comme ce que tu voulais discerner chez moi ».

Prenons soin de nos enfants, voyons en eux ce qui est bon et montrons ce qui est bon en nous.

Aujourd'hui nous parlerons du nom même de Noa'h. Nous le rencontrons pour la première fois au chapitre 5 du livre de Béréchit, quand Noa'h vient juste de naître. Nous lisons comment son père prophétise :

וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ נֹחַ לֵאמֹר זֶה יְנַחֲמֵנוּ מִמַּעֲשֵׂנוּ וּמֵעִצְּבוֹן יָדֵינוּ מִן-הָאֲדָמָה אֲשֶׁר אֵרְרָהּ יְהוָה׃

VAYIKRÁ ET-CHEMÓ NÓA'H LEMÓR ZÉ YENA'HAMÉNOU MIMMA'ASSÉNOU OUME'ITTSEVÓN YADÉNOU MIN-HA'ADAMÁ ACHÉR ERERÁ ADONÁY.

29 Et il appela son nom Noa'h, disant : « celui-ci nous consolera de nos œuvres et de la peine de nos mains, de la terre que le SEIGNEUR a maudite ».

Il y avait un tel espoir, une telle attente, que la malédiction par laquelle le SEIGNEUR avait maudit la terre, en disant : « Dans la peine tu obtiendras ton pain », – passerait avec Noa'h, que Noa'h délivrerait l'humanité de cette malédiction. C'est pourquoi le premier lien que nous voyons ici dans la signification du nom Noa'h, – Noa'h et yenna'hem du verbe lena'hem – consoler ou, ce que signifie consoler en hébreu, – ouvrir une autre possibilité.

Qu'est-ce que la consolation ? Quand un homme est dans la peine et ne voit aucune issue, on le console et on lui dit : « Il y a encore la vie ! Il y a encore une possibilité ! Il y a encore des chemins ! Tout ne s'est pas fermé ! » Même quand quelqu'un de proche est parti, quand quelque malheur est arrivé. Yena'haménou signifie il nous ouvrira une autre possibilité, il nous ouvrira un autre chemin. Il y avait un espoir, je le répète, que Noa'h délivrerait l'humanité de la malédiction de la terre.

Que signifie le nom même de Noa'h ? J'ai déjà parlé du phénomène de la mimation, quand après les sons gutturaux on ajoutait le son m, et Noa'h, peut-être, sonnait autrefois comme No'hm, et alors Noa'h et yenna'hem sont un parallèle très compréhensible. Mais si nous lisons Noa'h simplement comme noa'h, alors en hébreu moderne noa'h, c'est commode, confortable, il nous donnera enfin la possibilité de vivre non dans la peine, mais avec une certaine commodité, de nous sentir sur la terre plus à l'aise, plus confortablement. Et, bien qu'aujourd'hui pour beaucoup de croyants il soit, malheureusement, arrivé que le confort soit presque un gros mot, j'ai envie de dire que le croyant doit ressentir une paix intérieure, un repos intérieur et un confort intérieur. Voilà, les mots repos, commodité, confort se traduisent par le mot noa'h. Et c'est ainsi qu'on peut comprendre le nom Noa'h.

Dans Béréchit (6,6) nous lisons :

וַיִּנָּחֶם יְהוָה כִּי-עָשָׂה אֶת-הָאָדָם

vayinná'hem adonáy ki-assá et-ha'adám

6 Et le SEIGNEUR se repentit d'avoir créé l'homme…

C'est ainsi qu'on le traduit d'habitude littéralement. On peut dire que la Torah parle ici un langage humain. Bien sûr, le SEIGNEUR ne S'est pas changé, n'a pas changé d'avis. Et le mot russe se repentir peut ici être compris comme une image. Mais si nous parlons du mot yiná'hem (et nous avons déjà dit que cela ouvre un autre chemin), alors on peut dire que le Très-Haut a dit : « Il y aura un plan “B” ! Je développerai l'humanité par un autre chemin. J'ai créé l'homme, Je ferai avancer son développement par un autre chemin ». Ici nous rencontrons de nouveau le même verbe. Si le père de Noa'h a dit : « Yena'haménou », alors ici aussi c'est le même verbe yiná'hem. On peut dire que le Très-Haut s'est consolé d'avoir créé Adam, a vu une autre variante de développement ou a enclenché une autre variante de développement, puisque nous parlons du Très-Haut. Et voilà, le verbe noa'h et les mots liés à la racine noa'h, sont présents dans tous les endroits clés de notre section hebdomadaire.

Au huitième chapitre nous lisons :

וַתָּנַח הַתֵּבָה

vattána'h hattevá

4 Et l'arche s'arrêta…

Littéralement : et l'arche se posa, et l'arche se reposa. Le même verbe, la même racine noa'h – s'est noaïsée, s'est noa'hisée l'arche, on peut aussi le comprendre ainsi. Dans ce même huitième chapitre nous lisons au sujet de la colombe que Noa'h envoya de l'arche. Il est dit que la colombe revint, parce qu'elle

וְלֹא-מָצְאָה הַיּוֹנָה מָנוֹחַ

velo-matse'áLa translittération russe commence ici sans le « ve » (« et ») que porte le texte hébreu. Nous suivons l'hébreu. hayoná manóa'h

9 Ne trouva pas de repos pour elle

De nouveau nous voyons cette même racine.

Et pour conclure nous voyons, quand Noa'h construit un autel et élève une offrande d'élévation sur l'autel, il est dit :

וַיָּרַח יְהוָה אֶת-רֵיחַ הַנִּיחֹחַ

vayára'h adonáy et-réya'h hanni'hóa'h

21 Et le SEIGNEUR sentit le parfum sur l'autel…

Le mot ni'hoa'h (parfum) se traduit littéralement qui donne du plaisir, de la béatitude. Qui comble vient aussi de cette étonnante racine noa'h.

Eh bien, revenons, sans doute, à la mention clé du nom Noa'h dans Béréchit (6,8) :

וְנֹחַ מָצָא חֵן בְּעֵינֵי יְהוָה׃

venóa'h mátsa 'hen be'ené adonáy.

8 Noa'h trouva faveur aux yeux du SEIGNEUR.

Le mot 'hen (grâce) se compose des mêmes lettres que noa'h, seulement dans un ordre changé. Le nom Noa'h s'écrit avec les lettres נח – noun 'het, et le mot grâce – 'hen – חנ s'écrit avec les lettres 'het noun – les lettres ont simplement changé d'ordre.

Le repos est la manifestation de la grâce dans notre monde. Que signifie : « Noa'h trouva grâce aux yeux de Dieu » ? Noa'h a pu manifester la grâce dans notre monde, dans notre réalité. Réalité en hébreu vient du mot matsiyout – le fait de se trouver, ce qui se trouve. C'est-à-dire que par Noa'h s'est réalisée la grâce du Très-Haut. Cela nous oblige encore davantage à réfléchir à la signification du nom Noa'h.

Que sont ces deux petites lettres 'het et noun, noun et 'het, dont se compose ce nom ? La guématria de la lettre ח ('het) a la valeur numérique 8. Nous savons que le monde existe sur la base de la semaine de sept jours – six jours travaille, le septième jour, c'est le Chabbat. Nous savons aussi, j'en ai souvent parlé dans différents entretiens, que le huitième jour est le jour où Moché a renouvelé le Temple, où Moché a dressé le tabernacle, a rétabli la relation avec le Très-Haut. Le huitième jour est le jour du rapprochement du Très-Haut, un jour qui est au-dessus de la nature de ce monde, surnaturel. De même aussi la cinquantième année, l'année du jubilé, où toutes les lois, tous les liens mondains sont libérés, a lieu une libération complète des liens de ce monde. Et le nom Noa'h se compose de la lettre נ (noun), dont la valeur numérique est 50, la cinquantième année, le cinquantième jour depuis Pessa'h, la Pentecôte, et de la lettre ח ('het), qui signifie, peut-on dire, symboliquement, le huitième jour de la semaine, le premier jour, qui est le huitième jour de la semaine, le jour de l'humanité renouvelée.

Noa'h ainsi que 'hen (grâce), c'est la manifestation du surnaturel dans le naturel, la révélation de la grâce divine dans le monde créé, dans le monde physique, la révélation de quelque chose de surnaturel, qui agit au-dessus des lois de la nature. Le supranaturel dans le naturel, la manifestation de la Divinité dans ce monde a commencé.

Le premier homme qui a trouvé cette grâce, qui l'a réalisée dans le monde, c'est Noa'h. Et c'est bien ainsi qu'on l'appelle, avec les lettres de son nom on peut composer le mot grâce. Et son nom lui-même signifie repos, lui aussi une manifestation de la grâce dans ce monde.

Pourquoi cela n'a-t-il pas réussi ? Pourquoi cette révélation de la grâce n'a-t-elle pas fait entrer l'humanité dans le repos, n'a-t-elle pas conduit à ce que toute l'humanité se repose de ses œuvres, nous en parlerons encore, avec l'aide de Dieu.

Il arrive parfois que, pour comprendre une section hebdomadaire plus profondément, il faille se tourner vers une autre section. C'est pourquoi nous allons parler aujourd'hui, vous et moi, de la section hebdomadaire Noa'h, mais nous ne lirons pas la section hebdomadaire Noa'h, nous allons relire l'histoire du veau d'or. Nous lirons dans le chapitre 32 du livre de Chémot. Au 7e verset, quand Moché se trouve avec le Très-Haut sur la montagne, le Très-Haut dit à Moché :

לֶךְ-רֵד כִּי שִׁחֵת עַמְּךָ

lekh-réd ki chi'hét ammekhá

7 Va, descends, Car ton peuple s'est corrompu…

La situation commence à rappeler l'histoire de Noa'h, parce que les événements du déluge ont commencé après que toute chair sur la terre se fut corrompue. Et là, à la fin de la section hebdomadaire Béréchit, est employé ce même verbe. Ensuite, au verset 10, le Très-Haut dit à Moché :

וְעַתָּה הַנִּיחָה לִּי

ve'attá hanní'ha li

10 Permets-Moi, laisse-Moi…

C'est un verbe avec noa'h, ce même verbe noa'h – permets-Moi, laisse-Moi faire quelque chose tranquillement.

וְיִחַר-אַפִּי בָהֶם

veyi'har-appí vahém

…et Je serai irrité contre eux, Je déverserai sur eux Ma colère.

Et ensuite le Très-Haut dit à Moché : « …de toi Je ferai naître un nouveau peuple ». Regardez quel parallèle. Le Très-Haut dit que le peuple s'est corrompu, et exactement comme il a été dit à Noa'h que de lui naîtrait une humanité nouvelle, de même, ici, le Très-Haut dit à Moché : « De toi naîtra un nouveau peuple d'Israël ». La situation est très semblable, et nous voyons qu'il y a ici des verbes très semblables : chi'hét (s'est dévoyé) et hanní'ha (permets-Moi, le verbe noa'h). Que dit le Très-Haut à Moché ? Pourquoi utiliser un tel verbe, hanní'ha – permets-Moi, laisse-Moi, comme si Moché pouvait ne pas permettre quelque chose au Très-Haut ?

Une des compréhensions du nom Noa'h – commode, confortable, c'est qu'il est à l'aise, qu'il est confortable, qu'il se sent bien chez lui, et que, soi-disant, ce qui arrive à l'humanité environnante ne l'inquiète pas. Il ne supplie pas le Très-Haut pour l'humanité, ne prie pas pour elle, et peut-être ne s'en soucie-t-il pas non plus. De cela, en tout cas, rien n'est dit. Et l'on peut comprendre que le Très-Haut dit ici : « Sois Noa'h un petit peu. Agis comme Noa'h. Noé ne geignait pas, toi non plus, ne geins pas. N'intercède pas pour l'humanité, permets-Moi maintenant de déverser sur eux Ma colère, ne Me supplie pas, ne Me retiens pas ».

Moché Lui répond, nous lisons au verset 13 :

Souviens-Toi d'Avraham, de Yits'hak et de Yisraël, Tes serviteurs, auxquels Tu as juré par Toi-même et as dit : « Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel, et toute cette terre dont J'ai parlé, Je la donnerai à votre descendance, et ils la posséderont éternellement ».

Possession éternelle, ils posséderont éternellement en hébreu, c'est vena'haloú, et bien que ce verbe ne soit pas de la même racine que noa'h, les deux premières lettres communes parlent pourtant de l'unité sémantique des verbes, les verbes appartiennent à une même cellule sémantique. Ils vivront éternellement en paix, ils hériteront éternellement en paix, ici aussi il est question de repos. Moché dit au Très-Haut : « Tu as juré de donner à ce peuple le repos ». Moché refuse d'être Noa'h. Il refuse d'être Noa'h en tant que celui sur qui sera fondé le nouveau peuple d'Israël, et il refuse d'être Noa'h en tant qu'homme pour qui c'est noa'h, pour qui c'est commode que l'humanité périsse.

Nous lisons au verset 14 :

וַיִּנָּחֶם יְהוָה

vayinná'hem adonay

14 Et Dieu changea d'avis…

Nous avons et lu et parlé de ce verbe, du fait que d'habitude la Torah traduit cela par se repentit ou changea d'avis, mais qu'ici c'est pour ainsi dire enclencher un autre plan, choisir une autre voie de développement.

Et Moché dit au Très-Haut, entre autres :

Si Tu détruis ce peuple, efface-moi du Livre que Tu as écrit. Si Tu ne pardonnes pas à ce peuple, efface-moi du Livre que Tu as écrit.

מְחֵנִי נָא

me'héni na

efface-moi

Dans le mot me'héni il y a aussi les lettres ח ('het) et נ (noun). Plus encore, quand le prophète Yéchayahou (54,9) parle du déluge, il l'appelle מֵי נֹחַ – mey noa'h – les eaux de Noa'h. Les lettres de mey noa'h composent le mot ma'heni. Moché propose une alternative. Quand on a dit à Noa'h de construire l'arche, Noa'h n'a pas intercédé pour l'humanité, Noa'h n'a pas dit au Très-Haut : « Aie pitié de ces gens, donne-leur une chance, appelle-les au repentir ». Noa'h n'a ni proposé ni dit : « Si Tu veux exterminer l'humanité, efface-moi, efface-moi du Livre que Tu as écrit ». Mais c'est ce que fait Moché. Moché, dans une situation très semblable, au lieu de mey noa'h, au lieu des eaux de Noa'h, dit : « ma'heni (efface-moi) du Livre que Tu as écrit ». Moché, dans une situation semblable, se comporte de manière tout à fait différente. Et au trente-troisième chapitre du livre de Chémot nous lisons, quand Moché dit au Très-Haut : « Tu iras devant nous », que le Très-Haut lui répond :

פָּנַי יֵלֵכוּ

panáy yelékhou

14 Ma Face ira

Sur cette expression il y a énormément de controverses, dans lesquelles nous n'allons pas entrer maintenant.

וַהֲנִחֹתִי לָךְ׃

vahani'hóti lakh.

Et Je te ferai reposer, Je te donnerai le repos.

Moché, à la différence de Noa'h, dans une situation semblable ne dit pas : « Je serai un nouveau Noa'h, un Noa'h d'Israël, un Noa'h fondateur du peuple d'Israël, d'une humanité nouvelle. Je sauverai sur mon arche tout le peuple d'Israël. Je ne consens pas à moins ». Ce n'est pas mey noa'h, pas les eaux de Noa'h, c'est ma'heyni – efface-moi, si Tu n'es pas prêt à pardonner à mon peuple.

On peut, bien sûr, voir encore beaucoup de parallèles, exactement comme il est dit de Noa'h qu'il trouva grâce aux yeux du Très-Haut. Nous avons dit qu'il a rendu réelle dans notre monde cette grâce surnaturelle. Bien des fois cette expression est employée à propos de Moché, que Moché trouva grâce aux yeux du Très-Haut. Ici, dans notre passage que nous avons lu, nous voyons que Moché commença à prier, comme s'il commençait, comme il est dit ici, à travailler le Visage du Très-Haut (Chémot 32,11) :

וַיְחַל מֹשֶׁה אֶת-פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהָיו

vay'hál moché et-pené adonáy eloháv

11 Et Moché commença le Visage du SEIGNEUR, son Dieu…

Exactement de même, il est dit de Noa'h qu'il se mit à travailler la terre. Deux vecteurs différents, deux directions différentes, mais les mots employés sont les mêmes. Quand nous voyons les mêmes mots, il est important d'y prêter attention.

Il y a encore bien assez d'autres parallèles entre Noa'h et Moché, mais le sens général de ces parallèles, je pense, est compréhensible.

Je ferai cet avertissement : quand tu as trouvé une ressemblance, commence obligatoirement à chercher les différences. C'est-à-dire que ce n'est pas partout où il y a deux mots identiques qu'on peut pointer du doigt et dire : « Voilà, c'est la même chose ». Surtout si nous lisons d'après une traduction : là, de manière générale, il se peut que dans l'original il y ait des mots différents. Mais même dans l'original, si tu as trouvé deux mots identiques, cela ne signifie encore rien, mais quand les parallèles sont nombreux, ils se fondent, bien sûr, ensemble et témoignent de quelque chose. Je répète la règle : quand tu as trouvé des ressemblances, cherche obligatoirement les différences.

Nous voyons que l'humanité est passée à une étape tout à fait différente. Moché, c'est un autre niveau spirituel, ce n'est pas Noa'h. C'est le niveau où l'homme est déjà prêt à donner son âme pour son peuple. Et cette différence, cette comparaison, peut-être nous entrouvre-t-elle la section hebdomadaire Noa'h sous un jour tout à fait nouveau, bien que nous n'en ayons pratiquement pas parlé.

Aujourd'hui nous allons parler d'un fragment du chapitre 9 du livre de Béréchit. Commençons à lire à partir du verset 20 :

ET NOA'H COMMENÇA À CULTIVER LA TERRE. ET IL PLANTA UNE VIGNE. ET IL BUT DU VIN ET S'ENIVRA, ET IL SE DÉCOUVRIT AU MILIEU DE SA TENTE. ET 'HAM, PÈRE DE CANAAN, VIT LA NUDITÉ DE SON PÈRE ET LE RACONTA À SES DEUX FRÈRES DEHORS. ET CHEM ET YÉFET PRIRENT UN VÊTEMENT ET, L'AYANT MIS TOUS DEUX SUR LEURS ÉPAULES, ILS MARCHÈRENT À RECULONS ET COUVRIRENT LA NUDITÉ DE LEUR PÈRE, ET LEURS VISAGES ÉTAIENT TOURNÉS EN ARRIÈRE, ET ILS NE VIRENT PAS LA NUDITÉ DE LEUR PÈRE. ET NOA'H SE RÉVEILLA DE SON VIN ET SUT CE QUE LUI AVAIT FAIT SON FILS CADET.

'Ham entre par hasard dans la tente de Noa'h et le voit pas tout à fait habillé, sans doute à la suite d'une ivresse alcoolique, Noa'h ivre, déshabillé, peut-être pas très propre, dans sa tente. Et 'Ham se hâte avec joie de raconter à Chem et à Yéfet : « Regardez, regardez ce qui arrive à notre père ! » Chem et Yéfet sont remplis de peur, et eux, à reculons, couvrent la nudité du père.

Noa'h se réveilla et sut ce que lui avait fait le fils cadet.

Et qu'est-ce que lui a fait le fils cadet ? Les commentateurs répondent à ces questions de différentes manières. Certains disent : « Il l'a castré », d'autres disent : « Il l'a violé ». Et ils racontent d'autres choses terribles, en supposant ce que 'Ham aurait pu faire à son père.

Mais il y a aussi une autre compréhension, on peut regarder sous un autre angle. À vrai dire, que s'est-il passé ? 'Ham est entré dans la tente et a vu que son père, son propre père, un homme juste, un homme que le Très-Haut Lui-même a appelé juste et intègre, cette fois, ivre, nu, peut-être dans son propre vomi, est couché dans sa tente. Il faut vite le raconter à ses deux frères, peut-être même à son fils : « Regardez comment est notre papa en réalité ! »

Cet épisode, où Noa'h a trébuché une seule fois, ou peut-être une certaine période qui a été difficile pour Noa'h, il fallait le transformer en étiquette, faire de cette cicatrice le signe distinctif de Noa'h, et ainsi barrer tous ses mérites, tous les autres traits de son caractère. Faire en sorte que, qu'on l'associe ainsi : « Notre père, Noa'h, en réalité, peut-être a-t-il bien été un juste un jour, peut-être a-t-il bien été intègre un jour, mais en fait, le vrai Noa'h, le Noa'h authentique, c'est simplement un alcoolique ». C'est ce que 'Ham a fait à Noa'h. Il lui a collé une étiquette. Il a voulu montrer, dévoiler la « vraie » nature de Noa'h.

Cela arrive aussi parmi nous. Souvent nous pouvons prendre un certain comportement d'un homme qui a trébuché, qui est tombé pour un temps, et lui coller l'étiquette d'alcoolique, ou de débauché, ou de voleur, ou de menteur. Et tout le reste de ce qu'il fait ou a jamais fait n'aura plus aucune importance. Voilà, Noa'h est parti en beuverie, c'est un alcoolique, et peu importe ce qu'il y a eu là encore, et quand.

Ainsi les enfants héritent d'un tel souvenir de leur père, les enfants retiennent les cicatrices sur le corps du père, et non le corps du père lui-même. Les enfants retiennent une certaine étiquette qui a été collée au père, peut-être à tort, peut-être à cause d'un seul écart, et non le comportement du père lui-même.

Voilà ce qu'a fait 'Ham. Et pour cela, Canaan est puni. Nous avons dit que 'Ham ne pouvait pas être maudit, parce qu'il a été béni par le Très-Haut. Mais la chose tient ici aussi au fait que c'est précisément comme punition que Canaan a pu hériter de certaines étiquettes de 'Ham, c'est-à-dire que la punition était assez symétrique. Voilà de telles brèves pensées aujourd'hui sur la section hebdomadaire Noa'h.

Tout au début du chapitre 7 du livre de Béréchit nous lisons :

Et le SEIGNEUR dit à Noa'h : « Entre, toi et toute ta famille, dans l'arche, car toi, Je t'ai vu juste devant Moi dans cette génération ».

Prêtons attention à ces paroles étonnantes : « …car toi, je t'ai vu juste devant Moi ».

Le SEIGNEUR dit à Noa'h un compliment direct, un encouragement direct. S'il est dit de Moché qu'il est humble parmi les hommes, ce n'est pas ce que le Très-Haut lui a dit en face. Ici, le Très-Haut vient et soutient au tout début d'un chemin très difficile dans l'arche. Il soutient Noa'h par ces paroles : « Toi, Je t'ai vu juste devant Moi dans cette génération ».

Ce compliment, comme n'importe quel autre, nous enseigne à nous aussi comment faire des compliments. C'est-à-dire non pas simplement reconnaître et dire : « Je vois comme tu dessines bien ! », mais : « Comme tu dessines bien. Tu deviendras un grand artiste. Tu peux devenir un bon artiste », « Comme tu as bien écrit ta rédaction. Tu peux devenir un écrivain remarquable », « Tu peux devenir un excellent tourneur », « Tu peux devenir un bon danseur ». Nous ne nous contentons pas de constater et de dire : « Regarde quel homme juste », « Regarde quel homme gracieux », mais pour ainsi dire nous lui confions quelque chose, nous lui remettons quelque chose ou demandons au Très-Haut de lui remettre quelque chose, en disant : « Voilà cet homme, comme il danse maintenant, comme il joue du violon maintenant, comme il écrit maintenant. Il peut beaucoup plus ». Et dire à l'homme les yeux dans les yeux : « Tu peux beaucoup plus. Tu es capable de beaucoup plus ».

C'est ce qui enflamme l'homme, ce qui le pousse réellement à faire plus qu'il ne peut faire maintenant. Et c'est ce que le Très-Haut nous enseigne.

Il y a une anecdote assez connue sur Thomas Edison et sa maman. L'anecdote dit qu'un jour Thomas Edison surprit sa maman en train de lire une lettre et de pleurer. Et alors il demanda : « Qu'est-ce qui est écrit là ? » Elle lui raconta que c'est le directeur de l'école qui écrit : « Votre Thomas est un garçon si intelligent que nous ne pouvons plus lui enseigner. Qu'il cherche un autre établissement scolaire ». Selon cette anecdote, plus tard Thomas Edison trouva cette lettre, et il y était écrit qu'il était un élève affreux, stupide, et que l'école ne pouvait pas le garder. Tout cela, bien sûr, est une anecdote, en réalité tout cela ne s'est pas passé ainsi. Voici comment Edison lui-même le raconte : « Un jour, j'ai surpris une conversation dans laquelle le maître racontait à l'inspecteur que j'étais stupide et qu'il n'y avait pas de sens à me garder plus longtemps à l'école. Cette dernière chose m'a beaucoup blessé, j'ai fondu en larmes, j'ai couru à la maison et j'ai tout raconté à maman. Elle est retournée avec moi à l'école et a dit avec colère au maître qu'il ne savait pas de quoi il parlait, que j'avais plus de cervelle que lui-même, enfin, et cetera. « C'est précisément de cela, – comme l'a dit plus tard Edison lui-même, – que ma maman m'a fait ». Il a été fait par sa maman, qui lui disait des compliments, qui lui disait : « Tu peux beaucoup plus. Aujourd'hui tu es doué, mais tu es capable de davantage ». C'est la meilleure manière de faire des compliments.

Nous savons mal dire des compliments. À cause de cela, souvent nous ne remarquons pas que notre compliment n'est pas du tout un compliment. Un mari est assis là, mange de la soupe et dit : « Quelle soupe merveilleuse ! Quelle tarte merveilleuse ! » Et les compliments vont pour ainsi dire à la soupe et à la tarte, et non à celui qui l'a préparée. Dis donc un compliment à ta femme, dis un compliment à celle qui l'a préparée. Soutiens-la et dis : « Tu sais faire les choses si merveilleusement. Tu feras une merveilleuse cuisinière, tu es une merveilleuse maîtresse de maison ». Loue-la pour ce qu'elle sait faire, en révélant son potentiel, et soutiens-toi toi-même de la même façon, et soutiens tes proches de la même façon. « Toi, Je t'ai trouvé dans cette génération ». Pour moi, aujourd'hui, tu es le meilleur cuisinier, le meilleur musicien, le meilleur artiste, tu peux te révéler mieux et davantage.

Disons-nous les uns aux autres des compliments qui révéleront notre potentiel, qui nous appelleront à révéler notre potentiel. N'ayons pas honte de nous louer et de nous soutenir les uns les autres.

Le SEIGNEUR Lui-même vint à Noa'h et lui dit : « Toi, Je t'ai trouvé juste. Tu l'as mérité ». C'est tellement formidable !

Très souvent je cite les commentaires de Rabbi Cholom Noa'h Berezovsky, connu aussi par le titre de son livre « Nétivot Chalom ». J'aime beaucoup son approche inhabituelle, sa capacité à regarder tel ou tel passage de l'Écriture sous un autre angle.

Commentant la section Noa'h, Rabbi Cholom dit que cette section se rapporte non seulement à la génération de Noa'h, non seulement à la génération du déluge, mais aussi à chacun de nous, à chacune des générations tout au long de l'histoire juive. N'importe lequel d'entre nous peut se retrouver dans une situation où, autour de nous, il y a un déluge. Peut-être pas aussi global, pas aussi terrible, mais, d'une manière ou d'une autre, nous pouvons être enveloppés par des malheurs, des adversités ou des sensations de malheurs et d'adversités, la sensation que tout s'écroule autour de nous, comme au temps du déluge, que le vieux monde est anéanti et que surgit l'unique question actuelle : où fuir ? Et Rabbi Cholom dit que de notre temps aussi, aux temps d'adversité, on peut construire une arche. Nous avons trois arches que nous pouvons occuper, dans lesquelles nous pouvons prendre place.

La première arche, c'est la Torah. Quand nous étudions la Torah, que nous nous plongeons dans l'étude de la Torah, nous pouvons nous oublier, nous éloigner de tous les malheurs, des infortunes que nous ressentons. C'est notre premier refuge.

La deuxième arche que nous avons, c'est le Chabbat. Six jours nous sommes occupés à faire notre travail, le septième jour, c'est le retour vers le Très-Haut. Un jour où l'on peut tout oublier, oublier toutes les affaires du monde, les dettes, les problèmes, le business qui n'a pas réussi, le business qu'il faut construire, toutes les adversités et tous les soucis, et se plonger dans la présence divine.

Rabbi Sacks était le grand rabbin d'Angleterre, il est mort récemment, et tout, tout récemment ses élèves ont restauré son commentaire sur la section de Noa'h. Et il parle du Chabbat ainsi : « Notre vie est pleine de choses qui se divisent en deux catégories : les urgentes et les importantes. Et voilà, parfois on voit que nous sommes assis à nous occuper des choses urgentes, en remettant à plus tard les choses importantes ».

Je me souviens, j'étais assis à faire quelque chose à l'ordinateur, mon fils s'est approché de moi et a dit : « Papa, joue avec moi ». Je lui ai dit : « Tout de suite, tout de suite, Anvéhou. Je termine juste, et nous jouerons ensemble, toi et moi ». Quelque temps après, il s'est approché et a dit : « Papa, lis-moi, s'il te plaît ». Eh bien, je lui ai répondu la même chose. Entamant le troisième tour, lui, garçon patient, a dit : « Papa, dessine avec moi ». Et quand je lui ai répondu : « Voilà, tout de suite, excuse-moi, je termine mes affaires », il a posé la question sans détour, en demandant : « Papa, tu m'aimes ? »

Grâce à Dieu, j'ai le Chabbat, j'ai la possibilité de remplacer les affaires urgentes par les importantes, d'être avec ma famille, d'être avec mes amis, de m'adonner à quelques réflexions sur moi-même, de me promener dans le parc, de respirer l'air frais, de prier le Très-Haut de toute mon âme, sans hâte, de Le remercier pour les événements de la semaine. C'est la deuxième arche, dans laquelle nous pouvons fuir nos malheurs et notre déluge.

Et la troisième arche s'appelle véya'had (ensemble). Il y a une certaine société, certains amis, des camarades, avec qui nous pouvons passer du temps ensemble, nous pouvons discuter ensemble de certains problèmes et même, peut-être, résoudre certains problèmes. Des camarades ensemble, si ce sont de vrais camarades, si ce sont de vrais amis, peuvent aussi aider à traverser le déluge.

Voilà les trois arches que nous avons, que chacun de nous a (grâce à Dieu !) pour traverser nos déluges. Peut-être que quelqu'un a la possibilité et veut créer une autre arche pour traverser son déluge, quelqu'un a sa propre arche. Tout cela est super, tout cela est merveilleux, il faut simplement se souvenir que pour tout déluge il y a une arche et qu'il y a un endroit où l'on peut se sauver du déluge. Parfois il faut construire l'arche, parfois on l'a déjà construite avant nous. Mais, grâce à Dieu, le Très-Haut nous donne la possibilité d'avoir un refuge contre tout fléau !

Poursuivez l'étude : Béréchit, Lekh Lékha, les alliances et les sections hebdomadaires de la Torah.

Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    1. 1Noa'h : la fin de toute chair 6,9 – 7,24
    2. 2Vers une vie nouvelle 8,1–22
    3. 3Des fils si différents 9,1–29
    4. 4Encooore des généalogies 10,1–32
    5. 5Donner nos noms retentissants 11,1–32
    6. 6La Torah en 5 minutes
    7. 7Noa'h trouva grâce
    8. 8Noa'h et Moché
    9. 9'Ham dans la tente de Noa'h
    10. 10Dites des compliments
    11. 11Construis une arche

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