- Sections hebdomadaires
- Chémot
- Térouma
תְּרוּמָה
Térouma
le Michkan, la sainteté et la consécration
- Section hebdomadaire
- 19 sur 54
- Versets
- Chémot 25,1–27,19
- Parties
- 9
- Temps de lecture
- 2 h 2 min
- Vues
signale les passages où la traduction s'écarte délibérément de l'original russe. Touchez-le pour afficher la remarque.
Térouma est la section hebdomadaire sur la consécration et l'agencement du Michkan. Alex Blend examine l'élévation, l'arche, le chandelier, l'agencement de la tente et les limites de la sainteté. Le sténogramme comprend le texte de la Torah en hébreu, la translittération, la traduction, les commentaires de l'auteur et la haftara du premier livre de Mélakhim.
Térouma : comment s'élever vers Dieu
Chémot 25,1–16
Avec l'aide de Dieu, nous commençons à étudier la section hebdomadaire Térouma. Le mot térouma se traduit habituellement en russe par ascension ou élévation. La racine du mot, rech-vav-mem, a le sens de hauteur. Ainsi, marom ‒ ce sont les hauteurs, les cieux ; leharim ‒ c'est lever, mouram ‒ c'est surélevé. Par exemple, un moral élevé ‒ matsav roua'h mouram (un état d'esprit élevé). Qu'est-ce donc que térouma ? C'est ce qui nous élève vers le haut, une sorte d'ascenseur ou quelque structure de décollage, qui permet aux objets matériels, aux entités matérielles de s'élever dans les mondes spirituels par la consécration de soi au Très-Haut. Autrefois, pour consacrer un objet au Très-Haut, on le soulevait à bout de bras, on le tendait vers le ciel, et ainsi il était considéré comme consacré. C'est pourquoi térouma est devenue l'image d'une sorte d'appareil de consécration (ou d'appareil volant). C'est en somme de la construction d'un tel appareil qu'il est question dans notre section hebdomadaire.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
1 Et le SEIGNEUR parla à Moché, disant :
דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ־לִי תְּרוּמָה מֵאֵת כָּל־אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ תִּקְחוּ אֶת־תְּרוּמָתִי׃
dabbér el-bené yisraél veyik'hoú-lí teroumá me'ét kol-ích achér yiddevénnou libbó tik'hoú et-teroumatí
2 « Parle aux fils d'Israël, et ils prendront pour Moi une élévation ; cette ascension sera faite de la part de tout homme dont le cœur le lui soufflera, prenez Mes ascensions (prenez Mes matériaux pour la construction d'un élévateur vers Moi).
Que signifie ils prendront pour Moi ? On peut dire ils Me donneront ou on peut dire ils prendront de Moi. Ils prendront ce qui les élèvera jusqu'à Moi. D'où peuvent-ils prendre ? Tout ce qui existe dans ce monde appartient au Très-Haut. On ne peut rien prendre qui ne soit à Lui. Mais le Très-Haut nous fait don du monde matériel, nous fait parfois don de l'illusion que quelque chose dans ce monde matériel nous appartient. Et le Très-Haut dit : « Qu'ils prennent un appareil élévateur, un appareil volant, qui les élèvera jusqu'à Moi ».
Le mot nédava ‒ c'est l'aumône volontaire ; lénadev signifie être bénévole, donner quelque chose volontairement ; lédabev signifie énoncer. Ici, dans un seul mot, yidévénou, ces deux racines se rencontrent : comme son cœur le lui chuchotera, comme son cœur le lui soufflera, mais ce verbe n'est employé que dans un sens positif.
Le Très-Haut ordonne au peuple de recueillir l'élévation, de recueillir des matériaux de construction pour une certaine structure. Chacun donnera ce que son cœur lui soufflera : non sur l'ordre de quelqu'un, non d'après une liste, non pas ainsi : « Toi, apporte de l'argent, toi – de l'or, toi – des échelles, toi – des roues, toi – de l'essence », mais chacun comme son cœur le lui soufflera. Et c'est étonnant. Le Très-Haut assemble une certaine structure à partir du matériau des cœurs humains. En fait, ce sont les sons du cœur qui y seront investis, qui seront les racines de cette structure. Les cœurs du peuple d'Israël doivent, dans cette structure, se mettre à jouer dans une seule symphonie, se mettre à résonner d'une seule mélodie. Si tout à coup tous apportent des roues ou si tout à coup tous apportent du sel, on ne pourra rien en préparer. Le Très-Haut (nous le verrons plus loin) donnera la liste de ce qu'il faut apporter, mais chacun choisit quelque chose à lui, et au bout du compte doit en résulter ce que le Très-Haut veut. Chacun, sur le petit instrument de son cœur, jouera sa partie, et la symphonie sera la symphonie du Très-Haut. C'est un miracle.
À partir du verset 3, le Très-Haut commence à énumérer ce qui est requis pour l'ascension, et voici ce qu'Il dit :
וְזֹאת הַתְּרוּמָה אֲשֶׁר תִּקְחוּ מֵאִתָּם זָהָב וָכֶסֶף וּנְחֹשֶׁת׃
vezót hatteroumá achér tik'hoú me'ittám zaháv vakhéssef oun'hóchet
3 Ceci est l'ascension que vous prendrez d'eux : de l'or, de l'argent et du cuivre.
Ce sont les métaux les plus répandus, les métaux précieux de cette époque. Il s'agit d'une structure qui n'est pas simplement une botteleuse, une tondeuse à gazon ou quelque autre machine agricole. Il s'agit de ce qui reliera le peuple au Très-Haut, et ici il faut des métaux nobles. Nous avons dit auparavant (on peut me l'objecter) que le Très-Haut a dit : « Faites-moi un autel simplement de terre. Pas besoin d'or, pas besoin de pierres, même pas besoin de pierres taillées ». Ici apparaissent soudain l'argent, l'or, le cuivre. Pourquoi apparaissent-ils ici ? Parce que ce n'est pas un moyen de communication entre Dieu et l'homme, ce n'est pas un téléphone par lequel on peut joindre quelqu'un, c'est une route vers le Très-Haut, c'est une échelle par laquelle nous pouvons monter vers Lui. C'est pourquoi il faut construire une structure bien plus complexe. Et en outre, l'autel – c'est pour un seul homme ou un groupe de gens, alors qu'ici il faut que tout le peuple en symphonie, que tout le peuple puisse en même temps faire un tour dans cet ascenseur jusqu'au Très-Haut. Ce n'est pas une tâche si simple, je vous le dis.
Que faut-il encore, en plus de l'or, de l'argent et du cuivre ?
וּתְכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ וְעִזִּים׃
outkhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch ve'izzím
4 Des étoffes bleues, et de la pourpre (des étoffes rouges), et encore une sorte d'étoffes écarlates, belles, et du lin fin, et du poil de chèvre.
וְעֹרֹת אֵילִם מְאָדָּמִים וְעֹרֹת תְּחָשִׁים וַעֲצֵי שִׁטִּים׃
ve'orót elím me'oddamím ve'orót te'hachím va'atsé chittím
5 Et des peaux de cerfs (de biches) aux reflets rouges, et des peaux de ta'hachs, et des troncs d'arbres d'acacia.
Quelques mots au sujet de cet animal, le ta'hach. Comme on ne le rencontre pas si souvent dans le Tanakh, il y a beaucoup de controverses. Les uns disent que c'est peut-être une girafe – en se fondant sur le fait que sa traduction de l'araméen signifie tacheté, multicolore ; bon, s'il est tacheté, c'est donc une girafe. D'autres disent que c'est une petite bête inconnue, qui n'a existé qu'à l'époque où Moché construisait le Michkan, spécialement pour qu'on puisse en prendre la peau. Et il y a encore beaucoup d'autres versions à la lumière de la linguistique sémitique. En étudiant les langues sémitiques, on peut arriver à la conclusion qu'il s'agit d'un animal marin qui s'appelle le dugong commun. C'est un mammifère marin si étonnant, unique en son genre, on peut lire à son sujet à part. Effectivement, sa peau est utilisée jusqu'à aujourd'hui par les Bédouins qui vivent sur la bande côtière, pour coudre des chaussures : ils font des sandales de sa peau. Et, en somme, on peut supposer que c'est le dugong. Certains disent que c'est une licorne. Puisque nous parlons de créatures mythiques fabuleuses, il vaut la peine de la mentionner elle aussi. Mais si nous considérons tout de même que le peuple ne pratiquait pas la magie, vivait simplement dans le désert et, en entendant le nom, ne se demandait pas où trouver quelque guide d'identification des animaux magiques, alors il est raisonnable de supposer que le peuple identifiait cela d'une manière ou d'une autre. Donc, girafe ou dugong – ce que vous choisirez, ce sera cela.
שֶׁמֶן לַמָּאֹר בְּשָׂמִים לְשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְלִקְטֹרֶת הַסַּמִּים׃
chémen lamma'ór bessamím lechémen hammich'ha veliktóret hassammím
6 De l'huile pour l'éclairage, des aromates pour l'huile d'onction et des aromates pour les encensements,
אַבְנֵי־שֹׁהַם וְאַבְנֵי מִלֻּאִים לָאֵפֹד וְלַחֹשֶׁן׃
avné-chóham ve'avné millou'ím la'efód vela'hóchen
7 De l'opale (très probablement, ou de l'onyx) et des pierres de remplissage pour l'éfod et pour le 'hochen.
Dans l'éfod, il y avait de petites alvéoles dans lesquelles on insérait différentes pierres. Il fallait naturellement en faire don aussi. C'est l'énumération par le Très-Haut de ce que l'on peut choisir pour faire un don, chacun peut choisir quelque chose pour soi.
וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם׃
ve'ássou li mikdách vechakhantí betokhám
8 Et faites-Moi un sanctuaire, et J'habiterai au milieu de vous.
Le mot sanctuaire peut se traduire par « sanctifieuse » : « Vous ferez de tous ces matériaux quelque chose qui créera une oasis de sainteté dans ce monde, et J'y voisinerai avec vous ». Le mot chékhina (présence divine) est lié au mot chkhouna (quartier, district), ou lichkon (vivre, habiter, résider), ou chakhen (voisiner) : « Je serai près de vous, Je serai votre Voisin, serai au milieu de vous, au-dedans de vous, et serai une partie de vous, comme l'un de vous ». Nous avons dit que le Très-Haut a appelé le peuple d'Israël am ségoula (peuple élu), un peuple-moyen pour atteindre les autres peuples, une sorte de pilote vers les autres peuples (pour parler le langage de la programmation). Et ici le Très-Haut dit : « Nous créons avec vous un certain édifice, un certain dispositif qui Me permettra d'habiter dans ce monde, en vous, dans cette maison, dans ce sanctuaire que vous Me construirez ».
כְּכֹל אֲשֶׁר אֲנִי מַרְאֶה אוֹתְךָ אֵת תַּבְנִית הַמִּשְׁכָּן וְאֵת תַּבְנִית כָּל־כֵּלָיו וְכֵן תַּעֲשׂוּ׃
kekhól achér aní mar'é otekhá et tavnít hammichkán ve'ét tavnít kol-keláv vekhén ta'assoú
9 En tout ce que Je te montre, la structure du Michkan et de tous ses ustensiles, en tout ce que Je te montre, comme il faut faire, ainsi faites (c'est-à-dire que les plans doivent être conservés aussi pour l'avenir).
Voilà donc la racine (chin-kaf-noun) du mot Michkan, elle est la même que celle des mots chakhen (voisiner) et chékhina (présence de Dieu), c'est-à-dire que le Michkan – c'est un dispositif de « mise en voisinage ».
וְעָשׂוּ אֲרוֹן עֲצֵי שִׁטִּים אַמָּתַיִם וָחֵצִי אָרְכּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי רָחְבּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי קֹמָתוֹ׃
ve'assoú arón atsé chittím ammatáyim va'hétsi orkó ve'ammá va'hétsi ro'hbó ve'ammá va'hétsi komató
10 Et faites un coffre (ou une armoire) en bois d'acacia, de deux coudées et demie de longueur, d'une coudée et demie de largeur, et d'une coudée et demie de hauteur.
La coudée – c'est 50 centimètres, c'est-à-dire que les dimensions de l'arche sont : longueur 1,25 mètre, largeur 75 centimètres, hauteur 75 centimètres.
וְצִפִּיתָ אֹתוֹ זָהָב טָהוֹר מִבַּיִת וּמִחוּץ תְּצַפֶּנּוּ וְעָשִׂיתָ עָלָיו זֵר זָהָב סָבִיב׃
vetsippitá otó zahav tahór mibbáyit oumi'hoúts tetsappénnou ve'assíta aláv zer zahav savív
11 Et tu le recouvriras d'or, à l'intérieur et à l'extérieur tu le recouvriras, et tu feras une petite couronne d'or (un diadème) qui l'orne par le haut.
Nous connaissons par la Torah orale la couronne du sacerdoce, la couronne de la royauté, la couronne de la Torah, et les midrachim en parlent beaucoup. Cette arche, cette armoire (si l'on traduit dans la langue simple de la Torah), symbolise à la fois trois couronnes qu'aura Israël : la couronne de David (la couronne royale), la couronne d'Aharon (la couronne du sacerdoce), et la couronne de la Torah (la couronne de celui qui porte en lui la Torah). Si les deux premières couronnes vont par appartenance, la couronne de la Torah – elle est posée librement, n'importe qui peut la prendre. Et celui qui prendra la couronne de la Torah, qui accomplira toute la Torah, celui-là, selon les midrachim, sera jugé digne aussi des deux premières couronnes, de roi et de prêtre, car en lui se réalisera la plénitude de la Torah. Et une allusion à tout cela, les sages la voient ici, dans la petite couronne d'or qui est faite autour du couvercle de l'arche.
וְיָצַקְתָּ לּוֹ אַרְבַּע טַבְּעֹת זָהָב וְנָתַתָּה עַל אַרְבַּע פַּעֲמֹתָיו וּשְׁתֵּי טַבָּעֹת עַל־צַלְעוֹ הָאֶחָת וּשְׁתֵּי טַבָּעֹת עַל־צַלְעוֹ הַשֵּׁנִית׃
veyatsákta lo arbá tabbe'ót zaháv venatattá al arbá pa'amotáv ouchté tabba'ót al-tsal'ó ha'e'hát ouchté tabba'ót al-tsal'ó hachenítDans la translittération russe, le dernier mot n'a pas de « t » final ; nous suivons le texte hébreu (hachenít, « second »).
12 Et tu lui couleras quatre anneaux d'or, et tu les placeras à ses quatre coins : deux anneaux d'un côté et deux anneaux de l'autre côté.
וְעָשִׂיתָ בַדֵּי עֲצֵי שִׁטִּים וְצִפִּיתָ אֹתָם זָהָב׃
ve'assíta vaddé atsé chittím vetsippitá otám zaháv
13 Et tu feras des barres d'acacia, tu les recouvriras d'or elles aussi.
וְהֵבֵאתָ אֶת־הַבַּדִּים בַּטַּבָּעֹת עַל צַלְעֹת הָאָרֹן לָשֵׂאת אֶת־הָאָרֹן בָּהֶם׃
vehevetá et-habbaddím battabba'ót al tsal'ót ha'aron lassét et-ha'arón bahém
14 Et tu introduiras les barres dans les anneaux de l'armoire (de l'arche), pour porter sur elles l'arche de chaque côté.
בְּטַבְּעֹת הָאָרֹן יִהְיוּ הַבַּדִּים לֹא יָסֻרוּ מִמֶּנּוּ׃
betabbe'ót ha'arón yihyoú habbaddím lo yassoúrou mimménnou
15 Dans les anneaux de l'arche doivent être les barres, elles n'en seront pas retirées.
וְנָתַתָּ אֶל־הָאָרֹן אֵת הָעֵדֻת אֲשֶׁר אֶתֵּן אֵלֶיךָ׃
venatattá el-ha'arón et ha'edoút achér ettén elékha
16 Et tu mettras dans cette arche le témoignage (les tables), que Je te donnerai.
Il reste une question très importante. Le peuple d'Israël est sorti d'Égypte, et il se trouve depuis 6 mois dans le désert. En fait, ce sont d'anciens esclaves, ils ont emporté avec eux quelques biens à la sortie d'Égypte, de l'or et de l'argent, ils en ont. Question : d'où ont-ils tout le reste – les étoffes, le bois d'acacia, les peaux (y compris la peau de cet étrange animal), les pierres précieuses… Même si un homme a la disposition du cœur pour faire un don, où prendre tout cela ? Beaucoup de gens posent cette question, c'est pourquoi il faut répondre à cette question. Et on y répond de différentes manières.
Certains disent qu'au mont Sinaï il y avait une forêt d'acacias. L'acacia – c'est le problème le plus difficile à cet égard, parce que ce sont de grands troncs et il faut les transporter d'une manière ou d'une autre : ils ne les traînaient tout de même pas avec eux à travers le désert ? C'est pourquoi on dit que là il y avait par hasard une forêt d'acacias, et voilà qu'on l'a employée tout entière pour le Michkan. D'autres disent que Yaakov, déjà lorsqu'il alla pour la première fois en Égypte, avait tout prévu par l'Esprit Saint et avait caché là tout le nécessaire pour la construction. L'idée est très belle et intéressante, mais aussi très discutable. Le plus probable est qu'un camp aussi grand que le camp du peuple d'Israël ne pouvait pas ne pas faire de commerce avec les marchands, avec ceux qui passaient à proximité. Et, assurément, des caravanes visitaient aussi ce camp. Il est possible aussi que des envoyés du camp allaient vers les caravanes voisines, dans les lieux voisins, pour faire du commerce, et le peuple pouvait simplement acquérir cela. Chaque homme choisissait ce que précisément il voulait donner, ce que précisément son cœur le disposait à donner pour le Sanctuaire. C'est en soi étonnant. Beaucoup de gens disent : « Je ne suis pas d'accord qu'on ne prenne de moi que de la laine. La laine, elle ne se voit pas, mais si c'est de l'or ! Si je donne quelque chose en or, alors je pourrai dire que ce petit monogramme-là, que ce petit coin-là, que tout cela est à nous, je le raconterai aux petits-enfants et aux arrière-petits-enfants ! » Donner de l'or est en quelque sorte plus facile. De même, dans tout service, lorsqu'il se compose de nombreux éléments, bien sûr, il est bon d'être sur scène, il est bon d'être au centre de l'attention. Il est plus difficile d'être celui qui dispose quelque part les petites chaises, distribue quelque part les petits livres et sert sur un petit secteur du front. De même aussi dans un orchestre : on veut être soliste, on veut tenir la partie principale, et non quelque petite voix à peine audible. Et néanmoins le peuple d'Israël a surmonté en lui-même toutes ces ambitions, comme nous le verrons plus tard, parce qu'il y était appelé. Et il a su créer le Michkan, a su créer une demeure, un « lieu de co-voisinage » pour le Très-Haut. Et c'est la première victoire du peuple d'Israël.
Il est intéressant que, dans le livre de Téhillim, les psaumes commencent souvent par le mot laménatséa'h, qui se traduit par au chef d'orchestre ou au vainqueur. Le mot lénatséa'h signifie à la fois diriger (un orchestre) et vaincre. Savoir créer, tout réunir en une seule symphonie – c'est une victoire. C'est à cette première victoire, à l'unité du peuple, à la capacité d'agir de manière concertée que le Très-Haut a appelé le peuple pour la construction du Michkan. Et c'est précisément dans ce peuple agissant de manière concertée, dans lequel les petites comme les grandes parties sont jouées selon le chuchotement du cœur, sont jouées de tout cœur, avec un immense amour – c'est précisément dans ce peuple, précisément dans cette communauté que le Très-Haut veut demeurer.
C'est l'essence de l'épreuve, sans cela on ne peut pas décoller. Sans cela notre don sera simplement une aumône, mais non une élévation. L'élévation, ce qui nous fait monter vers le haut, n'est possible que d'un cœur pur. Et ici tout le peuple, dans le grand et dans le petit, est appelé à s'élever. Voilà quel défi difficile le Très-Haut a lancé au peuple d'Israël.
Les anges gardes-frontières
Chémot 25,17–30
Nous avons déjà lu que le Très-Haut donne à Moché des instructions sur la manière dont l'arche d'alliance doit être agencée. Avant de continuer, je veux dire quelques mots. On pose souvent la question de savoir ce que symbolisent précisément les éléments de l'arche dans ces plans, quels symboles on peut voir ici. Et effectivement, il y a beaucoup de commentaires, beaucoup de leçons et d'interprétations différentes sur ce thème, parce que le texte direct de la Torah ne le révèle pas. Ici ou là nous pouvons voir certains parallèles, ici ou là – certaines allusions. Moi aussi, j'aborderai le thème du symbolisme, mais, très probablement, pas comme on le fait d'habitude. Je m'efforcerai d'apporter des commentaires et des compréhensions que d'autres n'apportent pas, sinon à quoi vous servirais-je, si je répétais ce dont tout le monde parle même sans moi. Et nous nous efforcerons de nous en tenir à notre tâche principale : révéler plus profondément le sens simple de la Torah et donner matière à réflexion, jeter du bois dans le petit feu des pensées (comme je le dis habituellement), afin que vous puissiez vous-mêmes construire dans votre conscience des parallèles et comprendre les allusions. Et ce que votre conscience produira en résultat vous sera, très probablement, bien plus proche que ce que je raconterai. Donc, nous commençons à lire à partir du verset 17 du chapitre 25.
וְעָשִׂיתָ כַפֹּרֶת זָהָב טָהוֹר אַמָּתַיִם וָחֵצִי אָרְכָּהּ וְאַמָּה וָחֵצִי רָחְבָּהּ׃
ve'assíta khappóret zaháv tahór ammatáyim va'hétsi orká ve'ammá va'hétsi ro'hbá
17 Et fais un couvercle d'or pur : deux coudées et demie de longueur et une coudée et demie de largeur.
Le couvercle est fait d'or pur. D'un autre endroit du texte, nous pouvons comprendre que l'épaisseur du couvercle est d'environ une paume (ou 8-10 centimètres). Sa longueur – deux coudées et demie (1,25 mètre) et sa largeur – une coudée et demie (0,75 mètre), c'est-à-dire un énorme morceau d'or pur. Dans l'arche, il y a encore des pièces de bois, elle-même est dorée et à l'intérieur d'elle se trouvent les tables de l'alliance. Et en plus, cette arche, il faut la porter. Rappelez-vous simplement combien tout cela pèse et quel miracle est cette arche. Les commentateurs disent que la particularité de l'arche est qu'« elle porte ceux qui la portent ». Elle est comme un appareil volant, comme un dispositif antigravitationnel, qui soulève au-dessus du sol ceux qui la traînent. Des gens ordinaires ne pourraient pas soulever sur leurs épaules une structure d'un tel poids, ni la porter sur leurs épaules. Peut-être qu'à l'aide de certains dispositifs on pouvait la transporter, mais le Très-Haut nous donne la possibilité de participer au miracle.
Le mot kaporet se traduit habituellement par couvercle. La racine du mot, kaf-pé-rech signifie expiation, couverture, gel, c'est-à-dire arrêt, suspension d'une action. De la même racine vient aussi le mot kfar, village, lisière de forêt, quelque chose de couvert d'une végétation clairsemée sur le fond d'une forêt, sur le fond de quelque lieu désert. Quoi qu'il en soit, le mot couvercle en hébreu vient lui aussi du mot couverture, comme en russe, mais il est aussi en consonance avec le mot kapara, kippour – expiation, lékhapper – expier (au sens de racheter), kofer – rançon. C'est-à-dire que le mot couvercle est lié à la libération, à la libération de quelque chose.
Il y a un commentaire intéressant qui considère le Temple avec l'arche comme le lieu où l'homme vient communiquer avec le Très-Haut, apporte ses besoins principaux. Les besoins principaux, dans la simple compréhension humaine, ce sont la santé des enfants, sa propre santé et la subsistance : vivre longtemps, que les enfants soient obéissants, réjouissent le SEIGNEUR, et qu'il y ait l'aisance. Si la longue vie est symbolisée par les tables qui se trouvent à l'intérieur de l'arche (nous savons que l'arbre de vie, c'est la Torah), le couvercle de l'arche symbolise l'épouse, symbolise la vie conjugale de l'homme : dans le mariage, les gens se couvrent l'un l'autre. Selon la tradition, on considère qu'au moment du mariage les gens deviennent une seule chair. À cette nouvelle chair sont pardonnés tous les péchés, parce qu'elle est déjà une autre créature, elle naît de nouveau. Et voilà que la kaporet (le couvercle), selon ces commentaires, symbolise l'épouse, et les deux kérouvim qui seront dessus (nous y arriverons encore) symbolisent les enfants. C'est-à-dire que, dans le service parfait, devant le Très-Haut se tient une famille composée du papa, de la maman et des enfants, la plus petite communauté qui puisse se tenir devant le Très-Haut, et c'est elle que symbolise l'arche. Cela ne signifie pas, à Dieu ne plaise, qu'un homme qui est seul, ou célibataire, ou veuf, ou pour quelque raison divorcé ne puisse pas se tenir devant le Très-Haut. Nous parlons ici de symbolique, et voilà, une telle compréhension existe. Je n'insiste pas sur sa vérité et son caractère absolu, je la cite simplement comme une compréhension intéressante de l'arche.
וְעָשִׂיתָ שְׁנַיִם כְּרֻבִים זָהָב מִקְשָׁה תַּעֲשֶׂה אֹתָם מִשְּׁנֵי קְצוֹת הַכַּפֹּרֶת׃
ve'assíta chenáyim kerouvím zaháv mikchá ta'assé otám michené ketsót hakkappóret
18 Et fais deux kérouvim d'or, fais-les d'un morceau, des deux côtés du couvercle
Ici, on comprend de quoi le faire, mais on ne comprend pas ce qu'est un khérouv, ou koroub, ou krouv ; même, il n'est pas tout de suite clair pour tout le monde comment le lire. Ce mot, on le commente de différentes manières.
Certains disent que le mot vient de racines sémitiques anciennes, du mot kroub (taureau). Il est dit du Très-Haut qu'Il siège sur les khérouvim. En russe, khérouvim est le singulier, un khérouvim, et plusieurs, ce sont des khérouvimy. Mais le mot khérouvim – est le pluriel du mot kérouv. C'est-à-dire qu'il s'est trouvé que la langue russe n'a emprunté que le pluriel et en a fait un singulier. Donc, le kérouv, selon certaines versions, c'est un taureau, un tel animal céleste sur lequel le Très-Haut siège et se déplace. Nous lisons cela dans Téhillim, nous lisons cela chez le prophète Yé'hezkel. Bien sûr, c'est une image, le Très-Haut n'a pas de char, et Il ne se déplace sur rien, Il n'a besoin ni de transport personnel, ni de transport en commun. Cela nous est donné comme une image, c'est ce qui nous est révélé.
D'autres considèrent que le kérouv – c'est un jeune homme, c'est quelqu'un avec un visage humain, et la plupart des commentateurs le disent ainsi. Des jeunes hommes ailés, deux kérouvim sur l'arche ; acceptons cette version comme la plus proche du sens simple de la Torah. Le mot kérouv lui-même est intéressant, il est lié à de nombreuses significations. Si l'on permute les lettres du mot, si l'on forme de nouvelles racines, alors nous trouverons ici et le mot brakha (bénédiction), et le mot rava'h (augmenter de taille), et le mot bkhor (premier-né). Un mot si étonnant, un mot-matriochka, l'un dans l'autre, beaucoup de choses y sont mises.
Que signifie « fais-les d'un morceau » ? Les kérouvim ne sont pas faits, ne sont pas coulés quelque part séparément, pour qu'ensuite on puisse les appliquer, les coller ou les souder au couvercle. Le couvercle est dès l'origine fait de telle sorte qu'il ait deux grands morceaux d'or du côté droit et du côté gauche, qui sont travaillés avec des outils de ciselure ou d'une autre manière et se transforment en kérouvim. Les kérouvim ne sont pas collés, ils sont dès l'origine une partie du couvercle, ils forment avec lui un seul tout. En cela aussi on peut voir beaucoup de symbolique : comme une association avec une seule chair, avec une seule nature et ce qui est semblable.
וַעֲשֵׂה כְּרוּב אֶחָד מִקָּצָה מִזֶּה וּכְרוּב־אֶחָד מִקָּצָה מִזֶּה מִן־הַכַּפֹּרֶת תַּעֲשׂוּ אֶת־הַכְּרֻבִים עַל־שְׁנֵי קְצוֹתָיו׃
va'assé keroúv e'hád mikkatsá mizzé oukhrouv-e'hád mikkatsá mizzé min-hakkappóret ta'assoú et-hakkerouvím al-chené ketsotáv
19 Fais un kérouv d'un côté, et un autre kérouv de l'autre côté – à partir du couvercle fais les kérouvim aux deux extrémités (c'est-à-dire les kérouvim à droite et à gauche aux extrémités du couvercle, il faut les placer ainsi).
וְהָיוּ הַכְּרֻבִים פֹּרְשֵׂי כְנָפַיִם לְמַעְלָה סֹכְכִים בְּכַנְפֵיהֶם עַל־הַכַּפֹּרֶת וּפְנֵיהֶם אִישׁ אֶל־אָחִיו אֶל־הַכַּפֹּרֶת יִהְיוּ פְּנֵי הַכְּרֻבִים׃
vehayoú hakkerouvím poressé khenafáyim lemá'la sokhekhím bekhanfehém al-hakkappóret oufnehém ich el-a'hív el-hakkappóret yihyoú pené hakkerouvím
20 Et ils seront, les kérouvim, élevant les ailes vers le haut, couvrant de leurs ailes le couvercle, et leur visage l'un vers l'autre, sur le couvercle seront les kérouvim.
Certains disent que les kérouvim déployaient leurs ailes de telle manière que cela formait une sorte de siège, un trône pour le Très-Haut. D'autres disent qu'ils déployaient les ailes de façon à en couvrir entièrement le couvercle. Nous n'avons pas de description, nous n'avons pas de photographies, nous n'avons même pas de témoignages. Nous avons la description de fresques, de bas-reliefs d'autres temples, mais nous savons que chez notre Dieu ce n'est pas comme chez les autres dieux.
Il y a dans le Talmud des passages où il est dit que les deux jeunes hommes-kérouvim étaient face à face et qu'ils se rapprochaient, et même s'unissaient, quand il y avait l'unité dans le peuple, et quand le peuple n'avait pas d'unité, ils pouvaient même se détourner l'un de l'autre. Très probablement, ce n'est pas quelque fonction miraculeuse, pas quelque feature miraculeuse (propriété particulière) de l'arche. C'est la vision du prêtre qui entrait auprès des kérouvim, la vision de Moché.
וְנָתַתָּ אֶת־הַכַּפֹּרֶת עַל־הָאָרֹן מִלְמָעְלָה וְאֶל־הָאָרֹן תִּתֵּן אֶת־הָעֵדֻת אֲשֶׁר אֶתֵּן אֵלֶיךָ׃
venatattá et-hakkappóret al-ha'arón milmá'la ve'el-ha'aron tittén et-ha'edoút achér ettén elékha
21 Et tu poseras ce couvercle sur l'arche par-dessus, et dans l'arche mets le témoignage que Je te donnerai.
C'est-à-dire, comme nous l'avons déjà mentionné, à l'intérieur de l'arche on place les deux tables. Elles symbolisent la vie, elles sont, au fond, la Torah, l'Arbre de vie, elles sont la racine de la vie. Nous sommes liés à l'Arbre de vie par les kérouvim. Le kérouv, c'est un tel camarade qui monte la garde dans le Gan Éden et garde le chemin de l'Arbre de vie, ce que nous avons lu dans le livre de Béréchit (3,24). Ainsi, l'une des fonctions du kérouv est d'être garde-frontière, de servir au poste-frontière entre notre monde et le monde de la sainteté. Et le Très-Haut dit : « Rencontrons-nous à la frontière, venons là où sont les kérouvim, où est mon poste-frontière, et là nous parlerons ». Nous venons à l'arche comme à la frontière de la sainteté. L'arche, c'est ce en quoi se révèle la Torah, à la surface de l'arche le Très-Haut se révèle à nous.
Et à quoi sert tout ce dispositif, dont nous avons lu la description, le Très-Haut l'explique au verset 22 :
וְנוֹעַדְתִּי לְךָ שָׁם וְדִבַּרְתִּי אִתְּךָ מֵעַל הַכַּפֹּרֶת מִבֵּין שְׁנֵי הַכְּרֻבִים אֲשֶׁר עַל־אֲרֹן הָעֵדֻת אֵת כָּל־אֲשֶׁר אֲצַוֶּה אוֹתְךָ אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃
veno'adtí lekhá cham vedibbartí ittekhá me'ál hakkappóret mibbén chené hakkerouvím achér al-arón ha'edoút et kol-achér atsavvé otekhá el-bené yisraél
22 Je paraîtrai devant toi là-bas, Je parlerai avec toi au-dessus du couvercle entre les deux kérouvim qui sont sur l'arche du témoignage, tout ce que Je te commanderai pour les fils d'Israël.
Le SEIGNEUR dit : « Je communiquerai avec toi là-bas, près de l'arche, ou même Je tiendrai conseil avec toi là-bas, Je paraîtrai pour la concertation, pour le témoignage. Voilà, ce sera le lieu de notre liaison, le lieu de notre rencontre, et là, entre les kérouvim, Je parlerai avec toi ».
La racine dans le mot éd (témoignage) est la même que dans le mot no'adti – être destiné, être témoin, donner des conseils ou se concerter. Ce sera une telle rencontre de travail, constructive. Le lieu de rencontre, on ne peut pas le changer, le lieu de rencontre – il est sur les ailes des kérouvim, qui sont sur le couvercle, qui est sur l'arche, dans laquelle sont les tables de l'alliance.
Comment cela se passera-t-il ? Certains disent que Moché posait la tête entre les kérouvim, et écoutait, comme dans un casque stéréo, s'immergeant d'une manière particulière dans le monde de la sainteté, écoutait ce que dit le Très-Haut. D'autres disent que la voix du Très-Haut résonnait depuis les kérouvim. Bien sûr, c'est une question de notre imagination, de notre capacité à nous représenter comment c'était, notre tentative constante de nous mettre à la place de ceux sur lesquels nous lisons. Nous ne savons pas comment cela s'est réellement passé. Le Très-Haut dit : « Voilà ce dispositif-ci, l'arche d'alliance, – c'est le moyen par lequel Je me révélerai constamment à toi. C'est un moyen de communication entre Moi et toi, non par des fils téléphoniques, mais un moyen tel qu'il te conduira jusqu'à la frontière même de Mon monde. Nous nous rencontrerons au poste-frontière de Mon monde saint, tu monteras vers Moi, et Je sortirai à ta rencontre ».
À partir du verset 23, nous lisons déjà au sujet d'un autre objet qu'il faut faire pour le service du Très-Haut.
וְעָשִׂיתָ שֻׁלְחָן עֲצֵי שִׁטִּים אַמָּתַיִם אָרְכּוֹ וְאַמָּה רָחְבּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי קֹמָתוֹ׃
ve'assíta choul'hán atsé chittím ammatáyim orkó ve'ammá ro'hbó ve'ammá va'hétsi komató
23 Et tu feras une table en bois d'acacia, de deux coudées de longueur (ou un mètre), d'une coudée de largeur (un demi-mètre), d'une coudée et demie de hauteur (soixante-quinze centimètres).
וְצִפִּיתָ אֹתוֹ זָהָב טָהוֹר וְעָשִׂיתָ לּוֹ זֵר זָהָב סָבִיב׃
vetsippitá otó zaháv tahor ve'assíta lo zer zaháv savív
24 Et tu la couvriras d'or pur, et tu lui feras une petite bordure et une petite couronne tout autour.
Tant d'or… Oui, nous avons dit que, d'un côté, le Très-Haut dit : « Construis-moi un autel simplement de terre ». D'un autre côté, tout ce qui est en ce monde, tout Lui appartient : l'or, l'argent, le cuivre, les diamants, les brillants, nous-mêmes, et la future petite table. Pourquoi le Très-Haut demande tant d'or, pourquoi l'or joue un rôle si important ? À ce sujet, là encore, énormément de choses ont été dites. Et tout ce que nous disons, ce sont des suppositions, ce sont des pensées, on ne peut pas les prendre comme la vérité absolue, parce que ce n'est pas écrit, c'est notre tentative de comprendre.
Le mot zahav (or) se compose pour ainsi dire de deux parties : de la petite lettre zayin (selon la guématrie c'est 7), et de deux petites lettres hé (5) et vet (2), qui non seulement donnent aussi 7 lorsqu'on les additionne (5+2=7), mais forment l'impératif du verbe donner – hav (donne). On peut dire que zahav, c'est (d'après le premier midrach qui vient à l'esprit) donne pour ce qui est saint, donne au septième jour, consacre cela à la frontière avec le Très-Haut. Lorsque le matin le kohen nettoyait la Ménorah dans le Temple, il nettoyait 5 lampes, ensuite il accomplissait d'autres services, et ensuite il nettoyait les 2 lampes restantes, pas toutes les 7 à la fois. Ainsi, ce service se prolongeait, pour attirer l'attention de tous. C'est aussi une histoire à part, cela symbolise aussi zahav ou l'or. L'or est une sorte de métal « frontalier », c'est pourquoi on recouvrait souvent d'or de nombreux ustensiles du Temple. C'est l'une des versions.
וְעָשִׂיתָ לּוֹ מִסְגֶּרֶת טֹפַח סָבִיב וְעָשִׂיתָ זֵר־זָהָב לְמִסְגַּרְתּוֹ סָבִיב׃
ve'assíta lo misgéret tófa'h savív ve'assíta zer-zaháv lemisgartó savív
25 Et tu lui feras un cadre épais d'une paume tout autour de lui, et la petite couronne, il faut la placer sur ce cadre qui ira sous le plateau de la table.
Qu'est-ce que cela signifie ? Des quatre côtés, sous le plateau, entre les pieds, il y a encore un cadre, une petite armature large d'un tofa'h (paume), comme nous l'avons déjà dit, c'est 8-10 centimètres. Ce cadre aura une bordure d'or, une petite couronne.
Qu'est-ce que cette table, pourquoi faut-il une table ? Nous avons déjà mentionné (dans le commentaire du verset 17) que les besoins humains principaux sont la longueur de la vie, les enfants et la subsistance. La subsistance, le besoin qu'on en a ou son excès rendent souvent l'homme fou. Une foule de crimes, une foule de méfaits et de péchés de toutes sortes sont commis pour des raisons d'argent, financières.
Nous avons dit que l'expression chair humaine est liée au mot lé'hem (pain), que le mot lé'hem signifie à la fois pain et chair. Le Très-Haut fait dans le Temple, dans le Sanctuaire, une table comme expiation pour notre nourriture, pour que ce soit une couverture du yétser ha-ra, du mauvais penchant, qui peut nous séduire vers des actes très mauvais, nous séduire à cause de notre avidité, de notre cupidité, à cause de quelques intérêts personnels. La table – c'est un autel, un instrument d'expiation de la chair dans son sens le plus charnel, « mangeant ». C'est, bien sûr, seulement l'une des significations. Lorsque nous parlerons plus tard des pains d'offrande, nous développerons plus profondément la pensée sur le pain.
Ici il faut une petite remarque. Le fait est que ma tâche – c'est d'examiner toute la section hebdomadaire, et plus nous nous plongerons profondément, moins nous aurons de chances de le faire. Dans le judaïsme, il y a deux approches de l'étude : bakiyout – la connaissance générale, la connaissance du contenu général, et youn – la connaissance approfondie. C'est-à-dire qu'on peut prendre un verset et l'étudier une semaine, et savoir beaucoup de choses sur lui, et ne pas lire tout le reste de la section. Il y a des maîtres qui font ainsi, il n'y a rien de mal à cela. Moi, j'essaie de parler de la connaissance générale, c'est pourquoi certains moments sont involontairement omis. J'en parle maintenant parce que je me surprends à penser que je ne peux pas tout raconter, je ne peux pas faire tenir et ceci, et ceci, et ceci, et il en sera ainsi aussi par la suite. C'est pourquoi il vaut mieux passer une fois du temps à expliquer pourquoi « je ne peux pas » que d'essayer chaque fois de l'expliquer de manière bâclée. Ici la remarque se termine, et nous revenons au texte.
וְעָשִׂיתָ לּוֹ אַרְבַּע טַבְּעֹת זָהָב וְנָתַתָּ אֶת־הַטַּבָּעֹת עַל אַרְבַּע הַפֵּאֹת אֲשֶׁר לְאַרְבַּע רַגְלָיו׃
ve'assíta lo arbá tabbe'ót zaháv venatattá et-hattabba'ót al arbá happe'ót achér le'arbá ragláv
26 Tu lui feras (à cette petite table) quatre anneaux d'or et tu mettras ces quatre anneaux aux quatre coins qui sont à ses pieds,
Le mot péot (coins) – c'est le pluriel du mot péa (coin) ; c'est ainsi qu'on appelle aussi le coin du champ qu'il faut laisser pour les pauvres. Mais si l'on prononce le mot péot dans les dialectes ashkénazes, comme on a l'habitude de prononcer en Allemagne ou en Hongrie, alors le mot péot sonnera comme payos, d'où, en russe, sont venus les peïssy, ces petites tresses juives. Et si on lit à l'ashkénaze, alors il faut faire à la petite table des anneaux aux peïssy qui sont à ses pieds.
לְעֻמַּת הַמִּסְגֶּרֶת תִּהְיֶיןָ הַטַּבָּעֹת לְבָתִּים לְבַדִּים לָשֵׂאת אֶת־הַשֻּׁלְחָן׃
le'oummát hammisgéret tihyéna hattabba'ót levattím levaddím lassét et-hachoul'hán
27 Sous le cadre seront les anneaux, pour qu'on puisse y introduire les barres et porter cette table.
וְעָשִׂיתָ קְּעָרֹתָיו וְכַפֹּתָיו וּקְשׂוֹתָיו וּמְנַקִּיֹּתָיו אֲשֶׁר יֻסַּךְ בָּהֵן זָהָב טָהוֹר תַּעֲשֶׂה אֹתָם׃
ve'assíta et-habbaddím atsé chittím vetsippitá otám zahav venissa-vám et-hachoul'hán
28 Et tu feras les barres pour la table en bois d'acacia, et tu les couvriras d'or, et tu porteras avec elles la table.
וְעָשִׂיתָ קְּעָרֹתָיו וְכַפֹּתָיו וּקְשׂוֹתָיו וּמְנַקִּיֹּתָיו אֲשֶׁר יֻסַּךְ בָּהֵן זָהָב טָהוֹר תַּעֲשֶׂה אֹתָם׃
ve'assíta ke'arotáv vekhappotáv ouksotáv oumnakkiyotáv achér youssákh bahén zahav tahór ta'assé otám
29 Et tu feras des bols pour elle, et des petites pelles pour elle, et des pinces, et des supports, qui seront utilisés, – fais-les d'or pur.
וְנָתַתָּ עַל־הַשֻּׁלְחָן לֶחֶם פָּנִים לְפָנַי תָּמִיד׃
venatattá al-hachoul'hán lé'hem paním lefanáy tamíd
30 Et tu mettras sur cette table le pain de la face devant Moi toujours.
Le pain de la face – c'est le pain qui est posé devant la face de Dieu. Comme symbole de ce que, où que nous soyons assis, où que nous mangions, notre table est liée à la table du Très-Haut. Lorsque nous rompons le pain, nous savons que là, chez le Très-Haut, il y a toujours les pains d'offrande, Il est notre commensal. Cela ne nous permet pas de Lui apporter au repas une nourriture impure, de manger devant Sa face quelque chose d'impur. Et pas seulement du point de vue de la kachrout, mais aussi ce qui a été gagné de façon impure, obtenu dans l'impureté ou ce qui est mangé au cours d'une conversation impure, d'un entretien impur, avec des pensées impures. Et tout cela nous aide à purifier notre table, notre nourriture, nos corps, notre communication. Et tout cela, bien sûr, n'est qu'une des nombreuses facettes de ce dont parle l'agencement de l'arche.
Prose descriptive
Chémot 25,31–26,14
Nous continuons à étudier la section hebdomadaire Térouma et nous lirons à partir du verset 31 du chapitre 25, mais auparavant je voudrais faire deux petites préfaces.
Première préface. Si nous recevions aujourd'hui une commande pour la fabrication des objets du Temple ou pour la création du Michkan, alors, très probablement, nous recevrions par courrier électronique un modèle 3D précis (une image numérique en volume) avec l'indication des dimensions, des couleurs, des matériaux et des méthodes de leur production. Malheureusement, à l'époque du don de la Torah, il n'y avait pas un tel luxe. Le Très-Haut raconte les plans en langage simple, communique l'agencement de choses complexes en langage simple. Cela signifie qu'il faut mobiliser à la fois la pensée spatiale, et l'imagination, et la connaissance de la langue pour simplement comprendre à quoi cela ressemble. C'est là la première difficulté des textes que nous étudions maintenant.
La deuxième difficulté de ces textes est que nous avons un désir naturel – ne pas nous contenter du sens simple. Il nous importe de comprendre non seulement l'agencement, mais aussi ce qu'est sa signification. Cette curiosité, bien sûr, n'est pas du tout un vice, mais tout à fait notre propriété humaine naturelle, intégrée en nous par le Très-Haut lui-même. En même temps, avec notre niveau de connaissances, nous pouvons ressembler à un enfant qui examine un moteur à combustion interne ou la carte mère d'un ordinateur, en essayant de comprendre comment tout cela fonctionne. C'est-à-dire que nous pouvons fantasmer, nous pouvons nous laisser emporter par nos associations. Et lorsque nous parlons de ce qui n'est pas écrit directement dans le texte, il faut se rappeler que nous ne livrons pas une vérité en dernière instance, que nous ne la proclamons pas, mais que nous pouvons seulement partager certaines de nos pensées et associations. Et ce n'est qu'à ces conditions que nous pouvons parler de certaines associations. Et voilà, ayant terminé cette préface sans prétention, commençons à étudier le texte même de la Torah.
וְעָשִׂיתָ מְנֹרַת זָהָב טָהוֹר מִקְשָׁה תֵּעָשֶׂה הַמְּנוֹרָה יְרֵכָהּ וְקָנָהּ גְּבִיעֶיהָ כַּפְתֹּרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ מִמֶּנָּה יִהְיוּ׃
ve'assíta menorát zaháv tahór mikchá te'assé hammenorá yerekhá vekaná gevi'éha kaftoréha oufara'héha mimménna yihyoú
31 Et il s'est faitLe russe commence ce verset au passé (« et il s'est fait »), alors que la suite est à l'impératif (« fais ») ; nous l'avons traduit tel quel. une ménorah (luminaire) d'or pur, d'une seule pièce fais la ménorah : sa base, et sa tige, le réceptacle, les boutons et les fleurs seront d'une seule pièce.
La racine noun-vav-rech du mot ménorah (luminaire) signifie la lumière. Le mot ménorah, est probablement l'un des mots hébreux les plus connus en dehors des locuteurs de l'hébreu. Et l'objet lui-même, son image est aussi très répandue. On aime la placer comme témoignage de la composante juive dans la prédication, dans l'enseignement et ainsi de suite. Et si un maître ou un prédicateur veut montrer qu'il prêche dans une clé juive, alors souvent il considère nécessaire de s'entourer entre autres d'une ménorah ou de poser un chofar, d'accrocher un talit ou quelque chose d'autre de semblable. Mais je pense que la ménorah – est dans le top des leaders en ce qui concerne les « attestations de judéité » parmi les prédicateurs. Dans le Temple, c'est aussi un symbole très important. Ce n'est pas pour rien qu'elle est devenue si populaire parmi les prédicateurs. C'est le symbole du service du Temple, pour une raison ou une autre même plus que l'autel. C'est le symbole de l'État d'Israël, sur mon passeport brille en or une ménorah.
Ainsi, le Très-Haut nous ordonne ici pour la première fois de faire une ménorah (luminaire) d'or pur. Nous lirons par la suite que la ménorah aura beaucoup de petits détails. Mais on ne peut pas les lui visser par un filetage, les coller, les braser ou les souder. La ménorah ne peut qu'être ciselée ou forgée d'une seule pièce entière d'or ; quels que soient les éléments qu'elle contienne, elle est – une, unique et indivisible.
Le mot gavia (qui est employé ici avec un suffixe pronominal – guévi'éha) signifie en hébreu moderne petit verre à pied ou petit gobelet. Dans l'hébreu de la Torah, le mot a aussi cette signification, mais, en outre, il signifie aussi réceptacle, c'est-à-dire une sorte de petit verre au bout de la tige de la fleur, sur lequel la fleur est posée, un support naturel sous la fleur. Le mot kaftor en hébreu moderne signifie bouton, mais dans ce cas on entend le bouton de fleur, le bouton non éclos d'une fleur ou le bouton dans lequel se trouve la petite graine.
Nous pouvons suivre et voir que dans ce verset sont employés principalement des termes botaniques. La ménorah a une base, une tige, des réceptacles, des boutons et des fleurs, tout est décrit dans la langue de la botanique. Ce n'est pas pour rien qu'on a associé la ménorah à l'arbre de vie, elle ressemble réellement à un arbre, et il y a en elle des détails propres à une plante. Et tout cela doit être fait d'une seule pièce d'or, telle est la tâche. Tous les détails de ce luminaire, si complexes qu'ils soient, ne sont pas vissés, ne sont pas collés, mais sont forgés ou ciselés par un travail artisanal complexe à partir d'une seule grande pièce d'or.
וְשִׁשָּׁה קָנִים יֹצְאִים מִצִּדֶּיהָ שְׁלֹשָׁה קְנֵי מְנֹרָה מִצִּדָּהּ הָאֶחָד וּשְׁלֹשָׁה קְנֵי מְנֹרָה מִצִּדָּהּ הַשֵּׁנִי׃
vechichá kaním yotse'ím mittsiddéha chelochá kené menorá mittsiddá ha'e'hád ouchlochá kené menorá mittsiddá hachení
32 Six rameaux (ramifications) partent de ses différents côtés : trois branches (ramifications) de la ménorah d'un côté et trois ramifications de l'autre côté.
C'est-à-dire que sur la ménorah il y a comme trois croisements. De chaque croisement partent des deux côtés les branches de la ménorah. On obtient trois branches d'un côté, trois de l'autre et encore au milieu la tige – au total sept places pour des luminaires, c'est-à-dire qu'on obtient un chandelier à sept branches ; tout le monde sait que la ménorah a sept branches. Mais ce sont les branches principales. Et comment ces branches sont ornées, nous le lisons au verset 33 :
שְׁלֹשָׁה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים בַּקָּנֶה הָאֶחָד כַּפְתֹּר וָפֶרַח וּשְׁלֹשָׁה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים בַּקָּנֶה הָאֶחָד כַּפְתֹּר וָפָרַח כֵּן לְשֵׁשֶׁת הַקָּנִים הַיֹּצְאִים מִן־הַמְּנֹרָה׃
chelochá gevi'ím mechoukkadím bakkané ha'e'hád kaftór vaféra'h ouchlochá gevi'ím mechoukkadím bakkané ha'e'hád kaftór vafára'h ken lechéchet hakkaním hayotse'ím min-hammenorá
33 Trois réceptacles d'un travail des plus fins, sur celui du haut un bouton et une fleur, trois réceptacles, un bouton et une fleur, trois réceptacles, un bouton et une fleur, et ainsi sur chacune des six branches de la ménorah.
Examinons le mot méchoukkad. De la racine de ce mot, chin-kaf-dalet, vient le mot chaked (amande, amandier). Et alors le mot méchoukkad signifie un petit gobelet qui, par sa forme, rappelle en quelque sorte la moitié d'une petite graine d'amande. Mais de cette même racine vient le mot choked (du verbe lichkod), qui signifie travaillé avec application, exécuté avec soin.
Nous avons déjà dit que la gavia – c'est le réceptacle. Pour ne pas regarder dans un dictionnaire de botanique, ne pas chercher dans les manuels de botanique, on peut se représenter tout le tableau plus simplement. Imaginons que le réceptacle (gavia) ressemble à un petit gobelet de glace en gaufrette, en forme de cône, et que trois de ces petits gobelets soient emboîtés les uns dans les autres. Au-dessus, un petit bouton (kaftor), comme une boule de glace. Encore au-dessus – une petite fleur (péra'h), comme une petite fleur. Voilà l'aspect qu'a chacune des branches de la ménorah.
Pourquoi a-t-on soudain eu besoin de trois réceptacles pour chaque fleur ? Une fleur (si nous faisons une imitation de fleur) tient bien aussi sur un seul petit support de ce genre, sur un seul petit verre à pied de ce genre. Pourquoi avons-nous eu besoin de mettre notre glace d'un coup dans trois gobelets en gaufrette ? Eh bien, on peut inventer beaucoup de choses intéressantes avec le nombre trois. Mais on peut aussi ne pas le faire, parce que, Dieu merci, cela a déjà été fait avant nous. Le midrach dit : « Béni soit le SEIGNEUR, qui a donné une Écriture triple (c'est-à-dire la Torah, les Néviim et les Ktouvim), à un peuple triple (c'est-à-dire à un peuple composé de trois parties : d'Israël, des lévites et des kohanim), au troisième mois (après la sortie d'Égypte), au troisième jour (le troisième jour après la purification), par un troisième homme ». Le troisième homme – c'est Moché. Vous me demanderez : « De quelle manière est-il le troisième homme ? » Il est le troisième fils dans la famille : il y a Aharon, Miryam et le troisième – Moché. Ainsi, autour du Tanakh, le nombre trois figure à de nombreuses reprises, et le peuple d'Israël lui-même se compose de trois parties : d'Israël proprement dit, le simple peuple, des lévites, descendants de Lévi, et des kohanim, descendants d'Aharon au sein des lévites. Et on peut dire que chacune des branches représente le peuple d'Israël, comme trois réceptacles ou trois gobelets en gaufrette.
Revenons de nouveau au mot kaftor (petit bouton). On peut remarquer que, par ses petites lettres, il répète le mot kaporet (couvercle), dont nous avons déjà parlé en 25,17, et les deux notions, les deux mots ont effectivement des fonctions semblables. Premièrement, dans le kaftor se noue la semence, c'est-à-dire qu'il est lié au mariage, à la fécondation, et nous avons parlé dans le même sens du couvercle. Deuxièmement, dans le cas présent, le kaftor signifie aussi la frontière, le lieu de jonction du peuple d'Israël avec le Très-Haut, de sa présence devant le Très-Haut, dont la lumière descendra et se trouvera dans la ménorah. La ménorah avec ses lampes symbolise le peuple d'Israël, au-dessus duquel est présente la Chékhina, l'Esprit Saint, comme des langues de feu descendant sur le peuple. Et ainsi le kaftor dont nous parlons est lui aussi une sorte de point frontière, le lieu où Israël rencontre le Très-Haut.
וּבַמְּנֹרָה אַרְבָּעָה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים כַּפְתֹּרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ׃
ouvammenorá arba'á gevi'ím mechoukkadím kaftoréha oufra'héha
34 La ménorah elle-même (son pilier central) a elle aussi quatre de ces inflorescences.
Si nous montons le long du pilier, à l'endroit où le pilier se joint à la base – une inflorescence, et aux trois croisements, à l'endroit des trois ramifications, encore trois. Et à ce sujet, la suite :
וְכַפְתֹּר תַּחַת שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה וְכַפְתֹּר תַּחַת שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה וְכַפְתֹּר תַּחַת־שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה לְשֵׁשֶׁת הַקָּנִים הַיֹּצְאִים מִן־הַמְּנֹרָה׃
vekhaftór tá'hat chené hakkaním mimménna vekhaftór tá'hat chené hakkaním mimménna vekhaftór ta'hat-chené hakkaním mimménna lechéchet hakkaním hayotse'ím min-hammenora
35 Un bouton entre deux branches qui divergent, et un bouton entre deux branches qui divergent, et un bouton entre deux branches qui divergent, pour toutes les six branches.
C'est-à-dire que les six branches partent de trois croisements, entre eux il y a trois kaftors (boutons). Si nous disons que le kaftor est une sorte de lieu de jonction, un point de jonction, on peut dire une entrée pour un port USB ou pour une prise, alors on peut voir (et certains commentaires en parlent) que c'est l'endroit où l'on peut greffer à l'Arbre de vie d'autres branches aussi. C'est une possibilité de greffe, ce sont des points de greffe ouverts pour d'autres branches. C'est-à-dire que la ménorah, en principe, peut s'étendre ; ce qu'elle symbolise prévoit une extension.
כַּפְתֹּרֵיהֶם וּקְנֹתָם מִמֶּנָּה יִהְיוּ כֻּלָּהּ מִקְשָׁה אַחַת זָהָב טָהוֹר׃
kaftorehém ouknotám mimménna yihyoú koullá mikchá a'hát zaháv tahór
36 Tous ces boutons et toutes ces branches seront faits d'un seul morceau d'or entier.
Le Très-Haut répète de nouveau cet ordre. Bien que nous ayons lu une multitude de détails différents, et qu'il puisse nous sembler plus simple de prendre une sorte de Lego et de l'assembler – mais non, ce n'est pas plus simple. Tout doit être d'un seul morceau entier. Cela signifie ce qui suit : ce qui sera greffé, ce qui se joindra par l'entrée libre, deviendra lui aussi un seul tout avec la ménorah.
וְעָשִׂיתָ אֶת־נֵרֹתֶיהָ שִׁבְעָה וְהֶעֱלָה אֶת־נֵרֹתֶיהָ וְהֵאִיר עַל־עֵבֶר פָּנֶיהָ׃
ve'assíta et-nerotéha chiv'á vehe'elá et-nerotéha vehe'ír al-éver panéha
37 Et tu feras ses chandelles, sept, et tu élèveras ses chandelles, et tu éclaireras ce qui est devant elle.
Une autre variante de lecture : les lampes éclairent la lampe centrale, les trois lampes qui se trouvent sur les côtés éclairent ou dirigent leur lumière en direction de la lampe centrale.
וּמַלְקָחֶיהָ וּמַחְתֹּתֶיהָ זָהָב טָהוֹר׃
oumalka'héha ouma'htotéha zaháv tahór
38 Ses pinces (de la ménorah) et ses petites pelles – tout d'or pur.
כִּכָּר זָהָב טָהוֹר יַעֲשֶׂה אֹתָהּ אֵת כָּל־הַכֵּלִים הָאֵלֶּה׃
Kikkár zaháv tahór ya'assé otá et kol-hakkelím ha'élleLa translittération russe écrit le dernier mot sans le h de l'article ; nous suivons le texte hébreu : ha'élle.
39 D'un talent (kikkar) d'or pur fais-la, ainsi que tous ses accessoires.
Un talent ordinaire – c'est 37-39 kilogrammes. Le talent saint, celui du Temple, comme le disent certains commentateurs, est deux fois plus grand. C'est pourquoi nous pouvons dire que le poids de la ménorah est d'environ 78 kilogrammes d'or.
וּרְאֵה וַעֲשֵׂה בְּתַבְנִיתָם אֲשֶׁר־אַתָּה מָרְאֶה בָּהָר׃
our'é va'assé betavnitám acher-attá mor'é bahár
40 Et regarde, fais tout selon l'image, selon la ressemblance que tu as vue sur la montagne.
Une remarque très importante, elle est dite principalement à l'égard de la ménorah. Le Très-Haut a montré à Moché la ménorah sur la montagne. Donc, dans le temple non fait de main d'homme, il existe déjà, il « préexistait » déjà une ménorah non faite de main d'homme sous une telle image. Probablement, on ne pouvait la voir qu'avec les yeux de Moché, dans une vision prophétique. Et néanmoins cette image existait déjà là-bas. Nous ne parlons pas d'un dispositif créé à la hâte que le Très-Haut aurait inventé en chemin. Nous parlons de ce qui existait avant le don de la Torah. Cela nous ramène à la pensée que la ménorah symbolise l'Arbre de vie. Le kérouv qui garde l'Arbre de vie, et tout ce qui sera lié au Saint dans la Tente d'assignation – c'est la possibilité pour l'homme d'effectuer une sorte d'excursions au Paradis, d'excursions dans le monde d'avant la chute, afin de goûter un peu à cet état dans lequel demeurent les kohanim. C'est un ascenseur, une machine à remonter le temps, qui nous transporte au Paradis. Et on peut dire que là nous voyons l'Arbre de vie, qui se reflète à travers la ménorah. Il nous est donné la possibilité de ressentir symboliquement le monde avant qu'il ait changé, d'en rapporter dans les poumons un peu d'air, dans le cœur – un peu de chaleur. C'est ce que nous donne la ménorah, l'un des éléments, l'un des dons qui est donné à travers elle et à travers le Saint en général.
Mais je rappelle que ce ne sont que nos réflexions (comme je l'avais d'ailleurs prévenu au tout début). Il ne faut pas prendre cela comme l'unique vérité en dernière instance.
Nous avons terminé par là l'étude du chapitre 25 et nous passons au chapitre 26, dans lequel il sera question de l'agencement du Michkan (de la tente) proprement dit. Nous lirons à propos de différents matériaux, de la manière dont ils sont liés. Et si l'on n'entre pas dans la composante mystique (et la Torah ne nous dévoile pas la composante mystique), cela peut sembler une lecture ennuyeuse. Mais nous lirons tout de même et nous essaierons de comprendre un peu plus que ce qui est écrit. Donc, chapitre 26, verset 1 :
וְאֶת־הַמִּשְׁכָּן תַּעֲשֶׂה עֶשֶׂר יְרִיעֹת שֵׁשׁ מָשְׁזָר וּתְכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתֹלַעַת שָׁנִי כְּרֻבִים מַעֲשֵׂה חֹשֵׁב תַּעֲשֶׂה אֹתָם׃
ve'et-hammichkán ta'assé ésser yeri'ót chech mochzár outkhélet ve'argamán vetolá'at chaní kerouvím ma'assé 'hochév ta'assé otám
1.Le Michkan, fais-le de dix toiles d'un fil sextuple : de lin fin, et de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et des kérouvim fais (d'un travail habile de tisserand) sur elles.
Ici il y a quatre sortes de fils, dont chacun est plié six fois, c'est-à-dire une fibre de 24 fils, et c'est d'elle que sera tissée la toile. C'est une composante très intéressante. Là encore, on peut parler beaucoup du nombre 24 : selon certains calculs, selon certains systèmes des livres du Tanakh, il y a 24 heures dans une journéeLa phrase russe semble réunir deux idées, le nombre des livres du Tanakh selon certains calculs et les 24 heures d'une journée ; nous l'avons traduite littéralement.. C'est aussi une sorte de nombre intégral, qui définit un cycle achevé. Le peuple d'Israël se compose de beaucoup de gens différents, différents par leur nature, différents par leurs penchants. Et les heures dans une journée sont également différentes, et elles se réunissent en un seul jour, en un seul tout uni. C'est-à-dire que le Michkan est ce qui unit le différent en un, ce qui peut en quelque sorte relier les 24 heures de la journée en une seule et unique toile, une sorte de dépassement du temps. Et cela aussi, ce ne sont que des pensées.
Les kérouvim sur les toiles, il ne faut pas les broder, mais ma'assé 'hochev, deux mots. Ma'assé – œuvre, 'hochev – je pense. Ma'assé 'hochev, c'est une création ou un tissage habile. C'est-à-dire qu'il faut tisser les kérouvim sur ces toiles d'une manière particulière, ingénieuse.
אֹרֶךְ הַיְרִיעָה הָאַחַת שְׁמֹנֶה וְעֶשְׂרִים בָּאַמָּה וְרֹחַב אַרְבַּע בָּאַמָּה הַיְרִיעָה הָאֶחָת מִדָּה אַחַת לְכָל־הַיְרִיעֹת׃
órekh hayri'á ha'a'hát chemoné ve'esrím ba'ammá veró'hav arbáLa translittération russe inverse ici deux lettres du mot « quatre » ; nous suivons le texte hébreu : arbá. ba'ammá hayri'á ha'e'hát middá a'hát lekhol-hayri'ót
2 La longueur d'une toile, 28 coudées, et la largeur, 4 coudées pour une toile, une mesure pour toutes les toiles.
Nous considérons qu'une coudée, c'est environ 50 centimètres. C'est-à-dire qu'on obtient une longueur de 14 mètres et une largeur de 2 mètres. Et toutes les toiles sont identiques, toutes les dix. Lisons plus loin comment il faut les assembler :
חֲמֵשׁ הַיְרִיעֹת תִּהְיֶיןָ חֹבְרֹת אִשָּׁה אֶל־אֲחֹתָהּ וְחָמֵשׁ יְרִיעֹת חֹבְרֹת אִשָּׁה אֶל־אֲחֹתָהּ׃
'haméch hayri'ót tihyéna 'hoverót ichá el-a'hotá ve'haméch yeri'ót 'hoverót ichá el-a'hotá
3 Cinq toiles seront jointes l'une à l'autre, et cinq toiles seront jointes l'une à l'autre.
Ici, dans l'original, jointes l'une à l'autre – jointes comme une femme avec sa sœur (icha el-a'hota), puisque le mot toile (yeri'a) est en hébreu du genre féminin. C'est-à-dire qu'on obtiendra deux grands morceaux de tissu, dont chacun se compose de cinq toiles.
וְעָשִׂיתָ לֻלְאֹת תְּכֵלֶת עַל שְׂפַת הַיְרִיעָה הָאֶחָת מִקָּצָה בַּחֹבָרֶת וְכֵן תַּעֲשֶׂה בִּשְׂפַת הַיְרִיעָה הַקִּיצוֹנָה בַּמַּחְבֶּרֶת הַשֵּׁנִית׃
ve'assíta loule'ót tekhélet al sefát hayri'á ha'e'hát mikkatsá ba'hováret vekhén ta'assé bisfát hayri'á hakkitsoná bamma'hbéret hachenít
4 Et tu feras des boucles de tissu bleu au bord de la toile pour leur jonction, et fais-en au bord de l'autre toile pour la jonction.
חֲמִשִּׁים לֻלָאֹת תַּעֲשֶׂה בַּיְרִיעָה הָאֶחָת וַחֲמִשִּׁים לֻלָאֹת תַּעֲשֶׂה בִּקְצֵה הַיְרִיעָה אֲשֶׁר בַּמַּחְבֶּרֶת הַשֵּׁנִית מַקְבִּילֹת הַלֻּלָאֹת אִשָּׁה אֶל־אֲחֹתָהּ׃
'hamichím loula'ót ta'assé bayri'á ha'e'hát va'hamichím loula'ót ta'assé biktsé hayri'á achér bamma'hbéret hachenít makbilót halloula'ót ichá el-a'hotá
5 Cinquante boucles fais sur une pièce d'étoffe et cinquante boucles sur la pièce d'étoffe que l'on joint (là encore, les boucles comme une femme avec sa sœur).
וְעָשִׂיתָ חֲמִשִּׁים קַרְסֵי זָהָב וְחִבַּרְתָּ אֶת־הַיְרִיעֹת אִשָּׁה אֶל־אֲחֹתָהּ בַּקְּרָסִים וְהָיָה הַמִּשְׁכָּן אֶחָד׃
ve'assíta 'hamichím karsé zaháv ve'hibbartá et-hayri'ót ichá el-a'hotá bakkerassím vehayá hammichkán e'hád
6 Et tu feras cinquante crochets d'or, et joins les toiles l'une à l'autre avec ces crochets (agrafes), et ce sera un seul Michkan.
Nous faisons ainsi la toile principale – la paroi du Michkan.
וְעָשִׂיתָ יְרִיעֹת עִזִּים לְאֹהֶל עַל־הַמִּשְׁכָּן עַשְׁתֵּי־עֶשְׂרֵה יְרִיעֹת תַּעֲשֶׂה אֹתָם׃
ve'assíta yeri'ót izzím le'óhel al-hammichkán achte-esré yeri'ót ta'assé otám
7 Et tu feras des toiles en laine de chèvre pour la couverture (le toit) du Michkan, fais 11 toiles de ce genre.
אֹרֶךְ הַיְרִיעָה הָאַחַת שְׁלֹשִׁים בָּאַמָּה וְרֹחַב אַרְבַּע בָּאַמָּה הַיְרִיעָה הָאֶחָת מִדָּה אַחַת לְעַשְׁתֵּי עֶשְׂרֵה יְרִיעֹת׃
órekh hayri'á ha'a'hát chelochím ba'ammá veró'hav arbá ba'ammá hayri'á ha'e'hát middá a'hát le'achté esré yeri'ót
8 La longueur d'une toile, trente coudées (15 mètres), la largeur – quatre coudées (2 mètres), d'après une seule toile – la mesure pour toutes les 11 toiles.
וְחִבַּרְתָּ אֶת־חֲמֵשׁ הַיְרִיעֹת לְבָד וְאֶת־שֵׁשׁ הַיְרִיעֹת לְבָד וְכָפַלְתָּ אֶת־הַיְרִיעָה הַשִּׁשִּׁית אֶל־מוּל פְּנֵי הָאֹהֶל׃
ve'hibbartá et-'haméch hayri'ót levád ve'et-chéch hayri'ót levád vekhafaltá et-hayri'á hachichít el-moúl pené ha'óhel
9 Cinq d'entre elles, il les a jointes à part, et six, il les a jointes à part, et il a plié, replié la sixième toile devant l'entrée de la tente, afin que la moitié de la toile pende au-dessus de l'entrée de la tente.
וְעָשִׂיתָ חֲמִשִּׁים לֻלָאֹת עַל שְׂפַת הַיְרִיעָה הָאֶחָת הַקִּיצֹנָה בַּחֹבָרֶת וַחֲמִשִּׁים לֻלָאֹת עַל שְׂפַת הַיְרִיעָה הַחֹבֶרֶת הַשֵּׁנִית׃
ve'assíta 'hamichím loula'ót al sefát hayri'á ha'e'hát hakkitsoná ba'hováret va'hamichím loula'ót al sefát hayri'á ha'hovéret hachenítLa translittération russe se termine ici par quelques caractères sans signification ; la translittération française suit le texte hébreu.
10 Et tu feras cinquante boucles au bord de la toile extrême d'une pièce et cinquante boucles symétriquement à ce que tu feras sur l'autre toile.
וְעָשִׂיתָ קַרְסֵי נְחֹשֶׁת חֲמִשִּׁים וְהֵבֵאתָ אֶת־הַקְּרָסִים בַּלֻּלָאֹת וְחִבַּרְתָּ אֶת־הָאֹהֶל וְהָיָה אֶחָד׃
ve'assíta karsé ne'hóchet 'hamichím vehevetá et-La translittération russe contient ici, avant la fin de la ligne, un fragment de syllabe superflu ; la translittération française suit le texte hébreu.
hakkerassím balloula'ót ve'hibbartá et-ha'óhel vehayá e'hád
11 Et il a fait cinquante crochets de cuivre, et tu as inséré ces crochets dans les boucles, et tu as joint toute la tente, et elle est devenue un seul tout (elle n'est pas faite d'une seule pièce, mais elle est devenue un seul tout à partir du moment où tu l'as jointe).
Ici, pour les crochets, on n'utilise pas l'argent, mais le cuivre. Nous connaissons beaucoup de commentaires sur ce qu'est le cuivre, ce qu'est l'or, ce qu'est l'argent. Je me suis déjà un peu arrêté sur ce qu'est l'or (25,24). Quand nous voyons le mot né'hochet (cuivre), c'est avant tout l'association avec le mot na'hach (serpent) qui vient. Le mot léna'hech – c'est deviner, sentir, comprendre ; le mot ni'houch – c'est la prédiction, la pré-compréhension, la pénétration dans la profondeur des choses, la possibilité de prévoir. Si nous avons dit que dans la jonction des toiles du Michkan se produit une jonction (d'une certaine sorte) dans le temps, alors on peut dire que né'hochet (cuivre) – c'est une sorte de propriété de pénétration du temps. Et là où le temps disparaît, là on peut voir l'homme non tel qu'il est maintenant, mais tel qu'il est destiné pour le Royaume, tel que le Très-Haut l'a conçu. Et le rapprochement de l'homme de cette image est précisément, dans une large mesure, l'essence de la Tente d'assignation.
וְסֶרַח הָעֹדֵף בִּירִיעֹת הָאֹהֶל חֲצִי הַיְרִיעָה הָעֹדֶפֶת תִּסְרַח עַל אֲחֹרֵי הַמִּשְׁכָּן׃
veséra'h ha'odéf biri'ót ha'óhel 'hatsí hayri'á ha'odéfet tisrá'h al a'horé hammichkánDans la translittération russe, le dernier mot porte une syllabe en trop ; nous suivons le texte hébreu : hammichkán.
12 Et le reste (l'excédent) de la couverture supérieure de la tente, la moitié en trop de la largeur de la toile, pendra derrière le Michkan.
וְהָאַמָּה מִזֶּה וְהָאַמָּה מִזֶּה בָּעֹדֵף בְּאֹרֶךְ יְרִיעֹת הָאֹהֶל יִהְיֶה סָרוּחַ עַל־צִדֵּי הַמִּשְׁכָּן מִזֶּה וּמִזֶּה לְכַסֹּתוֹ׃
veha'ammá mizzé veha'ammá mizzé ba'odéf be'órekh yeri'ót ha'óhel yihyé saroúa'h al-tsiddé hammichkán mizzé oumizzé lekhassotó
13 D'une coudée d'ici et d'une coudée d'ici (c'est-à-dire un demi-mètre d'un côté et un demi-mètre de l'autre côté), l'excédent dans la longueur de la toile de la tente pendra sur les bords du Michkan de ce côté-ci et de ce côté-ci, pour le couvrir.
C'est-à-dire qu'il y aura encore un excédent sur la longueur du Michkan pour créer une couverture supplémentaire. L'agencement de la tente ne s'arrête pas là.
וְעָשִׂיתָ מִכְסֶה לָאֹהֶל עֹרֹת אֵילִם מְאָדָּמִים וּמִכְסֵה עֹרֹת תְּחָשִׁים מִלְמָעְלָה׃
ve'assíta mikhsé la'óhel orót elím me'oddamím oumikhsé orót te'hachím milmá'la
14 Et tu feras encore une couverture pour la tente en peaux de béliers teintes de pourpre et en peaux de ta'hachs par-dessus.
Nous lisons au sujet d'une couche supplémentaire de couverture en peau de bélier teinte de pourpre et en peau de l'animal-prodige ta'hach, qui est une « petite bête inconnue » : soit un dugong, soit une girafe, soit une créature spéciale à usage unique du Créateur.
Le premier parallèle qui vient à l'esprit à ce propos : le Très-Haut a fait des vêtements de peau pour l'homme après la chute, lorsque l'homme s'est senti nu. Lorsque l'homme entre dans la Tente d'assignation et sent que son impureté, son absence de sainteté, l'obscurité en lui est mise à nu, alors il est possible que cette peau par-dessus soit pour lui une protection et un rappel de ce qui s'est passé.
Nous terminons là l'étude de notre passage. Un texte très difficile, un texte aux sens très multiples, où même le pchat (sens simple) est extrêmement difficile à comprendre. Dans la mesure de mes forces, j'ai essayé d'expliquer, mais il faut relire cela, le réapprendre, le revoir, le dessiner dans son imagination et beaucoup réfléchir.
Une planchette, deux planchette
Chémot 26,15–25
Nous lisons les instructions détaillées que le Saint, béni soit-Il, donne par Moché au peuple d'Israël concernant l'agencement du Michkan. Donc, commençons à lire à partir du verset 15 du chapitre 26.
וְעָשִׂיתָ אֶת־הַקְּרָשִׁים לַמִּשְׁכָּן עֲצֵי שִׁטִּים עֹמְדִים׃
ve'assíta et-hakkerachím lammichkán atsé chittím omedím
15 Et fais des planches pour le Michkan, dressées debout, en bois d'acacia.
Prêtons attention au mot krachim (planches), qui au singulier sonnera comme kérech (planche). La racine kouf-rech-chin dans le mot kérech est la même que dans l'hébreu moderne. Elle indique le processus de coagulation ou de caillage du sang (krichat dam), et aussi la gélification. Par exemple, la gelée de viande (un plat traditionnel, mais que tout le monde n'aime pas) s'appelle en hébreu réguel-kroucha (pied gélifié). Voilà une racine inhabituelle, kouf-rech-chin. On peut dire qu'elle est liée au fait de donner une forme, à la conservation de l'intégrité de quelque chose, au durcissement, à la transformation de l'informe en ce qui a une forme. À propos de la racine kouf-rech-chin, on peut se rappeler aussi la préface du livre du Zohar. Il s'y trouve une histoire (c'est un midrach, une tradition) selon laquelle, de nombreux, nombreux siècles avant le don de la Torah, avant la création du monde, les lettres de l'alphabet, en commençant par la dernière lettre tav, venaient, se présentaient devant la face du Très-Haut, et chacune des lettres demandait que la Torah commence précisément par elle. Et naturellement, selon cet ordre, c'est la petite lettre chin qui est venue en deuxième. Et elle a dit : « SEIGNEUR, je conviens très bien pour créer de nouveau le monde, parce que par moi commence Ton nom Chaddaï, et, d'une manière générale, je suis belle en tout. Commence la Torah précisément par moi ». Le Très-Haut lui dit (rappelons-le, tout cela est un midrach, une tradition) : « Petite lettre chin, tu es vraiment une petite lettre remarquable, tu es belle en tout, mais à côté de toi il y a deux amis pas très bons : ce sont les petites lettres kouf et rech, voilà les voisins qui te sont échus. Ils t'ont prise en main et t'ont liée, et cela a donné kécher (lien, nœud) – remarquons, un mot avec la même racine kouf-chin-rech. – Et, ayant fait un lien avec toi, ils ont ouvert la possibilité que dans le monde apparaisse chéker (non-vérité, mensonge) » – de nouveau la même racine. Comme l'explique le Zohar, tout homme, quiconque veut dire un mensonge, y ajoute un élément de vérité. La lettre chin, petite lettre véridique, s'est trouvée nouée dans un lien avec les lettres kouf et rech, et ce lien sert de fondement au mensonge, à travers lui le mensonge entre pour ainsi dire dans le monde. Grâce à cette vérité qui est contenue dans la lettre chin, le mensonge vient au jour. Quand commencera le processus de l'intronisation du Très-Haut, quand le Très-Haut fera revenir les peuples, Il dira : « Je sifflerai, et à Mon sifflement, à Mon appel se rassembleront tous Mes fidèles, Je rassemblerai tout Mon peuple ». Dans la phrase Je sifflerai (Ani échrok), dans le mot échrok – encore une variante de la racine chin-rech-kouf. Et c'est par ce chrika (sifflement) que commencera la correction de la non-vérité, la révélation de la vérité. Et on peut dire que kérech (planche) – est aussi une variante de la mise en ordre du désordonné, de la transformation en forme de ce qui n'a pas de forme, comme aussi l'une des variantes de la correction du mensonge dans le monde. D'autant plus que la forme de la planche est un pilier droit, elle symbolise déjà par son aspect la droiture. Voilà ce qu'est ce mot kérech.
עֶשֶׂר אַמּוֹת אֹרֶךְ הַקָּרֶשׁ וְאַמָּה וַחֲצִי הָאַמָּה רֹחַב הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד׃
ésser ammót órekh hakkárech ve'ammá va'hatsí ha'ammá ró'hav hakkérech ha'e'hád
16 Dix coudées la longueur de la planche et une coudée et demie la largeur de la planche.
Nous avons dit que nous convertissons dans le système métrique sur la base d'un pour deux. Cinq mètres la longueur de la planche et soixante-quinze centimètres (une coudée et demie) la largeur de la planche. Ainsi, nous avons des planches de cinq mètres sur soixante-quinze centimètres. Mais ce n'est pas encore tout.
שְׁתֵּי יָדוֹת לַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד מְשֻׁלָּבֹת אִשָּׁה אֶל־אֲחֹתָהּ כֵּן תַּעֲשֶׂה לְכֹל קַרְשֵׁי הַמִּשְׁכָּן׃
cheté yadót lakkérech ha'e'hád mechoullavót ichá el-a'hotá ken ta'assé lekhól karché hammichkán
17 Deux tenons à chaque planche, qui la joignent l'une à l'autre ; fais ainsi avec toutes les planches dans le Michkan.
On peut se représenter ces deux tenons comme deux petits pieds en bas de chaque planche, qui, comme des pieds dans des bottes de feutre, s'insèrent dans des socles spéciaux, dont il sera question plus loin. Ils sont tous faits de la même manière.
וְעָשִׂיתָ אֶת־הַקְּרָשִׁים לַמִּשְׁכָּן עֶשְׂרִים קֶרֶשׁ לִפְאַת נֶגְבָּה תֵימָנָה:
ve'assita et-hakkerachímDans la translittération russe, deux consonnes du mot « planches » sont interverties ; nous suivons le texte hébreu : hakkerachím. lammichkán esrím kérech lif'át négba teymána
18 Et tu feras les planches pour le Michkan : vingt planches pour le côté sud.
Le mot sud, direction sud est rendu ici par deux mots. Le premier mot – néguev. Néguev – c'est ainsi que s'appelle le désert en Israël. Dans le pays d'Israël, dans le pays où vivaient les Pères, le désert du Néguev se trouve dans la partie sud, et ce mot est souvent utilisé aussi pour désigner tous les déserts, et pour la notion de « sud ». Le mot néguev vient du mot lénaguev (essuyer à sec), c'est-à-dire le désert comme un lieu qu'on aurait pour ainsi dire essuyé avec une serviette sèche, tout y est comme balayé. Le deuxième mot par lequel on désigne le sud – le mot teymana. Un mot intéressant, il a pour racine les petites lettres youd-mem-noun et signifie yamin (côté droit). Dans toutes les langues sémitiques, le côté droit – c'est, en règle générale, le sud. L'homme s'orientait (le mot orient dans beaucoup de langues signifie est) de cette manière : il se tenait le visage tourné vers l'est (kédem, kadima, devant), derrière lui était l'ouest (a'hor, derrière), à main gauche – le nord (tsafon) et à main droite – le sud (teyman, côté droit). En hébreu, la notion de main gauche ne s'est pas conservée comme direction du nord, mais dans beaucoup de langues sémitiques, y compris en arabe, on dit isna, c'est-à-dire à gauche. C'est un peu de géographie à l'intérieur de la Torah.
וְאַרְבָּעִים אַדְנֵי־כֶסֶף תַּעֲשֶׂה תַּחַת עֶשְׂרִים הַקָּרֶשׁ שְׁנֵי אֲדָנִים תַּחַת־הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד לִשְׁתֵּי יְדֹתָיו וּשְׁנֵי אֲדָנִים תַּחַת־הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד לִשְׁתֵּי יְדֹתָיו:
ve'arba'ím adne-khéssef ta'assé tá'hat esrím hakkárech chené adaním ta'hat-hakkérech ha'e'hád lichté yedotáv ouchné adaním ta'hat-hakkérech ha'e'hád lichté yedotáv
19 Et fais quarante socles d'argent sous vingt planches, deux socles sous chaque planche, sous deux tenons deux supports, sous chaque planche pour ses deux tenons.
Nous avons dit que chaque planche a deux tenons, ainsi les vingt planches ont quarante tenons, c'est-à-dire que sous vingt planches il faut faire quarante socles. Le mot adné signifie aujourd'hui pot coloré, mais il peut signifier aussi simplement socle. On pourrait se demander : pourquoi la Torah répète-t-elle tout cela encore et encore ? Pourquoi des descriptions répétitives ? Nous avons dit aussi que nous n'avons pas de plans. C'est pourquoi, pour qu'il soit plus facile de se le représenter, nous allons simplement lire cela. Et ceux qui le lisaient alors devaient le faire, le fabriquer d'après ces indications, et c'est pourquoi une instruction aussi détaillée leur est donnée.
וּלְצֶלַע הַמִּשְׁכָּן הַשֵּׁנִית לִפְאַת צָפוֹן עֶשְׂרִים קָרֶשׁ:
oultséla hammichkán hachenít lif'át tsafón esrím kárech
20 Et de l'autre côté du Michkan, du côté nord, aussi vingt planches.
C'est-à-dire vingt planches de soixante-quinze centimètres de largeur chacune : nous avons découvert, vous et moi, le secret de la longueur du Michkan – quinze mètres.
וְאַרְבָּעִים אַדְנֵיהֶם כָּסֶף שְׁנֵי אֲדָנִים תַּחַת הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד וּשְׁנֵי אֲדָנִים תַּחַת הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד:
ve'arba'ím adnehem kássef chené adaním tá'hat hakkérech ha'e'hád ouchné adaním tá'hat hakkérech ha'e'hád
21 Et quarante socles d'argent, deux socles sous une planche, et deux socles sous chaque planche.
וּלְיַרְכְּתֵי הַמִּשְׁכָּן יָמָּה תַּעֲשֶׂה שִׁשָּׁה קְרָשִׁים׃
oulyarketé hammichkan yámma ta'assé chichá kerachím
22 Et pour les cuisses (yarekh signifie littéralement cuisse) du Michkan du côté de la mer (du côté ouest), fais six planches.
וּשְׁנֵי קְרָשִׁים תַּעֲשֶׂה לִמְקֻצְעֹת הַמִּשְׁכָּן בַּיַּרְכָתָיִם:
ouchné kerachím ta'assé limkouts'ót hammichkán bayarkhatayim
23 Et place encore deux planches aux angles (de sorte qu'il y aura huit planches du côté ouest) du Michkan.
Au verset 24, nous lisons au sujet de ces deux piliers supplémentaires ou deux planches supplémentaires qu'il faut placer.
וְיִהְיוּ תֹאֲמִים מִלְּמַטָּה וְיַחְדָּו יִהְיוּ תַמִּים עַל־רֹאשׁוֹ אֶל־הַטַּבַּעַת הָאֶחָת כֵּן יִהְיֶה לִשְׁנֵיהֶם לִשְׁנֵי הַמִּקְצֹעֹת יִהְיוּ:
veyihyoú to'amím millemátta veya'hdáv yihyoú tammím al-rochó el-hattabbá'at ha'e'hát ken yihyé lichnehém lichné hammiktso'ót yihyoú
24 Et elles s'ajusteront (coïncideront, se toucheront) par le bas et ensemble elles se rejoindront en haut à un seul anneau ; il en sera ainsi pour les deux (planches), pour chaque angle il en sera ainsi.
C'est-à-dire que les planches extrêmes des côtés long et court du Michkan ne se touchent pas, mais il y a des piliers porteurs d'angle particuliers pour chacune des faces. Ils se touchent l'un l'autre, en haut ils sont reliés par un anneau et, en fait, ils portent sur eux toute la structure.
וְהָיוּ שְׁמֹנָה קְרָשִׁים וְאַדְנֵיהֶם כֶּסֶף שִׁשָּׁה עָשָׂר אֲדָנִים שְׁנֵי אֲדָנִים תַּחַת הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד וּשְׁנֵי אֲדָנִים תַּחַת הַקֶּרֶשׁ הָאֶחָד:
vehayou chemoná kerachím ve'adnehém késsef chichá assár adaním chené adaním tá'hat hakkérech ha'e'hád ouchné adanímLa translittération russe répète par erreur le mot « deux » à la fin du verset ; nous suivons le texte hébreu, où il n'apparaît pas à cet endroit. tá'hat hakkérech ha'e'hád
25 Et il y aura huit planches et seize socles d'argent, deux socles sous une planche, deux socles sous chaque planche.
Au verset 26, nous lisons comment il faut assembler tout cela en un seul tout.
וְעָשִׂיתָ בְרִיחִם עֲצֵי שִׁטִּים חֲמִשָּׁה לְקַרְשֵׁי צֶלַע־הַמִּשְׁכָּן הָאֶחָד׃
ve'assíta veri'hím atsé chittím 'hamichá lekarché tsela-hammichkán ha'e'hád
26 Et tu feras des traverses (des perches qui passent à travers toutes les ouvertures) d'acacia, pour un côté du Michkan tu feras cinq traverses.
En fait, ce sont trois grandes traverses. Celle du haut et celle du bas se composeront de deux perches, qui iront jusqu'au milieu, s'écarteront dans des directions différentes, et la perche centrale passera à travers toutes les planches.
וַחֲמִשָּׁה בְרִיחִם לְקַרְשֵׁי צֶלַע־הַמִּשְׁכָּן הַשֵּׁנִית וַחֲמִשָּׁה בְרִיחִם לְקַרְשֵׁי צֶלַע הַמִּשְׁכָּן לַיַּרְכָתַיִם יָמָּה:
ve'hamichá veri'hím lekarché tsela-hammichkán hachenit va'hamichá veri'hím lekarché tséla hammichkán layarkhatáyim yámma
27 Cinq traverses pour l'autre face du Michkan et cinq traverses pour le mur qui est du côté de la mer, à l'ouest.
C'est-à-dire que pour chacun des côtés du Michkan il faut faire cinq traverses. Elles sont disposées en trois rangées horizontales, celle du haut et celle du bas se composent de deux traverses, et celle du milieu va du début à la fin du mur, ce que nous lisons au verset 28 :
וְהַבְּרִיחַ הַתִּיכֹן בְּתוֹךְ הַקְּרָשִׁים מַבְרִחַ מִן־הַקָּצֶה אֶל־הַקָּצֶה׃
vehabberíya'h hattikhón betókh hakkerachím mavríya'h min-hakkatsé el-hakkatsé
28 Et la traverse du milieu, dans les planches, s'introduit d'un bout à l'autre (elle n'est pas divisée en deux traverses).
וְאֶת־הַקְּרָשִׁים תְּצַפֶּה זָהָב וְאֶת־טַבְּעֹתֵיהֶם תַּעֲשֶׂה זָהָב בָּתִּים לַבְּרִיחִם וְצִפִּיתָ אֶת־הַבְּרִיחִם זָהָב׃
ve'et-hakkerachím tetsappé zaháv ve'et-tabbe'otehém ta'assé zahav battím labberi'hím vetsippitá et-habberi'hím zahav
29 Et couvre les planches d'or, et fais leurs anneaux d'or, qui seront des boucles pour les traverses, et couvre d'or les traverses elles-mêmes.
וַהֲקֵמֹתָ אֶת־הַמִּשְׁכָּן כְּמִשְׁפָּטוֹ אֲשֶׁר הָרְאֵיתָ בָּהָר׃
vehakemotá et-hammichkán kemichpató achér hor'éta bahar
30 Et tu dresseras le Michkan selon l'agencement, selon le principe que tu as vu sur la montagne.
L'instruction continue
Chémot 26,31–27,8
Nous continuons à lire l'instruction détaillée que le Très-Haut, par Moché, donne au peuple d'Israël concernant l'agencement du Michkan.
וְעָשִׂיתָ פָרֹכֶת תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר מַעֲשֵׂה חֹשֵׁב יַעֲשֶׂה אֹתָהּ כְּרֻבִים׃
ve'assitá farókhet tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch mochzár ma'assé 'hochév ya'assé otá kerouvím
31 Et tu feras un voile de séparation de fils bleus, et pourpres, et écarlates, et de lin fin, tordus ensemble, d'un travail habile (d'une action sage, professionnel, complexe) de tisserand, qu'il fasse sur lui des kérouvim.
Si l'on traduit littéralement, le mot parokhet, c'est « séparatrice ». En hébreu, il existe un phénomène aussi inhabituel que les cellules de racines. Certaines racines de mots se regroupent en groupes selon le critère des deux premières lettres radicales. Et voilà, l'une des cellules les plus caractéristiques est formée par les racines qui commencent par les lettres pé-rech. Tous les mots hébreux dont les racines commencent par ces lettres sont liés à la séparation, au déchirement en parties, au déchirement en morceaux, au sciage et ainsi de suite. Par exemple : lifrok (séparer), lifros (découper, trancher), léfarek (diviser en parties, séparer dans l'espace), léhafria'h (déchirer, ouvrir comme une fleur, faire fleurir), lifrom (découdre) et ainsi de suite. Ainsi, lorsque nous voyons un mot tel que parokhet, nous devons tout de suite comprendre que son sens sera lié à la séparation.
Encore une propriété intéressante du mot parokhet. Nous avons parlé du couvercle de l'arche, qu'il s'appelle kaporet, et nous avons parlé aussi de l'un des ornements de la ménorah, qu'il s'appelle kaftor, et nous avons noté que ces deux mots se composent des mêmes lettres. Le mot parokhet se compose lui aussi des mêmes lettres. Si nous avons dit de la kaporet que c'est un lieu frontalier, un lieu de séparation, et si nous avons donné la même explication concernant l'ornement de la ménorah, ici la séparation est déjà tout simplement le sens direct du mot. Il y a un voile qui sépare, pour ainsi dire, un monde d'un autre.
Donc, il nous est commandé de faire un voile de séparation en fil à six brins de couleurs bleue, pourpre et écarlate et de l'orner de l'image de kérouvim. Mais non pas simplement les broder dessus, mais les tisser, appliquer sur lui d'une manière particulière l'image des kérouvim.
וְנָתַתָּה אֹתָהּ עַל־אַרְבָּעָה עַמּוּדֵי שִׁטִּים מְצֻפִּים זָהָב וָוֵיהֶם זָהָב עַל־אַרְבָּעָה אַדְנֵי־כָסֶף׃
venatattá otá al-arba'á ammoudé chittím metsouppím zaháv vavehém zaháv al-arba'á adne-khássef
32 Et tu le placeras sur quatre piliers en bois d'acacia, couverts d'or, avec des crochets d'or sur eux, dans quatre supports d'argent.
Ici ce ne sont plus des planches, mais des piliers, c'est pourquoi chaque pilier a son propre support d'argent en bas. Ce pilier est fait de bois d'acacia, lui-même est couvert d'or, et quant au mot vavéhem (leurs crochets), qui est employé ici, il n'est pas très clair où ils se trouvent. Certains disent que dans le pilier est creusée une cavité (qui rend son sommet semblable à un décapsuleur) de telle façon que dans cette encoche se pose une perche, et sur la perche, entre des encoches voisines, est placée une partie de la parokhet (de la tenture de séparation), c'est ainsi qu'elle est suspendue. D'autres disent qu'en haut ces piliers sont couronnés de crochets. Je rappelle que le mot vav (crochet) se compose de deux petites lettres vav, qui elles-mêmes ressemblent à des crochets.
Donc, il faut fixer ce voile sur quatre piliers faits de bois d'acacia et couverts d'or, dont chacun s'insère dans un socle d'argent, et en haut sur eux sont disposés des crochets, à l'aide desquels le voile est retenu.
וְנָתַתָּה אֶת־הַפָּרֹכֶת תַּחַת הַקְּרָסִים וְהֵבֵאתָ שָׁמָּה מִבֵּית לַפָּרֹכֶת אֵת אֲרוֹן הָעֵדוּת וְהִבְדִּילָה הַפָּרֹכֶת לָכֶם בֵּין הַקֹּדֶשׁ וּבֵין קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים׃
venatattá et-happarókhet tá'hat hakkerassím vehevetá chámma mibbét lapparókhet et arón ha'edoút vehivdilá happarókhet lakhém ben hakkódech ouvén kódech hakkodachím
33 Et tu placeras ce voile sous les crochets, et tu apporteras là, derrière le voile, l'Arche du témoignage, et ce voile sera pour vous une séparation entre le Saint et le Saint des Saints.
Il s'agit ici d'autres crochets, des crochets de cuivre de 25,11, par lesquels sont reliés les deux pans qui couvrent le Michkan. Comme nous nous en souvenons, pour la couverture du Michkan étaient destinés deux pans d'une longueur de 20 coudées chacun. Puisque la longueur du Michkan est de 30 coudées, la couverture du second pan faisait 10 coudées sur le toit et 10 coudées de longueur excédentaire pendaient derrière le mur du fond. Ainsi, si nous entrions dans le Michkan, nous verrions qu'à une distance de 20 amot (coudées) de l'entrée, en haut, il y a la jonction des deux pans sur les crochets de cuivre. Et c'est à ces crochets qu'est fixée aussi notre parokhet, et à son aide le tiers du fond du Michkan est séparé des deux tiers à l'entrée.
Et nous voyons enfin la confirmation définitive de ce que et la kaporet, et le kaftor, et la parokhet peuvent être compris comme des éléments frontaliers, comme des barrières frontalières entre le Saint et le Saint des Saints, entre le profane et le saint, comme la frontière entre les mondes.
וְנָתַתָּ אֶת־הַכַּפֹּרֶת עַל אֲרוֹן הָעֵדֻת בְּקֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים׃
venatattá et-hakappóret al arón ha'edoút bekódech hakkodachím
34 Et tu couvriras du couvercle (sur lequel sont les kérouvim) l'Arche du témoignage dans le Saint des Saints.
וְשַׂמְתָּ אֶת־הַשֻּׁלְחָן מִחוּץ לַפָּרֹכֶת וְאֶת־הַמְּנֹרָה נֹכַח הַשֻּׁלְחָן עַל צֶלַע הַמִּשְׁכָּן תֵּימָנָה וְהַשֻּׁלְחָן תִּתֵּן עַל־צֶלַע צָפוֹן׃
vesamtáLa translittération russe écrit le premier mot avec une syllabe de trop ; nous suivons le texte hébreu : vesamtá. et-hachoul'hán mi'hoúts lapparókhet ve'et-hammenorá nókha'h hachoul'hán al tséla hammichkán temána vehachoul'hán tittén al-tséla tsafón
35 Et toi, place la table hors du voile, et la ménorah – en face de la table, sur le côté sud du Michkan ; et la table sera sur le côté nord.
Eh bien, c'est d'ailleurs assez compréhensible, puisqu'ils sont l'un en face de l'autre. Outre le voile qui sépare le Saint du Saint des Saints, il faut en faire encore un, ce que nous lisons au verset 36.
וְעָשִׂיתָ מָסָךְ לְפֶתַח הָאֹהֶל תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר מַעֲשֵׂה רֹקֵם׃
ve'assíta massákh leféta'h ha'óhel tekhélet ve'argamán vetola'át chaní vechéch mochzár ma'assé rokém
36 Et toi, fais encore un voile, fais un rideau pour l'entrée de la Tente, de fil bleu, et pourpre, et écarlate, et de lin, entrelacés ensemble, ouvrage de brodeur.
וְעָשִׂיתָ לַמָּסָךְ חֲמִשָּׁה עַמּוּדֵי שִׁטִּים וְצִפִּיתָ אֹתָם זָהָב וָוֵיהֶם זָהָב וְיָצַקְתָּ לָהֶם חֲמִשָּׁה אַדְנֵי נְחֹשֶׁת׃
ve'assíta lammassákh 'hamichá ammoudé chittím vetsippitá otám zaháv vavehém zaháv veyatsaktá lahém 'hamichá adné ne'hóchet
37 Et fais pour le rideau cinq piliers de bois d'acacia, et couvre-les d'or, leurs crochets aussi d'or, et fais-leur cinq socles de cuivre.
Puisque le rideau de l'entrée ne se trouve pas là où il y a des structures porteuses (il est situé à l'extérieur), il tient sur cinq piliers, et comme ces piliers se tiennent hors du Michkan, ils ont un niveau de sainteté moindre et c'est pourquoi leurs socles sont de cuivre.
Et sur ce, nous terminons la lecture du chapitre 26, nous continuons à partir du verset 1 du chapitre 27.
וְעָשִׂיתָ אֶת־הַמִּזְבֵּחַ עֲצֵי שִׁטִּים חָמֵשׁ אַמּוֹת אֹרֶךְ וְחָמֵשׁ אַמּוֹת רֹחַב רָבוּעַ יִהְיֶה הַמִּזְבֵּחַ וְשָׁלֹשׁ אַמּוֹת קֹמָתוֹ׃
ve'assíta et-hammizbéa'h atsé chittím 'haméch ammót órekh ve'haméch ammót ró'hav ravoúa yihyé hammizbéa'h vachalóch ammót komató
1 Et tu feras l'autel de bois d'acacia, cinq coudées (2,5 mètres) de largeur et cinq coudées (2,5 mètres) de longueur, il sera carré, et trois coudées (1,5 mètre) sa hauteur.
Le mot mizbéa'h (autel) vient de la racine du mot zéva'h (sacrifice, offrir en sacrifice, abattre). De la même racine vient aussi le mot taba'h (cuisinier) ou téva'h, touvéa'h (bourreau) – c'est-à-dire celui qui abat. Le mot zéva'h signifie, au fond, l'abattage, toute victime que l'on abat. Et le mot mizbéa'h pourrait se traduire littéralement par abattoir, lieu d'immolation. Mais les sages donnaient au mot mizbéa'h une interprétation par l'abréviation מזבח : mem, la première lettre – mé'hila (pardon) ; zayin, la deuxième lettre – zkhout (mérite) ; bet, la troisième lettre – brakha (bénédiction) ; 'het, la quatrième lettre – 'hayim (vie). Ainsi les sages interprétaient que le mizbéa'h (autel) aide à obtenir le pardon des péchés.
Les commentateurs à qui il est difficile d'accepter une si petite taille de l'autel disent que trois coudées, c'est la hauteur de l'autel au-dessus de son piédestal. On considère qu'il y a encore un certain endroit sur lequel cet autel est dressé. Les prêtres doivent y monter, et au-dessus de ce piédestal même l'autel s'élève de 1,5 mètre. Il y a à ce sujet une controverse chez les sages.
וְעָשִׂיתָ קַרְנֹתָיו עַל אַרְבַּע פִּנֹּתָיו מִמֶּנּוּ תִּהְיֶיןָ קַרְנֹתָיו וְצִפִּיתָ אֹתוֹ נְחֹשֶׁת׃
ve'assíta karnotáv al arbá pinnotáv mimménnou tihyéna karnotáv vetsippitá oto ne'hóchet
2 Et tu feras ses cornes, tu les feras à ses quatre angles ; de lui-même seront faites les cornes, et tu le couvriras de cuivre.
Les cornes de l'autel servaient entre autres aussi à y attacher le bétail que l'on abattait, à y attacher la victime. Les cornes ne sont pas soudées, ne sont pas collées, ne sont pas vissées sur un filetage. Elles sont faites du même matériau que l'autel. Et de quoi est fait l'autel ? De planches d'acacia, de bois d'acacia.
Nous avons déjà parlé du sens du mot né'hochet (cuivre). L'un des sens du mot né'hochet que les commentateurs citent ici, c'est l'obstination. Par exemple, métsa'h né'houcha, c'est un front obstiné, un homme insolent, obstiné, à qui il est difficile de s'humilier. Et l'on peut dire que les sages voient cet autel comme une expiation pour le manque d'humilité, pour l'insolence, pour l'obstination dans l'opposition au Très-Haut.
וְעָשִׂיתָ סִּירֹתָיו לְדַשְּׁנוֹ וְיָעָיו וּמִזְרְקֹתָיו וּמִזְלְגֹתָיו וּמַחְתֹּתָיו לְכָל־כֵּלָיו תַּעֲשֶׂה נְחֹשֶׁת׃
ve'assíta sirotáv ledachenó veya'áv oumizrekotáv oumizlegotáv ouma'htotáv lekhol-keláv ta'assé ne'hóchet
3 Et tu feras des petites casseroles pour en ôter la cendre (et les restes de graisse qui ne brûle pas), et ses pelles, et ses aspersoirs, et ses fourches (ou fourchettes), et ses spatules, et tous ses instruments, tu les feras de cuivre.
Le mot ya'é est aussi utilisé en hébreu moderne et signifie pelle.
וְעָשִׂיתָ לּוֹ מִכְבָּר מַעֲשֵׂה רֶשֶׁת נְחֹשֶׁת וְעָשִׂיתָ עַל־הָרֶשֶׁת אַרְבַּע טַבְּעֹת נְחֹשֶׁת עַל אַרְבַּע קְצוֹתָיו׃
ve'assíta lo mikhbár ma'assé réchet ne'hóchet ve'assíta al-haréchet arbá tabbe'ót ne'hóchet al arbá ketsotáv
4 Et tu feras une partie de son revêtement en forme de grille de cuivre, et tu fixeras à cette grille quatre anneaux de cuivre à ses quatre angles.
Quand on essaie de reconstituer à quoi cela ressemblait, d'après certaines versions, l'autel était couvert en haut d'une sorte de grille – comme celles que l'on pose sur un barbecue, pour en soulever le charbon, pour séparer ses braises.
וְנָתַתָּה אֹתָהּ תַּחַת כַּרְכֹּב הַמִּזְבֵּחַ מִלְּמָטָּה וְהָיְתָה הָרֶשֶׁת עַד חֲצִי הַמִּזְבֵּחַ׃
venatattá otá tá'hat karkóv hammizbéa'h millemátta vehayetá haréchet ad 'hatsí hammizbéa'h
5 Et tu la placeras (la grille) sous le karkov, et cette grille sera jusqu'à la moitié de l'autel en hauteur.
Personne ne peut dire ce que signifie le mot karkov, il y a beaucoup de versions différentes. La racine kaf-rech-kaf est liée à l'enroulement, l'enveloppement, l'entrelacement avec quelque chose (d'ailleurs, en hébreu moderne, cela signifie corniche, rebord, bordure). On peut dire, comme le disent certains commentateurs, que l'enveloppe aussi, une partie de la paroi de l'autel, a une forme de grille, c'est-à-dire que sa paroi n'est pas pleine, pas uniforme, mais qu'une partie de celle-ci est une grille en bas.
וְעָשִׂיתָ בַדִּים לַמִּזְבֵּחַ בַּדֵּי עֲצֵי שִׁטִּים וְצִפִּיתָ אֹתָם נְחֹשֶׁת׃
ve'assíta vaddím lammizbéa'h baddé atsé chittím vetsippitá otám ne'hóchet
6 Et tu feras des barres pour l'autel, des barres de bois d'acacia, et tu les couvriras de cuivre.
וְהוּבָא אֶת־בַּדָּיו בַּטַּבָּעֹת וְהָיוּ הַבַּדִּים עַל־שְׁתֵּי צַלְעֹת הַמִּזְבֵּחַ בִּשְׂאֵת אֹתוֹ׃
vehouvá et-baddáv battabba'ót vehayoú habbaddím al-cheté tsal'ót hammizbéa'h bis'ét otó
7 Et tu introduiras les barres dans ses anneaux, et les barres seront des deux côtés de l'autel, quand on le portera.
La dernière remarque qui est faite au sujet de cet autel :
נְבוּב לֻחֹת תַּעֲשֶׂה אֹתוֹ כַּאֲשֶׁר הֶרְאָה אֹתְךָ בָּהָר כֵּן יַעֲשׂוּ׃
nevoúv lou'hót ta'assé otó ka'achér her'á otekhá bahár ken ya'assoú
8 Fais-le creux à l'intérieur ; comme Je te l'ai montré sur la montagne, ainsi fais-le.
C'est-à-dire que l'autel n'est pas fait d'une énorme souche d'acacia, mais il représente un cadre, il est creux à l'intérieur, vide.
Ici nous voyons de nouveau le témoignage que certains ustensiles du Temple ont été montrés à Moché sur la montagne pendant sa communication avec le Très-Haut, dans le monde d'en haut, dans le monde céleste. Par conséquent, ils y « préexistaient » à leur fabrication sur la terre.
Beaucoup de commentateurs disent : « Pourquoi est-il ordonné de faire cet autel creux ? Parce qu'il y a l'indication de faire l'autel de terre. » Nous faisons l'autel de terre en jouant, comme dans un bac à sable (il y avait de ces moules pour le bac à sable, pour qu'on puisse modeler avec le sable toutes sortes de figurines intéressantes, ou simplement se servir d'un seau – pas cher et efficace). Et voilà, à peu près selon le même principe, l'autel de terre est couvert d'un bel encadrement de bois et de cuivre. Et voilà, nous avons un tel autel de campagne, une fête du sacrifice, qui est toujours avec nous.
Comme nous l'avons déjà dit, le mot mizbéa'h est lié à la possibilité de l'expiation du péché, au pardon, à la justification, à la bénédiction et à la vie. Et, naturellement, c'est l'un des instruments les plus utiles dans le ménage. Qu'est-ce qui peut être plus utile ?
Nous avons dit que l'autel de terre est une sorte de symbole de la simplicité, et que le Très-Haut a ordonné de le faire justement ainsi afin d'éviter les fioritures, afin de se passer de toutes sortes d'ornements, sans or, sans platine et sans pierres précieuses. Et ici il est à propos de demander pourquoi donc tout à coup cet autel de terre doit être couvert de quelque chose ? Il faut se rappeler que nous parlons d'une autre situation. Quand l'homme pouvait venir, apporter au Très-Haut un sacrifice et avoir avec Lui une communication directe, c'était une situation. Mais une nouvelle situation est apparue, après que le peuple a renoncé à la communication directe avec le Très-Haut, après que le peuple a choisi la communication par des intermédiaires. C'est alors justement, pour cette médiation, comme l'expliquent ces mêmes commentateurs, qu'est apparu tout ce luxe. Mais il y a aussi l'opinion que cet autel n'a rien à voir du tout avec l'autel de terre, et qu'il s'agit de tout autre chose.
Là où est la clôture, là est la cour
Chémot 27,9–19
Avec ce passage, nous terminons, vous et moi, l'étude de la section hebdomadaire Térouma. Tout au long de la section, nous avons lu les instructions et les indications que le Très-Haut, par Moché, donne au peuple d'Israël concernant le Michkan. Il y a eu une description détaillée de pratiquement toutes ses parties. Comme tout palais, temple ou maison (à plus forte raison le Temple de la Sainteté), le Michkan devait avoir une cour, sans cela la construction n'est pas une construction. Et c'est pourquoi dans notre fragment nous allons lire la description de la manière dont doit être agencée la cour du Michkan.
וְעָשִׂיתָ אֵת חֲצַר הַמִּשְׁכָּן לִפְאַת נֶגֶב־תֵּימָנָה קְלָעִים לֶחָצֵר שֵׁשׁ מָשְׁזָר מֵאָה בָאַמָּה אֹרֶךְ לַפֵּאָה הָאֶחָת׃
ve'assíta et 'hatsár hammichkán lif'át negev-temána kela'ím le'hatsér chech mochzár me'á va'ammá órekh lappe'á ha'e'hat
9 Et tu feras la cour du Michkan : du côté sud, des filets pour la clôture de la cour, cent coudées (50 mètres) la longueur d'un côté.
C'est-à-dire que la clôture de la cour est faite de filets tressés de chéch mochzar (fil de lin retors). Le mot kéla (pl. kéla'im) signifie filet tressé ou tresse. Même la 'hala tressée pour le sabbat se dit aujourd'hui 'hala klou'a, tresser une natte aux fillettes se dit likloa tsama ; c'est-à-dire que kéla, c'est ce qui se tresse à partir de plusieurs éléments. En l'occurrence – un filet tressé pour la cour, c'est ainsi qu'il nous a été prescrit.
וְעַמֻּדָיו עֶשְׂרִים וְאַדְנֵיהֶם עֶשְׂרִים נְחֹשֶׁת וָוֵי הָעַמֻּדִים וַחֲשֻׁקֵיהֶם כָּסֶף׃
ve'ammoudáv esrím ve'adnehém esrím ne'hóchet vavé ha'ammoudím va'hachoukehém kássef
10 Il faut faire vingt piliers avec vingt socles de chaque côté ; les crochets en haut sur les piliers et les fils qui entourent les piliers doivent être d'argent.
Nous avons dit que les artisans fabriquaient un tenon en bas de chaque pilier, et il entrait dans une rainure qui était dans le socle, fait de métal (en l'occurrence de cuivre), et ainsi le pilier était fixé.
En outre, sur chaque pilier, en haut, il doit y avoir des vavé (crochets). La petite lettre vav ressemble elle-même à un crochet, et le mot vav signifie croc, crochet.
Le mot 'hachoukéhem est lié au mot assembler, encadrer, entourer, unir. En hébreu il y a le mot 'hichouk, qui signifie l'anneau (le cerceau) par lequel on cercle un tonneau. En l'occurrence, ce sont des rubans d'argent qui encadrent.
Donc, outre que chaque pilier se tient dans un socle de cuivre, il est encore orné d'un ruban d'argent, et il y a aussi sur lui, en haut, un crochet. Sur ces crochets il y avait des anneaux, dans les anneaux s'inséraient des poutres sur toute la longueur de 100 coudées (bien sûr, pas une seule poutre), auxquelles, comme des rideaux, était fixé le filet.
וְכֵן לִפְאַת צָפוֹן בָּאֹרֶךְ קְלָעִים מֵאָה אֹרֶךְ וְעַמְדּוּ (וְעַמּוּדָיו) עֶשְׂרִים וְאַדְנֵיהֶם עֶשְׂרִים נְחֹשֶׁת וָוֵי הָעַמֻּדִים וַחֲשֻׁקֵיהֶם כָּסֶף׃
vekhén lif'át tsafón ba'órekh kela'ím mé'a órekh ve'ammoudáv esrím ve'adnehém esrím ne'hóchet vavé ha'ammoudím va'hachoukehém kássef
11 Et de même pour le côté nord, fais le filet long de cent coudées (de nouveau 50 mètres), et sur toute cette longueur vingt piliers, et vingt socles, et les crochets et l'encadrement d'argent.
וְרֹחַב הֶחָצֵר לִפְאַת־יָם קְלָעִים חֲמִשִּׁים אַמָּה עַמֻּדֵיהֶם עֲשָׂרָה וְאַדְנֵיהֶם עֲשָׂרָה׃
veró'hav he'hatsér lif'at – yám kela'ím 'hamichím ammá ammoudehém assará ve'adnehém assará
12 Et la largeur de la cour du côté de la mer (c'est-à-dire du côté ouest) – cinquante coudées de filet tressé, sur dix piliers, sur dix socles.
וְרֹחַב הֶחָצֵר לִפְאַת קֵדְמָה מִזְרָחָה חֲמִשִּׁים אַמָּה׃
veró'hav he'hatsér lif'át kédma mizrá'ha 'hamichím ammá
13 Et la largeur de la clôture du côté oriental, cinquante coudées (c'est-à-dire 25 mètres).
Il en résulte que notre clôture fait 50x25 mètres, mais du côté est l'agencement de la clôture ne ressemble pas à ses autres parties, puisqu'il doit encore y avoir une entrée.
וַחֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה קְלָעִים לַכָּתֵף עַמֻּדֵיהֶם שְׁלֹשָׁה וְאַדְנֵיהֶם שְׁלֹשָׁה׃
va'haméch esré ammá kela'ím lakkatéf ammoudehém chelochá ve'adnehém chelochá
14 Quinze coudées de filet tressé d'un côté de la clôture, des piliers, trois, et des socles, trois.
וְלַכָּתֵף הַשֵּׁנִית חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה קְלָעִים עַמֻּדֵיהֶם שְׁלֹשָׁה וְאַדְנֵיהֶם שְׁלֹשָׁה׃
velakkatéf hachenít 'haméch esré kela'ím ammoudehém chelochá ve'adnehém chelochá
15 Et de l'autre côté aussi quinze coudées de filet tressé, trois piliers et trois socles.
C'est-à-dire que, si nous regardons l'entrée de la cour, nous verrons que sur le côté est de la clôture, à droite et à gauche des angles, il y a 15 coudées de chaque côté. Et combien fait en tout la largeur de notre cour ? 50 coudées, n'est-ce pas ? Il reste donc 20 coudées pour l'aménagement de l'entrée. Et au verset 16, nous lisons comment elle doit être aménagée.
וּלְשַׁעַר הֶחָצֵר מָסָךְ עֶשְׂרִים אַמָּה תְּכֵלֶת וְאַרְגָּמָן וְתוֹלַעַת שָׁנִי וְשֵׁשׁ מָשְׁזָר מַעֲשֵׂה רֹקֵם עַמֻּדֵיהֶם אַרְבָּעָה וְאַדְנֵיהֶם אַרְבָּעָה׃
oulchá'ar he'hatsér massákh esrím ammá tekhélet ve'argamán vetolá'at chaní vechéch mochzár ma'assé rokém ammoudehém arba'á ve'adnehém arba'á
16 Et comme porte de la cour – un rideau, d'une longueur de vingt coudées (ou 10 mètres), de tissu bleu, et de pourpre, et de tissu écarlate, et de lin, de fils tordus ensemble, ouvrage de brodeur, quatre piliers et quatre socles.
Le rideau est fait des mêmes matériaux que les autres voiles, mais avec une petite différence : tekhélet (tissu bleu), argamán (pourpre), tolá'at chaní (tissu écarlate), chéch mochzár (tissu de lin), et voici la différence : ma'assé rokém – ouvrage de brodeur. Si auparavant (26,31) nous lisions ma'asse 'hochév, c'est-à-dire ouvrage d'un artisan habile (tisserand), ici – ouvrage de brodeur. En l'occurrence, les ornements sur ce tissu, sur ce rideau, ne doivent pas être tissés, mais brodés. Les commentateurs disent que sur eux devaient être brodés les mêmes kérouvim que sur les autres voiles.
Et la Torah nous répète, nous donne une instruction générale :
כָּל־עַמּוּדֵי הֶחָצֵר סָבִיב מְחֻשָּׁקִים כֶּסֶף וָוֵיהֶם כָּסֶף וְאַדְנֵיהֶם נְחֹשֶׁת׃
kol-ammoudé he'hatsér savív me'houchakím késsef vavehém kássef ve'adnehém ne'hóchet
17 Tous les piliers de la cour sont ornés d'un cercle d'argent, et les crochets sont en argent, et leurs socles – de cuivre.
Nous n'avons pas encore parlé du mot intéressant késsef (argent). En hébreu moderne, il signifie monnaieLe russe a un mot pour l'argent, le métal, et un autre pour l'argent, la monnaie ; là où l'auteur oppose les deux, nous rendons le second par « monnaie ».. Eh bien, autrefois déjà, la monnaie était associée à l'argent, d'où l'expression amour de l'argent, mais ce n'est pas l'amour du métal, c'est l'amour de la monnaie. Le désargenté, ce n'est pas celui qui n'a pas de bijoux en argent, mais celui qui n'a pas de monnaie. Le mot késsef est lié au mot lehikassef (désirer ardemment), convoiter, obtenir ce que l'on désire. Quel en est le fond ? L'argent en lui-même n'est utile à personne. Si vous vous retrouvez avec un million, un milliard, un billion de dollars et que vous vous retrouvez sur Mars, sur une île déserte, dans l'espace, vous ne ferez rien avec cet argent. L'argent est un instrument pour obtenir ce que l'on désire dans la société, c'est un potentiel qui ne se réalise pas sans que quelqu'un y soit intéressé, sans entrer en interaction avec les autres. C'est-à-dire qu'on peut dire que késsef, c'est obtenir ce que l'on désire dans l'interaction avec les autres, l'union des efforts pour obtenir ce que l'on désire. Si, d'un côté, l'argent (plus exactement, la passion de l'argent) sépare les gens, au niveau de késsef comme aspiration à la réalisation d'un désir, il doit justement œuvrer à l'union des gens. Et c'est là l'une des significations de la notion de késsef.
אֹרֶךְ הֶחָצֵר מֵאָה בָאַמָּה וְרֹחַב חֲמִשִּׁים בַּחֲמִשִּׁים וְקֹמָה חָמֵשׁ אַמּוֹת שֵׁשׁ מָשְׁזָר וְאַדְנֵיהֶם נְחֹשֶׁת׃
órekh he'hatsérDans la translittération russe, ce mot commence par un « g » au lieu du « h » de la lettre hé ; nous suivons le texte hébreu : he'hatsér. me'á va'ammá veró'hav 'hamichím ba'hamichím vekomá 'haméch ammót chech mochzár ve'adnehém ne'hóchet
18 La longueur de la cour – cent coudées, et l'espace de la cour – cinquante sur cinquante, et la hauteur de l'enceinte – cinq coudées, un filet tressé de fil à six brins, et les socles de cuivre.
On veut dire que sur une partie de la cour se tient le Michkan (bien que la construction elle-même soit plus petite, mais devant, et derrière, et sur les côtés il y avait un espace libre), et il occupe une surface de 50x50 coudées, c'est la moitié de la cour. Et la cour restante a aussi une surface de 50x50 coudées. Il faut ériger le Michkan dans la partie ouest de la cour, alors la largeur et la longueur de la moitié est, vide, seront égales. C'est-à-dire que la partie qui se trouve à l'entrée fera 50 x 50 coudées.
לְכֹל כְּלֵי הַמִּשְׁכָּן בְּכֹל עֲבֹדָתוֹ וְכָל־יְתֵדֹתָיו וְכָל־יִתְדֹת הֶחָצֵר נְחֹשֶׁת׃
lekhól kelé hammichkán bekhól avodató vekhol-yetedótav vekhol-yitdót he'hatsér ne'hóchet
19 Et pour tous les ustensiles de la cour du Michkan, dans tous ses travaux, et tous ses piquets, chaque piquet de la cour est fait de cuivre.
C'est-à-dire que, lorsque nous lisons ici que cela concerne tout le Michkan, par le sens cela concerne précisément la cour. C'est-à-dire que tout l'outillage du Michkan qui sert pour la cour est fabriqué en cuivre.
Attention : sainteté !
Notre section hebdomadaire commence par ceci : le Très-Haut ordonne à Moché de parler au peuple d'Israël et de leur dire : « Prenez pour Moi une térouma (offrande) ».
Plus l'humanité existe, plus l'expression pour moi acquiert de significations. Comment un homme ordinaire comprend-il l'expression pour moi, comment puis-je la comprendre ? Pour moi, cela veut dire à mon intention, pour l'amour de moi. Mais comment peut-on donner quelque chose au Très-Haut, à qui, de toute façon, tout appartient sans aucun doute ? À quoi Lui sert une quelconque térouma de ma part ?
L'un des commentateurs de la Torah qui font le plus autorité nous donne une indication et dit : « Pour Moi signifie en Mon Nom ». « Que signifie en Mon Nom ? » demanderez-vous. En Mon Nom – cela signifie pour l'amour de Mon nom, pour le service envers Moi. C'est-à-dire que nous donnons cette offrande pour la sainteté du Très-Haut, d'un cœur pur, et pour ce qui est saint, pour la construction d'une demeure pour le Très-Haut. Ce qu'est cette demeure et quelle importance cela a pour nous, nous en parlerons encore. Mais la compréhension principale, la plus importante, qu'il y a dans ces mots : en Mon Nom, c'est pour la sainteté du Très-Haut. C'est-à-dire que nous donnons l'offrande dans la sainteté, d'un cœur tout à fait sincère, « chacun, comme son cœur le donnera ». C'est très important : donner selon le cœur, non par désir de se faire valoir devant quelqu'un, non du bout des lèvres, non pour que les gens disent du bien de nous, ou non pour que les gens ne pensent pas de mal de nous, mais donner ces offrandes sincèrement, par amour pour le Très-Haut.
Nous savons qu'aujourd'hui, dans l'Église, beaucoup de pasteurs vivent des offrandes. Et c'est juste, parce qu'ils sont des serviteurs de ce qui est saint. Mais cela a aussi un autre côté. Quiconque mange de la térouma, mange ce qui est consacré non dans la sainteté, mourra de mort. C'est-à-dire qu'il faut traiter ces offrandes avec la sainteté qui convient. Elles ne doivent pas seulement être données dans la sainteté, mais aussi être reçues dans la sainteté. Et l'exigence est très grande. Aujourd'hui, bien sûr, grâce à la miséricorde, le système de châtiments prévu par la Torah n'est pas en vigueur, mais le sérieux même de l'attitude envers ce qui est consacré doit se faire sentir.
Un autre aspect de cette phrase par laquelle commence notre section hebdomadaire, c'est le mot prenez. Que signifie : prenez pour Moi une offrande ? Pourquoi n'est-il pas dit : « Donnez-Moi une offrande » ? Nous vivons dans ce monde, nous prenons souvent quelque chose, nous nous efforçons d'accumuler, et chacun veut voir un chiffre aussi élevé que possible sur son compte bancaire. Nous voulons voir notre maison pleine de toutes sortes de biens, et tout cela est merveilleux et bon. Mais nous devons en même temps nous souvenir que, bien qu'il n'y ait pas de péché dans ce que nous avons ici, une bonne vie, une vie confortable pour le service, ce qui sera vraiment nôtre dans l'éternité, c'est ce que nous avons donné aux autres, ce que nous avons offert pour ce qui est saint.
Et nous en voyons un exemple chez Yéchoua, qui dit au jeune pharisien qui s'était approché de Lui. (Vous savez, on parle souvent de ce jeune homme, il est devenu littéralement l'objet de toutes les conversations. On dit de lui : « Voilà quel mauvais jeune homme ». Et il est devenu un mauvais exemple dans beaucoup de sermons). Donc, ce jeune homme, qui était riche, s'approcha de Yéchoua et Lui demanda : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Je voudrais que mes enfants recherchent précisément cette question. Le jeune homme n'a pas demandé comment gagner un million. Le jeune homme n'a pas demandé comment devenir encore plus riche ? Le jeune homme s'est approché du Maître et Lui a posé la question dont nous vivons tous, la question la plus importante de la vie : « Comment obtenir la vie éternelle ? » Yéchoua lui a dit qu'en réalité seulement ce que tu donneras, seulement là où tu mettras ton trésor, là aussi sera ton cœur. Le jeune homme a trébuché là-dessus. Et, bien sûr, on peut le condamner pour cela. Mais si nous regardons dans notre propre cœur, comment nous agirions : sommes-nous tous prêts à tout donner pour hériter la vie éternelle, alors peut-être que pour beaucoup d'entre nous la réponse à cette question ne sera pas si évidente. Nous aimons souvent nos biens, il y a beaucoup de choses dont il nous serait pénible de nous séparer.
Ainsi donc, il n'y a rien de mal à vivre richement, à vivre dignement, à vivre dans le confort. Mais nous devons nous souvenir que ce confort est le confort de notre vie temporaire ici, et nous ne devons pas oublier de prendre soin du confort de notre vie dans l'éternité. Prenez pour Moi une térouma – cela signifie que, vraiment, dans l'éternité nous ne prendrons avec nous que ce que nous avons donné aux autres, donné pour une œuvre sainte. Non pas simplement dilapidé, cela ne veut pas dire qu'il faut simplement sortir dans la rue et jeter l'argent à tout vent. Et il y a cette parole des sages : « Que la pièce de l'aumône transpire dans ta main », c'est-à-dire ne te hâte pas de la donner. En cela non plus il ne faut pas de précipitation, tout doit être accompli dans la sainteté. Mais ce que nous avons donné dans la sainteté, cela reste avec nous pour toujours.
Nous voyons dans notre section hebdomadaire de très nombreuses dimensions. Dieu donne les dimensions pour différentes toiles, pour le coffre ; dans le texte russe, on traduit ce mot par arche. Arche, c'est un mot si élevé, alors que le texte hébreu se sert du mot simple coffre – c'est simplement un coffre dans lequel on porte certaines choses (de ce coffre nous parlerons encore). Mais le Très-Haut donne les dimensions pour toutes les choses. Et chez beaucoup, cela aussi soulève une question : « Pourquoi le Dieu Omnipotent, Élevé, transcendantal, insondable s'occupe de telles bagatelles ? » Mais si nous regardons comment est agencé notre Univers, comment, dans leur ensemble, toutes sortes d'organismes, toutes sortes de petits éléments coexistent dans cet Univers, nous verrons que, en retirant de cet Univers une petite brique insignifiante, en déplaçant d'un millième l'une des grandeurs constantes, des constantes en physique, nous verrons que l'Univers cessera d'exister. Tout l'Univers, toute la vie est possible grâce aux données extrêmement précises que le Très-Haut a déposées dans cet Univers. C'est sur cette précision que repose la vie. Et à plus forte raison quand il s'agit de la Tente d'assignation, de l'instrument de la relation entre l'homme et le Très-Haut. Imaginez seulement quel but élevé a cet instrument. Et c'est pourquoi le Très-Haut nous dit les dimensions exactes. Ce n'est pas, pour ainsi dire, la précision des dimensions qui compte ici, mais le fait que l'observance des commandements et le service du Très-Haut doivent s'accomplir scrupuleusement, avec exactitude jusque dans les détails. Nous pouvons dire : « Et là, nous avons coupé au plus court, et là, nous avons raccourci quelque chose. » Mais non, le Très-Haut ajuste Ses commandements au millimètre près. Le Talmud dit : « Le Très-Haut surveille les justes et exige des comptes des justes à un cheveu près. » C'est-à-dire qu'il suffit de dévier du cap d'un cheveu, et tu n'es déjà plus là où tu vas. Et par la miséricorde du Très-Haut, le repentir nous ramène sur le cap, mais une déviation d'un cheveu, c'est déjà une déviation. Il faut être très attentif envers soi-même.
Un élément très important du Temple, c'est le voile (parokhet). Dans le milieu messianique contemporain, on aime dire que le mot parokhet vient de la racine sémitique pé-rech-kaf, qui signifie écraser, serrer, briser. Et en effet, une telle racine existe, mais le mot parokhet a une signification plus ancienne, il est bien plus ancien que la langue moderne de la Michna et même que la langue du Tanakh. Il vient d'une racine akkadienne, elle aussi pé-rech-kaf, qui signifie fermer, cacher, dérober aux regards : les couvertures qui dérobent aux regards le Saint des Saints.
L'Épître aux Hébreux dit que Yéchoua nous a manifesté le Saint des Saints à travers le voile, c'est-à-dire à travers Son corps. Le fait est que (selon la mystique juive, selon les conceptions juives de l'ordre du monde) notre corps, et en général le monde matériel, c'est un voile qui dérobe aux regards le Très-Haut. La particularité de Yéchoua, Sa différence et d'avec les anges et d'avec tout autre être dans l'Univers, c'est qu'Il nous a révélé le Divin à travers Son voile. Comme Il l'a dit lui-même à Son propre sujet : « Celui qui M'a vu, celui-là a vu le Père. » Et il ne s'agit pas seulement de cela, mais du fait que sur nous aussi repose un tel commandement : nous aussi, à travers notre voile, devons révéler le Créateur.
L'Épître aux Hébreux dit que nous avons une espérance, comme une ancre accrochée dans le Saint des Saints. C'est-à-dire, imaginez que notre âme est un navire qui, par son ancre, s'est accroché au Saint des Saints. Et nous tirons, nous ramons, nous ramons vers ce Saint des Saints, en élevant notre âme à un niveau de plus en plus haut, en grandissant et en nous approchant de la révélation du Très-Haut en nous. Ce n'est pas ce que nous avons déjà, c'est ce que nous aurons. Dans le Talmud, Rabbi Yo'hanan dit qu'il y a trois couronnes : la couronne autour de l'autel, la couronne autour de la table et la couronne autour de l'arche. La couronne autour de l'autel, Aharon l'a prise ; la couronne autour de la table, David l'a prise (nous nous souvenons des pains) ; la couronne autour de l'arche – elle est accessible à tous, qui veut vient et la prend. C'est un grand mystère. Nous pouvons, en ayant cette ancre dans le Saint des Saints, monter et nous élever, afin que dans notre corps, comme dans la Tente d'assignation, à travers notre voile, à travers le voile de notre corps, se révèle le Saint des Saints. En ce sens, le corps symbolise le voile dans le Temple. Non seulement le corps du Machia'h, mais aussi notre corps doit être ainsi.
L'auteur de l'Épître aux Hébreux ne parle manifestement pas de la déchirure du voile, car au chapitre 9 il parle justement de l'entrée derrière le voile. C'est-à-dire que notre âme, derrière son propre voile, s'élève vers le haut et fait descendre sur la terre, en elle-même, le Saint des Saints. Et cela, comme tout phénomène dans ce monde, est une arme à double tranchant. Le même Talmud dit que le mot zer (couronne) s'écrit parfois comme le mot zar (étranger). Le Talmud dit : « Si l'homme a mérité, ce sera pour lui une couronne ; s'il n'a pas mérité, il en est rendu étranger, il en est retranché. » Imaginez combien c'est terrible, ce qui peut nous arriver si nous nous approchons du Saint des Saints de manière indigne, si nous proclamons que nous sommes saints, alors qu'en réalité nous ne sommes pas saints.
De nouveau, dans notre section hebdomadaire, nous voyons que le Très-Haut ordonne de revêtir l'arche d'or à l'intérieur et à l'extérieur. Pourquoi l'arche n'est-elle pas faite d'or pur ? Ce serait riche, digne du Roi des rois. L'or est un matériau magnifique, mais il a un défaut : l'or ne peut pas croître. L'arbre, par sa nature, croît. Le bois est pris de cette matière qui possédait la propriété de croissance, et c'est pourquoi en nous, en chacun, comme dans l'arche, est déposée la propriété de croissance. Et le revêtement d'or à l'intérieur comme à l'extérieur – à quoi sert-il ? À l'extérieur, c'est compréhensible, à l'extérieur tout le monde regarde. Mais pourquoi revêtir l'intérieur ? C'est pourquoi le Talmud dit que tout disciple dont l'état intérieur ne correspond pas à l'extérieur n'est pas un disciple. Nous pouvons proclamer la sainteté autant que nous voulons, faire pour la galerie certaines bonnes actions, mais si notre intérieur contredit cela, alors nous sommes des disciples indignes. C'est pourquoi l'arche est revêtue d'or à l'extérieur et à l'intérieur et possède un potentiel de croissance.
Et c'est exactement pareil avec le voile qu'est notre corps : notre Saint des Saints intérieur croît comme un arbre, et il peut atteindre, faire descendre le Saint des Saints sur la terre. Mais cela ne doit pas simplement être proclamé, simplement dit, que voilà, nous sommes saints parce que Dieu a envoyé Son Fils, et que Son Fils est mort pour nous. La sainteté est un potentiel, c'est ce qui doit se révéler en nous. Comment elle se révélera en nous, cela dépend de nous. Et de même : combien de lumière nous manifestons, combien il y a en nous de ténèbres qui empêchent la lumière de se révéler – cela aussi dépend de nous. Mais grand est le danger d'être des menteurs, d'entrer dans le Saint des Saints avec un cœur impur.
Et de nouveau le Talmud commente la phrase (tout le début de la section hebdomadaire Michpatim) : « Voici la Torah que Moché a posée devant les fils d'Israël. » Nous avons déjà parlé du mot sam (du verbe lassim, poser) : Moché, comme un serveur, propose la Torah aux Juifs, Moché sert les Juifs, pose devant eux la Torah. L'homme peut la prendre ou ne pas la prendre. Le Talmud dit que le mot sam est aussi, pour ainsi dire, médicament, remède, potion. « Si l'homme a mérité, – dit le Talmud, – cela signifie qu'il a reçu la potion de vie ; s'il n'a pas mérité, il a reçu la potion de mort – un poison, comme l'eau vive et l'eau morte. »
Que signifie a mérité dans ce cas ? Le mot a mérité (zakha) vient du mot transparence : l'homme doit devenir transparent comme un cristal, c'est-à-dire se débarrasser de toute ténèbre en lui, pour être digne de la couronne, digne d'entrer dans le Saint des Saints. Et c'est pourquoi l'auteur de l'Épître aux Hébreux parle d'espérance, et nous ramons vers le Saint des Saints, après y avoir jeté l'ancre.
Le mot ramer en hébreu, c'est la'htor. Ce mot est utilisé depuis longtemps comme métaphore pour l'expression aspiration à quelque chose. En hébreu on dit : « Ani 'hoter le » – « J'aspire à quelque chose ». Je me souviens que mon épouse, qui est née en Israël et dont le russe n'est pas la langue maternelle, en discutant avec un frère, lui a dit : « Je comprends vers où tu rames. » Mais lui-même n'a pas compris vers où il ramait, parce que c'est une expression hébraïque, elle existe en hébreu depuis longtemps et est entrée dans la langue parlée d'aujourd'hui. L'auteur de l'Épître aux Hébreux dit que nous ramons vers le Saint des Saints et que nous avons une ancre jetée là-bas, puisque nous avons un lien avec le Machia'h, qui y est entré avec le sang. Quand nous ramons, quand nous croissons, comme le bois dans l'arche, il est très important que notre intérieur corresponde à notre extérieur, que nous ne fassions pas que proclamer notre croissance, que nous ne fassions pas que parler de notre propre sainteté, parce que l'homme dont l'intérieur ne correspond pas à l'extérieur est appelé répugnant. Le Talmud, s'appuyant sur le livre de Job, emploie le mot nit'av – abject. Et aussi, à propos, dans le livre de Michleï il est dit que « l'insensé (ksil) veut acquérir la sagesse, mais de cœur il n'en a pas ». De quoi s'agit-il ? De ce qu'il faut pour avancer dans la Torah. Avant la sagesse, il faut la crainte de Dieu. Le fondement de la sagesse, c'est la crainte de Dieu. Si nous n'avançons pas avec cette crainte de Dieu même, si nous faisons des dons non dans la sainteté, recevons des dons non dans la sainteté, étudions non dans la sainteté et enseignons non dans la sainteté, alors malheur à nous.
Mais il y a en cela aussi de la miséricorde. De nouveau, les sages conseillent et disent : « Que l'homme étudie la Torah non pas au nom du Très-Haut, car par cela il parviendra à l'étude au nom du Très-Haut. » Il nous est donné de croître. On ne nous tue pas immédiatement pour le moindre mensonge qui se découvre en nous, car autrement nous n'aurions même pas de vie. Il y a la miséricorde du Très-Haut envers nous, et nous devons accepter cela comme une miséricorde. Et nous pouvons croître, grandir et transformer cet intérieur en quelque chose de semblable à l'extérieur, afin que nous ne soyons pas abjects devant le Très-Haut, afin de ne pas L'attrister, afin d'éclairer les gens, afin d'enseigner la Torah aux gens, d'amener les gens au Très-Haut dans la pureté et la sainteté.
Que Dieu nous donne d'accomplir cette mission et de comparaître devant Lui, afin qu'Il soit content de nous, et que Sa miséricorde, une miséricorde infinie, se révèle au-dessus de nous, car, en s'approchant de la sainteté, on ne peut compter que sur la miséricorde.
Que la miséricorde du Très-Haut soit avec vous, et que Dieu nous approche tous de la sainteté dans la crainte, et le tremblement, et dans l'immense amour infini du Très-Haut envers nous. Et que notre amour aussi se révèle et croisse envers le Très-Haut.
Nous construisions, construisions
Dans notre section hebdomadaire, le Très-Haut donne à Israël l'ordre de construire le temple. C'est une sorte de temple mobile pour le désert, à proprement parler une tente. Et les sages se posent la question : quand exactement cet ordre a-t-il été donné ? Le livre du Zohar dit que l'ordre a été donné aussitôt après le don de la Torah, c'est-à-dire que cela s'est produit encore avant que soit commis le péché du veau d'or. Le deuxième avis est exprimé par le commentateur médiéval Rachi, qui dit que le commandement a été donné le Jour du Jugement, c'est-à-dire après le péché du veau d'or. Il y a encore un troisième avis, présenté par Nahmanide : Moché a reçu ce commandement avant le péché du veau d'or, mais l'a donné au peuple seulement après. Nahmanide dit que cela est arrivé parce que Dieu a pardonné au peuple, lui a donné les secondes tables et a conclu avec le peuple une nouvelle alliance. Et le peuple est revenu à une vie normale et à de bonnes relations avec Dieu. Et alors Moché a compris que la Présence divine serait au milieu du peuple, et c'est pourquoi il leur a ordonné de faire la Tente d'assignation, comme cela lui avait été confié au début.
Quand nous réfléchissons à ces trois avis, nous pouvons les mettre en regard de trois états d'Israël, de trois états de l'homme croyant. Selon le premier avis (d'après lequel ce commandement a été donné aussitôt après le don de la Torah), tous les Juifs étaient des justes. Selon le deuxième avis (qu'il a été donné après Yom Kippour), il se trouve que les Juifs étaient dans un état de repentir. Et selon le troisième avis, le commandement a été donné alors que les Juifs étaient encore dans l'état de pécheurs.
Quand l'homme croyant se trouve au degré le plus élevé, quand il est juste, il peut penser qu'il n'a plus besoin de rien dans le monde physique. La justice lui donne une certaine grâce, et il lui semble qu'il n'y a plus rien à faire dans le monde, qu'aucune action physique n'est nécessaire. Mais pour lui retentit le commandement du chapitre 25 du livre de Chémot : « Ils Me feront un sanctuaire, et J'habiterai avec eux », c'est-à-dire que même le juste absolu doit prendre en main des objets physiques et faire une demeure physique pour Dieu.
Qu'arrive-t-il à l'homme qui se repent ? Il peut lui sembler que tous ses malheurs viennent de ce monde physique, que ce monde est la source de sa chute, et il a envie de fuir ce monde le plus loin possible, pour ne pas subir d'échec, pour ne pas tomber de nouveau. Mais à un tel croyant aussi, et à un tel Juif, on dit qu'il doit construire le Michkan.
Le troisième type d'homme, le troisième type d'état – l'état des pécheurs. C'est l'état de l'homme qui a proclamé l'alliance, mais seulement de la bouche, et qui ne suit pas l'alliance. Le Très-Haut dit à un tel homme (au psaume 50,16) : « Tu parles de Mes lois. Pourquoi prends-tu Mon alliance dans ta bouche ? » C'est-à-dire que le Très-Haut porte une accusation contre l'homme et, dans le psaume, adresse ces paroles au méchant. Mais même le péché du veau d'or n'annule pas la nécessité de construire le temple. On peut se poser la question : comment peut-il se faire qu'un méchant, un impie construise le temple ? Et à ce sujet le Talmud rapporte cette parole imagée du Très-Haut : « Qu'ils M'abandonnent même, pourvu qu'ils gardent la Torah ». C'est-à-dire que tant que l'homme étudie la Torah, tant qu'il est plongé dans la Parole de Dieu, même si c'est avec hypocrisie, cette lumière de la Torah peut ramener l'homme sur le chemin de la sainteté. C'est pourquoi, même à ce niveau, le commandement sur la nécessité de construire le sanctuaire demeure.
Et c'est pourquoi nous pouvons dire que les trois avis ont un certain fondement spirituel. Et l'une des destinations de la Tente d'assignation, c'est d'unir les gens, d'unir tout le peuple. On peut dire ainsi qu'Israël, qui est sorti d'Égypte, n'avait pas de symbole commun. Et, en lui donnant un tel symbole, le Très-Haut a choisi que ce ne soit pas quelque bête puissante. C'est Lui-même qui devait devenir un tel symbole, la maison de Sa demeure.
Cette arche d'alliance portative, certains commentateurs l'appelaient « Patrie portative », la Patrie qui est toujours avec le peuple d'Israël. La véritable condition d'État d'Israël, le véritable royaume d'Israël réside justement dans la Tente d'assignation. C'est-à-dire que, quand le peuple est uni et aspire dans cette unité à la sainteté, quand le Michkan est bâti et fonctionne, et que le Très-Haut habite dans la Tente d'assignation, alors le royaume d'Israël existe véritablement. Peut-être est-ce justement de cela que Yéchoua parlait : « Mon royaume n'est pas de ce monde ». Sur nous règne le Très-Haut, et, bien que nous vivions dans ce monde, nous devons tourner toutes les affaires de notre monde vers le Très-Haut. Le Roi nous ordonne d'agir dans ce monde, nous devons Lui soumettre ce monde, mais Son royaume n'est pas de ce monde. Justement en régnant sur ce monde, le Roi Lui-même ne se trouve pas dans ce monde. Et c'est le principe d'action, le principe sur lequel la Tente d'assignation existe, et c'est à cela qu'est appelée la communauté des croyants. C'est-à-dire que c'est une tâche pratique pour chaque homme croyant.
Haftara. 1 Mélakhim 5,26–6,13
Notre section hebdomadaire Térouma raconte comment Moché a commencé l'édification de la Tente d'assignation dans le désert sur l'ordre du Très-Haut. Et avec notre section hebdomadaire on lit un passage qui raconte comment le roi Chlomo a construit le Temple. Nous lirons dans le premier livre de Mélakhim, du verset 26 du chapitre 5 jusqu'au verset 13 du chapitre 6. Mais, avant que nous commencions à lire, il est nécessaire de faire une certaine préface historique.
Ainsi donc, comme le Très-Haut l'avait promis, Chlomo est doté de sagesse. La renommée de sa sagesse se répand dans le monde entier, et, à quelque sage qu'on le compare, Chlomo se révèle plus sage. Les rumeurs selon lesquelles le fils de David s'est assis sur le trône et qu'il est sage et grand parviennent jusqu'au roi de Tsor (somme toute, un voisin pas si lointain, c'est l'actuel Liban) nommé 'Hiram. 'Hiram envoie une délégation pour établir des relations amicales avec Chlomo, et Chlomo lui propose une coopération. Chlomo aussi envoie une délégation à 'Hiram et lui dit : « Tu sais bien que David, mon père, voulait tant construire le Temple, mais à cause des opérations militaires il n'a pas pu le faire. Et maintenant voici, j'ai l'intention de construire une Maison pour le SEIGNEUR. Toi, en tant que roi d'un pays qui s'occupe de livraisons de bois, en tant que roi de la région la plus boisée des environs, ordonne de couper pour moi des cèdres du Lévanon, et mes serviteurs seront avec tes serviteurs, et je te donnerai pour tes serviteurs le salaire que tu fixeras, car tu sais qu'il n'y a chez nous personne qui sache couper les arbres comme les Tsidoniens ». Eh bien, en effet, en Israël, qui ne se distingue pas par l'abondance de ses forêts, il n'y a pas un grand nombre de bûcherons, de bûcherons professionnels, comment pourrait-on se mesurer aux Tsidoniens. Le roi 'Hiram, roi de Tsor, entend cela, se réjouit beaucoup et il dit : « J'ordonnerai à mes ouvriers de couper le bois et de le faire flotter en radeaux (c'est, en principe, la manière dont on fait flotter le bois aujourd'hui encore) là où tu diras. Toi, tu le ramasseras là-bas, et à moi tu donneras seulement des vivres pour ma maison ». Et Chlomo, il faut le dire, donnait généreusement des vivres pour la maison de 'Hiram. Nous lisons (5,25) que Chlomo donnait 20 mille kor (1kor=100 omer), 20 mille mesures de blé ; c'est comme le blé de deux mille mètres carrés, une énorme quantité de blé. Et encore 20 kor d'huile, c'est-à-dire 4400 litres d'huile d'olive chaque année, telles étaient les livraisons annuelles. Chlomo donnait pratiquement un tiers de ce qu'il récoltait lui-même pour sa maison. Cette union a tenu assez longtemps, jusqu'à ce qu'en Israël commencent des problèmes de vivres et que Chlomo ne puisse plus y tenir. Voilà quelle union il y avait entre eux, et c'est l'arrière-plan, et maintenant nous pouvons commencer à lire le passage prophétique.
וַיהוָה נָתַן חָכְמָה לִשְׁלֹמֹה כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר־לוֹ וַיְהִי שָׁלֹם בֵּין חִירָם וּבֵין שְׁלֹמֹה וַיִּכְרְתוּ בְרִית שְׁנֵיהֶם׃
vadonáy natán 'hokhmá lichlomó ka'achér dibber-ló vayhi chalóm ben 'hirám ouvén chelomó vayikhretoú verít chenehém
26 Et le SEIGNEUR dota Chlomo de sagesse, comme cela lui avait été promis, et il y eut la paix entre 'Hiram et Chlomo, et ils conclurent une alliance l'un avec l'autre.
Peut-être était-ce une sorte de traité commercial. Certains commentateurs disent que Chlomo a épousé la fille de 'Hiram. À ce sujet il y a beaucoup de midrachim différents, de traditions, mais on peut dire que le sens simple du Tanakh dit qu'ils se sont liés d'une solide amitié.
וַיַּעַל הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה מַס מִכָּל־יִשְׂרָאֵל וַיְהִי הַמַּס שְׁלֹשִׁים אֶלֶף אִישׁ׃
vayá'al hammélekh chelomó mas mikkol-yisraél vayhi hammas chelochím élef ich
27 Et le roi Chlomo imposa une corvée à tout le peuple d'Israël, et cette corvée était de 30 mille hommes.
Le peuple devait fournir 30 mille hommes. Bien que 'Hiram ait poliment refusé les services d'ouvriers israélites, Chlomo envoie tout de même (et en nombre non négligeable) des ouvriers au Liban. Peut-être parce qu'il ne veut pas dépendre exclusivement des cadeaux du roi de Tsor, peut-être pour d'autres raisons connues de lui seul, mais la magnanimité de 'Hiram, qui a dit : « Je ferai tout moi-même », ne convient pas à Chlomo.
וַיִּשְׁלָחֵם לְבָנוֹנָה עֲשֶׂרֶת אֲלָפִים בַּחֹדֶשׁ חֲלִיפוֹת חֹדֶשׁ יִהְיוּ בַלְּבָנוֹן שְׁנַיִם חֳדָשִׁים בְּבֵיתוֹ וַאֲדֹנִירָם עַל־הַמַּס׃
vayichla'hém levanóna asséret alafím ba'hódech 'halifót 'hódech yihyou vallevanón chenayim 'hodachím bevetó vaadonirám al-hammas
28 Et il les envoyait au Liban, dix mille par mois, à tour de rôle : chacun d'eux était un mois au Liban et deux mois à la maison. Adoniram veillait à ce que la corvée soit observée correctement.
C'est-à-dire que ces gens travaillaient par roulement, selon le principe : un mois nous travaillons – deux mois nous restons à la maison, 10 mille étaient envoyés au Liban, 20 mille étaient en réserve, c'est ainsi qu'ils se relayaient. Adoniram, c'est le nom d'un homme, il dirigeait toute cette affaire. Adoniram ben Avda, l'homme qui était responsable des impôts et sous le roi David, et sous Chlomo, et sous son fils Ré'havam. Dans la tradition juive il y a un débat : était-il Israélite ou Cananéen ? Pourquoi un tel doute surgit-il ? Parce que le système même de la corvée n'existait pas en Israël avant David, et il y a cette idée que, quand David a eu besoin d'organiser la corvée, il a fait appel à un spécialiste cananéen. Mais il y a aussi un autre avis : il est tout à fait possible, comme chez Lomonossov, « de propres Platons et des Neftons (Newtons) vifs d'esprit », c'est-à-dire ses propres spécialistes, Israël aussi pouvait les enfanter, et c'est pourquoi Adoniram pouvait tout à fait être aussi Israélite. Après la mort du roi Chlomo, son fils Ré'havam a mené des négociations avec les tribus du nord, avec le royaume d'Israël (qui n'était pas encore devenu le royaume d'Israël), et le peuple a exigé que les impôts soient réduits. Ré'havam a refusé de réduire les impôts, et, comme toutes ces négociations passaient par Adoniram, il a été tué par une foule indignée du peuple. Tel est le destin de cet homme.
Ici nous lisons qu'il dirigeait les ouvriers qui accomplissaient la corvée, c'est-à-dire qu'il dirigeait un projet assez grand. Mais il s'est trouvé que, peut-être parce que quelqu'un ne lit pas très bien le Tanakh, ou peut-être parce que quelqu'un aime beaucoup la mythologie, Adoniram est entré dans l'histoire aussi en dehors de la Bible et est devenu une autorité chez des gens aussi étonnants que les francs-maçons. Les francs-maçons considèrent qu'Adoniram se trouvait aux origines de leur mouvement. Ils disent qu'il était le fils d'une certaine femme, une veuve de la lignée des néfilim (c'est-à-dire, imaginez, de la lignée de ces géants mêmes !), et souvent les francs-maçons eux-mêmes s'appelaient « enfants de la veuve ». Et c'est justement Adoniram, en tant que grand maître, connaisseur étonnant de tous les arts et de l'architecture, qui était occupé à la construction du Temple. Seul un tel homme pouvait le faire, parce que le Temple est un micromodèle du monde, et son architecte doit être initié à tous, tous les mystères de l'univers. Les francs-maçons racontent qu'Adoniram a divisé tous les ouvriers en trois degrés d'initiation, trois échelons de consécration. Au plus bas – les apprentis, un peu plus haut – les compagnons et ensuite – les maîtres. Et chacun d'eux recevait un salaire conformément à sa guilde, conformément à son rang. Pour recevoir le salaire accessible à son rang, il fallait dire les mots du mot de passe, et les mots du mot de passe étaient « Yakhin, Bo'az, Hachem ». Yakhin et Bo'az, ce sont les colonnes de cuivre que Chlomo a placées à l'entrée du Temple, et Hachem – eh bien, c'est compréhensible, c'est le nom du SEIGNEUR. On raconte que les ouvriers, menés par l'envie, l'ignorance, l'hypocrisie, dans une tentative d'arracher le mot de passe de la guilde la plus haute, ont ourdi une intrigue et ont tué Adoniram, il est mort d'une mort de martyr. On l'a tué soit avec un compas, soit avec un marteau – bref, avec quelque chose parmi ces objets qui sont aujourd'hui les symboles du mouvement maçonnique. Mais il est ressuscité, et, à proprement parler, c'est par là, aussi étrange que cela paraisse, que commence la mythologie maçonnique.
C'était un petit coin d'histoire de la franc-maçonnerie pour élargir l'horizon et pour comprendre jusqu'où on peut aller si l'on invente des biographies aux personnages bibliques. Très probablement, cela n'a aucun rapport avec la véritable biographie d'Adoniram – rien de ce que racontent les francs-maçons. Mais bien sûr : voilà un homme mentionné, et sur sa biographie il est dit peu de chose, et on peut coller quelque mythologie commode à la biographie de cet homme. Des tours mythologiques semblables ont été faits avec Malki-tsédek, 'Hanokh, Yitro et avec beaucoup d'autres, et chaque fois cela donne une secte à part et une histoire à part.
וַיְהִי לִשְׁלֹמֹה שִׁבְעִים אֶלֶף נֹשֵׂא סַבָּל וּשְׁמֹנִים אֶלֶף חֹצֵב בָּהָר׃
vayhi lichlomó chiv'ím élef nossé sabbál ouchmoním élef 'hotsév bahár
29 Et Chlomo avait encore 70 mille porteurs et 80 mille tailleurs de pierre, qui taillaient les pierres dans les montagnes.
לְבַד מִשָּׂרֵי הַנִּצָּבִים לִשְׁלֹמֹה אֲשֶׁר עַל־הַמְּלָאכָה שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים וּשְׁלֹשׁ מֵאוֹת הָרֹדִים בָּעָם הָעֹשִׂים בַּמְּלָאכָה׃
levád missaré hannittsavím lichlomó achér al-hammelakhá chelochét alafím ouchlóch meót harodím ba'ám ha'ossím bammelakhá
30 Et tout cela sans compter les 3 300 chefs que Chlomo avait établis pour surveiller le travail, pour diriger d'une main dure le peuple qui exécutait ces travaux.
Dans le mot harodim (d'une main dure) est employée la racine reich-dalet-hé, qui signifie dominer durement, tyranniser ; de cette même racine vient aussi le mot rodan (dictateur). C'est-à-dire qu'au-dessus de ces 70 mille porteurs et 80 mille tailleurs de pierre, au-dessus de ces 150 mille travailleurs, il y avait encore 3300 surveillants, qui veillaient durement à l'ordre. Ici il faut s'arrêter et prendre le temps de s'étonner : 150 mille personnes sur le chantier – c'est un projet énorme. En Union soviétique, au plus fort de la construction de la ligne Baïkal-Amour en 1938, bien des siècles plus tard, travaillaient aussi 150 mille détenus. D'une manière ou d'une autre, la construction du Temple est un projet grandiose, qui, apparemment, n'a pas été si facile pour le peuple.
וַיְצַו הַמֶּלֶךְ וַיַּסִּעוּ אֲבָנִים גְּדֹלוֹת אֲבָנִים יְקָרוֹת לְיַסֵּד הַבָּיִת אַבְנֵי גָזִית׃
vaytsáv hammélekh vayassioú avaním gedolót avaním yekarót leyasséd habbáyit avné gazít
31 Et le roi ordonna, et on apporta des pierres grandes, des pierres coûteuses, pour poser avec des pierres taillées le fondement de la Maison.
וַיִּפְסְלוּ בֹּנֵי שְׁלֹמֹה וּבֹנֵי חִירוֹם וְהַגִּבְלִים וַיָּכִינוּ הָעֵצִים וְהָאֲבָנִים לִבְנוֹת הַבָּיִת׃
vayifseloú boné chelomó ouvoné 'hiróm vehaggivlím vayakhínou ha'etsím veha'avaním livnót habbáyit
32 Et les Fils de Chlomo, et les fils de 'Hiram, et les Guivolites s'occupaient du travail final de la pierre, et ils préparaient les arbres, et ils préparaient les pierres pour la construction de la Maison.
Étonnante formule que celle-ci – les fils de Chlomo et les fils de 'Hiram. Il est clair que ce ne sont pas leurs enfants, mais, apparemment, ce sont leurs élèves, c'est-à-dire ceux qu'ils ont formés, les maîtres les plus forts, les plus proches, de l'Académie des beaux-arts. Et, en plus d'eux, les Guivolites, des professionnels du travail de la pierre.
C'est la fin du chapitre 5, et nous continuerons à lire à partir du verset 1 du chapitre 6.
וַיְהִי בִשְׁמוֹנִים שָׁנָה וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה לְצֵאת בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ־מִצְרַיִם בַּשָּׁנָה הָרְבִיעִית בְּחֹדֶשׁ זִו הוּא הַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי לִמְלֹךְ שְׁלֹמֹה עַל־יִשְׂרָאֵל וַיִּבֶן הַבַּיִת לַיהוָה׃
vayhi vichmoním chaná ve'arbá meót chaná letsét bene-yisraél me'erets-mitsráyim bachaná harevi'ít be'hódech ziv hou ha'hódech hachení limlókh chelomó al-yisraél vayivén habbáyit ladonáy
1 Et il advint, en l'an 480 après la sortie des fils d'Israël du pays d'Égypte, en la quatrième année du règne de Chlomo, au mois de ziv, le deuxième mois, et il bâtit (ici on peut traduire aussi par commença à bâtir) la Maison pour le SEIGNEUR.
Ici il faut s'arrêter et faire une remarque. Il y a quelques noms de mois, anciens comme on a coutume de dire, qui sont employés dans le Tanakh, comme, par exemple, ici ziv, ou à un autre endroit boul, ou étanim. Et beaucoup disent : « Voilà, voilà ici les traces d'un nom de mois prébabylonien ». Mais il faut reconnaître qu'il y a un hic. Chaque fois que ces mêmes noms de mois anciens, prétendument ancestraux et authentiques, sont mentionnés, leur numéro est mentionné avec eux ; il est nécessaire d'expliquer quel mois c'est : c'est le deuxième mois, c'est le huitième mois, c'est le septième mois. Pourquoi cela ? Très probablement parce qu'en ces années-là prévalait le calendrier régional phénicien, et c'est pourquoi le nom du mois est donné en phénicien, et, pour que ce soit compréhensible pour le lecteur juif, on ajoute son numéro.
וְהַבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה לַיהוָה שִׁשִּׁים־אַמָּה אָרְכּוֹ וְעֶשְׂרִים רָחְבּוֹ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתוֹ׃
2 Et la Maison que le roi Chlomo bâtit (ou bâtissait) pour le SEIGNEUR – soixante coudées sa longueur, et vingt coudées sa largeur, et trente coudées sa hauteur.
Si l'on regarde, il semble que ce n'est pas un si grand bâtiment : 30 mètres sur 10 mètres et d'une hauteur de 15 mètres, ce n'est pas du tout un bâtiment grandiose, même selon les critères anciens, et c'est pourquoi les dimensions qui sont données ici, bien sûr, laissent perplexe. Ce qui est évident, c'est que ce ne sont pas les dimensions extérieures, ici on entend les dimensions de la partie intérieure du bâtiment. Pourquoi est-ce que je dis cela ? Parce que nous savons que même l'envergure des ailes des kérouvim était plus grande (6,23–27). C'est pourquoi, si nous étudions correctement les dimensions, nous comprendrons qu'il s'agit ici des dimensions intérieures de la maison. Mais, quoi qu'il en soit, cette question reste une énigme pour les commentateurs, pour ceux qui essaient d'étudier. Tant de bois apporté du Liban, tant d'ouvriers ont travaillé sur ce chantier – et voilà un tel résultat (par les dimensions), qui, comme je l'ai déjà dit, laisse perplexe. C'est pourquoi il y a un avis selon lequel, peut-être, il y a ici d'autres étalons métriques. Il est difficile de dire quoi que ce soit, et l'énigme reste une énigme.
וְהָאוּלָם עַל־פְּנֵי הֵיכַל הַבַּיִת עֶשְׂרִים אַמָּה אָרְכּוֹ עַל־פְּנֵי רֹחַב הַבָּיִת עֶשֶׂר בָּאַמָּה רָחְבּוֹ עַל־פְּנֵי הַבָּיִת׃
vehaoulám al-pené hekhál habbáyit esrím ammá orkó al-pené ró'hav habbáyit ésser ba'ammá ro'hbó al-pené habbáyit
3 Et la partie de devant (le vestibule) devant la salle du Temple, longue de vingt coudées, correspondant à la largeur de la Maison, et large de dix coudées devant la Maison.
Commence la description du Temple de Chlomo – et comment il est construit, et l'abondance de termes architecturaux et de dimensions, et tout l'aménagement intérieur du Temple. Ce qu'on pourrait rendre sur un dessin de façon belle et claire, il est difficile de le faire dans une description sobre, et (je m'excuse d'avance) cela peut paraître ennuyeux.
וַיַּעַשׂ לַבָּיִת חַלּוֹנֵי שְׁקֻפִים אֲטֻמִים׃
vayá'as labbáyit 'halloné chekoufím atoumím
4 Et il fit pour la Maison des fenêtres transparentes.
Le mot atoum signifie qui se ferme hermétiquement, hermétique ; certains traduisent atoumim par grillagées, mais il est difficile de l'accepter. C'est-à-dire des fenêtres qui ne s'ouvrent pas, peut-être, transparentes, en bon verre, pour que beaucoup de lumière entre dans la maison. Il faut ajouter que la transparence d'une fenêtre n'est pas du tout évidente pour cette époque. Pour que les fenêtres correspondent vraiment au mot chékoufim (chakouf – transparent), il fallait se donner de la peine et se procurer ou fabriquer du verre de la qualité voulue, ce qui n'est pas à la portée de chacun, ni de ses forces ni de sa bourse.
וַיִּבֶן עַל־קִיר הַבַּיִת יָצוֹעַ )יָצִיעַ( סָבִיב אֶת־קִירוֹת הַבַּיִת סָבִיב לַהֵיכָל וְלַדְּבִיר וַיַּעַשׂ צְלָעוֹת סָבִיב׃
vayíven al-kír habbáyit yatsíya savív et-kirot habbáyit savív lahekhál veladdevír vayá'as tselaót savív
5 Et il ajouta une annexe au mur de la Maison autour de toute la Maison (autour de tout le Temple, c'est-à-dire autour de la salle et autour du Saint des Saints), et il fit à côté des chambres latérales.
הַיָּצוֹעַ )הַיָּצִיעַ( הַתַּחְתֹּנָה חָמֵשׁ בָּאַמָּה רָחְבָּהּ וְהַתִּיכֹנָה שֵׁשׁ בָּאַמָּה רָחְבָּהּ וְהַשְּׁלִישִׁית שֶׁבַע בָּאַמָּה רָחְבָּהּ כִּי מִגְרָעוֹת נָתַן לַבַּיִת סָבִיב חוּצָה לְבִלְתִּי אֲחֹז בְּקִירוֹת־הַבָּיִת׃
hayatsíya hatta'htoná 'haméch ba'ammá ro'hbá vehattikhoná chéch ba'ammá ro'hbá vehachelichít chéva ba'ammá ro'hba ki migraót natán labbáyit savív 'hoútsa leviltí a'hóz bekirót habbáyit
6 L'étage inférieur – sa largeur 5 coudées, l'étage du milieu – sa largeur 6 coudées, et le troisième étage – sa largeur 7 coudées, car des retraits avaient été faits dans les poutres autour de la Maison, pour qu'elles ne tiennent pas dans les murs de la Maison, mais sur les saillies.
Je rappelle encore une fois qu'une coudée, c'est un peu moins de 50 centimètres. Voilà une pyramide renversée que cela donne.
וְהַבַּיִת בְּהִבָּנֹתוֹ אֶבֶן־שְׁלֵמָה מַסָּע נִבְנָה וּמַקָּבוֹת וְהַגַּרְזֶן כָּל־כְּלִי בַרְזֶל לֹא־נִשְׁמַע בַּבַּיִת בְּהִבָּנֹתוֹ׃
vehabbáyit behibbanotó even-chelemá massá nivná oumakkavót vehaggarzén kol-kelí varzél lo-nichmá babbáyit behibbanotó
7 Et la Maison, quand elle se bâtissait, se bâtissait de pierres entières apportées. Ni masse, ni pioche, ni hache, aucun outil de fer ne s'entendait dans la Maison, quand elle se bâtissait.
C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de travail des pierres, toutes les pierres étaient apportées déjà prêtes.
פֶּתַח הַצֵּלָע הַתִּיכֹנָה אֶל־כֶּתֶף הַבַּיִת הַיְמָנִית וּבְלוּלִּים יַעֲלוּ עַל־הַתִּיכֹנָה וּמִן־הַתִּיכֹנָה אֶל־הַשְּׁלִשִׁים׃
péta'h hattselá hattikhoná el-kétef habbáyit haymanít ouvloullím ya'aloú al-hattikhoná oumin-hattikhoná el-hachelichím
8 L'entrée de l'étage du milieu des chambres latérales était du côté droit, par un escalier en colimaçon, et de celui du milieu – vers celui d'en haut.
וַיִּבֶן אֶת־הַבַּיִת וַיְכַלֵּהוּ וַיִּסְפֹּן אֶת־הַבַּיִת גֵּבִים וּשְׂדֵרֹת בָּאֲרָזִים׃
vayíven et-habbáyit vaykhalléhou vayispón et-habbáyit gevím ousderót ba'arazím
9 Et il bâtit cette Maison, et l'acheva, et il couvrit la Maison de planches et de rangées entières de poutres de cèdre.
וַיִּבֶן אֶת־הַיָּצוֹעַ )הַיָּצִיעַ( עַל־כָּל־הַבַּיִת חָמֵשׁ אַמּוֹת קוֹמָתוֹ; וַיֶּאֱחֹז אֶת־הַבַּיִת בַּעֲצֵי אֲרָזִים׃
vayíven et-hayatsíya al-kol-habbáyit 'haméch ammót komató vaye'e'hóz et-habbayit ba'atsé arazím
10 Et il bâtit l'annexe, dont chaque étage était haut de cinq coudées (2,5 mètres), et elle aussi était fixée à la Maison par des arbres de cèdre.
Ainsi Chlomo a achevé la construction de son Temple. Et, quand la construction du Temple a été achevée, le SEIGNEUR s'est adressé à Chlomo.
וַיְהִי דְּבַר־יְהוָה אֶל־שְׁלֹמֹה לֵאמֹר׃
vayhí devar-adonáy el-chelomó lemór
11 Et la parole du SEIGNEUR fut à Chlomo, disant :
הַבַּיִת הַזֶּה אֲשֶׁר־אַתָּה בֹנֶה אִם־תֵּלֵךְ בְּחֻקֹּתַי וְאֶת־מִשְׁפָּטַי תַּעֲשֶׂה וְשָׁמַרְתָּ אֶת־כָּל־מִצְוֹתַי לָלֶכֶת בָּהֶם וַהֲקִמֹתִי אֶת־דְּבָרִי אִתָּךְ אֲשֶׁר דִּבַּרְתִּי אֶל־דָּוִד אָבִיךָ׃
habbáyit hazzé acher-attá voné im-telékh be'houkkotáy ve'et- michpatáy ta'assé vechamartá et-kol-mitsvotáy lalékhet bahém vahakimotí et-devarí ittákh achér dibbárti el-davíd avíkha
12 Cette Maison que tu bâtis – si tu marches selon Mes lois et observes Mes statuts, si tu observes tous Mes commandements et les suis, alors J'accomplirai pour toi Ma parole, que Je t'ai donnée, par laquelle J'ai parlé à David, ton père.
וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְלֹא אֶעֱזֹב אֶת־עַמִּי יִשְׂרָאֵל׃
vechakhánti betókh bené yisraél veló e'ezóv et-ammí yisrael
13 Et J'habiterai au milieu des fils d'Israël, et n'abandonnerai pas Mon peuple, le peuple d'Israël.
Le Très-Haut dit qu'il y a une Maison que Chlomo a bâtie, et elle répond aux promesses qui ont été données. Mais le SEIGNEUR dit aussitôt : « Pour que Ma présence au milieu des fils d'Israël soit ininterrompue, tu dois observer Mes statuts, lois, vivre selon Mes commandements. Mon séjour dans cette maison, Mon séjour avec ce peuple, il n'est pas inconditionnel ». C'est l'histoire de la façon dont Chlomo a bâti le Temple, le Premier Temple. Malheureusement, nous savons que tout n'a pas tourné aussi joyeusement que c'était au tout début...
Lisez aussi : Michpatim, Tetsavé, Térouma en format audio et les sections hebdomadaires de la Torah.