1. Sections hebdomadaires
  2. Dévarim
  3. Haazinou

הַאֲזִינוּ

Haazinou

le dernier chant de Moché et l'alliance

Illustration : alexblend.com
Section hebdomadaire
53 sur 54
Versets
Dévarim 32,1–52
Parties
4
Temps de lecture
49 min

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Azinou, ou Haazinou, est la section hebdomadaire consacrée au dernier chant de Moché. Le sténogramme d'Alex Blend examine la mémoire de l'alliance, l'espérance du retour d'Israël et l'achèvement du chemin de Moché. Le texte du chapitre 32 du livre de Dévarim en hébreu est accompagné d'une translittération, d'une traductionL'original parle ici d'une traduction russe. Comme cette page présente une traduction française, il est écrit simplement « une traduction ». et de l'interprétation religieuse de l'auteur.

Le dernier chant de Moché

Dévarim 32,1–34

Avec l'aide de Dieu, nous commençons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Haazinou et nous allons lire le chapitre 32 du livre de Dévarim. Dans le chapitre précédent, nous avons lu que le Très-Haut, comme l'une des dernières missions, ordonne à Moché de composer un chant particulier et d'enseigner ce chant à tout le peuple d'Israël, du plus petit au plus grand, afin que tous le connaissent, afin qu'il ne quitte pas leur bouche. Ce chant doit devenir un chant populaire. Et si, ou plus exactement, quand (ici il n'est déjà plus dit si) le peuple d'Israël abandonnera Dieu, ira à la suite d'autres dieux, et qu'une rupture se produira entre Israël et le Très-Haut, dans la mémoire d'Israël vivra malgré tout ce chant, comme une espérance de retour, comme une garantie. Le témoignage que le Très-Haut attend ce retour, le témoignage que le peuple a une patrie, une patrie spirituelle, c'est l'alliance, qui ne se rompra pas, et le peuple d'Israël peut à tout moment revenir au Très-Haut.

Ainsi, notre section hebdomadaire est presque entièrement consacrée à ce chant qu'a composé Moché. Et la section hebdomadaire elle-même s'appelle Haazinou, d'après le premier mot de ce chant, qui signifie Prêtez l'oreille.

הַאֲזִינוּ הַשָּׁמַיִם וַאֲדַבֵּרָה וְתִשְׁמַע הָאָרֶץ אִמְרֵי־פִי׃

Haazínou hachamáyim vaadabbéra vetichmá haárets imre-fí

1 Prêtez l'oreille, cieux, et je parlerai, et la terre entendra la parole de ma bouche.

Sont désignés comme auditeurs le ciel et la terre. Comme nous le savons par le 1er verset de la Torah, au commencement Dieu créa le ciel et la terre. C'est à tout l'univers que s'adresse maintenant Moché, pas seulement au peuple d'Israël. Et nous nous souvenons que souvent le Très-Haut appelle en témoins le ciel et la terre, c'est-à-dire tout l'univers. Où que nous soyons, nous serons toujours entre les cieux et la terre. Et ce sont précisément eux qui nous attesteront qu'ils ont entendu autrefois ce chant.

יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי תִּזַּל כַּטַּל אִמְרָתִי כִּשְׂעִירִם עֲלֵי־דֶשֶׁא וְכִרְבִיבִים עֲלֵי־עֵשֶׂב׃

yaaróf kammatár lik'hí tizzál kattál imratí kis'irím ale-déche vekhirvivím ale-éssev

2 Que descende comme la pluie mon enseignement, que suinte comme la rosée ma parole, comme des gouttes sur l'herbe et comme des éclaboussures sur les plantes.

Sur l'herbe restent des gouttes, sur les plantes tombent des éclaboussures, ce qui, peut-être, a rejailli de la terre. La Torah, ou la Sagesse du Très-Haut, est ici comparée à l'eau. Et de même que l'eau atteint les plantes par différents chemins – il y a l'averse, il y a la pluie, il y a la petite pluie, la rosée, les gouttes et les éclaboussures –, selon la plante, selon le brin d'herbe, le Très-Haut amène l'eau par différents chemins, exactement de la même manière la Torah est amenée aux hommes, atteint les hommes par différents chemins. Et nous ne versons pas l'eau d'une lance d'incendie dans un petit verre de cristal, parce que l'eau se répandra, et le verre se brisera. Et ici avec une pipette, là avec une lance d'incendie, ici avec des seaux, là par une cascade, la Torah atteindra chacun des hommes.

כִּי שֵׁם יְהוָה אֶקְרָא הָבוּ גֹדֶל לֵאלֹהֵינוּ׃

ki chem adonáy ekrá havoú gódel lelohénou

3 Quand j'invoquerai le nom du Très-Haut, rendez la grandeur à notre Dieu.

Quand nous commençons à écouter l'enseignement de la Torah, nous sommes tenus de bénir le Créateur, de prendre conscience de la grandeur de Celui de Qui nous écoutons maintenant la sagesse, Qui nous instruit. Quand un homme nous instruit dans un domaine quelconque, en cardiologie ou en zoologie, ou nous explique comment aller au centre de la ville de Novossibirsk, nous devons comprendre si cet homme possède des connaissances, s'il est un habitant natif de Novossibirsk, s'il a étudié la cardiologie ou la zoologie. Quand nous commençons à écouter les paroles du Très-Haut, nous devons comprendre à la sagesse de Qui nous avons affaire, à quelle sagesse nous avons affaire, Quel Il est, le Très-Haut.

הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ כִּי כָל־דְּרָכָיו מִשְׁפָּט אֵל אֱמוּנָה וְאֵין עָוֶל צַדִּיק וְיָשָׁר הוּא׃

hattsoúr tamím paoló ki khol-derakháv michpát el emouná veén ável tsaddík veyachár hou

4 Ferme comme un roc, Celui chez Qui toutes les œuvres sont parfaites, car sur toutes Ses voies Il est Équitable, Dieu Fidèle, et il n'y a en Lui aucune tortuosité, Juste et Droit est-Il.

Le mot tsour signifie roc, base, fondement de tout, forteresse, d'où aussi le mot léatsev (donner forme). C'est-à-dire qu'ici le mot tsour inclut en lui, à l'origine, toutes les formes, mais au sens simple – c'est précisément le roc, le fondement, le rempart. Il ne se soumet à personne, ne confronte Son enseignement avec personne, n'essaie pas d'être politiquement correct, ne dépend de personne, n'a pas peur de perdre le soutien de quelqu'un, comme cela arrive aussi bien chez les savants que chez les prédicateurs. Il n'y a en Lui aucune tortuosité – Il est Parfait, Droit et Véridique, Sa vérité est absolue.

שִׁחֵת לוֹ לֹא בָּנָיו מוּמָם דּוֹר עִקֵּשׁ וּפְתַלְתֹּל׃

chi'hét lo lo banáv moumám dor ikkéch ouftaltól

5 Et n'est-ce pas de lui (de l'homme) que vient la corruption ? Ses fils sont devenus mutilés, génération obstinée et rusée.

Il faut tout de suite préciser que ce verset a beaucoup de variantes de traduction différentes. Dans la plupart des traductions, dans la plupart des textes est entrée la variante fondée sur la traduction de Jérôme de Stridon, qui dit : « Chi'hét lo lo banav – Ils ont péché, ils ont cessé d'être Ses fils ». Mais c'est loin d'être la seule et loin d'être la plus évidente variante de traduction. On peut le traduire comme une sorte de question rhétorique : et n'est-ce pas de lui (de l'homme lui-même) que vient la corruption, n'est-ce pas de lui que vient la dépravation ? Si nous voyons certains défauts, certains problèmes, manifestés dans l'homme, et même le fait que l'homme est devenu corruptible, – ce n'est pas une corruption qui provient du Très-Haut. La mutilation de Ses fils s'est produite par leur faute, pas à cause du Très-Haut. C'est le fruit de ces défauts et imperfections mêmes qui se sont manifestés chez Ses fils. Mais malgré le fait que les fils ont des imperfections, que cette corruption existe, le Très-Haut gouverne malgré tout le monde à la perfection. C'est bien agréable de diriger une entreprise quand tous tes employés sont idéaux. Il est beaucoup plus difficile de diriger une grande entreprise quand tes employés sont des je-m'en-foutistes, chacun à sa façon, paresseux, désobéissants, et parfois pas intéressés par l'amélioration de ton usine.

הֲ־לַיְהוָה תִּגְמְלוּ־זֹאת עַם נָבָל וְלֹא חָכָם הֲלוֹא־הוּא אָבִיךָ קָּנֶךָ הוּא עָשְׂךָ וַיְכֹנְנֶךָ׃

ha l'adonáy tigmelou-zót am navál veló 'hakhám halo-hou avíkha kanékha hou asekhá vaykhonenékha

6 Est-ce ainsi que vous rendez au SEIGNEUR, peuple vil et sans sagesse ? Il est pourtant ton Père, ton Fondateur, Il t'a fait et t'a préparé.

Tous ces défauts qui sont les nôtres, nos fuites loin de Lui, nos imperfections qui en naissent, – c'est le fruit de notre ingratitude envers Lui. Si nous étions reconnaissants, si nous ressentions de la gratitude, nous Lui rendrions en conséquence. C'est pourquoi il y a ici la question : « Est-ce ainsi que vous rendez, est-ce là votre rétribution au SEIGNEUR ? » Il n'a, bien sûr, pas besoin de compensation, de remboursement de Ses dépenses, parce qu'Il ne subit pas de perte dans Ses dépenses. Il cherche en nous la reconnaissance, afin de nous gouverner, afin que nous devenions parfaits. Quand nous sommes ingrats, nous devenons am naval vélo 'hakham, un peuple vil et sans sagesse.

Tu as été, à toutes les étapes de ta création, dans Ses mains, et Il est jusqu'à présent ton Père et Celui Qui te soutient tout le temps, tant que tu existes. Tu existes grâce à Lui. Qu'est-ce que la vie humaine ? C'est un phénomène éphémère. Nous traversons l'univers en courant, comme une petite étincelle. Et pour comprendre tout ce qui se passe, nous avons souvent besoin des conseils des ancêtres, de leurs livres, de leurs paroles. Et ensuite le Très-Haut dit : « Quand tu M'abandonnes, alors, pour prendre les bonnes décisions, souviens-toi de ce qui était autrefois, appuie-toi sur l'expérience du peuple ».

זְכֹר יְמוֹת עוֹלָם בִּינוּ שְׁנוֹת דּוֹר־וָדוֹר שְׁאַל אָבִיךָ וְיַגֵּדְךָ זְקֵנֶיךָ וְיֹאמְרוּ לָךְ׃

zekhór yemót olám bínou chenót dor vadór cheál avíkha veyaggédkha zekenékha veyomerou lakh

7 Souviens-toi, réfléchis, scrute la génération précédente, demande à ton père, et il te dira ; tes vieillards, interroge-les, et ils te raconteront.

Que te raconteront-ils ? La vocation particulière du peuple juif.

בְּהַנְחֵל עֶלְיוֹן גּוֹיִם בְּהַפְרִידוֹ בְּנֵי אָדָם יַצֵּב גְּבֻלֹת עַמִּים לְמִסְפַּר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

behan'hél elyon goyím behafridó bené adám yattsév gevoulót ammím lemispár bené yisraél

8 Quand le Très-Haut répartissait les peuples, quand Il séparait les hommes, Il établit les limites des peuples selon le nombre des fils d'Israël.

Déclaration étrange, incompréhensible. Autrefois il y avait sur la terre un seul peuple et une seule langue – cela, nous le savons. Toute cette unité (l’unité, comme l'un des principes de la Révolution française), toute cette union s'est dirigée contre le Très-Haut : les hommes se mirent à construire la tour de Babel. On raconte que, dans cette unité, ils s'étaient tellement concentrés sur le projet que, lorsqu'un homme périssait, ils ne pleuraient pas : nous avons encore des gens. Mais quand une brique tombait, ils disaient : « Voilà, maintenant il va falloir faire encore une brique ». Le projet lui-même s'est transformé en ce qui s'est élevé au-dessus de la société, l'unité est devenue nuisible. Le Très-Haut est descendu, c'est-à-dire qu'Il a donné Sa révélation. Quand le Très-Haut se révèle, alors se révèle notre essence personnelle, pour chacun de nous. Si le Très-Haut s'est révélé à moi – j'ai connu davantage Alex. Si le Très-Haut s'est révélé à mon voisin – il s'est davantage connu lui-même. Et quand le Très-Haut est descendu, alors est apparue une séparation d'un genre particulier. Le Très-Haut a mêlé leur langue et a créé soixante-dix peuples, qui sont énumérés dans le livre de Béréchit (le lecteur curieux les y trouvera). Et cela correspond aux soixante-dix fils d'Israël qui descendent en Égypte avec Yaakov. C'est-à-dire que le Très-Haut, avant même que n'apparaisse Yaakov, que n'apparaissent ses fils et qu'ils ne descendent tous en Égypte, avait déjà prévu cette correspondance. Et ce n'est pas le nombre des fils d'Israël qui était déterminé par le nombre des peuples, mais au contraire, le nombre des peuples était déterminé par le nombre des fils d'Israël. C'est-à-dire que les destinées des peuples du monde, au tout premier stade de leur formation, ont été mises en dépendance des fils d'Israël, du peuple d'Israël à son tout premier stade. Le peuple d'Israël a une mission particulière : sa composition, ses fonctions, ses relations avec le Très-Haut influent sur les destinées des autres peuples, sur les manières de les gouverner, même malgré le fait qu'Israël peut vivre en exil et peut être asservi par ces peuples.

כִּי חֵלֶק יְהוָֹה עַמּוֹ יַעֲקֹב חֶבֶל נַחֲלָתוֹ׃

ki 'hélek adonáy ammó yaakóv 'hével na'halató

9 Car la part du SEIGNEUR – Son peuple, Yaakov – la part d'héritage de Son domaine.

Les hommes vivent dans différents pays, le SEIGNEUR a partagé les territoires. Mais le Très-Haut Lui-même a décidé de s'installer, de Se faire un quartier général, de vivre au milieu du peuple d'Israël. Le milieu de vie du Très-Haut, c'est Son peuple, c'est de cela que parle notre verset.

À première vue, une contradiction peut surgir : car le Très-Haut est l'Omniprésent, Il se trouve partout, et les cieux ne peuvent pas Le contenir, et la terre ne peut pas Le contenir. Mais nous parlons de poétique, de poésie, de métaphores, du fait qu'on essaie de nous expliquer l'inaccessible dans une langue compréhensible. Dans une langue qui nous est accessible, le Très-Haut dit à maintes reprises et de multiples manières que le lieu de Sa demeure, c'est Son peuple.

Et ensuite le chant nous rappelle l'histoire des relations entre Israël et le Très-Haut.

יִמְצָאֵהוּ בְּאֶרֶץ מִדְבָּר וּבְתֹהוּ יְלֵל יְשִׁמֹן יְסֹבְבֶנְהוּ יְבוֹנְנֵהוּ יִצְּרֶנְהוּ כְּאִישׁוֹן עֵינוֹ׃

yimtsa'ehou be'érets midbár ouvtóhou yelél yechimón yesovevénhou yevonenehouLa ligne de translittération russe omet ici un mot du verset hébreu (« Il veillait sur lui »). Nous l'avons ajouté d'après l'hébreu. yittserénhou ke'ichón enó

10 Il l'a trouvé dans un pays désert et sur fond de hurlement du désert (semblable à la manière dont hurlent les animaux dans le désert avant le coucher du soleil). Il l'entourait, Il veillait sur lui et le gardait, le protégeait comme la pupille de Son œil.

Le peuple d'Israël et le Très-Haut ont des relations anciennes. Le Très-Haut a conclu l'alliance avec Israël dans le désert, et non grâce à quelques villes et mégapoles qu'Israël aurait construites, non grâce à quelque chose d'autre. Et là, Il l'entourait de soins, là Il le choyait, le chérissait et le gardait comme la prunelle de Son œil.

כְּנֶשֶׁר יָעִיר קִנּוֹ עַל־גּוֹזָלָיו יְרַחֵף יִפְרֹשׂ כְּנָפָיו יִקָּחֵהוּ יִשָּׂאֵהוּ עַל־אֶבְרָתוֹ׃

kenécher ya'ír kinnó al-gozaláv yera'héf yifrós kenafáv yikka'héhou yissa'ehou al-evrató

11 Comme un aigle qui éveille son nid, Il planera au-dessus de ses petits, déploiera Ses ailes, le prendra (le soulèvera, l'élèvera), le portera sur Son aile.

C'est, bien sûr, une métaphore ici. On raconte qu'avant de se mettre en route, l'aigle réveille tendrement ses nourrissons. Il n'entre pas comme un adjudant dans la caserne en criant : « Compagnie, debout ! », mais il les réveille tendrement, tout doucement. Ainsi le Très-Haut éveillait le peuple d'Israël, ainsi Il éveille et agit en chacun des hommes. Exactement comme l'aigle prend soin de ses enfants et étend sur eux ses ailes, ainsi le Très-Haut nous a portés sur Son aile, a porté sur Ses ailes Son peuple.

יְהוָה בָּדָד יַנְחֶנּוּ וְאֵין עִמּוֹ אֵל נֵכָר׃

adonáy badád yan'hénnou ve'én immó el nekhár

12 Il n'y a que le SEIGNEUR Seul qui le conduira (seul le SEIGNEUR Lui-même conduit le peuple d'Israël), il n'y a pas auprès de Lui d'autres dieux.

Chez les différents peuples païens, il n'y avait pas seulement un seul dieu. Une quelconque divinité suprême avait toutes sortes d'aides différents : le dieu des forgerons et le dieu de la chasse, le dieu du théâtre et le dieu de la fertilité, et avec tous ces dieux il fallait d'une manière ou d'une autre s'entendre, ils étaient fantasques, capricieux et emportés, et on pouvait facilement déplaire à l'un d'eux – en somme, les hommes ne retiraient aucun plaisir de la fréquentation de ces dieux païens inventés. Le peuple d'Israël était clairement, visiblement, de façon évidente pour tous, conduit par un seul Dieu.

יַרְכִּבֵהוּ עַל־בָּמוֹתֵי (בָּמֳתֵי) אָרֶץ וַיֹּאכַל תְּנוּבֹת שָׂדָי וַיֵּנִקֵהוּ דְבַשׁ מִסֶּלַע וְשֶׁמֶן מֵחַלְמִישׁ צוּר׃

yarkivéhou al-bámote árets vayokhál tenouvót sadáy vayenikéhou devách misséla vechémen me'halmích tsour

13 Il l'élèvera sur les hauteurs de la terre, et ils mangeront les fruits des champs, et Il le nourrira de miel du rocher et d'huile du granit.

Le mot léhénik signifie littéralement allaiter, c'est-à-dire qu'ainsi le peuple tétera le rocher et en absorbera le miel. Le Très-Haut parle ici d'une bénédiction abondante, du fait que même dans un lieu sans vie et stérile, Israël se nourrira de fruits rassasiants.

חֶמְאַת בָּקָר וַחֲלֵב צֹאן עִם־חֵלֶב כָּרִים וְאֵילִים בְּנֵי־בָשָׁן וְעַתּוּדִים עִם־חֵלֶב כִּלְיוֹת חִטָּה וְדַם־עֵנָב תִּשְׁתֶּה־חָמֶר׃

'hem'át bakár va'halév tson im-'hélev karím ve'elím bene-vachán ve'attoudím im-'hélev kilyót 'hittá vedam-enáv tichte-'hámer

14 De la crème du gros bétail et du lait du petit bétail à cornes, avec le gras des petites brebis et des agnelets de Bachan, et en abondance, avec la succulence du blé, et le sang du raisin tu boiras en vin.

C'est-à-dire que le peuple vivra si richement que du gros bétail, des vaches, on ne prendra que la crème, le lait ne sera pas intéressant. Et on boira du lait de chèvre et de brebis, qui sera plus gras. Nous nous souvenons que c'est un chant, c'est de la poésie, c'est pourquoi on peut appeler le vin sang du raisin. Et cela peut être en partie une réponse à de nombreux lecteurs des Évangiles, qui demandent : comment peut-on boire du sang ? Yéchoua Machia'h dit (Év. Yo'hanan 15,1) : « Je suis la vraie vigne… » Voilà pour vous une métaphore de la Torah elle-même – tu boiras le sang du vignoble.

La Torah a décrit toute cette abondance de bénédictions et de soins dont le Très-Haut a entouré le peuple d'Israël. On pourrait croire : vis, réjouis-toi, remercie le Très-Haut… Mais il n'en fut rien.

וַיִּשְׁמַן יְשֻׁרוּן וַיִּבְעָט שָׁמַנְתָּ עָבִיתָ כָּשִׂיתָ וַיִּטֹּשׁ אֱלוֹהַ עָשָׂהוּ וַיְנַבֵּל צוּר יְשֻׁעָתוֹ׃

vayichmán yechouroún vayiv'át chamánta avíta kassíta vayíttoch elóha assáhou vaynabbél tsour yechou'ató

15 Et Yéchouroun s'engraissa, et se mit à ruer, tu t'es engraissé, tu t'es alourdi, tu t'es couvert de graisse, et il abandonna Dieu, son Créateur, et il méprisa le fondement de son salut.

Il vaut la peine de remarquer qu'ici, pour la première fois, le peuple d'Israël est appelé du nom de Yéchouroun (ils verront, ils comprendront). Le peuple d'Israël est appelé ainsi parce que, à proprement parler, sa vocation était de témoigner aux autres peuples. Les autres peuples devaient voir non seulement l'abondance dans laquelle prospère le peuple d'Israël, mais aussi la reconnaissance, l'autre face des relations avec le Très-Haut – ce qui ne s'est pas produit. Le nom Yéchouroun indique la fonction rompue, ce nom qui s'est fêlé à ce moment-là.

יַקְנִאֻהוּ בְּזָרִים בְּתוֹעֵבֹת יַכְעִיסֻהוּ׃

yakni'oúhou bezarím beto'evót yakh'issoúhou

16 Il éveillait en Lui la jalousie par le culte d'autres dieux et L'irritait par des abominations.

יִזְבְּחוּ לַשֵּׁדִים לֹא אֱלֹהַ אֱלֹהִים לֹא יְדָעוּם חֲדָשִׁים מִקָּרֹב בָּאוּ לֹא שְׂעָרוּם אֲבֹתֵיכֶם׃

yizbe'hoú lachedím lo elóha elohím lo yedaoúm 'hadachím mikkaróv báou lo se'aroúm avotekhém

17 Et ils offriront des sacrifices aux démons, non à Dieu, à des petits dieux qu'ils ne connaissaient pas, nouveaux, venus des voisins, auxquels leurs Pères n'avaient même pas songé.

צוּר יְלָדְךָ תֶּשִׁי וַתִּשְׁכַּח אֵל מְחֹלְלֶךָ׃

tsour yeladekhá téchi vattichká'h el me'holelékha

18 Celui Qui (depuis l'enfance) était ton Créateur, tu L'abandonneras, et tu oublieras Dieu (Qui t'instruisait), Qui te formait.

Dans cette prophétie, prophétie très triste sur le fait que le peuple d'Israël abandonnera son Dieu, prophétie que Dieu lui-même donne, il y a aussi un bon côté. Et le bon côté, c'est que le SEIGNEUR dit : « Je le sais d'avance, J'y suis prêt quand Je t'accepte, et ce chant-là, Je te le donne pour que Tu puisses revenir vers Moi. Et le retour est toujours possible, parce que chez Moi il n'y a rien de défectueux, parce que de Moi ne viendra pas la corruption ». Mais aussi le châtiment qui suivra, les méthodes d'éducation du Très-Haut se trouvent aussi dans la prophétie au peuple d'Israël, afin que, quand ces malheurs se produiront, le peuple d'Israël se tourne de nouveau vers ce chant.

La tradition dit que tout au monde est contenu dans ce chant, toutes les situations y sont prévues. Et quand quelque chose se produira, le peuple d'Israël peut se tourner vers ce chant et voir que le Très-Haut a prévu cela aussi, que d'ici aussi, de ce point aussi, il y a un chemin de retour.

וַיַּרְא יְהוָה וַיִּנְאָץ מִכַּעַס בָּנָיו וּבְנֹתָיו׃

vayár adonáy vayin'áts mikká'as banáv ouvnotáv

19 Et le SEIGNEUR verra, et se courroucera (s'indignera) de ce que Le courroucent Ses fils et Ses filles,

On peut traduire vayin'ats par et s'agacera. De nouveau nous employons des métaphores à l'égard du Très-Haut, parce qu'en réalité il est impossible de Le fâcher ou de L'agacer. Et ce qu'Il nous manifeste, ce ne sont pas des émotions que possède le Très-Haut, c'est ce qui peut nous être transmis comme une parabole, mais à travers nos émotions.

Nous voulons Le mettre en colère, et Il nous montrera Sa colère.

וַיֹּאמֶר אַסְתִּירָה פָנַי מֵהֶם אֶרְאֶה מָה אַחֲרִיתָם כִּי דוֹר תַּהְפֻּכֹת הֵמָּה בָּנִים לֹא־אֵמֻן בָּם׃

vayomer astíra fanáy mehém er'é ma a'haritám ki dor tahpoukhót hémma baním lo-emoún bam

20 Et Il dira : « Je cacherai Ma face d'eux et Je verrai quelle sera leur fin, car ils sont une génération changeante, des fils en qui il n'y a pas de fidélité (à qui on ne peut faire aucune confiance).

הֵם קִנְאוּנִי בְלֹא־אֵל כִּעֲסוּנִי בְּהַבְלֵיהֶם וַאֲנִי אַקְנִיאֵם בְּלֹא־עָם בְּגוֹי נָבָל אַכְעִיסֵם׃

hem kin'oúni velo-él ki'assoúni behavlehém va'aní akni'ém belo-ám begóy navál akh'issém

21 Ils éveillaient en Moi la jalousie par un non-dieu, et Me fâchaient, M'irritaient par leur vanité, et Moi, J'éveillerai en eux la jalousie par un non-peuple, par un peuple vil (qui ne vaut rien) Je les irriterai.

Le Très-Haut dit ici : « Puisqu'ils se sont tournés vers des dieux étrangers, qui ne valent rien, qui ne représentent rien, Je Me tournerai vers toute sorte de racaille. Cela se produira de différentes manières. Peut-être que J'amènerai sur eux des foules de barbares, des gens qui ne Me connaissent pas, J'amènerai sur eux un non-peuple. Peut-être que Je chercherai Ma gloire chez ces peuples ». Et nous le voyons aussi dans le Nouveau Testament, et à Ninvé, où est envoyé le prophète Yona. Le Très-Haut parle de l'avenir, afin que, quand cela se produira, le peuple comprenne que tout, au fond, est sous contrôle.

כִּי־אֵשׁ קָדְחָה בְאַפִּי וַתִּיקַד עַד־שְׁאוֹל תַּחְתִּית וַתֹּאכַל אֶרֶץ וִיבֻלָהּ וַתְּלַהֵט מוֹסְדֵי הָרִים׃

ki-éch kade'há ve'appí vattikád ad-cheól ta'htít vattókhal érets vivoulá vattelahét mosedé harím

22 Car la colère s'est embrasée en Moi comme un feu et brûle (fume) jusqu'aux profondeurs de la terre, et ce feu a brûlé la terre et tout ce qui est sur elle, et les fondements des montagnes seront roussis (brûleront de part en part, se consumeront entièrement).

C'est-à-dire que le feu s'est tellement embrasé en Lui qu'Il descendra des cieux et dévorera, brûlera tout ce qui est terrestre, toutes ces vaines affaires terrestres. Le Très-Haut brûlera tout jusqu'aux fondements des montagnes. Non, Il n'anéantira pas toute la terre, parce qu'ici nous parlons du milieu de l'histoire, pas de la fin de l'histoire. Nous pouvons nous souvenir ici des paroles de l'apôtre Kéfa (2e Kéfa 3,10) : « La terre et tout ce qui est sur elle brûlera ». Et il parle, très probablement, de toutes les affaires terrestres, que toute cette vanité terrestre brûlera.

אַסְפֶּה עָלֵימוֹ רָעוֹת חִצַּי אֲכַלֶּה־בָּם׃

aspé alémo raót 'hittsáy akhalle-bám

23 Je rassemblerai vers eux tous les malheurs, toutes Mes flèches, Je les tirerai sur eux.

מְזֵי רָעָב וּלְחֻמֵי רֶשֶׁף וְקֶטֶב מְרִירִי וְשֶׁן־בְּהֵמוֹת אֲשַׁלַּח־בָּם עִם־חֲמַת זֹחֲלֵי עָפָר׃

mezé ra'áv oul'hoúme réchef vekétev merirí vechen-behemót achalla'h-bám im-'hamát zo'halé afár

24 Et le fléau de la faim, et les coups par le feu, et la peste amère, et la dent des bêtes, J'enverrai sur eux, avec le venin des reptiles rampants.

Et la faim, et le feu, et les épidémies, et les bêtes qui mordent, et les serpents qui piquent – tout cela viendra sur le peuple d'Israël comme châtiment pour l'apostasie.

מִחוּץ תְּשַׁכֶּל־חֶרֶב וּמֵחֲדָרִים אֵימָה גַּם־בָּחוּר גַּם־בְּתוּלָה יוֹנֵק עִם־אִישׁ שֵׂיבָה׃

mi'hoúts techakkel-'hérev oume'hadarím emá gam-ba'hoúr gam-betoulá yonék im-ích sevá

25 Au-dehors l'épée les fera périr, et à l'intérieur de la maison il y aura l'effroi ; sous ce feu tomberont et le jeune homme, et la vierge, et le nourrisson (qui tète le sein), et le vieillard aux cheveux blancs ».

Ensuite le Très-Haut dit pourquoi, malgré tout, Il n'anéantira pas le peuple d'Israël.

אָמַרְתִּי אַפְאֵיהֶם אַשְׁבִּיתָה מֵאֱנוֹשׁ זִכְרָם׃

amárti af'ehém achbíta meenóch zikhrám

26 J'ai dit : « Je soufflerai sur eux et les disperserai, ferai disparaître de l'humanité leur mémoire ».

Il y a une anecdote intéressante liée à ce verset. Il y avait un maître juif très célèbre qui s'appelait Rabbi Moché ben Na'hman (Nahmanide ou Ramban). Ses livres sont en partie traduits en russe. Et il avait un élève très influent, riche, qui s'appelait Avner. Et avec le temps, malheureusement, il abandonna la foi et devint même un adversaire de tout ce qui est juif. Un jour, à Yom Kippour, il ordonna à ses serviteurs de faire venir chez lui le Ramban et, devant lui, fit griller un morceau de porc, le mangea, se moqua de toutes les manières du maître et parla ainsi : « Eh bien toi, Ramban, tu disais que dans la section Haazinou est écrit tout ce qui existe sur la terre. Voici pour toi cette section, trouve ici moi, Avner ». À quoi le Ramban dit : « Je te trouverai, donne-moi seulement le temps de prier ». Et, après avoir prié, il dit : « Voici le verset 26, il y a là les mots af'éhem achbita mé'énoch zikhram. Si on lit chaque troisième lettre dans les mots (et ce sont alef, bet, noun, reich), on obtient ton nom ». On raconte que cette histoire, cette réponse du Ramban produisit sur Avner une impression bouleversante. Il monta dans une barque et partit on ne sait où. Voilà, il existe une histoire répandue de ce genre. Je ne garantis pas sa véracité, mais elle est assez intéressante.

לוּלֵי כַּעַס אוֹיֵב אָגוּר פֶּן־יְנַכְּרוּ צָרֵימוֹ פֶּן־יֹאמְרוּ יָדֵינוּ רָמָה וְלֹא יְהוָה פָּעַל כָּל־זֹאת׃

loulé káas oyév agoúr pen-yenakkeroú tsarémo pen-yomeroú yadénou ráma veló adonáy paál kol-zót

27 Si Je ne prenais pas en compte l'indignation des ennemis, afin qu'ils ne s'enorgueillissent pas et ne disent pas : « Notre main, et non le SEIGNEUR, a fait tout cela ».

Ils ne diront certainement pas : « C'est le SEIGNEUR qui nous a livré ce peuple à l'opprobre, c'est le SEIGNEUR qui l'a abandonné, c'est Lui qui nous a donné la victoire ». Non, ils diront : « C'est nous qui sommes forts, ce sont nos dieux qui nous ont permis de vaincre le Dieu d'Israël ». Et c'est seulement pour qu'ils ne disent pas cela que le SEIGNEUR dit : « Je ne vous livrerai pas à la perdition, Je ne vous disperserai pas et ne vous anéantirai pas ».

כִּי־גוֹי אֹבַד עֵצוֹת הֵמָּה וְאֵין בָּהֶם תְּבוּנָה׃

ki-góy ovád etsót hémma veén bahém tevouná

28 Car ils sont un peuple perdu, et il n'y a pas en eux d'entendement.

Ovad étsot (qui a perdu le conseil) – c'est un « adorateur de conseils », on peut traduire ainsi. Un homme qui cherche où écouter encore quelque conseil de quelque médium ou astrologue, où se raccrocher encore à quelque brin de paille, où se prosterner encore devant quelque petit arbre.

לוּ חָכְמוּ יַשְׂכִּילוּ זֹאת יָבִינוּ לְאַחֲרִיתָם׃

lou 'hakhemoú yaskílou zot yavínou lea'haritám

29 S'ils étaient sages, ils comprendraient cela et pourraient discerner (deviner d'avance, prévoir, saisir) leur fin.

אֵיכָה יִרְדֹּף אֶחָד אֶלֶף וּשְׁנַיִם יָנִיסוּ רְבָבָה אִם־לֹא כִּי־צוּרָם מְכָרָם וַיהוָה הִסְגִּירָם׃

ekhá yirdóf e'hád élef ouchnáyim yanísou revavá im-ló ki-tsourám mekharám vadonáy hisgirám

30 Comment donc cela est-il arrivé, qu'un seul en poursuive mille, et que deux en mettent en fuite dix mille, si ce n'est que Dieu les a livrés et que le SEIGNEUR les a remis ? (Pourquoi sont-ils si sots que, dans tout ce malheur, ils ne voient pas Ma main ?)

כִּי לֹא כְצוּרֵנוּ צוּרָם וְאֹיְבֵינוּ פְּלִילִים׃

ki lo khetsourénou tsourám veoyevénou pelilím

31 N'est-ce pas notre Sauveur qui est leur sauveur (n'est-ce pas notre Sauveur qui les aide) ? Et nos ennemis, ce sont nos juges.

Voilà ce que nous aurions dû comprendre, ce que le peuple d'Israël aurait dû comprendre : Celui Qui les aide, n'est-ce pas notre Sauveur ? Celui Qui est devenu leur rempart, n'est-ce pas Celui Qui était pour nous un rempart ? Et pourquoi a-t-Il fait cela ? Parce que nos ennemis sont venus être nos juges.

כִּי־מִגֶּפֶן סְדֹם גַּפְנָם וּמִשַּׁדְמֹת עֲמֹרָה עֲנָבֵמוֹ עִנְּבֵי־רוֹשׁ אַשְׁכְּלֹת מְרֹרֹת לָמוֹ׃

ki-miggéfen sedóm gafnám oumichadmót amorá anavémo inneve-róch achkelót merorót lámo

32 Car de la vigne de Sédom est leur vigne, et des champs d'Amora sont leurs raisins – un vignoble venimeux, des grappes amères.

חֲמַת תַּנִּינִם יֵינָם וְרֹאשׁ פְּתָנִים אַכְזָר׃

'hamát tanniním yenám veróch petaním akhzár

33 Le venin des serpents est devenu pour eux du vin, et le venin cruel du cobra (ils se sont mis à se comporter comme le serpent).

הֲלֹא־הוּא כָּמֻס עִמָּדִי חָתֻם בְּאוֹצְרֹתָי׃

halo-hoú kamoús immadí 'hatoúm beotserotáy

34 Car tout cela (tout ce qui a été dit plus haut) est caché auprès de Moi, dissimulé dans Mes trésors.

Le SEIGNEUR a prévu tout cela. Si bas que soit tombé le peuple, si haut que se soient élevés au-dessus de nous les ennemis, tout cela est prévu par le Très-Haut depuis le commencement, exactement de la même manière qu'Il a établi les limites des peuples selon le nombre des fils d'Israël, sachant avec certitude combien ils seraient. C'est pourquoi, aussi bien pour ceux qui sont descendus tout au fond que pour ceux qui, là, au fond, frappent par en dessous – pour tous est prévue la possibilité de la correction et du retour. Une bonne occasion de vérifier où nous nous sentons incorrigibles, où nous ne pouvons pas nous pardonner, ne pouvons pas croire que Dieu nous a pardonné, où nous sommes encore convaincus que nous avons tellement tout gâché que le Très-Haut Lui-même ne pourrait pas le réparer. Voilà, c'est ce travail en soi-même que l'on peut entreprendre, particulièrement à Yom Kippour.

La dernière chose qu'il verra

Dévarim 32,35–52

Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, l'étude de la section hebdomadaire Haazinou, à savoir du chapitre 32 du livre de Dévarim, à partir du verset 35. Moché continue d'enseigner au peuple d'Israël le chant qu'il a composé sur l'ordre du Très-Haut, afin qu'il demeure avec le peuple d'Israël, l'accompagne sur tous ses chemins et lui soit un témoin des relations du peuple avec le Très-Haut.

Dans la première partie du chant, Moché a parlé du fait que le Très-Haut savait à l'avance tout ce qui peut arriver au peuple d'Israël, dans les moindres détails. Et Il a même divisé l'humanité en soixante-dix peuples, selon le nombre des soixante-dix fils d'Israël qui descendraient en Égypte. C'est-à-dire qu'Il en a même vérifié à l'avance le nombre à l'unité près. Et le Très-Haut savait à l'avance ce qui n'était pas encore arrivé au moment où Moché raconte cela. Moché parle de l'avenir, parle du fait que le peuple se détachera du service du Très-Haut. Exactement de la même manière que Yéchoua Machia'h a dit à Kéfa : « Tu Me trahiras, tu Me renieras ».

Le Très-Haut dit au peuple d'Israël : « Tu Me renieras. Vous irez à la suite d'autres dieux. Je ne dirai même pas quels dieux, parce que vos Pères ne les connaissaient pas et que personne ne pouvait supposer que vous iriez à la suite de ces dieux ». Mais le Très-Haut sait à l'avance que cela arrivera. Et quand cela se produira, le peuple saura : voilà, dans ce chant, on nous avait prévenus.

Le Très-Haut parle aussi du fait qu'Il amènera des peuples et des non-peuples, quelques ramassis de tribus contre le peuple d'Israël, afin de le ramener à Lui, afin de le ramener au service du Dieu Unique. Et quand cela se produira, Israël aura de nouveau la possibilité de voir en cela la main du Dieu Unique. Et pas seulement Israël, mais aussi les païens auront la possibilité de voir Qui est le Sauveur, et qui est un dieu vain, qui ne peut pas sauver. La première partie du chant consistait en des avertissements de ce genre.

Dans la seconde partie, que nous continuerons à lire à partir du verset 35, il y aura davantage de consolation. Le Très-Haut dit qu'exactement de la même manière qu'Il a prévu le châtiment pour le peuple d'Israël, Il a prévu aussi la protection, l'intercession en faveur du peuple d'Israël (qui viendra elle aussi en son temps), et le châtiment pour ces peuples qui ont persécuté le peuple d'Israël.

Et la question se pose : mais pourquoi les peuples reçoivent-ils un châtiment, s'ils étaient le fléau, l'instrument du Très-Haut ? Parce qu'eux-mêmes ne le considéraient pas ainsi à l'époque où ils faisaient la guerre à Israël. Ils poursuivaient leurs buts personnels, intéressés, prenaient leur plaisir, tiraient leur profit de la persécution du peuple d'Israël. Et pour cela ils doivent être châtiés.

לִי נָקָם וְשִׁלֵּם לְעֵת תָּמוּט רַגְלָם כִּי קָרוֹב יוֹם אֵידָם וְחָשׁ עֲתִדֹת לָמוֹ׃

li nakám vechillém leét tamoút raglám ki karóv yom eydám ve'hách atidót lamó

35 À Moi la vengeance et la rétribution au moment où leur pied trébuchera, car proche est le jour de leur chute (le temps de leur catastrophe) et ce qui leur est destiné se hâte vers eux.

Le Très-Haut disait au verset 34 que tout ce qui arrivera est depuis longtemps gardé chez Lui dans un trésor. Et tous les événements, Il les sort de son trésor au moment de leur accomplissement, comme en soufflant la poussière qui les couvre, et les lance comme un petit bateau sur l'eau ; entre autres – la vengeance et la rétribution. Quand ces persécuteurs qui sont les vôtres trébucheront et chancelleront, sachez que J'ai sorti de Mon trésor la vindicte et le salaire, le temps est venu.

Le mot éid signifie malheur, catastrophe, chute. Par exemple, la joie maligne en hébreu – sim'ha lé'éid, joie devant la chute, joie devant la catastrophe, qui arrivent aux autres.

À la fin du verset, le SEIGNEUR dit : « Leur avenir se hâte à leur rencontre. J'ai accéléré dans le temps l'approche de leur chute, l'approche de leur catastrophe, j'ai abrégé le délai de Ma longanimité ». C'est-à-dire que, malgré le fait que, comme nous le disons, le Très-Haut a son plan et que tout est programmé, dans le temps Il peut le comprimer ou, par miséricorde, l'étirer. Et ici la miséricorde envers les peuples a pris fin, et le Très-Haut a abrégé les délais.

כִּי־יָדִין יְהוָה עַמּוֹ וְעַל־עֲבָדָיו יִתְנֶחָם כִּי יִרְאֶה כִּי־אָזְלַת יָד וְאֶפֶס עָצוּר וְעָזוּב׃

ki-yadín adonáy ammó veál-avadáv yitne'hám ki yir'é ki-ázelat yad veéfes atsoúr veazoúv

36 Car le SEIGNEUR prendra par le jugement la défense de Son peuple, et interviendra, se laissera fléchir envers Ses serviteurs ; car Il verra que la main a faibli, que le peuple est sans force et qu'il n'a pas de gouvernant.

Quand Il vengera ses serviteurs, Il aura pitié d'eux. Cela ressemble à ce qui se passe quand un homme dit à un enfant : « Tu m'as mis en colère, sors de la maison ». Et l'enfant est sorti, passé la porte, et soudain des méchants l'attaquent et essaient de le battre. Le père sort et prend la défense de l'enfant. Et, en prenant sa défense avec une grande force, il fait aussi grâce à l'enfant qu'il avait mis dehors. Ici le Très-Haut dit : « Je trouverai consolation à votre sujet, quand Je prendrai votre défense ». D'autant plus qu'ici le peuple se trouve dans un tel état qu'il n'a même pas de forces pour le mal. C'est sa marche à la suite d'autres dieux qui l'a mené dans une telle impasse qu'il n'est déjà plus capable de rien.

וְאָמַר אֵי אֱלֹהֵימוֹ צוּר חָסָיוּ בוֹ׃

veamár e elohémo tsour 'hassáyou vo

37 Et (le SEIGNEUR) dira : « Où sont donc leurs dieux, leur refuge et leur abri,

C'est, bien sûr, une question rhétorique. Le Très-Haut verra que le peuple n'est arrivé nulle part. Et c'est à propos de ce « nulle part » que sera Son sourire narquois : « Où sont donc les dieux auxquels vous vous prosterniez ? »

אֲשֶׁר חֵלֶב זְבָחֵימוֹ יֹאכֵלוּ יִשְׁתּוּ יֵין נְסִיכָם יָקוּמוּ וְיַעְזְרֻכֶם יְהִי עֲלֵיכֶם סִתְרָה׃

achér 'hélev zeva'hémo yokhélou yichtoú yen nessikhám yakoúmou veyazeroukhém yehí alekhém sitrá

38 Qui mangeaient la graisse de leurs sacrifices et buvaient le vin de leurs libations. Eh bien, s'il en est ainsi, qu'ils se lèvent maintenant, et vous aident, et deviennent pour vous un refuge.

Ils croyaient que leurs dieux, leurs idoles mangeaient réellement la graisse qu'ils apportaient, buvaient le vin qu'ils apportaient. C'est de nouveau une telle exclamation rhétorique, ironique, du Très-Haut : alors, qu'avez-vous donc, Mes enfants ?

רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא וְאֵין מִיָּדִי מַצִּיל׃

reoú attá ki aní aní hou veén elohím immadí aní

amít vaa'hayé ma'hátsti vaaní erpá veén miyadí mattsíl

39 Voyez donc maintenant que Moi, Je suis Celui-là Même, Moi, et personne n'agissait à côté de Moi. Je fais mourir, Je fais vivre, J'envoie la maladie, Je brise, Je guéris, et il n'y a pas de salut contre Moi.

Regardez maintenant que c'est précisément Moi – Celui-là Même Qui était pour vous un Refuge. Derrière tout ce qui vous arrivait, quand il vous semblait que ce sont d'autres peuples qui le font, – derrière tout cela, c'est Moi qui suis là. Tous les acteurs qui vous semblaient agir – tous sont sous Mon contrôle, aucune puissance supérieure n'agissait à côté de Moi.

Cela ne veut pas dire que Je vais maintenant tous vous faire périr ou faire quelque chose de semblable. Cela veut dire qu'il n'y a aucune force qui proposera un plan alternatif. Mon dessein s'accomplira inévitablement, vous n'avez nulle part où lui échapper.

כִּי־אֶשָּׂא אֶל־שָׁמַיִם יָדִי וְאָמַרְתִּי חַי אָנֹכִי לְעֹלָם׃

ki-essá el-chamáyim yadí veamárti 'hay anokhí leolám

40 Car J'étendrai la main vers les cieux et Je dirai : « Vivant, Je le suis éternellement ! »

Cela signifie un serment. Seul le Très-Haut est éternellement vivant. Et quoi que nous fassions dans notre vie, quelque action que nous accomplissions (que nous gagnions de l'argent, que nous roulions en voiture), si au bout de toute cette chaîne de nos actions ne se trouve pas « pour servir le Très-Haut », alors nous vivons selon la chair et non selon l'esprit, nous vivons dans le temporel et non dans l'éternel.

Il existe une parabole bien connue sur des gens qui s'occupent de tailler la pierre. Et on demanda à un homme : « Que fais-tu ? » Et il dit : « Je taille la pierre ». Un autre dit : « Je gagne de l'argent pour la famille – il faut nourrir les enfants ». Le troisième dit : « Je construis un palais ».

En tout ce que nous faisons, on peut se demander si nous voyons le dessein divin global, si ce que nous faisons maintenant a une part dans l'éternité ? S'il en a une – c'est selon l'esprit, s'il n'en a pas – c'est selon la chair. Et cela est lié à ce que le SEIGNEUR dit ici : « Je vis éternellement, Je suis l'Éternel ».

אִם־שַׁנּוֹתִי בְּרַק חַרְבִּי וְתֹאחֵז בְּמִשְׁפָּט יָדִי אָשִׁיב נָקָם לְצָרָי וְלִמְשַׂנְאַי אֲשַׁלֵּם׃

im-channotí berák 'harbí veto'héz bemichpát yadí achív nakám letsaráy velimsan'áy achallém

41 Si J'aiguise jusqu'à l'éclat Mon épée et prends en Mes mains le jugement, alors Je rétribuerai d'une rétribution ceux qui étaient en inimitié avec Moi, et à ceux qui Me haïssent Je réglerai leur compte.

Le Très-Haut dit ici qu'Il aiguisera Son épée, c'est une telle image d'un homme qui se prépare à la guerre. Bien entendu, le Très-Haut n'a pas d'épée dans les mains, l'épée du Très-Haut – c'est Son jugement.

Et ensuite, encore une image très vive. C'est bien de poésie que nous parlons, vous et moi. Voici pour vous une image que donne le Très-Haut, de la manière dont Il prendra la défense de Son peuple bien-aimé.

אַשְׁכִּיר חִצַּי מִדָּם וְחַרְבִּי תֹּאכַל בָּשָׂר מִדַּם חָלָל וְשִׁבְיָה מֵרֹאשׁ פַּרְעוֹת אוֹיֵב׃

achkír 'hittsáy middám ve'harbí tokhál bassár middám 'halál vechiv'yá meróch par'ót oyév

 42. Je donnerai à Mes flèches de s'enivrer de sang, et Mon épée dévorera la chair, du sang des tués et des captifs, des têtes échevelées de Mon ennemi.

Les flèches sont en partie en bois, et elles absorbent naturellement le sang, s'enfoncent dans le corps et absorbent le sang. Et c'est une image si étonnante. Qu'est-ce que cela signifie ? C'est un verset devant lequel on peut passer en coup de vent, mais il est important. Le Très-Haut dit : « Je ne fais pas de prisonniers, Mon épée sera abreuvée de sang quand Je prendrai la défense du peuple d'Israël. J'ordonne de ne pas faire de prisonniers, et du sang des prisonniers aussi Mon épée se rassasiera ».

Quand un homme va au combat, sa tête est naturellement échevelée, ébouriffée : ni coiffure, ni mise en plis, ni frisure, ni flisingL'auteur emploie ici un mot rare dont le sens n'est pas clair, sans doute un terme de coiffure. Il est repris tel quel., il n'a bien sûr rien de tout cela, mais il a simplement des cheveux en désordre. C'est une telle image, pour qu'il soit plus facile de se représenter.

הַרְנִינוּ גוֹיִם עַמּוֹ כִּי דַם־עֲבָדָיו יִקּוֹם וְנָקָם יָשִׁיב לְצָרָיו וְכִפֶּר אַדְמָתוֹ עַמּוֹ׃

harninou goyím ammó ki dam-avadáv yikkóm venakám yachív letsaráv vekhippér admató ammó

43 Glorifiez (voyez la gloire), peuples, Son peuple (le peuple d'Israël), parce que le SEIGNEUR rendra la rétribution pour le sang de Ses serviteurs, et par Son peuple se vengera de ses persécuteurs, et Son peuple expiera sa terre, et expiera Son peuple ».

On peut comprendre ici le mot goyim comme les autres peuples : que tous les peuples voient la gloire, la protection du peuple d'Israël, qui était méprisé. Mais on peut aussi comprendre le mot goyim comme les tribus d'Israël, qui s'uniront et ensemble, comme un seul peuple, glorifieront le Très-Haut.

Représentons-nous les péchés et l'impureté sous la forme d'une feuille de papier froissée. Si après cela on la défroisse, il est difficile de la rendre telle qu'elle était. C'est-à-dire que le défroissage (le pardon, la purification, le redressement) a lieu, mais ces traces du froissement restent sur la feuille de papier. Ici l'expiation, c'est le défroissage complet, quand la terre retrouve sa sainteté originelle. Cela signifie que le Très-Haut Lui-même pourra revenir et habiter sur elle.

Ici se termine le chant de Moché. Le bref exposé de l'histoire se termine par ceci : les peuples du monde glorifieront Israël, parce qu'Israël rendra la rétribution à ses ennemis et expiera, sanctifiera sa terre. C'est la consolation que Moché donne au peuple d'Israël.

Ici, sans doute, il est temps de faire la remarque suivante. Très souvent on entend des prédications, des récits, des révélations et des prophéties disant que, voilà, tout va bientôt se terminer. Nous avons tous tellement envie de voir ce en quoi nous croyons. Ou au moins de vivre assez longtemps pour que nos enfants le voient. Ou au moins de savoir quand cela arrivera. La foi qu'enseigne ici ce chant consiste en ce que tout est prévu : de même que tu vois que là tout s'est accompli, de même crois que dans l'avenir aussi tout s'accomplira.

On raconte qu'un jour les sages et Rabbi Akiva montèrent et virent les ruines du Temple, virent un renard courir sur elles. Et ils se mirent à pleurer – tous, sauf Rabbi Akiva : Rabbi Akiva se mit à rire. On lui demanda : « Rabbi Akiva, mais qu'y a-t-il donc de drôle ? C'est pourtant notre Temple, et il est détruit ! » Rabbi Akiva dit : « Si cela s'est accompli si fidèlement que même un renard court ici, alors toutes les promesses aussi s'accompliront ».

On peut croire que nous vivons non selon la chair, mais selon l'esprit, que nous sommes déjà maintenant dans l'éternel et que nos promesses, que nous avons, s'accompliront – fût-ce dans trois cents ans, fût-ce dans quatre cents ans. Qui y est prêt ? Il est difficile d'y être prêt. De là naissent de ces prophéties, le plus souvent des séductions, selon lesquelles à tel ou tel Roch haChana – c'est déjà tout. Mais de nouveau, ce n'est pas « tout ». Souvenez-vous de ce chant ! Tout est dans Ses mains. Et tout ce qui nous est promis arrivera inévitablement. Et il faut le croire. Même s'Il tarde, je croirai quand même ! C'est une remarque très importante – croire quand Il tarde.

C'était un bref récit de l'histoire du monde à travers le prisme de l'histoire du peuple d'Israël, que Moché a mis par écrit dans le chant sur l'ordre du Très-Haut.

וַיָּבֹא מֹשֶׁה וַיְדַבֵּר אֶת־כָּל־דִּבְרֵי הַשִּׁירָה־הַזֹּאת בְּאָזְנֵי הָעָם הוּא וְהוֹשֵׁעַ בִּן־נוּן׃

vayavó moché vaydabbér et-kol-divré hachira-hazzót beozné haám hou vehochéya bin-noún

44 Et Moché vint, et raconta toutes les paroles de ce chant aux oreilles de son peuple, lui et Hochéa ben Noun.

Ici Yéhochoua est appelé Hochéa, pour souligner que Moché est son maître : car c'est précisément lui qui lui a donné ce nom.

וַיְכַל מֹשֶׁ לְדַבֵּר אֶת־כָּל־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה אֶל־כָּל־יִשְׂרָאֵל׃

vaykhál moché ledabbér et-kol-haddevarím haélle el-kol-yisraél

45 Et Moché acheva de dire toutes ces paroles à tout Israël.

וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם שִׂימוּ לְבַבְכֶם לְכָל־הַדְּבָרִים אֲשֶׁר אָנֹכִי מֵעִיד בָּכֶם הַיּוֹם אֲשֶׁר תְּצַוֻּם אֶת־בְּנֵיכֶם לִשְׁמֹר לַעֲשׂוֹת אֶת־כָּל־דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת׃

vayomer alehém símou levavkhém lekhol-haddevarím achér anokhí meíd bakhém hayom achér tetsavvoúm et-benekhém lichmór laasót et-kol-divré hattorá hazzót

46 Et il leur dit : « Prêtez attention (littéralement : mettez votre cœur) à toutes les paroles par lesquelles je témoigne devant vous aujourd'hui, afin que vous ordonniez à vos fils de garder et d'accomplir toutes les paroles de cette Torah.

כִּי לֹא־דָבָר רֵק הוּא מִכֶּם כִּי־הוּא חַיֵּיכֶם וּבַדָּבָר הַזֶּה תַּאֲרִיכוּ יָמִים עַל־הָאֲדָמָה אֲשֶׁר אַתֶּם עֹבְרִים אֶת־הַיַּרְדֵּן שָׁמָּה לְרִשְׁתָּהּ׃

ki lo-davár rek hou mikkém ki-hou 'hayekhém ouvaddavár hazzé taaríkhou yamím al-haadamá achér attém overím et-hayardén chámma lerichtá

47 Car ce n'est pas pour vous une parole vide, car c'est votre vie, et par cette parole, grâce à cette parole, vous prolongerez vos jours sur la terre où vous allez, quand vous passez le Jourdain, pour en hériter.

Ce n'est pas une bêtise, ce n'est pas un bavardage idéologique qu'on peut laisser passer sans l'écouter, en mode « cause toujours ». Ce sont des paroles très importantes pour vous. Et cela concerne ceux qui négligent l'étude de la Torah en disant : « Mais nous avons des livres plus importants ». Moché dit ici : « Non, les gars, ce ne sont pas des paroles vides ! »

Et ce n'est pas simplement quelque territoire que vous recevrez – c'est une terre fertile, commode, il ferait bon y rester plus longtemps. C'est le lieu où le Très-Haut sera présent. Vous passerez vos jours non pas simplement dans quelque pays, mais dans le pays que le Très-Haut a choisi pour vous, dans le pays où vous vous tenez devant le Très-Haut.

וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה לֵאמֹר׃

vaydabbér adonáy el-moché beétsem hayom hazzé lemór

48 Et le SEIGNEUR parla ce même jour avec Moché, en disant :

עֲלֵה אֶל־הַר הָעֲבָרִים הַזֶּה הַר־נְבוֹ אֲשֶׁר בְּאֶרֶץ מוֹאָב אֲשֶׁר עַל־פְּנֵי יְרֵחוֹ וּרְאֵה אֶת־אֶרֶץ כְּנַעַן אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל לַאֲחֻזָּה׃

alé el-hár haavarím hazzé har-nevó achér beérets moáv achér al-pené yere'hó our'é et-érets kenáan achér aní notén livné yisraél laa'houzzá

49 « Monte sur ce mont Avarim, sur le mont Névo, qui est dans le pays de Moav, qui est en face de Jéricho, et vois le pays de Canaan, que Je donne aux fils (au peuple) d'Israël en héritage.

D'un côté, nous savons que Moché a reçu un châtiment et qu'il n'entrera pas dans le pays d'Israël. D'un autre côté, la dernière chose que verront les yeux de Moché, c'est le pays d'Israël. Nous savons aussi (2 Mélakhim 25,7) que le roi Tsidkiyahou fut conduit dans le camp du roi de Babylone, que sous ses yeux on égorgea ses fils et qu'ensuite on lui creva les yeux, afin que ce soit la dernière chose qu'il ait vue. Chez les peuples barbares, il existait un tel châtiment. La bénédiction de Moché, c'est que la dernière chose que verront ses yeux, c'est le pays d'Israël.

וּמֻת בָּהָר אֲשֶׁר אַתָּה עֹלֶה שָׁמָּה וְהֵאָסֵף אֶל־עַמֶּיךָ כַּאֲשֶׁר־מֵת אַהֲרֹן אָחִיךָ בְּהֹר הָהָר וַיֵּאָסֶף אֶל־עַמָּיו׃

oumoút bahár achér attá olé chámma vehe'asséfDans la translittération russe, ce mot commence par un b. L'hébreu porte ici un vav, nous avons donc suivi l'hébreu. el-ammékha ka'acher-mét aharón a'híkha behór hahár vaye'ássef el-ammáv

50 Et meurs (tu mourras) sur la montagne sur laquelle tu monteras, et rejoins ton peuple, comme mourut Aharon, ton frère, sur le mont Hor, et rejoignit son peuple :

Moché est si fidèle au Très-Haut, c'est une union si proche… Qu'est-ce que la mort pour Moché ? C'est simplement un passage d'un état de relation avec le Très-Haut à un autre. Peut-être est-ce comme retourner un disque, et Moché se retrouvera dans l'éternité. Moché a-t-il peur de la mort ? Dans beaucoup de midrachim et dans la tradition, on parle beaucoup du fait que Moché écrivait à ce sujet et pleurait. Mais je pense (et pas seulement moi, il y a beaucoup de commentateurs qui le pensent) que Moché était à un tel niveau spirituel que la mort ne lui faisait déjà plus peur.

Exactement comme mourut Aharon, Moché aussi mourra. Et c'est un châtiment. Le Très-Haut répétera plus loin que c'est un châtiment.

עַל אֲשֶׁר מְעַלְתֶּם בִּי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּמֵי־מְרִיבַת קָדֵשׁ מִדְבַּר־צִן עַל אֲשֶׁר לֹא־קִדַּשְׁתֶּם אוֹתִי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃

al achér me'altém bi betókh bené yisra'él beme-merivát kadéch midbar-tsín al achér lo-kiddachtém otí betókh bené yisra'él

51 Parce que vous n'avez pas su M'élever au niveau qui convient parmi les fils d'Israël aux eaux de la discorde, à Kadech, dans le désert de Tsin ; parce que vous ne M'avez pas sanctifié parmi les fils d'Israël.

Il y a beaucoup de commentaires, beaucoup de suppositions différentes sur ce en quoi consistait précisément le péché de Moché, pour lequel ils reçurent un tel châtiment, et lui, et Aharon. Encore une question : qu'est-ce qu'Aharon a à voir ici, si c'est Moché qui a frappé le rocher au lieu de lui parler ?

Lisons dans le livre de Bémidbar (20,8), quand le Très-Haut dit à Moché : « Prends le bâton et rassemble la communauté, toi et Aharon, ton frère, et dites au rocher sous leurs yeux qu'il donne de lui-même les eaux, et tu feras sortir pour eux les eaux du rocher, et tu abreuveras leur communauté et leur bétail ». Rav Kouk, dans son commentaire de ce verset, dit qu'ici deux options furent proposées à Moché. La première option, l'option pour le pays d'Israël – parler au rocher. Ce ne sont plus des relations d'esclaves, pas une subordination militaire – parle-lui, tu es pourtant un homme, tu es un être parlant. La seconde option – tu en feras sortir les eaux, c'est-à-dire qu'il faut en faire jaillir les eaux à coups, ne pas attendre les faveurs de la nature, et abreuver ainsi les gens et le bétail. Faites attention : les gens qui sont liés entre eux comme des esclaves sont assimilés au bétail. Voilà une telle métaphore.

Moché et Aharon pourront-ils « tenir la route » comme dirigeants non pas dans le désert, où la seule forme de gouvernement est, au fond, la dictature, mais dans le pays d'Israël, où le pouvoir s'exercera autrement ? Pourront-ils devenir les leaders d'une époque nouvelle ? Et voilà, au niveau auquel le Très-Haut s'élèvera dans le pays d'Israël (selon l'avis de Rav Kouk), Moché et Aharon n'ont pas élevé le Très-Haut, ne L'ont pas sanctifié à ce niveau. C'est-à-dire que ce n'est pour ainsi dire pas un châtiment, mais un examen pour le poste non réussi. Cela ne signifie pas que le Très-Haut dit à Moché : « Tu M'as en somme servi en tout de manière irréprochable, mais pour ces coups sur le rocher, Moi, le Dieu Cruel, Je te punirai et pour cela tu n'entreras pas dans le pays », cela signifie un examen non réussi. Il s'est avéré que Moché, qui était le guide idéal du peuple d'Israël dans le désert – longanime, aimant, plein d'abnégation – n'est pas capable de diriger le peuple dans une autre situation. Et c'est pourquoi le Très-Haut dit :

כִּי מִנֶּגֶד תִּרְאֶה אֶת־הָאָרֶץ וְשָׁמָּה לֹא תָבוֹא אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר־אֲנִי נֹתֵן לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל׃

ki minnéged tir'é et-ha'árets vechámma lo tavó el-ha'árets acher-aní notén livné yisra'él

52 Et tu verras devant toi la terre, mais tu n'y entreras pas, dans ce pays que Je donne aux fils d'Israël.

C'est aussi une promesse que le Très-Haut fait à Moché : « Tu n'y entreras pas, mais tu le verras, et ce sera la dernière chose que tu verras. Sache-le, ta mission s'accomplira, et tu verras ce pays, bien que toi-même tu n'y entreras pas, parce que tu ne pourras pas être le dirigeant dans ce monde nouveau dans lequel tu conduiras le peuple. Mais Moi, le SEIGNEUR, J'en prendrai soin ».

La Torah en 5 minutes

La principale particularité de notre section hebdomadaire Haazinou est qu'elle constitue un chant. Moché chante le dernier chant au peuple d'Israël. Quand Moché venait seulement de rencontrer le Très-Haut (nous avons lu cela au chapitre 3 du livre de Chémot), il Lui dit qu'il n'était pas un homme éloquent, et comment donc chanter, il ne sait même pas bien parler, c'est pourquoi Aharon lui fut donné comme interprète. Mais déjà au tout début du chemin avec le peuple d'Israël, avec le chœur, Moché chante le chant de la mer, lors de la division de la mer Rouge. Et ensuite Moché, sans doute, quelque part au-dedans de lui-même, apprend aussi à chanter, parce que ses dernières paroles, la dernière instruction à Israël – c'est aussi un chant qu'il faut apprendre et retenir. Pourquoi précisément un chant ? Quelle est la particularité d'un chant ? La tradition dit (cela est dit au début de la traduction du livre de Chir haChirim, le Targoum Onkelos) que dans toute l'histoire d'Israël il y a dix chants importants, c'est-à-dire que notre playlist se compose de dix chansons.

Le premier – c'est le début du chant pour le jour du sabbat (Téhillim 92,1–3). Peu de gens le savent, mais la tradition attribue les premières lignes de ce psaume à Adam, qui comprit qu'il y avait une chance de se corriger. Et c'est lui qui dit : « Il est bon de rendre grâce au SEIGNEUR et de chanter Ton Nom, Très-Haut, d'annoncer le matin Ta miséricorde et Ta vérité – les nuits ».

Le deuxième chant parmi les dix chants – c'est le chant de la mer, que Moché chanta dans le livre de Chémot (15,1–19).

Le troisième chant – c'est le chant du puits, dont nous avons lu le récit dans le livre de Bémidbar (21,17–18).

Le quatrième chant – c'est le chant de notre section hebdomadaire Haazinou, celui-là même que chante maintenant Moché.

Le cinquième chant – c'est le chant que chantera Yéhochoua ben Noun (10,12–14), quand le Très-Haut lui donnera la victoire dans la bataille contre cinq rois.

Le sixième chant – le chant de Débora (Choftim 5,1–31), bon, sans doute que tout le monde le connaît aussi.

Le septième – c'est la prière de 'Hanna (1 Chmouël 2,1–10), elle aussi est considérée comme un chant historique, et le fruit de ce chant est la naissance du prophète Chmouël.

La huitième chanson – c'est la chanson de David (Téhillim 18), quand David reçoit la délivrance, comme s'il naissait de nouveau, et chante le Créateur.

La neuvième – la Chanson de toutes les chansons, Chir haChirim, écrite par Chlomo.

Quelle est la dixième chanson ? La dixième chanson – c'est la chanson qu'il nous reste encore à chanter, c'est la chanson dont parle le prophète Yéchayahou (30,29) : « Une chanson sera à vous, comme dans la nuit de la sanctification de la fête, et la joie du cœur, comme chez celui qui marche avec la flûte, pour monter sur la montagne, vers le Rocher d'Israël ». Dans l'avenir, quand tout Israël sera rassemblé, le peuple d'Israël aura un chant nouveau, avec lequel on pourra monter sur la montagne du SEIGNEUR.

Dix chants, en tout dix chansons dans la courte playlist juive. Pourquoi y a-t-il si peu de chansons et pourquoi ces chansons sont-elles si particulières ? Si nous lisons un livre, de la prose, quelque œuvre littéraire, alors d'habitude il nous suffit de lire le livre une fois pour le mettre de côté (bien que certains livres, nous les relisions parfois). Si nous lisons quelque livre lié à notre travail, alors nous pouvons y revenir, travailler avec lui. Mais nous avons toujours envie de quelque chose de nouveau. Ayant lu quelque livre, nous voulons une suite, nous voulons un développement, nous voulons quelque chose de nouveau du même écrivain dont nous avons lu le livre, quelque chose de nouveau dans le domaine de la même science que nous étudions, – nous voulons nous développer.

Quand nous allons au concert de notre artiste préféré, de notre chanteur préféré, nous voulons, bien sûr, écouter du nouveau, mais il nous intéresse aussi d'écouter et de chanter avec lui les vieilles chansons. Si une chanson est liée à de bons souvenirs, on a envie de la chanter de nouveau, on a envie de la réécouter, elle ne vieillit pas, ne perd pas son actualité. D'une telle chanson on ne peut pas dire : « Bon, je l'ai écoutée, je l'ai déjà entendue, je ne veux plus l'écouter ». C'est là la particularité d'une telle chanson : on a envie de l'écouter encore, et encore, et encore.

Et Moché nous révèle que la Torah, au fond, c'est un chant. Et chaque fois, à chaque âge, sous un angle de vue différent, elle se révèle à nous d'une manière nouvelle. Si nous la percevons comme une chanson, nous voulons l'entendre encore, et encore, et encore, elle ne devient pas vieille pour nous, elle grandit avec nous. C'est là le sens de la section hebdomadaire Haazinou en tant que chant, c'est pourquoi Moché la donne justement sous forme de chant.

Haazinou : continuer la lecture

Lisez aussi la section Vayélekh, la section Nitsavim, l'entretien sur les alliances et les sections hebdomadaires de la Torah.

Original russe : alexblend.com
Cette traduction a été réalisée avec l’aide de l’IA et nécessite encore une révision linguistique et une correction par des locuteurs natifs.

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    Sommaire de cette section

    1. 1Le dernier chant de Moché 32,1–34
    2. 2La dernière chose qu'il verra 32,35–52
    3. 3La Torah en 5 minutes
    4. 4Haazinou : continuer la lecture

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