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וָאֵרָא
Vaéra
Moché, Pharaon et les plaies d'Égypte
- Section hebdomadaire
- 14 sur 54
- Versets
- Chémot 6,2–9,35
- Parties
- 9
- Temps de lecture
- 2 h 30 min
- Vues
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Vaéra est la section hebdomadaire sur le plan de Dieu pour la libération d'Israël. Alex Blend examine l'appel de Moché et d'Aharon, l'affrontement avec Pharaon, les plaies d'Égypte et le repentir incomplet. Le sténogramme comprend le texte de la Torah en hébreu, la translittération, la traduction, les commentaires de l'auteur et la haftara tirée de Yé'hezkel.
Vaéra : il y a un plan
Chémot 6,2–13
Avec l'aide de Dieu, nous commençons aujourd'hui, vous et moi, à lire la section hebdomadaire Vaéra. C'est la deuxième section hebdomadaire du livre de Chémot. Nous nous étions arrêtés sur le fait que la démarche de Moché auprès de Pharaon s'était révélée, pour le dire avec ménagement, un échec. Les conditions du peuple se sont brusquement aggravées, et Moché s'est adressé au Très-Haut avec une question. On peut le comprendre comme un reproche, mais nous avons dit que c'est une question, parce que le Très-Haut, par Moché, donne au peuple d'Israël la Torah, ou l'Enseignement. L'Enseignement suppose tout un ensemble de connaissances, et, quand un homme est instruit dans l'enseignement, reçoit l'enseignement, non seulement il peut, bien sûr, mais il doit redemander, s'il ne comprend pas. Moché ne comprenait pas, et il a redemandé au Très-Haut pourquoi cela était arrivé. Et le Très-Haut, dans notre section hebdomadaire, dévoile un peu Ses plans et même un peu Sa nature.
Nous lirons à partir du verset 2 du chapitre 6.
וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים אֶל־מֹשֶׁה וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֲנִי יְהוָה׃
vaydabbér elohím el-moché vayomer eláv aní adonáy
2 Et Dieu parla avec Moché, et lui dit : « Je suis le SEIGNEUR.
Quand nous lisons le mot Adonaï (le SEIGNEUR) dans la Torah ou quelque part dans le Tanakh, nous devons nous rappeler que, le plus souvent, on entend par là le nom de quatre lettres, que, comme je l'ai déjà dit, on transcrit incorrectement par Jéhovah. Nous dirons Hachem, simplement le Nom. Ainsi, le Très-Haut commence la conversation avec Moché en se présentant par son Nom de quatre lettres. Et ensuite Il dit ceci :
וָאֵרָא אֶל־אַבְרָהָם אֶל־יִצְחָק וְאֶל־יַעֲקֹב בְּאֵל שַׁדָּי וּשְׁמִי יְהוָה לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם׃
va'erá el-avrahám el-yits'hák ve'el-yaakóv be'él chaddáy ouchmí adonáy lo nodá'ti lahém
3 Je suis apparu auparavant à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov sous le nom d'El Chaddaï, mais le nom SEIGNEUR, Je ne le leur ai pas révélé.
Il est très étrange pour un homme d'entendre une telle révélation pour la première fois. Par exemple, l'écrivain français Jules Verne s'appelait en réalité Jules Gabriel Verne. Sous son deuxième prénom Gabriel, il est peu connu, mais un homme, bien sûr, peut avoir un double prénom, et d'ailleurs, quelle différence cela fait-il pour nous, à proprement parler ? Pourquoi le Très-Haut parle-t-il de Ses différents noms ?
On considère généralement que les différents noms du Très-Haut reflètent ses différentes qualités. Il y a le nom Tsvaot, qui signifie SEIGNEUR des armées. Ici, nous voyons les noms El Chaddaï et le nom SEIGNEUR. Le nom El Chaddaï, par lequel le Très-Haut s'est révélé à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov, est un nom étonnant. On le trouve dans le livre de Béréchit (le nom, peut-on dire, est directement lié au livre de Béréchit), ainsi qu'ici, dans ce verset, et encore chez le prophète Yé'hezkel, au chapitre 10. El – c'est, bien sûr, Dieu. Le mot Chaddaï est un mot très étonnant, la racine chin-dalet est liée aux limites : celui qui garde les limites, qui fixe les limites, qui fixe les délais. Sadé – c'est le champ, un territoire délimité ; chéd – diable, du mot ligneEn russe, le mot pour « diable » est presque identique au mot pour « ligne, trait de démarcation », d'où le rapprochement fait par l'auteur. Ce jeu de mots ne peut pas être rendu en français ; la traduction reste littérale., c'est-à-dire celui qui transgresse les limites, qui vient de l'autre côté ; chodéd – pillard, celui qui pénètre sur ton territoire ; chad – sein de femme, ce qui nourrit l'enfant, ce qui entre dans l'enfant, qui relie la maman et l'enfant.
El Chaddaï, c'est, d'une part, le Dieu qui nourrit d'une nourriture lactée, d'autre part, c'est le Dieu de la planification, des plans, de la fixation des délais, des promesses, des rêves et ainsi de suite, Dieu comme l'enfance de l'humanité. Et c'est par ce nom que le Très-Haut s'est révélé à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov.
Par le nom SEIGNEUR, Il ne s'est pas révélé à eux. Le nom SEIGNEUR, c'est le Gouverneur, Celui Qui est, était et sera, qui unit en Lui les trois temps du verbe lihyot (être). Ce nom est lié à l'accomplissement des promesses, au fait que les plans se réalisent, au fait que le Très-Haut fait ce qu'Il promet. On peut dire que El Chaddaï, c'est le chemin, et SEIGNEUR, c'est la porte. Et nous voyons ici qu'il existe une possibilité de passer de l'époque d'action d'un Nom à l'époque d'action d'un autre Nom. Cela signifie que l'inverse peut aussi se produire. Par exemple, lors de la destruction du Temple, il y a eu un retour en arrière : ce qui avait déjà été réalisé, ce Temple qui se dressait déjà avec ses portes, dans lequel on pouvait entrer, s'est maintenant transformé en attente de la construction du Temple, est passé dans une certaine mesure de l'époque du nom SEIGNEUR à l'époque du nom El Chaddaï dans ce secteur concret des travaux. Ici, le SEIGNEUR dit : « Tu ne le sais pas encore, mais par Ma nature Je suis le SEIGNEUR, Celui qui accomplit les promesses ».
וְגַם הֲקִמֹתִי אֶת־בְּרִיתִי אִתָּם לָתֵת לָהֶם אֶת־אֶרֶץ כְּנָעַן אֵת אֶרֶץ מְגֻרֵיהֶם אֲשֶׁר־גָּרוּ בָהּ׃
vegám hakimóti et-berití ittám latét lahém et-érets kená'an et érets megourehém acher-gárou va
4 J'ai déjà alors établi avec eux l'alliance : leur donner la terre de Canaan pour pays de leur séjour, dans lequel ils étaient des errants.
Nous nous souvenons que nos Pères parcouraient la terre de Canaan en résidents temporaires. Yaakov seulement s'y est établi, et encore, comme il s'est avéré, pas pour longtemps : il lui a fallu descendre en Égypte. Et le Très-Haut dit : « Quand Je me révélais à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov sous le nom d'El Chaddaï, là, à l'époque de la planification et des rêves, Je leur ai promis la terre en possession éternelle, la terre sur laquelle ils marchaient en résidents temporaires ».
וְגַם אֲנִי שָׁמַעְתִּי אֶת־נַאֲקַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר מִצְרַיִם מַעֲבִדִים אֹתָם וָאֶזְכֹּר אֶת־בְּרִיתִי׃
vegám aní chamá'ti et-na'akát bené yisraél achér mitsráyim ma'avidím otám va'ezkór et-berití
5 Et voici que J'ai entendu le cri du peuple d'Israël, qui est asservi par l'Égypte, et Je me suis souvenu de mon alliance.
Ici, le Très-Haut répond à Moché à la question de savoir pourquoi Il a entrepris tout cela : le temps de l'accomplissement de l'alliance est venu.
לָכֵן אֱמֹר לִבְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֲנִי יְהוָה וְהוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלֹת מִצְרַיִם וְהִצַּלְתִּי אֶתְכֶם מֵעֲבֹדָתָם וְגָאַלְתִּי אֶתְכֶם בִּזְרוֹעַ נְטוּיָה וּבִשְׁפָטִים גְּדֹלִים׃
lakhén emór livne-yisraél aní adonáy vehotsetí etkhém mittá'hat sivlót mitsráyim vehittsaltí etkhém me'avodatám vega'altí etkhém bizróa netouyá ouvichfatím gedolím
6 Va, dis aux fils d'Israël : Je suis le SEIGNEUR, Je vous ferai sortir, Je vous tirerai de l'asservissement, Je vous délivrerai complètement de tout lien avec eux, quand Je vous ferai sortir hors des limites de l'Égypte, d'une main forte Je vous sauverai, et par de grands jugements.
וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים וִידַעְתֶּם כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם׃
velaka'htí etkhém li le'ám vehayíti lakhém lelohím vida'tém ki aní adonáy elohekhém hammotsí etkhém mittá'hat sivlót mitsráyim
7 Je vous prendrai pour Moi comme peuple et Je serai votre Dieu, et alors vous saurez que Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu, Qui vous fait sortir des souffrances égyptiennes.
Le Très-Haut parle d'une délivrance en quatre étapes, cela se passera en quatre étapes : Je vous ferai sortir de l'esclavage – c'est la première partie de la délivrance (on considère que, quand les plaies ont commencé, l'esclavage a cessé) ; Je vous délivrerai de tout lien avec eux, quand Je vous ferai sortir hors des limites de l'Égypte ; d'une main forte et par de grands jugements, Je vous sauverai – c'est à la mer ; Je vous prendrai pour Moi comme peuple – c'est la promesse au Sinaï. Tout cela, nous ne l'apprendrons que plus tard. C'est-à-dire que le SEIGNEUR dit : « Je ferai tout cela, Je mènerai une délivrance par étapes, avec un plan précis. Et alors vous saurez que Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu ».
Nous avons dit que beaucoup de choses – et dans le livre de Béréchit, et dans notre livre de Chémot – sont liées au verbe savoir. Avraham a demandé : « Comment saurai-je que j'hériterai de cette terre ? » Toute l'histoire, peut-on dire, a commencé par le fait qu'Avraham a demandé « comment saurai-je ». Le SEIGNEUR a fait venir sur lui un sommeil au milieu des corps coupés en deux et lui a dit : « Par le savoir tu sauras ». Et voici que le temps est venu de savoir. Le Très-Haut dit : « Je le ferai, J'accomplirai cette délivrance, et alors vous saurez ». La question se pose : quoi, est-ce qu'auparavant le peuple d'Israël ne savait pas ? Ici, au fond, la réponse donnée est celle-ci : « Je serai votre Dieu, vous me reconnaîtrez comme Dieu, et vous saurez », c'est-à-dire que le Très-Haut ne fait que commencer ce processus de connaissance, car avant cela il y avait le Dieu qui donne des promesses. Maintenant, le Très-Haut dit : « Je veux me révéler comme le Dieu qui accomplit les promesses, Je veux me révéler par le nom SEIGNEUR ».
וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר נָשָׂאתִי אֶת־יָדִי לָתֵת אֹתָהּ לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב וְנָתַתִּי אֹתָהּ לָכֶם מוֹרָשָׁה אֲנִי יְהוָה׃
vehevetí etkhém el-ha'árets achér nassáti et-yadí latét otá le'avrahám leyits'hák oulyaakóv venattatí otá lakhém morachá aní adonáy
8 Je vous amènerai dans le pays au sujet duquel J'ai levé la main (juré) de le donner à Avraham, à Yits'hak, à Yaakov, et Je vous le donnerai en héritage, Je suis le SEIGNEUR ».
Pendant le Séder Pessa'h, les Juifs lèvent quatre coupes, correspondant aux quatre expressions de la délivrance que nous lisons ici aux versets 6–7 : véhotséti étkhém (et Je vous ferai sortir), véhitsalti étkhém (et Je vous délivrerai), véga'alti étkhém (et Je vous sauverai), vélaka'hti étkhém (et Je vous prendrai). C'est-à-dire correspondant aux quatre expressions jusqu'à la révélation du Sinaï, comme nous l'avons décomposé. Véhévéti étkhém (et Je vous amènerai, vous ferai entrer) – cela ne se lit pas encore, c'est lié au temps du Machia'h. C'est de cela aussi que parle l'Épître aux Hébreux (4,5) : « Il ne les a pas fait entrer dans Mon repos ». Cela ne s'est pas encore produit, la promesse ne s'est pas encore entièrement réalisée, c'est une promesse pour l'avenir, c'est pourquoi la cinquième coupe n'est pas bue. Pourquoi le Très-Haut répète-t-il ici : « Je suis le SEIGNEUR, c'est Mon plan, Je suis le SEIGNEUR, Celui qui accomplit les plans » ? Ce n'est pas une promesse, c'est déjà le début de l'accomplissement des promesses.
Voilà comment le Très-Haut a répondu à Moché à la question : pourquoi tout cela et pour quelle raison tout cela. Le Très-Haut dit : « Je suis le SEIGNEUR, Je suis Celui qui accomplit les promesses, J'accomplis les promesses ». Mais l'accomplissement, le processus des actions du Très-Haut, il est progressif, pas à pas. La force du Très-Haut consiste en ce qu'Il opère Sa délivrance progressivement, pas à pas, non pas instantanément, non pas par des explosions, mais la construit de telle sorte que l'homme puisse passer avec Lui par toutes les étapes, afin d'y inclure la plus grande part possible de la création. La délivrance, comme l'aube, se produit lentement, la lumière croît lentement.
Au verset 9, nous lisons que Moché a compris et a essayé de l'expliquer aux autres.
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה כֵּן אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְלֹא שָׁמְעוּ אֶל־מֹשֶׁה מִקֹּצֶר רוּחַ וּמֵעֲבֹדָה קָשָׁה׃
vaydabbér moché ken el-bené yisraél veló chame'oú el-moché mikkótser roúa'h oume'avodá kachá
9 Et Moché raconta tout cela aux fils d'Israël, et ils n'écoutèrent pas Moché à cause de la faiblesse de l'esprit et à cause du travail pénible.
Kotser roua'h signifie souffle court, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de possibilité de reprendre haleine, une tension constante. Les commentateurs montrent ici deux approches différentes.
Le célèbre midrach Mekhilta dit que les Juifs ont eu peur de ce que ce plan comporte tant d'étapes, et que là, en plus, Dieu nous en garde, on donnera la Torah et on les chargera d'un tas de travaux et de règles de toutes sortes, et ils ont eu peur du travail pénible. Aller quelque part là-bas, se sauver quelque part là-bas – tout cela est un travail pénible, compliqué. Mieux vaut vivre comme on vivait, et c'est bien, au fond, on ne vit pas mal. C'est-à-dire que le peuple, selon la Mekhilta, a eu peur du processus de la délivrance, du don de la Torah, de l'observance de la Torah et de tout le reste.
Des commentateurs plus tardifs disent (et c'est plus proche du sens simple) que c'était dur pour le peuple. Si tu travailles dur du matin au soir, si tu travailles de l'aube au coucher du soleil et que tu dois remplir des normes de fabrication de briques, alors on saisit assez difficilement des idées philosophiques abstraites concernant la théophanie (la manifestation de Dieu), les noms divins et toutes sortes d'autres choses. Moché n'y est pas parvenu (encore un échec), il n'est pas parvenu à expliquer au peuple l'introduction à l'eschatologie juive (la théorie de la fin des jours), à la sotériologie (la théorie du salut) et même un peu à la théologie (la parole sur Dieu). Le peuple n'a rien perçu à cause de son occupation excessive ou à cause de la peur des difficultés. Je penche pour l'idée que c'était tout de même précisément le dur labeur qui empêchait les Juifs de percevoir ce que dit Moché.
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór
10 Et le SEIGNEUR dit à Moché, disant :
בֹּא דַבֵּר אֶל־פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרָיִם וִישַׁלַּח אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאַרְצוֹ׃
bo dabbér el-par'ó mélekh mitsráyim vichallá'h et-bene-yisraél me'artsó
11 « Va et parle avec Pharaon, roi d'Égypte, et il renverra les fils d'Israël du pays ».
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה לִפְנֵי יְהוָה לֵאמֹר הֵן בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל לֹא־שָׁמְעוּ אֵלַי וְאֵיךְ יִשְׁמָעֵנִי פַרְעֹה וַאֲנִי עֲרַל שְׂפָתָיִם׃
vaydabbér moché lifné adonáy lemór hen bene-yisraél lo-chame'oú eláy ve'ékh yichma'éni far'ó va'aní arál sefatáyim
12 Et Moché dit au SEIGNEUR, disant : « Vois, même les fils d'Israël ne M'ont pas écouté. Comment donc Pharaon m'écoutera-t-il, si je suis ainsi – eh bien, pas éloquent ?! »
C'est-à-dire : « Je n'arrive à rien expliquer. Même aux Israélites je n'ai rien pu faire comprendre, et toi, tu veux que j'aille maintenant faire comprendre quelque chose à Pharaon ».
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן וַיְצַוֵּם אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאֶל־פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרָיִם לְהוֹצִיא אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vaydabbér adonáy el-moché ve'el-aharón vaytsavvém el-bene yisraél ve'el-par'ó mélekh mitsráyim lehotsí et-bene-yisraél me'érets mitsráyim
13 Et le SEIGNEUR parla à Moché et à Aharon, et leur ordonna, aux fils d'Israël et à Pharaon, roi d'Égypte, de faire sortir les fils d'Israël du pays d'Égypte.
L'ordre est parvenu à tous les participants de cette affaire, de cette opération spéciale : faire sortir le peuple d'Israël de la terre d'Égypte.
Et de nouveau une liste de noms
Chémot 6,14–28
La dernière fois, nous avons dit que le Très-Haut avait entrouvert à Moché le secret de deux de ses noms : le nom El Chaddaï et le nom SEIGNEUR. Nous avons parlé des différentes facettes du Très-Haut qui se révèlent à travers ces noms, des différents principes de gouvernement du monde. Nous avons dit que le Très-Haut avait raconté à Moché le plan de la délivrance, que Moché avait essayé de le transmettre au peuple d'Israël. Mais le peuple d'Israël, en raison de la dureté de son travail d'esclave, ne l'a pas accueilli avec un grand enthousiasme et a simplement refusé de l'écouter. Malgré cela, le Très-Haut a solennellement déclaré ouvert le début de l'opération de sortie du peuple d'Israël hors d'Égypte, a donné l'ordre à tous – et à Moché, et à Aharon, et au peuple, et à Pharaon – de commencer la sortie du peuple d'Israël hors d'Égypte.
Dans notre entretien d'aujourd'hui, la Torah laisse pour peu de temps nos héros afin de raconter leur généalogie. Pourquoi la généalogie apparaît-elle ? Pour indiquer l'origine de l'homme (nous verrons l'origine de Moché et d'Aharon) et nous expliquer que, bien que Moché doive être un dieu pour Pharaon ou un dieu pour Aharon, Moché est simplement un homme de sang et de chair, et Aharon aussi est un homme de sang et de chair. Nous verrons aussi que, bien avant leur naissance, le Très-Haut avait un plan de leur apparition et que l'action serait réalisée précisément par eux ; en partie, c'était clair. Nous verrons qu'il y a déjà ici une allusion à l'élection de la prêtrise. Nous verrons encore beaucoup de choses intéressantes, mais nous les examinerons au fur et à mesure de la lecture. La Torah commence par le tout début, en revenant à une matière depuis longtemps parcourue sur la généalogie des fils de Yaakov.
Nous lirons à partir du verset 14 du chapitre 6.
אֵלֶּה רָאשֵׁי בֵית־אֲבֹתָם בְּנֵי רְאוּבֵן בְּכֹר יִשְׂרָאֵל חֲנוֹךְ וּפַלּוּא חֶצְרוֹן וְכַרְמִי אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת רְאוּבֵן׃
élle raché vet-avotám bené re'ouvén bekhór yisraél 'hanókh oufalloú 'hetsrón vekharmí élle michpe'hót re'ouvén
14 Et voici les chefs des maisons (les chefs des tribus) de leurs pères. Voici les fils de Réouven, premier-né d'Israël : 'Hanokh et Palou, 'Hetsron et Karmi – ce sont les familles de Réouven.
וּבְנֵי שִׁמְעוֹן יְמוּאֵל וְיָמִין וְאֹהַד וְיָכִין וְצֹחַר וְשָׁאוּל בֶּן־הַכְּנַעֲנִית אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת שִׁמְעוֹן׃
ouvné chim'ón yemou'él veyamín ve'óhad veyakhín vetsó'har vecha'oúl ben-hakkena'anít élle michpe'hót chim'ón
15 Et voici les fils de Chimon : Yémouël, Yamin, Ohad, Yakhin, Tso'har et Cha'oul, fils de la Cananéenne. Ce sont les noms des familles de Chimon.
וְאֵלֶּה שְׁמוֹת בְּנֵי־לֵוִי לְתֹלְדֹתָם גֵּרְשׁוֹן וּקְהָת וּמְרָרִי וּשְׁנֵי חַיֵּי לֵוִי שֶׁבַע וּשְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה׃
ve'élle chemót bene-leví letoledotám gerechón oukhat oumrarí ouchné 'haé leví chéva ouchlochím oum'át chaná
16 Et voici les noms des fils de Lévi selon leur origine : Guerchon, et Kéhat, et Mérari ; les années de la vie de Lévi – 137 ans.
Au chapitre 46 du livre de Béréchit, dans l'entretien « Qu'y a-t-il pour toi dans mon nom ? », nous avons examiné en détail les noms de ces héros qui sont les nôtres. Et la Torah arrive ensuite au moment le plus important, ensuite nous continuons à lire non plus sur la tribu suivante, mais sur la tribu de Lévi. La Torah va déployer la généalogie de Lévi.
בְּנֵי גֵרְשׁוֹן לִבְנִי וְשִׁמְעִי לְמִשְׁפְּחֹתָם׃
bené gerechón livní vechim'í lemichpe'hotám
17 Les fils de Guerchon : Livni (blanc comme neige) et Chimi (celui dont on a entendu parler), selon leurs familles.
וּבְנֵי קְהָת עַמְרָם וְיִצְהָר וְחֶבְרוֹן וְעֻזִּיאֵל וּשְׁנֵי חַיֵּי קְהָת שָׁלֹשׁ וּשְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה׃
ouvné kehat amrám veyitshár ve'hevrón ve'ouzzi'él ouchné 'haé kehát chalóch ouchlochím oum'át chaná
18 Les fils de Kéhat : Amram, et Yitshar, et 'Hévron, et Ouziël ; les années de la vie de Kéhat – 133 ans.
Le nom Amram signifie le Grand SEIGNEUR. Bien que le mot am dans les langues sémitiques modernes signifie peuple, c'est l'une des désignations de Dieu. Amram, c'est le SEIGNEUR exalté ou le Très-Haut. Yitshar, c'est l'éclaircie. Mais c'est aussi l'huile d'olive pure, c'est-à-dire quelque chose de transparent, d'éclairci, de clair, plein de lumière. 'Hévron, c'est le lieu où l'on trouve des amis, où l'on s'unit les uns aux autres. Ouziël – la puissance du SEIGNEUR.
וּבְנֵי מְרָרִי מַחְלִי וּמוּשִׁי אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת הַלֵּוִי לְתֹלְדֹתָם׃
ouvné merarí ma'hlí oumouchí élle michpe'hót halleví letoledotám
19 Et les fils de Mérari : Ma'hli et Mouchi ; voici la généalogie de Lévi.
Ma'hli, c'est une parure, l'une des nombreuses parures. Dans la Torah sont effectivement mentionnées 24 parures différentes : des boucles d'oreilles, toutes sortes de bracelets, des bagues et même un piercing intime. Ma'hli – selon de nombreuses versions, c'est un bracelet que l'on pose sur l'avant-bras, sur la partie supérieure du bras. Mouchi – un nom semblable par son origine au nom Moché – tiré de quelque part, délivré de quelque part, indique peut-être un accouchement difficile.
וַיִּקַּח עַמְרָם אֶת־יוֹכֶבֶד דֹּדָתוֹ לוֹ לְאִשָּׁה וַתֵּלֶד לוֹ אֶת־אַהֲרֹן וְאֶת־מֹשֶׁה וּשְׁנֵי חַיֵּי עַמְרָם שֶׁבַע וּשְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה׃
vayikká'h amrám et-yokhéved dodató lo le'ichá vattéled lo et-aharón ve'et-moché ouchné 'haé amrám chéva ouchlochím oum'at chanáLa ligne de translittération de l'original écrit ici « ana » au lieu de « chaná » (année) ; nous suivons le texte hébreu.
20 Et Amram prit pour femme sa tante Yokhéved, et elle est la sœur de son père ; et elle lui enfanta Aharon et Moché. Et les années de la vie d'Amram, aussi 137 ans.
Amram, c'est le fils de Kéhat. Le nom de la femme d'Amram, Yokhéved, signifie SEIGNEUR glorieux ou gloire du SEIGNEUR, yo, c'est une abréviation du nom du Très-Haut. Il la prit pour femme, et elle est la sœur de son père. La Torah interdit de faire cela, mais c'était avant le don de la Torah, c'est pourquoi, apparemment, il y avait une telle pratique. Yokhéved, à ce moment-là, a de très nombreuses années, probablement aussi 130 ans. Différents calculs à ce sujet disent que Yokhéved est peut-être née le jour où Yaakov est descendu en Égypte : Yokhéved – 130 ans, Moché – 80, ensemble cela fait 210 ans, c'est justement le temps du séjour du peuple en Égypte. Il y a encore beaucoup d'arithmétique intéressante de toutes sortes à ce sujet, et on peut effectivement compter ainsi. Les commentateurs disent qu'au moment où le peuple d'Israël est descendu, la mère de celui par qui s'accomplirait la délivrance était déjà née. En tout cas, on peut dire de l'année de sa naissance que c'est une sagesse étonnante, une providence étonnante du Très-Haut, qui nous dévoile plus profondément cette facette même – comment le SEIGNEUR agit pour la délivrance bien longtemps avant que la délivrance ne survienne.
Ainsi, Amram prit pour femme Yokhéved, et elle lui enfanta Aharon et Moché. La petite sœur du nom de Miryam n'est pas encore mentionnée.
וּבְנֵי יִצְהָר קֹרַח וָנֶפֶג וְזִכְרִי׃
ouvné yitshár kóra'h vanéfeg vezikhrí
21 Les fils de Yitshar : Kora'h, et Néfeg, et Zikhri.
Le nom Kora'h est le plus souvent identifié à la force. Il signifie fort, solide, mais dans ce cas, si l'on compare avec d'autres noms sémitiques, il est le plus probable que le nom vienne du mot kéréa'h (chauve), c'est-à-dire que le nom Kora'h a été donné en lien avec l'apparence. Néfeg, le nom du deuxième fils, vient de la cellule de racine pé-guimel – remarquable, qui sort du cadre, qui brise le cadre de la réalité. Zikhri – celui dont on gardera la mémoire.
וּבְנֵי עֻזִּיאֵל מִישָׁאֵל וְאֶלְצָפָן וְסִתְרִי׃
ouvné ouzzi'él micha'él ve'eltsafán vesitrí
22 Et les fils d'Ouziël : Micha'el, et Eltsafan, et Sitri.
Le nom Micha'el est d'origine obscure, mais on peut le traduire approximativement par celui que Dieu portera dans les bras. Eltsafan – celui qui dévoile ses différents traits, ou celui qui frappera les joues de ses ennemis. Sitri – celui qui se trouve sous protection, se trouve dans un refuge. Tels sont les noms que les parents donnaient à leurs enfants.
וַיִּקַּח אַהֲרֹן אֶת־אֱלִישֶׁבַע בַּת־עַמִּינָדָב אֲחוֹת נַחְשׁוֹן לוֹ לְאִשָּׁה וַתֵּלֶד לוֹ אֶת־נָדָב וְאֶת־אֲבִיהוּא אֶת־אֶלְעָזָר וְאֶת־אִיתָמָר׃
vayikká'h aharón et-elichéva bat-amminadáv a'hót na'hchón lo le'ichá vattéled lo et-nadáv ve'et-avihoú et-el'azár ve'et-itamár
23 Aharon prit pour femme Élichéva, fille d'Amminadav, sœur de Na'hchon, et elle lui enfanta Nadav, et Avihou, et Élazar, et Itamar.
Le nom Élichéva signifie Dieu a juré. Amminadav signifie Dieu a donné un sacrifice, Dieu a offert en sacrifice (dans la mesure où cela s'applique à Dieu) : Dieu a donné un don, Dieu a donné par grâce, Dieu a manifesté une bonne volonté. Tel est le nom de la femme d'Aharon, kohen (mais alors pas encore kohen). Na'hchon signifie soit petit serpent, serpenteau, soit celui qui est deviné, du mot léna'hech (deviner). Nadav, c'est un sacrifice offert volontairement, une offrande volontaire, mots de même racine lénadev (être volontaire, bénévole) et nédava (sacrifice volontaire). Nous avons déjà mentionné le nom Amminadav, et ici le nom Nadav est aussi un nom très semblable. Avihou, c'est mon père, c'est Lui ou mon père, c'est le SEIGNEUR.
וּבְנֵי קֹרַח אַסִּיר וְאֶלְקָנָה וַאֲבִיאָסָף אֵלֶּה מִשְׁפְּחֹת הַקָּרְחִי׃
ouvné kóra'h assír ve'elkaná va'avi'assáf élle michpe'hót hakkor'hí
24 Et les fils de Kora'h : Assir, et Élkana, et Avi'assaf, ce sont les familles de Kora'h.
Assir, c'est celui qui se soumet, obéissant dans ce cas. Élkana – Dieu a acquis. Avi'assaf – le SEIGNEUR ajoutera ou le SEIGNEUR a donné une bénédiction supplémentaire.
וְאֶלְעָזָר בֶּן־אַהֲרֹן לָקַח־לוֹ מִבְּנוֹת פּוּטִיאֵל לוֹ לְאִשָּׁה וַתֵּלֶד לוֹ אֶת־פִּינְחָס אֵלֶּה רָאשֵׁי אֲבוֹת הַלְוִיִּם לְמִשְׁפְּחֹתָם׃
ve'el'azár ben-aharón laka'h-ló mibbenót pouti'él lo le'ichá vattéled lo et-pine'hás élle raché avót halviyím lemichpe'hotám
25 Élazar, fils d'Aharon, prit pour lui une femme parmi les filles de Poutiël, et elle lui enfanta Pin'has. Ce sont les chefs des maisons des lévites selon leurs familles.
Le nom Pin'has est un nom égyptien, il est difficile de le traduire de l'hébreu. Le moment venu, quand nous parlerons davantage de Pin'has, nous examinerons plus en détail la signification de ce nom.
הוּא אַהֲרֹן וּמֹשֶׁה אֲשֶׁר אָמַר יְהוָה לָהֶם הוֹצִיאוּ אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם עַל־צִבְאֹתָם׃
hou aharón oumoché achér amár adonáy lahém hotsíou et-bené yisraél me'érets mitsráyim al-tsiv'otám
26 Ce sont Aharon et Moché, à qui le Très-Haut a ordonné de faire sortir le peuple d'Israël d'Égypte selon leurs armées.
Le nom Aharon. Nous avons peu à peu examiné ici tous les noms, nous les avons abordés, sauf le nom Aharon. Il y a une interprétation intéressante selon laquelle le nom Aharon vient du mot ohel (tente), puisque dans certains dialectes sémitiques les lettres reïch et lamed ne se distinguent pas. Et le nom Aharon pourrait sonner comme Ahalon. (Ce phénomène existe aussi dans les langues extrême-orientales modernes. Par exemple, dans l'alphabet phonétique coréen Hangeul, les lettres « r » et « l » sonnent de façon très semblable et parfois ne se distinguent pas comme sons). Aharon, c'est celui qui est destiné à séjourner dans la tente. Peut-être un tel nom lui a-t-il été donné prophétiquement.
הֵם הַמְדַבְּרִים אֶל־פַּרְעֹה מֶלֶךְ־מִצְרַיִם לְהוֹצִיא אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרָיִם הוּא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן׃
hem hamdabberím el-par'ó melekh-mitsráyim lehotsí et-bene-yisraél mimmitsráyim hou moché ve'aharón
27 Et ils parleront avec Pharaon, roi d'Égypte, pour faire sortir les fils d'Israël d'Égypte ; ce sont Moché et Aharon.
Au verset 26, ce sont Aharon et Moché, ici – par ordre d'ancienneté, d'abord Aharon, puis Moché, parce qu'il est question du fait qu'Aharon se tiendra plus près du peuple. Pour le peuple d'Israël, d'abord Aharon, qu'ils connaissent, puis Moché, qui est son frère.
וַיְהִי בְּיוֹם דִּבֶּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vayhí beyom dibbér adonáy el-moché be'érets mitsrayim
28 Et cela fut au temps où le Très-Haut se mit à parler avec Moché au pays d'Égypte.
Pourquoi fallait-il cette énumération de noms, ennuyeuse semble-t-il, des noms des descendants de Lévi ? Et, même si nous avons examiné la signification des noms, il semblera quand même à beaucoup qu'il n'y avait aucune raison d'interrompre un chapitre si captivant pour parler de cela ici. C'est nécessaire pour que nous nous souvenions que Moché et Aharon sont des gens, des humains issus du peuple. Pour que nous voyions que le Très-Haut avait prévu dès l'origine d'agir par la lignée de Lévi, a choisi la lignée de Lévi et a prédestiné à l'élection Aharon le kohen. Cela me touche toujours le cœur, parce que je suis de ses descendants, et Aharon est mon lointain-lointain-…lointain grand-père. Le Très-Haut a raconté à Moché quel serait le plan. Et ici, il y a un petit compte rendu du travail accompli pour préparer la réalisation de ce plan, comment Moché et Aharon sont venus au monde, comment ils sont issus précisément de la lignée de Lévi, comment le Très-Haut les a élevés à l'avance, bien longtemps avant leur naissance. Voilà pourquoi la Torah a fait une telle digression généalogique, interrompant son récit au moment le plus intéressant et s'occupant d'une petite minute de bureaucratie et de généalogie.
C'est justement toi qu'il Me faut
Chémot 6,29–7,7
Ce passage est, chez nous, assez court, mais en même temps riche de contenu. Donc, chapitre 6, verset 29 :
וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה לֵּאמֹר אֲנִי יְהוָה דַּבֵּר אֶל־פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרַיִם אֵת כָּל־אֲשֶׁר אֲנִי דֹּבֵר אֵלֶיךָ׃
vaydabbér adonáy el-moché lemór aní adonáy dabbér el-par'ó mélekh mitsrayim et kol-achér aní dovér elékha
29 Et le SEIGNEUR dit à Moché, en disant : « Je suis le SEIGNEUR, dis à Pharaon, roi d'Égypte, tout ce que Je te dis ».
Il semble que ce soit ce que le Très-Haut avait déjà dit à Moché, quand Il lui a raconté Son dessein et a entrouvert le plan de la délivrance d'Israël. Ensuite, nous avons été distraits par la généalogie, nous avons parlé de l'origine même de Moché et d'Aharon et du fait qu'ils étaient dès l'origine dans le dessein du Très-Haut. Et voici que maintenant le Très-Haut dit à Moché (sans mentionner Aharon) : « Et ta tâche, c'est d'aller et de dire à Pharaon, roi d'Égypte, tout ce que Je te dirai ; voilà ton rôle dans Mon plan ». Encore une fois, rappelons-nous que le Très-Haut n'a pas mentionné Aharon maintenant, et c'est pourquoi Moché reprend ses vieilles habitudes, revient à sa vieille objection.
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לִפְנֵי יְהוָה הֵן אֲנִי עֲרַל שְׂפָתַיִם וְאֵיךְ יִשְׁמַע אֵלַי פַּרְעֹה׃
vayomer moché lifnéLa ligne de translittération de l'original porte ici un v superflu devant le f ; nous suivons le texte hébreu : lifné. adonáy hen aní arál sefatáyim ve'ékh yichmá eláy par'ó
30 Et Moché dit devant le SEIGNEUR : « Voici, j'ai pourtant des lèvres incirconcises, pourquoi donc Pharaon m'écouterait-il ? »
L'expression lèvres incirconcises ne signifie pas, dans ce cas, un langage grossier ou quelque élément du syndrome de Tourette (par exemple, l'incontinence verbale). Très probablement, à en juger par le mot arél (incirconcis, pas complètement formé), c'est un problème de diction, peut-être même un bec-de-lièvre. Les commentateurs remarquent que Pharaon peut dire : « Et alors, ce Dieu d'Israël à vous n'a pas trouvé quelqu'un de plus digne, pour m'envoyer quelqu'un qui au moins prononcerait les mots distinctement ? Pourquoi m'envoyer absolument un homme avec un défaut d'élocution ? »
Ici se termine le chapitre 6, et nous commençons par le verset 1 du chapitre 7.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה רְאֵה נְתַתִּיךָ אֱלֹהִים לְפַרְעֹה וְאַהֲרֹן אָחִיךָ יִהְיֶה נְבִיאֶךָ׃
vayomer adonáy el-moché re'é netattíkha elohim lefar'ó ve'aharón a'híkha yihyé nevi'ékha
1 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Regarde, tu verras, Je te ferai Dieu pour Pharaon. Et Aharon, ton frère, sera ton prophète.
Autrement dit, le SEIGNEUR dit : « Je ferai de toi une forme de révélation, c'est-à-dire que la seule possibilité pour Pharaon de Me connaître passera par toi. Pharaon ne viendra à Moi que par toi. Je l'arrangerai ainsi. Et il arrivera bel et bien, par toi, à comprendre que Je suis le Très-Haut. Tu dis que tu as un défaut d'élocution, que tu ne conviens pas, mais c'est justement toi qu'il Me faut, parce que par cette faiblesse, par ce miracle à l'intérieur du miracle, ce miracle dans le miracle, Je révélerai Ma force à Pharaon ».
Beaucoup de commentateurs posent souvent la question : « Pourquoi le Très-Haut n'a pas guéri Moché ? » Certains disent : « Parce que Moché n'a jamais prié le Très-Haut pour sa délivrance ». D'autres disent : « Parce que le Très-Haut a dit à Moché : Ma grâce te suffit, ainsi que le fait que le salut s'accomplira par toi. Quelle différence cela fait-il que tu aies un défaut d'élocution ou non, si par toi Ma force se révèle dans sa plénitude ? »
Quand nous lirons plus loin, déjà le chapitre 15 du livre de Chémot, nous verrons qu'il est écrit : « Et alors Moché chanta ». On peut en conclure que le Très-Haut a malgré tout guéri Moché de son élocution problématique. Mais ici nous lisons que le Très-Haut dit : « C'est précisément toi, précisément avec des lèvres incirconcises, précisément un tel homme peu éloquent, précisément celui qui a grandi en Égypte, a vécu en Midyan et qui, à première vue, a peu de rapport avec le peuple d'Israël, c'est précisément toi que Je ferai dieu pour Pharaon. C'est précisément de toi que Je ferai la source de la connaissance du Très-Haut ».
Tout ce dont il est question dans ce verset, c'est une telle image, une métaphore si étonnante. Le Très-Haut envoie aux hommes des prophètes. Le vrai prophète vient du vrai Dieu. Il y a eu beaucoup de faux prophètes, bien sûr. Il y en a eu, et il y en aura, et il y en a maintenant, mais le vrai prophète vient du vrai Dieu. Le Très-Haut dit : « Je te donne des pouvoirs divins à l'égard de Pharaon, si forts que tu peux même lui envoyer Aharon, ton prophète ». Exactement comme Dieu parle par les prophètes, Moché parlera à Pharaon par Aharon.
אַתָּה תְדַבֵּר אֵת כָּל־אֲשֶׁר אֲצַוֶּךָּ וְאַהֲרֹן אָחִיךָ יְדַבֵּר אֶל־פַּרְעֹה וְשִׁלַּח אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאַרְצוֹ׃
attá tedabbér et kol-achér atsavvékka ve'aharón a'híkha yedabbér el-par'ó vechillá'h et-bene-yisraél me'artsó
2 Tu diras tout ce que J'ai ordonné, et Aharon, ton frère, parlera à Pharaon, et il fera partir (renverra, ou même on peut dire, chassera) les fils d'Israël de son pays.
וַאֲנִי אַקְשֶׁה אֶת־לֵב פַּרְעֹה וְהִרְבֵּיתִי אֶת־אֹתֹתַי וְאֶת־מוֹפְתַי בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
va'aní akché et-lév par'ó vehirbetí et-ototáy ve'et-mofetáy be'érets mitsráyim
3 Et J'alourdirai le cœur de Pharaon, par cela Je multiplierai Mes signes et Mes miracles dans le pays d'Égypte.
Il arrive souvent, pas seulement chez les Pharaons, mais aussi chez les croyants, que, quand nous rencontrons des miracles, des descriptions de phénomènes miraculeux, nous ayons envie de leur donner une base naturelle. La mer Morte s'est écartée – eh bien, c'est un phénomène naturel (Pharaon aussi pensait que c'était un phénomène naturel, et il a mal fini). L'eau s'est changée en sang – c'est une algue qui apparaît dans le Nil, là-bas, en Éthiopie, il y a tout un lac Rouge, il est d'ailleurs constamment rouge. Et puis en Égypte il y a parfois des grenouilles – eh bien, pour les grenouilles coassantes aussi, nous trouverons une explication. Nous essayons même d'expliquer que le Très-Haut n'a pas créé le monde en six jours, et nous Lui donnons un peu plus de temps, pour qu'Il y arrive. Naturellement, c'est parfois utile, parfois il faut le faire, parce qu'outre le fait que le Très-Haut, notre Dieu, est un Dieu miraculeux, Il est aussi le Dieu Qui gouverne le monde, Qui a organisé le monde, a créé le monde comme une sorte de mécanisme qui fonctionne, dans lequel le soleil se lève, dans lequel il y a des vents et des pluies, qui existe avec ses lois établies et qui fonctionne. Mais, d'une manière ou d'une autre, le Très-Haut dit : « J'alourdirai le cœur de Pharaon, il lui sera difficile de Me voir dans tous ces miracles, et pour qu'il y ait plus de miracles, et que par ces miracles Ma force se révèle dans chaque aspect de la vie de l'Égypte (nous le verrons encore). Je lui donnerai tous les arguments qu'il faudra pour trouver des explications naturelles à tout ce qui va se produire. Je lui donnerai la possibilité de télécharger des manuels de biologie, de géodésie, d'égyptologie et de tout ce qu'on voudra, Je lui donnerai des connaissances, Je lui donnerai des conseillers qui lui souffleront. Je jouerai, entre guillemets, de son côté, pour que tout soit honnête ». Beaucoup remarquent que c'est injuste – injuste de priver Pharaon de son libre arbitre et de le punir pour cela. Nous avons déjà dit qu'il n'y a pas ici de privation du libre arbitre, et dans ce cas non plus. Le Très-Haut dit : « Je donnerai à Pharaon toutes les possibilités d'expliquer rationnellement, logiquement, que ce n'est en réalité pas Moi, ou de prouver par ses prêtres que Je ne suis pas si fort que ça. C'est-à-dire que toute l'argumentation nécessaire pour Me résister, Je la fournirai à Pharaon ».
וְלֹא־יִשְׁמַע אֲלֵכֶם פַּרְעֹה וְנָתַתִּי אֶת־יָדִי בְּמִצְרָיִם וְהוֹצֵאתִי אֶת־צִבְאֹתַי אֶת־עַמִּי בְנֵי־יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם בִּשְׁפָטִים גְּדֹלִים׃
velo-yichmá alekhém par'ó venatattí et-yadí bemitsráyim vehotsetí et-tsiv'otáy et-ammí vene-yisraél me'érets mitsráyim bichfatím gedolím
4 Et Pharaon ne vous écoutera pas, et J'étendrai Ma main sur l'Égypte, et Je tirerai Mon armée, Mon peuple, les fils d'Israël, du pays d'Égypte (comment les tirerai-Je ?) par de grands jugements.
Encore une fois : « Je vous envoie vers Pharaon, allez, parlez, faites des miracles, mais il ne vous écoutera pas ». Plus Pharaon contre-argumente, disons-le ainsi, plus il résiste dans sa raison, plus longtemps s'accumule contre lui le dossier criminel. Le Très-Haut fera sortir Israël d'une main forte, puissante, et nous revenons à ce dont nous avons déjà parlé (commentaire de 1,8) : nos sections hebdomadaires se construisent autour du Savoir : le savoir de l'apport de Yossef, le savoir du Très-Haut, le savoir que le Très-Haut accomplit Ses alliances. Et un savoir important : à quoi sert tout cela, à quoi tout cela sert-il au Très-Haut :
וְיָדְעוּ מִצְרַיִם כִּי־אֲנִי יְהוָה בִּנְטֹתִי אֶת־יָדִי עַל־מִצְרָיִם וְהוֹצֵאתִי אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל מִתּוֹכָם׃
veyade'ú mitsráyim ki-aní adonáy bintotí et-yadí al-mitsráyim vehotsetí et-bene-yisraél mittokhám
5 Et les Égyptiens sauront que Je suis le SEIGNEUR, quand Je lèverai Ma main contre l'Égypte et ferai sortir les fils d'Israël d'entre eux ».
C'est le but de tous ces nombreux miracles. Pourquoi le Très-Haut n'a-t-il pas simplement téléporté le peuple d'Israël dans le pays d'Israël ? Pourquoi ne pas les avoir déplacés au moyen de quelque tremblement de terre grandiose, d'un rayon laser, d'une arme biologique ou bactériologique ? Pourquoi les miracles sont-ils nombreux ? Nous parlerons encore du fait que tous ces miracles, ils ne sont pas fortuits : tout cela, c'est pour que les Égyptiens sachent, et plus tard nous verrons que le Très-Haut dira aussi à Pharaon : « …pour que tu saches ! » Le Très-Haut n'est pas seulement le Dieu d'Israël, ce n'est pas quelque petit dieu tribal qui pourrait dire : « Je montrerai à mon peuple combien je suis fort, combien je suis cool ». Le but du dessein du Très-Haut est que les Égyptiens aussi apprennent qu'Il est le SEIGNEUR, que les autres peuples aussi apprennent qu'Il est le SEIGNEUR – par les nombreux miracles qui seront pour Israël, par les nombreux jugements qui seront pour l'Égypte, chacun par son propre chemin. Le Très-Haut dit : « Ils sauront que Je suis Dieu, c'est l'une de Mes tâches ».
On pourrait penser : mais quelle différence cela fait-il, ce en quoi croient les Égyptiens ? Ils ont Horus (dieu de la guerre), le dieu du soleil – Râ, Seth (dieu des tempêtes et du désert), Khnoum (dieu de la fertilité), de très nombreux dieux ; ils ont une très belle mythologie avec de nombreux contes, ils ont beaucoup de belles images. Eh bien, ils n'avaient qu'à croire à tout cela, et le peuple d'Israël aurait tranquillement reçu la Torah dans le désert et serait allé son chemin. Quant aux Égyptiens, quand ils le voudront, peut-être viendront-ils se repentir. Mais le Très-Haut dit : « Par ces miracles qui sont les Miens, par ces démarches répétées de votre part auprès de Pharaon, Je veux montrer que cela est nécessaire aussi pour les Égyptiens, et les Égyptiens doivent savoir que Je suis Dieu ».
וַיַּעַשׂ מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה אֹתָם כֵּן עָשׂוּ׃
vayá'as moché ve'aharón ka'achér tsivvá adonáy otám ken asoú
6 Et Moché et Aharon firent, comme le SEIGNEUR le leur avait ordonné, ainsi ils firent.
Que signifie firent ? Ils n'ont pourtant encore rien fait du tout, nous ne lirons cela que plus loin – ce qu'ils ont fait. Ils firent signifie ici qu'ils ont accepté, ils ont compris l'essence de l'enseignement, ont pris sur eux cet enseignement – l'enseignement selon lequel le Très-Haut sauvera Israël en plusieurs étapes, selon lequel il y aura quatre étapes et que cette délivrance ne sera pas encore achevée en ces jours-là. Ils n'entreront pas encore dans le repos, il y aura encore véhévéti (et J'amènerai), et sur ce chemin qui est le leur, le salut et la délivrance, en tout cas au niveau de la connaissance de Dieu, toucheront aussi d'autres peuples : les Égyptiens, sauront que Je suis Dieu. Nous verrons ensuite que beaucoup d'Égyptiens n'ont pas seulement appris que Dieu est Dieu, que le Dieu d'Israël est le Créateur du monde, qu'ici agit le Créateur, le Souverain du monde, mais sont aussi sortis d'Égypte avec Israël ; nous verrons que les gens ont tiré des conclusions pratiques.
וּמֹשֶׁה בֶּן־שְׁמֹנִים שָׁנָה וְאַהֲרֹן בֶּן־שָׁלֹשׁ וּשְׁמֹנִים שָׁנָה בְּדַבְּרָם אֶל־פַּרְעֹה׃
oumoché ben-chemoním chaná ve'aharón ben-chalóch ouchmoním chaná bedabberám el-par'ó
7 Et Moché avait quatre-vingts ans, et Aharon quatre-vingt-trois ans, quand ils se mirent à parler à Pharaon.
Il y a différents commentaires à ce sujet. Habituellement, les commentateurs divisent conventionnellement la vie de Moché en trois étapes : jusqu'à 40 ans – dans le palais de Pharaon, de 40 à 80 ans – à Midyan, après 80 ans – dans le désert, la marche d'Israël. D'autres commentateurs disent que Moché avait 20 ans quand il est sorti du palais de Pharaon, et que 40 ans, c'est un nombre symbolique, un tel « nombre-midrach », il y a des mentions du fait que Moché avait 40 ans.
Quoi qu'il en soit, 80 ans, ce n'est même plus l'âge de la royauté, c'est l'âge où les gens se retirent déjà des affaires. Mais le Très-Haut a choisi ces deux vases étonnants, deux vieillards – l'un d'eux, de surcroît, soit grasseyant, soit zézayant, soit avec quelque autre problème d'articulation – les a choisis pour ses actions. Et la suite sera intéressante, et nous verrons qu'avec l'aide de Dieu tout leur réussira.
Quelqu'un a commandé des plaies ?
Chémot 7,8–8,6
Avec l'aide de Dieu, nous continuons, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Vaéra. Nous nous sommes arrêtés sur le fait que le Très-Haut a raconté à Moché et à Aharon comment ils devaient interagir, a, peut-on dire, constitué une équipe de Moché et d'Aharon, à travers laquelle s'accomplira la délivrance d'Israël. Et voici, à proprement parler, que dans notre passage tout commence. Nous lisons à partir du verset 8 du chapitre 7.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן לֵאמֹר׃
vayomer adonáy el-moché ve'el-aharón lemór
8 Et le SEIGNEUR dit à Moché et à Aharon, en disant :
כִּי יְדַבֵּר אֲלֵכֶם פַּרְעֹה לֵאמֹר תְּנוּ לָכֶם מוֹפֵת וְאָמַרְתָּ אֶל־אַהֲרֹן קַח אֶת־מַטְּךָ וְהַשְׁלֵךְ לִפְנֵי־פַרְעֹה יְהִי לְתַנִּין׃
ki yedabbér alekhém par'ó lemór tenoú lakhém mofét ve'amartá el-Aharón ka'h et-mattekhá vehachlékh lifne-far'ó yehí letannín
9 Si (quand) Pharaon vous parlera, en disant : donnez-vous un prodige, alors dis à Aharon : « Prends ta verge (ton bâton) et jette-la devant Pharaon, et elle se changera en reptile ».
Que signifie donnez-vous ? Donnez quelque prodige qui démontrera votre force et vos possibilités, montrez, en tant que représentants de Dieu, votre truc professionnel, montrez quelque chose qui parle de vous, faites quelque signe.
Le mot mofét signifie modèle, exemple ou démonstration de quelque chose. Dans la Torah sont employés deux mots désignant le prodige : le mot ot (signe) – c'est le prodige dans les cieux et mofét – c'est le prodige sur la terre. Pharaon demande qu'on lui montre quelque chose qui révélerait la force de Moché et d'Aharon, qui serait leur attestation, leur diplôme. C'est-à-dire : « Présentez votre mandat magique ! » – voilà ce que, au fond, dit Pharaon dans sa langue païenne. Et ici le Très-Haut prévient que Pharaon demandera un prodige, demandera ce mandat magique.
Pourquoi est-ce que je traduis le mot tannin par reptile ? En hébreu moderne (et en hébreu plus ancien) tannin signifie crocodile. Et chez les prophètes, le mot tannin est employé à propos de Pharaon au sens de crocodile. Pharaon est un grand crocodile assis près du Nil, qui dit : « Le Nil m'appartient, c'est moi qui l'ai fait ». Une autre signification du mot tannin – c'est serpent, serpent-cobra, grand serpent. Et ici, quand nous lisons, on ne comprend pas d'après le texte s'il s'agit d'un crocodile ou d'un serpent. Le serpent est le symbole du pouvoir de l'Égypte, le serpent – c'est le sceptre que Pharaon tient dans ses mains, et le crocodile, à proprement parler, c'est le symbole du pays d'Égypte. C'est pourquoi cela peut être l'un comme l'autre. Bien que la plupart des commentateurs et la plupart des interprètes parlent ici du serpent, je suis tout de même enclin à comprendre qu'il s'agit ici du crocodile.
וַיָּבֹא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן אֶל־פַּרְעֹה וַיַּעַשׂוּ כֵן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה וַיַּשְׁלֵךְ אַהֲרֹן אֶת־מַטֵּהוּ לִפְנֵי פַרְעֹה וְלִפְנֵי עֲבָדָיו וַיְהִי לְתַנִּין׃
vayavóLa ligne de translittération de l'original commence par « voyavo », alors que l'hébreu porte « vayavó » (et ils vinrent) ; nous suivons l'hébreu. moché ve'aharón el-par'ó vaya'asou-khén ka'achér tsivvá adonáy vayachlékh aharón et-mattéhou lifné far'ó velifné avadáv vayhí letannín
10 Et Moché et Aharon vinrent vers Pharaon, et firent comme le SEIGNEUR l'avait ordonné (sans même attendre que Pharaon leur demande quoi que ce soit). Et Aharon jeta son bâton devant Pharaon et devant ses serviteurs, et il devint un crocodile.
וַיִּקְרָא גַּם־פַּרְעֹה לַחֲכָמִים וְלַמְכַשְּׁפִים וַיַּעֲשׂוּ גַם־הֵם חַרְטֻמֵּי מִצְרַיִם בְּלַהֲטֵיהֶם כֵּן׃
vayikrá gam-par'ó la'hakhamím velamkhachefím vaya'asoú gam-hém 'hartoummé mitsráyim belahatehém ken
11 Pharaon aussi appela ses sages et ses sorciers, et les prêtres égyptiens firent de même au moyen de leurs tours.
Le mot lahatéhém (par leurs tours), qui est employé ici, vient de la même racine que le mot lilot – cacher dans le brouillard, dissimuler aux yeux. C'est-à-dire qu'on peut comprendre que les prêtres égyptiens ont fait ce qu'on appelle en hébreu a'hizat éynayim (saisie des yeux). C'était simplement une illusion d'optique, ils ont fait une espèce d'« attrape-nigaud », c'est ainsi qu'on peut le comprendre.
וַיַּשְׁלִיכוּ אִישׁ מַטֵּהוּ וַיִּהְיוּ לְתַנִּינִם וַיִּבְלַע מַטֵּה־אַהֲרֹן אֶת־מַטֹּתָם׃
vayachlíkhou ich mattéhou vayihyoú letanniním vayivlá matte-aharón et-mattotám
12 Et chacun jeta son bâton, et ils devinrent des crocodiles, et le bâton d'Aharon engloutit leurs bâtons.
Ce n'est pas le crocodile d'Aharon qui a englouti les crocodiles, parce qu'il est tout à fait possible qu'il n'y ait eu aucun crocodile, mais le bâton d'Aharon a englouti tous les bâtons. C'est-à-dire que l'illusion d'optique n'agit pas sur tout le monde. Il y a, bien entendu, différentes opinions, et il est tout à fait possible que les sages d'Égypte aient été capables d'un tour tel que transformer réellement un bâton en crocodile, ou bien ils prenaient des crocodiles et les transformaient en bâtons. On a dit beaucoup de choses à ce sujet, et nous ne pouvons pas le comprendre avec certitude. Mais ce mot intéressant lahatéhém, dont nous avons déjà parlé, indique justement la prestidigitation, et il est difficile de le laisser passer.
Quoi qu'il en soit, les sages d'Égypte, les prêtres égyptiens, les magiciens de la cour ont fait quelque chose qui a impressionné Pharaon, et cela a eu le même air que chez Aharon et Moché, bien que leur école de magie soit meilleure, et que leur petit crocodile soit sorti plus fort. Mais c'est une affaire qui s'acquiert, une affaire d'expérience, et sinon – « nous aussi, on sait faire nos crocodiles à nous, de fabrication nationale, c'est pourquoi – non, vos technologies ne nous impressionnent pas ».
וַיֶּחֱזַק לֵב פַּרְעֹה וְלֹא שָׁמַע אֲלֵהֶם כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה׃
vaye'hezák lev par'ó veló chamá alehém ka'achér dibbér adonáy
13 Et le cœur de Pharaon s'affermit, et il ne les écouta pas, comme l'avait dit le SEIGNEUR.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה כָּבֵד לֵב פַּרְעֹה מֵאֵן לְשַׁלַּח הָעָם׃
vayomer adonáy el-moché kavéd lev par'ó me'én lechallá'h ha'ám
14 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Le cœur de Pharaon est lourd, il ne veut pas renvoyer le peuple.
L'esprit de rivalité, l'esprit de concurrence, apparemment, s'est emparé du cœur de Pharaon. C'est lourd de céder, c'est lourd de consentir à ce à quoi on n'avait pas consenti au début, Pharaon ne veut pas laisser partir le peuple.
לֵךְ אֶל־פַּרְעֹה בַּבֹּקֶר הִנֵּה יֹצֵא הַמַּיְמָה וְנִצַּבְתָּ לִקְרָאתוֹ עַל־שְׂפַת הַיְאֹר וְהַמַּטֶּה אֲשֶׁר־נֶהְפַּךְ לְנָחָשׁ תִּקַּח בְּיָדֶךָ׃
lekh el-par'ó babbóker hinné yotsé hammáyma venittsavtá likrató al-sefát hay'ór vehammatté acher-nehpákh lena'hách tikká'h beyadékha
15 Va chez Pharaon le matin, le matin il sort vers l'eau, tu te tiendras en face de lui sur la rive du Nil, et ce bâton même qui se changeait en serpent, tu le prendras dans tes mains.
Il y a une multitude de commentaires sur la raison pour laquelle et le but pour lequel Pharaon sort le matin vers l'eau. Comme je le dis toujours, les commentateurs parlent davantage d'eux-mêmes. L'un des commentateurs médiévaux dit que Pharaon avait un faucon, et qu'il sortait, selon la coutume des rois, pratiquer la chasse au faucon sur la rive du Nil. Ce commentateur vit en Silésie, et ce qu'il voit, il le dit, en le rapportant à l'époque de Pharaon. D'autres commentateurs disent que Pharaon se faisait passer pour un dieu et qu'il ne lui était pas permis de « faire ses besoins », il ne fallait pas que le peuple sache qu'il allait quelque part faire ses besoins, c'est pourquoi, de bon matin, avant l'aube, il courait en cachette au Nil pour faire tout ce qui lui était physiologiquement nécessaire. Alors, le reste du temps, il pouvait bien se faire passer pour un dieu ; pauvres digestion et système urogénital de Pharaon. Mais on peut aussi supposer le plus simple : comme tous les Égyptiens (comme cela est représenté sur de nombreux papyrus égyptiens), Pharaon sortait vers l'eau pour se baigner, une sorte d'ablution matinale.
Ici il faut se rappeler qu'il y avait encore le bâton de Moché, le bâton qui se changeait réellement, certainement pas en crocodile, mais en serpent – là-bas, encore en Midyan, sur le mont 'Horev, et le Très-Haut a dit à Moché de prendre ce bâton avec lui.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הַשְׁכֵּם בַּבֹּקֶר וְהִתְיַצֵּב לִפְנֵי פַרְעֹה הִנֵּה יוֹצֵא הַמָּיְמָה וְאָמַרְתָּ אֵלָיו כֹּה אָמַר יְהוָה שַׁלַּח עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי׃
ve'amartá eláv adonáy elohé ha'ivrím chela'háni elékha lemór challá'h et-ammí veya'avdoúni bammidbár vehinné lo-chamá'ta ad-kó
16 Et dis à Pharaon : « Le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux, m'a envoyé vers toi pour dire : laisse partir mon peuple, et ils Me serviront dans le désert. Et voici, jusqu'à présent tu n'as pas écouté ».
כֹּה אָמַר יְהוָה בְּזֹאת תֵּדַע כִּי אֲנִי יְהוָה הִנֵּה אָנֹכִי מַכֶּה בַּמַּטֶּה אֲשֶׁר־בְּיָדִי עַל־הַמַּיִם אֲשֶׁר בַּיְאֹר וְנֶהֶפְכוּ לְדָם׃
ko amár adonáy bezót tedá ki aní adonáy hinné anokhí makké bammatté acher-beyadí al-hammáyim achér bay'ór venehefkhoú ledám
17 Ainsi parle le SEIGNEUR : « Ainsi tu sauras que Je suis le SEIGNEUR : voici, je frapperai avec le bâton qui est dans ma main sur les eaux qui sont dans le Nil, et elles se changeront en sang ».
Ici le mot dám (sang), nous en parlons toujours, est devenu le nom courant de la plaie – l'eau qui se change en sang. Se change-t-elle littéralement en sang ou non, il y a un débat à ce sujet. La majorité des commentateurs juifs disent qu'elle ne se change en sang que d'aspect, parce que le sang à l'état liquide, sous forme de fleuve, ne peut pas exister : il s'oxyde, il coagule, le sang se gâte instantanément. C'est pourquoi on dit que le fleuve avait l'aspect désagréable du sang, mais le goût de l'eau.
וְהַדָּגָה אֲשֶׁר־בַּיְאֹר תָּמוּת וּבָאַשׁ הַיְאֹר וְנִלְאוּ מִצְרַיִם לִשְׁתּוֹת מַיִם מִן־הַיְאֹר׃
vehaddagá acher-bay'ór tamoút ouva'ách hay'ór venil'oú mitsráyim lichtót máyim min-hay'ór
18 Et tout le poisson dans le Nil mourra, à cause de cela le Nil pourrira (puera), et les Égyptiens ne pourront pas (ne prendront pas sur eux) boire l'eau du Nil.
Le poisson a péri, et c'est précisément la mort du poisson qui a rendu l'eau du Nil répugnante. S'il en avait été autrement, les Égyptiens se seraient encore mis à la boire, malgré cette couleur rouge sanglante, mais le poisson mort a rendu l'eau répugnante.
Il y a beaucoup de tentatives différentes de reconstituer la transformation de l'eau en sang, au sens littéral ou au sens « d'aspect ». Au zoo biblique de Jérusalem, qui s'appelle Gán haTanákhi (le Jardin biblique), il y a une section de démonstration de ce genre : des étudiants montrent aux enfants comment une certaine bactérie, qui vit réellement dans le fleuve Nil et qui paraît verte, quand soudain, de façon inattendue, le soleil l'éclaire, se change en rouge, s'épaissit et devient comme du sang. Et on dit qu'il y a certaines saisons où cela se produit, et qu'en Éthiopie il y a même de tels lacs rouges. Mais, si c'était un processus constant, cela n'aurait étonné personne en Égypte. C'est comme dire : « En décembre je frapperai avec un bâton, et demain il neigera ». Non, ce n'est pas étonnant. C'est-à-dire qu'il y a peut-être eu des périodes où le Nil devenait rouge (bien qu'on n'ait pas pu l'enregistrer), mais ici c'est un miracle manifeste. Dans la tradition égyptienne, dans les papyrus égyptiens, s'est conservée l'histoire d'un certain héros qui changeait les eaux du Nil en sang, et pendant une semaine il était impossible de boire l'eau. Peut-être sont-ce des traces de notre histoire, mais, d'une manière ou d'une autre, – que ce soit une bactérie qui ressemblait au sang, ou que ce soit du sang au sens littéral – pour les Égyptiens c'était un miracle, et le poisson est mort, et c'est précisément à cause du poisson que le Nil s'est mis à puer, et l'eau est devenue inacceptable pour la boisson. Il semble que, malgré tout, cela ne soit pas arrivé à cause du sang.
Donc, nous avons lu que Moché a reçu l'ordre de sortir le matin avec le bâton qui s'était autrefois changé en serpent, de se présenter devant Pharaon et de l'avertir en disant : « Voilà, maintenant je vais frapper un bon coup sur le Nil, et l'eau se changera en sang ! » Et c'est le premier ordre que reçoit Moché.
Au verset 19, nous lisons quelque chose de complètement différent.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה אֱמֹר אֶל־אַהֲרֹן קַח מַטְּךָ וּנְטֵה־יָדְךָ עַל־מֵימֵי מִצְרַיִם עַל־נַהֲרֹתָם עַל־יְאֹרֵיהֶם וְעַל־אַגְמֵיהֶם וְעַל כָּל־מִקְוֵה מֵימֵיהֶם וְיִהְיוּ־דָם וְהָיָה דָם בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרַיִם וּבָעֵצִים וּבָאֲבָנִים׃
vayomerDans la ligne de translittération de l'original, une voyelle manque au premier mot ; nous suivons le texte hébreu : vayomer. adonáy el-moché emór el-aharón ka'h mattekhá ounte-yadekhá al-memé mitsráyim al-naharotám al-ye'orehém ve'al-agmehém ve'ál kol-mikvé memehém veyihyou-dám veháya dam bekhol-érets mitsráyim ouva'etsím ouva'avaním
19 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Dis à Aharon : prends ton bâton et étends ta main sur les eaux égyptiennes, sur leurs rivières, sur leurs cours d'eau, sur leurs lacs, et sur tout rassemblement de leurs eaux – et elles seront du sang. Et il y aura du sang dans toute la terre égyptienne, et dans les arbres, et dans les pierres ».
C'est un ordre complètement différent ici. Aharon reçoit de Moché l'ordre de prendre son bâton (pas le bâton de Moché, pas celui qui se changeait en serpent) et non pas d'en frapper le Nil, mais de le tendre au-dessus de toutes les eaux égyptiennes, c'est-à-dire, avec le bâton tendu, d'étendre sa main, comme Moché le fera plus tard au-dessus de la mer, et pas seulement au-dessus du Nil, mais dans toute l'Égypte. Toute l'eau, selon cet ordre, se changera en sang. Il semblerait que ce soient là deux ordres contradictoires. Mais nous avons dit que Moché et Aharon sont une équipe, et qu'ils agissent chacun dans sa direction. Ici on peut comprendre ainsi : Moché agit devant Pharaon, pour Pharaon le Nil est important – c'est son enfant, son père et son fils, c'est sa divinité ancestrale, c'est, pour ainsi dire, son temple. Et c'est pourquoi pour Pharaon on donne une représentation, à part, distincte, et pour tous les Égyptiens une tout autre. Dans ce cas, Pharaon doit comprendre que le SEIGNEUR est le maître absolu dans le monde. Comment ont-ils donc agi ?
וַיַּעֲשׂוּ־כֵן מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה וַיָּרֶם בַּמַּטֶּה וַיַּךְ אֶת־הַמַּיִם אֲשֶׁר בַּיְאֹר לְעֵינֵי פַרְעֹה וּלְעֵינֵי עֲבָדָיו וַיֵּהָפְכוּ כָּל־הַמַּיִם אֲשֶׁר־בַּיְאֹר לְדָם׃
vaya'asou-khén moché ve'aharón ka'achér tsivvá adonáy vayárem bammatté vayákh et-hammáyim achér bay'ór le'ené far'ó oul'ené avadáv vayehafekhoú kol-hammáyim acher-bay'ór ledám
20 Et Moché et Aharon firent, tous deux, comme le SEIGNEUR l'avait ordonné, et ils levèrent le bâton, et frappèrent l'eau qui est dans le Nil, sous les yeux de Pharaon (c'est-à-dire qu'Aharon leva le bâton, et Moché frappa le Nil avec le bâton) et sous les yeux de ses serviteurs. Et les eaux qui sont dans le Nil se changèrent en sang.
וְהַדָּגָה אֲשֶׁר־בַּיְאֹר מֵתָה וַיִּבְאַשׁ הַיְאֹר וְלֹא־יָכְלוּ מִצְרַיִם לִשְׁתּוֹת מַיִם מִן־הַיְאֹר וַיְהִי הַדָּם בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vehaddagá achér-bay'ór méta vayiv'ách hay'ór velo-yakheloú mitsráyim lichtót máyim min-hay'ór vayhí haddám bekhol-érets mitsráyim
21 Et tout le poisson qui était dans le Nil mourut, et le Nil se mit à puer, et les Égyptiens ne pouvaient pas boire l'eau du Nil, et il y eut du sang dans toute la terre égyptienne.
וַיַּעֲשׂוּ־כֵן חַרְטֻמֵּי מִצְרַיִם בְּלָטֵיהֶם וַיֶּחֱזַק לֵב־פַּרְעֹה וְלֹא־שָׁמַע אֲלֵהֶם כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה׃
vaya'asou-khén 'hartoummé mitsráyim belatehém vaye'hezák lev-par'ó velo-chamá alehém ka'achér dibbér adonáy
22 Et de nouveau les prêtres (les sorciers, les travailleurs à domicile égyptiens) firent exactement de même par leurs tours, et le cœur de Pharaon se renforça, et il ne les écoutait pas, comme l'avait dit le SEIGNEUR.
וַיִּפֶן פַּרְעֹה וַיָּבֹא אֶל־בֵּיתוֹ וְלֹא־שָׁת לִבּוֹ גַּם־לָזֹאת׃
vayífen par'ó vayavó el-betó velo-chát libbó gam-lazót
23 Et Pharaon se retourna, et cela non plus, il n'y prêta pas attention (Pharaon se retourna simplement et s'en alla chez lui).
וַיַּחְפְּרוּ כָל־מִצְרַיִם סְבִיבֹת הַיְאֹר מַיִם לִשְׁתּוֹת כִּי לֹא יָכְלוּ לִשְׁתֹּת מִמֵּימֵי הַיְאֹר׃
vaya'hperoú khol-mitsráyim sevivót hay'ór máyim lichtót ki lo yakheloú lichtót mimmemé hay'ór
24 Et les Égyptiens creusaient aux environs du Nil pour de l'eau, afin de boire (sans doute pensaient-ils que la terre filtrerait cette maudite bactérie, ou qu'il arriverait encore autre chose, et qu'ils trouveraient de l'eau potable), et ils ne pouvaient pas boire l'eau égyptienne.
וַיִּמָּלֵא שִׁבְעַת יָמִים אַחֲרֵי הַכּוֹת־יְהוָה אֶת־הַיְאֹר׃
vayimmalé chiv'át yamím a'haré hakkot-adonáy et-hay'ór
25 Sept jours passèrent après le coup que le Très-Haut porta au Nil.
Ici, ce n'est pas très clair : pendant les sept jours entiers ils n'avaient pas d'eau normale, ou bien l'eau ne s'est changée en sang que pour un certain temps. Car les prêtres ont bien trouvé de l'eau quelque part, pour la changer elle aussi en sang. Beaucoup de commentateurs disent que les Égyptiens devaient pendant ce temps acheter de l'eau aux Hébreux (c'est ce que dit le midrach) et que les Hébreux s'en sont enrichis. Si quelqu'un en offrait à un Égyptien, l'eau se changeait en sang. Si un Égyptien essayait de prendre de l'eau, elle se changeait en sang, et il n'était possible que d'acheter. Mais c'est encore une fois le midrach. D'autres commentateurs disent que l'eau n'a pas été du sang pendant sept jours.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בֹּא אֶל־פַּרְעֹה וְאָמַרְתָּ אֵלָיו כֹּה אָמַר יְהוָה שַׁלַּח אֶת־עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי׃
vayomer adonáy el-moché bo el-par'ó ve'amartá eláv ko amár adonáy challá'h et-ammí veya'avdoúni
26 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Va chez Pharaon et dis-lui : ainsi a dit le SEIGNEUR : laisse partir Mon peuple, et ils Me serviront ».
Cette phrase très caractéristique, challá'h et-ammi (laisse partir Mon peuple), d'ailleurs, ne se répète pas ici pour la première fois ; elle est devenue une chanson, elle est passée en citations. Beaucoup de gens qui viennent au Très-Haut disent : « J'étais toxicomane, j'étais un alcoolique malade, j'étais ceci, j'étais cela. Dieu m'a libéré, et maintenant j'ai la paix avec Dieu, j'ai de bonnes relations avec Dieu ». Mais l'histoire ne s'arrête justement pas à la phrase laisse partir mon peuple, elle a une suite : challá'h et-ammí veya'avdoúni – laisse partir Mon peuple pour qu'il Me serve. C'est-à-dire que Dieu libère les gens pour qu'ils concluent avec Lui une alliance, entrent avec Lui dans l'alliance et Le servent. Si bien qu'il reste une question : à qui es-tu nécessaire, si libre et libéré, si tu ne sers pas le Très-Haut ? Moché demande tout le temps que Pharaon laisse partir le peuple non pas simplement pour se promener, mais qu'il le laisse partir au service du Très-Haut. Le Très-Haut ne veut pas simplement donner la liberté – Il veut que cette liberté soit utilisée pour Le servir.
וְאִם־מָאֵן אַתָּה לְשַׁלֵּחַ הִנֵּה אָנֹכִי נֹגֵף אֶת־כָּל־גְּבוּלְךָ בַּצְפַרְדְּעִים׃
ve'im-ma'én attá lechalléa'h hinné anokhí nogéf et-kol-gevoulekhá batsfarde'ím
27 Et si tu refuses de renvoyer, Je frapperai toutes tes frontières par des crapauds.
Le mot tsfardéa peut se comprendre comme grenouille, peut se comprendre comme crapaud à dents, une telle parente du crapaud, mais elle mord plus douloureusement. Les crapauds sont des animaux impurs, bien que les Égyptiens aient une déesse à tête de grenouille, chargée de la fertilité, de la prospérité de l'Égypte, mais chez eux l'un n'empêche pas l'autre. Les chambres à coucher étaient décorées de crapauds, les femmes portaient de petits talismans en forme de crapauds comme signe de fertilité. Nous avons dit que le peuple d'Israël, si l'on regarde avec les yeux des Égyptiens, yichrétsou (s'est mis à grouiller) en Égypte, et cela les indignait. Et voici qu'ici, en réponse à l'indignation des Égyptiens, se produit un grouillement de crapauds. Il y a beaucoup de commentaires qui expliquent pourquoi la frappe se fait justement par des crapauds. Par exemple, parce que les enfants égyptiens aimaient jouer avec les grenouilles et obligeaient les Juifs à les attraper. Ou bien parce que les femmes juives étaient obligées de retenir leur cri pendant l'accouchement, pour qu'on ne les repère pas et qu'on ne tue pas les nourrissons, et sont apparus des crapauds qui se sont mis à crier. Mais, quoi qu'il en soit, le crapaud est un symbole de fertilité, un symbole très important pour l'Égypte, et en même temps un symbole d'impureté : le crapaud rend impure toute nourriture, toute vaisselle qu'il touche. Et Moché dit ici que le Très-Haut frappera toutes les frontières égyptiennes par des crapauds (ou des grenouilles).
וְשָׁרַץ הַיְאֹר צְפַרְדְּעִים וְעָלוּ וּבָאוּ בְּבֵיתֶךָ וּבַחֲדַר מִשְׁכָּבְךָ וְעַל־מִטָּתֶךָ וּבְבֵית עֲבָדֶיךָ וּבְעַמֶּךָ וּבְתַנּוּרֶיךָ וּבְמִשְׁאֲרוֹתֶיךָ׃
vecharáts hay'ór tsefarde'ím ve'aloú ouváou bevetékha ouva'hadár michkavekhá ve'al-mittatékha ouvevét avadékha ouv'ammékha ouvtannourékha ouvmich'arotékha
28 Et le Nil grouillera de grenouilles, et elles monteront, et elles viendront dans ta maison, dans ta chambre à coucher, sur ton lit, et dans la maison de tes serviteurs, et dans ton peuple, dans leurs fours et dans leurs pétrins.
Moché dit à Pharaon : « Si tu penses que la plaie du sang ne t'a pas touché, alors ici tout commencera justement par toi, les crapauds viendront dans ta maison : ils pénétreront aussi dans la chambre à coucher, là où le peuple dort, où les enfants sont conçus, et là où l'on fait la nourriture. Dans toutes les sphères de la vie pénétrera l'animal impur, coassant, répugnant – le crapaud ».
וּבְכָה וּבְעַמְּךָ וּבְכָל־עֲבָדֶיךָ יַעֲלוּ הַצְפַרְדְּעִים׃
ouvkhá ouv'ammekhá ouvkhol-avadékha ya'aloú hatsfarde'ím
29 Sur toi et sur ton peuple, et sur tous tes serviteurs monteront les grenouilles.
Le Très-Haut peut punir Pharaon aussi au moyen des grenouilles : « Tu penses que tu es un grand crocodile, mais pour Moi tu n'es peut-être qu'un bâton (de même que l'Assyrie est appelée bâton qui châtie). Et maintenant toute ta force peut être détruite à travers les dieux qui te protègent, y compris à travers la grenouille dont vous avez fixé la tête à votre déesse ».
Ici se termine le chapitre 7 et nous continuons à lire à partir du verset 1 du chapitre 8.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה אֱמֹר אֶל־אַהֲרֹן נְטֵה אֶת־יָדְךָ בְּמַטֶּךָ עַל־הַנְּהָרֹת עַל־הַיְאֹרִים וְעַל־הָאֲגַמִּים וְהַעַל אֶת־הַצְפַרְדְּעִים עַל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vayomer adonáy el-moché emór el-aharón neté et-yadékha bemattékha al-hanneharót al-hay'orím ve'al-ha'agammím vehá'alLa ligne de translittération de l'original commence ce mot par « be » ; l'hébreu porte la conjonction « et » (vav), d'où vehá'al. et-hatsfarde'ím al-érets mitsrayim
1 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Dis à Aharon : étends ta main avec ton bâton sur les fleuves, et sur les torrents, et sur les lacs et fais monter les grenouilles (les crapauds) sur le pays d'Égypte ».
וַיֵּט אַהֲרֹן אֶת־יָדוֹ עַל מֵימֵי מִצְרָיִם וַתַּעַל הַצְּפַרְדֵּעַ וַתְּכַס אֶת־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vayét aharón et-yadó al memé mitsráyim vattá'al hattsefardéa vattekhás et-érets mitsráyim
2 Et Aharon leva sa main sur les eaux égyptiennes, et la grenouille monta et couvrit toute la terre d'Égypte.
Le mot hatsefardéa, qui est employé ici, – c'est une image collective, ce n'est pas seulement le poisson comme un seul poisson, mais aussi comme beaucoup de poisson, comme tout le poisson. L'oiseau du ciel aussi ne désigne pas seulement un seul petit oiseau, mais peut désigner tous les oiseaux.
Ainsi donc, la grenouille monta, et dans le Talmud il y a une controverse. Les uns disent que ce sont beaucoup de grenouilles qui sont montées, c'est simplement un nom collectif. Il y a une opinion intéressante de Rabbi Akiva : c'était une seule grenouille et elle s'est éparpillée, elle s'est répandue sur toute l'Égypte. Quelqu'un dit que la grenouille a sifflé et que toutes les autres se sont rassemblées. Et il y a encore un tel midrach intéressant. Les Égyptiens ont vu cette énorme grenouille-godzilla, d'une taille incroyable, et se sont mis à la frapper. Et quand ils la frappaient, elle s'éparpillait et d'elle tombaient des crapauds, comme du Zmeï Gorynytch – les têtes, c'est-à-dire qu'on obtenait une telle multicrapauderie. Et, bien que les Égyptiens voient que, du fait qu'ils la frappent, cela ne fait qu'empirer pour eux, ils continuaient quand même à la frapper. J'ai entendu à ce sujet un commentaire très intéressant de mon maître, qui a dit : « S'ils voyaient qu'elle ne faisait que se multiplier, pourquoi donc la frappaient-ils ? C'est la nature de la colère humaine. Quand un homme est en colère, quand il frappe quelque chose, casse quelque chose, démolit quelque chose, en réalité, il comprend que cela ne le calmera pas, que cela ne fera que l'exciter davantage, mais la colère lui voile les yeux ». Le midrach cite cet exemple, utilise l'histoire des crapauds comme matériau, pour montrer comment agit la colère. Ce midrach, nous le mettrons de côté, et, très probablement, il s'agit ici tout de même de la grenouille comme image collective, simplement de nombreuses grenouilles qui ont couvert toute la terre.
וַיַּעֲשׂוּ־כֵן הַחֲרְטֻמִּים בְּלָטֵיהֶם וַיַּעֲלוּ אֶת־הַצְפַרְדְּעִים עַל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vaya'asou-khén ha'hartoummím belatehém vaya'aloú et-hatsfarde'ím al-érets mitsráyim
3 Et les prêtres égyptiens aussi firent de même, eux aussi firent monter des grenouilles sur la terre d'Égypte.
וַיִּקְרָא פַרְעֹה לְמֹשֶׁה וּלְאַהֲרֹן וַיֹּאמֶר הַעְתִּירוּ אֶל־יְהוָה וְיָסֵר הַצְפַרְדְּעִים מִמֶּנִּי וּמֵעַמִּי וַאֲשַׁלְּחָה אֶת־הָעָם וְיִזְבְּחוּ לַיהוָה׃
vayikrá far'ó lemochéLa ligne de translittération de l'original écrit « lemaché » ; l'hébreu porte le nom de Moché, d'où lemoché. oul'aharón vayomer ha'tírou el-adonáy veyassér hatsfarde'ím mimménni oume'ammí va'achalle'há et-ha'ám veyizbe'hoú ladonáy
4 Et Pharaon appela Moché et Aharon, et leur dit : « Plaignez-vous, implorezLe texte original porte ici un mot signifiant « simplifiez », manifestement une coquille pour un mot presque identique signifiant « implorez », que nous traduisons. « Plaignez-vous » est rendu littéralement. le SEIGNEUR, et Il ôtera de moi les grenouilles, et de mon peuple, et j'enverrai (je renverrai) le peuple, et vous offrirez un sacrifice au Très-Haut ».
Pharaon demande maintenant de prier le SEIGNEUR, ce même SEIGNEUR qu'il ne connaissait pas encore au chapitre 5. Sitôt dit, sitôt fait. Un grand changement s'est dessiné dans le processus d'éducation de Pharaon : il croit déjà au Dieu d'Israël. Mais Moché a besoin qu'il devienne clair que ce n'est pas un hasard, pas un concours de circonstances. C'est pourquoi ensuite Moché dit : « Eh bien, comme vous commanderez ».
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לְפַרְעֹה הִתְפָּאֵר עָלַי לְמָתַי אַעְתִּיר לְךָ וְלַעֲבָדֶיךָ וּלְעַמְּךָ לְהַכְרִית הַצֲפַרְדְּעִים מִמְּךָ וּמִבָּתֶּיךָ רַק בַּיְאֹר תִּשָּׁאַרְנָה׃
vayomer moché lefar'ó hitpa'ér aláy lematáy a'tír lekhá vela'avadékha oul'ammekhá lehakhrít hatsfarde'ím mimmekhá oumibbattékha rak bay'ór ticha'árna
5 Et Moché dit à Pharaon : « Quand daignerez-vous que les grenouilles s'en aillent ? Et je demanderai pour toi, et pour tes serviteurs, et pour ton peuple d'ôter les grenouilles de toi et de ta maison, seulement dans le Nil elles resteront ».
Moché dit : « Au moment fixé par toi, pour que tu comprennes que ce ne sont pas quelques tours astrologiques, que ce n'est pas quelque moment deviné par magie. Tu indiqueras quand, et je demanderai au Très-Haut d'ôter les grenouilles, pour que tu saches que c'est Sa main ».
וַיֹּאמֶר לְמָחָר וַיֹּאמֶר כִּדְבָרְךָ לְמַעַן תֵּדַע כִּי־אֵין כַּיהוָה אֱלֹהֵינוּ׃
vayomer lema'hárDans la ligne de translittération de l'original, le deuxième mot se termine par erreur par « kh » au lieu de « r » ; nous suivons l'hébreu : lema'hár (demain). vayomer kidvarekhá lemá'an tedá ki-én kadonáy elohénou
6 Et Pharaon dit : « Pour le jour de demain ». Et Moché dit : « Qu'il en soit selon tes paroles, afin que tu saches qu'il n'y a pas de Dieu comme notre SEIGNEUR ».
Encore une fois, pour revenir aux savoirs : afin que tu ne saches pas seulement que Dieu existe (cela, Pharaon semble l'avoir déjà reconnu), mais afin que tu saches qu'il n'y a pas de Dieu comme notre SEIGNEUR.
Passage au peigne fin (8,7–18)
Avec l'aide de Dieu, nous allons continuer, vous et moi, à lire la section hebdomadaire Vaéra. Mais avant de continuer, je voudrais répondre à une question qui se pose chez ceux qui lisent le livre de Chémot. Une question qui s'impose d'elle-même et tout à fait naturelle, composée de deux parties. La première partie de la question : pourquoi Moché et Aharon, représentants d'un peuple asservi, se promènent-ils si librement, d'où ont-ils tant de temps libre, et comment Aharon peut-il aller à la rencontre de Moché manifestement sur une distance plus grande que trois jours de marche ? Et la deuxième partie de la question : pourquoi Pharaon n'anéantit-il pas simplement ces gens ? Dès la première plaie, on aurait pu déclarer Moché et Aharon criminels d'État, les condamner à dix ans sans droit de correspondance et les fusiller discrètement quelque part dans les profondeurs de l'une des pyramides. Pourquoi Pharaon ne le fait-il pas ?
Moché et Aharon, il faut le rappeler, ont plus de 80 ans, plus exactement Moché – 80 ans, Aharon – 83. En tout état de cause, c'est l'âge de la retraite. En Égypte, à cette époque, il existe deux sortes d'esclaves. La première sorte s'appelle 'hémouou. 'Hémouou – ce sont les esclaves de Pharaon ou serfs, c'est-à-dire, pour parler plus simplement, des salariés du secteur public. Le fait est que l'agriculture ne prenait pas beaucoup de temps aux gens, parce que les semailles et la moisson en Égypte sont proches l'une de l'autre dans le temps, il y a peu de travail, et la plus grande partie de l'année on aurait pu la passer dans l'oisiveté. Mais, comme nous nous en souvenons, Yossef a racheté tous les citoyens d'Égypte, les a rendus complètement asservis, et ils se sont mis à travailler, à vivre selon un système de cartes de rationnement. Pendant le temps où ils ne pouvaient pas, ne devaient pas s'occuper de leurs parcelles agricoles, ils étaient réquisitionnés pour la construction d'ouvrages – pour tout ce qu'on voulait, pour n'importe quels travaux – et en conséquence ils étaient nourris par le budget. Au fond, on leur prenait le blé qu'ils avaient eux-mêmes produit et on les obligeait à travailler pour ce même blé, c'est le système du servage. Ces gens s'appartenaient à eux-mêmes, ils pouvaient, en principe, partir où bon leur semblait, se déplacer où bon leur semblait, ils pouvaient avoir des biens et même avoir eux-mêmes des esclaves (bakou). Les bakou, c'est une autre catégorie d'esclaves, ce sont des esclaves au plein sens de ce mot, la propriété du maître, un être totalement privé de droits, qui travaillait, en règle générale, à des travaux domestiques, dans la maison ou sur les plantations, ne participait pas aux grands chantiers de l'État et ainsi de suite.
Quand nous regardons les pyramides, ces ouvrages immenses, nous supposons que ce sont des esclaves qui les ont construites. Mais pas les esclaves bakou, justement les 'hémouou – les fonctionnaires égyptiens. En outre, le travail des 'hémouou se répartissait en différents niveaux professionnels, et à en juger de l'extérieur, le travail de « mouleur » de briques était plus léger que le travail de tailleur de pierre ou de porteur de pierres. Ainsi les Hébreux, en tant que mouleurs de briques, étaient dans une situation relativement privilégiée, et, en conséquence, Moché et Aharon, étant justement de ces salariés du secteur public, fonctionnaires, pouvaient prendre leur retraite à un certain âge et recevoir leur subsistance du budget de leur communauté, qui était alloué aux vieillards. C'est ce que disent les papyrus égyptiens.
Maintenant, en ce qui concerne les répressions. Pourquoi, au fond, Pharaon n'a-t-il pas tout bonnement tué Moché et Aharon ? Parce qu'en Égypte il y a un système de justice. Pharaon est soumis à la déesse Maât, en laquelle il croit, pour lui c'est une déesse réellement existante, elle est la déesse de la justice. Et, en conséquence, le système des lois égyptiennes, dont l'Égypte est très fière, s'appelle lois de Maât. Selon ces lois, la peine de mort n'est prévue que dans des cas très, très, très rares. On applique la bastonnade, les amendes, la confiscation des biens, même la mutilation. Il y a eu un homme à qui on a coupé le nez, il y a eu un homme à qui on a coupé l'oreille, mais la peine de mort n'était pratiquement pas appliquée.
En quoi consiste le crime de Moché et d'Aharon ? Ils accomplissent la mission d'envoyés de leur Dieu et, malgré l'énorme dommage qui en résulte, du point de vue de la justice, Moché et Aharon n'ont rien fait de tel qui relève d'un tribunal : Pharaon n'est pas Kim Il-sung, pas Staline, et il n'exécute pas les gens à droite et à gauche. Une certaine apparence de justice existe tout de même en Égypte. Nous nous souvenons qu'en son temps Moché a fui la justice. Voilà, quand Moché a tué l'Égyptien, c'était bien le moment de l'exécuter. Mais nous nous souvenons que l'ange a dit à Moché : « Ils sont morts, ceux qui cherchaient ton âme ». À la mort de Pharaon avait lieu une amnistie à l'égard de tous les criminels recherchés. Moché tombait sous cette amnistie – peu importe qu'il ait été présent en personne ou non, c'est pourquoi il pouvait revenir tranquillement. À ce sujet, en son temps, Moché dira à propos du Très-Haut : « Lui qui m'a sauvé de l'épée de Pharaon ». Mais pendant toute l'histoire des plaies, Moché et Aharon ne relèvent d'aucun tribunal. En outre, il y aura un cas, nous le lirons, où Pharaon dira : « Que je te voie encore une fois, et tu es un condamné à mort ». Nous examinerons ce cas séparément, et pour l'instant voici une telle réponse.
Et nous, vous et moi, nous nous sommes arrêtés dans le passage précédent littéralement au milieu de la conversation de Moché avec Pharaon sur la plaie des crapauds. Pour nous rafraîchir la mémoire, revenons un tout petit peu en arrière et lisons à partir du verset 5 du chapitre 8 :
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לְפַרְעֹה הִתְפָּאֵר עָלַי לְמָתַי אַעְתִּיר לְךָ וְלַעֲבָדֶיךָ וּלְעַמְּךָ לְהַכְרִית הַצֲפַרְדְּעִים מִמְּךָ וּמִבָּתֶּיךָ רַק בַּיְאֹר תִּשָּׁאַרְנָה׃
vayomer moché lefar'ó hitpa'ér aláy lematáy a'tír lekhá vela'avadékha oul'ammekhá lehakhrít hatsfarde'ím mimmekhá oumibbattékha rak bay'ór ticha'árna
5 Et Moché dit à Pharaon : « Comme bon te semblera, quand veux-tu que j'enlève ces crapauds, je prierai pour toi, et pour tes esclaves, et pour ton peuple, afin d'enlever, d'anéantir (retrancher) les crapauds loin de toi et de ta maison, seulement dans leur maison (dans le Nil) ils resteront.
Le mot léhakhrit signifie anéantir, exterminer, le mot likhrot, karat – retrancher. Au verset 4, Pharaon demandait que les grenouilles s'en aillent : « Qu'il écarte (yéyassér) de moi les grenouilles ». Ici Moché dit : « Je prierai pour toi, afin qu'Il anéantisse les grenouilles ». Quelle est la différence ? La différence est grande. Si les grenouilles entrent dans la maison d'un homme (ou ailleurs) et qu'elles meurent simplement dans son lit, dans son pétrin, partout où c'est possible, alors elles causent un tas de désagréments et de maux de tête même après leur mort. C'est pourquoi Pharaon demande que le Très-Haut anéantisse les grenouilles. Moché dit : « Toi, commande d'abord pour quand, et je prierai le Très-Haut pour qu'il tue ces grenouilles ».
וַיֹּאמֶר לְמָחָר וַיֹּאמֶר כִּדְבָרְךָ לְמַעַן תֵּדַע כִּי־אֵין כַּיהוָה אֱלֹהֵינוּ׃
vayomer lema'hár vayomer kidvarekhá lemá'an tedá ki-én kadonáy elohénou
6 Et il dit : « Pour demain ». Et Moché dit : « Il en sera selon tes paroles (nous verrons plus loin que ce n'est pas seulement en cela qu'il en sera selon ses paroles) – afin que tu saches qu'il n'y a pas de pareil à notre Dieu ».
וְסָרוּ הַצְפַרְדְּעִים מִמְּךָ וּמִבָּתֶּיךָ וּמֵעֲבָדֶיךָ וּמֵעַמֶּךָ רַק בַּיְאֹר תִּשָּׁאַרְנָה׃
vesaroú hatsfarde'ím mimmekhá oumibbattékha oume'avadékha oume'ammékha rak bay'ór ticha'árna
7 Et les grenouilles s'en iront loin de toi, et de ta maison, et de tes esclaves, et de ton peuple, et seulement dans le Nil elles resteront.
Le mot mimékha peut se traduire ici par de ton corps. Imaginez : les grenouilles, comme des sortes de parasites, entrent dans le corps. C'est, bien sûr, une histoire incroyable, mais c'est bien de miracles que nous parlons. Et imaginez qu'elles meurent là, à l'intérieur. Chose désagréable. Moché dit : « Il en sera selon ta parole : premièrement, ce sera demain, deuxièmement, les grenouilles s'en iront. Elles ne mourront pas directement dans vos maisons. Dans les rues de vos villes, peut-être qu'elles mourront, mais pas sur vos terrains ».
וַיֵּצֵא מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן מֵעִם פַּרְעֹה וַיִּצְעַק מֹשֶׁה אֶל־יְהוָה עַל־דְּבַר הַצְפַרְדְּעִים אֲשֶׁר־שָׂם לְפַרְעֹה׃
vayetsé moché ve'aharón me'ím par'ó vayits'ák moché el-adonáy al-devár hatsfarde'ím acher-sám lefar'ó
8 Et Moché et Aharon sortirent de chez Pharaon, et Moché cria au SEIGNEUR, Moché clama vers le SEIGNEUR au sujet de la parole sur les grenouilles qu'Il avait données à Pharaon.
C'est seulement au sujet de cette plaie qu'il est dit que Moché clama vers le SEIGNEUR. Se peut-il que Moché ait été à ce point pris à la gorge et se soit tant inquiété pour Pharaon ? Pourquoi Moché crie-t-il ? Moché ne s'est pas inquiété, Dieu nous en garde, de ce que les grenouilles causent quelque inconfort à Pharaon. Moché a clamé vers le Très-Haut pour que le choix qu'avait fait Pharaon s'accomplisse, pour qu'il n'y ait pas d'outrage au Très-Haut ; pour que ce que Moché avait dit à Pharaon, qu'il en serait selon Sa parole, pour que cela se réalise ; pour que Pharaon connaisse vraiment le Très-Haut, pour que le Très-Haut soit glorifié parmi les Égyptiens. Voilà ce pour quoi Moché clame.
וַיַּעַשׂ יְהוָה כִּדְבַר מֹשֶׁה וַיָּמֻתוּ הַצְפַרְדְּעִים מִן־הַבָּתִּים מִן־הַחֲצֵרֹת וּמִן־הַשָּׂדֹת׃
vayá'as adonáy kidvár moché vayamoútou hatsfarde'ím min-habbattím min-ha'hatserót oumin-hassadót
9 Et le SEIGNEUR fit comme l'avait dit Moché, et les grenouilles moururent, et hors des maisons, et hors des jardins, et hors des champs (on peut comprendre : étant sorties, ayant quitté les jardins, les maisons et les champs).
וַיִּצְבְּרוּ אֹתָם חֳמָרִם חֳמָרִם וַתִּבְאַשׁ הָאָרֶץ׃
vayitsberoú otám 'homarím 'homarím vattiv'ách ha'árets
10 Et ils les ramassaient tas après tas (ou bien on les ramassait en d'énormes tas), et la terre se mit à puer (désagréable, mais pas mortel).
וַיַּרְא פַּרְעֹה כִּי הָיְתָה הָרְוָחָה וְהַכְבֵּד אֶת־לִבּוֹ וְלֹא שָׁמַע אֲלֵהֶם כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה׃
vayár par'ó ki hayetá hareva'há vehakhbéd et-libbó veló chamá alehém ka'achér dibbér adonáy
11 Et Pharaon vit que le soulagement était venu, et il appesantit son cœur, et il ne les entendit pas, ne les écouta pas, comme l'avait dit le SEIGNEUR, comme l'avait aussi prédit le SEIGNEUR.
Cela aussi est un miracle, que Pharaon résiste, encaisse le coup : voyant qu'il y a un soulagement, Pharaon refuse de les renvoyer.
Au verset 12, nous lisons le début de la plaie suivante. Si les deux premières plaies, le sang et les grenouilles, étaient liées à l'eau, au Nil, les deux plaies suivantes seront liées aux animaux, comme nous le verrons.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה אֱמֹר אֶל־אַהֲרֹן נְטֵה אֶת־מַטְּךָ וְהַךְ אֶת־עֲפַר הָאָרֶץ וְהָיָה לְכִנִּם בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vayomer adonáy el-moché emór el-aharón neté et-mattekhá vehákh et-afár ha'árets vehayá lekhinním bekhol-érets mitsráyim
12 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Dis à Aharon : étends ton bâton et frappe sur la terre, sur la poussière de la terre, et elle se changera en poux dans tout le pays d'Égypte.
Le mot kiním, qui est employé ici, est habituellement compris comme poux dans la traduction russe moderne. Peut-être s'agit-il effectivement du pou blanc – ce fameux parasite répandu, qui vivait partout – et au Maghreb, et au Proche-Orient, et en Égypte, et dans le pays d'Israël, et presque dans le monde entier. Autrefois, c'était un phénomène très répandu, le compagnon éternel de l'homme. Le poète italien Marino a écrit des vers consacrés aux poux sur la boucle de cheveux de sa bien-aimée. Chez les Juifs, on considérait que les poux protègent du mauvais œil. Je me souviens que le Rabbi de Loubavitch interrogeait des prisonniers juifs soviétiques pour savoir s'ils avaient eu des poux, et se réjouissait beaucoup quand ils disaient qu'ils en avaient eu. Les proverbes russes, ukrainiens parlent eux aussi en faveur des poux : « s'il y a un pou, il y aura aussi un sou ; les poux apportent la richesse ». Bref, les poux sont un compagnon ancien de l'homme. Outre qu'ils paraissent à beaucoup si bénis, ils propagent bien sûr aussi des maladies. Ils mordent, ils ont une mâchoire d'une structure si particulière, qui permet de percer la peau et de boire le sang, ils causent énormément de désagréments. Il est intéressant que les poux soient des animaux strictement propres à une espèce. C'est-à-dire que les poux qui vivent sur l'homme ne passeront pas sur un chat, et les poux qui vivent sur un ours n'arriveront pas sur l'homme. Cela fait douter que ce soient précisément des poux qui sont apparus dans toute l'Égypte.
La Septante interprète kiním comme petits moustiques. C'est un animal qui, en russe, s'appelle mokrets. De tout petits, tout petits moustiques, de très petite taille, qui piquent de façon très douloureuse et désagréable, causent des tas et des tas de désagréments. Si toute la poussière d'Égypte s'est changée en cela, alors les enfants aussi sont constamment piqués, et il suffit d'ouvrir la bouche pour que dans la bouche, et même dans les oreilles, vienne voler ce moucheron désagréable, répugnant. Et, bien sûr, à qui cela peut-il faire du bien ? Et il y a une discussion sur la question de savoir quel était cet insecte. Il en est souvent ainsi dans l'Écriture : les noms de tels ou tels animaux ne nous sont pas parvenus, nous vivons à des époques différentes. Et quand, par exemple, nous disons petit scarabée ou cafard, nous pouvons entendre sous ces noms beaucoup, beaucoup d'insectes différents ; la même chose se produit aussi ici.
וַיַּעֲשׂוּ־כֵן וַיֵּט אַהֲרֹן אֶת־יָדוֹ בְמַטֵּהוּ וַיַּךְ אֶת־עֲפַר הָאָרֶץ וַתְּהִי הַכִּנָּם בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה כָּל־עֲפַר הָאָרֶץ הָיָה כִנִּים בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vaya'asou-khén vayét aharón et-yadó vemattéhou vayákh et-afár ha'árets vattehí hakkinnám ba'adám ouvabbehemá kol-afár ha'árets hayá khinním bekhol-érets mitsráyim
13. Et Moché et Aharon firent ainsi, et Aharon tendit, étendit sa main avec le bâton, et il frappa sur la poussière de la terre, et il y eut des poux sur l'homme et sur le bétail, toute la poussière se changea en poux, en ces insectes, dans tout le pays d'Égypte.
Voilà, du fait qu'il est dit que les insectes étaient et sur l'homme et sur le bétail, on conclut que ce n'est très probablement pas le pou blanc que nous connaissons, mais peut-être, voilà, quelques moustiques, des mokrets, parce que les poux ne passent pas de l'homme au bétail. Mais cela n'a pas d'importance, encore une fois, nous ne nous occupons pas de la science des insectes. Et il est clair que ce fut une immense humiliation, une immense défaite pour le peuple égyptien, il était impossible de faire quoi que ce soit : les femmes, les enfants criaient, une masse de maladies de peau est, sans aucun doute, apparue en même temps. Ce qui est étonnant : Moché, ici, n'y est pour ainsi dire pour rien, du point de vue de Pharaon. Si auparavant Moché venait et faisait une annonce : voilà, si tu ne laisses pas partir, alors j'agirai de telle et telle manière. La plaie décrite dans ce verset se produit sans déclaration de guerre. Pourquoi il en est ainsi, nous le lirons au verset 14.
וַיַּעֲשׂוּ־כֵן הַחַרְטֻמִּים בְּלָטֵיהֶם לְהוֹצִיא אֶת־הַכִּנִּים וְלֹא יָכֹלוּ וַתְּהִי הַכִּנָּם בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה׃
vaya'asou-khén ha'hartoummím belatehém lehotsí et-hakkinním veló yakhólou vattehí hakkinnám ba'adám ouvabbehemá
14. Les sorciers égyptiens de la cour essayèrent eux aussi de faire ainsi par leurs tours – faire sortir les poux ou produire des poux, et ils ne purent pas. Et il y eut des poux sur l'homme et sur les animaux.
Essayaient-ils de les produire eux-mêmes, ou bien essayaient-ils de les exterminer, le mot lehotsí, qui est employé ici, peut se comprendre de deux manières.
וַיֹּאמְרוּ הַחַרְטֻמִּים אֶל־פַּרְעֹה אֶצְבַּע אֱלֹהִים הִוא וַיֶּחֱזַק לֵב־פַּרְעֹה וְלֹא־שָׁמַע אֲלֵהֶם כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה׃
vayomeroú ha'hartoummím el-par'ó etsbá elohím hi vaye'hezák lev-par'ó velo-chamá alehém ka'achér dibbér adonáy
15 Et les prêtres dirent à Pharaon : « C'est le doigt de Dieu (c'est le doigt du Très-Haut) ». Mais le cœur de Pharaon s'affermit, et il ne les écouta pas, comme l'avait dit le SEIGNEUR.
Ici, il n'y a pas de paroles de Moché, il y a une allusion : devinez d'où cela vous est tombé dessus, devinez qui vous punit. Mais eux, déjà même sans Moché, sans le prophète juif, comprennent de qui cela est venu, parce qu'ils disent : « C'est le doigt de Dieu ». Mais Pharaon s'est obstiné. Son cœur était assez fort pour survivre à cela.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הַשְׁכֵּם בַּבֹּקֶר וְהִתְיַצֵּב לִפְנֵי פַרְעֹה הִנֵּה יוֹצֵא הַמָּיְמָה וְאָמַרְתָּ אֵלָיו כֹּה אָמַר יְהוָה שַׁלַּח עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי׃
vayomer adonáy el-moché hachkém babbóker vehit'yattsév lifné par'ó hinné yotsé hammáyma ve'amartá eláv ko amár adonáy challá'h ammí veya'avdoúni
16 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Lève-toi le matin et présente-toi de nouveau devant Pharaon, quand il sort vers l'eau. Et dis-lui : “Ainsi a dit le SEIGNEUR : envoie Mon peuple, et il servira !
כִּי אִם־אֵינְךָ מְשַׁלֵּחַ אֶת־עַמִּי הִנְנִי מַשְׁלִיחַ בְּךָ וּבַעֲבָדֶיךָ וּבְעַמְּךָ וּבְבָתֶּיךָ אֶת־הֶעָרֹב וּמָלְאוּ בָּתֵּי מִצְרַיִם אֶת־הֶעָרֹב וְגַם הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־הֵם עָלֶיהָ׃
ki im-enekhá mechalléya'h et-ammí hinení machlíya'h bekhá ouva'avadékha ouv'ammekhá ouvevattékha et-he'aróv oumaleoú batté mitsráyim et-he'aróv vegám ha'adamá acher-hém aléha
17 Car si tu ne renvoies pas Mon peuple, alors J'enverrai sur toi, et sur tes serviteurs, et sur ton peuple, et sur ta maison l'aróv (des animaux sauvages), et ils rempliront les maisons égyptiennes, même la terre sur laquelle se trouvent ces maisons, tout cela se remplira de ces animaux.
Le mot aróv signifie mélange. Habituellement, les commentateurs disent que ce sont des bêtes sauvages, des animaux sauvages, qui attaquaient et mordaient les Égyptiens. C'est à cela que font allusion les Téhillim 78 et 105, qui racontent l'histoire des plaies d'Égypte. Il y est écrit ce que faisaient les aróv – ils attaquaient et mordaient. D'autres disent que ce sont de petites créatures du genre taupes, rats, scorpions, ratons laveurs et autres petits animaux, qui peuvent eux aussi abîmer tout alentour. Comme je l'ai dit, les deux premières plaies étaient liées à l'eau du Nil, ces nouvelles plaies sont liées aux animaux. Mais il y aura, selon les paroles du Très-Haut, une particularité :
וְהִפְלֵיתִי בַיּוֹם הַהוּא אֶת־אֶרֶץ גֹּשֶׁן אֲשֶׁר עַמִּי עֹמֵד עָלֶיהָ לְבִלְתִּי הֱיוֹת־שָׁם עָרֹב לְמַעַן תֵּדַע כִּי אֲנִי יְהוָה בְּקֶרֶב הָאָרֶץ׃
vehifletí vayom hahoú et-érets góchen achér ammí oméd aléha leviltí heyot-chám aróv lemá'an tedá ki aní adonáy bekérev ha'árets
18 « En ce jour-là, Je mettrai à part le pays de Gochen, sur lequel vit mon peuple, pour qu'il n'y ait pas là ces animaux sauvages, pour que tu saches que Je règne sur la terre ! »
Le Très-Haut dit : « Je délimiterai, Je marquerai la frontière ». Si vous vous en souvenez, quand le Très-Haut parlait des crapauds, Il a dit : « Les crapauds seront dans toutes tes frontières ». Là, les crapauds définissaient nettement la frontière de l'empire égyptien. Il existe un commentaire ironique qui dit que l'Égypte avait un différend territorial avec l'Éthiopie voisine, et il s'est résolu pendant la plaie des grenouilles en Égypte, parce que là où les grenouilles étaient tombées, là finissait l'Égypte. C'est là-dessus qu'ils se sont mis d'accord et ont enfin conclu un accord de paix, grâce à la plaie des grenouilles. Ici, le Très-Haut dit : « À l'intérieur de ton pays, Je tracerai une séparation. Là où vit Mon peuple, il n'y aura aucun dommage, pour que tu voies qui est le maître dans la maison ».
Des invités non conviés
Chémot 8,19–9,7
Nous allons aujourd'hui revenir un tout petit peu en arrière, au début du sujet, et lire à partir du 16e verset du 8e chapitre du livre de Chémot.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הַשְׁכֵּם בַּבֹּקֶר וְהִתְיַצֵּב לִפְנֵי פַרְעֹה הִנֵּה יוֹצֵא הַמָּיְמָה וְאָמַרְתָּ אֵלָיו כֹּה אָמַר יְהוָה שַׁלַּח עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי׃
vayomer adonáy el-moché hachkém babbóker vehityattsév lifné far'ó hinné yotsé hammáyma ve'amartá eláv ko amár adonáy challá'h ammí veya'avdoúni
16 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Lève-toi tôt le matin et tiens-toi debout (présente-toi) devant Pharaon, qui sortira justement vers l'eau, et dis-lui : “Ainsi a dit le SEIGNEUR : ‘Laisse partir Mon peuple, et ils Me serviront.
Le mot hachkém signifie le lever matinal, il est impossible d'employer le mot hachkém dans le sens de lève-toi tard. Hachkém, c'est justement le réveil matinal.
Moché est simplement appelé à répéter constamment une seule et même exigence. Nous avons dit que cette exigence est conforme aux lois égyptiennes. Nous avons parlé auparavant de la procédure judiciaire égyptienne, des lois égyptiennes. Ici Moché dit : « Allez, selon la loi, laisse partir Mon peuple ! »
כִּי אִם־אֵינְךָ מְשַׁלֵּחַ אֶת־עַמִּי הִנְנִי מַשְׁלִיחַ בְּךָ וּבַעֲבָדֶיךָ וּבְעַמְּךָ וּבְבָתֶּיךָ אֶת־הֶעָרֹב וּמָלְאוּ בָּתֵּי מִצְרַיִם אֶת־הֶעָרֹב וְגַם הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־הֵם עָלֶיהָ׃
ki im-enekhá mechalléya'h et-ammí hinení machlíya'h bekhá ouva'avadékha ouv'ammekhá ouvevattékha et-he'aróv oumale'oú batté mitsráyim et-he'aróv vegám ha'adamá acher-hém aléha
17 Parce que, si tu ne renvoies pas de nouveau Mon peuple, J'enverrai sur toi, et sur tes serviteurs, et sur ton peuple, et sur ta maison une telle plaie (hé'arov), et seront remplies les maisons égyptiennes (de ce mélange) et la terre sur laquelle elles (ces maisons) se trouvent.
Littéralement, hé'arov– c'est un mélange, mais ce mot est employé très largement. Par exemple, le mot garant arév – celui qui se trouve dans un même mélange avec quelqu'un, agréable ; ourév – ce qui se mélange facilement avec moi, ce qui s'accorde facilement avec moi. Le crépuscule, quand se mélangent la lumière et les ténèbres, s'appelle aussi érév. Dans la Torah, nous lisons dans les premiers chapitres : vayhi-érév vayhi-voker – et il y eut un soir, et il y eut un matin. Le mot érév vient lui aussi de cette racine. Ainsi, le mot arov désigne une foule, un mélange de quelque chose.
Certains commentateurs comprennent ainsi : « J'enverrai sur toi un mélange de la lumière, tout se mélangera – et le jour, et la nuit, il y aura une sorte de situation brumeuse : tantôt la chaleur, tantôt le froid, tantôt le vent, tantôt l'absence de vent ». Bref, « J'enverrai sur toi une certaine calamité naturelle ». Mais la plupart des commentateurs disent que le mot arov désigne certains animaux. Assaf (Téhillim 105), quand il raconte l'histoire du séjour d'Israël en Égypte, dit : « Il envoya sur eux des bêtes sauvages (arov se traduit par bêtes sauvages), et elles les mordaient ». Le midrach raconte que du ciel, c'étaient des oiseaux – depuis l'aigle jusqu'à certains très grands oiseaux, et d'en bas, c'étaient des rats, des serpents, des rongeurs et des sousliks, et au milieu, entre eux, – des lions, des girafes et ainsi de suite. L'un des commentateurs dit que c'étaient exclusivement des panthères, et l'un des noms des panthères dans une langue sémitique est effectivement aroub. C'est-à-dire qu'on peut dire : « J'enverrai sur toi des chats sauvages ». Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons pas savoir concrètement quels animaux c'étaient. La supposition la plus probable aujourd'hui, selon la manière dont cela s'interprète, est que c'étaient toutes sortes de rongeurs, de nuisibles – depuis les petits scarabées, les petits vers, les scorpions jusqu'aux rats, sousliks, mouffettes, ratons laveurs, castors et autres choses diverses, compléter ce qui manque, rayer ce qui est inutile.
וְהִפְלֵיתִי בַיּוֹם הַהוּא אֶת־אֶרֶץ גֹּשֶׁן אֲשֶׁר עַמִּי עֹמֵד עָלֶיהָ לְבִלְתִּי הֱיוֹת־שָׁם עָרֹב לְמַעַן תֵּדַע כִּי אֲנִי יְהוָה בְּקֶרֶב הָאָרֶץ׃
vehifletí vayom hahou et-érets góchen achér ammí oméd aléha leviltí heyot-chám aróv lemá'an tedá ki aní adonáy bekérev ha'árets
18 Et Je séparerai en ce jour-là la terre de Gochen, sur laquelle vit Mon peuple, pour qu'il n'y ait pas là cette calamité (pour qu'il n'y ait pas là d'invasion de ces animaux), afin que tu saches que Je suis le SEIGNEUR sur toute la terre.
וְשַׂמְתִּי פְדֻת בֵּין עַמִּי וּבֵין עַמֶּךָ לְמָחָר יִהְיֶה הָאֹת הַזֶּה׃
vesamtíDans la ligne de translittération de l'original, le premier mot commence par un b au lieu d'un v ; nous suivons le texte hébreu : vesamtí. fedoút ben ammí ouvén ammékha lema'hár yihyé ha'ót hazzé
19 Et J'ai mis une rédemption entre Mon peuple et ton peuple – demain sera ce signe » (Je préviens du début du délai, pour que tu ne dises pas que c'est par hasard).
Ici, au verset 19, nous lisons encore un mot intéressant. Il faut dire que la plupart des mots qui sont liés au salut, à la rédemption, à la délivrance, sont liés aussi à la séparation, à la mise à part de l'un par rapport à l'autre. Le mot fédout dans son sens classique signifie rédemption. Quand nous payons pour un captif, nous payons pour lui le pidyon. Le rachat du premier-né, quand on rachète auprès du kohen le fils premier-né, s'appelle aussi selon la Torah pidyon ben. Ici, fédout signifie : « Je ferai une rédemption, Je séparerai de vous, Je séparerai Mon peuple de votre peuple, Je commencerai la séparation. Tu verras que ces peuples ne sont pas la même chose ».
L'un des signes dans cette plaie – c'est la séparation d'Israël, la capacité du Très-Haut à délivrer les élus, Sa force et Sa volonté de délivrer les élus.
וַיַּעַשׂ יְהוָה כֵּן וַיָּבֹא עָרֹב כָּבֵד בֵּיתָה פַרְעֹה וּבֵית עֲבָדָיו וּבְכָל־אֶרֶץ מִצְרַיִם תִּשָּׁחֵת הָאָרֶץ מִפְּנֵי הֶעָרֹב׃
vayá'as adonáy ken vayavó aróv kavéd béta far'ó ouvét avadáv ouvkhol-érets mitsráyim ticha'hét ha'árets mippené he'aróv
20 Et le SEIGNEUR fit ainsi, et vint une immense multitude dans la maison de Pharaon, et dans la maison de ses serviteurs, et par tout le pays égyptien. Et la terre fut ruinée (se trouva dans la perdition) à cause de cette multitude.
On peut s'imaginer qu'au départ Pharaon vit dans une sorte de Kremlin. Il ne vit pas dans quelque poste-frontière ou à la lisière de la forêt, c'est pourquoi il serait logique que d'abord, dans toute l'Égypte, apparaissent des rats, des animaux sauvages, que ce soient des éléphants ou des fourmis. Ils devraient, semble-t-il, venir dans les villes depuis d'autres lieux, mais ici, voici l'un des miracles, un miracle à l'intérieur du miracle, – tout commence par Pharaon. Les animaux viennent d'abord dans la maison de Pharaon, puis dans la maison de ses serviteurs, et sur toute la terre égyptienne.
וַיִּקְרָא פַרְעֹה אֶל־מֹשֶׁה וּלְאַהֲרֹן וַיֹּאמֶר לְכוּ זִבְחוּ לֵאלֹהֵיכֶם בָּאָרֶץ׃
vayikrá far'ó el-moché oul'aharón vayomer lekhoú ziv'hoú lelohekhém ba'árets
21 Pharaon appela Moché et Aharon : « Allez, et ici, chez nous, dans notre patrie (sur les autels nationaux), offrez un sacrifice au Très-Haut ».
Si nous avons lu au verset 14 une phrase semblable, vayikra far'o lé moché (Pharaon appela Moché et Aharon), ici il y a, semblerait-il, une toute petite différence : au lieu de lé moché il y a ici él-moché (et Pharaon en appela à Moché et à Aharon), il ne les a pas simplement invités chez lui, mais il en a appelé à eux, c'est-à-dire qu'il a crié vers eux. Et Pharaon a une proposition, Pharaon commence pour la première fois à chercher un compromis, à essayer d'une manière ou d'une autre de s'entendre avec ces Juifs, et voici la proposition qu'il a : « Allez, et ici, chez nous, dans notre patrie, sur les autels nationaux, offrez un sacrifice au Très-Haut. Pourquoi aller loin ? » Pharaon craint effectivement, premièrement, que les Juifs s'enfuient. Qu'ils s'enfuient non seulement en tant que main-d'œuvre – la force de travail est importante aussi, mais Pharaon ici, très probablement, ne raisonne pas seulement en manager. Les Juifs – c'est ainsi que cela paraît aux yeux de Pharaon – ont une télécommande qui peut allumer et éteindre toutes sortes de désagréments égyptiens. Et si, se trouvant en Égypte, ils se servent de cette télécommande pour allumer et éteindre, va savoir, peut-être s'en iront-ils et oublieront-ils d'éteindre la lumière, s'en iront-ils et n'enlèveront-ils pas du tout ces animaux, ou, qui sait, enverront-ils encore quelques autres plaies, c'est pourquoi il vaut mieux les garder ici.
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לֹא נָכוֹן לַעֲשׂוֹת כֵּן כִּי תּוֹעֲבַת מִצְרַיִם נִזְבַּח לַיהוָה אֱלֹהֵינוּ הֵן נִזְבַּח אֶת־תּוֹעֲבַת מִצְרַיִם לְעֵינֵיהֶם וְלֹא יִסְקְלֻנוּ׃
vayomer moché lo nakhón la'asót ken ki to'avát mitsráyim nizbá'h ladonáy elohénou hen nizbá'h et-to'avát mitsráyim le'enehém veló yiskeloúnou
22 Et Moché dit : « Il n'est pas juste de faire ainsi, parce que ce que nous offrirons en sacrifice, c'est l'abomination égyptienne. Si nous abattons devant eux leur propre idole, ne peuvent-ils pas nous lapider ?
C'est-à-dire ? Les Égyptiens vénèrent le bélier (l'agneau), c'est le symbole de l'Égypte, et « si nous l'offrons en sacrifice, cela aura l'air comme si nous offrions en sacrifice une idole égyptienne, pourvu que les Égyptiens n'aillent pas s'imaginer quelque chose… »
« Toi – dit Moché à Pharaon – tu déclenches ainsi, par cette action pour ainsi dire insensée de ta part, presque une guerre civile, parce que, si nous offrons ici des béliers en sacrifice, cela offensera les sentiments des croyants égyptiens, ils peuvent prendre l'épée ou, en tout cas, des pierres, et cela ne paraîtra pas peu de chose, peut-être cela sera-t-il même plus terrible que les bêtes ».
דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים נֵלֵךְ בַּמִּדְבָּר וְזָבַחְנוּ לַיהוָה אֱלֹהֵינוּ כַּאֲשֶׁר יֹאמַר אֵלֵינוּ׃
dérekh chelóchet yamím nelékh bammidbár vezavá'hnou ladonáy elohénou ka'achér yomár elénou
23 Pour trois jours nous irons dans le désert et nous offrirons un sacrifice à notre SEIGNEUR, comme Il nous l'a dit ».
וַיֹּאמֶר פַּרְעֹה אָנֹכִי אֲשַׁלַּח אֶתְכֶם וּזְבַחְתֶּם לַיהוָה אֱלֹהֵיכֶם בַּמִּדְבָּר רַק הַרְחֵק לֹא־תַרְחִיקוּ לָלֶכֶת הַעְתִּירוּ בַּעֲדִי׃
vayomer par'ó anokhí achallá'h etkhém ouzva'htém ladonáy elohekhém bammidbár rak har'hék lo-tar'híkou lalékhet ha'tírou ba'adí
24 Et Pharaon dit : « Je vous enverrai, et vous offrirez des sacrifices à votre SEIGNEUR dans le désert, seulement n'allez pas loin (allez-y donc pour un jour de chemin, arrivons à quelque compromis). Priez pour moi ».
Le mot lé'atér, qui est employé ici, nous en avons déjà parlé, est lié aux fourches avec lesquelles on remue le foin. C'est-à-dire : « remuez là-bas, dans les cieux, pour moi, pour qu'on annule ce verdict qui frappe tout le monde par des bêtes sauvages ». Il est impossible de vivre quand cette saleté grouille tout autour. C'est-à-dire que Pharaon dit : « Bien, allez-y pour un jour, et priez pour moi ». C'est-à-dire : « que cela soit tout de même pour le bien de notre patrie, et pas seulement pour le bien de votre peuple. Faites preuve de loyauté envers moi ».
וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה הִנֵּה אָנֹכִי יוֹצֵא מֵעִמָּךְ וְהַעְתַּרְתִּי אֶל־יְהוָה וְסָר הֶעָרֹב מִפַּרְעֹה מֵעֲבָדָיו וּמֵעַמּוֹ מָחָר רַק אַל־יֹסֵף פַּרְעֹה הָתֵל לְבִלְתִּי שַׁלַּח אֶת־הָעָם לִזְבֹּחַ לַיהוָה׃
vayomer moché hinné anokhí yotsé me'immákh vehatartí el-adonáy vesár he'aróv mippar'ó me'avadáv oume'ammó ma'hár rak al-yosséf par'ó hatél leviltí challá'h et-ha'ám lizbóa'h ladonáy
25 Et Moché dit : « Voici, je sors de toi (je sors de chez toi). Voici, je sortirai, je prierai pour toi (et je pourrai maintenant déjà prier, remuer là-haut pour toi), et la multitude d'animaux s'en ira de Pharaon, et de ses serviteurs, et de son peuple dès demain. Mais seulement, que Pharaon ne continue pas à nous tourmenter, à se moquer de nous (on peut traduire littéralement – nous duper, nous laisser en suspens), en n'envoyant pas le peuple offrir des sacrifices au SEIGNEUR ».
Il y a des commentaires intéressants qui disent que mé'immakh peut ici être compris comme de ton peuple. « Je suis issu de gens tels que toi », dit Moché. C'est-à-dire : « si moi, j'y vais, je peux facilement offrir un sacrifice même à un jour de chemin. Mais le peuple, pour changer de registre, pour se disposer au service, a besoin, pour ainsi dire, d'un encounter, il lui faut entrer dans un état méditatif, bien se reposer après le travail, se disposer à un état d'esprit spirituel, et c'est pourquoi il lui faut, à la différence de moi, plus de temps. À un jour de chemin, il n'y aura aucun effet ».
וַיֵּצֵא מֹשֶׁה מֵעִם פַּרְעֹה וַיֶּעְתַּר אֶל־יְהוָה׃
vayetsé moché me'ím par'ó vaye'tár el-adonáy
26 Et Moché sortit de chez Pharaon, et éleva une prière vers le Très-Haut.
Le mot vayé'tar, nous l'avons dit, est lié aux fourches. Dans la langue moderne, atira, c'est un pourvoi en cassation, une demande de grâce ou le recours contre quelque chose. Moché demande de faire appel du verdict.
וַיַּעַשׂ יְהוָה כִּדְבַר מֹשֶׁה וַיָּסַר הֶעָרֹב מִפַּרְעֹה מֵעֲבָדָיו וּמֵעַמּוֹ לֹא נִשְׁאַר אֶחָד׃
vayá'as adonáy kidvár moché vayássar he'aróv mippar'ó me'avadáv oume'ammó lo nich'ár e'hád
27 Et le SEIGNEUR fit comme Moché l'avait demandé, et ôta la multitude de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple, il n'en resta pas même un seul.
Eh bien, comme nous nous y attendions, la fin de cette histoire est, en somme, déjà devenue un classique.
וַיַּכְבֵּד פַּרְעֹה אֶת־לִבּוֹ גַּם בַּפַּעַם הַזֹּאת וְלֹא שִׁלַּח אֶת־הָעָם׃
vayakhbéd par'ó et-libbó gam bappá'am hazzót veló chillá'h et-ha'ám
28 Et Pharaon appesantit son cœur cette fois aussi, et ne renvoya pas le peuple.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה בֹּא אֶל־פַּרְעֹה וְדִבַּרְתָּ אֵלָיו כֹּה־אָמַר יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִים שַׁלַּח אֶת־עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי׃
vayomer adonáy el-moché bo el-par'ó vedibbartá eláv ko-amár adonáy elohé ha'ivrím challá'h et-ammí veya'avdoúni
1 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Va vers Pharaon et dis-lui : ainsi a dit Dieu, le SEIGNEUR des Hébreux : “Envoie Mon peuple, et ils serviront”.
Il y a une différence : parfois Moché dit chalá'h ammí (simplement renvoie mon peuple), et parfois il est dit chalá'h et-ammí. Chalá'h et-ammí et chalá'h ammí sont des phrases très semblables. Quelle est ici la différence ? Il y a ici une certaine manière de presser : « envoie précisément Mon peuple », avec l'accent sur Mon, « laisse-le partir, parce qu'il est à Moi ».
כִּי אִם־מָאֵן אַתָּה לְשַׁלֵּחַ וְעוֹדְךָ מַחֲזִיק בָּם׃
ki im-ma'én attá lechalléa'h ve'odekhá ma'hazík bam
2 Si tu t'attardes ou refuses de l'envoyer, et que tu les tiens encore (que tu retiens Mon peuple),
הִנֵּה יַד־יְהוָה הוֹיָה בְּמִקְנְךָ אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה בַּסּוּסִים בַּחֲמֹרִים בַּגְּמַלִּים בַּבָּקָר וּבַצֹּאן דֶּבֶר כָּבֵד מְאֹד׃
hinné yad-adonáy hoyá bemiknekhá achér bassadé bassoussím ba'hamorím baggemallím babbakár ouvattsón déver kavéd me'ód
3 La main du SEIGNEUR sera sur tout ton bétail qui est aux champs : sur les chevaux, sur les ânes, sur les chameaux, sur les bœufs et les vaches, sur les brebis, les béliers, les boucs et les chèvres, J'enverrai sur eux un fléau, une lourde peste.
Le mot mikné signifie bétail acquis. Il y a du bétail que l'on prend en pâture, du bétail que gardent des bergers engagés. Mikné – c'est le bétail qui fait partie des biens, c'est-à-dire qui constitue précisément la richesse de l'homme lui-même. Le mot mikné peut se traduire par exploitation au sens global. « Sur tout ton bétail qui est aux champs », c'est-à-dire sans compter les animaux de caserne.
Un mot intéressant, déver. Il est lié au mot davár – parole, objet, lié au mot dvir – lieu du service dans le Temple et midbár – lieu où sont prononcées les paroles (désert). Le mot déver – parole morte, parole qui fait mourir, dévastation, mise à mort.
וְהִפְלָה יְהוָה בֵּין מִקְנֵה יִשְׂרָאֵל וּבֵין מִקְנֵה מִצְרָיִם וְלֹא יָמוּת מִכָּל־לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל דָּבָר׃
vehiflá adonáy ben mikné yisraél ouvén mikné mitsráyim veló yamoút mikkol-livné yisraél davár
4 Et le SEIGNEUR fera une séparation entre le bétail d'Israël et le bétail des Égyptiens, chez aucun des fils d'Israël personne, rien ne mourra ».
וַיָּשֶׂם יְהוָה מוֹעֵד לֵאמֹר מָחָר יַעֲשֶׂה יְהוָה הַדָּבָר הַזֶּה בָּאָרֶץ׃
vayássem adonáy mo'éd lemór ma'hár ya'assé adonáy haddavár hazzé ba'árets
5 Et le SEIGNEUR fixa un terme, en disant : « Demain le SEIGNEUR accomplira cette action sur la terre ».
וַיַּעַשׂ יְהוָה אֶת־הַדָּבָר הַזֶּה מִמָּחֳרָת וַיָּמָת כֹּל מִקְנֵה מִצְרָיִם וּמִמִּקְנֵה בְנֵי־יִשְׂרָאֵל לֹא־מֵת אֶחָד׃
vayá'as adonáy et-haddavár hazzé mimma'horát vayámot kol mikné mitsráyim oumimmikné vene-yisraélLa ligne de translittération de l'original écrit un « z » dans le nom Yisraël, alors que l'hébreu a un « s » ; nous suivons l'hébreu. lo-mét e'hád
6 Et le SEIGNEUR fit comme promis (cela, dès le lendemain), et tout le bétail égyptien mourut, mais du bétail des Israélites pas un seul ne mourut.
Les commentateurs disent, cela nous sera important plus tard, que, quand la Torah dit tout le bétail, tout le peuple, on entend l'écrasante majorité. La Torah parle la langue des hommes. Quand quelqu'un dit « tout est perdu », cela ne veut pas dire que tout, absolument tout est perdu. Quand quelqu'un dit « je suis resté sans rien », cela ne veut pas dire qu'il est resté sans rien. La Torah ne parle pas la langue des documents juridiques, mais parle la langue des hommes. Tout le bétail mourut – cela veut dire il ne resta presque plus de bétail.
וַיִּשְׁלַח פַּרְעֹה וְהִנֵּה לֹא־מֵת מִמִּקְנֵה יִשְׂרָאֵל עַד־אֶחָד וַיִּכְבַּד לֵב פַּרְעֹה וְלֹא שִׁלַּח אֶת־הָעָם׃
vayichlá'h par'ó vehinné lo-mét mimmikné yisraél ad-e'hád vayikhbád lev par'ó veló chillá'h et-ha'ám
7 Et Pharaon envoya vérifier : et il n'était pas mort, du bétail égyptien, un seul animal. Et le cœur de Pharaon s'appesantit, et il ne renvoya pas le peuple.
Un repentir incomplet
Chémot 9,8–35
Avec l'aide de Dieu, nous continuons aujourd'hui, vous et moi, à étudier la section hebdomadaire Vaéra, et nous lirons à partir du verset 8 du chapitre 9. En Égypte, un nouveau jour, et chez Pharaon – de nouveaux problèmes (si quelqu'un avait pitié de lui).
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן קְחוּ לָכֶם מְלֹא חָפְנֵיכֶם פִּיחַ כִּבְשָׁן וּזְרָקוֹ מֹשֶׁה הַשָּׁמַיְמָה לְעֵינֵי פַרְעֹה׃
vayomer adonáy el-moché ve'el-aharón ke'hoú lakhém meló 'hofnekhémLa ligne de translittération de l'original écrit un « v » dans le mot « vos poignées », alors que l'hébreu a un « f » ; nous suivons l'hébreu. pía'h kivchán ouzrakó moché hachamáyma le'ené far'ó
8 Et le SEIGNEUR dit à Moché et à Aharon : « Prenez-vous de pleines jointées (les jointées – ce sont les deux paumes ensemble) de charbon du four (de cendre de four), et Moché jettera cette cendre vers les cieux sous les yeux de Pharaon.
La cendre de four (le mot cendre, pía'h, est en hébreu du masculin, c'est pourquoi et il le jettera, ouzrakó) – c'est la partie blanche, une sorte de charbon blanchi, il reste dans les fours. Dans le cas présent, il s'agit d'un four qui s'appelle kivchán, ce sont de grands fours qui servent à cuire les briques et les vases d'argile, un four dans lequel on peut tranquillement entrer.
C'est-à-dire que Moché et Aharon doivent prendre de pleines jointées de cendre. Aharon reverse la sienne à Moché, Moché obtient une telle jointée « bien comble », et il jette la cendre sous les yeux de Pharaon sans commentaires et sans paroles. Aucun avertissement, aucune exigence n'est avancée.
וְהָיָה לְאָבָק עַל כָּל־אֶרֶץ מִצְרָיִם וְהָיָה עַל־הָאָדָם וְעַל־הַבְּהֵמָה לִשְׁחִין פֹּרֵחַ אֲבַעְבֻּעֹת בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vehayá le'avák al kol-eréts mitsráyim vehayá al-ha'adám ve'al-habbehemá lich'hín poréa'h ava'bou'ót bekhol-érets mitsráyim
9 Et elle se changera en poussière sur toute la terre d'Égypte ; et cette poussière deviendra, sur l'homme et sur le bétail, des ulcères, une floraison et des cloques dans toute l'Égypte ».
Et ici, c'est déjà un miracle, parce qu'avec deux jointées, si crochues que soient les mains de Moché et d'Aharon, on ne remplit pas toute la terre. Il y a une multiplication de cette poussière dans l'air, d'abord ce sera de la poussière.
Ch'hín – c'est une sorte de maladie de peau, un ulcère. La supposition la plus probable est que c'est l'urticaire, une maladie de peau rouge, qui démange, très désagréable. Et la seconde variante, non moins joyeuse, c'est la schistosomiase, une maladie qui s'accompagne elle aussi d'une éruption cutanée, d'ulcères très désagréables, une maladie qui atteint aussi les organes internes par les organes respiratoires. Nous n'entrerons pas dans l'étymologie de cette maladie, c'est une maladie terrible qui frappe d'ulcères de l'intérieur et de l'extérieur ; en règle générale, elle est liée à de petits organismes vivants, des parasites. L'urticaire est un peu plus légère, une maladie plus paisible, mais elle aussi peu agréable.
Ici, une personne attentive s'arrêtera et demandera : « Attendez, attendez ! Quel bétail ? D'où vient la behemá ? La behemá – c'est le gros bétail à cornes, il est pourtant, semble-t-il, mort lors de la plaie précédente ? » Mais nous avons déjà dit que tout le bétail n'est pas mort, que c'est comme si c'était tout, mais en réalité pas tout. Et il y a encore une nuance : à l'intérieur de l'Égypte se trouve la terre de Gochen, où vivent les Hébreux. Chez eux le bétail est resté, et les gestionnaires égyptiens (il est tout à fait possible qu'il en ait été ainsi), après que leur bétail eut péri lors de la plaie précédente, ont racheté aux Hébreux du bétail nouveau. Bien entendu, les prix se sont envolés, les Hébreux s'en sont enrichis. Mais c'est un scénario tout à fait vraisemblable, d'où sont venus les animaux.
Ainsi donc, tous les animaux et les gens se trouveront infectés par une maladie de peau dermatologique très désagréable. Tel fut l'ordre.
וַיִּקְחוּ אֶת־פִּיחַ הַכִּבְשָׁן וַיַּעַמְדוּ לִפְנֵי פַרְעֹה וַיִּזְרֹק אֹתוֹ מֹשֶׁה הַשָּׁמָיְמָה וַיְהִי שְׁחִין אֲבַעְבֻּעֹת פֹּרֵחַ בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה׃
vayik'hoú et-pía'h hakkivchán vaya'amdoú lifné far'ó vayizrók otó moché hachamáyma vayhí che'hín ava'bou'ót poréa'h ba'adám ouvabbehemá
10 Et ils prirent la cendre de four, et se tinrent devant Pharaon, et Moché le jeta vers les cieux, et il y eut des ulcères, des cloques et des floraisons sur l'homme et sur les animaux (tout comme le Très-Haut l'avait ordonné).
וְלֹא־יָכְלוּ הַחַרְטֻמִּים לַעֲמֹד לִפְנֵי מֹשֶׁה מִפְּנֵי הַשְּׁחִין כִּי־הָיָה הַשְּׁחִין בַּחֲרְטֻמִּם וּבְכָל־מִצְרָיִם׃
velo-yakheloú ha'hartoummím la'amód lifné moché mippené hache'hín ki-hayá hache'hín ba'hartoummím ouvkhol-mitsráyim
11 Et les prêtres (les sorciers égyptiens) ne pouvaient se tenir devant Moché à cause des ulcères, parce que les ulcères avaient frappé aussi les grands sorciers égyptiens, et toute l'Égypte.
Il est très douloureux de se tenir debout quand on a des ulcères aux jambes – et sur la plante des pieds, et aux genoux, impossible de rester debout. C'est une grande, grande honte. Là, on ne tentera même rien, parce que tenter, tu ne le peux pas non plus – tu es tout entier couvert d'ulcères par la maladie de peau. Les ulcères ont toujours été perçus comme une sorte d'impureté, comme une souillure, et c'est pourquoi on peut dire que les sorciers égyptiens sont couverts de honte complètement. Mais Pharaon ne se rend pas.
וַיְחַזֵּק יְהוָה אֶת־לֵב פַּרְעֹה וְלֹא שָׁמַע אֲלֵהֶם כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה׃
vay'hazzék adonáy et-lév par'ó veló chamá alehem ka'achér dibbér adonáy el-moché
12 Mais le Très-Haut donna des forces à Pharaon pour s'en tenir à son idée, pour camper sur ses positions, et Pharaon ne les écouta pas, comme Dieu l'avait aussi prédit à Moché.
Dans le verset suivant, nous lirons la suite de l'histoire, et une question de plus se pose : exactement comme dans le cas de la plaie des poux, nous ne lirons pas que la plaie des ulcères a pris fin. Et l'on peut demander : « Alors quoi, les poux continuent toujours de tourner là-bas, dans toute l'Égypte ? »
Les commentateurs disent que de la première plaie, qui a duré une semaine, nous pouvons conclure que toutes les autres plaies aussi ont eu une durée d'environ une semaine. Et au bout d'une semaine, toute cette atteinte d'ulcères, toute cette maladie a pris fin. Il est intéressant que, tant pour la schistosomiase que pour l'urticaire, on dit que, si elles ne prennent pas une forme chronique, leur période de maladie dure 7 jours. Mais cela ne veut pas dire que nous parlons maintenant de quelque origine rationnelle de la maladie. Une telle morbidité massive due à une maladie, en somme, non contagieuse – c'est, bien entendu, un miracle. Simplement, nous essayons de le traduire un peu dans notre langage moderne. Ainsi donc, très probablement, la plaie a duré une semaine, si l'on part de ce que nous avons étudié auparavant. Mais il y a beaucoup d'autres opinions différentes, et ce n'est pas notre coutume de discuter avec elles.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה הַשְׁכֵּם בַּבֹּקֶר וְהִתְיַצֵּב לִפְנֵי פַרְעֹה וְאָמַרְתָּ אֵלָיו כֹּה־אָמַר יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִים שַׁלַּח אֶת־עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי׃
vayomer adonáy el-moché hachkém babbóker vehityattsév lifné far'ó ve'amartá eláv ko-amár adonáy elohé ha'ivrím challá'h et-ammí veya'avdoúni
13 Et Dieu dit à Moché : « Lève-toi tôt le matin, et viens vers Pharaon, et dis-lui : “Ainsi a dit le SEIGNEUR, le Dieu des Hébreux : ‘Laisse partir Mon peuple, et ils Me serviront.
כִּי בַּפַּעַם הַזֹּאת אֲנִי שֹׁלֵחַ אֶת־כָּל־מַגֵּפֹתַי אֶל־לִבְּךָ וּבַעֲבָדֶיךָ וּבְעַמֶּךָ בַּעֲבוּר תֵּדַע כִּי אֵין כָּמֹנִי בְּכָל־הָאָרֶץ׃
ki bappá'am hazzót aní choléa'h et-kol-maggefotáy el-libbekhá ouva'avadékha ouv'ammékha ba'avoúr tedá ki en kamóni bekhol-ha'áretsLa ligne de translittération de l'original écrit un « g » au début du dernier mot (la terre), alors que l'hébreu a un « h » ; nous suivons l'hébreu.
14 Car cette fois-ci, Je te rappellerai toutes Mes épidémies, toutes Mes pestes, tous les cas de peste, sur ton cœur, sur tes serviteurs, sur ton peuple, afin que tu saches qu'il n'y a personne de semblable à Moi sur toute la terre.
D'ailleurs, le mot hébreu pá'am (fois), comme en russe, est lié au mot frapper, heurter. On peut dire : par l'épée on frappe – pa'amím, le cœur bat – halev po'ém.
En d'autres termes : « Je t'enverrai le coup de tous les coups, de tous les coups – le coup, de toutes les épidémies – l'épidémie. J'enverrai sur toi une chose telle qu'on n'en a jamais vu ni entendu ».
כִּי עַתָּה שָׁלַחְתִּי אֶת־יָדִי וָאַךְ אוֹתְךָ וְאֶת־עַמְּךָ בַּדָּבֶר וַתִּכָּחֵד מִן־הָאָרֶץ׃
ki attá chalá'hti et-yadí va'ákh otekhá ve'et-ammekhá baddáver vattikka'héd min-ha'árets
15 Car voici, maintenant J'aurais étendu la main, et tu aurais pu être exterminé de la terre par la peste.
וְאוּלָם בַּעֲבוּר זֹאת הֶעֱמַדְתִּיךָ בַּעֲבוּר הַרְאֹתְךָ אֶת־כֹּחִי וּלְמַעַן סַפֵּר שְׁמִי בְּכָל־הָאָרֶץ׃
ve'oulám ba'avoúr zot he'emadtíkha ba'avoúr har'otekhá et-ko'hí oulmá'an sappér chemí bekhol-ha'árets
16 Pourquoi t'ai-Je laissé survivre, pourquoi t'ai-Je laissé tenir ? Je t'ai laissé tenir pour cela, pour que tu voies Ma force, pour que, à propos de cette histoire, à travers cet exemple qui est le tien, Mon nom soit raconté, que Mon nom devienne connu sur toute la terre.
Pourquoi est-ce que Dieu laisse Pharaon tenir, pourquoi est-ce que Dieu soutient tout le temps Pharaon dans son idée de ne pas laisser partir le peuple ? Les commentateurs disent (d'une manière générale, c'est une telle tradition, une approche commune) : on mène l'homme par le chemin par lequel il veut aller. Et si Pharaon dit : « Je veux tenir, je veux me mesurer à ce Dieu juif », alors le Très-Haut le soutient honnêtement en cela et l'aide à tenir.
עוֹדְךָ מִסְתּוֹלֵל בְּעַמִּי לְבִלְתִּי שַׁלְּחָם׃
odekhá mistolél be'ammí leviltí challe'hám
17 Tu te tortilles encore (tu tournes encore) avec Mon peuple, pour ne pas les envoyer.
Le mot lehistolél signifie tourner, se tortiller ; masloúl – c'est un itinéraire tracé ; les nouilles torsadées s'appellent aussi masloúla.
Le Très-Haut dit ici à Pharaon une telle chose : « Ne pense pas que tu es si rusé. Non seulement Je te vois de part en part, Je te connais de l'intérieur et Je t'affermis. Je t'enseigne de cette manière, mais maintenant tu vas recevoir une vraie raclée ».
הִנְנִי מַמְטִיר כָּעֵת מָחָר בָּרָד כָּבֵד מְאֹד אֲשֶׁר לֹא־הָיָה כָמֹהוּ בְּמִצְרַיִם לְמִן־הַיּוֹם הִוָּסְדָה וְעַד־עָתָּה׃
hinení mamtír ka'ét ma'hár barád kavéd me'ód achér lo-hayá khamóhou bemitsráyim lemin-hayóm hivvasedá ve'ad-átta
18 Demain à cette même heure Je ferai tomber sur la terre (ferai pleuvoir) une grêle très lourde, semblable à laquelle il n'y en a pas eu en Égypte depuis le jour de sa fondation et jusqu'à présent.
C'est ainsi que Moché devait parler à Pharaon, transmettre les paroles du Très-Haut. Que signifie « demain à cette même heure » ? Les Égyptiens utilisaient activement les cadrans solaires. Sur beaucoup de maisons il y avait de telles graduations, sur lesquelles on voyait comment le soleil se couche, et l'on pouvait déterminer l'heure. Et Moché a comme montré le soleil, le petit rayon de soleil, à quel niveau il se trouve sur le mur, et a dit : « Demain à cette même heure » ! Ici déjà la précision n'est pas au jour près, ici la précision est à l'heure près.
Voilà qui va étonner les météorologues égyptiens ! Il existe un tel peuple – les météorologues et les anciens. Ils ne se souviennent jamais d'une telle chaleur, ne se souviennent pas d'un tel froid, ne se souviennent pas d'une telle grêle. Justement dans ce cas précis ils auront la possibilité de parler ainsi, parce que le Très-Haut Lui-même témoigne qu'il n'y a jamais eu une telle grêle.
וְעַתָּה שְׁלַח הָעֵז אֶת־מִקְנְךָ וְאֵת כָּל־אֲשֶׁר לְךָ בַּשָּׂדֶה כָּל־הָאָדָם וְהַבְּהֵמָה אֲשֶׁר־יִמָּצֵא בַשָּׂדֶה וְלֹא יֵאָסֵף הַבַּיְתָה וְיָרַד עֲלֵהֶם הַבָּרָד וָמֵתוּ׃
ve'attá chelá'h ha'éz et-miknekhá ve'ét kol-achér lekhá bassadé kol-ha'adám vehabbehemá acher-yimmatsé vassadé veló ye'asséf habbáyta veyarád alehém habbarád vamétou
19 Maintenant donc prends vite ton bétail, tous tes biens qui sont à toi dans le champ : sur tout homme qui restera dans le champ et ne rassemblera pas son bétail, sur eux descendra la grêle, et ils mourront ».
Encore une fois : d'où ont-ils des biens ? Ils ont pourtant été frappés la fois dernière, et frappés la fois d'avant. De nouveau les Juifs ont vendu, très probablement, ou bien les Égyptiens se sont approvisionnés ailleurs, se sont rétablis.
הַיָּרֵא אֶת־דְּבַר יְהוָה מֵעַבְדֵי פַּרְעֹה הֵנִיס אֶת־עֲבָדָיו וְאֶת־מִקְנֵהוּ אֶל־הַבָּתִּים׃
hayaré et-devár adonáy me'avdé par'ó henís et-avadáv ve'et-miknéhou el-habbattím
20 Celui qui craindra la parole du SEIGNEUR à travers Moi, parmi les serviteurs de Pharaon, celui-là emmènera ses serviteurs et son bétail dans les maisons.
Les Égyptiens n'avaient pas un hiver aussi froid que dans le pays d'Israël, pour qu'on fasse rentrer le bétail dans les maisons en hiver. Mais d'aussi énormes troupeaux, les Égyptiens n'en avaient pas non plus, sauf chez les Juifs dans la terre de Gochen. Des enclos de nuit pour le bétail, il y en avait, et dans les enclos de nuit on peut faire rentrer le bétail. Celui qui craint la parole de Dieu, celui-là fera rentrer (voilà pour vous encore une épreuve) son bétail dans les maisons.
וַאֲשֶׁר לֹא־שָׂם לִבּוֹ אֶל־דְּבַר יְהוָה וַיַּעֲזֹב אֶת־עֲבָדָיו וְאֶת־מִקְנֵהוּ בַּשָּׂדֶה׃
va'achér lo-sám libbó el-devár adonáy vaya'azóv et-avadáv ve'et-miknéhou bassadé
21 Et celui qui ne prêtera pas attention (qui n'a pas mis son cœur) à la parole du SEIGNEUR, celui-là, qu'il laisse ses serviteurs et son bétail dans le champ.
En hébreu prêter attention – lasím halev, littéralement mettre le cœur. Quand on veut dire : « Attention ! », on dit símou halév ! (mettez le cœur !). Le mot attention – c'est simát-lev, le placement du cœur. Nous avons déjà remarqué que les pensées et les réflexions sont liées au cœur ; en hébreu, dans la langue de la Torah c'était ainsi, et dans l'hébreu moderne cela s'est conservé.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־מֹשֶׁה נְטֵה אֶת־יָדְךָ עַל־הַשָּׁמַיִם וִיהִי בָרָד בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרָיִם עַל־הָאָדָם וְעַל־הַבְּהֵמָה וְעַל כָּל־עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vayomer adonáy el-moché neté et-yadékha al-hachamáyim vihí varád bekhol-érets mitsráyim al-ha'adám ve'al-habbehemá ve'ál kol-éssev hassadé be'érets mitsráyim
22 Et le SEIGNEUR dit à Moché : « Élève ta main vers les cieux, et il y aura de la grêle dans tout le pays d'Égypte, sur l'homme et sur le bétail, sur toute herbe des champs dans le pays d'Égypte ».
Nous avons dit que behemá – ce sont principalement les vaches et les taureaux, le gros bétail. Il est intéressant qu'il existe un tel héros biblique behemot, il est mentionné dans le livre de Yov (40,10–19), une certaine créature fabuleuse, enfin pas fabuleuse, une telle créature étonnante, et c'est de là que vient le mot russe begemot. Mais en réalité c'est le pluriel du mot behemá (bétail), c'est-à-dire une sorte de mégataureau.
Moché a obéi, bien entendu, au Très-Haut :
וַיֵּט מֹשֶׁה אֶת־מַטֵּהוּ עַל־הַשָּׁמַיִם וַיהוָה נָתַן קֹלֹת וּבָרָד וַתִּהֲלַךְ אֵשׁ אָרְצָה וַיַּמְטֵר יְהוָה בָּרָד עַל־אֶרֶץ מִצְרָיִם׃
vayét moché et-mattéhou al-hachamáyim vadonáy natán kolót ouvarád vattihalakh-éch ártsa vayamtér adonáy barád al-érets mitsráyim
23 Et leva (inclina, inclina vers le haut dans ce cas)Moché son bâton vers les cieux, et le SEIGNEUR donna des voix, et le feu descendit sur la terre, et le SEIGNEUR lança (fit descendre) la grêle sur la terre d'Égypte.
Le mot vayét (et leva) – est de même racine que le mot matté (bâton), lehatot – pencher, incliner. C'est pourquoi on peut dire que le bâton – c'est dans une certaine mesure un « inclinoir », un « tournoir », un « montroir » et ainsi de suite.
D'une manière générale, il y a une telle tentation : chaque fois que nous lisons à propos des voix de Dieu, on peut voir ici le chofar, une voix très significative, bien sûr. Le midrach dit que le son du chofar se fit entendre quand le Très-Haut insuffla l'âme dans Adam. Et de nombreux commentateurs disent que des voix retentirent comme des sons du chofar, mais il se peut tout à fait qu'il y ait eu ici des tonnerres.
Le feu allait vers la terre, « s'allait » vers la terre, si l'on traduit littéralement. C'est-à-dire qu'il y avait une flamme qui brûlait à l'envers. D'habitude les langues de la flamme qui brûle sur la terre montent vers le haut. Ici la flamme descendait d'en haut – en cela on peut voir clairement une révélation du Très-Haut. Le feu divin, qui se révèle dans des blocs de glace tombant sur la terre. Un miracle à l'intérieur d'un miracle.
Le mot vayamtér signifie littéralement aussi fit pleuvoir, de la même racine est aussi le mot matár – pluie : et le SEIGNEUR fit pleuvoir de la grêle sur la terre d'Égypte.
וַיְהִי בָרָד וְאֵשׁ מִתְלַקַּחַת בְּתוֹךְ הַבָּרָד כָּבֵד מְאֹד אֲשֶׁר לֹא־הָיָה כָמֹהוּ בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרַיִם מֵאָז הָיְתָה לְגוֹי׃
vayhí varád ve'éch mitlakká'hatLa ligne de translittération de l'original écrit « ma » au lieu de « mi » au début de ce mot (s'embrasant) ; nous suivons l'hébreu. betókh habbarád kavéd me'ód achér lo-hayá khamóhouLa ligne de translittération de l'original écrit ici un « g » au lieu d'un « h » (semblable à lui) ; nous suivons l'hébreu. bekhol-érets mitsráyim me'áz hayetá legoy
24 Et il y eut de la grêle et un feu s'embrasant à l'intérieur de la grêle, semblable à laquelle il n'y en avait pas eu dans le pays d'Égypte depuis le temps où elle était née comme peuple, était devenue un peuple.
On peut dire que c'étaient des éclairs, mais, très probablement, c'était quelque chose de plus grandiose, comme des nuages de feu. Les commentateurs, les interprètes voient en cela la présence de Dieu à l'intérieur d'une grêle très lourde.
Le mot goy signifie simplement peuple. Quand on dit d'un homme qu'il est goy, le plus souvent aujourd'hui cela est perçu comme non-Juif. Mais le peuple juif lui-même est aussi appelé goy kadóch (peuple saint). Goy – c'est n'importe quel peuple, et goy comme non-Juif – c'est un représentant des nations. Exactement de la même façon le mot païen ne signifie pas idolâtre, mais signifie – celui qui est issu des langues, des peuples du monde, un étranger. Et depuis que l'Égypte est devenue une tribu, il n'y a pas eu de grêle pareille en Égypte.
וַיַּךְ הַבָּרָד בְּכָל־אֶרֶץ מִצְרַיִם אֵת כָּל־אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה מֵאָדָם וְעַד־בְּהֵמָה וְאֵת כָּל־עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה הִכָּה הַבָּרָד וְאֶת־כָּל־עֵץ הַשָּׂדֶה שִׁבֵּר׃
vayákh habbarád bekhol-érets mitsráyim et kol-achér bassadé me'adám ve'ad-behemá ve'ét kol-éssev hassadé hikká habbarád ve'et-kol-éts hassadé chibbér
25 Et la grêle frappa dans tout le pays d'Égypte tout ce qui était dans le champ : de l'homme jusqu'à la bête, et toute l'herbe des champs, la grêle la frappa, et tout arbre des champs, elle le brisa.
Voici que nous venons de lire « toute herbe des champs ». Plus loin nous verrons que le mot toute et le mot tout ne signifient pas toujours en réalité tout.
רַק בְּאֶרֶץ גֹּשֶׁן אֲשֶׁר־שָׁם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֹא הָיָה בָּרָד׃
rak be'érets góchen acher-chám bené yisraél lo hayá barád
26 Seulement dans la terre de Gochen, dans laquelle vivaient les Israélites, là il n'y avait pas de grêle.
La grêle – c'est un dommage énorme pour toute l'économie de l'Égypte, une action très terrible, destructrice. Les Égyptiens, pour l'essentiel, ne s'occupaient pas d'élevage, mais s'occupaient plutôt d'agriculture, et la grêle – c'est justement un dommage pour l'agriculture. En somme, c'est déjà l'effondrement de l'économie : pas quelque atteinte au bien-être, pas quelque atteinte au confort, mais un coup des plus terribles porté à l'économie de l'Égypte.
וַיִּשְׁלַח פַּרְעֹה וַיִּקְרָא לְמֹשֶׁה וּלְאַהֲרֹן וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם חָטָאתִי הַפָּעַם יְהוָה הַצַּדִּיק וַאֲנִי וְעַמִּי הָרְשָׁעִים׃
vayichlá'h par'ó vayikrá lemoché oul'aharón vayomer alehem 'hatáti happá'am adonáy hattsaddík va'aní ve'ammí harecha'ím
27 Et Pharaon envoya, et appela Moché et Aharon, et leur dit : « J'ai péché cette fois, le SEIGNEUR – le Juste, et moi et mon peuple – des scélérats.
Une question logique se pose : dehors ce n'est pas simplement une petite pluie, dehors c'est une forte grêle. On dit qu'elle tue tous ceux qui s'y trouvent. Par un temps pareil, un maître ne pensera même pas à mettre son chien dehors, et Pharaon a envoyé quelqu'un chercher Moché et Aharon. Qui est donc ce volontaire, qui sortira par un temps pareil ? Eh bien, et après cela Moché aussi sort, va d'une façon ou d'une autre chez Pharaon. Et d'une manière générale, ces phrases-là que nous rencontrons (« appela Moché », « Pharaon envoya vers Moché et Aharon » et ainsi de suite) sont étonnantes. D'une façon ou d'une autre tout se fait très vite, on les trouve vite ; très probablement, Moché et Aharon vivent dans la ville de Ramsès, où à ce moment-là a été transférée la capitale de l'Égypte, à la frontière de la terre de Gochen. Beaucoup de villes égyptiennes n'étaient pas grandes. Disons, la superficie de la vieille ville de Jérusalem est d'un peu plus d'un kilomètre carré, elle a l'air d'une toute petite, toute petite bourgade. Et Ramsès aussi pouvait être une ville assez petite. À l'intérieur de cette petite ville il y avait beaucoup de galeries, les balcons surplombaient les trottoirs. Nous le voyons dans l'architecture égyptienne : des galeries fermées ou ouvertes, des arcades. Dans les galeries se faisait le commerce, c'est-à-dire qu'il y avait des sortes de trottoirs couverts, sur toute la longueur des trottoirs il y avait des marchés, la ville a toujours été commerçante. Mais là n'est pas la question : s'il y avait des passages couverts et si l'on suppose que Moché et Aharon vivaient dans la capitale, alors on pouvait envoyer les chercher de façon relativement sûre. Mais il y avait bien sûr aussi des cours ouvertes, et si Pharaon avait un petit jardin avec un barbecue, une piscine, une pelouse et un narguilé, alors tout, bien entendu, a été abîmé chez lui. Mais des passages couverts, il y en a malgré cela.
Ainsi donc, Pharaon appelle Moché et Aharon et leur dit une chose étonnante. Qu'est-ce qui a frappé Pharaon d'un repentir si inattendu ? Le Très-Haut avait ordonné d'avertir, de dire à Pharaon par Moché : « Voici, celui qui fera rentrer les gens et le bétail, celui qui craint, celui-là ne souffrira pas, et celui qui ne craint pas, celui-là paiera ». Pharaon a vu qu'on l'avait averti avec bonté, gentiment, on ne lui disait pas : « De toute façon on va t'écraser ici tout de suite ». Et on pouvait sauver tous les biens. Pharaon pense : « Peut-être que maintenant on peut regagner quelque chose ? Arrêtons, il y a une chance de reconnaître que le Très-Haut a raison ». Et il dit : « Je proclame que j'ai tort, je suis un scélérat, et le Très-Haut – Il est juste ».
הַעְתִּירוּ אֶל־יְהוָה וְרַב מִהְיֹת קֹלֹת אֱלֹהִים וּבָרָד וַאֲשַׁלְּחָה אֶתְכֶם וְלֹא תֹסִפוּן לַעֲמֹד׃
ha'tírouLa ligne de translittération de l'original commence ce mot par un « g » ; l'hébreu a ici un hé, d'où ha'tírou. el-adonáy veráv mihyót kolót elohím ouvarád va'achalle'há etkhém veló tossifoún la'amód
28 Plaignez-vousL'original dit littéralement « plaignez-vous », sans doute au sens de « suppliez » ; la traduction garde le mot de l'auteur., dissuadez (encore une fois !) le Très-Haut, et qu'Il fasse cesser enfin ces voix et la grêle, et je vous enverrai, vous ne vous attarderez plus ici (vous ne vous tiendrez plus, si l'on traduit littéralement) ».
Les voix, kolót elohím peuvent être comprises ici comme les voix de Dieu. Mais le mot elohím est parfois employé par certains traducteurs au sens de grand ou fort. C'est-à-dire : « Et qu'Il fasse cesser ces voix fortes et cette grêle », voilà une telle demande au Très-Haut.
Au verset 29 nous lisons la réponse de Moché à ce cri de Pharaon :
וַיֹּאמֶר אֵלָיו מֹשֶׁה כְּצֵאתִי אֶת־הָעִיר אֶפְרֹשׂ אֶת־כַּפַּי אֶל־יְהוָה הַקֹּלוֹת יֶחְדָּלוּן וְהַבָּרָד לֹא יִהְיֶה־עוֹד לְמַעַן תֵּדַע כִּי לַיהוָה הָאָרֶץ׃
vayomer eláv moché ketsetí et-ha'ír efrós et-kappáy el-adonáy hakkolót ye'hdaloúnLa ligne de translittération de l'original écrit ce mot sans le y initial ; l'hébreu commence par un yod, d'où ye'hdaloún. vehabbarád lo yihye-ód lemá'an tedá ki ladonáy ha'árets
29 Et Moché lui dit : « Voilà, dès que je sortirai de la ville, j'étendrai mes mains vers le SEIGNEUR, et les voix, les tonnerres se calmeront, et il n'y aura plus de grêle, afin que tu saches qu'à Dieu appartient la terre.
Toujours, déjà dans l'enfance, je me suis posé la question : pourquoi Pharaon craint-il le tonnerre plus que la grêle ? Parce que le tonnerre fait peur même quand tu es à la maison. Souvent je vois que même des adultes sont fortement effrayés par le tonnerre, ses grondements inattendus, quand les vitres tintent et que quelque chose d'autre craque encore. Les gens ont peur du tonnerre, car la grêle, elle, était dehors, tandis que les tonnerres pénétraient dans la maison.
וְאַתָּה וַעֲבָדֶיךָ יָדַעְתִּי כִּי טֶרֶם תִּירְאוּן מִפְּנֵי יְהוָה אֱלֹהִים׃
ve'attá va'avadékha yadá'ti ki térem tire'oún mippené adonáy elohím
30 Toi et tes serviteurs, je le sais, vous n'avez pas encore suffisamment craint Dieu.
Et plus loin nous comprendrons pourquoi Moché parle ainsi.
וְהַפִּשְׁתָּה וְהַשְּׂעֹרָה נֻכָּתָה כִּי הַשְּׂעֹרָה אָבִיב וְהַפִּשְׁתָּה גִּבְעֹל׃
vehappichtá vehasse'orá noukkáta ki hasse'orá avív vehappichtá giv'ól
31 Parce que le lin et l'avoine ont été frappés, parce que l'avoine à ce moment-là s'était épanouie, le lin avait déjà formé ses tiges.
Le lin – c'est le principal produit industriel de l'Égypte, l'un des principaux. Les Égyptiens transforment le lin, ils produisent de l'huile de lin, qui est utilisée pour soigner et pour préparer la nourriture. Et en plus de cela le lin, naturellement, est transformé en tissu. L'avoine – c'est la nourriture des pauvres, c'est la subsistance des gens pauvres. Le mot avív est traduit par printemps en hébreu moderne. Le printemps est lié à la racine aboúv (faire éclore les bourgeons, former le fruit). Si le lin a déjà formé ses tiges, cela signifie qu'il s'agit du mois de tevét (janvier - février). Si nous parlions du pays d'Israël, qui est situé plus au nord, cela signifierait mars-avril, quand c'est la toute, toute veille de Pessa'h. Et alors on n'arrive pas à « caser » dans cet intervalle de temps les autres plaies. Mais il s'agit de l'Égypte, et le temps de la maturation y arrive plus tôt, c'est pourquoi c'est le mois de tevét, c'est-à-dire que cela se passait, très probablement, en janvier. Il y a différentes versions, différents calculs, je ne vais pas en discuter, j'expose l'une des principales opinions, et ce n'est, en somme, pas essentiel.
וְהַחִטָּה וְהַכֻּסֶּמֶת לֹא נֻכּוּ כִּי אֲפִילֹת הֵנָּה׃
veha'hittá vehakkoussémet lo noukkoú ki afilót hénna
31 Mais le blé et l'épeautre furent épargnés.
Probablement, pour une personne russophone, l'épeautre est connu par le conte de Pouchkine « Du tsar et de son ouvrier Balda », dont le héros demandait : « Et à manger, donne-moi de l'épeautre bouilli ». L'épeautre – c'est une céréale, une espèce de blé avec un épi très cassant, instable, mais très productive. Elle a un grain vêtu, c'est-à-dire qu'on ne peut pas le séparer de la balle. Le grain ne se bat pas, il reste toujours avec le son, et le son en est inséparable. Et voilà, le blé et l'épeautre (ce que mangent les gens plus aisés) n'ont pas souffert. Et puisqu'il n'a pas souffert, alors vous, les gars, vous avez encore quelque chose à perdre, et vous ne vous inquiétez pas tant que ça de rester affamés. C'est pourquoi Moché dit : « Je sais que vous n'avez pas spécialement peur ».
וַיֵּצֵא מֹשֶׁה מֵעִם פַּרְעֹה אֶת־הָעִיר וַיִּפְרֹשׂ כַּפָּיו אֶל־יְהוָה וַיַּחְדְּלוּ הַקֹּלוֹת וְהַבָּרָד וּמָטָר לֹא־נִתַּךְ אָרְצָה׃
vayetsé moché me'ím par'ó et-ha'ír vayifrós kappáv el-adonáy vaya'hdeloú hakkolót vehabbarád oumatár lo-nittákh ártsa
33 Et Moché sortit de chez Pharaon, hors de la ville, et étendit les mains vers le SEIGNEUR, et les tonnerres et la grêle cessèrent, et la pluie cessa de battre, de cogner sur la terre.
On peut poser une question intéressante : pourquoi Moché sort-il toujours de la ville pour prier, quelle est cette idée ? Les commentateurs disent que dans la ville il y a plein de toutes sortes d'idoles et ainsi de suite. Et quand on dit que Moché sortit de la ville, il est tout à fait possible qu'il soit monté sur les portes de la ville, qui comme surplombent la ville (comme s'il « se tenait devant » hors de la ville). C'est-à-dire qu'il n'est pas tout à fait, selon notre compréhension, sorti de la ville.
Quand il est dit que la grêle s'arrêta, les commentateurs dessinent une belle image : les grêlons sont simplement restés suspendus dans l'air et se sont dissous au même moment. Eh bien, une très belle image. D'une manière ou d'une autre, la grêle au-dessus de l'Égypte a cessé. La grêle a cessé, il est resté le blé, l'épeautre, il est resté une partie du bétail, qui s'est trouvée dans les enclos, et en plus on peut encore en acheter chez les Juifs. Et c'est pourquoi...
וַיַּרְא פַּרְעֹה כִּי־חָדַל הַמָּטָר וְהַבָּרָד וְהַקֹּלֹת וַיֹּסֶף לַחֲטֹא וַיַּכְבֵּד לִבּוֹ הוּא וַעֲבָדָיו׃
vayár par'ó ki-'hadál hammatár vehabbarád vehakkolót vayosef la'ható vayakhbéd libbó hou va'avadáv
34 Et Pharaon vit que la pluie, et la grêle, et les voix avaient cessé, et il continua à pécher, et alourdit son cœur et celui de ses serviteurs.
Et cette fois, vous voyez, quand tout a cessé, les voix sont chez lui déjà à la dernière place.
En quoi consiste le péché de Pharaon ? Moché a décrit en quoi consistera le péché de l'homme – il n'a pas cru en la Parole du Très-Haut, n'a pas cru au pouvoir du Très-Haut. Pharaon a dit : « Bon, ce n'est rien, nous survivrons à cela aussi, nous tiendrons bon. L'essentiel pour nous, c'est de nous tenir à notre culture égyptienne et de défendre la prospérité de la patrie, c'est pourquoi les Juifs, nous ne les laisserons pas partir ».
וַיֶּחֱזַק לֵב פַּרְעֹה וְלֹא שִׁלַּח אֶת־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה בְּיַד־מֹשֶׁה׃
vaye'hezák lev par'ó veló chillá'h et-bené yisraélLa ligne de translittération de l'original écrit le nom d'Israël avec un « l » au lieu du « r » ; nous suivons l'hébreu : yisraél. ka'achér dibbér adonáy beyad-moché
35 Et le cœur de Pharaon se renforça, et il ne renvoya pas les fils d'Israël, comme le SEIGNEUR le lui avait dit par Moché.
Nous avons lu au verset 34 que Pharaon a lui-même alourdi son cœur, ici en revanche nous voyons que son cœur s'est renforcé.
Une enfance difficile
Nous allons, vous et moi, parler encore un peu de la section hebdomadaire Vaéra, qui poursuit le récit du séjour d'Israël, qui n'a pas encore eu le temps de devenir un peuple, dans le pays d'Égypte. Au fond, c'est l'histoire de notre enfance. Nous venons tous, comme on a coutume de dire, de notre enfance. Certains ont eu la chance de naître dans une famille cultivée, riche ou pas très riche. Et une telle personne a été entourée dès l'enfance d'amour, de soins, ce qu'on appelle « suffisamment aimé », a reçu une bonne éducation, et il semble qu'il lui soit plus facile de vivre qu'à une personne pour qui tout s'est passé autrement. Il arrive que dès sa naissance même une personne se retrouve non désirée, oubliée et abandonnée. Voici, par exemple, comme dans cette histoire d'une jeune fille :
« Ma vie a commencé de façon tout simplement horrible. Et elle a failli se terminer, à peine commencée. Maman ne voulait pas du tout me mettre au monde et c'est pourquoi elle a accouché en secret, dans un champ. Et c'est là aussi qu'elle m'a abandonnée, sans même m'avoir mise au sein ni m'avoir coupé le cordon ombilical. Affamée et souillée de sang, j'étais couchée là et je mourais. »
Et cette histoire, cette triste histoire – n'est pas simplement l'histoire d'une jeune fille quelconque. C'est précisément notre histoire, précisément celle du peuple juif. Au chapitre 16 du livre de Yé'hezkel nous lisons comment le Très-Haut la raconte :
« Et voici ta naissance : au jour de ta naissance on ne t'a pas coupé le cordon ombilical, et tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être purifiée, et tu n'as pas été frottée de sel, et tu n'as pas été emmaillotée de langes. L'œil n'a pas eu pitié de toi, pour faire pour toi, par compassion pour toi, ne serait-ce qu'une seule chose de tout cela. Et tu as été jetée dans les champs dans ta souillure au jour de ta naissance ».
C'est-à-dire que le récit de la jeune fille – c'est le récit de cette même histoire à la première personne. C'est l'histoire de notre enfance, à vous et à moi – l'enfance du peuple de Dieu. S'il arrivait qu'une personne apprenne une telle chose sur elle-même, peut-être commencerait-elle à aller chez un psychologue, s'allongerait-elle sur le divan d'un psychanalyste et passerait-elle longtemps, longtemps à se guérir de ce traumatisme de l'âme, essaierait-elle de l'oublier. Mais le Très-Haut non seulement ne nous laisse pas oublier, Il nous le rappelle constamment, comme pour nous rappeler l'histoire de notre enfance difficile. Nous lisons, par exemple, au chapitre 4 du livre de Dévarim :
« Mais vous, le SEIGNEUR vous a pris et vous a fait sortir du creuset de fer, du four où l'on fond le fer, d'Égypte, afin que vous soyez le peuple de Sa part, comme en ce jour ».
Ici le Très-Haut rappelle que ce n'est pas dans le camp de pionniers « Artek » que nous étions, mais que nous étions dans le creuset de fer, dans un lieu où il est impossible de garder ni la forme ni le contenu. Dans un lieu de tourments, dans un lieu où il est impossible de séjourner. Et c'est de là que le Très-Haut nous a fait sortir. Les souvenirs de notre enfance difficile – ce sont les souvenirs de l'état dont le Très-Haut nous a fait sortir, les souvenirs du point de départ si bas, pour parler en termes sportifs, d'où nous sommes partis et, malgré cela, avons atteint ce que nous avons atteint. Il y a des gens qui ont réussi, comme on dit, à naître « avec une cuillère d'argent dans la bouche », ils n'ont combattu pour rien, ne se sont battus pour rien. Mais ce n'est pas notre histoire. Notre histoire – c'est l'histoire de situations difficiles surmontées. Et la mémoire de notre enfance difficile – c'est la mémoire du fait que nous pouvons surmonter des situations difficiles.
Il y a dans notre section encore plusieurs histoires liées à la lourdeur et à la manière dont la lourdeur agit sur nous et sur notre vie. Au quatrième chapitre, au verset 10, nous lisons comment Moché parle avec le Très-Haut, Qui l'envoie délivrer le peuple juif. Et Moché dit : « Je T'en prie, Souverain, je ne suis pas un homme à la parole facile, ni d'hier, ni d'avant-hier, ni depuis le début de Ta conversation avec Ton serviteur, car je suis “lourd de bouche” (ici dans l'original il y a kavéd-pé – j'ai la bouche lourde). Et j'ai la langue embarrassée, (ici – kavéd lachón – et j'ai la langue lourde), j'ai la bouche lourde, les lèvres lourdes et j'ai la langue lourde. Il me sera difficile de parler ». Comme nous le savons par la suite de l'histoire, Moché surmonte cette lourdeur et devient celui par qui sera donnée la Loi, et qui finalement devient un tel orateur qu'un livre entier de la Torah est appelé du mot Dévarim (Discours). Il a prononcé un livre entier de discours, en répétant, en exposant de nouveau pour Israël la Loi, qui a commencé à être appelée Torat Moché (Loi de Moïse).
D'un autre côté, nous lisons l'histoire de Pharaon. On pose très souvent la question : « Si le Très-Haut a alourdi le cœur de Pharaon, pourquoi donc est-ce qu'Il lui en demande malgré tout compte ? » Il semblerait que, si Pharaon était privé de la liberté de choix, comment peut-on lui en demander compte ? Comment peut-on demander des comptes à un homme à qui n'a pas été donnée la possibilité de choisir la bonne décision ? Et la réponse est la suivante : de même que Moché avait la langue lourde et la bouche lourde, mais que Moché l'a surmonté, est allé et s'est mis à parler, exactement de la même manière le cœur lourd – c'est ce que Pharaon pouvait surmonter. Le travail pénible, qu'on avait encore alourdi pour les fils d'Israël afin qu'ils ne pensent pas à la libération, ne les a pas forcés à renoncer à l'idée de la libération. Oui – cela l'a rendue plus difficile, oui – cela l'a suspendue, oui – cela l'a freinée, mais le peuple d'Israël est sorti d'Égypte malgré cela.
Les choses lourdes, comme les poids de fonte, comme les haltères, peuvent nous rendre plus forts. Et, en parlant de notre enfance difficile, le Très-Haut rappelle : « Regarde dans quelles situations Je t'ai aidé. Regarde quelles situations tu as traversées avec Mon aide. Oui, peut-être t'a-t-on jeté dans un champ, jeté dans un champ tout sale, dans ta souillure, sans t'avoir coupé le cordon ombilical, mais regarde ce que tu as atteint ! »
Regarde ta situation maintenant, réfléchis-y et dis : pourras-tu la surmonter ? Est-elle surmontable, ta situation dans laquelle tu te trouves maintenant, après ce qui s'est passé dans ton enfance et ce que tu as vécu dans ton enfance difficile ? Cette approche a influencé tout le peuple d'Israël, toute l'histoire juive. Et aujourd'hui, précisément dans l'Israël laïque, il existe ce dicton : « Nous avons survécu à Pharaon – nous survivrons aussi à cela ». Si nous avons pu survivre à Pharaon, cela veut dire que nous viendrons à bout aussi de ce qui nous arrive aujourd'hui.
Méïr Ariël, poète, chanteur et compositeur israélien, en parle dans une chanson israélienne populaire : « Parfois j'en écope dans un bus bondé, à la sortie du parking ou quand je bouscule et que je marche sur les pieds des autres. Parfois simplement dans la rue, à cause de la cohue et des bousculades, à cause d'un désir excessif d'arracher au plus vite un petit morceau de bonheur – dans le dos, dans les côtes, et parfois même au visage je reçois un coup de ce vieux coude bien connu. Mais nous avons bien survécu à Pharaon, donc nous survivrons aussi à cela ».
Nos souvenirs – ils parlent de ceci : nous avons survécu à Pharaon, nous avons survécu à un homme qui jetait nos garçons dans le fleuve, tuait tous nos garçons, qui nous forçait du matin au soir, sans nous redresser, à fabriquer des briques. Avant même que nous soyons devenus une communauté, que nous soyons devenus un peuple, nous avons survécu à cela. Nous en sommes sortis, nous avons traversé le désert, même si ce ne fut pas sans difficultés. Nous sommes parvenus jusqu'au pays d'Israël. Nous sommes revenus au pays d'Israël après deux mille ans d'exil. Il nous est arrivé tant de choses, mais tous les autres malheurs aussi, avec l'aide de Dieu, nous y survivrons. L'histoire de notre enfance difficile – c'est une histoire qui nous a rendus plus forts, parce que dans cette histoire il y avait le Très-Haut ; parce que, quand la petite fille était couchée, abandonnée dans le champ, le Très-Haut l'a rencontrée, le Très-Haut l'a recueillie, et Il est près de nous : il suffit seulement de faire attention à Lui, de se tourner vers Lui, et alors nous pourrons dire : « Nous avons survécu à Pharaon – nous survivrons aussi à cela ».
Le commencement
On peut dire que la section hebdomadaire Vaéra commence, d'une certaine manière, par le milieu. Nous avons terminé la section précédente sur l'indignation de Moché, sur le fait qu'il s'adresse au Très-Haut avec la question : « Pourquoi m'as-tu envoyé ? » C'est sur cette réplique de sa part que la section précédente s'est terminée. Et notre section hebdomadaire commence au verset 2 du chapitre 6, commence par la réponse du Très-Haut à la question de Moché.
וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים אֶל־מֹשֶׁה וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֲנִי יְהוָה׃
vaydabbér elohím el-moché vayomer eláv aní adonáy
2 Et Élohim parlait avec Moché, et Il lui dit : « Je suis Adonaï ».
Ici nous voyons deux noms différents du Très-Haut. L'approche traditionnelle dit que toujours, lorsque nous lisons le nom Élohim, cela indique la rigueur du jugement. Et au contraire, lorsque nous lisons le nom de quatre lettres, Adonaï, cela signifie la miséricorde. Et chez les commentateurs-sages s'est posée une question au sujet de ce verset : que signifie un tel changement de nom ? Comme nous nous en souvenons, le Très-Haut répond ici à l'indignation de Moché. Les commentateurs disent que le jugement – c'est la réponse à une telle déclaration indignée de Moché, dans la mention ici du nom Élohim il y a une certaine accusation à l'adresse de Moché, et nous comprendrons plus tard pourquoi.
Et ensuite, au verset 3, le Très-Haut dit qu'Il n'a pas été connu des Patriarches, Avraham, Yits'hak et Yaakov, sous le nom Adonaï. Cela suscite l'étonnement, parce que nous rencontrons dans la Torah la mention du fait que les Patriarches appellent Dieu de ce nom. Et par quoi donc peut-on résoudre cette contradiction ?
Ce sera compréhensible si nous nous rappelons que le nom – c'est aussi une allusion à une certaine essence. Il y a quelque chose que le Très-Haut s'apprête à révéler maintenant, qui n'avait pas été révélé aux Patriarches. Ce quelque chose (selon l'avis des commentateurs) – ce sont les miracles. Les Patriarches connaissaient le Très-Haut à travers leur monde intérieur. Ils n'avaient pas besoin de miracles pour croire. Nous pouvons voir que le Très-Haut les aidait dans la vie, mais il n'y avait pas d'intervention surnaturelle quelconque de Sa part. Et pourtant, malgré cela, ils connaissaient Dieu. Mais en IsraëlL'original dit ici « en Israël » ; d'après le contexte, il pourrait s'agir de l'Égypte. La phrase est traduite littéralement. les descendants de Yaakov se sont multipliés, la famille de Yaakov est devenue un peuple. Et ce peuple avait déjà un niveau spirituel tout à fait différent, il n'avait pas un tel niveau de foi que les Patriarches. Et c'est pourquoi le peuple avait besoin de miracles, avait besoin de phénomènes surnaturels. C'est précisément pour cela que le Très-Haut dit qu'Il va maintenant se révéler sous le nom Adonaï. C'est-à-dire qu'à partir de ce moment vont se produire des choses surnaturelles, qui violent le cours de la nature. Cela poussera le peuple à sortir d'Égypte. Mais cette manifestation de la miséricorde du Très-Haut est conditionnée précisément par le fait que le niveau spirituel du peuple est plus bas que celui des Pères.
Le midrach présente cela sous la forme d'une conversation entre Moché et le Très-Haut. Le Très-Haut dit pour ainsi dire à Moché : « Souviens-toi d'Avraham, à qui J'avais promis de donner toute la terre en héritage, et il n'avait pas où enterrer sa femme, et il a dû acheter un emplacement avec son propre argent. Et malgré cela il n'a pas perdu la foi ». Et maintenant, après le début de la mission et la première démarche auprès de Pharaon, Moché répond par l'indignation. C'est-à-dire qu'en Égypte le peuple s'est multiplié, mais son niveau spirituel s'est avéré plus bas que celui des Patriarches.
Ensuite, déjà au verset 9, la Torah dit que le peuple n'écoutait pas Moché à cause de l'abattement et du travail pénible, et les commentateurs essaient de comprendre pourquoi. Car, semblerait-il, plus le travail est pénible, plus joyeuse est la nouvelle que l'homme en sera libéré. Les commentateurs disent que le peuple ne voulait pas écouter parce qu'il était enlisé dans l'idolâtrie. C'est-à-dire que par le travail on sous-entend l'idolâtrie, ce qui en hébreu se dit littéralement avodá zará (travail étranger). Les Juifs ne voulaient pas entendre parler de Dieu, parce qu'ils ne voulaient pas abandonner les dieux égyptiens qu'ils adoraient. La Torah ne le dit pas ici directement, mais le récit en est chez le prophète Yé'hezkel, au chapitre 20. Là il est dit que le peuple d'Israël a refusé de rejeter les abominations égyptiennes qu'il adorait. Mais aussi dans le texte de la Torah nous pouvons voir que le peuple d'Israël ne sortait pas, jusqu'à ce que Pharaon l'ait pratiquement chassé. Cette nuit-là même, où a lieu le coup porté aux premiers-nés, Pharaon dit : « Levez-vous et partez de mon pays ». Jusqu'à ce moment les Juifs ne partaient pas. C'est-à-dire que la délivrance elle-même était entièrement et totalement une miséricorde (c'est ainsi que la voit la tradition juive) : le Très-Haut a fait sortir Israël seulement parce qu'Il avait promis de le faire ; Israël lui-même ne voulait pas sortir.
Il y a encore un passage intéressant, auquel il vaut la peine de prêter attention, c'est le verset 13 du chapitre 6. Ici la Torah dit que le Très-Haut a envoyé Moché et Aharon vers Israël, pour leur donner un commandement. Mais la Torah ne précise pas ce qu'ils devaient précisément ordonner. Or la tradition juive dit que le premier commandement que les Juifs ont reçu en Égypte – c'est le commandement de la libération des esclaves, c'est-à-dire que les Juifs ont reçu le commandement de libérer la septième année tous leurs esclaves juifs. Là encore la Torah ne le dit pas directement. Mais c'est ce que dit le prophète Yirméyahou (34,13–14). Cela n'est pas rendu par toutes les traductions, mais dans le texte original il est dit que ce commandement (laisser partir les esclaves) a été donné au peuple le jour de la sortie d'Égypte :
« Ainsi a dit le SEIGNEUR, Dieu d'Israël : J'ai conclu une alliance avec vos pères au jour où Je les ai fait sortir de la terre de Mitsraïm, de la maison de servitude, en disant : au bout de la septième année, renvoyez chacun son frère, ivri, qui se sera vendu à toi ; qu'il te serve six ans, et (ensuite) renvoie-le de chez toi en liberté ».
Avant même qu'Israël ait reçu la libération de l'oppression égyptienne, les Juifs ont pris sur eux la disposition à libérer les esclaves juifs. Et la tradition voit en cela un profond symbolisme. Un homme ne peut pas recevoir la libération de l'esclavage, s'il asservit lui-même quelqu'un. Sans la disposition à laisser partir tous ses esclaves, à pardonner à tous ses débiteurs, il n'y a pas de possibilité pour l'homme de se libérer. Et nous voyons en cela un parallèle important avec la prière du SEIGNEUR « Notre Père », quand Yéchoua dit : « Et pardonne-nous nos dettes, comme nous aussi pardonnons à nos débiteurs ». C'est-à-dire que sans le pardon de nos débiteurs nous ne recevons pas nous-mêmes le pardon. Et ce pardon, la préfiguration de ce pardon – est dans le tout premier commandement que les Juifs, pas encore en tant que peuple, ont reçu en Égypte.
On peut relever encore un point. Un des commentateurs qui ont vécu au cours des derniers siècles dit que, au fond, 600 mille Juifs sont sortis d'Égypte. D'entre eux, seulement deux hommes entreront dans le pays d'Israël, seulement Yéhochoua ben Noun et Kalev. Le commentateur dit que nous voyons en cela le caractère inhabituel du plan divin, que le SEIGNEUR peut faire des changements globaux dans le monde, changer la nature, intervenir dans le cours des choses, même lorsque, en fin de compte, seuls deux sur 600 mille parviennent à la délivrance. Si l'on regarde cela du côté humain, il faut prêter attention au fait que les miracles qui nous arrivent, qui arrivent à la communauté dont nous faisons partie, et parfois même lorsque nous entendons certaines promesses – tout cela exige notre participation, notre coopération avec le Très-Haut. Nous pouvons nous avérer indignes de toutes ces promesses, et, même étant sortis d'Égypte, même ayant conclu l'alliance, nous pouvons tout de même périr dans le désert, bien qu'à côté de nous marchent beaucoup de gens. Comme nous le voyons, sur 600 mille seuls deux sont arrivés.
Haftara. Yé'hezkel
Chémot 28,25–29,21
כֹּה־אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה בְּקַבְּצִי אֶת־בֵּית יִשְׂרָאֵל מִן־הָעַמִּים אֲשֶׁר נָפֹצוּ בָם וְנִקְדַּשְׁתִּי בָם לְעֵינֵי הַגּוֹיִם וְיָשְׁבוּ עַל־אַדְמָתָם אֲשֶׁר נָתַתִּי לְעַבְדִּי לְיַעֲקֹב׃
ko-amár adonáy elohím bekabbetsí et-bét yisraél min-ha'ammím achér nafótsou vam venikdáchti vam le'ené haggoyím veyachevoú al-admatám achér natátti le'avdí leyaakóv
25 Ainsi a dit le Souverain SEIGNEUR : « Quand Je rassemblerai la Maison d'Israël, et parmi les peuples dans lesquels ils sont dispersés, Je serai sanctifié par eux aux yeux des autres peuples, et ils vivront sur leur terre, que J'ai donnée à mon serviteur Yaakov.
De quoi s'agit-il ici ? Le Très-Haut dit souvent par les prophètes qu'Il se sanctifie devant les autres peuples par le fait qu'Il rassemble le peuple d'Israël, par le fait qu'Il agit dans le peuple d'Israël. Étonnante histoire du peuple d'Israël, sa dispersion et son rassemblement de nouveau sur la Terre sainte, malgré les péripéties historiques compliquées, malgré ce par quoi passe le peuple d'Israël ! Et, semblerait-il, qui d'autre aurait tenu bon dans ces événements historiques, dans ces oppressions, ces persécutions constantes et ces tentations de se dissoudre dans les autres peuples ? Mais le Très-Haut dit : « Je les rassemblerai et par là même Je leur manifesterai Ma sainteté ».
La sainteté, dans l'une de ses significations, – c'est la séparation d'avec le monde, c'est l'indépendance à l'égard de quelconques causes du monde, l'élévation au-dessus de toutes les causes et de tous les besoins du monde. Et par là même le Très-Haut dit : « Je leur manifesterai Mon pouvoir, Ma pleine indépendance à l'égard de quoi que ce soit qui se produit dans le monde. Mon plan sera réalisé, malgré tous les événements historiques, quoi qu'il arrive, Je manifesterai Ma sainteté en rassemblant le peuple d'Israël. Et, en outre, le fait que le peuple d'Israël répondra à Mon appel, cela aussi sera un témoignage de Ma sainteté. Et ainsi Je serai sanctifié parmi les peuples ».
Le Très-Haut dit : « Je les ramènerai, et ils vivront sur leur terre… ». Le mot yachevoú signifie résidence permanente sur la terre, c'est-à-dire qu'ils seront des habitants permanents, ils se fixeront sur la terre que le Très-Haut a promise à Yaakov.
וְיָשְׁבוּ עָלֶיהָ לָבֶטַח וּבָנוּ בָתִּים וְנָטְעוּ כְרָמִים וְיָשְׁבוּ לָבֶטַח בַּעֲשׂוֹתִי שְׁפָטִים בְּכֹל הַשָּׁאטִים אֹתָם מִסְּבִיבוֹתָם וְיָדְעוּ כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיהֶם׃
veyachevoú alehá lavéta'h ouvanoú vattím venateoú kheramím veyachevoú lavéta'h ba'asotí chefatím bekhól hachatím otám missevivotám veyadeoú ki aní adonáy elohehém
26 Et ils y vivront avec assurance, et ils bâtiront des maisons, et planteront des vignes, et ils vivront en sécurité, quand J'exercerai le jugement sur tous ceux qui leur étaient hostiles autour d'eux, et ils sauront que Je suis le SEIGNEUR, leur Dieu ! »
Et ils y vivront avec assurance – cette même promesse est donnée aussi par Moché dans le livre Dévarim. Moché dit que cette vie sur la Terre sainte sera une vie en sécurité, assurée, sans tremblement constant, sans peur constante de l'anéantissement. Il faut dire que l'État d'Israël d'aujourd'hui ne fait qu'avancer sur ce chemin. Israël a beaucoup d'ennemis, et c'est pourquoi les dépenses pour le budget militaire sont très grandes. Et on peut dire qu'Israël jusqu'à présent ne se sent pas en sécurité au point que personne ne nous touchera, que personne n'osera nous attaquer. Pour l'instant ce n'est pas le cas, ce n'est qu'une promesse. Le Très-Haut dit : « Ils vivront avec assurance sur leur terre ». Dans le livre Dévarim il est dit : « J'anéantirai tous les ennemis autour d'eux ».
« Quand J'exercerai le jugement, sur tous ceux qui leur étaient hostiles autour d'eux, et ils sauront que Je suis le SEIGNEUR, leur Dieu ! » – c'est aussi une manifestation de la sainteté. Et le SEIGNEUR montrera qu'Il a pouvoir sur toute situation et qu'Il manifeste Sa sollicitude, qu'Il n'a pas abandonné Sa sollicitude pour le peuple d'Israël.
C'est, à proprement parler, la fin du petit passage de la fin du chapitre 28, et nous commençons à lire le chapitre 29, verset 1.
בַּשָּׁנָה הָעֲשִׂירִית בָּעֲשִׂרִי בִּשְׁנֵים עָשָׂר לַחֹדֶשׁ הָיָה דְבַר־יְהוָה אֵלַי לֵאמֹר׃
bachaná ha'assirít ba'assirí bichném assár la'hódech hayá devar-adonáy eláy lemór
1 La dixième année, au dixième mois, le douzième jour, la parole du SEIGNEUR vint à moi :
La dixième année – c'est la dixième année de l'exil de Joakim, le dixième mois (c'est-à-dire tévet), le douzième jour, si l'on traduit à la manière moderne – c'est le 7 janvier 587 av. n. è.
Cette prophétie a été dite il y a 2600 ans. Nous lisons maintenant une certaine révélation, qui a été reçue il y a 2600 ans, et elle est actuelle pour nous. Il vaut simplement la peine de s'arrêter et de comprendre, de sentir quelle immense époque embrasse le Tanakh, la Bible, les révélations du Très-Haut ! Combien elles sont actuelles tout au long du temps ! Et peu de choses de ce qui a été écrit au 6e siècle av. n. è. sont parvenues jusqu'à nous et sont actuelles pour quelqu'un comme le sont ces paroles !
Donc, le douzième jour, du dixième mois de tévet, la dixième année de l'exil de Joakim, la parole du SEIGNEUR vint à Yé'hezkel :
בֶּן־אָדָם שִׂים פָּנֶיךָ עַל־פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרָיִם וְהִנָּבֵא עָלָיו וְעַל־מִצְרַיִם כֻּלָּהּ׃
ben-adám sim panékha al-par'ó mélekh mitsráyim vehinnavé aláv ve'al-mitsráyim koullá
2 « Homme ! tourne ta face vers Paro, roi d'Égypte, et prophétise sur lui et sur toute l'Égypte.
דַּבֵּר וְאָמַרְתָּ כֹּה־אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה הִנְנִי עָלֶיךָ פַּרְעֹה מֶלֶךְ־מִצְרַיִם הַתַּנִּים הַגָּדוֹל הָרֹבֵץ בְּתוֹךְ יְאֹרָיו אֲשֶׁר אָמַר לִי יְאֹרִי וַאֲנִי עֲשִׂיתִנִי׃
dabbér ve'amartá ko-amár adonáy elohím hinení alékha par'ó melekh-mitsráyim hattanním haggadól harovéts betókh ye'oráv achér amár li ye'orí va'aní assitíni
3 Parle et dis : « Ainsi a dit le Souverain SEIGNEUR : « Voici, Je suis contre toi, Paro, roi d'Égypte, grand crocodile, couché au milieu du Nil et disant : « À moi appartient le Nil, et je l'ai fait pour moi ».
« Voici, Je suis contre toi » – c'est une forme de déclaration de guerre, une sorte de « Je viens contre vous ! »
Et ensuite le prophète compare le roi d'Égypte à un crocodile. Ici il faut faire quelques remarques. Le mot tanním se termine dans notre verset par la lettre mem. D'ordinaire le mot crocodile (tannín) se termine par la lettre noun. Mais dans différents dialectes de l'hébreu et dans différentes variantes, différents parlers de l'hébreu, les lettres mem et noun à la fin d'un mot peuvent se remplacer. Chez Yé'hezkel, souvent, dans les terminaisons mem remplace la lettre noun. C'est simplement une particularité du parler.
Pharaon est appelé grand crocodile, qui s'est vautré au milieu du Nil. À cause de la forme apparente de pluriel du mot ye'oráv, on essaie souvent de le traduire par Nils ou fleuves. Mais, très probablement, ye'oráv dans ce cas – c'est précisément le nom du Nil en langue égyptienne. Un nom si majestueux, comme fleuve des fleuves ou cantique des cantiques. Le Nil – le fleuve le plus important, c'est ainsi que s'appellent le Nil et ses 7 bras.
Une forme étonnante du verbe assitíni – je l'ai fait pour moi, c'est-à-dire non seulement « je l'ai créé », mais « je l'ai créé à ma mesure, pour moi, c'est pour moi qu'il existe, c'est par ma grâce qu'existe le Nil ». Or le Nil, ce n'est pas simplement un fleuve, c'est une grâce pour toute l'Égypte : toute l'Égypte (toute l'agriculture, toute la nourriture de l'Égypte) existe grâce au fleuve Nil.
Ce tableau représente Pharaon, qui s'est imaginé être un dieu, la source de la prospérité en Égypte, le maître absolu en Égypte, se trouvant dans un confort absolu, dans un très bon endroit, qu'il a lui-même créé à sa mesure, – un crocodile invulnérable, grand, miséricordieux, tout-puissant. Voilà donc quelle est l'image de Pharaon.
וְנָתַתִּי חַחִיִּים (חַחִים) בִּלְחָיֶיךָ וְהִדְבַּקְתִּי דְגַת־יְאֹרֶיךָ בְּקַשְׂקְשֹׂתֶיךָ וְהַעֲלִיתִיךָ מִתּוֹךְ יְאֹרֶיךָ וְאֵת כָּל־דְּגַת יְאֹרֶיךָ בְּקַשְׂקְשֹׂתֶיךָ תִּדְבָּק׃
venatattí 'ha'hím bil'hayékha vehidbaktí degat-ye'orékha bekaskessotékha veha'alitíkha mittókh ye'orékha ve'ét kol-degát ye'orékha bekaskessotékha tidbák
4 Mais Je planterai des crochets dans tes joues, et Je collerai tout le poisson de ton Nil à tes écailles, et Je te pêcherai hors de ton Nil, et tout le poisson du Nil (tout le poisson de ton Nil) collera à tes écailles et sera tiré avec toi.
Je mentionne souvent le fait que les Égyptiens aimaient dessiner. Beaucoup d'éléments de la vie quotidienne égyptienne existent en dessins : comment ils préparent le pain, comment ils moissonnent, leurs mariages, leurs compétitions de toutes sortes – les Égyptiens dessinaient tout. Mais il ne nous est parvenu aucun dessin concernant la manière dont les Égyptiens attrapaient les crocodiles. Parmi les descriptions les plus anciennes – c'est la description du Grec Hérodote, qui dit effectivement qu'on attrape les crocodiles avec des crochets. Pourquoi les Égyptiens ne dessinaient-ils pas la capture des crocodiles ? Peut-être parce que le crocodile était justement pour eux un animal sacré, et, bien sûr, à Osiris ne plaise qu'on attrape des crocodiles. Et pour Pharaon la meilleure manière de se sentir dieu – c'est de se représenter comme un grand, très grand crocodile.
Les crocodiles peuvent être grands, ceux du Nil atteignent jusqu'à 6 mètres de long, bien que ce soit une rareté. Les reptiles se distinguent en ce qu'ils grandissent toute leur vie, et certains crocodiles vivent environ 60 ans, et ils ont, en somme, la possibilité de grandir. De sorte qu'un grand crocodile impressionnant peut tout à fait se rencontrer dans le Nil.
Mais le Très-Haut dit : « Et Je planterai des crochets dans tes joues, et Je collerai tout le poisson de ton Nil à tes écailles ». C'est le peuple d'Égypte qui, dans ce cas, est le poisson du Nil. Tout entier, par la volonté du Très-Haut, il collera aux écailles du crocodile. (Le crocodile, bien entendu, n'a pas d'écailles comme le poisson, mais toute sa peau est couverte d'écailles cornées). C'est-à-dire qu'avec Pharaon sera prise toute la population égyptienne.
וּנְטַשְׁתִּיךָ הַמִּדְבָּרָה אוֹתְךָ וְאֵת כָּל־דְּגַת יְאֹרֶיךָ עַל־פְּנֵי הַשָּׂדֶה תִּפּוֹל לֹא תֵאָסֵף וְלֹא תִקָּבֵץ לְחַיַּת הָאָרֶץ וּלְעוֹף הַשָּׁמַיִם נְתַתִּיךָ לְאָכְלָה׃
ountachtíkha hammidbára otekhá ve'ét kol-degát ye'orékha al-pené hassadé tippól lo te'asséf veló tikkavéts le'hayát ha'árets oul'óf hachamáyim netattíkha le'okhlá
5 Et Je te jetterai dans le désert, toi et tout le poisson de ton Nil. Tout cela tombera dans le champ, et il ne sera pas rassemblé, et il ne sera pas ramassé, et à la bête de la terre et à l'oiseau du ciel Je te donnerai en nourriture.
Le champ dans ce cas – ce n'est pas forcément un champ que quelqu'un laboure, pas une quelconque terre agricole. Le champ – c'est-à-dire un lieu sauvage. Par exemple, les animaux sauvages s'appellent 'hayát hassadé, bêtes sauvages, bête des champs.
Et il ne sera pas rassemblé, et il ne sera pas ramassé – c'est-à-dire que personne ne se souciera de ramener le crocodile ou le poisson dans le Nil.
וְיָדְעוּ כָּל־יֹשְׁבֵי מִצְרַיִם כִּי אֲנִי יְהוָה יַעַן הֱיוֹתָם מִשְׁעֶנֶת קָנֶה לְבֵית יִשְׂרָאֵל׃
veyadeoú kol-yochevé mitsráyim ki aní adonáy yá'an heyotám mich'énet kané levét yisraél
6 Et tous les habitants de l'Égypte sauront que Je suis le SEIGNEUR, parce qu'ils ont été un appui de roseau pour la maison d'Israël.
Nous lisons déjà dans le livre Chémot, au chapitre 14, le Très-Haut dit que ce qu'Il fait avec Pharaon, l'un des buts – c'est un travail éducatif avec l'Égypte, pour que tous les Égyptiens sachent qu'Il est le SEIGNEUR. De nouveau la sanctification par le peuple d'Israël, peut-être aussi la sanctification par ce qui se passe en Égypte. Et ici le Très-Haut dit que l'Égypte est punie parce qu'elle est un appui, un roseau pour le peuple d'Israël.
De l'Égypte comme roseau parle l'envoyé du roi d'Assyrie, Ravchaké, dans le deuxième livre des Mélakhim (18,21) : « Voici, tu t'appuies sur cet appui, sur ce roseau brisé – l'Égypte ? Si quelqu'un s'appuie sur lui, il lui entrera dans la paume et la percera ! Tel est Paro, roi d'Égypte, pour tous ceux qui se fient à lui ».
C'est une image qui est mentionnée aussi chez Yéchayahou à l'égard du roi d'Égypte : quand un homme s'appuie sur un roseau, le roseau peut soit se briser – et l'homme tombera, soit le roseau peut se fendre – et alors la partie pointue de la tige entrera dans la main de l'homme. C'est-à-dire que conclure quelques alliances, quelques liens avec la maison de Pharaon – ce n'est pas génial et ce n'est pas sain, parce qu'il n'est pas un appui si fort que cela pour la maison d'Israël.
Et ici se répètent, en somme, les mêmes paroles que dit Ravchaké dans le livre Mélakhim et chez Yéchayahou.
בְּתָפְשָׂם בְּךָ בַכַּפך (בַכַּף) תֵּרוֹץ וּבָקַעְתָּ לָהֶם כָּל־כָּתֵף וּבְהִשָּׁעֲנָם עָלֶיךָ תִּשָּׁבֵר וְהַעֲמַדְתָּ לָהֶם כָּל־מָתְנָיִם׃
betofsám bekhá vakkáf teróts ouvaka'tá lahém kol-katéf ouvhicha'anám alékha tichavér veha'amadtá lahém kol-motnáyim
7 S'ils te saisissent de la paume, tu te fendras et tu leur perceras jusqu'à l'avant-bras, et s'ils s'accoudent sur toi, alors tu te briseras et tu les forceras à rompre, à plier les reins. Tu es un mauvais appui pour Israël, Pharaon ».
לָכֵן כֹּה אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה הִנְנִי מֵבִיא עָלַיִךְ חָרֶב וְהִכְרַתִּי מִמֵּךְ אָדָם וּבְהֵמָה׃
lakhén ko amár adonáy elohím hinení meví aláyikh 'hárev vehikhrattí mimmékh adám ouvhemá
8 C'est pourquoi ainsi dit le Souverain SEIGNEUR : « Voici, J'amènerai sur toi l'épée et J'anéantirai chez toi et l'homme et le bétail,
וְהָיְתָה אֶרֶץ־מִצְרַיִם לִשְׁמָמָה וְחָרְבָּה וְיָדְעוּ כִּי־אֲנִי יְהוָה יַעַן אָמַר יְאֹר לִי וַאֲנִי עָשִׂיתִי׃
vehayetá erets-mitsrayim lichmamá ve'horbá veyadeoú ki-aní adonáy yá'an amár ye'ór li va'aní assíti
9. Et la terre d'Égypte sera vide et détruite. Et ils sauront que Je suis le SEIGNEUR. Et cela parce qu'il a dit : « À moi appartient le Nil, et je l'ai créé pour moi ».
« Je te donnerai une leçon parce que tu considérais que le Nil est à toi, parce que tu proclamais que tu es un dieu, capable de créer le Nil, que tu le gouvernes, que tu vis de lui ; toi-même, crocodile, et tout ce que tu considérais comme ton univers, Je détruirai tout cela, pour montrer Qui est le SEIGNEUR ».
לָכֵן הִנְנִי אֵלֶיךָ וְאֶל־יְאֹרֶיךָ וְנָתַתִּי אֶת־אֶרֶץ מִצְרַיִם לְחָרְבוֹת חֹרֶב שְׁמָמָה מִמִּגְדֹּל סְוֵנֵה וְעַד־גְּבוּל כּוּשׁ׃
lakhén hinení elékha ve'el-ye'orékha venatattí et-érets mitsráyim le'horvót 'hórev chemamá mimmigdól sevené ve'ad-gevoúl kouch
10 C'est pourquoi, voici, Je suis contre toi et contre ton Nil, et Je ferai du pays d'Égypte une ruine, destruction et désolation depuis la tour en direction de Séveïné (aujourd'hui c'est l'endroit où se trouve le barrage d'Assouan) et jusqu'aux frontières de l'Éthiopie.
La tour – c'est l'endroit qui est mentionné dans le livre Chémot, au début du chapitre 14, d'où les Israélites ont commencé la sortie d'Égypte.
וְנָתַתִּי אֶת־אֶרֶץ מִצְרַיִם שְׁמָמָה בְּתוֹךְ אֲרָצוֹת נְשַׁמּוֹת וְעָרֶיהָ בְּתוֹךְ עָרִים מָחֳרָבוֹת תִּהְיֶיןָ שְׁמָמָה אַרְבָּעִים שָׁנָה וַהֲפִצֹתִי אֶת־מִצְרַיִם בַּגּוֹיִם וְזֵרִיתִים בָּאֲרָצוֹת׃
venatattí et-eréts mitsráyim chemamá betókh aratsót nechammót ve'aréha betókh arím ma'horavót tihyéna chemamá arba'ím chaná vahafitsotí et-mitsráyim baggoyím vezeritím ba'aratsót
12 Et Je ferai de la terre d'Égypte une désolation, comme tous les pays désolés, et ses villes seront parmi les villes détruites, et il y aura là désolation quarante ans. Je disperserai l'Égypte parmi les peuples et Je les éparpillerai dans les pays ».
40 ans, 40 jours – c'est un nombre symbolique très important, lié à la purification, c'est pourquoi Yé'hezkel ne le cite pas ici pour rien. Et, peut-être, il ne s'agit pas ici de mathématiques, mais de symbolique. 40 ans – c'est la vie d'une génération, et nous le voyons sur l'exemple du changement de génération dans le désert. 40 – c'est une durée très significative, importante et ayant une signification symbolique éclatante.
כִּי כֹּה אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה מִקֵּץ אַרְבָּעִים שָׁנָה אֲקַבֵּץ אֶת־מִצְרַיִם מִן־הָעַמִּים אֲשֶׁר־נָפֹצוּ שָׁמָּה׃
ki ko amár adonáy elohím mikkéts arba'ím chaná akabbéts et-mitsráyim min-ha'ammím acher-nafótsou chámma
13 Car ainsi a dit le Souverain SEIGNEUR : « Au bout de quarante ans Je rassemblerai les Égyptiens des lieux où Je les ai dispersés ».
Ce châtiment ne sera pas éternel pour l'Égypte. Et ici le Très-Haut dit que même à l'égard de l'Égypte, même à l'égard de l'Égypte qui subit ici un châtiment, le Très-Haut a Son plan et a Sa miséricorde. Et le Très-Haut dit : « Je les disperserai, Je les rassemblerai ». C'est de nouveau un témoignage de la sainteté du Très-Haut.
וְשַׁבְתִּי אֶת־שְׁבוּת מִצְרַיִם וַהֲשִׁבֹתִי אֹתָם אֶרֶץ פַּתְרוֹס עַל־אֶרֶץ מְכוּרָתָם וְהָיוּ שָׁם מַמְלָכָה שְׁפָלָה׃
vechavtí et-chevoút mitsráyim vahachivotí otám érets patrós al-érets mekhouratám veháyou cham mamlakhá chefalá
14 Et Je ramènerai l'habitation de l'Égypte en Égypte, Je les ramènerai dans la terre de Patros, dans le pays de leur origine, et ils seront là un royaume abaissé.
La terre de Patros en traduction de l'égyptien – c'est la terre qui est au sud. Le Très-Haut dit : « Je les ramènerai dans les contrées du sud », c'est-à-dire « Je les ramènerai sur les terres les plus originellement égyptiennes ».
Et ils seront là un royaume abaissé – c'est-à-dire que le Très-Haut dit ainsi : « Je ramènerai le royaume d'Égypte. L'Égypte sera de nouveau l'Égypte, sera de nouveau un pays, mais ne sera plus une puissance si avancée, si dominante, mais sera, pour parler en langage moderne, un pays du tiers-monde ».
מִן־הַמַּמְלָכוֹת תִּהְיֶה שְׁפָלָה וְלֹא־תִתְנַשֵּׂא עוֹד עַל־הַגּוֹיִם וְהִמְעַטְתִּים לְבִלְתִּי רְדוֹת בַּגּוֹיִם׃
min-hammamlakhót tihyé chefalá velo-titnassé od al-haggoyím vehim'attím leviltí redót baggoyím
15 Il sera abaissé par rapport aux autres royaumes et ne s'élèvera plus au-dessus des autres peuples. Je les diminuerai, Je les rendrai petits, pour qu'ils ne puissent pas dominer sur les peuples.
וְלֹא יִהְיֶה־עוֹד לְבֵית יִשְׂרָאֵל לְמִבְטָח מַזְכִּיר עָוֹן בִּפְנוֹתָם אַחֲרֵיהֶם וְיָדְעוּ כִּי אֲנִי אֲדֹנָי יְהוִה׃
veló yihye-ód levét yisraél lemivtá'h mazkír avón bifnotám a'harehém veyadeoú ki aní adonáy elohím
16 Et il ne sera plus un appui pour la maison d'Israël, qui leur rappellerait le péché et les ferait se retourner vers le passé. Et ils sauront que Je suis le Souverain SEIGNEUR ».
Israël ne se retournera pas vers le passé en pensant : « Et si nous essayions encore une fois, peut-être, d'aller par l'ancien chemin ». L'Égypte ne produira plus l'impression d'autrefois et n'attirera plus et ne séduira plus pour qu'on conclue avec elle une alliance.
« Et ils sauront que Je suis le Souverain SEIGNEUR » – cela renforce de nouveau la connaissance qu'il y a un Maître du monde, qu'il y a le SEIGNEUR. Il est le Roi, et c'est sur Lui qu'il faut s'appuyer.
Il existe la notion de géopolitique (le mot géo – terre) – la politique terrestre. Mais le Très-Haut propose ici, disons, une célestopolitique au lieu de la géopolitique. Et Israël cessera de s'appuyer sur quelques puissances régionales et apprendra, connaîtra, reconnaîtra qu'il y a un Roi Unique sur la terre.
De nombreuses années plus tard Yé'hezkel recevra encore une prophétie sur l'Égypte.
וַיְהִי בְּעֶשְׂרִים וָשֶׁבַע שָׁנָה בָּרִאשׁוֹן בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הָיָה דְבַר־יְהוָה אֵלַי לֵאמֹר׃
vayhí be'esrím vachéva chaná barichón be'e'hád la'hódech hayá devar-adonáy eláy lemor
17 Et il arriva – la vingt-septième année, au premier mois, le premier jour du mois (c'est-à-dire le premier jour du mois de nissan) et la parole du SEIGNEUR vint à moi, disant :
La vingt-septième année – c'est l'an 570 av. n. è. – la date la plus tardive dans le livre de Yé'hezkel.
בֶּן־אָדָם נְבוּכַדְרֶאצַּר מֶלֶךְ־בָּבֶל הֶעֱבִיד אֶת־חֵילוֹ עֲבֹדָה גְדֹלָה אֶל־צֹר כָּל־רֹאשׁ מֻקְרָח וְכָל־כָּתֵף מְרוּטָה וְשָׂכָר לֹא־הָיָה לוֹ וּלְחֵילוֹ מִצֹּר עַל־הָעֲבֹדָה אֲשֶׁר־עָבַד עָלֶיהָ׃
ben-adám nevoukhadrettsár melekh-bavél he'evíd et-'heló avodá gedolá el-tsór kol-róch moukrá'h vekhol-katéf meroutá vesakhár lo-háya lo oul'heló mittsór al-ha'avodá acher-avád aléha
18 « Fils d'homme ! Névoukhadnetsar, roi de Babylone, a accablé son armée d'un dur labeur, sur chaque tête il a creusé une calvitie, et chaque épaule s'est écorchée, et il n'y a pas eu de récompense pour lui et pour ses troupes de la part de Tsor pour le travail accompli contre lui ».
Les gens portaient quelque équipement sur les épaules, et, naturellement, les épaules se fatiguaient et s'écorchaient. Il est intéressant de voir cela sur les tableaux qui représentent des gens de différentes classes dans l'Empire romain ou à Babylone, quand chez certains le manteau est jeté sur les deux épaules, et chez certains (chez les esclaves) – seulement sur une. L'esclave porte quelque fardeau, quelques charges sur l'épaule découverte, pour que le vêtement ne s'use pas, parce que la peau coûte moins cher que le vêtement. Cela montre que les charges, en conséquence, usaient et les manteaux, et les vêtements, et la peau s'abîmait. Voilà, ici est donné un tel exemple, comme l'épaule écorchée.
Et il n'y a pas eu de récompense pour lui et pour ses troupes de la part de Tsor pour le travail accompli contre lui – c'est-à-dire que toutes les mesures éducatives que Névoukhadnetsar a appliquées à Tsor ne lui ont donné aucun profit, aucun butin. Ici, bien sûr, il y a du sarcasme. Tsor ne s'est pas « acquitté » envers Névoukhadnetsar, c'est-à-dire que Névoukhadnetsar a longuement et douloureusement assiégé Tsor, s'est tourmenté lui-même, a tourmenté son armée, mais n'a pas obtenu ce qu'il désirait.
לָכֵן כֹּה אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה הִנְנִי נֹתֵן לִנְבוּכַדְרֶאצַּר מֶלֶךְ־בָּבֶל אֶת־אֶרֶץ מִצְרָיִם וְנָשָׂא הֲמֹנָהּ וְשָׁלַל שְׁלָלָהּ וּבָזַז בִּזָּהּ וְהָיְתָה שָׂכָר לְחֵילוֹ׃
lakhén ko amár adonáy elohím hinení notén linvoukhadrettsár melekh-bavél et-érets mitsráyim venassá hamoná vechalál chelalá ouvazáz bizzá vehayetá sakhár le'heló
19 C'est pourquoi ainsi a dit le Souverain SEIGNEUR : « Voici, Je donne à Névoukhadnetsar, roi de Babylone, la terre d'Égypte, et il y recevra sa part, et il ramassera ses trophées, et il pillera son pillage, et elle sera la récompense de son armée.
C'est-à-dire qu'au lieu de Tsor le roi de Babylone Névoukhadnetsar, avec son armée, recevra l'Égypte à piller. Et il la pillera entièrement : il la pillera, la ravagera d'un ravage, la pillera d'un pillage, emportera tous les trophées, et ce sera la récompense du roi de Babylone.
Ici le Très-Haut entrouvre de nouveau Sa « cuisine », entrouvre la manière dont Il gouverne le monde : Il a le souci même de la manifestation de la justice à l'égard du roi Névoukhadnetsar, qu'on est loin de ranger parmi les justes. Mais chez le Très-Haut tout est équilibré.
פְּעֻלָּתוֹ אֲשֶׁר־עָבַד בָּהּ נָתַתִּי לוֹ אֶת־אֶרֶץ מִצְרָיִם אֲשֶׁר עָשׂוּ לִי נְאֻם אֲדֹנָי יְהוִה׃
pe'oullató acher-ávad ba natátti lo et-érets mitsráyim achér ássou li ne'oúm adonáy elohím
20 Pour ce travail qu'il a accompli à Tsor, Je lui ai donné la terre d'Égypte, qui M'en ont fait voirL'original rattache à « la terre d'Égypte » un verbe au pluriel sans préciser de qui il s'agit ; la traduction garde ce pluriel tel quel. », – a dit le Souverain SEIGNEUR.
בַּיּוֹם הַהוּא אַצְמִיחַ קֶרֶן לְבֵית יִשְׂרָאֵל וּלְךָ אֶתֵּן פִּתְחוֹן־פֶּה בְּתוֹכָם וְיָדְעוּ כִּי־אֲנִי יְהוָה׃
bayom hahoú atsmíya'h kéren levét yisraél oulkhá ettén pit'hon-pé betokhám veyadeoú ki-aní adonáy
21 « Et en ce jour-là Je ferai pousser une corne à la Maison d'Israël, et à toi Je donnerai de prêcher au milieu d'eux, et ils sauront que Je suis le SEIGNEUR ! »
Le mot kéren signifie corne, il signifie aussi fonds, une certaine corne d'abondance, une certaine source de bénédiction et d'abondance pour la Maison d'Israël. La libération d'Israël, le retour d'Israël sur la terre est lié au jugement que le Très-Haut exercera sur les peuples. Comme l'a promis le Très-Haut aussi à Avraham : « J'exercerai le jugement aussi sur ce peuple-là ». Et en ce jour tous : et les peuples, et Israël, et les Égyptiens, – tous sauront que le SEIGNEUR, Il est Dieu et Roi sur toute la terre, et par là le SEIGNEUR sera sanctifié par le peuple d'Israël, par le retour du peuple d'Israël.
Lisez aussi : Chémot, Bo et les sections hebdomadaires de la Torah.