- Sections hebdomadaires
- Bémidbar
- Pin'has
פִּינְחָס
Pin'has
alliance de paix, héritage et successeur
- Section hebdomadaire
- 41 sur 54
- Versets
- Bémidbar 25,10–30,1
- Parties
- 9
- Temps de lecture
- 2 h 5 min
- Vues
signale les passages où la traduction s'écarte délibérément de l'original russe. Touchez-le pour afficher la remarque.
Pin'has est la section hebdomadaire sur l'alliance de paix, la préparation à la vie dans la terre d'Israël et la continuité du service. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinés le recensement du peuple, l'héritage des filles de Tsélof'had, la nomination du successeur de Moché et les sacrifices des fêtes. Le texte hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original dit que le texte hébreu est accompagné d'une traduction russe ; sur cette page française, la formulation est neutre. et de l'interprétation religieuse de l'auteur.
Le prêtre à la longue vie
Bémidbar 25,10–26,11
Avec l'aide de Dieu, nous commençons l'étude de la section hebdomadaire Pin'has et nous lirons à partir du verset 10 du chapitre 25 du livre Bémidbar. Nous nous sommes arrêtés au moment où le peuple béni d'Israël vit à Chittim, commence une relation étroite avec les femmes midyanites et s'attache à leur dieu – Ba'al-Pé'or, le dieu de la mort, le dieu du tombeau, le dieu qui est lié aux enfers. Le peuple d'Israël se mit à conclure une alliance avec Ba'al-Pé'or, en abandonnant l'alliance avec le Très-Haut. Et lorsqu'un Israélite amena dans sa tente une jeune fille midyanite, tout le peuple pleurait. Et alors que tout le peuple pleure, Pin'has, fils d'Élazar le kohen, entra dans le lieu de leur intimité, entra avec une lance et tua, transperça de sa lance tous les deux. Par là même, la colère du Très-Haut se détourna du peuple d'Israël, et le fléau qui était survenu dans le peuple s'arrêta.

Et nous lisons à partir du verset 10 du chapitre 25 la suite de cette histoire.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
10 Et le SEIGNEUR parla à Moché, en disant :
פִּינְחָס בֶּן־אֶלְעָזָר בֶּן־אַהֲרֹן הַכֹּהֵן הֵשִׁיב אֶת־חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל בְּקַנְאוֹ אֶת־קִנְאָתִי בְּתוֹכָם וְלֹא־כִלִּיתִי אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל בְּקִנְאָתִי׃
pine'hás ben-el'azár ben-aharón hakkohén hechív et-'hamatí me'ál bene-yisraél bekan'ó et-kin'atí betokhám velo-khillíti et-bene-yisraél bekin'atí
11 « Pin'has, ben Élazar, ben Aharon le kohen, a fait reculer Ma colère loin des fils du peuple d'Israël, parce qu'il a manifesté Ma jalousie au milieu d'eux, et Je n'ai pas anéanti le peuple d'Israël par ma jalousie.
Lorsque la jalousie du Très-Haut s'est manifestée et lorsque ne serait-ce qu'un seul homme a manifesté la jalousie du Très-Haut au milieu du peuple d'Israël, ce seul homme a déjà tellement changé la situation que, par là même, il a justifié tout le peuple d'Israël. Nous voyons ici combien grand était le danger qui planait à ce moment-là sur Israël, de quel grand danger Pin'has a délivré Israël par son acte.
לָכֵן אֱמֹר הִנְנִי נֹתֵן לוֹ אֶת־בְּרִיתִי שָׁלוֹם׃
lakhén emór hinení notén lo et-berití chalóm
12 C'est pourquoi, toi, dis : voici, Je lui donne l'alliance de paix.
וְהָיְתָה לּוֹ וּלְזַרְעוֹ אַחֲרָיו בְּרִית כְּהֻנַּת עוֹלָם תַּחַת אֲשֶׁר קִנֵּא לֵאלֹהָיו וַיְכַפֵּר עַל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
veháyeta lo oulzar'o a'haráv berít kehounnát olám tá'hat achér kinné leloháv vaykhappér al-bené yisraél
13 Et il y aura pour lui et pour sa semence après lui une alliance de sacerdoce éternel, parce qu'il a été jaloux pour le SEIGNEUR et a expié pour le peuple d'Israël ».
Ainsi, pour son acte, Pin'has ben Élazar ben Aharon le kohen reçoit l'approbation du Très-Haut et une récompense : le Très-Haut conclut avec lui une alliance de paix et dit que Pin'has et sa semence reçoivent le sacerdoce éternel. Mais nous l'avons pourtant lu, nous savons que Pin'has est le fils d'Élazar, fils d'Aharon le kohen, et il semble qu'il soit kohen de toute façon, et, par conséquent, ses enfants sont aussi kohanim. Et pourquoi faut-il un accord à part ? Eh bien, premièrement, nous savons que ce sont Aharon et les enfants d'Aharon qui ont été oints pour le sacerdoce, alors que les petits-enfants n'ont pas été oints. C'est pourquoi il est tout à fait admissible qu'à ce moment-là Pin'has n'ait pas été oint pour le sacerdoce. Une autre pensée naît du souvenir de l'origine de Pin'has. Il est question de Pin'has pour la première fois au chapitre 6 du livre Chémot, au verset 25 : « Et Élazar, fils d'Aharon, prit pour lui une femme parmi les filles de Poutiël, et elle lui enfanta Pin'has », c'est-à-dire qu'Élazar épousa l'une des filles d'un certain Poutiël. Les commentateurs disent que Poutiël n'est autre que le Pharaon égyptien. Et il semble que, d'un côté, cela fasse remonter Pin'has au Pharaon lui-même, à un noble sang égyptien. D'un autre côté, sa judéité, son appartenance au peuple juif, la pureté de son sang est mise en doute. Et les midrachim voient là aussi l'une des raisons probables pour lesquelles il n'a pas été oint pour le service. D'autres commentateurs disent : à ce moment, lorsque l'Israélite amena la Midyanite, il la conduisit à Moché et demanda : « Dis, Moché, cette femme m'est-elle permise ? Si tu dis qu'elle n'est pas permise, alors de quel droit as-tu, toi, pris pour toi une Midyanite ? » Et à cause de cela Moché pleurait, Moché fut désemparé, et seul Pin'has, ayant reçu l'Esprit de Dieu et ayant compris ce que veut le Très-Haut, manifesta la jalousie divine. Et voilà, cette faculté de percevoir l'Esprit divin, de percevoir la volonté divine, la capacité de Pin'has à manifester la jalousie divine et à expier pour le peuple, c'est cela qui a fait de lui un kohen. Il a simplement attesté en lui-même les qualités d'un kohen.
Pin'has lui-même a un destin étonnant, que l'on peut suivre aussi bien dans le Tanakh que dans les midrachim. Dans le livre de Yéhochoua bin Noun, au chapitre 22, est racontée l'histoire de la façon dont les fils des tribus de Gad, de Réouven et de la moitié de la tribu de Ménaché décidèrent de construire dans leur part d'héritage un autel semblable à l'autel de Moché. Ils se construisirent un autel que l'on voyait de loin. Cela, bien sûr, indigna les fils d'Israël, parce qu'apparaît une sorte de lieu saint alternatif, un lieu de culte alternatif, ce qui peut de nouveau conduire à la jalousie du Très-Haut et à la colère contre tout Israël. Et le peuple d'Israël s'était déjà rassemblé pour une guerre civile contre ces renégats, mais décida d'abord d'envoyer une délégation conduite par Pin'has, fils d'Élazar. Pin'has leur adressa un discours pénétrant, et ils lui répondirent : « Le SEIGNEUR – Il est aussi notre SEIGNEUR, nous n'avons rien pensé d'autre. Mais nous avions peur qu'à cause de notre situation géographique vous nous reniiez un jour et nous disiez : “Vous ne faites pas du tout partie de notre peuple.” Et alors nous avons construit une copie du sanctuaire pour le cas où vous auriez une quelconque réclamation, et alors nous vous dirions : “Voici, regardez, nous avons exactement le même sanctuaire, non pour le sacrifice, mais il est témoin entre nous et vous, nous sommes du même sang.” » Cette réponse satisfit Pin'has, et la guerre civile fut évitée.
La fois suivante, nous rencontrons Pin'has déjà après l'histoire très triste de la concubine de la ville de Guiva, dans le territoire de la tribu de Binyamin (livre Choftim, 19–20). Un certain homme alla reprendre sa concubine, qui s'était querellée avec lui et était partie chez son père à Beit-Lé'hem. Il la ramena de la maison de son père, et ils rentrèrent chez eux, vers les confins des montagnes d'Éfraïm. En chemin, ils entrèrent passer la nuit dans la ville de Guiva. Et la population se rassembla, et elle força à livrer la concubine, et ils la violèrent toute la nuit. Et beaucoup d'événements tristes liés à cela (je ne veux pas entrer dans les détails) soulevèrent tout le peuple d'Israël contre la tribu de Binyamin. Et nous lisons (20,28) que Pin'has ben Élazar intercédait en ces jours-là pour le peuple, et ils dirent : « Dois-je encore sortir pour combattre les fils de Binyamin, mon frère, ou bien dois-je laisser cela ? » Et le SEIGNEUR dit : « Sortez, car demain Je le livrerai en ta main. » C'est-à-dire que Pin'has essaie de nouveau d'établir la paix d'une façon ou d'une autre, d'éviter la guerre civile, mais cette fois il n'y parvient pas.
Encore une fois, nous rencontrons Pin'has dans le premier livre de Divreï haYamim, au chapitre 9, où il est dit qu'il était chef des lévites déjà à l'époque de David. Notons la longévité de Pin'has : cet homme a vécu au moins cinq siècles. C'est ce que dit directement l'Écriture.
Mais les midrachim en disent beaucoup plus. Les midrachim disent qu'après les événements décrits, Pin'has devint pour ainsi dire un ange, et il n'est pas le seul dont les midrachim ont fait un ange.
'Hanokh fut enlevé vivant auprès du Très-Haut et devint Métatron, l'ange de la face inférieure (selon la hiérarchie des anges). Lémekh devint l'ange de la mort, c'est aussi ce que dit un midrach, bien qu'il ne soit pas aussi connu ni aussi populaire.
Et voici Pin'has, encore un ange qui était un homme, devenu l'éternel messager de la paix. Il est cet ange même qui apparut à Guidon et à Yifta'h. On identifie Pin'has au prophète Éliyahou, le midrach établit de très nombreux parallèles entre eux et dit que Pin'has-Éliyahou, dont parle le prophète : « Voici, j'envoie un ange », annoncera la bonne nouvelle de la venue du Machia'h. Et si nous recevions cette idée en tant que Juifs messianiques, nous dirions que Pin'has, c'est Éliyahou, qui est aussi Yo'hanan l'Immergeur, qui témoigne lui aussi de lui-même qu'il est venu réconcilier les pères et les enfants, c'est-à-dire que son but à lui aussi est la réconciliation. Cette même alliance de paix (brít chalóm) peut être vue ici comme un parallèle. Bien qu'il faille se rappeler qu'un midrach est un midrach, et que ce n'est qu'une tentative de compréhension humaine du texte biblique. Telle est cette personnalité hors du commun – Pin'has ben Élazar, manifestement d'une grande longévité et un homme au destin très étonnant.
וְשֵׁם אִישׁ יִשְׂרָאֵל הַמֻּכֶּה אֲשֶׁר הֻכָּה אֶת־הַמִּדְיָנִית זִמְרִי בֶּן־סָלוּא נְשִׂיא בֵית־אָב לַשִּׁמְעֹנִי׃
vechém ich yisraél hammoukké achér houkká et-hammidyanít zimrí ben-saloú nesí vet-áv lachim'oní
14 Et le nom de l'Israélite tué, qui fut tué avec la Midyanite, – Zimri ben Salou, et il était chef dans la maison de Chimon.
Le nom Zimri peut être lié au chant ; le mot zamár – c'est le chanteur, zémer – chant, mélodie, air. Il peut aussi signifier la taille des branches (zmirá), lorsque, par exemple, on taille les vignes pour qu'elles ne prennent pas trop de sève à la plante. Le nom Salou signifie intégrité, abondance, plénitude. Et Zimri ben Salou était chef dans l'une des maisons, dans l'une des cinq familles de Chimon. Cela montre que Pin'has n'a pas eu peur d'agir contre une personne occupant une position élevée dans le peuple. C'est-à-dire qu'il n'a pas dit : « La girafe est grande, elle voit mieux. Il est chef, et moi, mon affaire est petite », mais il est allé et, jaloux de la jalousie du SEIGNEUR, il a transpercé de sa lance, fût-ce un grand chef.
וְשֵׁם הָאִשָּׁה הַמֻּכָּה הַמִּדְיָנִית כָּזְבִּי בַת־צוּר רֹאשׁ אֻמּוֹת בֵּית־אָב בְּמִדְיָן הוּא׃
vechém ha'ichá hammoukká hammidyanít kozbí vat-tsoúr roch oummót bet-áv bemidyán hou
15 Et le nom de la femme midyanite tuée – Kozbi, fille de Tsour, il est chef de l'une des maisons en Midyan.
Le nom Kozbi, si l'on traduit en se fondant sur l'hébreu moderne, est lié au mot kozév – trompeur, qui induit en erreur, le verbe leakhzév signifie décevoir. On pouvait appeler ainsi une fillette née à la place d'un garçon longtemps attendu. Il m'est arrivé de parler avec une jeune fille qui s'appelait Akhzavá (déception). De nos jours et à notre époque, ses parents l'ont appelée ainsi parce qu'ils voulaient qu'un garçon naisse, et vivre avec ce nom n'est pas simple pour elle. Et une autre compréhension du nom Kozbi – abondance, profusion, aisance. Et, en somme, on peut le traduire exactement de la même façon que le nom Salou. Le nom Tsour signifie rocher ou grande pierre. Et ce Tsour – il est chef de l'une des maisons en Midyan.
Ainsi, l'homme qui fut tué par Pin'has s'appelait Zimri. Cela a donné naissance à un proverbe. Lorsqu'un homme embellit ses actes, on dit de lui qu'il est celui qui fait l'œuvre de Zimri et demande la récompense comme Pin'has.
À partir du verset 16 commence un autre thème.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
16 Et le SEIGNEUR parla à Moché, en disant :
צָרוֹר אֶת־הַמִּדְיָנִים וְהִכִּיתֶם אוֹתָם׃
tsarór et-hammidyaním vehikkitém otám
17 « Sois hostile envers les Midyanites, et vous les frapperez,
כִּי צֹרְרִים הֵם לָכֶם בְּנִכְלֵיהֶם אֲשֶׁר־נִכְּלוּ לָכֶם עַל־דְּבַר־פְּעוֹר וְעַל־דְּבַר כָּזְבִּי בַת־נְשִׂיא מִדְיָן אֲחֹתָם הַמֻּכָּה בְיוֹם־הַמַּגֵּפָה עַל־דְּבַר־פְּעוֹר׃
ki-tsorerím hem lakhém benikhlehém acher-nikkeloú lakhém al-devár pe'ór ve'al-devár kozbí vat-nesí midyán a'hotám hammoukká veyom-hammaggefá al-devar-pe'ór
18 Parce qu'ils sont hostiles envers vous par leurs ruses, par lesquelles ils se sont ingéniés contre vous, à cause de Pé'or et à cause de cette même Kozbi, fille du chef de Midyan, leur sœur, qui fut tuée au jour du fléau à cause du lien avec Pé'or ».
C'est-à-dire que le Très-Haut dit : « Maintenant les Midyanites ont vu que leur Pé'or est outragé, que vous vous êtes séparés de lui, que vous avez rompu l'alliance avec lui, et pour cela ils vont se venger de vous, ils préparent contre vous toutes sortes de ruses. Ils vont tramer contre vous du mal, ils vont ourdir des complots contre vous et essayer de vous faire la guerre, c'est pourquoi prenez les devants et attaquez-les ». De cela est tirée la règle : celui qui projette de te tuer, devance-le et tue-le, n'attends pas qu'on t'attaque.
Ici se termine le chapitre 25 et nous continuerons à lire à partir du verset 1 du chapitre 26.
וַיְהִי אַחֲרֵי הַמַּגֵּפָה וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל אֶלְעָזָר בֶּן־אַהֲרֹן הַכֹּהֵן לֵאמֹר׃
vayhí a'haré hammaggefá vayomer adonáy el-moché ve'él el'azár ben-aharón hakkohén lemór
1 Et ce fut après le fléau (l'épidémie) : et le SEIGNEUR parla à Moché et à Élazar ben Aharon le kohen, en disant :
Comme Aharon est mort, le SEIGNEUR ne s'adresse plus à Moché et à Aharon, mais à Moché et au fils d'Aharon, Élazar.
שְׂאוּ אֶת־רֹאשׁ כָּל־עֲדַת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה לְבֵית אֲבֹתָם כָּל־יֹצֵא צָבָא בְּיִשְׂרָאֵל׃
se'oú et-róch kol-adát bene-yisraél mibbén esrím chaná vamá'la levét avotám kol-yotsé tsavá beyisraél
2 « Recensez (comptez) les têtes de toute la communauté d'Israël, de vingt ans et au-dessus, selon la maison de leurs pères, quiconque est apte à l'armée en Israël ».
C'est-à-dire qu'en préparant le peuple à la guerre contre Midyan, le Très-Haut ordonne de procéder à une mobilisation générale. Le Très-Haut n'a pas dit : « Rassemblez-vous à dix hommes, Je ferai un miracle, et vous les vaincrez ». Non, il faut un engagement total de la part du peuple d'Israël pour participer à cette guerre.
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֹתָם בְּעַרְבֹת מוֹאָב עַל־יַרְדֵּן יְרֵחוֹ לֵאמֹר׃
vaydabbér moché ve'el'azár hakkohén otám be'arvót mo'áv al-yardén yere'hó lemór
3 Et parlèrent avec eux (avec le peuple d'Israël) Moché et Élazar le kohen dans les steppes de Moav, sur le Jourdain, près de Jéricho, en disant :
מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמָעְלָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל הַיֹּצְאִים מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
mibbén esrím chaná vamá'la ka'achér tsivvá adonáy et-moché ouvné yisraél hayotse'ím me'érets mitsráyim
4 « De vingt ans et au-dessus, comme le SEIGNEUR l'a ordonné à Moché et aux fils d'Israël, qui sont sortis d'Égypte ».
Et commence, à proprement parler, l'énumération, le recensement des fils d'Israël.
רְאוּבֵן בְּכוֹר יִשְׂרָאֵל בְּנֵי רְאוּבֵן חֲנוֹךְ מִשְׁפַּחַת הַחֲנֹכִי לְפַלּוּא מִשְׁפַּחַת הַפַּלֻּאִי׃
re'ouvén bekhór yisraél bené re'ouvén 'hanókh michpá'hat ha'hanokhí lefalloú michpá'hat happallou'í
5 Réouven – premier-né d'Israël. Les fils de Réouven : 'Hanokh et la famille 'Hanokhi (ha'Hanokhi), Palou et la famille Palouï (haPalouï).
לְחֶצְרֹן מִשְׁפַּחַת הַחֶצְרוֹנִי לְכַרְמִי מִשְׁפַּחַת הַכַּרְמִי׃
le'hetsrón michpá'hat ha'hetsroní lekharmí michpá'hat hakkarmí
6 Chez 'Hetsron – la famille 'Hetsroni (ha'Hetsroni), et chez Karmi – la famille Karmi (haKarmi).
Peut-être est-ce l'occasion de dire un peu pourquoi la Torah dit : « Chez Karmi – la famille de Karmi, chez 'Hetsron – la famille de 'Hetsron ». C'est pour que les gens ne disent pas : « Eux, là-bas, en Égypte, vivaient en esclavage, et les Égyptiens les dirigeaient. Et leurs femmes aussi étaient esclaves chez les Égyptiens, c'est pourquoi – va savoir, quelle femme a des enfants de qui ? D'où savent-ils seulement que ce sont leurs enfants ? » Et c'est pourquoi ici la Torah indique les noms : chez 'Hetsron – les enfants de 'Hetsron, chez Karmi – les enfants de Karmi, chacun a ses propres enfants, pour qu'il n'y ait aucun soupçon. Nous en reparlerons encore dans la suite de l'étude du chapitre 26.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת הָרֻאוּבֵנִי וַיִּהְיוּ פְקֻדֵיהֶם שְׁלֹשָׁה וְאַרְבָּעִים אֶלֶף וּשְׁבַע מֵאוֹת וּשְׁלֹשִׁים׃
élle michpe'hót harouvení vayihyoú fekoudehém chelochá ve'arba'ím élef ouchvá me'ót ouchlochím
7 Voici les familles de Réouveni ; et leur dénombrement fut de quarante-trois mille sept cent trente.
וּבְנֵי פַלּוּא אֱלִיאָב׃
ouvné falloú eli'áv
8 Et des fils de Palou : Éliav.
Et l'un des fils de Palou était un homme nommé Éliav, nous avons lu à son sujet et nous allons maintenant nous le rappeler.
וּבְנֵי אֱלִיאָב נְמוּאֵל וְדָתָן וַאֲבִירָם הוּא־דָתָן וַאֲבִירָם קְרוּאֵי (קְרִיאֵי) הָעֵדָה אֲשֶׁר הִצּוּ עַל־מֹשֶׁה וְעַל־אַהֲרֹן בַּעֲדַת־קֹרַח בְּהַצֹּתָם עַל־יְהוָה׃
ouvné eli'áv nemou'él vedatán va'avirám hou-datán va'avirám keri'é ha'edá acher hittsoú al-moché ve'al-aharón ba'adat-kóra'h behattsotám al-adonáy
9 Et des fils d'Éliav : Némouël, et Datan, et Aviram. Ce sont ces notables Datan et Aviram, qui se révoltèrent contre Moché et Aharon dans la communauté de Kora'h, en se révoltant contre le Très-Haut.
Puisque la conversation en est venue à Réouven et à ses descendants, la Torah nous rappelle ce qu'est cette famille de Palou et qui sont ces Datan et Aviram.
Au verset 10, la Torah nous rappelle de nouveau l'histoire :
וַתִּפְתַּח הָאָרֶץ אֶת־פִּיהָ וַתִּבְלַע אֹתָם וְאֶת־קֹרַח בְּמוֹת הָעֵדָה בַּאֲכֹל הָאֵשׁ אֵת חֲמִשִּׁים וּמָאתַיִם אִישׁ וַיִּהְיוּ לְנֵס׃
vattiftá'h ha'árets et-piha vattivlá otám ve'et-kóra'h bemót ha'edá ba'akhól ha'éch et 'hamichím oumatáyim ich vayihyoú lenés
10 Et la terre ouvrit sa bouche, et elle les engloutit, eux et Kora'h, par la mort de la communauté, et alors, quand le feu dévora deux cent cinquante hommes, et ils devinrent un signe.
Nous avons dit qu'en plus de cette communauté, il y avait encore des gens qui sortirent avec des pelles vers le sanctuaire, prétendant au service de kohen, et le feu les dévora, et ils devinrent un signe, ils devinrent la fable des nations, ils devinrent un miracle.
וּבְנֵי־קֹרַח לֹא־מֵתוּ׃
ouvné-kóra'h lo-métou
11 Mais les fils de Kora'h ne moururent pas.
Chose étonnante. Les fils de Kora'h, comme le dit le midrach, décidèrent au dernier moment qu'ils n'étaient pas avec leur père, qu'ils n'étaient pas d'accord avec cette révolte, qu'ils ne voulaient pas y participer, et leur téchouva (repentir) au dernier moment les sauva d'être engloutis par les enfers. Certains commentateurs disent que c'était comme si une colonne s'était dressée dans cette faille de la terre, et les fils de Kora'h restèrent debout, et ne furent pas engloutis par les enfers. Nous lisons au sujet des fils de Kora'h qu'ils étaient psalmistes à la cour de David, et il y a des psaumes des fils de Kora'h dans Téhillim.
Préparatifs de la pendaison de crémaillère
Bémidbar 26,12–65
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, d'étudier la section hebdomadaire Pin'has et nous lirons à partir du verset 12 du chapitre 26 du livre Bémidbar. La dernière fois, nous avons commencé à lire la liste, le compte rendu du recensement, du dernier recensement avant l'entrée en Israël, que Moché et Élazar, fils d'Aharon, effectuèrent sur l'ordre du Très-Haut, entre autres aussi pour la répartition de la terre en parts d'héritage. Nous avons commencé à la lire et nous nous sommes arrêtés au début. C'est le moment de parler des premiers, disons, noms de famille juifs que nous rencontrons ici. Ils se forment en ajoutant au nom du père de famille, devant, la petite lettre heï et à la fin – la petite lettre youd. C'est-à-dire que si nous rencontrons le nom Namouël, le nom de famille des descendants de Namouël sera haNamouëli. Et, comme nous l'avons déjà dit, c'est le témoignage que les pères de famille sont aussi les pères biologiques des enfants, pour qu'il n'y ait pas de soupçon que ces enfants soient nés hors mariage, de quelques maîtres égyptiens, sous la contrainte, à la suite d'une violence ou d'une liaison de femmes juives avec des Égyptiens.
בְּנֵי שִׁמְעוֹן לְמִשְׁפְּחֹתָם לִנְמוּאֵל מִשְׁפַּחַת הַנְּמוּאֵלִי לְיָמִין מִשְׁפַּחַת הַיָּמִינִי לְיָכִין מִשְׁפַּחַת הַיָּכִינִי׃
bené chim'ón lemichpe'hotám linmou'él michpá'hat hannemou'elí leyamín michpá'hat hayaminí leyakhín michpá'hat hayakhiní
12 Voici les fils de Chimon selon leurs familles : chez Némouël – la famille haNémouëli, chez Yamin – la famille haYamini, chez Yakhin – la famille haYakhini.
לְזֶרַח מִשְׁפַּחַת הַזַּרְחִי לְשָׁאוּל מִשְׁפַּחַת הַשָּׁאוּלִי׃
lezéra'h michpá'hat hazzar'hí lecha'oúl michpá'hat hacha'oulí
13 Chez Zéra'h – la famille haZar'hi, chez Cha'oul – la famille haCha'ouli.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת הַשִּׁמְעֹנִי שְׁנַיִם וְעֶשְׂרִים אֶלֶף וּמָאתָיִם׃
élle michpe'hót hachim'oní chenáyim ve'esrím élef oumatáyim
14 Voici les familles de Chimon – vingt-deux mille deux cents.
Comme c'est habituellement le cas lorsque la Torah donne des listes, elle n'invente pas une nouvelle langue, ne cherche pas à être littérairement riche, mais poursuit dans la même langue la description de toutes les autres tribus aussi. Si bien que ce chapitre peut sembler ennuyeux à cause de ce récitatif de noms, et néanmoins il y aura aussi en lui des détails très intéressants.
בְּנֵי גָד לְמִשְׁפְּחֹתָם לִצְפוֹן מִשְׁפַּחַת הַצְּפוֹנִי לְחַגִּי מִשְׁפַּחַת הַחַגִּי לְשׁוּנִי מִשְׁפַּחַת הַשּׁוּנִי׃
bené gad lemichpe'hotám litsfón michpá'hat hattsefoní le'haggí michpá'hat ha'haggí lechouní michpá'hat hachouní
15 Les fils de Gad selon leurs familles : chez Tsfon – la famille haTséfoni, chez 'Hagui – la famille ha'Hagui, chez Chouni – la famille haChouni.
לְאָזְנִי מִשְׁפַּחַת הָאָזְנִי לְעֵרִי מִשְׁפַּחַת הָעֵרִי׃
le'ozní michpá'hat ha'ozní le'erí michpá'hat ha'erí
16 Chez Ozni – la famille haOzni, chez Éri – la famille haÉri.
Ici, dans le nom Ozni, nous rencontrons peut-être pour la première fois dans toute la Torah un nom affectueux. Le nom Ozni est formé à partir du nom Ozniyahou, comme, par exemple, le nom Kolia – à partir du nom Nikolaï ou le nom Kostia – à partir du nom Konstantin. Ozniyahou – celui que pèse, qu'équilibre le Très-Haut. On peut aussi comprendre cela comme celui qui entend le Très-Haut, ou celui que le Très-Haut entend. Le fait est que les oreilles de l'homme peuvent être comparées aux plateaux d'une balance : elles se trouvent des deux côtés de la tête et, au sens figuré, équilibrent par l'ouïe le mauvais et le bon, le bien et le mal. C'est pourquoi il est intéressant qu'il y ait un lien entre le mot ózen (oreille) et le verbe le'azén (équilibrer), ce sont des mots de même racine.
לַאֲרוֹד מִשְׁפַּחַת הָאֲרוֹדִי לְאַרְאֵלִי מִשְׁפַּחַת הָאַרְאֵלִי׃
la'aród michpá'hat ha'arodí le'ar'elí michpá'hat ha'ar'elí
17 Chez Arod – la famille haArodi, chez Ar'él – la famille haAr'éli.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת בְּנֵי־גָד לִפְקֻדֵיהֶם אַרְבָּעִים אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃
élle michpe'hót bene-gád lifkoudehém arba'ím élef va'haméch me'ót
18 Voici les familles des fils de Gad selon leur recensement – quarante mille cinq cents.
À partir du verset 19 sont énumérés les fils de Yéhouda, la plus nombreuse de toutes les tribus d'Israël.
בְּנֵי יְהוּדָה עֵר וְאוֹנָן וַיָּמָת עֵר וְאוֹנָן בְּאֶרֶץ כְּנָעַן׃
bené yehoudá er veonán vayámatLa translittération russe écrit ici « vayámot » ; nous suivons le texte hébreu vocalisé, qui porte « vayámat ». er veonán be'érets kená'an
19 Les fils de Yéhouda : Er et Onan, et Er et Onan moururent dans le pays cananéen.
Nous savons que ses deux fils, Er et Onan, sont morts il y a longtemps, encore avant que le peuple ne descende en Égypte. Et pourtant ils sont énumérés ici. Un homme n'oublie jamais ses fils, même morts. Et la Torah rend hommage à Yéhouda en mentionnant ces fils qui sont les siens.
וַיִּהְיוּ בְנֵי־יְהוּדָה לְמִשְׁפְּחֹתָם לְשֵׁלָה מִשְׁפַּחַת הַשֵּׁלָנִי לְפֶרֶץ מִשְׁפַּחַת הַפַּרְצִי לְזֶרַח מִשְׁפַּחַת הַזַּרְחִי׃
vayihyoú vene-yehoudá lemichpe'hotám lechelá michpá'hat hachelaní leférets michpá'hat happartsí lezéra'h michpá'hat hazzar'hí.
20 Et voici, les fils de Yéhouda selon leurs familles, parmi ceux qui étaient en vie à ce moment-là : de Chéla – la famille haChélani, de Pérets – la famille haPartsi, de Zéra'h – la famille haZar'hi.
Bien sûr, avec le temps, les noms de famille ont la propriété de changer. Aujourd'hui, il est difficile de rencontrer une personne portant le nom de famille haPartsi. Mais une personne portant le nom de famille Pérets, on la rencontre assez facilement, de très nombreux Juifs orientaux portent ce nom de famille. Et la tradition dit qu'ils font partie des descendants du roi David. Parmi les autres familles orientales qui portent des noms de famille de la maison de David (puisque nous en sommes venus à en parler), on peut mentionner le nom de famille Dayan (juge) et le nom de famille Mani. Mani – c'est littéralement une abréviation de Min Netsar Ichaï (des descendants d'Ichaï), c'est-à-dire des descendants de David. Et le nom de famille Karga se rattache aussi aux descendants de la cour de David. Très probablement, se rattachent aux descendants de David les Lourié, Rubinstein, Harlap et Grossman, parmi les Juifs ashkénazes. Et si quelqu'un a un tel nom de famille dans sa lignée, on peut supposer (bien sûr, avec une grande prudence) que le roi David est l'un de vos ancêtres. Voilà de tels noms de famille parlants. Le fait qu'ils soient mentionnés dans la Torah sous une autre forme montre qu'ils étaient ainsi, qu'ils sonnaient ainsi au moment où le peuple d'Israël entrait dans la Terre sainte. Bien entendu, des Rubinstein, il ne pouvait alors y en avoir, même de loin. Mais telles sont les péripéties de l'histoire que David ben Ichaï a engendré, quelque part là-bas, par la suite, aussi la lignée des Rubinstein. Et voilà pour vous les premiers homonymes de l'histoire.
Notons que Zéra'h et la famille haZar'hi se trouvent aussi bien chez les fils de Chimon que chez les fils de Yéhouda.
וַיִּהְיוּ בְנֵי־פֶרֶץ לְחֶצְרֹן מִשְׁפַּחַת הַחֶצְרֹנִי לְחָמוּל מִשְׁפַּחַת הֶחָמוּלִי׃
vayihyoú vene-férets le'hetsrón michpá'hat ha'hetsroní le'hamoúl michpá'hat he'hamoulí
21 Et voici les fils de Pérets : de 'Hetsron – la famille ha'Hetsroni, de 'Hamoul – la famille he'Hamouli.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת יְהוּדָה לִפְקֻדֵיהֶם שִׁשָּׁה וְשִׁבְעִים אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃
élle michpe'hót yehoudá lifkoudehém chichá vechiv'ím élef va'haméch meót
22 Voici la liste des familles de Yéhouda selon leur dénombrement – soixante-seize mille cinq cents.
בְּנֵי יִשָּׂשכָר לְמִשְׁפְּחֹתָם תּוֹלָע מִשְׁפַּחַת הַתּוֹלָעִי לְפֻוָה מִשְׁפַּחַת הַפּוּנִי׃
bené yissakhár lemichpe'hotám tolá michpá'hat hattola'í lefouvá michpá'hat happouní
23 Les fils de Yissakhar selon leurs familles : de Tola – la famille haTolaï, de Pouva – la famille haPouni.
Le nom Tola, bien sûr, n'a aucun rapport avec le prénom moderne Anatoli. Il provient de tolá'at chaní (fil ou laine teints en écarlate). Il sera sans doute intéressant de noter que le nom Pouva lui aussi est lié à la teinture : c'est le nom d'une plante (garance des teinturiers), que l'on utilise aussi pour la teinture des tissus. Ces deux noms sont très probablement devenus des noms de lignée, c'est-à-dire des noms d'usage courant, traditionnels, dans la tribu de Yissakhar. Dans le livre Choftim (10,1–2), nous lisons le récit d'un homme du nom de Tola ben Poua, qui se leva pour sauver Israël et fut juge vingt-trois ans. Il est de la tribu de Yissakhar, bien qu'il ait vécu et ait été enseveli à Chamir, dans les montagnes d'Éfraïm. C'est-à-dire qu'ici sont mentionnés ces deux mêmes noms, bien que non plus comme noms de frères, mais comme noms d'un fils et d'un père. De Chamir aussi, nous allons parler d'un instant à l'autre.
לְיָשׁוּב מִשְׁפַּחַת הַיָּשׁוּבִי לְשִׁמְרֹן מִשְׁפַּחַת הַשִּׁמְרֹנִי׃
leyachoúv michpá'hat hayachouví lechimrón michpá'hat hachimroní
24 De Yachouv – la famille haYachouvi, de Chimron – la famille haChimroni.
Le fils de Yissakhar Yachouv, qui est mentionné dans ce verset, – c'est le même homme qui est appelé Yov dans le livre Béréchit (46,13) parmi ceux qui descendent en Égypte avec Yaakov. Le nom Chimron peut être rattaché au mot chamír (celui qui est capable de couper les pierres, qui transperce les pierres) ou au verbe lechamér – garder, c'est-à-dire il sera gardé. Certains commentateurs disent que le village même de Chamir, dans lequel vivait le sauveur d'Israël mentionné plus haut, Tola ben Poui, est nommé en l'honneur de ce même Chimron, l'un des fils de Yissakhar.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת יִשָּׂשכָר לִפְקֻדֵיהֶם אַרְבָּעָה וְשִׁשִּׁים אֶלֶף וּשְׁלֹשׁ מֵאוֹת׃
élle michpe'hót yissakhár lifkoudehém arba'á vechichím élef ouchlóch meót
25 Voici les familles de Yissakhar selon leur dénombrement – soixante-quatre mille trois cents.
בְּנֵי זְבוּלֻן לְמִשְׁפְּחֹתָם לְסֶרֶד מִשְׁפַּחַת הַסַּרְדִּי לְאֵלוֹן מִשְׁפַּחַת הָאֵלֹנִי לְיַחְלְאֵל מִשְׁפַּחַת הַיַּחְלְאֵלִי׃
bené zevouloún lemichpe'hotám leséred michpá'hat hassardí le'elón michpá'hat ha'eloní leya'hle'él michpá'hat haya'hle'elí
26 Les fils de Zévouloun selon leurs familles : de Séred – la famille haSardi, d'Élon – la famille haÉloni, de Ya'hléël – la famille haYa'hléëli.
Et de ce nom, Élon, nous pouvons aussi dire qu'il est devenu un nom de lignée, qu'il est devenu un nom répandu dans la tribu de Zévouloun. Dans ce même livre Choftim (12,11–12), nous lisons : « Et après lui, Élon le Zévoulounite jugea Yisraël, et il jugea Yisraël 10 ans. Et Élon le Zévoulounite mourut, et il fut enseveli à Élon (et le lieu, la ville, est nommé d'après le nom de ces fils), dans la terre de Zévouloun ». Ainsi nous voyons que c'est ainsi que les noms s'enracinent et deviennent des noms de lignée. Voilà déjà notre troisième exemple.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת הַזְּבוּלֹנִי לִפְקֻדֵיהֶם שִׁשִּׁים אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃
élle michpe'hót hazzevouloní lifkoudehém chichím élef va'haméch meót
27 Voici les familles de Zévouloun selon leur recensement – soixante mille cinq cents.
בְּנֵי יוֹסֵף לְמִשְׁפְּחֹתָם מְנַשֶּׁה וְאֶפְרָיִם׃
bené yosséf lemichpe'hotám menaché ve'efráyim
28 Les fils de Yossef selon les familles : Ménaché et Éfraïm.
בְּנֵי מְנַשֶּׁה לְמָכִיר מִשְׁפַּחַת הַמָּכִירִי וּמָכִיר הוֹלִיד אֶת־גִּלְעָד לְגִלְעָד מִשְׁפַּחַת הַגִּלְעָדִי׃
bené menaché lemakhír michpá'hat hammakhirí oumakhír holíd et-gil'ád legil'ád michpá'hat haggil'adí
29 Les fils de Ménaché : de Makhir – la famille haMakhiri, et Makhir engendra Guil'ad, et de Guil'ad – la famille haGuil'adi.
אֵלֶּה בְּנֵי גִלְעָד אִיעֶזֶר מִשְׁפַּחַת הָאִיעֶזְרִי לְחֵלֶק מִשְׁפַּחַת הַחֶלְקִי׃
élle bené gil'ád i'ézer michpá'hat ha'i'ezrí le'hélek michpá'hat ha'helkí
30 Et voici les fils de Guil'ad : de Iézer – la famille haIézri, de 'Hélek – la famille ha'Helki.
וְאַשְׂרִיאֵל מִשְׁפַּחַת הָאַשְׂרִאֵלִי וְשֶׁכֶם מִשְׁפַּחַת הַשִּׁכְמִי׃
ve'asri'él michpá'hat ha'asri'elí vechékhem michpá'hat hachikhmí
31 D'Asriël – la famille haAsriëli et de Chékhem – la famille haChikhmi.
Le nom Chékhem signifie épaule – celui qui est prêt à offrir son épaule, un appui dans la vie.
וּשְׁמִידָע מִשְׁפַּחַת הַשְּׁמִידָעִי וְחֵפֶר מִשְׁפַּחַת הַחֶפְרִי׃
ouchmidá michpá'hat hachemida'í ve'héfer michpá'hat ha'hefrí
32 De Chmida – la famille haChémidaï et de 'Héfer – la famille ha'Hefri.
וּצְלָפְחָד בֶּן־חֵפֶר לֹא־הָיוּ לוֹ בָּנִים כִּי אִם־בָּנוֹת וְשֵׁם בְּנוֹת צְלָפְחָד מַחְלָה וְנֹעָה חָגְלָה מִלְכָּה וְתִרְצָה׃
outslof'hád ben-'héfer lo-háyou lo baním ki im-banót vechém benót tselof'hád ma'hlá veno'á 'hoglá milká vetirtsá
33 Et Tsélof'had ben 'Héfer n'avait pas de fils, mais seulement des filles, et le nom des filles de Tsélof'had : Ma'hla (celle qui donne la santé), Noa (la belle) et 'Hogla (perdrix bartavelle ou choukar), Milka (celle qui régnera, princesse) et Tirtsa (celle qui fera plaisir au Créateur).
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת מְנַשֶּׁה וּפְקֻדֵיהֶם שְׁנַיִם וַחֲמִשִּׁים אֶלֶף וּשְׁבַע מֵאוֹת׃
élle michpe'hót menaché oufkoudehém chenáyim va'hamichím élef ouchvá meót
34 Et voici la famille de Ménaché et leur dénombrement – cinquante-deux mille sept cents.
La Torah n'énumère pas ici tous les fils de Ménaché. Plus loin, au chapitre 32 de notre propre livre (41–42), nous lirons encore au sujet de deux fils de Ménaché, Yaïr et Nova'h, qui sont restés de l'autre côté du Jourdain. Nous savons que la tribu de Ménaché s'est divisée, et dans le cas présent ne sont énumérés que ceux qui entreront dans le pays d'Israël.
אֵלֶּה בְנֵי־אֶפְרַיִם לְמִשְׁפְּחֹתָם לְשׁוּתֶלַח מִשְׁפַּחַת הַשֻּׁתַלְחִי לְבֶכֶר מִשְׁפַּחַת הַבַּכְרִי לְתַחַן מִשְׁפַּחַת הַתַּחֲנִי׃
élle vene-efráyim lemichpe'hotám lechoutéla'h michpá'hat hachoutal'hí levékher michpá'hat habbakhrí letá'han michpá'hat hatta'haní
35 Et voici les fils d'Éfraïm selon leurs familles : de Choutéla'h – la famille haChoutal'hi, de Békher – la famille haBakhri, et de Ta'han – la famille haTa'hani.
וְאֵלֶּה בְּנֵי שׁוּתָלַח לְעֵרָן מִשְׁפַּחַת הָעֵרָנִי׃
ve'élle bené choutála'h le'erán michpá'hat ha'eraní
36 Et voici les fils de Choutéla'h : d'Éran – la famille haÉrani.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת בְּנֵי־אֶפְרַיִם לִפְקֻדֵיהֶם שְׁנַיִם וּשְׁלֹשִׁים אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת אֵלֶּה בְנֵי־יוֹסֵף לְמִשְׁפְּחֹתָם׃
élle michpe'hót bene-efráyim lifkoudehém chenáyim ouchlochím élef va'haméch meót élle vene-yosséf lemichpe'hotám
37 Et voici le dénombrement des familles d'Éfraïm – trente-deux mille et cinq cents. Voici ce dénombrement des fils de Yossef.
בְּנֵי בִנְיָמִן לְמִשְׁפְּחֹתָם לְבֶלַע מִשְׁפַּחַת הַבַּלְעִי לְאַשְׁבֵּל מִשְׁפַּחַת הָאַשְׁבֵּלִי לַאֲחִירָם מִשְׁפַּחַת הָאֲחִירָמִי׃
bené vinyamín lemichpe'hotám levéla michpá'hat habbal'í le'achbél michpá'hat ha'achbelí la'a'hirám michpá'hat ha'a'hiramí
38 Voici les fils de Binyamin selon leurs familles : de Béla – la famille haBal'i, d'Achbel – la famille haAchbéli, d'A'hiram – la famille haA'hirami.
לִשְׁפוּפָם מִשְׁפַּחַת הַשּׁוּפָמִי לְחוּפָם מִשְׁפַּחַת הַחוּפָמִי׃
lichfoufám michpá'hat hachoufamí le'houfám michpá'hat ha'houfamí
39 De Chfoufam – la famille haChoufami, de 'Houfam – la famille ha'Houfami.
וַיִּהְיוּ בְנֵי־בֶלַע אַרְדְּ וְנַעֲמָן מִשְׁפַּחַת הָאַרְדִּי לְנַעֲמָן מִשְׁפַּחַת הַנַּעֲמִי׃
vayihyoú vene-véla árd vena'amán michpá'hat ha'ardí lena'amán michpá'hat hanna'amí
40 Et parmi les fils de Béla : Ard et Na'aman, d'Ard – la famille haArdi, de Na'aman – la famille haNa'ami.
אֵלֶּה בְנֵי־בִנְיָמִן לְמִשְׁפְּחֹתָם וּפְקֻדֵיהֶם חֲמִשָּׁה וְאַרְבָּעִים אֶלֶף וְשֵׁשׁ מֵאוֹת׃
élle vene-vinyamín lemichpe'hotám oufkoudehém 'hamichá ve'arbá'im élef vechéch meót
41 Voici les fils de Binyamin selon leurs familles, leur dénombrement – quarante-cinq mille six cents.
אֵלֶּה בְנֵי־דָן לְמִשְׁפְּחֹתָם לְשׁוּחָם מִשְׁפַּחַת הַשּׁוּחָמִי אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת דָּן לְמִשְׁפְּחֹתָם׃
élle vene-dán lemichpe'hotám lechou'hám michpá'hat hachou'hamí élle michpe'hót dan lemichpe'hotám
42 Et voici les fils de Dan selon leurs familles : de Chou'ham – la famille haChou'hami, voici les familles de Dan selon leurs familles.
כָּל־מִשְׁפְּחֹת הַשּׁוּחָמִי לִפְקֻדֵיהֶם אַרְבָּעָה וְשִׁשִּׁים אֶלֶף וְאַרְבַּע מֵאוֹת׃
kol-michpe'hót hachou'hamí lifkoudehém arba'á vechichím élef ve'arbá meót
43 Et toute la famille haChou'hami selon leur dénombrement – soixante-quatre mille quatre cents.
בְּנֵי אָשֵׁר לְמִשְׁפְּחֹתָם לְיִמְנָה מִשְׁפַּחַת הַיִּמְנָה לְיִשְׁוִי מִשְׁפַּחַת הַיִּשְׁוִי לִבְרִיעָה מִשְׁפַּחַת הַבְּרִיעִי׃
bené achér lemichpe'hotám leyimná michpá'hat hayimná leyichví michpá'hat hayichví livri'á michpá'hat habberi'í
44 Voici les fils d'Acher selon leurs familles : de Yimna – la famille haYimna, de Yichvi – la famille haYichvi, de Bria – la famille haBéri'i.
לִבְנֵי בְרִיעָה לְחֶבֶר מִשְׁפַּחַת הַחֶבְרִי לְמַלְכִּיאֵל מִשְׁפַּחַת הַמַּלְכִּיאֵלִי׃
livné veri'á le'héver michpá'hat ha'hevrí lemalki'él michpá'hat hammalki'elí
45 Chez les fils de Bria : de 'Hevri – la famille ha'Hevri, et de Malkiël – la famille haMalkiëli.
Le verset suivant est étonnant, il rompt l'homogénéité de notre récit.
וְשֵׁם בַּת־אָשֵׁר שָׂרַח׃
vechém bat-achér sára'h
46 Et le nom de la fille d'Acher – Séra'h.
Séra'h, fille d'Acher, est mentionnée parmi ceux qui descendirent en Égypte avec Yaakov, c'est-à-dire qu'elle était déjà là en ces temps-là, et donc elle a traversé tout le galoút (exil) en Égypte et tout le chemin du retour, ce qui parle aussi d'elle comme d'une femme d'une grande longévité. Et c'est le sens simple de la Torah. Lorsque nous parlions de la longévité de Pin'has, nous avons cité des midrachim ; et ici aussi il y a des midrachim et des interprétations.
Lisons dans le deuxième livre de Chmouël (20,15–22) : « Et ils vinrent, et ils l'assiégèrent (Chéva ben Bikhri) à Aveil-Beit-Ma'akha ; et ils élevèrent devant la ville un rempart qui atteignit (le haut du) mur, et tout le peuple qui était avec Yoav se mit à détruire le mur pour qu'il s'écroule. Et une femme intelligente de la ville cria : écoutez, écoutez, je vous prie, dites à Yoav : viens ici, que je te parle ; et il s'approcha d'elle, et la femme dit : est-ce toi, Yoav ? Et il dit : C'est moi. Et elle lui dit : écoute les paroles de ta servante. Et il dit : j'écoute. Et elle parla ainsi : il aurait fallu d'abord parler, interroger les aveilim (les habitants d'Aveil), et alors on aurait réglé l'affaire. Je suis de ceux qui sont paisibles et fidèles en Israël, et toi, tu veux détruire l'une des villes-mères en Israël. Pourquoi veux-tu perdre la part du SEIGNEUR ? » C'est-à-dire que la femme intelligente est une femme qui, elle aussi, établit la paix, empêche la guerre. Par certains côtés, ses fonctions ici ressemblent à celles de Pin'has. Et les midrachim rapprochent cette femme intelligente de cette même Séra'h, fille d'Acher. Il n'y a aucun fondement particulier à cela, mais voilà, de façon mystique, ils voient cette figure ici. De la même manière, ils disent que Séra'h bat Acher est l'une des femmes qui sont entrées vivantes au Gan Éden, qui n'ont pas connu la mort. Le midrach Pirkeï de Rabbi Éliézer raconte qu'Acher, fils de Yaakov, transmit à sa fille un secret : quand viendra le libérateur, il devra dire : pakod yifkod (Il s'est souvenu). Lorsque le Très-Haut ordonne à Moché de parler en Égypte avec les vieillards d'Israël (Chémot 3,16), Il lui dit : « Va, et rassemble les anciens d'Israël, et dis-leur…pakód pakádti (Je me suis souvenu, d'une visite J'ai visité)… » Et, lorsque Moché et Aharon vinrent vers les vieillards, ceux-ci allèrent prendre conseil auprès de la vieille Séra'h bat Acher, qui était la gardienne du signe de la délivrance et se souvient de la façon de reconnaître les sauveurs. Et elle leur dit : « Très probablement, ce sont des imposteurs ! » Alors ils lui rapportèrent les paroles de Moché : « Voici, Moché est venu et dit : pakód yivkód », et à ce moment-là elle dit : « Ah, s'il a dit cela, alors on peut croire cet homme ! » Voilà un tel midrach, qui raconte que dans le peuple d'Israël se transmettent secrètement des signes pour déterminer les véritables libérateurs, et que Séra'h bat Acher était la gardienne du premier de ces signes. Voilà la réputation que Séra'h Acherovna s'est faite dans les midrachim, dans la tradition. Dans la Torah, nous ne voyons pas cela directement, bien que les midrachim trouvent comment s'appuyer sur la Torah. Mais les midrachim sont beaux à leur place, et à notre place nous continuerons à lire plus loin.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת בְּנֵי־אָשֵׁר לִפְקֻדֵיהֶם שְׁלֹשָׁה וַחֲמִשִּׁים אֶלֶף וְאַרְבַּע מֵאוֹת׃
élle michpe'hót bene-achér lifkoudehém chelochá va'hamichím élef ve'arbá meót
47 Voici le dénombrement des fils d'Acher – cinquante-trois mille quatre cents.
בְּנֵי נַפְתָּלִי לְמִשְׁפְּחֹתָם לְיַחְצְאֵל מִשְׁפַּחַת הַיַּחְצְאֵלִי לְגוּנִי מִשְׁפַּחַת הַגּוּנִי׃
bené naftalí lemichpe'hotám leya'htse'él michpá'hat haya'htse'elí legouní michpá'hat haggouní
48 Les fils de Naftali selon leurs familles : de Ya'htséël – la famille haYa'htséëli, de Gouni – la famille haGouni.
לְיֵצֶר מִשְׁפַּחַת הַיִּצְרִי לְשִׁלֵּם מִשְׁפַּחַת הַשִּׁלֵּמִי׃
leyétser michpá'hat hayitsrí lechillém michpá'hat hachillemí
49 De Yétser – la famille haYitsri, de Chilem – la famille haChilémi.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת נַפְתָּלִי לְמִשְׁפְּחֹתָם וּפְקֻדֵיהֶם חֲמִשָּׁה וְאַרְבָּעִים אֶלֶף וְאַרְבַּע מֵאוֹת׃
élle michpe'hót naftalí lemichpe'hotám oufkoudehém 'hamichá ve'arba'ím élef ve'arbá meót
50 Voici le dénombrement des fils de Naftali selon leurs familles – cinquante-quatre mille quatre cents.
אֵלֶּה פְּקוּדֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל שֵׁשׁ־מֵאוֹת אֶלֶף וָאָלֶף שְׁבַע מֵאוֹת וּשְׁלֹשִׁים׃
élle pekoudé bené yisraél chech-meót élef va'álef chevá meót ouchlochím
51 Et voici le compte total du nombre des fils d'Israël – six cent un mille sept cent trente.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
52 Et le SEIGNEUR dit à Moché, en disant :
לָאֵלֶּה תֵּחָלֵק הָאָרֶץ בְּנַחֲלָה בְּמִסְפַּר שֵׁמוֹת׃
la'élle te'halék ha'árets bena'halá bemispár chemót
53 « Entre ceux-ci partage le pays en héritage selon le nombre des noms.
לָרַב תַּרְבֶּה נַחֲלָתוֹ וְלַמְעַט תַּמְעִיט נַחֲלָתוֹ אִישׁ לְפִי פְקֻדָיו יֻתַּן נַחֲלָתוֹ׃
laráv tarbé na'halató velam'át tam'ít na'halató ich lefí fekoudáv youttán na'halató
54 À celui qui a une grande famille, augmente sa part d'héritage, et à celui qui a un petit nombre, diminue aussi son héritage, à chacun selon son dénombrement sera donnée sa part d'héritage.
אַךְ־בְּגוֹרָל יֵחָלֵק אֶת־הָאָרֶץ לִשְׁמוֹת מַטּוֹת־אֲבֹתָם יִנְחָלוּ׃
akh-begorál ye'halék et-ha'árets lichmót mattot-avotám yin'hálou
55 Mais par le sort partage la terre, selon les noms des camps de leurs pères ils la partageront.
עַל־פִּי הַגּוֹרָל תֵּחָלֵק נַחֲלָתוֹ בֵּין רַב לִמְעָט׃
al-pí haggorál te'halék na'halató ben rav lim'át
56 Par le sort partage entre le plus grand et le plus petit.
Des indications assez contradictoires et incompréhensibles sont contenues dans les versets 54–56. Car si nous recevons l'indication de partager sur une certaine base logique, selon un certain critère qui nous est connu (par exemple, selon le nombre de personnes), alors nous disons : chaque tribu reçoit un territoire en fonction de son effectif. Ce territoire, lui non plus, ne se mesure pas en mètres carrés, mais se mesure selon sa fertilité. Il est clair qu'un hectare de terre fertile peut équivaloir à cinq hectares d'une terre moins fertile, et tout cela, il faut en tenir compte. Et néanmoins, ce sont là des critères logiques, que l'on peut appliquer et sur la base desquels on peut partager la terre. Et le Très-Haut dit ici à Moché : « Selon le nombre des personnes partage la terre, selon le nombre de chaque tribu partage la terre ». Et pourtant, en même temps, le Très-Haut dit : « Par le sort partage la terre ». Le sort, c'est pile ou face, c'est le tirage de quelques billets (il y a beaucoup de façons différentes de tirer au sort), et le Très-Haut dit : « Ici, applique le sort ». Mais si nous appliquons le sort, alors nous n'avons pas besoin de critères logiques. Et si nous appliquons la logique, alors pourquoi donc avons-nous besoin du sort ? Et les commentateurs débattent à ce sujet.
Les uns disent : « En réalité, chaque tribu a reçu sa part d'héritage selon le nombre de personnes. Et à l'intérieur de cette tribu, chaque personne a reçu sa part d'héritage par le sort ». C'est-à-dire que si une famille a acheté, pour son nombre de membres de la famille, un appartement de cinq pièces, alors qui vivra dans quelle pièce, on le décide par le sort. Quelqu'un veut vivre dans la pièce avec balcon, quelqu'un veut vivre dans une autre pièce – plus grande, plus petite, plus claire, plus sombre. Et on tire au sort, pour que personne ne se sente lésé. Et cela est encore plus compréhensible lorsqu'il s'agit d'une tribu entière, pour qu'il n'y ait pas de rumeurs selon lesquelles les chefs des tribus ont pris pour eux les meilleures terres et ont donné à d'autres les pires terres. Quelqu'un veut une terre plus claire, quelqu'un veut un type de sol, quelqu'un en veut un autre : chacun a ses désirs. Pour qu'il n'y ait pas de scandale à l'intérieur (selon cette opinion), le sort est utilisé pour la répartition des parts d'héritage à l'intérieur de la tribu. Mais ce n'est là qu'une des approches. Le sort est souvent applicable en pratique justement lorsqu'il n'y a pas de bases logiques pour le choix. Pendant longtemps, il y a eu en Israël un tel membre de la Knesset – le rabbin Avraham Ravits. Il était député de la Knesset, homme politique, il se présentait pour le parti orthodoxe Deguel ha-Torah, dont le nom se traduit par Étendard de la Torah. De sa politique, nous ne parlerons pas. En outre, il était un homme religieux, rabbin, père de douze enfants, et de plus il était un homme malade. Pendant longtemps il a été malade, il avait mal aux reins, et un beau jour, ou un jour pas très beau, le médecin lui dit : « Rav Avraham, il te faut une greffe de rein, sinon tu ne vivras pas longtemps ». Rav Avraham rentra à la maison et raconta à ses enfants ce que le médecin avait dit. Les douze enfants se mirent tous à se disputer. Nous savons que lors d'une greffe d'organes un facteur assez sérieux est la compatibilité, et les proches, les fils et les filles, sont les meilleurs donneurs pour le père. Les fils et les filles se mirent à se disputer, le premier-né dit : « Je suis le premier-né ! Je donnerai un rein à papa ! » Un autre frère disait : « J'accompagne tout le temps papa chez tous les médecins, je le conduis partout, je prends soin de lui, et je lui donnerai un rein ». Ainsi, ils se disputèrent longtemps, ne décidèrent rien et vinrent au tribunal rabbinique. Et le tribunal rabbinique leur dit : « Les gars, tirez au sort ! Tirez au sort, parce que comme ça, c'est impossible à décider ». On tire au sort lorsqu'il est impossible d'indiquer précisément, impossible de comprendre précisément ce qu'il faut faire, comment décider, comment partager. Et qu'en est-il donc dans notre cas ? Bon, dans notre cas, il est clair comment partager, tout est dit – selon l'effectif des tribus, et la répartition à l'intérieur de la tribu – par le sort. Effectivement, le sort partageait toute la terre en 600 ou en 1000 petites parties, et chacun recevait par le sort un titre d'attribution pour sa part d'héritage.
D'autres commentateurs disent : « Non, en réalité, lorsque nous nous servons de critères – même ouverts, même évidents, même logiquement fondés –, il est important qu'il y ait aussi une confirmation. Et pour confirmer la justesse du choix, le sort a encore été donné, en plus, du Ciel ».
Je voudrais m'arrêter un peu sur le mot gorál. Habituellement, on le traduit par sort. Je dirais que gorál – c'est la détermination des Cieux. Lorsque nous ne pouvons pas faire un choix (non pas lorsque nous manquons d'intelligence ou de données), lorsque le choix est équivalent et qu'il est impossible, en s'appuyant sur la logique, de faire un choix, nous pouvons nous adresser au Créateur au moyen d'un instrument tel que le sort. Nous le voyons dans notre cas, nous voyons que c'est ce que fait le roi Cha'oul lorsqu'il veut savoir qui donc a mangé du miel, qui donc l'a laissé tomber. Nous voyons aussi un autre cas, lorsque ce sont les païens qui le font sur le navire sur lequel navigue Jonas. Nous savons par l'histoire qu'on tirait au sort au Temple pour admettre un kohen au service. Nous lisons dans l'Évangile de Luc (1,9) au sujet de Zacharie, à qui il échut par le sort de servir à l'autel, non pas par hasard. C'est-à-dire que le sort jouait un rôle important dans la prise de nombreuses décisions dans la vie des gens, là où il est impossible de déterminer, où il est impossible de choisir sans équivoque et de décider lequel des chemins prendre. Et ici peut être posée une question tout à fait attendue pour un croyant aujourd'hui : peut-on tirer au sort ? Peut-on tirer au sort dans tous les cas ? La réponse est la suivante : tirer au sort, en principe, on le peut. Nous voyons que les apôtres aussi le faisaient (Ac 1,26). La question est de savoir comment le faire correctement. Eh bien, imaginez-vous la situation : je suis venu à la Synagogue et je dis : « L'un d'entre vous doit me donner mille dollars. Je vais maintenant jeter dans un chapeau les noms de vous tous, et celui que je tirerai, celui-là, par la volonté de Dieu, doit me donner mille dollars ». Pourquoi ce tirage au sort n'est-il pas correct ? Parce qu'il n'y a pas l'accord des participants pour la tenue de ce tirage au sort. L'homme dit : « Je ne veux pas donner. Je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas demandé qu'on demande si je dois donner mille dollars à Alex ». Et il y en a de très nombreux exemples. Pour procéder à un tirage au sort, il faut que toutes les personnes concernées soient d'accord sur le fait que c'est nécessaire, et dans le cas où il n'y a pas de solution logique. Et que le sort ne nous remplace pas la logique, ne nous remplace pas notre conscience, notre propre pensée, notre propre liberté de décider : là où nous devons décider, nous devons décider, et non nous en remettre au sort. Néanmoins, dans les cas dont j'ai parlé et dans les cas que nous voyons dans l'Écriture, tirer au sort, sans doute, on le peut, mais en se rappelant que ce n'est pas un jouet. Si l'on pose une autre question : est-ce que je conseille de tirer au sort ou non, alors dans la plupart des cas je ne conseille pas de le faire. Effectivement, dans le cas où, par exemple, plusieurs personnes veulent prendre la parole et où il est difficile de donner la préférence à quelqu'un, on peut tirer au sort qui commence le premier. On peut tirer au sort qui sera le premier, à tour de rôle, à commencer à sortir les poubelles – là où il y a égalité, où il n'y aura aucun préjudice. Dans l'ensemble, je ne conseille pas d'en abuser, je le répète. Mais pour ce qui est d'accepter mon conseil ou non – jetez une pièce et trouvez vous-mêmes votre réponse.
Ainsi, le Très-Haut dit que la terre sera partagée à la fois selon l'effectif de chaque tribu et par le sort. Quant aux lévites, ils n'entrent pas dans la liste générale, mais sont recensés à part, ce que nous lisons ensuite.
וְאֵלֶּה פְקוּדֵי הַלֵּוִי לְמִשְׁפְּחֹתָם לְגֵרְשׁוֹן מִשְׁפַּחַת הַגֵּרְשֻׁנִּי לִקְהָת מִשְׁפַּחַת הַקְּהָתִי לִמְרָרִי מִשְׁפַּחַת הַמְּרָרִי׃
ve'élle fekoudé halleví lemichpe'hotám legerechón michpá'hat haggerechouní likhát michpá'hat hakkehatí limrarí michpá'hat hammerarí
57 Et voici le recensement des familles de Lévi selon leurs familles : pour Guerchon – la famille haGuerchouni, pour Kéhat – la famille haKéhati, pour Mérari – la famille haMérari.
אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת לֵוִי מִשְׁפַּחַת הַלִּבְנִי מִשְׁפַּחַת הַחֶבְרֹנִי מִשְׁפַּחַת הַמַּחְלִי מִשְׁפַּחַת הַמּוּשִׁי מִשְׁפַּחַת הַקָּרְחִי וּקְהָת הוֹלִד אֶת־עַמְרָם׃
élle michpe'hót leví michpá'hat hallivní michpá'hat ha'hevroní michpá'hat hamma'hlí michpá'hat hammouchí michpá'hat hakkor'hí oukhát holíd et-amrám
58 Voici, ce sont les familles de Lévi : la famille haLivni, la famille ha'Hévroni, la famille haMa'hli, la famille haMouchi, la famille haKor'hi ; et Kéhat engendra Amram.
Et ici, à la toute fin du chapitre, la Torah nous entrouvre de façon étonnante la généalogie de Moché.
וְשֵׁם אֵשֶׁת עַמְרָם יוֹכֶבֶד בַּת־לֵוִי אֲשֶׁר יָלְדָה אֹתָהּ לְלֵוִי בְּמִצְרָיִם וַתֵּלֶד לְעַמְרָם אֶת־אַהֲרֹן וְאֶת־מֹשֶׁה וְאֵת מִרְיָם אֲחֹתָם׃
vechém échet amrám yokhéved bat-leví achér yaledá otá leleví bemitsráyim vattéled le'amrám et-aharón ve'et-moché ve'ét miryám a'hotám
59 Et le nom de la femme d'Amram – Yokhéved, fille de Lévi, que la femme de Lévi enfanta en Égypte, et elle enfanta à Amram Aharon, Moché et leur sœur Miryam.
וַיִּוָּלֵד לְאַהֲרֹן אֶת־נָדָב וְאֶת־אֲבִיהוּא אֶת־אֶלְעָזָר וְאֶת־אִיתָמָר׃
vayivvaléd le'aharón et-nadáv ve'et-avihoú et-el'azár ve'et-itamár
60 Et à Aharon naquirent Nadav, et Avihou, et Élazar, et Itamar.
וַיָּמָת נָדָב וַאֲבִיהוּא בְּהַקְרִיבָם אֵשׁ־זָרָה לִפְנֵי יְהוָה׃
vayámot nadáv va'avihoú behakrivám ech-zará lifné adonáy
61 Et moururent (périrent) Nadav et Avihou (nous avons vu qu'à propos de Yéhouda la Torah mentionne les enfants qui ont péri, et ici c'est la même chose), lorsqu'ils offraient un feu étranger devant le SEIGNEUR.
וַיִּהְיוּ פְקֻדֵיהֶם שְׁלֹשָׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף כָּל־זָכָר מִבֶּן־חֹדֶשׁ וָמָעְלָה כִּי לֹא הָתְפָּקְדוּ בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כִּי לֹא־נִתַּן לָהֶם נַחֲלָה בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayihyoú fekoudehém chelochá ve'esrím élef kol-zakhár mibben-'hódech vamá'la ki lo hotpakedoú betókh bené yisraél ki lo-nittán lahém na'halá betókh bené yisraél
62 Et leur recensement fut de vingt-trois mille, tout mâle d'un mois et au-dessus, car ils ne furent pas recensés parmi les fils d'Israël, puisqu'ils ne reçurent pas de part d'héritage parmi les fils d'Israël.
Si les autres tribus étaient recensées à partir de vingt ans et au-delà, les lévites, eux, l'étaient à partir d'un mois et au-dessus. Nous savons que les lévites sont destinés au service du Très-Haut, et c'est pourquoi leur part d'héritage, c'est le Très-Haut Lui-même, et de part d'héritage sur la terre, ils n'en auront pas.
אֵלֶּה פְּקוּדֵי מֹשֶׁה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֲשֶׁר פָּקְדוּ אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּעַרְבֹת מוֹאָב עַל יַרְדֵּן יְרֵחוֹ׃
élle pekoudé moché ve'el'azár hakkohén achér pakedoú et-bené yisraél be'arvót mo'áv al yardén yere'hó
63 Voici le recensement de Moché et d'Élazar le kohen, qui recensèrent le peuple d'Israël dans les steppes de Moav, près du Jourdain, en face de Jéricho.
וּבְאֵלֶּה לֹא־הָיָה אִישׁ מִפְּקוּדֵי מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן הַכֹּהֵן אֲשֶׁר פָּקְדוּ אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּמִדְבַּר סִינָי׃
ouv'élle lo-háya ich mippekoudé moché ve'aharón hakkohén achér pakedoú et-bené yisraél bemidbár sináy
64 Et il n'y avait parmi ceux-ci pas un seul homme de ceux qui avaient été dénombrés par Moché et Aharon le kohen, lorsqu'ils dénombraient les fils d'Israël dans le désert du Sinaï,
Il n'y avait pas, il ne restait pas un seul homme de ceux dont le Très-Haut avait dit : « Je les exterminerai et ne les laisserai pas entrer dans la terre. » Tous ont reçu la punition, et maintenant, à quelques jours comptés, à quelques kilomètres comptés de l'entrée dans la Terre Sainte, il ne reste personne de ceux qui étaient alors dans le recensement. J'ajouterai (ou je rappellerai une fois de plus) que cette punition ne concernait pas les femmes. Les femmes ne sont pas mortes dans le désert à la suite de cette punition, la punition ne s'étendait pas aux femmes.
כִּי־אָמַר יְהוָה לָהֶם מוֹת יָמֻתוּ בַּמִּדְבָּר וְלֹא־נוֹתַר מֵהֶם אִישׁ כִּי אִם־כָּלֵב בֶּן־יְפֻנֶּה וִיהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן׃
ki-amár adonáy lahém mot yamoútou bammidbár velo-notár mehém ich ki im-kalév ben-yefounné vihochoúa bin-noún.
65 Parce que le SEIGNEUR leur avait dit : « De mort ils mourront dans le désert. » Et il n'en resta aucun d'entre eux, excepté Kalev ben Yéfounné et Yéhochoua ben Noun.
Un successeur est requis
Bémidbar 27,1–23
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Pin'has et nous allons lire le chapitre 27 du livre Bémidbar. Il commence par l'histoire de cinq jeunes filles qui vinrent auprès de Moché pour un jugement, vinrent avec une affaire, une question judiciaire qu'elles demandent d'examiner.
וַתִּקְרַבְנָה בְּנוֹת צְלָפְחָד בֶּן־חֵפֶר בֶּן־גִּלְעָד בֶּן־מָכִיר בֶּן־מְנַשֶּׁה לְמִשְׁפְּחֹת מְנַשֶּׁה בֶן־יוֹסֵף וְאֵלֶּה שְׁמוֹת בְּנֹתָיו מַחְלָה נֹעָה וְחָגְלָה וּמִלְכָּה וְתִרְצָה׃
vattikrávna benót tselof'hád ben-'héfer ben-gil'ád ben-makhír ben-menaché lemichpe'hót menaché ven-yosséf ve'élle chemót benotáv ma'hlá no'á ve'hoglá oumilká vetirtsá
1 Et s'approchèrent les filles de Tsélof'had, ben 'Héfer, ben Guil'ad, ben Makhir, ben Ménaché, de la famille de Ménaché ben Yossef. Les noms des jeunes filles : Ma'hla, No'a, et 'Hogla, et Milka, et Tirtsa.
Que signifie le nom Tsélof'had ? On peut le comprendre comme tsaláf 'had – celui qui tire avec précision, ou celui qui va vers son but, résolu. Et on peut le comprendre comme tsél (ombre) pá'had (peur) – celui qui sait cacher sa peur, dissimuler sa peur dans l'ombre et surmonter sa peur. Encore une variante : lorsque le Très-Haut se nomme la peur de Yits'hak (pá'had Yits'hak), on peut comprendre le mot pá'had dans le même sens ici aussi. Et alors le nom Tsélof'had signifiera : celui qui porte le nom et jouit de la protection de Dieu, Qu'il faut craindre, devant Qui il faut trembler, porte le nom du Dieu terrible, redoutable.
C'est ainsi que s'appelait le père de ces jeunes filles, mais la Torah ne se limite pas au nom du père, elle donne leur généalogie plus longue. La Torah donne la généalogie de ces jeunes filles jusqu'à Yossef, fils de Yaakov. Pourquoi la Torah fait-elle ainsi ? Bien sûr, les commentateurs aussi se posent cette question. Et voici l'une des réponses : de même que Yossef aimait la terre d'Israël et s'en souvenait, étant en Égypte, de même Tsélof'had a hérité de cette qualité et aimait la terre d'Israël, que ce soit en Égypte ou dans le désert. Cela s'exprime dans les noms qu'il a donnés à ses filles : le nom de chaque jeune fille correspond au nom d'une localité dans le pays d'Israël. Chacune des cinq filles est nommée non pas simplement d'un nom, mais d'un nom qui est aussi le nom d'une localité en Israël. Plus tard, lorsque les parts d'héritage seront réparties, nous verrons que chacune des jeunes filles recevra un héritage dans la région qui porte son nom. D'habitude, un homme hérite d'abord d'une terre, puis l'appelle de son nom, mais ici c'est l'inverse qui se produit. La ville de Tirtsa sera par la suite, pendant un certain temps, la capitale du royaume d'Israël.
Voilà, ces cinq jeunes filles vinrent pour un jugement auprès de Moché.
וַתַּעֲמֹדְנָה לִפְנֵי מֹשֶׁה וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְלִפְנֵי הַנְּשִׂיאִם וְכָל־הָעֵדָה פֶּתַח אֹהֶל־מוֹעֵד לֵאמֹר׃
vatta'amódna lifné moché velifné el'azár hakkohén velifné hannessi'ím vekhol-ha'edá péta'h ohel-mo'éd lemór
2 Et elles se tinrent devant Moché, et devant Élazar le kohen, et devant les chefs de la communauté, et devant toute la communauté à l'entrée de la Tente d'assignation, en disant :
אָבִינוּ מֵת בַּמִּדְבָּר וְהוּא לֹא־הָיָה בְּתוֹךְ הָעֵדָה הַנּוֹעָדִים עַל־יְהוָה בַּעֲדַת־קֹרַח כִּי־בְחֶטְאוֹ מֵת וּבָנִים לֹא־הָיוּ לוֹ׃
avínou met bammidbár vehoú lo-hayá betókh ha'edá hanno'adím al-adonáy ba'adat-kóra'h ki-ve'het'ó met ouvaním lo-háyou lo
3 « Notre père est mort dans le désert, et il n'était pas au nombre de ceux qui étaient en révolte contre le SEIGNEUR, dans la communauté de Kora'h, car il est mort pour son propre péché.
Les jeunes filles ne disent pas pour quel péché leur père est mort. Naturellement, cela soulève des questions chez les commentateurs : c'est quand même intéressant, pour quel péché l'homme est mort. Les uns disent que Tsélof'had est cet homme même qui ramassait du bois le Chabbat et fut exécuté, et que c'est justement de lui, de ce péché, que parlent les jeunes filles. D'autres disent que Tsélof'had était parmi ces gens qui sortirent au combat après le retour des explorateurs au camp, quand Moché avait dit : « Le SEIGNEUR n'est pas avec vous, n'y allez pas », mais le peuple pécha. Bien sûr, on a envie de remplir la place quand nous ne savons pas quelque chose, on a envie de combler cette lacune et de dire : « Mais nous, nous savons de quel péché parlent les jeunes filles ! » Mais le sens simple de la Torah ne nous dévoile pas pour quel péché l'homme est mort. Différentes personnes ont différents péchés, et pour nous, en somme, ce n'est pas important pour notre histoire. Elles disent seulement qu'il ne s'est pas révolté contre le SEIGNEUR. Et leur question est celle-ci :
לָמָּה יִגָּרַע שֵׁם־אָבִינוּ מִתּוֹךְ מִשְׁפַּחְתּוֹ כִּי אֵין לוֹ בֵּן תְּנָה־לָּנוּ אֲחֻזָּה בְּתוֹךְ אֲחֵי אָבִינוּ׃
lámma yiggará chem-avínou mittókh michpa'htó ki en lo ben tena-lánou a'houzzá betókh a'hé avínou
4 Pourquoi le nom de notre père sera-t-il retiré (sera-t-il rayé) de sa famille seulement parce qu'il n'a pas de fils ? Donne-nous une part d'héritage parmi les frères de notre père ! »
Moché ne sait pas quoi faire de cette question, bien que dans le livre Chémot (18,26) il ait dit que pour les affaires difficiles on s'adresse à lui. Nous lirons aussi cela dans le récit de Moché dans le livre Dévarim (1,17) : « Avec n'importe quelle question venez à moi, et j'écouterai. » Certains commentateurs disent que le Très-Haut a montré à Moché que ce n'est pas encore pour toutes les questions qu'il peut décider lui-même, parfois il ne connaît pas toutes les lois. Oui, tu as étudié sur le mont Sinaï quarante jours, tu y étais, tu as terminé la fac de droit, tu es Moché, tu es Rabbénou, tu es notre maître, et la Torah sera appelée de ton nom, de ton nom (Torat Moché), mais tu ne connais pas les réponses à toutes les questions. C'est pourquoi Moché s'adressa au Très-Haut. D'autres commentateurs disent : « Le Très-Haut aurait de toute façon dit, dicté, ordonné ces lois à Moché. Mais les jeunes filles, par leur amour pour Israël, par leur désir de recevoir une part d'héritage en Israël, ont été jugées dignes que cette partie des lois soit liée à leurs noms ».
וַיַּקְרֵב מֹשֶׁה אֶת־מִשְׁפָּטָן לִפְנֵי יְהוָה׃
vayakrév moché et-michpatán lifné adonáy
5 Et Moché présenta leur affaire devant le SEIGNEUR.
Ainsi, Moché s'adressa au Très-Haut, transmit leur affaire à l'instance supérieure, à la plus haute instance qui puisse seulement exister.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vayomer adonáy el-moché lemór
6 Le SEIGNEUR dit à Moché, en disant :
כֵּן בְּנוֹת צְלָפְחָד דֹּבְרֹת נָתֹן תִּתֵּן לָהֶם אֲחֻזַּת נַחֲלָה בְּתוֹךְ אֲחֵי אֲבִיהֶם וְהַעֲבַרְתָּ אֶת־נַחֲלַת אֲבִיהֶן לָהֶן׃
ken benót tselof'hád doverót natón tittén lahém a'houzzát na'halá betókh a'hé avihém veha'avartá et-na'halát avihén lahén
7 « Les filles de Tsélof'had parlent juste. Donne-leur une part d'héritage en possession parmi les frères de leur père et transmets-leur la part d'héritage de leur père.
Quelle merveilleuse bénédiction on peut recevoir du Très-Haut, lorsque le Très-Haut dit, et que cela est inscrit dans la Torah : « Untel a parlé juste, les filles de Tsélof'had parlent juste ». C'est-à-dire, la terre qui était prévue comme part d'héritage pour leur père, transmets-la-leur : les filles auront le droit d'hériter s'il n'y a pas de fils.
וְאֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל תְּדַבֵּר לֵאמֹר אִישׁ כִּי־יָמוּת וּבֵן אֵין לוֹ וְהַעֲבַרְתֶּם אֶת־נַחֲלָתוֹ לְבִתּוֹ׃
ve'el-bené yisraél tedabbér lemór ich ki-yamoút ouvén en lo veha'avartém et-na'halató levittó
8 Et aux fils d'Israël raconte, en disant : si un homme meurt, et qu'il n'a pas de fils, alors donnez son héritage à sa fille.
וְאִם־אֵין לוֹ בַּת וּנְתַתֶּם אֶת־נַחֲלָתוֹ לְאֶחָיו׃
ve'im-én lo bat ountattém et-na'halató le'e'háv
9 Et s'il n'a pas de fille, alors à ses frères donnez son héritage.
וְאִם־אֵין לוֹ אַחִים וּנְתַתֶּם אֶת־נַחֲלָתוֹ לַאֲחֵי אָבִיו׃
ve'im-én lo a'hím ountattém et-na'halató la'a'hé avív
10 Et s'il n'a pas de frères, alors donnez sa part d'héritage aux frères de son père (à ses oncles).
וְאִם־אֵין אַחִים לְאָבִיו וּנְתַתֶּם אֶת־נַחֲלָתוֹ לִשְׁאֵרוֹ הַקָּרֹב אֵלָיו מִמִּשְׁפַּחְתּוֹ וְיָרַשׁ אֹתָהּ וְהָיְתָה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל לְחֻקַּת מִשְׁפָּט כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
ve'im-én a'hím le'avív ountattém et-na'halató lich'eró hakkaróv eláv mimmichpa'htó veyarách otá vehayetá livné yisraél le'houkkát michpát ka'achér tsivvá adonáy et-moché
11 Et si son père n'a pas de frères, alors donnez sa part d'héritage à quelqu'un des proches parents qui restent de sa famille, et il en héritera. Et ce sera une loi judiciaire pour les fils d'Israël, comme le SEIGNEUR l'a ordonné à Moché ».
C'est une indication générale, c'est une loi générale pour tout Israël pour de nombreux siècles. Moché reçoit l'indication que les filles ont le droit d'hériter, dans quel cas la terre peut être transmise aux parents du côté du père, les détails de l'héritage sont précisés.
Ici Moché peut penser : « Voilà, maintenant je partage, je participe déjà d'une certaine manière au partage de la terre là-bas, dans le pays cananéen, peut-être... peut-être y a-t-il quand même une chance pour moi d'y entrer ? » Une simple question humaine : et moi alors ? Et, peut-être, prenant soin de Moché, le Très-Haut dit ensuite :
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה עֲלֵה אֶל־הַר הָעֲבָרִים הַזֶּה וּרְאֵה אֶת־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נָתַתִּי לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayomer adonáy el-moché alé el-hár ha'avarím hazzé our'é et-ha'árets achér natátti livné yisraél
12 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Monte sur ce mont Avarim et regarde cette terre que J'ai donnée aux fils d'Israël.
וְרָאִיתָה אֹתָהּ וְנֶאֱסַפְתָּ אֶל־עַמֶּיךָ גַּם־אָתָּה כַּאֲשֶׁר נֶאֱסַף אַהֲרֹן אָחִיךָ׃
vera'íta otá vene'essaftá el-ammékha gam-átta ka'achér ne'éssaf aharon a'híkha
13 Et tu la verras, et tu te joindras à ton peuple, toi aussi, comme s'est joint Aharon, ton frère ;
Ici encore, cet euphémisme que la Torah emploie constamment en parlant de la mort : « Tu te joindras à ton peuple ».
כַּאֲשֶׁר מְרִיתֶם פִּי בְּמִדְבַּר־צִן בִּמְרִיבַת הָעֵדָה לְהַקְדִּישֵׁנִי בַמַּיִם לְעֵינֵיהֶם הֵם מֵי־מְרִיבַת קָדֵשׁ מִדְבַּר־צִן׃
ka'achér meritém pi bemidbar-tsín bimrivát ha'edá lehakdichéni vammáyim le'enehém hem me-merivát kadéch midbar-tsín
14 Parce que vous avez agi contre Ma bouche dans le désert de Tsin, quand la communauté se querellait, pour manifester Ma sainteté par l'eau devant leurs yeux. Ce sont les eaux de la dispute, à Kadech, dans le désert de Tsin ».
Moché comprend que le temps où il dirigera la communauté touche à sa fin.
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה לֵאמֹר׃
vaydabbér moché el-adonáy lemór
15 Et Moché parla au SEIGNEUR, en disant :
יִפְקֹד יְהוָה אֱלֹהֵי הָרוּחֹת לְכָל־בָּשָׂר אִישׁ עַל־הָעֵדָה׃
yifkód adonáy elohé harou'hót lekhol-bassár ich al-ha'edá
16 « Que le SEIGNEUR, Dieu des esprits de toute chair, choisisse un homme sur la communauté,
C'est-à-dire que seul Dieu, qui donne les esprits à toute chair, qui rend toute chair vivante et connaît l'esprit de chaque chair, seul Il peut choisir celui qui sera un leader digne, un chef digne du peuple d'Israël. C'est pourquoi Moché parle précisément de cette qualité du Très-Haut – voir l'esprit humain : « Choisis un homme qui, par l'esprit, convient pour conduire le peuple d'Israël plus loin ».
אֲשֶׁר־יֵצֵא לִפְנֵיהֶם וַאֲשֶׁר יָבֹא לִפְנֵיהֶם וַאֲשֶׁר יוֹצִיאֵם וַאֲשֶׁר יְבִיאֵם וְלֹא תִהְיֶה עֲדַת יְהוָה כַּצֹּאן אֲשֶׁר אֵין־לָהֶם רֹעֶה׃
acher-yetsé lifnehém va'achér yavó lifnehém va'achér yotsi'ém va'achér yevi'ém veló tihyé adát adonáy kattsón achér en-lahém ro'é
17 Qui sortira devant eux et entrera devant eux, et qui les conduira, et qui les ramènera. Et que la communauté du SEIGNEUR ne soit pas comme du bétail qui n'a pas de berger ».
L'homme que Dieu choisira fera sortir les fils d'Israël à la guerre et les ramènera de la guerre. Il ne marchera pas seulement lui-même, mais il prendra soin aussi de les faire sortir et de les ramener. Il veillera à ce que chacun des guerriers, chacun de ceux qui sortent, revienne à la maison. Lorsqu'un berger conduit son troupeau, ce troupeau a une forme déterminée. Les brebis ne marchent pas simplement, il semble seulement que ce sont des brebis qui marchent en foule. Elles ont un ordre déterminé, sinon les brebis s'écraseraient simplement les unes les autres ou se disperseraient. Et un homme professionnel, un homme qui s'y connaît, voit tout de suite comment marche un troupeau qui n'a pas de berger, et comment se comporte un troupeau qui a un berger. Moché dit : « Que le peuple d'Israël n'ait jamais l'air d'un troupeau qui n'a pas de berger ».
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה קַח־לְךָ אֶת־יְהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן אִישׁ אֲשֶׁר־רוּחַ בּוֹ וְסָמַכְתָּ אֶת־יָדְךָ עָלָיו׃
vayomer adonáy el-moché ka'h-lékha et-yehochoúa bin-noún ich acher-roúa'h bo vesamakhtá et-yadekhá aláv
18 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Prends pour toi Yéhochoua ben Noun, en qui est l'esprit (cet esprit même dont tu as parlé), et pose sur lui ta main.
וְהַעֲמַדְתָּ אֹתוֹ לִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְלִפְנֵי כָּל־הָעֵדָה וְצִוִּיתָה אֹתוֹ לְעֵינֵיהֶם׃
veha'amadtá otó lifné el'azár hakkohén velifné kol-ha'edá vetsivvitá otó le'enehém
19 Et place-le devant Élazar le kohen et devant toute la communauté, et donne-lui un ordre (une indication) devant leurs yeux.
Pour qu'ensuite personne ne dispute de qui est l'héritier, le Très-Haut ordonne à Moché de désigner ouvertement l'héritier par l'imposition des mains à la face de toute la communauté.
וְנָתַתָּה מֵהוֹדְךָ עָלָיו לְמַעַן יִשְׁמְעוּ כָּל־עֲדַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
venatattá mehodekhá aláv lemá'an yichme'oú kol-adát bené yisraél
20 Et tu lui donneras de ta gloire, afin que sache (afin qu'entende) toute la communauté des fils d'Israël.
Nous nous souvenons que le visage de Moché rayonnait lorsqu'il descendit de la montagne, ce rayonnement resta avec lui. Et le Très-Haut dit : « Tu partageras avec Yéhochoua ta lumière ». Les commentateurs remarquent ici que Moché – le soleil, et Yéhochoua ben Noun – la lune, qui reflète la lumière de Moché, que Moché l'a doté d'une certaine lumière.
וְלִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן יַעֲמֹד וְשָׁאַל לוֹ בְּמִשְׁפַּט הָאוּרִים לִפְנֵי יְהוָה עַל־פִּיו יֵצְאוּ וְעַל־פִּיו יָבֹאוּ הוּא וְכָל־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל אִתּוֹ וְכָל־הָעֵדָה׃
velifné el'azár hakkohén ya'amód vechá'al lo bemichpát ha'ourím lifné adonáy al-pív yetse'oú ve'al-pív yavó'ou hou vekhol-bene-yisraél ittó vekhol-ha'edá
21 Et il se tiendra devant Élazar le kohen, et il l'interrogera, il s'adressera aux Ourim et Toummim devant le SEIGNEUR ; sur sa parole (avec son accord) sortiront à la guerre et reviendront de la guerre et lui-même, et tous les fils d'Israël, et toute la communauté ».
Pourquoi est-ce important ? Élazar le kohen – fils d'Aharon, ainsi la famille de Moché, et la prêtrise, ne sont pas privées de leur pouvoir. Et Yéhochoua ben Noun, et le roi, comme tout gouvernant en Israël, ne pouvaient pas commencer une guerre sans l'approbation du kohen. Tout se fera sur la parole de Yéhochoua ben Noun après qu'il se sera adressé aux Ourim et Toummim et aura pris conseil auprès d'Élazar le kohen.
וַיַּעַשׂ מֹשֶׁה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֹתוֹ וַיִּקַּח אֶת־יְהוֹשֻׁעַ וַיַּעֲמִדֵהוּ לִפְנֵי אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְלִפְנֵי כָּל־הָעֵדָה׃
vaya'ás moché ka'achér tsivvá adonáy otó vayikká'h et-yehochoúa vaya'amidéhou lifné el'azár hakkohén velifné kol-ha'edá
22 Et Moché fit comme le Très-Haut le lui avait ordonné, et il prit Yéhochoua, et le plaça devant Élazar le kohen et devant toute la communauté,
וַיִּסְמֹךְ אֶת־יָדָיו עָלָיו וַיְצַוֵּהוּ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה בְּיַד־מֹשֶׁה׃
vayismókh et-yadáv aláv vaytsavvéhou ka'achér dibbér adonáy beyad-moché
23 Et il posa sur lui les deux mains, et lui ordonna tout, comme le SEIGNEUR avait dit par Moché.
Le Très-Haut a dit, nous l'avons lu au verset 18 : « Et pose sur lui ta main (une seule) ». Moché pose les deux mains, comme de tout son cœur, avec toute sa joie. Sans aucune ombre de doute il se désigne un héritier, sans aucune ombre de doute il lui transmet la direction, comme on dit en russe : je suis des deux mains « pour ». Voilà, Moché aussi, des deux mains, bénit Yéhochoua pour qu'il soit son successeur et qu'il conduise plus loin le peuple d'Israël, afin que le peuple d'Israël ne soit pas comme des brebis sans berger.
Avec le sacrifice à travers la vie
Bémidbar 28,1–30,1
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Pin'has et nous commencerons à lire à partir du chapitre 28 du livre Bémidbar. De façon inattendue, ce chapitre interrompt le récit historique, et commence un discours sur un type particulier de sacrifices, qui s'appellent moussáf (ajout). On les offre aux jours particuliers – le Chabbat, à la néoménie et aux fêtes, comme ajout aux sacrifices quotidiens. Et aussitôt surgit une question : pourquoi est-ce justement ici que la Torah a commencé à parler de ce sujet, alors que le livre Vayikra était consacré aux sacrifices ? Rabbi Chlomo Yits'haki (Rachi) donne une telle explication. Il dit que Moché (27,17) a demandé au Très-Haut qu'Israël ne soit pas abandonné, comme des brebis sans berger, que le Très-Haut prenne soin d'Israël. Et il rapporte une parabole sur une mère mourante, qui confie les enfants à son mari, au père, lui donne quelques recommandations et lui raconte comment prendre soin des enfants. Et le père dit : « Instruis aussi les enfants, pour qu'ils m'obéissent ». Et ici aussi le Très-Haut rappelle qu'il est nécessaire de Lui obéir, pour que le peuple vive, pour que le peuple puisse entrer dans le pays et vivre dans le pays. C'est pourquoi le Très-Haut rappelle les sacrifices, le Chabbat, les néoménies et les fêtes, la manière dont le peuple vivra. Ainsi, commençons à lire à partir du verset 1 du chapitre 28.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
1 Et le SEIGNEUR parla avec Moché, en disant :
צַו אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם אֶת־קָרְבָּנִי לַחְמִי לְאִשַּׁי רֵיחַ נִיחֹחִי תִּשְׁמְרוּ לְהַקְרִיב לִי בְּמוֹעֲדוֹ׃
tsav et-bené yisraél ve'amartá alehém et-korbaní la'hmí le'icháy réya'h ni'ho'hí tichmeroú lehakrív li bemo'adó
2 « Ordonne aux fils d'Israël et dis-leur : Mon offrande, Mon pain pour les holocaustes, en parfum favorable, observez de me l'apporter au temps fixé.
C'est-à-dire, surveillez soigneusement l'horaire, observez le calendrier des sacrifices, afin de Me les apporter au moment voulu, si l'on dit cela dans une langue très simple, terrestre.
וְאָמַרְתָּ לָהֶם זֶה הָאִשֶּׁה אֲשֶׁר תַּקְרִיבוּ לַיהוָה כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה תְמִימִם שְׁנַיִם לַיּוֹם עֹלָה תָמִיד׃
ve'amartá lahém ze ha'iché achér takrívou ladonáy kevassím bene-chaná temimím chenáyim layom olá tamíd
3 Et dis-leur : voici les offrandes que vous apporterez au SEIGNEUR : des agneaux d'un an, sans défaut – deux par jour, sacrifice (holocauste) perpétuel.
Le SEIGNEUR commence à parler par la description du sacrifice tamíd (toujours), c'est-à-dire de tels sacrifices qui sont offerts chaque jour, 365 fois par an, indépendamment de la période de l'année, de la saison, du jour. Jour après jour, de manière obligatoire, sont offerts les sacrifices dont il est question maintenant. C'est-à-dire que chaque jour il faut offrir en sacrifice au SEIGNEUR deux agneaux d'un an sans défaut.
אֶת־הַכֶּבֶשׂ אֶחָד תַּעֲשֶׂה בַבֹּקֶר וְאֵת הַכֶּבֶשׂ הַשֵּׁנִי תַּעֲשֶׂה בֵּין הָעַרְבָּיִם׃
et-hakkéves e'hád ta'assé vabbóker ve'ét hakkéves hachení ta'assé ben ha'arbáyim
4 Un agneau, offre-le le matin, et le second agneau, offre-le au crépuscule.
Dans les sources rabbiniques il existe une controverse : quel commandement est le plus important, quel est le plus grand commandement dans la Torah ? Et trois opinions s'expriment à ce sujet. Ben Azaï dit : « Le commandement le plus important dans la Torah, c'est écoute, Israël, le SEIGNEUR, notre Dieu – Dieu Un ». C'est ce que Yéchoua Machia'h enseigne aussi. Le plus important, c'est de comprendre toute l'unité de l'univers, de comprendre que tout dans le monde est interconnecté et se trouve sous la direction, sous le contrôle du Très-Haut. Tout ce qui existe dans ce monde sonne comme un orchestre unique, que dirige le Très-Haut. Ben Nanas et Rabbi Akiva disent : « Le commandement le plus important dans la Torah, c'est aime ton prochain comme toi-même ». C'est aussi un commandement très important, et cela aussi, Yéchoua l'enseignait. Mais il y a aussi une troisième opinion. La troisième opinion est une opinion très impopulaire. C'est Rabbi Chimon Ben Pazi qui l'exprime. Il dit : « Le commandement le plus important dans la Torah, c'est un agneau le matin, un agneau le soir ». Il ne parle pas des sacrifices, il parle de la discipline. Le plus important, c'est de savoir être fidèle à Dieu dans les petites affaires quotidiennes, de faire jour après jour quelque chose de routinier, d'imperceptible, par exemple préparer le petit-déjeuner, préparer le dîner. L'agneau quotidien le matin et l'agneau le soir, c'est ce qu'il considérait pour lui-même comme le plus important. Chacun des sages parlait de ce qui, pour lui, constitue à ce jour une leçon, un défi que lui lance la Torah. Et il y a une telle opinion. C'est pourquoi on peut voir dans ce verset une certaine profondeur particulière. Ce qui importe, c'est la discipline dans les petites affaires quotidiennes, ce qui importe, c'est la constance, la fidélité au Très-Haut dans les petites choses.
Mais revenons à nos moutons, au sens littéral. Nous parlons pour l'instant du sacrifice quotidien, de ce qui s'accomplit chaque jour de l'année. Avec ces agneaux est offert :
וַעֲשִׂירִית הָאֵיפָה סֹלֶת לְמִנְחָה בְּלוּלָה בְּשֶׁמֶן כָּתִית רְבִיעִת הַהִין׃
va'assirít ha'efá sólet lemin'há beloulá bechémen katít revi'ít hahín
5 Un dixième d'éfa de farine solet, offrande de céréales, mêlée d'huile de qualité en quantité d'un quart de hin.
L'éfa, c'est environ 22 litres. Si nous parlons de la dixième partie, on peut dire que c'est 2,2 litres. Le mot sólet en hébreu d'aujourd'hui signifie semoule, ici on peut traduire par farine finement moulue. Chémen katít, c'est l'huile battue, l'huile qui s'obtient par une légère pression sur l'olive, sans pressurage grossier et lourd ; hin, c'est environ 4 litres, un quart de hin, par conséquent, c'est un litre. C'est-à-dire que nous obtenons qu'en plus des deux agneaux on offre en sacrifice 2,2 litres de farine solet, mêlée à un litre d'huile d'olive.
עֹלַת תָּמִיד הָעֲשֻׂיָה בְּהַר סִינַי לְרֵיחַ נִיחֹחַ אִשֶּׁה לַיהוָה׃
olát tamíd ha'assouyá behár sináy leréya'h ni'hóa'h iché ladonáy
6 C'est un sacrifice éternel, comme sur le mont Sinaï, parfum agréable, holocauste au Très-Haut.
וְנִסְכּוֹ רְבִיעִת הַהִין לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד בַּקֹּדֶשׁ הַסֵּךְ נֶסֶךְ שֵׁכָר לַיהוָה׃
veniskó revi'ít hahín lakkéves ha'e'hád bakkódech hassékh néssekh chekhár ladonáy
7 Sa libation – un quart de hin (un litre) pour chaque agneau ; dans le lieu saint, verse au SEIGNEUR une libation enivrante.
Avec chaque sacrifice est prescrit un néssekh (libation). Le verbe lechakér signifie s'enivrer, devenir ivre. C'est-à-dire qu'on ne peut pas verser en libation du vin jeune, qui vient tout juste du pressoir, il faut verser précisément un vin enivrant (chekhár), et non du jus de raisin.
וְאֵת הַכֶּבֶשׂ הַשֵּׁנִי תַּעֲשֶׂה בֵּין הָעַרְבָּיִם כְּמִנְחַת הַבֹּקֶר וּכְנִסְכּוֹ תַּעֲשֶׂה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה׃
ve'ét hakkéves hachení ta'assé ben ha'arbáyim kemin'hát habbóker oukhniskó ta'assé iché réya'h ni'hóa'h ladonáy
8 Et le second agneau, offre-le en sacrifice au crépuscule, en correspondance avec l'offrande du matin et avec sa libation, fais-le en parfum favorable, holocauste pour le SEIGNEUR.
Voici l'ordre (je le répète) : deux agneaux, un le matin, un le soir, et avec eux 2,2 litres de farine solet, mêlée à un litre d'huile, et un litre de vin en libation – le sacrifice quotidien. À partir du verset 9 nous lisons déjà les sacrifices supplémentaires du Chabbat.
וּבְיוֹם הַשַּׁבָּת שְׁנֵי־כְבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה תְּמִימִם וּשְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים סֹלֶת מִנְחָה בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן וְנִסְכּוֹ׃
ouv'yom hachabbát chene-khevassím bene-chaná temimím ouchné esroním sólet min'há beloulá vachémen veniskó
9 Et le jour du Chabbat – deux agneaux d'un an sans défaut et deux dixièmes d'épha (deux issarons) de farine de solet pour son offrande, mélangée à l'huile, et sa libation.
עֹלַת שַׁבַּת בְּשַׁבַּתּוֹ עַל־עֹלַת הַתָּמִיד וְנִסְכָּהּ׃
olát chabbát bechabbattó al-olát hattamíd veniská
10 C'est l'holocauste de Chabbat en Chabbat (chaque Chabbat), en plus du sacrifice quotidien et de sa libation.
וּבְרָאשֵׁי חָדְשֵׁיכֶם תַּקְרִיבוּ עֹלָה לַיהוָה פָּרִים בְּנֵי־בָקָר שְׁנַיִם וְאַיִל אֶחָד כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה שִׁבְעָה תְּמִימִם׃
ouvraché 'hodchekhém takrívou olá ladonáy parím bene-vakár chenáyim ve'áyil e'hád kevassím bene-chaná chiv'á temimím
11 Et à la néoménie, offrez un holocauste au SEIGNEUR : deux jeunes taureaux et un bélier, sept agneaux d'un an sans défaut.
La néoménie (roch 'hódech) – une fête aujourd'hui presque complètement oubliée. Nous trouvons dans le Tanakh que le peuple se rassemble pour célébrer la néoménie, par exemple à la cour de Cha'oul. C'est une grande fête familiale, c'est le temps des anciennes fêtes d'entreprise d'Israël, quand on se réunissait chez un guide, un maître, on se réunissait ensemble. C'est un temps de célébration, un temps de joie, un temps de renouvellement ('hódech signifie à la fois mois et renouvellement, du verbe le'hadéch, renouveler), un temps où l'on peut se consacrer à l'étude de la Torah. De nos jours, c'est plutôt une fête des femmes. Il est d'usage que les hommes offrent des cadeaux aux femmes ce jour-là. Chez nous, la journée de la femme, c'est douze, et parfois même treize fois par an. Les femmes sont dispensées de travail pour l'étude, le développement personnel et ainsi de suite. Voilà comment nous célébrons aujourd'hui la néoménie.
וּשְׁלֹשָׁה עֶשְׂרֹנִים סֹלֶת מִנְחָה בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן לַפָּר הָאֶחָד וּשְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים סֹלֶת מִנְחָה בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן לָאַיִל הָאֶחָד׃
ouchlochá esroním sólet min'há beloulá vachémen lappár ha'e'hád ouchné esroním sólet min'há beloulá vachémen la'áyil ha'e'hád
12 Et trois dixièmes d'épha (trois issarons) de farine de solet, mélangée à l'huile, en offrande pour chaque taureau, et deux dixièmes (deux issarons) de farine de solet, mélangée à l'huile, en offrande pour un bélier.
וְעִשָּׂרֹן עִשָּׂרוֹן סֹלֶת מִנְחָה בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד עֹלָה רֵיחַ נִיחֹחַ, אִשֶּׁה לַיהוָה׃
ve'issarón issarón sólet min'há beloulá vachémen lakkéves ha'e'hád olá réya'h ni'hóa'h iché ladonáy
13 Et un dixième (issaron) de farine de solet, mélangée à l'huile, en offrande pour chaque agneau, en holocauste, en parfum, agréable pour le SEIGNEUR.
Cette proportion, une sorte de recette, se conserve constamment : trois dixièmes d'épha de farine de solet pour un taureau, deux dixièmes d'épha de farine pour un bélier, un dixième d'épha de farine pour un agneau.
וְנִסְכֵּיהֶם חֲצִי הַהִין יִהְיֶה לַפָּר וּשְׁלִישִׁת הַהִין לָאַיִל וּרְבִיעִת הַהִין לַכֶּבֶשׂ יָיִן זֹאת עֹלַת חֹדֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ לְחָדְשֵׁי הַשָּׁנָה׃
veniskehém 'hatsí hahín yihyé lappár ouchlichít hahín la'áyil ourvi'ít hahín lakkéves yáyin zot olát 'hódech be'hodchó le'hodché hachaná
14 Et avec eux on verse du vin : la moitié d'un hin (deux litres) pour le taureau, et un tiers de hin pour le bélier, et un quart de hin pour l'agneau. C'est le sacrifice (supplémentaire) d'holocauste de mois en mois, pour chaque mois de l'année.
וּשְׂעִיר עִזִּים אֶחָד לְחַטָּאת לַיהוָה עַל־עֹלַת הַתָּמִיד יֵעָשֶׂה וְנִסְכּוֹ׃
ous'ír izzím e'hád le'hattát ladonáy al-olát hattamíd ye'assé veniskó
15 Et un bouc en sacrifice pour le péché au SEIGNEUR, par-dessus les sacrifices perpétuels il sera fait, et sa libation.
Dans tous les autres cas, il est écrit au sujet du bouc qu'il est offert en sacrifice de purification du péché pour vous, ici il est écrit – au SEIGNEUR. Une opinion dit que ce sacrifice est offert pour un péché qui n'est connu que du SEIGNEUR, c'est-à-dire que nous l'offrons pour ces péchés dont nous n'avons pas conscience. Une autre opinion dit qu'ici a lieu l'expiation pour le fait que le SEIGNEUR a ordonné à la Lune de diminuer et de croître, pour le fait que la Lune, constamment, pour ainsi dire, naît de nouveau. Il en ressort que c'est un sacrifice pour un péché universel, pour l'état non réparé du monde. Et là encore, ces sacrifices des néoménies doivent être offerts en plus des sacrifices quotidiens ordinaires, non pas à leur place, mais en complément.
À partir du verset 16, la Torah commence à énumérer les fêtes. Et, bien sûr, la première fête est Pessa'h. Car c'est lui, Pessa'h, qui est devenu le commencement de l'histoire du peuple juif en tant que peuple, c'est le jour où le peuple a décidé de quitter l'Égypte, de quitter son passé. Et dans notre génération, alors que cette Égypte-là n'existe plus depuis longtemps, chacun peut aujourd'hui vérifier : où, par quoi, par quel endroit, par quelle partie de son corps il est encore embourbé en Égypte. Et peut-être vaut-il mieux sortir sans cette partie que de s'y accrocher. Ou peut-être peut-on purifier et sanctifier cette partie. La fête de Pessa'h, en somme, parle de cela, de la libération de l'esclavage.
וּבַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ פֶּסַח לַיהוָה׃
ouva'hódech harichón be'arba'á assár yom la'hódech péssa'h ladonáy
16 Et le premier mois, le quatorzième jour du mois – Pessa'h au SEIGNEUR.
Que signifie le quatorzième jour du mois ? Il est dit que le sacrifice de Pessa'h est égorgé tout à la fin du quatorzième jour, au crépuscule, quand le quatorze passe déjà presque au quinze. Et à partir du quinze, dès le soir, commence la Fête des pains azymes.
וּבַחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ הַזֶּה חָג שִׁבְעַת יָמִים מַצּוֹת יֵאָכֵל׃
ouva'hamichá assár yom la'hódech hazzé 'hag chiv'át yamím mattsót ye'akhél
17 Et le quinzième jour de ce mois – une fête, sept jours tu mangeras de la matsa.
בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן מִקְרָא־קֹדֶשׁ כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ׃
bayom harichón mikra-kódech kol-melékhet avodá lo ta'asoú
18 Le premier jour d'entre ces sept – une assemblée sainte, ne faites aucun travail ce jour-là.
וְהִקְרַבְתֶּם אִשֶּׁה עֹלָה לַיהוָה פָּרִים בְּנֵי־בָקָר שְׁנַיִם וְאַיִל אֶחָד וְשִׁבְעָה כְבָשִׂים בְּנֵי שָׁנָה תְּמִימִם יִהְיוּ לָכֶם׃
vehikravtém iché olá ladonáy parím bene-vakár chenáyim ve'áyil e'hád vechiv'á khevassím bené chaná temimím yihyoú lakhém
19 Et offrez un sacrifice consumé par le feu au SEIGNEUR : deux jeunes taureaux, et un bélier, et sept agneaux d'un an sans défaut, qu'ils soient à vous.
וּמִנְחָתָם סֹלֶת בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן שְׁלֹשָׁה עֶשְׂרֹנִים לַפָּר וּשְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים לָאַיִל תַּעֲשׂוּ׃
oumin'hatám sólet beloulá vachámen chelochá esroním lappár ouchné esroním la'áyil ta'asoú
20 Et l'offrande avec eux : de la farine de solet, mélangée à l'huile, faites trois dixièmes d'épha pour chaque taureau et deux dixièmes d'épha pour chaque bélier.
עִשָּׂרוֹן עִשָּׂרוֹן תַּעֲשֶׂה לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד לְשִׁבְעַת הַכְּבָשִׂים׃
issarón issarón ta'assé lakkéves ha'e'hád lechiv'át hakkevassím
21 Et fais un dixième d'épha pour chaque agneau, pour tous les sept agneaux.
וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם׃
ous'ír 'hattát e'hád lekhappér alekhém
22 Et un bouc en sacrifice de purification du péché, pour faire l'expiation pour vous.
מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר לְעֹלַת הַתָּמִיד תַּעֲשׂוּ אֶת־אֵלֶּה׃
millevád olát habbóker achér le'olát hattamíd ta'asoú et-élle
23 En plus de l'holocauste perpétuel du matin, faites cela.
כָּאֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם שִׁבְעַת יָמִים לֶחֶם אִשֵּׁה רֵיחַ־נִיחֹחַ לַיהוָה עַל־עוֹלַת הַתָּמִיד יֵעָשֶׂה וְנִסְכּוֹ׃
ka'élle ta'asoú layom chiv'át yamím lé'hem iché reya'h-ni'hóa'h ladonáy al-olát hattamíd ye'assé veniskó
24 Et faites ainsi chaque jour, sept jours, le pain de l'holocauste en parfum, agréable au SEIGNEUR, en plus du sacrifice perpétuel et de la libation.
וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי מִקְרָא־קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ׃
ouvayom hachevi'í mikra-kódech yihyé lakhém kol-melékhet avodá lo ta'asoú
25 Et le septième jour, il y aura de nouveau une assemblée sainte, ne faites aucun travail ce jour-là.
Très souvent, dans certaines assemblées, dans le service messianique, on célèbre le premier jour et on saute en quelque sorte le septième jour, en disant : « Mais nous avons déjà célébré le premier jour. » Mais ici nous lisons qu'il est important de célébrer et le premier et le septième jour, c'est la parole du Très-Haut. Gloire à Dieu, maintenant de plus en plus de gens célèbrent toutes les fêtes du SEIGNEUR.
וּבְיוֹם הַבִּכּוּרִים בְּהַקְרִיבְכֶם מִנְחָה חֲדָשָׁה לַיהוָה בְּשָׁבֻעֹתֵיכֶם מִקְרָא־קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ׃
ouv'yom habbikkourím behakrivekhém min'há 'hadachá ladonáy bechavou'otekhém mikra-kódech yihyé lakhém kol-melékhet avodá lo ta'asoú
26 Et le jour des prémices, quand vous offrez une nouvelle offrande de céréales au SEIGNEUR en vos semaines (à Chavouot), il y aura pour vous une assemblée sainte, ne faites aucun travail ce jour-là.
Remarquez qu'ici la Torah n'indique pas la date de la fête de Chavouot. C'est important. Nous en avons beaucoup discuté au chapitre 23 du livre Vayikra, quand nous parlions de Chavouot en général. Je vais essayer en quelques mots de rappeler pourquoi la date de la fête de Chavouot n'est pas indiquée ici. Il y a une discussion sur la date à partir de laquelle, à partir de quel Chabbat précisément il faut compter, mais nous n'entrerons pas dans cette discussion. Pourquoi faut-il compter 49 jours à partir de Pessa'h ? Réfléchissons à ce qu'était un Juif qui vivait en Égypte. Il est esclave, un homme non libre. Un homme non libre n'est pas son propre maître, il ne peut conclure aucun contrat. De quel contrat est capable un homme dépendant de la drogue ou dépendant de quoi que ce soit d'autre ? Un toxicomane peut, pour une dose, signer tout ce qu'on lui dit et donner tout ce qu'on lui ordonne. C'est pourquoi le Très-Haut ne conclut pas de contrat avec le peuple d'Israël tout de suite à la sortie d'Égypte. Il y a sept semaines de purification, sept semaines d'attente. Ces sept semaines, il ne faut pas les calculer en fixant une date : bon, dans 49 jours ce sera telle date. Non, il faut les compter dans un état d'attente. Ainsi languit la fiancée en attendant le jour du mariage, en marquant peut-être d'une croix les jours sur le calendrier. Voilà, c'est dans une telle attente qu'on se prépare au jour de Chavouot, qui sera le jour de la conclusion du contrat, le jour de la conclusion de l'alliance ou du renouvellement de l'alliance : chaque année il est nécessaire de confirmer, de fortifier, de renouveler sa relation avec le Très-Haut. Et ce n'est pas pour rien que les événements qui se sont produits à Jérusalem avec les disciples de Yéchoua se sont produits, eux aussi, justement à Chavouot. C'est justement ce temps qui est le temps de la conclusion de l'alliance avec des gens libres, spirituellement prêts.
וְהִקְרַבְתֶּם עוֹלָה לְרֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה פָּרִים בְּנֵי־בָקָר שְׁנַיִם אַיִל אֶחָד שִׁבְעָה כְבָשִׂים בְּנֵי שָׁנָה׃
vehikravtém olá leréya'h ni'hóa'h ladonáy parím bene-vakár chenáyim áyil e'hád chiv'á khevassím bené chaná
27 Et offrez un holocauste en parfum, favorable au SEIGNEUR : deux jeunes taureaux, un bélier et sept agneaux d'un an.
וּמִנְחָתָם סֹלֶת בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן שְׁלֹשָׁה עֶשְׂרֹנִים לַפָּר הָאֶחָד שְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים לָאַיִל הָאֶחָד׃
oumin'hatám sólet beloulá vachámen chelochá esroním lappár ha'e'hád chené esroním la'áyil ha'e'hád
28 Et l'offrande de farine de solet, mélangée à l'huile : trois dixièmes d'épha pour un taureau, deux dixièmes d'épha pour un bélier.
עִשָּׂרוֹן עִשָּׂרוֹן לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד לְשִׁבְעַת הַכְּבָשִׂים׃
issarón issarón lakkéves ha'e'hád lechiv'át hakkevassím
29 Et un dixième d'épha pour chaque agneau, pour tous les sept agneaux.
שְׂעִיר עִזִּים אֶחָד לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם׃
se'ír izzím e'hád lekhappér alekhém
30 Et un bouc, pour que ce soit une expiation pour vous.
מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתוֹ תַּעֲשׂוּ תְּמִימִם יִהְיוּ־לָכֶם וְנִסְכֵּיהֶם׃
millevád olát hattamíd oumin'ható ta'asoú temimím yihyou-lakhém veniskehém
31 Faites tout cela en plus de l'offrande quotidienne, qu'ils soient sans défaut pour vous, et leur libation.
Je rappelle : l'offrande quotidienne, ce par quoi nous avons commencé, c'est un agneau le matin, un agneau au crépuscule. C'était le dernier verset du chapitre 28.
Nous savons que la Torah n'était pas à l'origine divisée en chapitres, cette division est tardive. Elle est très commode, mais parfois imprécise. Dans notre cas, les deux chapitres, 28 et 29, sont un seul et même discours du Très-Haut, une seule et même conversation sur les fêtes et leurs sacrifices. Ici je commente peu, parce que nous en avons déjà beaucoup parlé dans le livre Vayikra.
Ainsi, nous continuons à lire à partir du verset 1 du chapitre 29.
וּבַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ מִקְרָא־קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ יוֹם תְּרוּעָה יִהְיֶה לָכֶם׃
ouva'hódech hachevi'í be'e'hád la'hódech mikra-kódech yihyé lakhém kol-melékhet avodá lo ta'assoú yom terou'á yihyé lakhém
1 Et au septième mois, le premier jour du mois, une sainte assemblée sera pour vous, ne faites aucun travail, que ce soit pour vous le Jour du son de trompette.
Par le septième mois on entend le mois de tichreï, qui tombe au début de l'automne. Ce jour, le premier jour du septième mois, a commencé par la suite à s'appeler Roch haChana (tête de l'année, nouvel an). Qu'est-ce que la Fête du son de trompette (Yom troua) ? Le son de trompette et la joie – c'est un jour de parade, le jour où nous accueillons le Roi, Qui en ce jour se révèle en quelque sorte à nous. Il vérifie pour ainsi dire Son monde, fait l'inventaire du monde entier, et nous Le saluons ; c'est une rencontre particulière avec le Roi des rois.
וַעֲשִׂיתֶם עֹלָה לְרֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה פַּר בֶּן־בָּקָר אֶחָד אַיִל אֶחָד כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה שִׁבְעָה תְּמִימִם׃
va'assitém olá leréya'h ni'hóa'h ladonáy par ben-bakár e'hád áyil e'hád kevassím bene-chaná chiv'á temimím
2 Et faites un holocauste, un parfum, favorable au SEIGNEUR : un jeune taureau, un bélier, sept agneaux sans défaut.
וּמִנְחָתָם סֹלֶת בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן שְׁלֹשָׁה עֶשְׂרֹנִים לַפָּר שְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים לָאָיִל׃
oumin'hatám sólet beloulá vachámen chelochá esroním lappár chené esroním la'ayil
3 Et l'offrande avec eux : farine solet, mêlée d'huile, trois dixièmes d'éfa pour le taureau et deux dixièmes d'éfa pour le bélier.
וְעִשָּׂרוֹן אֶחָד לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד לְשִׁבְעַת הַכְּבָשִׂים׃
ve'issarón e'hád lakkéves ha'e'hád lechiv'át hakkevassím
4 Et un dixième d'éfa pour chaque agneau, pour chacun des sept agneaux.
וּשְׂעִיר־עִזִּים אֶחָד חַטָּאת לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם׃
ous'ir-izzím e'hád 'hattát lekhappér alekhém
5 Et un bouc en sacrifice de purification du péché, afin d'expier pour vous.
מִלְּבַד עֹלַת הַחֹדֶשׁ וּמִנְחָתָהּ וְעֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתָהּ וְנִסְכֵּיהֶם כְּמִשְׁפָּטָם לְרֵיחַ נִיחֹחַ אִשֶּׁה לַיהוָה׃
millevád olát ha'hódech oumin'hatá ve'olát hattamíd oumin'hatá veniskehém kemichpatám leréya'h ni'hóa'h iché ladonáy
6 Tout cela – en plus des sacrifices de la néoménie et de ses offrandes, en plus des sacrifices quotidiens et de leurs libations, tout selon la prescription, en parfum agréable au SEIGNEUR.
Au premier jour du septième mois, il se trouve donc qu'il y a : le sacrifice perpétuel – tamíd, celui qui est offert chaque jour, quel que soit le jour où l'on se trouve ; le sacrifice qui est offert à la néoménie, comme en un jour particulier ; et encore un sacrifice particulier, lié à Yom Troua (au Jour du Son de trompette). Nous continuons à parler des fêtes du septième mois, le mois de tichreï, le mois d'automne.
וּבֶעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי הַזֶּה מִקְרָא־קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם וְעִנִּיתֶם אֶת־נַפְשֹׁתֵיכֶם כָּל־מְלָאכָה לֹא תַעֲשׂוּ׃
ouve'assór la'hódech hachevi'í hazzé mikra-kódech yihye lakhém ve'innitém et-nafchotekhém kol-melakhá lo ta'assoú
7 Et au dixième jour de ce même septième mois il y aura pour vous une sainte assemblée, et tourmentez (littéralement rendez pauvres, aní – pauvre) vos âmes, ne faites aucun travail.
Au chapitre 23 du livre Vayikra ce jour est appelé Yom haKippourim (Jour de l'Expiation). En ce jour il est d'usage de jeûner d'un jeûne sec, de s'abstenir de l'intimité conjugale, de l'onction d'huile, de se laver à l'eau chaude, de porter des chaussures souples en cuir. C'est ainsi qu'est comprise l'injonction tourmentez vos âmes.
וְהִקְרַבְתֶּם עֹלָה לַיהוָה רֵיחַ נִיחֹחַ פַּר בֶּן־בָּקָר אֶחָד אַיִל אֶחָד כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה שִׁבְעָה תְּמִימִם יִהְיוּ לָכֶם׃
vehikravtém olá ladonáy réya'h ni'hóa'h par ben-bakár e'hád áyil e'hád kevassím bene-chaná chiv'á temimím yihyoú lakhém
8 Et apportez un holocauste au SEIGNEUR, en parfum favorable : un taureau d'un an, un bélier, et des agneaux d'un an, sept agneaux sans défaut, qu'ils soient pour vous.
וּמִנְחָתָם סֹלֶת בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן שְׁלֹשָׁה עֶשְׂרֹנִים לַפָּר שְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים לָאַיִל הָאֶחָד׃
oumin'hatám sólet beloulá vachámen chelochá esroním lappár chené esroním la'áyil ha'e'hád
9 Et avec lui une offrande : farine solet, mêlée d'huile : trois dixièmes d'éfa pour chaque taureau, deux dixièmes d'éfa pour chaque bélier.
עִשָּׂרוֹן עִשָּׂרוֹן לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד לְשִׁבְעַת הַכְּבָשִׂים׃
issarón issarón lakkéves ha'e'hád lechiv'át hakkevassím
10 Et un dixième d'éfa pour chaque agneau, pour les sept agneaux.
שְׂעִיר־עִזִּים אֶחָד חַטָּאת מִלְּבַד חַטַּאת הַכִּפֻּרִים וְעֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתָהּ וְנִסְכֵּיהֶם׃
se'ir-izzím e'hád 'hattát millevád 'hattát hakkippourím ve'olát hattamíd oumin'hatá veniskehém
11 Un bouc en sacrifice 'hatat, en plus du sacrifice de purification du péché de l'expiation, et du sacrifice perpétuel, et de leurs offrandes, et de leurs libations.
C'est-à-dire qu'à chacune des fêtes dont nous parlons, on offre des sacrifices supplémentaires, en plus de ceux qui sont accomplis chaque jour. À chaque fête du SEIGNEUR nous offrons des sacrifices supplémentaires.
À partir du verset 12 la Torah parle de la fête de Soukkot (des Cabanes). Une fête très inhabituelle, avec un ordre de sacrifices très inhabituel.
וּבַחֲמִשָּׁה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי מִקְרָא־קֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ וְחַגֹּתֶם חַג לַיהוָה שִׁבְעַת יָמִים׃
ouva'hamichá assár yom la'hódech hachevi'í mikra-kódech yihyé lakhém kol-melékhet avodá lo ta'assoú ve'haggotém 'hag ladonáy chiv'át yamím
12 Et au quinzième jour du septième mois il y aura pour vous une sainte assemblée, ne faites aucun travail, et fêtez une fête au SEIGNEUR sept jours.
וְהִקְרַבְתֶּם עֹלָה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה פָּרִים בְּנֵי־בָקָר שְׁלֹשָׁה עָשָׂר אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם יִהְיוּ׃
vehikravtém olá iché réya'h ni'hóa'h ladonáy parím bene-vakár chelochá assár elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'á assár temimím yihyou
13 Et offrez un holocauste, un parfum, agréable pour le SEIGNEUR : de jeunes taureaux – treize, deux béliers et quatorze agneaux d'un an, sans défaut qu'ils soient.
L'ordre des sacrifices à la fête de Soukkot est inhabituel. Le premier jour on offre en sacrifice treize taureaux, puis douze taureaux, onze taureaux et ainsi de suite, et le septième jour on offre sept taureaux. Au total (13+12+11+10+9+8+7) cela fait soixante-dix taureaux, ce qui correspond aux soixante-dix peuples du monde. Et dans la fête de Soukkot elle-même, et dans ses sacrifices, il y a un lien profond avec les peuples du monde. Nous lisons chez le prophète Zkharya (14,16–18) : « Et il arrivera que chacun de ceux qui resteront de tous ces peuples, qui étaient venus contre Yérouchalaïm, montera d'année en année pour se prosterner devant le Roi, le SEIGNEUR Tsvaot, et pour fêter la fête de Soukkot. Et il arrivera : celle des tribus de la terre qui ne montera pas à Yérouchalaïm pour se prosterner devant le Roi, le SEIGNEUR Tsvaot, – il n'y aura pas de pluie sur elles. Et si la tribu égyptienne ne monte pas et ne vient pas, il n'y aura pas chez eux (de crue du Nilus). Ce sera le fléau dont le SEIGNEUR frappera les peuples qui ne monteront pas fêter la fête de Soukkot ». Le prophète Zkharya prophétise que tous les peuples du monde viendront à Jérusalem fêter Soukkot. C'est pourquoi c'est justement la fête de Soukkot qui est liée aux peuples du monde, liée à la soukká de David. On m'interroge souvent sur le tabernacle de David qui tombe (ainsi dans la traduction synodale et dans quelques autres traductions, Amos 9,11). Dans le texte original, c'est la soukká (maison) de David, c'est la préfiguration du royaume de David, la préfiguration du Temple de Chlomo, où viendront tous les peuples, viendront et seront dans une seule soukka, dans une seule cabane, et il y aura une fête de Soukkot commune. Et si les Égyptiens ne viennent pas fêter, il n'y aura pas chez eux de crue, et ce sera un châtiment pour l'Égypte et un châtiment pour tous les peuples qui ne monteront pas fêter la fête commune de Soukkot. C'est pourquoi, comme manifestation de sollicitude, déjà dans la Tente d'assignation de Moché, à la fête de Soukkot, en sept jours on offrait soixante-dix taureaux pour les soixante-dix peuples du monde. Et pourquoi offre-t-on quatorze agneaux d'un an, et non sept, comme aux autres fêtes ? Les commentateurs expliquent qu'à Soukkot la joie du peuple est double, parce que la récolte est rassemblée, le résultat de tous nos travaux est devant nous, c'est pourquoi il y a un degré supplémentaire de joie.
וּמִנְחָתָם סֹלֶת בְּלוּלָה בַשָּׁמֶן שְׁלֹשָׁה עֶשְׂרֹנִים לַפָּר הָאֶחָד לִשְׁלֹשָׁה עָשָׂר פָּרִים שְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים לָאַיִל הָאֶחָד לִשְׁנֵי הָאֵילִם׃
oumin'hatám sólet beloulá vachámen chelochá esroním lappár ha'e'hád lichlochá assár parím chené esroním la'áyil ha'e'hád lichné ha'elím
14 Et avec eux une offrande : farine mêlée d'huile, trois dixièmes d'éfa par taureau, pour tous les treize taureaux, deux dixièmes d'éfa pour chaque bélier des deux.
וְעִשָּׂרוֹן עִשָּׂרוֹן לַכֶּבֶשׂ הָאֶחָד לְאַרְבָּעָה עָשָׂר כְּבָשִׂים׃
ve'issarón issarón lakkéves ha'e'hád le'arba'á assár kevassím
15 Et un dixième d'éfa pour chaque agneau, pour les quatorze agneaux.
וּשְׂעִיר־עִזִּים אֶחָד חַטָּאת מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד מִנְחָתָהּ וְנִסְכָּהּ׃
ous'ir-izzím e'hád 'hattát millevád olát hattamíd min'hatá veniská
16 Et un bouc en sacrifice de purification du péché, en plus du sacrifice tamíd (sacrifice perpétuel), de ses offrandes et de ses libations.
וּבַיּוֹם הַשֵּׁנִי פָּרִים בְּנֵי־בָקָר שְׁנֵים עָשָׂר אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם׃
ouvayom hachení parím bene-vakár cheném assár elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'áDans la translittération russe, deux lettres du mot « quatorze » sont interverties (« abraá ») ; nous suivons l'hébreu : arba'á. assár temimím
17 Et le deuxième jour : douze jeunes taureaux, deux béliers, et des agneaux d'un an – quatorze sans défaut.
On peut poser la question : pourquoi le Très-Haut n'a-t-il pas ordonné d'offrir chacun des sept jours de Soukkot dix jeunes taureaux en sacrifice pour les peuples du monde ? En sept jours cela aurait aussi fait soixante-dix taureaux. Pourquoi doit-il y avoir une répartition si étrange, que le premier jour treize, et le deuxième jour – douze et ainsi de suite ? Pourquoi le nombre de taureaux diminue-t-il ? Parce que c'est comme une résistance que surmonte Israël en offrant un sacrifice pour les peuples du monde. L'impureté qui sépare les peuples du monde du Très-Haut diminue avec chaque jour, et avec chaque jour il faut de moins en moins de sacrifices pour purifier les peuples du monde. Il y a là beaucoup de profondeur, que nous ne pouvons tout simplement pas toucher ici.
וּמִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם לַפָּרִים לָאֵילִם וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כַּמִּשְׁפָּט׃
oumin'hatám veniskehém lapparím la'elím velakkevassím bemisparám kammichpát
18 Et leurs offrandes, et leurs libations : pour les taureaux, pour les béliers, et pour les agneaux selon leur nombre, selon la règle établie pour eux.
וּשְׂעִיר־עִזִּים אֶחָד חַטָּאת מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתָהּ וְנִסְכֵּיהֶם׃
ous'ir-izzím e'hád 'hattát millevád olát hattamíd oumin'hatá veniskehém
19 Et un bouc de purification du péché, en plus du sacrifice perpétuel, avec son don et sa libation.
וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי פָּרִים עַשְׁתֵּי־עָשָׂר אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם׃
ouvayom hachelichí parím achte-assár elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'á assár temimím
20 Et le troisième jour : onze taureaux, deux béliers et des agneaux d'un an – quatorze sans défaut.
וּמִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם לַפָּרִים לָאֵילִם וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כַּמִּשְׁפָּט׃
oumin'hatám veniskehém lapparím la'elím velakkevassím bemisparám kammichpátLa translittération russe écrit « kapichpát » ; nous suivons l'hébreu, qui porte kammichpát (« selon la règle »).
21 Et leur offrande, et leur libation : aux taureaux, aux béliers et aux agneaux selon leur nombre et selon ce qui est prescrit pour eux.
וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתָהּ וְנִסְכָּהּ׃
ous'ír 'hattát e'hád millevád olát hattamíd oumin'hatá veniská
22 Et un bouc pour le péché, en plus du sacrifice perpétuel et de son offrande, et sa libation.
וּבַיּוֹם הָרְבִיעִי פָּרִים עֲשָׂרָה אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם׃
ouvayom harevi'í parím assará elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'á assár temimím
23 Et le quatrième jour : dix taureaux, et deux béliers, et quatorze agneaux d'un an sans défaut.
מִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם לַפָּרִים לָאֵילִם וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כַּמִּשְׁפָּט׃
min'hatám veniskehém lapparím la'elím velakkevassím bemisparám kammichpát
24 Leur offrande et leur libation : aux taureaux, aux béliers et aux agneaux – selon le nombre prescrit pour eux.
וּשְׂעִיר־עִזִּים אֶחָד חַטָּאת מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד מִנְחָתָהּ וְנִסְכָּהּ׃
ous'ir-izzím e'hád 'hattát millevád olát hattamíd min'hatá veniská
25 Et un bouc de purification du péché, en plus du sacrifice perpétuel et de ses offrandes, et de ses libations.
וּבַיּוֹם הַחֲמִישִׁי פָּרִים תִּשְׁעָה אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם׃
ouvayom ha'hamichí parím tich'á elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'á assár temimím
26 Et le cinquième jour : neuf taureaux, deux béliers et des agneaux d'un an – quatorze sans défaut.
וּמִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם לַפָּרִים לָאֵילִם וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כַּמִּשְׁפָּט׃
oumin'hatám veniskehém lapparím la'elím velakkevassím bemisparám kammichpát
27 Et leur offrande et leur libation : aux taureaux, aux béliers et aux agneaux selon leur nombre, comme il leur est prescrit.
וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתָהּ וְנִסְכָּהּ׃
ous'ír 'hattát e'hád millevád olát hattamíd oumin'hatá veniská
28 Et un bouc en sacrifice de purification du péché, en plus du sacrifice perpétuel et de ses offrandes, et de ses libations.
וּבַיּוֹם הַשִּׁשִּׁי פָּרִים שְׁמֹנָה אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם׃
ouvayom hachichíDans la translittération russe, le mot « le sixième » commence par une lettre erronée ; nous suivons l'hébreu : hachichí. parím chemoná elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'á assár temimím
29 Et le sixième jour : huit taureaux, deux béliers, des agneaux d'un an – quatorze sans défaut.
וּמִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם לַפָּרִים לָאֵילִם וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כַּמִּשְׁפָּט׃
oumin'hatám veniskehém lapparím la'elím velakkevassím bemisparám kammichpát
30 Et leurs offrandes, et leurs libations : aux taureaux, aux béliers et aux agneaux selon leur nombre, comme il est prescrit.
וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד מִנְחָתָהּ וּנְסָכֶיהָ׃
ous'ír 'hattát e'hád millevád olát hattamíd min'hatá ounsakhéha
31 Et un bouc en sacrifice de purification du péché, en plus du sacrifice perpétuel, de son offrande et de sa libation.
וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי פָּרִים שִׁבְעָה אֵילִם שְׁנָיִם כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה אַרְבָּעָה עָשָׂר תְּמִימִם׃
ouvayom hachevi'í parím chiv'á elím chenáyim kevassím bene-chaná arba'á assár temimím
32 Et le septième jour : taureaux – sept, béliers – deux, et quatorze agneaux d'un an sans défaut.
וּמִנְחָתָם וְנִסְכֵּהֶם לַפָּרִים לָאֵילִם וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כְּמִשְׁפָּטָם׃
oumin'hatám veniskehém lapparím la'elím velakkevassím bemisparám kemichpatám
33 Et leur offrande, et leur libation : pour les taureaux, les béliers et les agneaux selon leur nombre, comme il leur est prescrit.
וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד מִנְחָתָהּ וְנִסְכָּהּ׃
ous'ír 'hattát e'hád millevád olát hattamíd min'hatá veniská
34 Et un bouc de purification du péché, en plus de l'holocauste perpétuel, de son offrande et de sa libation.
Ici la Torah termine la description des sacrifices liés à la fête de Soukkot, et maintenant elle va parler de la dernière fête de cette liste, du jour qu'on appelle Chémini-Atséret (Assemblée du huitième jour). Ce jour, directement lié à Soukkot, a une signification propre, il est consacré au retour des cabanes à la maison. Quand nous vivons dans les cabanes, nous sommes dans des logements provisoires, c'est comme un symbole du monde provisoire. Nous vivons dans notre condition provisoire, nous ressentons notre condition provisoire et nous ressentons la dépendance envers le Très-Haut. C'est le souvenir de la manière dont nous avons vécu dans ces cabanes, dans ces tentes, comme on dit : « Dans les nuées de gloire, au temps de la sortie d'Égypte ». À la fin de cette fête, la fête de Soukkot, on célèbre Chémini-Atséret, ce qui, selon certaines opinions, signifie la fête du retour à la maison, du retour de la soukka dans l'habitation permanente. Dans le pays d'Israël, ce jour-là, on célèbre encore la fête de Sim'hat-Torah (Joie de la Torah). Ce jour-là, la lecture de la Torah s'achève et recommence, depuis le tout début, depuis la section Béréchit, et en un an (au cours de chaque année) on lit toute la Torah du début à la fin. Et le début et la fin de la lecture de la Torah sont liés à la fête de Chémini-Atséret, c'est pourquoi, selon la tradition, on l'appelle aussi Sim'hat-Torah.
בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי עֲצֶרֶת תִּהְיֶה לָכֶם כָּל־מְלֶאכֶת עֲבֹדָה לֹא תַעֲשׂוּ׃
bayom hacheminí atséret tihyé lakhém kol-melékhet avodá lo ta'asoú
35 Au huitième jour, il y aura pour vous une assemblée de fête, ne faites aucun travail en ce jour.
וְהִקְרַבְתֶּם עֹלָה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה פַּר אֶחָד אַיִל אֶחָד כְּבָשִׂים בְּנֵי־שָׁנָה שִׁבְעָה תְּמִימִם׃
vehikravtém olá iché réya'h ni'hóa'h ladonáy par e'hád áyil e'hád kevassím bene-chaná chiv'á temimím
36 Et offrez en holocauste, en parfum, agréable au SEIGNEUR : un taureau, un bélier, et sept agneaux d'un an sans défaut.
מִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם לַפָּר לָאַיִל וְלַכְּבָשִׂים בְּמִסְפָּרָם כַּמִּשְׁפָּט׃
min'hatám veniskehém lappár la'áyil velakkevassím bemisparám kammichpát
37 Et leur offrande, et leur libation : pour le taureau, pour le bélier et pour les agneaux – selon leur nombre, comme il leur est prescrit.
וּשְׂעִיר חַטָּאת אֶחָד מִלְּבַד עֹלַת הַתָּמִיד וּמִנְחָתָהּ וְנִסְכָּהּ׃
ous'ír 'hattát e'hád millevád olát hattamíd oumin'hatá veniská
38 Et un bouc de purification du péché, en plus du sacrifice perpétuel, et de son offrande, et de sa libation.
אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיהוָה בְּמוֹעֲדֵיכֶם לְבַד מִנִּדְרֵיכֶם וְנִדְבֹתֵיכֶם לְעֹלֹתֵיכֶם וּלְמִנְחֹתֵיכֶם וּלְנִסְכֵּיכֶם וּלְשַׁלְמֵיכֶם׃
élle ta'asoú ladonáy bemo'adekhém levád minnidrekhém venidvotekhém le'olotekhém oulmin'hotekhém oulniskekhém oulchalmekhém
39 Faites cela au SEIGNEUR en vos fêtes (temps fixés), en plus de ce dont vous avez fait vœu, et de vos sacrifices volontaires : de vos holocaustes, de vos offrandes de céréales, de vos libations, de vos sacrifices de paix ».
Ici on peut voir dans le mot mo'adím (fêtes) encore une autre signification – temps fixés, c'est-à-dire le temps du rendez-vous fixé avec le Très-Haut : à certains jours de l'année, le Très-Haut nous fixe un rendez-vous. Il arrive que nous devions venir à Lui, il arrive qu'Il vienne à nous. Ainsi, le Très-Haut dit : « Apportez ces sacrifices au temps fixé », et la Torah énumère tous les sacrifices que le peuple doit apporter, tout l'horaire des rencontres de l'année entre le peuple et le Très-Haut.
Ici nous rencontrons encore un exemple d'une division en chapitres complètement incompréhensible. Le verset suivant termine notre thème, il serait bien qu'il soit à la fin du chapitre 29. Mais c'est déjà le verset 1 du chapitre 30.
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּכֹל אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃
vayomer moché el-bené yisraél kekhól acher-tsivvá adonáy et-moché
1 Et Moché redit aux fils d'Israël tout ce que le SEIGNEUR avait ordonné à Moché.
Comme nous l'avons déjà dit, après que le Très-Haut a chargé Yéhochoua ben Noun d'introduire Israël dans la Terre promise, Il rappelle les sacrifices perpétuels et parle des sacrifices supplémentaires, parle des fêtes. En hébreu, le mot fête ('hag) n'a pas le sens de être oisif, libre de quelque chose. Le mot hébreu 'hag (du verbe la'hoúg, décrire des cercles) – c'est un certain point sur le cercle, un certain terme, un certain temps, où doivent se produire certains changements. De même, le mot mo'éd (fête, terme) – c'est le temps où il faut témoigner et rendre compte de certaines de ses actions. Ou, comme je l'ai déjà dit, c'est le temps du rendez-vous fixé avec le Très-Haut.
Si un ami est découragé
Je voudrais, avec l'aide de Dieu, aborder dans cet entretien le thème du désespoir. Plus précisément, parler de la manière d'aider un homme s'il est dans le désespoir et l'abattement. Dans le passage prophétique (premier livre de Mélakhim, 18,49–19,21), qui est lu avec notre section hebdomadaire Pin'has, il est question du prophète Éliyahou. Il existe différentes coutumes concernant la lecture de ce passage prophétique, mais nous, conformément à notre thème, lirons les versets 1 à 8 du chapitre 19. Les événements se produisent après que le prophète Éliyahou (nous l'avons lu au chapitre 18 du livre) a remporté une victoire convaincante dans le duel avec les prophètes de Ba'al. Les prophètes de Ba'al sont anéantis, et, semble-t-il, la voici, la victoire de la foi en un Dieu Unique, tout le peuple a reconnu le Dieu Unique, et c'est le temps de triompher et d'être dans l'euphorie du succès. Et voici ce que nous lisons au début du chapitre 19 :
1. Et A'hav raconta à Izével tout ce qu'avait fait Éliyahou, et comment il avait tué par l'épée tous les prophètesLe texte russe porte ici « tous les vices », un mot qui en russe ne diffère de « prophètes » que d'une lettre. Il s'agit manifestement d'une coquille ; la traduction suit le sens (les prophètes de Ba'al)..
2. Et Izével envoya un messager dire à Éliyahou : « Que les dieux me fassent ceci et cela (de mal), et plus encore (que cela), si demain, à cette même heure, je ne fais pas à ta vie la même chose que ce qui (a été fait) à la vie de chacun d'eux ».
C'est-à-dire : « Comme tu as tué mes prophètes bien-aimés de mon Ba'al bien-aimé, de la même manière je t'anéantirai, Éliyahou ». Éliyahou comprend qu'il y a dans le peuple juif une telle tumeur cancéreuse étrangère du nom d'Izével, qui porte en elle le culte de Ba'al. Elle ne se trouve pas simplement sur le trône, elle empoisonne le peuple par son pouvoir. Et le prophète, au lieu de triompher, doit, en fait, agir pour sauver sa vie. Voici ce que nous lisons ensuite :
3. Voyant (cela), il se leva et s'en alla pour (sauver) sa vie, et il arriva à Béer-Chéva, qui est en Judée, et il laissa là son jeune serviteur.
4. Et il s'en alla dans le désert à une journée de chemin et, arrivé, il s'assit sous (un buisson de) genêt, et il demanda la mort pour son âme, et dit : « Assez ; maintenant, SEIGNEUR, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères ».
Éliyahou reste tout seul. Et le désespoir le saisit : « Je n'arrive à rien. Je n'ai fait face à rien. Ce qui semblait une victoire ne s'est pas avéré une victoire. Je ne suis pas digne de la vie, reprends-moi, SEIGNEUR ! »
5. Et il se coucha, et s'endormit sous le buisson de genêt. Et voici, un ange le toucha et lui dit : lève-toi, mange.
Avant tout – le toucher. L'ange ne l'appelle pas en se tenant à l'écart, l'ange le touche, lui tapote l'épaule. Le toucher – c'est très important. Il est important aussi que ce soit un ange qui le fasse. Le mot hébreu mal'ákh, tout comme le grec ággelos (angelós), signifie envoyé, messager. Et il ne suffit pas simplement de toucher un homme, il ne suffit pas simplement de vouloir – et de toucher. Quand tu le touches pour le relever d'un certain désespoir, d'un certain abattement, il faut ressentir que tu es à ce moment-là un ange, que tu accomplis une mission divine, que tu n'agis pas comme ça, mais que tu transmets à l'homme la Lumière de Dieu, que tu agis au nom de Dieu. Et l'ange ne lui dit pas : « Prie ! », « Repens-toi ! » ou « Entre dans l'état prophétique ! », ou quelque chose de semblable. L'ange dit : « Lève-toi, mange ». C'est-à-dire qu'avant tout, quand nous disons : « Le SEIGNEUR t'aime », – cela peut consister en une assiette de soupe : le SEIGNEUR t'aime, et c'est pourquoi prends et mange. C'est le souci des tout premiers besoins de l'homme. Que se passe-t-il alors avec Éliyahou ?
6. Et il regarda, et voici, à son chevet, une galette cuite sur les braises, et une gourde d'eau. Et il mangea, et il but, et il se coucha de nouveau.
C'est-à-dire, semble-t-il, ce n'est pas l'ange qui lui a apporté la nourriture, ici cela n'est pas dit. Il s'est réveillé, il est revenu à lui et a vu que tout le nécessaire, il l'avait déjà : une galette cuite sur les braises et une gourde d'eau – tout pour satisfaire ses besoins fondamentaux, il l'a. Il a mangé et il nous semble que voilà, maintenant il va se lever, prier de nouveau, entrer dans l'état prophétique, se repentir, écrire encore un livre et rencontrer encore quelqu'un. Mais non, il a mangé et s'est couché de nouveau. Du premier coup, parfois, ça ne marche pas, même à un ange, parfois, ça ne réussit pas du premier coup.
7. Et l'ange du SEIGNEUR revint, une seconde fois, le toucha et dit : lève-toi, mange, car un long chemin est devant toi ».
L'ange vient et le touche de nouveau, de nouveau le toucher, c'est-à-dire qu'il se produit un contact, un contact corporel. L'ange le touche et dit : « Mange, car un long chemin est devant toi. Tu as encore beaucoup à faire, le Créateur a encore besoin de toi, le Très-Haut a encore besoin de toi, on attend encore quelque chose de toi dans ce monde. Lève-toi et mange ». Et ce n'est pas simplement un tel mange, parce que Dieu t'aime. Dieu veut t'utiliser, Dieu a besoin de ton service dans ce monde. Bien sûr, en réalité Dieu n'a besoin de rien, mais Il a un plan concernant ton service, tu es nécessaire à Dieu pour le service, tu es un instrument pour la révélation de la lumière de Dieu dans le monde, c'est pourquoi un long chemin est encore devant toi.
On peut se rappeler l'histoire de Chlomo Carlebach, le rabbin chantant, à propos d'un homme qui avait vu une femme en train de se noyer. Il s'est jeté à l'eau après elle, il la suppliait de toutes les manières : « Reviens ! Tu as encore beaucoup à faire ! On a besoin de toi ! Dieu t'aime ! Ne gâche pas ta vie ! » Et elle dit : « Non ! Laissez-moi mourir tranquille. Écoute, qu'est-ce que tu as à t'accrocher à moi ? Laisse-moi me noyer tranquille ». Alors il a dit : « D'accord, ta vie t'est indifférente. Mais moi, alors ? Je ne sais pas nager, je vais me noyer sans toi, je vais périr sans toi, c'est moi qui ai besoin de toi ! » Et alors elle s'est précipitée pour le sauver, l'a tiré sur le rivage et, comme le dit cette parabole, a commencé une nouvelle vie. C'est pourquoi (et c'est important) tu n'es pas seulement nécessaire à Dieu, tu n'es pas seulement important pour le service du Très-Haut, tu es important pour moi. L'homme a besoin de sentir qu'il est nécessaire non seulement au Très-Haut, mais aussi à celui qui est en relation avec lui, à son prochain. Il est nécessaire et important de le rappeler à l'homme afin de le rétablir, afin de le ramener, de le relever du désespoir et de l'abattement dans lesquels nous nous trouvons souvent, et nous-mêmes, et nos prochains. Voilà la recette que donne l'Écriture.
8. Et il se leva, mangea, et but, et il marcha par la force de ce repas quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, 'Horev.
Nous voyons qu'après cela Éliyahou se leva, mangea, et ce repas, qui lui avait été donné avec l'instruction : « Tu as encore toute la vie devant toi, tu dois encore faire beaucoup de choses », ce repas lui suffit pour quarante jours et quarante nuits de chemin, cela lui suffit pour commencer une conversation avec le Très-Haut. Pour que, depuis ce désespoir, depuis ce « prends mon âme, je ne veux plus rien », il se tourne vers le Très-Haut par la prière et commence à chercher auprès de Lui des réponses, commence à réaliser sa relation avec le Très-Haut. Éliyahou n'est pas un homme simple : c'est un homme qui est en communion avec le Très-Haut, qui connaît le Très-Haut, on peut dire l'un des plus puissants prophètes dont nous lisons l'histoire dans le Tanakh. Mais nous voyons que lui aussi connaissait des temps de désespoir et d'abattement. Cela arrive à tout le monde. Le Très-Haut prend soin de le sortir de cette situation, et par là même donne aussi à nous des instructions pratiques importantes sur la manière d'aider nos prochains qui se sont retrouvés dans le désespoir et l'abattement. Le Saint, béni soit-Il, nous donnera la sagesse d'agir sagement, avec discernement et avec amour envers tous nos amis qui sont dans l'abattement, qui sont dans l'affliction, qui sont en dépression, qui souffrent. Bien sûr, il existe une aide professionnelle, mais nous avons, en tant que prochains, notre service à l'égard de ces personnes.
Les malédictions dans notre vie
Les sections hebdomadaires Balak et Pin'has sont une bonne occasion de parler des malédictions, de la manière dont nous-mêmes, par mégarde, pouvons amener la malédiction dans notre vie et dans la vie des gens qui nous entourent. Non, il ne sera pas question d'une quelconque mystique, nous essaierons de nous en passer presque complètement.
Dans la Torah, il y a trois mots qui désignent la malédiction. Le premier mot, klalá, vient de la même racine, kouf-lámed-lámed, que le mot kal – léger, qui ne vaut rien. Ce mot peut être employé quand nous dédaignons certains talents, certaines capacités, possibilités, les nôtres ou celles de notre entourage, quand nous dédaignons notre propre dignité ou la dignité de ceux qui nous entourent. Par exemple, nous avons un enfant qui grandit et il a un talent pour la musique ou pour le dessin, mais nous disons : « Où veux-tu aller, toi, être peintre ? Où veux-tu aller, toi, entrer à l'école des beaux-arts ? Va à l'école de zootechnie, elle est à côté, et il est facile d'y entrer. Où vas-tu aller étudier ? Où est-ce que tu te fourres, à quoi est-ce que tu prétends ? »
C'est-à-dire que ce « tu ne pourras jamais devenir », ou « je ne pourrai jamais devenir », ou « ce n'est pas pour toi, ce n'est pas pour nous » – c'est le dédain envers un certain talent donné par Dieu. Souvent nous ne voulons pas voir ces talents, ces capacités chez les enfants parce que nous voulons développer en eux quelque chose d'autre. Nous n'avons pas réussi à devenir quelqu'un – par exemple, nous voulions danser dans un ballet, et c'est pourquoi nous voulons que notre fille danse dans un ballet. Peut-être qu'elle ne le veut pas du tout, elle veut dessiner, mais nous, nous voulons autrement, et son talent pour le dessin, qui vient de Dieu, nous l'étouffons. Certaines de ses capacités, un certain potentiel qui est le sien se trouvent dédaignés par nous. De même, nous pouvons dédaigner un certain potentiel qui est le nôtre, et cela – c'est klalá. Quand nous, lourds, pesants, dignes (mekhoubadím), méprisonsLa phrase russe peut se comprendre de deux façons : « quand nous, lourds, pesants, dignes, méprisons » ou « quand nous méprisons ce qui est lourd, pesant, digne ». La traduction garde l'ordre des mots de l'original., changeons la dignité divine en quelque chose de méprisable (mekalelím), quand nous dédaignons ce que Dieu a donné à nos enfants, ce qui peut se manifester en eux, faire d'eux des gens heureux, accomplis, alors par là même nous apportons inconsciemment dans notre vie et dans la vie de nos enfants la malédiction. Je pense que chacun trouvera une multitude d'exemples de la manière dont cela agit dans sa propre vie et, peut-être, dans la vie des gens qui l'entourent, des enfants, quand nous fermons le chemin à la bénédiction de Dieu. Dans le livre de Béréchit, au chapitre 49, nous lisons comment le Patriarche Yaakov bénit ses fils, et au verset 28 il est dit : « Il bénit chacun selon sa bénédiction », c'est-à-dire qu'il bénit ce par quoi ses enfants avaient déjà été bénis par le SEIGNEUR. Il bénit les capacités qu'ils avaient, les traits de caractère qu'ils avaient – là où la lumière divine s'était déjà manifestée en eux, en cela il les bénit. C'est très important – bénir en ce en quoi notre enfant est déjà béni.
Un autre exemple concerne les situations où nous dédaignons notre propre dignité. Nous nous sommes retrouvés dans une file d'attente où tout le monde se bouscule et crie. D'abord nous attendions calmement, puis soudain nous avons été gagnés par l'humeur générale et nous nous sommes mis, nous aussi, à bousculer et à crier. Ou bien nous avons l'habitude de respecter la propreté et de ne jeter les papiers que dans la poubelle. Mais, arrivés dans un lieu jonché d'ordures, un lieu où il y a des maisons aux fenêtres cassées, nous commençons, nous aussi, à jeter les déchets directement sous nos pieds. De même, nous pouvons adopter le langage de ceux avec qui nous sommes en relation. Si soudain nous nous retrouvons dans un milieu où le langage est impur, nous pouvons attraper ce langage impur. On peut dédaigner sa dignité et se rendre léger, pour qu'il soit plus facile de vivre. C'est une malédiction exactement du même type, la malédiction klalá, du mot kal (léger), comme nous l'avons déjà dit.
Un autre mot pour désigner la malédiction – c'est le mot me'ará. Il a la même racine, álef-vav-reich, que le mot or (lumière), aussi étrange que cela puisse paraître. Un excès de lumière peut transformer la bénédiction en malédiction si, pour parler entre guillemets, on nous bénit par ce que nous ne pouvons pas recevoir, si l'on charge sur nous ce que nous ne pouvons pas porter. Dans le livre de Dévarim (28,30–31) nous lisons : « Tu te fianceras à une femme, mais un autre homme couchera avec elle ; tu bâtiras une maison, mais tu n'y habiteras pas ; tu planteras une vigne, mais tu ne l'entameras pas. Ton bœuf est égorgé sous tes yeux, mais tu n'en mangeras pas ; ton âne t'est enlevé de force, et il ne te reviendra pas ; tes brebis sont livrées à tes ennemis, et personne ne t'aidera ». C'est l'état aroúr (maudit), quand l'homme est au pouvoir de la malédiction me'ará. C'est-à-dire que tu as une femme, tu as une maison, tu as une vigne, tu as un bœuf, tu as un âne, tu as des brebis, mais d'aucune de ces choses tu ne peux recevoir de bénédiction, parce que tu n'as pas de récipient pour contenir cette bénédiction.
Il y a des situations (habituellement cela se passe dans les pays d'Orient) où l'on marie une petite fille à sept, ou neuf, ou treize ans, et parfois même à trois ans. Il semblerait, bien sûr, que le mariage soit une bénédiction pour une jeune fille, mais à cet âge il se transforme pour elle en malédiction. Il arrive que la fillette meure, mette fin à ses jours, et si elle vit, sa vie est gâchée. C'est aussi me'ará.
Une femme bonne m'a écrit un jour : « J'ai accumulé ici une dîme, dix mille dollars, et à côté vivent des toxicomanes dans une maison abandonnée. Peut-être que je vais leur donner ces dix mille dollars, et ils commenceront avec cet argent une nouvelle vie, qu'en pensez-vous ? » Je lui ai répondu : « Cet argent peut tuer les toxicomanes. N'ayant pas certains outils pour commencer avec cet argent une nouvelle vie, ils le dépenseront simplement en drogues, peut-être en des doses telles qu'ils n'y survivront pas ». L'argent qui, pour d'autres, serait une bénédiction, peut faire périr ces gens malheureux, égarés. Les toxicomanes, le mariage précoce – ce sont peut-être des exemples très radicaux, mais de nouveau, en fouillant dans notre vie, on peut trouver comment cela agit. C'est pourquoi le roi Chlomo a dit (Michleï, 30,8) : « Éloigne de moi la vanité et le mensonge, ne me donne ni pauvreté ni richesse : nourris-moi du pain nécessaire ». Pourquoi « ne donne pas de richesse » ? Parce que la richesse, même pour un homme libre de la toxicomanie, peut devenir une malédiction. Et la gloire, et le pouvoir, auxquels l'homme n'est pas prêt, peuvent aussi être pour l'homme une malédiction.
Il arrive aussi qu'un homme travaillait quelque part, réussissait, était, par exemple, un bon chirurgien, un chirurgien doué par Dieu. Vraiment par Dieu, car c'est Dieu qui donne le talent. Et on l'a promu, on l'a fait, pour commencer, médecin-chef de l'hôpital. Il s'est retrouvé dans un travail administratif dont il ne s'acquittait pas très bien, puis il a reçu une bénédiction encore plus grande et il est devenu ministre de la Santé. Et en tant que ministre de la Santé, il peut se révéler absolument incompétent. Voilà une bénédiction qui s'est transformée en malédiction, une abondance de lumière qui s'est transformée en ténèbres.
Ou bien un homme a entrepris la construction d'une maison pour sa famille, mais il a entrepris la construction d'une énorme maison à trois étages, il a pris des crédits pour cette construction, la banque l'a même béni de crédits. Au bout du compte, il n'arrive pas du tout à terminer cette maison, pendant des années la maison reste inachevée, tandis que les enfants grandissent. Et, peut-être, une maison plus petite, l'homme l'aurait construite plus tôt, mais lui-même a apporté dans sa vie une lumière excessive, a apporté me'ará. C'est pourquoi, quand nous demandons une certaine gloire ou un certain argent, il faut aussi être prudents : nous ne pouvons pas porter n'importe quel argent, n'importe quelle nouvelle nomination, ni même n'importe quel service.
Et c'est là le sens du deuxième type de malédiction, du mot me'ará, sa manifestation dans notre vie. Il faut faire une réserve, bien sûr : l'homme doit tendre à plus grand, sinon il tombera sous la malédiction klalá, dont nous avons parlé tout au début. L'homme doit tendre, viser haut, oser, tout cela il faut le faire. Mais il faut aussi mesurer ses possibilités, il faut prier constamment pour que ce que nous recevons, là où nous grandissons, là où le Très-Haut nous fait sortir au large, soit pour nous une bénédiction.
Le troisième mot dont nous parlons, c'est le mot nakóv. Le verbe linkóv signifie appeler les choses par leur nom, percer une ouverture, comme percer un petit trou pour faire sortir quelque chose à la lumière. Il semblerait, qu'y a-t-il là de terrible ?
Les sages disent : « Tout le monde sait pourquoi la fiancée entre dans la chambre nuptiale, mais celui qui en parle à voix haute, celui-là est maudit ». Il y a certaines choses, certaines actions dont il n'est pas d'usage de parler, qu'il est d'usage d'accomplir dans la pudeur. Cela peut être aussi bien des choses naturelles, comme nos besoins naturels, que ce dont nous avons honte. Ces problèmes et ces péchés sont en nous, nous travaillons à les surmonter, mais nous en avons honte et nous ne nous associons pas à eux.
Dans la section hebdomadaire Balak (23,8), nous avons lu comment Bil'am dit : « Que maudirai-je donc, si Dieu n'a pas maudit ? » Ici il emploie ce même verbe linkóv. « Comment puis-je déclarer quelque chose comme étant leur nature, lier quelque chose à leur nature, si Dieu ne l'a pas fait ? » Et Rachi dit ici : « Comment maudirai-je, si Dieu n'a pas maudit ? Même quand ils méritaient la malédiction, quand leur nature se manifestait d'une certaine manière, ils n'ont pas été maudits. Quand leur père, Yaakov, a mentionné leur péché : car dans leur colère ils ont tué un homme, il n'a livré à la malédiction que leur colère, comme il est dit : maudite soit leur colère ». Le Patriarche Yaakov, en bénissant ses enfants, n'a pas dit : « Vous êtes coléreux » et n'a pas lié la colère à la nature des frères. Il n'a maudit que leur colère, pas eux-mêmes. Et nakóv – c'est la malédiction où l'on maudit quelque chose en l'appelant la nature de celui qu'on maudit.
Nous tous pouvons avoir certaines pensées pécheresses, certains désirs pécheurs, quelque chose qui parfois nous frappe nous-mêmes : d'où cela est-il venu en nous ? La profondeur de ce qui se passe dans nos cœurs semble parfois un abîme. Et nous avons l'habitude d'en avoir honte, d'en être gênés, de le cacher, de le dissimuler et d'essayer de le vaincre. C'est pourquoi le langage obscène nous trouble tant, quand on dit en toutes lettres les noms de certains organes, de certaines occupations qu'il n'est pas d'usage de nommer et pour lesquels nous avons des euphémismes.
J'ai été témoin d'une situation où, à l'hôpital psychiatrique Kfar-Cha'oul à Jérusalem, une femme médecin faisait la tournée avec des étudiants et d'autres médecins de l'hôpital. Et un malade dit : « Et pourquoi tu es venue ici m'examiner ? Aujourd'hui, avec ton mari, tu as fait ceci, ceci et cela ». Et pourtant il n'y a rien de honteux dans ce qu'elle faisait avec son mari, quoi que ce fût. Mais cela fait naître une certaine contrainte, une certaine crispation à l'intérieur : « La voilà, ta nature, en réalité tu es impure, en réalité il n'y a absolument rien de bon en toi ». Le langage obscène nous rend impurs, souvent il nous entrave.
Et nous lisons dans la section hebdomadaire Pin'has (25,6–8) : « Et voici, quelqu'un d'Israël vint et approcha de ses frères une Midyanite sous les yeux de Moché et sous les yeux de tout Israël, et eux pleuraient à l'entrée de la Tente d'assignation. Et Pin'has, ben Élazar, ben Aharon-kohen, vit cela, et il se leva de la communauté, et dans sa main une lance. Et il entra à la suite de l'Israélite dans la niche (el-hakoubá), et il les transperça tous les deux, et l'Israélite, et la femme, droit dans son ventre (estomac). Et le fléau cessa parmi les fils d'Israël ».
Il faut faire une remarque sur la traduction. Le mot hakoubá, qui est traduit ici par niche, désigne aussi un bordel ou un repaire, un lieu où l'on peut être soi-même, où l'on peut tout appeler simplement par son nom, être tel que l'on est. Tout cela, je le dis, bien sûr, avec une part d'ironie et de sarcasme. Que s'est-il passé ici ? Un homme a amené une Midyanite sous les yeux de tout Israël. Il n'est gêné par rien, il n'a honte de rien, il dit : « Et vous, quoi, vous ne lorgnez vraiment pas ces Midyanites ? Vous, quoi, vous ne pensez vraiment pas à elles ? Mais vous voulez tous être avec elles, vous êtes tous aussi lubriques que moi. Mais moi, je suis le seul homme ici qui soit venu et l'ait amenée sans me gêner. Allez, arrêtez, pourquoi jouez-vous ici les nobles, pourquoi jouez-vous les croyants, à l'intérieur vous êtes tous pareils, vous avez tous un fond pourri ». Et tout Israël pleurait. Il pleurait parce qu'entendre une telle chose est vraiment très amer. C'est ce que dit cette malédiction qui t'entrave, qui essaie de te dire que tu es impur, que cela est aussi en toi, et, plus encore, que c'est ta nature, dont tu as honte hypocritement, en te faisant passer pour juste.
On rencontre souvent quelque chose de semblable dans la vie : « Tu es contre les marches des fiertés ? Tu es homophobe ? Non, tu n'es pas homophobe, tu es un homosexuel latent. Tu as simplement honte de ton homosexualité, c'est pourquoi tu luttes contre cela, mais en réalité, à l'intérieur, tu es comme nous ». Ou bien on nous dit : « Allez, arrête, pourquoi tu joues les justes ? Allez, arrête, pourquoi tu agis comme ça ? Moi, au moins, je n'ai pas honte, moi, au moins, je suis honnête, mais toi, tu n'es pas seulement un scélérat à l'intérieur, tu es en plus un hypocrite. Toute ta justice, c'est de l'hypocrisie ». C'est un hameçon auquel il est très facile de mordre. Il est souvent très difficile de se rappeler que la justice est notre nouvelle nature, et que ce qu'il y a en nous de pécheur, ce qu'il reste encore en nous d'impur, c'est ce qui s'en va, ce qui meurt, ce que nous surmonterons pour aller plus loin. Parfois il est difficile de se rappeler que nous devons nous associer, nous rapporter précisément à la justice, et non à ce qu'il y a d'impur en nous, quand on nous dit : « Allez, arrête, nous sommes tous comme ça, c'est bien ça que tu veux en réalité, allez, permets-le-toi, ne sois pas une chiffe molle, ne sois pas si juste que ça ».
Et c'est le cas où il ne faut pas se disputer, où il faut agir selon le principe de Pin'has et prendre la lance. Bon, bien sûr, nous ne sommes pas des Pin'has, et nous pouvons simplement cesser, interrompre la conversation. C'est pourquoi on nous dit de ne pas avoir de commerce avec celui qui se nomme frère, mais qui est lui-même débauché, cupide ou idolâtre, calomniateur, ivrogne, escroc. Avec de telles gens il ne faut même pas manger à la même table, entrer dans des discussions, entrer dans de quelconques conversations, dans une quelconque relation, il faut s'en éloigner. Parce que si tu entres en relation, tu commenceras à parler avec le même lexique, tu laisseras cela entrer en toi, tu te permettras d'être pareil. Ce sentiment de sa propre impureté fera naître une contrainte, parfois il peut même paralyser. Et il peut arriver que cette pensée qui n'apparaît que parfois quelque part dans tes profondeurs, qui ne remonte à la surface que pour quelques instants, reçoive soudain de la force à travers cette malédiction, recommence à lutter pour sa survie, recommence à ressusciter des morts en toi. En tout cas, c'est une paralysie, c'est une impureté, c'est une non-liberté qui est liée à cette malédiction. Éloignez-vous de cela. Ainsi vous serez sauvés, ainsi vous vous délivrerez de la malédiction dans votre vie, de cette malédiction qui s'appelle nakóv.
Ce sont là trois malédictions. Sans aucune mystique, elles entrent dans notre vie quotidienne. Nous pouvons attraper l'une d'elles et la porter en nous, et il faut être très attentif et regarder avec vigilance ce qui se passe autour de nous.
Les étoiles, le soleil et la lune
La section hebdomadaire Pin'has est très intéressante, la Torah nous raconte ici beaucoup de choses. Abordons quelques détails importants et intéressants, à mon avis.
Au chapitre 26, au verset 54, le Très-Haut donne une instruction sur le partage de la terre. Et Il dit : « À celui qui est plus grand, donne plus, et à celui qui est plus petit, donne moins ». Et on ne comprend pas très bien à quoi sert une telle répétition. Il est clair que plus la tribu est grande, plus elle doit recevoir de terre. Pourquoi dire qu'il faut donner moins à la tribu plus petite, pourquoi ce deuxième ordre ?
Beaucoup de commentateurs voient ici qu'il ne s'agit pas seulement du partage de la terre. La notion de na'halá (part, propriété foncière, héritage) – ce n'est pas seulement un lieu pour le service que reçoit la tribu. Dans un sens plus large, il s'agit du service de chaque homme en particulier, et il peut être différent.
Par exemple, il y a un homme qui, par son esprit, est enclin à répandre, à porter, enclin à influencer, à agir sur d'autres gens, à attirer d'autres gens. S'il apparaît quelque part, sa présence se fait aussitôt sentir. Il est actif, il parle, il inspire les autres, il entraîne à sa suite. Et il a un tel service : entraîner les gens à sa suite. Mais il y a un autre homme, plus enclin au travail intérieur, qui n'est pas aussi visible. Il est peut-être assis dans un coin et s'occupe de s'examiner lui-même et, quand il entend quelque chose, il le transforme en travail intérieur.
Et on peut interpréter ainsi, appliquer ainsi à nos jours ce commandement, ce double ordre : pour chacun il y a son service, et pour chacun, pour chacun il y a sa place dans le service commun d'Israël. À celui qui est enclin vers l'extérieur, enclin à communiquer avec les gens et à entraîner les gens, à aider les gens, à servir les gens, c'est-à-dire à être présent et à remplir de lui-même, il faut donner la possibilité de remplir de lui-même l'espace, de remplir de lui-même la communauté. Les autres, ceux qui sont plus enclins vers l'intérieur, il faut les aider à rester avec leur service et à apprécier ce service non moins que le premier.
Les sages disaient que le service humble est toujours préférable. L'homme doit être prudent dans son influence sur les autres, dans son désir d'entraîner à sa suite, parce que c'est parfois dangereux pour cet homme lui-même. Devenir enseignant, devenir guide, devenir un homme influent peut être tout simplement dangereux, c'est pourquoi les sages conseillaient d'être prudent en cela.
Passons maintenant à un autre thème, à une autre partie de la section hebdomadaire, où nous rencontrons un phénomène tout à fait inattendu. Nous étions très habitués, tout au long de toutes les sections précédentes, à lire : « Vaydabér adonáy el-moché lemór – Et le SEIGNEUR parla avec Moché, disant ». Dans notre section hebdomadaire (27,15), nous lisons une chose étonnante : « Vaydabér moché el-adonáy lemór – Et Moché parla au SEIGNEUR, disant ». Moché s'adresse au Très-Haut après qu'il lui est devenu clair qu'il n'entrera pas dans le pays. Moché se soucie que la communauté ne reste pas orpheline après lui, il demande au Très-Haut de désigner un guide après lui (peut-être Pin'has, dont la popularité grandit). Et que dit Moché au SEIGNEUR ? Il dit, là encore, une chose étonnante : « Que le SEIGNEUR, Dieu des esprits de toute chair, désigne (c'est-à-dire Dieu, Qui connaît l'esprit de chaque homme : et l'esprit de l'homme qu'Il établira comme guide, et l'esprit de chaque homme qui a besoin d'un guide), désigne un homme sur cette communauté, qui sortira devant eux et qui entrera devant eux ». Qu'est-ce que cela signifie ? Chez beaucoup de rois terrestres, il est d'usage que le roi soit assis à l'état-major ou observe la bataille du haut d'une colline. Mais ici le peuple a besoin d'un chef qui ira avec son peuple, qui se déplacera avec son peuple, qui le fera sortir et le ramènera. Encore une pensée importante : quand le roi fait sortir les gens pour la guerre, on peut dire : « Mais nous, pour cette guerre, pour cette idée pour laquelle nous combattons, nous sommes tous prêts à mourir, et nous ne regrettons pas d'y envoyer à la mort qui que ce soit : il est bon de mourir pour la Patrie, et on ne regrette personne ». Ici il faut un chef qui non seulement est capable de faire sortir les gens pour la guerre, mais qui se soucie aussi qu'ils reviennent de la guerre. Pour que la communauté du SEIGNEUR ne soit pas comme des brebis qui n'ont pas de pasteur, pour que cet homme soit comme un berger pour les brebis.
Qu'y a-t-il d'étonnant ici ? Au fond, Moché demande au Très-Haut de désigner son successeur, de désigner un homme qui dirigera la communauté d'Israël après sa mort. Pourquoi ne pas simplement dire au Très-Haut : « Établis l'homme qu'il faut sur la communauté ». Pourquoi Moché Lui donne-t-il, au Très-Haut, une instruction si précise ? Le Très-Haut ne sait-il donc pas qui établir ? Ou bien le Très-Haut peut-il établir un homme qui n'est pas le bon ? Moché, dans ces paroles, se décrit lui-même. Il veut un guide tel que lui-même, et plus loin, dans le livre de Dévarim (18,15), nous verrons comment cela perce chez lui et comment il dit : « Un prophète semblable à moi, le Très-Haut vous l'établira ». Moché est sincère, il est un serviteur dévoué, fidèle, le Très-Haut Lui-même en témoigne. Et il veut que son successeur soit un serviteur tout aussi fidèle. Et bien qu'il ne doive pas entrer dans le pays d'Israël, où les principes de gouvernement de toute chose sont tout autres, il demande au Très-Haut : « Établis, fais quelqu'un de pareil à moi ».
Que lui répond le Très-Haut ? Nous lisons aux versets 18–19 du chapitre 27 : « Prends Yéhochoua ben Noun, un homme en qui il y a l'esprit, et pose sur lui ta main, et place-le devant Élazar-kohen et devant toute la communauté, et instruis-le sous leurs yeux ». C'est-à-dire que, selon la parole d'Élazar-kohen, qui a les Ourim et les Toummim, Yéhochoua ben Noun sortira pour la guerre et reviendra de la guerre avec sa communauté. Et oui, il ne sera pas un chef comme Moché, il aura un tout autre principe d'autorité. Nous nous souvenons comment Moché envoyait les explorateurs-enquêteurs et donnait une longue, longue liste de tâches : ceci, ceci et cela, examinez-le. Yéhochoua ben Noun envoie des explorateurs-espions (meraglím) avec la mission : « Allez et explorez Jéricho ». Nous lisons cela au chapitre 2 du livre de Yéhochoua. Et au chapitre 9 du même livre, dans l'histoire des Guivonites, nous voyons que les anciens participent activement au gouvernement de la communauté.
La tradition juive dit : « Le visage de Moché est comme le soleil, le visage de Yéhochoua est comme la lune ». Et il ne s'agit pas seulement de savoir qui brille le plus : qui brille d'une lumière directe et qui d'une lumière réfléchie. Simplement, quand la lune brille, on voit aussi les étoiles, la lumière de la lune n'éclipse pas la lumière des étoiles. Il y a un chef qui répond de tout, et sous lui personne ne sait qui est son ministre de l'économie, qui est son ministre de l'industrie légère, qui est chez lui encore tel autre ministre, parce que tout repose sur lui, il a tout pris en main. C'est comme à la lumière du soleil : bien que les étoiles soient là, on ne les voit pas. Et tant que le peuple d'Israël, uni par une seule idée, par un seul chemin commun, errait dans le désert, il fallait un chef tel que Moché – un chef au visage solaire. Mais quand le peuple d'Israël entre dans le Pays, un tel gouvernement ne convient plus. Il faut quelqu'un qui puisse déléguer le pouvoir, qui puisse prendre conseil, qui laisse aussi les autres gouverner, agit de manière collégiale, est plus ouvert aux autres.
Pourquoi ai-je lié ces deux thèmes – celui des différents types de serviteurs et celui des différents types de chefs ? Pour des gens de nature différente, le Très-Haut dit : « Choisis le chemin, soutiens les gens de nature différente ». De même aussi pour des situations de nature différente : des situations différentes demandent une direction différente.
Le chef que Moché demande maintenant, sous lequel le troupeau, la communauté, ne restera pas sans berger, apparaîtra plus tard. De David il est dit : « Tout Israël, Yéhouda aimaient David, car il les conduisait et les ramenait ». C'est précisément à David que le Très-Haut dira : « Tu feras paître Mon peuple ». C'est-à-dire que la prière de Moché, la demande de Moché a été entendue, mais elle se réalise plus tard. Il y aura le temps du chef au visage solaire. Il y aura le temps du chef au visage lunaire. Et, bien sûr, David est la préfiguration du Machia'h, de celui qui conduira non plus seulement le peuple juif, mais toute l'humanité.
Il y a encore une pensée sur notre section hebdomadaire que j'aimerais partager. Au chapitre 28, il y a le commandement du sacrifice tamíd, ce qui, en traduction littérale, signifie toujours. Ce sacrifice est offert chaque matin et chaque soir. C'est un sacrifice constant, qui est offert selon un horaire constant.
Pourquoi est-il appelé tamíd (toujours) ? Il y a une histoire au sujet d'un jeune homme qui avait décidé de se rapprocher tout doucement de la Torah, des commandements. Et il comprit que la première chose qu'il pouvait faire, c'était de prendre sur lui, pour commencer, une seule prière. C'est-à-dire que, parmi toutes les prières que les Juifs prient traditionnellement, il en choisirait une. Il demanda au rabbi quelle prière celui-ci appréciait le plus, et le rabbi lui dit : « La prière Modé aní », la prière que chaque Juif lit quand il se réveille le matin : « Je Te rends grâce, SEIGNEUR, qui m'as rendu l'âme dans ta miséricorde. Grande est Ta foi ». Le Juif, en commençant sa journée, en ouvrant la bouche pour la première fois de la journée, dit le mot modé (je rends grâce) et, le soir, il termine sa journée aussi par une prière de reconnaissance. C'est comme des parenthèses posées qui réunissent toute la journée. Et la prière, comme le sacrifice tamíd, s'étend sur toute la journée, toute la journée se passe comme entre parenthèses, dans cette prière. Et il est très important de savoir comment nous commençons et comment nous terminons la journée, comment nous commençons et comment nous terminons chaque chose. C'est pourquoi il y a une bénédiction avant le commandement, après beaucoup de commandements il y a aussi une bénédiction, il y a une prière avant le début et une prière après la fin de chaque chose. C'est ainsi que le sacrifice tamíd se reflète dans nos actions à notre époque.
Voilà (brièvement) de telles pensées au sujet de notre section hebdomadaire Pin'has.
La Torah en 5 minutes
Notre section hebdomadaire Pin'has commence au verset 10 du chapitre 25, quand tous les événements se sont déjà produits, quand ont été tués par Pin'has, fils d'Élazar-kohen, qui a été jaloux de la jalousie du Très-Haut, l'Israélite et la jeune fille midyanite, que la colère du SEIGNEUR s'est apaisée et qu'a cessé le fléau qui avait frappé vingt-quatre mille personnes.
En récompense de son courage et de son héroïsme, on aurait pu s'attendre à ce que le Très-Haut dise : « Que Pin'has soit pour toujours le commandant en chef de l'armée de défense d'Israël. Que Pin'has soit pour toujours le ministre de la Défense d'Israël, car cet homme a fait preuve de courage. Quand tous étaient paralysés et que personne ne savait que faire, Pin'has a pris une lance, est allé et a transpercé deux personnes ». Mais le Très-Haut dit : « En récompense, Pin'has aura l'alliance de paix ». Pourquoi est-ce précisément l'alliance de paix qui sera sa récompense ? Parce que le but de Pin'has n'était pas de faire preuve de courage et d'héroïsme, il ne voulait pas montrer sa force, il ne participait pas à un tournoi de chevaliers. Son but – c'est la réconciliation du peuple d'Israël et du Très-Haut. Son but – obtenir la bonté du Très-Haut envers le peuple d'Israël.
De la même manière, il y a bien des années, quand Moché sortit vers le puits et vit comment les bergers opprimaient les filles de Yitro, il prit leur défense, risqua, peut-on dire, sa vie, mais non pas pour montrer sa force, mais pour faire preuve de bonté envers les filles. Il arrive ainsi que le courage et l'héroïsme, la manifestation de la force, soient nécessaires à la réconciliation, c'est pourquoi la récompense de Pin'has est précisément l'alliance de paix, une récompense tout à fait appropriée.
Mais il y a aussi un autre côté à cela. Quand un homme tue, son âme peut se retrouver traumatisée. On peut s'endurcir, on peut devenir insensible, on peut même prendre l'habitude de tuer des gens, à Dieu ne plaise.
Par exemple, un homme est occupé à un travail lié à la réhabilitation : un travailleur social qui démêle certaines affaires compliquées, embrouillées, dans certaines circonstances compliquées, embrouillées ; ou une travailleuse sociale qui travaille avec des femmes souffrant de violence familiale, en les aidant à garder la paix dans le cœur, en les aidant à vouloir de nouveau se marier, à croire de nouveau qu'il existe des hommes normaux, convenables ; ou un gardien de prison qui travaille constamment avec des détenus. Comment ces gens peuvent-ils croire que le monde est plein de gens normaux, sains, comment ne pas laisser son cœur s'accrocher, se laisser entraîner dans ce que tu dois faire pour la bonté, pour la réconciliation des gens avec Dieu, pour la réconciliation des gens avec d'autres gens, comment garder la paix dans le cœur ? Et le Très-Haut bénit Pin'has et dit : « Bien que tu aies tué des gens, Je te donne l'alliance de paix, tu auras la paix dans l'âme, ton âme ne souffrira pas, ne sera pas égratignée par ce meurtre ». Plus encore, c'est l'alliance de la prêtrise : le kohen expie pour d'autres gens, il est l'intermédiaire dans le processus d'expiation. La bénédiction du kohen – c'est de voir l'impur et de ne pas devenir soi-même impur. C'est l'essence de l'alliance de paix : « Tu as tué, mais Je te donnerai la paix dans le cœur, tu ne deviendras pas un meurtrier ».
Pin'has : entretiens liés
Lisez aussi la section Balak, le texte sur les fêtes juives, l'entretien sur les alliances et les sections hebdomadaires de la Torah.