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- Dévarim
- Vayélekh
וַיֵּלֶךְ
Vayélekh
le successeur de Moché et la lecture de la Torah
- Section hebdomadaire
- 52 sur 54
- Versets
- Dévarim 31,1–30
- Parties
- 6
- Temps de lecture
- 26 min
- Vues
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Vayélekh est la section hebdomadaire sur les dernières instructions de Moché et la transmission du service à Yéhochoua. Dans le sténogramme d'Alex Blend sont examinés la mise par écrit de la Torah, sa lecture devant le peuple et le cantique comme témoignage de l'alliance. Le texte du chapitre 31 du livre de Dévarim en hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original précise que le texte hébreu est accompagné d'une traduction russe. Comme cette page présente une traduction française, la phrase dit simplement « une traduction ». et de l'interprétation religieuse de l'auteur.
Vayélekh : les dernières instructions de Moché
Avec l'aide de Dieu, nous commençons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Vayélekh et nous allons lire le chapitre 31 du livre de Dévarim. Dans la précédente section hebdomadaire, nous avons lu, vous et moi, que Moché a rassemblé le peuple d'Israël et qu'a eu lieu une sorte de reconclusion de l'alliance, un renouvellement de l'alliance avant l'entrée du peuple d'Israël en Terre Sainte. Plus encore, Moché a donné des indications sur la manière de renouveler les paroles de l'alliance, de répéter la conclusion de l'alliance pour le peuple lors de l'entrée dans le pays d'Israël. Et c'est là-dessus qu'il a terminé son discours devant toute l'assemblée du peuple d'Israël.
Au chapitre 31, tout au début de la section hebdomadaire Vayélekh, nous lisons :
וַיֵּלֶךְ מֹשֶׁה וַיְדַבֵּר אֶת־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה אֶל־כָּל־יִשְׂרָאֵל׃
vayélekh moché vaydabbér et-haddevarím ha'élle el-kol-yisraél
1 Et Moché alla, et il dit ces paroles à tout le peuple d'Israël,
Outre le fait que Moché a rassemblé tout le peuple en une assemblée générale, à la fin de ce discours il est passé dans toutes les tribus, par familles, il a parcouru tout le peuple d'Israël. Il faut comprendre qu'avait grandi une génération qui n'avait pas connu de changement de dirigeant, de gouvernant. Pendant quarante ans, c'est Moché qui dirigeait tout. Toute une génération avait grandi sans connaître d'autre leader. Bien sûr, c'était pour le peuple un choc, un traumatisme, un stress, que quelqu'un d'autre puisse venir à la place de Moché, et le plus terrible, que Moché lui-même puisse disparaître quelque part. Et le peuple avait besoin de consolation et d'apaisement, parce que Moché était un intermédiaire fiable, permanent entre le peuple et le Très-Haut. Nous savons par la Torah orale qu'il y avait beaucoup de critiques à l'égard de Moché, qu'on le regardait de travers, nous connaissons toutes les accusations qui ont été prononcées contre lui. Mais, d'un autre côté, nous connaissons le témoignage du Très-Haut (qui l'emporte sur tout), que Moché est un serviteur fidèle dans la maison de Dieu. Et, en serviteur fidèle, Moché se soucie de ce qu'il adviendra du peuple après qu'il sera parti.
וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם בֶּן־מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה אָנֹכִי הַיּוֹם לֹא־אוּכַל עוֹד לָצֵאת וְלָבוֹא וַיהוָה אָמַר אֵלַי לֹא תַעֲבֹר אֶת־הַיַּרְדֵּן הַזֶּה׃
vayomer alehém ben-me'á ve'esrím chaná anokhí hayom lo-oukhál od latsét velavó vadonáy amár eláy lo ta'avór et-hayardén hazzé
2 Et il leur dit : « J'ai aujourd'hui cent vingt ans, je ne peux plus sortir et entrer ; le SEIGNEUR m'a dit : “Tu ne traverseras pas ce Jourdain”.
J'ai aujourd'hui cent vingt ans pourrait être compris comme je suis devenu vieux, je suis devenu décrépit, mais nous savons que Moché n'est pas devenu décrépit et ne s'est pas affaibli, n'est pas devenu à moitié aveugle, un peu boiteux, c'est-à-dire qu'il n'est pas devenu plus faible qu'il n'était.
Pourquoi donc Moché ne peut-il plus diriger le peuple, y compris au sens militaire – sortir au combat et revenir du combat, et en général commencer et achever toute opération, toute affaire ? Il a cent vingt ans, il est le plus âgé, le plus expérimenté, l'ancien des anciens. S'il n'est pas devenu décrépit, quelle en est la raison ? Et Moché explique : « Le SEIGNEUR m'a dit : tu ne traverseras pas le Jourdain. Je ne pourrai plus diriger le peuple non pas parce que je n'en suis pas capable, mais parce que le SEIGNEUR l'a décidé ainsi. Et cela signifie que tout reste entre les mains du Très-Haut. Vous devez vous en souvenir : tout ce qui arrive arrive par la volonté du Très-Haut ». Et, en partant, Moché veille à ce que le peuple comprenne et prenne conscience précisément de cela comme fondement.
יְהוָה אֱלֹהֶיךָ הוּא עֹבֵר לְפָנֶיךָ הוּא־יַשְׁמִיד אֶת־הַגּוֹיִם הָאֵלֶּה מִלְּפָנֶיךָ וִירִשְׁתָּם יְהוֹשֻׁעַ הוּא עֹבֵר לְפָנֶיךָ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה׃
adonáy elohékha hou ovér lefanékha hou-yachmíd et-haggoyím ha'élle millefanékha virichtám yehochoúa hou ovér lefanékha ka'achér dibbér adonáy
3 Le SEIGNEUR, ton Dieu, – Il va devant toi, Il anéantira tous ces peuples devant toi, et vous hériterez de cette terre. Yéhochoua – il ira devant toi, comme l'a dit le SEIGNEUR.
C'est-à-dire : « Souviens-toi que tout ce temps, ce n'est pas moi, mais le SEIGNEUR qui marchait devant toi. Une bataille terrible vous attend, mais souviens-toi que je ne suis pas un talisman militaire de victoire, ce n'est pas par mon mérite que vous avez vaincu. Le SEIGNEUR Dieu – Il va devant vous, Il anéantira ces peuples, et Il ne disparaît nulle part. Exactement comme je me suis tenu devant toi, je t'ai conduit selon la parole du SEIGNEUR, de même Yéhochoua te conduira selon la parole du SEIGNEUR. Et si derrière cela se tient le SEIGNEUR, il n'y a pas de différence – Moché ou Yéhochoua. Derrière moi tu as vu le SEIGNEUR, vois, retiens qu'Il se tient aussi derrière Yéhochoua ».
וְעָשָׂה יְהוָה לָהֶם כַּאֲשֶׁר עָשָׂה לְסִיחוֹן וּלְעוֹג מַלְכֵי הָאֱמֹרִי וּלְאַרְצָם אֲשֶׁר הִשְׁמִיד אֹתָם׃
ve'assá adonáy lahém ka'achér assá lesi'hón oul'óg malkhé ha'emorí oul'artsám achér hichmíd otám
4 Et le SEIGNEUR leur fera (aux peuples) comme Il a fait à Si'hon et à Og, rois amoréens, et à leur pays, qu'Il a anéanti.
וּנְתָנָם יְהוָה לִפְנֵיכֶם וַעֲשִׂיתֶם לָהֶם כְּכָל־הַמִּצְוָה אֲשֶׁר צִוִּיתִי אֶתְכֶם׃
ountanám adonáy lifnekhém va'assitém lahém kekhól-hammitsvá achér tsivvíti etkhém
5 Et le SEIGNEUR les donnera devant vous, et vous agirez envers eux selon tous les commandements, comme je vous l'ai commandé.
Nous avons lu (au chapitre 20 de notre livre de Dévarim) les commandements sur la guerre, sur la manière d'agir envers les peuples conquis.
חִזְקוּ וְאִמְצוּ אַל־תִּירְאוּ וְאַל־תַּעַרְצוּ מִפְּנֵיהֶם כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ הוּא הַהֹלֵךְ עִמָּךְ לֹא יַרְפְּךָ וְלֹא יַעַזְבֶךָּ׃
'hizkoú ve'imtsoú al-tire'oú ve'al-ta'artsoú mippenehém ki adonáy elohékha hou haholékh immákh lo yarpekhá veló ya'azvékka
6 Soyez forts et courageux (vaillants), ne craignez pas et ne vous effrayez pas devant eux, car le SEIGNEUR, ton Dieu, Il va avec toi, Il ne relâchera pas Sa prise et ne t'abandonnera pas ! »
La'hazok ('hizkou) – cela signifie être fort. Mais avoir la force ne suffit pas, il faut encore lé'émots ('imtsou), être courageux dans l'usage de cette force, comprendre que tu peux vaincre. Il arrive qu'un homme soit fort, mais il a peur d'utiliser cette force : que diront les gens, qu'est-ce qu'ils en percevront, et comment ? C'est-à-dire qu'il a peur simplement parce qu'il a peur. Et ici, dans tout ce chapitre, et dans le livre de Yéhochoua ben Noun, il y aura constamment un tel encouragement : tu es fort, accepte la force du Très-Haut, mais, en l'acceptant, comprends que tu dois l'utiliser, tu dois avoir l'ométs (courage, audace) d'utiliser cette force. Le SEIGNEUR ne te rendra pas faible, Il ne te reprendra pas la force qu'Il t'a donnée. C'est l'instruction que Moché donnait en parcourant tout Israël.
Yéhochoua : sois ferme et vaillant
וַיִּקְרָא מֹשֶׁה לִיהוֹשֻׁעַ וַיֹּאמֶר אֵלָיו לְעֵינֵי כָל־יִשְׂרָאֵל חֲזַק וֶאֱמָץ כִּי אַתָּה תָּבוֹא אֶת־הָעָם הַזֶּה אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְהוָה לַאֲבֹתָם לָתֵת לָהֶם וְאַתָּה תַּנְחִילֶנָּה אוֹתָם׃
vayikrá moché lihochoúa vayomer eláv le'ené khol-yisraélLa translittération russe contient une petite coquille au début du mot « yisraél » (Israël). La translittération française suit le texte hébreu. 'hazák ve'emáts ki attá tavó et-ha'ám hazzé el-ha'árets achér nichbá adonáy la'avotám latét lahém ve'attá tan'hilénna otám
7 Et Moché appela Yéhochoua, et lui dit devant tout Israël : « Sois fort et courageux, car c'est toi qui conduiras ce peuple dans le pays que le SEIGNEUR a juré à leurs Pères de leur donner, et c'est toi qui les établiras.
וַיהוָה הוּא הַהֹלֵךְ לְפָנֶיךָ הוּא יִהְיֶה עִמָּךְ לֹא יַרְפְּךָ וְלֹא יַעַזְבֶךָּ לֹא תִירָא וְלֹא תֵחָת׃
vadonáy hou haholékh lefanékha hou yihyé immákh lo yarpekhá veló ya'azvékka lo tirá veló te'hát
8 Et le SEIGNEUR – Il ira devant toi, et Il sera avec toi, ne t'affaiblira pas et ne te délaissera pas. Et tu ne craindras pas et tu ne trembleras pas ! »
Moché voit en Yéhochoua en partie les mêmes problèmes que ceux qu'il voit dans tout le peuple d'Israël : la force est là, le courage manque. Et Moché encourage Yéhochoua (comme le Très-Haut aussi l'encouragera) à être fort et courageux, fort et audacieux, à ne pas s'effrayer et à utiliser sa force avec courage.
Transmission de la Torah et lecture devant le peuple
וַיִּכְתֹּב מֹשֶׁה אֶת־הַתּוֹרָה הַזֹּאת וַיִּתְּנָהּ אֶל־הַכֹּהֲנִים בְּנֵי לֵוִי הַנֹּשְׂאִים אֶת־אֲרוֹן בְּרִית יְהוָה וְאֶל־כָּל־זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayikhtóv moché et-hattorá hazzót vayittená el-hakkohaním bené leví hannosse'ím et-arón berít adonáy ve'el-kol-zikné yisraél
9 Et Moché écrivit cette Torah, et la donna aux kohanim, descendants de Lévi, qui portaient l'arche de l'alliance de Dieu, et à tous les anciens d'Israël.
Ainsi, la Torah est remise en garde. Mais pas simplement pour être conservée, comme une quelconque édition ou comme un quelconque écrit, mais pour transmettre et enseigner. Bien sûr, elle sera gardée auprès de l'arche, comme l'indication en sera aussi reçue. Mais en plus de cela, Moché n'a pas désigné des gens quelconques qui l'y déposeront en garde ; il a désigné, établi les kohanim et les anciens, afin qu'ils puissent eux-mêmes connaître cette Torah et l'enseigner aux autres, résoudre avec son aide toutes les questions. Et ensuite nous lisons à ce sujet.
וַיְצַו מֹשֶׁה אוֹתָם לֵאמֹר מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים בְּמֹעֵד שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה בְּחַג הַסֻּכּוֹת׃
vaytsáv moché otám lemór mikkéts chéva chaním bemo'éd chenát hachemittá be'hág hassoukkót
10 Et Moché leur commanda, disant : « Au terme de sept ans, en l'année de la chmita, à la fête de Soukkot,
Remarquez que la fête de Soukkot, ici aussi, est liée à la fin de l'année. À ceux qui disent : pourquoi chez vous au septième mois, en tichreï – Roch haChana (pourquoi chez vous au septième mois le nouvel an), je rappelle que plusieurs fois dans l'histoire il est dit que les fêtes d'automne sont liées à la fin de l'année. Il existe différents comptes des « années », mais maintenant il ne s'agit pas tout à fait de cela.
בְּבוֹא כָל־יִשְׂרָאֵל לֵרָאוֹת אֶת־פְּנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בַּמָּקוֹם אֲשֶׁר יִבְחָר תִּקְרָא אֶת־הַתּוֹרָה הַזֹּאת נֶגֶד כָּל־יִשְׂרָאֵל בְּאָזְנֵיהֶם׃
bevó khol-yisraél leraót et-pené adonáy elohékha bammakóm achér yiv'hár tikrá et-hattorá hazzót néged kol-yisraél be'oznehém
11 Quand tout le peuple se rassemblera pour voir la face du SEIGNEUR, Ton Dieu, au lieu qu'Il choisira, lis cette Torah à tout Israël, à leurs oreilles.
Tout le peuple se rassemble et écoute la Torah une fois tous les sept ans. Au moins une fois tous les sept ans, au minimum, chaque homme, qui qu'il soit (comme nous l'avons dit au chapitre 9, de l'ancien jusqu'au porteur d'eau), vient avec tous et écoute la Torah. Tous écoutent de la même façon, afin que quelqu'un ne puisse pas dire : « J'ai entendu la Torah, et il y est écrit ceci et cela », et qu'un autre dise : « Non, moi aussi j'ai entendu, et il y est écrit ceci et cela ». Tous se rassemblent et écoutent ensemble. La Torah n'est pas cachée, elle ne se trouve pas chez des prêtres quelconques qui la cacheraient au peuple. Non. Ces prêtres, les kohanim, ont l'obligation d'enseigner la Torah au peuple.
הַקְהֵל אֶת־הָעָם הָאֲנָשִׁים וְהַנָּשִׁים וְהַטַּף וְגֵרְךָ אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ לְמַעַן יִשְׁמְעוּ וּלְמַעַן יִלְמְדוּ וְיָרְאוּ אֶת־יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם וְשָׁמְרוּ לַעֲשׂוֹת אֶת־כָּל־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת׃
hakhél et-ha'ám ha'anachím vehannachím vehattáf vegerekhá achér bich'arékha lemá'an yichmeoú oulmá'an yilmedoú veyareoú et-adonáy elohekhém vechameroú la'assót et-kol-divré hattorá hazzót
12 Rassemble le peuple, les hommes, et les femmes, et les enfants, et les étrangers qui sont dans tes portes, afin qu'ils entendent, et afin qu'ils étudient, et afin qu'ils craignent le SEIGNEUR, votre Dieu, et afin qu'ils prennent garde (s'efforcent) d'observer toutes les paroles de cette Torah.
Ici, qu'ils craignent n'est pas au sens de qu'ils craignent dans la peur, comme si quelque chose de terrible allait se produire maintenant. Bien que, bien sûr, une telle peur aussi puisse mouvoir un homme. Qu'ils craignent au sens où ils comprendraient Sa grandeur, comprendraient toute la complexité de l'univers, comprendraient à quoi ils sont liés. C'est davantage de la révérence que de la peur.
וּבְנֵיהֶם אֲשֶׁר לֹא־יָדְעוּ יִשְׁמְעוּ וְלָמְדוּ לְיִרְאָה אֶת־יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם כָּל־הַיָּמִים אֲשֶׁר אַתֶּם חַיִּים עַל־הָאֲדָמָה אֲשֶׁר אַתֶּם עֹבְרִים אֶת־הַיַּרְדֵּן שָׁמָּה לְרִשְׁתָּהּ׃
ouvnehem achér lo-yadeoú yichmeoúDans la translittération russe, une voyelle manque au début du mot « yichmeoú » (ils entendront). La translittération française suit le texte hébreu. velamedoú leyir'á et-adonáy elohekhém kol-hayamím achér attém 'hayím al-ha'adamá achér attém overím et-hayardén chámma lerichtá
13 Et vos enfants, qui ne savaient pas, entendront et apprendront à craindre le SEIGNEUR, votre Dieu, tous les jours que vous vivrez sur la terre dont vous allez hériter en traversant le Jourdain ».
C'est l'instruction que Moché donne au peuple d'Israël, aux kohanim et aux anciens.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הֵן קָרְבוּ יָמֶיךָ לָמוּת קְרָא אֶת־יְהוֹשֻׁעַ וְהִתְיַצְּבוּ בְּאֹהֶל מוֹעֵד וַאֲצַוֶּנּוּ וַיֵּלֶךְ מֹשֶׁה וִיהוֹשֻׁעַ וַיִּתְיַצְּבוּ בְּאֹהֶל מוֹעֵד׃
vayomer adonáy el-moché hen karevoú yamékha lamoút kerá et-yehochoúa vehit'yattsevoú be'óhel mo'éd va'atsavvénou vayélekh moché vihochoúa vayit'yattsevoú be'óhel mo'éd
14 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Voici, le temps est venu pour toi de mourir. Appelle Yéhochoua et présentez-vous dans la Tente du témoignage, et Je lui donnerai des commandements (Je l'instruirai) ». Et Moché et Yéhochoua allèrent, et se présentèrent devant le Très-Haut dans la Tente du témoignage.
Il n'y a ici aucun drame. Beaucoup de midrachim racontent quel tremblement, quelle peur a saisi Moché, comment il discutait avec le Très-Haut et disait : « Si Tu as dit que je n'entrerai pas, alors peut-être que j'y entrerai à la nage ? Peut-être que j'y entrerai en volant ? Peut-être par-dessous la terre, peut-être par satellite, peut-être encore autrement ? » Ici, nous ne voyons pas cela. Ce sont, bien sûr, des midrachim qui peuvent décrire un certain dialogue intérieur, des doutes intérieurs de Moché. Ou bien l'homme décrit ce qu'il pense lui-même. Quand nous disons : « Le midrach raconte quelque chose », il faut comprendre que l'auteur du midrach n'essaie pas de nous convaincre que Moché pensait ainsi. Il modélise cette situation pour que toute la profondeur nous soit compréhensible : et que penserions-nous à sa place, que pourrait penser un homme simple à sa place, parce que Moché n'est pas un homme simple.
וַיֵּרָא יְהוָה בָּאֹהֶל בְּעַמּוּד עָנָן וַיַּעֲמֹד עַמּוּד הֶעָנָן עַל־פֶּתַח הָאֹהֶל׃
vayerá adonáy ba'óhel be'ammoúd anán vaya'amód ammoúd he'anán al-péta'h ha'óhel
15 Et le SEIGNEUR apparut dans la Tente dans une colonne de nuée, et la colonne de nuée se tint devant l'entrée de la Tente.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הִנְּךָ שֹׁכֵב עִם־אֲבֹתֶיךָ וְקָם הָעָם הַזֶּה וְזָנָה אַחֲרֵי אֱלֹהֵי נֵכַר־הָאָרֶץ אֲשֶׁר הוּא בָא־שָׁמָּה בְּקִרְבּוֹ וַעֲזָבַנִי וְהֵפֵר אֶת־בְּרִיתִי אֲשֶׁר כָּרַתִּי אִתּוֹ׃
vayomer adonáy el-moché hinnekhá chokhév im-avotékha vekám ha'ám hazzé vezaná a'haré elohé nekhar-ha'árets achér hou va-chámma bekirbó va'azaváni vehefér et-berití achér karátti ittó
16 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Voici, tu te couches avec tes pères (tu te joins à ton peuple), et ce peuple se lèvera et ira après des dieux étrangers dans ce pays dans lequel il entre, et il M'abandonnera, et il détruira l'alliance que J'ai conclue avec lui.
Effectivement, le peuple d'Israël dans le désert vivait aux dépens du Très-Haut. Le peuple n'avait dans le désert aucun lien avec la nature, avec la terre. Le man tombait du ciel, l'eau était manifestée de façon merveilleuse, et les vêtements ne s'usaient pas. Tout le nécessaire était là, l'homme n'avait pas à travailler. Quand il entrera dans le pays et travaillera la terre, il pourra lui venir le désir de s'arranger avec la nature, de trouver des esprits quelconques, des petits dieux, des forces quelconques de la nature qu'on peut adorer. Ayant ressenti la rupture, ayant cessé d'être manifestement dépendant du Très-Haut, peut-être le peuple ne verra-t-il pas le Très-Haut dans sa récolte, ou dans la pluie, ou dans quelque chose de semblable, et commencera-t-il à croire que c'est la terre, ou le fleuve, ou le ciel qui lui donnent la pluie. Apparaîtra un lien avec de quelconques petits dieux locaux, et le peuple ira à leur suite, et c'est précisément le peuple qui détruira l'alliance, pas le Très-Haut.
וְחָרָה אַפִּי בוֹ בַיּוֹם־הַהוּא וַעֲזַבְתִּים וְהִסְתַּרְתִּי פָנַי מֵהֶם וְהָיָה לֶאֱכֹל וּמְצָאֻהוּ רָעוֹת רַבּוֹת וְצָרוֹת וְאָמַר בַּיּוֹם הַהוּא הֲלֹא עַל כִּי־אֵין אֱלֹהַי בְּקִרְבִּי מְצָאוּנִי הָרָעוֹת הָאֵלֶּה׃
ve'hará appi vo vayom-hahoú va'azavtím vehistartí fanáy mehém vehayá le'ekhól oumtsaoúhou raót rabbót vetsarót ve'amár bayom hahoú haló al ki-én eloháy bekirbí metsaoúni haraót ha'élle
17 Et Ma colère s'enflammera contre lui en ce jour-là, et Je les abandonnerai, et Je cacherai d'eux Ma face, et ils seront une nourriture (pour d'autres peuples), et de nombreux malheurs et calamités l'atteindront, et en ce jour-là il dira : « Peut-être est-ce parce que Dieu n'est pas auprès de moi que ces malheurs m'ont atteint ? »
וְאָנֹכִי הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי בַּיּוֹם הַהוּא עַל כָּל־הָרָעָה אֲשֶׁר עָשָׂה כִּי פָנָה אֶל־אֱלֹהִים אֲחֵרִים׃
ve'anokhí hastér astír panáy bayom hahoú al kol-hara'á achér assá ki faná el-elohím a'herím
18 Et en ce jour-là, Je cacherai encore plus loin Ma face à cause de tout le mal qu'il a fait, parce qu'il s'est tourné vers d'autres dieux.
Quand l'homme dit : « Peut-être est-ce parce que Dieu m'a abandonné (et non parce que j'ai abandonné Dieu) que tout cela m'atteint ? », alors à ce moment Dieu se cache encore plus loin. Dieu ne sera pas pour le peuple d'Israël un dieu de collection tiré d'un panthéon. On ne peut pas dire : allez, prosternons-nous encore devant ce dieu-là aussi, pour que tout aille bien. À ce moment Dieu cachera la face. Et seulement quand l'homme prendra conscience que c'est lui qui s'est éloigné de Dieu, et non Dieu de lui, que c'est lui qui est allé se prosterner devant d'autres dieux, seulement alors la réconciliation avec le Très-Haut est possible. Si l'homme dit : « Peut-être est-ce parce que Dieu m'a abandonné ? », alors ce n'est pas encore la téchouva.
Il semblerait que, dans les derniers moments de la vie de Moché, on aurait pu le consoler, lui donner espoir et lui dire que tout ira bien, que tout sera merveilleux. Tu pars, mais le peuple est en de bonnes mains, tout sera merveilleux, lumineux et rose. Le Très-Haut lui dit : « Non ! Tu partiras, et le peuple peut tomber encore plus bas qu'il n'était, se prosterner dans cette terre, dans ce pays, devant d'autres dieux. Le fait qu'il entrera dans cette terre ne signifie pas encore qu'il sera protégé de toutes les tentations ». Mais aussitôt le Très-Haut dit : « Je t'offre, Moché, la possibilité de donner au peuple un remède pour le cas où il s'éloignera de Moi ». Le Très-Haut ne dit pas que tout ira toujours bien. Le Très-Haut dit : « Si mal que ce soit, si mal que cela devienne, tout pourra être réparé ». Et c'est ce qu'Il dit à Moché dans les derniers moments de sa vie.
Le cantique comme témoignage de l'alliance
וְעַתָּה כִּתְבוּ לָכֶם אֶת־הַשִּׁירָה הַזֹּאת וְלַמְּדָהּ אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל שִׂימָהּ בְּפִיהֶם לְמַעַן תִּהְיֶה־לִּי הַשִּׁירָה הַזֹּאת לְעֵד בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל׃
ve'attá kitvoú lakhém et-hachirá hazzót velammedá et-bene-yisraél simá befihém lema'án tihye-lí hachirá hazzót le'éd bivné yisraél
19 Et maintenant donc, écrivez ce cantique, et enseigne-le aux fils d'Israël, mets-le dans leur bouche, afin que ce cantique Me soit témoin parmi les fils d'Israël.
Le SEIGNEUR donnera un cantique pour le peuple, qu'il faut mettre par écrit et apprendre par cœur. Où que l'homme aille, où que le peuple aille et si bas qu'il descende, s'il se souvient de ce cantique, alors en tout lieu, dans toute chute spirituelle, il sera pour lui un témoignage du Très-Haut, un souvenir de l'endroit où il faut revenir.
Quand un homme réfléchit à ce qui lui arrive, il lui est parfois difficile de se rappeler qu'un jour, quelque part, on nous a donné une certaine Torah. Ici, le cantique, c'est quelque chose qu'il est facile de retenir, qui rappellera constamment, témoignera que le Très-Haut dirige le monde, que le retour vers Lui est la guérison de tout. Le cantique est un témoin, et il est mis dans la bouche de l'homme. À l'époque soviétique, le Juif Mikhaïl Matoussovski, par la voix du Juif Mark Bernes, sur la musique du Juif Veniamine Basner, l'a exprimé ainsi : « Et peut-être commence-t-elle (la patrie) par cette chanson que nous chantait notre mère, par ce que, dans toutes les épreuves, personne ne pourra nous enlever ». L'appartenance au peuple commence par le fait que l'homme se souvient de ce cantique, le garde sur les lèvres.
כִּי־אֲבִיאֶנּוּ אֶל־הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־נִשְׁבַּעְתִּי לַאֲבֹתָיו זָבַת חָלָב וּדְבַשׁ וְאָכַל וְשָׂבַע וְדָשֵׁן וּפָנָה אֶל־אֱלֹהִים אֲחֵרִים וַעֲבָדוּם וְנִאֲצוּנִי וְהֵפֵר אֶת־בְּרִיתִי׃
ki-avi'énnou el-ha'adamá acher-nichbá'ti la'avotáv zavát 'haláv oudvách ve'akhál vesavá vedachén oufaná el-elohím a'herím va'avadoúm veni'atsoúni vehefér et-berití
20 Je l'ai amené (le peuple) dans le pays que J'ai juré à ses Pères, ruisselant de lait et de miel. Et il a mangé, et il s'est rassasié, et il s'est engraissé, et il s'est tourné vers d'autres dieux, et il les a servis, et il M'a provoqué, et il a rompu Mon alliance.
וְהָיָה כִּי־תִמְצֶאןָ אֹתוֹ רָעוֹת רַבּוֹת וְצָרוֹת וְעָנְתָה הַשִּׁירָה הַזֹּאת לְפָנָיו לְעֵד כִּי לֹא תִשָּׁכַח מִפִּי זַרְעוֹ כִּי יָדַעְתִּי אֶת־יִצְרוֹ אֲשֶׁר הוּא עֹשֶׂה הַיּוֹם בְּטֶרֶם אֲבִיאֶנּוּ אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבָּעְתִּי׃
vehaya ki-timtséna otó ra'ót rabbót vetsarót ve'anetá hachirá hazzót lefanáv le'éd ki lo tichakhá'h mippí zar'ó ki yadá'ti et-yitsró achér hou ossé hayom betérem avi'énnou el-ha'árets achér nichbá'ti
21 Et il arrivera, quand de nombreux malheurs et infortunes le trouveront, que ce cantique s'élèvera comme témoignage devant lui, car il ne sera pas oublié de sa semence (et les descendants s'en souviendront) ; parce que Je connais son esprit, tout ce qu'il a fait aujourd'hui, avant même que Je l'aie amené dans la terre au sujet de laquelle J'ai juré ».
Le SEIGNEUR dit : « Je connais les problèmes du peuple d'Israël. Je sais que c'est un peuple avec des difficultés, avec un mauvais caractère et avec de mauvais penchants. C'est pourquoi Je lui donne un cantique, Je mets dans la bouche quelque chose qui lui sera un rappel de Moi ».
וַיִּכְתֹּב מֹשֶׁה אֶת־הַשִּׁירָה הַזֹּאת בַּיּוֹם הַהוּא וַיְלַמְּדָהּ אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
vayikhtóv moché et-hachirá hazzót bayom hahoú vaylammedá et-bené yisraél
22 Et Moché écrivit ce jour-là ce cantique, et l'enseigna aux fils d'Israël.
וַיְצַו אֶת־יְהוֹשֻׁעַ בִּן־נוּן וַיֹּאמֶר חֲזַק וֶאֱמָץ כִּי אַתָּה תָּבִיא אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־נִשְׁבַּעְתִּי לָהֶם וְאָנֹכִי אֶהְיֶה עִמָּךְ׃
vaytsáv et-yehochoúa bin-noún vayomer 'hazák ve'emáts ki attá taví et-bené yisraél el-ha'árets acher-nichbá'ti lahém ve'anokhí ehyé immákh
23 Et le SEIGNEUR ordonna à Yéhochoua ben Noun, et lui dit : « Sois fort et courageux, car tu amèneras les fils d'Israël dans le pays que Je leur ai juré, et Je serai avec toi ! »
Nous nous souvenons que Moché n'est pas venu seul, il est venu avec Yéhochoua ben Noun. Et le SEIGNEUR lui dit la même chose que ce qu'Il disait auparavant par Moché : « Sois fort et courageux. N'aie pas peur d'utiliser ta force ».
וַיְהִי כְּכַלּוֹת מֹשֶׁה לִכְתֹּב אֶת־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה־הַזֹּאת עַל־סֵפֶר עַד תֻּמָּם׃
vayhi kekhallót moché likhtóv et-divré hattora-hazzót al-séfer ad toummám
24 Et il arriva, quand Moché eut achevé d'écrire les paroles de cette Torah dans un livre jusqu'à la fin,
C'est-à-dire y compris le cantique que nous lirons dans la prochaine section hebdomadaire Haazinou.
וַיְצַו מֹשֶׁה אֶת־הַלְוִיִּם נֹשְׂאֵי אֲרוֹן בְּרִית־יְהוָה לֵאמֹר׃
vaytsáv moché et-halviyím nose'é arón berit-adonáy lemór
25 Et Moché ordonna aux lévites qui portaient l'arche de l'alliance de Dieu, en disant :
לָקֹחַ אֵת סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה וְשַׂמְתֶּם אֹתוֹ מִצַּד אֲרוֹן בְּרִית־יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם וְהָיָה־שָׁם בְּךָ לְעֵד׃
lakóa'h et séfer hattorá hazzé vesamtém otó mittsád arón berit-adonáy elohekhém vehaya-chám bekhá le'éd
26 « Prenez ce livre de la Torah et placez-le à côté de l'arche de l'alliance du SEIGNEUR, votre Dieu, et il sera là pour vous un témoin.
כִּי אָנֹכִי יָדַעְתִּי אֶת־מֶרְיְךָ וְאֶת־עָרְפְּךָ הַקָּשֶׁה הֵן בְּעוֹדֶנִּי חַי עִמָּכֶם הַיּוֹם מַמְרִים הֱיִתֶם עִם־יְהוָֹה וְאַף כִּי־אַחֲרֵי מוֹתִי׃
ki anokhí yadá'ti et-merekhá veet-orpekhá hakkaché hen be'odénni 'hay immakhém hayom mamrím heyitém im-adonáy ve'áf ki-a'haré motí
27 Car je connais ta nature rebelle et ton cou raide ; car même maintenant, alors que je suis vivant à côté de vous, vous vous êtes rebellés contre Dieu, à plus forte raison après ma mort.
Un peuple au cou raide ‒ c'est un peuple avec et-orpekhá hakkache, avec une nuque dure, obstiné, à qui il est difficile de faire demi-tour, qui se repent difficilement.
הַקְהִילוּ אֵלַי אֶת־כָּל־זִקְנֵי שִׁבְטֵיכֶם וְשֹׁטְרֵיכֶם וַאֲדַבְּרָה בְאָזְנֵיהֶם אֵת הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה וְאָעִידָה בָּם אֶת־הַשָּׁמַיִם וְאֶת־הָאָרֶץ׃
hakhílou eláy et-kol-zikné chivtekhém vechoterekhém va'adabberá ve'oznehém et haddevarím ha'élle ve'a'ída bam et-hachamáyim ve'et-ha'árets
28 Rassemblez auprès de moi tous les anciens de vos tribus et vos surveillants, et je leur dirai ces paroles, et je leur établirai pour témoins le ciel et la terre.
Ici, Moché ne rassemble pas les gens lui-même. Auparavant, nous lisions : et Moché rassembla, et Moché convoqua. Ici, Moché dit : « Rassemblez auprès de moi ». Qu'est-ce qui a changé ? Le pouvoir est déjà transmis à Yéhochoua ben Noun, c'est déjà lui qui gouverne. Et Moché ne peut que demander.
כִּי יָדַעְתִּי אַחֲרֵי מוֹתִי כִּי־הַשְׁחֵת תַּשְׁחִתוּן וְסַרְתֶּם מִן־הַדֶּרֶךְ אֲשֶׁר צִוִּיתִי אֶתְכֶם וְקָרָאת אֶתְכֶם הָרָעָה בְּאַחֲרִית הַיָּמִים כִּי־תַעֲשׂוּ אֶת־הָרַע בְּעֵינֵי יְהוָה לְהַכְעִיסוֹ בְּמַעֲשֵׂה יְדֵיכֶם׃
ki yadá'ti a'haré motí ki-hach'hét tach'hitoún vesartém min-haddérekh achér tsivvíti etkhém vekarát etkhém hara'á be'a'harít hayamím ki-ta'asoú et-hará be'ené adonáy lehakh'issó bema'assé yedekhém
29 Car je sais ce qui sera après ma mort : de corruption vous vous corromprez et vous vous écarterez du chemin que je vous ai commandé, et le malheur vous arrivera à la fin des jours, parce que vous ferez le mal aux yeux du Très-Haut, pour L'irriter par les œuvres de vos mains ».
Vous quitterez le chemin. Non seulement vous abandonnerez Dieu, mais vous ferez un tel mal, pour provoquer la colère, L'irriter (lehakh'issó), c'est-à-dire que vous deviendrez des ennemis de Dieu.
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה בְּאָזְנֵי כָּל־קְהַל יִשְׂרָאֵל אֶת־דִּבְרֵי הַשִּׁירָה הַזֹּאת עַד תֻּמָּם׃
vaydabbér moché be'ozné kol-kehál yisraél et-divré hachirá hazzót ad toummám
30 Et Moché dit aux oreilles de toute l'assemblée d'Israël les paroles de ce cantique jusqu'à la fin.
Dans la prochaine section hebdomadaire, nous lirons ce cantique.
La Torah en cinq minutes
Il y a des années où, avec notre section hebdomadaire Vayélekh (Et il alla), on lit aussi la section précédente Nitsavim (Vous vous tenez). Rappelons-nous un peu.
Ainsi, Moché a rassemblé tout le peuple d'Israël et leur a déclaré : « Vous vous tenez aujourd'hui tous, du plus petit au plus grand, devant le Très-Haut. Et les chefs militaires, et les simples chefs, et les ouvriers les plus, les plus simples, porteurs d'eau et bûcherons, et les petits enfants, et les adultes, et les vieillards – vous tous, vous vous êtes rassemblés ici aujourd'hui, vous vous tenez devant le Très-Haut, et c'est comme la conclusion d'une alliance. Et il n'y a pas que vous qui êtes ici, mais encore ceux qui ne sont pas avec nous aujourd'hui, qui ne sont pas encore nés, peut-être les âmes futures ». C'est ainsi qu'aujourd'hui nous comprenons que chaque âme juive était sur le mont Sinaï, justement sur la base de ces mêmes paroles. Moché prononce un discours plein d'enthousiasme devant le peuple juif rassemblé devant lui, qui se tient devant le Très-Haut.
Et soudain, au début de notre section Vayélekh, nous lisons : « Et Moché alla, et il disait ces paroles à tout Israël. Et il leur dit : “J'ai maintenant cent vingt ans, je ne peux plus sortir et entrer, et le SEIGNEUR m'a dit : ‘Tu ne traverseras pas ce Jourdain’” ». Moché achève son discours et dira bientôt la dernière chose : « Fortifiez-vous et prenez courage, ne craignez pas et ne vous effrayez pas devant eux, car le SEIGNEUR, ton Dieu, va Lui-même avec toi, Il ne s'écartera pas de toi et ne t'abandonnera pas ». Tout cela ressemble à la suite d'un seul et même discours, qui commence dans la section précédente, quand, comme nous l'avons lu, tout le peuple s'est rassemblé et se tient ensemble : tous se tiennent là, personne n'est absent. Même ceux qui sont absents, eux aussi sont présents. Et soudain nous lisons : « Et Moché alla… » Où Moché est-il allé, pourquoi est-ce écrit ainsi ? Fallait-il donc aller quelque part, ou bien y avait-il encore ailleurs un certain peuple d'Israël avec qui il fallait parler ? Beaucoup de commentateurs donnent des réponses différentes. Certains traducteurs disent que c'est simplement une figure de style de ce genre – et il continua de parler, et il reprit son souffle et se mit à parler plus avant. Beaucoup de points de vue différents. Néanmoins, il existe, on peut le dire ainsi, une certaine contradiction intérieure entre le mot se tenir devant (se tenir quelque part ou se présenter, apporter certains résultats) et le mot aller (se déplacer quelque part). Toute notre Torah est pleine de commandements d'aller : si tu marches dans Mes voies, si tu suis Mes commandements, marche dans Mes commandements, il marchait devant Dieu. Et rares sont les endroits où nous rencontrerons que tel homme se tenait devant Dieu. Non, il marchait devant Dieu, devant Dieu il faut marcher. Et le tout début de l'histoire juive, l'histoire d'Avraham, commence elle aussi par les mots lekh lekhá (va pour toi). Le premier ordre qu'a reçu le premier Juif, c'est l'ordre d'aller. Et c'est pourquoi on peut voir ici l'indication d'une synergie importante, d'une harmonie importante. L'homme, constamment, se tient devant le Très-Haut, connaît toujours son niveau, sa responsabilité, sa tâche, sa fonction, se rend compte des épaulettes qu'il a sur les épaules, (plus modestes ou plus importantes), se rend compte de qui il est et de ce à quoi il est destiné. Et néanmoins, à quelque niveau qu'il soit (peut-être est-il chef militaire, ou peut-être est-il porteur d'eau ou Moché Rabbénou lui-même), l'homme avance plus loin, avance en avant, grandit, avance à la suite de Dieu, va à la suite de Dieu. Être avec Dieu – ce n'est pas se tenir avec Dieu, c'est aller avec Dieu, marcher avec Dieu. Et nous tous, on peut le dire ainsi, nous nous sommes tenus devant Dieu, nous sommes restés debout, nous avons conclu l'alliance et nous allons plus loin, nous avançons : ce n'est que dans le mouvement que la coexistence avec Dieu est possible. C'est pourquoi et Moché alla signifie Moché alla plus loin pour grandir, déjà après qu'il eut dit : « J'ai déjà cent vingt ans, j'ai déjà atteint, je transmets les rênes du pouvoir, mais je ne cesserai pas de marcher tant que je n'aurai pas cessé de respirer ». Voilà quel est le sens du nom de notre section hebdomadaire Vayélekh ( Et il alla).
Vayélekh : poursuivre l'étude
Lisez aussi la section Nitsavim, la section Pin'has sur le successeur de Moché, l'entretien sur les alliances et les sections hebdomadaires de la Torah.