1. Sections hebdomadaires
  2. Bémidbar
  3. Matot

מַטּוֹת

Matot

les vœux, la parole et la responsabilité

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
42 sur 54
Versets
Bémidbar 30,2–32,42
Parties
5
Temps de lecture
1 h 10 min

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Matot est la section hebdomadaire sur les vœux, les serments et la responsabilité de la parole. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinés les chapitres 30–32 du livre Bémidbar : la guerre contre Midyan et la décision des tribus de Réouven et de Gad de s'établir au-delà du Jourdain. Le texte de la Torah en hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original dit que le texte est accompagné d'une traduction russe. Comme cette phrase décrit la page elle-même, la version française dit simplement « une traduction ». et d'une interprétation religieuse de l'auteur.

Un serment est un serment

Bémidbar 30,2–17

Avec l'aide de Dieu, nous commençons à étudier la section hebdomadaire Matot et nous allons lire avec vous à partir du verset 2 du chapitre 30 du livre Bémidbar.

וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל־רָאשֵׁי הַמַּטּוֹת לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה׃

vaydabbér moché el-raché hammattót livné yisraél lemor ze haddavár achér tsivvá adonáy

2 Et Moché parla aux chefs des tribus des fils d'Israël, disant : « Voici la parole que le SEIGNEUR a ordonnée :

Ainsi, Moché rassemble les chefs israélites et leur transmet l'ordre du SEIGNEUR.

אִישׁ כִּי־יִדֹּר נֶדֶר לַיהוָה אוֹ־הִשָּׁבַע שְׁבֻעָה לֶאְסֹר אִסָּר עַל־נַפְשׁוֹ לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ כְּכָל־הַיֹּצֵא מִפִּיו יַעֲשֶׂה׃

ich ki-yiddór néder ladonáy o-hicháva chevou'á le'sór issár al-nafchó lo ya'hél devaró kekhol-hayotsé mippív ya'assé

3 Un homme, s'il fait un vœu au SEIGNEUR ou jure un serment, se liant par quelques engagements, qu'il ne rende pas vide sa parole, tout ce que l'homme a dit, qu'il le fasse.

Arrêtons-nous sur le verbe lé'halel (vider, profaner, déshonorer), de racine 'het-lamed-lamed. Et à cette racine, à ce mot, est liée une triste erreur. Il y a encore un autre verbe en hébreu, très semblable par l'écriture, mais complètement opposé par le sens – léhalel (louer, glorifier), de racine heï-lamed-lamed. Très souvent, les gens qui veulent glorifier le SEIGNEUR, au lieu du beau halélou – glorifiez, disent 'halélou – déshonorez. La différence n'est que dans un seul son, et à l'écrit – seulement dans un petit trait entre les lettres heï (ה) et 'het (ח), mais le sens est diamétralement opposé. C'est pourquoi l'homme (puisque nos versets parlent de l'attention à ses propres paroles) doit être attentif aussi sur cette question, et s'efforcer de prononcer correctement, pour que le son du mot allélouya (glorifiez le SEIGNEUR) ne ressemble pas à 'hallélouya, qui a un tout autre sens.

Alors que dit notre verset ? Un homme qui a fait un vœu au SEIGNEUR ou a juré un serment, ayant pris sur lui quelques engagements, s'étant lié par quelques engagements, s'étant interdit (lé'éssor) quelque chose, qu'il ne tienne pas de propos vains, que ses paroles ne soient pas vides ; tout ce qu'il a dit, qu'il le fasse.

Le mot néder (vœu) désigne une situation où un homme prend sur lui des engagements liés à une condition déterminée. Un homme, par exemple, dit : « Si mon fils guérit, je donnerai cinq cents dollars pour l'édition de la Torah. Si j'obtiens un bon travail, je ferai ceci et cela ». Il y a une condition, il y a un engagement que l'homme prend sur lui au cas où cette condition serait remplie.

Le mot chévou'a (serment) – c'est ce que l'homme fait sans aucun lien avec ce qui se passe, il prend sur lui une certaine restriction, il s'interdit ce qui lui est permis. Par exemple, un homme peut dire : « Je jure que je ne mangerai plus les fruits de la davidsonia (c'est un arbre qui ne pousse qu'en Australie) », ou : « Je jure que chaque jour j'irai à la toute première prière du matin à la synagogue ». Et si auparavant on pouvait manger ces fruits, si auparavant l'homme n'était pas obligé d'aller à la toute première prière, maintenant, ayant juré, il a pris sur lui un tel engagement.

L'homme a le droit de décider et de prendre sur lui telle ou telle restriction ou tel ou tel engagement pour sa croissance spirituelle. Autre chose (il est très important de le dire) : bien que la Torah parle ici du vœu et du serment, cela ne veut pas dire qu'il soit bon de faire des vœux et des serments. On peut simplement prendre une décision, annoncer la décision et suivre ses paroles sans jurer par le nom du SEIGNEUR. C'est très dangereux – de jurer par le nom du SEIGNEUR, parce qu'en réalité nous ne savons pas si nous pourrons remplir les engagements que nous prenons. Et la Torah dit ici comment agir si l'homme a tout de même juré.

Au sujet des serments, il y a encore une autre situation, dont parle Yéchoua Machia'h (Matth. 5,33–37). C'est quand les gens, pour l'effet, pour donner à leurs paroles du poids, de la crédibilité, y ajoutent un serment. L'homme ne dit pas simplement : « J'ai été à Jérusalem », il dit (prenons les paroles du baron de Münchhausen) : « Je jure par mon tricorne que j'ai été à Jérusalem ». Passe encore pour le tricorne : je jure sur ma tête, je jure par le ciel, je jure par quelque chose d'autre encore.

L'homme n'a pas de pouvoir sur ce qui arrivera dans une seconde. Et il n'a de pouvoir ni sur sa tête, ni sur le ciel. C'est pourquoi ajouter à ses paroles, pour faire beau, un serment quelconque – c'est simplement un mensonge. Au tribunal, on avait coutume de répéter deux fois : quand un homme confirmait quelque chose, il disait ken, ken (oui, oui), et s'il niait, il disait lo, lo (non, non). Et cela suffisait. Si tu mérites la confiance, si tu es véridique, il n'est pas nécessaire d'ajouter ni je jure par Pharaon, ni je jure par mon tricorne, il n'est nécessaire d'y ajouter aucun autre serment. Tous ces ornements verbaux viennent du malin, sois simplement fidèle à tes paroles, c'est de cela que parlait Yéchoua.

Il est très important que Moché dise ces paroles ici, qu'il les dise aux chefs d'Israël, c'est-à-dire aux dirigeants. Aujourd'hui, chez les politiciens, il est d'usage de faire des promesses électorales, et seul un naïf attend qu'elles soient tenues. C'est bien ce qu'on dit : « Tu es naïf, ou quoi ? C'étaient des promesses électorales ! » Comme l'a dit un homme politique israélien très connu, Lévi Echkol : « J'ai promis, mais je n'ai pas promis que je tiendrais mes promesses », et c'est dans l'ordre des choses. Moché commence ici par les dirigeants du peuple d'Israël, il enseigne que ce sont précisément eux qui doivent avant tout être responsables de leurs paroles.

On dit de la prière que si un homme à l'ouïe saine prie et n'entend pas lui-même sa prière, ce n'est pour ainsi dire pas du tout une prière. De même, si un homme prêche quelque chose, enseigne quelque chose, veut faire parvenir une pensée à quelqu'un, il doit avant tout entendre lui-même sa pensée, commencer par la fidélité à sa propre parole, pour que les paroles ne s'écartent pas des actes. Entre autres, ces deux premiers versets de notre section hebdomadaire nous enseignent aussi cela, et nous enseignent aussi comment regarder nos leaders.

    וְאִשָּׁה כִּי־תִדֹּר נֶדֶר לַיהוָה וְאָסְרָה אִסָּר בְּבֵית אָבִיהָ בִּנְעֻרֶיהָ׃

ve'ichá ki-tiddór néder ladonáy ve'asserá issár bevét avíha bin'ouréha

4 Et une femme, si elle fait un vœu au SEIGNEUR, et s'est liée par des engagements dans la maison de son père, dans sa jeunesse,


וְשָׁמַע אָבִיהָ אֶת־נִדְרָהּ וֶאֱסָרָהּ אֲשֶׁר אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ וְהֶחֱרִישׁ לָהּ אָבִיהָ וְקָמוּ כָּל־נְדָרֶיהָ וְכָל־אִסָּר אֲשֶׁר־אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ יָקוּם׃

vechamá avíha et-nidrá ve'essará achér asserá al-nafcha vehe'herích la aviha vekámou kol-nedaréha vekhol-issár acher-asserá al-nafchá yakoúm

5 Et son père entendait son vœu, et il entendit l'engagement qu'elle avait pris sur elle, et son père se tut envers elle, et tous ses vœux tinrent, et tous les engagements par lesquels elle s'était liée, ils sont tous valables.

Par exemple, elle a fait un tel vœu : « Si je me marie bien et que j'ai un bon mari aimant, alors toute la journée, du matin au soir, pendant qu'il est au travail, je jeûnerai et je ne mangerai pas sans lui, je jeûnerai et je prierai pour sa santé ».

Ainsi, le père a entendu son vœu, et le père s'est tu envers elle. Cela signifie que le père a été d'accord avec elle. Sur le plan de la loi, cela signifie l'accord : si j'ai entendu quelque chose et que je me tais, alors c'est que je suis d'accord avec ce que j'entends. C'est très important non seulement pour ce moment-ci, c'est très important pour différentes autres situations de la vie. Tu entends et tu te tais – c'est donc que tu es d'accord. Pour un accord, on peut parfois recevoir aussi une punition : quand tu entends quelque chose et te tais, vois quelque chose et te tais, cela peut très mal finir. Mais dans notre situation, nous lisons que le père a entendu le vœu qu'avait fait sa fille et s'est tu, et alors tous les engagements par lesquels elle s'est liée, ils sont tous valables. Mais il arrive aussi qu'il en soit autrement.


וְאִם־הֵנִיא אָבִיהָ אֹתָהּ בְּיוֹם שָׁמְעוֹ כָּל־נְדָרֶיהָ וֶאֱסָרֶיהָ אֲשֶׁר־אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ לֹא יָקוּם וַיהוָה יִסְלַח־לָהּ כִּי־הֵנִיא אָבִיהָ אֹתָהּ׃

ve'im-hení avíha otá beyom chom'ó kol-nedarehá ve'essaréha acher-asserá al-nafchá lo yakoúm vadonáy yisla'h-lá ki-hení avíha otá

6 Et si son père l'a quelque peu retenue (l'a freinée) le jour où il a entendu ses vœux et les engagements par lesquels elle s'est liée, alors cela n'est pas valable et le SEIGNEUR lui pardonnera, parce que son père l'a retenue.

Pourquoi tout à coup, pour la femme, pour ses vœux, un certain contrôle est-il nécessaire ? C'est nécessaire parce que la femme est plus émotive que l'homme. Si l'homme se gouverne, agit dans le monde en se guidant par la logique et la raison, la femme, elle, agit davantage de manière émotionnelle. Cela ne signifie en aucune manière que la femme est plus bête que l'homme, et inversement, que l'homme est plus intelligent que la femme. On peut le dire ainsi : si l'homme a cent unités d'intelligence et soixante-dix unités d'émotions, la femme a, disons, deux cents unités d'intelligence et cinq cents unités d'émotions. Chez la femme, dans sa nature (nous parlons de la majorité des femmes, de la nature féminine en général), les émotions prédominent, souvent elle prend certaines décisions de manière émotionnelle. Et c'est pourquoi le père, qui la connaît, se guidant par le bon sens, peut la retenir quelque peu et dire : « Ne te presse pas, tu ne sais pas comment tout se passera. Pourquoi prends-tu sur toi de tels engagements ? Peut-être que tout ne sera pas comme tu te le représentes dans ton imagination ».


וְאִם־הָיוֹ תִהְיֶה לְאִישׁ וּנְדָרֶיהָ עָלֶיהָ אוֹ מִבְטָא שְׂפָתֶיהָ אֲשֶׁר אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ׃

ve'im-hayo tihyé le'ích oundaréha aléha o mivtá sefatéha achér asserá al-nafchá

7 Et si elle se marie, et qu'il y a sur elle quelques vœux ou simplement des engagements qu'elle a déjà pris sur elle,

Et voilà, elle s'est mariée, et dans son passé il y a quelques vœux. Ce peuvent être des vœux que son père a approuvés, ou des vœux dont son père ne sait même rien, ou simplement quelques paroles, simplement quelques engagements qu'elle a pris sur elle sans serment. Simplement, elle a décidé – voilà, je ferai ceci et cela. Ici, il faut tenir compte d'une particularité du comportement des gens dans l'Antiquité. Les femmes, les hommes, très souvent prenaient sur eux des vœux ascétiques. Une femme pouvait dire : « Je ne me laverai pas, sauf le vendredi ; je ne me coifferai pas, sauf le vendredi ; je ne ferai pas la lessive, sauf le vendredi ; je ne m'achèterai pas de nouvelles robes, sauf pour Pessa'h » et ainsi de suite. Une multitude de toutes sortes de telles restrictions, la femme pouvait se les imposer, mue par les émotions.

Ainsi, la femme est mariée, elle a un jeune mari, et elle se souvient (ou le mari remarque à son comportement) d'un certain vœu qu'elle a pris sur elle dans la maison de son père. Par exemple, elle ne change pas de robe pendant des semaines, ou le mari, en rentrant à la maison, voit que sa femme n'a rien mangé de toute la journée. Et il demande à sa femme : « Chérie, qu'est-ce qui se passe donc ? » Et la femme lui raconte : ceci et cela.

וְשָׁמַע אִישָׁהּ בְּיוֹם שָׁמְעוֹ וְהֶחֱרִישׁ לָהּ וְקָמוּ נְדָרֶיהָ וֶאֱסָרֶהָ אֲשֶׁר־אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ יָקֻמוּ׃

vechamá ichá beyom chom'ó vehe'herích la vekámou nedaréha ve'essaréha acher-asserá al-nafchá yakoúmou

8 Et le mari entendit, et le jour où il entendit, il se tut, alors tous ses vœux tinrent, et les engagements qu'elle a pris sur elle sont valables.

Par exemple, une femme a fait un tel vœu : « Si je me marie et qu'un fils me naît, alors, après la naissance de mon fils, je ne mangerai jamais de maracuja ». Quand le fils eut un mois, ils allèrent au marché, le mari vit et dit : « Tu veux du maracuja ? » Et la femme répondit : « Tu sais, je me suis promis que si un fils naissait, je ne mangerais plus de maracuja ». Le mari peut dire : « Eh bien, c'est ton affaire, je ne m'y opposerai pas ».


וְאִם בְּיוֹם שְׁמֹעַ אִישָׁהּ יָנִיא אוֹתָהּ וְהֵפֵר אֶת־נִדְרָהּ אֲשֶׁר עָלֶיהָ וְאֵת מִבְטָא שְׂפָתֶיהָ אֲשֶׁר אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ וַיהוָה יִסְלַח־לָהּ׃

ve'ím beyom chemó'a ichá yaní otá vehefér et-nidrá achér aléha ve'ét mivtá sefatéha achér-asserá al-nafchá vadonáy yisla'h-lá

9 Et si, le jour où son mari a entendu, il l'a quelque peu retenue, et il a rompu le vœu qui était sur elle, ou quelque engagement pris sur elle en paroles, alors le SEIGNEUR lui pardonnera.

Il l'a quelque peu retenue et, plus encore, il est allé et, de manière tout à fait effrontée, lui a offert une nouvelle robe ou des boucles d'oreilles. Exactement comme le père pouvait retenir quelque peu sa fille, exactement de même le mari aussi peut retenir quelque peu sa femme, et, en outre, il peut aussi l'aider concrètement et même rompre ce vœu avec elle. Pourquoi est-ce possible ? Parce que c'est déjà une seule chair, et il se trouve que, dans une certaine mesure, c'est déjà aussi le serment du mari. Le mari peut s'opposer à ce que sa femme refuse de s'acheter de nouvelles robes ou veuille ne les acheter qu'une fois par an. C'est pourquoi il peut non seulement la retenir quelque peu, mais il peut simplement lui acheter une robe et ainsi rompre son vœu.

וְנֵדֶר אַלְמָנָה וּגְרוּשָׁה כֹּל אֲשֶׁר־אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ יָקוּם עָלֶיהָ׃

venéder almaná ougrouchá kol acher-asseráDans la translittération de l'original, l'accent tonique de ce mot est placé par erreur sur une consonne ; nous le mettons sur la dernière voyelle, conformément à l'hébreu. al-nafchá yakoúm aléha

10 Et le serment d'une veuve et d'une divorcée, tout ce qu'elle a pris sur elle, aura force pour elle.

Puisque la veuve ou la divorcée ne se trouve pas sous l'autorité, sous la loi d'un homme, elle répond, bien sûr, de l'accomplissement de ses vœux. Mais si cette femme divorcée ou cette veuve se remarie, alors le mari pourra réexaminer ses vœux.


וְאִם־בֵּית אִישָׁהּ נָדָרָה אוֹ־אָסְרָה אִסָּר עַל־נַפְשָׁהּ בִּשְׁבֻעָה׃

ve'im-bét ichá nadára o-asserá issár al-nafchá bichvou'á

11 Et si c'est dans la maison de son mari qu'elle a fait un vœu ou pris sur elle un serment,

Il peut arriver que cette femme ait pris sur elle un nouveau vœu déjà dans la maison de son mari, ou qu'elle ait simplement pris une décision et dit : « Je ferai ainsi, ceci et cela ». Et nous lisons des histoires du passé, où des femmes décidaient de ne pas se laver, de ne pas se peigner, de ne pas utiliser de cosmétiques et de ne pas laisser pousser leurs cheveux, et beaucoup, beaucoup d'autres décisions liées à l'ascétisme pouvaient être prises par elles. Le mari pouvait apprendre à l'improviste que sa femme avait cessé de changer les draps, ou avait cessé de se coiffer, ou qu'une autre lubie quelconque lui était venue. Ou peut-être était-ce quelque chose de bon et de bien.


וְשָׁמַע אִישָׁהּ וְהֶחֱרִשׁ לָהּ לֹא הֵנִיא אֹתָהּ וְקָמוּ כָּל־נְדָרֶיהָ וְכָל־אִסָּר אֲשֶׁר־אָסְרָה עַל־נַפְשָׁהּ יָקוּם׃

vechamá ichá vehe'herích la lo hení otá vekámou kol-nedaréha vekhol-issár acher-asserá al-nafchá yakoúm

12 Et son mari entendit, et se tut, et ne la freina pas, et tous ses vœux tinrent, et tout engagement par lequel elle s'est liée tiendra.

וְאִם־הָפֵר יָפֵר אֹתָם אִישָׁהּ בְּיוֹם שָׁמְעוֹ כָּל־מוֹצָא שְׂפָתֶיהָ לִנְדָרֶיהָ וּלְאִסַּר נַפְשָׁהּ לֹא יָקוּם אִישָׁהּ הֲפֵרָם וַיהוָה יִסְלַח־לָהּ׃

ve'im-hafér yafér otám ichá beyom chom'ó kol-motsá sefatéhá lindaréha oul'issár nafchá lo yakoúm ichá haferám vadonáy yisla'h-lá

13 Et si son mari rompt ce vœu le jour où il a entendu tout ce qu'elle disait, et tous ces engagements par lesquels elle se liait, alors ils ne sont pas valables : son mari les a rompus, et le SEIGNEUR lui pardonnera.


כָּל־נֵדֶר וְכָל־שְׁבֻעַת אִסָּר לְעַנֹּת נָפֶשׁ אִישָׁהּ יְקִימֶנּוּ וְאִישָׁהּ יְפֵרֶנּוּ׃

kol-néder vekhol-chevou'át issár le'annót náfech ichá yekiménnou ve'ichá yeferénnou

14 Tout vœu et tout serment lié à la mortification de soi, le mari les confirmera ou le mari les annulera.

Et (comme je l'ai déjà dit) tout ce qui est lié à la mortification de soi, au tourment de soi, à la restriction de soi : « Je ne dormirai pas sur du moelleux, je ne me chaufferai pas près du poêle, je ne mangerai pas tant que mon mari est au travail, je jeûnerai, je ne me peignerai pas », et ainsi de suite, tous ces serments-là, le mari peut les confirmer ou les annuler.

 Au sujet du verset 14, que nous venons de lire, il existe une controverse. Les uns disent que tous les vœux, même si ces vœux, ces serments, ces promesses concernent son ascétisme personnel (par exemple des jeûnes, ou la lecture quotidienne, dix heures durant, du livre de Téhillim, ou encore un tas d'engagements semblables), lié à une certaine mortification de soi, à une certaine répression du corporel, alors même ceux-là, le mari peut les annuler. Et d'autres commentateurs disent que ce verset 14 nous enseigne que seuls les vœux qui se rapportent à l'épuisement de soi, le mari peut les annuler. Et si, par exemple, une jeune fille dans son enfance a fait un vœu et a dit : « Si un garçon en bonne santé me naît, et que l'accouchement est facile, et que tout se passe bien, alors j'irai adopter encore trois enfants », alors ce vœu ne se rapporte pas à la mortification de soi, à une quelconque autoflagellation, et son mari ne peut pas l'annuler.

C'est-à-dire que, selon une approche, tous les serments, et même ce qui concerne directement son corps, le mari peut les annuler sur la base du verset 14. Et selon une autre approche, le mari peut annuler seulement l'ascétisme, et les autres promesses, il ne peut pas les annuler. Pourquoi cela ? Parce qu'en réalité le mari n'est pas indifférent au corps de sa femme, et si elle prend sur elle certains engagements ascétiques (ne pas utiliser de savon, ne pas se laver, ne pas se parer, ne pas s'habiller de vêtements neufs), cela concerne directement le mari aussi. Toute la question est de savoir si ce verset élargit les possibilités du mari ou les restreint, et il existe différentes compréhensions.

וְאִם־הַחֲרֵשׁ יַחֲרִישׁ לָהּ אִישָׁהּ מִיּוֹם אֶל־יוֹם וְהֵקִים אֶת־כָּל־נְדָרֶיהָ אוֹ אֶת־כָּל־אֱסָרֶיהָ אֲשֶׁר עָלֶיהָ הֵקִים אֹתָם כִּי־הֶחֱרִשׁ לָהּ בְּיוֹם שָׁמְעוֹ׃

ve'im-ha'haréch ya'harích la ichá miyom el-yom vehekím et-kol-nedaréha o et-kol-essaréha achér aléha hekím otám ki-he'herích la beyom chom'ó

15 Et si son mari se tait au cours de la journée, alors par là même il a confirmé tous ses vœux et toutes les interdictions qui sont sur elle. Il les a confirmés par le fait qu'il s'est tu le jour où il les a entendus.

Il arrive que le mari soit d'abord d'accord avec cela, puis qu'il pense : « Eh non, c'est un peu trop lourd ». Mais s'il s'est tu le premier jour, alors c'est tout, ses vœux sont valables. Et c'est un principe important pour beaucoup d'autres situations. La décision se prend une seule fois, et si un homme a dit : « Je suis d'accord », alors ensuite il ne faut pas réfléchir longuement et fouiller pourquoi il a été d'accord et ainsi de suite. L'homme (par exemple, le juge au tribunal) raisonne et juge sur la base de ce qu'il peut voir, et de cette manière il prend une décision. Et une décision prise honnêtement sur la base de ce qui est là, maintenant, devant l'homme, sur la base de la manière dont il le comprend maintenant – cette décision est justement la bonne. Décide sur la base de ce que le SEIGNEUR t'a révélé aujourd'hui, de ce que le SEIGNEUR te montre aujourd'hui. Si ensuite tu penses : « Ah, si j'avais su ceci, si j'avais su cela, si le SEIGNEUR m'avait alors révélé, je me serais retrouvé à un autre endroit ». En tant que croyant, souviens-toi : tu t'es retrouvé là où Dieu t'a conduit, c'est-à-dire ici et maintenant (si tu as marché avec Dieu, bien sûr). C'est pourquoi ne commence pas à rassembler des données, n'ouvre pas une mission d'enquête, prends une décision sur la base de ce que tu as vu, prends la décision aujourd'hui. C'est ce que dit la Torah : « Aujourd'hui, ou bien tu acceptes ce vœu de la femme, ou bien tu romps ce vœu ». Mais précisément aujourd'hui, le jour où tu l'as entendu, et il ne faut pas commencer à mijoter là-dedans et à penser : « Et elle, quoi, pourquoi elle ? » Décide ici et maintenant. C'est très important, et pas seulement dans cette situation.

וְאִם־הָפֵר יָפֵר אֹתָם אַחֲרֵי שָׁמְעוֹ וְנָשָׂא אֶת־עֲוֹנָהּ׃

ve'im-hafér yafér otám a'haré chom'óv venassá et-avoná

16 Et s'il les annule après avoir entendu, alors il portera son péché.

Si, après qu'il s'est déjà tu le premier jour, après qu'il a confirmé et a comme dit : « Fais, chérie, ce que tu as décidé, c'est magnifique, je suis très content pour toi », si soudain, pour quelque raison, il décide de faire marche arrière et dit : « Cela, je ne peux pas, je ne suis pas d'accord », alors dans ce cas il porte son péché. Il devient responsable de l'accomplissement de son vœu.

אֵלֶּה הַחֻקִּים אֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה בֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ בֵּין־אָב לְבִתּוֹ בִּנְעֻרֶיהָ בֵּית אָבִיהָ׃

élle ha'houkkím achér tsivvá adonáy et-moché ben ich le'ichtó ben-áv levittó bin'ouréha bet avíha

17 Voici ces lois que le SEIGNEUR a ordonnées à Moché, entre le mari et la femme, entre le père et sa fille dans sa jeunesse, dans la maison de son père ».

Ainsi, c'est là un enseignement que le Très-Haut a donné sur les relations entre le père et la fille, entre le mari et la femme. Cela doit nous enseigner bien plus que simplement les vœux, les engagements et les serments : aussi bien en ce qui concerne la prise de décisions, qu'en ce qui concerne la confiance l'un envers l'autre, l'ouverture l'un devant l'autre, et en ce qui concerne encore beaucoup, beaucoup d'autres aspects. Ainsi l'homme et la femme coopèrent ensemble, car elle est une aide pour lui. Et dans une véritable union entre l'homme et la femme, ils ne se regardent pas seulement l'un l'autre, mais ensemble ils regardent aussi le Très-Haut. C'est pourquoi ici le Très-Haut lui-même prend soin de l'organisation de la famille, prend soin de la paix entre l'homme et la femme, de la paix dans la famille. Le Créateur du monde, le Créateur de l'univers, Celui Qui dirige de nombreux mondes, veille à ce qu'entre le mari et la femme il y ait la paix, et instruit les maris sur la manière de se comporter avec leurs femmes, et les femmes – sur la manière de se comporter avec leurs maris.

Vengeance et vengeurs

Bémidbar 31,1–54

Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Matot et nous allons lire le chapitre 31 du livre de Bémidbar.


וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché lemór

1 Et le SEIGNEUR parla à Moché, en disant :


נְקֹם נִקְמַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֵת הַמִּדְיָנִים אַחַר תֵּאָסֵף אֶל־עַמֶּיךָ׃

nekóm nikmát bené yisraél me'ét hammidyaním a'hár te'asséf el-ammékha

2 « Recouvre par un recouvrement (venge par une vengeance) pour les fils d'Israël auprès des Midyanites, ensuite tu te joindras à ton peuple ».

En hébreu, la vengeance (nikmát, nakám), c'est un recouvrement, la présentation à quelqu'un d'une facture, l'exigence envers celui qui nous a causé du tort, qui nous a fait offense, de s'acquitter envers nous. C'est pourquoi le Très-Haut dit ici à Moché : « Recouvre la vengeance pour les fils d'Israël auprès des Midyanites, recouvre auprès d'eux tous les comptes pour le mal qu'ils ont fait aux fils d'Israël ».

Et quel mal les Midyanites ont-ils fait aux fils d'Israël ? En son temps, sur le conseil de Bil'am, les Midyanites, avec les Moavites, envoyèrent des jeunes filles d'une grande beauté séduire les Israélites. Le calcul était que, si le peuple d'Israël s'enlisait dans la débauche, cela le conduirait à l'idolâtrie et fissurerait la relation entre Israël et le Très-Haut, rendrait le peuple d'Israël vulnérable, et alors il serait facile de le vaincre. Mais cela n'arriva pas, le calcul ne se réalisa pas, bien que de très nombreux Israélites aient péri : il y eut un grand fléau, nous avons lu cela dans la section hebdomadaire Pin'has. Et ici le Très-Haut dit à Moché : « Recouvre auprès des Midyanites avant que tu ne meures ».

Nous lisons dans les Téhillim (58,11) de David : « Le juste se réjouira, car il a vu la vengeance (nakám), il lavera ses pieds dans le sang du méchant ». Nous lisons (Apoc. 9–10) que les âmes sous l'autel demandent au Très-Haut la vengeance. C'est normal – de vouloir la vengeance. Parfois il faut pardonner, parfois il faut laisser aller, bénir les ennemis, mais il y a des cas où le Très-Haut lui-même ordonne de se venger. Et c'est justement ce cas-là. Le Très-Haut dit à Moché : « Venge les fils d'Israël, recouvre l'offense des fils d'Israël auprès des Midyanites ».

Pourquoi ne se venge-t-on pas des Moavites, qui y avaient aussi pris part ? Le Très-Haut a un dessein particulier à l'égard des Moavites, et nous savons (Dévarim 2,9) qu'il y a un ordre donné au peuple d'Israël de ne pas faire la guerre à Moav.

וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶל־הָעָם לֵאמֹר הֵחָלְצוּ מֵאִתְּכֶם אֲנָשִׁים לַצָּבָא וְיִהְיוּ עַל־מִדְיָן לָתֵת נִקְמַת־יְהוָה בְּמִדְיָן׃

vaydabbér moché el-ha'ám lemór he'haletsoú me'ittekhém anachím lattsavá veyihyoú al-midyán latét nikmat-adonáy bemidyán

3 Et Moché parla avec le peuple, en disant : « Désignez du milieu de vous des volontaires pour l'armée, et qu'ils soient contre les Midyanites, pour accomplir la vengeance (présenter la facture) du Très-Haut sur les Midyanites.

Le mot 'haloúts signifie défricheur, pionnier, c'est-à-dire que le mot he'haletsoú – faites-en des défricheurs, désignez. Les premiers colons dans le pays d'Israël, lors du retour du peuple dans le pays d'Israël au XIXe siècle, étaient appelés 'haloutsím (pionniers, défricheurs). Ici cela signifie désignez des volontaires, des gens courageux pour une opération militaire.

Si le Très-Haut dit à Moché : « Venge par la vengeance pour les fils d'Israël », alors Moché dit : « C'est par la vengeance du Très-Haut que nous nous vengerons. Nous ne nous vengeons pas pour nous-mêmes – nous vengeons le SEIGNEUR, contre qui les Midyanites se sont dressés ». Moché ne dit pas : « Vengeons-nous pour nous », Moché dit : « Vengeons le SEIGNEUR ». Telle est l'interprétation que Moché donne aux paroles du Très-Haut. Oui, le SEIGNEUR dit : « À Moi la vengeance, Je rétribuerai », mais nous sommes le peuple de Dieu, et parfois le SEIGNEUR se venge par son peuple.


אֶלֶף לַמַּטֶּה אֶלֶף לַמַּטֶּה לְכֹל מַטּוֹת יִשְׂרָאֵל תִּשְׁלְחוּ לַצָּבָא׃

élef lammatté élef lammatté lekhól mattót yisraél tichle'hoú lattsavá

 4. Mille hommes, mille hommes de chaque tribu, envoyez-les à l'armée pour cette levée ».


וַיִּמָּסְרוּ מֵאַלְפֵי יִשְׂרָאֵל אֶלֶף לַמַּטֶּה שְׁנֵים־עָשָׂר אֶלֶף חֲלוּצֵי צָבָא׃

vayimmaseroú me'alfé yisraél élef lammatté chenem-assár élef 'haloutsé tsavá

5 Et furent envoyés les milliers d'Israël, mille de chaque tribu, douze mille volontaires pour l'armée.


וַיִּשְׁלַח אֹתָם מֹשֶׁה אֶלֶף לַמַּטֶּה לַצָּבָא אֹתָם וְאֶת־פִּינְחָס בֶּן־אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן לַצָּבָא וּכְלֵי הַקֹּדֶשׁ וַחֲצֹצְרוֹת הַתְּרוּעָה בְּיָדוֹ׃

vayichlá'h otám moché élef lammatté lattsavá otám ve'et-pine'hás ben-el'azár hakkohén lattsavá oukhlé hakkódech va'hatsotserót hatterou'á beyadó

6 Et Moché les envoya (les mobilisa), mille de chaque tribu, dans la troupe, et Pin'has ben Élazar le kohen, il le plaça sur l'armée (à sa tête), et avec lui les ustensiles saints, et les trompettes dans ses mains.

La troupe d'Israël part à l'attaque contre l'ennemi avec les objets saints de la Tente d'assignation, au son de trompettes particulières.


וַיִּצְבְּאוּ עַל־מִדְיָן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה וַיַּהַרְגוּ כָּל־זָכָר׃

vayitsbe'oú al-midyán ka'achér tsivvá adonáy et-moche vayahargoú kol-zakhár

7 Et ils attaquèrent Midyan, comme le SEIGNEUR l'avait ordonné à Moché, et tuèrent tout mâle.


וְאֶת־מַלְכֵי מִדְיָן הָרְגוּ עַל־חַלְלֵיהֶם אֶת־אֱוִי וְאֶת־רֶקֶם וְאֶת־צוּר וְאֶת־חוּר וְאֶת־רֶבַע חֲמֵשֶׁת מַלְכֵי מִדְיָן וְאֵת בִּלְעָם בֶּן־בְּעוֹר הָרְגוּ בֶּחָרֶב׃

ve'et-malkhé midyán haregoú al-'halelehém et-eví ve'et-rékem ve'et-tsour ve'et-'hoúr ve'et-réva 'haméchet malkhé midyán ve'ét bil'ám ben-be'ór haregoú be'hárev

8 Et les rois de Midyan aussi, ils les tuèrent parmi ces victimes : Évi, Rékem, Tsour, 'Hour et Réva, cinq rois de Midyan, et Bil'am ben Bé'or, ils le tuèrent par l'épée.

Ici sont énumérés cinq rois : les Midyanites avaient beaucoup de rois (de princes), et ils régnaient ensemble. Et séparément la Torah dit que Bil'am, ce Bil'am même sur le conseil duquel les femmes midyanites tentèrent de séduire les fils d'Israël et qui voulait maudire le peuple d'Israël, mais le bénit, fut lui aussi tué, tué par l'épée.


וַיִּשְׁבּוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־נְשֵׁי מִדְיָן וְאֶת־טַפָּם וְאֵת כָּל־בְּהֶמְתָּם וְאֶת־כָּל־מִקְנֵהֶם וְאֶת־כָּל־חֵילָם בָּזָזוּ׃

vayichboú vene-yisraél et-neché midyán ve'et-tappám ve'ét kol-behemtám ve'et-kol-miknehém ve'et-kol-'helám bazázou

9 Et les fils d'Israël capturèrent les femmes midyanites, et leurs enfants, et tout leur bétail, et tout leur petit bétail, et toute leur richesse (leurs biens), ils la pillèrent.


וְאֵת כָּל־עָרֵיהֶם בְּמוֹשְׁבֹתָם וְאֵת כָּל־טִירֹתָם שָׂרְפוּ בָּאֵשׁ׃

ve'ét kol-arehém bemochevotám ve'ét kol-tirotám sarefoú ba'éch

10 Et toutes leurs villes selon leurs habitations, et tous leurs châteaux, ils les brûlèrent par le feu.

Le mot tirá peut aussi être compris comme une sorte d'édifice cultuel, comme une sorte de temple, mais, très probablement, il s'agit du château de la noblesse. Toutes les villes des Midyanites furent brûlées, sans égard aux masures, aux cabanes ou aux merveilles d'architecture.


וַיִּקְחוּ אֶת־כָּל־הַשָּׁלָל וְאֵת כָּל־הַמַּלְקוֹחַ בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה׃

vayik'hoú et-kol-hachalál ve'ét kol-hammalkóa'h ba'adám ouvabbehemá

11 Et ils prirent tous les trophées, tout ce qui avait été capturé, gens et bétail,

Il y a le chalál (trophées) – ce sont les biens en objets inanimés : quelques bijoux précieux, toutes sortes d'accessoires coûteux, des objets, de la vaisselle, des choses utiles au ménage – en un mot, tout ce qu'un soldat peut emporter comme butin. Le malkóa'h – c'est le butin vivant parmi les gens et le bétail. Ils prirent l'un et l'autre, mais ils les prirent sans demander la permission.


וַיָּבִאוּ אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְאֶל־עֲדַת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־הַשְּׁבִי וְאֶת־הַמַּלְקוֹחַ וְאֶת־הַשָּׁלָל אֶל־הַמַּחֲנֶה אֶל־עַרְבֹת מוֹאָב אֲשֶׁר עַל־יַרְדֵּן יְרֵחוֹ׃

vayavíou el-moché ve'el-el'azár hakkohén ve'el-adát bene-yisraél et-hacheví ve'et-hammalkóa'h ve'et-hachalál el-hamma'hané el-arvót mo'áv achér al-yardén yere'hó

12 Et ils vinrent avec tout cela à Moché, et à Élazar le kohen, et à toute la communauté d'Israël : les captifs, tout le butin et tous les trophées, tout cela ils l'apportèrent et le menèrent au camp qui est dans les steppes de Moav, près du Jourdain, près de Jéricho.

Ainsi, après la déroute des Midyanites, les guerriers incendièrent leurs villes, pillèrent tout ce qu'on pouvait piller, mais ne se partagèrent pas le butin entre eux, et apportèrent tout à Moché, à Élazar le kohen et à toute la communauté d'Israël, ils apportèrent tout au camp. Mais dans le camp même, on ne les laisse pas entrer tout de suite.


וַיֵּצְאוּ מֹשֶׁה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְכָל־נְשִׂיאֵי הָעֵדָה לִקְרָאתָם אֶל־מִחוּץ לַמַּחֲנֶה׃

vayetse'oú moché ve'el'azár hakkohén vekhol-nesi'é ha'edá likratám el-mi'hoúts lamma'hané

13 Et Moché sortit, et Élazar le kohen, et tous les chefs de la communauté, hors du camp à la rencontre des guerriers.

Ils sortirent à leur rencontre hors du camp, pour que ceux qui revenaient de la guerre n'entrent pas tout de suite dans le camp. Moché, Élazar, les chefs d'Israël – toute cette délégation sort à la rencontre des vainqueurs, qui ont apporté un riche butin. Comment Moché réagit-il au retour des vainqueurs ? Si quelqu'un s'attendait à ce que Moché sorte des petites médailles et commence à les distribuer aux commandants, eh bien, pas du tout.


וַיִּקְצֹף מֹשֶׁה עַל פְּקוּדֵי הֶחָיִל שָׂרֵי הָאֲלָפִים וְשָׂרֵי הַמֵּאוֹת הַבָּאִים מִצְּבָא הַמִּלְחָמָה׃

vayiktsóf moché al pekoudé he'háyil saré ha'alafím vesaré hamme'ót habba'ím mittsevá hammil'hamá

14 Et Moché se mit en colère contre le commandement de l'armée, contre les chefs de mille et contre les chefs de cent, qui étaient venus de la guerre.


וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם מֹשֶׁה הַחִיִּיתֶם כָּל־נְקֵבָה׃

vayomer alehém moché ha'hiyitém kol-nekevá

15 Et Moché leur dit : « Quoi, vous avez laissé en vie toutes les femmes ?

הֵן הֵנָּה הָיוּ לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל בִּדְבַר בִּלְעָם לִמְסָר־מַעַל בַּיהוָה עַל־דְּבַר־פְּעוֹר וַתְּהִי הַמַּגֵּפָה בַּעֲדַת יְהוָה׃

hen hénna hayoú livné yisraél bidvár bil'ám limsor-má'al badonáy al-devár pe'ór vattehí hammaggefá ba'adát adonáy

16 Car ce sont elles qui séduisaient le peuple d'Israël, selon la parole de Bil'am, à trahir le SEIGNEUR à cause de Ba'al-Pé'or, et il y eut alors un fléau dans la communauté du SEIGNEUR.

Maintenant la même histoire va recommencer : car ce sont ces femmes mêmes qui, en servant leur dieu, venaient séduire les Israélites. Ne vous en souvenez-vous donc pas ? Pourquoi donc avez-vous de nouveau traîné ici ces femmes, par lesquelles la séduction est venue alors pour tout le peuple d'Israël ?


וְעַתָּה הִרְגוּ כָל־זָכָר בַּטָּף וְכָל־אִשָּׁה יֹדַעַת אִישׁ לְמִשְׁכַּב זָכָר הֲרֹגוּ׃

ve'attá hirgoú khol-zakhár battáf vekhol-ichá yodá'at ich lemichkáv zakhár harógou

17 Maintenant donc, tuez tout mâle parmi les enfants (parce que le garçon grandira et sera un guerrier) et toute femme qui a connu un homme, qui a été sur la couche masculine, tuez-la.

C'est une répétition assez étrange, et on peut interpréter cette phrase ainsi : tuez toute femme qui a atteint l'âge où elle peut être avec un homme, et toute femme qui a déjà été sur la couche masculine. Tous ceux qui, même hypothétiquement, pouvaient participer à la séduction des fils d'Israël doivent être tués, pour que, de nouveau, à travers les femmes midyanites, tout ne se répète pas.


וְכֹל הַטַּף בַּנָּשִׁים אֲשֶׁר לֹא־יָדְעוּ מִשְׁכַּב זָכָר הַחֲיוּ לָכֶם׃

vekhól hattáf bannachím achér lo-yade'oú michkáv zakhár ha'hayoú lakhém

18 Et tous les enfants de sexe féminin qui ne sont pas encore mûrs pour connaître un homme – à vous pour butin.


וְאַתֶּם חֲנוּ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה שִׁבְעַת יָמִים כֹּל הֹרֵג נֶפֶשׁ וְכֹל נֹגֵעַ בֶּחָלָל תִּתְחַטְּאוּ בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי אַתֶּם וּשְׁבִיכֶם׃

ve'attém 'hanoú mi'hoúts lamma'hané chiv'át yamím kol horég néfech vekhól nogéya be'halál tit'hatteoú bayom hachelichí ouvayom hachevi'í attém ouchvikhém

19 Demeurez hors du camp sept jours, quiconque a tué quelqu'un et quiconque a touché un cadavre, purifiez-vous le troisième jour et le septième jour, vous et vos captifs.

Sept jours hors du camp, selon la loi de la Torah, sont nécessaires pour que celui qui a touché un mort soit purifié par l'eau avec la cendre de la vache rousse.

Pourquoi un tel ordre n'avait-il pas été donné auparavant ? Pourtant le peuple d'Israël avait déjà participé à de nombreuses guerres, et dans d'autres cas Moché n'avait pas donné l'injonction de rester sept jours hors du camp et de se purifier de l'impureté des morts. Lorsque la guerre était une guerre de tout le peuple et que tous les hommes d'Israël partaient à la guerre, alors qui pouvait rendre qui pur, si tous étaient impurs ? C'est pourquoi on considérait que si tout le peuple devient impur, alors l'impureté est comme annulée, elle cesse d'être contagieuse quand tous sont contaminés. Dans le cas présent, il s'agissait d'une opération militaire de vengeance, il n'y a ici ni prise de terres, ni conquête du pays. C'est une opération de combat avec un but déterminé, concret, à laquelle a participé un nombre limité de gens – douze mille hommes. Maintenant, si ces gens impurs entrent dans le camp, ils peuvent rendre impure la partie restante de la communauté. Et Moché exige qu'ils passent par sept jours de purification.


וְכָל־בֶּגֶד וְכָל־כְּלִי־עוֹר וְכָל־מַעֲשֵׂה עִזִּים וְכָל־כְּלִי־עֵץ תִּתְחַטָּאוּ׃

vekhol-béged vekhol-keli-ór vekhol-ma'assé izzím vekhol-keli-éts tit'hattáou

20 Et tout vêtement, et tous les objets de cuir, et tout ce qui est fait de poil de chèvre, et tous les récipients de bois, purifiez-les tous aussi.

Nous savons que peuvent être rituellement impurs non seulement les gens, mais aussi les objets, c'est pourquoi Moché commence ici à parler de la purification de cette partie du butin qui est faite de cuir, de laine, de bois et ainsi de suite.

Au verset 21, nous lisons que ce n'est déjà plus Moché, mais Élazar le kohen qui continue à donner des instructions aux vainqueurs revenus de la guerre. Pourquoi cela se produit-il ? Les commentateurs disent : parce que Moché s'est mis en colère, parce que Moché s'est mis à parler dans la colère, il ne se souvenait pas de tout ce qu'il fallait dire. C'est pour nous tous une leçon : combien il est dangereux d'enseigner quand tu es en colère, ou de te mettre en colère quand tu enseignes.


וַיֹּאמֶר אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֶל־אַנְשֵׁי הַצָּבָא הַבָּאִים לַמִּלְחָמָה זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה אֲשֶׁר־צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃

vayomer el'azár hakkohén el-anché hattsavá habba'ím lammil'hamá zot 'houkkát hattorá acher-tsivvá adonáy et-moché

21 Et Élazar le kohen dit aux guerriers qui étaient partis à la guerre : « Ceci est la loi de l'enseignement que le SEIGNEUR a commandée à Moché :

C'est par exactement la même phrase : zot 'houkkát hattorá acher-tsivvá adonáy (ceci est la loi de l'enseignement que le SEIGNEUR a commandée) que commence, à partir du verset 2 du chapitre 19 de notre livre, l'instruction sur la vache rousse. Et ce que va dire ici Élazar le kohen est, lui aussi, directement lié à la loi sur la vache rousse. Moché se tient à côté, ici même, mais lui, à cause de sa colère, a oublié ce qu'il doit dire, et Élazar dit : « Ceci, je ne l'ajoute pas de moi-même, je vous dis simplement encore une partie de ce que le SEIGNEUR a commandé à Moché ».


אַךְ אֶת־הַזָּהָב וְאֶת־הַכָּסֶף אֶת־הַנְּחֹשֶׁת אֶת־הַבַּרְזֶל אֶת־הַבְּדִיל וְאֶת־הָעֹפָרֶת׃

Akh et-hazzaháv ve'et-hakkássef et-hanne'hóchet et-habbarzél et-habbedíl ve'et-ha'ofáret

22 Seulement l'or, et l'argent, et le cuivre, et le fer, et l'étain, et le plomb,


כָּל־דָּבָר אֲשֶׁר־יָבֹא בָאֵשׁ תַּעֲבִירוּ בָאֵשׁ וְטָהֵר אַךְ בְּמֵי נִדָּה יִתְחַטָּא וְכֹל אֲשֶׁר לֹא־יָבֹא בָּאֵשׁ תַּעֲבִירוּ בַמָּיִם׃

kol-davár acher-yavó va'éch ta'avírou va'éch vetahér akh bemé niddá yit'hattá vekhól achér lo-yavó ba'éch ta'avírou vammáyim

23 Tout ce qui a un contact avec le feu, faites-le passer par le feu, et cela se purifiera, mais qu'il soit encore aussi purifié par l'eau purificatrice (avec la cendre de la vache rousse) ; et tout ce qui n'entre pas en contact avec le feu, purifiez-le par l'eau.

Parmi les trophées, on avait pris beaucoup de vaisselle qui appartenait aux Midyanites. Ils pouvaient y préparer tout ce qui leur passait par la tête. Je ne me représente pas le menu des Midyanites, mais il est tout à fait possible qu'ils y préparaient du porc, du cheval ou quoi que ce soit d'autre, interdit aux Juifs comme nourriture. Et, bien sûr, quand la nourriture cuit longtemps dans un récipient, le récipient absorbe une partie de ces aliments. Et pour purifier cette vaisselle, on la chauffe jusqu'à la température maximale. On fait ainsi, d'ailleurs, aussi avant Pessa'h, quand on prépare telle ou telle casserole à l'usage pendant la fête de Pessa'h, pour en retirer tout ce qui est levé. Ici Élazar dit au peuple : « Tout ce qui se met sur le feu, chauffez-le à blanc, et cela se purifiera, mais qu'il soit encore purifié aussi par l'eau purificatrice ». C'est-à-dire que des restes de quelque nourriture, de l'impureté physique, cette vaisselle se purifie par le chauffage à blanc, tandis que l'impureté rituelle se purifie bemé niddá, par les eaux purificatrices (avec la cendre de la vache rousse).

La vaisselle qui n'entre pas en contact avec le feu (toutes sortes de saucières, sucriers, plats de service, assiettes, bols et autres choses semblables) se purifie seulement par l'eau purificatrice. Selon certaines versions, on déduit d'ici (de la Torah) la loi selon laquelle toute vaisselle qu'un Juif acquiert auprès d'un païen doit être plongée dans une mikva et purifiée de l'impureté du païen. C'est l'une des variantes de compréhension. Aujourd'hui, si n'importe quel Juif orthodoxe, qui observe strictement les commandements de la Torah, acquiert quelque vaisselle fabriquée par un non-Juif, ou achète de la vaisselle à quelqu'un qui n'est pas juif, il la porte obligatoirement à la mikva. Il existe une mikva spéciale où l'on peut plonger la vaisselle et ainsi la purifier.

Une autre variante de compréhension : toute vaisselle qui ne se met pas sur le feu n'a naturellement pas besoin d'être chauffée à blanc. Il faut simplement la laver soigneusement dans l'eau et la rincer avec de l'eau avec la cendre de la vache rousse. Et après cela, toute la vaisselle, tous les objets, tout ce qui a été pris en butin – tout cela sera permis à l'usage.


וְכִבַּסְתֶּם בִּגְדֵיכֶם בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי וּטְהַרְתֶּם וְאַחַר תָּבֹאוּ אֶל־הַמַּחֲנֶה׃

vekhibbastém bigdekhém bayom hachevi'í outhartém ve'a'hár tavóou el-hamma'hané

24 Et lavez vos vêtements le septième jour, et après cela vous reviendrez dans le camp ».

Laver les vêtements – cela ne signifie pas ôter le vêtement et faire la lessive, cela signifie s'immerger avec le vêtement.

Ce sont les instructions que Moché aurait dû donner, mais, s'étant mis en colère, il a oublié de le faire, et Élazar ben Aharon y apporte un complément.


וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃

vayomer adonáy el-moché lemór

25 Et le SEIGNEUR dit à Moché, en disant :

שָׂא אֵת רֹאשׁ מַלְקוֹחַ הַשְּׁבִי בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה אַתָּה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְרָאשֵׁי אֲבוֹת הָעֵדָה׃

sa et roch malkóa'h hacheví ba'adám ouvabbehemá attá ve'el'azár hakkohén veraché avót ha'edá

26 « Compte ce qui a été pris en captivité, parmi les hommes et parmi les animaux, toi et Élazar le kohen, et les chefs des communautés.

C'est-à-dire qu'il faut compter exactement combien de personnes et combien d'animaux ont été pris en captivité. Moché ne doit pas tenir seul le compte de tout ce qui a été pris en butin, mais avec Élazar et les chefs des communautés, pour que tout soit honnête, pour que personne ne soupçonne personne. Toute la comptabilité est ouverte.


וְחָצִיתָ אֶת־הַמַּלְקוֹחַ בֵּין תֹּפְשֵׂי הַמִּלְחָמָה הַיֹּצְאִים לַצָּבָא וּבֵין כָּל־הָעֵדָה׃

ve'hatsíta et-hammalkóa'h ben tofessé hammil'hamá hayotse'ím lattsavá ouvén kol-ha'edá

27 Et tout ce butin, tu le partageras en deux parts, entre ceux qui sont sortis à la guerre et entre toute la communauté.

וַהֲרֵמֹתָ מֶכֶס לַיהוָה מֵאֵת אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה הַיֹּצְאִים לַצָּבָא אֶחָד נֶפֶשׁ מֵחֲמֵשׁ הַמֵּאוֹת מִן־הָאָדָם וּמִן־הַבָּקָר וּמִן־הַחֲמֹרִים וּמִן־הַצֹּאן׃

vaharemotá mékhes ladonáy me'ét anché hammil'hamá hayotse'ím lattsavá e'hád néfech me'haméch hammeót min-ha'adám oumin-habbakár oumin-ha'hamorím oumin-hattsón

28 Et tu rendras un tribut au SEIGNEUR de la part de ces guerriers qui sont sortis à la guerre, un sur cinq cents, des captifs humains, du gros bétail, des ânes et du petit bétail.

C'est-à-dire que de tout ce qui a été pris en captivité, de leur moitié, ceux qui sont sortis à la guerre donnent un cinq-centième (littéralement – élèvent un tribut au SEIGNEUR). Et que faire donc de ce cinq-centième que donneront les douze mille guerriers ?

מִמַּחֲצִיתָם תִּקָּחוּ וְנָתַתָּה לְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן תְּרוּמַת יְהוָה׃

mimma'hatsitám tikká'hou venatattá le'el'azár hakkohén teroumát adonáy

29 Prenez de leur moitié, et tu le donneras à Élazar le kohen. C'est une offrande d'élévation au SEIGNEUR.

Je le répète encore une fois : les douze mille guerriers donnent de leur moitié un cinq-centième : des hommes, du gros bétail, des ânes et du petit bétail. Et cela est saint, c'est une offrande d'élévation au SEIGNEUR, elle est donnée à Élazar le kohen.


וּמִמַּחֲצִת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל תִּקַּח אֶחָד אָחֻז מִן־הַחֲמִשִּׁים מִן־הָאָדָם מִן־הַבָּקָר מִן־הַחֲמֹרִים וּמִן־הַצֹּאן מִכָּל־הַבְּהֵמָה וְנָתַתָּה אֹתָם לַלְוִיִּם שֹׁמְרֵי מִשְׁמֶרֶת מִשְׁכַּן יְהוָה׃

oumimma'hatsít bene-yisraél tikká'h e'hád a'hoúz min-ha'hamichím min-ha'adám min-habbakár min-ha'hamorím oumin-hattsón mikkol-habbehemá venatattá otám lalviyím chomeré michméret michkán adonáy

30 Et de la moitié des fils d'Israël, prends un cinquantième : de l'homme, du gros bétail, des ânes, et du petit bétail, et tu le donneras aux lévites qui servent auprès de la Tente du SEIGNEUR ».

C'est-à-dire que, de leur moitié, le peuple d'Israël, ceux qui n'ont pas participé à la guerre, paient dix fois plus : au lieu d'un cinq-centième, ils donnent un cinquantième. Plus tard, bien des siècles après, David aussi partagera ainsi le butin.


וַיַּעַשׂ מֹשֶׁה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃

vayá'as moché ve'el'azár hakkohén ka'achér tsivvá adonáy et-moché

31 Et Moché et Élazar le kohen firent comme le SEIGNEUR avait commandé à Moché.


וַיְהִי הַמַּלְקוֹחַ יֶתֶר הַבָּז אֲשֶׁר בָּזְזוּ עַם הַצָּבָא צֹאן שֵׁשׁ־מֵאוֹת אֶלֶף וְשִׁבְעִים אֶלֶף וַחֲמֵשֶׁת־אֲלָפִים׃

vayhí hammalkóa'h yéter habbáz achér bazezoú am hattsavá tson chech-meót élef vechiv'ím élef va'haméchet alafím

32 Et il y eut au total de butin (avant le partage), de tout le butin que les guerriers apportèrent au peuple dans le camp : de petit bétail six cent soixante-quinze mille,


וּבָקָר שְׁנַיִם וְשִׁבְעִים אָלֶף׃

ouvakár chenáyim vechiv'ím álef

33 Et de bœufs soixante-douze mille,


וַחֲמֹרִים אֶחָד וְשִׁשִּׁים אָלֶף׃

va'hamorím e'hád vechichím álef.

34 Et d'ânes soixante et un mille.


וְנֶפֶשׁ אָדָם מִן־הַנָּשִׁים אֲשֶׁר לֹא־יָדְעוּ מִשְׁכַּב זָכָר כָּל־נֶפֶשׁ שְׁנַיִם וּשְׁלֹשִׁים אָלֶף׃

venéfech adám min-hannachím achér lo-yadeoú michkáv zakhár kol-néfech chenáyim ouchlochím álef

35 Et d'âmes humaines, parmi les femmes restantes qui n'avaient pas connu d'homme, en tout trente-deux mille âmes.


וַתְּהִי הַמֶּחֱצָה חֵלֶק הַיֹּצְאִים בַּצָּבָא מִסְפַּר הַצֹּאן שְׁלֹשׁ־מֵאוֹת אֶלֶף וּשְׁלֹשִׁים אֶלֶף וְשִׁבְעַת אֲלָפִים וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃

vattehí hamme'hetsá 'hélek hayotse'ím battsavá mispár hattsón cheloch-meót élef ouchlochím élef vechiv'át alafím va'haméch meót

36 Et la moitié qui revint à ceux qui étaient sortis pour le service fut : de petit bétail trois cent trente-sept mille cinq cents.


וַיְהִי הַמֶּכֶס לַיהוָה מִן־הַצֹּאן שֵׁשׁ מֵאוֹת חָמֵשׁ וְשִׁבְעִים׃

vayhí hammékhes ladonáy min-hattsón chech meót 'haméch vechiv'ím

37 Et le tribut pour le SEIGNEUR, du petit bétail : six cent soixante-quinze.

Qui a une calculatrice peut vérifier.


וְהַבָּקָר שִׁשָּׁה וּשְׁלֹשִׁים אָלֶף וּמִכְסָם לַיהוָה שְׁנַיִם וְשִׁבְעִים׃

vehabbakár chichá ouchlochím álef oumikhsám ladonáy chenáyim vechiv'ím

38 Et de gros bétail – trente-six mille, et parmi eux pour le SEIGNEUR – soixante-douze unités.

 
וַחֲמֹרִים שְׁלֹשִׁים אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת וּמִכְסָם לַיהוָה אֶחָד וְשִׁשִּׁים׃

va'hamorím chelochím élef va'haméch meót oumikhsám ladonáy e'hád vechichím

39 Et les ânes – trente mille cinq cents, et le tribut sur eux pour le SEIGNEUR – soixante et un.


וְנֶפֶשׁ אָדָם שִׁשָּׁה עָשָׂר אָלֶף וּמִכְסָם לַיהוָה שְׁנַיִם וּשְׁלֹשִׁים נָפֶשׁ׃

venéfech adám chichá assár álef oumikhsám ladonáy chenáyim ouchlochím náfech

40 Et d'âmes humaines – seize mille, et le tribut sur elles pour le SEIGNEUR – trente-deux âmes.

Ces gens serviront auprès de la Tente d'assignation, ils aideront les kohanim dans le service qui n'est pas lié au service sacré : la préparation du bois, de l'eau et des travaux semblables.


וַיִּתֵּן מֹשֶׁה אֶת־מֶכֶס תְּרוּמַת יְהוָה לְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃

vayittén moché et-mékhes teroumát adonáy le'el'azár hakkohén ka'achér tsivvá adonáy et-moché

41 Et Moché donna à Élazar le kohen le tribut de l'élévation pour le Très-Haut, comme le SEIGNEUR l'avait ordonné à Moché.


וּמִמַּחֲצִית בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר חָצָה מֹשֶׁה מִן־הָאֲנָשִׁים הַצֹּבְאִים׃

oumimma'hatsít bené yisraél achér 'hatsá moché min-ha'anachím hattsove'ím

42 Et de la moitié des fils d'Israël, que Moché (avait séparée) avait prise de ceux qui étaient revenus de la guerre,


וַתְּהִי מֶחֱצַת הָעֵדָה מִן־הַצֹּאן שְׁלֹשׁ־מֵאוֹת אֶלֶף וּשְׁלֹשִׁים אלֶף שִׁבְעַת אֲלָפִים וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃

vattehí me'hetsát ha'edá min-hattsón cheloch-meót élef ouchlochím élef chiv'át alafím va'haméch meót

43 Et il y eut la moitié qui revint à la communauté : de petit bétail – trois cent trente-sept mille cinq cents,


וּבָקָר שִׁשָּׁה וּשְׁלֹשִׁים אָלֶף׃

ouvakár chichá ouchlochím álef

44 Et de gros bétail – trente-six mille,


וַחֲמֹרִים שְׁלֹשִׁים אֶלֶף וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃

va'hamorím chelochím élef va'haméch meót

45 Et d'ânes – trente mille cinq cents,


וְנֶפֶשׁ אָדָם שִׁשָּׁה עָשָׂר אָלֶף׃

venéfech adám chichá assár álef

46 Et d'âmes humaines – seize mille.

Ici, à la différence des versets 37 à 40, où est énuméré en détail ce qui est remis aux kohanim, ce qui est une offrande sacrée, une élévation sacrée au SEIGNEUR, la Torah ne donne pas de nouveau une liste détaillée. Nous pourrions nous attendre, comme cela arrive souvent dans la Torah, à ce que la liste se répète, mais la Torah ne dit pas cela, elle dit ainsi :


וַיִּקַּח מֹשֶׁה מִמַּחֲצִת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל אֶת־הָאָחֻז אֶחָד מִן־הַחֲמִשִּׁים מִן־הָאָדָם וּמִן־הַבְּהֵמָה וַיִּתֵּן אֹתָם לַלְוִיִּם שֹׁמְרֵי מִשְׁמֶרֶת מִשְׁכַּן יְהוָה כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֶת־מֹשֶׁה׃

vayikká'h moché mimma'hatsít bene-yisraél et-ha'a'hoúz e'hád min-ha'hamichím min-ha'adám oumin-habbehemá vayittén otám lalviyím chomeré michméret michkán adonáy ka'achér tsivvá adonáy et-moché

47 Et Moché prit de cette moitié qui est réservée aux fils d'Israël un cinquantième de tout homme et du bétail, et le donna aux lévites qui montent la garde auprès du Michkan du SEIGNEUR, comme le SEIGNEUR l'avait commandé à Moché.

Ainsi donc, la guerre s'est achevée victorieusement, la vengeance s'est accomplie, le butin a été partagé avec justice, conformément aux ordres du Très-Haut. Moché a donné des instructions sur la manière dont les guerriers victorieux, qui étaient partis à la guerre, reviendraient dans le camp, dont ils se purifieraient eux-mêmes ainsi que le butin. Et après tout cela se produit encore un événement, tout à fait inattendu.


וַיִּקְרְבוּ אֶל־מֹשֶׁה הַפְּקֻדִים אֲשֶׁר לְאַלְפֵי הַצָּבָא שָׂרֵי הָאֲלָפִים וְשָׂרֵי הַמֵּאוֹת׃

vayikrevoú el-moché happekoudím achér le'alfé hattsavá saré ha'alafím vesaré hammeót

48 Et s'approchèrent de Moché les commandants, les chefs de mille de l'armée et les chefs de cent de l'armée,

Nous nous souvenons que ce sont ces mêmes gens contre qui Moché s'était mis en colère.


וַיֹּאמְרוּ אֶל־מֹשֶׁה עֲבָדֶיךָ נָשְׂאוּ אֶת־רֹאשׁ אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה אֲשֶׁר בְּיָדֵנוּ וְלֹא־נִפְקַד מִמֶּנּוּ אִישׁ׃

vayomeroú el-moché avadékha naseoú et-róch anché hammil'hamá achér beyadénou velo-nifkád mimménnou ich

49 Et ils dirent à Moché : « Tes serviteurs ont compté par tête tous les guerriers qui nous avaient été confiés (remis sous notre commandement), et nous n'avons pas perdu un seul homme.

C'est-à-dire : « Il nous est arrivé un miracle, nous avons mené une opération militaire et nos pertes – zéro ».


וַנַּקְרֵב אֶת־קָרְבַּן יְהוָה אִישׁ אֲשֶׁר מָצָא כְלִי־זָהָב אֶצְעָדָה וְצָמִיד טַבַּעַת עָגִיל וְכוּמָז לְכַפֵּר עַל־נַפְשֹׁתֵינוּ לִפְנֵי יְהוָה׃

vannakrév et-korbán adonáy ich achér matsá kheli-zaháv ets'adá vetsamíd tabbá'at agíl vekhoumáz lekhappér al-nafchoténou lifné adonáy

50 Nous apporterons en sacrifice au Très-Haut, chacun de nous, ce qu'il a trouvé : des objets d'or, des bracelets de pied, des bracelets de bras, des anneaux, des boucles d'oreilles, des khoumaz (parures intimes), pour expier notre âme devant le SEIGNEUR ».

Ces commandants qui avaient été en danger, qui avaient participé à l'opération militaire et étaient revenus en paix, comprennent le caractère miraculeux de ce qui se passe et disent : « Nous voulons apporter un sacrifice au SEIGNEUR ». Moché ne s'était pas mis en colère contre les simples soldats, Moché s'était mis en colère contre les commandants, c'est pourquoi les simples soldats n'apportèrent rien de ce qu'ils avaient pillé. Ce sont précisément les commandants qui décidèrent d'apporter un sacrifice au SEIGNEUR.


וַיִּקַּח מֹשֶׁה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֶת־הַזָּהָב מֵאִתָּם כֹּל כְּלִי מַעֲשֶׂה׃

vayikká'h moché ve'el'azár hakkohén et-hazzaháv me'ittám kol kelí ma'assé

51 Et Moché et Élazar le kohen prirent d'eux tous les objets d'or,


וַיְהִי כָּל־זְהַב הַתְּרוּמָה אֲשֶׁר הֵרִימוּ לַיהוָה שִׁשָּׁה עָשָׂר אֶלֶף שְׁבַע־מֵאוֹת וַחֲמִשִּׁים שָׁקֶל מֵאֵת שָׂרֵי הָאֲלָפִים וּמֵאֵת שָׂרֵי הַמֵּאוֹת׃

vayhí kol-zeháv hatteroumá achér herímou ladonáy chichá assár élef cheva-meót va'hamichím chákel me'ét saré ha'alafím oume'ét saré hammeót

52 Et il y eut l'élévation de tout l'or qu'ils apportèrent au SEIGNEUR, seize mille sept cent cinquante chékels, de la part des chefs de mille et des chefs de cent.


אַנְשֵׁי הַצָּבָא בָּזְזוּ אִישׁ לוֹ׃

anché hattsavá bazezoú ich lo

53 Mais les simples guerriers prirent chacun pour soi ce qu'il avait pillé.

Ils n'apportèrent rien en sacrifice au SEIGNEUR, c'est une affaire volontaire. Il existe un certain lien entre la réprimande de Moché, fût-elle dans la colère, adressée aux chefs de mille et aux chefs de cent, et leur sacrifice qu'ils décidèrent, après réflexion, d'apporter au SEIGNEUR. Ceux qui n'avaient pas reçu de réprimande de Moché n'apportèrent rien.


וַיִּקַּח מֹשֶׁה וְאֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֶת־הַזָּהָב מֵאֵת שָׂרֵי הָאֲלָפִים וְהַמֵּאוֹת וַיָּבִאוּ אֹתוֹ אֶל־אֹהֶל מוֹעֵד זִכָּרוֹן לִבְנֵי־יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי יְהוָה׃

vayikká'h moché ve'el'azár hakkohén et-hazzaháv me'ét saré ha'alafím vehammeót vayavíou otó el-óhel mo'éd zikkarón livne-yisraél lifné adonáy

54 Et Moché et Élazar le kohen prirent l'or des chefs de mille et des chefs de cent, et l'apportèrent dans la Tente d'assignation, en mémorial pour les fils d'Israël devant le SEIGNEUR.

C'est-à-dire que dans la Tente d'assignation, comme dans une sorte de musée, seront conservées ces parures d'or en mémoire du fait que le SEIGNEUR protège son peuple pendant la guerre. En mémoire du fait que l'homme peut et doit éprouver de la reconnaissance envers le SEIGNEUR de ce qu'Il l'a protégé pendant la guerre, ressentir cette reconnaissance et donner tout son butin (or, en ces temps-là, ce butin était parfois la paie, la rétribution du guerrier) au Très-Haut. C'est une instruction que le peuple d'Israël a reçue pour de longs temps.

Nouvelles géographiques

Bémidbar 32,1–42

Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, l'étude de la section hebdomadaire Matot et nous allons lire le chapitre 32 du livre de Bémidbar.

וּמִקְנֶה רַב הָיָה לִבְנֵי רְאוּבֵן וְלִבְנֵי־גָד עָצוּם מְאֹד וַיִּרְאוּ אֶת־אֶרֶץ יַעְזֵר וְאֶת־אֶרֶץ גִּלְעָד וְהִנֵּה הַמָּקוֹם מְקוֹם מִקְנֶה׃

oumikné rav hayá livné re'ouvén velivne-gád atsoúm meód vayir'oú et-érets ya׳zér ve'et-érets gil'ád vehinné hammakóm mekóm mikné

1 Les fils de Réouven et les fils de Gad avaient une grande quantité de bétail, et ils virent la terre de Yazer et la terre de Guil'ad, et voici, ce lieu – un lieu qui convient pour le pâturage du bétail.

Les terres de Yazer et de Guil'ad – ce sont les terres des Amoréens, que le Très-Haut a donné à conquérir au peuple d'Israël. Il n'y a pas tant de lieux dans la région qui conviennent pour le pâturage du bétail, surtout si tu as des troupeaux très grands. Partout en Israël paissent çà et là de petits troupeaux, et, bien que nos ancêtres aient été éleveurs, le pays d'Israël, sur la plus grande partie de son territoire, est peu adapté à l'élevage. Mais rappelons-nous d'abord de quoi nous parlons quand nous parlons du pays d'Israël. Lors de l'alliance entre les corps tranchés, le Très-Haut promit à Avraham de lui donner la terre depuis le Prat jusqu'au torrent d'Égypte. Nous lisons cela dans le livre de Béréchit (15,18–21) : « En ce jour-là, le SEIGNEUR conclut avec Avram une alliance, en disant : “À ta descendance J'ai donné cette terre, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, le fleuve Prat (Euphrate) : les Kéniens, et les Knizéens, et les Kadmonéens, et les Hittites, et les Prizéens, et les Réfaïm, et les Amoréens, et les Cananéens, et les Guirgachéens, et les Yévousséens” ». Ces terres dont nous parlons maintenant font partie de ces territoires. Lors de l'alliance de la circoncision, le Très-Haut dit qu'il donnera à Avraham le pays de Canaan. Nous lisons cela au chapitre 17 du livre de Béréchit, au verset 8 : « Et je te donnerai, à toi et à ta descendance après toi, la terre de ton séjour, toute la terre de Canaan, en possession éternelle… », c'est-à-dire ce pays qui est au-delà du Jourdain, que le peuple d'Israël doit encore conquérir en traversant le Jourdain. Deux alliances et deux parcelles du territoire d'Israël. Quand le peuple d'Israël se trouve seulement en Canaan, comme sur une sorte d'île, alors il est fermé aux autres peuples. Pour avoir un lien avec les autres peuples, le peuple d'Israël a un territoire plus large, depuis le Prat jusqu'au torrent d'Égypte.

Imaginons ce qui se serait passé si les fils de Réouven et les fils de Gad n'avaient pas remarqué ces terres. Dans ce cas, ces terres auraient été désertes. À quoi aurait ressemblé le pays d'Israël ? D'un côté – la mer, de l'autre côté – ces mêmes terres désertes que regardent maintenant les fils de Réouven et les fils de Gad. Au sud – le désert du Sinaï, et au nord – là où se trouve maintenant le Liban moderne, il y avait des forêts impénétrables. Le pays d'Israël aurait été comme une île, séparée par des forêts impénétrables, des mers, des déserts et des champs de tout le monde environnant. Et le peuple d'Israël aurait été, dans ce royaume au bout du monde, isolé de tous, le peuple aurait été enfermé dans une sorte d'incubateur spirituel.

Mais il y a aussi une autre variante. La variante où le peuple d'Israël a des échanges avec les peuples du monde, et c'est – le territoire promis depuis le torrent d'Égypte jusqu'à l'Euphrate. Et c'est en cela que réside l'importance particulière du fait que les fils de Réouven et les fils de Gad ont repéré cette terre. Désormais il y aura un territoire constamment peuplé, reliant le pays d'Israël aux autres peuples.

Ainsi donc, ils ont vu ce territoire. Ils ont vu qu'il convient bien pour le pâturage du bétail. Mais est-il si simple de demander à s'installer sur cette terre ?

וַיָּבֹאוּ בְנֵי־גָד וּבְנֵי רְאוּבֵן וַיֹּאמְרוּ אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְאֶל־נְשִׂיאֵי הָעֵדָה לֵאמֹר׃

vayavóou vene-gád ouvné re'ouvén vayomeroú el-moché ve'el-el'azár hakkohén ve'el-nesi'é ha'edá lemór

2 Et les fils de Gad et les fils de Réouven vinrent, et dirent à Moché, et à Élazar le kohen, et à tous les chefs de la communauté, en disant :

Dans le verset suivant, ils énuméreront neuf villes des Amoréens, en décrivant toute la géographie du pays conquis.

עֲטָרוֹת וְדִיבֹן וְיַעְזֵר וְנִמְרָה וְחֶשְׁבּוֹן וְאֶלְעָלֵה וּשְׂבָם וּנְבוֹ וּבְעֹן׃

atarót vedivón veya׳zér venimrá ve'hechbón ve'el'alé ousvám ounvó ouv'ón

3 « Atarot, et Divon, et Yazer, et Nimra, et 'Hechbon, et Élalé, et Svam, et Névo, et Béon,

 Neuf villes. Pratiquement, ils ont tracé la géographie de cette terre. Tous les noms de ces villes sont des noms amoréens, sauf Névo. Névo est un nom babylonien, et cela indique peut-être qu'il y avait déjà là, dans l'Antiquité, une quelconque colonie babylonienne.

הָאָרֶץ אֲשֶׁר הִכָּה יְהוָה לִפְנֵי עֲדַת יִשְׂרָאֵל אֶרֶץ מִקְנֶה הִוא וְלַעֲבָדֶיךָ מִקְנֶה׃

ha'árets achér hikká adonáy lifné adát yisraél érets mikné hi vela'avadékha mikné

4 Toute cette terre que le SEIGNEUR a frappée devant la communauté d'Israël – c'est une terre propice au pâturage, et chez tes serviteurs – du bétail ».

Ici, il s'agit de la population que le SEIGNEUR a frappée sur le territoire donné par le SEIGNEUR au peuple d'Israël. Remarquez qu'ils s'adressent, semble-t-il, non seulement à Moché, mais aussi à Élazar et aux chefs de la communauté, mais ils parlent au singulier, comme si c'était Moché qui décidait tout ici. Ils disent : « …et chez tes serviteurs – du bétail », mais ne demandent rien directement. Cela ressemble à un petit garçon qui, ayant vu dans un magasin un ourson en peluche, dit à sa maman : « Quel merveilleux ourson en peluche, j'aime tellement les oursons en peluche ». La manière dont ils parlent est aussi, bien sûr, une façon de demander, on comprend que c'est une demande. Mais Moché se tait. Et ils continuent :

וַיֹּאמְרוּ אִם־מָצָאנוּ חֵן בְּעֵינֶיךָ יֻתַּן אֶת־הָאָרֶץ הַזֹּאת לַעֲבָדֶיךָ לַאֲחֻזָּה אַל־תַּעֲבִרֵנוּ אֶת־הַיַּרְדֵּן׃

vayomeroú im-matsánou 'hen be'enékha youttán et-ha'árets hazzót la'avadékha la'a'houzzá al-ta'avirénou et-hayardén

5 Et ils disent : « Si nous avons trouvé grâce à tes yeux, que cette terre soit donnée à tes serviteurs en possession ! Ne nous fais pas traverser le Jourdain ! »

À première vue, il se passe quelque chose de révoltant, il se passe une rébellion, et pas seulement à première vue d'ailleurs. Mais nous nous souvenons, nous avons dit qu'il y a deux promesses faites à Avraham. Et les terres qu'ils demandent sont, elles aussi, promises au peuple d'Israël. Moché y voit un problème et répond aux fils de Gad et de Réouven par une question à une question (ou par une question à une demande).

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לִבְנֵי־גָד וְלִבְנֵי רְאוּבֵן הַאַחֵיכֶם יָבֹאוּ לַמִּלְחָמָה וְאַתֶּם תֵּשְׁבוּ פֹה׃

vayomer moché livne-gád velivné re'ouvén ha'a'hekhém yavóou lammil'hamá ve'attém téchevou fo

6 Et Moché dit aux fils de Gad et aux fils de Réouven : « Est-il vraiment possible que vos frères aillent faire la guerre, et que vous, vous restiez à l'abri ici ?

C'est le premier reproche de Moché envers ces gens. Il ne leur dit pas : « Pourquoi ne voulez-vous pas entrer dans le pays vers lequel le SEIGNEUR vous conduisait ? » Il dit : « Comment cela se fera-t-il, que vos frères fassent la guerre, et que vous, vous restiez assis ici ? »

וְלָמָּה תְנוּאוּן (תְנִיאוּן) אֶת־לֵב בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵעֲבֹר אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־נָתַן לָהֶם יְהוָה׃

velámma tenioún et-lév bené yisraél me'avór el-ha'árets acher-natán lahém adonáy

7 Et pourquoi détournez-vous (coupez-vous l'envie) le cœur du peuple d'Israël d'entrer dans le pays que le SEIGNEUR leur a donné ?

C'est-à-dire : « Eh bien, si tout le monde commence ici à s'installer, alors personne ne voudra aller dans le pays. Vous êtes maintenant en train d'affaiblir le peuple, vous êtes maintenant en train de priver le peuple de cet élan, de ce désir d'entrer dans le pays d'Israël ».

כֹּה עָשׂוּ אֲבֹתֵיכֶם בְּשָׁלְחִי אֹתָם מִקָּדֵשׁ בַּרְנֵעַ לִרְאוֹת אֶת־הָאָרֶץ׃

ko assoú avotekhém bechol'hí otám mikkadéch barnéya lir'ót et-ha'árets

8 Ainsi agissaient vos pères, déjà quand je les ai envoyés de Kadech-Barnéa examiner le pays (dans cette histoire mémorable des explorateurs, des éclaireurs, des espions – méraglim).

וַיַּעֲלוּ עַד־נַחַל אֶשְׁכּוֹל וַיִּרְאוּ אֶת־הָאָרֶץ וַיָּנִיאוּ אֶת־לֵב בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לְבִלְתִּי־בֹא אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־נָתַן לָהֶם יְהוָה׃

vaya'aloú ad-ná'hal echkól vayir'oú et-ha'árets vayaníou et-lév bené yisraél levilti-vó el-ha'árets acher-natán lahém adonáy

9 Et alors ils arrivèrent jusqu'à la source d'Echkol, et ils virent toute cette terre, et ils affaiblirent la résolution à tel point que le peuple ne voulut pas entrer dans la terre que le SEIGNEUR leur a donnée.

וַיִּחַר־אַף יְהוָה בַּיּוֹם הַהוּא וַיִּשָּׁבַע לֵאמֹר׃

vayi'har-áf adonáy bayom hahoú vayichavá lemór

10 Et ce jour-là le SEIGNEUR se mit en colère, et jura, en disant :

אִם־יִרְאוּ הָאֲנָשִׁים הָעֹלִים מִמִּצְרַיִם מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה אֵת הָאֲדָמָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב כִּי לֹא־מִלְאוּ אַחֲרָי׃

im-yir'oú ha'anachím ha'olím mimmitsráyim mibbén esrím chaná vamá׳la et ha'adamá achér nichbá׳ti le'avrahám leyits'hák oulya'akóv ki lo-mil'oú a'haráy

11 Les gens sortis d'Égypte, de 20 ans et au-dessus, ne verront pas la terre au sujet de laquelle J'ai juré à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov, parce qu'ils ne M'ont pas suivi (ne M'ont pas été entièrement dévoués).

Nous nous souvenons de ce qui s'est passé au retour des explorateurs, comment, par leurs discours, ils ont tué chez le peuple tout désir d'aller dans le pays, ont effrayé le peuple et affaibli son cœur. Et le Très-Haut a dit que personne de plus de vingt ans n'entrerait dans le pays (ce sont les chapitres 13–14 de notre livre).

בִּלְתִּי כָּלֵב בֶּן־יְפֻנֶּה הַקְּנִזִּי וִיהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן כִּי מִלְאוּ אַחֲרֵי יְהוָה׃

biltí kalév ben-yefounné hakkenizzí vihochoúa bin-noún ki mil'oú a'haré adonáy

12 Sauf Kalev ben Yéfounné, (ben) Knaz, et Yéhochoua ben Noun, parce qu'ils ont pleinement accompli la volonté du Très-Haut.

וַיִּחַר־אַף יְהוָה בְּיִשְׂרָאֵל וַיְנִעֵם בַּמִּדְבָּר אַרְבָּעִים שָׁנָה עַד־תֹּם כָּל־הַדּוֹר הָעֹשֶׂה הָרַע בְּעֵינֵי יְהוָה׃

vayi'har-áf adonáy beyisraél vayni'ém bammidbár arba'ím chaná ad-tóm kol-haddór ha'ossé hará be'ené adonáy

13 Et le SEIGNEUR se mit alors en colère contre Israël, et les mena par le désert quarante ans, jusqu'à ce que s'épuise toute la génération qui faisait le mal aux yeux du SEIGNEUR.

וְהִנֵּה קַמְתֶּם תַּחַת אֲבֹתֵיכֶם תַּרְבּוּת אֲנָשִׁים חַטָּאִים לִסְפּוֹת עוֹד עַל חֲרוֹן אַף־יְהוָה אֶל־יִשְׂרָאֵל׃

vehinné kamtém tá'hat avotekhém tarboút anachím 'hatta'ím lispót od al 'harón af-adonáy el-yisraél

14 Et voici que maintenant vous vous êtes levés à la place de vos pères, un complot de gens pécheurs (méchants), pour ajouter encore à la colère du SEIGNEUR contre Israël !

Allons-nous vraiment repartir pour un deuxième tour ?! Le mot tarbout signifie, dans la langue moderne, culture. Mais ici il signifie ce qui unit une multitude de gens en un seul : un complot de gens pécheurs.

כִּי תְשׁוּבֻן מֵאַחֲרָיו וְיָסַף עוֹד לְהַנִּיחוֹ בַּמִּדְבָּר וְשִׁחַתֶּם לְכָל־הָעָם הַזֶּה׃

ki techouvoún me'a'haráv veyassáf od lehanni'hó bammidbár vechi'hattém lekhol-ha'ám hazzé

15 Si vous vous détournez de Lui, pour qu'Il laisse encore ce peuple dans le désert, alors vous ferez périr tout ce peuple ! »

Le reproche principal que Moché adresse aux fils de Gad et de Réouven, c'est qu'ils refusent d'aller à la guerre pour la terre d'Israël, qu'ils renoncent à la cause commune. C'est comme s'ils disaient : « Nous, ici, nous sommes de notre côté, et vous, plus loin, vous êtes de votre côté. Nous avons déjà trouvé pour nous un bon endroit, nous n'irons pas plus loin ». Et il arrivera ainsi que quiconque s'emparera pour lui-même d'un morceau de terre dira : « Et moi, je n'irai pas plus loin. Ici aussi tout me convient, ici aussi je suis bien ». Moché, en les accusant, dit : « Vous ne voulez pas aller à la guerre et par là même vous sapez le moral combatif du peuple. Et le peuple demandera soudain : “Quoi, on pouvait donc faire comme ça ?” Et peut-être réveillerez-vous la colère du Très-Haut, et Il se mettra en colère contre le peuple. Et en conséquence le peuple restera de nouveau dans le désert. C'est ce que Moché répond aux fils de Réouven et de Gad.

Mais ils sont prêts à confirmer et à prouver : bien qu'ils se soient déjà choisi une terre, ils restent une partie du peuple et continueront la route avec le peuple.

וַיִּגְּשׁוּ אֵלָיו וַיֹּאמְרוּ גִּדְרֹת צֹאן נִבְנֶה לְמִקְנֵנוּ פֹּה וְעָרִים לְטַפֵּנוּ׃

vayiggechoú eláv vayomeroú gidrót tson nivné lemiknénou po ve'arím letappénou

16 Et ils s'approchèrent de lui, et dirent : « Nous construirons ici des enclos pour notre bétail et des villes pour nos enfants.

C'est-à-dire que nous construirons ici un lieu où nos enfants et nos femmes pourront nous attendre. Remarquez, ils trahissent ici leurs priorités : construisons d'abord des enclos pour le bétail, et ensuite des maisons pour nos enfants, c'est-à-dire que le bétail est pour eux plus important que les enfants.

וַאֲנַחְנוּ נֵחָלֵץ חֻשִׁים לִפְנֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עַד אֲשֶׁר אִם־הֲבִיאֹנֻם אֶל־מְקוֹמָם וְיָשַׁב טַפֵּנוּ בְּעָרֵי הַמִּבְצָר מִפְּנֵי יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ׃

va'aná'hnou ne'haléts 'houchím lifné bené yisraél ad achér im-havi'onoúm el-mekomám veyacháv tappénou be'aré hammivtsár mippené ychevé ha'árets

17 Et nous, aux premiers rangs, nous marcherons même devant tous les fils d'Israël, jusqu'à ce qu'ils soient amenés à leur lieu ; et nos enfants habiteront dans des villes fortifiées, afin qu'aucun des peuples environnants ne puisse leur faire de mal.

לֹא נָשׁוּב אֶל־בָּתֵּינוּ עַד הִתְנַחֵל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אִישׁ נַחֲלָתוֹ׃

lo nachoúv el-batténou ad hitna'hél bené yisraél ich na'halató

18 Nous ne retournerons pas à la maison tant que chacun des fils d'Israël n'aura pas été établi, chacun dans sa part d'héritage.

C'est-à-dire : nous sommes avec le peuple jusqu'au bout. Nous irons à la guerre, mais nous voulons nous assurer précisément ce territoire.

כִּי לֹא נִנְחַל אִתָּם מֵעֵבֶר לַיַּרְדֵּן וָהָלְאָה כִּי בָאָה נַחֲלָתֵנוּ אֵלֵינוּ מֵעֵבֶר הַיַּרְדֵּן מִזְרָחָה׃

ki lo nin'hál ittám me'éver layardén vahál'a ki vá'a na'halaténou elénou me'éver hayardén mizrá'ha

19 Car nous ne prendrons pas pour nous de part d'héritage avec eux là-bas, au-delà du Jourdain, nous retournerons chez nous, parce que nous recevons une part d'héritage sur la rive orientale du Jourdain ».

Ainsi donc, en réponse à la question, à l'accusation de Moché : « Comment se peut-il que vos frères aillent faire la guerre, et que vous, vous restiez à l'abri ici ? » ils disent : « Non, nous aussi nous irons faire la guerre. Et nous n'irons pas simplement faire la guerre, mais nous irons faire la guerre en pionniers, aux premiers rangs. Et nous ferons la guerre jusqu'à ce que chaque tribu, chaque famille reçoive sa part d'héritage. Nous serons jusqu'au bout avec tout le peuple, et seulement ensuite nous retournerons dans notre part d'héritage (ils ne savent pas encore que cela durera quatorze ans). Et à des territoires quelconques là-bas, au-delà du Jourdain, nous ne prétendons pas du tout, parce que nous aurons déjà reçu notre part d'héritage ici ».

וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם מֹשֶׁה אִם־תַּעֲשׂוּן אֶת־הַדָּבָר הַזֶּה אִם־תֵּחָלְצוּ לִפְנֵי יְהוָה לַמִּלְחָמָה׃

vayomer alehém moché im-ta'assoún et-haddavár hazzé im-te'haletsoú lifné adonáy lammil'hamá

20 Et Moché leur dit : « Si vous faites cela, si vous allez à l'avant-garde devant le SEIGNEUR à la guerre,

וְעָבַר לָכֶם כָּל־חָלוּץ אֶת־הַיַּרְדֵּן לִפְנֵי יְהוָה עַד הוֹרִישׁוֹ אֶת־אֹיְבָיו מִפָּנָיו׃

ve'avár lakhém kol-'haloúts et-hayardén lifné adonáy ad horichó et-oyeváv mippanáv

21 Et tous vos pionniers traverseront le Jourdain devant le SEIGNEUR, jusqu'à ce qu'ils aient chassé tous les ennemis du SEIGNEUR de devant Sa face (jusqu'à ce que toute la terre soit purifiée),

וְנִכְבְּשָׁה הָאָרֶץ לִפְנֵי יְהוָה וְאַחַר תָּשֻׁבוּ וִהְיִיתֶם נְקִיִּים מֵיְהוָה וּמִיִּשְׂרָאֵל וְהָיְתָה הָאָרֶץ הַזֹּאת לָכֶם לַאֲחֻזָּה לִפְנֵי יְהוָה׃

venikhbechá ha'árets lifné adonáy ve'a'hár tachoúvou vihyitém nekiyím me'adonáy oumiyisraél vehayetá ha'árets hazzót lakhém la'a'houzzá lifné adonáy

22 Et toute la terre sera conquise devant le SEIGNEUR, et après cela vous reviendrez, alors vous serez purs devant le SEIGNEUR et devant Israël, et ce côté-ci sera alors pour vous une part d'héritage devant le SEIGNEUR.

וְאִם־לֹא תַעֲשׂוּן כֵּן הִנֵּה חֲטָאתֶם לַיהוָה וּדְעוּ חַטַּאתְכֶם אֲשֶׁר תִּמְצָא אֶתְכֶם׃

ve'im-ló ta'assoún ken hinné 'hatatém ladonáy oud'oú 'hattatkhém achér timtsá etkhém

23 Mais si vous ne faites pas ainsi, alors voici, vous avez péché envers le Très-Haut, et sachez que le péché vous trouvera.

Moché dit que si vous manquez à votre parole, alors votre péché (on entend par là la punition pour le péché) vous rattrapera. Sachez-le simplement.


בְּנוּ־לָכֶם עָרִים לְטַפְּכֶם וּגְדֵרֹת לְצֹנַאֲכֶם וְהַיֹּצֵא מִפִּיכֶם תַּעֲשׂוּ׃

benou-lakhém arím letappekhém ougderót letsona'akhém vehayotsé mippikhém ta'assoú

24 Construisez-vous des maisons pour vos enfants et des enclos pour votre bétail, et tout ce qui est sorti de votre bouche, faites-le ! »

Ici Moché à la fois est d'accord avec eux et les corrige. Et, en vrai maître, il dit : « Construisez-vous des maisons pour vos enfants et des enclos pour votre bétail, et tout ce qui est sorti de votre bouche, faites-le ». C'est-à-dire : faites comme vous l'avez dit, mais changez les priorités : d'abord les enfants, ensuite le bétail, et non l'inverse.

וַיֹּאמֶר בְּנֵי־גָד וּבְנֵי רְאוּבֵן אֶל־מֹשֶׁה לֵאמֹר עֲבָדֶיךָ יַעֲשׂוּ כַּאֲשֶׁר אֲדֹנִי מְצַוֶּה׃

vayomer bene-gád ouvné re'ouvén el-moché lemór avadékha ya'assoú ka'achér adoní metsavvé

25 Et les fils de Gad et les fils de Réouven dirent à Moché, en disant : « Tes serviteurs feront comme le seigneur l'a commandé.

טַפֵּנוּ נָשֵׁינוּ מִקְנֵנוּ וְכָל־בְּהֶמְתֵּנוּ יִהְיוּ־שָׁם בְּעָרֵי הַגִּלְעָד׃

tappénou nachénou miknénou vekhol-behemténou yihyou-chám be'aré haggil'ád

26 Nos enfants, nos femmes, notre petit bétail, tout notre gros bétail seront en Guil'ad.

וַעֲבָדֶיךָ יַעַבְרוּ כָּל־חֲלוּץ צָבָא לִפְנֵי יְהוָה לַמִּלְחָמָה כַּאֲשֶׁר אֲדֹנִי דֹּבֵר׃

va'avadékha ya'avroú kol-'haloúts tsavá lifné adonáy lammil'hamá ka'achér adoní dovér

27 Et tes serviteurs passeront, tout guerrier dans l'armée devant le SEIGNEUR, à la guerre, comme le seigneur l'a dit ».

וַיְצַו לָהֶם מֹשֶׁה אֵת אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וְאֵת יְהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן וְאֶת־רָאשֵׁי אֲבוֹת הַמַּטּוֹת לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל׃

vaytsáv lahém moché et el'azár hakkohén ve'ét yehochoúa bin-noún ve'et-raché avót hammattót livné yisraél

28 Et Moché donna un ordre à leur sujet (promulgua à leur sujet un ordre) pour Élazar le kohen, et pour Yéhochoua ben Noun, et pour les chefs des tribus des fils d'Israël,

וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֲלֵהֶם אִם־יַעַבְרוּ בְנֵי־גָד וּבְנֵי־רְאוּבֵן אִתְּכֶם אֶת־הַיַּרְדֵּן כָּל־חָלוּץ לַמִּלְחָמָה לִפְנֵי יְהוָה וְנִכְבְּשָׁה הָאָרֶץ לִפְנֵיכֶם וּנְתַתֶּם לָהֶם אֶת־אֶרֶץ הַגִּלְעָד לַאֲחֻזָּה׃

vayomer moché alehém im-ya'avroú vene-gád ouvne-re'ouvén ittekhém et-hayardén kol-'haloúts lammil'hamá lifné adonáy venikhbechá ha'árets lifnekhém ountattém lahém et-érets haggil'ád la'a'houzzá

29 Et Moché leur dit : « Si les fils de Gad et les fils de Réouven traversent avec vous le Jourdain, tout guerrier qui sort au combat devant le SEIGNEUR, et que toute la terre est conquise devant vous, alors vous leur donnerez la terre de Guil'ad en héritage.

וְאִם־לֹא יַעַבְרוּ חֲלוּצִים אִתְּכֶם וְנֹאחֲזוּ בְתֹכְכֶם בְּאֶרֶץ כְּנָעַן׃

ve'im-ló ya'avroú 'haloutsím ittekhém veno'hazoú vetokhekhém be'érets kená'an

30 Mais s'ils ne marchent pas en tête de toute l'armée avec vous, alors partagez avec eux et donnez-leur une part d'héritage dans le pays de Canaan ».

Moché, qui sait qu'il n'entrera pas dans le pays de Canaan, rend une décision, annonce sa décision à tous les chefs du peuple, afin qu'ensuite il n'y ait ni disputes ni divergences d'interprétation. On peut apprendre de Moché à stipuler les conditions d'un accord : ce qui arrivera s'ils le font, et ce qui arrivera s'ils ne le font pas. S'ils vont vraiment aux premiers rangs des guerriers combattre pour la libération du pays, alors, après la victoire définitive, permettez-leur de retourner en Guil'ad. Et s'ils n'y vont pas, alors qu'ils reçoivent à égalité un héritage dans le pays d'Israël. C'est une chose étonnante que Moché, ici, ne prenne pas conseil auprès du Très-Haut, ne s'adresse pas au Très-Haut. Il y a des questions qu'il peut résoudre lui-même, c'est-à-dire qu'il possède un pouvoir suffisant, une compréhension suffisante pour décider cela lui-même.

וַיַּעֲנוּ בְנֵי־גָד וּבְנֵי רְאוּבֵן לֵאמֹר אֵת אֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֶל־עֲבָדֶיךָ כֵּן נַעֲשֶׂה׃

vaya'anoú vene-gád ouvné re'ouvén lemór et achér dibbér adonáy el-avadékha ken na'assé

31 Et les fils de Gad et les fils de Réouven répondirent, en disant : « Tout ce que le SEIGNEUR a dit à tes serviteurs, tout, nous le ferons !

Leur réponse montre qu'ils voient dans les paroles de Moché un ordre du Très-Haut, que Moché interprète la volonté du Très-Haut (bien qu'il ne s'adresse pas directement au Très-Haut).

נַחְנוּ נַעֲבֹר חֲלוּצִים לִפְנֵי יְהוָה אֶרֶץ כְּנָעַן וְאִתָּנוּ אֲחֻזַּת נַחֲלָתֵנוּ מֵעֵבֶר לַיַּרְדֵּן׃

 ná'hnou na'avór 'haloutsím lifné adonáy érets kená'an ve'ittánou a'houzzát na'halaténou me'éver layardén

32 Nous irons aux premiers rangs des guerriers devant le SEIGNEUR dans le pays de Canaan, et avec nous restera notre part d'héritage au-delà du Jourdain.

Au-delà du Jourdain – c'est par rapport au pays de Canaan. Et après qu'ils ont conclu un tel accord en présence de tous les chefs d'Israël, devant Moché, devant Élazar, après que toutes les conditions ont été stipulées et rendues publiques, Moché accède à leur demande.

וַיִּתֵּן לָהֶם מֹשֶׁה לִבְנֵי־גָד וְלִבְנֵי רְאוּבֵן וְלַחֲצִי שֵׁבֶט מְנַשֶּׁה בֶן־יוֹסֵף אֶת־מַמְלֶכֶת סִיחֹן מֶלֶךְ הָאֱמֹרִי וְאֶת־מַמְלֶכֶת עוֹג מֶלֶךְ הַבָּשָׁן הָאָרֶץ לְעָרֶיהָ בִּגְבֻלֹת עָרֵי הָאָרֶץ סָבִיב׃

vayittén lahém moché livne-gád velivné re'ouvén vela'hatsí chévet menaché ven-yosséf et-mamlékhet si'hón mélekh ha'emorí ve'et-mamlékhet og mélekh habbachán ha'árets le'aréha bigvoulót aré ha'árets savív

33 Et Moché leur donna, aux fils de Gad, et aux fils de Réouven, et à la moitié de la tribu de Ménaché, fils de Yossef, il leur donna les terres du royaume de Si'hon, roi des Amoréens, et le royaume d'Og, roi du Bachan, tout le pays selon ses frontières, les villes et les terrains qui leur sont attenants.

Une question se pose : d'où est soudain apparue dans cette liste la moitié de la tribu de Ménaché ? Il y a des commentateurs qui disent : quand on a vu que ces terres étaient tout simplement immenses et que, peut-être, il y en aurait trop pour Gad et Réouven, alors une partie de la tribu de Ménaché aussi, pas exactement la moitié, mais une certaine partie de la tribu de Ménaché, a voulu elle aussi s'y installer. D'autres disent : la nature même de la tribu de Ménaché, c'est la mémoire, parce que, lorsque Yossef donnait à son fils le nom de Ménaché, il disait : « Le SEIGNEUR m'a fait oublier ». Et depuis ce temps, la mémoire, le souvenir de la terre, de la maison, d'Israël, c'est une partie de la nature de la tribu de Ménaché. Et c'est pourquoi la tribu de Ménaché reste avec eux pour être un intermédiaire spirituel entre eux et le pays d'Israël.

וַיִּבְנוּ בְנֵי־גָד אֶת־דִּיבֹן וְאֶת־עֲטָרֹת וְאֵת עֲרֹעֵר׃

vayivnoú vene-gád et-divón ve'et-atarót ve'ét aro'ér

34 Les fils de Gad bâtirent Divon, et Atarot, et Aro'er,

וְאֶת־עַטְרֹת שׁוֹפָן וְאֶת־יַעְזֵר וְיָגְבֳּהָה׃

ve'et-atrót chofán ve'et-ya׳zér veyogbehá

35 Et Atrot-Chofan, et Yazer, et Yagbéhou,

וְאֶת־בֵּית נִמְרָה וְאֶת־בֵּית הָרָן עָרֵי מִבְצָר וְגִדְרֹת צֹאן׃

 ve'et-bét nimrá ve'et-bét harán aré mivtsár vegidrót tson

36 Et Beit-Nimra et Beit-Haran – des villes fortifiées avec des enclos pour le bétail.

Dans ce cas, le mot bâtirent doit être compris comme fortifièrent, c'est-à-dire qu'ils ont transformé ces villes, d'ouvertes en fortifiées, en des sortes de forteresses autour desquelles il y a des murailles. Et ils ont construit des enclos pour le bétail. C'est ce qui est revenu aux fils de Gad.

וּבְנֵי רְאוּבֵן בָּנוּ אֶת־חֶשְׁבּוֹן וְאֶת־אֶלְעָלֵא וְאֵת קִרְיָתָיִם׃

ouvné re'ouvén banoú et-'hechbón ve'et-el'alé ve'ét kir'yatayim

37 Et les fils de Réouven bâtirent 'Hechbon, et Élalé, et Kiryataïm,

וְאֶת־נְבוֹ וְאֶת־בַּעַל מְעוֹן מוּסַבֹּת שֵׁם וְאֶת־שִׂבְמָה וַיִּקְרְאוּ בְשֵׁמֹת אֶת־שְׁמוֹת הֶעָרִים אֲשֶׁר בָּנוּ׃

ve'et-nevó ve'et-bá'al me'ón moussabbót chem ve'et-sivmá vayikre'oú vechemót et-chemót he'arím achér banoú

38 Et Névo, et Ba'al-Méon, en changeant les noms, et Sivma, et ils désignèrent par de nouveaux noms les noms des villes qu'ils bâtirent.

Pour que les villes ne portent pas les noms de dieux païens, les noms Névo (nom du dieu babylonien) et Ba'al-Méon (nom du dieu local) furent remplacés.

וַיֵּלְכוּ בְּנֵי מָכִיר בֶּן־מְנַשֶּׁה גִּלְעָדָה וַיִּלְכְּדֻהָ וַיּוֹרֶשׁ אֶת־הָאֱמֹרִי אֲשֶׁר־בָּהּ׃

vayelekhoú bené makhír ben-menaché gil'áda vayilkedoúha vayórech et-ha'emorí acher-bá

39 Et les fils de Makhir, fils de Ménaché, vinrent en Guil'ad et s'en emparèrent, et chassèrent les Amoréens qui y vivaient (et ils étendirent encore les territoires).

וַיִּתֵּן מֹשֶׁה אֶת־הַגִּלְעָד לְמָכִיר בֶּן־מְנַשֶּׁה וַיֵּשֶׁב בָּהּ׃

vayittén moché et-haggil'ád lemakhír ben-menaché vayéchev ba

40 Après cela, Moché donna à Makhir, fils de Ménaché (à ses enfants), Guil'ad, pour qu'ils y vivent.

וְיָאִיר בֶּן־מְנַשֶּׁה הָלַךְ וַיִּלְכֹּד אֶת־חַוֹּתֵיהֶם וַיִּקְרָא אֶתְהֶן חַוֹּת יָאִיר׃

veya'ír ben-menaché halákh vayilkód et-'havvotehém vayikrá ethén 'havvót ya'ír

41 Et Yaïr ben Ménaché alla et conquit ses villages, et les appela 'Havot-Yaïr (villages de Yaïr).

וְנֹבַח הָלַךְ וַיִּלְכֹּד אֶת־קְנָת וְאֶת־בְּנֹתֶיהָ וַיִּקְרָא לָה נֹבַח בִּשְׁמוֹ׃

venóva'h halákh vayilkód et-kenát ve'et-benotéha vayikrá la nóva'h bichmó

42 Et Nova'h alla et conquit Knat et ses faubourgs, et les nomma Nova'h, de son nom.

C'est ainsi que se sont formés les établissements du peuple d'Israël en dehors des limites du pays de Canaan.

Accorde du prix à ta parole

Dans notre section hebdomadaire Matot, au verset 3 du chapitre 30, nous lisons : « Si quelqu'un fait un vœu au SEIGNEUR ou jure par un serment, en imposant un interdit à son âme, alors il ne doit pas violer sa parole : tout ce qui est sorti de sa bouche, il doit le faire ». Le sens simple de ce qui est dit semble très clair. Si un homme a prêté serment au Très-Haut, alors ce serment, il doit l'accomplir, et il est interdit de le violer, il est interdit de négliger son serment et de dire : « Bon, j'ai juré, j'avais peur, j'étais fatigué, j'ai juré sans réfléchir ». Bien qu'à certaines conditions un serment puisse être annulé, un serment devant Dieu doit être accompli. C'est le sens simple.

Rabbi Yéhouda-Arié-Leib Alter, connu aussi comme le Sfat Émet, essaie de regarder un peu plus profondément que le sens simple et dit ceci. La phrase lo ya'hél devaró, qui se traduit par il ne doit pas violer sa parole, peut être comprise comme il ne dévaluera pas sa parole, il ne négligera pas sa parole, il ne la rendra pas bon marché. Et on peut rapporter cela non seulement à ce serment concret, mais aussi à tout serment en général. Si un homme dit, prononce de sa bouche un certain serment, prend un certain engagement, promet quelque chose et ensuite ne l'accomplit pas, alors sa parole, tout son langage se dévalue. Et la parole qu'il dit quand il essaie d'étudier la Torah, et sa prière en tant que sa parole devant le Très-Haut se dévaluent aussi, et cela peut être un obstacle dans la prière. Si j'ai affaire à un homme qui viole constamment sa parole, mais qui dit en même temps : « Je te donne ma parole, je te le promets, voici ma parole », alors il dévalue sa parole. Et non seulement ces promesses, cette parole qu'il a violée, mais en général tout son langage se dévalue – le langage, qui est un instrument très important dans la vie de l'homme et dans l'univers dans son ensemble. Il ne faut pas oublier que le Très-Haut a créé par la Parole, et que la lumière n'est apparue que parce qu'a retenti la Parole lumière. La parole est importante dans notre vie, et si nous violons nos serments, si nous violons nos engagements – que ce soit devant le Très-Haut ou devant un homme –, nous dévaluons notre parole. Et que signifieront alors nos autres paroles que nous disons, nos pensées, nos prières, car nous pensons et nous prions aussi avec des mots. Toute notre communication, tout notre langage, en tant qu'instrument, sera dévalué.

Les sages juifs donnent cette définition : « Le sage, c'est celui qui peut prêter serment même sans livre de la Torah. Il n'a pas besoin de poser la main sur l'Écriture, de poser la main sur quoi que ce soit, pour dire la vérité. Il accorde du prix à sa parole. Et quand, à propos d'un objet trouvé, il dit : “C'est à moi”, on lui fait confiance, parce que pour aucun trésor au monde cet homme ne violera sa parole. Seul un tel homme est considéré comme sage ». C'est pourquoi il est très important de ne pas dévaluer son langage en faisant des promesses vides ou de faux témoignages, et de dire ce que tu ne sais pas avec certitudeL'original dit littéralement « et de dire ce que tu ne sais pas avec certitude ». La négation semble valoir aussi pour cette partie (ne pas dire ce que l'on ne sait pas), mais elle n'est pas répétée ; la phrase est traduite telle quelle..

Dans le Talmud est rapportée une déclaration de Rabbi Chmouël selon laquelle un homme sage ne peut manquer à sa parole que dans trois cas (c'est, bien entendu, un conseil, tous ne seront pas d'accord avec cela). Voici ce qu'il dit : « On peut manquer à sa parole dans trois situations. La première – la modestie : quand on essaie de vérifier ton niveau de connaissances, on peut par modestie ne pas dévoiler tout ce que tu sais. La deuxième situation concerne la vie intime : si l'on te contraint soudain, dans une certaine situation, à en parler, dis : “Non, il n'y a rien eu, je ne sais pas”. La troisième situation concerne l'hospitalité, le séjour dans la maison d'autrui. Comme on dit : quand tu entres dans la maison d'autrui, ferme les yeux, quand tu sors, ferme la bouche. Est-ce bien dans cette maison ? Oui, tout va bien. T'a-t-on bien reçu ? Oui, tout va bien, des hôtes merveilleux, une maîtresse de maison merveilleuse, une nourriture très bonne ». C'est-à-dire qu'un homme sage peut, par sagesse, s'écarter de la vérité, mais dans les autres situations il vaut mieux se taire que dire une contre-vérité.

Bien entendu, chacune de ces situations décrites par Rabbi Chmouël peut être comprise plus largement. Il vaut mieux préciser : « Je ferai cela, je m'efforcerai de faire cela, mais je ne fais pas de vœu ». C'est pourquoi on peut si souvent rencontrer chez les Juifs croyants l'expression bli néder (sans serment), c'est-à-dire : je m'efforcerai sans vœu, je ne prête pas serment, je m'efforcerai simplement de le faire. Il faut être prudent avec son langage, pour qu'il ne perde pas de sa valeur aux yeux du Très-Haut, aux yeux des autres gens, pour que nos prières ne perdent pas leur force, pour que notre étude ne perde pas sa force. Voilà une pensée courte, mais, à mon avis, très importante au sujet de notre section hebdomadaire.

Matot : poursuivre l'étude

Lisez aussi la section Pin'has, la section Nasso sur le naziréat, la section Bé'houkotaï et les sections hebdomadaires de la Torah.

Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    Sommaire de cette section

    1. 1Un serment est un serment 30,2–17
    2. 2Vengeance et vengeurs 31,1–54
    3. 3Nouvelles géographiques 32,1–42
    4. 4Accorde du prix à ta parole
    5. 5Matot : poursuivre l'étude

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